Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Cor, corpus et anima.

 
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Cor, corpus et anima. - Jeu 9 Juil 2015 - 22:51



Cor,
Corpus et Anima. (solo)



Une odeur âpre d'antiseptique flottait dans l'air. Au milieu de la pièce, un corps inerte, pâle et couvert de bandage, gisait sur l'un des lits de l'infirmerie. Intraveineuse dans le bras et sous assistance respiratoire, l'infirme jadis empereur n'était plus que l'ombre de lui-même. L'albino n'avait pas repris connaissance depuis son sauvetage en Egypte par son collègue, Jacob Loan. Et était resté plongé dans ce coma profond, dont il ne semblait pas vouloir sortir pour le moment. Le naufrage de Gregorio continuait, mettant à rude épreuve son intégrité physique, mais aussi mentale.

Il sombrait lentement dans cette mer noire comme la nuit, où tout n'était que vide et silence autour de lui. Soudain, il ouvrit les yeux, et tourna la tête autour de lui. Le néant et rien d'autre, oppressant et froid, il enserra la gorge du romain, qui s'étouffa lentement. La noyade fut lente et douloureuse, le souffle manqua désespérément à l'apprenti dieu. Il se débattait frénétiquement dans ce vide, qui prenait possession de lui. La douleur et les spasmes saisirent violemment son corps, et le tuèrent à petit feu. L'univers s'effaça sous ses yeux, et les ombres envahirent sa vision. Il n'était bientôt plus qu'une coquille vide...

Tout à coup, une lumière fit place devant lui, comme une sortie de secours. Puis, une main apparût, tendue vers l'italien. Salvatrice et rayonnante, Gregorio l'agrippa avec toutes les forces qui lui restaient. Elle était chaude et rassurante. Enfin elle remonta avec le professeur jusqu'à la lueur blanche. L'emprise autour du cou de Gregorio cèda subitement, et le froid s'en alla pour laisser place à une agréable chaleur. Finalement, le dieu masqué atteingnit la surface, et sortit de mer de néant. Il n'y avait rien. Derrière lui s'étendait le néant , tel un océan calme et silencieux. Devant lui se dressait un décor à la blancheur immaculée, dépourvue de relief et de traits. Seule une porte massive, en bois de chaîne, décorait ce paysage plus que sobre.

-Caesar...

Une voix sortie de nulle part appella alord l'empereur déchu. Elle n'était pas inconnue à l'homme au masque, qui frissonna en l'entendant. Comment la voie d'un mort pouvait-elle raisonner en ces lieux, se demanda Gregorio. Avec hésitation, l'italien s'avança jusqu'à la porte, puis lorsqu'il posa sa main contre le bois verni, de nouveau la voix claire et jeune se remit à s'exprimer.

-Oui, par ici Iulius ! Ouvre et entre, viens me rejoindre !

Un petit rire s'en suivit, il n'avait rien de mauvais, ni de moqueur. Bien au contraire, Caesar y voyait de l'innocence, identique à celle qui l'avait cotoyé dans le passé. Cette fois-ci, il n'y avait aucun doute c'était bien elle. Et Gregorio pressa la poignée, puis poussa le lourd battant.

Une jeune fille d'à peine la quinzaine fit son apparition à l'embrasure de la porte. Une robe légère en soie blanche, des courbes féminines et gracieuses, une chevelure blonde en cascade, elle ressemblait exactement à la même femme qu'il avait connu sous l'Antiquité.

-Cornelia... C'est bien toi ? Non je dois rêver, tu n...

Un sourire malicieux sur les lèvres, la mystérieuse inconnue posa son index contre les lèvres tremblantes de Caesar. Ses grands yeux, aussi claires que l'azur de Méditerrannée, scrutèrent le regard désarçonné de Gregorio. Cornelia Cinna, sa première épouse, se tenait devant lui. Il se souvenait d'elle dans les moindres détails, et cela même si le temps avait passé depuis.

-Chut... Nous n'avons plus beaucoup de temps. Enfin, tu n'as plus beaucoup de temps.

Intrigué, Gregorio écarta délicatement la main de son ancienne compagne, et lui fit face d'un air sérieux.

-Que veux tu dire par là ?

Elle prit soudainement une expression grave et inquiète.

-Venit Mors

Gregorio tressaillit. Sa respiration était de plus en plus saccadée, tandis que son corps tremblait légèrement.

-Iulius, tu es entrain de mourir. Quoiqu'il arrive, tu dois lutter, auquel cas il sera trop tard.

Il suffoquait, l'air parraissait avoir disparue autour de lui. Les choses commencèrent à devenir trouble. Il chercha de sa main, celle de Cornelia. Tout d'un coup, un voile noir tomba. Le cœur de Gregorio avait cessé de battre.




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Re: Cor, corpus et anima. - Lun 13 Juil 2015 - 21:54



Cor,
Corpus et Anima. (solo)



Telle une machine fatiguée de fonctionner, l'organe vital de l'italien s'était mis à ralentir brusquement jusqu'à ne plus émettre de pulsation. L'électrocardiogramme dessina alors une effrayante ligne droite. Une seconde, cinq secondes, vingt secondes... Le temps continuait à s'écouler, sans que Gregorio ne donnât de signe de vie. Tout d'un coup, le cœur se remit à battre, très faiblement. Comme si une once de vie persistait encore et toujours, malgré la force et l'envie irrépressible de tout lâcher. Une petite braise, frêle et fragile, auquel était attaché la vie de l'empathe.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, le romain constata qu'il était de nouveau seul. Perdu, dans un lieu où l'obscurité progressait lentement dans sa direction. Il n'y avait plus cette chaleur accueillante, ni même une quelconque trace de Cornelia. Une Hallucination ? Une illusion ? Un fantôme revenu de l'au-delà ? Gregorio ne réussissait pas à trouver une explication rationnelle à cette rencontre.  

-Tu te poses trop de questions Iulius... Ma présence te perturbe tant que ça ?

La voix cristalline de la jeune fille brisa le silence glacial qui régnait dans les alentours. Les ombres s'arrêtèrent et reculèrent à mesure que la blonde se rapprochait de Caesar. Elle prit, ensuite, les mains de son époux d'antan et l'aida à se mettre debout. Arborant toujours, ce même sourire rayonnant, Cornelia Cinna entraîna l'empereur dans ses pas. Et l'emmena loin de l'obscurité croissante. Un escalier de verre se materialisa sur leur chemin, portant ainsi les deux romains à plus haute altitude.

-Pourquoi ? Pourquoi toi, Cornelia ? Es-tu venu exprès pour me ramener aux champs de l'Asphodèle ?

-Tu connais la réponse Iulius, seulement tu t'obstines à ne pas la voir en face...

Elle rigola gentiemment, et s'avança vers lui, afin de poser ses lèvres contre celles de Gregorio. Le rouge ne tarda pas à monter aux joues de l'italien, qui ne s'attendait pas du tout à une telle réaction de la part de sa première compagne. Bien que troublé, l'empereur ne repoussa pas la blonde, et se laissa aller à cet instant de désir, avant de s'écarter avec délicatesse. Ce fut à ce moment, quand il recula d'un pas, que le professeur de latin remarqua avec stupeur, qu'ils se tenaient sur une plateforme en verre, suspendue au milieu du vide.

-Nos chemins se séparent ici Iulius...

La jeune femme soupira, avant d'adresser un sourire triste à celui qui fut jadis son mari.

-Tout s'efface peu à peu. Mais toi, tu ne dois pas oublier qui tu es. Il ne tient qu'à toi de choisir ton chemin.

Soudain, un craquement sinistre se fit entendre, et le verre sous les pieds de l'empathe se fissura. Le sang de Gregorio ne fit qu'un tour, il grimaça et regarda, avec un léger frisson d'effroi, la plateforme se désagréger inexorablement. Le sol se déroba sous ses pieds, et il chuta comme un ange privé de ses ailes. Tandis que Cornelia, perchée aux bords de ce gouffre, observait son mari plonger dans les tréfonds de ces abysses infernales. Tout à coup, l'inquiétude s'empara de la jeune femme, qui ne put s'empêcher de lancer un dernier mot à son époux.

-Es Julius Caesar !




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