Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Terminé] Larmes écarlates

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[Terminé] Larmes écarlates - Mer 4 Mar 2015 - 21:19

Acte 1
Humanité





Une jeune femme était allongée dans son lit, une couverture pourpre masquant presque l’intégralité de son corps. Elle était couchée sur le ventre, une plume à la main ainsi qu’un carnet déposé devant elle. Elle écrivait frénétiquement, sans prendre de pause, retenant presque son souffle, elle devait s’exprimer. Elle couchait ses mots violemment sur le pauvre objet.

« Bonsoir, journal.
Aujourd’hui encore, je me confie à toi, car je me sens mal. Je suis faible. J’ai besoin de lâcher ce qui me tourmente tant. Tu n’es qu’un ensemble de feuilles liés les unes avec les autres, pourtant, tu es devenu mon refuge. Quotidiennement, je me sens obligée d’écrire, encore et encore, parce que ma boîte de pandore sature déjà, avec tout ce que j’y ai scellé. Mes pensées, mes sentiments, je te les offre à toi, petit livre, à celle que je serai devenue, ou à celui qui trouvera mon refuge.

Aujourd’hui, de mes propres mains, j’ai poignardé une femme. Qu’avait-elle fait ? Rien. Tout comme moi, elle a dû aller combattre dans l’arène, œuvre du professeur de latin. Quand bien même je la blâmais d’apprécier le combat, ça ne m’autorisait pas à la tuer, et pourtant, je l’ai fait. Tous les yeux étaient braqués sur moi, je les sentais me transpercer, avec leurs regards avides. Ils voulaient des sangs, ils hurlaient « à mort ! À mort ! ». J’avais senti la pression monter, ces regards, ils m’effrayaient. Je n’aimais pas être le centre de l’attention de ce carnage.

Ça ne m’a pas empêché de tuer.

J’ai découvert récemment que toutes ces horreurs, pouvaient n’être que de simples illusions : mes blessures, qui s’étaient étendus tout le long du haut de mon corps, des éraflures, des coupures, une blessure grave à l’épaule, ils s’étaient comme évaporés. Plus rien, quand je suis sortie de la salle.

Comme si de rien n’était. J’ai fuis.

Je ne peux pas admettre ce que j’ai fait.

Même si ce n’est pas réel.

Même si je n’ai pas vraiment assassiné quelqu’un.

J’ai pris la décision de tuer. »


Elle se mordait si fortement sa lèvre inférieure qu’une première larme amère, écarlate se frappa contre le papier. Puis une deuxième, une troisième. Les tâches bordeaux s’éparpillaient peu à peu sur le papier. Hel ne semblait pas s’en occuper, continuant à s’acharner avec l’encre, qui s’imprimait sur la feuille albâtre. Le métal de la pointe glissait rapidement, comme si jamais, elle n’allait s’arrêter un jour.

« J’avais choisis. Tuer ou être tuée. C’était douloureux, j’avais envie de vomir, j’avais envie de crier et de dénoncer la barbarie infinie, ce jour-là. J’étais sortie lentement, presque perdue dans mon propre monde, malgré toute la pagaille, je n’entendais plus rien. J’étais tourmentée. Hantée par la mort elle-même. J’avais l’impression d’avoir…C’est difficile à décrire, le cœur rongé par la culpabilité, choqué par l’horreur, colère contre l’humanité entière.

Quand on tue, on laisse un trou, un vide dans la vie de la victime. Tout s’arrête, ce qui s’est passé, ce qui se passe, ce qui pouvait se passer, tout passe à la trappe. »


Mêlés au liquide rougeâtre, des larmes tombèrent aussi. Le sang infusait avec les perles salées, elle se fichait de salir son abri, elle avait juste besoin de décompresser. Elle ressentait comme un poids, sur ses épaules, son visage était toujours pâle, ses yeux bouffis par les pleurs, et avec des cernes noirs : elle n’arrivait plus à dormir. Dès qu’elle sombrait dans les doigts de Morphée, après des sanglots, qui allaient sans doute inquiéter sa gentille colocataire, elle rêvait toujours de la scène. Celle de l’exécution, la lame qui plongea dans le corps, dans un son qui la dégoûtait. La vision du corps inerte sur le sol sableux de l’arène, l’odeur de la chaire putride sous un soleil ardent qui dardait tout le terrain d’illusion. La foule qui s’excitait, s’extasiait sur les meurtres, la senteur âcre de l’hémoglobine qui restait encore dans son esprit.

On pouvait l’entendre gémir, chuchotant des « désolée ».



« Je sais que tout ce qui s’est passé n’est pas réel.
Mais, comment j’ai pu faire ça ? Le fait que ce soit fictif ou pas ne change rien.
J’avais choisis. »


La pâle lumière de la Lune traversait le rideau, éclairant son visage ruinée par ses sentiments.

« Je m’étais jurée que j’allais devenir une bonne personne, la jolie princesse qui affichait toujours une sourire rayonnant. La personne idéale, aimable, gentille, la plus douce possible, gracieuse, faisant attention à tout le monde. Un rayon d’espoir. Evidemment, je savais que ce n’était pas possible, mais je faisais de mon mieux. Parce que c’était ainsi qu’on faisait plaisir aux gens, qu’on aimait les gens. »

Elle ria, pas joyeusement, le rire qu’on fait lorsqu’on est désespérée, face à ses propres erreurs et démons. Qu’elle était idiote, à croire à ce genre de contes de fées. Elle n’était pas différente des autres.

« Mais aujourd’hui, je me rends que ces gestes sont éphémères. Ils ne servent à rien. Ça ne sert à rien d’avoir scellé ses vices humaines, parce qu’elles font partie de moi. La modèle que j’avais pris pour objectif, elle n’existait pas, et n’existera sans doute jamais. Les contes de fées restaient des contes de fées. J’ai été bien naïve. »

Sa main tremblotait encore, elle pleurait. Encore une fois. Elle aurait voulu arrêter, mais d’elles-mêmes, ses larmes coulaient à flot. Quelle nunuche, toujours aussi faible, elle n’avait pas changé. Et elle se croyait apprentie-déesse ? Spéciale ?

« Et non, pauvre fille, tu n’es qu’une petite sotte qui n’a jamais rien compris ni vécu dans ta vie monotone et simple. Oui, je me rendais compte que dans ce bas monde, j’étais bien trop niaise qui ne survivra pas. En voici la preuve, ça fait bien des jours, peut-être des semaines que je suis dans cet état si vulnérable, cachée sous les draps, enfermée dans sa chambre. Fragile, qui se brise aussi facilement que du verre. Qu’importe maintenant, sourire, être agréable un maximum possible. Plus rien ne comptait pour moi, à présent. Parce que malgré tous ses efforts, j’ai montré et effectué un acte si égoïste. Je me hais, ou plutôt, je hais le fait que je suis humaine, et donc, que je sois si cruelle. »

Ses mouvements devinrent de plus en plus lents, elle terminait bientôt de cracher tout son poison.

« Aujourd’hui, le mot humanité montra une autre facette, très différente de celle que je connaissais. Aujourd’hui, humanité sonnait à mes oreilles comme le nom d’un quelconque meurtrier. Aujourd’hui, humanité sonnait comme une déchéance. »







Hel Caedes écrit en #DC143C ! et elle a un journal intime !



Dernière édition par Hel Caedes le Sam 14 Mar 2015 - 13:41, édité 1 fois
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Re: [Terminé] Larmes écarlates - Sam 14 Mar 2015 - 13:40



Acte II
Humanity is my nemesis, insanity my friend.






La jeune femme aux cheveux écarlates était dans un sale état. Elle avait arrêté de se morfondre, mais le sentiment de la culpabilité restait ancré en elle, et continuait de la hanter. Elle soupira longuement, assis sur le rebord de la fenêtre, intérieure. A sa droite, la vitre claire, où elle pouvait admirer la lune, à sa gauche, le rideau marine. Il faisait un peu froid, mais Hel ne semblait pas s’en soucier, malgré le fait qu’elle ne portait qu’une robe de nuit, couleur corbeau, laissant ses jambes nues. Sa main se posa contre le verre, ses yeux sans vie fixant l’astre opaline. Elle était belle, cette Lune, et étrangement elle lui apportait un sentiment de réconfort. Enfin, à quoi bon se réconforter.

Le carnet était encore une fois présent, posé à côté d’elle, son ami la plume roulant non-loin d’elle. Elle n’arrivait plus à écrire, elle avait l’impression d’être une coquille vide, en ce moment. Peut-être avait-elle épuisé son stock de tristesse et de larmes. Pourtant, elle saisit tout de même l’objet, quand bien même ça ne l’aidait plus dans une guérison.

« Hey, journal.
Je viens encore. Mais je n’ai rien à dire. Je n’ai pas pleuré, j’ai commencé à manger un peu plus chaque jour, au lieu de me laisser mourir. Je reste dans une triste situation, mes cheveux sont en batailles, ma peau blême, et mon visage digne d’un cadavre ou d’un zombie.

Parfois, je me dis que ça serait mieux de ne plus avoir d’émotions. Comme un robot, je n’aurai plus à réfléchir, ni à m’inquiéter et encore moins à souffrir. Si avant, ce genre de robot m’effrayait, aujourd’hui, j’ai l’impression d’en devenir un. Je ressens ce gouffre se creuser en moi, comme si peu à peu, quelque chose ma quittait. Je n’entends plus rien, avec Nox ou pas, je deviens une coquille vide. Tous mes gestes m’ont l’air sans vie, mécaniques. Même le goût de la nourriture, tous les plats, même les pâtisseries que j’aimais tant, me paraissaient tous fades. De ce fait, j’ai encore maigris, bien que ça aille un peu mieux, en ce moment. Déjà que j’étais fine…Je me demande si je ne ressemble pas à un squelette sur patte.
»

Ses gestes, contrairement à avant, semblaient plus précis et posés, calmes. Elle soupira une seconde fois, qu’elle avait l’air faible, à écrire chacun de ses maux de cœur. Elle lâcha la plume, posant ses pieds sur le plancher ébène de sa chambre, sortant du rebord, elle avait envie de se défouler. Elle prit son seul et favoris épée, Nox, la belle lame noire, longue et fine. Elle enfila un manteau, assez long pour la couvrir, ainsi que des chaussures, rapidement. Elle était non loin du parc, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas respiré l’air frais, sentit les brises. Et ça lui avait manqué, même si elle ne ressentait plus le même plaisir qu’avant, ça restait calme. Surtout de nuit, personne n’était là, seul le son du vent effleurant la flore la berçait. Elle prit place sur le sol.

Depuis, combien de temps déjà ? Elle n’en savait rien, mais elle éprouvait un certain dégoût envers son propre espèce, les humains, et de ce fait, envers elle-même aussi. Mais ça, c’était plus très important, car elle le savait déjà, ce qu’elle était. Un monstre. Et avec le temps, elle l’avait accepté, à quoi bon le renier, de toutes façons ? C’était un fait, et elle n’était pas la seule à être ainsi. Elle ferait comme elle avait prévu, finie la gentillesse et tout cet amas d’inutilités. Jouer la fille parfaite, sociable et douce, ça ne servait plus à rien puisqu’elle avait des chances de finir par les blesser, un jour ou l’autre. Elle ne chercherait plus à communiquer, la solitude prendrait ce rôle. Au final, blessé, Hel préférait vêtir un masque de glace pour se protéger de ces souffrances, ces regrets. Si elle n’appréciait personne, que toute pitié est interdite, alors elle serait tranquille. Inhumaine ? Qu’importe ? Les humains aussi, ils étaient loin d’être parfaits. Ce professeur, qui avait organisé et profité du carnage. Et ces élèves aussi, entre ceux qui admiraient le spectacle sanguinaire et ceux qui s’éclataient à tuer. Bravo, et ils étaient tous choisis pour devenir des dieux. Si c’était ça, autant rejoindre la folie et embrasser la violence.

Elle se leva, s’engageant avec une danse avec son arme. Elle s’était améliorée depuis le temps, ces pensées étaient obnubilées par les gestes techniques à reproduire. Cependant, ce n’était plus amusant, c’était juste devenu complexe et technique, elle devait être parfaite, c’est tout, rien de plus, rien de moins.

Après s’être défoulée, elle rentra dans sa chambre, elle ne devrait pas trop traîner, si jamais un prof ou un surveillant la repère, à une heure aussi tardive. Il devait être environ minuit, et puis elle était fatiguée et en sueur, une bonne douche et puis elle irait se coucher. Elle se sentait mieux, ainsi, ayant fait son choix, quand bien même cette mort restera mémorable, elle devait l’oublier. Dès qu’elle rentra, elle fonça à la douche, l’eau chaude se frappant contre son corps. Ca faisait un bien fou, après l’effort, puis ça la détendait. Demain elle reprendra sa routine habituelle, et elle sortira. Juste pour les cours, qui sait, elle pourrait apprendre quelques informations intéressantes. Et puis elle n’avait pas vraiment envie qu’un membre de l’administration lui rende visite, dû à ses absences répétés.

Elle enfila un pyajama puis partir dormir.

Demain, elle portera un masque.







Hel Caedes écrit en #DC143C ! et elle a un journal intime !

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Re: [Terminé] Larmes écarlates - Sam 14 Mar 2015 - 20:15

C’est beau.
Magnifique.
Deus choisit-il les futurs dieux pour ce qu’ils sont actuellement ou pour ce qu’ils deviendront ? A-t-il choisi Hel pour ce qu’elle est, ou pour ce qu’elle va devenir ? Qu’attend-il d’elle ? Tant de questions, tant de mystère… énormément de gens sont passés par là, énormément ont fait de mauvais choix. Faut-il se fermer, ou au contraire, s’ouvrir ? Faut-il aimer, ou au contraire, ne plus rien ressentir ? Ceux qui connaissent les émotions humaines veulent les abandonner, et ceux qui sont vides aimeraient enfin ressentir quelque chose… Il est encore temps de changer d’avis et de travailler sur ses qualités plutôt que de tenter d’éradiquer ses défauts.

Le code est parfait, les musiques sont parfaites… l’ambiance et les émotions sont au rendez-vous.
J’ai un coup de cœur, vraiment. Félicitation !

Hel Caedes : 310 xps

Xps attribués : Yep
[Terminé] Larmes écarlates
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