Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Chercher midi à 14h...

 
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Chercher midi à 14h... - Sam 7 Fév 2015 - 21:21
L'infirmerie est drôlement calme aujourd'hui. Remarque, c n'est pas moi qui vais m'en plaindre. J'ai renvoyé deux trois petits malins qui venaient jouer les malades imaginaires mais maintenant, les habitués savent que s'ils viennent me voir, ils ont intérêt à avoir une bonne raison pour me déranger. Les bruits de couloir vont vite et ma réputation à rapidement fait le tour des différentes chambre d'élèves. Et bien étrangement, je n'ai aucune l'apparence d'un monstre à leurs yeux. Je suis seulement une repentie ronchonne et acerbe, typique du cliché de la blouse blanche remplie d'humour noire, mais qui fait bien son travail car personne n'a jamais eu à se plaindre d mes soins. Comme quoi, même en étant véritablement un monstre, les gens m'apprécient. Finalement, j'en viendrais presque à aimer ce job.

Enfin, faut pas abuser non plus. Je l'aime bien mais à très petite dose. Là par exemple, l'heure du repas à sonné et bien que j'ai un petit creux, je vais patienter un peu. La foule de ses gosses braillards et dégingandés ne me donne aucune envie de me mêler à eux. Sans compter qu'il y aura bien un petit malin pour venir me saluer gentiment, ou me demander de lui soigner sa micro coupure au doigt ou une autre connerie du genre. Nan, je vais attendre que la masse grouillante se soit éloignée et après, je me remplirais la panse comme il se doit. Cette chère Sarah est de service aujourd'hui alors je sais que je serais servie comme une reine. Cette petite est folle de moi, elle aussi. Je n'y peu rien si je suis irrésistible.  

Ca y est, les rats commencent à quitter le navire afin de retourner à leurs cours ou que sais-je encore. Alors, je me dirige d'un pas nonchalant en direction de la terrasse de la cafétéria. Une fois arrivée, je penche la tête à l'intérieur et repère ma chère bienfaitrice. Un petit signe de la main et la voilà qui se dirige vers moi, m'invitant avec une joie non dissimulée à venir m'installer à une table toute proche de la porte de service. Un peu dissimulée mais très usité par les serveurs et autres membres du personnel. D'ici, l'accès aux cuisines est un jeu d'enfant et c'est aussi grâce à cela que je me fait fournir avec tant d'aisance. Je n'ai quasiment qu'à tendre le bras pour avoir ce que je désire.

Ma petite Sarah termine bientôt son service mais prend le temps de m'apporter de quoi me sustenter plus que royalement: poisson en papillote accompagné de sa farandole de légumes, une assiette de frites, un île flottante remplissant une assiette à soupe ainsi qu'un assortiment de charcuterie. Je la remercie et entame mon repas lorsque mon regard se pose sur une silhouette familière. C'est vrai ça, il est serveur celui-là. Tout en mangeant mon dessert, oui je n'aime faire comme tout le monde alors je me sers des plats dans le désordre, je l'observe du coin de l’œil, discrète et invisible encore à ses yeux. Eh bien, moi qui le croyais prêt à devenir loup terrifiant, c'est surtout un gentil clébard obéissant que je retrouve.

Lorsque Sarah repasse avant de quitter les lieux, je remarque son regard envers Aleksander. Oh, c'est trop mignon, il a une groupie. Je lui rends son salut avant qu'elle ne s'en aille, profitant du temps qu'elle aille saluer le lycan pour ouvrir mon Coffre et m'y glisser avec les restes de mon repas, je temps de simplement me changer en chat avant de reprendre ma place, n'ayant gardée que le poisson devant moi. Je ne vais pas me priver pour lui non plus, faut pas abuser.

"- Dis donc, je ne te savais pas aussi populaire. Cette petite est littéralement mordue de toi au cas où tu ne l'aurais pas remarqué."

Oui, je me moque. C'est plus fort que moi, je ne peux pas m'en empêcher. Il a beau avoir soi-disant un potentiel infini, il ne reste rien de plus qu'un gosse paumé à mes yeux. Vasilis, Aleksander, Apex Predator... Peu importe son nom, il restera le Chien pour moi. Alors quoi de plus normal est normal que de nous entendre comme chien et chat?

"- Alors, pas de cadavres à m'envoyer aujourd'hui? Ou tu es simplement en retard sur ton planning? "


Dernière édition par Nelsha Tadjük le Dim 8 Fév 2015 - 13:46, édité 1 fois
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Re: Chercher midi à 14h... - Dim 8 Fév 2015 - 0:16
Son service venait de démarrer. La pire des horaires, comme toujours. Les gosses grouillaient de toute part, et avec eux, les éclats sonores qui étaient si caractéristiques de cet instant précis de la journée. Ils n'étaient pas encore fatigués. Et ils étaient bien réveillés. Cris, insultes ponctuant leurs phrases, rires, blagues douteuses... Tous ces bruits désagréables qui se démenaient pour violenter l'ouïe du Repenti. Aleksander en venait presque à maudire sa perception sensorielle, par moment. Cependant, il était désormais connu de tous pour ses élans de démence qui s'achevaient généralement par des corps, membres, et os brisés. Et des mares écarlates. Aussi, peu d'élèves étaient suffisamment insouciants pour s'approcher de lui, lorsqu'il était en service. Maniant avec agilité et habileté les plateaux, assiettes, et couverts, il servait en silence les tables. Auxquelles, accoudés, les apprentis cessaient toute discussion pour river sur lui un regard teinté d'inquiétude. Allait-il exploser de rage, ou conserver la maîtrise ? Si le choix se résumait à cela, sa vie aurait été bien plus aisé. Cela dit, ils commençaient enfin à connaître leur place. Lorsqu'il en venait à se battre, ils avaient bien compris une chose. Il est comme une catastrophe naturelle. Inutile de chercher à lutter. Il faut subir, et attendre que les éléments se calment.

Déambulant entre les rangées de tables dont l'organisation changeait chaque jour, variant d'allées rectilignes à une simple disposition alignées et symétriques, il ne se fatiguait jamais réellement à mémoriser qui mangeait où. Certains avaient leurs habitudes. D'autres prenaient place là où il en avait. Chose qui n'importait pas réellement, au final. Tout ce que désirait Aleksander, à l'heure actuelle, c'était qu'ils arrêtent d'agresser brutalement ses oreilles, qui ne mettraient plus très longtemps à vomir tout le temps dont elles étaient capables, et à évacuer son cerveau réduit à l'état de gelée méconnaissable. Habillé comme à son habitude avec son uniforme, ses gants, et sa paire de lunettes noires, il se massait les tempes, une serviette partiellement enroulée autour du bras gauche. Il essayait vainement d'avoir la classe des serveurs, dans les films. Cependant, la posture demandait une espèce de rigidité, au niveau de son dos, tout bonnement impossible. Aussi, il marquait des mini-pauses durant lesquelles il essayait de calmer son crâne, qui lui donnait l'impression de gonfler, sous sa crinière blonde, avec la volonté d'exploser. De plus, le port permanent de verres fumés lui donnait une migraine abominable, tant et si bien qu'il s'approcha de Sarah, une autre serveuse, la seule qui semblait lui accorder de l'attention. Avec un sourire, visiblement ravie de lui rendre service, elle prit sa place, tandis qu'il traînait la patte jusqu'à un siège, s'effondrant lourdement sur ledit siège, à côté de plusieurs élèves qui braquèrent sur lui des yeux imprégnés de terreur. Oh, du calme, il ne fait que respirer un bon coup.

Il lui semblait s'être assoupi un instant, puisqu'en se réveillant, il y avait moitié moins de monde. Avec un juron, il s'était redressé, et d'un coup d'oeil, avait repéré Sarah. Filant à toute vitesse vers elle, il était venu s'excuser, inclinant la tête, avec honte, insistant sur le fait qu'il se sentait redevable. Et c'était le cas. Il détestait faire défauts aux autres. Surtout qu'il haïssait cette espèce plus qu'aucune autre. Même si certain spécimen échappait à ce courroux. Comme Eren. Hel. Ou encore cette Sarah. Elle semblait avoir apprécié lui rendre service, et avait repris ses occupations, alors qu'il se demandait si il restait quelque chose à faire. Dans le doute, il sortit prendre l'air, extirpant une cigarette de sa poche pectorale, avec son briquet. Calée entre ses lèvres, il avait embrasé la pointe de la clope, la feuille se consumant au même titre que le tabac dans un crépitement caractéristique, que seul lui semblait percevoir aussi nettement. Son esprit s'envolait loin, comme toujours, dès qu'il avait un moment de silence, et de solitude. En soi, le contact des déchets qu'il côtoyait chaque jour était comme une anesthésie. Il oubliait temporairement les problèmes et questions qui le rongeaient en permanence. Fumant distraitement, laissant à nouveau l'heure tourner, il ne tenait plus qu'un filtre dont l'extrémité était carbonisé, quand il revint à lui. Ce qui signifiait qu'il avait continué inlassable de tirer dessus. Ce qui n'était sans doute pas une bonne nouvelle. L'abandonnant ici, l'écrasant sous son pied, il était retourné à l'intérieur du réfectoire.

Et avait senti son odeur, au travers de son habituelle eau de Cologne. Vraiment ? Elle ? Pourquoi aujourd'hui ? Il ne se sentait pas vraiment bien. En fait, il était épuisé. Cauchemar sur cauchemar. Était-il encore en train de cauchemarder, là ? Elle allait encore le narguer à l'infini, et il savait qu'il ne parviendrait pas à répondre correctement. Il ne maîtrisait pas l'art de la rhétorique. Sarah la salue, par ailleurs. Pensait-elle qu'il ne l'avait pas remarqué ? Certes, son odorat était atténué par son parfum, mais il ne fallait pas le prendre pour un loup amputé. Déjà, il se dirigeait vers elle, masquant sa faiblesse en réadoptant une posture normal.

« — Dis donc, je ne te savais pas aussi populaire. Cette petite est littéralement mordue de toi au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. »

« — Tant que ce n'est pas moi qui la mord, elle ne risque rien. »

Il avait répondu du tac-au-tac, alors qu'il tirait le siège en face au chat qui dégageait une odeur si caractéristique. Probablement qu'il aurait dû être surpris. Stupéfait, peut-être. Après tout, il la prenait vraiment pour un félin. Elle n'avait probablement pas accès à la cafétéria, dans son esprit. Mais il était dans un état de fatigue tellement extrême qu'il n'avait ni la foi de se composer une expression de surprise, ni l'envie de faire plaisir à la diabolique créature. Il ne connaissait pas son nom. Mais, en avait-il réellement quelque chose à faire ? Si ce n'est la dette qu'il avait à son égard, qui avait développé chez lui un certain intérêt, il était hors de question qu'il ressente une affection cordiale pour un être qui passait tant de temps à le narguer.

« — Alors, pas de cadavres à m'envoyer aujourd'hui ? Ou tu es simplement en retard sur ton planning ? »

Conservant ses lunettes sur le nez, il entreprit de mettre sa chaise en équilibre sur les deux pieds alignés avec le dossier de son siège. Comme un gosse. Croisant les bras, gardant ses jambes pour le rattraper in extremis en cas de chute, il détaillait l'Infirmière, avant de rétorquer.

« — J'ai cru comprendre que tu n'aimais pas les heures supplémentaires. J'me suis dit que si je pouvais t'éviter ça... Bien sûr que je suis en retard. Et plus personne ici n'a la foi, ni l'envie, de me provoquer. Qui suis-je sensé massacrer, dans ces conditions ? »
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Dernière édition par Aleksander Anderson le Dim 8 Fév 2015 - 18:41, édité 1 fois
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Re: Chercher midi à 14h... - Dim 8 Fév 2015 - 18:38
« — Tant que ce n'est pas moi qui la mord, elle ne risque rien. »

C'est marrant, je me faisais exactement la même réflexion. Comme quoi, même si lui ne peut pas me saquer, nous sommes bien fait de la même graine. Cette semence qui ne sait faire apparaître que chaos et destruction. En tout cas, il semblait étonnement fatigué pour quelqu'un qui n'avait pas encore bosser. Car je ne l'ai pas vu se bouger beaucoup contrairement à d'autres dont les noms comme les visages ne sont que de passages dans mon existence. Pauvre chou, pour un peu, je le plaindrais, tiens. Mais à la place, j'attaque mon poisson, qui est cuit à point, un véritable régal. Qu'il reste sur sa chaise, moi je squatte la table. Encore une fois, je le domine. Enfin, comme d'habitude.

« — J'ai cru comprendre que tu n'aimais pas les heures supplémentaires. J'me suis dit que si je pouvais t'éviter ça... Bien sûr que je suis en retard. Et plus personne ici n'a la foi, ni l'envie, de me provoquer. Qui suis-je sensé massacrer, dans ces conditions ? »

"- Comme si tu te souciais un tant soit peu de ma petite personne. Tu n'es pas crédible pour deux sous, mon Loup."

La seconde partie de sa réponse me fait presque sourire. Sérieusement, tu t'attendais à quoi? Certes les apprentis dieux restent des humains, il sont donc diablement débile par définition. Mais il y a une nuance entre un crétin congénital et un suicidaire. Personne n'apprécie de se faire démembrer et/ou dévorés, même s'il a la possibilité de revivre par la suite. Et pour finir, il me pose la question. A moi? Allez, encore une preuve s'il le fallait qu'il ne peut pas se passer de moi, il me demande de nouveau mon avis. Et oui, je lui suis tout simplement indispensable, comme a tellement de monde par ici. Décidément, ma bonté me perdra un jour. Car je ne peux pas le laisser ainsi dans l'ignorance. Je vais jouer le chien guide pour mon petit agneau du moment, ça me changera les idées à moi aussi, tiens.

"-  Tu as les monstres de l'arène mais de ce que j'ai entendu, tu y as déjà été faire un tour. Alors, si les gens ne viennent plus à toi, c'est à toi d'aller les trouver. Et des apprentis, il n'y en a pas qu'ici, à l'Académie...."

Je replonge la tête dans mon assiette tandis que je laisse réfléchir à ma phrase. Des apprentis ailleurs qu'à L'Académie. Des renégats même. Si sa réputation est faite ici, il n'en est rien sur Terre et encore moins hors des frontières de la Deus. Alors, pour commencer, pourquoi ne pas tout simplement aller se promener? Et puis, je remarque qu'il ne parle toujours que de massacre. Hors s'il n' a retenu que ça du résumé de mon entrevue avec son autre lui, il n'avait décidément rien compris. Ce qui me ferait presque soupirer. Ce n'est pas d'un professeur qu'il a besoin mais d'une nourrice en fait. Oui, un gamin, rien de plus, voilà ce qu'il est.

"- Et pourquoi toujours uniquement cette réoccupation? Qui suis-je censé massacrer? Il me semblait te l'avoir dit pourtant. Pour devenir ce que tu es destiné à être, il te faudra faire plus que simplement massacrer des gens, qu'importe leur nature. Après tout, tu as aussi une tête. Et savoir réfléchir, même en combat, cela peut se révéler parfois très utile, voir salvateur. "

Oui, Môssieu misait tout sur le muscle mais il n'avait que 15 minutes de transformation par jour. Alors le jour où il se ferait surprendre, dans l'impossibilité de faire appel à cette forme faisant partie de lui-même, comment ferait-il s'il n'était pas capable de jouer la stratégie? Il y resterait à son tour. Cela ne serait peut-être pas une leçon inutile remarque, de lui prouver qu'il n'était pas le plus fort encore.
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Re: Chercher midi à 14h... - Lun 9 Fév 2015 - 17:42
Aleksander s'était défait de sa paire de lunettes noire, dévoilant ses yeux plissés, encadrés de profondes cernes violacées et veinées. Eh beh mon coco, t'as mauvaise mine. Cessant de se balancer, les deux pieds surélevés de la chaise claquant sur le sol, il s'était redressé, et avait retourné son siège, de façon à ce que le dossier soutienne sa tête, qu'il déposait sur ses bras.

« — Tu as les monstres de l'arène mais de ce que j'ai entendu, tu y as déjà été faire un tour. Alors, si les gens ne viennent plus à toi, c'est à toi d'aller les trouver. Et des apprentis, il n'y en a pas qu'ici, à l'Académie... »

L'arène ? Oui. Il n'avait pas encore accès à des créatures plus puissantes que celle qu'il avait mis en pièces en quelques instants. Comment ferait-il, pour apprendre de nouvelles méthodes de chasse, grâce aux créatures antiques qu'il déchiquetterait, qui l'abreuverait de leur expérience en même temps que de leur sang ? Il briserait leur carapace, cuirasse, ailes, os. Arracherait leurs acquis. Les ferait sien. Par la suite, il exterminerait tous les monstres légendaires dont le nom apparaissait dans les ouvrages qu'il feuilletait, à la bibliothèque. Il était hors de question que des mythes fassent de l'ombre à la Légende qu'il écrirait avec le sang récolté des cadavres qui joncheraient le chemin de son ascension.

Le fait qu'elle ai évoqué la présence d'apprentis autre part qu'à l'Académie attira son attention. Qu'entendait-elle, par là ? Que certains auraient... Fugués ? Jusque sur Terre ? Ce qui signifiait qu'il était en droit de traquer ceux-là ? Ouvertement ? De les massacrer comme du bétail ? De les pourchasser jusqu'à ce que leurs jambes hurlent, incapables de soutenir leur corps, qui s'effondreraient lourdement, sous le poids de la fatigue ? La simple idée de recommencer à chasser illumina son visage d'un sourire aux tendances psychotiques.

« D'abord, évite de faire des crises de folie, et arrête tes putains de cauchemars. On verra plus tard, pour se repaître des faibles sur Terre. »

Vasilis marquait un point. Il se sentait tellement exténué. Ses yeux papillonnaient, pour conserver son regard bestial braqué sur le chat qui lui faisait face. Désormais, son torse était affalé contre le dossier, et sa tête à moitié enfouie dans ses bras. Il luttait déjà contre le sommeil. Mais une discussion n'arrangeait la situation en rien. Rien du tout. Il se sentait déjà partir.

« — Et pourquoi toujours uniquement cette réoccupation? Qui suis-je censé massacrer? Il me semblait te l'avoir dit pourtant. Pour devenir ce que tu es destiné à être, il te faudra faire plus que simplement massacrer des gens, qu'importe leur nature. Après tout, ... »

La respiration calme et régulière du Lycan se manifestait par l'inflation de son dos, alors que ses yeux étaient clos. Il n'avait pas bien saisi les dernières paroles de l'Infirmière, qu'il essayait déjà de gratter un peu de sommeil. Ses lunettes noires étaient déposées sur la table, non loin de l'assiette du félin. Irrécupérable, ce Lycan.
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Re: Chercher midi à 14h... - Mer 11 Fév 2015 - 9:54

Je l'observe et je ne peux pas rater le fait qu'il se mette à sombrer, lentement et surement. Il était évident qu'il était fatigué, cela pouvait déjà se deviner à sa démarche qui n'avait plus de celle du grand Prédateur qu'il s'était targué d'être si souvent. Ses yeux cernés profondément portaient de véritables valises violacées qui ne laissaient planer aucun doute. Soit il fuyait le sommeil soit c'était l'inverse mais dans les coups, il ne tiendrais pas comme cela très longtemps. Remarque, cela serait assez drôle d le retrouver à l’infirmerie, pauvre petite chose entre mes doigts, soumis à ma pure et simple volonté.

A cet instant, il serait si simple de le tuer. Fragile et vulnérable comme il était, simplement endormi à même la chaise, ses lunettes devant lui. il suffirait de si peu d choses, déjà des dizaines d'idées traversent mon esprit, toutes plus tordues les unes que les autres mais au final, c'est mon assiette qui a le dessus. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement, encore moins pour ce gros plein de poil. Il pue toujours autant le chien et l'eau de Cologne bon marché mais en attendant, j'ai un repas succulent qui me fait de l’œil. Alors, je vais lui faire honneur. Le poisson disparu le premier d son emballage, ne laissant qu'un fumet délicat en souvenir de sa présence avant que je ne rouvre mon Coffre pour en tirer le reste de mon repas. Vu comme il est parti, j'aurais le temps de déjeuner tranquillement.

L'assiette de charcuterie ne fit pas long feu non plus mais je pris le temps de déguster les frites. J'adorais ce truc, c'est vrai. Et puis, l'autre pionçais toujours alors autant le temps de façon agréable. La Cafétéria était complètement vide de son public à présent, seuls demeuraient les serveurs et autres cuisiniers qui avaient du travail à faire dans les environs. Chacun vaquait à ses occupations, semblant complètement se moquer de leur camarade endormi tout près d'eux. Limite à certains, il inspirait une forme de pitié et cela me fit sourire intérieurement. Comme quoi, même le pire des monstres peut se révéler petite chose fragile. Enfin, je me contente de rester là, sagement. J'écoute, j'observe, j'apprends et je retiens, beaucoup de choses auxquelles personne n'aurait forcément prêté attention mais tous ces détails me serviront bien un jour. Autant garder un maximum de cartes en main.

Je récolte quelques caresses au passage de certains des habitués du coin, ronronnant doucement et faisant ma gentille petite fille. Je leur plais alors ils me laissent tranquille. Je me suis avancée et je suis venue m'installer tout près d'Aleksander. Oui, à ton réveil, je serais toujours là, pire qu'un cauchemar ou qu'un souvenir, tu ne pourras jamais te débarrasser de moi. Pour un peu, je me mettrais fredonner une petite berceuse mais je me retiens, j'ai une couverture à conserver après tout. Et puis, lentement, je sens son réveil arrivé. Le rythme de sa respiration change, son souffle devient moins profond. Il émerge lentement des bras de Morphée. Et manque de chance pour lui, je suis toujours là.

"- Ça y est, elle émerge, la Belle au Bois Dormant? Ça fait du bien, un petit somme? Enfin, sur son lieu de travail, ça le fait que moyen quand même."

Ma voix est douce et suave, mais légère aussi. Il n'y a que lui qui m'entendra. Oui, je pourrais l’agresser dès son réveil mais je n'y gagnerais rien. Alors autant qu'il revienne à son statut semi-humain et bestial par lui-même avant que je ne recommence à jouer à ses dépens. Je me contente donc de lui offrir un joli sourire, ronronnant doucement tout prêt de sa tête le temps qu'il daigne faire de nouveau de moi le centre de son attention.
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Re: Chercher midi à 14h... - Jeu 12 Fév 2015 - 15:56
Qui sait ce qui produisit durant son sommeil ? Relativement court, laissant le temps au félin de terminer son repas, Aleksander s'était enfoncé dans les ténèbres propres à la Bête qu'il était. Tourmenté. Il avait tiqué, par moment, visiblement assailli de mauvais rêves. Multiples. Enchaînés. A un rythme infernal. Lorsque le Repenti s'éveilla, le chat était toujours là. Tout proche. Trop proche.

Quelque chose clochait. L'aura du Serveur semblait s'être disloquée, un instant. Ses iris, cerclés de cernes violacées, avaient une teinte plus rouge que dorée. Quelque chose d'imperceptible, que Nelsha ne remarqua pas, puisqu'elle poursuivit son petit manège, amusée. Elle s'était logée tout près de sa tête, ronronnant, avec un de ses maudits sourires composé sur le faciès.

« — Ça y est, elle émerge, la Belle au Bois Dormant? Ça fait du bien, un petit somme? Enfin, sur son lieu de travail, ça le fait que moyen quand même. »

Le cran de sûreté venait de sauter. Où était sa prudence ? Son habituelle intelligence ? Pensait-elle réellement pouvoir s'exposer autant ? Les muscles du Dieu frémirent un instant. Bien trop vif. Puissant. Précis. Sa main s'était refermée comme un brutal étau autour du crâne et de la nuque de l'Infirmière. Une simple pression, et ses cervicales exploseraient. Jusque là, elle l'avait toujours traitée avec une crainte, certes maquillée. Elle s'était toujours tenue à une distance respectacle du monstre. Mais aujourd'hui, alors qu'elle pensait l'avoir cerné, elle venait de faire cette erreur. Un rictus déchira le visage du Britannique qui sortait tout juste de sa torpeur, et venait d'être capable de la prouesse de capturer l'insaisissable démon. Dans son désir de l'oppresser, voilà qu'elle s'était jetée dans les griffes de la Bête. Ce qui se révélait bien plus terrible qu'elle ne semblait le penser. Sans échappatoire. Une griffure ou une morsure n'aurait fait qu'amplifier la cruauté de la créature, qui retenait l'animal d'une poigne de fer et aurait tout à fait pu lui briser la nuque en un instant. Mais elle n'en fit rien. Avec un sourire terrifiant, elle examinait sa proie, acculée, comme un insecte cloué au fond d'un bocal, sur un vulgaire bout de bois, par une punaise.

Comme c'était distrayant, de se dire que la vie de sa pire tortionnaire résidait entre ses doigts. Une simple pression, et il écraserait sa carotide, briserait sa nuque, broierait son crâne. Aucune chance qu'elle ne survive à ça, qu'importe ce dont elle était réellement capable. Elle ne pourrait pas s'échapper. Piéger, comme les vulgaires gibiers qu'elle s'était entêtée à décrire inférieur à elle. Qu'est-ce donc qu'une maîtresse qui se sent obligée de rappeler son autorité à ses élèves ? Une pâle copie de ceux qui méritent réellement ce titre. Le regard inquisiteur, rougeoyant, du Lycan était braqué sur elle, avec un dédain mêlé de mépris profond. Ne lui avait-elle pas dit quelque chose à propos d'utiliser la ruse, avant qu'il ne s'endorme ? Elle n'avait aucune putain d'idée de ce dont était capable le vicieux Dieu de la Prédation. Au moindre geste brusque, il la tuerait. Quand il en aurait fini avec elle, peut-être qu'il la tuerait. Et si il la laissait en vie, qu'elle en venait à prendre ses précautions, pour se sentir en sécurité... Il recommencerait. Il briserait son image de sécurité. Il la piégerait à nouveau. Et Deus seul sait que la Bête ne fait pas deux fois preuve d'indulgence. Respecte, ou meurs.

Tout s'éclaircissait. Ce n'était pas Aleksander, qui tenait le félin dans sa main. Mais Vasilis, la nature brutale et retors du Repenti. Ses deux iris qui tiraient désormais bien plus sur l'écarlate que le doré en témoignait. En cette période troublée, il semblerait que le Lycan ne soit pas à même de maîtriser et d'équilibrer les différentes personnalités. Ce qui était, en général, assez mauvais signe. Les regards se braquèrent sur le Serveur, qui menaçait un pauvre chat. Mais aucun n'osèrent l'importuner. Ils n'oseraient jamais. Lâches. Faibles. Leur propre vie passait avant celle des autres, n'est-ce pas ? Quelle pitoyable façon de se valoriser. La voix rauque de Vasilis s'éleva.

« — The Rules have changed. * »

Toute cette histoire n'était-elle qu'une traquenard organisé par la personnalité tourmentée du Dieu de la Prédation ? Une simulation grotesque ? Une sinistre comédie ? La Bête fixait le chat avec une expression curieusement neutre, malgré son sourire carnassier. Elle ne se sentait pas victorieuse. Pas encore. Elle analysait la situation. Terrible opposant, elle ne considérait pas encore le triomphe. Pourquoi Vasilis s'était-il manifesté ? Implacable. Une icône de la peur. A mi-voix, afin que sa tirade ne soit pas perçue par les autres, il lança :

« — Que se passe-t-il, ô terrible infirmière ? Amusée par le fait de le persécuter ? Me persécuter ? Et si les rôles s'inversaient ? Je ne te cache pas que je suis loin d'être aussi imaginative que toi. Ou, aussi doué pour la rhétorique. Ne te moquais-tu pas de mes capacités ? Qu'en dis-tu, maintenant qu'elles te sont opposées ? Hein ? Plus fort. Je ne t'entends pas. JE. NE. T'ENTENDS. PAS. » 

Une légère pression, délivrant une onde de douleur à travers le frêle petit corps.

« — Oh, vas-tu me dire que je suis sourd ? Je suis la Bête. Mon ouïe est donc parfaite. Ton schéma d'action est d'une simplicité frappante, en réalité. Ne te disais-tu pas supérieure à nous sur certains plans ? D'ici, tu ressembles plutôt à une tortionnaire des bacs à sable. Tu te dis aussi vieille que le monde. Qu'est-ce que toutes ces années t'ont-elles apprises ? Piégée par un " jeunot " ? J'ai la putain d'envie de répandre tes entrailles sur le sol. T'arracher les membres. T'éparpiller comme un puzzle. Je suis arrogant ? Je peux me le permettre, putain de merde. Tu vas te fourrer ça dans le crâne ? Tu vas comprendre où est ta putain de place ? Tu nous prends pour ton clébard, hein ? Le maître ? Qu'est-ce qu'un maître qui se fait bouffer la gueule par ses clébs' ? Putain, ouais. J'ai envie de te tuer. »

La Bête semblait dans un état extatique. Démente. Ou plutôt, était-ce la réelle personnalité qui se cachait, entre le gosse perdu qu'était Aleksander, et le professeur psychotique qu'était Vasilis ?
Comment le chaton allait donc réagir ? En un instant, la Créature semblait capable d'exploser. Une bombe à retardement. Les troubles mentaux du dossier du Repenti se faisait probablement leur petite place, dans l'esprit de Nelsha, si cette dernière avait consulté le dossier relatif au Dieu. Troubles Explosifs Intermittents, hein ?

* : je devais faire cette quote. Désolé.
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Re: Chercher midi à 14h... - Ven 13 Fév 2015 - 10:25
Son regard a changé, je m'en rends compte aussitôt. Mais il n'y a pas que ça. C'est plus profond, plus ténébreux. Ça ne m'avais pas sauté aux yeux tout de suite mais là, c'est son aura qui le crie toute entière. Ce n'est plus le simple repenti complètement perdu entre son orgueil démesuré et cette créature interne qui malgré tout lui faisait peur, c'est un extrait pur et simple de vices et de violences. Je peux le sentir, je connais bien cette atmosphère. Je sais que je devrais fuir mais je ne suis pas née de la dernière pluie. A cet instant, je sais qu'il est trop tard pour reculer. Et puis, je ne suis pas du genre à me défiler alors j'attends la suite qui ne tarde pas à arriver.

Vif et puissant, il vient me saisir, comme si l'envie de me clouer à cette table était plus forte que tout. J'encaisse le coup, mon corps préparé malgré tout à une attaque d ce genre. Bon, ça ne fait jamais du bien mais prise au dépourvue, j'aurais pu avoir bien lus mal que ça. Visiblement, il ne semble pas décidé à me lâcher par contre. J'avoue que je n'apprécie guère cette position mais je veux en savoir plus. Si tu réagis ainsi mon bonhomme, alors que jamais tu n'as usé de violence à mon égard, c'est que ce ne sont pas que tes yeux qui ont changés. Ta nature profonde aurait-elle déjà reprise le dessus?

Je l'observe se mettre à sourire, me toiser. Oui, tu jubile n'est-ce pas de m'avoir attraper? Pourtant, je ne suis qu'un pauvre petit chat, ce n'est as ta prouesse qui t’apportera le respect de tes semblables. Je ne nierais pas que je suis une parfaite tortionnaire mais à cet instant, je ne suis qu'une victime aux yeux de tous alors que toi, tu es monstre. Leurs regards alentours sont apeurés, ils ne comprennent pas et c'est tant mieux. J'ai peut-être perdu de ma superbe dans cette position mais je ne ploie pas encore, je m'adapte. Tu es as visiblement de nouvelles cartes à jouer mais moi, j'ai l'expérience de plusieurs millénaires. Tu ne m'auras pas aussi facilement.

« — The Rules have changed. »

"- Quelles règles? Il n'y en a jamais eu par ici...."

Oh non, je ne vais pas m'abstenir de commentaires pour si peu. Tu crois quoi, sale cabot que tu es? Avoir l'avantage ne veut pas dire avoir remporté la victoire. Profite de ta position, tu aurais tort de t'en priver. Moi, je ne me débattrais pas, cela ne ferais que compliquer un peu plus mon état mais je reste à l'affût. A ta voix, je sais que tu n'es rien de plus que cet esprit tourmenté prisonnier d'un corps trop étroit pour Alek et toi. Tu analyses? Je fais de même. Et je suis capable d'accepter de perdre une bataille pour gagner la guerre.

« — Que se passe-t-il, ô terrible infirmière ? Amusée par le fait de le persécuter ? Me persécuter ? Et si les rôles s'inversaient ? Je ne te cache pas que je suis loin d'être aussi imaginative que toi. Ou, aussi doué pour la rhétorique. Ne te moquais-tu pas de mes capacités ? Qu'en dis-tu, maintenant qu'elles te sont opposées ? Hein ? Plus fort. Je ne t'entends pas. JE. NE. T'ENTENDS. PAS. » 

Tu t'amuses hein? Tu crois me tenir à ta merci? Bien sur que je sens la douleur mais tu n'as pas idée de ce qu'elle représente à mes yeux. Une piqûre de rappel, à peine une égratignure. Si tu veux vraiment me faire mal, il te faudra faire bien plus. Les mondes infernaux sont très ingénieux et bien plus terribles que ton oppression toute relative. Alors je me concentre, je visualise et je tiens bon. Tu vas avoir un jolie petite surprise mon cœur.

« — Oh, vas-tu me dire que je suis sourd ? Je suis la Bête. Mon ouïe est donc parfaite. Ton schéma d'action est d'une simplicité frappante, en réalité. Ne te disais-tu pas supérieure à nous sur certains plans ? D'ici, tu ressembles plutôt à une tortionnaire des bacs à sable. Tu te dis aussi vieille que le monde. Qu'est-ce que toutes ces années t'ont-elles apprises ? Piégée par un " jeunot " ? J'ai la putain d'envie de répandre tes entrailles sur le sol. T'arracher les membres. T'éparpiller comme un puzzle. Je suis arrogant ? Je peux me le permettre, putain de merde. Tu vas te fourrer ça dans le crâne ? Tu vas comprendre où est ta putain de place ? Tu nous prends pour ton clébard, hein ? Le maître ? Qu'est-ce qu'un maître qui se fait bouffer la gueule par ses clébs' ? Putain, ouais. J'ai envie de te tuer. »

"- Ça y est, le gamin a fini de piquer sa petite colère? Si tu avais vraiment le cran de me tuer, tu l'aurais déjà fait. Alors maintenant, puisque que tu veux discuter, discutons. Vasilis..."

Mon Coffre s'est ouvert, juste sous mes pattes. J'y tombe donc de tout mon poids, surprenant le serveur qui de ce fait me lâche, me libérant par la même occasion de son étreinte douloureuse. Ah, ça fait du bien de retrouver sa liberté de mouvement. Non, je ne compte pas m'enfuir, loin de là. Une fois passée dedans, je me secoue un grand coup avant d'en ressortir d'un bond agile me faisant atterrir de nouveau sur la table mais à une distance bien plus respectable. Tu vois, tu as voulu jouer, eh bien moi aussi, j'ai de quoi te surprendre encore. Tu croyais déjà me sentir crever entre tes doigts? Alors il va falloir que tu apprennes à fermer ta gueule et à passer aux actes. Car je suis comme toi, je ne commets jamais deux fois la même erreur.

"- Tu devrais aller dormir, tu as une mine détestable. Et petit conseil, plutôt que de t'envoyer des fleurs, si tu décides de tuer quelqu'un, fais-le. Ou deviens un pro. Ce genre de 'fail' ne te sera pas éternellement permis. Quand à ma place, je sais parfaitement ou elle se trouve, contrairement à toi."

J'ai la furieuse envie de lui rentrer dans le lard, de lui montrer par A+B qu'il ne peut rien contre moi. Qu'il se plante, qu'il a tout faux. Ce serait jouissif. Mais pour le moment, je préfère profiter de sa présence. Ce n'est pas tous les jours que Vasilis est de sortie. Alors, je m'étire d’abords tranquillement, histoire de remettre mes vertèbres en place. Je ne le quitte pas du regard, souriante mais méfiante. Qui c'est qui veut jouer au plus malin et qui s'est fait avoir, c'est toi, mon toutou. Alors reste sage pour le moment, ce sera tout bénef pour toi, tu verras.

"- Tu te crois puissant? Tu n'es là qu'en béquille pour ce cher Aleksander. Tu te gorges d'être supérieur, mais seul, tu n'existe même pas. Et visiblement, ça te rend aigri de savoir que tu va disparaître à plus ou moins long terme. Tu pourras dire ce que tu veux, ça c’est la réalité. Et tu ne pourras rien contre elle."

Je suis assise face à lui, je le fixe. Je souris à peine mais je suis d'une prestance à toute épreuve. En fait, que tu n'es qu'un chien apeuré, terrifié à l'idée de disparaître avant même d'avoir réellement vécu. Je ne vais pas en rajouter là-dessus, j'en discuterais avec le serveur en question, je crois que cette découverte lui sera très utile. En attendant, je garde l'attention de Vasilis braquée sur moi. Deux prédateurs qui se font face, ce n'est pas quelque chose que l'on peut voir tous les jours. Alors, maintenant que tu as perdu le round 1, que me prépares-tu pour la suite?
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Re: Chercher midi à 14h... - Ven 13 Fév 2015 - 14:24
Le sourire du Lycan psychotique s'était accentué, alors que le chat s'échappait de ses griffes. Un rictus dément, accentuant l'aura de folie qu'il dégageait. C'est comme si chaque seconde qui passait l'engloutissait encore un peu dans les ténèbres. Lui avait-elle réellement dit qu'il n'avait pas le cran de la tuer ? Lui ? Le véritable prédateur alpha ? Elle osait le rabaisser en-dessous de son hôte ? Son créateur couard qui n'acceptait même pas sa nature ? Il allait disparaître ? IL ÉTAIT VASILIS.

Elle répondait à toutes ses attentes, comme un agréable pion qui, si on le poussait à le faire, se jetterait dans le vide. Il n'était même pas nécessaire de lui parler. Non, loin de là. Qu'elle crève de terreur. Qu'elle prenne conscience de toutes ses erreurs. Qu'elle découvre enfin, créature antique ou pas, ce que ça signifiait, d'être traqué. La colère affluant de façon insensée, par vague, avec un rythme frénétique. Il ne percevait plus ce qu'elle disait. Il n'était plus qu'une puissance brute et animale. Animale ? Pas réellement. Il venait de s'aventurer sur le domaine des hommes. La cruauté. La soif de violence. Il transpirait de tellement d'émotion malsaine que si son aura était matérielle, elle dégoulinerait d'immondices. Rancoeur, haine, peur, angoisse, jalousie, agressivité, amertume, frustration, dégoût... Il était comme la représentation même de tous les vices humains, concentrés dans une enveloppe charnelle qui semblait prête à tout instant à se déchirer, pour laisser jaillir sous forme d'un torrent malsain tous ces ressentis.

Alors que les lèvres du félin cessait de bouger, le Monstre bougea. Sa chaise fut rejetée de côté comme un foetus de paille, et déjà, la table où était assise Nelsha s'ouvrait comme une gueule béante. Elle était loin. Certes. Mais le fait que son siège se fende en deux réduisait déjà de façon importante le fossé qui séparait le Lycan de sa proie. Tous les serveurs, autour, étaient mortifiés de voir que cette fois, le Dieu de la Prédation n'avait aucun contrôle et disjonctait sans aucune raison apparente. Il avait également bondi, sa main se refermant là où aurait dû être projeté le félin. Elle ne happa que l'air, alors que Vasilis se rattrapait sur le sol en fléchissant les genoux. Déjà, son acuité visuelle retrouvait sa victime. Ses yeux étaient grands ouverts, accompagnés du même rictus témoignant de la démence qui rongeait l'être. Il avait l'air hystérique, et le corps du Repenti donnait l'impression qu'il allait voler en éclats. Explosion sonore, la voix de l'alter-ego du blondinet s'élevait.

« — Tu penses SINCÈREMENT que j'ai besoin de te tuer sur le champ ? JE N'AI PAS BESOIN DE TES CONSEILS. Je vais te traquer. Te plaquer. Sentir dans ton haleine-même la peur. Enfoncer mes crocs dans tes flancs. T'arracher la vie comme si tu n'étais qu'un PUTAIN D'INSECTE. Tu COMPRENDS ça ? JE VAIS TE FOUTRE EN PIÈCES DÉTACHÉES. COMMENCE A COURIR, CHATON. FAIS CE QUE J'ATTENDS DE TOI. JE VAIS BRISER TES OS UN PAR UN. TE METTRE EN MORCEAUX. TE SAIGNER COMME UN PORC. ALORS, COURS, VERMINE. »

Au fur et à mesure que Vasilis se lançait dans sa tirade entrecoupée de ricanements hystériques accompagnés de grognements déments, les craquements sonores de mauvaise augure avaient commencé à se manifester. Ses vêtements avaient cédé, sous la croissance des muscles, déchirant les tissus, son visage se déchirant en deux pour s'ouvrir sur un abîme puant bordé de crocs tranchants. Ses mains s'étaient déformées, donnant naissance à des griffes courbes, façonnées pour s'enfoncer dans la chair sans jamais pouvoir être retirées. Ses iris éclatants étaient devenus d'un rouge sang profond, alors que son corps tout entier se couvrait de poils noirs et hérissés. Ses oreilles s'étaient dressées sur son crâne. Et alors, il avait hurlé.

Son rugissement était assourdissant. Plus fort encore qu'à l'habituel. Comme si de par se dernier était traduite la haine étouffante qu'il conservait en lui. Les verres vibraient, les chaises se renversaient, les témoins couraient, terrorisés. C'est ça. La terreur. Probablement que l'écho s'était propagé à travers toute l'Académie, alors que déjà, le Lycanthrope ramassait sa musculature, chacun desdits muscles frémissant et roulant sous l'épaisse fourrure sombre. Vasilis n'avait aucune erreur à rattraper. Tout se déroulait comme prévu. Il se lançait dans une chasse à corps perdu, Aleksander barricadé dans les tréfonds de son esprit, pleinement au commande de la Bête, personnification même de la puissance et de la peur. Chaton, comment vas-tu distancer un Lycan ? Un Lycanthrope frénétique, muté par une envie viscérale de t'étriper, de répandre tes entrailles sur le sol, de broyer ta tête, de t'arracher le coeur ?

La chasse est ouverte.
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Re: Chercher midi à 14h... - Ven 13 Fév 2015 - 21:27
Regard fou, aura haineuse. Il a tout de ces berserks que seul leur propre mort parvient enfin à calmer. Il n'est plus rien qu'un résidu de toutes ces pulsions néfastes et perverties du genre humain. Il se croit meilleur qu'eux mais il n'est qu'un concentré de leurs erreurs et de leurs horreurs. Un ramassis de toute sorte de violence. Les autres aux alentours fuient et ils ont bien raison. Si je n'étais pas la proie, il a longtemps que je me serais mise à l'abri. mais je suis trop semblable à lui, je veux aller jusqu'au bout, avoir le dernier mot. Alors je ne lâcherais rien. Et nos comportements parfaitement opposés, lui dans la démesure et moi dans la retenue, ne font que rendre ce spectacle plus saisissant encore pour les regards extérieurs.

Ça y est, il avait céder complètement à son côté purement bestial. Ses poings s'étaient abattus avec un hargne féroce sur la table qu'ils venaient littéralement de fendre en son cœur. Pas besoin d'être devin pour comprendre où il veut en venir alors j'anticipe déjà son arrivée. il est rapide, leste, agile mais j'ai aussi de quoi faire. Il a l'avantage d l'allonge, moi du recul. Du coup, j'évite sans vraiment de difficulté le piège qu'il me tendait, feintant dans la direction opposée à celle qu'avait prise sa main qui se referme sur du vide. Mais déjà, il m'a repéré et est prêt à revenir à l'assaut. Il prépare même la suite des événements, cela se voit gros comme le nez au milieu de la figure.

« — Tu penses SINCÈREMENT que j'ai besoin de te tuer sur le champ ? JE N'AI PAS BESOIN DE TES CONSEILS. Je vais te traquer. Te plaquer. Sentir dans ton haleine-même la peur. Enfoncer mes crocs dans tes flancs. T'arracher la vie comme si tu n'étais qu'un PUTAIN D'INSECTE. Tu COMPRENDS ça ? JE VAIS TE FOUTRE EN PIÈCES DÉTACHÉES. COMMENCE A COURIR, CHATON. FAIS CE QUE J'ATTENDS DE TOI. JE VAIS BRISER TES OS UN PAR UN. TE METTRE EN MORCEAUX. TE SAIGNER COMME UN PORC. ALORS, COURS, VERMINE.»

"- A vos ordres, Seigneur Toutou. Attrape-moi si tu peux...."

Oh la vilain. Oui, je ne devrais pas en rajouter mais c'est plus fort que moi. Je ne parviens même pas à me départir de mon sourire machiavélique alors que je le vois déjà amorcé sa transformation. Le temps que celle-ci se fasse, je vais gagner quelques seconds. Les craquements caractéristiques ds muscles, des tendons et des os sont de douces mélodies à mes oreilles qui ne font que me porter davantage au lieu de me terrifier. Cette fois, le jeu va réellement devenir intéressant. Le Lycan contre le chat. Si on ouvre les paris, je perds et de loin, de tous les points de vue. Mais la réalité est loin d'être à l'image des apparences.

Son hurlement sonne comme le coup de clairon qui ouvre la période de la chasse. Oui, je suis actuellement son gibier mais d'une certaine façon, il est aussi le mien. Je suis folle de ne pas être terrifiée, de ne pas hurler et prendre mes jambes à mon cou comme le font les dernières personnes encore présentes dans la cafétéria. A présent, il ne reste plus que nous au milieu de ce ring aussi improbable qu'improvisé. Dans ma tête, les secondes défilent, lentement mais avec une régularité implacable. 900 secondes à tenir. 15 minutes de survie intense. Ce jeu n'est rien de plus qu'un contre la montre que je me dois de mener à bien et de battre. Avec un niveau de difficulté relativement élevé mais ce n'est pas plus mal finalement, cela va me permettre de me dérouiller un peu.

Ça y est, c'est parti. La combat des titans est en marche. Pour le moment, je file comme une anguille entre les chaises et les tables. Lui y va à la bourrin, je fais plus dans la subtilité. Et cela fonctionne car porté par son élan, combien de fois s'est-il retrouvé le bec dans l'eau à me croire là où je n'était pas allé pour virer de bord violemment? Non, je ne lui ferais aucune cadeau. Je sais qu'il n'hésitera pas à me tuer et bien que mourir ne me fasse absolument pas peur, je préfère choisir ou, quand et comment celle-ci se manifestera. Alors, je le fais tourner en bourrique. 180 secondes se sont déjà écoulés, le plus gros reste encore à faire, mais je ne céderais pas.

Passage dans les cuisines. Plus dangereux, tellement plus excitant aussi. Ici, il ne disposera pas de la liberté de mouvement dont il pouvait bénéficier avant, les meubles étant pour la plupart soudés au sol et aux murs. Alors cette fois, ta grand taille va jouer en ta défaveur mon grand. Je retrouve un semblant davantage. Mais je ne me fais pas d'illusion, la moindre erreur me sera fatale alors je me faufile plus vive que l'éclair, je bondis, prenant un certains plaisir à laisser tomber sur sa trajectoire tout ce que je peux trouver de tranchants, piquants ou pouvant le blesser. Non, je ne lésinerais devant rien. Le manque de me prendre une porte d'un ds fours mal refermée, esquive de justesse plusieurs de ces coups fourrés mais je reste alerte et vive, je ne dois rien céder.

600 seconde de passées. Les 2/3 du chemin ont été parcouru. Je viens de terminer un fantastique dérapage contrôlé pour lui passer sous le nez une fois de plus lorsque je sens une onde de douleur traverser ma cuisse. Et sur le coup, impossible de reprendre mon appui et de repartir. C'est quoi cette merde? Le couvercle ouvert d'une boite de conserve est à présent profondément fiché dans ma chair. Putain, c'est pas possible, fallait que ça arrive maintenant. Je l'arrache d'un coup de mâchoire ferme, grognant pour ne pas avoir pu anticiper cette erreur qui va me coûter chère. Car son ombre est déjà sur moi. Je la vois, je sens son aura meurtrière, son odeur suintant la haine et la rage.

Je ne suis pas en état de fuir. Il reste encore trop de temps à tenir. 240 secondes, il ne m'en laissera pas autant à vivre entre ses griffes. Mais plutôt que de tenter vainement de me cacher et de lui échapper, je me retourne et lui fait face, sans me départir de mon allure hautaine et sure de moi. Je vais perdre, mourir? Je m'en contrefous. J'ai joué, je me suis bien amusée et surtout je suis restée fidèle à moi-même jusqu'au bout. Alors je l'observe me fondre dessus, parfaitement réparée à encaisser le coup à venir. Crocs, griffes, les deux, au final, cela ne changera rien. Je suis prête, tu peux venir. Même en cet instant, tu ne me fais pas peur.
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Re: Chercher midi à 14h... - Sam 14 Fév 2015 - 2:21
Une rage ardente bouillonnait dans les tréfonds de l'âme du Lycanthrope. Vasilis se sentait comme neuf. Alimenté par une soif de violence sans borne, avec une brutale envie de carnage. Mais d'abord, qu'il profite de cette chasse pour mettre en pièces l'arrogante créature qui se permettait tant de réflexion à son propos. La curiosité n'est-elle pas un vilain défaut ? Les rubis qui servaient d'iris à la Bête scintillent, alors que déjà, ils se braquaient sur sa victime, qui déjà, furetait entre les tables. Ses yeux étaient comme des capteurs, qu'il était impossible de tromper. Chacun de ses muscles frémissait avant même qu'il n'ai l'idée de s'en servir. Il était une arme. Une mécanique parfaite. Son corps tout entier défiait les lois de la logique. Aussi vif que son esprit. Déjà, il avait ramassé sa musculature, et s'était projeté avec une hargne sans pareille.

Alors que le félin se faufilait dans le réfectoire avec célérité, le premier bond de la Bête, lui, lui permit de s'écraser avec une puissance assourdissante. Un plaisir malsain, presque orgasmique, emplissait ses veines, au même titre que la haine, alors qu'il voyait celle qui se targuait de lui donner des leçons courir, prenant les jambes à son cou. Les tables se brisèrent au même titre que les sièges, explosant en une multitude d'échardes de bois. Tantôt à quatre pattes, tantôt sur deux, le Lycan renversait tout sur son chemin, véritable furie qui ne laissait dans son sillage que le chaos, ravageant tout ce qui avait le malheur de croiser sa route. Qu'il aimait cette sensation enivrante, de pousser son soit-disant égal dans ses derniers retranchements ! Craignez-le ! Hurlez ! Perdez la raison ! Cela ne fera que rendre les jeux plus distrayants. Alors que la Créature pensait déjà avoir achevé la traque, voilà qu'elle bifurque. Persuadée qu'il l'avait perdue du regard. Nullement. Ses yeux étaient pratiquement enfoncés dans la chair du félin. Rapidement, le terrain de jeu fut dévasté, par la frénésie de Vasilis.

Alors, elle l'entraîne dans les cuisines. Elle l'entraîne ? Non. Il l'y pousse. Elle ne mène pas la danse. Le Lycanthrope profite du moment. Enfin, on lui oppose un tant soit peu de résistance ! Il exultait à l'idée même de broyer ce fragile petit corps, pourtant si agile et gracieux. Voilà qu'il pénètre dans la partie réservée au personnel du bâtiment, forcé de se dresser sur deux pattes sous peine d'être bloqué dans le sens de la largeur. Il perd de la vitesse, ce qui n'eut pour effet que de renforcer son envie de tuer. Quoi de plus désirable que l'inatteignable ? Divers ustensiles de cuisine et couteaux s'enfoncent de façon superficielle de ses jambes, rapidement arrachés par les mouvements brusques constituant les foulées du Dieu de la Prédation. Le sang qui coule le long de ses poils, et de ses muscles contractés, ne fait qu'intensifier sa rage. Oh, oui. Bientôt, il pourrait profiter des efforts qu'il venait de produire. La porte d'un four, mal refermée, est tout bonnement emportée sur le chemin furieux de la Créature qui dévaste toute chose sur son passage. Abandonnée, gisant au milieu du tumulte généré par le Lycan et le Chat, elle glisse un instant avant de s'immobiliser. Le rythme frénétique et insensé de la chasse ne semble pas vouloir s'apaiser. Le silence surnaturel qui s'abat sur la cuisine, après qu'ils y soient passé, semblait quasiment oppressant.

Enfin, elle se piège d'elle-même. Bien que la Bête était largement supérieur au petit animal en critère de capacité physique pure, en force, en vitesse, et quoi que ce soit, sa petite taille avait été un atout non négligeable, qui lui avait permis de tenir la distance, en utilisant l'environnement comme un chef. Mais la voilà, mutilée, par ce même environnement. Faible, et vulnérable. Elle se retourne, en tentant de conserver son attitude méprisante et hautaine, ce qui ne fait, là encore, que renforcer le désir de meurtre de l'alter-ego d'Aleksander.

Une demie-seconde d'immobilité suffit au Lycan pour être sur elle. Déjà, il s'immobilisait, avec son corps discipliné à la perfection, répondant à la moindre de ses attentes avant même que la pensée ne prenne pleinement forme dans son esprit. Oui. Elle avait conservé cette face détestable qui lui était propre. Probablement qu'elle essayerait de le rabaisser une fois encore avec ses belles paroles, avant qu'il ne réduise son petit corps en morceaux. Putain, tout ceci mettait le Lycanthrope hors de lui. Les iris écarlates semblaient presque injectés de sang, babines retroussées sur des rangées de crocs tout bonnement horrifiants, hystérique. Il se sentait prêt à exploser. A la détruire. La déchirer. La sentir se démembrer entre ses doigts. Sa patte se levait, funeste présage d'une mort brutale et loin d'être indolore.

Et alors qu'elle s'abattait, la Créature était prise de soubresaut, s'arrêtant dans son geste. Qu'est-ce que c'était ? Il ressentait un picotement, dans la nuque. C'est comme si quelque chose s'éveillait. Inexorable. Non. Ce n'était pas encore la fin de la transformation. Qu'est-ce qui se déroulait, à son insu ? En poussant un rugissement qui diminua lentement en grognements plaintifs, les muscles et la fourrure de la terrifiante Bête se résorbèrent, alors que l'élan de rage de Vasilis était étouffé, attiré dans les tréfonds sordides où il résidait habituellement, l'y enfermant hermétiquement.

A la place de la massive Bête se trouvait le blondinet. Nu. A genoux. Front proche du sol. Son corps luisait de sueur, témoignant de l'effort fait pour réadopter apparence humaine par son propre moyen. Au lieu de la face haineuse et du rictus méprisant qui étaient propre à Vasilis, le Repenti tenait sa tête avec ses mains, comme devenu fou, le visage inondé de larmes, ses iris dorés dont l'éclat se réfractait sur les gouttes salées étant braqués sur le félin. Il hoquetait bruyamment, reniflant, les larmes s'arrachant à sa peau pour tomber lourdement, happée par la gravité, sur le carrelage du réfectoire avec la même aisance que le sang des personnes qu'il démembrait habituellement. Son esprit lui semblait broyé. Concassé. Déchiré entre deux êtres. Qui était-il réellement ? Pourquoi n'était-il qu'esclave, et jamais maître ? Une vie de soumission de son vivant, et maintenant, une vie de soumission à un " Dieu " inconnu ? Honteux, il avait détourné le regard de l'Infirmière, sans parvenir à refréner son chagrin. Qu'était-ce donc que cette sensation oppressante et déprimante ? Il se sentait abattu. Vaincu. Ses yeux, habituellement si fiers et bestiaux, n'étaient que deux grandes valves ouvertes, déversant un torrent intarissable.

Il avait réussi à faire battre en retraite Vasilis. Et à sauver le félin.
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Re: Chercher midi à 14h... - Lun 16 Fév 2015 - 11:20
Il est là, sur moi. Je suis entièrement à sa merci et je le sais. Mais je continue à sourire, avec un air de défi et presque un brin d'amusement. J'ai joué et j'ai perdu. C'est ça la vie. Mais je ne me départirais pas de ce que je suis. Démone je suis, démone je resterais jusqu'au bout des griffes. Je ne ma fais aucune illusion sur mon sort, la différence est bien trop flagrante et tous les avantages sont de son côté mais je ne faiblirais pas pour autant. Haïs-moi jusqu'à la dernière seconde, que même ma mort ne t'apporte pas la satisfaction de me voir perdue de terreur devant ta puissance, je te ferais chier jusqu'à la toute fin de mon histoire. Orgueil, vanité et ego démesuré, vous resterez mes compagnons d'éternité dans cette ultime danse.

Et puis, son coup qui doit s'abattre reste en suspens. Comme si soudain, un grain de sable était venu enrayer toute la parfaite mécanique qu'il était. Son regard semble comme bugguer un instant. Le temps qui s'arrête, de façon inexplicable et puis, ce rugissement qu'il pousse profond et ténébreux. mais différent. Ce n'est plus de la rage pure et simple qui l'anima mais plus une sorte de plainte. Qui lentement diminua, se faisant moins lourde et oppressante tandis que la transformation régressait. Déjà? Tiens donc, c'est un fait assez étrange. Car je suis certaine de mon compte, il lui restait encore un peu plus de trois minutes entières avant que le quart d'heure ne soit entièrement écoulé.

Je ne bronche pas, de toute façon, je n'ai aucune raison de le fuir et vu l'état de ma cuisse, je n'irais pas loin. Qu'importe la forme que je prendrais, la plaie est profonde et m'handicapera dans tous les cas. Peut-être préfère t-il simplement avoir la joie de me tuer sous sa forme humaine plutôt que de me déchiqueter sous forme lycane, qui sait. Mais non, ça ne pouvait pas être ça. Pourquoi se serait-il ainsi recroquevillé sur lui-même avant de pleurer dans ce cas. Car oui, il pleurait. A chaudes larmes, comme pour se vider de toute la violence dont il avait été submergé.

J'hésite une seconde avant de me relever et de me trainer jusqu'à lui. Oui, il a mal, c'est une évidence. Ce monstre qui est en toi, il te fait peur à ce point? Ou bien, est-ce ce manque de contrôle qui te panique tellement? Je pourrais t’assommer de questions mais je me tais. je m'approche, me glisse contre ses jambes avant de me faufiler auprès de son visage et de ses mains. Malgré ma propre douleur, ravivée par les perles d'eau salée dont il inonde ma plaie encore à vif, je ronronne. Il aime les chats, je le sais. Alors autant essayer de le calmer par ce biais. Car, si je suis vivante, je sais bien que sur ce coup-là, je ne le dois pas qu'à moi.

"- Allez, respire. Lentement, et calmement. Tout va bien maintenant...."

Oui, je sais aussi me montrer douce et secourable par instants. Les autres serveurs et cuisiniers finiront bien par revenir et je préfèrerais que ne nous soyons plus là à ce moment. Aleksander à besoin de calme pour le moment et je ne pense pas que les regards horrifiés et pleins d'interrogations soient ce qu'il désire affronter en premier. Comme lors de ces hallucinations sur Terre, je reviens poser mes pattes sur son torse, exercice plus compliqué du fait de ma propre blessure, afin de l'aider à soulager un peu son malaise.

"- Si tu veux parler, je suis là. Sinon, le silence est très bien aussi.
Dans tous les cas.... Merci."


Oui, ça m'a légèrement arraché la gueule de devoir le remercier mais comme je ne supporte pas avoir de dettes, je préfère accepter la réalité. Ainsi, pas de mauvaises surprises au final. Pour le moment, je le laisse récupérer tranquillement, simplement là. Si c'est un piège, tant pis, je serais tombée dedans. Mais j'apprécie bien plus mon cher repenti que cet esprit sans limites uniquement empli de perversion et de décadence. Et s'il a été capable aujourd'hui de reprendre le dessus au moment précis ou tout était joué pour moi, c'est bien que lui aussi, malgré tout ce qu'il me sors, doit finalement apprécier ma compagnie. Et j'avoue que cela m'amuse. Être aimée et Haïe à la fois, un subtil mélange, explosif mais tellement savoureux.
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Re: Chercher midi à 14h... - Lun 16 Fév 2015 - 14:22
C'était comme un vide oppressant. Il n'avait plus aucun contrôle sur son corps tout entier, lui qui se vantait de sa maîtrise qui le rendait bien meilleure que l'espèce inférieure qu'était l'homme. Son thorax était secoué de sanglots violents, à tel point qu'il semblait avoir perdu contact avec la réalité. Il n'était qu'une plaie béante. Terrifié par ce qu'il était, malgré qu'il passe son temps à revendiquer son statut d'espèce supérieure. Combien de temps pourrait-il encore garder le contrôle ? Alors qu'un léger dérapage, et il sombrait dans la folie de la violence. Il ne faisait plus qu'un avec la Bête. Un concentré pur et simple de haine, de colère. C'était ça, son destin ? Devenir fou ? Soniya lui avait dit que certaines personnes étaient nées pour gagner.

Comme lui. Mais elle se trompait. Il ne faisait que perdre. Chaque jour, il perdait, dans sa lutte interne. Une partie de lui hurlait à l'aide, cherchant à reconquérir son humanité. A, justement, redevenir humain. Il fallait se rendre à l'évidence. Il n'avait plus rien d'un homme. Deux personnalités se disputaient son corps. Et l'une d'entre elle était salement influencée par l'autre. Vasilis était-il en train de gagner ? Il avait réussi à dés-enclencher sa transformation. N'était-ce pas une victoire ? Son regard se perdit dans le vague. La cafétéria était dévastée. Un ouragan l'avait ravagée. Et cet ouragan, c'était une Bête féroce, tout en muscle, et en fourrure noire. Elle partageait ses yeux avec lui. Ils étaient semblables. Même sous cette apparence, n'était-il pas un démon assoiffé de sang ? Psychotique ? Instable ? Qui ne vivait qu'en se servant des autres comme d'exutoires ?

Il était esclave de lui-même. Il avait été esclave d'un homme. Puis, esclave d'un dieu. Et maintenant, il était asservi par... Lui-même ? Ironie tordue. Qu'il se haïssait, au même titre qu'il haïssait le genre humain. La rancoeur profonde qui le rongeait lui donnait l'impression d'étouffer. Comment était-il possible de se détester soi-même ? N'était-ce pas de l'autodestruction ? Il se maudissait de lui-même. C'est comme si les deux personnalités, d'une part le gosse qui se prenait pour un humain, de l'autre le monstre qui rôde dans les ténèbres, tentaient de le déchirer en morceaux. De le briser.

Aleksander reprit contact avec la réalité, en percevant le ronronnement caractéristique de l'animal qu'il affectionnait tant. Pendant un instant de lucidité, il le chercha du regard, découvrant le félin qu'il avait pourchassé jusque là à ses côtés. Ses petites pattes s'étaient appuyées sur son torse, malgré le fait que sa cuisse soit profondément entaillé. Un haut-le-coeur. C'est lui, qui avait provoqué cette blessure chez un être aussi innocent.

« — Allez, respire. Lentement, et calmement. Tout va bien maintenant... »

La voix lui rappela de nombreux souvenirs, qui défilèrent en accéléré. Oui. Il s'était changé. Il l'avait menacée. Alors que, bien qu'il n'apprécie pas la façon qu'elle avait de le rembarrer en permanence, elle n'avait jamais rien fait pour lui nuire. Pas sincèrement. Était-ce la sensation d'être endetté, pour toute l'aide qu'elle lui avait apporté, qui lui avait permis de reprendre conscience. Il ne laisserait pas l'Infirmière mourir, tant qu'il n'aurait pas payé sa dette dans le sang. Le simple fait de réfléchir à tout cela eut pour effet de lui permettre de remettre pied sur terre. Cependant, là encore, il sentait qu'il était épaulé. Elle l'aidait. Après ce qu'il avait failli faire. Bien qu'étant une menace monstrueuse. Frustré, Vasilis avait repris sa place dans les tréfonds de l'âme du Repenti. Sommeillant, en attendant à nouveau son heure. Plus vicieux, et courroucé, que jamais. Comment ferait-il, la prochaine fois, pour le repousser ?

« — Si tu veux parler, je suis là. Sinon, le silence est très bien aussi. Dans tous les cas.... Merci. »

Venait-elle réellement de le remercier ? Alors qu'il avait manqué de la tuer ? Considérait-elle avoir la moindre dette envers lui ? La réalité était tout à fait le contraire. Sans elle, il n'aurait pas repris conscience, et n'aurait donc jamais réussi à redevenir humain. Qui sait quels torts aurait-il encore causé ? Cela importait-il ? Il était perdu dans un océan d'émotion négative et de bonne volonté. Il voulait tuer, briser, éviscérer, dépecer. Mais il souhaitait également vivre avec les autres, sourire, rire. Être humain. N'y avait-il pas de juste milieu ? Ne pouvait-il pas être une Bête lucide ? Qui ne respirait pas que pour massacrer ? D'où lui venait son mépris pour les humains ? Ne pouvait-il pas pardonner ? Ils l'avaient traité en esclave, par le passé. Et à présent, c'était l'inverse. Sauf qu'en plus d'être un esclavagiste, il était un boucher sanguinaire. Méritaient-ils tout ça ? Une partie rugissait que oui. L'autre minaudait que non. Que devait-il faire ?

Une main hésitante s'était figée à quelques centimètres du félin. Puis, finalement, était venue à la rencontre du dos velu de la créature, la caressant doucement. Toujours est-il qu'il ne parvenait pas à ouvrir la bouche. Ses larmes s'écoulaient maintenant dans le plus grand des silences. Les hoquets avaient été bannis par l'Infirmière. Alors, finalement, quelques mots filtrèrent. Était-ce l'humain qui s'exprimait ? Aleksander faisait-il le premier pas, mettant de côté son arrogance ? Repoussant la Bête loin de lui ? Considérait-il le chat comme son... Égal ?

« — Apprends-moi à gagner. »
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Re: Chercher midi à 14h... - Dim 22 Fév 2015 - 18:11
Son hésitation est encore palpable. Oui, tes belles certitudes ont volées en éclat, comme ce jour ou, après ton petit jeu avec cet énorme matou à crinière dans un zoo humain, tu t'es retrouvé à l'air libre assailli de ces images traumatisantes dont tu m'as raconté le contenu. Au final, ce n'est pas tant la peur qui apparaît au sein de tout cela, c'est le rejet. Commencerais-tu à prendre conscience que, même si vous êtes deux dont l'un voué à disparaître, vous ne pourrez jamais rien partager? Car vous serez toujours en compétition. Pour tout et rien. Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Triste avenir au final.

« — Apprends-moi à gagner. »

Mon ronronnement ne cesse pas mais je prends quelques instants avant de répondre. Je relève le menton, pour venir plonger mes iris vairons dans son regard doré. Sérieux. A 300%. Une esquisse de sourire s'installe sur mon minois tandis que je remue les moustaches mais déjà, ma mimique vire à la grimace. Foutue cuisse à la con. Ouais, je suis peut-être une démone ayant subie mille tortures, il n'empêche que ça fait mal cette connerie. Enfin, comme il respire mieux, je me laisse retomber sur mon royal fessier afin de soulager la jambe douloureuse avant de peser mes mots. Parce que pour une fois, je compte prendre des gants. Ça me changera un peu.

"- Je peux te faire partager une partie de mon savoir, t'enseigner ce qu'il te manque et ce dont tu auras besoin pour l'avenir. Mais techniquement, je ne peux pas t'apprendre à gagner. Je ne peux que te donner les moyens d'avoir toutes les chances de ton côté."

Je préfère être claire dès le début. Personne ne peut gagner à tous les coups. la preuve, cette fois, ma survie. Je ne la dois pas à mes propres capacités mais bien à l'intervention miraculeuse de la conscience d'Aleksander. Ma voix comme mon attitude n'a rien de provoquant ou d'hautain, je tiens simplement à ce qu'il comprenne bien les choses. Je ne pourrais jamais tout faire pour lui. Vasilis est son démon, sa face cachée, son penchant sombre et vicieux. Ce sera à lui d'apprendre à le dompter, à l'apprivoiser avant de parvenir qui sait à s'en faire un allié plutôt que de le faire disparaître. S'il y a bien une chose que j'ai remarquée depuis mon arrivée ici, c'est que tout est possible.

"- Pour le moment, il va falloir commencer par te reposer. Tu as une mine épouvantable. Une vraie nuit de sommeil dans un lit te sera plus que profitable."

J'avais parfaitement noté qu'il avait changé de personnalité à son réveil. Et ces cernes immenses semblables à des valises violacées n'avaient pas disparues pour autant. Du coup, une véritable sieste de 24h continue lui serait plus profitable. Mais pas dans sa chambre, non. A l'infirmerie. Car là-bas, grâce à mon assistante à son pouvoir plutôt pratique, je suis certaine qu'il pourra réellement se reposer et as seulement errer de cauchemar en cauchemar au risque de laisser l'autre reprendre trop tôt l'avantage qu'il vient de perdre. Car cet échec pour mettre fin à mon existence à dû le vexer sérieusement, ce cher Vasilis. Ça, ça me fait plaisir rien que d'y penser par contre.

"- Et si on décampait avant d'avoir toutes les cuisines sur le dos, hein? Pour les fringues, sers-toi du côtés des vestiaires du personnel. Et direction l'Infirmerie."

Je me redresse et avance, difficilement. Un pas, deux, trois, en équilibre sur mes pattes encore valides. Oui, je suis fière et orgueilleuse alors je ne veux rien lui demander. Et puis, ce n'est pas ça qui va me tuer. Seulement, le chemin risque d'être long, très long de mon point de vue.
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Re: Chercher midi à 14h... - Mar 24 Fév 2015 - 22:11
Le félin, fier, s'était mis en marche devant lui. Difficilement. La blessure à sa cuisse la lançait, visiblement. Et c'était de sa faute. L'esprit d'Aleksander lui semblait morcelé. Il n'était pas capable de réfléchir correctement. La fatigue, mêlée à sa transformation brutale, avait littéralement épuisé son corps. Le moindre geste faisait hurler ses muscles et articulations. Il ne parvenait pas vraiment à garder les yeux ouverts. Grimaçant lorsqu'il entreprit de se redresser, il avait l'air égaré, en s'approchant de l'animal blessé. Se pencher lui demanda un effort important. Le Repenti savait que c'était prévisible. Il avait également deviné qu'elle n'oserait pas se plaindre. Par fierté. Car au final, ils se ressemblaient, sur certains points. Malgré le fait qu'il ai nié jusque là toutes ces choses, ils étaient liés, et avaient plus en commun qu'il ne l'avait admis.   

Ses mains se refermèrent, avec une délicatesse qu'on n'aurait pu imaginer, sur les flancs du chat, le surélevant. En le retournant, les quatre fers en l'air pour épargner son membre éprouvé, il l'avait collé contre son poitrail, ses deux bras la retenant, afin qu'il soit à son aise. L'Infirmière n'avait plus besoin de bouger le moindre muscle, tenue de cette manière. Ce qui témoignait un tant soit peu d'expérience. Le Lycan n'avait pas adressé un regard à cette dernière. Il ne voudrait pas de l'aide de quelqu'un. Et il ne voudrait pas qu'on tienne des comptes de telles dettes. Alors, il ne demanderait rien. Ferait comme si de rien n'était. Comme s'il ne la remarquait pas. Son regard lupin braqué devant lui, il vacillait sur ses appuis peu assurés, en titubant vers les cuisines, qu'ils avaient à moitié ravagées.

Ses pieds, nus, sur le carrelage, se coupèrent à plusieurs reprises, sur les obstacles laissés par le chat, lors de leur poursuite. Il avait entraperçu certaines scènes, lors d'éclairs de lucidité. Enfin, ils franchirent la porte qui séparait les cuisines des vestiaires. Il savait qu'un ensemble était entreposé dans le casier public. Déposant doucement l'animal sur un banc où, habituellement, les gens s'asseyaient en laçant leurs chaussures, il avait entrouvert le casier, vacillant toujours autant. Ses bras lui faisaient un mal de chien. Ses cuisses ne demandaient qu'à céder. Mais déjà, le plus dur était passé. Il avait extirpé l'uniforme qui était, comme prévu, laissé là.

Les vêtements dans les bras, il prit un instant pour souffler. La moindre de ses articulations diffusaient des ondes de douleur abominables. C'est comme si son organisme ne parvenait pas à se remettre de la transformation. Tournant la tête vers l'animal, toujours les mêmes valises violacées sous les yeux, il fronça les sourcils, alors qu'il s'acharnait pour enfiler sa chemise, bouton après bouton, ne parvenant pas à plier suffisamment ses bras pour les glisser dans les manches, laissant tomber au sol le reste des affaires durant le procédé laborieux.

« — Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Je doute que je sois apprécié, dans l'immédiat, dans le quartier des repentis. »
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Re: Chercher midi à 14h... - Mer 25 Fév 2015 - 11:24
Son ombre se dessine au-dessus de ma tête avant que ses mains ne viennent me saisir avec une délicatesse ma foi très appréciable et assez surprenante de sa part également. Sur le coup, je reste prête à contre-attaquer, juste au cas où. Mais rapidement, il est évident qu'il ne tentera rien contre ma personne. Malgré ses blessures et sa fatigue, j'en viendrais même à croire que ma compagnie lui est douce et rassurante. Un simple petit être dont il faut prendre soin après avoir manqué de le tuer. Je me laisse portée, me retrouvant lovée dans ses bras telle une peluche, simplement calée à la perfection. Décidément, il me surprendra toujours ce petit. je l'aime de plus en plus en tout cas.

Je me tourne légèrement, histoire d coller davantage mon poitrail contre son torse. Mes pattes entre en contact avec sa peau mais d'ou je suis, je ne peux guère faire grand chose. mon pouvoir est utile mais si je touche la plaie. Hors là, toutes sont hors de portées. Alors, je me contente d'essayer de juguler ce que je peux de sa douleur. Il n'a pas baissé une seul fois le regard et je n'ai pas cherché le sien. Nous savons tous les deux pourquoi. Honneur, fierté, orgueil et tout le reste. Nous sommes de la catégorie des vainqueurs et même dans cet état, nous demeurons égaux à nous-même.

Je lui laisse tout le temps dont il besoin pour se changer ou au moins reprendre une apparence un peu plus correcte. De mon côté, je lèche mes plaies, dans le sens propre du terme. L'avantage d'être un félin. Bon, ça ne suffira pas mais c'est toujours mieux que rien. Eh bien, on fait quand même une sacrée bande de bras cassés à cet instant. Et je ne trouve rien de mieux à faire que d'en sourire. Oui, je suis définitivement irrécupérable.

« — Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Je doute que je sois apprécié, dans l'immédiat, dans le quartier des repentis. »

"- Pour commencer, ce sera l'infirmerie. Pour tous les deux. Quant à l'avis des autres, depuis quand est-ce que l'Apex Predator que tu es s'en soucie?"

Oui, je continue à prendre les choses à la légères. Mon ton reste badin et calme, presque serein bien que j'ai parfaitement compris ce qu'il veut dire. Jusqu'à maintenant, il avait certes tué, même des innocents, mais pas en se laissant à ce point complètement dominé, exploité par cet être qui partageait son corps. Cet esprit vicieux et ténébreux. Vasilis. Je pousse un léger soupir avant de finir par venir poser mon regard sur mon collègue repenti. Penser qu'il a été mon bourreau autant que ma planche de salut me fait presque rire mais je vais devoir me montrer plus prudente à l'avenir. Le retour des bonnes vieilles habitudes.

"- J'ai une chambre aménagée là-bas. Dont je suis la seule à avoir accès. Au pire, si vraiment tu ne veux retourner avec les autres, tu pourras squatter un moment, à condition de ne pas t'en prendre aux visiteurs de l'infirmerie. Je les martyrise déjà assez comme ça."

Je reste égale à moi-même. Il n'a pas besoin de pitié ni rien, même pas de soutien au fond. Ce qu'il lui faut, c'est de voir que malgré tout, le monde n'a pas changé. Il a besoin d'un repère fixe et pour le moment, c'est à moi de jouer de ce rôle. Je n'aime vraiment faire le chaperon mais bon, entre chien et chat, notre histoire est plus complexe qu'il n'y parait. Et si je veux en savoir davantage sur lui, c'est la meilleure occasion qui me sera offerte.

"- Pour la suite, on avisera en temps utile. Tu verras, après une bonne sieste, les choses te paraîtront aussi plus claires. Finis de t'habiller et allons-y. "

Mon premier réel passage à l'infirmerie. Enfin, pour ma propre personne. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche. Je ne le presse pas davantage et me contente de l'écouter lorsqu'il me parle, profitant surtout du grand silence qui s'est installé entre nous. Un peu de repos ne nous ferra pas de mal. A lui comme à moi d'ailleurs.
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