Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Quête — Un bond dans le passé]「Say “Auf Wiedersehen” to your Nazi balls」

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[Quête — Un bond dans le passé]「Say “Auf Wiedersehen” to your Nazi balls」 - Ven 5 Juin 2015 - 19:12

「Say “Auf Wiedersehen” to your Nazi balls」

Le japonais continuait interminablement sa marche erratique au sein de l'académie divine, ses mains nonchalamment enfoncées dans les poches de son jean, alors que le ciel azur s'assombrissait lentement, muant peu à peu en firmament crépusculaire. L'Apprenti originaire du pays du Soleil-Levant s'ennuyait profondément. Son compagnon de crime lupin n'était pas à ses côtés actuellement, pour une quelconque raison. Qui lui importait peu d'ailleurs. Cependant, depuis qu'il avait fait la connaissance du lycanthrope, le temps qu'ils avaient passé ensemble n'avait été qu'amusement et émerveillement, de la plus simple dégradation de matériel scolaire, au meurtre barbare et sanglant, en passant par la brutalisation physique et mentale. Le duo de psychopathes avait jusqu'alors profité sans vergogne, avec sadisme et allégresse, des jouets que Deus leur avait mis entre les mains. Le vingtenaire nippon en venait de plus en plus à se demander si ce n'était pas là un acte délibéré de l'entité démiurgique de les avoir tout deux vicieusement ramener à la vie en tant qu'êtres célestes et de les avoir rassemblés avec pour unique dessein d'assouvir sa soif malsaine de divertissement sadique et morbide. Mais si cela s'avérait être conforme à la vérité, il se retrouverait envahi de sentiments contradictoires. D'une part, une profonde haine teinté d'ire et de cynisme envers ce Créateur méprisant qui prenait un malin plaisir à le provoquer. Mais d'une autre part, une sorte de fierté de savoir qu'il était divertissant aux yeux d'un être omnipotent et une certaine gratitude, de lui permettre de continuer sa déambulation vers des ténèbres toujours plus fuligineuses et de lui avoir permis de croiser le chemin d'un alter ego de faillance et de défaillance, d'un partenaire de débauche et de sauvagerie. Par conséquent, Eishi s'était habitué à la présence atypique du britannique, qui était la seule qu'il ait jamais trouvé s'accordant si parfaitement à la sienne, sombre et démente, misanthrope et insouciante, assujettissante et prédatrice, sardonique et violente. Un cocktail explosif et imprévisible, qui seyait divinement aux deux sinistres et excentriques personnages. Ainsi, l'absence du blond pesait désagréablement sur les épaules lourdes de lassitude du noiraud, en manque de source de divertissement. Le spleen baudelairien emplissait ses iris safres désabusés, qui miraient avec désintérêt l'entourage alors qu'il circulait de façon hasardeuse sur le campus de l'établissement scolaire de Deus.

Au bout d'un certain temps passé à vaguer silencieusement, légèrement coupé de la réalité, le brun leva ses diaphragmes oculaires bleutés pour s'apercevoir que l'obscurité de la nuit achevait de dévorer l'éther crépusculaire. Il s'immobilisa quelques instants, avant de laisser s'échapper un soupir d'ennui. Son estomac grogna fiévreusement. Voilà plusieurs heures qu'il vadrouillait vainement, perdu dans sa lasse rêverie, et encore plus de temps qu'il n'avait pas avaler quelque chose. Une deuxième expiration désenchantée vint mimer la première alors qu'il se remettait en mouvement en direction de la cafétéria. Le trajet fut lent et feutré, le dieu de la Fiction étant loin d'être pressé malgré son appétit bien présent. Il avait vécu des temps durant lesquels il lui arrivait de passer des jours, voire presque des semaines sans manger, à devoir se battre ou tuer pour la moindre miette, il avait donc appris surement l'une des seules vertus qui subsistait dans son psyché chaotique, la patience. Après quelques minutes de marche il arriva finalement devant la structure, située sous ce qui semblait être un dôme rocheux, puis pénétra nonchalamment à l'intérieur. Eishi scruta rapidement la salle, il devait être tard, il n'y avait plus grand monde et certaines personnes du staff avaient entamé le nettoyage des coins les plus déserts. L'Apprenti à la toison de jais s'installa langoureusement à la table la plus proche, son intérêt pour les employés de l'établissement tendant vers le néant. Il n'eut à patienter que quelques instants avant qu'une jolie jeune femme à la chevelure auburn, d'un âge proche du sien, dont les formes voluptueuses légèrement ravivèrent les sens ainsi que l'attention de l'ancien assassin, vint lui adresser un sourire chaleureux.

    — Bonsoir Monsieur. Tenez la carte. En spécialité de la soirée nous avons un faux-filet de bœuf accompagné d'un gratin de pomme de terre en plat principal, et la pâtisserie du chef aux abricots frais.

La main pâle du japonais se leva pour faire signe à la demoiselle qu'il ne désirait pas la carte, alors qu'il lui adressait un sourire en apparence sympathique et charmeur, mais un léger frisson parcourut l'échine de la serveuse sans qu'elle n'en sût la raison. La divinité de la Fiction la connaissait cependant : l'instinct.

    「Et moi qui pensais passer une mauvaise soirée, me faire servir par une aussi belle créature me rendrait presque tout chose haha ! Je n'aurais pas besoin de la carte miss, la spécialité du chef est parfaite.」

La jeune femme acquiesça doucement, son sourire faiblement élargi par la remarque flatteuse du brun. Elle tourna les talons et fit quelques pas, avant de réaliser qu'elle avait oublié de demander la cuisson de la viande. Elle fit volte face pour croiser les perles céruléennes enjôleuses et concupiscentes de son client, qui arborait un lascif sourire carnassier.

    「Saignante.」

Le visage de la désirable employée se colora légèrement d'une teinte rosé, un mélange de gêne et de confusion, lui faisant totalement ignorer la seconde faible vibration qui remonta le long de sa colonne vertébrale. Elle se courba légèrement en signe de remerciement et très certainement pour dissimuler son embarras, avant de pivoter pour se diriger d’un pas modéré vers les cuisines, avant de disparaître du champ de vision du noiraud. Après avoir dévisagé la serveuse avec précision et l’avoir mentalement dévêtu de son uniforme et de sa lingerie pour en admirer sa physionomie dénudée, il détourna le regard de l’endroit où s’était éclipsé la sensuelle jeune femme pour s’accouder à la table et déposer le flanc droit de sa mâchoire contre son poing fermé sans conviction, ses orbes saphirs se perdant une nouvelle fois dans une contemplation aveugle. Des abricots avait-elle dit ? Cela fit remonter des souvenirs de sa vie terrestre au nippon, lorsque son grand oncle lui avait appris la pratique du Hanami, la coutume traditionnelle japonaise qui consistait à apprécier la beauté des fleurs, principalement des cerisiers. Mais l’homme qui l’avait pratiquement élevé en société avait toujours préféré l'ume, l’abricotier du Japon, dont les fleurs étaient plus opaline et dont le symbole était celui de la longévité. Eishi s’égara un moment dans les souvenirs de la seule famille qu’il ait jamais eut et qui avait forgé l’une des parties qui faisait de lui l’homme qu’il était. La tête légèrement inclinée, reposant sur ses phalanges, le vingtenaire à la peau laiteuse eut un léger rictus puis de ses narines s’évada une faible expiration moqueuse, adressée à sa propre personne. Avec des pensées comme celles-ci, on aurait presque pu le croire sensible ou humain. Mais après tout, il n’y pouvais pas grand chose si certains mécanismes rouillés et dysfonctionnels de son cerveau persistaient à faire vivre l’illusion d’un Ryuuga Eishi appartenant au commun de l’humanité.

L’attente fut relativement courte, ce qui n’était pas étonnant lorsqu’on jetait un coup d’œil dans la salle d’une vacuité évidente. Le plat fut délivré avec un nouveau sourire chaleureux, légèrement plus étiré que le dernier, suivit d’un égayé « Bon appétit ». Le vingtenaire nippon remercia la serveuse d’un « Merci » soupiré lascivement, accompagné de son expression rieuse et carnassière. Lorsqu’elle se détacha de lui, il dédia un moment à la contemplation des formes généreuses dévoilées par le verso de la jeune femme, avant de rire silencieusement pour reconcentrer son attention sur le mets, dont le fumet vivifiait son odorat. Il dégusta tranquillement, appréciant grandement la viande cuite à la perfection, dont le jus s’écoulait harmonieusement dans l’assiette, et l’accompagnement gratiné dûment, qui fondait agréablement en bouche. Le chef était méticuleux et savait faire son métier; ce qui était déjà assez rare dans le monde des humains, semblait irréel dans cette étrange académie. La jeune femme passa quelques fois, lui demandant si tout se passait bien, ce à quoi il acquiesçait, ajoutant parfois un commentaire flatteur, à la limite de la lubricité pour décontenancer la jeune femme qui semblait se prendre au jeu, omettant totalement la petite voix lui disant de ne pas trop s’approcher du garçon brun. Le dessert aussi était délicieux, frais, doux et sucré, sans exagération. Cela faisait longtemps que le noiraud n’avait pas manger d’abricots, dont le goût et l’arôme le ramenait à un lointain passé, où les fleurs d’ume printanières flottaient gracieusement dans les airs. Le japonais passait un agréable moment, malgré sa normalité lassante et dénué d’intérêt, c’était étrangement plaisant, même si ça manquait fondamentalement d’action et d’effusion de sang. Eishi quitta la cafétéria le ventre satisfait et un numéro de chambre en poche. Il ne savait pas encore s’il ne satisferait uniquement son appétit lubrique ou s’il irait plus loin, ou alors si il irait beaucoup plus loin. Cela dépendrait de son humeur. Mais il n’irait pas ce soir, l’attente était ce qui rendait les femmes encore plus désirables et désireuses. D’une humeur plus joviale, il plongea ses mains dans les poches extérieures de sa veste pour en extraire d’une main son paquet de cigarette et de l'autre son briquet tempête Zippo sur lequel était gravé la tête d’un loup géant, puis il saisit entre ses lippes une des barres de tabac pour en embraser l’extrémité, avant de simultanément remettre en place les objets dans leur place d’origine et de prendre une grande inspiration. Il envoya une grande partie du fluide âcre et cancérigène vers ses poumons, puis, séparant temporairement le cylindre allumé de ses lèvres, expira longuement le reste de la fumée opaque sous forme de filet. Il traversa la Deus Académie pour se rendre jusqu’au dortoir où il résidait, profitant de son rouleau de tabac avant de s’en défaire d’une chiquenaude nonchalante une fois arrivé à bon port. Il s’engouffra dans l'ample bâtiment, parcourant d’un pas posé et rieur les couloirs, escaladant les escaliers folâtrement, pour finalement arriver devant la porte de sa chambre. The House of Black and White. Il avait choisit ce nom par rapport à une série de livres médivale-fantastique, d’un certain auteur américain, qu’il avait tout de suite adoré et dont plus tard avait même été réalisé une adaptation à la télévision. Il avait choisit ce nom car dans l’œuvre, The House of Black and White était le repère du plus redouté, craint, puissant et compétent ordre d’assassins de l’univers de l’histoire : les Faceless Men, qui pouvaient devenir et tuer n’importe qui. Il fallait par ailleurs qu’il retourne dans le monde humain pour s’y procurer la suite.

    「Valar Morghulis...」

Après avoir prononcer cette expression en haut valyrien dans un souffle sarcastique et sinistre, le noiraud fan de manga et de série pouffa légèrement, son rictus mauvais s’étirant en pensant à la signification de ces deux mots : « Tous les Hommes doivent mourir. » Une vérité funeste qui était à l’image de cette majestueuse et pourtant funèbre série. La clé déverrouilla la serrure et le noiraud pénétra dans la pièce où il dormait. Prévue pour quatre personnes, elle était large, très spacieuse, bien agencée et toute équipée. Une très grande armoire, quatre lits, un petit réfrigérateur, un grand bureau mural, plusieurs commodes. Rien de trop sophistiqué, c’était une chambre sobre et simple. Eishi espérait qu’il n’aurait pas à avoir de colocataire ennuyant, qui voudrait parler, sympathiser et qui lui poserait des questions stupides et dépourvues d'intérêt comme « Pourquoi tu es couvert de sang ? », « Pourquoi tu transportes un corps ? » ou encore « À quoi ça sert d’être aussi violent ? ». La dernière chose dont il avait besoin c’était d’un sinoque rabat-joie plein de sens moral. Le jeune adulte à la crinière ébène se sépara de sa veste aile de corbeau qu’il accrocha au porte manteau mural puis alla se laisser choir avec désinvolture sur son matelas. Les yeux clos, il passa une main fatiguée dans ses cheveux obscurs. Alors qu’il commençait à sommeiller, une vive et dérangeante douleur le prit à l’estomac, qui le fit se redresser promptement, appliquant une main presque inquiète sur son abdomen. Un instant plus tard vinrent les vertiges, perturbant et embrouillant; il appliqua instinctivement sa seconde main sur sa tempe, cherchant à rétablir de l’ordre dans ses idées. Avait-il été empoisonné ? Drogué ? Inconsciemment, il se redressa puis se saisit d’une des lames présentes sous son oreiller et la pointa en avant de manière menaçante, enfilant son manteau d’hostilité pure, prêt à trancher n’importe quoi de vivant dans son champs de vision. Malgré qu’il ait choisit la position la plus stable possible, il avait du mal à rester immobile. Il y parvint cependant, son rire mauvais s’élevant faiblement dans la pièce alors qu’il luttait pour garder le dessus sur les vertiges et pour rester un minimum attentif à tout ce qui l’entourait. Il attendait son ennemi, son assaillant, sa future victime. Mais elle ne vint jamais. Après être demeuré hiératique durant une demi-heure, il détendit ses muscles et s’affaissa sur son lit, la lame qu’il avait serré dans sa paume durant les dernières trente minutes chuta au sol dans un bruit sourd. Un long soupir d’appréhension refoulé s’extirpa de ses lèvres pour remplacer momentanément le silence pesant qui régnait dans la chambre. Si cela avait réellement été un empoisonnement, il n’aurait pas mit autant de temps à faire effet et Eishi serait probablement mort ou évanoui, ou alors quelqu’un l’aurait attaquer pendant la période où il était le plus déstabilisé par le phénomène. Ce dernier par ailleurs n’avait pas perdu en intensité, mais le noiraud commençait à s’en accommoder. Il s’allongea, reprenant sa recherche de sommeil, qui ne s’acheva qu’après une longue série de virement et de revirement, une longue et usante bataille, qu’il finit par remporter après ce qui lui semblait être une éternité…


Une lumière douceâtre pénétra insidieusement dans la petite pièce pâle, ne se réfléchissant même pas sur les murs albâtres, pour venir frôler faiblement le visage opalin du dieu de la Fiction. Il ouvrit un œil encore assoupi et inaccoutumé à la lumière, dont la pupille se dilata légèrement pour s’adapter à la luminosité ambiante. Une fois sa vision corrigée, il se le va brusquement, adoptant l’une des multiples positions de self-defense apprise lors de sa formation militarisée au combat, inspectant prestement son entourage, ses sens éveillés à leur paroxysme. Ce n’était pas sa chambre et il était vêtu exactement de la même façon que lorsqu’il s’était endormi : son t-shirt noir à col rond et manche courte, son jean souple bleu nuit et ses bottes noires renforcées de type militaire. Il avait donc bel et bien été drogué, puis enlevé et séquestré. Mais c’était étrange… Pourquoi ne l’avaient-ils pas restreint ? Ne savaient-ils pas qui il était réellement ? Si ceux qui l’avaient kidnappé ne savaient pas à qui ils avaient réellement à faire, alors ils étaient sur le point de découvrir l’enfer. Un sourire mauvais pris possession des lippes de l’Apprenti originaire du pays du Soleil-Levant, déformant ses traits fins en un masque de démence. Il ouvra silencieusement la large fenêtre donnant sur une rue déserte. Il observa un moment le paysage citadin qui ne lui était pas familier mais curieusement pas complètement inconnu non plus. Il sortit sa tête, se tenant à la rambarde en acier, pour examiner la bâtisse dans laquelle il se trouvait. Étant donné la structure et grâce à son observation des alentours, il en déduit que c’était un bâtiment d’habitation, rempli d’appartement. Juste au-dessus se trouvait une autre fenêtre, assez proche pour qu’il puisse atteindre le rebord en sautant depuis celui où il se trouvait. Il grimpa sur la bordure en pierre puis bondit avec adresse et agilité pour se suspendre au bord supérieur pour finalement se tracter jusqu’à pouvoir se hisser à la fenêtre. Grande chance pour lui, cette dernière était ouverte. Il s’introduit dans l’appartement furtivement, évoluant dans celui-ci avec fugacité et discrétion, tel l’assassin qu’il était. Il arriva dans l’encadrement de la porte d’une pièce qui semblait être une cuisine, dans laquelle mangeait un couple, dans la quarantaine, des airs mornes plaqués sur leur visage. L’assaut fut fulgurant, à un tel point que la femme ne réalisa que la vie avait quitté son mari qu’au moment où sa tête heurta sourdement l’assiette dans laquelle il mangeait, la nuque brisée. Elle n’eut pas le temps d’être choquée, elle n’eut pas le temps de prier, elle n’eut pas le temps de crier. Le talon renforcé de la botte sombre de l’assaillant vint violemment rencontrer sa délicate mâchoire à l’instant où ses yeux s’écarquillèrent, la disloquant. Elle tomba lourdement au sol, un instant avant que l’oreille du spadassin elle aussi rencontra le sol, essayant de détecter des bruits d’agitation qui n’arrivèrent guère. Eishi se redressa vivement, attrapant le couteau encore imprégné du jus de la viande que le mari avait antérieurement coupée pour l’enfoncer dans la trachée de l’épouse, pour s’assurer de son trépas. Il contempla un instant les deux cadavres avec un rictus malsain avant de les abandonner pour entamer une rapide et insonore recherche de n’importe quelle arme ou de n’importe quel outil pouvant servir d’arme. Quelques minutes de fouille lui permit de trouver l’objet de sa convoitise. Une armoire dont le toit servait de présentoir à ce qui semblait être une collection de couteaux de chasse et aux pieds de laquelle se trouvait une belle boite en bois clair poncé, avec une gravure « Für mein lieber Mann », dans laquelle se trouvait un fusil de chasse. Un chasseur ? Une chance. De l’allemand ? Où avait-il été embarqué ? C’est alors qu’en se souvenant de la vue non inconnu de la ville, l’illumination le frappa. Berlin. Il était dans la capitale de l’Allemagne. Il se rappelait vaguement de l’architecture, de l’ambiance de grande ville germanique, que son grand oncle avait visité durant ses voyages, et dont il lui avait parlé et montré des photos. Il eut un faible rire étonné et ironique. Comment avait-il atterrit à Berlin et surtout, comment avait-il put faire le trajet jusqu’ici sans s’en apercevoir ? Cela ressemblait à une mauvaise farce. Mais une pensée lui traversa l’esprit, il était tout à fait possible que l’origine de cette absurdité soit divine. Un être céleste possédant une capacité de déplacement spatio-temporel, de téléportation, aurait pu l’amener ici sans qu’il n’ait eut ni le temps ni la capacité de s’en rendre compte dans le cas où il aurait été drogué. Mais cela n’expliquait toujours pas ce laxisme vis-à-vis de son « enfermement », ni la raison de sa présence ici. Un apathique soupir s’échappa de ses lèvres entrouvertes alors qu’une main soucieuse vint ébouriffer ses fins capillaires de jais. Il décida de se mettre en mouvement, s’il voulait en savoir plus, il fallait attraper le ou les fous qui l’avaient emmener céans et les torturer jusqu’à ce qu’ils parlent. C’était en effet l’option la plus rapide et la plus divertissante. Il prit l’un des manteaux mi-long en coton de l’homme qui reposait défunt dans la cuisine, qui était noir et possédait deux larges poches intérieures, situées au niveau du thorax, et deux autres extérieures, situées un peu au-dessus du milieu des cuisses, ainsi qu’un large capuchon. Il dissimula quatre des huit couteau de chasse dans les deux cavités internes du manteau, les moins longs, dont la lame faisait une dizaine de centimètres, puis saisit le plus grand avec son étui, qu’il attacha à sa ceinture. Il lança un dernier coup d’œil au fusil, mais ne le prit pas, car ce n’était pas une arme privilégiant discrétion et rapidité.

Le vingtenaire nippon quitta silencieusement l’appartement, fermant la porte derrière lui et arrachant d’un coup sec la poignée circulaire, veillant à faire le moins de bruit possible. Il descendit lentement les escaliers, son hilarité sadique présente, sous la forme d’un rictus fielleux et excité. Car il l’était. C’était dans ces situations que le brun se sentait au mieux. Le danger, le frisson des combats, le risque de la mort, l’odeur du sang, tout cela exacerbait ses sens et exaltait autant son esprit que son corps. Une fois près de la porte, il s’empara d’une des poignards de chasseur résidant à l’intérieur du manteau sombre, qui s’accordait au brasier ténébreux et virulent qui se déchainait dans ses iris safres fuligineux. Il se mit dos au mur, juxtaposé à l’encadrement de la porte, puis tapa trois coup sec distincts sur la structure rectangulaire en bois. Il patienta quelques instants, avant que sorte de l’ouverture de l’appartement un homme, trentenaire, pâle, en uniforme militaire sombre, portant un brassard rouge sur le bras gauche, avec en son sein… une svastica nazi ? N’ayant pas le temps de rêvasser, Eishi décida d’agir. Il penserait à ça une fois qu’il aurait annihiler le danger. Avant que l’officier ne tourne son regard vers lui, il apparut rapidement devant lui, agrippant son uniforme, et lui sectionna avec précision la gorge, le maintenant debout. Immédiatement après que le sang est commencé à s’écouler de la plaie d’apparence presque chirurgicale il braqua sa pupille droite véhémente et scrutatrice au-dessus de l’épaule gauche de l’homme dont la vie s’enfuyait rapidement par l’entaille ornant la partie avant de son cou. Deux autres officiers, totalement distraits par la partie de carte qu’ils jouaient. Le sourire carnassier et meurtrier du noiraud s’étira alors qu’il laissa choir le cadavre sanguinolent sur le côté saisissant de sa main à présent libre le couteau siégeant dans son étui. Lorsque que le corps sans vie du trentenaire percuta le sol, la lame ensanglantée fendit l’air pour se loger dans l’artère carotide du militaire allemand le plus proche, qui amena une main paniquée et terrifiée à sa gorge, chutant de sa chaise en convulsant, tandis que son partenaire mis une seconde de trop à réagir. Il se leva d’affolement, mit la main à l’étui supportant son arme à feu, tourna la tête vers l’objet de son épouvante en dégainant. Puis il perdit la main. Le sang gicla brutalement de son avant-bras sectionné, et dans un hurlement de douleur, il tenta de ralentir saignement, avant de se prendre un puissant crochet plongeant dans la mâchoire, à quelques centimètres de son menton, qui le fit s’effondrer dans un état de semi-inconscience, maintenu éveillé uniquement la douleur insupportable envahissant son bras entier. L’assassin s’empara de l’arme à feu, un très original P08, avant de faire une cursive inspection des lieux, vérifiant s’il y avait un autre ennemi à abattre. Il revint prestement vers la seule âme encore en vie de l’habitation, qui beuglait insupportablement. Le brun rangea le couteau sanguinolent dans son étui puis attrapa un torchon et le lança au nazi à présent estropié. Tremblant, pleurant et gémissant bruyamment, il pressa de toute la force qui lui restait le tissu en boule sur sa plaie béante. Il dirigea ses yeux terrifié en direction d’Eishi qui lui adressa un sourire sympathique, amenant son index sanglant perpendiculairement à ses lèvres, encourageant le mutilé à faire le moins de bruit possible, avant d’aller récupérer la dépouille germanique qui gisait encore à l’extérieur puis de fermer la porte derrière lui. Le japonais réunit rapidement tous les tissus qu’il pouvait trouver pour les donner au soldat meurtri, pour finalement prendre position sur la chaise d’où s’était écroulé le premier joueur de carte. Une fois assis confortablement, il se baissa pour fouiller dans les poches du nazi à ses pieds, pour finalement y trouver son bonheur. Il retira le paquet de cigarette et le briquet du manteau de l’officier comme un enfant de six ans ouvrant son cadeau de Noël. L’homme tremblant de peur et de froid, ayant perdu une certaine quantité de sang malgré avoir réussi à plus ou moins stopper l’hémorragie relativement vite, observa avec désarroi et effroi son tortionnaire allumer joyeusement l’appartenance tabagique de son confrère décédé, en aspirer la fumée grisâtre pour ensuite l’expirer dans un soupir d’aise et de relaxation. Après quelques moments de délectation à jouir de son trophée de tabac, le noiraud psychopathe écrasa doucement le mégot sur la table avant de planter ses prunelles d’un azur terrifiant dans celle apeuré de l’amputé, un grand sourire amusé habillant son faciès fallacieux.

    「Alors mon grand, tu parles le japonais ? Tu comprends ce que je dis ?」

La figure terrorisée de l’allemand se teinta d’incompréhension alors qu’il luttait toujours contre les tremblements intempestifs et le sommeil funeste qui l’appelait d’un chant doucereux et mystificateur, puis il racla douloureusement sa gorge, dirigeant sa vue troublée de larme et de sueur vers son interlocuteur, pour répondre d’une voix grelottante.
    — Vo-vous venez de pa-parler d-dans ma l-langue mon-monsieur...

Le tueur arqua un sourcil étonné. Il venait de comprendre ce qu’avait dit l’officier et était pourtant sur que celui-ci venait de s’adresser à lui en germanique. Était-ce un pouvoir divin que de comprendre et se faire comprendre par tout les humains ? Étrange. Cela facilitait néanmoins la tâche. Un interrogatoire à sens unique l’aurait ennuyé au plus haut point et une tête n’aurait pas tarde à rouler à ses pieds.

    「Très bien mon grand, j’ai besoin que tu répondes à mes questions. Je ne peux pas t’y forcer mais je pense que tu préfèrerais rentrer entier chez toi. Enfin, presque entier maintenant haha !」


Le rire sadique et folâtre du locuteur divin fit profondément vaciller l’estropié, dont la frayeur ne cessait de croître amèrement. Sa réponse se fit sur un ton anxieux, pitoyable, tourmenté et suppliant.

    — J-je répondrais à t-toutes vos questions !… Ayez pi-pitié...

    「Parfait ! Ne t’en fais pas, je suis d’humeur miséricordieuse aujourd’hui. Alors, premièrement, qui m’a amené ici et pourquoi ?」

    — Le se-sergent Muller vous a tr-trouvé dans la rue, sur le sol et co-comme vous n’étiez vrai-vraisemblablement pas ge-germanique, no-nous vous avons ra-ramener ici pour vous interroger sur les r-raisons de v-votre présence à Berlin.

L’intense et féroce regard céruléen écrasa complètement la présence du mutilé en uniforme. Son explication semblait logique étant donné qu’il n’avait été ni restreint, ni blessé, les nazis ne devaient avoir eut aucune idée du fléau qu’ils avaient transporté. L’allemand ne mentait pas, il avait beaucoup trop peur et avait perdu beaucoup trop de sang pour ne serait-ce qu’avoir l’énergie de fabuler. Mais cela n’expliquait toujours pas comment il avait atterrit à Berlin.

    「Je te crois mon grand, ne te fais pas encore dessus. Est-ce l’appartement de l’un de… vous trois ?」

    — N-non monsieur, nous l’avons ré-réquisitionné lorsque nous vo-vous avons trouvé, c’était l’un d-des logements les pl-plus proches.

    「Est-ce commun de « réquisitionner » ainsi des habitations pour éviter de faire de la distance chez vous allemands ?」

    — O-oui, depuis que le Fü-Führer est au p-pouvoir.

Les yeux du japonais s’écarquillèrent à l’entente du mot « Führer ». L’Allemagne était repassé sous un Reich depuis qu’il était mort ?

    「Le Führer tu dis ?」

    — Oui, l-le chancelier A-Adolf Hitler.

Un coup de feu retenti et la rotule du nazi explosa brutalement. Il voulut hurler de souffrance mais lorsqu’il croisa les yeux méphistophéliques du spadassin, qui exsudait d’inhumanité et de démence, il préféra se mordre la lange et étouffer sa complainte contre son palais.

    「Ne te fous pas de moi abruti de bouffeur de saucisse, ou je te charcute jusqu’à ce que tu n’ai plus rien d’humain.」

    — Hurgh… J-je v-vous pro-promet qu-que je n-ne me m-moque p-pas de vous… !

    「Quel jour sommes nous ? La date exacte.」

    — L-le 19… l-le 19 a-avril 1945…

Un second coup de feu résonna. Cependant celui-ci ne fut suivit que par un silence de plomb, comme si le temps s’était suspendu et l’espace s’était dilaté. L’encéphale explosé et sanguinolent du soldat allemand jonchait la surface sur laquelle sa tête était auparavant appuyée, à présent pendante au niveau de son torse, comme une funèbre pendule dont la machinerie se serait subitement brisée. Eishi resta coi un long moment, son visage s’étant vidé de toute émotion, masque glacial, impassible, imperturbable, marmoréen. Ses iris bleuâtres se noyaient dans l'épaisse flaque écarlate grandissante qui tapissait le sol de la pièce. Des Nazis ? Le Führer ? Hitler ? l’Allemagne de la Seconde Guerre Mondiale ? Avril 1945… C’était peu avant la fin du conflit par ailleurs… Les soviétiques devaient être aux portes de Berlin en ce moment même… Le psychopathe à la toison ébène empoigna machinalement l’un des couteaux de chasse et remonta lentement la manche du manteau corbeau le long de son avant-bras avant de s’entailler modérément au milieu de se dernier. La douleur. La douleur était présente. Vrai. Authentique. Il pouvait voir, il pouvait entendre, il pouvait sentir son sang s’épancher depuis la plaie jusqu’au verso de la chair recouvrant son radius, pour laisser finalement chuter des gouttelettes cinabres. Son expression se métamorphosa alors brusquement. De son être se dégageait une aura noirâtre et malfaisante, sardonique et aliénée, rendant l’air lourd et irrespirable, presque toxique. Une grimace insensé vint fendre son visage à présent chaotique, sauvage et torrentiel. Le smalt de ses prunelles n’était plus qu’un océan infini d’anarchie. Son ricanement macabre vibra comme des vagues de folie et de violence pures alors qu’il levait son faciès vers le plafond froid de l’appartement; un écho des plus profonds lieux des Abysses, une mélopée retentissante depuis le fin fond des Enfers.


Le ciel berlinois s’était enveloppé de l’épais et large manteau noir d’ivoire de la nuit, le croissant lunaire brillant élégamment en son sein, comme la seule lueur d’espoir dans une obscurité insondable. Un homme se tenait assis sur rebord du toit d’un haut bâtiment de la capitale allemande, si peu discernable qu’on aurait pu croire qu’il ne faisait qu’un avec les ténèbres. N’étaient réellement visibles que deux disques saphirs, qui luisaient d’un éclat angoissant. Il tendit son bras vers la voûte lumineuse céleste, la paume ouverte comme s’il la tenait entre ses doigts. Un sourire mauvais naquit sur ses lèvres pâles lorsqu’il ferma brutalement le poing, comme s’il désirait écraser la seule source de lumière qui empêchait l’ombre de tout avaler. Le dieu de la Fiction ne savait plus réellement s’il devait traquer et torturer celui qui l’avait envoyé ici, ou s’il devait le remercier. Il n’était en effet ni prudent ni conseillé de jouer avec les nerfs d’un psychopathe impulsif et misanthrope à tendance sadique, mais dans le cas présent, il voyait la situation comme un présent l’ayant libéré de son antérieur lassitude. Ce contexte réunissait deux choses qu’il avait toujours voulut faire : se battre dans une guerre et tuer des nazis. Les nazis, à cause des atrocités antisémites commises et des expériences douteuses et contre-nature, resteraient pour toujours dans l’esprit commun comme une représentation de ce que l’humanité avait de pire. Le japonais avait toujours aspiré à voir de ses propres mirettes ce soi-disant « Mal » que représentaient le nazisme et ses adeptes, désireux de confronter l’ennemi de l’humanité et de lui montrer le véritable sens du mot « inhumain ». Et puis, en inconditionnel fan du réalisateur américain Quentin Tarantino, et de surcroit de son plus grand chef d’œuvre “Inglourious Basterds”, le massacre barbare à la chaine de nazis était presque devenu pour lui un fantasme. Cependant, jusqu’alors, il était relativement déçu. Les quelques fachistes germaniques qu’il avait abattu n’étaient rien d’autre que des soldats à peine endoctriner suivant les ordres d’un commandant suprême impitoyable. Mais il ne désespérait pas, loin de là, car il avait été envoyé au bon endroit, au bon moment. Grâce à ces circonstances exceptionnelles, il allait non seulement pouvoir occire du nazi à volonté, mais avait en plus de ça une chance inestimable de pouvoir s’attaquer au visage du Mal en personne. Un « contrat », qu’il effectuerait pour son plaisir et sa gloire personnels. La cible : Adolf Hitler. Les chances de réussite : minces. Le nombre de personnes à tuer pour remplir le contrat : indéterminé. Le vent de mort qui avait amené les russes jusqu’à l’entrée de Berlin s’apprêtait à se muer en tornade meurtrière et invisible, incarnée par un sinistre être divin, dont la soif de sang avait crû au point d’en être devenue insatiable.

Les coups de minuit sonnèrent enfin. 20 avril 1945. Cinquante-sixième anniversaire du tyran antisémite le plus haït de l’histoire. Et le dernier jour où il ferait une apparition public, sortant de son bunker dans lequel il était enfermé depuis des mois et dans lequel il se suiciderait. Mais l’histoire s’apprêtait à changer. Eishi ne laisserait pas sa cible s’ôter la vie elle-même dans une dizaine de jours. Non. Il allait profiter de cette fenêtre d’opportunité pour enseigner au Führer une dernière leçon de barbarie, il allait lui montrer que la mort ne serait pas sa victoire, mais sa défaite, sous la forme d'une implorante et lamentable reddition. L’assassin à la toison noirâtre savait, car il connaissait l’histoire, où se trouvait le bunker, comment il était gardé, qui serait à l’intérieur et quand il pourrait y pénétrer. Il avait en plus de cela l’énorme avantage de l’effet de surprise. Personne ne s’attendait à une attaque furtive de ce type, et lorsqu’ils s’apercevront de quelque chose, il sera bien trop tard. Déposant l’ample capuche noire sur sa chevelure aussi sombre que la nuit, son sourire s’allongeant funestement, l’assassin dissimulé sous son manteau de ténèbres se mit en mouvement, pour ce qui serait la Seconde Nuit des Longs Couteaux.


Les huit heures qui ficelaient l’apogée de la nuit à la naissance de l’aurore furent longues et maculées de sang. L’ombre divine meurtrière s’était introduite dans moult bâtiments, moult logements, moult chambres. Avançant dans les ténèbres nocturnes avec un effacement totale, la déité de la Fiction était devenu une personnification du trépas, ne laissant derrière elle que le silence et une couleur, un flot grenat sombre et poisseux indélébile. Une véritable hécatombe. Il regardait la lueur rouge-orange qui germait à l’horizon, commençant à éclairer la capitale allemande, chassant progressivement l’obscurité. Malgré sa faible intensité, la lumière rendait à présent visible la scène de carnage qui s’était achevée quelques minutes plus tôt. Une pièce effroyablement ensanglantée et un cadavre à l’image de son environnement. Quasiment nu, si l’on faisait abstraction de son sous-vêtement génital, ce dernier, qui marquait la fin de cette abominable Seconde Nuit des Longs Couteaux, était très différent de ses prédécesseurs. La plupart des nazis lynchés durant le pogrom avaient simplement eut la gorge tranchée ou la nuque disloquée pour les plus chanceux, ou de multiples fractures, lacérations et perforations pour ceux qui avaient tenté de défier le japonais. Mais ce dernier était le centre d’un tableau, d’une peinture symbolique. Il était littéralement crucifié au mur directement en vis-à-vis avec la fenêtre, mais pas uniquement au niveau de ses paumes, ses bras entiers, du creux de ses mains à ses épaules, étaient transpercé d’une multitude de lames et de chacune des plaies s’était écoulé un filet carmin. Sa tête pendait à son cou, le visage en direction du sol froid ou reposaient ses pieds poinçonnés. Sur son torse souillé de liquide écarlate asséché se trouvait une svastica inversée, incisée profondément dans la chair et qui, étant source de l’effusion sanglante, avait sans nul doute été marquée alors que la victime respirait encore. Si rien que l’odeur de sang se dégageant de la pièce aurait pu donner la nausée à n’importe qui, celle qui émanait du nippon aurait pu faire tomber en syncope une personne à moins d’un mètre de lui. Son effluve était sanguinolente et imprégnée de la puanteur de la mort. Un sourire fier agrémentant son visage tacheté de sang, il admirait son œuvre artistiquement macabre d’un œil rieur. Cette nuit de tuerie avait été satisfaisante et très distrayante pour le vingtenaire du pays du Soleil-Levant. Lui même ne savait pas exactement combien de nazis il avait exterminé tellement il s’était amusé. Pour beaucoup, ça avait été une subite exécution, mais pour certains, qui ne dormaient pas ou dont l’instinct les avaient éveillés, l’affrontement avait réellement été récréatif. Pour un ou deux qui avaient senti venir la menace, il avait même été en danger. Et tous n’avaient pas été suppliant, quelques uns lui avaient même craché au visage en criant « Heil Hitler » avant de perdre leur tête ou de se faire empalé. Se remémorant les instants les plus divertissants, Eishi soupira d’aise, quittant la chambre avilie d’un pas détendu. En même temps qu’il perpétrait ses assassinats, il en avait profité pour planifier la suite de son opération. Il avait dérobé à l’une de ses proies un uniforme de SS, duquel il comptait se vêtir pour pouvoir s’introduire dans la chancellerie sans trop attirer l’attention. Il jeta un dernier coup d’œil au-dit accoutrement reposant sur la table de la cuisine avant de commencer à se déshabiller. Une fois complètement nu, il se dirigea vers la salle de bain puis entra dans la douche. Lorsque le liquide l’imbiba promptement, ruisselant entre ses muscles, il poussa un long soupir de contentement. Il demeura longuement dans la cabine de douche, perdant légèrement notion du temps, prenant soin d’effacer toute trace, toute odeur de sang et de mort. Lorsqu’il sortit enfin de la salle d’eau, le jour s’était complètement levé. Il déambula brièvement dans l’appartement, vêtu seulement d’une serviette blanche attachée à ses hanches, avant de se rendre dans la cuisine pour enfiler les vêtements de fachiste germanique. Il remarqua une fois déguisé que l’uniforme lui allait étrangement bien, ce qui eut pour effet de provoquer un léger rire moqueur et folâtre. Le noiraud chercha quelque chose à manger dans le réfrigérateur, trouvant des œufs, de la charcuterie et du fromage. Egayé de cette découverte, il se prépara un épais déjeuné avec le tout. Il s’installa gaiement à table, ingérant doucement sa préparation, dégustant avec plaisir la première source d’énergie avalée en presque deux jours. Un fois son repas terminé, il prit curieusement la peine de faire la vaisselle, ricanant ironiquement des habitudes que lui avait fait prendre son décédé tuteur. La corvée achevée, il se devait de nettoyer une dernière chose avant son départ : la totalité des armes blanches qu’il avait récolté. Il ne pouvait se permettre de laisser le funèbre parfum ancré dans chacune des lames le trahir si jamais une personne de l’entourage du tyran avait un odorat aiguisé. Il procéda donc, chantonnant jovialement alors que le sang d’un nombre absurde de nazis se faisait engloutir par le siphon. Après les avoir toutes minutieusement dissimulées dans son uniforme, il rangea le P08, la seule arme à feu dont il disposait, dans son étui puis, armé d’un sourire guilleret, il déserta l’habitation.

S’infiltrer dans la chancellerie avait été étonnamment aisé, très certainement parce que les soldats évitaient de se promener pour ne pas être victime des bombardements, qui semblaient être relativement calme ce jour-ci. Seulement deux officiers faisaient leurs rondes dans la grande bâtisse, il aurait été d’une simplicité infantile de s’en débarrassé mais Eishi n’en fit rien. Il ne savait pas s’ils devaient régulièrement faire un compte rendu ou donner une quelconque information du genre, il était donc plus prudent de s’approcher discrètement des jardins, où se trouvait être l’entrée du bunker du Führer. Une fois en position, dissimulé dans le promenoir juxtaposé à l’entrée de la résidence du dictateur nazi, il se mit en attente. Il savait que dans le début de l’après-midi, qui serait dans quelques heures, Hitler sortirait pour la dernière fois à la surface pour une sorte de réunion visant à organiser la défense de Berlin. Cela faisait une éternité que le jeune homme à la chevelure de jais n’avait pas été aussi impatient. Il s’imaginait déjà les atrocités qu’il allait perpétrer, l'effroi qu’il allait engendrer, le désespoir qui assujettirait ses victimes. Son excitation grandissait de minute en minute, alors qu’il parvenait à peine à maitriser les spasmes d’ébullition qui menaçait de trahir le masque flegmatique qu’il portait. La tourmente virulente et sanguinaire qui se déchainait en lui était difficilement contrôlable, même même alors qu’il avait passé sa vie à l’apprivoiser. À vrai dire, c’était depuis sa rencontre avec Aleksander que sa soif de sang était devenue plus violente et irrépressible. Il avait l’impression que le lycan faisait ressortir ce que les gens normaux qualifiait de pire en lui, bien que lui-même ne le voyait pas du même œil, batifolant beaucoup plus depuis que son chemin avait croisé celui du britannique. Il regretta un instant que ce dernier ne soit pas à ses côtés en ce moment pour apprécier le spectacle avec lui. Quoiqu’il était certain que si son acolyte lupin avait été ici, l’assaut se serait fait d’un manière bien différente et surement plus spectaculaire et grotesque. Cette pensée fit sourire doucement le brun qui avait de plus en plus de mal à s’imaginer une existence en l’absence totale du serveur blond aux verres fumées.

L’expectative fut longue et ennuyeuse, rien ne se passa réellement et l’Apprenti dieu rêvassa la plupart du temps, de choses frivoles, grivoises ou vicieuses. Lorsqu’enfin du monde commença à affluer vers la chancellerie, le nippon se remit à l’affût, guettant la sortie de sa cible de son casemate. Il dut se faire plus effacé encore, se mêlant avec discrétion à la population militaire environnante, dissimulant ingénieusement son faciès qui si observé avec trop d’attention aurait pu soulever des questions, même si le Japon avait été allié du nazisme durant cette guerre. Puis vint le moment tant attendu, Adolf Hitler sortit de son terrier, accompagné de quelques personnes, pour venir saluer ses « sujets ». L’opération commença à cet instant précis. La déité de la Fiction se déplaça furtivement et prestement, se faisant passer avec une adresse et une exactitude effarante pour un soldat nazi, les ayants précédemment observer avec précision et rigueur, avec pour dessein de reproduire leur façon d’être. Savoir se fondre dans son environnement, s’adapter à toutes circonstances, être un véritable caméléon… Tout cela représentait un indispensable bagage pour un assassin. Et ainsi, il parvint enfin à pénétrer dans l’antre souterraine du chancelier, qui serait un sépulcre bien plus cruel et sanglant que ce qu’il aurait pu imaginer. Il le parcourra lentement, évoluant de façon à faire croire aux personnes y résidant qu’il lui était familier. Dans le Führerbunker il y avait, hormis ceux qui étaient à l’extérieur en ce moment même, une petite vingtaine de personnes. Dans le fond se trouvait la liaison avec le Vorbunker, une double porte blindée, où résidait la famille Goebbels. Comme cette dernière était sortie pour assister à ce qui serait la dernière parution de leur chef d’état en public, l’entrée du second bunker était ouverte et celui-ci était vide. Le masque imperturbable du noiraud s’estompa pour laisser place à un visage sadique ornementé d’un rictus malsain, alors qu’il s’insinuait dans la structure fortifiée. Il se dissimula dans un coin, se pourvoyant d’un couteau de chasse dans chaque main, attendant le retour de ses proies.

Joseph et Magda Goebbels entrèrent dans leurs quartiers, accompagnés de leurs six enfants, des airs mornes scotchés sur leurs visages, sachant la défaite de l’Allemagne nazie proche, et peut-être planifiant déjà leur suicide et l’empoisonnement de leurs enfants. Une entité charitable, ou tout le contraire, s’apprêtait cependant à leur ôter ce terrible fardeau des épaules. Une lame inexorable trancha l’air renfermé de l’abri souterrain pour s’enfoncer sèchement dans la carotide de la mère, qui tomba lourdement sur le sol, sous les yeux incompréhensifs de la demi-douzaine de chérubins et dans le dos de son mari. Lorsque celui-ci pivota pour voir l’origine du bruit, il croisa deux iris bleuâtre dans lesquels rageait un chaos de folie, avant de tomber à genoux, s’apercevant que sa vie le quittait par une entaille proprement faite à la gorge. Il tenta de crier, mais aucun son ne s’échappa de sa bouche entrouverte. Il chut sur son épouse déjà morte, jetant son regard vide sur sa descendance stupéfaite, avant de lui même rendre l’âme dans un gémissement désolant. Alors que la stupeur effroyable dans laquelle était emprisonné les petits êtres les empêchaient d’émettre un son, Eishi s’abaissa au niveau de la plus jeune, un air amical sur le visage.

    「Ne vous en faites pas les enfants, ça sera bientôt terminé.」

Il posa un doigt rieur devant ses lèvres étirés en un sourire à la fois sympathique et terrorisant, leur intimant de se taire s’ils ne voulaient pas finir comme leurs parents, puis il les laissa là où ils s’étaient immobilisés pour monter les escaliers afin de rejoindre la scène final de sa représentation théâtrale funèbre. Alors qu’il s’apprêtait à franchir la double porte blindé, il ferma les yeux, faisant marcher sa mémoire pour se souvenir de tout les détails de sa précédente inspection. Seuls sept personnes étaient en possession d’armes à feu dans les vingt-cinq qui se trouvaient dans le Führerbunker, et le chancelier n’en faisait pas parti. Une fois l’entrée du Vorbunker dépassée, il ferma doucement la liaison, pour éviter que les possibles cris des orphelins ne puissent alerter qui que ce soit. Dissimulant le couteau de chasse qui résidait dans sa paume droite, il s’approcha du premier officier armé, se trouvant seul dans le standards téléphonique, puis transperça son cœur par l’arrière, sectionnant au passage une partie de sa colonne vertébrale. Il l’amena silencieusement au sol, retirant la lame et s’emparant de son revolver. Il avait à présent deux pistolets pouvant tirer huit coups. Cela suffirait amplement. Rangeant la longue lame, il s’équipa d’un Luger Parabellum dans chaque main, puis s’avança subrepticement vers la pièce suivante : celle où résidait le médecin. Ce dernier était assis sur son siège tournant, dos à la menace approchante, un verre d’alcool posé sur le bureau à porté de main. Ses talents ne serviraient malheureusement pas à aider le restant du bunker à survivre. Le bras du japonais s’immisça autour du cou du docteur en médecine, l’empêchant de respirer et d’émettre quelconque cri. Puis d’un geste sec, sa nuque fut brisée et sa mort instantanée. L’assassin posa délicatement sa tête sur le haut dossier de son siège puis se dirigea vers la salle de réunion, dans laquelle se trouvait le reste des officiers armés. Un, deux, trois. Durant ces quelques secondes, six coups de feu furent tirés. La seconde suivante, le dernier homme possédant un pistolet s’effondra sur le sol, succombant à sa blessure au front, comme ses cinq compatriotes avant lui. L’agitation que ces cinq secondes créèrent fut immédiate et paniquée. Toutes les âmes restantes du bunker firent l’erreur de se ruer vers l’origine des coup de feu. Les infirmières furent les premières arrivées, et leur morts fut aussi soudaine que leur surprise. Les secrétaires du Fûhrer suivirent, connaissant l’exacte même sort. La précision et la vélocité incroyable avec laquelle Eishi avait abattu toutes ces personnes d’une balle dans la tête étira son sourire carnassier et malfaisant, il était loin d’avoir perdu la main. À présent ne devaient rester en vie dans la sépulture du nazisme que le dictateur et sa maitresse. Les deux accoururent ensemble et observèrent la scène avec effroi. Alors qu’elle sembla vouloir crier, ou parler, Eva Braun se reçut à son tour un projectile 9mm entre les deux yeux, pour tomber sans vie dans les bras d’Hitler. Ce dernier pâlit et écarquilla les yeux, avant de pousser un hurlement de chagrin. Se fut le rire machiavélique et cruel du meurtrier de son amante qui ramena à la réalité le tortionnaire nazi, à présent dans le rôle de martyr, qui se mit à dévisager d’une haine féroce le dieu de la Fiction, qui lui retournait de ses prunelles d’un safre bestial et inhumain un regard amusé et méprisant. Lâchant les deux armes vides, le jeune homme aux capillaires ébènes s’approcha posément du chef nazi, prenant au passage le pistolet d’un des cadavres gisant au sol. Alors que le tueur venait de se positionner devant lui, le toisant de ses pupilles fielleuses, Hitler voulut vociférer son aversion et sa rage, mais le puissant coup de pied s’écrasant sur son visage le coupa dans son élan. Il s’aplatit violemment au sol, un mètre plus loin, le faciès ensanglanté. Avant qu’il n’eut le temps ne serait-ce que de se redresser, une main violente et impitoyable vint se plaquer brutalement sur son cou, appliquant une vive pression. Il entrouvrit les yeux pour voir le véritable visage du Mal. Déformé de démence et d’irrationalité, une grimace chaotique et véhémente, véhiculant une soif de sang infinie et une sauvagerie sans borne, illustrée d’un rictus abominable et démoniaque. Le noiraud psychopathe, pointa le P08 en direction des partie génitales du dirigeant nazi, comprimant avec impétuosité la trachée de ce dernier. Approchant son faciès dérangé de celui terrifié et sanglant du chancelier, il planta ses iris céruléens aliéné d’une démence insondable et absolue dans ceux horrifiés du Führer, avant d’élever sa voix folâtre, qui sonna comme une mélodie funeste.

    「Aaaaadolf... Dis “Auf Wiedersehen” à tes couilles !」

Le noiraud appuya sur la détente et la décharge retentit.


Eishi ouvrit brusquement les yeux, puis se leva prestement pour se mettre en position de combat. Il scruta les alentours avant de se détendre doucement. Il était dans sa chambre, portant les même vêtements que lorsqu’il s’était endormi… Tous cela n’avait donc été qu’un rêve extrêmement ludique ? Ou peut-être quelqu’un était réellement venu dans sa chambre et l’avait enfermé dans une puissante illusion ? Il soupira, portant une main ennuyée à sa crinière corbeau. Peu importait au final ce qui en réellement était la cause. Il s’était vraiment amusé durant cette rêverie réaliste, donc il pardonnerait le responsable de cette mascarade pour lui avoir donner l’opportunité de faire une chose qu’il avait toujours désiré faire. Il bailla de façon ostentatoire puis se gratta l’arrière du crâne, plongeant son autre main dans la poche de son jean. Il arqua soudainement un sourcil, sortant quelque chose de sa poche : un papier. Le papier sur lequel était écrit le numéro de la serveuse de la cafétéria. Naquit sur ses lippes un sourire carnassier et lubrique alors qu’il attrapait sa veste pour quitter sa chambre, à la recherche d’une nouvelle source de divertissement.



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Re: [Quête — Un bond dans le passé]「Say “Auf Wiedersehen” to your Nazi balls」 - Mer 10 Juin 2015 - 20:50

Voyou, certes, mais voyou avec une morale ? Difficile à dire… Hitler et les nazis n’étaient peut-être qu’une excuse que Eishi a trouvée pour pouvoir… tuer. Assassiner à tort et à travers. Il aurait fait la même chose dans une autre situation, dans un autre pays... dans le présent. Un académicien est censé protéger les humains quels qu’ils soient, au vue de leur rédemption. Détruire les humains, c’est le rôle des renégats… même quand il s’agit d’Hitler. Il va falloir abandonner les mauvaises habitudes, très cher !

En tout cas, long RP très bien écrit, avec beaucoup de références historiques… c’est top ! Un être humain ne serait sans doute pas assez fort pour tuer toute cette armée (enfin, j’ai arrêté de compter le nombre de morts en même temps que lui), mais une chance : ce n’est qu’un rêve. Dans une armée si « puissante », Eishi aurait sûrement dû croiser une personne aussi forte que lui, voire davantage encore ! N’oublie pas de le mettre dans des situations épineuses, c’est toujours intéressant aussi !
Quête validée !

Ryuuga Eishi : 260 xps + 300 xps bonus quête

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[Quête — Un bond dans le passé]「Say “Auf Wiedersehen” to your Nazi balls」
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