Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

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「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Mer 10 Juin 2015 - 19:39

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Le liquide cristallin glissait gracieusement sur l'épiderme opalin du japonais, perlant agréablement entre ses muscles drus et profilés, suivant les chemins ondulés des traits de son corps dessiné, le rinçant de l'impureté carminée et poisseuse dont il s'était maculé. Ses yeux clos, il avait arqué son cou, son visage harmonieux et serein dirigé vers le sol carrelé de la cabine de douche, laissant le fluide hyalin imbiber ses fins capillaires ébènes et ruisseler le long de son échine. Il était songeur, plongé dans une douce et légère rêverie, déconnecté de la réalité. Dans cet état pseudo-léthargique, dû à la retombée d'excitation causée par l'entracte qui séparait l'antérieur scène macabre et exaltante qu'avaient partagé Eishi et Aleksander d'un futur folâtre encore incertain, le nippon s'était perdu dans une sibylline et nébuleuse divagation. Il revoyait des passages du meurtre impulsif et sauvage que son partenaire lupin et lui-même avait précédemment perpétré, couplé à des bribes de sa vie en tant qu'être humain et à un flot de pensées confus et décousu. Le noiraud ne faisait aucun effort pour structurer sa cogitation, abandonnant son psyché à une errance désinvolte. Il rêvassa ainsi un long moment, ou peut-être court, il ne savait pas réellement à vrai dire, ayant perdu la notion du temps. Son esprit se remit en ordre au moment où l'afflux aqueux cessa, se re-concentrant sur la suite des évènements. Il sortit nonchalamment de la salle d'eau, une serviette négligemment posée sur sa toison de jais encore humide, à la recherche de vêtements propres à enfiler. Il était sincèrement satisfait d'avoir une chambre pour lui seul, n'ayant par conséquent pas à se justifier auprès d'un ou plusieurs pénibles colocataires à chaque fois qu'il rentrait couvert d'une certaine substance grenat ou dégageant une aigre effluve funèbre. Il éjecta avec incurie le tissu humidifié dans un coin de la chambre, attrapant rapidement le nécessaire dont il allait se vêtir : un t-shirt noir cintré à manche courte, un jean souple anthracite et des bottes noires de style militaire. Il ébouriffa sa crinière corbeau déjà désordonnée, poussant un léger soupir de délassement, adoptant de nouveau son sourire espiègle et guilleret, teinté d'une indiscernable obscurité. Attrapant une de ses vestes sombres, dans lesquels il dissimulaient une multitude de lames, il déserta la pièce pour se diriger vers le point de rendez-vous.

En effet, après avoir quitté leur précédent lieu de débauche, dans lequel ils avaient brutalement mis fin à la vie d'une surveillante de la Deus Académie et bestialement mutilé sa dépouille, ils s'étaient séparés pour se laver de leurs méfaits dans le but de passer inaperçus, ou du moins de paraître moins suspects qu'avec les vêtements et le faciès tachetés du sang de quelqu'un d'autre, et s'étaient donné comme prochaine destination d'inconduite le couloir principal menant aux salles de matières littéraires, telles que la philosophie, l'anglais ou encore le latin. Le lieu avait été choisit par Eishi, qui avait toujours trouvé ces disciplines d'un ennui consternant, mais pour une raison qu'il ignorait, son compère lycanthrope avait semblé satisfait par ce choix, peut-être lui aussi exécrait-il cette branche de l'enseignement, ou bien l'un des professeurs en assurant les cours. Le noiraud rit doucement à cette dernière pensée, imaginant le serveur britannique venir en classe uniquement pour ruiner le cours d'un enseignant qu'il aurait en horreur ou encore faisant exprès de trébucher pour lui expédier un plat en plein visage. Il avançait posément, les mains enfoncées dans les poches, d'un pas mesuré malgré l'impatience qui le rongeait à l'idée de continuer ses ravages en compagnie du loup-garou. Il leva langoureusement ses iris céruléens vers le voile ténébreux qui avait complètement avalé le ciel dominant l'académie divine et ses alentours. Un étrange et inquiétant rictus orna ses fines lèvres alors que son regard se perdait dans la contemplation de l'immensité obscure.

    「For the night is dark and full of terrors...」

Une hilarité légère le posséda un moment, alors qu'il reportait son attention sur son trajet d'apparence placide mais teinté d'une faiblement discernable hâte à peine répressible. Cette citation tirée de l'une de ses œuvres préférées n'annonçait jamais rien de bon, même s'il ne pensait pas en venir à incendier des hérétiques durant cette frénésie nocturne. Après tout, cela attirait beaucoup trop l'attention, il y avait mille et une façon de tuer en faisant preuve d'un peu plus de discrétion. Il arriva assez rapidement devant l'énorme bâtiment de cours, s'immobilisant devant pour le scruter d'un air rieur et égayé. Même s'il n'y était pas réellement dans son élément, il avait toujours trouvé la vie dans les établissements scolaires très divertissante et intéressante. Peut-être était-ce la ferveur de la jeunesse et la facilité déconcertante avec laquelle il était possible de les manipuler et de les blesser, ou peut-être était-ce simplement le décalage abyssale entre son existence et celles de ces êtres insignifiants qu'étaient les étudiants, des jeunes pas tout à fait adultes qui passaient une dizaine d'années à se chercher un but et un avenir, tellement préoccupés par le fait de devoir profiter du présent tout en pensant au futur qu'ils ne parvenaient, dans la grande majorité des cas, à faire ni l'un ni l'autre. Expirant nasalement de façon jovial et rieuse, il pénétra allègrement dans la bâtisse. Le brun parcourait tranquillement les couloirs des étages inférieurs, sa présence quasiment indétectable, avançant dans l'ombre comme s'il en était lui-même une partie. Sa marche fut cependant troublée par une idée, qui traversa son esprit de manière fulgurante, alors que ses mirettes avaient aperçu une inscription sur l'une des portes : “Laboratoire de biologie”. Son sourire s'étira de sottise alors qu'il entama le crochetage de la serrure. En quelques instants cette dernière céda le japonais s'infiltra dans le laboratoire. Il fureta prestement un moment, jusqu'à trouver enfin une montagne de trésors qu'il n'aurait jamais ne serait-ce qu'espéré trouver : des terrariums remplis d'insectes. Mais son ricanement malin et puéril ne devint réellement incoercible que lorsque ses prunelles brillantes d'un éclat safre enfantin et frivole se posèrent sur l'habitat artificiel de taille moyenne d'une colonie de termites. Il s'empara de celui-ci subrepticement, pour s'échapper de la salle, reprenant son trajet d'origine, réprimant son ricanement du mieux qu'il pouvait.

Après quelques minutes de marche furtive, la boite à insectes dans les bras, il arriva finalement dans le couloir donnant sur les salles consacrées aux matières littéraires. Déposant sa perle de fumisterie à ses pieds, il chercha du regard Aleksander dans la pénombre. Cependant, ce dernier ne s'y trouvait pas. Était-ce Eishi qui avait été particulièrement véloce ? Ou était-ce son acolyte lupin qui avait lui aussi trouvé un objet de parfaite facétie ?



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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Ven 12 Juin 2015 - 15:48
Le Lycan jubilait, dans la pénombre offerte par les feuillages des arbres d'une taille surnaturelle. Même la lumière des astres nocturnes ne parvenaient à transpercer l'épaisse couche de ténèbres qui s'était apposée comme un voile d'encre sur l'endroit. Son regard féroce se promenait, distinguant nettement le moindre détail qui aurait été indiscernable pour un humain normalement constitué. Adossé à ce tronc, il avait dormi. Au niveau de cette branche-ci. Ses narines hûmèrent l'air, reniflant bruyamment, juste à temps pour accueillir les relents d'une carcasse en décomposition avancée. Dépassant une souche qui aurait pu servir de table au vu de sa hauteur et de sa largueur, son bois qui aurait dû être infesté de nuisible encore sain, et sec, le Britannique se dirigea, mains dans les poches de son uniforme fraîchement enfilé après un passage sous la douche, vers l'autre extrémité de la curieuse clairière. C'est ici qu'il était venu en aide à une humaine, à l'époque où il était encore facilement influençable.

Une ère révolue depuis bien longtemps, désormais. Derechef, il renifla, bruyamment, alors qu'un rictus carnassier fendait son visage avec la même efficacité qu'une lame aurait lacéré sa chair. Ses dents blanches étaient un contraste horrifiant avec l'obscurité étouffante qui régnait sur l'endroit, ses iris luisant de cruauté accompagnant ce croissant immaculé, qui, un peu plus tôt, avait été teinté du carmin de la chair et du sang de ses supposés congénères. Enfin, il trouva la carcasse. Le Lyncheur Alpha était là, à moitié dévoré par des charognards, après qu'il l'ait soumis à sa force souveraine, qui faisait de lui le véritable alpha de toutes les espèces. Ses sens aiguisés et tranchants comme le fil d'un hachoir lui firent tourner la tête, percevant les bruissements bien trop répétés d'un amas de buissons pour que ce soit une simple brise.

Encore une fois, il avait vu juste. Rejetant la tête en arrière, il fit un effort incommensurable pour manifester un écho vulgaire de la Bête. De sa gueule jaillit un rugissement assourdissant, d'une puissance inégalée. Mêlant celui de grands félins à celui d'énormes ursidés, il était plus écrasant que n'importe quel cri d'animal. Le hurlement se prolongea un long moment, avant que le Repenti ne finisse par voir son souffle se tarir, l'achevant sur une dernière note lugubre. Il y avait dans les tréfonds de cette brutale peinture sonore une noirceur indicible, oppressante pour quiconque en percevait le sens profond. Il ralliait la meute de sa victime. Comme un tyran l'aurait fait avec les restes du gouvernement d'un pays fraîchement conquis et oblitéré.

Il ne les ralliait, ni ne les conviait pas. Il leur donnait un ordre. En tant que Prédateur Alpha. Le Souverain implacable de la chaîne alimentaire. Créature magique ou pas, tous se soumettaient ou fuyaient. C'était ainsi que les choses fonctionnaient, dans le monde animal. Et il était mieux placer que personne d'autre pour appréhender ce concept. Les buissons bruissèrent une nouvelle fois, puis, lentement, des lyncheurs en émergèrent. Ils étaient restés près de leur ancien alpha, sans savoir si ils devaient d'ores et déjà élire un nouveau dirigeant. Protégeant sa carcasse tant bien que mal. Un sentiment de loyauté pratiquement humain. Ce qu'Aleksander n'éprouvait pas le moins du monde. Ils devaient bien être une dizaine, formant un demi-cercle devant le Dieu Prédateur qui leur faisait face, une expression angoissante gravée sur le visage.

Il y eu comme une discussion. Métaphoriquement, bien entendu. Malgré les apparences, c'était une évidence que les animaux ne parlaient pas entre eux. Bien que ce soit une croyance populaire, il n'y avait aucune conversation claire et nette entre les différents membres d'une meute. Ils comprenaient leurs intentions par les actes, voilà tout. Et à n'en pas douter, ils avaient bien saisi ce qu'attendait d'eux le Prédateur Alpha, si imposant, et implacable bourreau de leur ancien chef. Ceci dit, le Lycan n'attendait pas une soumission totale du reste de la meute qui avait assisté sans rien faire à la mort de leur Alpha. Il se demandait simplement de quelle façon se scinderait la meute, achevant de tourner la page pour celle-ci, menant à la naissance d'un nouvel alpha de par le combat entre deux des Lyncheurs. Rapidement, trois des spectateurs se détachèrent de leurs congénères pour se rallier aux côtés du Prédateur Alpha, qui opinait lentement, satisfait, avant de river son regard farouche sur ses autres interlocuteurs. Qui prirent leurs jambes à leur cou. Ce qui était l'évidence même, aux yeux du Blond, qui pivota déjà, en compagnie de ses nouveaux molosses et subordonnés. Son sang bouillonnait, alors que de nouveaux esprits cherchaient à entrer en cohésion avec le sien. Chose à laquelle il se refusa catégoriquement, en adressant un rictus à ses limiers. Après tout, ils n'étaient qu'une espèce inférieur qui n'avait raison d'être que pour accomplir ses objectifs du moment.


Accompagné de ses nouveaux jouets, il s'enfonça dans l'obscurité, ne laissant derrière lui qu'un bois gelé dans les ténèbres et le silence.

*****

Le grognement sonore du Lyncheur qui montrait déjà les crocs se répercuta à travers tout le couloir dans lequel lui, et son Alpha, avec deux autres de ses compères, venaient de pénétrer. Les iris luisant de cruauté d'Aleksander se braquèrent immédiatement sur son compère de débauche, alors qu'il s'approchait de lui, nonchalant, les trois molosses nouvellement acquis rôdant autour de lui. Ils auraient sans aucun doute étaient imposants, si l'aura assujettissante du Repenti ne se révélait pas aussi volumineuse et asphyxiante. D'un coup d'oeil, il identifia le contenu de la boîte emplie d'insecte, alors qu'il intimait au Lyncheur à sa droite d'arrêter d'écumer de rage en voyant Eishi, comme s'il prévoyait de le mordre. Imitant son compagnon, Aleksader plia les bras, paumes vers le ciel au niveau des épaules, poussant un soupir interminable, avant de ricaner comme un dément, sa poitrine secouée par son rire psychotique, alors qu'il interpellait Eishi.

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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Lun 15 Juin 2015 - 1:03

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Adossé contre le mur froid du couloir donnant sur les salles où étaient enseignées les matières littéraires, la déité de la Fiction avait croisé ses bras contre son torse et clos ses paupières, ouvrant son esprit tumultueux à une anarchique rêvasserie. Il était parvenu à tempérer l'excitation qui l'avait précédemment pratiquement posséder, laissant à présent à son psyché une liberté d'évasion inconditionnelle, pour patienter en attendant l'arrivée de son compagnon lupin. Une des premières pensées qui vint frappé sa déraisonnable raison fut un questionnement sur la raison qui rendait le trajet du lycanthrope aussi long. Les imaginaires réponses furent diverses et variées, défiant pratiquement toutes le sens commun, très certainement à cause de la légère dépravation morale du jeune japonais à la chevelure de jais, piégée dans un monde oscillant entre le manga shounen avec comédie romantique et le manga gore et psychologiquement défaillant. Imaginer le britannique entre une scène de massacre intempestive excessivement barbare et une scène de rencontre exsudant d'une niaiserie sans borne arracha au nippon un léger rire amusé et moqueur. Il se mit ensuite à cogiter sur le monde des humains, étrangement nostalgique. Il désirait y retourner quelques temps. Après tout, il avait encore un grand nombre de personnes à éventrer, à éviscérer, à étriper, à décapiter, et encore une longue liste d'autres châtiments tous plus lancinant les uns que les autres. Il savait déjà qu'il commencerait par celui qui avait lâchement transpercé son abdomen d'une balle de calibre 7,62 et il imaginait son trépas d'une longueur et d'une souffrance dont il se délectait déjà. Ensuite, il rendrait visite aux commanditaires, telle une main funèbre revenues d'entre les morts, pour les faucher un à un. Cependant, il fallait comprendre qu'il n'était nullement question d'une vengeance, d'un désir de justice ou d'un quelconque grief porté à ces individus qui l'avaient envoyé dans l'autre monde. Seuls les humains normaux ressentent ce genre très spécifiques d'émotions. Eishi pensaient simplement que cela serait terriblement désopilant et récréatif d'observer les réactions de ces personnes alors que l'être qu'ils avaient assassinés leur ôtait la vie ou les organes sous leurs yeux emplis d'effroi. Après tout, les histoires de fantômes et de revenants l'avaient toujours fasciné mais il n'avait jamais pu en expérimenter directement les divers effets. De surcroît en incarnant la créature qui s'était frayé un chemin des abysses de l'enfer jusqu'au monde des vivants. Le noiraud en trépignait presque d'impatience à l'idée de savourer chaque partie de cette délicieuse et extravagante tuerie.

Alors que se jouait dans son encéphale une fastueuse et ineffable saynète mortuaire, le brun fut ramené à la réalité lorsqu'il perçu l'aura néfaste et opprimante de son compère meurtrier. Ses lèvres s'étirèrent en un sordide rictus et il se détacha du mur sur lequel il avait appuyé son échine, enfonçant ses mains dans ses poches de façon à taire le léger tremblement qui semblait devenir de moins en moins contrôlable lorsque le duo de psychopathes dangereux se retrouvaient. Cependant, la surprise carnavalesque et sublime que lui avait amené son acolyte blond allait au-delà de son imaginatif cynique et excentrique. Les yeux du spadassin du pays du Soleil-Levant s'écarquillèrent, dévoilant parfaitement ses deux orbes céruléennes jubilantes de surprise et de vice, et son sourire s'allongea de façon démente, déformant ses traits fins en une grimace grotesque, comme s'il était devenu l'arlequin du chaos et de l'absurdité. Il reprit peu à peu son flegme, remettant son masque candide et folâtre, observant l'approche nonchalante de son comparse anglais, et celle plus nerveuse et sauvage des trois fauves qui lui emboitaient le pas. Ces derniers semblaient par ailleurs éprouver une certaine aversion envers l'assassin japonais, très certainement l'instinct animal qui leur hurlait que devant eux se tenait un être particulièrement dangereux, un prédateur vicieux et impitoyable. Malgré leur animosité, ils semblaient cependant sous le contrôle ferme et implacable du prédateur Alpha. L'imitation d'Aleksander fit pouffer le brun, pensant que si l'impassibilité seyait mieux au blond qu'à lui, la raillerie sarcastique sous forme de moue exaspérée lui allait définitivement mieux qu'au loup-garou. L'hilarité insensée et aliénée en revanche leur correspondait à tout deux à la perfection, comme si elle habillait leurs êtres depuis leurs naissances.

    — J'ai des Lyncheurs, toi des insectes. J'ai eu la meilleure idée, non ?

Cette fois-ci, ce fut au tour d'Eishi de ricaner d'un air cocasse et délassé, néanmoins teinté d'une démence non dissimulé. Une fois sa jubilation rieuse lénifiée, le dieu ôta les mains de ses poches pour s'accroupir, son faciès à présent à la hauteur du museau entre-ouvert du lyncheur le plus proche de lui. Son sourire facétieux et sémillant ornait ses lippes comme si elles avaient été façonnées pour l'accueillir naturellement, alors que ses iris safres dépravé, tourmenté et amusé se plantaient dans ceux virulent et bestiales du félin. Ce dernier faillit faire un pas en arrière, accablé par l'aura délétère, sombre et hostile du noiraud dont la soif de sang angoissante était plus qu'évidente, mais il ne le fit pas, se rappelant qu'il était sous les ordres d'un tyran tout aussi terrifiant. La divinité de la Fiction s'amusa quelques instants, approchant et éloignant furtivement ses doigts de la gueule animale, dont l'hésitation à mordre se tarissait au fur et à mesure que sa frustration grandissait. Puis une main truculente et moqueuse vint caresser malicieusement le haut du crâne velu de l'animal qui malgré la provocation évidente ne fit rien à part émettre un grognement irrité. Après s'être redressé, le japonais s'arma de son sardonique sourire, ornementant parfaitement son jovial faciès s'avouant vaincu, les paupières closes, pour mimer l'antérieur imitation de son compère lycan, levant latéralement ses bras coudés en laissant s'échapper un léger soupir à la fois boudeur et rieur.

    「Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce que tu revienne avec de tel bestiaux, je suis obligé de m'avouer vaincu... Une fois encore, je n'ai pas pu gagner !」

Le propos fut suivi d'un reniflement égayé et satirique alors qu'Eishi avait réouvert un seul de ses deux yeux pour le braquer de manière complice vers son acolyte lupin. Faisant volte face, le nippon aux fins capillaires corbeaux se dirigea vers la porte la plus proche. Après l'avoir crochetée d'un tour de main, il ouvrit délicatement la porte, de façon excessivement théâtrale, avant de faire une courbette pléthorique et caustique, invitant d'une main aristocratique le blond lycanthrope à passer devant lui, son expression ironique et amusée ne quittant pas son visage folâtre.

    「À vous l'honneur, messire Aleksander.」




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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Mer 17 Juin 2015 - 2:02
Se fendant d'un sourire hilare en voyant l'air pseudo-théâtral adopté par son compagnon, toujours stupéfait des capacités que celui-ci démontrait quant à changer d'expression faciale, le Prédateur Alpha franchit le seuil, escorté par ses trois molosses massifs qui reniflaient nerveusement. Après tout, ils n'avaient jamais franchi l'entrée de l'Académie, craintifs à l'idée de rencontrer des divinités. C'est curieux la manière qu'avaient les Apprentis de prendre ces créatures pour des bêtes décérébrées, alors que l'instinct de meute lui-même suffisait à indiquer qu'ils n'étaient pas si débiles que ça. Le Lycan s'immobilisa, alors qu'il percevait un raclement sonore, au fond de la pièce dans laquelle il venait de pénétrer. Celle-ci était la caricature d'une salle de classe japonaise, de grandes vitres laissant les astres nocturnes illuminer de leur éclat blafard les pupitres et sièges disposaient avec une rigueur pratiquement militaire à travers tout l'endroit. Contrairement au gymnase, ou au bois d'où il venait, cette pièce-ci n'était pas plongée dans la pénombre. Et il y avait un silence nauséeux. Presque inquiet.

L'impression d'interrompre quelque chose foudroya le Repenti, qui se fendit d'un immense rictus sardonique, traduisant la folie qui emplissait son esprit et le distordait. Ses limiers grognaient faiblement, témoignant qu'eux aussi avaient perçu quelque chose. Les iris dorés de la Bête perçaient sans aucune difficulté à travers l'obscurité aussi fine qu'un voile qu'on aurait distraitement posé là. Pourtant, il n'y avait absolument rien d'anormal dans cette pièce, mis à part l'atmosphère tendue. Comme si un rongeur se recroquevillait, attendant que son bourreau se présente. S'écartant légèrement de l'entrée, afin que son comparse de démence puisse prendre place à son tour, le Lycan s'approcha de la première table du rang central. Se tenant derrière le siège destiné audit pupitre, il tendait la main au-dessus de ce dernier. Et d'un geste simple, son majeur frappait de façon sonore sur le bois  qui composait l'ouvrage. Cette fois, il perçut. Ce souffle qui trahissait un instant de terreur. Cette expiration imbibée d'anxiété. Lentement, il fit un pas en avant, se situant derrière la seconde table. Et il répéta l'opération, son expression inquiétante ne faisant que s'aggraver au fur et à mesure qu'il continuait son petit manège.

Arrivé à la quatrième, il s'immobilisa après avoir réitéré l'opération deux fois. Sa vue, bien qu'aiguisée, ne serait manifestement d'aucune utilité. Fermant les yeux, perturbant son aura bestiale durant un instant, à la manière de ses lunettes fumées, il se concentra sur les deux sens qui lui seraient utiles. De nouveau, il renifla, comme un prédateur flairant enfin son futur repas, se léchant les babines à l'idée de planter ses crocs dans une chair tendre et se délecter du dernier soupir de sa proie. Et surtout, son ouïe. Les secondes s'égrénaient avec une lenteur horrifiante. Comme si le stade où était poussé son instinct animal distordait la notion même du temps aux yeux du Britannique. Qui fléchit les genoux, armant son bras. Et avec une précision chirurgicale, happa quelque chose, entre les pieds de la table, se fendant d'un rictus démoniaque et sardonique alors que les deux Lyncheurs se mettaient à aboyer férocement, et que deux cris d'origine prépubères se répercutaient dans toute la pièce, infernale aux oreilles si sensibles du Prédateur Alpha qui d'un geste nonchalant, projetait le morceau de tissu loin de lui, saisissant à la gorge ses deux nouvelles prises. Deux adolescents. Une fille, et un garçon. Comme c'était amusant. Une pression brutale ajoutée à une simple traction, et les voilà battant des pieds dans le vide, sans oser mettre un coup au Repenti qui les toisait d'un air terrifiant, ses iris cruelles braqués sur leurs petits minois qu'il aurait tôt fait de vouloir scalper. Les Lyncheurs cessèrent d'aboyer, suite à un ordre silencieux du menton d'Aleksander, qui pivotait vers son compagnon de démence alors qu'il opprimait leurs jugulaires d'une poigne de fer, témoignant de la force surnaturelle qui habitait celui qui serait le Prédateur Suprême.

Le tissu qui gisait au sol s'était sans aucun doute révélé être une cape d'invisibilité, ce qui avait expliqué la raison pour laquelle ils s'étaient substitués au sens sur lequel le Lycan se reposait le plus, ce dernier se réprimandant intérieurement pour son manque de vigilance, bien qu'au final, la traque s'était soldée par une victoire écrasante, comme d'habitude. Une expression dérangée et malsaine gravée sur le visage, il fixait tour à tour les deux élèves fuguers qu'il tenait au bout de chacun de ses bras, une langue glissant lentement ses crocs dévoilés à la lumière argentée des étoiles et de la Lune, silencieuse sentinelle qui semblait presque dénoncer les deux Dieux tordus en concentrant leur éclat sur eux. Ceci dit, personne n'avait l'air d'y prêter attention, alors qu'une multitude d'idée tordue germait dans son esprit malsain. Ses iris féroces se vissaient maintenant dans les saphirs funèbres d'Eishi, non sans une étincelle de malice complice.

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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Sam 20 Juin 2015 - 3:51

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Le nippon observa malicieusement la meute menée par son compagnon lupin le dépasser lentement, son air joueur et enjoué ornementant toujours son espiègle visage. Se libérant de sa pose théâtrale pour plonger à nouveau ses mains dans les poches de son jean anthracite, il obliqua sa tête d'un demi-tour, dirigeant son regard lugubrement satirique en direction de la l'intérieur de la salle de classe, mimant l'observation de son acolyte aux capillaires dorés. La pièce éveilla en lui quelque chose d'étrange, que l'on aurait pu humainement qualifié de sentiment nostalgique, mais qui du point de vue cynique de l'assassin divin ressemblait plus à l'image rémanente d'une existence passée, le douceâtre souvenir d'une vie certes agréable mais qu'il avait vécu comme étranger à lui-même. Cette scène était en un sens radicalement différent des précédentes. Au-delà même de la légère sensation de souvenance que ressentait le brun, l'atmosphère dans laquelle baignait cette nouvelle séquence de l'histoire du dangereux duo différait sensiblement de ces prédécesseurs. La terne lumière qui éclairait la salle était moins incandescente que le halo crépusculaire qui avait dominé le toit de l'académie quelques heures plutôt mais était étrangement plus oppressante que la sinistre pénombre qui devait encore régir le gymnase. Régnait dans la pièce une sibylline tension que le japonais avait peine à déchiffrer, comme s'il manquait à ce tableau l'une de ses parties, l'un de ses personnages. Fronçant faiblement les sourcils, plissant doucement les yeux, Eishi inspecta plus en profondeur le décor de la saynète, décrivant de façon vive et précise chaque objet, chaque ombre, chaque couleur, chaque courbe de ses iris bleuâtres dans lesquels dansaient une flamme incisive d'une forte curiosité. Outre les apathiques grognements des lyncheurs ombrageux, il régentait dans la salle de cours un silence perplexe, teinté d'une inquiétude maladroitement dérobée. Le jeune homme à la toison ébène reporta son attention sur la horde bestiale, qui semblait dans un état d'agitation éthérée, alors que le commandant semblait lui-même sentir quelque chose sans pouvoir l'identifier, un air caustique habillant son faciès dément, traduisant son intérêt malsain et sa légère frustration.

Lorsque le blond s'enfonça dans les fluettes ténèbres de la pièce, suivis du trio sauvage qui lui emboîtait le pas mesurément, la déité de la Fiction pivota pour s'aligner au plan de la porte d'entrée de la pièce, sans cependant pénétrer clairement à l'intérieur, préservant son statut ambigu d'observateur. Il laisserait la traque à son partenaire lycan pour cette fois, car après tout, il était celui qui dissimulait une Bête brutale et prédatrice en son sein. Ce fut à cette pensée qu'une interrogation germa dans l'esprit tumultueusement cartésien du spadassin à la chevelure de jais : cette créature lupine et démoniaque avait-elle toujours résidé dans les entrailles d'Aleksander ? Était-il né avec une telle entité profondément ancrée dans son être ? Ou bien l'avait-il reçu d'une quelconque manière ? Parce que le noiraud avait finit par admettre un chose après son observation attentive et inquisitrice de la Bête : ce n'était pas un loup-garou ordinaire. Il était néanmoins vrai que le britannique était la seule existence lycanthropique qu'il avait rencontré et que son ressenti venait uniquement tout ce qu'il avait pu lire ou voir au sujet des lycans, de par sa fascination pour le fantastique, elle-même due à sa passion des mangas et séries, mais il ne se dégageait pas quelque chose de purement animal de l'immense loup bipède au pelage sombre. L'aura qui émanait de ce dernier était bien plus noirâtre et insidieuse que celle d'une simple bête surnaturelle, elle était maculée de vice et de haine, pas simplement d'une colère sauvage, mais véritablement d'une viscérale aversion et d'une cruauté intense. Le nippon en était venu à ce demandé si c'était la nouvelle nature divine d'Aleksander qui avait fait muter le monstre qu'il gardait en lui ou bien si il en avait toujours été ainsi. Alors qu'il dévisageait toujours l'anglais de ses abyssales prunelles scrutatrices, l'action que l'observé provoqua un changement distinct dans l'atmosphère. Le bruit qui résulta de l'impact sèche de l'index du blond eut pour échos une faible et tremblante expiration qui fut promptement étouffée par le silence pesant qui régnait dans la salle de classe. Pour le commun des mortels, ou des immortels pour ce que cela valait, cet imperceptible souffle n'aurait sans doute pas éveillé l'attention, mais pour les deux prédateurs à l'apparence humaine, cette vibration dérisoire marquait le début de la chasse. Alors que son sourire mauvais et carnassier ne cessait de croître, agrémentant son visage sarcastique et rieur d'une nuance malsaine, le noiraud observa d'une œillade facétieuse son compère réitérer son angoissant mouvement, évoluant lentement vers la source du son qui avait trahit la proie qu'ils braconnaient. Le tueur à gage huma l'air d'une courte inspiration, son rictus malfaisant s'aggravant lorsqu'il identifia une effluve très particulière qu'il avait appris à reconnaître entre toutes : l'odeur si singulière et caractéristique de la peur. La faculté qu'avait le britannique à éveiller la frayeur chez ses proies était assez impressionnante, elle était plus vive et plus instinctive que celle que provoquait le japonais, qui s'assimilait plus à une oppressante anxiété qu'à une épouvante incontrôlable.

Le subterfuge fut brisé par le lycan qui d'un geste sec ôta l'origine de la tromperie, qui semblait être une cape d'invisibilité, expliquant ainsi pourquoi les deux paires d'yeux perçants et inquisiteurs avaient été mystifiés, dévoilant ainsi les deux gibiers : un couple d'adolescents. Après avoir été accablé par les aboiements nerveux et virulents des fauves, ils avaient poussé un cri strident, teinté d'effroi et d'appréhension, surement dans l'espoir incertain d'attirer l'aide de quelqu'un. Tellement futile. Le double braillement criard sembla hautement incommoder Aleksander qui saisit brutalement les deux jeunes nubiles par la gorge pour les élever là où leurs pieds ne touchaient plus sol, et ainsi flottaient désagréablement dans les airs. Ils semblaient pétrifiés de terreur, surement étaient-ce les iris d'un coloris or dément et malfaisant qui ne manquaient pas d'enfermer les deux pauvres êtres dans une horrifiante stupeur, chose qui ne manqua pas d'arracher à Eishi un sinistre ricanement folâtre. Lorsque son acolyte lupin braqua son complice regard ambré dans le safre de ses pupilles amusées, le noiraud émit une expiration nasale rieuse, plongeant à son tour ses mirettes céruléennes délassées dans le safran sombre de celles de son camarade.

    — What about... A game?

La réponse du brun déconcerta encore plus les deux futures victimes, dont l'effroi et l'incompréhension s'intensifiaient de seconde en seconde : un applaudissement enfantin accompagné d'un air joueur et d'un rire cristallin. Le japonais entama une marche lente et enjouée en direction de son comparse, quittant son poste d'observateur pour enfin pénétrer entièrement dans la classe, rejoignant les acteurs de cette scène s'annonçant des plus intéressante.

    「J'adore les jeux ! Je suis un très grand joueur même, sans vouloir me vanter.」

À l'instant où sa phrase prit fin, alors qu'il avait levé un index informateur, il arriva devant les lyncheurs, qui après un regard sauvage et un grognement irrité s'écartèrent du chemin du tueur né, dont seul le faciès candide dissimulait le monstre assoiffé de sang qui était tapis dans l'ombre. Inclinant légèrement la tête sur le côté, le natif du pays du Soleil-Levant dévisagea les deux adolescents tour à tour, adoptant une innocente posture pensive, croisant son bras gauche sur son abdomen et posant son coude droit sur la face dorsale de sa main gauche, saisissant son menton entre l'index et le pouce de sa main droite. Il jaugeait le jeune couple, les sondant l'un après l'autre des ses insensées prunelles inquisitrices. Un toile se tissait lentement dans son esprit, une scène commençait à se jouer, un récit macabre voyait ses premières lignes couchées sur le parchemin de son psyché. Après avoir longuement observé le malchanceux duo, il parvint à la conclusion que la jeune femme était mentalement plus forte que son compagnon. Il y avait une absconse lueur dans ses yeux céladons que l'assassin ironique n'arrivait pas à appréhender. Il avait envie de voir cette étincelle se faire dévorer par les ténèbres d'un désespoir sans égal. Une fugace et fielleuse grimace de démence submergea son faciès l'espace d'un instant, déformant ses traits de façon si subite, éphémère et monstrueuse que l'on aurait pu croire à une illusion, un mirage hallucinatoire cauchemardesque. Son masque remis en place, Eishi leva un doigt décidé, un grand sourire joueur se dessinant sur ses lèvres pâles.

    「Je sais ! On va jouer à “Action ou Vérité” !」

Le japonais put rapidement lire l'incompréhension totale dans les yeux des adolescents captifs de la puissante poigne du prédateur Alpha. À cette vue, il ricana légèrement, il était normal qu'ils ne saisissent pas encore. Une explication s'imposait. Et elle risquait de ne pas être plaisante, au plus grand amusement du tortionnaire à la chevelure de jais.

    「C'est un jeu très simple : celui à qui est posé la question répond l'un ou l'autre. Pour Action, vous devrez faire une sorte de gage, pour Vérité, il faudra répondre honnêtement à une question ! Et si vous ne respectez pas les règles...」

Deux lames vinrent promptement se pointer vers chacun des captifs, alors que l'expression du noiraud mua en une mimique sadique et malfaisante, son sourire mauvais agrémentant le saphir méphistophélique de ses iris fielleux.

    「Je commencerais à couper des morceaux.」

À nouveau, le masque inoffensif et folâtre fut aussi brusquement replacé qu'il avait été retiré, le sourire innocent du brun faisant échos au sueur froide et à la terreur des deux apprentis. Il reprit son antérieure position pensive, posant cette fois le plat d'une des deux lames sur ses lippes, tapotant ces dernières de façon méditative, avant de finalement braquer l'une des armes blanches en direction du jeune adolescent.

    「On va commencer avec toi ! Comme le disait Lord Bolton, un homme nu a peu de secrets, mais un homme écorché n'en a aucun !」

Laissant s'échapper une longue et décalée hilarité envahir la pièce, le spadassin planta ses mirettes joueuses et complices dans l'ambre de celles de son acolyte lupin.



~ I'll teach you...

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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Sam 20 Juin 2015 - 22:33
La Bête jubilait presque. Ses iris cruels étaient braqués dans ceux, folâtres, de son compagnon. Patiemment, comme un enfant empli de vice, il avait expliqué les règles de son petit jeu. Ses mimiques, ses expressions faciales, son air malsain, toutes ces choses étaient les prémices d'un festival démentiel. Cela, le Britannique l'avait bien compris. Et appréhendé. En fait, il était au moins autant excité que son comparse, dont l'exultation sordide semblait presque contagieuse, enveloppant à son tour le Blond qui conservait son rictus angoissant. Son visage était figé avec cette grimace prédatrice, alors que sans signe avant-coureur, il ne lâche ses victimes, ces dernières s'effondrant à genoux, cherchant leur souffle, tentant vainement de remplir leurs poumons trop longtems privés d'air, éclarcissant leur vision troublée par la carence en oxygène. Avec une lenteur théâtrale, le Lycan remettait ses mains dans les poches de son uniforme, son aura farouche et cauchemardesque oppressant ses deux proies qui gisait là, des regards craintifs et emplis d'épouvantes orientés vers leurs tortionnaires.

Il avait à peine relâché son attention un instant que déjà, ils avaient bougé. Ou plutôt, la fille tirait déjà son homme de cette galère d'une soudaine impulsion, traînant ce dernier par le bras. Et alors qu'ils auraient du rencontrer les pieds de la table, ils passèrent à travers les tiges d'acier sans rencontrer la moindre difficulté, sous les yeux inquisiteurs du Prédateur Alpha. Qui déjà, réagissait. Son pied percutait avec une force inouïe le bord du pupitre, le projetant à une vitesse démente droit devant lui. Passant à travers sans rencontrer la moindre difficulté, le couple franchissait le mur de la même façon, poursuivi par le seul écho terrifiant du grondement émis par le Lycan. Avant que celui-ci ne soit prit d'une brutal fou rire psychotique. Il préférait que les choses se passent comme ça. Dépassant Eishi d'une démarche nonchalante, il retourna dans le couloir, se retrouvant face à face avec le duo. D'un signe de tête appuyé, ils se séparèrent à l'angle du couloir en T. D'un regard, le Prédateur Alpha s'intéressait à la réaction d'Eishi, avec le même rictus effroyable qu'auparavant. Et alors, il s'engageait dans le couloir, à la poursuite du mâle. Probablement s'étaient-ils séparés pour avoir une meilleure chance d'atteindre la sortie ? La résurrection était chose courante, ici, après tout.

Donc ils avaient conscience qu'une mort prochaine les attendait, de par les inquiétantes paroles d'Eishi. Décidément, pour des prépubères, ils étaient débrouillards. Et alors, les lyncheurs se mirent en chasse, sans qu'Aleksander n'ait besoin de leur adresser la moindre attention. Leurs griffes teintaient contre le sol, alors qu'ils dérapaient, atteignant leur vitesse de pointe, se ruant avec une frénésie sauvage vers leur proie qui déjà, poussait des cris. Le Britannique restait un instant immobile, avant de faire un pas en avant. Rapidement, comme une mécanique parfaitement huilée, il adopta la démarche destructrice et nonchalante qui lui était propre. Véritable contraste qui reflétait parfaitement l'âme décadente qui l'habitait, alors que son sourire s'intensifiait, au fur et à mesure qu'il se rapprochait des cris de douleur alors que ses limiers et larbins étaient sans doute déjà en train de déchirer ses mollets pitoyables de leurs crocs courbés et ravageurs.

Il pouvait déjà percevoir les angoissants rugissements poussés par ses fidèles, alors qu'il se dirigeait lentement vers la source de ces derniers. Après tout, il n'était pas pressé. Il savait pertinnement qu'ils n'oseraient pas le décevoir. Cependant, où était le mal à leur offrir une distraction ? Réduire en lambeaux les jambes d'un adolescent était sans doute un spectacle comme un autre, pour ces entités primitives et asservies par le terrifiant Prédateur Alpha, qui une fois arrivé dans le couloir, braqua ses deux prunelles dorées et cruelles sur l'élève qui tentait de ramper, les trois énormes molosses déchirant les chairs tout autour de son genou, et en-dessous, des lambeaux entiers de viande s'arrachant avec une aisance horrifiante. Les pas, devenus sonores pour la victime qui criait de tout son souffle, tentant de se tracter avec ses bras pour quitter ce film d'horreur dont il était le rôle principal. Trois portes donnaient sur des salles, à la gauche du Lycan. A sa droite, une vaste baie vitrée qui donnait sur la nuit et son immensité obscure. Les astres nocturnes inondaient à nouveau le corridor de leur éclat blafard et tout aussi inquiétant que l'air sardonique défigurant le Prédateur Alpha.

Enfin, il perçut la présence de l'autre Dieu. Sa proie se remua, parvenant à se retourner sur le dos, ses yeux baignés de larmes se heurtant à la folie qui régnait dans ceux du Lycan. Silencieusement, les Lyncheurs achevèrent leur festin, et, babines sanguinolentes, se retirèrent dans l'ombre, ne laissant derrière eux que deux moignons et des os à l'air. La voracité de ces créatures était stupéfiante, pour des êtres d'une si petite taille. Quand bien même ils étaient massifs, ils dévoraient avec un appétit surnaturel. L'adolescent était tremblant, s'aidant de ses coudes pour se traîner sur quelques mètres. Le couloir tout entier était repeint d'écarlate, traduisant qu'un mourant, ou une dépouille, avait rampé sur plusieurs mètres. L'atmosphère morbide et tendue du lieu correspondait parfaitement au Repenti, qui conservait ses iris dorés braqués sur l'Apprenti qui baignait dans son sang, ses fringues rendues poisseuses par l'absorption du liquide vital.

Le Prédateur Alpha n'avait aucune idée du pouvoir qu'avait le jeune homme. Si il avait été celui d'un peu plus tôt, il serait entré dans une salle pour échapper aux lyncheurs, qui auraient été incapables de pénétrer à leur tour dans les classes, de par l'impossibilité qu'ils ouvrent une porte aussi facile. Sans doute auraient-ils pu la défoncer à l'aide de coup d'épaule, mais le temps que cela aurait pris aurait sans doute suffit à sa proie de s'échapper. Ce qui signifiait qu'Eishi se retrouvait seul à poursuivre une passe-muraille bien plus débrouillarde que l'espèce de nerd qui se traînait en gémissant, à deux doigts d'exploser en pleurs. Une véritable loque humaine. Une larve insignifiante. Si ce n'était pour le plaisir de son comparse, sans doute Aleksander se serait-il approché pour lui broyer le crâne sous son talon.

Cependant, il n'avait aucune idée de ce dont était capable l'élève. Il n'avait pas tenu tête à des lyncheurs, ce qui signifiait que soit son pouvoir n'avait rien d'utile pour l'élever au sein de la chaîne alimentaire, soit il n'était utilisable que sur des créatures à proprement dit pensantes. Le coeur du Britannique manqua un battement, alors que l'air devant lui vibrait.

Et qu'une parfaite copie se matérialisait, l'air abasourdi, titubant de stupeur. Une parfaite copie ? Les cernes, la peau blanche, et l'air vicieux en moins. Il n'arborait pas l'expression prédatrice qui était si caractéristique du Repenti, malgré son uniforme. Et des yeux bleus. Les yeux qu'il avait longtemps rêvé de retrouver. Azurs comme un ciel dégagé, au plein milieu d'un été paisible. Et qu'aujourd'hui il exécrait comme la peste. Alors que son expression avait cédé sa place à de la surprise, voilà que ses traits étaient déformés par la haine, contrairement à son clone qui regardait à gauche et à droite, l'air incongru. Lorsqu'enfin, les iris dorés et sauvages captèrent celles chaleureuses et malicieuses de son homologue, un long regard accompagné d'un silence s'imposa.

Tous deux le percevaient. Ils n'étaient similaires que sur le plan physique. Ce qui se trouvait face au Lycan, c'était son devenir en tant qu'humain. Si jamais il avait été humain. Il n'avait pas cette aura farouche et écrasante de prestance. Il n'était pas l'hôte de la Bête. Ni le Prédateur Alpha. Il n'était qu'une coquille vide de sens, et qui pourtant, semblait ravi de sa vie de tous les jours. Détestable. Méprisable. Exsudant d'un bonheur maladif, aux yeux d'Aleksander. Qui ne vit pas le premier coup venir.

Les quatre phalanges s'écrasèrent avec force au niveau de sa joue, la partie droite de son corps penchant en arrière suite à l'impact, alors que son pied d'appui reculait légèrement. Déjà, sa peau blafarde prenait une teinte bleuâtre, traduisant l'arrivée prochaine d'une écchymose. Sans doute son clone, bienveillant à en croire sa réaction, avait prit conscience de la situation, et volait à la rescousse de l'individu persécuté. Quel pouvoir lâche et infecte. Le Serveur ne sentait pas la colère l'envahir. Seule une nostalgie horrifiante s'emparait de son être tout entier. C'est comme si sa puissance toute entière le délaissait. Comme si Vasilis et les Murmures avaient choisi ce moment pour déserter, l'abandonnant face à une version humaine de lui-même.

Celui qu'il désirait être, à son arrivée dans l'Académie. Maladroit. Sympathique. Bienveillant. Agréable. Ouvert, et sociable. Tous ces mots qui le frappait en plein coeur, alors que l'autre armait son bras pour frapper en plein visage le Prédateur Alpha qui titubait à nouveau, sans pouvoir riposter. Aussi atroce et abominable qu'il était, il était terrifié en cet instant. Et s'il s'était trompé tout ce temps ? Si éradiquer sa nature humaine n'avait jamais été le bon choix ? Cette certitude horrible fit vaciller le monde du Dieu, qui accueilli volontiers un nouveau direct, sans parvenir à s'effondrer comme il l'aurait tant voulu.

Et enfin, la tendance s'inversa. Interceptant le poignet d'une poigne de fer, il fracassa avec une force surnaturelle son genou à la base de l'abdomen de son double, juste après l'avoir tiré en avant pour le déséquilibrer. Celui-ci tomba lourdement, se rattrapant in extremis de sa main libre, le souffle coupé. Juste à temps pour recevoir le pied du dément, qui le fit tourner sur lui-même dans sa chute, son bras encore tenu émettant un craquement sinistre. L'aura du Serveur changeait drastiquement. La bestialité se dissipait, pour traduire des intentions funestes et lugubres. Asphyxiante de malveillance. Un concentré pure et simple d'émotions négatives. Ses réflexes tranchants, accompagnant des sens qui partageaient leur démentiel écart avec le commun des mortels, lui permit d'éviter le balayage puéril tenté par son double. Son pied vint le chercher au niveau de la gorge, le clouant au sol comme un insecte alors qu'il continuait de tordre son bras. Implacable. Impitoyable. Ses yeux dorés étaient dénués de la moindre folie. De la moindre cruauté. Ils transpiraient une peur presque palpable.

Il ne pouvait pas avoir fait le mauvais choix. Sous sa chaussure, c'est la jugulaire d'un être heureux qu'il opprimait. Celui qu'il aurait dû être. Mais c'était une illusion. Une vision de l'esprit. Tout ça n'était pas possible. Il n'aurait pas pu suivre ce chemin. Sinon, il l'aurait fait. Cette réaltié n'était pas acceptable. Il ne pouvait pas être devenu un monstre volontairement. Il l'avait toujours été. Ce pouvoir déformait la logique. Les choses ne pouvaient pas se dérouler ainsi. Jamais, il n'avait pu emprunter cette voie.

C'était injuste. Ingrat. Inacceptable. La pression sur la gorge de son clone se raffermit, alors que celui-ci étouffait, se débattant plus faiblement à chaque instant. Le Prédateur Alpha arborait une expression terrifiée. Se tuait-il lui-même ? Il achevait d'étouffer son humanité. Et dans un scintillement, son semblable disparut, sans même laisser de trace, abandonnant derrière lui un Lycan vacillant, silencieux, écoeuré. Et alors, sans prémices aucun, il explosa de rire. Un rire malfaisant. Sardonique. Teinté de mépris et de cruauté. Pivotant vers l'élève qui le fixait, horrifié, il fit un pas dans sa direction, alors que l'Apprenti sortait un couteau de sa poche, le pointant, tremblant, vers le Repenti, qui cessait soudainement de rire, se jetant à genoux en voyant la pitoyable lame orientée vers lui.

« —  Moi, Aleksander, je m’avoue vaincu… et je vous en prie, laissez-moi vivre, épargnez-moi par pitié ! »

Et tout aussi soudainement, il se redressait, reprenant son fou rire sous les yeux incrédules de l'élève. Il avait appris ça d'Eishi, sans doute. Cette cruauté ironique et dérisoire. D'un coup de pied, il dégageait le couteau dirigé dans sa direction, le balançant loin devant lui, dans le corridor. Se penchant, il saisissait le jeune homme par le col, le redressant à moitié, avec pour seul pied des moignons sanguinolents, et des mollets déchiquetés. Son visage à quelques centimètres de sa victime, il arborait de nouveau son air carnassier, chassant les événements précédents de sa mémoire, s'abandonnant à son exaltation dévorante et délirante.

« — Toi et moi, on aura une petite discussion, après qu'Eishi t'ai découpé sous les yeux de ta femelle. »

Son rictus inquiétant acheva le jeune homme, qui gémit, des larmes pitoyables inondant rapidement son visage, alors que son poitrail meurtri était secoué de sanglot, alors que le Britannique le traînait comme un sac derrière lui, dans le sens inverse, suivi de ses limiers, retournant dans l'Enfer d'où ils venaient.
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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Dim 21 Juin 2015 - 23:56

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Deux orbes d'un azur sombre et inquiétant toisaient les deux adolescents, qui regagnaient lentement leur souffle et leurs esprits, alors qu'ils portaient à leurs gorges meurtries une main anxieuse et oppressée. Le détenteur de ce couple de cercles céruléens inquisiteurs et angoissants laissa choir ses bras le long de son abdomen et de son bassin jusqu'à ses cuisses, d'un mouvement flegmatique se calquant sur celui du britannique, ses mains toujours armées de tranchantes armes de jet, pointant dramatiquement vers le sol grisâtre de la salle de classe, alors que son rictus paradoxal s'étendait doucement. Lorsque ses iris céruléens croisèrent ceux virides et noisettes du tandem nubile, la noirceur pris sensiblement le pas la folâtrerie et une distincte horripilation traversa l'échine des deux jeunes apprentis, dont la sudation d'effroi était de plus en plus visible, malgré le léger voile ténébreux qui embrumait la pièce de manière patibulaire. L'aura qui émanait du japonais n'était pas intense en cet instant, elle était insidieuse et menaçante, infestant l'atmosphère de la salle, tel un second voilage d'une obscurité palpable et invisible. La pesante léthargie qui régnait semblait opprimer la paire adolescente, cependant, ce sentiment de malaise semblait affecter de façon bien plus marquée le jeune garçon que sa compagne, qui attrapa sa main vivement, certainement en signe de réconfort.

L'initiative de la jeune femme fut véloce et mesurée, malgré un empressement mal contrôlé. Tirant son partenaire masculin par la main elle s'élança sur le côté, normalement bloqué par la structure en acier du pupitre, mais passa au travers comme si les barres de métal étaient inconsistantes, partageant cette habilité d'intangibilité avec le jeune homme, les deux se ruèrent ensuite en direction du mur, ignorant le bureau projeté par le vif et brutal coup de pied du lycanthrope. Une lame fendit l'air à une vitesse éclair, se plantant sans succès dans l'arrière du crâne de la fugueuse, qui disparut promptement dans le mur en plâtre lissé, entraînant avec elle son compère fuyard. Le sourire amusé d'Eishi s'allongea alors qu'il baissait son bras tendu vers l'avant pour l'enfoncer dans sa poche, faisant élégamment tournoyer la seconde lame dans son autre main experte, les seules choses subsistantes du précédent tableau étant un couteau de lancer planter solidement dans la cloison plâtrée et un sinistre grognement lupin. Le nippon observa son comparse lycan le dépasser nonchalamment pour rejoindre le couloir, d'où son regard se planta sur une cible située au loin. Ils avaient donc empruntés le corridor pour fuir. Le regard balayé d'Aleksander fit comprendre que les deux fugitifs s'étaient séparés, très certainement pour avoir plus de chances de s'échapper. Un effort stérile face au duo prédateur. Le blond lança une dernière œillade intriguée en direction du brun, qui répondit à son son rictus terrifiant par une grimace sadique et carnassière, qui sembla satisfaire la déité lupine qui s'élança ensuite à la poursuite de l'un des deux, suivi du trio de lyncheurs. D'un élan véloce, il gagna presque instantanément le nerf de l'étage, observant son acolyte à la crinière dorée obliquer à droite au bout du couloir. Ayant clos un instant ses paupières, il lâcha un soupir nasale délassé, traduisant son amusement. Il rangea l'arme blanche de jet à l'intérieur de sa veste et s'élança joyeusement à la poursuite de la seconde proie, arborant une prédatrice et guillerette mimique faciale. La chasse commença céans.





Après avoir prestement biaisé à gauche au fond du couloir pour descendre habillement les escaliers, stoppant sa course agile deux étages plus bas, humant l'air lourd de l'étage depuis son seuil, avant d'émettre nasalement une expiration d'aise, braquant son regard joueur sur le fond du couloir lui faisant face, s'aventurant ensuite dans celui-ci en sifflotant un air angoissant : il savait que sa proie était ici. La démarche du chasseur était furtive et placide, chaque pas était mesuré et intrépide, ses bras ondulaient de façon quadrillée. Ses mouvements exsudaient un contrôle incroyable alors que se dégageait de son être entier un halo sauvage, sanguinaire et chaotique. Le paradoxe même qui imbuvait sa personne suffisait à troubler de façon inexplicable n'importe quel observateur, au point de provoquer une angoisse incertaine et tenace. Eishi était le genre de personne à pouvoir tuer ses émotions en l'espace d'un instant, ce qui faisait de son imprévisibilité une de ses armes mentales les plus dangereuses face à des individus sains d'esprit.

Alors que sa déambulation au milieu du corridor évoluait lentement et langoureusement, il prit un instant pour juger la capacité qu'il avait vu. Il savait que c'était celle de la jeune femme, après tout, son compagnon était trop stupéfait pour réagir aussi vite à l'action de celle-ci. Elle pouvait ainsi traverser n'importe quelle conception non vivante comme si elle était immatérielle et pouvait partager cette habilité avec une tierce personne avec qui elle entretenait un contact physique. Mais pourquoi n'avait elle pas user de cette capacité immédiatement après avoir été empoigner par le dieu de la Prédation ? Fallait-il le consentement de la personne en question pour pouvoir partager le don de traverser les choses ? Possible. Ce qui était néanmoins certain, c'est qu'elle ne pouvait pas user de cette intangibilité pour passer au travers d'un être vivant, sinon elle aurait pu échapper à l'emprise du lycan immédiatement et rendre ainsi sa fuite bien plus inattendue. Néanmoins, la réactivité et l'initiative de l'adolescente l'avait légèrement surprise, il savait à présent que la lueur qu'il avait décelé en elle n'était pas éphémère. Il ricana doucement avant de laisser sa démence le submerger durant une courte seconde, son sourire méphistophélique déformant brièvement ses traits alors que le cyan ses iris se changeaient en un océan chaotique d'une déraison hadale. Il voulait que ce soit son gibier soit la jeune pubère, il voulait réduire à néant cette volonté qui imprégnait ses yeux, il voulait voir son visage brisé par les affres du désespoir. Il regagna instantanément son flegme, expirant un souffle amusé et rieur, avant d'entendre un pas lourd provenant de derrière le mur sur sa droite, braquant son regard perçant dans cette direction, son sourire carnassier ornant son faciès enchanté. De la paroi surgit soudainement la brune nubile, à demi-saut, le poing droit armé près à frapper.

Le noiraud lut aisément la trajectoire du coup et inclina son buste en conséquence, appuyant sur son pied droit en arrière pour faire un rapide pas vers l'avant, laissant l'avant-bras de l'assaillante lui passer derrière la nuque. Il stoppa promptement sa course de son pied gauche, utilisant l'inertie procurée par sa jambe droite ne touchant pas le sol et son centre de gravité en avant pour pivoter d'un demi-tour sur son pied d'appui, afin de projeter son tibia droit dans la ceinture abdominale de la jeune femme, qui venait à peine de toucher sol. Elle toussa de douleur à l'impact, avant de faire un pas chassé en arrière, apportant une main inquiète à son abdomen, relevant son regard débordant d'animosité et légèrement teinté de peur en direction de son terrifiant adversaire, qui la toisait de ses prunelles amusées et cruelles. Elle se rua à nouveau vers lui, envoyant un direct du droit orienté vers son visage. Cependant, l'expertise du spadassin lorsqu'il s'agissait de combat créait un véritable gouffre abyssal entre les deux belligérants. La paume de la main gauche de ce dernier vint légèrement dévier la trajectoire du coup alors que simultanément il se rapprocha d'elle d'un pas fulgurant en inclinant sa tête d'un quart de tour et envoya le tranchant de sa main droite dans la carotide découverte de la passe-muraille, qui ne put empêcher un gémissement étouffé de s'échapper de ses lèvres. Ne s'arrêtant pas là, la fraction de seconde qui suivit l'assassin saisit de sa main gauche la manche recouvrant le bras droit de la jeune femme et de sa droite la nuque de cette dernière, pour faire pivoter rapidement et éjecter sa victime violemment contre le mur, tête la première. Le choc fut brutal et désorientant, faisant choir l'instant d'après l'apprentie déesse au sol lourdement, alors que commençaient à perler de son front et de ses narines de fins filets carmins. Au bout de quelques secondes de confusion totale, elle reprit lentement ses esprits, amenant une main douloureuse à son doux visage meurtri, étouffant une lancinante lamentation en se mordant les lippes durement. Eishi enfila de nouveau son masque innocent et égayé, posant un regard enjoué sur l'adolescente malmenée.

    「Je dois avouer que ce petit jeu de cache-cache improvisé était divertissant miss ! Même ce petit échange m'a complètement émoustillé ! J'aime les femmes qui ont du caractère, j'en tomberais presque amoureux !」

La jeune femme à la chevelure auburn se redressa amèrement, son corps endolori et ses mirettes orageuses, dans lesquels dansaient une flamme furieuse de défi et de ténacité. Visiblement, elle n'était pas encore prête à abandonner.

    — Ne t'imagines pas que je... Que je vais abandonner aussi facilement !

Elle se rua à nouveau sur son opposant, cette fois-ci essayant de le perturber en partant une fois à gauche, une fois à droite puis en tentant un crochet du gauche dirigé vers la joue de la divinité de la Fiction. La réponse fut sans appel. L'avant-bras droit se dressa comme un rempart et mis en échec le coup, la contre-attaque ayant déjà été lancée, prenant une nouvelle fois la déesse passe-muraille complètement au dépourvu. Le tibia gauche du brun vint sèchement frapper la frêle jambe droite féminine juste en dessous du genoux, la faisant fléchir de douleur, mettant totalement à découvert la joue droite de la combattante débutante, qui se fit rudement percutée par le coude foudroyant du natif du pays du Soleil-Levant. L'adolescente fut propulsée vers l'arrière, son dos heurtant durement le sol froid du corridor, la partie inférieur de son visage à présent imbibée de sang. Son air facial inoffensif toujours présent, Eishi plongea ses mains dans ses poches, faisant quelques pas vers l'élève, avant de s'arrêter subitement, voyant que celle-ci reprenait conscience et tentait à nouveau de se relever. Ses sourcils se froncèrent l'espace d'un instant, ses pupilles irascibles fusillant l'opiniâtreté dérangeante de la brunette, avant de remettre à nouveau le masque d'innocence. Après quelques essais infructueux, la jeune femme parvint à se relever, adoptant une position de combat approximative et pleine d'ouvertures mortelles. Le japonais couda ses bras horizontalement, paume ouverte vers le plafond, lâchant un long soupir ennuyé à travers ses lèvres déguisées en sourire compatissant.

    「Alalala ! L'obstination de la jeunesse !」

S'élançant à nouveau, la déesse négligea toute les douleurs physiques pour entreprendre un dernier assaut, optant cette fois-ci pour un coup de pied circulaire du droit en direction du flan du brun. Futile, insignifiant, vain. Le coude gauche du nippon vint impacter le tibia aérien, freinant drastiquement sa course, pour ensuite se faire saisir entre la fosse cubitale du même bras et les côtes solides du noiraud, le piégeant totalement. Avec une vélocité et une rudesse implacable, le poing droit, renforcé par un vivace et virulent mouvement du bassin et du buste, vint violemment s'enfoncé dans l'abdomen de l'assaillante inexpérimentée, qui cracha douloureusement un filet de sang. Mais la contre-offensive n'avait pas encore prit fin. Ouvrant le poing frappeur, le combattant aguerri et meurtrier empoigna le vêtement tapissant le ventre de la victime, puis, faisant un pas brusque en avant en entrainant la jeune pubère avec lui dans son déplacement, il embouti d'une impétuosité inouïe le verso de cette dernière contre le mur, la faisant passer à travers, cette fois-ci sans l'utilisation de son pouvoir. Le choc avait été tel qu'elle en avait perdu connaissance. Une expression satisfaite envahissant son faciès sadique, le spadassin enjamba la partie inférieur du mur encore tenante pour attraper la jeune victime par le col afin de la disposer sur son épaule droite. Son gibier en place et inconscient, le noiraud repris le chemin inverse pour retourner dans la classe où la pièce de théâtre funèbre avait commencée, sifflotant le même air lugubre que précédemment.

Lorsqu'il pénétra pour la seconde fois dans la salle de classe, il n'y vit pas son acolyte lupin. Il soupira d'ennui, passant une nonchalante main dans ses cheveux, avant de déposer l'adolescente meurtrie au sol. Elle ne lui servait à rien pour le moment, du moins tant qu'elle n'avait pas repris connaissance. Eishi sortit son paquet de cigarette et son briquet, prenant l'une des barres de tabac entre ses lèvres puis embrasant le bout, avant de se délecter de son fluide cancérigène, prenant place langoureusement sur l'une des tables où les élèves étaient censés travailler. Cela serait un bon moyen d'attendre le retour de son comparse britannique.



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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Lun 22 Juin 2015 - 3:37
D'un regard par-dessus son épaule, le Lycan scrutait l'horrible et puante traînée de sang générée dans son sillage par le répugnant semi-mort qu'il tractait avec dégoût derrière lui. Les lyncheurs faisaient claquer leurs mâchoires et grognaient, comme s'ils se querellaient dans un langage inconnu pour le Prédateur Alpha. Après tout, il n'avait pas besoin de les comprendre. Tout ce qu'il devait faire, c'était les soumettre, au même titre que tous les autres. Curieusement, il trouvait ces molosses primitifs et décérébrés bien plus rusés que les humains qui s'évertuaient à lui faire face en vain. Son air déprimé figé sur le visage, une main agrippée au col de sa victime, l'autre glissée dans la poche de son uniforme, il faisait peine à voir, en cet instant précis, malgré le fait que la suite des événements allait se révéler bien plus distrayante. Soupir interminable. Le Britannique réorienta son regard féroce devant lui, ce dernier déchirant le fin voile d'obscurité imposé par l'heure avancée avec une aisance surnaturelle. Sa démarche erratique traduisait un épuisement certain, alors qu'un instant plus tôt, il exultait d'une frénésie lugubre. Funèbre.

La transformation en Lycan et ses régénérations, accompagnées de l'observation prolongée d'un aussi drôle de spécimen que Eishi, était éreintante. Il apprenait en permanence, aux côtés de son comparse de débauche tout aussi décadent qu'il l'était dans ses rêves les plus fou. Ce dernier se montrait doté d'une imagination malsaine à toute épreuve. Et surtout, au-delà d'une faim psychologique de souffrance, son estomac criait famine malgré son récent festin macabre sur les restes d'une Repentie. Un appétit insatiable de violence, de mort, un instinct de dévoreur infini qui le poussait à consommer tout ce qui se trouvait à sa portée. Ses iris lupins, derrière l'éclat cruel qui y régnait en permanence, dissimulaient une avidité sans nom. Que ce soit la connaissance, l'expérience, ou encore les proies, le Prédateur Alpha semblait vouloir s'accaparer toutes choses.

Enfin, il franchit le seul, malgré les protestations du faiblard traîné. D'un geste nonchalant, il projette l'Apprenti à moitié dévoré devant lui, aux pieds d'Eishi, lui adressant un léger signe de tête avant de se hisser avec la même absence de dynamisme sur la table, pieds sur la chaise. Il avait dit vouloir s'expliquer avec l'élève, mais finalement, l'envie se faisait absente. Les récents événements le laissaient déprimé. Avait-il virtuellement tué un écho de sa propre personne qui se révélait heureuse dans la dimension d'où il venait ? Cette pensée le rebutait. Venait-il de massacrer sa propre humanité, à la manière d'un boucher qui aurait abattu à de multiples reprises son hachoir sur un morceau de viande inoffensif, dans le simple but de le réduire en charpie ? Certes, il avait ouvert les hostilités. Mais la riposte avait été disproportionnée. Meurtrière, implacable, impitoyable.

Un nouveau soupir, et voilà qu'il imitait son compatriote, avec sa mine pensive, glissant une barre cancérigène entre ses lèvres, le grésillement caractéristique du tabac qui s'embrase accompagnant la première latte tirée par le Prédateur Alpha. Le fluide empoisonné se répandait dans son organisme, avant d'être relâché sous forme d'un nuage anthracite irritant pour les yeux et les narines qui y étaient étrangers. Doucement, il porta son attention bestiale sur son compagnon de débauche, un sourire inquiétant se dessinant de lui-même sur ses lèvres, comme un réflexe morbide acquit par cette alliance abominable.

De celui-ci émanait la même aura ténébreuse et insidieuse, présage de ruine, qu'un instant plus tôt, avant qu'ils ne se séparent. Il en était persuadé. Une certitude ancrée dans son être tout entier. A ses côtés, ils accompliraient de grandes choses. Enfin, ils paveraient le sentier chaotique qu'ils avaient décidé d'emprunter de cadavres. Des montagnes de crânes, des ruisseaux de sang. Réduire en lambeaux et briser les os. Tant de perspectives alléchantes pour celui qui serait dans un futur si proche un Prédateur si indomptable que la Terre tremblerait sous ses pas, et que l'humanité s'éteindrait sous ses yeux.

Et lorsqu'il n'y aurait plus de mortels à massacrer, son choix se porterait sur les autres Dieux. Aux côtés d'Eishi, il les décimerait avec la même aisance que pour les mortels. Qu'importait leur pseudo-statut de déité. Ils avaient été élu par un Dieu indigne. Ce qui faisait d'eux des apprentis indignes. Pitoyables. Faibles. Vacillants. Une vaine lueur d'espoir dans un monde cerclé d'une pénombre si profonde qu'elle aspirait l'essence vitale même de cet univers. Les tueries qu'ils allaient perpétrer, les hécatombes qui se démultiplieraient, ils étaient les lugubres bouchers investis d'une mission cynique et écoeurante.

Funèbres apparitions destinées à la destruction. Héraut de la terreur et de la ruine. Semblables aux cavaliers d'une apocalypse lointaine, le roulement de tonnerre traduisant le grand galop de leurs montures dévastatrices, le sol et la sécurité réduits à néant par leur charge, famine, mort, et conquête au bout de la voie prise par les entités torturées qui en ce jour funeste signaient un pacte contre-nature avec le Destin. Un contrat signé et écrit dans le sang de leurs premières victimes. Sang qui allait par ailleurs couler à flots, dans les minutes qui suivaient, à en croire l'expression du Dieu de la Fiction, qui déjà, se munissait de l'une de ses lames.

Que le jeu commence.
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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Lun 22 Juin 2015 - 23:14

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Une filet de fluide grisâtre s'échappa avec lassitude des lèvres entre-ouvertes du brun, pour se transformer en pâle cirrus grisé qui s'évapora rapidement dans l'air, alors que son regard se perdait sur le visage endormi et endolori de la jeune femme inconsciente. Il y avait plus d'un univers entre leurs respectives capacités de combattants, cette vérité était encore plus frappante qu'une évidence ou qu'une révélation, et pourtant l'adolescente n'avait à aucun moment considéré l'abandon. Sa détermination acharnée avait été nullement perturbée par cette inéluctable lapalissade et l'ardeur flamboyante qui habitait ses yeux n'avait ni chancelé, ni faiblit. Cela mécontentait le japonais, et il ne parvenait pas à effacer cette ennuyante contrariété. Il ne put retenir un soupir désenchanté à cette pensée qu'il ne semblait pas pouvoir chasser de son esprit sinueux. Il ne comprenait pas cette obstination, ou plutôt, il ne comprenait pas comment une personne faible et saine d'esprit pouvait conserver ce genre de volonté face à lui. Il avait rencontré des personnes fortes et déterminées, mais face à une écrasante et grotesque défaite contre un adversaire aussi tumultueux, insensé et dément que lui, tous avaient tôt ou tard dérivé vers une certaine affliction. Enfin, presque tous. Des éclats de mémoire vinrent douloureusement frapper son subconscient alors qu'il portait une main irritée à son visage, réprimant un grognement courroucé et refoulant ces aigres réminiscences. L'atmosphère de la pièce, jusqu'ici confuse et empli d'une sibylline et écœurante mélancolie, mua brutalement lorsque des pas se firent entendre depuis le couloir, laissant place à un climat lourd mêlant facétie, folie et cruauté. À présent, l'idée même d'être aux côtés du britannique éveillait les épaisses et virulentes ténèbres qui se tapissaient dans les recoins les plus sombres de l'essence du noiraud. Lorsqu'enfin le blond pénétra dans la pièce, le nippon lui adressa un sourire malicieux et victorieux, faisant depuis le bureau sur lequel il était nonchalamment assis une légère courbette d'appréciation avant d'élever sa voix ironique et exagérante de fierté.

    「Même Aleksander ne m’arrive pas à la cheville… moi, le tout-puissant Ryuuga Eishi !」

Le sarcastique propos fut suivi d'un ricanement sardonique et amusé, teinté d'un léger orgueil, car après tout, il venait de vaincre le prédateur Alpha à la chasse. Ce dernier éjecta sa proie abîmée au pied du japonais, qui détailla de ses pupilles rieuses l'état déplorable des jambes de l'adolescent malmené. Il reporta ensuite son folâtre regard céruléen en direction de son acolyte lupin, arquant ensuite un sourcil, voyant la mine légèrement mélancolique gorgeant son faciès inexpressif. Le spadassin scruta son compère habituellement sauvage lui faire un las hochement de tête pour finalement l'imiter, prenant place lui aussi sur l'un des pupitres et se livrant langoureusement au plaisir tabagique. L'assassin à la toison ébène obliqua la tête, amenant puis amena sa cigarette entre ses lippes pour en aspirer le poison cancérigène, s'interrogeant sur la nature du malaise qui semblait hanter son compagnon lycanthrope. Il relâcha la fumée résiduelle d'un soupir satisfait lorsque ce dernier lui présenta finalement un bestial et patibulaire rictus, rejetant le safre inquiétant de ses iris mauvais vers les deux apprentis. La déesse passe-muraille était toujours plongée dans l'inconscience, tandis que son camarade geignait silencieusement, son faciès larmoyant dissimulé derrière ses mains tremblantes, ayant très certainement une intense peur de contrarier ses effroyables geôliers. Sa cigarette arrivant à sa fin, le brun s'arma de l'une de ses lames et d'une cruelle mimique facétieuse avant de se redresser, toisant d'une satirique morgue le criard qui gisait pitoyablement à ses pieds. Puis il empoigna sa chevelure auburn d'un geste sec et véhément, profitant de la surprise de la victime pour enfoncer le mégot dans son orifice buccale et bloquer complètement l'ouverture orale d'une poigne ferme et implacable, emprisonnant ainsi toutes les lamentations du jeune homme, ne laissant que des bruissements de douleur étouffés parcourir la pièce, pour finalement férir violemment son crâne contre le sol et disposer la pointe de la lame à quelques millimètres de son œil droit. La grimace de folie d'Eishi éveilla chez le pubère un effroi paralysant, s'accompagnant de sueurs froides intempestives, alors que la pâleur de son visage s'apparentait à la blafarde et opaline lumière lunaire qui éclairait la funeste scène.

    — Stop ! Arrêtez... Laissez le partir et je vous laisserais faire ce que vous voulez !

D'une incision parfaite, le japonais sectionna le t-shirt foncé du jeune garçon sur toute la longueur, puis se redressa en tirant brutalement sur le vêtement, faisant violemment basculer l'adolescent, qui heurta de face le sol, son buste à présent dénudé. L'instant suivant, son poing s'engouffra impétueusement dans l'abdomen de la jeune fille, qui se vit ensuite immédiatement bâillonner par le haut qui couvrait antérieurement le dos de son compagnon avant d'être plaquée rudement contre le bureau du professeur, une main malveillante sanglée autour de son cou frêle. Elle rouvrit lentement les yeux pour tomber sur les deux orbes céruléennes méphistophéliques qui ornementaient irrationnellement le faciès inquiétant et menaçant du noiraud, dont le sourire sadique amplifiait la noirceur profonde.

    「Chuuuuuut. Contente-toi d'observer ce qui va suivre miss. Tu vas voir, ça va être très amusant, je suis sur que tu vas adorer.」

Le ton funeste et fielleux du natif du pays du Soleil-Levant suffit à faire croître drastiquement l'appréhension de la jeune femme, le contenu de la phrase n'annonçant lui non plus rien de commode. Le psychopathe se détacha nonchalamment de l'adolescente pour retourner près du jeune nubile. Ce dernier s'appuya sur ses coudes pour relever un visage terrifié vers son tortionnaire, qui lui répondit d'un cinglant coup de pied dans la mâchoire, qui le fit tomber dans un état d'inconscience. Après cela, Eishi ôta la totalité des vêtements de son martyr, le laissant gésir au sol complètement nu, avant de lui même se dévêtir de sa veste, la posant délicatement sur la table sur laquelle il avait reposé quelques moments plus tôt. Céans ses yeux s'écarquillèrent d'une inouïe malveillance et d'une abyssale folie, son rictus inhumain et malfaisant fendant son visage en une grimace diabolique. Il utilisa un des tissus trainant pour recouvrir la bouche de sa victime, de manière à enrayer tout son trop aigu de s'échapper, puis se dirigea funestement vers l'extrême sud de l'adolescent dénudé, prenant son tibia gauche d'une main ferme puis, après un dernier fuligineux regard en direction de la déesse affolée, il sectionna de manière chirurgicale la peau de la plante du pied du jeune homme, qui se réveilla d'un sursaut de douleur, poussant un hurlement de souffrance, qui fut largement étouffé par le bâillon. Alors qu'un océan d'obscurité inondait les prunelles démentes du brun, il lâcha la lame pour saisir de chaque main une extrémité de la profonde entaille pédestre avant de tirer crûment, son hilarité monstrueuse grandissant de seconde en seconde, alors que le fraichement écorché se tordait de douleur. Mais au plus grand désespoir du torturé, ce n'était là que le début de son supplice, qui continua épouvantablement pendant une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la totalité du buste et des jambes de l'apprenti dieu soit dénudé de leur épiderme et que ce dernier rendent l'âme d'une affliction physique infernale. Les asphyxiées lamentations féminines désespérés s'étaient tus quelques minutes plus tôt, mais le sadique tortionnaire n'avait pas détourné l'œil de son travail artistique, tenant à le finir avant de pouvoir contempler le néant de désolation dans les iris de la compagne de l'écorché. Il se releva lentement, écartant ses bras ensanglantées du fascia musculaire de la dépouille, s'efforçant de garder cette indolence théâtrale pour rendre le tableau encore plus délectable puis finalement, il dirigea son démoniaque faciès vers la déesse passe-muraille.

Mais ils n'étaient pas là. Ce regard vide de toute vie, ce désespoir infini et terrassant, cette pâleur cadavérique et horrifiée. Deux orbes prasines exsudant d'une ire insondable et d'une fermeté incassable le fixaient, exprimant une puissante soif de vengeance. Pas une seule once de folie, de perdition ou de détresse n'avait sa place dans ses disques céladons. Subitement féru d'une véhémente incompréhension et d'âcres souvenances, comme si une véritable pluie de météores reminiscents violentait son psyché anarchique et délirant, Eishi amena deux mains paniquées à ses tempes, serrant intensément son crâne endolori par le choc mental qu'il était entrain de subir, avant de tomber à genoux. Il ne comprenait pas. Comment était-ce possible ? Comment était-ce humainement possible ? Comment était-ce sainement possible ? Comment devant l'horreur qu'il infligeait une personne normale pouvait-elle rester saine ? Alors que les souvenirs d'un pan de sa vie humaine qu'il avait tenté d'effacer remontèrent amèrement, des larmes commencèrent à s'écouler de ses yeux qui s'imprégnaient progressivement d'un désarroi familier et pétrifiant. Il se souvenait. Il se souvenait de cette femme qui avait le même regard. Un regard qui l'avait aussi plongé dans cet état dissociatif. Son incompréhension profonde face à l'inefficacité de ses méthodes pour briser quelqu'un l'avait fait remettre en question son être et son existence entière, le paralysant ainsi dans une frayeur profonde de ne pas être le véritable prédateur de ses semblables, de ne pas être l'individu qui défiait le démiurge vicieux de cette réalité, de n'être qu'une coquille vide et faible comme ses congénères simiesques bipèdes. Pour pallier à cela, il avait arraché de peur le visage et les globes oculaires de cette personne perturbante et avait enfouit cette partie de sa mémoire dans un lieu tellement profond de son subconscient que cela avait été comme si ces évènements n'avaient jamais eut lieu. Mais à présent il ne pouvait plus réprimer ce flot incessant de questionnement qui érodait son esprit de façon déchirante. Ce fut à ce moment là que lui revint en tête, parmi la cascade virulente d'inepties, une image de la Bête. L'existence lupine et diabolique qui résidait en Aleksander. Il se remémora l'aura exsudante d'une viscérale rage, qui écrasait tout le reste, qui nullifiait les sentiments insensés et nébuleux. Il comprit enfin qu’il devait s'affranchir de cette infecte couardise. Il avait enfin sa solution. Ou plutôt, il l'avait toujours eut, mais il lui avait fallu devenir une existence divine pour la trouver.



Il se redressa brutalement et l'air qui l'entourait commença à se faire dévorer par un flux impétueux et incontrôlable d'une fureur infinie. La noirceur de cette irascible aura était telle qu'elle avalait même les ténèbres les plus obscures. Et la déambulation funèbre commença. Elle était lancinante et sinistre. Elle rendait l'atmosphère lourd et l'air irrespirable. Lorsque le noiraud arriva enfin devant l'adolescente, son courroux noirâtre écrasa violemment la colère nubile, et une inexorable main sanguinolente vint se saisir durement du fragile cou pubère. Il souleva implacablement la fillette, comprimant sa trachée et ses artères carotides, l'élevant là où ses pieds ne touchaient plus le sol. Elle voulut défier une dernière fois le démon de la Fiction mais lorsque ses mirettes viridiennes tombèrent dans les abysses de l'océan cobalt des iris aveuglés par la rage hadale du spadassin, elle se noya immédiatement, broyée par une inconcevable pression. Un bruit sourd annonça la brutale fin de la vie de l'adolescente, que la déité sanguinaire laissa choir misérablement au sol en détendant sa meurtrière étreinte. Pendant quelques instants, la salle baigna dans un silence irréel, comme si le temps s'était figé.

Soudainement, le halo avilissant et fuligineux s'effaça complètement et Eishi fit volte-face, son faciès ensanglanté de nouveau innocent et folâtre, orné d'un magnifique sourire satisfait et amusé. Il revêtit sa veste sombre et planta ses facétieuses prunelles bleutées dans l'or sauvage de celles de son comparse avant de laisser s'échapper un bâillement éreinté.

    「Bon, c'est pas tout ça mais je suis crevé moi. Aleks, pour pas qu'on vienne nous les briser et qu'on puisse continuer à nous amuser, va falloir faire un peu de ménage. On va se répartir les tâches : je m'occupe de nettoyer et couvrir nos traces et je te laisse le soin de t'occuper des sacs de viandes. Ça te va ?」




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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Mer 24 Juin 2015 - 1:28
Le fou rire démoniaque du Lycan se répercuta alors que celui-ci applaudissait allègrement, à un rythme effréné. Son visage, fendu d'un rictus sardonique, voyait ses traits tirés par une grimace d'excitation malsaine. Son hilarité se traduisait par des tremblements, alors qu'il regardait Eishi qui achevait de dépecer le jeune homme pour mieux entrer dans une colère froide et noire. Comme il connaissait cet état ! Son rire se répercuta longtemps, comme un ultime écho de la folie qui hantait les iris féroces et cruels du Prédateur Alpha. Sur son pupitre, il se balançait d'avant en arrière, ses mains se rencontrant dans un éclat bruyant et distordu. Il n'y avait aucune raison valable pour un tel déchaînement. Pourtant, comme touché en plein coeur, contrôlé comme une marrionnette par une entité supérieure, le voilà qui perdait son souffle alors que la traduction de sa démence profonde se révélait par la déformation de son faciès pour adopter une expression machiavélique, à la limite même du diabolique.

Le ricanement angoissant du Lycan brisait le silence surnaturel qui s'était instauré, alors que Eishi avait pivoté vers lui, après avoir brisé la nuque de la jeune fille comme si cela avait été une simple branche. Son inquiétant élan ne semblait pas s'arrêter, alors qu'il portait l'une de ses mains à son visage, masquant en majeure partie celui-ci. Psychotique, il gardait ses deux yeux écarquillés, luisant d'une férocité mauvaise, braqués sur Eishi, qui lui faisait désormais face. Lugubre, son rire semblait interminable. Il ne parvenait pas à se calmer. Il exsudait d'une noirceur presque palpable. Ses iris tourmentées glissaient du corps dépecé, aux Lyncheurs qui semblaient en plein désarroi, comme craignant une crise de violence de la part de leur Alpha, qui ne tarda pas à passer à l'acte. Dans un tourbillon de violence, il se redressa, ravageant les rangées de chaises et tables autour de lui avec une sauvagerie inouïe. Il soulevait le matériel comme si de rien n'était, et le projetait à travers la salle.

Lui-même n'avait aucune idée de ce qu'il se passait. Il avait jeté sa cigarette durant le dépeçage, ce qui le laissait totalement libre de ses mouvements. Il se déchaînait pour une obscure raison. Une crise de folie tout à fait puérile et horrifiante de simplicité. Comm un enfant colérique qui évacuait sa frustration sur ses possessions. Véritable ouragan de rage, il ne mit pas bien longtemps à remuer la salle dans un sens puis dans l'autre, générant un véritable chaos ambiant sous la veille attentive des astres nocturnes. Lorsqu'il s'arrêta, le Britannique resta figé, ses flancs se soulevant comme des soufflets de forge. Seul le cadavre écorché gisait encore dans son propre sang, intouché. Et la moitié de la salle où se trouvait Eishi. Le Prédateur Alpha tiqua légèrement, dos à ce dernier. Puis, soudainement, il lui adressa un regard par-dessus son épaule. Inquiétant. Terrifiant. Celui d'une Bête ayant perdu toute lucidité. Durant un instant, le fol espoir qu'il s'en prenne à l'humain parcourut l'esprit des lyncheurs. Au même titre que le frisson qui glissa lentement comme une funèbre promesse le long de l'échine du Dieu de la Fiction, sans aucun doute.

Il y avait dans l'aura du Repenti, que lui-même ne comprenait ni n'appréhendait pas, cette farouche et primitive panique qui s'insinuait comme un brutal constat dans le psyché de ses victimes. L'épouvante à l'état pure, qui s'infusait, insidieuse, perturbait le flux des pensées, et tétanisait les individus. Les clouait sur place face à leur implacable Bourreau. Progressivement, la tension se dissipa, alors que le blond semblait reprendre consistance, secouant vaguement la tête pour pivoter, soupirant profondément. Il adressa un rictus énigmatique à son comparse dément, comme pour s'excuser de l'interlude involontairement. Et d'un geste du menton, il intimait aux Lyncheurs de commencer le festin, ceux-ci ne perdant pas un instant pour reprendre l'opération démarrée un peu plus tôt dans le corridor. Leurs crocs s'enfoncèrent, déchiquetèrent, alors que leurs mâchoires happaient sauvagement. Aleksander, de son côté, s'approcha patiemment d'Eishi, et de sa dernière victime.

Se penchant, son sourire muta en rictus carnassier qui dévoilait sa dentition surnaturelle. L'instant suivant, il enfonçait à son tour ses crocs dans la chair, avec un appétit surprenant. Seul le bruit d'une immonde déglutition, suite à l'ingestion de la chair gorgée de sang du cadavre répondit au silence morbide qui s'instaura, par-delà les craquements d'os et le son de la chair qui se tordait.
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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Jeu 25 Juin 2015 - 17:12

「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」

Ce fut d'un œil à la fois amusé et intrigué que le japonais avait observé le déferlement incohérent de rage et de virulence auquel s'était adonné sans concessions la déité lupine de la Prédation, adossé contre le mur les bras croisés contre son torse. Son rictus mauvais en coin ornementant son faciès délassé, le spadassin à la toison de jais dut reconnaître que le déchainement d'ire de son compère meurtrier avait quelque chose de tout à fait fascinant. Il avait amené la sauvage exécution d'une pulsion véhémente et viscérale à quelque chose proche d'un art, une subjective beauté fielleuse, qui ne manquait pas de captiver l'attention du brun à chaque représentation. Pour lui qui avait toujours été adepte d'une destruction paradoxale mêlant un chaos démesuré à un contrôle méticuleux, la frénésie bestiale qui animait son compagnon était fascinante. Il se demandait comment un être, aussi surnaturel puisse-t-il être, pouvait renfermer un tel océan de virginale fureur. Malgré ses multiples essais, le nippon ne parvenait toujours pas à quantifier ni à rationaliser cet insondable maelström de colère qui régissait l'existence même d'Aleksander. Il aurait été trop simpliste de réduire ce trait si particulier du britannique à une austère conséquence de la présence de la Bête au sein des entrailles du blond. Mais Eishi était loin d'être un fervent partisan de la simplicité. Il ne connaissait rien de l'histoire du lycanthrope, mais il parvenait à voir au-delà de la créature malfaisante, au-delà du serveur Repenti. Lorsque les iris ambrés apparurent au-dessus de l'épaule du dieu prédateur, pour braquer un regard nullifiant toute raison en direction de la seule autre existence menaçante de la pièce, un exaltant frisson traversa l'échine de l'assassin, faisant s'étendre son hilarité fiévreuse et fuligineuse. Il pouvait l'entrevoir. Il pouvait subodorer qu'il manquait une pièce à ce sibyllin puzzle qu'était Aleksander Anderson. Une pièce importante. C'était comme si l'être devant lui, né d'une dualité étrange entre homme et bête, était incomplet, toujours en recherche de ce qu'il était réellement ou ce qu'il devait être.

L'accalmie vint ensuite, faisant s'estomper graduellement la tension antérieur, au rythme las du souffle soupirant de l'anglais qui échappait à sa stupeur irascible et démente. Le japonais répondit à l'ésotérique rictus de son comparse, qui semblait présenter un faible sentiment d'excuse, par un léger mouvement de la main, accompagné d'un sourire récréé, pour lui transmettre qu'il n'y avait pas de quoi, car cela avait été intéressant et distrayant. Lorsque le britannique intima les fauves de commencer leur festin et que lui même vint s'occuper du corps sans vie de l'adolescente, le noiraud se détacha du mur avec un air folâtre et satisfait, laissant la meute sanguinaire à son repas victorieux, pour se diriger vers le couloir. Le seuil de la salle atteint, il jeta une dernière œillade sombre et déridé au régal macabre avant de s'enfoncer dans les ténèbres du corridor, à la recherche du local d'entretien, ne laissant derrière lui que les mastications funèbres et les gestations pittoresque de la chair meurtrie.



Il ne mit guère longtemps à trouver l'objet de sa convoitise. Son visage rieur ornementé d'une expression enjouée et facétieuse, Eishi s'arma du nécessaire pour commencer son nettoyage. Durant ses cinq années des métiers en tant que tueur à gage, il avait acquis une grande expérience lorsqu'il s'agissait de couvrir ses traces et effacer toutes preuves de son passage. Un véritable nettoyeur, dans tous les sens du terme. C'est dans une bonne humeur presque dérangeante qu'il s'attela à faire un ménage minutieux de toutes les zones du bâtiment le nécessitant, en d'autres termes, les secteurs ayant servi de terrain de chasse pour les deux meurtriers psychopathes. Il effaça chaque sécrétion avec précision, incluant le sang comme la salive ou la sudation, car après tout, il n'aimait guère laisser les choses à la chance, étant donné que celle-ci prenait un malin plaisir à le discriminer de façon draconienne. Lorsqu'il eut terminé, les seuls éléments qui restaient était les dégradations qu'avaient amené les affrontements, qui ressemblaient à présent plus à un vulgaire vandalisme qu'à autre chose. Le natif du Soleil-Levant embarqua le tout avec lui, passant par les toilettes, où il vida le contenu ensanglanté du sceau dans l'un des éviers pour ensuite laver ses sanguinolents et poisseux avant-bras, sifflotant un air à la fois fluide et inquiétant, comme une mélopée faisant l'apologie d'une quiétude mortuaire. Il entreprit ensuite le chemin retour vers la salle de classe qui avait servi de catafalque au couple nubile.

Lorsqu'il arriva, il ne restait plus une seule trace des dépouilles, si ce n'étaient le duo de mares de sang qui siégeait là où ils avaient été dévorés. Un travail véloce et propre malgré son intrinsèque et axiomatique nature barbare. Ce fut donc en gardant son air facial satisfait que le noiraud réitéra son opération de nettoyage dans la salle de classe, sous les prunelles intrigué et incompréhensives des lyncheurs qui ne parvenaient pas à saisir le sens des actions du japonais. Ils semblèrent cependant légèrement apaisé par la mélodie sifflée qui s'échappait de ses lèvres jointes alors qu'il s'appliquait à oblitérer toute empreintes de leur sanglant passage. Le travail se fit dans une étonnante ataraxie, comme la placidité qui suivait la tempête, ou la précédait. Une fois tout sillage gommé, le nppon à la chevelure ébène retourna se débarrasser du contenu carmin des outils de nettoyage, laissant à nouveau la meute seule dans la pièce, comme une machine programmée à sa procédure de nettoyage, une séquence devenue automatisme après un certain temps à la reproduire systématiquement. Une fois la la machinale série terminée, un bâillement éreinté s'échappa des lippes du nettoyeur, qui avait une fois de plus transformé ses meurtrières actions en Fiction. Il parcourut pour la énième fois de la nuit le couloir, les mains profondément enfoncées dans ses poches, un air indolent imprimé sur le visage, appuyé par des paupières semi-closes, laissant tout de même ses fuligineux iris bleuâtre ravis de leurs activités nocturnes agrémenter son rictus agréé. Arrivé devant la salle, il appuya son avant bras nonchalamment sur l'encadrement de l'entrée, braquant ses prunelles complices et ombragées sur son partenaire lupin, ses lèvres s'obliquant en un arceau folâtre et malfaisant.

    「Bon, on remet ça demain ?」




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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Sam 27 Juin 2015 - 4:04
Le festin semblait interminable. Ses crocs déchiraient, animés par un sentiment de rancoeur profondément ancré dans l'être du Prédateur Alpha. La haine viscérale qui le hantait, le dévorait, transformant l'animosité virtuelle qui l'habitait en véritable soif de massacre impie et lugubre. Les immondes bruits de mastiquations, mêlés aux sons des os qui se brisent sous la pression, résonnaient dans toute la salle de classe, affreux requiem dont l'orchestre squelettique poussait une mélodie sépulcrale maladive et pestilencielle. Ce funèbre repas agissait comme les prémices de l'arrivée de l'Enfer. Comme si, sortie d'une léthargie trompeuse et bien trop silencieuse pour être vraie, les vains espoirs de voir un monde paisible venait d'être anéantis par le retour d'une Bête qui n'avait rien à voir avec tout ce qu'ils avaient jamais connu. La fureur qui pulsait dans les capillaires sanguins, galvanisant la moindre goutte du fluide corporel qui coulaient sans interruption dans ceux-ci, dépassait la logique humaine. C'était une rage radicale, féroce, animale. Qui transcendait la nature originelle de son porteur par sa simplicité et son intensité. Une telle démonstration de pureté que l'espèce traquée n'était plus capable d'apprécier à sa juste valeur, terrifiée par la seule présence d'une entité de ce genre. Certains se diraient à même d'encaisser un tel rayonnement de colère, d'un courroux si profond que ses racines prenaient naissance dans les pensées d'un être immatériel et inactif, endormi dans les tréfonds de l'âme corrompue et torturée d'un soit-disant Repenti. Ce même Dieu qui reprenait son funeste repas, avec un appétit horrible, manches remontées, prenant garde à ne point salir son uniforme si fraîchement enfilé.

Il y avait dans ces phénoménaux élans de bestialité une poésie incompréhensible, que seul Eishi semblait percevoir. Ces explosions féroces qui semblaient démentes au premier abord, générée par l'instinct primaire du Prédateur Alpha, ne naissaient qu'en présence d'une gêne impossible à supprimer dans l'esprit et les pensées de ce dernier. Un parasite dans ces dernières, et voilà qu'une frénésie dévastatrice se déclenchait, saccageant et réduisant à néant toute existence à proximité. Et pourtant, malgré la crise de folie, Aleksander avait atténué sa pulsion meurtrière à l'égard de son comparse de débauche, se contenant d'un ravage matériel sous les yeux de ses nouveaux sbires. Ceux-ci s'étaient exécutés, avaient plié devant ses ordres. Mués par la faim et une terreur asphyxiante. Rien n'était visible aux yeux des humains. Mais l'aura d'asservissement qui régnait autour du Prédateur Alpha n'avait rien de commun. C'était une véritable poigne de fer, propriété d'un implacable despote aux sombres intentions. Et dont la seule motivation était les bains de sang qu'il démultipliait partout où il passait. Un sillage écarlate. Si excessif qu'il menaçait de se noyer involontairement dedans, alors qu'il s'enfonçait dans le vide abyssal d'une tyrannique suprématie. Une oblitération pure et simple de tout organisme vivant et doué de volonté. Volonté qui sera brisée, et anéantie par la puissance infernale du Lycanthrope. Un viscéral désir d'annihilation animait les mâchoires du Blond, qui croquait les restes, avec la même efficacité que n'importe quel autre animal carnivore. Réduisant progressivement en lambeaux sa propre proie, avec moins d'efficacité que le trio de lyncheurs, sans afficher moins d'appétit pour la chair humaine, il ne tarda pas à achever son repas. La physique semblait s'être abstenir de tout commentaire sur cet événement, puisqu'il semblait logique que l'estomac du Lycan aurait simplement dû exploser en présence d'autant de matière. Ceci dit, la consommation et digestion rapide semblait être dans son domaine, en raison de l'énergie demandait pour des transformations. Comme si son corps laissait son organisme agir en accéléré.

Lorsqu'Eishi pénétra de nouveau dans la salle de classe où régnait l'odeur putride de la mort, et les relents intestinaux des entrailles vidées et de la chair mise à vif, Aleksander patientait, assis sur un pupitre intacte, ses jambes se balançant lentement, alors qu'il avait utilisé les vêtements de la fille pour essuyer ses mains, bien qu'il restait des marques écarlates de par la difficulté à faire disparaître le sang sur le corps humain. Ses avant-bras, toujours souillés, le maintenaient solidement sur la table intacte, alors que son regard féroce scrutait déjà Eishi alors que celui-ci venait tout juste de franchir l'encadrement de la porte, s'empressant avec la même nonchalance qu'à l'habitude de nettoyer. Ce sifflotement si dynamique eut tôt fait de calmer les Lyncheurs en pleine digestion, qui restèrent allongés aux côtés de leur maître, tout autour de la table, leur museau callé sur leurs pattes avants, croisées. Leurs flancs se gonflaient à l'unisson, alors que le silence inquiétant et l'absence d'expression sur le visage du Prédateur Alpha accueillaient le Dieu de la Fiction. Ceci fait, il revint, plaquant son avant-bras contre le coin de la porte, s'y appuyant avec un sourire folâtre. Sa question déconcerta légèrement le Lycan, qui s'était paré à toute éventualité. En toute réponse, le Britannique essuya ses lèvres encore ensanglantées du revers de sa main. Ceci fait, il adopta un rictus écrasant d'une férocité démente, avant de se jeter sur ses pieds, ses soufifres se réveillant sur l'instant. Il se pencha, et fit un vague geste en direction du local d'entretien utilisé par Eishi. Dépassant celui-ci, il conserva son sourire carnassier, comme s'il lui faisait comprendre de patienter ici. Le Repenti s'y rendit, et entrouvrant la porte, fit rentrer les Lyncheurs à l'intérieur. Ceux-ci attaqueraient et sauteraient à la gorge du premier venu qui aurait la merveilleuse idée d'ouvrir cette porte afin de se faire dévorer. Un mort de plus, tout au mieux. Revenant vers son compagnon de décadence, toujours muni du même faciès vaguement écho de son psyché distordu, il inclina légèrement la tête en vissant son regard bestial dans celui, vicieux, de son compagnon.

« — Cet endroit pullule de gibier, et de bétail. Bien sûr que la boucherie continue demain. »

A la manière de son interlocuteur, il hissa une main à la hauteur de son épaule, la secouant latéralement avec la même attitude dérangeante, franchissant la distance qui le séparait de Ryuuga, pour mieux le dépasser, s'enfonçant dans les ténèbres ambiantes qui régnaient dans le bâtiment malgré les astres nocturnes. Après tout, il n'y avait pas besoin de plus qu'un vague salut, entre eux. Rien de tout cela n'avait de sens. Ils n'avaient pas besoin de communiquer la moindre date. Le moindre endroit. Ils se trouveraient. Car, désormais, un pacte de sang avait été formé. Un contrat écrit avec le rouge des cadavres laissés derrière eux. Même lorsqu'il fut happé par l'air frais de la nuit, rien ne lui fit perdre son sourire. Après ces années d'errance terrestre, puis divines, il avait enfin trouvé son égal. Son partenaire. Sa meute. Ensemble, ils formeraient un duo apocalyptique. Impitoyable. Immortel, et éternel. Une nouvelle ère de terreur se profilait déjà à l'horizon des Dieux. Un âge de chaos et de discorde. Nul n'avait la moindre idée de ce qu'accompliraient ces deux déités distordues et tourmentées par un désir permanent de destruction infinie. Ils n'auraient de repos avant que le monde s'effondre sur lui-même.

Et que l'espoir, enfin, décline. Comme la lueur vacillante d'une bougie dans les ombres d'une nuit d'hiver.
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Re: 「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」 - Lun 13 Juil 2015 - 21:35

Pour une personne moyenne comme moi, c’est un RP très difficile à comprendre et à suivre à cause du vocabulaire employé, qui empêche de se fondre dans l’histoire. Par chance, j’arrive à lire entre les lignes et à suivre l’affrontement contre les deux adolescents… mais pour le reste, lire devient un travail, une analyse de suites de mots formants des phrases superflues et indigestes, du remplissage à outrance… soit un calvaire à lire, plus qu’un plaisir. Je ne suis qu’une personne moyenne, peut-être simple d’esprit… alors continuez ainsi si vous pensez que le monde entier saura vous lire ! Ou si vous vous amusez tous les deux à vous exprimer ainsi, au détriment de la facilité de lecture qu’auront les autres face à vos œuvres.

Quelques fautes de conjugaison ou de relecture à signaler par-ci par-là, mais tout va bien dans l’ensemble ! Juste une petite remarque additionnelle sur les défis : pourquoi ne pas en avoir profité ? Les phrases imposées pour les deux personnages auraient pu être analysées et reprises par l’autre, c’est l’un des buts recherchés. Eishi qui dit qu’Aleksander est plus fort que lui, ça ne lui fait rien ?
Je pensais qu’il allait lui foutre une raclée pour ça… =3
Profitons de ces petites choses insolites qui pourraient ne jamais se produire en temps normal !

Ryuuga Eishi : 555 xps
Aleksander Anderson : 525 xps

Xps attribués : Yep ^^
「For the night is dark and full of Terrors... and Bullshit」
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