Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Quête - Un bond dans le passé] J'ai rêvé du futur...

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[Quête - Un bond dans le passé] J'ai rêvé du futur... - Mer 4 Fév 2015 - 16:14
C'était un jour comme les autres. Aussi futuriste et étranger que d'ordinaire. L'apprentie-déesse était horrifiée par sa propre routine dans cette époque si lointaine de ses origines. Mais le fait était là : elle se levait le matin dans un lit épais, douillet, bien trop grand, dans la position du mort. Après avoir pris une douche chaude avec de l'eau propre en abondance, elle enfilait des sous-vêtements, puis des vêtements différents de ceux dont elle avait eu l'habitude. Elle partait prendre un petit-déjeuner composé essentiellement de pâtisserie, de pain et confiture à la cafétéria, en compagnie de multiples personnes sans distinction de rang, terminait lors de la première sonnerie, allait en cours, écoutait des professeurs lui enseigner comme lorsqu'elle était enfant, puis occupait le reste de son temps entre la bibliothèque, l'entraînement à l'épée, et parfois la magie. La routine.

Alexander avait eu raison de dire que l'époque les changeait. Le chevalier ne servait plus de roi, la reine n'avait plus de sujets. Et leur accoutumance au temps présent augmentait chaque jour, sans qu'ils ne puissent lutter contre.

Ce fut sur cette pensée que la belle blonde achevait son dîner dans les dernières lueurs de l'aube à la cafétéria. Elle observait distraitement cette part de tarte aux abricots, en repensant à la fois où elle avait dû poursuivre Arès avec le Teuton dans le parc-verger avant de se rendre dans une pseudo-écurie tenue d'une main de maître par deux gobelins.

On annonça la fermeture des lieux et la jeune femme se rendit à sa chambre. Bien qu'il y ait un couvre-feu, elle errait toujours un peu dans les jardins et les couloirs avant d'aller dormir. Cela lui avait valu une punition de marbre, mais elle s'en moquait. Cependant, ce soir-là, un peu ballonnée, elle rentra à l'heure, enfila son pyjama et se laissa tomber dos sur son lit. Le silence l'écrasa de sa poigne légère tandis qu'elle observait la pièce pour quatre, obstinément vide une fois les limites de son armoire dépassées. L'évitait-on ? Ou peut-être l'administration préférait qu'elle restât seule, de peur qu'elle envoie d'autres projectiles à ses compagnons de chambre que ceux qu'elle avait fracassés sur Bell. Elle sourit, puis son sourire mourut, amer. Bell Shi avait été le premier à l'accueillir, et elle l'avait traité en paria, puis plus jamais revu. Lui en voulait-il ? Il n'avait pas eu l'air trop énervé par son comportement pourtant. Peut-être que leurs emplois du temps n'étaient tout simplement pas compatibles.

Plongée dans ses pensées, Elione mit beaucoup de temps à s'endormir. Quelque chose, dans le repas sans doute, lui donnait mal au ventre, et elle avait tantôt trop chaud sous les couvertures, tantôt trop froid en-dehors. A un moment, elle crut sentir la bile lui monter à la gorge et se dressa debout dans le but d'atteindre les toilettes pour y vomir. Mal lui en prit car le décor tourbillonna autour d'elle, violemment, accentuant un peu plus son malaise. Elle se rassit et décida d'attendre un peu pour voir si les choses s'amélioraient. Une corbeille à papier à côté du lit, pour essayer d'y vomir "proprement" autant que possible en cas de besoin, la couverture autour des épaules mais les pieds nus sur le froid parquet et surtout un appui solide contre le mur, Elione songea avoir fait le maximum pour lutter contre ses différents maux nocturnes.
La douleur et les sensations contradictoires se disputèrent son corps un long moment avant qu'elle ne parvienne à s'assoupir un peu, recroquevillée finalement dans sa couverture en position fœtale.


A son réveil, Loanna se tenait près de son chevet, une main affectueuse caressant ses cheveux. De l'autre côté du lit, Eloïn, les yeux fermés, semblaient la magnétiser et lui insuffler un peu de cette lumière d'Avalon dont elle était la dépositaire.


"Aliénor, enfin te voilà réveillée ! Ne bouge pas, Eloïn purge le mal de ton corps.
-Loanna ? Où suis-je ?
-Dans ta chambre, au Palais de l'Ombrière. M'est avis que ce petiot Richard que tu portes sera un rude gaillard pour t'estourbir ainsi ! Tu étais blanche tout le long de la cour d'amour, mais tu as tenu bon et tu t'es effondrée dans mes bras au sortir.
-L'Ombrière... Loanna, j'ai fait un songe bien estrange.
-Votre sommeil fut agité, il est vrai. J'ai terminé. Je vais aller chercher quelques onguents pour atténuer votre fièvre."

Avec un sourire entendu, Eloïn se retira et laissa les deux femmes seules. Leur intimité retrouvée, la reine se redressa lentement et dévisagea Loanna comme si elle ne l'avait plus vue depuis des années, avant de la serrer contre elle avec force. Malgré sa surprise, la descendante de Merlin ne protesta pas et répondit à son besoin d'affection en faisant en sorte de ne pas bousculer son ventre bien rond.

"Loanna, j'ai cru ne jamais te revoir ! J'ai rêvé... J'ai rêvé que..."

Les mots terribles moururent dans sa gorge et elle se laissa aller à pleurer sur l'épaule de son amie intime et confidente de longues minutes durant, oubliant la reine, oubliant l'épouse. Henri. Henri devait être fou d'inquiétude. Ou bien ivre et repu au fond d'une couche quelconque. Sentant son désir d'elle s'éveiller, Aliénor redressa la tête et constata avec plaisir que Loanna l'avait devancée et mêlait déjà leurs lèvres. A l'aide de ces caresses dont elle avait acquis le secret dans ce même endroit des années plus tôt, la prêtresse de Merlin parvint à la calmer en quelques minutes, puis la convainquit de se rallonger et de se reposer un peu pendant qu'elle lui expliquait son rêve. Rassurée, Aliénor obtempéra.

"Cela se passait dans le futur. Très loin... Les gens parlaient de l'an deux mille quatorze. Si loin en vérité... Ils portaient des vêtements courts et vulgaires, mais c'était naturel pour eux. Il y avait des bâtiments en pierres plus dures que la pierre, de l'eau qui coulait toute seule des latrines et qu'on pouvait se passer sur le corps des heures durant. De grandes fenêtre sans croisées ni meurtrières, plus aucun rempart. Et aussi, des mécanismes dans les murs pour faire de la lumière sans avoir besoin d'allumer des torches ! Du papier. Pas du parchemin. Beaucoup de papier ! Et... Et...
-Doucement, tu as tout le temps ma douce. Que se passait-il là-bas ? Où était-ce ?
-C'était... hum... je ne sais guère. Il n'y avait ni drapeaux, ni oriflammes, ni écu, ni blason. Impossible à situer. Pas de rivière ni de fleuve où que porte le regard. Tout était différent d'ici ! Et... j'étais morte... Non pas vraiment. Enfin si... Comment te dire Loanna ? Les personnes de ce songe me disaient que j'étais morte, mais qu'une personne divine m'avait ramenée à la vie pour vivre une nouvelle existence et guider les Hommes..."

Un tendre sourire éclaira le visage de la souveraine tandis qu'elle caressait le petit être à venir à travers de son ventre.

"Je me souviens que j'avais eu dix enfants. Et Richard avait été un merveilleux souverain, toujours attentif, toujours vaillant. On l'eut surnommé Cœur de Lion. Mais... Notre famille était déchirée... Henri avait... Henri avait..."

Henri avait refusé la couronne à son fils Henri le Jeune, et avait dû entrer en guerre contre Richard et Guillaume jusqu'à les faire plier devant lui. Henri avait enlevé Loanna, l'avait droguée pour qu'elle oublie Jaufré, avait pratiqué un rituel de magie noire pour préserver son fils Geoffrey à la place de celui de sa servante afin de conjurer le destin d'Avalon... Henri l'avait enfermée dans cette horrible tour qu'elle haïssait tant pendant des années et des années, seule et épouvantée par les lieux. Henri lui avait donné Jean, ce fils maudit, porteur du sceau de la vengeance, et ce dernier l'avait horrifiée plus encore par ses pratiques barbares, son appétit morbide pour la souffrance d'autrui.

Loanna lui prit la main, patiente, attendit que la panique ait déserté son visage.


"Ce n'était qu'un rêve Aliénor, n'aie crainte. Je suis là. Henri t'aime et tu l'aimes aussi. Il ne te fera pas de mal. Il t'a arrachée à Louis, te souviens-tu ? Vous gouvernez l'Angleterre en harmonie, le peuple vous aime et le royaume est prospère. Ta belle Aquitaine bruisse du chant des troubadours, le port est toujours encombré par maints vaisseaux, tes féaux te sont fidèles et loyaux et même Toulouse ne montre plus de signe d'hostilité.
-Oui, un rêve... Rien qu'un rêve...
-Et tu me parlais du futur, ma reine ? Un futur bien plus avancé que j'ai du mal à concevoir. La clef du songe est peut-être là. Raconte-moi.
-Eh bien... Je ne peux tout te décrire. Les rois n'étaient plus rois, par conséquent je n'étais plus reine. Je devais suivre des leçons comme une enfant avec d'autres personnes plus ou moins âgées. J'avais rajeuni jusqu'à 20 ans.
-Des leçons ? Pour quel usage ?
-De nombreuses choses. Certaines identiques à nos us actuels, mais plus poussées. D'autres sur le combat mais pas en lice. D'autres sur... la magie. Pas la magie de Merlin hélas ! Une... une force inconnue surgie du plus profond de chaque être. Un don de cette personne qui nous ressuscitait. Penses-tu que ce soit un message de Dieu ? Ou de Merlin ?
-Cela se peut, ma reine, mais je n'ai pas eu de songe pour m'en avertir...
-Cessons d'en parler, cela me trouble par trop. Tu es là, je suis là. Henri n'a pas sombré. Richard va naître. Marie et Alix sont sans doute sous les arbres en fleurs toutes les deux en attendant de devoir repartir. J'entends la voix de Jaufré qui monte de là-bas. Tu devrais le rejoindre.
-Nenni, je reste auprès de toi. Au moins le temps que ma fille revienne te porter ce dont tu as besoin."


Tout allait bien finalement. Ces noms qui résonnaient dans sa tête : Alexander, Bell, Sirius, Deus, le jeune homme affamé, Pygmalion et Galatée, les gobelins, tout cela n'était finalement pas réel. Et le soir venu, elle pourrait penser à autre chose.

Les jours suivants furent d'une chaleur apaisante, de liesse et de la douceur des parfums d'été. L'Ombrière chantait, dansait. Puis il fallut repartir pour l'Angleterre, où Henri avait affaire. La traversée se passa sans encombres, les adieux furent difficiles mais dignes.

Aliénor conservait toutefois cette crainte au fond de son cœur. Cette vision funeste de sa lignée divisée, sa mort lente et douloureuse, sa résurrection insolite et inattendue. Elle ne parvenait pas à s'ôter toutes ces images, ses faux souvenirs. Quelque chose n'allait pas, mais impossible de savoir quoi et comment y mettre fin.

Et un jour pluvieux de septembre, à Oxford, la souveraine oublia enfin. La douleur dans son ventre fut fulgurante. Elle perdit les eaux en pleine audience aux côtés de son époux. Évacuée d'urgence à l'écart, sous la surveillance attentive de Loanna et Eloïn, elle se fit digne comme la reine qu'elle était, contint ses cris des heures durant, pendant qu'on la maintenait accroupie au-dessus du sol.


"Tiens bon ma reine, il est presque là !
-AAAAH Loanna ! Il doit vivre ! Il doit vivre ! Tu l'as vu n'est-ce pas ?!
-Il vivra Aliénor ! L'aigle de l'alliance brisée se réjouira en sa troisième nichée. Merlin me l'a dit, Richard assurera l'avenir de ta lignée ! Concentre-toi !"

La souveraine tint bon, vacilla sur ses appuis. Et soudain le monde tourna, encore et encore, toujours plus vite. Elle s'entendit à peine hurler, vit le sol se rapprocher trop vite. Un brusque noir l'envahit.



"LOANNA !"

L'apprentie-déesse se réveilla en sursaut, parcourue de sueurs froides. Il faisait nuit et le réveil indiquait 4 heures 37. Haletante, elle regarda autour d'elle, chercha un indice solide auquel se raccrocher. Elle s'enveloppa dans la couverture une nouvelle fois et écouta. Pas un bruit. Elle se leva en trombe et retrouva le chemin de la salle de bain, paniquée, elle ouvrit le robinet au maximum et n'attendit pas que l'eau soit tiède pour y plonger sa tête. De longues minutes durant, toujours en pyjama, elle reprit son souffle et resta adossée au carrelage du mur.

"Ce n'était qu'un rêve, n'est-ce pas ?"
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Re: [Quête - Un bond dans le passé] J'ai rêvé du futur... - Mar 10 Fév 2015 - 15:56

Un clin d'oeil fort sympathique à Mireille Calmel ♥ J'ai ressenti une certaine mélancolie en lisant ce rêve et je suis désolée pour elle quand elle se réveille... Un bel effort dans l'adaptation du langage, bravo ^^

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