Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Quand on sème la Cruauté, on récolte la Vengeance, là est son trépas.

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Quand on sème la Cruauté, on récolte la Vengeance, là est son trépas. - Mer 25 Nov 2015 - 19:00



Il n'y a pas de Survie sans morts.


Chaque soir, les remords se faisaient plus grands et plus forts. Chaque nuit, ses crimes la rattrapaient. Les monstres de la culpabilité hantaient ses sommeils. Le sang qui avait coulé de ses mains la submergeait dans une abysse sans fond. Les cris et les pleurs de ses victimes retentissaient de leur échos sans silence, dans sa tête, tel un appel à la folie.
Mais qu'avait-elle fait? Qu'était-elle devenue, depuis ce sombre jour où le déclin de l'Humanité était venu toquer à sa porte?

Elle aurait toujours du mettre fin à ses jours, avant que tout cela n'arrive. Elle y avait tant pensé après tout, de sa courte existence, encrée à la plume d'une profonde détresse, aux quelques tentatives de suicide échouées.
Ces multiples scarifications, sans jamais avoir eu le courage de couper plus profond, ces veines saillantes qui n'attendaient que cela, d'en faire déverser tout le sang, l'empêcher ainsi de s'envenimer d'amertume folle et démoniaque, et de s'imprégner des pleurs salés de ceux qui allaient tomber sous son joug.
Ces fois où elle regardait au bas, depuis les fenêtres, de sa chambre d'appartement ou à l'étage de son collège.

Elle aurait du le faire. C'est ce qu'elle se disait à présent, depuis son arrivée à l'Académie en tant que Repentie, entourée d'humains comme elle, et retrouvant le monde tel qu'il l'était à sa naissance. Elle passait ses journées à les observer, ces frères et soeurs d'espèce, qu'elle avait terrassés autrefois, pour quelques rations, et qui n'existaient plus qu'à l'exception...

Cette nuit là, dans une chambre dont elle avait oublié le lieu et la cause de sa présence, elle fut tourmentée plus qu'à son habitude, d'un tourment anormalement insoutenable. Elle crut tressaillir un instant, mais elle se laissa porter dans un sommeil troublant.

Fio dormait au milieu des vieux foins, dans un box d'écurie abandonnée, qui avait accueilli autrefois cochons et chevaux. La lumière du jour à l'aube, qui passait à travers une plaque de taule en plastique transparent plaquée à la porte en guise de fenêtre, vînt cueillir son visage gelé et rougit par la fraîcheur du matin. Enroulée dans une fine couverture et habillée d'un manteau imperméable, entièrement vêtue de la tête au pied, chaussée de ses godillons recouverts de terre séchée, elle se leva aussitôt. Son sac et un fusil de chasse étaient posé à ses pieds, elle les prit tout deux, enroula son petit duvet et son tapis de sol, les disposa sur le haut de son sac à dos, puis partit.
Elle avait à son arrivée ici, la veille, déjà débarrasser la zone des vermines qui erraient, elle était donc plutôt tranquille.

Elle avait l'air grave, le regard vide de toute émotion, le corps rigide, une peau livide et froide, tel une macchabée. Elle marchait à travers la colline, laissant derrière elle l'ancienne écurie, qui lui avait permise de passer une nuit encore, dans ce monde miséreux. Un grand vent frappait Fio sur son flan, faisant voler ses cheveux emmêlés sur son visage, cachant son air impassible et absent. Il faisait gris, humide, et froid. Fio avait une écharpe qui recouvrait le bas de son visage de son menton jusqu'à son nez.

Elle arriva bientôt dans un petit village, abandonné, comme tout le reste de la civilisation humaine. Elle choisit une maison isolée, sur le chemin de barbelés, à fouiller. Elle avait, exceptionnellement, laisser de côté sa prudence, laissant libre aux voraces décomposés de s'emparer de sa carcasse inanimée d'humanité.
Elle n'y découvrit rien d'intéressant, et était toujours en vie, n'ayant rencontré la route d'aucuns zombies. Elle avait cependant observer méticuleusement les éléments du passé qui y demeuraient et y demeureraient à jamais. Une multitude de babioles décoratives cassées, une vaisselle de porcelaine poussiéreuse...Et des cadres photos d'un couple de vieillards, partout sur les vieux meubles en bois et accrochés aux murs.
Ces vieux, qui avaient essayer en vain d'oublier la mort qui leur souriait, en invitant sans cesse leurs milles petits enfants, la compagnie constante de jeunesse, tels les crèmes rajeunissantes pour madame, les ravivaient d'un espoir illusoire. Un refoulement terrible de cette mort inévitable, qui pourtant, soulage bien des maux de la vie. Que vaut la vie, si dans n'importe quel monde, la mort est omniprésente? Fio avait pensé tout cela, en les regardant, tout souriant, tout tristes. Elle les trouvaient ridicules, tout comme elle.

En repartant vers la porte d'entrée, elle sentit craquer sous ses pieds, comme si l'on marchait sur du sucre. Elle pencha la tête en bas, et s'aperçut que c'était un miroir brisé en milles morceaux. Elle se pencha et se saisit d'un gros bout de ce verre, elle y vit un visage recouvert de sang, l'expression morte que portait son petit minois coloré de blanc et de rouge, celui d'une meurtrière, d'un corps abandonné par son âme, plus qu'un monstre sans coeur. Elle lâcha le morceau de miroir, qui tomba et se brisa de nouveau, dans un fracas. Elle regarda ses mains, rouges de sang séché. Elle ouvrit son manteau et y découvrit ses vêtements souillés, eux aussi, d'un sang qui n'était, de toute évidence, pas le sien. Ni celui des zombies, d'ailleurs, et elle le savait très bien.

Elle se souvint alors de cette famille, qu'elle avait tenu en otage pour en apprendre d'avantage sur les techniques de jardinage et qu'elle avait tué ensuite, de sang froid, il y a quelques jours. Elle finit par se souvenir de son premier meurtre. Puis de tout ce qui avait débuté sa survie.
Elle avait oublié tout ça. Cela faisait des années qu'elle ne s'était pas remémorer quelque chose. Elle fut effrayée à cette idée, elle ne se reconnaissait elle même, plus de qualités humaines.
Elle se dit à elle même, dans un calme troublant, à voix basse :

-Ah...ça fait 5 ans.

Oui. Cela faisait 5 ans que l'incident avait eu lieu.
5 ans que tout a réellement commencé à s'assombrir.

Alors que ses parents moururent, Fio eut été recueillie par une petite communauté survivante, alors qu'elle fuyait, apeurée et incapable. C'est avec eux qu'elle eut appris toutes les techniques de combat, l'utilisation des armes à feu, les astuces de survie, les méthodes de la chasse et des pièges, avec eux qu'elle eut acquis ce savoir de combattante, grâce à eux qu'elle était toujours en vie aujourd'hui. Tout se passait bien, Fio s'était fait deux amis: Petrisha une grande fille de son âge peureuse et faiblarde, et Ivan, un gaillard chrétien de la trentaine. Fio avait le coeur réchauffé par la convivialité et la sécurité.

Jusqu'au jour où une grave pénurie de vivres piétina ce rêve et sema le chaos dans la tête des humains. La famine terrassait les êtres de la communauté démunis, ayant sans arrêt recherchés de nouvelles rations dans un grand périmètre aux alentours. Beaucoup ne revenaient jamais de ces expéditions. Plus ils cherchaient, moins ils trouvaient, plus ils mouraient et plus de zombies il y avait à leurs portes.
La peur s'empara de tout le monde, des accusations et des rumeurs visèrent des personnes innocentes, dans le but de faire porter la faute à quelqu'un, et de tuer légitimement pour manger...Il y eu alors des meurtres, et des repas cannibales. Fio ne pouvait plus supporter ce supplice, tout le monde craignait son voisin, la haine et la folie régnaient en maître. Dans ce chaos, il était prévisible qu'une personne, au milieu des Hommes et des Zombies, allait craqué en premier, et créer un carnage, pour mettre fin à l'horreur. Cette personne, ce fut Fio.
Il lui restait quelques fruits secs, rare nourriture que peu avaient économisé, elle le cachait alors précieusement. Elle s'arma d'un couteau, qu'elle avait trouvé lors d'une petite expédition d’entrainement, dans une cuisine de restaurant, quand son amie Petrisha, vînt la voir pour lui demander un peu de ses restes. Elle insistait, presque mourante, mais Fio savait qu'elle ne pouvait pas survivre, même si elle le lui en donnait.
Au final, elle y resterait toutes les deux.
Fio, d'un coup impulsif, surgit son couteau et asséna le corps faible de son amie de coups meurtriers. Incontrôlable, elle courra pour s'emparer des quelques armes à feu interdites, et se mit à tuer tout le monde se mettant sur son passage. Elle décida de partir, seule, à tout jamais, et de laisser crever là toutes ces abominables personnes. Son ami Ivan avait tenté de la raisonner, mais la haine et la psychose s'étaient logées dans son esprit, accumulant chocs émotionnels et famine. Elle en devint folle, laissant là son ami, sans pitié, à la merci des zombies.
En partant par dessus le mur du camp, elle avait déverser le bidon d'essence de la seule voiture presque intacte, à son pied, et alluma une allumette, objet facile à trouver, qu'elle jeta dans la longue flaque. Elle partit alors dans un torrent de déflagration, semant l'enfer derrière elle, pour que personne ne puissent s'échapper.
Elle avait ouvert les portes protectrices de la zone.
Les zombies s'étaient attroupés devant, attirés par le bruit des coups de feu et des hurlements, et rentraient à présent en masse pour dévorer tous les survivants de la communauté, par sa volonté.
En courant, au loin, elle pouvait entendre les cris assourdissants de la tuerie, et les délicieux bruits de torture que les mâchoires en décomposition produisaient en arrachant la chair des humains vivants.

Depuis ce sombre jour, Fio n'était plus la même. Son coeur s'était glacé et durcit comme de la pierre. Elle était une meurtrière, une survivante avant tout. Passer sa vie avant toutes autres était une leçon. Les Hommes sont des loups pour les hommes. Supprimer toute source potentielle de danger. Une leçon à double tranchant.

Elle errait, à travers les colline de vent et de grisaille, parsemées de vieux bâtiment recouverts de verdures. Arrivée à un terrain plat, au milieu de ruines, elle entendit un coup de feu retentir, dans son dos. Elle ressentit alors une douleur qui lui fit lâcher un bref cri déchiré. Son visage affichait une grimace de chien enragé, tiraillée par la surprise et la souffrance corporelle, cependant, elle ne bougea pas, sa respiration s'était accélérée très vite. Elle laissa tomber son corps, sentant la présence familière de son assassin, juste derrière elle. Elle crut entendre ces paroles, dans une voix calme et grave :

"Et je vis une bête monter de la mer, Et ils adorèrent le Dragon parce qu'il avait donné l'autorité à la Bête. Qui est semblable à la Bête? Et qui peut combattre contre elle?"

Elle n'eut pas le courage de penser à celui qui avait signé son arrêt de mort sans son accord.
Ses dernière pensées se posèrent sur cette ultime question :
Pourquoi ai-je survécu? Pourquoi ai-je tant tenu à la vie, tout ce temps...Quel calvaire.
Elle ferma les yeux, se résignant à ne plus jamais regarder en face ce maudit monde, abandonnant ses dernières forces, cessant de lutter pour une cause perdue, elle laissa son cadavre comme festin aux charognards.

Elle se réveilla, en sueur. Elle était dans la chambre et rien n'avait changé, depuis son lourd sommeil.

-Ah...c'était un rêve.




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Re: Quand on sème la Cruauté, on récolte la Vengeance, là est son trépas. - Ven 8 Jan 2016 - 22:18
Hé ben ! Pas toujours rose la vie de Fio ! C'est intéressant de voir que ton personnage avait des sentiments pour certaines personnes, des amis. On comprend assez facilement son choix de les tuer en fait, vu la situation extrême dans laquelle tout le monde était parvenu. Malheureusement, on ne se remet pas souvent de ce genre d'expériences... Enfin, tu as suivi les règles de la quête sans soucis ! C'est agréable de te lire, mais attention à quelques fautes qui gâchent un peu la lecture.

Fio Chucharan : 150 + 300xps


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