Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Se relever? Pour quoi faire?....

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Se relever? Pour quoi faire?.... - Ven 17 Avr 2015 - 21:28
Se relever? Pour quoi faire?....

Rouge. Cette couleur que j'appréciais tant, si chaude et si réconfortante à mes yeux, m'est devenue purement insupportable. Pourtant, je la porte sur moi constamment. Mes vêtements, mes cheveux, mes pupilles, tout en moi n'est que reflet de cette teinte à la fois étincelante et brûlante.

Rouge. Si cette couleur représentait si bien ma chaleur et ma joie de vivre, je suis aujourd'hui complètement éteinte, terne et affadie. Je ne ris plus, je ne souris plus. Pourtant, même le blanc de mes yeux s'est strié de tant de veinules qu'il semble sur le point d'éclater d toute part, pour laisser jaillir ce trop plein de carmin en moi.

Rouge. Je ne vois plus que ça, partout. Du rouge. Mais pas n'importe lequel. Celui couplé à une odeur de fer et à goût de rouille. Celui qui bat dans nos corps et ruisselle dans nos êtres. Celui de ce liquide tellement précieux qu'on ne peut se permettre de le perdre. Cette teinte à la fois synonyme de vie et de mort.

Rouge. Ce liquide aussi visqueux et poisseux une fois arrivé à l'air libre, dont je me suis retrouvée couverte bien contre mon gré. Cette substance qui m'a permise de sauver la personne m'étant la plus chère au monde tout en commettant un crime duquel je ne me remet pas. Mais le pire n'est pas là.

Rouge. La lueur qui a jaillit du canon de l'arme à l'instant où ce garçon a pressé la détente. Quand il a forcé ma main à lui ôter la vie. Le sang qui a jaillit, la peau et les os qui ont explosé, les organes qui ont éclatés avant de se noyer dans leur liquide vital. Couleur dont mes mains étaient couvertes et qui, aujourd'hui à vif, demeurent encore.

Mes larmes ne cessent de couler. Tantôt silencieuses, presque invisibles et parfois bruyantes, à la déchirantes et insupportables. Je me cache, sans cesse. De tout et de tout le monde. Je crois que j'ai à peine grignoter un gâteau depuis plus de 3 jours mais je n'ai pas faim. Je suis seulement épuisée. Exténuée. Comme si je n'étais plus capable de rien.

J'ai peur de dormir, de seulement fermer les yeux. Je revois cette scène en boucle et j'en hurle encore. Je ne voulais pas faire ça, ce n'est pas ma faute, je suis désolée. Je me remet à me frotter les bras, allant jusqu'à m'arracher la peau. Je n'ose plus rester près de Tanya. Elle sait ce que j'ai fait, elle va me détester pour ça et elle aura bien raison, je suis un monstre, j'ai pris une vie. mais je ne peux pas supporter l'idée de la perdre alors, je suis partie de moi-même.

J'ai quitté la chambre et je me suis dirigée vers le portail. Un instant, j'ai hésité à aller me perdre dans le désert de nouveau mais finalement, j'ai simplement errer un moment avant de tomber devant. Littéralement. A force de pleurer constamment, ma vue floue ne m'a pas permise de remarquer les racines et j'ai chuté sur les premières marches de l'observatoire. La seule ou j'y suis venue, il y avait des gnappeurs. Peut-être qu'ils pourraient me manger cette fois. Dévorée par des peluches vivantes, c'est une fois ridicule. A mon image en somme.

Je monte lentement les étages, sans chercher à me cacher. Mais les monstres doivent avoir honte de moi, ils ne cherchent même pas à me tomber dessus. Alors, arrivé au plus haut, je passe par une fenêtre afin de grimer sur le toit. Et là, je m’assois. Je regarde les étoiles au travers de ce voile aqueux qui ne quitte plus ma vue. Je me recroqueville sur moi-même et je fredonne entre deux sanglots une chanson qui représente beaucoup pour moi. Pour nous. Quelques phrases si simples mais si lourdes de sens.

"- Just close your eyes
The Sun is going down.
We’ll be all right
No one can hurt we now.
Come morning light
You and I’ll be safe and sound…."

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Jeu 23 Avr 2015 - 20:26
Qu'il était distrayant d'errer dans cette Académie, lorsque des trous laissés là par l'administration constellaient l'emploi du temps du Roi Atlante ! Ces moments lui permettaient de s'intéresser aux différents moeurs des époques auxquelles il n'avait pas vécu, de s'adonner à maintes lectures passionnantes, et d'analyser les gens qui passaient sous son regard d'or. Adressant des sourires charmeurs par-ci, suivant des yeux les rares demoiselles sachant retenir son attention par-là, ou encore offrant ses services aux apprenties fixant rageusement leurs copies, lesquelles étaient censées être badigeonnées d'encre, mais restait vide. C'était un complexe, chez l'élève. Et cela, le professeur de philosophie l'avait bien compris. Aussi se montrait-il amical au possible, mettant ceux qui assistaient à ses cours à leurs aises. Souriant intérieurement, Ciris remarqua l'aisance avec laquelle il s'était adapté à son nouveau travail. Et surtout ; bon Dieu, qu'il était bon dans ce domaine. Son charisme et son éloquence naturelles suffisaient la plupart du temps à captiver sa classe, bien que la philosophie se révèle souvent " barbante " à leurs yeux. Ce n'était pas son cas. La matière enseignée le passionnait réellement. Connaître tous les points de vue humain, les diverses mécaniques de réflexions, logiques perversifiées pour certaines, et tous les sombres secrets que recelaient la psychologie humaine... Oui. C'était ce qui allait parfaitement au Dieu de l'Autorité. S'abreuvant de connaissance au même titre que de l'adoration de ses nouveaux fidèles, le Roi Atlante se révélait particulièrement populaire auprès de tous et de toutes. Il ressemblait trait pour trait au professeur branché, copain pour les adolescents, et à l'image du jeune adulte attirant pour ces dames.

Déambulant, il harponna alors une crinière rouge de ses deux yeux perçants, semblables à ceux d'un rapace. C'était elle. Mademoiselle Siankov. Tout du moins, celle des deux jumelles qu'il connaissait. Une élève somme toute agréable, quoi qu'un peu enfantine. Influençable et influencée. Elle était comme une petite fille lâchée dans un monde qui n'était pas encore à la portée de sa compréhension. En cela, l'Atlante s'était mis en tête de garder un oeil sur elle. Parviendrait-elle à surmonter le fossé qui la séparait des autres Dieux qu'elle côtoyait ?

Mais quelque chose clochait. Et l'expert en psychologie qu'était Ciris l'avait bien compris. L'aura habituelleement rayonnante de chaleur et de bonté de Soniya semblait... Terne. Comme une nature morte. En contraste total avec celle habituelle. Et visiblement, il n'était pas le seul à l'avoir perçu, puisqu'un géant blond scrutait avec la même intensité la jeune femme que lui. Puis, leurs regards se croisèrent. Les iris des deux partis partageaient leur teinte. Mais là où se lisait une malice certaine chez le professeur, une férocité sans égale trônait au fond des yeux du Serveur, qui avait brisé la distance entre eux, lui remettant une petite boîte en aluminium. Sans un mot, il tournait les talons. Pour quoi le prenait-il ? Un coursier ? Ou alors, avait-il également remarqué la curiosité qui émanait de Ciris ? Car, en effet, ce dernier souhaitait en apprendre plus sur ce soudain revirement chez la personnalité de la Déesse de la Musique. Quoi de plus attrayant que dévorer une histoire toute fraîche et pleine de rebondissement aux impacts psychologiques ? Sans chercher à se verbaliser de la façon presque cavalière avec laquelle le Lycan l'avait interpellé, il avait emboité le pas à la jeune femme.

Patiemment, à la manière d'un fauve, il l'avait suivie sans un bruit. Si Soniya ne pleurait pas, cette situation aurait pu être très louche, pensa sans aucun doute Ciris, puisqu'il se fendit d'un grand sourire. Enfin, elle s'effondra, en découvrant l'Observatoire. Les pas du professeur se firent aussi silencieux que ceux d'un chat, tandis qu'il respectait une volée de marche bien suffisante pour assonorisée son ascension, vis-à-vis de l'Apprentie-Déesse. Petite boîte sous le bras, il se figea juste à côté de la fenêtre, de façon à ne pas être vue. La pénombre s'était révélée être une alliée précieuse, durant toute sa traque. C'est alors que le Vasilis prit conscience du fait qu'il était bien tard, et que croiser le Serveur de la Cafétéria en même temps que l'élève relevait du miracle. Le flot de pensée du Professeur fut interrompu par la mélodie de la jeune fille. Elle fredonnait. Suffisamment fort pour qu'il le perçoive. Mais ces quelques mots, d'une langue aujourd'hui connue de tous, se révélèrent fort de sens. C'est ce qui décida le Dieu de l'Autorité à se hisser à son tour, habilement, sur le toit, par la fenêtre.

« — Les regrets, ce n'est que de la rature : on ne les efface pas. »

Dramatique, comme citation. Elle n'était peut-être pas adaptée à la situation actuelle ? Les iris dorés de l'Atlante étaient braqués sur la rouquine sanglotant. Lui adressant un sourire empreint de tendresse, il élevait à nouveau la voix. Une voix grave, presque rassurante.

« — Mais ils ne sont vains que lorsqu'il est trop tard. Ce qui compte, c'est demain, Mademoiselle Siankov. »

Sans un mot de plus, il s'était assis à côté d'elle, en glissant contre elle la petite boîte d'aluminium. Une boîte à goûter, qui n'était pas décorée. Et dans laquelle résidait une sucette énorme, l'emballage de plastique encore intact, et accablant d'éloge le sucre sous forme sphérique au bout du bâton. Ainsi qu'un morceau de papier, sur lequel étaient griffonnés d'une main malhabile deux mots. " Hold on ". Ciris avait deviné au premier coup d'oeil quel genre de tristesse rongeait la jeune fille. N'avait-il pas été Roi ? Qu'est-ce qu'un Roi incapable de lire dans l'âme de ses sujets ? Avec une douceur surprenante, il avait glissé un bras par-dessus les chétives épaules de Soniya, et l'avait attirée toute contre lui, se voulant rassurant. Elle voulait pleurer ? Qu'elle pleure. N'était-il pas de son devoir du corps professoral de veiller au bien-être de ses élèves ? Curieusement, cela ne collait pas du tout à la personnalité de l'Atlante, qui ne se reconnaissait pas lui-même. Qu'importe. Tous les alliés n'étaient-ils pas bons à prendre ? La niaiserie ne le tuerait pas, après tout. Désirait-elle une épaule sur laquelle pleurer ? Un confident auquel se confier ? Qu'à cela ne tienne. Ciris pouvait être toutes ces choses, et bien plus encore.

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Lun 27 Avr 2015 - 19:16
Se relever? Pour quoi faire?....

Mon regard embué ne capte que des tâches lumineuses formant des dessins irréalistes dans le ciel nocturne. Pourtant, dans les fils invisibles et aqueux qui n'apparaissent qu'à cause de ma vision trouble, je revoie encore et toujours ces images que je voudrais tellement oublier. Mais ne plus m'en souvenir ne changerait rien à mon crime pour autant. Revenir en arrière, remonter le temps? Ce n'est pas possible, je le sais. Mais cela ne m'empêche pas de vouloir y croire.

« — Les regrets, ce n'est que de la rature : on ne les efface pas. »

Cette voix, elle me dit vaguement quelque chose. Pourtant, sur l'instant, je ne m'en préoccupe même pas. Si ça se trouve, l'homme est venu pour me tuer. Ce serait bien, j'aurais mal, encore, mais peut-être une bonne fois pour toute. Après, je serais enfin tranquille. Mais ma Tanya? Bah, elle saurait parfaitement se débrouiller. Après tout, c'est moi le poids mort du lot. Enfin elle n'aurait plus à se soucier de moi et pourrais profiter de la vie dont elle a déjà été privée.

« — Mais ils ne sont vains que lorsqu'il est trop tard. Ce qui compte, c'est demain, Mademoiselle Siankov. »

"- Demain?..."

Mais demain, les images n'auront pas disparues. Le garçon ne reviendra pas à la vie pour autant. Et la douleur sera toujours présente. Me dévorant de l'intérieur telle une flamme, sourde mais que rien ne peut arrêter. Je soupire avant de prendre conscience de la boite posée à mes côtés. Tiens, le Professeur est là aussi, assis tout près. Il aurait pu me pousser dans le vide que je ne m'en serais pas rendue compte et je n'aurais même pas cherché à éviter la chute de toute façon. Mes yeux passent un instant sur lui puis sur la petite boite que mes doigts viennent saisir en tremblotant à cause de mes sanglots diffus.

La sucette dans la boite me parait énorme et le petit mot m'arracherait presque une esquisse de sourire, l'aube d'un coin de lèvre qui se relève. Mais cela ne suffira pas. Hold on. Je suis toujours debout. C'est bien là le souci. C'est moi qui aurait dû mourir, pas lui. Oui, je l'ai fait pour sauver ma sœur mais cela ne justifiait pas que je le tue pour autant, si? Il n'empêche que je la prends et viens même la serrer dans mes bras, comme une peluche. C'est un cadeau, un geste qui me touche et dont je crois connaitre l'origine. Et cela ne fait que remonter les larmes à mes yeux.

"- Je ne mérite pas... Ce genre d'attention... Pas après... Ce que j'ai fait..."

Je me suis laissée glisser inconsciemment contre le Professeur, mes larmes continuant à creuser des sillons sur mon visage, sa présence bien que non demandée me paraissant soudain presque salutaire. Il n'y avait que du rouge dans mon horizon, ce qui le rendait plus lugubre que la plus profonde des nuits mais sa simple proximité me rappelait soudain à quel point ma Tatoune me manquait, même si c'était moi qui la fuyait depuis notre retour.
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Mar 28 Avr 2015 - 14:31
L'étreinte s'était fait plus assurée, alors que contre le fier torse du Roi Atlante reposait la tête de l'Apprentie. Patiemment, il la conservait contre lui, une de ses jambes se balançant comme un métronome, à un rythme régulier, dans le vide. Ses iris dorés orientés vers le ciel qui déversait sur eux une lumière stellaire et lunaire agréable. Presque inconsciemment, il s'était mis à doucement fredonner. La mélodie, lente et profonde, s'était calée sur la respiration régulière de Ciris, qui tenait toujours la jeune fille contre lui. La main qui avait entouré ses épaules se hissa doucement sur le sommet de son crâne, caressant doucement la chevelure écarlate qui paraissait soudainement si terne, si triste. Il n'y avait pas de mot pour réparer ce genre de balafre. L'entité toute sanglotante contre lui l'ébranla. Habituellement si décalé, dérangé, et hors-norme, le Dieu de l'Autorité se sentait profondément humain, en cet instant. Cette adorable petite créature, meurtrie par la réalité du monde, faisait presque vaciller ses certitudes. Si bon acteur, il se retrouvait brutalement à visage découvert, devant une pureté si incontrôlable. Où était sa capacité à manipuler ? A jouer avec les émotions ? Le jeu de masque ? A n'en pas douter, il redeviendrait très rapidement celui qu'il était. Mais cette occasion n'était-elle pas de glisser dans sa poche une autre élève ? La réconforter sans sincérité se révélerait tâche bien trop ardue. En un sens, il retrouvait chez elle ce qu'il aurait aimé que sa soeur puisse également éprouver. Avec intérêt, ses deux iris dorés coulent un regard presque tendre vers l'Apprentie, dont la poitrine est secouée de sanglots, tandis que les rubis habituellement luisant d'innocence et d'une bonté presque enfantine étaient la source intarissable d'un océan de larmes.

Continuant de fredonner ce qui semblait être un air marin, le Roi Atlante caressait la crinière de la jeune femme, cherchant à capter ses yeux humides avec les siens, perçants. Au gré du balancement de sa jambe, il avait entrepris de suivre ce même rythme monotone, comme berçant le fragile petit être au creux de ses bras. Comme un chuchotement, sa voix s'était élevée. Il n'y avait rien qu'il ne puisse dire à la jumelle sans connaître toute l'histoire. Alors, il se contenterait d'agir comme d'habitude.

« — Je vous préfère souriante, Soniya. »

Ayant interrompu la mélodie jouée presque silencieusement, il était parvenu à braquer son regard doré dans ceux carmins de la jeune fille. Le contact visuel se prolongea un long moment, générant une situation presque gênante. Mais, au lieu de détourner le regard, le Professeur restait là, contemplant un visage, d'habitude si enjoué, ravagé par le chagrin et la peine. Les humains étaient réellement fascinants. Avec une lenteur mesurée, les commissures de ses lèvres s'arquèrent, offrant un sourire ravissant à la Déesse de la Musique. Leurs corps et leur chaleur s'emmêlaient pour une toute autre raison que l'habituelle relation entre un homme, et une femme. Ici, la présence masculine se voulait rassurante. Et c'est bien entendu l'aura qui émanait de Ciris. Un curieux sentiment de sécurité et d'assurance. Une entité fière, et inébranlable. Oui. Il redevenait celui qu'il était. Un caméléon social, capable de devenir qui il fallait pour n'importe qui. Bien que cela ne soit pas son plus grand talent, il se révélait pratique, en cet instant. Enfin, il brisa le contact visuel, reprit son fredonnement, raffermissant son étreinte avec l'Apprentie. Le Roi n'était pas pressé. En fait, il était disposé à offrir tout le temps dont Soniya avait besoin. Il se perdit dans la contemplation du ciel étoilé, alors que ses doigts glissaient presque avec passion sur la crinière écarlate de son élève.

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Mer 29 Avr 2015 - 10:53
Se relever? Pour quoi faire?....

Une mélopée, douce et régulière, parvient à travers le bruit de mes propres sanglots à arriver à mes oreilles. C'est étrange, nouveau aussi, mais pas désagréable. une forme de chant qui ne me dit rien. Enfin, c'est plus fredonné qu'autre chose mais j'apprécie les notes, le retour inlassable des mêmes sons qui me sortent un peu de cette bulle de souffrance dont je me suis complètement entourée. La Musique, même dans mon état, il semblerait que je ne sois pas capable d'y renoncer réellement.

« — Je vous préfère souriante, Soniya. »

Je n'ai pas encore vraiment réalisé que je n'étais plus droite mais à ses paroles, je peux sentir que ma position à légèrement changé. Une main dans mes cheveux, comme le faisait si bien ma sœur pour me consoler quand nous étions petite. Enfin, comme elle l'a toujours si bien fait pour être exacte. Ma gorge se serre rien qu'en pensant à ma Tanya mais en cet instant, ce n'est pas sa présence qui est là à mes côtés, ni ses doigts qui jouent dans ma chevelure de feu. Pas plus que le regard que je fixe n'est semblable au mien. Pas de rouge cette fois mais de la chaleur malgré tout. Différente et... rassurante.

Je ne commence que seulement à réaliser que le Professeur à parlé. Qu' a t'il dit au juste? Ah oui, il parlait de sourire. De me voir sourire. Mais à cette simple idée, les images reviennent me frapper telle une gifle en plein visage. D'habitude, c'est ce que je fais pourtant. Même blessée ou triste, je souris. Je l'ai promis, de toujours être heureuse. Cependant, j'ai rompu ma promesse, je ne suis plus capable de la tenir. Je n'étais déjà pas capable de grand chose auparavant mais là, je crois bien que je touche définitivement le fond. Et ma Tanya dans tout ça, que va t'elle devenir? Quand au Professeur, je devrais lui répondre, mais quoi?

"- Désolée... Je n'y arrive plus... "

Faire semblant, même si je n'étais pas crédible, je l'ai déjà fait. Tellement souvent du temps de cet orphelinat gris et sombre. Mais là, je n'en plus la force. Aucune volonté. Rien. Je préférerais me sentir réellement vide mais non, au contraire, je suis pleine de remords et de douleur, à tel point que j'en déborde de larmes et de souffrance. Je n'avais jamais rien fait de bien mais là, j'ai définitivement tout raté. Rien ni personne ne pourra jamais effacé ce qu'il s'est produit dans ce désert.

"- Vous ne devriez pas... Rester là... Avec moi... Vos élèves doivent... Vous attendre... Ils vont avoir... Besoin de vous..."

Je parle, ou plutôt je murmure, des mots qui n'ont même pas vraiment de sens pour moi. Je serre toujours la sucette contre mon cœur, comme si je cherchais un réel réconfort dans sa présence. Mon regard est revenu se perdre sur mes pieds et le vide si proche. Ce serait si simple, de faire un simple pas en avant. Mais même ça, je ne peux m'y résoudre. En serrant mes bras, j'ai l'impression de sentir à sentir la présence de sang dessus et me remet à les frotter, exposant mes avant-bras plus qu'à vif à l'air fais de la nuit. Mais rien ne calme leur brûlure intérieure ni mes sanglots plus diffus mais bien présents.
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Dim 10 Mai 2015 - 21:05
Durant un instant de lucidité, le Roi Atlante se rendit compte que cette situation était d'une absurdité frappante. Tout ceci ressemblait à un stéréotype qui ne lui convenait absolument pas, lui qui était habituellement si extravaguant et si scénariste. Comme si la simplicité des choses parvenait tout de même à échapper à son contrôle. Ce qu'il n'appréciait pas, se crispant imperceptiblement. N'était-il pas le maître de la comédie ? Cette contrariété n'influença pas le moins du monde la façon d'être de Ciris, qui avait repris son fredonnement, alors que les murmures qui auraient intangibles s'il n'avait pas été si près d'elle parvenaient à ses oreilles. Le moins qu'on pouvait en dire, c'est qu'il y avait une mélodie certaine, dans cette voix déchirée de sanglots et de regrets. Sa gorge, probablement obstruée par le chagrin, après tant d'heures à pleurer, restait suffisamment vigoureuse pour émettre ces sons si agréables à l'oreille du Professeur.

« — Vous ne devriez pas... Rester là... Avec moi... Vos élèves doivent... Vous attendre... Ils vont avoir... Besoin de vous... »

Les dires de l'Apprentie arrachèrent à Ciris un sourire, alors que d'une main ferme, il retenait le poignet qui guidait la main cherchant à frotter ses bras déjà à vif, tout en la retenant solidement contre lui, en suivant son regard, qui le menait vers le vide. Après tout, il n'était pas question de la laisser sauter, n'est-ce pas ? Ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Et le Roi Atlante avait horreur des choses qui se passaient sans qu'il les ai planifiées. Tout avait un sens profond, chaque cheminement, une logique certaine. Pas les humains. C'était ce qui était excitant. Manipuler ces poupées de viande, découvrir qu'il était capable de prévoir le moindre de leurs faits et gestes... Ce désir infini de contrôle, et de voir les autres s'entre-déchirer, tandis qu'il était à l'abri, c'était d'une beauté incomparable. Un véritable art, qu'il était le seul à pratiquer. Retenant l'une des mains de l'élève, il glissait presque tendrement la paume de sa main sur l'avant-bras à vif, avant de l'y apposer, comme une interdiction. Durant un instant, l'idée d'utiliser son pouvoir lui traversa l'esprit. Tout n'aurait-il pas été plus simple de cette manière ? N'ayant pas encore établi ses propres limites, le Dieu réfuta cette idée, se contentant de pousser Soniya à braquer son regard dans le sien. Les rubis de la jeune fille, au même titre que ses propres iris, étaient d'une splendeur pétrifiante. Il y avait un certain charme, dans sa façon d'être incapable de le repousser. Conservant un sourire bienveillant, il répondit, cessant de chantonner sans voix le chant marin, une de ses jambes balançant dans le vide.

« — L'astre lunaire et les étoiles sont déjà hautes dans le ciel, Mademoiselle Siankov. Je doute que mes élèves requièrent mon attention en cet instant. »

Doucement, comme un accord silencieux avec son interlocutrice, il lâcha la main qui cherchait à mutiler son bras, retournant se perdre dans la crinière de feu de la jeune fille, qui semblait soudainement si terne, en cet instant, malgré la lumière argentée qui accompagnait la venue de la nuit. En tant que Professeur de Philosophie, n'était-ce pas son devoir d'instruire cette élève en toute situation ? Prenant soudainement à coeur ce titre, il erra mentalement un instant, sélectionnant la meilleure et plus situationnelle citation qui lui venait à l'esprit, après qu'il ait dévoré nombre d'ouvrage dans la journée.

« — Il ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre. »

Et cela s'appliquait curieusement bien, aux yeux de Ciris. N'était-elle pas tourmentée par un instant tragique ? A vouloir oublier toute cette chose, sortir de cet état de torpeur et de regret, ou plutôt, à s'acharner pour expier ses fautes, fautes qui n'était sans aucun doute pas de tels pêchés, ne risquait-elle pas de perdre bien plus cher ? Cette façon d'être, pour sa soeur, ne risquait-elle pas de disparaître si elle se renfermait sur elle-même ? Cette influence négative qu'avait le désespoir, sur un être humain, le Roi Atlante n'avait jamais rien vu de pareil, et n'adorait rien au monde plus que cela. Ses caresses cessant, il glissait le menton de son interlocutrice entre son index, et son pouce, pour la forcer à lui rendre son regard compatissant, luisant d'intérêt. Ses yeux qui faisaient sa fierté. Des iris de Roi.

« — M'honorerez-vous en m'accordant le plaisir d'être celui qui chassera ces larmes, qui perlent aux coins des vos yeux, Soniya ? »

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Lun 11 Mai 2015 - 10:14
Se relever? Pour quoi faire?....

Je sens la main du professeur qui vient se placer sur la mienne, pour la bloquer. Sa poigne qui me retient un peu plus fort. Je m'étais donc réellement avancée vers ce vide qui me semble soudain si attirant? Je ne m'en rends même plus compte. Sa paume se déplace, venant cette fois se poser sur ma peau à vif. Ce contact me fait frissonner une seconde. Je ne ressens plus la douleur de mes avant bras mais sa température me parait si froide, comme si une vague fraîche venait se poser sur ma peau en flammes.

« — L'astre lunaire et les étoiles sont déjà hautes dans le ciel, Mademoiselle Siankov. Je doute que mes élèves requièrent mon attention en cet instant. »

La nuit, il n'y a donc pas de cours? Oui, possible. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne me pose plus ce genre de questions. Mon esprit n'est plus capable de se reconnecter tout simplement à la réalité ds choses, il ne peut plus que ressasser son crime, me renvoyer ce meurtre en pleine figure, cette monstruosité que j'ai commise. Je voudrais effacer cet instant de ma mémoire, je ne veux plus être ainsi tourmentée. Et le pire, c'est que ma Tanya m'a vu. Jamais plus je ne serais digne d'être sa sœur, de mériter son amour et sa compassion. Je n'ai plus rien et cette simple pensée me détruit plus surement que n'importe quel monstre.

« — Il ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre. »

Mon regard est venu croisé le sien et y reste accroché. Son sourire est bienveillant mais le mien est toujours absent. Mon expression reste profondément désespérée, mon visage marqué des rivières de larmes qui l'ont traversé. La Lune, la Terre, plus rien n'a d'intérêt. je suis bien morte une fois, quel besoin avait Deus de me faire revenir? Je détourne les yeux, laissant simplement mon regard se perdre à mes pieds mais je n'ai pas le temps de m'en rendre compte que déjà, les doigts du Professeur ont saisis ma mâchoire pour relever ma tête. Je suis le mouvement me contentant de suivre bêtement ses gestes, sans lutte aucune.

« — M'honorerez-vous en m'accordant le plaisir d'être celui qui chassera ces larmes, qui perlent aux coins des vos yeux, Soniya ? »

"- Si vous... Voulez... "

Je n'ai pas la force, ni le courage, de lui demander de rester seule. Déjà parce que malgré tout, je crois que j'apprécie sa présence. La proximité d'une personne qui pour l'instant ne me juge pas. Mais je ne me fais pas d'illusions, dès qu'il saura, il changera. Il m'en voudra, me rappellera mon crime et qui sait, peut-être voudra t'il venger ce pauvre garçon à qui j'ai ôter la vie. De toute façon, je ne voyais pas comment il pourrait sécher mes yeux qui ne faisaient plus que couler sans interruption depuis mon retour et ma prise de conscience.

"- Mais pourquoi.... Prenez-vous la peine... de vous soucier... d'un être aussi... misérable... que moi? "

Il a forcément tellement mieux à faire. Je ne suis rien, je ne suis personne. Juste une erreur, une faute. Alors pourquoi dans son regard ais-je l'impression de déceler comme de l'intérêt pour mon cas? Je ne mérite pas que quelqu'un se soucie de mon sort. Je n'en vaux pas la peine.  
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Mer 27 Mai 2015 - 16:59

En cet instant, il rangeait la Siankov dans cette catégorie. Poussant l'étude plus loin, il imagina divers scénarios qui auraient pu mener à cette situation. Ne connaissait pas sa soeur qui n'éprouvait manifestement aucun intérêt pour la philosophie, il ne pouvait imaginer une dispute entre les deux jumelles. C'est alors qu'il comprit pourquoi elle se morfondait autant. Intérieurement, un sourire déformé déchira son mental, alors que sa voix s'élevait à nouveau.

« — Disons qu'à la manière de ce cher Camus, je dénonce la précarité de l'humain, et l'absurdité de note existence. Qui sommes-nous, après tout, pour avoir l'autorité de nous juger ? Qui vous permet de dire que vous êtes misérable, Soniya ? Nul. Vous vous l'imposez. »

Silence marqué. Pas une hésitation. Simplement l'utilisation de la rhétorique qui refaisait surface. Structurer son discours, l'étoffer, le rendre dynamique et attrayant. Voilà son devoir en tant que membre du corps professoral, mais aussi en tant que souverain d'un temps passé. Doucement, il soutint le visage de l'Apprentie entre ses mains, la forçant à garder les yeux rivés dans les siens, ses iris dorés luisant d'un éclat d'intérêt.

« — Si vous ne l'aviez pas fait, qui sait ce que cet homme aurait pu faire à votre soeur ? »

Choc. Sans aucun doute ne s'y attendait-elle pas. Mais les dossiers d'examen de fin d'année rapidement épluchés revinrent en mémoire au Dieu de l'Autorité. Il l'avait feuilleté distrairement, il n'y a pas si longtemps, mais n'avait jusque là manifesté aucun intérêt. Cependant, à n'en pas douter, la réponse se trouvait dedans. Espérant que le bouleversement de la déclaration ne soit pas trop brutal, il ne perdit pas un instant, en maintenant cette position. Malgré le fait que Ciris se soit jusque là délecté de la détresse incarnée par la rouquine, il ressentait désormais un besoin urgent de l'arracher à cette peine. Qu'il semblait considérer comme insensée.

« — Je suis ravi que vous soyez encore là, au même titre que votre soeur que je n'ai jamais eu le plaisir de rencontrer. Si vous n'aviez pas fait ce qu'il y avait à faire, qui sait si nous aurions cette discussion ? Et si vous aviez pris sa place, qu'en dirait votre soeur, abandonnée ? Vous dérivez, Soniya. Plus vous persistez sur cette voie parsemée de remords, plus vous vous perdez. Et surtout, plus vous perdez Tanya. »

Nouveau silence de la part de l'Atlante, qui conservait son regard acéré et perçant, à la manière de celui d'un rapace, rivé dans les rubis larmoyants de la jeune fille. Sans prévenir, il l'attirait de nouveau toute contre lui, refermant ses bras autour d'elle comme il avait par le passé tant rêvé de le faire pour sa soeur.

« — Je ne puis affronter votre crainte à votre place. Affrontez-la une bonne fois pour toute, et terrassez-la. Ce n'est pas en vous laissant dévorer de l'intérieur que Tanya sera heureuse. Ce qu'elle veut, et désire simplement, c'est retrouver la Soniya qui incarnait son soleil. »

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Ven 29 Mai 2015 - 9:42
Se relever? Pour quoi faire?....

« — Disons qu'à la manière de ce cher Camus, je dénonce la précarité de l'humain, et l'absurdité de note existence. Qui sommes-nous, après tout, pour avoir l'autorité de nous juger ? Qui vous permet de dire que vous êtes misérable, Soniya ? Nul. Vous vous l'imposez. »

Je me l'impose, vraiment? pourtant, tout dans mes actes, dans mon histoire, dans mon et mon présent ne tend qu'à me mener à cette simple certitude. Je suis un poids pour Tanya qui est morte pour moi, je suis incapable de remplir la moindre mission par moi-même et pire, je suis même devenue une meurtrière. Il n'y a pas de mot pire plus approprié pour définir l'être que je suis devenue. Je ne veux rien, ne suis rien et je n'ai plus la force d'essayer de lutter contre. Le destin à choisit pour moi, je n'ai plus qu'à m'y plier. Pour une éternité de souffrance. Finalement, si cette résurrection est un cadeau, il est empoisonné.

« — Si vous ne l'aviez pas fait, qui sait ce que cet homme aurait pu faire à votre soeur ?»

Sa main était venue saisir mon visage et mon regard était à présent figé dans le sien. Et à ses mots, mon expression changea radicalement. La peur, l'étonnement, la surprise, l'angoisse, la panique. Je voudrais être n'importe où mais loin d'ici.

"-  Comment...."

Comment savait-il? Avait-il dit cela au hasard? Non, c'était trop juste. Alors pourquoi était-il là réellement? Mon cœur me fait mal à battre comme un fou dans ma poitrine là où je peine à reprendre mon souffle. Paralysée, figée, je me serais prise à nouveau ce couteau en plein ventre que je n'aurais pas eu lus mal. Et ma faiblesse me rend incapable de me détacher de cet Homme qui garde mes pupilles captives des siennes.

« — Je suis ravi que vous soyez encore là, au même titre que votre soeur que je n'ai jamais eu le plaisir de rencontrer. Si vous n'aviez pas fait ce qu'il y avait à faire, qui sait si nous aurions cette discussion ? Et si vous aviez pris sa place, qu'en dirait votre soeur, abandonnée ? Vous dérivez, Soniya. Plus vous persistez sur cette voie parsemée de remords, plus vous vous perdez. Et surtout, plus vous perdez Tanya. »

"- Pitié... Arrêtez... Je vous en supplie... "

Abandonner ma Tatoune, rien que cette idée m'est insupportable. Et pourtant, en m'éloignant tel que je l'ai fait dernièrement, n'est-ce pas ce que je fais? Je la perds, je le sais bien, mais je ne peux plus me présenter devant elle ainsi. Je suis un monstre, je n'ai plus le droit d'avoir une sœur comme elle. Tanya, pardonne-moi. J'ai si mal, aux bras, aux yeux, à la tête à force de pleurer, au cœur suite à mon geste, à mon âme d'être loin de toi. Mais je ne peux rien faire d'autre que disparaître. Je ne suis pas capable de faire autrement. Je ne suis... Que moi. Alors que j'aurais voulu être tellement plus, surtout pour toi.

Un mouvement un peu brusque, nos regards ne sont plus fixés ensemble à présent. Je pensais qu'il allait finir par me jeter dans le vide mais nan, ce n'est pas encore maintenant que je serais soulagée de ma souffrance. Et son geste me parait incompréhensible. Car me voici dans ses bras. Simplement posée contre lui, ses bras enserrant mon corps frêle comme pour le protéger. Comme a jumelle savait si bien le faire pour me consoler. Si douce et rassurante à mon égard alors que le monde entier était ligué contre nous.

« — Je ne puis affronter votre crainte à votre place. Affrontez-la une bonne fois pour toute, et terrassez-la. Ce n'est pas en vous laissant dévorer de l'intérieur que Tanya sera heureuse. Ce qu'elle veut, et désire simplement, c'est retrouver la Soniya qui incarnait son soleil.»

"- Tanya... "

Retrouver son soleil? Que peut-il bien savoir de moi et de ma Tatoune? Pourquoi, ses mots sonnent si juste. Par instinct, je me recroqueville comme jamais contre lui, serrant de toutes les forces qu'il me reste le tissu à ma portée, comme pour me raccrocher à quelque chose de réel, simplement. Et après un silence lourd, je me mets à hurler. Purement et simplement. Complètement repliée sur moi-même, je crie ma peine, j'expulse ma douleur et ma souffrance, toute cette horreur enfouie au fond de mon être, comme pour la chasser le plus loin possible. Dans la nuit, mes hurlements résonnent sans doute à des kilomètres et je dois casser les oreilles du pauvre professeur mais je ne peux plus m'arrêter. Comme si une rivière sauvage retenue depuis trop longtemps venait de se libérer d ses ancrages.

Je n'ai plus aucune notion du temps qui passe. Je ne réalise vraiment un changement dans mon état qu'en me rendant compte que mes larmes qui étaient revenues jaillir à flots cessent de couler alors que mon corps est toujours secoué en tout sens. Je suis si fragile, si vulnérable. Si peu. Et pourtant, encore une fois, quelqu'un est là, pour moi. A croire que le destin à d'autres projets pour moi. Je ne parviens pas à me relever encore, à peine à me redresser un peu mais quelque part, il y a comme quelque chose de changer en moi. je me sens fatiguée, exténuée même, mais la douleur est différent. Moins présente, plus diffuse. Comme si le fait de l'extérioriser ainsi avait réellement fini par la chasser.

"- Je ne voulais pas.... J'ai été forcée... Je suis désolée pour lui... Il ne méritait pas... Mais Tanya... Elle était en danger... Je ne voulais pas... Elle ne pouvait pas... Mourir encore... Pas pour moi... Pas à ma place... Encore une fois... "

Les mots sortent, sans ordre précis, simplement parce qu'ils faut qu'eux aussi soudain suivent le même chemin que mes cris et mes larmes. je ne peux plus contenir tout cela. Maintenant qu'il y a eut une brèche, une faille dans cette carapace de souffrance m'enveloppant, il faut que les mots s'échappent eux aussi. désordonnées, parfois forts, puis faibles, murmurés ou hurlés, mais qu'ils se perdent dans la nuit, loin de mon cœur.

"- Je n'ai rien d'une déesse... Ma place n'est pas ici... Mais Tanya... Je veux continuer à être avec elle... Je n'ai jamais eu qu'elle... J'ai si peur qu'elle... Ne veuille plus de moi... Qu'elle m'en veuille... Qu'elle me chasse... A cause de ce que j'ai fait... Je veux juste... Rester... Sa Sonou... Toujours..."
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Mer 3 Juin 2015 - 17:24
Il s'était contenté de l'écouter. Hurler son désespoir. Sa peine. Son incompréhension. Pourquoi le monde se devait-il d'être aussi cruel ? Patiemment, il avait reprit son fredonnement tout en offrant ses bras à l'Apprentie. Qu'elle laisse s'échapper sa frustration, sa souffrance. Ciris comptait bien rester là aussi longtemps que nécessaire, vaillante sentinelle. Décidément, elle contrastait atrocement avec Nasline. Elle qui était si dure, impitoyable, en comparaison avec la jeune russe qui semblait si fragile, faible. C'était à n'y rien comprendre, la raison pour laquelle le Roi Atlante se prenait d'affection pour cette petite créature. Lorsqu'enfin, son hurlement s'acheva, le Professeur n'avait pas bougé, la conservant toute contre lui comme il l'aurait avec sa soeur si jamais elle avait été capable de se retrouver dans cette situation. Alors, elle avait commencé à laisser jaillir un flot de parole empreint de désarroi, désordonné, paniqué.

« — Je ne voulais pas.... J'ai été forcée... Je suis désolée pour lui... Il ne méritait pas... Mais Tanya... Elle était en danger... Je ne voulais pas... Elle ne pouvait pas... Mourir encore... Pas pour moi... Pas à ma place... Encore une fois... »

Le regard doré de l'Atlante reflétait la lumière de l'astre lunaire, tandis qu'il tendait l'oreille, réagençant les mots pour en faire des phrases tangibles. Il avait vu juste, comme toujours. Ses iris perçants étaient à la hauteur de ses attentes. Aussi précis que ceux d'un rapace, impitoyables. Tranquillement, dans le but de la rassurer, il continuait de fredonner, hochant la tête à l'attention de Soniya, ses doigts glissant dans la chevelure écarlate de la jeune fille.

« — Je n'ai rien d'une déesse... Ma place n'est pas ici... Mais Tanya... Je veux continuer à être avec elle... Je n'ai jamais eu qu'elle... J'ai si peur qu'elle... Ne veuille plus de moi... Qu'elle m'en veuille... Qu'elle me chasse... A cause de ce que j'ai fait... Je veux juste... Rester... Sa Sonou... Toujours... »

Le Dieu de l'Autorité patienta quelques minutes, laissant l'émotion s'amenuiser au même titre que la douleur qu'elle venait d'extérioriser. Sa voix s'éleva à la manière d'un baume, se voulant apaisante.

« — Vous aviez bien plus votre place ici de par votre sensibilité face aux choses que vous voyez tous les jours que des individus comme moi, Soniya. Vous avez bien agi en protégeant votre soeur, qu'importe les conséquences. N'oubliez pas cela. Ne pardonnez jamais ceux qui blessent votre soeur. Riposter dans ces cas-là est tout naturel. Défendre votre soeur à tout prix, voilà ce qui est juste. Qu'importe ceux qui osent interférer. Je suis persuadé que vous ferez une parfaite divinité, aux côtés de votre jumelle. Alors, cessez de vous lamenter, mademoiselle Siankov. Cela ne vous ressemble pas. Et ne vous sied pas. Vous avez encore vos deux jambes ? Alors, marchez. »

Avec un sourire bienveillant, il tapotait le sommet du crâne de la jeune fille, son éloquence et la dextérité avec laquelle il maniait l'art de la rhétorique ne faisant que renforcer son aura de souverain droit, et juste. Ce qu'il n'était sans aucun doute pas, sauf en cet instant présent.

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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Jeu 4 Juin 2015 - 9:30
Se relever? Pour quoi faire?....

Je peux entendre le fredonnement doux et régulier qui ne cesse pas, ne vacille jamais. Comme si je pouvais raconter toutes les horreurs du monde, conter toutes ces douleurs et autres monstruosités qui avaient fait de moi ce que j'étais aujourd'hui. Le chant demeurait là, tel un phare guidant de sa lumière chaude et rassurante la pauvre barque égarée et chavirée que je représentais.

Maintenant que j'ai finis par mettre des mots sur tout ce que je gardais en moi, je me sens toujours aussi misérable. Mais peut-être aussi un peu soulagée. Je l'ai dis, je n'ai plus à être une menteuse en plus d'une meurtrière. Car oui, c'est bien ainsi que me vois. On pourra toujours me raconter des histoires, ce que j'ai fait est affreux, pire que tout. Et je ne parviens à le digérer, à me le pardonner.

« — Vous aviez bien plus votre place ici de par votre sensibilité face aux choses que vous voyez tous les jours que des individus comme moi, Soniya. Vous avez bien agi en protégeant votre soeur, qu'importe les conséquences. N'oubliez pas cela. Ne pardonnez jamais ceux qui blessent votre soeur. Riposter dans ces cas-là est tout naturel. Défendre votre soeur à tout prix, voilà ce qui est juste. Qu'importe ceux qui osent interférer. Je suis persuadé que vous ferez une parfaite divinité, aux côtés de votre jumelle. Alors, cessez de vous lamenter, mademoiselle Siankov. Cela ne vous ressemble pas. Et ne vous sied pas. Vous avez encore vos deux jambes ? Alors, marchez.»

"- Protéger... Juste... Naturel..."

Pour quoi ces 3 mots-là? Peut-être parce qu'ils sont ceux qui font le plus échos en moi. Oui, je n'avais pas tué simplement par plaisir mais seulement pour la sauver. Je ne pouvais me permettre de la perdre. Pas ma Tanya. Pourtant, avais-je pour autant ma place à l'Académie? Cela, j'étais toujours loin d'en être persuadée. Mes sanglots refluaient lentement, mon corps cessant d'être secoué, se contentant de trembler légèrement. Après tout cela, je commençais à avoir froid et mes bras à vif se rappelaient à mon bon souvenir. Mais je ne veux pas y penser. Pas tout de suite.

"- Je ne sais pas... Si j'arriverais à devenir une déesse... Si j'en ai vraiment envie dans le fond... Mais marcher... Ça, je devrais pouvoir... y arriver.... Je crois... "

Voilà, se raccrocher à des idées simples et faciles. Marcher, mettre un pied devant l'autre, simplement avancer, voilà quelque chose que je devrais pouvoir faire sans trop de difficultés. Mais pourtant, je n'ai pas la force de me lever. Pas le courage de me relever. En cet instant, j'ai peur du vide dont je me suis dangereusement approchée, de la présence des monstres que je sais tapis dans les environs, de ce chemin que je vais devoir parcourir pour rentrer. Et de ma Tanya, que je vais forcément croiser et retrouver. Mais dans quel état sera t'elle, elle?

"- J'ai peur... De ne plus y arriver... De ne pas réussir à redevenir... Son soleil... Je ne suis même pas certaine... D'arriver à rentrer de toute façon...
Je voudrais tellement... Etre plus forte... Plus utile... Mais au fond, je ne suis... Et ne serais jamais que... Moi..."


Oui, cela sonne comme une défaite acquise et admise. Il y a des gens à l'Académie qui sont fait pour réaliser de grandes choses, d'autres pour occuper des places importantes, d'autres encore pour aider et protéger mais moi, je ne fais rien de tout cela. Je ne sers à rien et je ne suis pas bonne à grand chose. Pourtant, j'aimerais tellement m'améliorer. Et pouvoir à mon tour être réellement digne de confiance.
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Lun 22 Juin 2015 - 19:36
Ciris s'était redressé en saisissant avec une tendresse infinie Soniya, par les épaules, conservant son sourire. En la hissant ainsi sur ses jambes, il l'avait décalée devant lui, son corps faisant rempart avec le vide. Le glaive qui pendait à sa ceinture se rappelait à lui en heurtant sa cuisse, alors que ses yeux dorés et souverains luisaient. Affichant toujours le même sourire bienveillant, il s'empara de sa main, et prit les devants, l'entraînant d'abord pas à pas. L'intention n'était pas de la brutaliser. Loin de là. Mais de lui changer les idées. Du doigt, il désigna une étoile, puis une constellation[*], au loin, avant de rentrer dans l'observatoire. Conservant son expression enjouée par la situation, il entreprit de descendre jusqu'au sol, tirant comme un enfant impatient Soniya derrière lui. Manifestement, il avait beaucoup de chose à lui dire. A propos de l'étoile désignée un instant plus tôt.

« — Il semblerait que le ciel qui règne au-dessus de nos têtes soit plus ou moins le même que celui du monde terrestre. Cette constellation se nomme Andromède. »

Patiemment, il lui faisait descendre les escaliers, comme persuadé que lui changer les idées serait parfait. Le Roi Atlante comptait bien lui arracher toutes ces pensées négatives qui régnaient en maîtres dans son fragile psyché. Après tout, l'heure était avancée, et les monstres tapis dans l'ombre de l'Observatoire n'avaient manifestement pas l'air d'avoir envie de s'en prendre à eux. Il conservait cette attitude prévenante et bienveillante à l'égard de la jeune russe, se révélant d'une douceur surprenante, qui le stupéfait lui-même, en fin de compte. Comme si le jeu de masque s'était achever avant même de commencer, pour son plus grand déplaisir. Après tout, voilà sa principale occupation en ce monde torturé.

« — Connaissez-vous l'histoire d'Andromède, mademoiselle Siankov ? Elle est la démonstration la plus flagrante que j'ai trouvé. Vous êtes identique sur certains points. Vous n'avez pas besoin de vous battre, car les autres se battront pour vous. Pas parce que vous êtes faible. Pas parce que vous êtes inutile. Mais parce qu'ils vous aiment, très chère. »

Une fois arrivé au rez-de-chaussée, il s'immobilisait, et pivotait vers la jeune fille, sans se défaire de son sourire rassurant. Il se penchait à sa hauteur, posant ses deux mains sur les épaules de l'élève, se voulant d'une apparence fraternelle.

« — Je ne veux pas que vous soyez dénaturée. Au même titre que votre soeur. Combattre n'est pas votre rôle. Il y a bien des manières d'aider autrement qu'en combattant, ou en devenant plus fort, jeune fille. C'est désormais à vous de décider de la manière dont vous voulez procéder. Car je ne puis, pas plus que Tanya, vous l'imposer. »

Restait à savoir si elle désirait simplement être utile, ou capable de se défendre d'elle-même. Peut-être n'était-elle pas une guerrière, mais elle avait un don, de par son innocence. Un don qui ne devait pas être gâchée par des ambitions personnelles. Un don qui allait se révéler bien puissant par la suite. Trop puissant s'il n'était pas de son côté du plateau. Ses yeux dorés rivés dans les rubis de Soniya, il attendit sa réaction, alors qu'une brise fraîche venait se glisser dans leurs chevelures respectives.

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[*]: A savoir que je n'ai aucune putain de connaissance à propos de tout ce qui est astronomie, les constellations, les étoiles, tout ça. Donc j'en ai jugé que c'est bien Athéna qui l'a transformée en constellation, tout ça, tout ça.
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Re: Se relever? Pour quoi faire?.... - Mar 23 Juin 2015 - 11:23
Se relever? Pour quoi faire?....

C'est à peine si je me sens passer de la position assise à debout. A nouveau, c’est le professeur qui mène la danse. S'il voulait me tuer, il pourrait le faire, je ne réagirais pas plus. mais non, il se place entre moi et le vide, se redressant lui aussi. Sa main saisit la mienne avant de m'inviter à le suivre, à mon rythme, sans me forcer à aller vite. Mon regard suivit le doigt qu'il point vers le ciel pour y découvrir l'étoile, ou plutôt la constellation qui l'intéressait pour le moment. Une fois cette dernière désignée, je le suivis tandis qu'il s'engouffrait par la fenêtre, pour rentrer à l'intérieur de l'observatoire.

« — Il semblerait que le ciel qui règne au-dessus de nos têtes soit plus ou moins le même que celui du monde terrestre. Cette constellation se nomme Andromède.Connaissez-vous l'histoire d'Andromède, mademoiselle Siankov ? Elle est la démonstration la plus flagrante que j'ai trouvé. Vous êtes identique sur certains points. Vous n'avez pas besoin de vous battre, car les autres se battront pour vous. Pas parce que vous êtes faible. Pas parce que vous êtes inutile. Mais parce qu'ils vous aiment, très chère.»

Oui, je connais Andromède. Une princesse éthiopienne que sa mère avait attachée à un rocher pour l'offrir en pâture aux monstres marins après s'être attirée les foudres de Poséidon en se prétendant plus belle que les Néréides, ses filles. Délivrée de justesse, elle avait menée une vie douce par la suite. Encore une sorte de conte de fée. Mais la vie n'était pas ainsi, j'avais eu plus que l'occasion de le vérifier.

Mais nous avions des points communs, oui. Maintenant qu'il le disait, en effet. Je n'étais pas une combattante, je ne le serais jamais et ça, c'était une évidence. Mais oui, il y avait des gens autour de moi. Des personnes qui m'appréciaient et qui me le montraient. Qui m'aidaient et qui étaient toujours près de moi. Et si je ne voulais plus continuer pour moi, je n'avais pas le droit de les abandonner eux. Tanya, Ymir, Eraqua, Et tous les gens qui avaient déjà pris des risques ou le temps de m'écouter, comme le professeur en ce moment.

Je le suis aveuglément au travers des lieux. Comme si ses yeux étaient devenus ma seule lumière, sa voix mon seul repère et sa présence ma seule certitude. Seule, je ne serais jamais sortie d'ici. je ne serais pas revenue, jamais je n'aurais pu aborder le chemin du retour. Et puis arrivés près de l'entrée, le professeur se stoppa avant de se tourner vers moi, s'agenouillant pour être parfaitement à ma hauteur, ses mains sur mes épaules toujours frissonnantes.

« — Je ne veux pas que vous soyez dénaturée. Au même titre que votre soeur. Combattre n'est pas votre rôle. Il y a bien des manières d'aider autrement qu'en combattant, ou en devenant plus fort, jeune fille. C'est désormais à vous de décider de la manière dont vous voulez procéder. Car je ne puis, pas plus que Tanya, vous l'imposer.»

"- Je veux seulement... Etre capable... de l'aider... Etre là, pouvoir la protéger, l'accompagner, sans être le poids que j'ai toujours été. "

Je n'avais pas de pouvoir de soin pour la soigner, mais j'avais toujours ma présence et mon sourire. je n'avais pas la force de me battre mais j'étais là pour l'encourager et lui redonner confiance. Je n'étais pas très douée mais je m'étais toujours relever. Jusqu'à aujourd'hui. Alors, est-ce qu'après tout ça, j'avais vraiment le droit d'abandonner? La simple image de ma jumelle dans mon esprit me hurlait que non. Et mon cœur de se joindre à ce dernier.

"- Mon bouclier, il est comme moi... Pas très fort, fragile et limité... Mais il existe, pour de vrai... Je veux qu'il puisse servir... Pour protéger les gens que j'aime moi aussi... Qu'ils soient pas les seuls à se battre.... Pour leur montrer que je suis avec eux... Même si je peux pas faire grand chose... "

Le vent qui s'est engouffré dans l'observatoire fait voleter ma tignasse hirsute tandis que je sanglote toujours doucement. Je me sens peut-être une peu plus légère mais au final, j'ai toujours aussi peur. Que les choses ne puissent redevenir comme avant à cause de ce que j'ai fait. Que ma Tanya ne soit pas aussi heureuse de me revoir que moi je le serais de revenir auprès d'elle. Que finalement, tout ce que je n'ai jamais vécu n'ai pas de réel sens et que je ne sois rien de plus qu'une succession d'erreurs. Quelques larmes subsistent aux coins de mes yeux alors que je laisse échaper quelques mots supplémentaires.

"- Si les gens ils aiment... je veux pouvoir leur montrer... qu'ils peuvent compter sur moi... Toujours et tout le temps... Aussi faible que je sois... "
Se relever? Pour quoi faire?....
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