Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Je pensais ne plus jamais te revoir...

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Je pensais ne plus jamais te revoir... - Ven 29 Mai 2015 - 21:06
Je pensais ne plus jamais te revoir...



Ce ne pouvait être lui.

Cachée dans l'ombre d'un mur, derrière la grille d'un des couloirs où elle lâchait les bêtes avant un combat à l'arène, Nasline pouvait voir les deux visiteurs sans être vue. Il y avait là une jeune fille en fleurs qu'elle ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve... Et un homme qui avait probablement un envoûtant regard doré. Quand elle l'avait vue dans un des écrans de surveillance de l'Arène, elle n'avait pas eu une seule hésitation. Elle s'était précipitée aussi vite que possible pour aller vérifier qu'il s'agissait bien de lui... L'homme auquel elle pensait... L'ancien roi d'Atlantide... Son cher frère...

Mais à présent que la vérité était à portée de main... Elle hésitait. Le poing serré contre sa poitrine, elle pouvait sentir son cœur battre la chamade, ses jambes flageolantes semblaient prêtes à la laisser tomber dans la seconde et pourtant elle restait là, les fixant de son regard écarlate.

De là où elle était, elle ne pouvait rien entendre de leur conversation. Et pourtant, connaissant son frère, elle en devinait la teneur. Si tant est que ce soit lui... Elle n'osait l'affirmer... Et pourtant, à cette distance, la ressemblance était troublante.

Un grognement franchit soudain la barrière de ses lèvres. Elle était ridicule. Que ce soit lui ou non, elle avait tout à y gagner. Dans un cas elle retrouvait son frère, dans l'autre elle se trouvait un amant digne d'elle. C'était tout bénéf'.

Prenant une grande inspiration, la princesse ajusta sa combinaison moulante, vérifia que tout son attirail militaire était à sa place, passa ses doigts dans ses cheveux pour les lisser et finalement tapota ses joues comme pour se donner du courage.

Fin prête, elle tendit le doigt vers l'interrupteur qui devait faire monter la grille, puis suspendit son geste en reconnaissant une voix... Le gardien venait de signaler aux visiteurs qu'ils n'avaient pas le droit d'être là. De quoi se mêlait-il celui là ? Ne pouvait-il donc pas l'attendre bien sagement dans son bureau ?

Repartant en sens inverse, Nasline remonta par les enclos des bêtes et ressortit par la porte interdite au public de l'arène. Le couple devait être sorti de l'autre côté. C'était là l'occasion de faire semblant de tomber sur lui par hasard...

Contournant l'arène, elle ne tarda pas à les retrouver. Ils s'étaient installés sur un banc.

Prenant une profond inspiration et lissant ses cheveux une seconde fois, Nasline posa son regard sur le bâtiment le plus proche qui serait prétendument sa destination, puis s'élança d'un pas décidé, glissant de sa démarche féline en s'efforçant de conserver une expression neutre malgré les battements de son cœur devenus fous.
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Sam 30 Mai 2015 - 19:16
La lumière diffusée par l'astre solaire accablait l'Atlante d'une chaleur presque asphyxiante. Un début d'après-midi resplendissant, et amélioré par la présence d'une de ses élèves qui, lorsqu'il ouvrait la bouche, le fixait avec un regard dévorant. La jeune fille l'avait interpellé à la fin de l'un de ses cours, lui demandant si il était possible d'obtenir des cours personnels, et ce, dans la journée même. Son emploi du temps se révélant plutôt vide, puisque personne ne prêtait réellement attention à la philosophie, parmi les garnements détestables qui traînaient çà-et-là dans les couloirs, le Professeur s'était fendu d'un sourire charmant, hochant prestement la tête. Après tout, reprendre ses activités de bellâtre invétéré ne lui ferait aucun mal. Aussi, il se retrouvait là, sous la surveillance infaillible du Soleil, un livre de poche emprunté à la bibliothèque fermement tenu.

Face à l'Apprentie, Ciris avait choisi de se composer un masque de bienveillance et de maturité. Après tout, il était son aîné d'une dizaine d'année, sans aucun doute, bien que cela ne soit pas flagrant. Dévorant en permanence les ouvrages qu'on mettait à sa disposition, le défunt Roi s'était abreuvé des connaissances et des genres qui s'étaient créé après sa disparition, et celle de son Royaume. Sa soif lui semblait intarissable, et il appréciait ce sentiment. Jamais il n'avait été grand littéraire. Sage d'instinct, bien sûr que oui. C'était son devoir. Désormais, il avait pour but d'instruire ses nouveaux fidèles qui assistaient aux démonstrations et aux déploiements de ses connaissances antiques.

Bien qu'en réalité, le Dieu de l'Autorité n'avait qu'un seul et unique but. Se divertir. N'avait-il pas l'éternité devant lui, maintenant qu'il avait été déifié ? Pour un temps, il se contenterait de l'Académie comme terrain de jeu. Mais, un jour, à n'en pas douter, il partirait à la recherche des vestiges du pays qu'il avait tant chéri. Qu'il avait laissé aux mains de sa bien-aimée soeur. La simple naissance de cette pensée fit naître au fond de son coeur un espoir futile de la retrouver, elle aussi. Un désir bien plus présent et urgent que celui de s'emparer des ruines de son empire.

Se prenant au jeu, le Roi se créa une personnalité, à base de celle dont il disposait déjà. Désormais, il parlait avec des manies typiquement italiennes. Ses mains bougeaient, cette même gestuelle rendant son éloquence et ses dires plus captivants encore qu'à l'origine. Ses yeux dorés et perçants, à la manière de ceux qu'un cruel rapace, se braquaient dans ceux, noisettes et banals, de sa victime. Verrouillant le contact visuel, il n'en doutait pas que son regard suffirait à le rendre désirable auprès de l'Apprentie, qui était déjà manifestement prise au piège dans les rets intangibles et invisibles du Professeur de philosophie.

Sauf qu'un gardien de l'arène vint briser cet instant de silence, d'une sensualité toute autre que celle barbare et primitive des individus de cet époque. C'était sa nature intemporelle et noble qui le rendait si prisé, au même titre que son élégance et son goût du beau-parler. Se contentant d'incliner doucement la tête, dissimulant son mépris derrière un nouveau masque de gêne dosée, présentant ses confuses audit employé, avant de présenter son bras à la jeune fille qui marqua une hésitation, avant de s'en emparer non sans un ricanement de satisfaction. Dirigeant son élève vers un banc, où il la laissa humblement s'asseoir avant de lui-même prendre place à ses côtés, l'Atlante prit d'assaut les choses sérieuses tout en restant parfaitement dans son rôle. Flatteur, presque complice, il laissait glisser çà-et-là des propos qui laissaient deviner ses intentions. Ce qui, durant un instant, sembla déstabiliser l'Apprentie, qui se reprit rapidement en passant à son tour à la partie intéressante d'une rencontre. La discussion tournait toujours autour du cours vu en classe, qui, en l'occurrence, traitait de l'absurdité de l'existence et de la précarité de l'espèce humaine. Glissant des pics taquines par moment, en rapport avec les dissertations rendues par la jeune adulte, Ciris ne perdait pas une occasion de faire référence à des propos bien moins dissimulés et propres qu'un instant plus tôt. Ce qui, manifestement, ne dérangea pas sa victime, qui en souriait. Jusque là, la phase de test se déroulait sans encombre. Il évaluait la tolérance de sa cible vis-à-vis de telles paroles, et à sa grande surprise, celle-ci semblait bien trop ouverte socialement. Ce qui témoignait de son appartenance à un autre âge, ce qui ne fit qu'exciter les sens du Roi qui prit un grand plaisir à décortiquer la moindre information offerte.

C'est alors que son regard se détourna, au même titre que son attention. La surprise aurait probablement déformé ses traits, si il ne s'agissait pas d'un maître du jeu qu'était la société. Il inclinait doucement la tête à l'adresse de la resplendissante jeune femme en combinaison, qu'il avait reconnu à l'instant même où les fragrances de son parfum s'était égarées jusqu'à ses narines. De ses yeux dorés, il l'avait dévorée, l'espace d'un instant, avant de se rappeler la présence de la jeune fille à ses côtés. Cet instant lui suffit pour décider de jouer à un jeu bien plus distrayant. Si cette magnifique jeune fille était bien sa bien-aimée, ce dont il ne doutait pas car il aurait été capable de la reconnaître entre mille, elle serait en mesure de le divertir. Aussi, mimant un intérêt limité pour l'élégante créature qui se déplaçait avec une grâce féline, presque aérienne, il revint sur l'Apprentie, retournant à sa discussion dont les propos salaces se démultipliaient, sans qu'il ne perde son sourire envoûtant, bien qu'au fond de ses yeux, une étincelle d'excitation presque enfantine était née.

Deus était vraiment quelqu'un de plaisant, décidément.
Il l'avait retrouvée.

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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Sam 30 Mai 2015 - 22:21
Je pensais ne plus jamais te revoir...
La cafétéria. C'était ce bâtiment qu'elle fixait obstinément en se détachant de l'ombre de l'arène pour s'avancer en direction des deux tourtereaux. C'était le seul chemin à emprunter, à moins de vouloir couper à travers la pelouse. De ce fait, sa démarche paraissait naturelle. Même si elle n'éprouvait pas le moindre respect pour les règles aussi stupides que « Pelouse interdite », il aurait été ridicule de s'embêter dans l'herbe quand une allée de pavés n'attendait qu'elle.

La tête haute, elle s'efforçait de ne rien laisser paraître de son trouble intérieur. Sa posture était celle d'une reine, droite et altière, et pourtant, dans sa tête, un joyeux désordre d'émotions contradictoires régnait en maître.

Allait-il la remarquer ? Allait-il la reconnaître ? Se connaissaient-ils seulement ? A priori, il lui rappelait son frère, mais combien de visages avait-elle vu durant tous ces siècles d'errance ? Peut-être le souvenir de cet être tant chéri s'était-il altéré avec le temps ? Sans doute avait-elle fini par l'idéaliser ?

Arrivée à leur niveau, la jeune femme ralentit légèrement l'allure et coula brièvement un regard curieux sur le côté, vers celui qui avait troublé sa tranquillité en cette belle matinée. Durant cette unique seconde, leurs regards se croisèrent et Nasline eut l'impression que son cœur avait manqué un battement.

Battant des cils, elle posa son regard sur le sol sans interrompre sa marche, incrédule. De toute évidence, il l'avait remarquée. Le signe de tête qu'il lui avait adressé en témoignait. En revanche, il ne l'avait guère reconnue.

Les dents de Nasline se serrèrent sur ce constat. Son frère pourrait-il ne pas la reconnaître ? Ça paraissait peu probable. Dans ce cas, ce ne devait pas être lui. A moins que, comme elle, il soit dans le doute ?

Affichant une moue perplexe maintenant qu'elle leur tournait le dos, elle hésita à se tourner, à faire demi-tour pour s'en assurer. Pourtant, peut-être se trompait-elle tout simplement. Les chances que son frère renaisse après tout ce temps étaient presque nulles. A moins d'une nouvelle blague tordue de ce vieux chnock de Deus ? Après tout, ce ne serait pas la première fois que le vieux barbu ferait preuve d'un certain humour dans ses choix. N'était-elle pas ici, elle ? S'il avait trouvé judicieux de la choisir elle, il pouvait bien en arriver à choisir n'importe qui.

Un gloussement la tira de ses pensées, lui arrachant un grognement. Agacée, elle serra les poings et risqua un regard en arrière. Qu'avait-elle à rire cette pimbêche ? Ne voyait-elle donc pas qu'elle n'était qu'une souris entre les griffes d'un matou ? Et pas un chat de gouttière chassant pour sa survie, non. Plutôt un chat domestique cherchant simplement à s'amuser jusqu'à ce qu'on lui rapporte sa pâté de luxe.

S'arrêtant brusquement, elle prit un instant pour réfléchir, à peine une seconde, puis pivota subitement sur ses talons. Peut-être était-ce son frère. Ou certainement pas. Mais ce regard, elle ne l'avait vu qu'une fois, elle n'avait jamais réussi à le retrouver depuis. Qu'importe l'identité de ce type, c'était trop bête de passer à côté. Et puis on ne trouble pas impunément la tranquillité d'une reine.

Instantanément, son regard écarlate se posa sur celle qui lui tournait le dos, la jeune fille qu'elle entendait roucouler depuis tout à l'heure. A bien y réfléchir, ce n'était pas une souris. Plutôt une pie. Ou une dinde. Elle jacassait, gloussait, s'égosillait en paroles ridicules. Au fond, elle ferait une bonne action en la tirant de là. Cette pauvre fille n'était pas à sa place. Et puis la saison des amours était passée, qu'elle aille se pavaner ailleurs.

Esquissant un sourire carnassier, elle l'écouta un instant, attendit que la jeune fille ponctue son risible sous-entendu d'un nouveau gloussement ridicule, puis laissa échapper de même un rire sardonique, interrompant de ce fait la parade amoureuse.

Pincée, sa piteuse rivale se tourna vers elle, le regard interrogateur. Et Nasline lui adressa en retour un sourire compatissant.


« Navrée, continue, c'était très instructif. »

Les joues de la jeune fille rosirent légèrement. Du regard, elle sembla s'assurer que l'homme était aussi surpris qu'elle, avant de reporter son attention sur l'intruse.

« Je... Je ne crois pas que cette conversation vous concerne. »

Un léger rire franchit les lèvres rosées de la princesse écarlate. Nonchalamment, elle pencha la tête de côté, l'air faussement innocent.

« C'est vrai, mais vous êtes dans un lieu public et rien ne m'interdit de m'y inviter, il me semble. »

Relevant ses grands yeux écarlates vers sa véritable proie, elle laissa se dessiner un sourire en coin sur ses lèvres.

S'il était digne de l'intérêt qu'elle lui portait, elle ne doutait pas qu'il accepterait l'invitation. Ce ménage à trois ne durerait certainement pas plus de quelques minutes, vu le morceau qu'il avait dégoté, mais mieux valait commencer en douceur. Elle s’accommoderait de cette cruche jusqu'à ce qu'elle comprenne à qui elle avait affaire et s'en aille d'elle même. Au pire, elle l'y pousserait.

Tout ce qui comptait, c'était que lui reste. Que lui soit à la hauteur de ses attentes. Et s'il ne mordait pas... Elle aviserait.


« Y voyez-vous un inconvénient ? »
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Dim 31 Mai 2015 - 1:33
Le coeur du Roi Atlante manqua un battement, lorsqu'il crut l'espace d'un instant qu'elle n'allait pas s'arrêter. Mais son sourire s'accentua lorsqu'enfin, elle se figeait, un flot de pensée tumulteux secouant sans aucun doute son esprit. Encore une fois, il triomphait. Ne l'avait-il pas toujours côtoyée, cette victoire ? Alléchante, et une fois acquise, si futile. Le sentiment d'excitation retombait déjà alors qu'il se concentrait sur le rôle qu'il avait à jouer. A l'aide d'un astucieux mouvement des yeux, il parvenait à faire en sorte que l'Apprentie qui le côtoyait aie son regard rivé sur ses mains, en déplaçant son centre d'attention, faisant en sorte que. De son côté, il braquait ses iris nobles sur ceux, écarlates, de sa bien-aimée soeur. Elle était aussi resplendissante que dans ses souvenirs, et le rire bien que sardonique avait une teinte cristalline à ses oreilles. Lui-même savait qu'il ne pourrait pas lui résister, puisqu'elle était celle qu'il avait toujours chéri. D'abord comme un frère, puis comme un homme. La première partie de son être lui hurlait de délaisser sa victime pour enlacer celle qui avait partagé sa vie tant de temps, respirer ce parfum qui lui avait tant manqué dans le néant où elle l'avait précipité. La seconde, elle, était joueuse. Et comptait bien continuer son petit manège jusqu'à obtenir ce qu'il voulait. Composant une expression de stupeur, il adressa un regard incrédule à la naïve jeune fille, avant de reporter son attention sur Nasline.

Qui rembarra, comme on pouvait s'y attendre, l'élève avec une aisance et un ton aussi tranchant que le fil du glaive qui pendait à son ceinturon. Qu'il aimait cet aspect presque draconique et implacable de sa cadette, et s'il n'avait pas été Ciris Eldviel Vasilis, sans aucun doute que son masque aurait fondu pour arborer un visage attendri. Il déposa l'une de ses mains sur l'épaule de l'Apprentie, s'adressant à elle à mi-voix, comme un complice, dans le but de provoquer plus encore la Princesse.

« — Jouons à son jeu. »

Effectivement, l'affirmation de sa bien-aimée était juste. Rien ne lui interdisait de s'inviter. Et c'est avec un grand plaisir qu'il lui adressa un sourire charmeur, lorsqu'elle dévoila elle-même un rictus volatil. Se redressant légèrement, pour s'adosser au banc, le défunt Roi souleva l'une de ses bottes pour l'appuyer contre son genou, l'articulation formant un angle à quatre-vingt dix degré alors qu'il allongeait l'un de ses bras le long du dossier qui lui était offert, son regard doré scrutant l'arrivante, perçant, troublant. Elle était toujours aussi splendide, rayonnante d'une aura unique et enivrante. Qu'il n'avait jamais été en mesure de s'approprier. L'une des uniques frustrations brûlantes qui le dérangeait en permanence. Après tout, personne d'autre n'était digne d'elle. Il savait qu'elle côtoyait de nombreux amants. Des porcs de basse naissance, sans aucun doute, pour la plupart. Des culs-terreux qui touchaient sa soeur bien-aimée, alors que lui-même n'était même pas en mesure de la faire sienne ? Il en était hors de question. Et s'il devait pour cela égorger tous les autres hommes à sa portée, qu'à cela ne tienne. Il en serait ainsi. Qui étaient-ils pour contester l'autorité du légitime souverain de l'Atlantide ? Ces patauds qui pensaient connaître la véritable histoire, et qui osaient reléguer la grandeur de son empire à l'état de mythe. Certes, ils étaient légendaires de part leur culture et leurs talents qui ne tenait pas sur les doigts de cent mains. Les dignes dirigeants des sept mers. Incontestablement la plus grande puissance navale de l'Antiquité. Les Grecs ? Les Romains ? Les Perses ? Qu'ils aillent se rhabiller. Ces primates, ces singes sous-développés, n'atteindraient jamais la grâce et l'élégance de bâtiments Atlantes lorsqu'ils fendaient les flots avec la même grâce que l'aileron des impitoyables requins des bas-fonds. Il était bien placé pour le savoir, puisqu'il nourrissait une fascination étonnante et incompréhensible pour les prédateurs marins. S'arrachant aussi rapidement à ses pensées qu'il y avait plongé, sa voix s'éleva avec un léger accent qui, à ses yeux, rendaient ses paroles bien plus douces à l'oreille. D'un vague geste de l'autre main, il désignait la place libre à sa gauche, alors que la jeune fille se trouvait du côté où son bras était allongé, à sa droite.

« — Prenez donc place, Demoiselle. Je suis de nature altruiste, aussi, si vous désirez vous abreuver des connaissances durement acquises, ce serait avec plaisir que je vous dispenserai les connaissances qui sont miennes. »

Achevant sa courte tirade d'un sourire charmeur, il lui adressa un léger clin d'oeil complice, que sa victime ne repéra pas puisqu'elle était tournée avec un air presque goguenard vers l'intruse, bien que l'idée de la ridiculiser grâce à son Professeur lui plaisait au-delà de toutes limites.

Jouons, alors.

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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Dim 31 Mai 2015 - 20:11
Je pensais ne plus jamais te revoir...
Très bien. Il mordait à l'hameçon.

Elle avait eu un mal fou à ne pas grimacer de mécontentement lorsque, complice, l'homme avait touché l'épaule de sa plante verte pour lui murmurer ce qui sonnait à ses oreilles comme un encouragement. Ne voyait-il donc pas qu'il perdait son temps avec cette péronnelle ? Ne voyait-il pas qu'il avait affaire à une Reine ?

Quoi qu'il en soit, le sourire qu'il lui adressa contrastait nettement avec son attitude. Le transperçant de son regard écarlate, Nasline eut à nouveau un doute. Son frère oserait-il jouer ainsi avec elle après tout ce temps de séparation ? Ça semblait bien son genre, mais tout de même... Des siècles de séparation, ça n'était pas rien !

En tout cas, loin de se soucier de ses questionnements intérieurs et de la gêne de sa compagne, l'homme se mettait à l'aise. Étendant son bras dans le dos de l'apprentie, qui afficha soudain un sourire triomphant, il arracha définitivement une grimace à Nasline qui, serrant les dents, lui offrit un regard aussi noir que son âme, en retour de celui qu'il lui offrait, serein, troublant, majestueux. Pour qui se prenait-il ? Était-ce son imagination ou avait-il décidé de jouer avec ses nerfs ? S'il pensait être en position de force, elle allait vite le faire déchanter, foi de Vasilis.


«Prenez donc place, Demoiselle. Je suis de nature altruiste, aussi, si vous désirez vous abreuver des connaissances durement acquises, ce serait avec plaisir que je vous dispenserai les connaissances qui sont miennes. »

« Oh... Voyez-vous ça... »

Un sourire narquois vint étirer la commissure de ses lèvres. Acceptant l'invitation qu'il lui tendait, elle vint s'asseoir à la gauche de l'homme, avec toute la dignité qui était la sienne. Assez éloignée et tournée vers ses interlocuteurs, elle croisa naturellement sa jambe droite sur sa cuisse gauche et, s'appuyant nonchalamment contre le dossier du banc, posa sa joue sur sa main, sans se départir de son sourire moqueur.

D'un air amusé, elle fouillait le regard doré posé sur elle. L'accent qu'il employait semblait méditerranéen, un timbre doux et chanteur, qui glissait comme de l'eau. Le regard était aussi beau que le souvenir qu'elle conservait de celui de son frère. Le visage était fin et familier, les lèvres gourmandes, l'expression tranquille. Pourtant, bien qu'il n'en laisse rien paraître, elle était certaine de ne pas le laisser indifférent. D'ailleurs elle ne laissait jamais aucun homme indifférent. Même ceux qui le niaient farouchement n'étaient jamais totalement insensibles.

Pour sa part, malgré l'accent et l'attitude « détachée » de l'homme, elle n'arrivait pas encore à se persuader qu'il n'était pas son frère. Mais ça ne l'empêchait pas pourtant d'éprouver une attirance certaine à son égard. Peut-être à cause de ses précédents ébats avortés dans la précipitation ? Ou tout simplement parce que l'homme dégageait une aura troublante et royale. Comme un reflet masculin d'elle même.

Elle n'avait jamais vraiment su définir ses sentiments à l'égard de son frère. Pas plus que ceux qu'elle éprouvait pour Topaze. Si elle était honnête avec elle même, elle ne pouvait nier une attirance charnelle, une affection plus forte qu'elle ne devrait l'être et pourtant, contre toute attente, elle éprouvait une réticence à y laisser libre court. Aussi étonnant que ça puisse paraître, elle, Nasline, elle en éprouvait des scrupules.

Pourtant, si cet homme n'était pas son frère... Ça changeait définitivement la donne. Et il était hors de question qu'il lui passe sous le nez.

Charmeuse, elle baissa un instant un regard sur les lèvres de l'homme, puis replongea son regard dans le sien, comme s'ils n'étaient déjà plus que tous les deux.


« Et quelles sont-elles ces connaissances ? L'art et la manière d'apprivoiser les pucelles ? »

Comme piquée au vif, l'apprentie sembla s'indigner derrière, les joues empourprées.

« Nous parlons de philosophie ! »

Haussant un sourcil, Nasline coula son regard couleur de sang vers la jeune femme, l'air détachée mais légèrement étonnée, comme si elle l'avait oubliée. Après tout, depuis qu'elle s'était adressée à l'homme, elle ne s'était plus rabaissée à regarder cette idiote. Mais de toute évidence, elle n'avait pas encore compris le message, il allait falloir être plus explicite.

« Ah ? Toujours là, toi... »

Prise de court, l'apprentie resta bouche bée. Satisfaite, Nasline ne lui laissa pas le loisir de trouver quelque chose à répondre, pas plus qu'à l'homme d'ailleurs. Un sourire carnassier sur les lèvres, elle lâcha les mots suivants d'un ton impartial.

« Alors je t'écoute mon enfant, parle nous donc de l'absurdité de ta triste existence. »

« Je... »

« Ou peut-être préfèrerais-tu continuer à parler de la précarité de ta virginité ? Je t'avoue préférer le premier sujet, le second sonne un peu faux. »

« Je ne suis pas... »

« Mmh ? Ce n'est pas beau le mensonge. N'est-ce pas, monsieur le philosophe ? »

Elle baissa les yeux sur l'homme auquel elles n'avaient guère laissé le temps de placer un mot, le prenant innocemment à parti. Avait-il compris son petit manège ? Sûrement. En tout cas la petite au regard bovin n'avait quant à elle rien vu venir.

Se redressant brusquement pour leur faire face, l'apprentie prit soudain la mouche, les poings serrés, comme l'avait espéré Nasline.


« Je ne mens pas ! Et je ne suis pas une enfant ! Pour qui vous prenez-vous ? »

Apparemment lasse, Nasline lâcha un profond soupir en croisant les bras. Si son intuition était bonne il suffirait d'un rien pour faire exploser la dynamite qu'elle avait ainsi créée. Et même si l'homme choisissait bien ses mots, leur relation ne pourrait qu'être ternie après pareil scandale. A moins qu'il ne choisisse de se retourner contre elle ? Ça restait une possibilité, certes. Mais s'il était digne de ses attentes, il ne prendrait pas vraiment parti. Elle en était quasiment certaine.

Toujours calme devant la jeune femme qui fulminait, Nasline pivota légèrement pour coller son dos au dossier et sourit sereinement.


« Du calme petite. On t'a jamais appris à te tenir en société ? Maintenant, tu es gentille, tu laisses les adultes discuter et tu retournes jouer à la poupée. »
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Dim 31 Mai 2015 - 21:55
Un sourire amusé voguait sur les lèvres du Roi Atlante, qui regardait, subjugué, la précision chirurgicale des piques lancées par Nasline. Comme à son habitude, elle était implacable. La nostalgie submergea pratiquement le Professeur, qui revint rapidement à son petit jeu. Les souvenirs des joutes verbales qui l'opposaient à Mère refirent surface dans l'esprit du Dieu de l'Autorité, qui s'attendrit à nouveau, bien qu'un masque de semi-indifférence dissimulait ses véritables sentiments. L'élève était littéralement abattue sur place, comme fusillée par les remarques cinglantes de la Princesse. Comme il s'y attendait, elle n'avait pas le temps de rétorquer, et quand bien même elle aurait essayé, elle n'avait aucunement les capacités rhétoriques de Nasline, et n'aurait fait que se ridiculiser. En soi, la Repentie lui faisait une fleur, en lui évitant une telle humiliation. La première interrogation de sa soeur bien-aimée arracha un ricanement au Roi, lui-même très porté sur les boutades à caractère sordide. Décochant un sourire étincelant à la Chasseresse, il répondit suite à une profonde inspiration la question qui lui était adressée.

« — La vie et le mensonge sont synonymes, très chère. La société est un jeu de masque, mentir y est simplement devenu une habitude. Comme le dirait un proverbe africain : Le mensonge donne des fleurs, mais pas de fruits. Ce qui signifie par conséquent que le mensonge peut s'avérer magnifique, mais à double tranchant. »

Satisfait de l'emploi des multiples citations qu'il avait lu un peu plus tôt à ce propos, il laissa reprendre le conflit verbal, profitant de cet instant de répit pour réfléchir à la question, non pas en tant que menteur, mais bel et bien en tant que philosophe. En un sens, tout ce qu'il avait dit était vrai. Le mensonge déformait et embellissait les choses. Mais ne ternissait-il pas la vérité, éclatante de pureté ? En ce cas, qu'est-ce qui était préférable ? Tout n'était que question de point de vue, et de situation. A la manière du bien, et du mal. Qui était jugé digne de tracer la frontière entre la justice et l'injustice ? Seuls ceux qui triomphaient étaient en droit de mettre en place leur politique, et de décider de la perception qu'auraient le peuple des choses. Car ladite plèbe n'était au final qu'un troupeau qui se devaient d'être guidés, qu'importe leur faiblesse ou leur pauvreté d'esprit. Ce qui plaisait au défunt souverain, c'était de faire partie de la race des dirigeants. Et à n'en pas douter, sa soeur partageait son destin, au vu de la manière qu'elle avait de remballer l'Apprentie qu'il accompagnait jusque là. Conservant son sourire charmeur, Ciris laissa couler les choses alors qu'enfin, l'élève cédait à la provocation, et à la colère. Qu'elle était prévisible. C'en était presque dégoûtant, tant l'absence de complexité de sa psychologie l'écoeurait. Plus par pitié que par compassion, Nasline lui porta un coup de grâce qui acheva toute résistance chez la jeune fille, qui baissa les yeux, dépitées. Mettant fin à la querelle, le Professeur se redressa lentement, rayonnant toujours de la même aura royale et pleine de prestance qui forçait l'admiration, tout en le rendant intimidant au possible, d'une certaine manière. Sa mine s'assombrit légèrement, prenant un air presque exaspéré par la situation. Claquement de doigt sonore, amené d'un élégant geste du poignet, presque théâtral. Devant le trio, l'air ondulait, se déformait, et enfin, un homme se matérialisait, s'inclinant bien bas, une main sur le coeur.

Une chevelure blonde, des yeux dont les iris semblaient faits d'acier gelé, gris et pénétrants. Un air presque effacé. Vêtu comme un jeune homme d'une vingtaine d'année, chemise et jean, ses manches retroussées dévoilant de multiples cicatrices traduisant un traitement tout particulier administré par le passé. Son aura était à peine perceptible, comme s'il s'agissait d'un fantôme. En opposition totale avec Ciris, qui était une lumière éclatante qui attirait tous les regards, l'intrus était une ombre intangible et difficilement repérable s'il ne se manifestait pas d'une manière aussi magistrale. Il n'arborait aucune arme, et semblait juste essayer d'avoir un air tout à fait normal, mais l'absence d'expression sur ses traits trahissaient sa véritable nature. Figé, il restait silencieux.

« — Spectre, raccompagne Jessica à sa chambre, je te prie. Elle a une dissertation à rendre dans les plus brefs délais, aussi, il serait préférable qu'elle s'y mette, puisque cette session de cours particulier semble s'écourter. »

La mine grave, le Roi inclinait la tête à l'attention de son pion, qui se redressait en offrant son bras à la jeune fille. Il était vrai qu'elle avait du travail à rendre, mais elle arbora une mine dépitée, jusqu'à percevoir les véritables intentions de son tuteur. Celui-ci allait rendre la monnaie de sa pièce à la fauteuse de trouble, à n'en pas douter. Voilà sa véritable intention. Et il ne voulait pas qu'elle le voit sous un mauvais jour. N'était-ce pas adorable ? Celle-ci s'empara du bras qui lui était tendu, adressant un léger signe de la tête à son percepteur, avant de s'éloigner au bras de l'un des sbires du Professeur. Qui, une fois persuadé qu'elle ne se retournerait plus, se débarrassait de son expression courroucée, pour réadopter l'air charmeur et ouvert qu'il avait au début. Sans pour autant reprendre la position décontractée et presque nonchalante qu'il utilisait jusque là. Vissant son regard doré et royal dans celui écarlate et resplendissant de sa soeur bien-aimée, le défunt Roi se fendait d'un léger sourire, se voulant énigmatique.

« — Dans ce cas, que les adultes discutent. A vous l'honneur. »

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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Lun 1 Juin 2015 - 1:51
Je pensais ne plus jamais te revoir...
Avec tout ça, elle n'avait même pas pu relever la réponse de l'homme. Elle n'avait pu qu'esquisser un léger sourire amusé, avant que sa rivale ne prenne brusquement la parole pour taper son scandale d'enfant gâtée.

Délaissant sa posture lascive pour une plus autoritaire, elle n'avait eu aucun mal à finir de la remettre à sa place. Et ce n'est pas auprès de l'homme que l'apprentie trouva une aide quelconque.

Pivotant légèrement la tête vers lui en le voyant se redresser du coin de l’œil, elle se demanda un instant s'il allait intervenir, achever la petite ou prendre son parti. Pourtant il n'en fit rien. L'air agacé, il claqua des doigts puis fendit l'air d'un mouvement du poignet. Prise de court, Nasline se redressa, intriguée, puis ses lèvres s'entrouvrirent de stupeur en voyant apparaître un homme.

D'où sortait-il cet espèce de rat de laboratoire humain ? Il n'était pas pâle au point d'être albinos, les yeux rouges auraient au moins eu un charme, mais il était blafard et quelconque. Intriguée pourtant, Nasline le détailla avec attention, en écoutant d'une oreille distraite l'ordre que donnait l'homme à ses côtés.

Depuis combien de temps cet homme était-il là ? Était-ce là un simple pouvoir de Camouflage ou son domaine divin ? Dans tous les cas, sa dissimulation était on ne peut plus parfaite, elle n'avait rien vu venir.

Perplexe, elle regarda le dénommé Spectre tendre son bras à la ridicule Jessica qui esquissa soudain un sourire triomphant sous le regard amusé de Nasline. Qu'est-ce qu'elle croyait celle là ? Fallait-il lui rappeler qu'elle était la perdante de l'histoire ? Fallait-il la remettre face à la triste réalité de sa piètre existence ?

Un instant, Nasline y songea. Elle lui aurait bien crié de ne pas songer à tenter sa chance avec son nouveau compagnon pour la perte de son précieux trésor. Mais l'homme l'intriguait assez pour qu'elle n'ait pas envie de lui manquer de respect. Un tel don de dissimulation, ça méritait un minimum de respect et puis...ça lui donnait des idées pour son propre intérêt.

Souriant pour elle même, elle cala cette information et ce visage dans un coin de sa tête. Elle devait en apprendre plus sur cet homme et s'en faire un ami comme...comme...

Tournant brusquement la tête vers son compagnon, à sa droite, elle fronça légèrement les sourcils, encore perplexe. Cet homme avait un... serviteur ? Elle ne rêvait pas n'est-ce pas ? Le fameux « Spectre » s'était incliné et il avait obéi à un ordre direct. Il était donc...

Finalement, l'homme cessa de surveiller les deux autres pour revenir à elle, délaissant son air soucieux pour un sourire enjoué. Prise de court alors qu'elle l'observait d'un air suspicieux, plongée dans ses réflexions, elle tressaillit et secoua imperceptiblement la tête pour se tirer de ses pensées, avant de se perdre dans les iris dorés qu'il posa sur elle.


« Dans ce cas, que les adultes discutent. A vous l'honneur. »

Nasline se mordit légèrement l'intérieur de la lèvre, perplexe, sondant ce regard doré. Devait-elle lui demander son nom ? Devait-elle lui demander s'il était son frère ? Comment pouvait-elle être sûre qu'il lui répondrait sincèrement s'il avait été jusque là dans le mensonge ? Devait-elle encore croire en cette possibilité ? Avait-elle vraiment envie de s'en assurer ?

Il y avait bien trop de questions. Et trop peu de probabilités qu'il soit vraiment celui qu'elle espérait. Et pourtant, elle continuait à douter... Tout en le redoutant malgré elle. Cet homme... Était-ce cette ressemblance qui faisait renaître cet émoi en son cœur ? Cet émoi qu'elle évitait et reniait comme un beau diable. Peut-être que...

*Non. Ça suffit. Les sentiments ne sont que des obstacles.*

Se dégageant brusquement de ses pensées parasites, elle se réinstalla comme elle était avant le scandale de la fameuse Jessica. Sa joue vint retrouver le contact de son poing à peine fermé, sans qu'elle ait quitté l'homme du regard un seul instant, puis elle esquissa un vague sourire.


« Je ne sais pas qui vous êtes, monsieur le philosophe, mais vous m'intriguez. Je vous trouve un air familier, mais vous ne semblez pas partager ce sentiment alors c'est sûrement votre regard qui me trouble. En revanche, je ne connais pas beaucoup d'apprentis-dieux ici qui peuvent se vanter d'avoir des larbins comme le votre et je ne peux m'empêcher de me demander si nous sommes à présent bel et bien seuls ou si je risquerais de blesser quelqu'un s'il me prenait l'envie de vous montrer l'efficacité de mes petits bijoux... »

Du regard, elle désigna les armes accrochées à ses cuisses et sa ceinture, trois paires de couteaux de jets, une paire d'armes à feu dissemblables, une paire de dagues quelconques, un fouet et la fameuse dague finement ouvragée que son cher frère lui avait offert lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. C'était là un bel attirail qu'elle n'avait aujourd'hui pas pris la peine de cacher, puisque jusqu'ici elle était dans son lieu de travail, à l'arène. Elle les avait certes abandonnés à contre cœur pour ses ébats, mais pour rien au monde elle n'aurait tout laissé à cet abruti de gardien. Partager un moment d'érotisme d'accord, mais ses armes jamais. C'était un repenti après tout. Elle voyait difficilement comment on pouvait s'imaginer que l'un d'entre eux puisse se repentir et changer. Leurs âmes étaient noires et le resteraient, comme celles de la majorité des humains. Il fallait être bien naïf pour s'imaginer que le noir pourrait redevenir blanc un jour, tandis que le blanc lui était d'une facilité déconcertante à entacher. En fait... Même d'un point de vue strictement imagé, c'était la logique même.

Mais passons.
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Lun 1 Juin 2015 - 11:43
Patiemment, il avait attendu sa réaction, avec un soupçon d'amusement. L'apparition de ses hommes de main était tellement agréable à voir. Après tout, en tant que Roi, il savait rallier les plus forts avec une aisance surprenante. Ceux qui étaient dignes d'être sous ses ordres directs. Deux étaient des apprentis, et un dernier était un Repenti. Trois entités toutes aussi particulières les unes que les autres. Aux antipodes les uns des autres. Alors que Nasline s'interrogeait sur la présence d'autres de ses servants, le Professeur se fendit d'un sourire qui se voulut rassurant, malgré l'apparition de la dague qu'il lui avait offert, et de la menace quasiment ouverte. Arborant une expression joviale, armé d'un rictus sarcastique, il lâcha un léger soupir en levant latéralement les mains presque au niveau de ses épaules.

« — Spectre est un meurtrier de l'époque de Pendragon. Il a assassiné de nombreux vassaux du Roi Arthur en personne, et lors de sa tentative pour éliminer ce dernier, il a été capturé, et torturé. L'unique raison pour laquelle il a fait tout cela, c'est parce que son père, victime de l'injustice de ce monde, lui a demandé de le venger. N'est-ce pas une terrible malédiction infligée à un jeune homme ? Comment était-il supposé accomplir une telle tâche ? »

Son regard perçant se reporta sur le ciel, un éclat d'intérêt réel brillant dans ses yeux. Il était vraiment passionné par ce qu'il racontait. Il semblait presque épris du genre humain dans son entièreté. Ou, tout du moins, pour certains représentants de cette espèce. Des sentiments éprouvés. Il inclina progressivement la tête, se séparant de son sourire, devenant presque songeur. Son rôle prenait de l'ampleur, de l'authenticité.

« — Le désespoir. Voilà ce qui s'est ancré dans son être ce jour-là. Il a vécu toute sa vie dans cette optique. L'être humain est fascinant, non ? Combien d'histoires différentes existe-t-il ? De mentalité ? De traits à la personnalité ? Tous sont uniques, mais rares sont ceux dignes d'intérêts. Je doute que ma curiosité puisse jamais être étanchée. »

Il resta un instant silencieux, avant de revenir braquer ses iris dorés dans ceux, écarlates, de sa bien-aimée soeur, réadoptant un sourire éclatant. En un sens, ses trois fidèles compagnons méritaient son respect, et son amitié. Ils étaient là pour lui rendre son statut de souverain, et ce, peu importait le prix. Ils avaient décelé en lui l'âme d'un véritable Roi, exemple de rigueur et d'une bonté si particulière et unique qui en faisait une entité d'exception.

« — Sthelios, le Spartiate des Thermopyles, est sans aucun doute en cours de sport. Il ne raterait cela pour rien au monde. La philosophie de Spartes est un véritable festin intellectuel, malgré son apparente brutalité. Il nous vient tout droit de l'Antiquité, et ses facultés de combattants sont... Remarquables. Il ne parle que rarement de sa mort, pourtant, l'aura de prestance qui émane de lui nous fait parvenir le fait qu'il avait trouvé le repos dans la gloire sanguine du champ de bataille. Deus nous ramène tant de différents individus. Importants historiquement, ou pas, ils sont tous porteurs d'un passé recelant nombre d'information. »

Nouvel arrêt, pour laisser le temps à son interlocutrice d'appréhender ses multiples tirades. Ciris patientait tranquillement, avant de reprendre, conservant un air passionné plus vrai que nature.

« — Alterion nous vient d'un tout autre plan astral. C'est un Demi-Dragon. Malgré mes interrogations, il répond rarement aux questions concernant son passé. Sthelios, qui lui est relativement proche, m'a dévoilé qu'il aurait été à l'origine du génocide d'innocent. Manifestement, c'est une entité terrible, qui est désormais curieusement calme. C'est le Jardinier. Un Repenti qui cherche véritablement sa rédemption. Pourtant, à votre place, je n'irai pas le taquiner. »

Nouveau sourire qui se voulait rassurant. Doucement, il haussait les épaules, l'air de dire qu'il ne jugeait aucun de ses serviteurs, qui étaient tous de fidèles bras droits, à ses yeux. Et surtout, de redoutables opposants. A vrai dire, il brûlait d'impatience à l'idée de les voir se jeter côte à côte dans la bataille. Trois époques différentes. Trois styles de combat différent. Pourtant, une certaine synergie semblait régner entre eux, lorsqu'ils étaient réunis. Ils dégageaient une puissance certaine individuellement, mais une fois combinés, ils lui paraissaient inébranlables. Invincibles. Son sourire s'effaça, alors que les traits du souverain se tendaient légèrement. Soudainement, il détournait le regard, presque amer.

« — Il y en a bien un autre, qui a refusé. Avez-vous entendu les rumeurs ? La Bête du Gévaudan aurait été réanimée parmi nous. Une terrible Créature à l'origine de nombreux meurtres, durant une époque bien précise. »

Chassant ce souvenir méprisable de son esprit, Ciris revint sur son interlocutrice, réadoptant un sourire énigmatique dont il ne se défit plus, reposant ses prunelles dorées au fond desquelles l'étincelle erratiques disparaissait progressivement sur sa compagne.

« — Pour répondre à votre question, rien ne vous empêche de vous en prendre à moi, si ce n'est votre intérêt manifeste envers ma personne. Alterion est probablement à l'autre bout du campus. Cependant, je dois vous avouer deux choses. La première est que j'ai une fascination certaine pour les individus capables de se hisser au sommet du monde en venant d'un milieu défavorable, comme ces trois-là. »

Son rictus s'accentua, alors qu'il semblait au bord du ricanement.

« — La deuxième est que je connais déjà votre identité. Princesse, ou plutôt, Reine Vasilis. »

Satisfait, il se redressait légèrement, et venait mettre genou à terre, une main sur le coeur, tête baissée, réajustant le glaive qui pendait à sa ceinture, résidant dans son fourreau sans ornement. Qu'il aimait ce petit jeu. Cette comédie.

Cette pièce de théâtre.

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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Mar 2 Juin 2015 - 18:56
Je pensais ne plus jamais te revoir...
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris de poser cette question ? Voilà qu'il se lançait dans un monologue, lui racontant la vie de ses précieux pantins.

Le pire, c'est qu'il était tellement captivé par ses propres paroles qu'il ne prêtait guère attention à la moue perplexe qu'elle lui offrait en retour de ses explications. Agacée, elle inversa le croisement de ses jambes.

Pendragon. Le Roi Arthur... Elle en avait beaucoup entendu parler, mais elle était à Rome durant cette période, au grand damn de Topaze qui avait un jour espéré une confirmation de sa part quant à son existence. Difficile après tout de démêler le vrai du faux. Nasline le savait elle-même très bien puisque son royaume était relégué à l'état de mythe depuis sa disparition sous les eaux.

Écoutant l'homme, elle haussa vaguement les épaules à chaque fois qu'il la prit à parti. Était-elle supposée s'intéresser à tout cela ?

Elle n'avait pas compris l'histoire de vengeance et de malédiction, mais comptait bien se garder de poser des questions. De même, elle retint un rire narquois quand il fut question de l'être humain. Pour sa part, elle les méprisait. Et cette divergence d'opinion ne pouvait que la desservir. Or, elle n'avait pas besoin de partager son avis sur la question pour en faire son amant. Et il n'avait pas besoin de connaître le sien.

Tout ce dont elle avait besoin, c'était d'y trouver son compte. Or, l'homme était beau. Surtout en cet instant. Il semblait captivé par ce qu'il racontait, passionné par ces histoires.

...Dommage qu'elle soit obligé de les subir pour se délecter du spectacle. Du moins jusqu'à ce qu'elle parvienne à capter son attention et devenir l'objet de cette passion ? Voilà une idée qui lui plaisait bien. S'il était passionné par l'existence pitoyable des êtres humains, sûrement qu'il apprécierait de connaître son histoire ?

Finalement, après un court silence, l'homme se tourna de nouveau vers elle et elle eut un léger sursaut, se reprenant pour lui sourire à son tour quand l'instant d'avant elle se désespérait à l'écouter.

Avait-il réalisé qu'il l'ennuyait ? Visiblement non. La fixant de ses grands yeux dorés, il se mit à lui parler d'un second homme. Et Nasline ne put retenir un sourire en songeant à une punchline bien connue du monde moderne. Après tout, elle avait beau avoir vécu des siècles auparavant, elle était au fait des dernières tendances et de l'histoire contemporaine après vingt ans passés aux côtés de Topaze. Certainement que l'évocation de « Sparte » n'éveillait pas du tout les mêmes réactions chez l'homme. Mais pour elle...

Tentant de se reprendre et chasser ce sourire amusé sur ses lèvres, la jeune femme hocha légèrement la tête pour indiquer à l'homme qu'elle suivait. Bon certes, elle suivait à moitié, mais elle attendait toujours qu'il réponde réellement à sa question, elle attendait la confirmation qu'ils soient vraiment seuls en cet instant. Si tant est qu'il lui dise la vérité.

Pourtant, la réponse se fit encore attendre. Et Nasline pria intérieurement pour qu'il n'ait pas eu les yeux plus gros que le ventre au point d'avoir encore d'autres serviteurs. Surtout que cette fois, on tapait dans un autre registre. Après les héros « mythologiques », on passait aux « créatures mythologiques »... Rien que ça.

En tout cas, elle eut un mal fou à ne pas ricaner lorsqu'il assura que ce repenti à écailles se repentait vraiment. Ça, elle n'en croyait pas un traître mot.

Pourtant, elle se contenta de lui sourire en retour. Elle se risqua même à glisser quelques mots pour répondre à son avertissement, espérant que cette fois, il avait fait le tour de son personnel.


« Ça va... je sais me défendre... Et vous avez donc trois serviteurs, c'est ça ? »

Elle pencha légèrement la tête sur le côté à cette question, souriante, avant d'hausser un sourcil en le voyant détourner le regard.

Tiens ? L'homme semblait attristé. A nouveau le monologue reprit. Il était question d'une bête qui avait refusé d'être un serviteur. Elle avait entendu parler de cette bête effectivement, sur Terre comme ici. Il venait fréquemment à l'arène et elle avait déjà glissé l'idée à l'oreille de Chronos d'en faire un de leur protégé. Évidemment, c'était impossible. Pourtant, elle aurait préféré le voir déchirer des apprentis, plutôt que ses amis à poils et écailles. Après tout, elle les capturait, les entraînait, les nourrissait et les soignait... Elle était attachés à eux quelque part. Et voir ce Aleksander détruire son précieux travail dans l'Arène ne la réjouissait guère. Et puis... L'idée d'apprivoiser une telle bête... ça avait quelque chose d'excitant.

Finalement, enfin, la réponse vint. Décidément, elle n'avait jamais autant mérité une réponse. Ils étaient donc bel et bien seuls. Nasline eut un sourire. Visiblement, il la pensait capable de s'attaquer à lui. Elle le pouvait certes, mais non elle ne le désirait pas.

Quoi que s'il continuait à blablater indéfiniment, l'envie pourrait bien la prendre de le faire taire. Voilà qu'il était reparti, lui avouant sa fascination pour ce qui lui évoquait à elle ce qu'on appelle « Le Rêve Américain ».

Le sourire de l'homme s'agrandit, lui arrachant la moue perplexe qu'elle s'évertuait à refouler quand il avait le regard sur elle comme en cet instant. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter. La dernière phrase la déstabilisa.

En effet, laissant glisser son regard pour le suivre tandis qu'il s'agenouillait à ses pieds, elle se sentit trembler. Elle n'avait plus la joue sur sa main, d'ailleurs cette dernière pendait mollement tandis qu'elle fixait l'homme avec une surprise qu'elle était incapable de dissimuler. D'ailleurs, ça aurait été inutile puisqu'il avait la tête baissée en signe d'humilité.

Comment ? D'où connaissait-il son nom ? Était-ce son domaine divin ou... ?

Nasline tressaillit soudain.


« Ciris ? »

Sa voix était légèrement tremblante d'émotions, fixant l'homme sans oser y croire. Il n'avait tout de même pas osé si ?

Décroisant ses jambes, elle se pencha pour saisir le menton de l'homme, la mine sombre, et releva ce visage parfait, plongeant son regard écarlate dans les yeux dorés, les traits tirés par ses réflexions. Le regard n'avait guère changé, il semblait presque amusé par la situation... et ça, ça suffit à achever de la mettre en rogne.

Laissant glisser sa main, elle le saisit par la gorge, sans réellement serrer pour autant.


« Ne te moque pas de moi. Je n'ai pas la patience. Qui es-tu ? »

Ses doigts devinrent légèrement brûlants, le contact avec sa peau en devenait désagréable, comme annonciateur d'une brûlure prochaine s'il persistait.

« Je te déconseille de me mentir. Si tu joues la comédie au lieu de me prendre dans tes bras après tout ce temps, je te le ferai payer. »
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Ven 5 Juin 2015 - 16:13
Peut-être n'aurait-il pas dû pousser l'audace jusque là. Bien trop amusé de la situation, il s'était laissé prendre au piège dans son propre rôle, utilisant des connaissances que manifestement, n'importe qui n'aurait pas eu. Car, il le savait, l'Atlantide avait disparue. Au même titre que les Vasilis, et que tous les écrits historiques traitant de leur histoire. Aussi, il semblait évident que les choses tournent mal si jamais il s'appuyait sur ledit savoir. Grimaçant alors qu'elle l'empoignait à la gorge, la contrariété générée par le constat de son erreur déforma ses traits, au même titre que la douleur due à la brûlure du contact des doigts sur sa peau nue. D'un geste sec, il s'arrachait à l'emprise de sa soeur, lui tournant le dos en marmonnant des propos qu'il serait déplacé de citer. Pivotant à nouveau d'un quart de tour, il braqua sur elle son regard perçant, la toisant avec une colère presque palpable. Redirigeant son attention vers l'horizon, il haussa les épaules, pratiquement dédaigneux.

« — Eh bien, quoi ? Tu as perdu ton attitude joueuse ? C'en serait presque décevant, si je n'étais pas moi-même si rouillé après tant d'années passées dans un vide noir et insondable où j'ai bien cru perdre ma santé mentale. »

Une légère variation dans l'atmosphère attira son attention durant un court instant, mais rapidement, il se reconcentra sur sa propre personne. Il était Roi. Ou, tout du moins, il l'avait été. Ce constat amer s'imposait à nouveau, récurrent, méprisant. A nouveau, il se tourna vers Nasline, affichant une expression indéchiffrable, reprenant sa voix et son ton habituel. Sauf qu'il y avait une indifférence blessante qui émanait de sa façon de s'adresser à son interlocutrice, en total contraste avec la passion qu'il éprouvait un moment plus tôt, ses yeux atypiques luisant comme jamais. Voilà donc la triste finalité de ses efforts ? Une erreur qui le menait jusqu'à cette position désagréable ? Il toisait sa soeur comme il l'aurait fait avec l'un de ses opposants. Elle le ferait payer ? Ne l'avait-elle pas suffisamment fait, en lui demandant si il pensait réellement la connaître ? Ses entrailles lui donnaient l'impression qu'elles remuaient, alors qu'un silence pesant et oppressant s'était installé entre les deux sang bleu. Il le savait, qu'elle n'était pas désolée, de ce qu'il s'était passé ce soir-là. Ciris avait conscience du fait que jamais, qu'importe ses efforts, elle n'aurait régné à ses côtés. Et que maintenant, qu'importe ce qu'il ferait, il ne saurait plus l'intéresser de par son pouvoir. Ses possessions. Son trône. Après tout, que lui restait-il, si ce n'était un ego démesuré, et ses magnifiques yeux ?

Il n'avait plus rien. Plus de masque. Plus d'amante. Plus de soeur, en l'occurrence. Cette pensée lui parut étrangère, comme insinuée par une entité extérieure. Pourtant, il ne ressentait plus la vive passion qu'il éprouvait quand il jouait encore son rôle. Comme si sa véritable personnalité avait été meurtrie. En cet instant, tous les magnifiques souvenirs qu'il idolâtrait pratiquement, les partageant avec sa bien-aimée soeur, semblaient ternes. Pâles. Comme s'il n'était plus capable de ressentir la moindre excitation à cette idée. Elle ne savait pas, ce que c'était d'être désolée. Il en avait la certitude. Et peu importe ce qu'il s'était passé après qu'il aie été poignardé. Cette certitude ne serait jamais ébranlée, qu'importe les mots utilisés. Qu'importe les émotions exploitées. Doucement, l'animosité qui l'habitait s'estompa aussi rapidement qu'elle était née, et il détourna le regard de l'objet de son incompréhensible hostilité.

« — Je suis Ciris Eldviel Vasilis. Digne héritier du trône de l'Atlantide. Assassiné par ma soeur, Nasline Vasilis. Nouvellement Professeur de Philosophie de la Deus Academia, et Dieu de l'Autorité. »

Ceci fait, il croisait les bras, vissant son regard doré dans les iris écarlates de la soeur qu'il chérissait tant par le passé, et pour qui en cet instant, il ne parvenait pas à éprouver le moindre sentiment. Comme si le fait qu'elle l'aie humilié d'une telle manière il y a un instant bafouait son honneur sordide de manipulateur, d'homme masqué. Et l'instant suivant, quatre phalanges s'écrasaient contre son visage, depuis son angle mort, avec la force d'un cheval de guerre. Ses pieds décollaient du sol alors qu'il oscillait entre la stupeur et l'inconscience. Il venait d'être fracassé avec une telle puissance qu'il sentit le goût du sang dans sa bouche, avant de percuter le dossier du banc, qui bascula pour se renverser, accompagnant le Roi Atlante dans sa chute.

L'aura féroce se faisait presque oppressante, maintenant.

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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Ven 5 Juin 2015 - 18:29
Le Lycan venait de pulvériser d'un direct du droit monumental le Roi Atlante. Une branche de ses lunettes aux verres fumés glissés dans le col d'une chemise... Rose, contrairement à l'habitude. Ses traits étaient déformés par une colère féroce qui lui était propre, alors que ses deux iris dorés dégoulinaient d'une cruauté pure et simple, véritable déchaînement d'instincts meurtriers. C'est comme si ses capillaires sanguins, veines, et artères, pulsaient de l'énergie mauvaise insufflée par une fureur surnaturelle. Son regard terrifiant était vissé sur sa proie, qui venait de s'effondrer, tête la première, avec le banc, sortant temporairement de son champ de vision. Il avait traversé la cour depuis la cafétéria, en découvrant que son uniforme avait été piégé par l'un des sbires de l'infâme Roi Atlante.

Ou, tout du moins, c'est ce qui lui paraissait le plus évident. Jamais on n'avait osé lui faire une telle crasse. Et du jour au lendemain, il refusait une offre tordue de la part d'un type puant l'assurance et les vices, et le voilà qui se retrouvait avec une tenue efféminée. Bien sûr, son sang n'avait fait qu'un tour avant qu'il dirige son courroux vers l'unique entité qui aurait pu être à l'origine d'un tel traquenard, si ce n'était Nelsha, l'Infirmière. Son odeur était aussi asphyxiante que la tension qui régnait désormais dans l'atmosphère ambiante, alors qu'il se redressait. Il sentait la Bête, et la Mort. Ses pulsions étaient loin d'être refoulées, bien qu'il semblait qu'il se bridait volontairement afin de ne pas se jeter sur sa victime dans le but de la réduire en pièces détachées. Il lui aurait été facile de mettre en morceaux un être aussi peu réceptif à l'arrivée d'une créature qui paraissait si massive de par les émanations qui exsudaient du moindre pore de sa peau. Pourtant, il marquait un arrêt, évitant de se laisser aller à sa frénésie, la seule chose qui pourrait en résulter étant un carnage. Ses mains gantées convulsaient, à l'idée de briser la nuque du Professeur. De sentir vertèbres et os se briser entre ses doigts.

Un mouvement à l'extrémité de son champ de vision capta son attention, ce qui eut pour effet de le faire pivoter, se redressant de toute sa hauteur, sa respiration se faisant haletante alors qu'il se battait contre lui-même pour refouler ses puissantes envies de meurte. Son regard féroce se vissa dans les iris écarlates de la Princesse Atlante, alors que son aura assujetissante faisait à nouveau des siennes. Il y avait au fond de celle-ci une horreur indicible inspirée par la simple présence d'une entité supérieure aussi bien sur le plan métabolique et magique. Et qui avait visiblement envie de commettre un homicide. Qu'elle vienne d'un autre monde, qu'elle soit cruelle ou pas, ou même qu'elle se pense supérieure à toute chose, vis-à-vis du sinistre Prédateur Alpha, elle semblait minuscule. Et fragile. Le blond la scrutait, comme s'il la jaugeait. Pas comme on aurait évalué les formes d'une femme. Plutôt comme un potentiel repas. Un bout de viande juteux. L'imminence d'une mort brutale et inexorable aurait fait vaciller plus d'une personne. Mais pas elle. Les mâchoires contractaient se dessinaient sur les traits du Lycanthrope, à tel point qu'on aurait pu suivre l'arète de ce puissant étau du bout de l'index. Muscles et tendons semblaient à deux doigts d'exploser. Le Britannique semblait presque hystérique, euphorique, à l'idée de massacrer quelqu'un. Et la certitude qui s'ancrait comme une marque au fer rouge dans l'esprit des témoins, c'était que s'ils se mettaient sur son chemin, ce serait eux, qui se ferait exterminer. Abattre comme du bétail. Donnant lieu à un vrai bain de sang. La voix rauque, à mi-chemin entre celle de l'être humain, et celle de Vasilis, s'éleva, comme un avertissement, à la fois excitant et effrayant. Ses iris dorés étincelaient toujours de la même hostilité envers tous, donnant lieu à une fascination malsaine.

« — Si tu bouges, je t'arrache les viscères, et j'te les fais bouffer. »

Sans appel. Implacable, impitoyable, et direct. Comme à l'habituel. Scrutant la réaction de la femelle, il expira de façon bruyante par les naseaux.

Encore une fois, la chasse était ouverte.
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Mar 23 Juin 2015 - 13:53
Je pensais ne plus jamais te revoir...
Le temps semblait comme suspendu. Les lèvres closes, elle le fixait avec autorité, le regard aussi ferme que sa poigne. Momentanément, elle perçut un changement d'expression sur le visage de l'homme. L'instant d'avant encore, ils jouaient mais l'ambiance avait été visiblement compromise. Vivement, il s'arracha à son étreinte et se redressa, lui tournant le dos.

Les doigts de la princesse se refermèrent et elle posa un regard blessé sur l'homme. Était-ce un oui ? Elle avait encore du mal à le croire. Elle ne pourrait pas le croire avant qu'il l'ait confirmé de vive voix.

L'homme pivota vers elle et elle fronça les sourcils devant le regard haineux qu'il lui lançait. Pour qui se prenait-il à la regarder ainsi ? Qu'il soit Ciris ou non, c'était inadmissible. C'était à elle d'être en colère.

Les poings de la princesse écarlate se serrèrent sur son mécontentement tandis que l'homme détournait le regard d'un air méprisant, comme si elle n'était pas digne de son attention.


« Eh bien, quoi ? Tu as perdu ton attitude joueuse ? C'en serait presque décevant, si je n'étais pas moi-même si rouillé après tant d'années passées dans un vide noir et insondable où j'ai bien cru perdre ma santé mentale. »

Le cœur de Nasline se serra à ces mots. C'était tout ce qu'il avait à lui dire ? Après tout ce temps ?

Elle soutint son regard quand il revint à elle, s'efforça de donner le change. Comment pourrait-elle avouer qu'elle avait la faiblesse de se sentir blessée ? Son orgueil était plus fort, même si ses yeux devaient trahir sa déception. Et puis vu le regard qu'il portait sur elle, elle n'avait guère envie de jouer la carte de la sincérité. Pas même envie de tout envoyer balader pour le serrer dans ses bras.

Plusieurs secondes s'écoulèrent ainsi, ils se jaugèrent du regard, emplis d'une fierté bien trop bafouée, orgueilleux, blessés. Peut-être que Nasline aurait pu chercher à comprendre, voir au delà. Ils étaient semblables après tout. Mais son inconfort primait sur sa capacité de compassion. Si Nasline était plus compatissante que colérique, ça se saurait.

Finalement, ce fut lui qui détourna son regard en premier, amer. Lâchant un profond soupir aux premiers mots qui confirmaient son identité, Nasline baissa les yeux et laissa ses épaules s'affaisser. C'était donc bien lui.

Percevant un mouvement quand il eut fini de se présenter, elle releva des yeux attristés vers lui pour constater qu'il la fixait à nouveau, froidement.

Elle eut à peine le temps de déglutir et se lever, s'interrogeant sur la conduite à tenir. Quand le mot « Câlin » s'imposa à son esprit, elle amorça un pas et, brusquement, se figea. Sous ses yeux, un poing venait de s'abattre sur la joue de son frère bien aimé.

Instinctivement, elle bondit de côté pour éviter son frère qui tomba sur, et avec, le banc. Interloquée, elle papillonna un instant des cils, avant de se tourner vivement vers celui qui avait osé interrompre ces émouvantes retrouvailles fraternelles... Aleksander. Quand on parle du loup... il arrive trois heures plus tard.

En tout cas, ce nom avait eu l'effet d'une douche froide. La seconde d'avant, quand elle avait vu son frère voler sous l'impact et réalisé qu'on venait de l'attaquer devant elle, elle avait vu rouge. Sans mauvais jeu de mot.

Mais là, un peu de bon sens s'imposait. Elle connaissait cet homme. Cette bête. Cette chose pleine de muscles qui la fixait à présent d'un regard sanguinaire. En d'autres circonstances, elle aurait ri. Ri de le voir se laisser dominer par l'animal, ri de le voir s'abaisser ainsi. Ri de tous ces muscles frémissants, de ces veines saillantes, de cette respiration haletante, de ce regard de fou.

Au lieu de ça, elle se contenta de croiser les bras tandis qu'il lui intimait l'ordre de ne pas bouger. Soit. Elle n'était pas non plus suicidaire. Mais qu'était-elle sensée faire dans ce cas ? Attendre qu'il se calme ? Lui parler de la pluie et du beau temps ? Jouer les négociatrices en tentant de le raisonner ? Balancer un caillou pour attirer son attention ailleurs et fuir ? Faire la morte comme un opossum ?

En soit, il lui avait demandé de ne pas bouger, pas de se taire. Elle aurait pu cracher son venin. Mais quelque chose lui disait que même s'il ne lui avait pas interdit de l'ouvrir, elle avait tout intérêt à choisir ses mots.

Et puis une autre question la taraudait. La connaissait-il ? Avait-il assisté à leur échange ? Certainement que non. Ou du moins elle doutait qu'il ait fait attention à quoi que ce soit avant de surgir tel un fauve. Donc s'il ne la connaissait pas auparavant, elle aurait pu se permettre de jouer la comédie. Mais s'il la connaissait... Elle risquait de le mettre en colère à le prendre pour un con.

Alors... Que faire ?

Une moue perplexe se dessina sur le visage de la jeune femme. L'espace d'une seconde, elle hésita, puis son regard glissa vers son frère. Ses bras étaient croisés, elle était debout sur ses deux jambes, il aurait fallu être vraiment parano pour s'offusquer qu'elle bouge juste la tête.

Elle ne regarda son frère qu'une seconde avant de reporter à nouveau son attention vers le loup. L'air on ne peut plus neutre, elle le regarda placidement, puis se décida à poser une question simple, mais de circonstance.


« Pourquoi ? »
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Re: Je pensais ne plus jamais te revoir... - Dim 6 Déc 2015 - 21:50
Hé bien, plutôt mal parties ces retrouvailles fraternelles ! Dommage que le rp soit malheureusement sans fin... En tout cas, bien que Nasline soit un personnage odieux, ses remarques et pensées m'ont fait beaucoup rire x) J'aurais bien voulu que la PNJ se rebelle, ça aurait pu être drôle... une prochaine fois, peut-être ?

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