Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Quête - On peut toujours trouver plus petit que soi] Comme un grain de poussière sur le parquet

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[Quête - On peut toujours trouver plus petit que soi] Comme un grain de poussière sur le parquet - Lun 8 Juin 2015 - 0:01
Ah, la bibliothèque. Source de connaissances passées et futures, gardienne du savoir de l'humanité, mais aussi lieu de rencontres et de lien social.

Malgré l'intimidation persistante que nourrissait toujours Elione au sujet de ce lieu à la fois commun et mystique, du fait de ce qu'elle avait vu des moines gardant jalousement leurs savoirs pour l'élite de la noblesse et des chevaliers, et plus récemment de la foule qui venait s'abreuver dans cette eau faite d'encre et de papier, la reine s'était fait un nouveau loisir de passer ici des heures et des heures. Entre les cours, les séances d'entraînement à l'épée quotidiennes pour garder la main, le shopping parfois ou les demandes d'autres élèves pour telle ou telle petite chose, Elione ne voyait plus le temps passer, et son seul moment de relaxation, en-dehors de la nuit dans son lit douillet, était cet endroit chargé d'un silence respectueux, troublé par le chuchotis incessants des stylos qui notaient références et citations sur une feuille de brouillon, des pianotements sur les portables et des bavardages interdits à voix basse.

A l'ordre du jour, trouver des livres suffisamment variés et pourtant concernant le même thème pour son atelier de pâtisserie française. Réunir un maximum de recettes pour tester autant de préparations que possible avec les autres élèves. L'atelier se tenait le lendemain et le bibliothécaire en permanence était pour l'heure trop occupé pour venir aider la souveraine à trier ce qu'elle aurait trouvé. Elle se mit donc en tête de prendre un peu d'avance et de fureter un peu dans les rayons afin de sélectionner de quoi rendre tout son petit monde content d'être venu. De ce qu'on lui avait dit, il y aurait deux élèves, un surveillant et un chef qui se prêtait volontiers à l'exercice. Elle transmettrait sa liste d'ouvrages à celui-ci pour s'assurer de bien rester dans son thème, puis tout serait prêt pour l'emprunt le lendemain.

En sentant le poids de son épée battre contre sa cuisse, l'apprentie-déesse repensa à Sirius. Elle ne l'avait plus recroisé depuis cette fichue histoire de duel. Il fallait espérer que rien de mauvais ne lui soit arrivé, qu'il n'avait pas été renvoyé de l'académie ou quelque chose du même ordre. Était-ce seulement possible ? Et si, en guise de châtiment, ce fameux Deus par qui tout le monde jurait pouvait enlever l'immortalité donnée à un apprenti-dieu ? Ses pensées divaguèrent de plus en plus. Les règlements, les codes, les savoirs-vivre en société, tout cela était bien gentil, mais si punition il devait y avoir en cas de faute -car une faute sans être réprimée n'en était pas une-, de quelle nature pourrait-elle devenir au sujet des plus graves ?

Tout en songeant à cette question difficile, Elione remarqua tout à coup que sa main s'était posée sur le dos d'un livre sans titre. Un petit ouvrage enveloppé d'un cartonnage violet pâle, dépourvu d'inscriptions extérieures. Intriguée, elle posa ce qu'elle avait déjà sous le bras pour s'emparer de l'objet de sa curiosité. Quelqu'un avait-il oublié d'imprimer le texte ? Elle souleva la couverture d'une main délicate, s'il fallait signaler l'erreur, autant se renseigner sur le contenu du livre pour être aussi précise que possible.

Sur la première page, passées les gardes, a priori rien. Elione s'apprêtait à passer à la suivante lorsqu'un scintillant de lampe fit briller de minuscules petites lettres. Elle se pencha un peu plus et remarqua quelque chose d'écrit, vraiment très petit. Probablement une note presque effacée qui demandait le soutien d'une loupe pour être restauré. Elle haussa les épaules puis reconnut immédiatement une tournure latine qu'elle savait lire :

"Cum legis huius libri sententia abhorrere"

Elle n'eut que le temps de comprendre le sens de la phrase, sans l'interpréter encore, qu'une intense lumière l'éblouit et la sonna net.

On entendit plusieurs livres dégringoler d'une étagère. Certains élèves pouffèrent, ce devait être cette blonde un peu extravagante qui venait de passer, avec son air assoiffé de découverte.


***


Le réveil fut assez douloureux. Elione avait dû perdre conscience et tomber par terre, car lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était allongée sur une surface dure. Elle se redressa en position assise, se massant les reins, lorsqu'elle comprit que quelque chose n'allait pas. Les murs avaient pris des proportions dantesques, tandis que les chuchotements s'étaient mués en grondements sonores. La lumière passait moins par ici et d'énormes moutons de poussière s'érigeaient en nuages gris au bas des immeubles. Ce fut lorsqu'un géant de plusieurs dizaines de mètres de haut passant devant le rayon que, de loin, Elione reconnut une silhouette humaine et comprit.


"J'ai rétréci... à la taille... d'une fourmi ?"

Et encore, une fourmi pourrait peut-être lui servir de monture à cette dimension-là. Elle pâlit. Voilà qui n'arrangeait pas ses affaires. Enfin bon, elle s'était déjà transformée en statue, avait affronté son double en duel, rêvé du passé comme si elle s'y trouvait encore, affronté des vers de terre géants et des Lespidos urticants et survécu à un affreux blondinet prétentieux et pédant. Pourquoi s'inquiéter quand tout s'arrangeait toujours ?

Elle commença par chercher le livre près d'elle. La solution venait souvent... non TOUJOURS de la source même des problèmes. Donc, le bouquin se trouvait sans doute quelque part non loin, avec la clef du mystère. Cependant... elle ne trouva pas le livre en question. Elle eut beau chercher, le petit ouvrage n'était plus en sa possession. Et puis, elle remarqua une inscription par terre. Aussi loin qu'elle regardait, il y avait du parquet partout, mais pas sous ses pieds. Sur une sorte de promontoire blanc, cette inscription au sol. A défaut de trouver quoi faire pour le moment, elle s'en approcha, la lut.

"La phrase de la page suivante veut dire: "Ce livre va vous rétrécir lorsque vous aurez lu cette phrase"".

Bien. D'accord. Tout à fait. Elle l'avait DÉJÀ remarqué, mais au moins une confirmation n'était plus à attendre. En plus, elle pouvait lire le texte auparavant trop petit, trop effacé. Génial. Elle était revenue à la page précédente. Donc, peut-être qu'en tournant la page suivante...

Elle fit tout son possible pour soulever le "sol" à son extrémité, plier la page, la pousser, pousser, pousseeeeer... mais rien n'y fit ! A sa taille, le papier pesait bien trop lourd. Il lui fallait l'aide d'une personne à taille normale pour tourner les pages, sans garantie de résultat. N'ayant que cette piste à creuser, elle réfléchit brièvement. La personne la plus qualifiée pour ne pas se faire prendre au piège, c'était le bibliothécaire ! Elle sauta donc de son livre-sol et courut, courut, courut, courut...


***


Courut... Courut... Courut... ... ... ...


"Je ne pensais pas... que... ce serait... si long... Pfiou..."

Enfin parvenue à l'extrémité du rayon, elle devait maintenir traverser l'allée, escalader un bureau et attirer l'attention de sa cible. Un exercice périlleux et de longue haleine, mais qu'il lui fallait réussir. Par chance, la bibliothèque se trouvait en heure creuse. La première partie du parcours se fit -longuement- sans encombres. Au pied du bureau, Elione songea à faire demi-tour. C'était haut. C'était lisse. Ce serait infiniment épuisant, encore. Non ! Non il ne fallait pas renoncer ! Se battre jusqu'au bout ! Jusqu'à la mort, par Saint-George !

Une idée germa alors dans l'esprit de la souveraine. Elle n'avait pas besoin de grimper en fait. Pas elle, pas avec ses pouvoirs.


Ailes célestes niveau 2



L'ascension prit plusieurs minutes. 1 m 60 de bureau à atteindre. Si elle s'y rendait en une demi-heure, elle serait contente, tout en évitant les courant d'air et les écharpes du bois qu'elle longeait de près par prudence.

Enfin arrivée, elle songea que le plus dur était achevé. Le bibliothécaire était là, tamponnait, écrivait, lisait, sermonnait parfois -jamais Elione ne l'avait entendu si fort-, reprenait. L'objectif maintenant : attirer son attention. Le moyen utilisé ?

L'apprentie-déesse se planta en plein sur son registre de prêt et hurla tout son saoul, agita les bras en tous sens, fit des acrobaties aussi compliquées que possible, rien n'y fit. L'attention de l'homme restait inévitablement concentrée sur autre chose. Plusieurs fois même il manqua de l'écraser en rangeant un document ou d'un mouvement de main brusque. Cette dernière se posa d'ailleurs tout près, à une dizaine de mini-pas d'elle. Essoufflée, elle songea que grimper dessus n'était pas une bonne option. Et puis, alors qu'elle voulut la poser pour s'alléger un petit moment, la reine avisa son épée.


"Oui... Désolée Monsieur !"

Elle la dégaina, piqua un sprint sur le pouce de l'homme de peur qu'il ne la déplace encore, puis enfonça sa lame dans la chair tendre ! Effet immédiat ! L'employé sentit un picotement dans le doigt et l'amena à son visage en pensant déloger un insecte, lorsqu'une goutte rouge, paresseuse, apparut.

"Tiens ? J'ai dû me couper sur une feuille..."

Victoi--- QUOI ?! Elione écarquilla les yeux de surprise. N'y avait-il donc aucun espoir ? Ses réflexions s'arrêtèrent aussitôt, car la goutte de sang venait de lui rebondir partiellement dessus, l'inondant de rouge poisseux et la faisant trébucher au passage. L'homme se leva dans l'optique de chercher un pansement dans sa réserve. Il s'agissait de ne pas abîmer les documents qu'il traitait.

Frustrée, en colère, la souveraine chercha une autre solution. Si elle écrivait un message, serait-il assez gros ? Et avec quoi ? Le remarquerait-il ? Quand ?

Nouvelle idée. Et si elle écrivait avec ce sang frais sur ses épaules ? Même si c'était trop petit pour être lu, le bibliothécaire verrait la belle couleur rouge, comprendrait que son mouvement n'était pas naturel, non ? Il le DEVAIT ! Elle s'élança, courut aussi loin que possible sur la page tachée en laissant traîné sa lame, ses bottes et le bas de sa robe sur le papier.

La durée écoulée lui parut terriblement courte lorsque l'homme revint s'asseoir. Elle ignorait si elle seulement parcouru plus de dix centimètres de distance, quand l'immense silhouette s'immobilisa.


"Tiens ?"

Doutant de son état de fatigue, de sa vue et de sa sénilité, le vieil homme s'empara d'une loupe pour s'assurer qu'il ne rêvait pas en voyant la ligne fine et rouge de son propre fluide s'étendre lentement vers le haut... Elione se retourna vers lui, exténuée. C'était sa seule chance cette fois. Il lui aurait fallu des échardes de bois, les allumer, faire un feu de camp, attirer le regard, devenir un phare au milieu de cette maudite page !

Elle battit des bras avec espoir. S'il y avait bien une occasion où l'attention du vieil homme ne devait pas lui faire défaut, c'était maintenant ! Elle essaya de tracer une lettre avec le sang, une autre, une troisième, une autre encore... un "HELP" de près de 5 millimètres de hauteur apparut peu à peu sous l’œil de verre, et la conviction d'Elione devint si forte en le voyant s'approcher un peu plus qu'elle se mit à briller de ce feu doré qui caractérisait son pouvoir.


Halo divin

Peu importait qu'elle tombe de fatigue après ça, qu'elle fasse fuir l'homme si c'était pour mieux alerter d'autres sur son cas. Elle n'avait autant rêvé qu'on la voie, qu'on l'entende, qu'on la remarque. Luciole parmi la tempête, elle se fit souffler à l'extrémité du bureau lorsque la respiration du bibliothécaire lui arriva, retenue de justesse par un stylo bic dont la surface en prisme refléta mieux encore sa lumière. Au mouvement que fit la loupe, elle comprit qu'il l'avait vue, enfin. Un puissant soulagement la saisit, tel que son pouvoir s'évapora et qu'elle s'autorisa un peu de repos... Quelques minutes seulement...

Revenue à elle, elle cria de terreur en croisant le regard d'un œil géant, agrandi au moins 20 fois par un assemblage curieux de lunettes les unes devant les autres. Une sorte de microscope fixé à une lanière maintenue solidement sur le crâne du bibliothécaire.


"Je te vois, petite"

Étonnant, sa voix semblait moins forte, comme s'il chuchotait. Il tendit doucement la main et enleva son pansement au doigt.

"D'autres ont eu ton problème. Je sais comment t'aider, mais tu dois m'écrire où se trouve le bon livre.
-Oh Dieu ! Sainte Vierge Marie ! Merci ! Merci ! Loués soient vos noms !"

Elle s'exécuta en toute hâte. Cette bonne nouvelle lui avait donné un regain d'énergie, qu'elle utilisa pour, en plusieurs minutes de nouveau, prélever une goutte de sang et donner l'information demandée.


***


La suite fut si simple à appliquer que la souveraine en eut le vertige, et dans tous les sens du terme puisque le bibliothécaire, pour ne pas la perdre, la fit monter dans un petit encrier vide en verre. Il se dirigea vers l'emplacement cité, trouva le livre par terre avec quelques autres. Elione craignit qu'il ne se fasse prendre au piège, mais à sa grande surprise il l'ouvrit directement à l'envers. Là, il déposa la souveraine dans sa main et lui précisa de lire la phrase qui devait, si ses souvenirs étaient bons, se trouver à sa taille. Une inscription latine en effet se trouvait là, traduite par "tu grandiras lorsque tu auras lu cette phrase".

De nouveau une lumière puissante jaillit du livre, puis le noir complet. De retour pour la troisième fois parmi les vivants, la belle blonde constata que le bibliothécaire l'éventait gentiment. Un attroupement s'était formé à l'entrée du rayon, alerté par le bruit de chute.


"Une épée dans une bibliothèque... Je ne sais pas si le règlement l'autorise, mais pour cette fois nous dirons que vous avez eu le bon réflexe.
-Quelles sont... les sanctions... pour ce genre de fraude ?
-Ah les sanctions, ce sont les directeurs, les professeurs et parfois les surveillants qui les prennent. Pas moi. Vous pouvez vous lever ? On va vous emmener à votre chambre pour vous laisser vous reposer.
-Non... Il fallait que je vous demande...
-Hum, quoi ?
-Les livres de pâtisserie française... pour l'atelier..."

Le vieil homme partit d'un franc rire en aidant la jeune femme à se relever, bientôt rejoint par un volontaire qui l'aida à la soutenir.

"Je vous prépare ce qu'il faut pour demain. Et celui-là, maintenant que je l'ai retrouvé, il ira sous sceau. Merci de l'avoir retrouvé."
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Re: [Quête - On peut toujours trouver plus petit que soi] Comme un grain de poussière sur le parquet - Mer 10 Juin 2015 - 23:47

Une chance que ce bibliothécaire soit si compétent ! Le plus horrible, dans ce genre d’histoire, ce sont les efforts fournis qui ne payent pas. Il aurait suffi d’effectivement parvenir à tourner cette page pour que la solution s’offre d’emblée à la dame d’Elande… mais non, ça aurait été trop facile. Du coup, c’est toute une aventure qu’elle a dû affronter, sur un espace gigantesque de plus de 10 mètres !
Une rencontre avec quelques insectes/arachnides aurait pu être amusante, donner des combats assez épiques ou des situations plutôt tendues. Elione s’en est bien sortie, tout est bien qui finit bien. Et effectivement, la prochaine fois, bien retenir qu’il est préférable de demander avant de s’aventurer dans les rayons d’une bibliothèque divine !

Pour le texte, c’est impeccable, il n’y a pas trop de fautes et tout est bien découpé, séparé… l’histoire est sympathique, rien à dire là-dessus non plus ! La quête est suivie à la lettre et résolue d’une manière satisfaisante…
… alors quête validée !

Elione d'Elande : 220 xps + 350 xps bonus quête

Xps attribués : Yep
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