Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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「There will be blood」

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「There will be blood」 - Ven 1 Mai 2015 - 4:01

「There will be blood」

Une semaine. Cela faisait sept jours que le vingtenaire japonais s'était éveillé dans cet étrange temple et s'était vu donner sa “feuille divine” par l'étrange directeur androgyne blond de l'Académie Deus. Assis sur le rebord du toit dudit établissement, scrutant le ciel bientôt crépusculaire, Eishi ne put retenir un ricanement à cette pensée. À vrai dire, durant la semaine qui s'était écoulée, il n'avait pas fait grand chose, si ce n'est comprendre la situation dans laquelle il était et s'installer. C'était la première fois qu'il y réfléchissait véritablement depuis qu'il avait été ramené à la vie. Et il éprouvait un frisson exaltant en pensant à ce qu'il était devenu. Un apprenti-dieu, choisis par l'être supérieur contre lequel il avait luté toute sa vie de mortel, destiné à devenir lui même une divinité. Beaucoup y ont surement vu un honneur, ou un sentiment s'approchant de ça. L'ancien assassin y voyait un défi, une provocation, de la part de ce Dieu sadique. Une façon de lui dire que son infernale existence n'avait en réalité qu'été le prologue. Il était cependant vrai que l'une de ces dernières pensées fut ces années en tant qu'étudiant, mais il se refusait à croire que c'était là un cadeau divin que de le faire intégrer une structure dans laquelle il y vivrait une expérience semblable. Là aussi il y voyait une bravade divine, destinée à le tester jusqu'au bout, à le voir continuer sa lutte d'infortune contre les élites, le destin et Deus lui même. Il aimait ça. Il ne pouvait se défaire de cette excitation qui pulsait dans ses veines. Car même si le but de cette renaissance était simplement le divertissement de cet être omnipotent et vicieux, il lui avait été donné une chance de lui faire profondément regretter de l'avoir choisit comme objet de son amusement.

Profondément immergé dans le flot de ses pensées, et surement à cause de ce nouvel environnement aux premiers abords non hostile dans lequel il était tombé, le jeune nippon ne s'aperçût de la présence de deux intrus que lorsque ceux-ci arrivèrent à moins de trois mètres de lui. Il soupira, se disant qu'il n'était pas bon de relâcher son attention. Il se redressa et enfonça ses mains dans ses poches. Il avait beau être toujours dos à eux, il pouvait sentir leur inimitié très clairement, ils ne faisaient visiblement aucun effort pour la dissimuler. Eishi fit un quart de tour et tourna son visage presque enfantin en direction des deux indésirables, qui semblaient être des élèves de sa classe, un grand sourire collé aux lèvres.

    — Eh le nouveau, on a vu que tu as passé les derniers jours à essayer de mater les culottes de toutes les filles que tu as croisés. Abruti de pervers.

    — Et manque de chance pour toi, y en a que t'aurais pas dû voir. Donc on va faire en sorte d'effacer ça de ton cerveau.


Les deux le regardaient avec des faciès qui se voulaient colériques, essayant de prendre un air méprisant. L'expression d'Eishi cependant ne mua pas, jusqu'à ce que quelques secondes plus tard il émit un rire cristallin et amusé. Il leva les mains jusqu'à hauteur d'épaule en signe de reddition, tout en descendant du rebord et en faisant quelques pas vers les deux accusateurs.

    「Désolé les gars, mais leurs culottes roses et noires me hurlaient qu'elles voulaient être regardées ! Ce n'est pas de ma faute !」

    — Enfoiré !


Celui qui se trouvait le plus près de Eishi arma son poing droit et fit un pas en avant. Le noiraud fit à son tour un pas en avant, mais à 45°. Il put ainsi sans mal contrer le crochet de son avant-bras gauche et avec vélocité il sortit l'une de ses lames pour la plonger dans le tendon du biceps de son assaillant. Alors que celui-ci poussa un cri, l'expression d'Eishi se transforma pour afficher un sourire sadique et un regard mauvais. Il ne donna pas l'occasion à ses opposants de réagir, il coinça le bras droit du premier élève sous son aisselle gauche, appliquant une puissance pression sur le poignet, il pivota en utilisant la puissance de ses hanches pour asséner un violent coup tibia droit à l'intérieur de la jambe droite de son opposant, quelques centimètres en dessous du genoux, ce qui eut pour effet, en plus d'une vive douleur, de faire courber l'échine à l'élève endolori, qui ainsi exposa sa nuque. Un virulent coup de la partie osseuse de l'avant bras droit d'Eishi fit tomber un voile noire sur le regard du jeune homme, qui tomba inconscient au pieds de l'ancien tueur à gage. La contre attaque avait pris moins de 2 secondes, ce qui fit légèrement pâlir le second élève, et qui fit s'élargir le sourire malsain du nippon, ravi que sa mort n'est en rien affectée ses aptitudes de combattant. Lorsque les saphirs sombres d'Eishi se posèrent sur le deuxième intrus, ce dernier fit un pas en arrière et allongea son bras en dirigeant sa paume ouverte en direction du japonais. Il n'eut cependant pas le temps d'entreprendre quoique ce soit car l'instant suivant son mouvement, une lame perça la paume qu'il avait mit à découvert en son centre. Dans la continuité du lancé de son arme, le noiraud avait, en deux pas appuyé et particulièrement rapide, effacé la distance qui le séparait de l'autre apprenti-dieu. Un féroce direct du gauche vint frapper violemment le plexus du misérable insouciant pour immédiatement se retirer, créant une légère onde de choc lui coupant la respiration, puis une impitoyable main droite vint fermement saisir puis serrer son cou. Eishi le décolla du sol de quelques centimètres et, au moment où il commença à se débattre pour tenter de regagner sa respiration, le nippon le lâcha pour lui asséner un vicieux et brutal uppercut au diaphragme. L'apprenti meurtri s'écroula au sol et essaya de fuir en rampant, malgré ses difficultés à respirer et sa main toujours transpercée. L'ancien assassin récupéra son visage innocent puis, avec un léger rire, assomma le pathétique jeune homme d'un coup de pied dans la mâchoire.

Ses sens et son instinct avait enfin été complètement rétabli grâce à cette altercation succincte. Ouvrant légèrement les brase et affichant un grand sourire, Eishi se tourna vers la troisième présence qu'il avait remarqué durant son bref accrochage avec les deux êtres insignifiants gisant à ses pieds.

    「Je tiens à préciser que je ne suis pas désolé du tout, car après tout... Ce n'est pas de ma faute !」



Dernière édition par Ryuuga Eishi le Sam 2 Mai 2015 - 23:55, édité 1 fois
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Re: 「There will be blood」 - Ven 1 Mai 2015 - 20:24
Le visage du Lycan s'était fendu, alors que sur son échine courait un frisson. Ses iris dorés luisaient. De cruauté. Même à travers les verres fumés de la paire de lunettes, l'intensité du regard adressé à l'Apprenti d'origine japonaise qui faisait face au Britannique était palpable. Un sourire carnassier inquiétant déformait ses traits, dévoilant une série de crocs qui n'avaient rien d'humain. Outre sa dentition anormale, malgré les mètres qui les séparaient, l'aura propre à toutes les nouvelles déités réanimées par Deus était asphyxiante. Oppressante. Le blond aux airs farouches exsudait de suprématie. Et de férocité. Son acuité visuelle hors-norme lui avait permis de suivre en détails le moindre mouvement de l'élève, qui avait massacré ses opposants en l'espace d'un instant. C'était le mot. Il avait anéanti l'adversité, sous ses yeux. La moindre parcelle musculaire qui avait bougé, froissant légèrement le tissu de ses manches, avait été enregistré. Ses mains, gantées, semblaient prises de convulsion. Ses doigts se tendaient, détendaient. Ce n'était pas de l'anxiété qui animait le Prédateur Alpha. Mais de l'excitation. L'odeur de l'humain qui lui faisait face était tout ce qu'il y avait de plus attrayante. En fait, elle trahissait ses émotions. Ses sensations. Au même titre que la Bête, il n'accordait pas plus d'importance à la vie d'autrui qu'aux ustensiles qu'il utilisait pour manger à tous les repas. Une seule et unique chose était la source de leur hostilité vis-à-vis de l'espèce humaine.

Une rancoeur sans pareille. Envers toute chose. Le destin. Deus. Celui-ci avait ressuscité l'une des créatures les plus sordides de l'histoire. Un mythe parmi les mythes. La Bête qui rôdait dans les ténèbres, sous les lits, aux coins des ruelles sombres. Un tueur sans vergogne. Impitoyable, et implacable. Le Britannique n'avait même plus une once d'humanité en lui. Et il jalousait ces créatures qui se vautraient dans leur bonheur en permanence. Alors, il se vouait à leur extermination. Les hommes n'étaient-ils pas que des insectes insignifiants ? Pullulant. La rencontre entre ces deux entités malsaines avait quelque chose de... Décalé. Comme si une tension, un courant, passait. L'instinct d'Aleksander, malgré ses pulsions meurtrières à la vue d'un tel élan de violence à proximité de son être, lui hurlait qu'enfin, quelqu'un digne d'intérêt se manifestait. Comme pour occuper ses mains, il retira un paquet de la poche pectorale de son uniforme. D'un geste sec, il éjectait une cigarette entre ses lèvres, extirpant entre son pouce et son index le briquet du même paquet. Une simple pression, et l'étincelle mêlée au gaz embrasait la pointe de la clope, qui, dans un crépitement caractéristique, entreprit de se consumer, alors qu'un nuage de fumée s'extirpait des narines du Dieu de la Prédation. Rangeant le tout à sa place, il n'avait pas perdu des yeux son interlocuteur. Ce n'était pas sa faute ? Quelle faute ? N'était-ce pas naturel d'oblitérer ses opposants ? De balayer les obstacles ? D'exterminer les parasites qui grouillaient à ses pieds ? C'était évident. La loi du plus fort.

Fou ? Dément ? Oh, voyons. Il n'avait jamais été question de santé mentale. Lorsqu'un être est tourmenté au point de scinder sa personnalité originelle en deux, il ne faut pas s'attendre à la moindre logique. Ou plutôt, une logique si froide et mécanique qu'elle en devient inhumaine. En un sens, sa peau frémissait à l'idée de massacrer ce jeune homme, presque insolent, qui le regardait comme un égal. Dans l'autre, des plans bien plus horribles s'échafaudaient à même l'esprit du Repenti, qui perdaient progressivement les pédales. Sans qu'il ne s'en rende compte, sa tête s'était lentement inclinée, conservant son sourire presque angoissant. Reprenant contact avec la réalité, il réadoptait une façade inexpressive. Et soudainement, semblait presque jubiler, portant une main à sa bouche. Il retenait un fou rire qui aurait achevé de le taxer de folie profonde. Durant un instant, son énergie sauvage reflua, traduisant son espoir que l'Apprenti s'en prenne à lui. Qu'il riposte. Qu'il le brise à son tour. Qu'il le réduise en poussière. Comme tout son genre.

Au lieu d'assouvir sa soif de sang, il entreprit de retrouver son calme, après avoir offert à l'inconnu une petite scène représentant son dilemme. Puis, sa voix, presque rauque, s'éleva, alors que son regard doré masqué par les verres revint se braquer, perçants, sur Ryuuga.

« — Pourquoi devrais-tu être désolé ? »
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Re: 「There will be blood」 - Ven 1 Mai 2015 - 22:17

「There will be blood」

Le premier mot auquel Eishi pensa pour décrire la sensation qui grandit en lui à cet instant fut “inédite”. En effet, céans resterait à jamais le lieu où le japonais ressentit pour la première fois cet étrange impression, cet étrange sentiment même. Il pouvait sentir l'incroyable intensité du regard de son interlocuteur, il pouvait presque voir l'aura malsaine qui se dégageait de lui. Il avait beau porter d'opaques lunettes, le noiraud savait ses yeux luire d'un éclat qui lui était tout sauf étranger. Ce si singulier flamboiement, brûlant de cruauté et de pulsions meurtrières, était celui d'un prédateur. Mais chez l'intrus à la chevelure dorée le regard n'était qu'un fragment, son corps entier transpirait la prédation. Que ce fût la légère convulsion de ses mains ou encore son sourire carnassier et sinistre, qui déformait son faciès en un masque presque bestial, c'était une évidence que l'être se trouvant à quelques mètres de lui était d'une toute autre espèce que les cafards qui gisaient à ses pieds. Face à lui se trouvait une véritable bête à l'apparence humaine, il le sentait, il le savait. Tous les atomes composant son être lui hurlaient que se tenait devant lui une existence dangereuse, et il pulsait dans ses veines une puissante envie de la tuer, de la détruire, de complètement l'annihiler. Était-ce dont là le sentiment qu'un chasseur éprouve lorsqu'enfin il rencontre une créature étant à la fois sa proie et son prédateur ? Non, ça allait plus loin que cela. Pour la première fois depuis qu'il avait émergé des entrailles de sa mère il ressentait chez un autre être vivant une soif de sang et un mépris pour la vie humaine égalant les siens. Peut être était de cela qu'il s'agissait, un sentiment d'égalité, de compréhension. L'expression de candeur pure s'estompa lentement du visage d'Eishi, pour se voir remplacer par l'effrayante figure qu'avait entrevu les deux pathétiques créatures avant de se faire violemment écraser.

Voir son sombre interlocuteur prendre son paquet de cigarettes pour distraire ses mains du frénétique tremblement auxquelles elles étaient astreintes fit s'élargir le sourire d'Eishi et enclencha le mouvement mécanique qu'il avait développé lorsqu'il était tueur à gage, ce qu'il avait pris l'habitude de faire après avoir abattu l'une de ses cibles : il dévoila son propre paquet auparavant dissimulé dans la poche de sa veste ébène et d'un geste sec il fit se dresser l'une des cigarettes qui s'y trouvaient, pour la saisir ensuite entre ses lèvres. Il en embrasa l'extrémité et pris une longue inspiration, envoyant le fluide cancérigène jusqu'à ses poumons, pour finalement relâcher un filet grisâtre dans l'atmosphère. Il rangea le paquet et le briquet dans sa veste, puis plongea sa main libre dans la poche de son jean. Il observait le blond, visiblement d'un âge similaire au sien, dans une espèce de lutte interne. Vraisemblablement, Eishi n'était pas le seul à réprimer son envie de se ruer sur la bête qui se tenait devant lui. Le visage qui s'était vu tirailler entre flegme et démence funeste, acheva son conflit sur une accalmie et la voix presque gutturale du blond s'éleva.

    — Pourquoi devrais-tu être désolé ?


Eishi eut un de ses rires qui le définissait, à la fois léger, amusé et sombre, profond de noirceur et de violence. Il ramena le rouleau de tabac haché jusqu'à ses lippes, pour en extraire une nouvelle fois une certaine quantité de fumée anthracite, dont il expulsa le restant d'un long soupir d'aise. Ses deux saphirs ombrageux soutenaient avec exaltation le regard perçant de l'autre homme.

    「Justement, je ne le suis pas. Peut être le serais-je un jour, lorsque les lions seront désolés de dévorer les gazelles, ou lorsque les loups se sentiront coupables de se repaître de cerfs...」


Eishi baissa les yeux sur l'un des deux étudiants inconscients, puis le piétina quelques fois, sans que celui ci ne revienne à lui. Son regard se reporta ensuite sur son interlocuteur, son sourire mauvais plus large encore, ses perles céruléennes brillant d'un éclat plus sombre.

    「Mais je pense que tu vois où je veux en venir.」


La cigarette était consumée de moitié alors qu'il tira une dernière inspiration pour finalement l'éjecter à quelques mètres d'une pichenette. Un frisson nouveau parcouru l'échine du nippon à la crinière de jais, enivrant et scabreux, qui vivifiait vigoureusement ses sens. Un frisson de curiosité malsaine, conflictuelle. Cette ferveur qui grandissait en lui lui donnait l'impression d'être à l'orée d'un champs de bataille. Mais il ne savait pas encore si la bête en face de lui serait son plus grand ennemi, ou son plus grand allié. Il fit un pas en avant, réfrénant ses instincts de tueur et ses tremblements de frénésie.

    「Je suis Eishi. Ryuuga Eishi. À qui ai-je l'honneur ?」

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Re: 「There will be blood」 - Dim 3 Mai 2015 - 0:14
C'était curieux comme la mélodie presque inquiétante de calme qui résonnait dans son esprit contrastait avec le ressenti du Lycan. Son sang pulsait dans ses veines. D'excitation. Il écumait, rageusement, comme si il souhaitait lui-même sauter à la gorge de l'Apprenti, dont la réponse plaisait particulièrement au Britannique. C'était officiel. Ils étaient aussi tordus l'un que l'autre. Même Vasilis et les murmures restaient muets. En cet instant précis, un choix s'offrait au Prédateur Alpha. Tirant une nouvelle fois sur la cigarette, expirant la fumée si mortelle sur le long terme par ses narines, après que ses poumons aient eu droit à leur part. Son sourire s'étirait progressivement, au fur et à mesure que son interlocuteur débitait des paroles aussi sombres que les pensées de la Créature qui lui faisait face. Entrouvrant les lèvres qui composaient le rictus fou du Repenti, ce dernier abandonna sa cigarette, qui chuta au sol. Durant un instant, l'idée d'enfoncer les cendres dans les yeux des deux victimes du jeune homme lui traversa l'esprit, mais le blond se reconcentra sur l'Apprenti. Qui, à son tour, se débarrassa de sa clope, faisant un pas dans la direction de la Bête, qui frémit. Imperceptiblement. S'il n'avait pas retenu son geste, il se serait rué à l'assaut du japonais sans le moindre doute. Au lieu de ça, il le scrutait, tandis qu'il se présentait. A travers les verres fumés et noirs de ses lunettes. Un rictus carnassier figé sur sa figure. L'honneur ? A qui avait-il l'honneur ? Le Britannique inclina légèrement la tête. Pas pour le saluer. Non. Simplement parce qu'il oubliait de se tenir droit.

Réflexe qu'il reprit rapidement, puisqu'il se redressa. Que c'était curieux, la manière qu'avait la folie de détourner ses hôtes des instincts les plus primaires. Ou plutôt, des plus abstraits. Des concepts qui devenaient de plus en plus étrangers au Prédateur Alpha. Seuls sa part animale continuait de lui dicter sa conduite. Et qui, bien souvent, se révélait bien trop brutale et violente par rapport à ce qu'attendait l'espèce humaine de lui.

« — Le nom que ton espèce me donne est " Aleksander Anderson ". »

Succint. Empreint de mépris. Exsudant de rancoeur. Son sourire mauvais s'étendait toujours sur son visage, alors qu'il franchissant la distance qui le séparait de Ryuuga. Son regard se vrilla dans celui, sombre, de son interlocuteur. Portant une main à sa tempe, il rabattit les branches de sa paire de lunettes, s'en défaisant, la glissant dans son col où l'absence de cravate était frappante. Les y voilà. Sans artifice. Ses iris lupins et féroces nez à nez avec des saphirs ternis de son homologue élève. Inconsciemment, il en était venu à l'analyser. Le scruter. Un lien incompréhensible semblait les unir. Son instinct lui hurlait, désormais. Qu'ils soient les pires ennemis, ou les plus grands alliés. Puis, son rictus mua en air joueur, alors qu'il s'écartait du chemin de Ryuuga, se glissant derrière lui, allant à la rencontre de l'une de ses deux victimes. Se penchant, il avait glissé sa main gantée vers la nuque de son nouveau jouet, qu'il traînait désormais derrière lui, se dirigeant vers la porte qui permettait de redescendre aux étages inférieurs. Ouvrant en grand le battant, il projetait comme un sac le jeune homme qui semblait ne rien peser entre les mains du Prédateur Alpha. Qui, bien entendu, rencontra les séries de marche en granit la tête la première, sous le regard attentif du Lycan. N'était-ce pas évident, ce qu'il comptait faire ? Un accord presque complice, et silencieux. Qu'importe leurs passés respectifs, non ? N'étaient-ils pas les hérauts d'une nouvelle ère de terreur ? Un âge de destruction et de décadence ? De folie et de chaos ?

« — Si on te le demande... »

Le Lycan pivota d'un quart de tour, adressant un regard malicieux, appuyé, à son compagnon, par-dessus son épaule.

« — Ils sont tombés dans les escaliers. »

Et il y avait, en soi, une part de vérité, dans cette affaire.
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Re: 「There will be blood」 - Dim 3 Mai 2015 - 3:03

「There will be blood」

L'ensemble des conventions sociales auxquelles se courbe l'espèce humaine avaient toujours été une chose assez mystérieuse pour Eishi, très certainement parce qu'il les avait apprises proprement seulement après une douzaine d'année d'existence, dont la majorité avait été un combat quotidien pour la survie. Il avait appris à en user et à en abuser en cas de besoin, car de par leur nature asservissante, ces règles de conduites représentaient un véritable carcan qui permettait de manipuler plus aisément les gens y étant soumis. Parmi ces préceptes ennuyeux il y avait l'inclinaison de tête, qui, employée par une personne “normale”, était une marque de respect ou une façon de saluer. Mais en face du japonais se tenait une personne presque aux antipodes de ce que la société définissait comme “normal”. Et si une personne “normale” aurait pu confondre l'inclinaison de tête du blond avec un geste de salutation, le noiraud savait qu'il n'en était rien. Ce geste ressemblait presque à un mouvement machinal, comme celui d'un animal qui se retrouve dans une situation pour la première fois. Comme si l'espace d'un instant, les instincts bestiaux de l'homme avait repris le dessus sur sa “conscience humaine”. Comme si il y avait quelque chose tapis sous l'apparence de singe bipède soi-disant civilisé, quelque chose de sauvage, de brutal. Le sourire carnassier qu'arborait le britannique ne faisant que renforcer cette impression.

Aleksander Anderson. La façon dont il se présenta fit s'élargir le sourire mauvais et amusé d'Eishi. Il prenait ça comme une confirmation de sa pensée : l'être face à lui était aussi loin de l'humain qu'il l'était, si ce n'était plus. Ce dédain et cette haine qu'il semblait éprouver vis-à-vis de l'Homme faisaient échos à l'aversion du nippon pour ses semblables. C'était rafraichissant, de rencontrer quelqu'un partageant son antipathie de l'homo sapiens. C'était exaltant d'enfin ressentir une aussi forte connexion misanthropique avec un autre être vivant. Le jeune homme aux capillaires ébènes arrivait peine à tenir en place, à retenir ses tremblements d'excitation. C'était comme si être à proximité de l'anglais tendait à faire croître la soif d'anarchie et de destruction d'Eishi. Cette excitation chaotique ne fit que s'intensifier alors qu'Aleksander s'approchait de lui et atteint un paroxysme nouveau et insoupçonné lorsqu'enfin parvenu à son niveau, il ôta ses verres pour dévoiler ses infâmes et éclatantes pupilles ambrées. Elles étaient exactement comme il les avait imaginées : sombres, féroces, impitoyables, sauvages, emplies de démence et de chaos. Une personne normale aurait sans doute succombé à son malaise en baignant dans l'atmosphère les entourant, dont la tension mauvaise et malsaine était palpable. Mais soudainement, l'ambiance changea, lorsque l'expression bestiale du britannique fut remplacée par un moue amusée. C'était comme si la pression avait subitement disparue. Au début, Eishi sembla déconcerté, il arqua un sourcil alors que Aleksander se saisit de l'une de ses victimes pour la traîner jusqu'à la porte par laquelle on accédait au toit. Il se mit à ricaner lorsque le blond balança sans vergogne, le plus naturellement du monde, l'apprenti dans les escaliers.

    — Si on te le demande... Ils sont tombés dans les escaliers.


Le ricanement du vingtenaire nippon se transforma en véritable hilarité et il fut brusquement pris d'une puissante envie de folâtrer. Il se mit à sauter à pieds joins sur le dos du second élève inconscient, toujours hilare, jusqu'à ce que celui-ci revienne légèrement à lui en poussant un pitoyable gémissement. Se calmant doucement, ce fut avec un air guilleret qu'il remit pieds à terre pour ensuite se saisir de la tignasse du jeune adulte meurtri et le soulever jusqu'à ce qu'il tienne plus ou moins sur ses genoux. Il jeta une œillade espiègle au blond avant d'enfoncer avec véhémence son genoux dans le visage de la pauvre victime. Probablement le nez cassé, quelques dents brisées, la mâchoire fortement fragilisée et un hématome qui resterait un moment, elle poussa une autre lamentation déplorante alors que commençaient à s'échapper de son nez et de sa bouche plusieurs filets de sang. Il l'ejecta ensuite devant lui puis, d'un puissant coup de pieds dans l'abdomen, le fit glisser jusqu'à Aleksander. Son expression joviale toujours collée au visage, armée d'un sourire sarcastique, il lâcha un léger soupir en levant latéralement les mains presque au niveau de ses épaules.

    「Ahlalala... Ces jeunes bouffons sont vraiment maladroit ! Faut vraiment que quelqu'un s'occupe de leur cas ou ils finiront par être vraiment blessés.」

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Re: 「There will be blood」 - Sam 9 Mai 2015 - 0:24
Le pied du Lycan s'était écrasé avec une force terrifiante sur le visage de la victime envoyée à sa portée un peu plus tôt par Ryuuga. Sans raison apparente. Il avait simplement détourné le regard de son compagnon de folie, pour braquer ses iris exsudant d'un mépris asphyxiant et presque palpable sur l'Apprenti à ses pieds. Lentement, il avait relevé la jambe, pour mieux prendre l'amplitude, et avait récidivé. Inclinant doucement la tête, il semblait observer les réactions du jeune homme, qui avait probablement été assommé par le premier impact. Avait-il besoin de suivre une logique ? Le Repenti avait simplement envie de le faire, donc il avait agit. C'était aussi simple que ça. Quel mal y avait-il à utiliser irréelle que Deus lui avait offert ? Même ici, ils n'étaient pas égaux. La loi du plus fort. N'était-ce pas la plus grande injustice qui soit ? Son attention revint vers l'élève qui partageait son addiction pour la violence. Inexpressif. A nouveau, il scrutait le japonais. Redressant sa tête progressivement. Ce qui en soi, se révélait assez flippant. Était-il réellement comme lui ? Seul le temps le dirait. Mais c'était bien ce que souhaitait le Prédateur Alpha, finalement. Une entité aussi tordue que lui, qui le comprendrait. Le féliciterait. L'épaulerait. Ou, mieux encore. Jouerait avec lui. Après tout, toutes ces poupées de chair et de sang que Deus avait mis à sa portée, n'étaient-ils pas ses jouets ? Certes, il en avait brisé plusieurs. C'était un temps d'adaptation. Ces créatures qui se pensaient humaines n'étaient-elles pas manipulées, au même titre que lui ? Sauf qu'il en avait conscience. Et qu'il évoluait, lentement, pour s'arracher à cette emprise. Plus jamais il ne serait la propriété de quelqu'un. Il réduirait le monde à feu et à sang avant que cela n'arrive.

Un grand sourire fendit son visage, alors qu'une petite flaque rougeâtre entourait la tête de sa dernière victime, salement amochée par les deux malades mentaux. Se penchant pour le prendre par la cheville, un mouvement du menton à l'attention de Ryuuga, et il s'engouffra dans la cage d'escalier. Sans soulever le jeune homme qu'il tractait comme s'il ne pesait rien. La tête de celui-ci heurta donc à répétition les marches d'acier, laissant des marques carmins sur chacun de ces dernières. Arrivé au seuil, il retrouva l'autre élève, inconscient, qui avait sans aucun doute dévalé les marches. Sa poigne enserra le poignet de l'Apprenti, entreprenant de le tracter à son tour. Jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule, il fit signe à Ryuuga de venir, d'un simple geste du menton. Les coups consécutifs portés à leur victime les avaient probablement enfoncés dans un coma profond, voir un état de choc, au vu de la violence dont avaient fait preuve les deux divergents. Malgré cela, les murmures et Vasilis se manifestèrent à nouveau. Comme s'ils tenaient un procès, pour décider en lieu et place d'Aleksander si ce dernier devait fréquenter le japonais. Comme d'habitude, le débat interne ne laissait aucune place aux pensées de la Bête, qui, elle, semblait déjà avoir pris sa décision, muée par son instinct de meute. Cette entité, bien qu'humaine par le passé, était la seule qui s'éloignait presque autant de cette espèce que lui. Quand deux monstres se rencontraient, un curieux devoir interne les poussaient à se battre à mort, ou alors, à s'allier. Pour le meilleur, et pour le pire. Souvent pour le pire. C'était ça. Les prémices d'une assemblée de véritables démons. Ils n'étaient que deux, à y siéger. Et si le Prédateur Alpha avait appris quelque chose, c'est qu'il fallait fréquemment s'appuyer sur un autre, pour parvenir à ses fins. Manipuler ? Non. C'était un concept abstrait, incompréhensible, aux yeux du Repenti. Trop humain pour cela. Il n'y avait que des compagnons de chasse. Qu'ils restent longtemps, ou non, c'était leur choix. Une fois accueillis dans la meute, libre à eux de prendre part aux activités du Prédateur Alpha. Or, il semblait à ce dernier que l'Apprenti recelait une âme potentiellement aussi sombre que celle qui l'habitait.

Ainsi, traînant les deux élèves à travers la cour, sous les regards évasifs de certains Apprentis, qui, changeant de bâtiment, n'avaient visiblement pas envie de s'impliquer dans un conflit impliquant le Tyran de la Cafétéria. Lorsqu'enfin, ils pénétrèrent dans le couloir qui abritait l'infirmerie, le Prédateur Alpha s'immobilisa, balançant ses deux fardeaux devant lui comme des sacs indésirables. Levant une main gantée derrière sa tête, qu'il gratta presque nerveusement, traduisant sa nature dérangée, il tourna un visage inexpressif vers Ryuuga, qui, l'espérait-il, le suivait, verrouillant ses iris lupins dans les saphirs sombres du nouveau Dieu. Sa voix, grave, s'était élevée, alors qu'il continuait d'irriter son cuir chevelu.

« — Je ne peux pas aller foutre les... Cadavres... Élèves... Sac à viande là-bas. L'Infirmière me connaît. Tu t'en occupes ? Je suis persuadé que tu sauras les berner sur la véritable raison des commotions multiples qui ont probablement concassé et défoncé le trois-quart de leur crâne. »
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Re: 「There will be blood」 - Sam 9 Mai 2015 - 19:57

「There will be blood」

Le noiraud sortit à nouveau son paquet de cigarette, gardant un œil amusé sur le passage à tabac gratuit que subissait l'élève à présent très certainement proche du coma et de multiple lésions cérébrales. Il amena une des barres cancérigènes entre ses lèvres et en embrasa l'extrémité d'un geste nonchalant, toujours observant de ses mirettes délassées la bête blonde écraser à plusieurs reprises le visage ensanglanté de l'apprenti meurtri, pour finalement prendre une longue inspiration de l'épaisse fluide, qui après un passage empoisonné par ses poumons, s'échappa de ses lèvres sous forme de fumée grisâtre. Eishi commença à se questionner sur la nature exacte d'Aleksander. Il avait beau avoir apparence humaine, quelque chose de véritablement différent émanait de son être, quelque chose de bestial, sauvage, inhumain. Cela allait au-delà de tout ce qu'avait pu croiser le nippon durant sa courte vie. Il avait toujours été très ouvert au surnaturel, même s'il n'en avait vu que dans ses précieux manga. Enfin, jusqu'à sa renaissance en tant qu'apprenti-divinité. C'est comme s'il avait ouvert une nouvelle porte, ou plutôt une porte sur un monde nouveau, plus vaste, plus mystérieux, plus profond, mais aussi plus violent, plus excitant. Il avait pris l'habitude de toujours sourire, de toujours montrer que même le plus grand des désespoirs ne serait pour lui qu'une autre facette de la mort à laquelle il pouvait rire au nez. Mais il se surprit à cet instant à ne plus pouvoir éteindre ce rictus, à ne pas pouvoir contrôler la très légère convulsion de sa main dans laquelle il tenait la tige de tabac enflammée, à ne plus pouvoir arrêter le flot de pensées et de scénarios sombres, violent et sanguinolents qui traversait son dément psyché. À ce moment, s'il avait put entrevoir le futur, il n'en aurait rien fait, car il aurait eut le sentiment de se spoiler une des meilleurs œuvres de tous les temps. Il ria intérieurement, se disant alors que Deus n'avait vraiment aucune idée de la machine qu'il avait mit en route lorsqu'il avait ramené le vingtenaire japonais et qu'il avait mis en sa possession des pouvoirs divins. Puis il rit extérieurement en se disant que peut-être Deus savait exactement ce qu'il avait déclenché et que dans son coin d'omniscience il se préparait un paquet de pop-corn pour apprécier le spectacle.

Il fut tirer de sa légère torpeur lorsque le bruit de fond qu'il l'y avait mis prit fin. Le britannique avait fini d'endommager son jouet l'avait saisit pour le traîner dans les escaliers, après avoir fait un léger signe de tête à Eishi pour que celui-ci le suive. Le noiraud emboita joyeusement le pas à l'anglais, marchant dans la trace de sang que laissait le presque cadavre derrière lui. Ricanant au son des impacts répétés de la boite crânienne de la victime sur les escaliers lors de leur descente, le nippon termina sa cigarette et l'écrasa sur le mur de la cage d'escalier. Il plongea ses mains dans ses poches, tout en continuant à suivre son congénère psychopathe, qui semblait être dans un état de débat interne. Une pensée vint frapper le subconscient du jeune homme aux capillaires ébènes, si son homologue blond était véritablement habité d'une sorte de bête, de créature non-humaine et surnaturelle, peut-être avait elle aussi une conscience et que de là venaient les sortes d'absences d'Aleksander. L'imagination du fan de manga était dans état d'effervescence comme jamais auparavant. S'il résidait réellement une telle entité quelque part dans les tréfonds de l'essence du britannique, de nombreuses questions se posaient. D'où venait-elle ? Comment était-elle entrée en lui ? Quelle était sa véritable nature ? À quoi ressemblait-elle ? Pouvait-elle prendre le contrôle ? Eishi parvenait à peine à se retenir de sautiller d'excitation à l'idée de commettre moult méfaits avec un être aussi incroyablement instable et dangereux, car on pouvait aisément voir que, bête intérieure ou pas, le blond n'était pas quelqu'un de particulièrement sain et tourné vers les choses pacifiques. Sublimement intéressant. Merveilleusement exaltant. Le destin finalement faisait bien les choses. Ou mal. Cela dépendait du point de vue.

Après avoir traversé la cour, sous les regards suspicieux, inquiets, apeurés ou carrément fuyards des autres membres de l'académie qui les avaient observés, ce qui avait rendu hilare le brun, ils arrivèrent finalement dans un couloir, semblables à tout les autres. Céans Aleksander largua les deux simili dépouilles sans délicatesse devant lui avant de se tourner vers le japonais, se grattant l'arrière de la tête d'une façon qu'on aurait pu croire nerveuse, si l'on n'avait pas conscience de la nature presque schizophrène du blond.

    — Je ne peux pas aller foutre les... Cadavres... Élèves... Sac à viande là-bas. L'Infirmière me connaît. Tu t'en occupes ? Je suis persuadé que tu sauras les berner sur la véritable raison des commotions multiples qui ont probablement concassé et défoncé le trois-quart de leur crâne.


Eishi inclina légèrement la tête sur le côté, se demanda pourquoi le britannique semblait réticent à l'idée de voir l'infirmière en question. Avaient-ils un historique ? Peut-être ne voulait-il pas qu'elle le voit ramener des corps presque inanimé ? L'avait-il en estime ? Puis le nippon balaya tout cela d'un rire amusé, se disant que c'était surement parce que ce n'était pas la première fois qu'il était la cause de trauma d'apprentis-dieux. Il dépassa le blond en lui adressant un sourire complice, sombre certes, mais complice. Il se baissa pour attraper la chevelure du premier et de son autre main prit le second par le col puis les amena jusque devant la porte de l'infirmerie, les laissant tomber sur le sol avant de frapper trois coup vifs et égayé sur la porte. Aucune réponse. Il réitéra. Aucune réponse. Il poussa un soupir d'ennui puis tenta d'ouvrir la porte, qui à sa surprise était ouverte. Au moins il n'aurait pas à la crocheter. Il entra, enjambant les deux cloportes inconscients, et chercha un papier et un stylo. Lorsqu'il eut trouvé ce dont il avait besoin, il écrit, armé d'un sourire sombrement enjoué, un petit mot pour l'infirmière quand elle reviendrait puis ressortit de la salle, la feuille en main, fermant la porte derrière lui. Il s'accroupit, prit une main de chacun des élèves amochés, les mit l'une devant l'autre puis cloua avec l'une de ses lames le mot sur leur mains, à présent clouées sur la porte. Ils ne poussèrent aucun cris, n'eurent aucune réaction. Dommage, mais bon, ils étaient à un stade avancé d'inconscience après tout. Eishi se redressa, admirant le tableau qu'il avait peint, son sourire ombrageux s'élargissant notablement. Il regarda à travers la fenêtre derrière lui, observant le ciel crépusculaire s'assombrir doucement puis marcha vers son acolyte, mains dans les poches, sifflotant un air folâtre. Il le dépassa d'un mètre puis stoppa, avant de lancer au dessus de son épaule un regard de ses céruléennes orbes d'extravagance, un sourire joueur et presque perfide collé à son faciès.

    「Alors Aleks', tu viens ? La nuit est encore jeune et je ne me suis jamais autant marré avec quelqu'un !」

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Re: 「There will be blood」 - Dim 10 Mai 2015 - 15:22
Ryuuga avait lentement incliné la tête, comme s'il cherchait la raison de tout ce petit cinéma. Le Lycan, lui, avait déjà laissé dériver son regard à travers la semi-pénombre qui régnait dans les coins du couloir. Durant un instant, il lui sembla capter un mouvement, et son air absent s'éclipsa, ses sens s’affûtant comme à leur habitude. Son acuité visuelle était légendaire, contrairement à celle des loups qui eux, se révélaient être myopes. Pas le moindre son n'avait été émit, mais il semblait bien au Britannique que quelque chose rôdait, là, à quelques mètres d'eux, dans les ténèbres les plus profonds. Il ne prêta qu'une faible attention aux actes de son compagnon, alors qu'il était obnubilé par la forme qui s'extirpait lentement de l'ombre, à l'autre bout du couloir. Une créature difforme, vaguement humanoïde. Proche de la Bête qui l'habitait... Mais avec un nombre incalculable de bouche recouvrant son corps tout entier, une bile putrescente bavée par chacun des orifices, certaines mâchonnant des morceaux indescriptibles de ce qui s'apparentait à de la chair. Au vu de la taille qu'elle faisait, à n'en pas douter, il s'agissait de Vasilis. Une autre forme, sans aucun doute. Quelque chose qu'il n'avait pas encore vu. Et ne tenait pas à voir.

Elle fit un pas dans leur direction, la vague lumière de l'astre lunaire filtrant à travers les fenêtres permettant à l'abomination d'être contemplée dans toute son horreur. Au lieu du pelage qu'elle aurait dû arborer, des langues couvraient une chair à vif, à moitié décomposée. Langues qui prenaient naissance, non pas dans les gueules béantes qui couvraient la quasi-intégralité du monstre, mais dans son corps lui-même. Le récurrent mouvement de va-et-vient sur le corps décomposé l'empêchait de laisser couler sa chair putride et nécrosée à même le sol, remit en place avec une série de bruits écoeurants par les divers appendices qui formaient comme une peau grouillante et dégoulinante. Des orifices buccaux émanaient toujours les craquements ignobles alors que la Bête faisait un nouveau pas dans la direction du duo. Ceci dit, l'Apprenti étant rentré à l'intérieur, probablement ne percevait-il pas la chose. Dont le visage, ou plutôt, le museau, était dénué de gueule. Deux yeux minuscules, presque renfoncés dans leurs orbites, scrutait le blond. Eux aussi sécrétaient une liquide laiteux qui dégoulinaient sur les multiples langues, avides, qui s'en abreuvaient. Les iris dorés dont les pupilles noires étaient presque invisibles, tellement elles se révélaient petites, traduisaient une faim incontrôlable. Un appétit impossible à combler. Qui clouait le véritable Prédateur Alpha sur place, devant un tel cauchemar mouvant. Qui, à nouveau, fit un pas dans sa direction. Le Britannique était aussi stupéfait que terrifié. Était-ce l'entité qu'il était sensé devenir ? Ou, en prolongement à sa dernière vision, était-ce ce qu'était devenu la Bête après sa décomposition ? Elle n'avait pas gueule. Et son corps ressemblait davantage à un amas de chair et de bouches qu'à un véritable organisme.

Un frisson le long de son échine. Les murmures et Vasilis se sont tus. Faisaient-ils front commun pour le rendre fou, en lui envoyant cette chose ? Le silence dans son crâne, allié aux bruits immondes produits par la créature, faisait se hérisser les poils du Lycan, qui, si il en avait été capable, aurait volontiers accepté la transformation, afin de s'enfuir loin d'ici. Mais la rage n'affluait pas. Il n'y avait qu'une peur glaçante, froide, de la Mort. Et de cette abomination qui avait tout l'air d'être morte-vivante. Le Repenti avait lu des choses à ce sujet. Les non-morts le terrifiaient. Autant les squelettes n'étaient pas réellement un problème, mais tout ce qui s'apparentait à de la chair mouvante, ou à un zombie, le prostrait de terreur. Une peur irrationnelle et instinctive. Comment tuer ce qui est déjà mort ? Et qu'on ne peut briser correctement ? Soudain, Ryuuga ressortait, tournant le dos à la créature, qui se figea, inclinant ce qui s'apparentait à une tête, ses gueules cessant de mâchouiller. Il scrutait les mouvements de l'Apprenti. Puis soudain, frémit, sa musculature nécrosée se ramassant, pour bondir.

Mais le Lycan fut plus rapide. Impulsif, il avait bougé, et s'était servi des épaules de son compagnon comme appui pour s'élever dans les airs en poussant un rugissement transcendant sa nature humaine. Forçant sur sa ceinture abdominale, il ramenait ses jambes devant lui, les pliant, et puis, brutalement, les détendant. Ses deux pieds s'étaient enfoncés dans les yeux de la chose, qui perdait l'équilibre suite à la force de l'impact.

Et soudainement, Aleksander reprenait contact avec la réalité. L'air hagard, il retrouvait la scène de sa vision. Le couloir de l'infirmerie. Et son acteur secondaire. Ryuuga Eishi. Curieusement, à l'idée que ce dernier soit dévoré par l'écho tourmenté de la Bête, le Dieu de la Prédation était rentré dans un état de frénésie supérieur. Et il avait bravé la vision. Ses poings gantés étaient serrés, et ses yeux dorés, exorbités. Lentement, prenant conscience que tout ceci n'avait été qu'une illusion concoctée par son esprit sordide, il poussa un profond soupir, alors que la voix de son compagnon de meurtre - ou presque meurtre - s'adressait à lui.

« —Alors Aleks', tu viens ? La nuit est encore jeune et je ne me suis jamais autant marré avec quelqu'un ! »

Les dires du jeune japonais ébranlèrent le Lycan, qui fit mine de cacher sa surprise. Lentement, les commissures de ses lèvres s'arquèrent, mutant progressivement en un grand sourire. Il n'y avait pas de doute. La fureur vindicative qui l'habitait témoignait de sa peur de perdre l'unique individu qui semblait à même de comprendre ses tourments, et sa façon d'être. Cette rencontre, bien qu'encore fraîche, venait d'enraciner profondément la relation qui le liait à Ryuuga, en un instant. Gravée à même sa chair. Son esprit. Vasilis et les murmures n'y changeraient rien. Le Prédateur Alpha hocha doucement la tête, et en compagnie du Dieu de la Fiction, il s'enfonça dans la nuit.


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Re: 「There will be blood」 - Dim 10 Mai 2015 - 18:22

Les « renégats » se mettent à comploter dans l’Académie maintenant… et ils n’ont même pas de raison valable pour tuer leurs semblables, c’est juste pour se divertir, pour communiquer… Et vas-y que je te saute dessus à pieds joints, et vas-y que je te tabasse au sol… Mais heureusement, comme on dit : les méchants n’ont pas d’amis… un jour où l’autre, ils se boufferont l’un l’autre, juste pour s’amuser. Ou pour savoir lequel des deux est le plus fort. C’est pour ça qu’ils auront beau faire « confiance » à leur partenaire, ils ne dormiront jamais sur leurs deux oreilles en leur présence !
Et ce n’est pas la peine de faire croire que des gens tombent dans des escaliers si c’est pour planter un couteau dans leurs mains devant l’infirmerie ! Les gens ne sont pas dupes… quand même.

Bon… c’est très très noir… aussi bien au niveau de la forme que du fond… je crois que vous vous êtes bien trouvés. Je ne sais pas du tout ce qui va se passer, si les deux gaillards vont s’amuser à créer l’apocalypse ou je ne sais quoi… mais en tout cas, ce sera fait sous deux belles plumes !
Bon courage à nos deux futurs renégats ! ♥
Ou pas… j’espère que vous serez corrigés bien comme il faut !

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