Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Le loup et la Cyrène [PV:Aleks]

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Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Ven 13 Fév 2015 - 11:24




La Grande Bibliothèque portait vraiment bien son nom. Chaque millimètre des murs de la gigantesque pièce était occupé par des rangées de livres à perte de vue, s’élevant sur une trentaine d'étages. Toute cette connaissance ! Cette culture ! Et cette poussière aussi... Il y en avait tellement,  qu'en poussant les titanesques portes de ce temple de l'érudition, Cyrène fut prise d'une quinte de toux. Les odeurs de l'enrichissement personnel et du refermé, la prirent d'assaut, à peine eut-elle posé un pied sur le parquet ciré de la Bibliothèque. Mais bon, malgré ces quelques... désagréments, Hollister était décidée à se renseigner un peu.

Et non ! L'Apprentie Déesse n'était pas venue jouer aux échecs avec les livres de microbiologie. Ce que la demoiselle voulait, était en savoir plus sur le monde des Humains. En effet, elle avait passée toute sa vie sous la Terre comme un rat, et maintenant qu'elle avait l'éternité devant elle, Cyrène était résolue à tenter de nouvelles choses, apprendre, découvrir et faire de cette existence posthume, une bien meilleure que la précédente.

La première étape était donc de découvrir cette époque qui lui était parfaitement inconnue. Pour notre Déesse de la Chance, le XXIè siècle était un flou total. Quand elle était en vie, l'histoire qu'on lui apprenait à l'école ne faisait que survoler la période où l'Humanité pouvait encore vivre à la Surface. Et pour compléter cas lacunes, quoi de mieux que la Grande Bibliothèque intemporelle de la Deus Academia ?

La première demi-heure qu'Hollister passa dans la pièce fut consacrée à la recherche du département sur le monde des Humains et lorsque enfin, elle le trouva, il lui restait encore à chercher les meilleurs livres. Juste une heure de ce travail fastidieux éveilla en Cyrène l'idée que la lecture devrait peut-être une discipline olympique.

Quoiqu'il en soit, après un dur labeur, la jeune femme posa sur une table une dizaine de livres. Le Monde des Humains illustré, Comment bien s'intégrer chez les Humains, Les mœurs du XXIè siècle, Tokyo, Paris et autres villes-mondes etc. Elle avait tout ce qui lui fallait pour une bonne séance de bourrage de crâne, néanmoins, quelque chose la gênait. Il lui était tout bonnement impossible de se concentrer dans ce lieu sombre et poussiéreux absolument désert à ce moment de la journée. Cela lui rappelait beaucoup trop l'Underground.

Donc, la Déesse de la Chance fit une bonne grosse pile de livres avec toutes ces trouvailles et entreprit de la porter dans la cour, afin de pouvoir lire à la lumière du soleil, qu'elle aimait tant. Le tas de volumes lui bouchant la vue, Cyrène ne voyait pas où elle était ni où elle allait, elle misa donc sur la chance pour trouver la sortie dans rentrer dans un mur.

Cette fois-ci, sa bonne étoile lui fit faux bond. A peine eut-elle fait quelques pas que quelque chose, ou plutôt quelqu'un la percuta. Tous ses livres s'écrasèrent sur le sol en un « BOOM ! » sonore qui souleva une couche de poussière des étagères.

Hollister regarda la personne qui l'avait bousculée en se frottant le nez.

« Excusez-moi. Je suis désolée. »
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Sam 14 Fév 2015 - 17:12
Le Lycanthrope errait dans la bibliothèque depuis déjà plusieurs bonnes heures. Involontairement. Malgré la suprématie incontestable sur le domaine du combat et de la prédation dont faisait preuve Aleksander, son sens de l'orientation, lui, était le plus gros point noir de la Bête. Putain de merde, tout se ressemblait, ici. Il avait certes trouvé ce qu'il recherchait, et lisait alors qu'il marchait tranquillement, mais il lui fallait sortir, un jour, de cet édifice. Alors le voilà, déambulant, son petit livret intitulé " La vie en société du XXIème siècle " feuilleté régulièrement, tournant les pages du pouce de sa main gauche qui soutenait le recueil, alors que l'autre était calée dans la poche de son habituel uniforme de serveur. A cette heure-ci, la bibliothèque était déserte. Ou bien, était-ce habituel ? Qui aimait réellement les livres, hein ?

Le Dieu de la Prédation ne savait pas vraiment lire. Il avait quelques bases, mais certains mots lui échappaient encore. Aussi, il se contentait par moment de survoler les phrases qu'il n'appréhendait pas. Et, dans cet ouvrage sensé lui apprendre comment s'intégrer correctement auprès des humains standards, le trois-quarts lui était incompréhensible. Heureusement, le tout était résumé en une dizaine de règles à la fin du carnet. Alors, quelque chose l'arracha à ses pensées. Ou plutôt, le percuta, ce qui le força à revenir sur Terre.

Une jeune fille était repoussée en arrière par le contact, tombant sur les fesses, la multitude de livre qu'elle trimbalait s'élevant dans les airs avant de retomber dans un fracas assourdissant, accompagné d'un nuage de poussière quasiment opaque, aveuglant, qui, heureusement, ne mit pas bien longtemps à retomber. Une brève quinte de toux, et les iris dorés du Lycan, dissimulés derrière son habituelle paire de lunette, se braquait sur l'arrivante. Froidement, il l'avait détaillée, alors qu'elle s'excusait. Une naine ? Il devait bien faire deux têtes de plus qu'elle. Sans parler de sa carrure.

Et qu'est-ce que c'était que sa chevelure rose ? Sans rire. C'était quoi son problème ? Il lui fallait certes un spécimen pour expérimenter ce qu'il lisait, mais celui-ci semblait... Cassé. Pas comme ceux qu'il frappait, et qui se brisait. Non, non. Son physique était cassé. Profond soupir. Il jetait un coup d'oeil à son carnet.

Règle #4 : Être aimable, et rendre service tant que ça n'empiète pas sur votre vie.

Bon, eh bien. Le voilà qui se penchait pour ramasser les ouvrages de la demoiselle. Vraiment, ça le faisait déjà chier, d'être aimable. Il avait dédié sa journée à essayer de comprendre les êtres humains, et à tenter tant bien que mal de les considérer comme autre chose que des insectes, puisque Vasilis se taisait, depuis l'incident avec l'Infirmière. Il avait quand même ravagé la cafétéria. Donc, quelques efforts en guise de pénitence ne le tuerait pas. Tendant la pile de recueils à l'inconnue, après l'avoir aidée à se redresser d'une traction rapide, usant de sa force tout bonnement surnaturelle, il tenta de se composer un sourire.

Règle #1 : Se présenter en premier.
Règle #3 : S'excuser autant que possible.

« — Aleksander Anderson. Serveur. Non, non. C'est ma faute. J'avais les yeux rivés sur mon bouquin. »
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Mer 18 Fév 2015 - 20:14




La personne, qui se révéla être un homme, ramassa les livres éparpillés et aida Cyrène à se mettre debout. Face à face avec l'inconnue, la jeune Déesse le détailla longuement. Il était massif : grand et d'une imposante carrure, en plus d'être doué d'une prodigieuse force dont témoignait la facilité avec laquelle il avait relevé Hollister. Le visage du blondinet était en partie caché par des lunettes de soleil et sa peau, bien que mal éclairée par la pénombre de la pièce, semblait très pâle. Presque autant que celle de notre Divinité Chanceuse. Cette dernière se demanda pourquoi il portait des lunettes de soleil à l'intérieur. Elle pouvait comprendre qu'on en porte dehors, elle-même était photosensible et avait les sienne dans sa poche, mais ici ? Il n'y avait presque pas de lumière !

L'homme, qui se présenta sous le nom d'Aleksander, tendit les bouquins à Cyrène. Elle ne les prit pas tout de suite, observant celui que son interlocuteur avait dans la main. La vie en société du XXIè siècle. Tout comme elle, il se renseignait sur les mœurs de cette époque. Quel hasard. Si ça se trouve, c'était de la chance. Cette pensée fit sourire la Déesse, qui se rendit bien vite compte de l'impolitesse de son silence prolongé.

« – Pardon, excusez-moi, commença la jeune femme en reprenant ses livres. Je m'appelle Cyrène Hollister. Je suis élève ici depuis peu. »

Tout en parlant, l'Apprentie-Déesse trépignait d'un pied sur l'autre, tentant tant bien que mal de garder sa pile en équilibre. Elle devait vraiment avoir l'air ridicule. Tant pis, ça ne tuait pas. Et de toutes façons, elle était déjà morte.

« – Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que vous aviez un livre semblable à ceux qui je porte actuellement. Vous venez d'une époque lointaine ? Le passé ? Le futur peut-être ? C'est de là que je viens moi, du XXIIè siècle pour être précise. Et vous ? »

Soudainement, son flot de paroles se stoppa net. Son visage caché derrière son tas de volumes devint carmin. Elle venait de se rendre compte qu'elle ne faisait que parler. Ce n'était sans doute pas très poli d'agresser les gens comme ça avec un tas de questions.

Bavarde, elle si bavarde ! Parler derrière une quantité, littéralement écrasante de livre n'était pas pratique de surcroît. Sa curiosité et son impatience lui faisaient oublier comment se tenir. Cyrène décida donc de poser ses bouquins sur la table la plus proche, et dans le même temps s'y assit. Après tout, mieux valait se mettre à l'aise.

Il était vrai que parler avec quelqu'un venant du XXIè siècle aurait été plus instructif en cas précis  mais elle voulait savoir des choses, connaître, apprendre et rien ne valait mieux que les échanges pour ça, non ?

«  – Je suis désolée si je suis indiscrète. Rien ne vous oblige à répondre, après tout. Mais ce serait me faire une faveur, que d'accepter. »
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Mer 18 Fév 2015 - 22:36
L'aura de la jeune fille, ainsi que son odeur, ne lui plaisait pas vraiment. Elle différait des autres. Quelque chose chez elle sortait de l'ordinaire. A travers les verres fumés, il braquait sur elle un regard empreint de cruauté. D'un geste sec du pouce et de l'index, il refermait l'ouvrage dans un claquement sonore, en sentant que la demoiselle le toisait. Qu'il détestait ça, qu'on le fixe en silence de cette manière. Chacun de ses muscles frémissaient de façon imperceptibles. Comme s'il réprouvait une envie malsaine de sentir sa nuque se briser entre ses doigts. Qu'est-ce qui clochait, chez lui, aujourd'hui ? Plus le temps passait, plus il ne se contrôlait plus lui-même. Que ce soit son corps, ou le cours de sa pensée. Pourtant, Vasilis était bien enfoui, depuis ce qui s'était déroulé au réfectoire. Qui plus est, elle ne semblait pas le connaître, ce qui témoignait de sa récente arrivée. Ou alors, elle vivait reculée. Ceci dit, la manière maladroite qu'elle avait de tenir les livres, se balançant d'un pied sur l'autre, contrastait avec une ermite exilée dans la bibliothèque. En tant que tel, elle aurait dû connaître une manière particulière de porter les ouvrages. Comme lui, et les plateaux.

Et il avait raison. Elle venait de se présenter sous le prénom de Cyrène. Cyrène Hollister. Partageait-elle ses origines ? De ce qu'il en savait, son nom avait consonnance britannique. Tout comme celui de l'inconnue plus très inconnue, en fait. Sauf que " Cyrène ", ça lui disait quelque chose. Persuadé d'en avoir déjà entendu parler. N'était-ce pas les monstres qui attiraient les marins de par leur chant, les attiraient dans l'eau, et les noyaient ? Un grand sourire carnassier défigura le visage du Serveur, alors que son interlocutrice allait s'asseoir. sans qu'il n'ai perçu ce qu'elle disait. Seul le battement de son coeur résonnait à ses oreilles, alors que la lueur dans ses yeux s'intensifiait. Habituellement, il feuilletait des ouvrages sur des Créatures qu'il pouvait rencontrer, maintenant qu'il avait accès à ce monde surnaturel. Et le Dieu de la Prédation s'était mis en tête de justement prendre la tête de toutes les variétés, en guise de trophée. Une occupation à long terme comme une autre, dans l'éternité qui l'attendait.

C'est vrai. Combattre. Assouvir ses pulsions de meurtre. C'était la seule chose qui lui donnait réellement l'impression de vivre. Une triste conclusion, que de ne vivre qu'à travers la Bête. Quelque chose clochait chez lui, putain de merde. La chaleur de son sang ne cessait d'augmenter. C'est comme s'il entrait en fusion. Ses poings se serraient, puis laissaient ses doigts se détendre, avant de réitère le mouvement. Ses mains, gantées, laissèrent tomber le livre sur la société. Finalement, ça ne lui plaisait pas, de s'intégrer à l'humanité. Oh, non. Il préférait s'enfoncer sur sa propre voie. Pourquoi devrait-il cohabiter avec des êtres inférieurs, qui lui devaient le respect, de toute évidence ? Ses mâchoires contractaient devenaient visibles, aux yeux de la jeune fille. Lentement, sa bouche s'était entrouverte, sa voix adoptant un ton peu rassurant. Froid. Presque inquiétant. Était-ce de l'excitation qu'il essayait ici de dissimuler ? Pouvait-on la caractériser comme lui ? Était-elle...

« — Es-tu un monstre..? Une Sirène ? M'en voudras-tu si je t'annonce que tu fais partie de ma liste ? Ta tête est sur ma liste. Est-ce que tu peux courir suffisamment vite ? »

Voilà qu'Aleksander perdait les pédales sans aucune raison, le regard dans le vague derrière l'écran noir que formait sa paire de lunettes. Oh, l'y voici. Une nouvelle crise de démence. Et ce, sans l'aide de Vasilis.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Mer 18 Fév 2015 - 23:19



Le visage d'Aleksander se déchira en un sourire peu rassurant, au moment où Cyrène énonça son nom. Les mâchoires du garçon étaient si contractées qu'elles étaient apercevables sous sa peau tendue. Le livre qu'il avait dans les mains tomba en un claquement sonore suivi d'un silence pesant. L’atmosphère semblait soudain lourde, oppressante. Hollister regardait l'expression du serveur changer du tout au tout sans comprendre. Avait-t-elle fait quelque chose de mal ? Ou alors avait-t-elle dit des choses déplacées ? Elle se repassait ses paroles en mémoire quand la voix, complètement changée, du Dieu se manifesta.

Il la questionnait sur sa nature. La prenait-il pour une sirène ? Ces créatures mythologiques qui faisaient échouer les bateaux des marins pour ensuite les dévorer ? C'était grotesque, quoiqu'un peu amusant. Jamais quelqu'un n'avait fait l'amalgame, qu'il était bête cet Aleksander. Bien sûr qu'elle n'était pas une sirène. Elle n'avait ni queue, ni écaille enfin ! Cela fit rire la jeune femme. Un tout petit rire cristallin qui se transforma bientôt en un éclat bruyant. Cependant, elle se tut en réalisant le sens de la deuxième partie de la phrase d'Anderson.

Une liste ? Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Il allait pas bien ce type, ma parole ! Peut-être voulait-il jouer à un jeu de son époque ? Une course ? Il parlait de courir après tout. Elle ne savait encore rien de ce personnage alors tout était envisageable. Assise sur la table, ses pieds se balançant dans le vide, Cyrène avait vraiment un air naïf, semblant réfléchir à la réaction adéquate. Elle opta pour le jeu et sauta sur ses pieds.

« – J'suis pas sûre d'avoir tout compris. Mais c'est d'accord, j'accepte ton défi ! Tu veux jouer à la course c'est ça ? »

Un sourire radieux illumina le doux visage de la Déesse. Elle était si innocente, ingénue presque. Un rayon de pureté, elle ne comprenait pas tout ce qui se passait autour d'elle alors elle l'interprétait comme possible. Si seulement, elle pouvait se rendre compte du danger. Impossible, Cyrène n'avait que faire du danger, rien ne lui faisait peur et c'était sans doute ça le pire de tout.

« – C'est parti ! »

La Divinité Chanceuse se lança. Elle n'avait pas l'air comme ça, mais elle courait plutôt vite. Elle démarra au quart de tour, renversant les livres qu'elle avait poser sur la table. Tant pis, elle les récupérerait plus tard. Dans sa lancée, la jeune femme éclata de rire. C'était amusant de courir entre les livres, c'était vraiment un terrain de jeu particulier. La Bibliothèque était immense et rien n'était plus facile que de s'y perdre. Se cacher derrière les étagères et pourquoi pas y grimper ! Tout cela était si excitant !

« – Aleksander ! Viens ! Dépêche toi ! »

Elle n'était pas sûre qu'il l'ait entendu, elle ne savait pas non plus s'il l'avait suivi. Elle n'avait pas regardé derrière elle, mais cela importait peu. L'endroit était tellement désert que le blondinet avait sûrement dut l'entendre. Dans son excitation, elle en oublia de le vouvoyer. Peu importait. Quelque chose lui disait que cette petite virée à la Bibliothèque venait de prendre une tournure plus qu'inattendue et ce n'était pas pour lui déplaire.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Ven 27 Fév 2015 - 21:32
Qu'il se dépêche ? Un immense sourire carnassier avait déchiré le visage de l'Apex Predator. Elle bougeait curieusement vite, pour un supposé poisson. Sa course était gracieuse, et rapide. On aurait pratiquement dit qu'elle flottait. Tous les livres qu'elle avait accumulé, sous forme de pile, avaient été projetés au sol, dans son élan frénétique pour démarrer la course. Cependant, elle n'avait pas conscience de la situation. Même si elle se donnait à fond, elle pensait que c'était une compétition.

Aleksander resta immobile, comptant les secondes qui défilent. Trois. Quatre. Cinq. Serait-ce suffisant, comme avance ? C'est comme si des grains de sable s'écoulaient, dans un sablier. Puis, le Lycan s'était mis à bouger. Mécanique parfaite du chasseur, il était passé de l'immobilité la plus complète à un sprint stupéfiant. Qui n'avait rien d'humain. Dérapant pour tourner à l'angle, entre deux étagères, il sentait l'odeur de la fille. Elle n'avait pas peur. Elle était joueuse. Sa voix, claire, résonnait, alors que le Repenti, déjà, l'avait rattrapée. Et contournée en furetant entre les étagères garnies de livre. Curieusement, et ce malgré ses chaussures, il s'était déplacé sans bruit. Aussi, après s'être glissée près de sa nouvelle compagne de jeu, il l'avait poussée contre la rambarde qui séparait ce niveau d'une chute de quinze mètres pour retourner au rez-de-chaussée.

Il glissait à nouveau ses deux mains dans ses poches, se penchant vers elle, son visage à quelques centimètres de celui de la jeune fille, ses yeux invisibles derrière ses lunettes fumées. Quelque chose clochait, non ? Elle n'avait pas l'odeur d'autre chose que tous ces académiciens détestables. Il lui restait donc à rattraper sa connerie. Déjà, son sang arrêtait de bouillonner, pour son plus grand déplaisir. Peut-être aurait-il dû éviter de réfléchir autant que cela ? Se rendant compte qu'une telle proximité était suspicieuse, il se redressait, poussant un profond soupir. Ainsi, ils se retrouvaient là, à il ne savait pas combien de mètres de la position initiale. De l'autre côté de la balustrade, on pouvait apercevoir différents paliers de la bibliothèque. Elle était tout bonnement immense, et écrasante de prestance. Le Lycan s'était perdu dans sa contemplation, alors qu'il reprenait conscience qu'il devait s'occuper de l'être à ses côtés. Que c'était fatiguant un humain. Toujours à réclamer de l'attention. Pensaient-ils réellement en mériter ?

Il n'avait plus la moindre envie de s'intégrer. Au final, il aurait mieux fait de rester à son poste, dans la cafétéria. Il transpirait le mépris, désormais. Et un dégoût profond. Pas forcément vis-à-vis de cette jeune fille. Il ne la connaissait pas. Même si elle n'avait pas l'air très futée. Et que son nom était clairement bizarre. Le Repenti conserva le silence un moment, avant de reporter son attention sur la jeune femme. L'aura tantôt accueillante, tantôt inquiétante, avait cédé un calme frappant. Le Lycan était impassible, froid. Il n'avait rien à dire. Et n'avait pas envie de parler. Cependant, il n'haïssait pas cette jeune femme, passivement, comme il avait l'habitude de le faire, envers les autres.

Un dernier coup d'oeil, et le voilà qui pivote, tournant les talons, se dirigeant vers une volée de marche d'escalier. Sans un mot. Au moins, il avait eu l'occasion de courir. Cette Apprentie n'était décidément pas le monstre de l'ouvrage. Elle n'avait pas une odeur de monstre.

C'est avec un soupir de déception que le Serveur se rendit à la sortie.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Sam 28 Fév 2015 - 13:30




Rapidement et sans un bruit, le serveur avait parcouru la bibliothèque. Toujours aussi silencieusement, il avait rattrapé Cyrène et l'avait poussée contre la rambarde. N'étant pas très imposante et Aleksander plutôt fort, la hanche de la jeune femme avait cogné contre le bois lustré de la balustrade, lui arrachant une grimace.

Elle ne le comprenait pas. Non, vraiment. Malgré tous ces efforts, elle ne comprenait pas. Le blondin s'était approché d'elle d'une façon très étrange, puis, presque aussitôt, s'était désintéressé et avait fait volte-face. Toutes les personnes de ce siècle étaient-elles comme ça ? Ne voulait-il pas jouer quelques minutes auparavant ? Ou alors, c'était juste l'académicienne qui avait mal compris. Oui, elle devait sans doute avoir mal interprété la chose.

Le Repenti prit la direction des escaliers, vers la sortie. Dans une tentative de le rattraper avant qu'il ne s'en aille, Cyrène prit appui sur la rampe et sauta par dessus la rambarde. Une chute de quinze mètres plus tard, par chance, l'élève atterrit dans une pile de bouquins posée là. La réception fut un peu rude, mais tous ses membres étaient en place.

Hollister courut donc au devant d'Aleksander. Elle eut un peu de mal à cause de son – peu judicieux – saut de quinze mètres et de sa douleur à la hanche, mais une fois en face de lui, elle lui barra le passage. Enfin, c'était vite dit. Elle était petite par rapport à lui qu'une pichenette aurait suffit à la dégager. Ses bras écartés, comme si cela pouvait vraiment changer quoique ce soit, elle avait vraiment l'air ridicule. Minuscule fourmi s'opposant à un gigantesque tamanoir.

« – Je suis désolée. Vraiment. Je ne sais pas ce que j'ai fais pour t'offenser, mais pardonne moi. Ce n'était pas mon intention. »

L’innocent visage de la jeune femme se fendit en un sourire très sincèrement navré. Elle ignorait ce qu'elle pouvait bien se reprocher, mais elle en était tout de même attristée. Et puis, c'était injuste que ce soit lui qui quitte la bibliothèque plutôt qu'elle. Après tout, il était bien venu là pour une raison.

« – Si c'est à cause de moi que tu t'en vas, ne te donne pas cette peine. De toutes façons, je partais. Les lieux confinés, sombres et poussiéreux c'est... »

Elle s’interrompit. Ce qu'elle pensait des bibliothèques ne devait sûrement pas beaucoup intéresser son interlocuteur. D'ailleurs, que pensait-il, derrière ses verres noires ? Ce genre de questions avait toujours obsédé Cyrène. Ce à quoi songeait les gens, d'où ils venaient, leur histoire, tout ça quoi ! Autrui était un des domaines pour lesquelles l'Apprentie portait le plus d’intérêt. C'était par ailleurs, pour cette raison qu'elle était si désolée à l'idée d'avoir offenser Aleksander.

« –  Enfin bref. Voilà. Tu vois ce que je veux dire. »

Un sourire gêné ornait maintenant les lèvres de la Chanceuse. Elle mettait fin à cette conversation avec regrets. Le passage du serveur fut enfin libéré lorsque, traînant des pieds, la Divinité s'ôta de la voie. Elle partait chercher ses livres, éparpillés un peu partout. Sur le très court chemin – qui lui parut bien long – l'esprit d'Hollister eut le temps d'être torturé entre la volonté de connaître cet individu et ne rien faire. Pour d'autres, le choix aurait été vite fait. Pour Cyrène, c'était tout autre chose. Une vie après la mort, des gens venant de partout et de toutes les époques ! C'était trop beau !

Ce fut donc avec joie, qu'elle tourna de nouveau les talons, vers Aleksander. Elle s'interposa de nouveau entre lui et la sortie et lui tendit sa petite main.

« – Je crois qu'on a mal commencé toi et moi. On recommence ? Cyrène Hollister, déesse de la Chance. Enchantée. »

Et enchantée, elle l'était vraiment.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Sam 28 Fév 2015 - 17:41
Curieusement, elle s'était interposée entre lui et la sortie. Le retenait-elle ? Pour quelle raison ? De plus, comment l'avait-elle rattrapé ? Un simple coup d'oeil en se remémorant son trajet pour l'arrêter, et il remarqua que pour arriver de cette direction, elle avait effectué un bond stupéfiant. Même lui se serait brisé les deux jambes, en exécutant le même saut. Elle avait l'air emplie de bonnes intentions. Imperceptiblement, le Lycan se détendit. L'odeur de la jeune fille n'était pas celle des humains qu'il croisait tous les jours, faute d'être celle d'un Monstre. Son instinct, pour une fois, semblait s'accorder avec lui pour dire qu'elle était fréquentable, malgré sa chevelure tout à fait atypique. Arrachant une main gantée de sa poche, il l'avait glissée derrière son crâne, grattant ce dernier à travers sa crinière blonde.

« — Je suis désolée. Vraiment. Je ne sais pas ce que j'ai fais pour t'offenser, mais pardonne moi. Ce n'était pas mon intention. »

Arquant les sourcils, il adopta une mine incrédule, pendant un instant. Lui présentait-elle sincèrement des excuses ? Tous les êtres humains qu'il avait croisé jusqu'ici n'étaient qu'orgueil et fierté. Alors qu'elle, qui n'était nullement en tort de quelque façon que ce soit si ce n'est de l'incompréhension, et le fait de lui faire croire qu'ils pourraient se battre, venait presque d'implorer son pardon ? Continuant de gratter sa tête, sa bouche s'entrouvrit, mais aucun son n'en sortit. Il était juste littéralement pétrifié par la surprise. Il était redevenu le Aleksander qui tendait vers l'humain. Expressif, intrigué par tout, et par rien. La Bête sauvage s'était évaporée aussi soudainement qu'elle s'était matérialisée, une quinzaine de mètres plus haut, et une dizaine de minutes plus tôt.

« — Si c'est à cause de moi que tu t'en vas, ne te donne pas cette peine. De toutes façons, je partais. Les lieux confinés, sombres et poussiéreux c'est... »

Quoi ? Elle en venait à lui céder sa place alors qu'il voulait simplement sortir pour respirer, car il n'avait plus rien à faire ici ? Doucement, il inclina la tête, encore plus bouleversé. Pourquoi cette jeune fille transpirait de bonté ? Elle était vraiment atypique. Aleksander chercha un équivalent, mais à part l'autre Apprentie, Hel Caedes, personne ne lui vint en tête. Comment pouvaient-elles se ressembler sur autant de domaine ? Déjà, elle reprenait, après une courte interruption, avec un air gêné. Plus encore que lui.

« — Enfin bref. Voilà. Tu vois ce que je veux dire. »

L'instant suivant, elle lui libérait le passage, et tournait les talons. Le regard invisible du Lycan resta braqué dans son dos, alors qu'elle faisait quelques pas, s'éloignant de lui. Pourquoi ne bougeait-il pas ? Était-il intrigué par cet individu au point de repousser ses occupations à plus tard ? Peut-être que celle-ci méritait un tant soit peu d'attention. Il avait déjà accordé son temps à d'autres, qui, pour la plupart, n'auraient pas dû en recevoir autant. Contre toute attente, elle fit de nouveau volte-face, et revint se mettre devant le Repenti, qui n'avait pas bougé d'un poil, une main derrière sa tête, l'autre dans sa poche. 

« — Je crois qu'on a mal commencé toi et moi. On recommence ? Cyrène Hollister, déesse de la Chance. Enchantée. »

Le Lycan resta silencieux un instant. Pour seule réponse, il porta la main qui le grattait jusque là à ses lunettes, les arrachant de son visage. D'un geste simple, il avait rabattu une branche de ces dernières, glissant l'autre dans le col ouvert de sa chemise. Ses deux yeux, dorés, furent révélés. Lupins. Luisant d'un éclat sauvage sans pareil. Ils semblaient presque étincelants. A la fois révulsant et attirant.  Une aura de suprématie écrasante se matérialisait soudainement, enveloppant la Bête. Qui se fendit d'un grand sourire en refermant sa main gantée sur celle, tendue, de Cyrène.

« — Ouais. On reprend tout depuis le début. Aleksander Anderson, Dieu de la Prédation. Ravi de faire ta connaissance. »

Le sourire du Repenti n'avait rien à voir avec celui qu'il avait tout à l'heure. Il était franc, et chaleureux. Sa poigne était ferme, et contrôlée. Finalement, peut-être qu'une bonne journée s'annonçait. 

« — Va chercher tes bouquins. J'aime pas non plus les lieux poussiéreux. Et tout ici sent le renfermé. Je vois pas qui s'enfermerait ici volontairement. L'air frais est bien plus agréable. On va à la fontaine. Et oui, je t'attends, je ne vais pas m'enfuir pendant que tu vas chercher tes livres. »
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Sam 28 Fév 2015 - 23:34





Le visage surpris, Aleksander ôta sa paire de lunettes noires pour l’accrocher à son col. Ce geste releva deux iris d'or. Magnifiques. Cyrène resta un instant stupéfaite devant la couleur si particulière du serveur. C'était vraiment une chose qu'elle devait arrêter de faire. Fixer les gens. En silence. C'était... bizarre. Mais bon, c'était pas comme si c'était commun de croiser un géant d'un milliard de mètres avec des yeux de cette couleur.

La main gantée du blond se referma sur celle de la Divinité. Il partageait son avis. Reprendre depuis le début était la meilleure chose à faire. Elle se tenait donc en face d'un Aleksander Anderson, Dieu de la Prédation, ravi de faire sa connaissance. Il ne pouvait certainement pas l'être plus qu'elle. Un chaleureux sourire illumina le visage du Repenti. Mais pas un mauvais rictus comme quelques dizaines de minutes plus tôt. Le genre de sourire qui dégèle des cœurs glacés, soigne des maladies mineures, enfin, vous avez pigez le truc.

« — Va chercher tes bouquins. J'aime pas non plus les lieux poussiéreux. Et tout ici sent le renfermé. Je vois pas qui s'enfermerait ici volontairement. L'air frais est bien plus agréable. On va à la fontaine. Et oui, je t'attends, je ne vais pas m'enfuir pendant que tu vas chercher tes livres. »

À ces mots, Hollister crut qu'elle allait littéralement exploser de satisfaction. Elle avait tant de choses à lui demander ! Tant de choses à savoir ! Sa joie était trop grande. En sautillant, pareillement à un petit enfant, l'Apprentie-Déesse alla chercher – pour de vrai cette fois – ces livres. La pile lui parut mieux tenir. Ce n'était en fait, pas du tout le cas, elle était toujours aussi déséquilibrée. Simplement, Cyrène n'y prêtait plus autant d'attention.

***

Suivre Aleksander sur le chemin de la fontaine n'était pas de tout repos. Déjà, parce qu'avec ses jambes de Titans, il marchait beaucoup plus vite que notre Chanceuse, mais surtout, parce que trottiner derrière un monsieur très rapide avec une pile de bouquins menaçant de s'écraser sur votre nez à tout moment, n'était pas la chose la facile à faire.

Lorsqu'elle n'entendit plus les pas du serveur devant elle, Cyrène fut soulagée. Ils y étaient enfin ! Sa flopée de questions lui brûlait les lèvres. Elle était si impatiente !

Posant ses livres par terre, la jeune femme ne remarque pas tout de suite l'éclat du soleil. Ce ne fut que lorsqu'elle releva la tête que les rayons brûlant de l'astre diurne l'assaillirent. Toute cette lumière, elle avait tellement de mal à s'y habituer. Une paire de verres fumées enfilée plus tard, le mal était déjà rétabli.

Trépignant sur place, Hollister es demandait par quoi commencer. D'où il venait ? Comment était la vie à son époque ? Ses yeux étaient-t-ils d'une couleur naturelle ? Toutes ces questions se bousculèrent tellement dans sa tête, qu'elle posa celle qui ne lui serait pas tout de suite venue à l'esprit.

« — Comment est-ce que tu es mort ? »

Elle l'avait demandé gentiment, sans aucune arrière pensée. Hélas, elle ne s'était rendu compte qu’après coup du culot de sa question. Cyrène, Cyrène, Cyrène... Quand enfin apprendras-tu à te contrôler ?

La Déesse se confondait en excuse, alors que son visage devenait cramoisi. Un petit sourire gêné orna de nouveau ses lèvres rosées.

« — Je manque de tact. Je suis désolée. Je travaille encore là dessus. (du pouce, elle indique ses livres. Tu peux, ne pas répondre, hein. Je ne veux surtout pas te brusquer. Et je parles beaucoup, n'hésite surtout pas à m'interrompre. Je suis un peu trop bavarde. Je travaille aussi là dessus. »

Ses paroles étaient mélodieuses, douces et enjouées. Vous pourriez chercher pendant des siècles. Dans ce monde-ci ou dans un autre, vous ne trouverez jamais quelqu'un qui se réjouissait autant, rien qu'à l'idée de parler à un – presque – inconnu.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Dim 15 Mar 2015 - 0:40
Le Lucan l'avait accompagnée, lui ouvrant la porte. Elle semblait bien moins encombrée par les livres qu'un instant plus tôt. Aussi, il ne proposa pas à l'Apprentie de lui prêter main-forte. La sympathique, la franchise, et l'insoucience de cette Cyrène Hollister avait, en quelque sorte, fait l'effet d'un seau d'eau froide au Dieu de la Prédation. Maintenant, le dédain avait cédé sa place à une curiosité insatiable. L'espèce humaine était, peut-être, finalement, pleine de surprise. Les rayons du soleil les dardaient, évoquant la chaleur étouffante d'un début d'après-midi. Déjà, le Britannique regrettait d'avoir retiré ses lunettes, s'aveuglant à peine le seuil franchi. L'étrange sympathie qu'il avait développé en l'espace d'un instant pour Cyrène n'avait, à ses yeux, aucun sens. Mais était-il obligé de se justifier en permanence ? C'était son instinct, après tout. Ses pas se faisant plus rapides qu'il ne le voulut, en raison de la canicule, il n'eut pas la moindre pensée, sur le coup, pour la jeune femme qui devait trottiner derrière lui avec ses livres.

Enfin, le clapotis d'une eau raffraîchissante résonna, lorsqu'ils approchèrent d'une fontaine dont l'architecture somptueuse collait parfaitement avec le reste de l'Académie. Se laissant lourdement tomber fesses en première sur le rebord de celle-ci, balançant sa tête en arrière, le Lycan entreprit de profiter de l'air froid émanant de l'eau qui scintillait doucement, réfractant les rayons lumineux. Aussi claire que du cristal, l'eau de cette fontaine était pratiquement irréelle. Le Repenti vint poser les yeux sur la demoiselle qui l'accompagnait, et se délestait de son poids, déposant sur son nez une paire de lunettes. Un peu du même type que celle qu'il avait l'habitude de porter. Aussi, il ne perdit pas un instant pour enfiler les siennes, les arrachant à son col en soupirant de soulagement. Ses yeux ne subissaient plus les assauts implacables de l'astre diurne qui les maltraitait jusque là. Face à lui, l'Apprentie trépignait, impatiente de commencer. Commencer quoi, exactement ? Les présentations, semblerait-il. Ou, plutôt, faire plus ample connaissance. Les y voilà, elle ouvrait la bouche, tandis que le blond inclinait la tête pour manifester le fait qu'il soit à son écoute.

« — Comment est-ce que tu es mort ? »

Grimace du Lycan. Probablement avait-elle perçu le changement de son expression, puisque déjà, elle se lançait dans une tirade infinie pour s'excuser de sa maladresse et de son manque de tact. L'esprit du Repenti s'était vidé, comme une chasse d'eau. Tout ce qu'il contemplait, son regard dans le vide derrière ses lunettes, c'était un brasier infernal. Des flammes qui léchaient sa chair à nue, ses sens affolés par le fait qu'il ne puisse s'en extirper, ses poignets sciés par les liens sur lesquels il tirait vainement pour se détacher. Des cris. Ses cris. Ils couvraient même la voix mélodieuse et cristalline de la jeune fille. Le poteau en bois auquel il était attaché s'embrasait également, son dos rejoignant les zones de son corps qui diffusaient des ondes de douleur insoutenable. Il brûlait. Tout entier. Son être. Son âme. Et alors, ses hurlements mutèrent. En quelque chose de plus terrifiant. Qui n'avait rien à voir. Et que, jusque-là, il n'avait pas perçu, dans les réminiscences de sa mort. Privé de voir la suite, il reprit contact avec la réalité, clignant rapidement des yeux. Il semblait hagard, un instant, puis décidait de répondre.

« — Les êtres humains m'ont trahi. Ils auraient pu m'aider, mais, dans leur peur, ils ont préféré me supprimer. En me brûlant. Je déteste le feu. Et les hommes. Du bétail corrompu et démentiel plus vicieux que n'importe quelle bête. Et toi ? »

Une perturbation de l'ambiance paisible instaurée par la fontaine, et la place désertique car la plupart des élèves devait être en cours à cette heure-là, fit tiquer le Dieu de la Prédation. C'était comme une soudaine chute de la température, mais se manifestant de façon sonore. Un pressentiment qui prenait la forme d'un vrombissement, à ses oreilles. Il percevait déjà l'hostilité qui émanait de trois silhouettes qui s'approchaient à pas lents, dans leur direction. Ces trois types transpiraient d'une soif de violence que le Britannique n'eut aucun mal à identifier. Des problèmes en perspective. Tournant la tête vers la jeune femme qui l'accompagnait, il s'interrogeait. Qu'allait-elle faire ?
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Dim 15 Mar 2015 - 17:29





Aleksander grimaça. Son expression changea, pas beaucoup, mais suffisamment pour le remarquer. Merde. Il mit un certain temps à répondre, comme s'il revoyait la scène au travers de ses yeux d'or. Debout près de lui, Cyrène lui offrait un regard désolé. Il n'avait pas encore dit un mot, mais elle était désolée pour le principe. Désolée qu'il soit mort.

« — Les êtres humains m'ont trahi. Ils auraient pu m'aider, mais, dans leur peur, ils ont préféré me supprimer. En me brûlant. Je déteste le feu. Et les hommes. Du bétail corrompu et démentiel plus vicieux que n'importe quelle bête. Et toi ? »

La jeune femme ouvrit la bouche. Pas pour parler, mais par surprise. Assassiné par le feu. Cela avait du être horrible et terriblement long. Hollister ne nota pas tout de suite la remarqua sur les hommes, mais une fois qu'elle l'eut prise en compte, elle ne savait pas quoi dire. Les Hommes. Les êtres humains, sans doute. À moins que la haine n'ait été portée que sur le sexe masculin, ce qui aurait été surprenant. Non, cela devrait être le genre humain au complet. Les Hommes. Comme elle.

« — Je suis désolée pour ce qu'ils... Pour ce qu'on t'a fait. Je n'étais probablement pas née à l'époque où cela c'est produit, mais un Homme reste un Homme. Et je suis prête à parier que ce n'est pas toi qui dira le contraire. Alors au nom de l'humanité, toutes mes excuses. Et en quelques sortes, mes condoléances. »

Les yeux saphir de la Chanceuse, cachés derrière ses lunettes paraissaient un peu plus sérieux. Fatiguée d'être debout, l'Apprentie s'assit en tailleur par terre pour rester face à son interlocuteur. Elle se tenait le dos droit, sage.

« — Je ne sais pas comment tu étais avant de mourir, mais je te présente mes condoléances. Il y a de grandes chances pour tu ne sois plus le même. Environ 86% de chance, je dirais. Si je peux me permettre, garder de la rancune dans ton cœur ne soignera pas tes brûlures. Ils t'ont tué ? Qu'importe, te voilà de nouveau en vie. Et dans le Palais des Dieux qui plus est. Tu es immortel. Je n'ai pas la moindre idée de qui ils ont attaché sur ce bûcher, mais ce n'était pas toi. Ce n'est plus toi. Tu es là, ici et maintenant. Tu as l'éternité devant toi, ne la gâche pas à haïr les Hommes.

Sa voix flottait dans l'air. Elle abordait la mort avec une légèreté déconcertante. C'était comme si en permanence Hollister planait au dessus de la réalité et que rien ne pouvait l'atteindre. Même quand elle vient à parler de son propre décès, elle ne cilla pas. Pour tout vous dire, elle souriait même. Rien. Aucune rancœur, elle n'avait rien gardé si ce n'était les souvenirs. Sa mort avait été une humiliation, une exécution publique arbitraire et injustifiée, pourtant, la jeune femme en parlait comme si de rien n'était.

« — Pour ma part, on m'a exécuté. Décapitée pour être précise. J'ai été jugée et condamnée à tort pour Haute-Trahison. Alors on m'a tué. En fait, je suis un peu comme toi ! Je crois que mon gouvernement a eu peur que ce que j'avais a dire ne détruise l'ordre qu'ils avaient mis tant de temps à bâtir. Alors j'ai été tué. Mais tu sais quoi ? Je ne leur en veux pas. Je leur ai pardonné. Et s'il y a bien un conseil que je peux te donner, c'est de pardonner aussi. »

Quand elle eut finit de parler, Cyrène leva le nez en l'air. Il n'y avait plus un son. Plus aucun bruit. Nulle part. D'ailleurs, où était passé tout le monde ? En ce lieu, en ce moment, il n'y avait qu'elle, Aleksander et... Qui étaient ces trois hommes qui approchaient ? Ils avaient l'air hostile, clairement mal intentionné. Hollister se mettait debout tandis que les trois personnages arrivaient à sa hauteur.

L'un des membres de la petite clique commença à parler.

« — Et toi. Je te reconnais. Le blond. Tu seras pas celui qui a cassé la main de Jaime ? Tu te souviens pas ? Un grand blond, bâti comme une armoire qui a un jour eu le malheur de t'énerver. Ben c'était mon frère tu vois. »

Cyrène n'aimait pas ça, mais alors pas du tout. Ils voulaient se battre, ça se voyait dans leur yeux. Cheveux Roses ne savait pas quoi faire. Elle ne voulait pas qu'ils se battent. Cela ne servait à rien. Néanmoins, si elle ne faisait rien, Aleksander serait entraîné dans un combat déséquilibré. Ne sachant pas trop quoi faire, l'académicienne se mit juste entre le belliqueux et sa cible en levant les mains en signe de paix.

Elle lui dit deux trois mots, comme quoi, rien ne servait de se battre, que son frère se remettrait et que de toutes façons, il avait deux mains. Visiblement, l'homme ne fut pas convaincue. En effet, sans retenue et sans ménagement, il poussa la Déesse qui partit voler un peu plus loin. Certes, elle n'était pas lourde, mais là, ce n'était pas naturel. Une force surhumaine ? SURDIVINE PEUT-ETRE.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Mer 18 Mar 2015 - 21:56
Le Lycan avait légèrement tiqué. Pardonner ? Pardonner l'espèce humaine ? Un ricanement pour seule réponse, et le voilà qui se reconcentre sur les arrivants. Derrière ses lunettes, voilà que se matérialisait son habituelle lueur bestiale, au fond de ses yeux dorés. Enfin un défouloir digne de ce nom. L'hostilité qui émanait d'eux en voyant le Repenti était presque palpable. Une tension écrasante s'installa, au même titre que l'air s'alourdit. Nonchalant, la Bête n'avait pas bouger, se trouvant à trois mètres du trio. En entendant le premier s'adresser à lui, un sourire carnassier étira ses lèvres.

« — Ca m'dit rien. Désolé mon grand. Par contre, plutôt que m'envoyer de nouveaux agneaux à abattre, il ne devrait pas se réjouir d'avoir simplement la main cassée, et donc, passer par la case infirmerie ? »

Et déjà, Cyrène s'interposait. Presque touchante de bonté, elle essayait de désamorcer le conflit, en levant les mains, en signe de paix. Qu'elle était naïve. Ces types-là ne renonceraient pas avant d'avoir eu ce qu'ils voulaient. Ou d'avoir pris une putain de raclée. En revanche, il ne s'attendait pas à ce qu'on brutalise d'une telle manière la pauvre jeune fille, qui décollait du sol, poussée de là. Déjà, le Lycan s'était redressé, transpirant de son aura bestiale teintée de suprématie. Il n'avait pas eu la présence d'esprit de rattraper l'Apprentie bousculée de côté, et faisait désormais face à trois hommes légèrement plus petits que lui. Et plus jeunes, probablement. Toujours est-il qu'en plus de sa rage vindicative habituelle qui apparaissait dès qu'un combat se profilait, il y avait une rancune fraîche et puante. Pourquoi ? Cherchait-il à venger Cyrène ? Il les dominait littéralement. C'est comme si un fauve, tapis jusque là dans l'ombre, venait de se jeter sur sa proie, la plaquant. L'atmosphère se modula, comme si sa simple présence avait un impact direct sur l'air qui les entourait. Et déjà, il démarrait les hostilités.

Son poing, fermé, fusa à travers l'air. Le Lycan était passé de l'arrêt à la ruée la plus totale. Et il était peu probable qu'avec l'élan et la force qui lui avaient permis d'ajuster son coup avec la violence habituelle dont il faisait preuve, le jeune homme tienne encore debout. Le Repenti était une véritable force de la nature, à n'en pas douter. Sa gestuelle, son sourire prédateur, la ligne parfaite qu'avait tracé son poing, s'alignant avec son épaule pour profiter de la pleine force de ses muscles... Tout chez lui vantait ses talents de pugilistes. Un habitué des rixes. Même un amateur, ici, aurait pu dire que l'affrontement était déjà terminé. Le Dieu de la Prédation avait usé de toute sa force, dans un premier assaut envers son interlocuteur principal, celui-là même qui avait poussé sa compagne d'infortune un peu plus tôt.

La réputation du Britannique n'était plus à faire. Une droite comme celle-ci, et c'était direction les étoiles. Une véritable salade de phalanges, ces dernières tellement dures à cause des coups répétés qu'on l'aurait cru armé d'un poing américain.

Alors quelle ne fut pas sa stupéfaction quand l'homme dont le visage aurait du être renfoncé sur lui-même ne fit qu'un léger pas en arrière, poing enfoncé dans sa joue. Les iris azurs du jeune homme étaient braqués sur le Lycan. Avec condescendance. Un moment d'hésitation de la part de ce dernier, qui était consterné de ne pas avoir couché son opposant avec une telle ouverture. Déjà, une poigne de fer semblable à un étau se refermait sur le bras droit du Serveur. Elle semblait le compresser, vouloir le réduire à néant. Le blond vacilla un instant, ce qui suffit à son opposant pour balayer ses appuis d'un souple fauchage de la jambe. L'entraînant avec lui, il pivota sur son pied unique resté au sol, et projetait l'armoire à glace qu'était la Bête derrière lui, face contre terre, au milieu des éclats de rire de ses camarades de classe qui l'acclamaient, raillant le Repenti.

Ce dernier s'appuya sur ses genoux et ses mains, encore en état de choc. Valdinguant comme un animal de cirque, ou un hochet pour enfant insupportable, il s'était fait ridiculiser en l'espace d'un instant. Premièrement, le type derrière lui était aussi solide qu'un mur de pierre. Deuxièmement, il était bien plus fort physiquement que lui. Ce qui n'était pas vraiment commun, en soi. Les deux n'avaient vraisemblablement aucune aptitude, et n'étaient que des hyènes qui insupportaient le Lycan avec leur ricanement pitoyable et efféminé. Le grondement qu'il émit vint des tréfonds de son torse, remontant dans sa gorge comme une bouffée de flammes impitoyable. Bien qu'il soit dos au trio, il souriait, ses lunettes brisées gisant devant lui. Il souriait ? Non. Il arborait un rictus tout ce qu'il y avait de plus malsain. Encore un peu, et il perdrait les pédales. Son regard luisait de cruauté, et d'une soudaine soif de violence. Difficilement, il entreprit de se redresser, avec un air suffisamment inquiétant pour faire taire les trois Apprentis. Son expression témoignait d'une folie manifeste, alors qu'il portait l'une de ses mains gantées à la partie gauche de son visage, couverte de poussière, s'époussetant avec une lenteur mesurée, presque théâtrale, alors qu'un silence gênant s'imposait. Désormais, seul le son de la respiration profonde d'Aleksander avait encore l'audace d'envahir l'espace, à intervalles réguliers. Même l'arrogant jeune homme à la force surprenante s'était enfoncé dans un mutisme gênant, en fixant son opposant. Était-ce une once de peur, qu'on décelait dans son regard ? De panique ?

Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que là, ils étaient dans la merde.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Dim 29 Mar 2015 - 14:14




Cyrène avait atterri sur un parterre d'herbe et bien que celle-ci fut d'une agréable douceur, elle n’atténua en rien la douleur de l'atterrissage. Avec un peu de mal, Hollister se redressa, se tenant en équilibre sur ses coudes. Ainsi couchée, elle regardait la scène qui se déroulait un peu plus loin devant elle.

Le poing de son nouveau copain blond fendit l'air en direction de la joue de son adversaire, qui n'était autre que le Superman de l'au-delà qui avait poussé – c'est un euphémisme – l'Apprentie-Déesse. Le coup avait été porté avec agilité, rapidité, force et précision. Même une amateur telle que notre Chanceuse pouvait s'en rendre compte. Et pourtant... Le heurt eut le même effet qu'une brise sur un mur d'acier. À peu de chose près. En voyant cela, Cyrène ouvrit la bouche comme un poisson sous l'effet de la surprise. N'importe qui aurait eut la mâchoire brisée, mais ce type était indestructible ! Chose qui, il faut le reconnaître, déçut un peu l'élève. Pour dire vrai, elle aurait bien aimé voir ce mec avec le crâne encastré dans le sol. Oui, elle était pacifiste mais il ne fallait pas la chercher, et ce Terminator divin avait clairement de lancer les hostilités en l'agressant, elle, qui venait en paix.

Alors que le Hulk des Dieux commençait à prendre un sérieux avantage sur Aleksander, Cyrène se mit en tête d'aider le serveur. Il semblait en avoir bien besoin. En un instant, celui qui pensait vaincre en un coup s'était retrouvé face dans la poussière, humilié, au milieu de ricanements moqueurs. Mais une chose étrange se produisit. Ça se sentait dans l'air, l’atmosphère devint d'un seul coup, beaucoup plus lourde. La Déesse avait du nez pour ce genre de choses, ça puait. Ça puait les emmerdes. Les rires et les railleries avaient cessé en même temps que le pressentiment de la jeune femme était apparu. Que se passait-il donc ? Ce fut à ce moment qu'elle le vit.

Anderson s'était relevé. Il arborait une expression des plus inquiétantes. Si la démence avait eut un visage, sans doute aurait-ce été celui-ci. Jamais dans toute sa vie, Cyrène n'avait vu quelque chose dans ce genre. Sans dire un mot, sans faire autre chose que de s’épousseter la face, Aleksander avait imposé un silence de mort. C'est à peine si les Apprentis osaient respirer. Même le Supermâle aux yeux bleus ne se la ramenait pas. Figé de la sorte, tel une statue de cire, tétanisé par la peur, Hollister le trouvait beaucoup moins imposant. Mais l'heure n'était pas à la rigolade. Ils étaient sacrément dans la merde.

« –– Les gars, vous sentez ? demanda l'académicienne en arrivant à portée de voix des trois élèves. Ça pue les mecs. Ça pue pour vous. Je sais pas ce vous en pensez, mais il a l'air sacrément en rogne Aleksander là. »

Un petit sourire trahissait le plaisir que l'Apprentie prenait à effrayer ses camarades. Parce qu'il fallait le préciser, elle, n'avait pas peur. Bien sûr, elle s'était rendu compte que le blondinet avait totalement changé de comportement, jusqu'à changer d'aura, mais ça ne lui faisait pas peur. On ne pouvait déterminer si c'était à cause de sa stupidité ou tout simplement parce qu'elle avait confiance en son nouvel ami. Mais le fait était que contrairement aux trois pauvres bougres, Hollister se pensait hors d'atteinte.

Elle posa une main sur l'épaule de l'armoire à glace. Elle le regardait, mais lui non, si bien qu'elle ne pouvait voir que son profil.

« –– Tu sais quoi Monsieur Muscle, tu devrais t'en aller, et prendre avec toi Tic & Tac. Non parce que je te le dis encore...
–– Non, mais tu vas la fermer! » s'emporta le garçon aux yeux azurs.

Il plaqua sa main sur la bouche de Cyrène, détournant pour la première fois son regard du Dieu de la Prédation. Il appuyait si fort sur son visage que pendant une seconde, la jeune femme crut qu'il allait lui briser la mâchoire entre ses doigts, puis, il relâcha la pression et repoussa l'élève qui évita de justesse de se retrouver par terre. C'était décidément pas très marrant de se faire manipuler comme une poupée de chiffon.

« –– Les mecs, barrez-vous. C'était mon frère, donc cet enfoiré est mon combat. »

Si la Chanceuse n'avait pas été vraiment très en colère contre le bodybuilder, elle aurait probablement été tenté d'applaudir sa bravoure. Mais là, ce musclor de pacotille faisait vraiment tout pour l'agacer. Mais avant qu'elle ne puisse faire quoique ce soit, l'imbécile de service se lançait sur le serveur. Devait-elle intervenir ? Sans doute. Le fit-elle ? Elle l'aurait fait dans une autre situation, mais il fallait reconnaître que Yeux Bleus méritait une bonne correction.

Et surtout, que le meilleur gagne.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Ven 3 Avr 2015 - 18:41
Le Lycan semblait se disloquer. C'est comme si les contours du Repenti crépitaient. Que les courbes qui encadraient son corps, l'ancrant dans la réalité, ne parvenaient déjà plus à l'y maintenir. Son aura, qui avait lentement basculé vers quelque chose de bien trop corrompue pour être simplement celle d'un animal, alourdissait l'air au point de rendre la respiration des principaux témoins difficile. Son visage ne s'était pas séparé de la grimace démente qui tiquait par moment, alors que le blond déplaçait ses appuis, se penchant vers l'avant pour tenir sa tête. Son ricanement hystérique, à peine perceptible, ressemblait à celui d'un fou qui quittait enfin son asile. Comme le solo de guitare entrecoupé de murmures, avant le démarrage d'un concert. L'excitation qui générait des frissons courant le long de l'échine des spectateurs.

Sauf que ça n'avait rien de réjouissant. C'était opressant. Et c'était à n'en pas douter une très mauvaise nouvelle. Le Dieu de la Prédation jubilait presque. Son instinct se manifestait par une brutale série de pulsions meurtrières. Déjà, les hyènes partaient en courant, laissant le lion blond derrière elles. Par intermittence, Aleksander écartait ses doigts, pour jeter un coup d'oeil à la situation. Et il fit bien, car la terreur avait cédé sa place à la panique, le jeune homme se ruant déjà dans sa direction. Mais la transformation n'était pas encore entamée, et cet état la précédant était bien connu du Serveur. Une sorte de transe, ses sens s'aiguisant progressivement, lui octroyant une acuité visuelle et une force terrifiante. L'élève avait brisé la distance qui les séparait, et déjà, amorcé son coup, usant de son élan pour donner de l'amplitude à son bras. Toujours plié en deux, le Britannique ne bougeait pas.

Le concert commença. Ses appuis se déplacèrent imperceptiblement, et ses genoux se flèchirent, alors qu'il se baissait. L'Apprenti frappa dans le vent, et déjà, le Lycan se redressait, fonçant à sa rencontre, sans s'arrêter dans son éclat de rire frénétique. Au lieu de riposter, il s'était écarté de son opposant, lui tournant le dos, visage dans les mains, sans cesser de ricaner. C'est alors que le corps du Repenti se déchira de part en part.

Sa chevelure blonde et éclatante se ternit. L'introduction n'était-elle pas achevée ? Ils s'étaient présentés. Avaient échangé un coup. N'était-il pas l'heure d'ouvrir la chasse ? La chemise et le veston explosèrent, sous l'inflation du thorax, alors que l'hilarité du Lycan prenait un ton bien plus rauque et désagréable. Titubant sur quelques mètres, sous le regard stupéfait de son adversaire, il se déformait, grondait, craquait. Oui, c'était ça. L'odeur puante du sang avait envahi l'air, au même titre que le concert de craquement sonore tant attendu. C'était donc ça, ce à quoi ils assistaient ? Une symphonie macabre et aussi effroyable que celle-là ? Les émotions négatives propres à la manifestation de la Bête ne tardèrent pas. Elles étaient aussi perceptibles que le soleil qui, depuis le début de l'affrontement, semblait avoir perdu de son éclat. La peau désormais nue du Monstre se couvrait de poils gras, hérissés, et noirs. Ses muscles croissaient, ses os s'allongeaient, son organisme tout entier se perturbait suite à un simple ordre mental. Une simple pulsion. La Bête qui se redressait lentement sous leurs yeux n'avait rien à voir avec le Britannique qui se tenait à sa place il y a un instant.

Comme deux mondes qui entraient en collision. L'habituelle inconscience qui régnait sur l'Académie était une nouvelle fois perturbée par une véritable icône de la terreur. La personnification de la violence. Une soif de sang impossible à étancher. Alors, la mutation s'acheva. Son visage s'était ouvert en deux, pour laisser libre cours à un abîme puant et encadré de crocs écoeurants. Cette gueule nouvellement formée c'était rejetée en arrière, orientée vers le ciel, ses longs membres supérieurs s'écartant de toute leur amplitude, pour mieux gonfler ses poumons de l'air vicié qui l'entourait.

Et alors, la Bête avait hurlé. Un rugissement assourdissant, qui semblait ébranler les fondements de la raison, de la logique, et de la lucidité. Un élan de bestialité sans pareil qui aurait rendu fou les plus fragiles des Dieux. La Créature qui se tenait devant eux, haute comme aucun être humain, n'avait rien à faire dans ce monde. Une erreur. Une abomination. Un démon abjecte vomi ici par l'Enfer, incapable d'accueillir l'être détestable qu'il incarnait. Pourquoi Deus avait-il rendu la vie à cette épouvantable horreur ? Fabriquée de toute pièce par un esprit tordu, pensée et réfléchie pour inspirer à tous l'Effroi. Une machine à tuer sous une fourrure qui appartiendrait à de nombreuses bêtes décimées, et dépecées. Naissant dans un océan de sang putride par un Dieu rendu fou par les abysses, arrachant à ces dernières l’aberration qui se tenait à présent devant Cyrène et l'Apprenti.

Le jeune homme, malgré sa témérité et sa bravoure impressionnante, n'en menait pas large face à l'ignominie qu'incarnait Aleksander. Qui, pour sa part, après un rictus déformé par son museau lupin, ne perdit pas un instant. Aucun doute, cette créature dépassait les limites physiques et les rêves les plus fous de n'importe quel être humain. En un instant, elle était sur lui, son épaule emboutissant le torse du Lannister, qui, décollant du sol, volait à deux mètres de là, roulant dans la poussière, renvoyé vers Cyrène.

Le Monstre exultait. Qu'était-il réellement ? Ses iris dorés se braquaient avec cruauté sur sa proie du moment. Aleksander était parfaitement lucide. Ces instants presque orgasmiques où il sentait les os se briser sous chacun de ses coups, les hurlements de douleur ponctuer chacun de ses gestes. Avait-il vendu son âme à une entité plus sombre encore que lui, ou était-ce simplement ce que son instinct lui... Dictait ? Déjà, la Bête décollait du sol, après avoir ramassé sa musculature à la manière d'un grand félin. Le Prédateur Alpha s'écrasa avec la force d'un tir de mortier sur l'Apprenti qui avait entrepris de se redresser, roulant difficilement pour éviter de se faire pulvériser par le Dieu qui lui faisait face. La vie n'était-elle pas injuste ? Qui avait doté ce Repenti de pouvoirs dépassant l'entendement ? C'était ça, le monde des Dieux ? Un perpétuel conflit entre différents individus ? La loi du plus fort ? Amonceler les cadavres pour s'en servir d'échelle dans l'univers de la société ?

Jusqu'à ce que cette rencontre n'arrive, cette vision des choses n'avait jamais dérangé l'Apprenti. Maintenant, il se rendait compte de l'injustice dont faisait preuve ce monde qui s'ouvrait à lui. La Bête, accroupie, le scrutait, sa gueule ouverte exhalant un souffle puissant et dont les relents étaient asphyxiants, dos à Cyrène. Proche d'elle. Beaucoup trop proche d'elle. Cependant, le Prédateur Alpha ne semblait avoir d'yeux que pour l'homme qui lui faisait face, dont le corps se recouvrait progressivement de la même pierre que celle qui pavait le sol autour d'eux.

Un Domaine de Revêtissement ? Qu'à cela ne tienne. Il n'existait rien que les mâchoires du Lycan ne pourrait broyer. La Traque pouvait poursuivre son cours.
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Re: Le loup et la Cyrène [PV:Aleks] - Sam 4 Avr 2015 - 22:53




Très vite, le combat prit une tournure inattendue. Des bruits d'enfer retentirent dans le silence. Les membres du serveur mutèrent. Du grand blondinet à l'air un tantinet ailleurs, le britannique était passé à une sorte d'homme-bête gigantesque. Aleksander n'était plus Aleksander.

Les yeux de Cyrène s'arrondirent de surprise. Il fallait dire qu'elle ne s'attendait pas à ça. Qui aurait pu ? Elle avait entendu parler de ce genre de créatures. Elles n'étaient pas acceptées au sein des communautés de loups en raison de leur apparence plus ou moins humaine. Elles n'étaient pas non plus bien vues chez les Hommes à cause du danger qu'elles représentaient. Les hybrides de ce type était, en quelques sortes des sans-abris, le cul entre deux chaises.

L'affrontement perdait toute notion d'équité. Un surhomme face à un autre surhomme, mais d'un genre tout à fait différent. La Déesse n'en revenait pas. Le spectacle qui se déroulait devant ses yeux ébahis n'avaient rien d'ordinaire. C'était comme débarquer dans un autre univers, dans un monde qui n'existait que dans les rêves. Ou dans les cauchemars. Pour dire vrai, l'Apprentie n'aurait le déterminer.

La créature lupine se rua sur son adversaire. Un coup de patte dans le torse et le malheureux parcouru deux mètres par la voie des airs avant de s'écrouler lourdement par terre, tout près de Cyrène, qui sursauta légèrement. Elle ne trouvait plus ça drôle. Elle ne voulait plus voir Aleksander refaire le portrait du Lannister. Les choses avaient pris une tournure qu'elle n'avait pas prévue et n'aurait su prévoir.  

Le Loup se rapprocha de sa proie et dans le même temps de la petite Hollister. Il se tenait maintenant proche d'elle, tout proche d'elle mais c'était comme si il ne la voyait pas. Toute son attention était accaparée par l'homme à terre, assez mal en point, qui se revêtit d'une armure de pierre. Le geste ne sembla en aucun cas affecter Aleksander. Il se tenait prêt. La Divinité avait un mauvais pressentiment. Un frisson lui parcouru l'échine. Son regard allait du Lannister au serveur, tour à tour, elle observait les deux personnes.
L'Homme-Armure allait mourir.
Quelque part, tout au fond de ses entrailles, l'académicienne le sentait. Il allait mourir. Si elle ne faisait rien.

Elle ressentit alors une boule d'angoisse. Ce n'était pour elle-même qu'elle avait peur, mais pour ce parfait inconnu. Certes, il était odieux. Certes, il l'avait brutalisé. Mais tout de même, il fallait savoir faire preuve d'humanité ! Prenant son courage à deux mains, Cyrène couru jusqu'à la cible du lycan.

« –– Avale ta fierté et vas-t-en. Ou c'est ton bulletin de naissance qu'il te fera avaler. Il va te tuer. Ça se voit, ça se sent. Je ne pourrais pas te protéger très longtemps, tu sais. Tu es blessé, moi non. »

Hollister fit face à Aleksander. Elle prit une grande inspiration. D'un pas assuré, elle marcha vers l'Homme-Bête, le regardant dans les yeux, sans fléchir. Elle n'avait pas peur. Étrangement, depuis le début, aucune crainte ne l'avait envahit. Elle se sentait à l'abri du danger. Privilégiée. Et puisse sa bonne étoile faire qu'elle ait raison.

Droite, la jeune femme s'arrêta à quelques pas de la bête. De bas en haut, elle dévisagea la créature. Mais pas d'un regard méfiant et plein de rejet. Dans les yeux de Cyrène, il y avait de la surprise et de l'admiration.

« –– Tu m'as dis que les humains t'avaient tué par qu'ils avaient peur, alors qu'ils auraient pu t'aider.  Je les comprends. La peur fait faire des choses stupides. »

Elle fit encore un pas en avant. Pour bien signifier qu'elle ne voulait lui faire aucun mal, l'élève leva les mains en l'air. La bonté qui émanait d'elle était presque palpable. Comme une aura, l'entourant et la protégeant.

« –– Mais moi, je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur de toi. Je peux t'aider. Je peux toujours essayer du moins. »

Encore un pas. Moins d'un mètre séparait maintenant les deux personnages. Anderson aurait pu ne faire qu'une bouchée de Cyrène. En un instant. Avant même qu'elle ait le temps de se croire tirée d'affaire et ça, elle en était parfaitement consciente. Malgré cela, l'Apprentie Déesse tendit sa main au serveur. Une main d'amie. Une main honnête.

« –– Après tout, on est ami. Pas vrai ? »
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Le loup et la Cyrène [PV:Aleks]
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