Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé]

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Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Sam 1 Sep 2012 - 3:00
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«Nous aimons vivre sur nos chevaux dans les plaines du Caucase. Emportés par de rapides galops, nous allons plus vite que Pégase. Emportés par de rapides galops, nous allons plus vite que Pégase...» Le vent vint chatouiller, doucement, gentiment les mèches d'encre de Léo. Couché aux pieds de l'imposant métronome temporel, Léo observait le ciel où se dessinait des nuages cotonneux et filandreux. Il chantonnait d'une voix inaudible. Il fredonnait, c'était le mot exact. Cette chanson d'enfance, sa mère la lui avait chantée si souvent. Et toujours, le jeune homme rêvait à ces personnages à qui la vie avait donné une histoire si belle, libre. Contrairement à la sienne. Léo ferma les yeux. Longtemps, longtemps...
«Maman! Maman! Regarde celui-là. Il est plus gros que tous les autres! Est-ce parce qu'il a mangé un autre flocon?»
«Mais non voyons, il est juste formé de cristaux différents. Regarde, il y en a un autre plus gros encore. Maintenant laisse-moi faire mon travail, je suis occupée alors ne me dérange pas. Oh! et ne va surtout pas dehors Léo. Tu m'as comprise?»
«Oui, oui!»
Le garçonnet observa longuement les flocons dégringoler tout doucement le long de la vitre de la cuisine. Il aimait la neige. Il l'aimait plus que tout et il rêvait un jour de pouvoir s'y rouler, ou devenir un flocon lui-même. Il voulait tant être éphémère comme eux. Être à l'extérieur et goûter à la froideur de ses petits cristaux. Léo voulait sortir, après tout ce ne serait pas compliqué. Il n'avait qu'à faire très attention à ne pas toucher quelqu'un. Cependant les gens le regardaient bizarrement. Comme s'il était la peste. Certains avaient même prétendu qu'il était le cavalier noir de l'apocalypse. À cette pensée, Léo confina son désir à l'intérieur de son cerveau. Il n'avait rien à faire. Même son père ne lui adressait pas la parole et sa mère se trouvait toujours quelque chose à faire tout en prétendant l'aimer. Léo le savait. Il n'était pas désiré. Ses yeux d'enfant voyaient clairement l'intérieur des pensées de sa famille. Ces deux perles gri-bleu n'avait plus rien à donner. Elles étaient vides d'amour, pleines d'indifférence et les émotions y étaient absentes. Peut-être qu'un jour son plus grand rêve, plus grand encore que celui de la neige, se réaliserait. Peut-être que jour il... pourrait enfin...

Ce ne fut pas long. Il rouvrit les yeux sachant que ce passé ne le concernait plus désormais. Il ne verrait plus sa mère, ni son père, ni sa sœur et son frère. Il porta ses yeux vides au centre de l'horloge et fredonna derechef. «Emportés par de rapides galops, nous allons plus vite que Pégase. Emportés par de rapides galops, nous allons plus que Pégase...» Il ralentit la cadence de ses mots, comme s'il les faisait mourir. Comme s'il leur faisait vivre son expérience. Car avant même que sa fin ne vienne, il avait déjà su qu'elle serait là. Un jour, deux jours, trois jours plus tard? Il avait su qu'il allait mourir et il s'était senti prêt. Il avait attendu sa délivrance. Impatient de voir ce que serait enfin sa liberté. Cependant il ne l'avait pas vu. Il n'avait vu que le noir, le vide... comme avant.
Une rafale, l'aiguille bougea avec un bruit sec et sourd, vers le bas, montrant les 3h47. Léo entama doucement le dernier couplet. «Nous aimons vivre sur nos canots et descendre les rivages. Em...» Une ombre. Léo tourna son regard bleu vers sa droite. Se dressant vers le ciel telle une flèche d'un château transperçant la toile célèste, une jeune fille le regardait. Elle ne semblait ni perdue, ni affolée. Juste calme, absente. Ses yeux blancs mi-clos tentaient de le scruter. Sa peau pâle rivalisait avec la sienne. Léo ne pris point la parole. Il lui rendait son regard. Elle était diaphane et pourtant elle n'était pas une revenante. Car Léo s'assit et par mégarde, effleura le bout de ses bottes blanches.

«Je veux voir... ça.»

Elle pointa la poitrine de Layovia. Celui-ci ne suivit pas son geste du regard, il regardait déjà son cœur. Comme si par instinct il avait deviner son geste. L'inconnue lui tendit sa main cachée dans de longues manches blanches immaculées. Elle lui murmura doucement : «Suis-moi. Je veux être avec toi. Je veux te voir.» Et Léo, ne pouvant objecter, fut traîner au côté Est de la grande horloge. Et là, il compris. Il vit. Cependant il s'arrêta, coupant l'élan de l'inconnue qui cessa de marcher aussi et se retourna. Elle lâcha la main de Léo et calmement, pointa une chaise sur laquelle une vitre trônait obliquement.

«Je ne te vois pas. Je veux te voir.»

Encore, inlassablement, elle répétait les mêmes mots. Mais sous lesquels la signification changeait. Elle laissa Léo et s'approcha de la chaise. Léo ne la suivit pas. Il ne voulait pas. En lui, l'enfant qu'il était pleurait, suppliait. Il ne voulait pas revenir là-bas. Il ne voulait plus s'en approcher. Il voulait se délaisser de ce poids. Vivre en oubliant. En essayant de nier, de cacher ce pouvoir, cette foi, cette vie. Il voulait avancer vers sa liberté, vers la lumière du jour. Celle que tous louaient. Celle du sud où le soleil projetait toute la splendeur de son élégance. Il voulait répondre à ses questions, marcher, faire un pas sans avoir l'impression de s'écrouler à chaque fois. Où est ma liberté? Ma lumière? Je veux les voir. Les toucher, les respirer, les entendre. Ainsi sont les désirs de Léo.
La fillette - parce que l'identité de l'inconnue était celle de la jeunesse - s'empara lentement et après un court laps de temps de la vitre. La pris à deux mains et l'éleva au niveaux de son visage afin que celui-ci puisse être entièrement de l'autre côté de la vitre. Elle s'approcha ainsi parée de Léo puis à bout de bras leva la vitre au-dessus du visage du jeune Russe. Elle répéta.

«Je veux te voir. Où es-tu?»


Dernière édition par Layovia L. Starinski le Dim 2 Sep 2012 - 2:12, édité 6 fois
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Re: Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Sam 1 Sep 2012 - 18:44
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«Ici. Il me semble.»

Elle fronça les sourcils.

«C'est faux. Sinon je te verrais. Mais je ne te vois pas. Regarde.»

Elle l'intima de prendre le morceau de verre, c'est ce qu'il fit. D'un geste, elle lui fit comprendre qu'il fallait encadrer son visage dans la vitre. Puis, comme si cela paraissait évident, elle répéta.

«Tu vois?»

Oui. Il vit. Il comprit. Car lui non plus, à ce moment, dans la vitre il ne se voyait pas. Il savait que s'il se regardait dans un miroir il ne se verrait pas non plus. Il ne savait pas également où il était. Son corps il le sentait, mais pas ce qu'il était. La fillette s'empara derechef de la main de Léo et le conduisit près de la chaise. Petite et semblable à celle sur laquelle il avait vécu son enfance. Elle grimpa sur le siège et sur la pointe des pieds, se plaça à la hauteur des yeux de Léo. Doucement, de ses mains blanches et... chaudes, elle pris le visage du Russe et plongea ses yeux blancs dans les siens. Elle scruta gentiment, avec absence, ces couleurs ternes ressemblant à une mer morte se brisant sur une terre de glace, où personne ne vivait. Il n'y avait rien et Léo le savait. Il supporta sans but, ni désir et ni volonté, ce regard chaud comme ce qu'il avait cherché inconsciemment durant tant d'années. Il tenta de trouver, de cerner ce qui lui serait si évident dans ce regard blanc. Puis, la fillette passa ses petits doigts sur les paupières de Léo.

«Là. Je commence à te voir. Mais ça... je ne sais pas ce que c'est.»

Elle posa un index sur la poitrine de Léo. Puis s'empara de la vitre qu'il tenait toujours dans ses mains. Elle la reporta à sa hauteur faciale puis, comme un mur, la plaça entre elle et Léo. Celui-ci effleura de ses doigts la surface vitrée devant ses yeux et immitant la fillette, scruta la paroi. C'est là qu'il trouva. Son pâle reflet, pratiquement invisible devant le visage de l'enfant, lui montrait le vide. Seul le vide. Et Léo plongea ses yeux dans les siens. Ce qu'il voyait, c'était son apparence, mais sa personnalité, ses émotions, lui étaient cachées. Elles s'étaient enfuies, emportant avec elles son identité, son unicité. Il n'avait rien su. Parce qu'il n'avait rien vu. Seul, dans une pièce, assis sur sa chaise, il avait tout laisser partir. Sans protester et plus jamais, il ne les avait croisées. Maintenant, il n'était qu'un corps errant, cherchant ce qui l'avait le plus manqué. Ce que les autres avaient à lui donner. Il avait compris. Il n'avait plus besoin de cette vitre. Son vide, il le remplira au fur et à mesure.

«Je ne me vois pas. Alors tu ne pourras pas me voir, déclara-t-il d'une voix atone. Tu ne peux pas voir ce qui est vide.»

La fillette abaissa le carré de verre. Elle descendit de la chaise et devant Léo, elle pris sa main. Avec douceur, elle la porta à sa joue.

«Quand tu te verras, il neigera. Ce sera beau.»

Neiger? Léo ne réagit pas. Il chercherait avant et après, il serait. La fillette s'assit sur la chaise et Léo, ne voulant pas paraitre dominant, s'assit au sol. Durant son enfance il n'avait appris et vu qu'une chose, la froideur de la neige et celle-ci en elle-même. Jamais il ne s'était préoccupé de lui. Ce qu'il pouvait ressentir, ce qu'il pouvait vivre. Il avait certes pleuré, crié ou ri. Cependant, si on lui demandait de s'en souvenir, il ne le ressentirait pas, il ne ferait que le déclarer sans jamais se souvenir de chacunes de ces sensations. Les relations humaines ne lui ont jamais été apprises ou montrées. Alors comment aurait-il pu saluer quelqu'un, lui parler, enchaîner une discussion ou lui démontrer ses goûts? Léo ce serait contenté de plonger son regard vide dans les yeux de la personne sans pour autant la juger. On ne lui avait rien appris. Confiné dans une chambre sur une chaise devant le nord, il n'a jamais vécu entouré. Il serait déjà mort de l'absence de contact si sa mère ne l'avait nourri et faussement aimé. Léo l'avait deviné. La seul chose qu'il pouvait déclarer savoir sur lui-même était son nom, son prénom et sa nationalité. Ça n'allait pas plus loin. Il atteignait la limite sans pour autant songer à la dépasser. Peut-être que maintenant, s'il faisait un pas au dehors, juste un seul... il se sentirait déboussolé certes, mais il avancerait vers se qu'il chérit tant. Il ne serait peut-être plus seulement "Layovia Latewood Starinski de Saint-Pétersbourg". Il serait plus que ça, moins vide. Il ne serait plus des mots couchés sur un papier. Il commencerait à prendre forme. Peut-être que juste un pas pourrait l'aider, ou le remplir d'un trésor qu'il chérirait parmi les autres. Et tous ces trésors le mènerait peut-être vers son vrai désir. Cependant, ce qu'il venait de comprendre en ce moment, devant cette vitre et cette fillette, était qu'il aurait besoin des autres. Ceux qui l'avaient évité, ignoré ou tout simplement oublié. Ce serait à lui de les rencontrer et à eux de le rencontrer. Il aurait besoin de ceux qui n'avaient pas besoin de lui. Ensuite, il pourra...

«J'aimerais parler avec toi. Comme ça quand je te décrirai, je pourrai dire que je t'ai vu.»
«Pourquoi?»
«Je n'ai vu personne, mais je pourrai me le dire quand je serai seule.»
«Seule?»
«Les gens comme toi sont ceux qui voient les vraies choses quand ils peuvent. Je ne veux pas que tu sois aveugle. Sinon l'invisible serait vraiment invisible.»
«De quoi parles-tu?»
«Ou peut-être pas. Peut-être que lorsqu'on est aveugle, on voit encore plus de choses.»
«Je ne te suis plus.»

Elle le regarda. Elle n'avait répondu à aucune de ses questions. Mais il comprenait le sens de ses paroles. Il n'avait pas besoin de réponses, il n'avait posé des questions que sur le coup. C'est comme ça que l'on engageait une discussion non? La fillette sortit de ses longues manches blanches un papier vierge, plié en quatre. Elle le déplia puis le posa sur ses genoux. Elle dessina une forme avec son doigt puis silencieusement, elle présenta son œuvre à Léo.

«Tu la vois? C'est une plume. Une plume touffue. J'aime bien les plumes. Mais je n'en ai jamais vues.»
«Pourtant tu l'as dessinée.»
«Doit-on voir quelque chose pour l'imaginer?»

Il réfléchit. Comment les aveugles faisaient-ils dans ce cas pour voir les choses dans leurs pensées? Par les mots? Et elle, voyait-elle vraiment ce qu'elle avait tracé avec son doigt ou faisait-elle semblant? Il observa le centre du papier. S'imaginant la plume, il comprit qu'il était tout aussi libre qu'elle d'imaginer voir la plume. Il n'avait pas besoin de fixer le papier pour voir une plume. Le mot en lui-même lui montrait une image.

«Es-tu aveugle?»
«Non, puisque je vois la plume. Oui, car je ne te vois pas encore. Ou juste un peu.»

Léo soupira. Il se sentait bien maintenant. Un peu moins... seul. Il aimait cette discussion, il la continuerait jusqu'au crépuscule. Jusqu'à l'aube ou au zénith. Jusqu'au nadir ou à tous les azimuths. Il parlerait avec elle. De cette façon, il récolterait une partie de lui. À chaque personne, il trouverait une partie de lui. Comme il espère que les autres trouveront une partie d'eux en lui. Il continuerait ainsi jusqu'à ce que sa nuit enveloppe totalement et éternellement sa chair. Jusqu'à ce que ténèbres se rebellent et le dévorent.


Dernière édition par Layovia L. Starinski le Dim 2 Sep 2012 - 1:34, édité 3 fois
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Re: Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Sam 1 Sep 2012 - 21:05
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«De quoi aimerais-tu parler?»
«De tout et de rien. Ce qui te défini. Ce qui te fait voir toi.»

Elle passa sa main sur le papier puis retraça une autre forme. Léo la regarda faire, cette fois, plus éveillé qu'il ne l'avait jamais été. Il se sentait naître. Renaître n'aurait pas été approprié. Il se sentait comme les enfants découvrant leurs premiers mots, analysant pour la première fois une réaction.

«Ce que tu demandes est irréaliste...»
«Y a-t-il quelque chose de réaliste? Je pense que tout est irréaliste. C'est la définition de ce que l'on a vu qui rend certaines choses réalistes. Regarde, cette fois j'ai dessiné ton œil.»
«Pourquoi mon œil?»
«Parce que je commence à le voir et il est très joli. Il est nostalgique.»

Léo ne répondit pas. Tout en lui était peut-être nostalgique. C'est ce qu'elle commençait à lui faire voir, à lui faire comprendre et réaliser.


Dernière édition par Layovia L. Starinski le Dim 2 Sep 2012 - 2:12, édité 1 fois
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Re: Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Sam 1 Sep 2012 - 23:57
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«J'aimerais te confier quelque chose.»
«Quoi donc?»
«Je ne sais pas, je verrai. Parle-moi de toi. Ça pourrait m'aider à voir une première partie de toi.»

Léo ne répondit pas. Il pensait. Il réfléchissait à ce qu'il pouvait bien dire sur ce qu'il était. Il se doutait que lui raconter sa vie ne l'intéresserait peut-être pas. Elle, ce qui l'intéressait était la personnalité humaine. Alors dans ce cas il n'avait que peu de choses à dire.

«Je suis né à Saint-Pétersbourg, sous le nom et le prénom de Layovia Latewood Starinski. Mes parents m'ont rejeté parce que je suis né avec un pouvoir sombre. Et ma famille non plus ne m'a jamais considéré. Je n'avais pas le droit de sortir, tout ce que je pouvais voir étaient cette chaise, cette vitre et la neige. Rien que ça. Je... ne sais même pas ce que sont les relations humaines. J'ai l'impression de naître ou de sortir d'une prison pour la première fois. Je ne connaissais même pas ce ciel bleu, ces arbres, ces couleurs. Quand je me suis réveillé dans ce temple, j'avais l'impression de ne plus être moi. Parce que j'étais ailleurs que dans ma chambre. Est-ce que je te dérange?»
«Non. J'aime t'entendre. Tu as une belle voix. Mais tu parais si triste.»
«Peut-être le suis-je.»
«Pourquoi?»
«Parce que je n'ai pas vécu.»
«Tu vis en ce moment non?»
«Je suis mort.»
«Je ne pense pas.»

Léo la regarda dessiner une autre forme avec son pâle et petit index. Il essayait de chercher le sens de ses mots mais la fillette semblait toujours être dans son monde. Là où il ne pouvait pas toujours la suivre. Il la perdait, puis la retrouvait un peu plus loin. Il décida de ne plus trop y penser et se concentrer sur l'image que pouvait bien reproduire l'enfant sur le papier vierge. Elle cessa soudain ses allées et venues sur la feuille puis la présenta pour la troisième fois à Léo.

«Cette fois, c'est ton visage que j'ai dessiné. Il est très beau. Tu es une belle personne. Cependant tu ne sembles pas être vraiment ce que tu es. Je te trouve chaleureux, mais je te sens froid. Ça me rend triste.»

Le premier sourire qu'elle avait affiché en lui présentant le papier s'effaça soudain pour retrouver ce visage placide qu'elle arborait constamment. Léo garderait toujours cette image éphémère de ce sourire qui avait pénétré son cœur. Telle une chaleur maternelle qu'il n'avait jamais connue et qu'il ressentait pour la première fois. Sans qu'il ne s'en rende compte, ses lèvres s'ouvrirent.

«Qui es-tu? Je ne connais pas ton nom. J'aimerais savoir...»

Trop tard. La fillette se redressa, debout face à Léo. Cette fois, son visage n'était plus placide. Des larmes cristallines coulaient sur ses joues. Ses lèvres étaient serrées et ses sourcils froncés. Elle était furieuse et malheureuse.

«Tu n'as pas à me demander ça! Ça ne t'intéresse pas! Comment peux-tu simplement t'attader sur le nom d'une personne?! Il ne t'apprendra rien sur elle! Rien! Finalement tu es comme les autres! Superficiel! Tu n'es même pas capable de voir une personne! Tu n'es même pas capable de la comprendre! Tout ce qui t'intéresse, c'est son nom et puis après tu oublieras tout le reste! Tu es CRUEL!»

Elle avait hurler si fort le dernier mot qu'elle se tut. Les épaules secouer de sanglots inconsolables, elle déchira le papier sur lequel elle avait dessiner puis le laissa tomber doucement au sol ou s'envoler par la brise. Elle pleura encore avant de plonger son regard inondé de larme et blessé dans celui de Léo.

«Tu n'as pas à savoir! Il n'y a rien à savoir. Tout ce que vous voulez, ce sont des preuves et des exemples! Vous voulez voir ce qui est matériel! Après vous prétendez que vous savez! Mais c'est faux! Vous ne savez pas! Vous n'avez jamais rien su! Vous ne savez ni ne voyez ce qui es important! Vous voyez tout de travers! Vous ne voyez jamais ce qui est vrai, ce qui est essentiel! Comment peux-tu vivre sans découvrir ce qu'est une personne? Comment peux-tu oser dire qu'il ne s'agit que d'un être?! Vous êtes aveugles! Tu es aveugle!»

Et elle repartit en sanglots de plus belle, s'écroulant au sol et enfouissant son visage dans ses longues manches. Léo n'avait rien dit. Parce qu'il n'y avait rien à dire. Il était choqué, stupéfait. Il avait fait une erreur et c'est seulement après qu'il comprenait. Il n'avait pas à connaître son nom. Déjà, ce qu'il voyait d'elle faisait sa personne. Comment avait-il pu être si superficiel? Si peu profond? Son corps bougea de lui-même. Léo se leva, s'approcha de la fillette puis s'agenouilla. Doucement, il l'a pris dans ses bras où elle redoubla d'ardeur dans sa tristesse. Elle s'accrochait à son chandail comme un naufragé à sa bouée.

«Je suis désolé. Je ne te demanderai plus une chose pareil. Pardon.»

Il n'avait rien trouver de mieux à dire. La fillette pleura pendant longtemps et longtemps Léo la tint dans ses bras. Le crépuscule pointait déjà ses lueurs vespales. Léo désserra son étreinte afin de voir le visage endormi de l'enfant. Elle s'était calmée et comme s'il ne s'était rien passé, elle souriait contre lui. Léo la garda ainsi dans ses bras. Jusqu'à ce que les étoiles prennent leur place scintillante dans le ciel. Il repensa à sa question. Où est ma liberté? Ma lumière? Désormais il n'avait plus besoin de chercher. Il trouvera le jour il aura trouvé. Il patienterait jusque là avec persévérance. Ses noirceurs s'écarteront un jour et ce jour-là, il pourra se réveiller sans crainte, sans fardeau. Pour l'instant, la seule chose qu'il avait à faire était de remercier cette enfant, puis fermer les yeux dans un monde qui n'était pas le sien et qui ne serait jamais le sien. Il venait de quitter son monde à lui pour ne plus jamais y retourner. Léo s'endormit, une enfant souriante et calme dans les bras, tel un trésor.


Dernière édition par Layovia L. Starinski le Dim 2 Sep 2012 - 4:43, édité 6 fois
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Re: Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Dim 2 Sep 2012 - 1:22
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Léo ouvrit les yeux, bien plus tard. Des heures plus tard. La lumière aveuglante du soleil matinal surplombait le
métronome et frappait les iris et la peau du jeune Russe. Une lumière chaude, si réconfortante. Léo se redressa sur son séant. Elle n'était plus là. Il s'était endormi, étendu sur le sol et elle était partie. Il regarda derrière sa personne. Il n'y avait plus de chaise, plus de vitre, que le vide. Non. Il y avait un décor, une horloge entourée d'autres façades. Cependant la fillette n'était plus là.
Léo se leva. Un papier glissa de ses genoux pour s'écraser sans bruit sur le sol. Léo le prit en remarquant qu'il n'y avait non plus de bouts de papier éparpillés. Sur la feuille, il n'y avait que ce qu'elle avait sans cesse répété mais qui cette fois, résonnait comme des paroles éternelles, douces et rassurantes.

Je t'ai vu. J'en suis très heureuse.
Tu vois? J'ai dessiné une vitre.

Non, il ne voyait pas. Ça le fit sourire. Son premier sourire. Mais pas son dernier.
























Where is my freedom, my light? They're here. With me.


FIN




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Re: Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé] - Dim 2 Sep 2012 - 20:35
Que dire ? Tu as un style d'écriture très sympathique et assez unique je dois dire. Il faut bien suivre l'histoire mais elle est vraiment bien. Ça m'a beaucoup plus ;)

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Where is my freedom, my light? [Solo] [Terminé]
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