Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Je vous avance le repas ? [PV Eve]

 
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Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Mar 21 Aoû 2012 - 2:42
L'avantage d'être professeur c'est que quand on se rendait à la cafétéria, on commandait et on nous servait comme dans un restaurant. C'était une position tout à fait confortable mais après tout je savais marcher et me servir...je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas fait comme les élèves. Quoiqu'il en soit on vint me servir ce que j'avais demandé. Une superbe assiette de spaghetti bolognaises...et oui, quand on est Italien on ne se refait pas. Mais après tout, je n'avais pas à rougir, les spaghettis bolognaises était un plat apprécié du monde entier. Avec ça j'avais droit à une carafe d'eau, jamais d'alcool pendant les heures de cours. Je me mis donc à manger, enroulant adroitement mes spaghettis autour de ma fourchette en m'aidant de mon couteau. Jamais de toute ma vie je n'avais vu quelqu'un manger des spaghettis correctement...il y en avait toujours qui pendait, leur tombait sur le menton et aspirait la pate dans un affreux bruit de succion. Ce n'était pourtant pas difficile de manger ces pâtes. Quoiqu'il en soit, moi je mangeais correctement, et au final c'est tout ce qui importait. J'étais seul à ma table dans un coin à l'écart réservé pour les professeurs, d'ailleurs j'étais seul tout court. Pas le moindre collègue à l'horizon, il fallait dire que je mangeais tard, bien après midi...et de plus, contrairement à moi la plupart des mes collègues avaient déjà commencé les cours. Je n'allais pas tarder non plus, j'avais presque terminé de préparer mon programme d'étude.

Le repas fut des plus agréables, d'autant plus qu'un certain calme régnait dans la cafétéria. A la fin de ceci, je me fis porter ma moitié de melon, fruit qu'en Italie on mangeait au dessert. Je fus presque estomaqué quand, lors de l'un de mes premiers diners en France, notre hôte nous servi du melon en entrée. Après tout chacun ses coutumes...la tomate était un fruit aussi, pourtant il ne viendrait à l'idée de personne d'en déguster au dessert. Le melon pouvait donc se manger différemment, simple question de traditions et d'habitudes. Après le dessert le café suivit, un bon expresso, bien noir avec un demi-sucre...un véritable coup de fouet ! Et bien entendu je n'allais pas déroger à la règle, la cigarette suivi aussitôt que je terminais mon repas. J'aurais pu, à ce moment là me lever et quitter tout simplement la cafétéria, mais je n'en avais pas envie, je préférais flâner là encore un petit moment avant de retourner travailler.

* Il est tout de même dommage que je n'ai rencontré aucun autre professeur...manger seul ne me dérange pas...mais c'est plus intéressant avec quelqu'un...

A bien y réfléchir...avais déjà rencontré ne serait-ce qu'une fois un autre professeur. Jamais à dire vrai, je ne faisais que les voir rapidement en passant à coté de leur salle de classe, les croiser sans savoir le temps de discuter en salle des professeurs et en de rares occasions j'en voyais rejoindre leur chambre à l'internat. Je manquais vraiment à mes devoirs en n'essayant pas plus que ça d'aller à leur rencontre, mais j'avais après tout ma façon de faire. Je préférais bien connaître les lieux, l'histoire de l'Académie, son fonctionnement, avant de me lancer à corps perdu dans des rencontres et des débats avec mes collègues. Car s’il y avait bien une chose dont j'étais certain, c'est qu'il y aurait des débats. Les profs se chicanent toujours sur des sujets, sur les examens, sur les programmes, sur la politique...et Dieu que je me sentais loin de tout ça. Tout ce que je voulais c'était m'entendre au mieux avec tout le monde et faire mes cours. Certains étaient comme moi certes, mais il y avait quand même un paquet d'emmerdeurs...

Ma cigarette était presque terminée, j'en tirais une dernière bouffée et n'allait pas tarder à rejoindre la bibliothèque pour terminer de préparer mon programme. Je fis quelques pas, m'éloignant de la table...ne me rendant absolument pas compte que j'avais purement et simplement oublié mon briquet sur cette dernière...
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Mar 21 Aoû 2012 - 17:27
Midi sonna, les élèves s'apprêtèrent à remettre rapidement leurs affaires de cours dans leur sac, et en quelques minutes la salle devint vide. Eve n'en revenait toujours pas, elle avait accompli son devoir, sa première heure de cours. Bien évidemment les professeurs commencent la plupart du temps au alentours de huit heures du matin. Mais exceptionnellement le directeur lui a sagement proposé de commencer ses cours vers les onze heures. Cela permettait à la jeune femme de pouvoir s'adapter aux lieux, de prendre, créent de nouveaux repères, à se familiariser avec les lieux et surtout ses élèves. C'était primordial pour elle, un professeur se devait de maintenir une relation particulièrement sereine et juste avec ses étudiants. Car elle allait vite comprend qu'être un enseignant ne suffisait pas de répondre avec le sourire...

Après que la salle fut totalement déserte, Eve resta là, debout face aux tables. Elle ne savait pas si elle devait être contente de sa première seance, qui fut un bref succès ou restée intriguée au fait de ce qu'elle est devenu. Les paroles du sage directeur, Isanagi Tencho lui revinrent en mémoire. Lui expliquant avec tacts et délicatesse qu'elle portait dès à présent une nouvelle identité, sous une nouvelle apparence, pour une nouvelle existence qui Dieu sait sera encore plus longue que la précédente. Elle allait porter le nom D'Eve Neh'luya et c'est ainsi qu'on la nommera. Cela ne lui changeait guère de son ancienne identité. Auparavent dans son ancienne vie, elle portait apparemment le nom d'Eva. Il n'y avait guère de différence mise appart la petite l'être à la fin qui change tout. Par contre son nom avait pris une tout autre forme: Neh'luya.

Ce nom portait une connotation pour le moins fantastique à l'oreille d'Eve. Mais là n'était point vraiment le noyau de sa perplexité. Non, ce qu'elle n'arrivait toujours pas à y croire c'est le fait qu'elle soit dès aujourd'hui sous le statut d'apprenti déesse. Le directeur Tencho avait été formel là-dessus. Que nous soyons élèves ou professeurs nous étions prêts à devenir des dieux accomplis. Mais Eve ne se voyait pas du tout sous cette forme aussi angélique. Cela dépassait toutes ses attentes. Eve se demandait qu'est ce qui était le plus effrayant. De ne plus se rappeler du passé, ou de ne percevoir que trop bien son futur ? Elle ne serait guère le décrire.

Reprenant les choses en mains. Notre jeune damoiselle sortit de la pièce avec une masse d'énergie positive ! Finis de ressasser le passé, elle voyait les choses sous un nouvel angle. Elle deviendra déesse ? Et bien qu'il en soit ainsi, pour le moment elle se sentait bien plus humaine que jamais. Percevant l'heure sur une gigantesque horloge de l'Académie, elle s'orienta, d'un pas déterminé, en direction de la fameuse cafétéria que le directeur Tencho lui avait faite par. Après son cours il serait bon pour la jeune Eve de s'imprégner dans une vie communautaire. Cela allait lui permettre de mieux s'élancer. Découvrir une certaine sociabilité avec d'autres professeurs, ne pouvait être que bénéfique pour sa vie professionnelle. Le coeur élancé et prêt à faire un effort de communication elle se dirigea vers la cafétéria comme prévue

Se rappelant de l'itinéraire que lui avait indiqué le directeur Tencho. Elle longea un couloir couvert d'un tapis en soie rouge et put prendre le temps d'observer l'architecture des lieux et savourer quelques décorations verdoyantes du parc. Dévorant des yeux l'état de l’environnement. Elle assimilait ce simple parc en un jardin paradisiaque. Des arbres bien bâtis formant un chemin sur laquelle était déposée, des fleurs aussi resplendissantes les unes que les autres. Elle s'était attardée un moment sur une plante qui la tenait fascinée particulièrement. Sous ses pétales immaculés d'un blanc nacré, cette spirale qu’elle prend afin de former un bouton parfaitement creux. C'était là, une rose blanche tout à fait sublime. Elle en perdit presque même son orientation. Mais l'odeur de la nourriture et des épices la guida à travers le parc aux abricots. Elle put finalement distinguer une charmante bâtisse, tout a fait pittoresque à souhait. Des tables et des chaises parfaitement répartis dans l'espace extérieur, et quelques parasols qui enrichissent la décoration de ce réfectoire. A l'entrée l'odeur de la nourriture cuite à petit feu ne pouvait laisser indifférente la jeune Neh'luya. Elle était d'une personnalité assez gourmet savourer avec tendresse plusieurs saveurs. Elle avait un penchant pour les nourritures sucrées, gâteau aux chocolats, salades de fruits, bénies, tarte à la pomme, crêpes, du pain à la confiture de fraise, il lui arrivait même parfois d'avoir les yeux plus gros que le ventre. Elle ne se souvenait pas d'avoir été aussi ogresse envers la nourriture.

Cette fois-ci Eve sentait bien la présence de quelques professeurs, puis dans visages familiers qui ressemblait bien ses élèves de l'heure précédente. Soudain un nœud à l'estomac lui fit défaut, elle baissa les yeux et se contenta de suivre la file d'attente. Au bout d'une demi-heure elle se retrouve avec un plateau entre les mains contenant, une petite salade aux tomates sous une fine couche de vinaigrette, accompagnée d'un plat typiquement italien qu'on lui avait fortement conseillé et pour finir un petite dessert qu'elle à préféré choisir.

Percevant les places libres et celles qui ne l'étaient pas, elle ne put s’empêcher de partir à la recherche d'un coin isoler de tous. Pourtant elle s'était promis de faire un effort là-dessus mais lui trac lui monte trop à la tête, elle ne savait guère comment s'y prendre pour s'introduire dans une discussion professionnelle, entre instituteurs expérimenté, elle, la jeune novice. Alors elle s'abandonna à la solitude en elle se posant délicatement derrière un homme blond en uniforme noir. Deux tables vides les distancièrent elle ne put s'empêcher de regarder sans cesse le dos de cet homme. Il avait une posture assez cambrée, sous une allure élégante. Tout tant attaquant sa salade elle put le scruter davantage du regard. La tête baisser sur son plateau les mains sûrement placer aux dessus de son plat, il fit des mouvements de va-et-vient avec sa main gauche, de son assiette à sa bouche. Eve en fit de même, voyant qu'elle avait déjà finit sa salade elle passa à ses spaghetti bolognaises.

Elle en savourant ce délicieux repas, elle perçut qu'il détenait dans sa main une cigarette. Soudain une question banale lui survint en tête. Avait-on le droit de fumer à la cafétéria. Il y avait de fortes chances pour un professeur. Bien que cela reste superficiel comparé au fait qu'elle va devenir une déesse accomplie. Se retrouvait la dans une cafétéria à observer un homme en costard cravate après avoir donné des cours à des élèves n'avaient rien d’extraordinaire pour une futur divinité. quelques mouvement quotidiens de son ancienne vie lui refont surface. Déjà, sur la simple manie de ne jamais terminé correctement son plat pour attaquer tout de suite le dessert. Cela lui semblait bien familier. Avec un peut de chance, ses souvenirs pourraient refaire surface en pratiquant davantage des petites tâches de cette envergure. A partir de ce jour, elle essayera de rester la plus humaine possible.

L'heure passe et Eve n'avait même pas commencé à se rabattre sur sa part de gâteau à la framboise. A la première bouchait elle en oublie l'existence du professeur à la cigarette. Il ne lui fallut qu'une parcelle de seconde pour terminé son dessert. En relevant son regard une nouvelle fois elle ne le vit plus dans son champ de vision celui qu'elle espérait voir de nouveau. Indécis face à cette disparition, la culière encore à la bouche, le regard se pointant vers l'horizon elle en résultat que l'homme à la cigarette a du sûrement sortir de table. Et elle ne s'était guère trompé. Par ailleurs elle se rendit compte que la cafétéria fut même presque vide. Se dépêchant de visualiser l'heure, il fit qu'une heure moins quart. Elle repris son calme puis termina sa dernière bouchée. Son regard se posa à la place ou l'homme fut assis et ne vit qu'un objet métallique posait sur la table, c'était tout ce qui restait de sa dernière apparition. Faisant le lien entre l'homme et cet objet, elle commença à se lever de table puis, allant déposer son plateau, elle revint sur les lieux, puis s’orienta en direction de la table du fumeur. Elle prit l'objet qui s'avère être un briquet. Tenant l'objet en main, elle le scruta du regard. C'était un très beau briquet, muni d'un capuchon et d'une petite signature sur le dos de ce-dernier. Elle pouvait y lire « Pietro » , sans doute la marque du briquet. Elle se retourna vers l'homme qui avait pris de la distance à ses quelques pas. Elle put le voir de haut en bas cette fois-ci, mais toujours de dos. Son costard noir, ses cheveux lisses d'un blond éclatant, et le bruits de ses pas montrant qu'il portait à ses pieds des chaussures italienne. Il avait une allure svelte et une carrure raisonnable. Il avait soigneusement prit le temps de mettre ses mains dans ses poches et partir la tête haute. Eve allongea sa démarche en direction de ce-dernier tendant légèrement vers l'avant le briquet d'une main. Tandis que son autre main se posa tendrement sur le dos de l'homme, afin de pas trop le brusquer. Elle prit sa voix la plus mélodieuse qu'il soit et s'empressa de leva légèrement le ton afin déclara:

- Excuser-moi, je crains que vous ayez malencontreusement oublié ceci.
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Mar 21 Aoû 2012 - 22:44
Perdu dans mes pensées comme je l'étais, la main que je sentis se poser sur mon dos aurait put me faire sursauter. Cependant la voix qui accompagna ce geste était d'une telle douceur que je n'en fus absolument pas retourner. Je me tournais donc vers la personne, et mes yeux plongèrent bien entendu vers la main qui me tendait quelque chose. Mon Zippo gravé, comment avais-je pus oublier ça. Un briquet qu'un ami à moi m'avait fait le jour de mon mariage et gravé à mon prénom. C'était un bien inestimable, cela faisait 50 ans que j'allumais toutes mes cigarettes grâce à lui et j'allais bêtement l'oublier sur cette table de cafétéria. Je repris donc mon bien et enfin je relevais les yeux vers ma bienfaitrice. Mes yeux se posèrent sur elle, et mon pouvoir agit comme à son habitude, en quelques instants je savais tout d'elle, et ce que je vis n'avais rien de très sympathique.

Elle s'appelait Eve Doulagne, marqué dès sa jeunesse par un événement malheureux, la découverte d'un cancer au cœur. Des médecins ne lui donnant que quelques années à vivre. Une mère anéantie par cette nouvelle et un père qui, en revanche, se mis à se battre de toutes ses forces pour aider sa fille, sauver sa famille. Elle avait fait des études scientifiques pour devenir un brillant médecin chercheur qui mit au point un traitement très efficace contre le cancer. Mais le malheur semblait la suivre, son père si courageux qui meurt dans un accident, et cette fille qui abandonne tout espoir et se laisse aller dans une vie triste et morose auprès de sa mère. Cette horrible tragédie s'achève par la mort d'Eve et de sa mère lors d'une explosion dans leur maison.

Voilà quel était le constat de la vie de cette personne, et malgré tout elle se tenait devant moi, un sourire radieux aux lèvres. Mais ce n'était pas tout, elle était différente de son vivant, son apparence physique n'était plus la même. Ses oreilles avaient changé, ainsi que sa façon de se vêtir. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression de faire face à deux personnes, celle qui était sur Terre et celle sur Deus. Quelque chose ne tournait pas rond du tout, tout ceux que j'avais croisé était physiquement semblable à leur vie sur terre. En y réfléchissant, j'étais le seul jusque là dont l'apparence avait changé, et maintenant il y en avait une autre. Malgré tout, ce doute m'obligea à garder mon calme, je ne fis pas le même spectacle que d'habitude...quelque chose me disait que l'appeler par son nom et son prénom n'était pas une bonne idée. C'est pourquoi, impassible tout ce temps, je lui rendais son sourire sans aucunement cacher ma joie et annonçait.

- Je vous remercie, il est très précieux à mes yeux...c'est bien la première fois que je l'oublie !

Voilà une autre habitude que je transgressais, en général je tutoyais les gens autant que possible et aussi vite que possible. Mais là, encore une fois, je ne pensais pas que c'était une bonne idée. Quoiqu'il en soit, elle m'avait rendu mon briquet et je restais là debout comme un imbécile ne sachant trop que faire. Autour de nous la cafétéria s'était passablement vidée, et je n'allais certainement pas partir comme ça sans rien faire. C'est pourquoi je m'approchais d'une table vide et tirais deux chaises.

- Permettez moi d'insister, mais installer vous et je vous offre un verre pour vous remercier...

Non mais à quoi je jouais là ? Ne pouvais-je rien trouver de mieux qu'une invitation très moyenne dans une cafétéria. Quelques petits mots de remerciement auraient été suffisants mais il fallait que je trouve quelque chose de farfelu à faire. Un doute me saisit à ce moment là, et si c'était une élève ? Sur terre voir un professeur inviter une élève était extrêmement choquant dans pas mal de mentalités, en était-il de même sur la Deus Academia. Quoiqu'il en soit le mal était fait et je ne pouvais vraiment plus reculer. Afin de remettre un peu en ordre cette situation des plus délicates, je pris une expression particulièrement bienveillante et annonçait.

- Et je ne me suis pas présenté...qu'allez vous donc penser de moi ? Pietro Alighieri, professeur d'Histoire de cette académie. Et...vous êtes ?

Bien entendu, je savais qui elle était, mais il y avait toujours ce je ne sais quoi qui m'empêchait de lâcher comme ça son identité. Il y avait un problème dans tout cela, et si elle acceptait de prendre un verre, ou un café, ou ce qu'elle voulait...je me débrouillerais pour comprendre ce qui lui était arrivé.
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Mer 22 Aoû 2012 - 1:20
- Je vous remercie, il est très précieux à mes yeux...c'est bien la première fois que je l'oublie !

Un certain soulagement se répandit de tout son être, encore une belle action de la pars de notre jeune Eve ! Elle esquissa un léger sourire de compassion, elle remit délicatement une mèche derrière l'oreille et s'empressa de relever délicatement la tête. Son regard se perdit dans celle de l'homme. Il avait un charme fou ! Une profondeur bleutée s’émerveilla de ses yeux, un sourire charmeur avec des dents d'un blanc raisonnablement propre. Il avait dégagé sa cravate qui lui fit un col en "V" laissa apparaître le début d'une belle carrure musculaire. Et tout ceci fit enrichi par une légère moustache au niveau de ses lèvres supérieures qui descendirent à une barbichette finement dessinée. En restant sur le domaine de la pilosité, elle distingua au-dessus de son oeil droit son sourcille particulièrement différent de tous les sourcilles qu'elle a pu percevoir au cours de son existence. Bien qu'elle ne sache plus rien de son ancienne vie. Un sourcille maintenant une forme ondulée au bout. Elle n'en avait jamais. Une touche masculine pour le moins originale, son visage portait une courte chevelure, qui déposa, sur son oeil gauche, une mèche dorée et clairement coiffée. Un vrai séducteur ! Les traits de son visage laissèrent supposer à Eve que ce fut un homme entre les deux âges, probablement. Un côté jeune avec ses cheveux blonds et ses yeux d'un bleu envoûtant et une pointe d’ancienneté avec ses petites masses poilus bien déterminées sur son visage.

- Permettez moi d'insister, mais installer vous et je vous offre un verre pour vous remercier...

Ce fut une invitation pour le moins inattendue. Elle ne savait pas quoi répondre. Sur le moment elle resta les yeux écarquillée sur le charmant jeune, de sa bouche pulpeuse légèrement ouverte. Elle précipita son regard en direction d'une horloge de la cafétéria. Il était une moins dix, le temps ne se déroulait pas aussi rapidement aujourd'hui. Se souvenant qu'elle avait un cours dans une demi-heure elle ne put s'empêcher de nouveau de se trouvait un moyen de décliner l'invitation. Mais soudain elle se rappela la réflexion qu'elle avait eue bien avant de traverser le seuil de ce réfectoire. D'engager une certaine sociabilité aux côtés des professeurs de cette académie, cela ne lui ferait pas de mal. De plus la traîtrise de l'horloge lui indique clairement qu'elle a devant elle une bonne demi-heure. Se sentant dès à présent d'accepter l'invitation elle lui répondit avec un de gène :

-Heu..oui...bien sûr. Je...j'ai...disons que j'ai un peu de temps devant moi. Répondit-elle avec un sourire forcé.

Se posant délicatement sur la chaise présentée par le gentleman. Elle s'assit avec une délicatesse montrant involontairement une certaine timidité. Les mains posées sur ses genoux le visage totalement rabaissé elle n'osa plus faire les moindres gestes. Eve et l'agente masculine, cela faisait deux. Elle n'était pas du tout à l'aise aux côtés d'un charmant jeune homme. Facilement influençable, elle pouvait prendre n'importe quelle invitation, venant de la pars de n'importe quels mâles comme le début d'une affinité qui pourrait partir à l’extrême...Elle perçut les hommes comme de véritables prédateurs. Elle n'avait jamais eu une relation amoureuse, se serait pour elle comme s'aventurer dans une terre inconnue. De plus quand il s'agit là, d'un redoutables tombeurs de ces dames, elle se sentit bien plus vulnérables que jamais.


- Et je ne me suis pas présenté...qu'allez vous donc penser de moi ? Pietro Alighieri, professeur d'Histoire de cette académie. Et...vous êtes ?

A cet instant, elle perçut une légère mélancolie s’emparer de son âme. «  Et...vous êtes ? » elle aurait tellement voulu lui répondre avec franchise «  j'aimerais le savoir... ». Le fait que les sujets s'orientent, vers l’identité d’autrui ne ravivait qu'en elle une certaine tristesse. Mais elle ne devait pas se laisser abattre par ses émotions. Elle leva son regard avec ce qui lui reste de dignité et surtout d'identité et lui répondit d'une voix finement tremblante :
-...Eve...Neh'luya....Eve Neh'luya. Je...je suis également un professeur mais plus orientée dans le domaine du soin. finit-elle avec un nouveau sourire aussi forcé que le précédent.




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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Mer 22 Aoû 2012 - 2:12
Heureusement pour moi, elle accepta l'invitation, bien qu'elle parue quelque peu troublée. Franchement, ce n'était pas la meilleure idée du monde. Mais ce qui était fait et fait, et en homme bien élevé et gentleman que j'étais, je devais maintenant aller jusqu'au bout des choses. Le seul souci, ce qui me donna vraiment honte de moi, c'est qu'elle avait l'air un peu timide, ma demande ne devait vraiment pas la mettre dans son assiette. C'était mon travail, mon devoir même en tant qu'homme de la mettre à l'aise. D'autant plus que cette demoiselle en plus d'être particulièrement charmante me semblait être d'une gentillesse débordante. Je m'installais donc, ce fut le moment qu'elle choisit pour me répondre. Elle me dit qu'elle s'appelait Eve Neh'luya et qu'elle était professeur dans le domaine du soin. Deux choses me traversèrent l'esprit, la première c'est que je rencontrais enfin une collègue, plus de crainte d'avoir invité une élève par mégarde. La deuxième, par rapport à son identité, et le nom sous lequel elle se présenta me fit soulever quelques questions.

* Neh'luya...comment est-ce possible...serait-ce un pseudonyme...*

La première conclusion que je fis fut de me dire qu'il n'y avait pas son apparence qui avait changé. Mais peu importait, j'avais rencontré un autre professeur et je préférais orienter la conversation sur ce sujet. Je sentais, je ne savais trop pourquoi, que le terrain concernant son identité était particulièrement glissant. De ce fait, je la gratifiais d'un intense sourire qui exprimait toute ma joie.

- Je suis vraiment enchanté de vous rencontrer...je dois vous avouer que je n'ai pas encore vraiment commencé à travailler, ça ne m'a pas aidé à rencontrer des collègues, comme quoi le hasard fait bien les choses.

Certes, je venais d'avouer très sincèrement que j'étais un peu fainéant sur les bords, mais ma réplique se voulait plus humoristique qu'autre chose. Après tout, au fond de moi, je savais qu'une fois au travail je serais presque incapable de m‘arrêter. Et je venais encore de la vouvoyer, quelle habitude insupportable qu'avais les gens à se vouvoyer sous prétexte de vouloir bien faire. Je haïssais tout bonnement cette coutume bien trop respectueuse. On pouvait très bien aussi apprendre à se respecter même en se tutoyant. De plus, cela aidait généralement à briser la glace dans une conversation et favorisait les rapports sociaux. C'est pourquoi, m'allumant une nouvelle cigarette, je lançais aussitôt.

- Eve, si tu permets que je te tutoie...la fumée ne te dérange pas?

Et voilà, deux points importants marqués ! Si elle répondait positivement à ces deux demandes j'étais presque certain de pouvoir entretenir une très agréable conversation. Mais la table à laquelle nous étions assis restait désespérément vide...il fallait y remédier. Je levais ma main vers un serveur derrière le buffet de la cafétéria qui s'approcha au plus vite de la table. Il n'était pas très grand et assez jeune, il avait le visage ingrat de l'adolescence et les cheveux bruns et bouclés. Un jeune serveur de la cafétéria nommé Paul qui n'avait pas eu la chance comme les autres d'être choisi comme apprenti Dieu. Mais pour avoir parlé avec lui quelques fois, il ne semblait pas s'en plaindre. Arrivé à notre table, il demanda avec sa voix qui ne semblait pas avoir terminé de muer.

- Mr Alighieri, qu'est-ce que je vous sers?

Je rappelais aussitôt ce gamin à l'ordre...il y avait une femme à notre table.

- Mon cher Paul, il y a une dame ici, c'est à elle que tu dois demander en premier si tu veux être bien élevé...qui plus est, tu sais déjà ce que je prend.

Le jeune garçon se tourna donc vers Eve apparemment très désolé de son manque de courtoisie envers elle. Moi même je me tournais vers ma charmante collègue, tout simplement curieux de voir ce qu'elle allait commander. Nous allions parler de l'Académie, des cours et des élèves bien entendu...mais il restait en moi ce mystère par rapport à son identité. Le moment était très malvenu, mais je me promis à ce moment là que j'essaierais d'apprendre un jour ce qui lui était arrivé.

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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Jeu 23 Aoû 2012 - 13:42
- Eve, si tu permets que je te tutoie...la fumée ne te dérange pas?

La charmante jeune femme retomba brutalement dans une gêne stridente. Ses joues virent dans un rouge léger et une bouffée de chaleur l'accabla. Tutoyer...il venait de passer au tutoiement. Bien que cela ne puisse qu'être un simple détail insensé pour la plus pars des gens, elle avait l'impression que ce gentleman dépassait les étapes. Exagérant sa vision des choses elle se contenta de prendre sur soit et de s'expliquer en toute sérénité qu'il ne s'agissait peut-être que d'une simple méthode de conversation, un peu plus familière, chaleureuse. Tout en gardant une certaine pudeur en soit. Par ailleurs Eve et ce charmant enseignent furent sur des lieux construits dans un cadre strictement pédagogique les chances pour la demoiselle de partir dans une relation qu'elle qualifiait « d'extrême... » en était réduites. Du moins c'est ce qu'elle croyait. Sa naïveté la perdra un jour c'est sur. Mademoiselle Neh'luya prit de nouveau sur soi et ne fit qu'un simple hochement de tête afin de montrer à son partenaire que cela ne la dérangeait point.

Soudain un geste de la pars de ce fameux Pietro lui fit un léger sursaut. Levant la main avec une élégance qui fut accompagnée d'une certaine habitude, il fit signe à un jeune serveur de la cafétéria. Sous une bouille d'adolescent en pleine période de puberté en jugée par quelques boutons sur sons visages. Il arriva en direction de Monsieur Alighieri, d'une marche carrée qui fut décelé par une pointe de fainéantise. Le jeune serveur engagea la parole :

- Mr Alighieri, qu'est-ce que je vous sers?

Une voie horriblement irrégulière. Ce pauvre serveur était bel et bien dans une phase de puberté qui ne lui laissait aucunement la chance d'être prit au sérieux aux regards de certains. Bien qu'elle ne le connaisse que très peu. Elle put néanmoins l'admirer avec une certaine curiosité, afin d'étudier les comportement de quelque-uns. Eve ne le savait guère, mais elle était une femme assez observatrice. Parlant peu mais distinguant bien les choses, pendant qu'elle pratiquait un certain voyeurisme sur son gentleman à la cigarette. Eve avait perçu entre de temps le serveur en train d'écrire sur son calepin de notes, la commande de certains élèves, qui ne se sont pas gênées pour le lui montrer qu'à leur table il n'était plu considéré comme un simple serveur mais en une bête de foire a nourrir à la carotte. Elle lui avait fait de la peine. En le voyant, debout entre elle et le fumeur, Eve souhaita au plus profond de son être, qu'un jour le destin en ferra autrement pour ce garçon, qu'un jour, tout les sacrifices qu'il a pu subir lui seront dédommagées par les rudiments de la vie. A sa question elle glissa le regard sur Pietro qui ne manqua à son poste d’enseignant qu'en au fait de lui apprendre certaines règles de politesse :

- Mon cher Paul, il y a une dame ici, c'est à elle que tu dois demander en premier si tu veux être bien élevé...qui plus est, tu sais déjà ce que je prend.

Alors comme cela notre cher serveur se nomma, Paul ? Pour ce qui était de son prénom, il le portait parfaitement bien. Quant à Monsieur Alighieri, il n'était point allé de mainmorte avec ce dernier. Cela en devint très embarrassant. Au début il était clair que dès lors ou ce serveur était arrivé. Une pointe de plaisir s'était émerveillée chez la demoiselle. En effet de voir un serveur répondre à l'appelle d'un simple geste de la main de son partenaire de table...On aurait pu presque croire qu'il s'agissait d'un rendez-vous galant ! D'ou la fois embarra qu'elle avait eu, mais surtout de la une certaine accréditation en compagnie de Pietro lors de son engagement à inviter Eve. Mais elle resta incommodée sur le fait que le beau gentleman reprenne le serveur sur ses paroles, et tout ceci en l'honneur de cette dernière. Ne voulant guère devenir un point aux yeux du serveur elle s’emballa dans ses paroles afin d'essayer d'atténuer quelque peut cette esprit de correction que le professeur Alghieiri avait violemment pris. Orientant son regard en direction du serveur avant tout elle s'expliquant avec le charmant professeur :

- Oh je vous en pris ne vous gêner pas pour moi je ne n'accepterai qu'un petit breuvage... Dit-elle avec sa main posé posée délicatement du côté de son cœur en signe de bonté.

Elle poursuit son discours en ayant pris soin de plonger dans le regard du bellâtre fumeur:

- Je ne suis pas difficile vous savez. Termina-t-elle en s'empressant de nouveau à fuir son regard.



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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Jeu 23 Aoû 2012 - 14:40
S’il y avait bien une chose qui était surprenante, c'était la timidité d'Eve. Remarque, cela pouvait se comprendre, j'arrivais avec mes gros sabots, lui offrant un verre, la tutoyant. Il y avait de quoi se poser des questions, mais dans tête tout était clair. Elle prit donc commande et le petit Paul s'en alla, quel brave garçon...et se retrouva de nouveau seule face à moi. Il était amusant quelque part de voir que son regard se faisait fuyant. Elle cherchait parfois à accrocher le mien, pour ensuite le quitter quelques secondes plus tard. De ma façon de voir les choses elle ne savait absolument pas où se mettre. Alors que moi, j'avais retrouvé mon calme, je fumais en toute tranquillité, la détaillant dans son anatomie, dans sa gestuelle et dans son attitude. C'était une jeune femme remarquablement jolie et qui semblait d'une gentillesse à toutes épreuves. Si elle ne semblait pas aussi nerveuse, elle serait certainement éblouissante...mais là, une telle timidité avait tendance à gâcher le spectacle. Tout ceci était de ma faute j'en étais bien conscient, mais je décidais d'attendre que le jeune Paul vienne nous servir pour engager la conversation, ce qu'il fit assez vite. J'avais droit à mon petit verre de limoncello...une liqueur italienne à base de citron. Le jeune serveur s'en alla sans être payé...bien entendu il n'y avait pas de systèmes monnaies dans l'Académie...à quoi cela nous aurait-il servi ? Quoiqu'il en soit, maintenant parfaitement installé je pus me lancer dans la conversation, mais tout d'abord il fallait remédier à la gêne de ma partenaire.

- Tu sais, tu as le droit de te détendre...ce n'est pas un rendez vous galant, dis-je avec humour, nous ne sommes que deux professeurs qui font connaissance.

Au moins le cadre était posé, je n'avais pas la moindre intention, aucune, de séduire ma toute jeune collègue. D'une part parce que cela ne se faisait pas, d'autre part et certainement la plus importante...Isabelle était toujours là. Même si ma femme était maintenant morte et que beaucoup m'aurait dit de profiter de ma seconde jeunesse pour retrouver l'amour, je ne le souhaitais pas. Ma vie avait été pleine, bien remplie, et même si j'avais la chance d'en vivre une deuxième, je n'oublierais jamais tout ce que j'avais eu la chance de vivre de mon vivant. C'est pour ces raisons que j'orientais la conversation sur un chemin complètement différent. Au fond de moi je n'oubliais pas qu'il fallait que je perce les mystères quand à son identité.

- Tu es arrivée ici depuis quand ?

Je pris une gorgée de ma liqueur qui me brula doucement la langue et la gorge. Et bien entendu, je m'allumais une nouvelle cigarette. Puis je continuais sans laisser le temps à ma nouvelle amie de répondre. Non pas que je voulais la couper, mais je voulais être le plus précis le plus vite possible afin qu'elle se sente plus à l'aise en ma compagnie.

- Pour ma part, cela fait...un petit mois environ et je crois bien être le seul prof ici à ne pas avoir commencé à donner ses cours !

Encore une fois je mis une touche d'humour dans ma phrase. Je n'étais vraiment pas sérieux comme professeur pour le coup et je me devais bien de l'avouer, en particulier face à un collègue. Mais bon, la préparation de mes cours touchait à sa fin et j'allais enfin pouvoir m'y mettre de façon intensive. Je la regardais une nouvelle fois, laissant mon regard divaguer quelque peu, contrairement à elle je n'avais pas de mal à la regarder. C'était assez attendrissant de voir une telle timidité chez une femme adulte. Je me serais cru face à une fille bien plus jeune...et après tout je me trouvais face à quelqu'un de bien plus jeune. C'est qu'en réalité...j'étais vieux.

- Mais si tu as des questions sur les lieux, le fonctionnement de telles ou telles choses, n'hésites pas à me poser des questions...entre collègue il faut s'entraider pas vrai ?



Dernière édition par Pietro Alighieri le Ven 24 Aoû 2012 - 3:32, édité 2 fois
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Ven 24 Aoû 2012 - 2:35
] - Tu sais, tu as le droit de te détendre...ce n'est pas un rendez vous galant, dis-je avec humour, nous ne sommes que deux professeurs qui font connaissance.

Soudain Eve écarquilla les yeux. C'est pas vrai, aurait-il pu réussir à percevoir ce que la jeune enseignante ou est-ce tout bonnement une simple coïncidence ? Repartit pour son partenaire de table. Elle ne put retenir cette énorme bouffée de chaleur qui s'imprégna d'elle. Bien qu'elle se sente de nouveau dans l'embarras, elle réussit tout de même cette fois-ci à scruter davantage le visage de Pietro. Rien n'avait changé. Il avait toujours cette élégante barbichette encerclant sa fine bouche qui contenait un sourire ravageur, sa longue mèche qui s’étala sur son œil gauche. Et son cou bien dégageait qui descendit vers une ouverture de son veston...Là se fut trop pour la jeune, elle s'échappa de nouveau de cette emprise charnelle en percent du regard une autre table sur sa gauche.

- Tu es arrivée ici depuis quand ?

Cette question eut un impacte considérable sur Eve. Oui elle s'en souvenait, mais que trop bien justement. Elle se revoyait, là seul, perdu dans se brouillard épée, sans aucune source d'information sur elle, sur ce qu'elle était, sur ce qu'elle avait fait, rien, absurdement rien ! Les yeux furent à demi fermés, les sourcille légèrement plissées, se troue béant tant dans sa poitrine. Une douleur qui avait été récemment fermée. Mais à cet instant elle essaya tant bien que mal de verouiller cette blessure psychologique en plaquant sa main contre elle avec une pression qui fut telle qu'elle en trembla légèrement. elle essaya de fuir ce mal aise et de trouver désespérément une réponse simple et précise tout en évitant de prendre la démarche du mensonge. Mais le Pietro le gentleman ne lui laissa point le temps de répondre à cette question. Sous l'aspect comique de sa personne, il enrichit sa question d'un ton prit d'amusement:

- Pour ma part, cela fait...un petit mois environ et je crois bien être le seul prof ici à ne pas avoir commencé à donner ses cours !

Pietro Alghieri, ce charmant professeur dont Eve avait découvert une présence charnelle, vient de lui faire pars d'une petite anecdote pour le moins douteuse. Cet enseignant gentleman n'a, en aucun cas pratiquer une activité pédagogique, et ce, depuis qu'il ait été engagé dans cette Académie. Eve Neh'luya commencerait-elle à tomber bien bas ? De fréquente un instituteur dont la fiche professionnelle n'a même pas pu être entamée ? Il faut dire que cela rendait une image une plus négative de sa personne, le rendant tout de suite un peu moins idyllique. Mais à vrai dire cela ne changea guère au fait qu'Eve apprécier en toute honnêteté sa compagnie. Par ailleurs, la jeune enseignante devait s'avouer à son tour qu'elle venait à peine également de rentrer dans ce domaine qui est celle de la profession. Le simple fait de se rappeler de son premier cours qui à débuté tard dans la matinée, ne pouvait que lui permettre de relativiser les choses à l'égard de Monsieur Alghieri. Elle prit un certain recule sur sa réflexion et tâche de trouver certaines probabilités, quant au faite qu'il n'a guère attaqué ses séances. Il se peut qu'il s'agisse tout simplement d'une question d'emplois du temps. Et que les préparatifs de cet établissement l'obligent à ce qu'il ne commence qu'au mois prochain. Eve pense même qu'il doit sûrement lui aussi avoir un temps d'adaptation à ce nouvel environnement qui est « L'Académia ». Elle ne pourra qu’exprimer, envers cet homme qu'une compassion pour le moins fidèle. Car Dieu seul sait, qu'a l'heure ou nos deux futurs professeurs accomplis sont entrain de parler, Eve n'a toujours pas réussi à s'en remettre de sa propre mort. Elle engagea finalement la parole après quelques secondes de silence. Tentant de trouver les bons mots afin de lui expliquer en toute délicatesse le pourquoi de son mal-être elle prit à son départ, et ce, sans même le vouloir une tonalité de la voie qui laissa apparaître dans son intention un état de Dieu bien défini :

- Je dois être franche avec vous Monsieur Alghieri, je ne suis ici que depuis quelque temps. Quelques heures pour être plus exacte. Mon arrivé en ces lieux ma terriblement bouleversée d'un point de vue...morale. Cela peut vous paraître étrange ce que je vais vous dire là, mais. Au fond de moi expliqua-t-elle en ayant pris la peine de tapoter légèrement sur sa poitrine. J'ai l'impression d'avoir perdu mon identité propre...

Mince ! De nouveau, le fléau des larmes s’abat sur son visage innocent voulant absolument reprendre le contrôle de soi elle essaya tant bien que mal à fuir cette tristesse en s’arrachant ses perles de mélancolie déferlant sur ses joues roses. Les yeux humidifiaient, et les mains proches du visage elle fuit de nouveau du regard en le glissant vers ses genoux :

- Je vous prie de bien vouloir m'excuser...


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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Ven 24 Aoû 2012 - 3:26
Tout se passait plutôt bien jusque là, j'eux même l'impression qu'elle était plus à l'aise. Cependant, ce fut à son tour de prendre la parole, et rien qu'à entendre sa voix, je savais que quelque chose n'allait pas. Je serrais mon petit verre de limoncello dans ma main plus nerveusement, en espérant n'avoir rien déclenché de troublant dans l'esprit de la jeune femme. Elle m'expliqua qu'elle n'était arrivée que très récemment, ces quelques heures qu'elle mentionnait, cela faisait peut-être moins d'une journée complète. Elle en était encore à la phase critique où elle avait appris qu'elle était morte et commençait tout juste à découvrir cette nouvelle vie. Elle me parla ensuite d'un véritable bouleversement et Dieu que je la comprenais. Même moi, en général très débrouillard et capable de m'acclimater à beaucoup de situations je fus complètement perdu à mon arrivée sur l'Academia. Mais le pire restait encore à venir, sa voix se changea de nouveau pour prendre une tonalité qui me fit tout de suite sentir très mal pour elle. De sa voix tremblant elle m'annonça qu'elle avait l'impression d'avoir perdu sa propre identité. Et les larmes vinrent couler sur son visage.

Elle baissa le visage vers ses genoux et le cacha de ses mains...mais le mal avait été fait. Je l'avais vu se mettre à pleurer, preuve que sa mort était une véritable blessure. Elle me demanda de bien vouloir l'excuser...comment pouvait-elle me demander ça ? C'était moi qui l'avais mise dans l'embarras, moi qui avais provoqué ces larmes par une question maladroite. Quelques instants plus tôt je faisais de l'humour, et voilà que je me sentais extrêmement mal. Je fouillais en hâte les poches de ma veste pour en retirer un paquet de mouchoir en papier que je lui tendis aussitôt.

- Eve, c'est à moi de m'excuser, je ne pensais pas que votre situation vous faisait autant souffrir...

Ne sachant trop que faire de plus, je restais légèrement penché sur la table, ayant déposé les mouchoirs juste à coté de son verre. Et pendant ce temps à la fois silencieux et inconfortable je me mis à penser. Elle avait dit qu'elle avait eu l'impression de perdre son identité, parlait-elle de son physique, elle était ressemblante à ce qu'elle avait été sur terre mais certaines choses avaient changé. Non, le physique n'aurait pu la troubler à ce point là, au pire elle aurait surtout été surprise. Non, c'était quelque chose de plus profond, quelque chose de suffisamment important pour que même son propre nom ait changé. La question c'était, qu'entendait-elle par identité ? Cela pouvait vouloir dire des milliers de choses. Je pensais à la vie, aux souvenirs, aux principes...si l'on perdait ces choses par exemple, on pouvait se sentir comme sans identité. Mais la vie, même si elle l'avait perdue, elle vivait encore en elle, dans ses souvenirs. Soudain je réalisais...

* Serait-ce donc ça...elle aurait perdue les souvenirs de sa vie antérieure...sa mémoire...*

Je m'enfonçais assez lourdement sur ma chaise, ne laissant cependant rien paraître de l'horreur que je ressentais à cette pensée. Si j'avais visé juste, imaginer un tel scénario était certainement la pire chose qu'il puisse arriver. Débarquer ici dans un univers inconnu sans le moindre souvenir d'avant...mais avec la sensation d'avoir vécu quelque chose. J'imaginais que depuis son arrivée elle avait dut faire tout les efforts du monde pour se remémorer son passé sans jamais y arriver. Une telle hypothèse expliquait son trouble, expliquait qu'elle soit malheureuse...expliquait qu'elle se sente sans identité.

Légèrement fiévreux, j'attrapais mon verre et le vidais d'un trait. Et ce n'est que là que je me rendis compte de ma propre situation. Je ne pus m'empêcher de me sentir affreusement gêné face à elle. Voilà que j'étais troublé à mon tour car cette dénommée Eve ne savait plus rien de sa vie. Moi, en revanche, je savais tout de sa vie comme si je l'avais moi même vécu, grâce à mon pouvoir. Je me trouvais dans un cruel dilemme, je brûlais d'envie de tout lui dire, afin qu'elle sache qu'elle avait un vécu derrière elle et une véritable identité. Mais en même temps, était-ce à moi de tout lui dévoiler ou devait-elle faire ce chemin par elle-même. Qui plus est, je trouvais trop malheureux certains évènements dans sa vie pour me décider à les lui dévoiler. Pourtant...je ne me sentais pas de la laisser seule pour surmonter ce genre d'épreuve. Je me penchais sur la table et pris ses mains dans les miennes. Mon visage était grave, à la fois attristé et compréhensif. D'un ton plus que sincère je lui annonçais.

- Eve, n'oublies jamais que tu n'es pas seule...beaucoup de personnes peuvent te venir en aide ici. A commencer par moi, je te le promets !

Je venais de lui faire une promesse, et sur le nom de la famille Alighieri, je jurais à cet instant que je tiendrais cette promesse quoi qu'il m'en coute.

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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Sam 25 Aoû 2012 - 1:41
- Eve, c'est à moi de m'excuser, je ne pensais pas que votre situation vous faisait autant souffrir...

Eve fit un hochement de tête. Ce charmant gentleman ne pouvait en aucun le savoir. Il avait pris la peine de l'invité afin de sympathiser tout simplement. Et cette camaraderie, Eve l'avait d'autant plus savourée. Elle insista sur le fait que tout ceci ne venait pas de Monsieur Alghieri. Mais seulement de Mademoiselle Neh'luya, qui se devait de garder la tête froide. Elle essaya de reprendre du poil de la bête, de revoir les choses sous un nouvel angle. Elle se remit les paroles de l’enseignant en tête tout en faisant abstraction de sa situation, l'humour délica de Pietro aurait pu la mettre davantage à l'aise. Elle s'en serait mise à s'esclaffer, et aurait entamé une relation beaucoup plus sereine. Gardant cette pensée bien en tête, elle prit initiative de prendre le paquet de mouchoirs que cet humble enseigne avait soigneusement posé sur la table, à côté du verre de la jeune femme. Elle essuya ses quelques larmes qui étaient restées sur ses petites joues. Et esquissa un léger sourire pour apaiser ce moment de tension. Car bien qu'Eve fut dans l'embarras, elle imaginait bien l'état de ce pauvre instituteur. Elle le voyait bien, elle n'était pas naïve. Quelques expressions de son visage montraient une certaine incommodante sur l’atmosphère qui en résultait. D'un vif mouvement du regard elle avait perçu une contraction venant de sa main droite. Il avait pris furieusement son verre et l'avait bu sans avoir pris un moment pour le savourer. D'un coup sec ! Cela montrait qu'il avait réussi à semer une mauvaise conscience dans son esprit. Et rien que pour cela, Eve s'en voulait. D'avoir au final rendu Monsieur Alghieri dans une position très embarrassante. Mais au moins, ils étaient deux c'était déjà ça. A cet instant elle s'apprêtait à poser ses mains sur ses genoux, et par la suite tenter de trouver un sujet différent de celui qu'ils risqueraient d'aborder. Voulant à tout prix passer à autre chose pour éviter davantage d’embarras pour eux deux, elle allait engager un discours quand elle sentit les mains de Pietro se poser sur les siennes.

Ce fut un moment pour le moins intense. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire le, Eve eut le souffle coupé. Ses yeux plongèrent involontairement dans le regard du charmant professeur. Elle sentait qu'elle n'avait plus la capacité de fuir. Elle remarqua, par la suite une forte compassion de la par de Monsieur Alghieri aux contactes de ses doigts sur les siens. Elle en fut presque touchée. Elle put sentir le souffle régulier de son collègue, devenu « ami » et quant il ouvrit la bouche pour prendre la parole, elle le dévisagea d'un regard écarquillait, prête à entendre ce qu'il avait à lui dire :

- Eve, n'oublies jamais que tu n'es pas seule...beaucoup de personnes peuvent te venir en aide ici. A commencer par moi, je te le promets !

Des paroles pour le moins attendrissantes, c'était le terme exacte. Il avait peut-être négligé son rôle de professeur sur le fait de n'avoir donné aucun cours, mais son esprit d'instituteur répondait bien présent ! On sentait de la pars de ce professeur une envie d'aider son prochain. Un sincère désire de s'engager à clarifier les esprits de certain. En l’occurrence Pietro Alghieri fit la promesse de soutenir Eve Neh'luya dans sa quête intérieure. Elle s'était promis un bref instant de ne plus pleurer. Mais la sagesse de cet homme l'avait profondément bouleversé. Depuis son arrivée personne ne l'avait vraiment aideé à élucider le voile de mystère qui se dressa sur son passé. Jusqu'à ce jour on l'avait laissé perplexe, implicitement on lui avait fait comprendre qu'elle avait tourné la page, rien de plus. Mais pour Eve cela ne suffisait pas, ce fameux trou béant dans sa poitrine, il fallait qu'elle le comble, et au plus vite ! C'était vital pour elle, humainement parlant elle ne pouvait plus tenir. Elle n'a jamais tenu d'ailleurs. Elle s'était contenté de garder une image d'une simple enseignante, cela avait fonctionner pour ses élèves de première année, ils n'y avaient vu que du feu ! Mais plus le temps passe et plus passé risquerait d'oublier définitivement son ancienne vie. Car au fond elle, Eve a pu garder une intuition. Cette même intuition lui disait qu'il restait un espoir pour qu'elle récupère ce que le destin lui a arraché.

Comme ce gentleman enseignant s'engagea à la soutenir, et lui le premier. La ravissante Eve ne perdit guère son temps à détruire le « mur pédagogique » qui séparait ces deux êtres. Franchissant alors le stade de se confier personnellement, elle abandonna son costume de la gentille petite maîtresse quelques instants et révéla la Mademoiselle Neh'luya au bord du gouffre. Elle prit de nouveau quelques minutes pour se remettre de ses émotions, et choisit minutieusement ses mots afin qu'elle se fasse bien comprendre par Pietro. Ses mains n'avaient guère quitté celles ce charmant professeur, même elle apprécier se contacte chaleureux cela lui permit de se confier davantage :

- Je préfère vous le dire tout de suite. Et pardonnais moi encore pour mon attitude envers...mais je ne tiens plus, il faut absolument que j'en parle à quelqu'un. Ce vide qui insinue en moi. J'ai l'impression de disparaître à petit feu, cela va me rendre folle....Je, je ne sais pas qui je suis...j'ai, j'ai l'impression...d'avoir perdu des éléments précieux en moi....comme...perdre la mémoire, mais en cent fois plus pire ! J'ai cette sensation de n'avoir pas eu la chance d'exister et pourtant....je suis là !


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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Lun 27 Aoû 2012 - 0:20
Elle se détendit, ses larmes cessèrent de couler. Elle sembla rassembler le courage nécessaire et se confia enfin à moi. Elle se sentait comme une enveloppe vide, sans mémoire, sans vie. Elle avait l'impression de ne jamais avoir vécu, et pourtant, comme elle le disait si bien, elle se tenait pourtant là, une existence vide de tout sens entre les mains. Moi, je l'écoutais, d'un bout à l'autre, sans sourciller, me retenant de tout lui dévoiler sur l'instant, son passé, sa vie et les évènements qui la ponctuèrent. Je ne pouvais tout simplement pas me le permettre. Lui apporter mon aide, oui bien sûr, mais elle devait faire le chemin par elle même. Qui plus est, dans l'état dans lequel elle se trouvait actuellement, lui raconter certains évènements tragiques de sa vie antérieure aurait eu des résultats bien plus malheureux. Mieux valait se taire, et écouter.

Une existence vide de sens donc, quelle horreur cela devait être. Même si je saisissais toute l'ampleur de son chagrin je savais que je ne serais jamais en mesure d'imaginer le vide incommensurable qui s'était creusé en elle. Et pourtant, elle ne pouvait pas rester dans cet état. Plus encore, je ne pouvais pas la laisser dans cet état. Vivre comme ça était tout bonnement impossible, et pour rien au monde je ne désirais voir Eve mettre fin à ses jours. Il fallait trouver les bons mots, il fallait lui faire comprendre que rien n'était encore perdu. Mes mains toujours serrées sur les siennes, j'énonçais alors.

- Jamais rien, ni personne ne pourra pleinement comprendre ton chagrin, le vide en toi...je suis désolé de te dire que c'est un fardeau que tu devras porter seule.

Mon ton était assez grave, et n'avait rien de rassurant...mais je me devais aussi de la mettre pied au mur, qu'elle comprenne sa situation, ce à quoi elle avait à faire. Cependant il y avait de l'espoir, et c'est ce que j'allais maintenant m'évertuer à lui dire. Je lâchais ses mains et me levais brusquement, faisant de grands gestes d'une façon théâtrale.

- Mais comme tu l'as si bien dit, tu es là désormais, aussi vivante que je le suis et tu dois faire avec...plus que ça, tu dois réapprendre à vivre !

Je tournais autour de la table, toujours aussi théâtral. A dire vrai, être aussi démonstratif ne me ressemblait pas. Mais là, le sujet tétait bien trop délicat, et m'avait vraiment pris au cœur, alors je ne pouvais que me laisser emporter.

- Tu as retrouvé la vie pour une bonne raison, peut-être une raison que tu ignores encore...mais là est maintenant tout l'intérêt pour toi. Peu importe le vide, peu importe l'impression de ne pas avoir existé, je suis certain qu'il y a quelque chose derrière toi, et peut-être...

Je réfléchissais quelques instants à tout ce qu'elle m'avait dit quelques secondes auparavant. Je remaniais les mots qu'elle avait elle même utilisé afin d'être le plus percutant possible dans son esprit.

- Peut-être que ce sens à ta vie, cette chose essentielle qui te manque...c'est justement d'arriver à créer de nouvelles choses ici tout en cherchant les éléments de ton passé. Je suis là pour t'y aider, et je ne serais certainement pas le dernier...

Je me rasseyais alors, soudainement fatigué de mon monologue et de toute ma gestuelle. Je posais les coudes sur table et joignais mes mains d'un air pensif devant mon visage. Je plongeais mon regard dans le sien, plus sérieux que jamais. Plus question de faire de l'humour...

- Eve, personne n'est fait pour vivre dans l'ignorance...c'est pourquoi, je suis certain que tu trouveras les réponses à toutes tes questions. Et...quoi qu'il arrive, je serais là pour t'aider, t'encourager...

Je me taisais soudainement, j'étais à court de mots, de démonstrations ou d'arguments. C'était elle qui avait la réponse après, à elle de faire le chemin. A dire vrai, dans l'histoire je me sentais parfaitement inutile, rabâchant tout le temps le même genre de concept pour lui démontrer qu'il y avait de l'espoir. Mais elle, dans son état, pouvait elle encore avoir de l'espoir. De tout mon cœur, je voulais qu'elle n'oublie pas cette notion. Le visage toujours aussi grave, un silence s'installa autour de nous. J'attendais péniblement qu'elle réagisse à ma grande envolée lyrique...mais oh combien pathétique.

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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Sam 6 Oct 2012 - 15:43

- Jamais rien, ni personne ne pourra pleinement comprendre ton chagrin, le vide en toi...je suis désolé de te dire que c'est un fardeau que tu devras porter seule.


Cette franchise de la part de Pietro faisait retomber Eve dans une mélancolie incommensurable. Son regard pour le moins fragile et innocent succomba alors à une nouvelle vague de larmes. Elle essaye tant bien que mal de contenir son effroyable peine. C'était insupportable de rester là, assise sur cette chaise, dans cette cafétéria, dans cette Académie comme une simple institutrice. Le fait seulement de jouer un rôle qui n'était pas le sien tout en voilant la partie profonde et vide de son être la martyriser tellement...

Elle baisse son regard et se recroquevilla sur elle-même. Sur le point d'abandonner toute hypothèse de son existence , elle resta au point mort, celui ou Eve reste dans un monde illusoire, ce monde qui fait obstacle de séparation entre la vie et la mort, et s'en détenir la moindre échappatoire. Ses mains glissèrent sur la table en direction de ses jambes, elle prit alors une position dépravée, la tête pointée vers le bas les épaules alourdies par la chagrin et les doigts serrés les uns contre les autres posés sévèrement sur ses jambes, des larmes chutèrent le long de sa corner pour s'y écraser de plein fouet sur ses mains moites. Le visage bercé par des maux de tête. Fatiguée même exténuée par son introspection éphémère. Resté sur cette image d'un homme à la blouse blanche qui ne servait à rien ! Que pouvait bien signifier cette image pour le moins scientifique ?!

Encore dans l'une des ses nombreuses réflexions. Eve perdit très rapidement la présence de Pietro qui ne manqua guère de se faire remarquer par une gestuelle pour le moins.... »actif ». En effet le gentleman avait pris une démarche à la ronde, avec une allure allongée et une posture cambrée, le visage pointé vers la ciel et ses mains vadrouillant en l'air de manière expressive, tout en tenant un discours d'un ton empathique.

- Mais comme tu l'as si bien dit, tu es là désormais, aussi vivante que je le suis et tu dois faire avec...plus que ça, tu dois réapprendre à vivre !

Ce changement de comportement avait aussitôt fait de faire relever la tête de la jeune femme. Contenant toujours cette tristesse démesurée elle ne put s'en empêcher du moins de tenir un regard perplexe sur ce changement de comportement radical. Qui plus est, notre cher poète continua sur sa lancée :

- Tu as retrouvé la vie pour une bonne raison, peut-être une raison que tu ignores encore...mais là est maintenant tout l'intérêt pour toi. Peu importe le vide, peu importe l'impression de ne pas avoir existé, je suis certain qu'il y a quelque chose derrière toi, et peut-être...

Le charmant Pietro  Alighieri essaya d'atténuer la douleur tout comblant « le vide » par ses belles paroles. Du moins la jeune femme le perçut de cette manière. Cependant elle maintenait se regarde intriguée, mais n'a pu s’empêcher de retrouver dans l'allure de ce jeune instituteur un côté charnel qu'elle avait perçu dès lors ou elle avait posé son premier regarde sur cette personne. Elle ne put s’empêcher de laisser sur ses lèvres pulpeuses un léger sourire de compassion pour la petite scène du professeur.



- Peut-être que ce sens à ta vie, cette chose essentielle qui te manque...c'est justement d'arriver à créer de nouvelles choses ici tout en cherchant les éléments de ton passé. Je suis là pour t'y aider, et je ne serais certainement pas le dernier...

Eve resta pendant une infraction de seconde figée. Elle n'avait pas vue les choses sous cet angle. D'arriver à construire un future incertain pour combler un passé inconnu. Cela devenait absurde. Comment pouvait-elle construire un futur promis, sans avoir la perspective d'avenir ? Ne point connaître son passé venait à ne point détenir son identité. Eve n'arrive justement pas à trouver l'ambition de se forger une nouvelle vie sans avoir eu la connaissance d'une ancienne. Mais ce qui l'avait le plus interloquée c'était l'engagement que cet homme avait pris. De soutenir au mieux la jeune femme, de l'épauler, l'écouter sans rechigner, il le disait lui-même, il était là pour l'aider. Les rencontres ne se font pas au hasard et Eve pensait que si le destin l'avait amener à se retrouver assise au côté de ce gentleman autour d'un verre, c'est qu'il y a forcément un signe qui ne trompe pas...

- Eve, personne n'est fait pour vivre dans l'ignorance...c'est pourquoi, je suis certain que tu trouveras les réponses à toutes tes questions. Et...quoi qu'il arrive, je serais là pour t'aider, t'encourager...

Le comédien aux paroles élancées qui fut là il y a quelques instants avait laissé place au gentleman assidu qui avait prit le temps de se remettre en condition assise pour parler plus sérieusement. Eve le regarde elle plongea son regard devenu transcendantal dans celui de l'homme qui fut grave et pensif. Elle rétorqua à l'instituteur de sa voix devenu suave :

- Si personne n'est fait pour vivre dans l'ignorance, pourquoi le suis-je en ce moment même ? demanda-t-elle ayant de nouveau un reflet de larmes sur ses yeux.


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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Sam 3 Nov 2012 - 0:30
La question qu'elle posa était comme un piège, un cul de sac pour tout les deux. Moi, je ne savais plus quoi lui répondre, une faiblesse certes, mais je m'en remettrais. Elle par contre, cela sonnait comme une sentence redoutable, le pire des châtiments. Les larmes recommençaient à perler tout doucement au creux de ses yeux, et je ne savais plus du tout comment réagir. Il fallait que je m'admette vaincu, sa tristesse ne pouvait être oubliée par des mots. Et pourtant, je n'avais pas dit mon dernier mot. Si le discours était inutile, alors je devais laisser le temps faire son affaire. Plus que ça, je devais l'accompagner à travers le temps. N'étais-je pas le Dieu du Temps après tout ! Dieu que cette appellation sonnait encore tellement fausse à mes oreilles, au fond, j'étais toujours le professeur d'histoire.

Je me levais doucement, fit le tour de la table et vint à coté d'elle. Je lui tendais une main amicale pour l'inviter à se mettre debout. Puis je lui tendis l'autre, tenant un petit mouchoir. J'étais un gentleman jusqu'au bout des ongles, une attitude un peu vieux jeu, je n'étais pas vraiment de cette époque. Ce faisant, je lui annonçais.

- Il n'est pas question que tu restes ici à te lamenter une seconde de plus !

Mon ton était quelque peu sévère, mais il fallait bien sortir le grand jeu. La conversation aurait put tourner des heures à propos de psychologie, de drame, de tristesse et jamais nous n'aurions trouvé de solutions. Le temps n'était plus à la réflexion, mais à l'action.

- Commence d'abord par sécher tes larmes, ou tout le monde va te dévisager. Ensuite tu vas prendre ma main, et nous allons retourner tout les deux vers le bâtiment de classe.

Je lui adressais alors un sourire bienveillant, essayant de lui transmettre toute ma sympathie. Il n'était jamais simple de transmettre des émotions par le regard. Mais à ce moment là, quelque chose en moi me disait que je devais avoir l'air très sérieux. Je voulais l'encourager, lui montrer que j'étais là pour la soutenir.

- Une nouvelle vie t'attend, avec de nouvelles responsabilités, de nouvelles perspectives. Dis toi simplement que c'est comme si tu avais tourné la page d'un livre et que tu n'as pas été très attentive en lisant la page précédente...je pense que plus tard, rien ne t'empêcheras de revenir un peu en arrière dans ce livre.
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Dim 9 Déc 2012 - 13:08
Les yeux écarquillaient, le souffle coupé la jeune femme vint à cesser de pleurer. Les paroles et la présence de ce jeune professeur venaient de lui enlever un poids lourd sur le cœur. Voilà ce qu'il lui manquait, une épaule pour pleurer, des yeux pour la surveiller, une personne sur qui compter. Le fait qu'une âme gardienne la prenne en charge aller faire toute la différence, Ève le sentit, au plus profond de son être vint à s'animer, la lumière d'espoir qu'il lui fallait pour surmonter cette dure épreuve. 
De savoir qu'une personne peut prêter attention à son égard devint la preuve concrète de son existence. Dès lors le professeur lui tendit la main cette dernière vint à se lever de sa chaise. La conscience tranquille, elle se laissa porter par l'intention de ce gentleman qui avait su gagner sa confiance et toute son attention. Elle plaça beaucoup d'espoir en lui. Ayant perdu toute résolution à faire quoique se soit elle n'eut guère l'impression d'avoir le choix et de suivre ce que lui dicte son cœur. 
Pietro lui avait conseiller de retourner aux salles pédagogiques afin, pour pouvoir peut-être revenir à un état d'esprit plus soutenu. Ève aurait accepté n'importe quelle proposition de la part de cet homme, sa présence dégager une telle beauté et une telle sagesse et d'ouverture d'esprit qu'elle ne put cesser les battent de son cœur partir à la chamade. Le fameux coup de foudre ? Ou seulement une simple attirance physique, elle n'aurait pas sur le décrire. La jeune femme vint à marcher au côté du professeur en direction de la sortit, les doigts renfermés dans celle de Pietro, elle n'aurait voulu pour rien au monde lâcher prise. Telle une pierre précieuse a caché dans le gouffre de sa main. Le visage baisser et le regard perdu dans le vide, elle se concentra sur la démarche de Pietro. Glissant son regard un peu plus sur le côté elle se concentra involontairement sur les pieds du jeune professeur. Suivant comment il marche, Ève reprit la sienne afin d'être à la même allure que Pietro. Cela lui permit de se rassurer, d'essayer de faire abstraction du passé et d'aller de l'avant en prenant l'initiative de refaire le plein d'encre à plume pour marquer une nouvelle page de l'histoire. 

Mais Ève resta dans la perplexité la plus totale. Ne réalisant guère qu'elle avait rejoint l’au-delà, instinctivement elle considérée tout cela comme un rêve interminable, pourtant elle était bien ici, sous une nouvelle apparence, plus spirituelle. Elle ne remarqua dans sa marche qu'elle n'a plus revue dans un miroir depuis son arrivée. Mais qu'elle arrive . Ève n'avait pas la sensation d'être parti nulle part, ces voix dans sa tête, provenaient seulement de son imagination et rien d'autre. Mais elles avaient marqué l'esprit de la ravissante. De plus, psychologiquement elle avait perdu totalement la raison, prise dans une confusion qui lui fit perdre la distinction entre le vrai du faux, la charmante jeune femme se sentait pris au piège dans ce monde paradoxal. Elle pria les dieux de lui offrir des réponses qui dissiperont le brouillard de sa mélancolie et de lui ouvrir un passage à travers les territoires de l'oubli.

Ils marchèrent sur la ruelle qui relier la cafétéria à un jardin botanique. Les parfums des fleurs se faisaient sentir, ils empruntèrent le chemin du parc, l'atmosphère fut chaleureuse et paisible, au cœur de cette verdure se mélangeaient couleurs et formes, le chant des oiseaux rendait les choses plus harmonieuses et une source d'eau en guise de fontaine vint à rendre la jeune Ève nostalgique. Ayant les sentiments à fleur de peau, elle arrivait tout de même à prendre le temps à la réflexion et à se poser quelques instants. Le regard fuyant, se cachant parmi les feuillages des arbres, elle voulut cacher au mieux son visage du regard intimidant du professeur Alighieri. Elle tourna la tête de telles manières à ce que ses cheveux deviennent le mur qui séparait leur regard profond, la malheureuse eut toujours en elle ce vide indescriptible qui la rendait pour le moins mélancolique, ne sachant guère quoi dire, elle remettrait même en cause sa capacité parler, sa capacité à réfléchir et même d'agir. Elle n'était qu'une marionnette que l'on dirigeait grâce aux ficelles qu'elle détenait, sans état d'âme, elle se sentait à la fois libre et maussade. Ses ressentis varièrent au fil de leur démarche, une fleur rose pourrait l'enjoliver comme ruisseau de l'eau pourrait l’attrister dans un flot de l'arme. Un silence de cathédrale se fit, et par une curiosité qui lui était inconnue, elle tourna légèrement la tête en direction de Pietro, doucement mais sûrement elle pivota avec précaution son cou comme-si le moindre mouvement pourrait déclencher un cataclysme. Encore quelques centimètres et Ève allaient percevoir du coin de l'oeil l'apparence virile et séduisante du professeur...
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Re: Je vous avance le repas ? [PV Eve] - Sam 15 Déc 2012 - 14:32
Elle prit ma main, simple première et petite étape pour aller de l'avant. Sans nous regarder nous quittâmes la cafétéria, marchant l'un à coté de l'autre. Je tenais dans ma main la marche de cette personne, me sentant pour une raison obscure responsable de ce qu'elle allait advenir. Je ne pouvais m'empêcher d'être touché par Eve, par son vécu, par sa profonde détresse, par sa mélancolie. Moi qui était le maître de la mémoire, le dieu du temps, je ne me rendais pas compte à quel point l'absence de passé pouvait être un fardeau si terrible à porter. Nous avancions elle et moi, silencieusement, à travers l'Académie. Ce n'était qu'un simple chemin à suivre, un chemin banal comme je pouvais le faire plusieurs fois par jour pour aller des bâtiments de cours à la cafétéria, mais à cet instant, ce chemin avait une signification toute particulière. Eve devait faire ce chemin, un passage très important. Elle était au bord de la rupture quelques instants plus tôt et cette petite distance que nous parcourions ensemble allait marquer le véritable passage entre sa vie d’en-temps et celle d'aujourd'hui. Moi, quel était mon rôle dans cette étrange tragédie ? J'étais là pour la soutenir, un protecteur, un confident, un gardien. Je ne devais en aucun cas lui lâcher la main tant que le chemin n'aurait pas été accompli.

Nos pas nous firent traverser un petit jardin botanique, un lieu que je voyais souvent sans y prêter une réelle attention. Et pourtant, la situation fit que je m'intéressais à chaque détail. La moindre petite herbe semblait être à sa place, la moindre fleur semblait s'épanouir. Tout concordait, comme si un jardinier avait passé de longues heures à agencer ce jardin de sorte que tout y soit parfait. Un doux parfum régnait dans les environs, quelque chose à la fois d'enivrant et d'apaisant. Je n'osais me tourner vers elle, de peur d'y voir encore une profonde tristesse. Qui plus est, j'étais le meneur, c'était moi qui l'avais entraîné à se lever et à marcher. Mon regard devait rester concentrer devant nous afin de lui montrer qu'il fallait aller de l'avant. Il n'y avait plus rien à voir derrière, et s'attarder sur les côtés n'était qu'une perte de temps. Pourtant, alors que nous étions sur le point de passer ce petit jardin, je sentis sa main se resserrer sur la mienne avec plus d'insistance. Ce n'était pas violent, juste une petite main qui se sert sur celle qu'elle tient. Avait-elle besoin d'être soutenue, avait-elle quelque chose à me dire. Imperceptiblement, je sentis son regard se poser sur moi. Tandis que nous continuions elle et moi d'avancer, je ne pu m'empêcher longtemps de tourner mon visage vers le sien.

Mon regard était profond, tendre et compatissant, un mince mais franc sourire étirait mes lèvres. Sans le moindre mot je l'encourageais. Elle ne devait pas avoir peur, sa vie n'était pas une illusion, je n'étais pas une illusion. Je stoppais volontairement la marche, me tournant lentement vers elle. Ma main libre vint chercher la sienne et lui tenant les deux mains je la tirais tout doucement contre moi lui calant la tête sur mon épaule. Je restais la immobile, la gardant contre moi juste en lui tenant les mains. Si qui que ce soit passait près de nous, je crois bien que jamais je ne l'aurais remarqué. Ce n'était pas le genre de choses qui arrive souvent dans une vie, c'était un moment d'intimité profonde, un symbole, une promesse entre deux personnes. Tout doucement, lui effleurant le front du bout des lèvres, je glissais mon visage sur son épaule. Mes lèvres s'entrouvrirent tout près de son oreille et je lui murmurais.

- Tu n'auras jamais à arpenter ce chemin seule, je ne serais jamais bien loin.

Je m'écartais d'elle tranquillement, la regardant toujours avec la même sympathie, la même délicatesse. Mon sourire lui était cependant plus marqué, plus encourageant. Je lâchais l'une de ses mains, faisant un tout petit geste devant nous. De là où nous étions nous pouvions voir les bâtiments de classe. Tout ce temps pour un trajet si court. Mais cela en valait la peine. Plus encore, sans prendre ce temps, qui sait ce qu'il serait advenu de la magnifique et si fragile personne que je tenais entre mes mains. Le geste lui intimant d'avancer fait, de cette même main je vins lui caresser les joues du dos des doigts.

- Allons-y ensemble Eve.
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Je vous avance le repas ? [PV Eve]
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