Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Le cloaque de la société [rp solo]

 
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Le cloaque de la société [rp solo] - Ven 21 Sep 2012 - 2:14

Janma avait organisé avec grande impatience un petit voyage dans le monde des humains. Il avait, rigoureusement, avancé dans la préparation des repas pour débloquer deux jours de son temps libre pendant lesquels il voualit voir le monde. Curieux plus que tout au monde, notre cuisinier se sentait comme un enfant le jour de son anniversaire. Le bateau volant, qui l'avait déstabilisé et un peu chamboulé, était déjà loin dans son esprit.

Il était en centre-ville. Le coeur des marchands d'une ville qui n'avait rien de commun pour lui. Des immeubles, comme des gigantesques piliers de béton, se dressaient vers le ciel. Des voitures, véhicules bruyants et odorants, transportaient jusqu'à cinq humains d'un point à l'autre. Des boutiques à la devanture vitrée exposaient des objets dont le prix n'était pas négociable. Partout l'activité régnait. Il avait vu de belles choses, et d'autres totalement inutiles. Lui qui était habitué à n'acheter que de quoi vivre ou décorer sa vie voyait tous les habitants de cette ville, les plus pauvres compris, acheter avec frénésie.

Il était étrange pour Janma de se retrouver sur Terre. D'abord parce qu'on ne le voyait pas. Ensuite, parce que les us et coutumes modernes n'avaient rien à voir avec celles qu'il avait connues. Il avait vu des mères avec leurs filles se disputant pour une robe. Des jeunes filles et leur amant déambuler main dans la main. Deux jeunes gens se plaquer contre un mur pour s'embrasser à pleine bouche. Là, il entendait des jurons. Ici, il voyait un vieil homme lever les yeux au ciel. Le monde moderne le fascinait, et lui donnait envie de tout savoir.

Déambulant en prenant gare à ne pas heurter quelqu'un - il ne savait pas si on pouvait le toucher - il se laissa porter, de couple en groupe, cherchant quelqu'un à suivre. Et il la trouva.

Epaisse comme un cure-dents, ses cheveux courts, sales, un pantalon trop grand sur les fesses, et ce regard...

Le regard de quelqu'un qui crève de faim au milieu de l'opulence.

Janma ne savait pas qui était cette fille. Elle devait avoir son âge, et était plate comme une limande. Ses cheveux qui avaient tout de la protection simpliste du crâne étaient rose chewing-gum. Ses yeux, d'un marron sombre, presque noir, étaient soulignés d'un trait de khôl lui donnant un air endormi. Elle portait un sweet à capuche et des baskets... et suivait un groupe depuis quelques minutes.

Plutôt impressionné par la faculté qu'avait cette gamine à ne pas se faire repérer, Janma la suivit en jouissant de son invisibilité. Agile de sa nature de dieu, il se donna un léger mal de crâne en plissant le regard pour voir ce qui attirait la petite chapardeuse. La seule chose qu'il voyait, brillante, dépasser du groupe de personne était... un téléphone portable. Ah. Dans les jours présents, les êtres humains ne communiquaient plus par courrier, ou tablette. Ils se parlaient directement depuis une boîte métallique qui communiquait d'un bout à l'autre du monde. Prouesse incroyable de la technologie... qui valait toujours une petite fortune s'il avait bien compris.

Il ne comprenait pas pourquoi les gens semblaient si pressés de se parler dans cette époque. Lorsque lui vivait, et particulièrement en Inde, seuls conversaient les gens de même statut social. Il était impensable de voir, comme de nos jours, tout le monde au même niveau... ou presque.

La présence de cette jeune femme, juste devant lui, confirmait que ce n'était pas toujours le cas.

Il la vit passer à l'action avant d'avoir le temps de dire ouf.

Rabattant son capuchon sur la tête, la mal coiffée glissa les mains dans ses poches et accéléra son rythme de marche. Ne la lâchant pas du regard, le dieu des voleurs esquissa un sourire. Sa main aux ongles cassés et rongés contourna un sac à main encombrant, se glissa dans la poche, et se referma sur l'objet brillant. Bloquant son bras pour ne pas se faire remarquer, la voleuse confirmée laissa sa victime filer, lui laissant son téléphone entre les doigts.

Un travail propre, discret, sans tache.

Janma était impressionné. Même lorsqu'il avait volé pour vivre, il n'avait jamais atteint un tel niveau de précision. Et puis il était mort, avait dû faire des bonnes actions, et en était réduit à voler des petites choses sans importance pour s'entraîner. Mentalement, il nota la technique, et se rappela le plus beau coup qu'il avait fait. Alors qu'un élève en retenue jurait toutes les larmes de son petit corps parce qu'il s'était coupé, il l'avait poliment consolé... avant de lui arracher son collier, sans qu'il ne s'en aperçoive. La main sur l'épaule avait effleuré le fermoir, discrètement. Puis il avait attendu avec un sourire que l'élève se dégage, et fait un bruit discret pour l'empêcher de remarquer le bruit du pendentif quittant son cou fin.

Un vol rondement mené, qui le poussa à suivre la fille. Elle se dirigea comme une bombe vers des ruelles moins fréquentées, comme si elle avait peur de se faire repérer. De ruelle en rigole, de quartier marchand en squat pourri, il se retrouva à se glisser derrière elle subtilement (ce qui n'était pas facile compte tenu de sa méfiance, elle entrait très vite dans les différents bâtiments). De plus en plus intrigué par qui était cette jeune femme, il atterrit au beau milieu d'un appartement qui aurait dû être désaffecté depuis longtemps. Il était à peine aussi grand que ses latrines, lorsqu'il vivait. Au beau milieu de mus à la tapisserie arrachée trônaient plusieurs éléments détruits, ou qui auraient besoin d'un bon nettoyage.

Une bassine d'eau était posée près de la fenêtre, seul élément liquide de la pièce... enfin. Par terre, partout, des cadavres de bouteilles d'alcool. Sur un tabouret branlant une télévision de la taille d'une carte postale. Un matelas sans protection, à même le sol, sur lequel ronflait un individu aussi squelettique que l'inconnue. Des paquets de riz et de céréales s'étalaient dans le fond de la pièce.

Jeune femme : Jared ! Hé Jared réveille-toi !

Secouant le ronfleur de toutes ses forces, l'inconnue jura.

Jeune femme : Jared putain bouge-toi le cul, j'ai pas dormi, j'ai la dalle ! Oh ! Rho merde...

Elle le frappa, pour le faire émerger. Avec un grognement digne d'un ours mal réveillé, Jared se redressa, et se frotta les yeux.

Jared : Bébé ? Il est quelle heure ?

Jeune femme : Quatorze heures espèce de gros naze ! Tu t'es encore endormi en fumant un joint ! Putain on bouffe des pâtes parce qu'on n'a plus une thune et toi tu fumes notre blé ? Je devrais te foutre à la porte avec un coup de pied au cul.

Jared : Doucement Alix. Je n'ai pas fumé ton blé, c'est un pote qui m'en a filé.

Alix : Et mon cul c'est du poulet, t'en veux une aile ?

Fâchée, elle se détourna de lui, croisant les bras sur sa poitrine. Elle partit, ouvrant la porte d'un minuscule cabinet de toilettes, continuant la dispute. Elle lui reprocha de ne pas voler, il lui répondit qu'il ne pouvait pas. Elle lui reprocha de toujours dormir, il lui répondit qu'il était fatigué. Elle lui dit qu'elle voulait vivre ailleurs, il lui répondit que tant qu'il serait dans cet état, ce serait impossible. Elle se mit à pleurer, il voulut la réconforter, mais ne se leva pas. Et Janma comprit rapidement pourquoi.

Jared était, des orteils jusqu'au genoux, paralysé.

Ses jambes totalement détruites par une infection affreuse déformaient son corps. Des traces de balle vraisemblablement. La pie voleuse déglutit avec peine en voyant Alix enlacer son petit ami. La misère existait encore, même à cette époque ? Il comprenait la nourriture. Les handicapés recevaient une part d'argent qui leur permettait d'éviter de mendier. Mais visiblement c'était à peine suffisant pour louer une bicoque misérable et acheter de quoi se sustenter. Heureusement que le chewing-gum ambulant volait à la tire.

Jared : Alix, comment est-ce qu'il va ?

Alix : Il crève la dalle, comme moi. Je vais pas pouvoir le garder.

Hm ? Janma chercha la présence d'un animal dans l'appartement, mais ne trouva qu'un araignée dans un coin de la pièce.

Jared : Je le savais. Je savais que c'était une mauvaise idée. Je te l'avais dit putain. On ne peut pas prendre ça en charge !

Alix : Avec lui et nous deux, on aura plus d'argent. Ils nous donneront de quoi le faire vivre t'en fais pas.

Jared : Ici ? Et quand il grandira on en fera quoi ? Tu veux qu'on l'emmène dans un foyer parce qu'il vit comme une merde ?

Alix : ... Jared. Ni toi, ni moi, ne sommes des merdes... on doit juste, euh...

Jared : Rebondir ? Ca fait des années qu'on essaye de rebondir, laisse tomber.

Un silence gênant s'installa entre les deux amoureux. Janma esquissa un sourire attendri en voyant Alix ouvrir sa veste. Il ne l'avait pas vu de dos, mais son ventre commençait à prendre forme. Enceinte. La fille la plus misérable du monde était enceinte. Le dieu des voleurs sentit sa respiration s'accélérer à mesure que son coeur s'emballait. Il voulait faire quelque chose pour cette fille. Elle était un voleur de génie. Une femme qui entretenait un incapable de copain aux jambes mortes, et une future maman.

Le regard vide, il vit le couple s'enlacer, et rester un long moment comme ça. Il s'approcha, tout près, et se fit discret.

Alix : On s'en sortira... je te le promets.

Jared : Je te crois. A deux, on le fera.

Janma : Promesse pour promesse, tu as la bénédiction d'un apprenti-dieu, Alix.

La jeune femme leva la tête, et un instant il jura qu'elle l'avait vu. Clignant des yeux, elle fronça les sourcils, puis secoua le crâne comme pour remettre ses idées en place. Janma ne savait encore ce qu'il ferait pour cette femme, mais quoi que ce soit...

Il la sauverait.

Parce qu'on ne laissait pas tomber une disciple aussi prometteuse.
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Âme Errante
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Re: Le cloaque de la société [rp solo] - Ven 21 Sep 2012 - 11:45
Très beau début d'rp, enfin de trame si je puis dire ! J'ai beaucoup aimé ton style d'écriture, bien faites et "relevée". Franchement, c'est chouette de voir, de lire de beaux rp's solo ;)
J'ai hâte de lire la suite ~

Janma Urvaratā : 270 xp's (+50)
Le cloaque de la société [rp solo]
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