Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté....

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Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Jeu 8 Jan 2015 - 10:05
Les jours et les nuits s'écoulent lentement, les uns après les autres, inexorablement, tels les grains de sables qui coulent dans le sablier du temps. Sauf qu'en l’occurrence, pour les gens comme moi, le sable se trouve être infini. Alors j'avoue que par moments, je m'ennuie un peu. Oh, ce n'est pas que je manque d'inventivité pour faire tourner en bourrique les différentes personnes de l'Académie. Entre tous ceux que j'ai déjà mis à mes genoux, toutes les catastrophes que j'ai créées, les horreur que j'ai commise sans oublier mon passé démoniaque et terrestre, j'ai un tableau de chasse trop étendu pour être raconté en une seule journée. Mais voilà, je n'aime pas la routine et par ici, trop de choses se répètent bêtement à mon gout.

Du coup, je me lance des défis personnels. Des trucs sans grande ambition par moments, parfois bien plus compliqué. Infiltrer le bureau des directeurs par exemple n'était pas gagné d'avance et au final, je n'ai pas atteint pleinement mon objectif mais maintenant, je sais comment m'y prendre à l'avenir. Mais parfois, il y a de bonnes surprises. Comme mon chien battu de l'autre fois, recroisé il y a quelques jours près du portail en compagnie d'une ravissante bestiole toute blanche. Bon, visiblement, ils ne s’appréciaient pas trop tous les deux mais moi, j'ai adoré le spectacle. L’avantage d'être chat, c'est que j'avais une parfaite vision en étant magnifiquement planquée. Et j'ai tout suivi.

Formidable combats, de vrais forces de la nature, tous les deux. Mais j'ai particulièrement pu me délecter du passage de la transformation de ce cher Aleksander. Mwrrr, mais c'est qu'il serait appétissant ainsi. Tellement plus mignon que sous cette enveloppe humaine qui l'enferme. Ça, c'est de la bestialité et de la force à l'état pure. Oui, je me laisse transcender par les cris gutturaux et sauvages, par chaque mouvements qui arrache, griffe, détruit, écartèle et envoie au loin gicler ce précieux fluide carmin à l'odeur ferrugineuse. J'ai pris un pied incroyable à suivre tout cela sans me montrer, en voyeuse professionnelle avant de disparaître une fois le spectacle terminé. Mais les choses n'étaient pas destinées à en restée là, faut pas croire.

J'ai laissé le temps s'écouler de nouveau, j'ai attendu de m'ennuyer profondément pour ressortir cette idée de mon placard à connerie. Je me suis donc mise en tête de le suivre. Chose particulièrement aisée, ce qui m'a un peu déçue de sa part. Tu parles d'un clébard, même pas foutu de noter qu'il est suivi. En même temps, noyé dans son eau de Cologne à deux balles, il doit avoir complètement annihilé son flair en même temps. Ça me donnerait bien envie de rire. "Waf, waf" comme disent les gentils petits chiens. Remarque, je ne vais pas me plaindre, il sort de la Deus pour se rendre sur Terre. Et un voyage gratis, un.

Pour éveiller encore moins ses soupçons, je suis montée à bord sous forme humaine. Je l'ai suivi tranquillement et sans la moindre difficulté une fois arrivé à destination. Et franchement, le terrible prédateur fait vraiment papy pantouflard. Une glace par-ci, une autre par-là, je regarde bêtement les oiseaux volés, eh bien, ça promet. Je commençais à me laser lorsqu'il a finit par pousser la grille d'un zoo. J'abandonne mes affaires et mon apparence humaine dans l'ombre de l'enceinte extérieure avant de me faufiler à l'intérieur à sa suite. Personne ne prête attention à un pauvre petit chat au milieu des animaux sauvages et derrière les barreaux devant eux.

Même pas ma cible du moment. Le voilà arrêté devant les cages des singes, auxquels il balancent des cacahuètes. Parfaitement interdit mais en même temps, j'aimerais bien voir les gorilles lui renvoyer sa nourriture. Juste pour le fun. Enfin, perchée sur le haut de la devanture d'un magasin de peluches et autres bibelots à l'image du lieu, je me contente d'observer. Silencieuse et invisible, telle une ombre. Parfaitement insaisissable. Enfin, pour le moment, il a l'air tellement absorbé par sa découverte que je me permet le luxe de m'allonger doucement sur mon piédestal sur-mesure. La foule grouille juste sous mes pattes mais j'en fiche. Il n'y a qu'une personne qui m'intéresse: Lui.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Jeu 8 Jan 2015 - 18:34

Ses yeux s'étaient ouverts, ses paupières se battant un instant avec le rayon lumineux qui venait les agacer. Blotti en boule sous sa couette, il marmonnait des choses incompréhensibles, même pour lui. Il faisait frais, ce matin. Décidément, il n'avait vraiment pas envie de se lever, alors qu'il était au chaud, sous sa couverture, seul son nez émergeant des draps. Ayant calé un oreiller sous sa tête, et un autre dans ses bras, il était à l'aise, dans son petit monde tout chaud. Un véritable bonheur, de pouvoir rester aussi longtemps au lit. Ils se débrouilleraient sans lui, à la cafétéria. Depuis sa rencontre avec l'Infirmière, et son combat contre lui-même, son reflet tourmenté, il était plus attentif aux dires de son colocataire. Vasilis, quant à lui, se faisait moins méprisant,et, bien que toujours cynique et moqueur en toute occasion, se révélait être un soutien psychologique intéressant. Il avait toujours un mode de pensée différent du sien. Désormais, il respectait ses heures de repos, au lieu de le réveiller en sursaut. Que pouvait-il bien faire, dans les tréfonds de son esprit, alors qu'Aleksander dormait ? Probablement étouffait-il ses pulsions. Plus le temps passait, plus ils se ressemblaient. Bien que le Repenti pouvait s'apparenter à un enfant dégénéré, une seconde personnalité, plus responsable, consciente, et adulte, germait dans son crâne. Vasilis, quant à lui, semblait... S'adapter, à son hôte. Ce n'était probablement qu'une façade, et on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace. Il montrerait son véritable visage le moment venu.

Ainsi, ils cohabitaient. C'était plus un accord, une entente, qu'une véritable symbiose. Et cela se voyait. Ils continuaient de débattre sur certains points. Après tout, ils formaient un être " supérieur ". Ils étaient deux points de vue différents, qui, bien qu'incomplets, formaient la Bête. Ce n'était pas juste Vasilis. Bien qu'il représentait la bestialité et la sauvagerie de la Créature, il n'était pas son tout. C'est sur cette étrange impression que le Dieu accepta d'abandonner son lit pour filer dans la douche. Au moins, il avait appris à se servir de l'eau chaude. Et cela faisait un bien fou, au réveil. La moindre parcelle de son corps lavée, sa peau fumante, la sensation d'aise lorsqu'il achevait de se sécher, frais et dispo. Sans ne serait-ce que se poser la question, il enfila son habituel ensemble. Quelqu'un lui en apportait un nouveau tous les jours, vraisemblablement. Et pour cause. Il les déchirait tous, un par un. Que ce soit en usant de sa force monstrueuse, ou en ayant des ennuis. Ou les deux. Plus généralement, c'était les deux, bien évidemment. Les élèves se tenaient désormais à distance de lui, depuis qu'ils avaient appris dans quel état il avait rendu trois de leurs camarades de classe à l'infirmière. Et c'était tant mieux. Il ne les aimait pas. Certes, certains attiraient son attention. Comme la demoiselle aux cheveux sanguins, Hel Caedes. C'était une amie, pouvait-on dire. Du moins, il la percevait ainsi. La première, et seule, pour le moment. Était-ce réellement un problème ? Moins de contact il aurait, mieux ce serait. Il se sentait ainsi.

D'une loyauté indéfectible. Synonyme d'une stupidité sans borne, probablement. Il ressentait comme une dette, à l'égard des individus qui lui apportaient de l'attention. C'est là que le premier paradoxe apparaissait. Il haïssait quatre-vingt dix pour cents des personnes qu'il croisait. Les autres lui paraissaient pâles. Inutiles. Sans intérêts. Et alors, les rares individus à retenir son attention. C'est comme si le Monarque tout-puissant et désabusé qu'il était cherché à défendre ses petits jouets, pour qu'ils continuent de le distraire. Ou pour conserver la minuscule part d'humanité qui subsistait en lui. Il avait passé des jours dans la bibliothèque, récemment. Découvert des notions, des principes, des fragments d'histoire qui auraient dû le faire réfléchir. Mais il n'en était rien. Tout ça lui semblait si... Abstrait. Le bien, le mal, quelle importance ? Ne devraient-ils pas tous vivre dans l'instant présent, avec l'intensité que leur offre la vie ? Ce sensation qu'on lui avait, semblerait-il, arraché. Il ne ressentait plus le plaisir des petites choses qui jonchaient son chemin, dans la journée.

Les seules choses qui le touchaient encore, c'était cette excitation malsaine lorsqu'il libérait la Bête, et la reconnaissance des individus qu'il rencontrait tous les jours. Parfois, ses élans Aleksanderiens lui rendaient le sourire, et il prenait plaisir à vivre comme il le faisait par le passé. Se mêlant de tout, de rien, souriant, alternant de façon abrupte et sans transition entre cette personnalité joyeuse et agréable à celle morne et déprimée. Il n'avait bien évidemment pas oublié son eau de cologne " à deux balles ", qui lui allait très bien, d'ailleurs, hein, avec les affirmations dégueulasses comme quoi elle n'était pas si bien que ça. Alors que c'est le cas. Oui, tout à fait. Et son odorat était juste " off ", d'abord, pas annihilé, hein, bon.

Quoi qu'il en soit, s'étirant comme à son habitude, il ne tarda pas à se rendre dans le monde des humains. Cela dit, il ressentait comme des picotements, à la base de sa nuque. Comme si cette journée était particulière. Il aimait bien la nouvelle Terre. Enfin, son ancienne Terre, plusieurs siècles plus tard. C'est stupéfiant ce que son espèce avait réussi à accomplir. Son espèce ? Non. Ses anciens congénères. Il cherchait à se distraire, alors, autant s'occuper en découvrant un nouveau monde. Il ne comprenait pas vraiment toute la technologie, mais certaines choses n'avaient pas changé. Et des occupations supplémentaires avaient fait leur apparition. Il avait entendu parler des " Zoos ", ces étranges endroits où, enfermés, des bêtes des quatre coins du monde étaient rassemblées. Ces créatures sous-développées se laissaient enfermer, ce qui serait inacceptable de son point de vue. Mais il n'était pas le Dieu des " Bêtes débiles qui sont incapables de s'occuper d'elles-mêmes car elles sont faiblardes comme tout ". Heureusement. Il y avait trop à faire. Comme s'occuper de l'Infirmière, non ? Pas vraiment. Elle était tellement arrogante qu'elle devait bien savoir se débrouiller. Elle lui semblait vieille comme le monde. A la manière de Vasilis. Comment le prenait-elle, qu'un être comme lui, à peine vieux de quelques décennies, la surpasse ? Pour sa part, il en serait profondément courroucé.

Mais ce n'était pas le cas, donc la question ne se posait pas. Le picotement à la base de sa nuque ne l'avait pas quitté. Probablement avait-il dormi dans une mauvaise position. Devisant avec Vasilis, il avait erré un moment, presque perdu, dans le dédale de la jungle de béton qu'était la ville qu'il avait choisi aujourd'hui. Finalement, décidant de s'offrir quelques glaces, ces petits plaisirs froids et sucrés, il avait choisi le plan de la journée. Parc, puis Zoo. Le Parc. Une étrange invention. C'était comme si les hommes cherchaient à se donner bonne conscience en conservant des lieux de verdures, au milieu du bordel grisâtre qu'ils avaient laissé dans leur sillage. Méprisable. S'asseyant sur le banc sur lequel il avait élu domicile pour l'heure, il observa les jeunes adultes passer, faisant leur " footing " pour, là encore, se donner bonne conscience en se disant probablement qu'après ça, il pourrait manger au fast-food.

Rapidement lassé, le Repenti s'était dirigé vers le Zoo, non loin de là. Il ne fit pas attention au nom dudit lieu, car il importait peu, acheta des cacahuètes après l'entrée, bien qu'elles semblaient réservées aux enfants, sous les yeux ébahis du vendeur. Eh bien, ces " cacahuètes " avaient un goût de gravier au sel. Ce n'était pas pour les enfants, en réalité, n'est-ce pas ? Elles étaient destinées au rongeur pour se faire les quenottes, à ce stade-ci. Impossibles à mâcher, il abandonna l'idée de les consommer, et entreprit de se promener entre les cellules animales. S'arrêtant devant celles de macaques puants et d'un QI frôlant le zéro, qui se fracassaient la tête contre les branches auxquelles ils se balançaient dans une cacophonie dissonante et désagréable, il entreprit de les lapider avec lesdits graviers au sel. Manque de chance, aucun ne mourut sur le coup. En revanche, il eut droit à de brèves réprimandes de la part d'un gardien, adressant comme seule réponse un vague hochement de tête, et un regard dans le vague, tandis qu'il se marrait intérieurement avec Vasilis, qui trouvait, lui aussi, pour une fois, la situation comique, bien que la discussion finit de la même manière qu'à l'habituel. Le tuer. La Bête ne semblait pas comprendre dans quel état de fatigue la transformation le mettait. Il se sentait incapable de recommencer sans dormir. Autant la garder pour une occasion plus festive.

Comment ça ? Il ne devait pas révéler l'existence des Deusiens ? Qui peut vraiment croire que le despote de la chaîne alimentaire, Aleksander, était responsable ? Vous ne feriez pas avaler ça à un môme de sept ans traumatisé à vie par des hamsters armés de gatlings. Vraiment pas. Une fois relâché par l'inintéressant et tout à fait repoussant homme à casquette qui sentait les excréments de mammifères à trompe, le Repenti se rendit à la cage des " Lions ", les " Rois " de la Savane. Donc, en l'occurrence, ses vassaux, en quelques sortes, non ? Ils se trouvaient dans une fosse, creusée et aménagée à même la roche. En réalité, " Il " aurait été plus exact. Car la bête était seule. Massif, bien qu'il représentait un étrange amalgame de muscle et de graisse, il prenait tranquillement le soleil, allongé sur son caillou, au milieu du sable. Sa respiration calme se remarquait par ses flancs, énormes morceaux de chair, qui se soulevaient à intervalles réguliers et précis. Les grilles qui encerclaient les bordures de l'arène étaient surmontées de barbelés menaçants. Aleksander fixait son subordonné, ses yeux masqués par ses habituelles lunettes de soleil.

Mais la présence seule du Prédateur suffit à réveiller le paresseux félin, qui, ouvrant ses grands yeux, se redressa lentement, scrutant l'homme qui le perturbait. Reniflant de façon sonore, il faisait un léger signe de la tête, une de ses pattes rejetant un peu de sable de côté. C'était comme... Un défi ? Voilà le choix qui s'imposait. Aller jeter un coup d’œil à la boutique de peluche non loin, ou alors, répondre à la provocation de son inférieur. Sa main droite se referma sur le grillage, et en trois gestes d'une précision écœurante, dans une gestuelle éclatante de pureté, il se hissa au sommet de la grille, ses pieds appuyés sur les fils qui tentaient vainement de planter leurs dents dans ses chevilles. Bondissant, il avait été bien trop rapide, et inattendu, pour être arrêté, et tous se tournèrent vers lui. Bien que nombre s'étaient déjà rassemblés car un spectacle ne devait pas tarder, d'autres affluèrent. Des murmures la parcouraient, parfois de la désapprobation, de la peur, et de l'excitation.

Aleksander toucha le sol avec souplesse, ses chaussures cirées laissant leurs empreintes dans le sable. Le Lion lui faisait désormais face, à plus de dix mètres. Et il grondait. Vous savez, cette étrange menace fantôme, que plusieurs animaux utilisaient pour décourager leurs proies. De profil, le Repenti tournait la tête vers lui, se fendant d'un léger sourire. Alors, le rugissement jailli de la gueule de la gueule du félin, puissant, résonnant, forçant les humains à adopter le silence. Le grand félin semblait satisfait. Probablement certain d'avoir impressionné l'homme qui lui faisait face. Lentement, presque théâtral, le Dieu porta la main à son oreille, dégageant ses lunettes de son visage.

Une aura bestiale, étrange alliage entre de la férocité, une force surnaturelle, et une soif de violence sans pareille. La fosse fut écrasée, pendant un instant, sous la tension. Aleksander, seul, dans le silence, face au Lion qui venait de pousser un rugissement. Ses iris étaient braqués comme des armes sur l'animal qui lui faisait face. Ce dernier soutint son regard l'espace d'un instant, de quelques secondes qui s'étirèrent à l'infini tant la pression était accablante. Et finalement, il prit ses jambes à son cou, se réfugiant derrière son rocher.

Une clameur immense résonna dans l'endroit, alors que le Repenti réadoptait ses sempiternels verres fumés, sans adresser la moindre attention au regroupement qui était en folie, téléphones portables brandis, filmant l'incroyable exploit, ou, si ça ne s'était pas passé de la même manière, le brutal déchiquetage de ce qu'ils considéraient comme leur congénère. Méprisant, un sourire condescendant sur ses lèvres, il s'inclinait devant la foule. Comme une preuve de l’écœurement qu'ils lui inspiraient. Ce qu'ils percevaient comme une acceptation de leur admiration, car ils redoublèrent d'ardeur.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Jeu 8 Jan 2015 - 21:49
Le bal traditionnel commence. La foule qui avance en un flot lent mais continu, comme poussée par un vent invisible mais bien présent. Mon gentil qui s'amuse à essayer de semer ses graines dans la cage des primates qui ne lui portent pas la moindre attention. Visiblement, cela lui déplut puisqu'il tenta d'y aller plus fort, dans le but évident de leur faire du mal avec ses munitions de fortune mais à part les faire hurler à pleins poumons et rameuter le gardien des enclos de cette partie du zoo, il ne gagna rien du tout. Et oui, on peut être le meilleur prédateur du monde, quand on ne sait pas s'y prendre, on se fait purement et simplement allumer.

Le gardien n'eut aucun mal à lui tomber sur le coin du nez et à lui faire entendre que son comportement n'était pas du tout adapté. Les parents en profitaient pour montrer aux enfants désobéissants ce qui risquait de leur arriver s'il n'écoutaient pas davantage par la même occasion, rendant la choses assez comique vu de loin. Lui qui se sentait si supérieur devrait se sentir flatté dans son égo, ces humains débiles l'élevaient au rang de professeur pour leur progéniture. On aura vraiment tout vu par ici. Enfin, je ne vais pas me plaindre, au moins ici il s'occupe de façon un temps soit peu intéressante. Je commençais à croire qu'il n'était vraiment bon qu'à creuser des trous et ramener des nonoss celui-là.

Le voilà qui quitte finalement les hominidés pour le Roi de la Savane. Un lion, un beau spécimen d'ailleurs, qui fait du gras sur son rocher préféré. C'est marrant, je l'envierais presque s'il n'était pas ainsi complètement des hommes. Moi au moins, je suis libre. Rien que pour s'être laissé ainsi amadouer par les humains, il ne mériterait pas d'être un félin mais que voulez-vous, tous ne peuvent as me ressembler. Et finalement, je me satisfais d'être unique, c'est bien plus attrayant ainsi. Toute perdue que je suis dans mes pensées, je ne perds pas mon canidé du regard et apparemment, ce dernier s'est fait remarquer. En même temps, il n'y a que les humains pour ne pas ressentir cette force bestiale qu'il dégage même sans le vouloir. C'est ce qui le trahit le plus pourtant. Et le Lion l'a réalisé, venant d'un geste simple mais parfaitement compréhensible défier la Bête dont il sentait la présence sans encore la voir.

Trois gestes, parfaitement calculés, à peine le temps de dire ouf et le voilà dans la fosse aux lions, au propre comme au figuré d'ailleurs. Moi, je n'ai toujours pas bronché, mon poste d'observation m'offrant une vue parfaitement dégagée sur le ring ainsi que sur le mouvement de foule qui venait soudain se rassembler autour du nouvel événement qui venait de se manifester à l'improviste. C'est vrai quoi, qui aurait pu prédire qu'un crétin congénital allait se jeter tout droit dans la gueule du loup? Car oui, au final, je sais très bien comment les choses vont finir et concrètement, Aleksander ne craint pas grand chose. Ce qui est bien dommage puisque cela ôte tout le suspens. Heureusement que je n'ai pas payé pour voir ça, j'aurais demandée à être remboursée sinon.

Les Humains retiennent leurs souffles, crient, s'inquiètent, allument les téléphones et les caméras avec l'espoir autant que la crainte d'assister à un véritable carnage. Le rugissement du Lion impose un silence profond et suffocant, empli de terreur et d'impatience fébrile à ce public qui n'attend plus qu'une chose: le dénouement de ce spectacle incroyable. Et là, le voilà qui se la joue beau gosse. Bien sûr, il n'y a que moi pour voir ça mais ce sourire sur son visage tandis que d'un geste calculé et précis il vient retirer les verres barrant le chemins directs de ses iris à ceux du fauve. La tension monte alors que la bestialité sue littéralement de chaque bord de la fosse. Cela m'en hérisse le poil et m'en chatouille les moustaches. J'aime ce genre d'ambiance. Cet instant où tout peux encore basculer, où tout est encore possible, imaginable même.

Un simple échange de regards, à peine le temps d'un bâillement de ma part et le fauve s'en repartait à toute allure, la queue entre les pattes, se dissimuler derrière son promontoire rocheux. La foule en délire acclame son héros du moment, l'homme-bête, plus puissant que le Roi des animaux. Remarque, ce titre échappé de la bouche d'un enfant lui va plutôt bien à l'autre imbécile au fond de sa fosse. Cependant, ce qu'il ignore, c'est que d'où je me tiens, c'est lui qui est à présent à la place des animaux du zoo. Derrière des barreaux. Au fond d'une cage. Dans les profondeurs d'une fosse. Et oui, je jubile de le voir ainsi, comme pris au piège. Ça lui va bien comme place, animal sauvage étrange sous les regards braqués de milliers d'humains abrutis et condescendent. La preuve, ils ne lisent même pas le mépris dont ses pupilles éclatent littéralement.

Et maintenant, dis-moi mon gros toutou? Comment comptes-tu ressortir de cette cage et même de ce zoo sans attirer l'attention? Parce que là, tu es plutôt très mal barré. Et c'est là que l'envie soudain me prends de le renvoyer à sa propre connerie. Un passage rapide au sol, le temps de ramasser l'équivalent d'une très grosse poignée de cacahuètes avant de grimper sur le toit de la cage faisant l'angle de la fosse. Et de là, balancer le tout avec une précision démoniaque sur ce cher Aleksander en restant parfaitement visible. Pourquoi me cacher de toute façon, j'assume parfaitement mes actes et leurs sous-entendus. Et oui, à présent, c'est toi le singe. Mr Anderson.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Jeu 8 Jan 2015 - 23:48

Dégénérés. Ce mouvement de foule était honteux. Bande d'abjectes moutons sans personnalité. Soif de sang. Aleksander avait ressenti certains désirs de le voir taillé en pièces par la Bête, parmi la foule. C'en était ridicule. N'avaient-ils pas conscience de ce qu'il était réellement ? S'étaient-ils coupé de la réalité à ce point-là, engoncés dans leur misérable quotidien qui ne variait pas d'un jour à l'autre, et dont la seule manière d'oublier leurs soucis étaient de se préoccuper des problèmes des autres. Le malheur des uns fait le bonheur dees autres, exact ? Et c'était ça, l'espèce qui régnait sur son monde ? Ses subordonnés directs ? Ces requins détestables ?

Il avait remarqué qu'on lui rendait la pareille. Il recevait à un rythme soutenu des projectiles de nature arachide. Du lourd calibre, en soi. Encore ce picotement derrière la nuque.

Il les méprisait. Il les méprisait tous. Une nausée bilieuse naquit en lui, tandis qu'il se dirigeait vers la sortie souterraine de la fosse, accompagné d'un gardien. A qui il faussa compagnie en lui éclatant le crâne contre un mur lorsque celui-ci lui tourna le dos. C'en était presque naturel, comme mouvement. Et ainsi dissimulé, la foule ne le suivrait pas. Tant mieux. La seule chose qu'il éprouvait envers ce public était du dégoût. Un écoeurement profond et abject, qui lui donnait envie de vomir ses entrailles. Il s'arrêta dans un couloir. Les lampes qui diffusaient une lumière désagréable, jaune, maladive, déconnaient. Elles clignotaient, toutes en même temps, tantôt le laissant le noir, tantôt agressant ses iris dorés, malgré ses verres. C'est alors qu'il l'aperçue, entre deux vagues de clarté, à quinze mètres de lui, distinctement.

Elle lui faisait face. Son pelage d'ébène semblait avoir été découpé dans les ténèbres desquels elle émergeait. Étrangement humanoïde, elle était obligée de se courber, le museau en avant, pour ne pas toucher le plafond, lui donnant un air affligé. Ses bras, longs, et musculeux, étaient ballants, immobiles, chacun de ses doigts pendant dans le vide, mais rattaché par les ligaments. Sa fourrure luisait légèrement, comme si elle était enduite d'une substance quelconque, tandis que ses poils étaient collés en gros tas par endroit, comme si un liquide poisseux se répandait, invisible, sur son corps. Le coeur d'Aleksander accélèra, presque paniqué. La longue queue touffue de la créature brisait son immobilité, se balançant de droite à gauche, comme un balancier éternel. Ne brisant jamais son rythme. Intervalles réguliers. Les deux iris, lupins, cruels, et étincelants, étaient braqués sur le Repenti, enfoncés dans son crâne, se réduisant à deux petites pierres brillantes. Sa gueule était fermée, et dégoulinante de filets de bave, qui faisait fumer le sol, à ses pieds. Ses rangées de croc s'imbriquaient parfaitement, tandis que ses gencives semblaient être un amalgame de chair tordue. Son museau s'ouvrait sur ces dents, abîme putride et menaçant.

C'était la Bête, qui lui faisait face. Le clignotement régulier évoquant un métronome lumineux, Aleksander restait pétrifié, envoûté par sa découverte de lui-même. Était-il horrible, ou au contraire, splendide ? Chacun de ses muscles s'ajustait parfaitement, se fondait dans un autre, chacun de ses membres doté d'une puissance formidable. Pourquoi était-il horrifié, alors ? Il était cloué sur place. Alors, il découvrit l'origine de l'expression haineuse de son reflet. Ce dernier fit un pas, vers lui, alors que son corps démarrait un processus de putréfaction accéléré. Il se mit à courir, poussant un rugissement puissant qui s'acheva en un gargouillement intestinal. Ses chairs se nécrosaient, s'arrachaient par lambeaux énormes, s'écrasaient au sol, pourrissant instantanément, alors qu'un de ses yeux rentraient dans son crâne qui se vidait, son corps entier se décharnant, ses muscles ne laissant place qu'à des os, sa cage thoracique se renfonçant sur elle-même, ses poils un instant plus tôt dans un état royal et lustré devenaient des plaques grisâtres immondes et jaunâtres, putrescents. Ses crocs disparaissaient, laissant ses gencives seules, qui pâlissaient et séchaient pour devenir un dégueuli abject qui s'écoulait de sa gueule d'où ne sortait plus qu'un faible bruit de succion, alors que le contenu de son estomac se répandait sur son chemin. L'horreur rampait, désormais, d'un seul bras, ses jambes s'étant détachées d'elles-mêmes, gisant au milieu d'amalgames de ligaments et de cartilages pestueux. Elle arrivait presque à Aleksander, se figea, son dernier oeil, vitreux et dégoulinant d'un immonde liquide blanchâtre collant et gras en guise de larme, roulant dans son orbite pour se fixer sur lui. Son museau suppurait, couvert de verrues qui enflaient comme des pustules, qui laissaient jaillir à foison leur pus. Elle tendit sa main osseuse et décharnée, dont la peau s'arrachait au fur et à mesure du geste, trop raide et desséchée pour s'étendre, se craquelant, puis se déchirant. Ses entrailles dans son sillage, ainsi que nombre d'organes et de morceaux jaunâtres et pourris impossible à identifier.

Son doigt osseux et décrépi était pointé à quelques centimètres de la poitrine du Repenti, qui n'avait pas bougé. Terrorisé. Alors, enfin, la Chose tomba en pièces détachées, morbide assemblage d'os et de ligaments tellement rigides qu'ils en étaient cassants.

Dans le couloir devant lui était répandu suffisamment de biomasse pour reconstituer sa personne. Sa respiration était haletante. Le sang battait à ses tempes. Le clignotement lumineux était comme un signe d'insanité. Vasilis ne lui répondait pas. Ne faisait rien. Était absent. Aleksander aurait voulu hurler, vomir ses tripes. Mais il était là, la bouche ouverte, le massacre devant lui. Ces chairs lui semblaient putréfiées, comme si elles étaient là depuis toujours. Enfin, il sortit de sa transe, et s'élança, les yeux fermés, piétinant dans des bruits infâmes et écoeurants ce qu'il restait de la Bête, bifurquant au bout du couloir vers la droite.

Dans son dos, il n'y avait rien. Et les lampes étaient en parfait état.

Ses poumons cherchaient l'air frais, tandis qu'il titubait en montant les marches qui menaient à l'extérieur de la zone de service. Il émergea derrière le Zoo. Il lui semblait perdre pied. D'un geste saccadé, il avait défoncé la palissade en bois, qui était déjà en mauvais état, jusque là. Il trébucha, en arrivant sur le trottoir derrière le mur de bois, et, s'effondrant à genoux, le Dieu était paniqué. Il subissait comme une crise d'angoisse. Et il refusait d'écouter Vasilis, qui lui intimait, à sa manière, de se calmer, et d'inspirer un bon coup. Ses poumons, et son coeur, lui paraissait compressé. Nauséeux, il tombait à quatre pattes, crachant devant lui. Sauf que ce n'était ni de la salive, ni du sang. C'était comme un rejet. Noir, gras, suitant d'on ne savait trop quoi. Et les choses ne s'arrangeaient pas avec ces étranges vagues de pulsions meurtrières qui faisaient convulser ses bras. C'est comme si il était en manque. En manque de quoi, exactement ? Du plaisir malsain et proscrit dont il adorait jouir ? C'était probablement quelque chose de plus profond. De plus psychologique. Est-ce que son cerveau humain refusait d'appréhender les faits, se souvenait d'avoir ingurgité de la chair humaine, et se rebellait contre son propre corps ? Ne conservant qu'un bras pour se maintenir au-dessus du sol, il portait une main à sa bouche. Il refusait de se laisser vaincre par son propre métabolisme. Ainsi, il convulsait, ravalant la bile noirâtre qu'il vomissait en permanence, immobile, dans un océan de douleur qui commençait à se manifester aussi bien sur le plan physique et psychique. C'est comme s'il se débattait en tentant vainement de nager, balotté par la colère des flots.

C'était sans compter sur ce curieux picotement derrière sa nuque.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Ven 9 Jan 2015 - 9:29
La foule le porte littéralement aux nues. Il est devenu l'espace d'un instant le héros dont la vox populi a besoin afin de sortir de son quotidien, de vivre autre chose que la triste routine dans laquelle elle s'est définitivement embourbée. Elle crie, jubile, s'extasie, tandis que les flashs crépitent sous tous les angles. Ça, mon chéri, tu peux être certain que demain tous les journaux ne parleront lus que de toi. Enfin, est-ce vraiment un problème? Tu as fait mumuse dans une moindre mesure et tu as offert au bas peuple le divertissement dont il avait besoin. Tel les Romains de l'Antiquité, qui avaient déjà saisi tout le concept des arènes. Du pain et des jeux, voilà tout ce que réclament les faibles esprits. Et à voir le mouvement de masse qui maintenant se déplace vers les stands de nourriture alentour, je me dis que cette expression n'a jamais pris aussi bien tout son sens.

De mon côté, du haut de ma place VIP, j'observe la suite des événements avec un détachements qui me sied à merveille. Dommage, le coup des cacahuètes ne l'a quasiment pas fait réagir mais au moins, j'ai mené ma petite connerie personnelle à son terme. Et maintenant, voilà qu'une porte s'ouvre, un gardien venant l'inviter à le suivre. Oh mon gars, t'as pas peur toi. Rester seul avec lui, après ce qu'il vient de se passer? Il n'a apaisé aucune soif de sang, à ta place je me méfierais mais bon, c'est ton problème. Et ta vie que tu mets en jeu accessoirement. Aleksander disparaît donc comme avalé par les ténèbres de ce couloir menant vers des sous-sols interdits au public et donc au commun des mortels.

Les spectateurs continuent de l'appeler, leur voix ne meurt enfin qu'une fois la porte barricadée et le Lion, enfin soulagé de cette présence indésirable, revenu se perché sur son rocher. un nouveau rugissement de sa part, histoire de bien rappeler à tous qu'il est ici chez lui et le manège de la vie normale reprend son cours. Je garde le regard fixé encore quelques instants sur ce panorama à la fois agréable et terriblement fade, tout étant dans les environs beaucoup trop prévisible à mon gout, avant de me décider à rejoindre le sol. Alors, maintenant, commencer par retrouver la trace de l'autre imbécile. Parce que s'il ne s'attire pas des ennuis, je pense qu'il est mûr pour une petite discussion. Et puis, je ne suis pas venue juste pour jouer au chat et à la souris, il est beaucoup trop aisé à suivre, cela me gâche tout mon plaisir.

Heureusement que j'ai un bon flair et lui ce parfum dégueulasse, ça n'en rend que la poursuite plus aisé encore. Descendue de mon toit, je me faufile entre les pieds des Humains qui ne se rendent même pas compte de ma présence. Alors, il s'est éloigné de la cage des fauves et cette dernière n'est pas située très loin des blocs du personnel. Donc logiquement, si j'étais un gardien du zoo, c'est par ici que je l'accompagnerais. Je m'y rends donc et à mesure que je m'approche, l'odeur se fait plus forte. Mais pas plus agréable. Il y a de l'aigreur dedans, de celle qui est bien présente lorsque la personne est malade. Tiens donc, aurait-il des effets secondaires suite à son exploit récent? Peut-être bien qui sait.

En tout cas, le trou béant dans la palissade était un indice assez gros pour comprendre ou ses pas l'avait mené. Hors de l'enceinte des lieux. je me glisse donc à la suite de ma cible, sans me presser. l'odeur est de plus en plus marquée donc il est à l'arrêt, pas besoin de courir donc. Et de loin, je le repère sans la moindre difficulté. Je m’assois tranquillement, le regardant se tordre tandis que son corps secoué de spasmes ne semble pas vouloir lui répondre comme il lui voudrait. Tiens donc, son corps ferait-il un rejet? mais de quoi? A moins que ce ne soit son esprit qui réalise seulement la douce folie dont il vient de faire preuve. Non, il est 'est pas genre à craindre pour si peu. Enfin, dans tous les cas, le constat est là. Il est plié en deux, à la limite des convulsions, sous mon regard analyste.  

"- Alors, si tu restes dans cette position, t'arriveras à rien. Redresse-toi, dégueule un bon coup, respire à fond et pour le reste, laisse-moi faire."

Oui, j'ai enfin décidé de manifester ma présence. Il me fait presque pitié comme ça et si je me moque des Humains, il me ressemble bien plus lui. Il y a quelque chose à tirer d ce crétin alors, je veux voir jusqu’où il sera capable d'évoluer. Je m'approche d'un pas tranquille et régulier. S'il ne m'a pas écouté, je m'en moque, ce sera juste tant pis pour lui. Bon, faut pas croire, je reste sur mes gardes malgré tout, on sait jamais avec les chiens, c'est un débile ces bestioles pour devenu le meilleur ami de l'Homme. Je viens me glisser sous son torse encore à moitié penché au-dessus du sol, posant mes fesses au sol pour laisser libre cours à mes pattes de se promener sur son torse. il est grand l'animal, il fait chier. Mais j'y arrive quand même.

Je sens les picotements à travers mes coussinets, c'est de la que vient la douleur physique chez lui. Très bien, alors commençons par là. Il me suffit de me concentrer un minimum et déjà, sa douleur reflue, je la sens s'annuler au contact de mon pouvoir. Comme une gomme qui efface lentement le carbone en trop déposé là par une mine de crayon imprévue. Comme ça, déjà, il va pouvoir arriver à respirer un peu plus normalement. Je reste ainsi quoi, une minute, deux peut-être. Et puis, je me dégage de sa présence, revenant simplement m'installer à côté de lui, comme si je n'était rien d'autre qu'un animal de compagnie. Ce qui donnerait le change à n'importe quel passant inopportun.

"- Bravo pour ton petit spectacle, c'était très impressionnant. Mais visiblement, y a un truc que t'as pas bien digéré dans tout ça, on dirait. Tu m'expliques? "
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Ven 9 Jan 2015 - 20:08

Son estomac semblait lui aussi pris de démence. C'est comme si tous ses organes hurlaient, cherchant à s'extraire de son corps, tandis que la route devant lui ondulait, troublée, tout comme sa vision qui faiblissait par moment. Aleksander continuait de bloquer sa bouche avec une main, afin d'éviter de vomir l'espèce de bile noirâtre qui voulait en jaillir comme un mauvais esprit. Vasilis, lui, avait été détaché, un instant, de la conscience de son hôte, et hurlait dans l'esprit du Repenti afin de le rappeler à l'ordre.

Se calmer. Il devait se calmer. Regardez-le, dans cet état pitoyable. Le légendaire prédateur alpha, réduit à l'état de malade faiblard. Que venait-il de vivre ? De voir ? Son esprit lui paraissait altéré. Brutalisé. Violé. Pantelant, il revoyait encore ces scènes d'horreur, faisant la sourde oreille aux propos de la Bête qu'il hébergeait. Des frissons parcouraient sa colonne vertébrale, laissant naître chez lui un malaise profond. Des sueurs froides, des flashback... C'est comme le monde devenait fou. Ou alors, était-ce lui, qui progressait sur la voie de la démence ? Cette vision qu'il avait eu ne pouvait être réelle. Était-ce comme une menace ? Un signe de sa prochaine déchéance ? Sa défaite ?

Impossible. Cette idée était amère. Inacceptable. Une vague de colère envers lui-même monta, en lui, réveillant l'ardeur de son sang, qui bouillonnait dans ses veines. Alors, Elle lui vint en aide, le pétrifiant sur place. Cette voix qu'il avait jadis qualifiée de " dissonante " et " désagréable " résonnait, dans son dos. Alors qu'il était en position de faiblesse. C'est comme si l'image qu'il tentait de se donner avait été brisée en quelques secondes.

« — Alors, si tu restes dans cette position, t'arriveras à rien. Redresse-toi, dégueule un bon coup, respire à fond et pour le reste, laisse-moi faire. »

Un grondement animal mourut dans sa gorge emplie de liquides peu aguicheurs et puants. Se mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang, il ne se sentait pas en mesure de bouger sans anéantir ses efforts des instants précédents. Il ne fit pas le moindre mouvement, par conséquent. Il se sentait piétiné. C'est comme si tout ce qu'il avait jamais fait pour mériter du respect venait de s'évanouir par la seule et cinglante présence de l'Infirmière ici. Et il ne l'avait pas remarqué. Honteux. Minable.

La Déesse se glissa tranquillement entre lui et le sol, déposant ses petites pattes sur son torse. Même ainsi, il avait du mal à refouler son élan d'affection pour l'adorable petite créature qu'avait adopté ce démon nuisible et médisant. C'est alors qu'il sentit la douleur qui contractait le moindre de ses muscles s'évaporer, comme un mauvais rêve. Pendant quelques minutes, il sentit son être tout entier s'apaiser. Son état physique ayant vraisemblablement un rapport avec sa santé mentale, en calmant l'un, elle parvint à remettre en place l'autre.

Le félidé de nature trognonne s'écarta du Repenti, qui s'assit, réfléchissant, et jaugeant l'être salvateur qui lui était venu en aide. L'image qu'il avait d'elle s'était métamorphosée en quelques instants. Après tout, elle venait de lui témoigner une attention surprenante, l'aidant à se remettre des événements récents. Vasilis, lui, avait réadopté le silence, courroucé d'avoir été devancé par l'arrogante bête de compagnie. En premier lieu, il se défit de la paire de lunettes, qui lui donnait l'impression d'étouffer. Inspirant puis expirant profondément, il prit son courage à deux mains, et ravala ce qui tentait de s'échapper, grimaçant un instant à la manière d'un enfant découvrant le goût des légumes. Et cela lui laissait un goût amer dans la bouche. Ses iris dorés se braquèrent sur le chat, à sa droite.

Ils avaient l'air malin, ridiculement assis sur le trottoir. Ces méprisables humains devaient bien se fendre la gueule. Soupirant longuement, il remettait ses idées en place, et tentait de faire le vide, pour se concentrer sur l'arrivante. Pourquoi était-elle ici ? En tout cas, elle lui avait sauvé la mise, pour une fois. Il avait quitté sa sensation de toute-puissance pour un sentiment de faiblesse, suite à sa vision démentielle. Elle allait probablement se moquer de lui, encore une fois. Étrangement, le simple fait qu'elle l'ai aidé il y a un instant venait de supprimer toute l'animosité qu'il éprouvait envers elle. Pourtant, Vasilis lui avait fait promettre de la tuer, à leur prochaine rencontre.

« — Bravo pour ton petit spectacle, c'était très impressionnant. Mais visiblement, y a un truc que t'as pas bien digéré dans tout ça, on dirait. Tu m'expliques ? »

Donc elle avait vu son duel avec la pitoyable créature du Zoo. Un " Roi " du monde animal. Qui avait prit la fuite dès que l'occasion s'était présentée. Navrant. Aleksander secoua doucement la tête. Devait-il lui raconter toute l'histoire ? Ce n'est pas vraiment comme si il avait grand-chose à perdre. Elle l'avait déjà vu dans un triste état, et ce souvenir seul lui permettra de le harceler pendant des mois. Mais au fond, était-ce important ? Il n'avait pas besoin du respect des autres. Car personne n'était en mesure de le comprendre. Seul, au sommet. Il fallait se mettre ça dans le crâne. Ses iris qui flamboyaient sous l'effet de la réflexion s’éteignirent en un instant, une sorte de rancœur dirigée envers lui-même y remplaçant la flamme de la confusion qui y régnait.

« — Ravi de découvrir que vous me suiviez. Mériterais-je réellement tant d'attention ? Je ne saurai le dire... Passons les sarcasmes ridicules et inutiles, veux-tu ? Je sais que tu te déchaîneras en répliques cinglantes dès que j'aurai fini mon récit. Mais, j'ai vu la Bête. Tout du moins, son reflet torturé. Elle était rongée par la maladie. Sa chair était putréfiée. Son corps, affaibli. Elle s'est ruée sur moi, tombant en morceaux, ses membres se dessoudant... Et alors, elle s'est arrêtée à un demi mètre de moi, et a pointé son doigt, osseux, sur ma poitrine. J'étais paniqué, d'accord ? J'avais l'impression d'être à la fois la Bête, et moi-même. Comme si ma personnalité se scindait en deux, ou, qu'au contraire, que je perdais pied, et que la Chose parvenait enfin à modifier ma nature profonde. As-tu déjà eu l'impression que ton esprit était lacéré, mis en pièces, puis réassemblé, alors qu'une horreur sortie tout droit des profondeurs de l'enfer, qui puait la mort à cinq mètres de là, un cadavre ambulant qui subissait un processus de décomposition accéléré, te fonçait droit dessus ? J'ai eu peur. C'est tout. Juste ça. J'ai le droit, non ? Une fois dans ma vie ? Oh, me voilà, le terrible et redoutable prédateur alpha, qui fait dans son froc à cause d'une simple et folle vision sans aucun putain de sens profond, parce que je perds juste les pédales comme un putain d'interné dans un putain d'asile. Satisfaite ? Tu sais tout, voilà, bordel. »

Il avait perdu son calme. Il cherchait à se justifier. Défendre sa position. Se protéger des paroles qu'elle ne tardera pas à faire pleuvoir, comme des coups de fouet brûlants et douloureux. Cependant, en mordant avec une telle force sa lèvre inférieure qu'elle en saigna, il acheva sa tirade, à mi-voix.

« — Merci pour ton aide. »
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Ven 9 Jan 2015 - 22:52
Bon, au moins, il a l'air d'avoir retrouvé une attitude à peu près convenable pour le coup. Bon, ma présence ne lui avait clairement pas plu, ce que je peux comprendre sans grande difficulté. Se mettre suivre s'en sans rendre compte, pour le Prédateur Alpha, ça la fout mal mais en plus se faire surprendre dans cet état pitoyable qui était le sien, je crois que je n'aurais pas apprécier non plus. D'ailleurs, je me serais débrouillée pour ne laisser aucun témoin de cet instant dérangeant. Mais à la vu de l'estime plus que démesurée qu'il a de son propre égo, je ne crains rien à ce sujet. Je ne vaudrais sans aucun doute absolument même pas la peine qu'il se salisse les mains à m'ôter la vie. Encore moins maintenant que je l'ai soigné. Il a une dette envers moi mine de rien et les chiens sont très attaché à l'honneur. Détail qui pourra toujours me servir, pour plus tard.

« — Ravi de découvrir que vous me suiviez. Mériterais-je réellement tant d'attention ? Je ne saurai le dire... Passons les sarcasmes ridicules et inutiles, veux-tu ? Je sais que tu te déchaîneras en répliques cinglantes dès que j'aurai fini mon récit. Mais, j'ai vu la Bête. Tout du moins, son reflet torturé. Elle était rongée par la maladie. Sa chair était putréfiée. Son corps, affaibli. Elle s'est ruée sur moi, tombant en morceaux, ses membres se dessoudant... Et alors, elle s'est arrêtée à un demi mètre de moi, et a pointé son doigt, osseux, sur ma poitrine. J'étais paniqué, d'accord ? J'avais l'impression d'être à la fois la Bête, et moi-même. Comme si ma personnalité se scindait en deux, ou, qu'au contraire, que je perdais pied, et que la Chose parvenait enfin à modifier ma nature profonde. As-tu déjà eu l'impression que ton esprit était lacéré, mis en pièces, puis réassemblé, alors qu'une horreur sortie tout droit des profondeurs de l'enfer, qui puait la mort à cinq mètres de là, un cadavre ambulant qui subissait un processus de décomposition accéléré, te fonçait droit dessus ? J'ai eu peur. C'est tout. Juste ça. J'ai le droit, non ? Une fois dans ma vie ? Oh, me voilà, le terrible et redoutable prédateur alpha, qui fait dans son froc à cause d'une simple et folle vision sans aucun putain de sens profond, parce que je perds juste les pédales comme un putain d'interné dans un putain d'asile. Satisfaite ? Tu sais tout, voilà, bordel. »

Wouhou! Eh bien, on peut dire qu'il avait besoin de vider son sac celui-là. Le voilà qui me raconte toute sa vie comme si on avait élevé les cochons ensemble. Et dire que quelques jours plus tôt, il n'avait rien voulu cracher, j'ai bien fait de prendre mon mal en patience. Enfin bon, son délire à l'air sérieusement avancé. Je crois que cette histoire de double personnalité le travaille. Je pense pouvoir affirmer qu'il s'est fait un bon bad-trip, et cela sans aucune drogue. Peut-être un peu d'adrénaline mais guère plus. Mais bon, j'en rigole intérieurement cependant, je ne prends pas ses paroles à la légère pour autant. Ce genre de syndromes, j'en ai déjà entendu parler et de ce fait, je vais éviter mes conneries pour le moment. Je me contente donc de l'écouter, calme et posée, simplement assise à ses côtés.

« — Merci pour ton aide. »

"- Si tu veux vraiment me remercier, arrête de me rajouter du boulot supplémentaire. Même si la Bête à besoin de sang, je suis persuadée que ce n'est pas le tien, et par extension donc le sien, qu'elle réclame."

Même pas une moquerie, une simple constatation. Cette fois, pour atteindre sa lèvre meurtrie, je suis obligée de faire preuve de toute ma dextérité en lui grimpant sur l'épaule avant de me caler au niveau de son cou pour parvenir à atteindre sa lèvre. Bon, heureusement qu'il na pas mordu plus fort parce que mon pouvoir à beau être pratique, il est encore plus sérieusement limité. Et je déteste être bridée de la sorte. Une petite minute à nouveau et sa lèvre est redevenue comme neuve. Je lâche un bâillement avant de me laisser glisser sur le sol, avec une grâce toute féline et m'étire. Dire que j'ai fuis l'Académie pour ne rien y branler et résultat, je fais des heures des heures supp' et gratos qui plus est. Mais où va le monde, je vous le demande.

"- Bon, je ne suis pas psychologue mais disons que ma longue expérience de la vie me permet d'avoir quelques pistes quant à ton histoire. Visiblement, ton corps et/ou ton esprit ont du mal à associer la Bête à l'être que tu es. Rejet, dissociation forcée, absorption du plus fort par le plus faible, après je ne sais pas jusqu'où ça va mais la notion de deux en un à toujours été un sacré casse-tête à gérer. De ce fait, j'en déduis que tu n'as pas toujours été ainsi habité."

Oui, je devise de la créature qui habite mon toutou préféré comme n'importe quel péquin de passage parlerait de la pluie et du beau temps. Mais ce sujet est tellement ringard, le mien est bien plus intéressant. Pas besoin de ton sarcastique pour le moment, vu comment il a été secoué, je pourrais l'appeler Orangina sans problème. Et pour qu'il avoue avoir eu peur de la sorte, c'est qu'à mon avis, son esprit a dû lui jouer un tour comme je les aime. Diablement bien ficelés et atrocement bien réels. Plein de sens cachés et de sous-entendus pourtant évidents.

"- Je sais, c'est toi qui est le Prédateur Alpha, j'ai retenu la leçon, pas besoin de me le répéter. Mais entre vous deux, à ton avis, qui est le Chef de Meute? Le Chasseur suprême? Qui chasse qui, au fond de toi-même?"  

Au fond, je ne sais rien des relations qu'il entretient avec sa Bête alors, autant demander franco. Et puis, personnellement, c'est à ça que me fait penser son délire d'un peu plus tôt. Il sont deux certes, mais même ensemble, ils se battent pour un trône unique. Donc à la fin, il ne devra en rester qu'un. Lequel? Ça, cela reste encore à découvrir.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Sam 10 Jan 2015 - 1:48

Frappé par la stupeur. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle l'écoute ainsi, sans broncher. Sans lui asséner de railleries d'une précision mortelle. Pourtant, il s'y était préparé. Recevoir des répliques ayant le même effet que des carreaux d'arbalète en plein torse. Pourtant, elle lui avait offert son attention. L'avait écouté, jusqu'au bout, avant de se manifester. Il jetait des coups d'oeil presque inquiets dans sa direction, puis, sa voix s'éleva. Pas aussi dure, ou mauvaise, qu'il s'y attendait.

« — Si tu veux vraiment me remercier, arrête de me rajouter du boulot supplémentaire. Même si la Bête à besoin de sang, je suis persuadée que ce n'est pas le tien, et par extension donc le sien, qu'elle réclame. »

Alors, elle s'était battue avec son veston pour se hisser sur son épaule, s'appuyant sur son cou suite à sa difficile ascension. De nouveau, elle avait affronté des difficultés, pour atteindre sa lèvre meurtrie, sur laquelle il venait de relâcher la pression. Fendue, elle saignait abondement. Encore une fois, il présentait à l'infirmière un bien piètre spectacle. Le Dieu de la Prédation se mutilant en remerciant une demoiselle... Assommant d'ennui, comme histoire. Alors, ils restèrent ainsi, dans le silence, jusqu'à ce qu'il sente sa blessure totalement supprimée par sa régénération conjugée aux talents de la déesse. Elle était redescendue de son perchoir avec la grâce et l'aisance propre à ceux de son espèce, retouchant le sol rapidement.

Se sentait-elle concernée par son problème ? Il ne lui avait jamais dit ou fait savoir qu'il avait besoin d'elle. Pourtant, il était si... Déboussolé. Perdu. Aleksander, la Bête, Vasilis, le Repenti, le Dieu, tous ces facteurs qu'il n'appréhendait pas parfaitement le rendaient démentiel. Un point de vue extérieur ne serait pas de trop. Surtout quand ledit point de vue a neuf vies derrière lui. Aussi, il se surprend à tendre l'oreille, lorsqu'elle s'adresse à lui.

« — Bon, je ne suis pas psychologue mais disons que ma longue expérience de la vie me permet d'avoir quelques pistes quant à ton histoire. Visiblement, ton corps et/ou ton esprit ont du mal à associer la Bête à l'être que tu es. Rejet, dissociation forcée, absorption du plus fort par le plus faible, après je ne sais pas jusqu'où ça va mais la notion de deux en un à toujours été un sacré casse-tête à gérer. De ce fait, j'en déduis que tu n'as pas toujours été ainsi habité. »

Percé à jour en l'espace d'un instant. Un bon départ. Il n'aurait pas à raconter cette horrible histoire, qui faisait office de conte de fées, comparé à celles des différents membres de l'Académie. Son corps et son esprit se disloquait. Il ne savait plus placer les frontières entre les différentes entités. Et son organisme lui faisait écho. Il ne perdait pas une occasion de se déchaîner, mais la pression libérée par un tel acte devait probablement laisser des séquelles, sur son corps. Peut-être l'utilisation trop répétée de son pouvoir l'épuisait à tel point qu'il finirait par se briser ? C'est comme si, finalement, son seul point de repère à l'heure actuelle, c'était celle qu'il avait eu envie de broyer, de mettre en pièces. Mais il ne faisait aucun doute qu'elle ne le comprenait pas. Pas encore. Probablement jamais. Qu'elle ne narguait toujours, dans sa tête, tout comme il était plongé dans une éternelle réflexion la plupart du temps.

« — Je sais, c'est toi qui est le Prédateur Alpha, j'ai retenu la leçon, pas besoin de me le répéter. Mais entre vous deux, à ton avis, qui est le Chef de Meute? Le Chasseur suprême? Qui chasse qui, au fond de toi-même ? »

Cette question le frappa avec l'efficacité d'une balle en pleine tête. Contre qui se battait-il, en réalité ? N'avaient-ils pas signé un accord, lui et Vasilis ? Ce dernier restait muet, comme s'il n'appuyait pas les dires de la félidé. En théorie, ils avaient établi un plan. C'était leur manière de fonctionner. Alors, est-ce qu'en réalité, il était également l'une des victimes de la Bête, plutôt qu'une part d'elle-même ? Cette interrogation fit écho, dans son crâne, sans arriver à extirper la moindre réponse de toutes ses expériences. Alors qu'il lui semblait trouver une certaine stabilité dans son existence, persuadé d'être le Prédateur Alpha, et de n'avoir rien d'autre à faire qu'être un despote, il découvrait que sa tâche serait bien plus ardue que ça. La folie le guettait, comme un charognard qui attend que son futur banquet agonise. Il était hors de question que cela se produise. Baissant les yeux vers sa compagne de bonne fortune, ses yeux adoptant un éclat terne, il répondit.

« — Tu vas devoir le lui demander. Vas-tu accepter de deviser avec la Bête ? Je te traiterai volontiers de folle. Pour cette fois, passons outre mon pseudo-statut de chasseur ultime. Car il semblerait que j'ai besoin de ton aide. Quelle façon pompeuse de dire les choses, putain. Seul Vasilis a les réponses à ces questions. Et il fait la sourde oreille. Si je ne les obtiens pas très vite, ce genre de scène va se reproduire. Je n'ai pas envie que ça arrive encore. J'ai peur, voilà. Puisque tu sembles porter une attention toute particulière à la Chose, soit. Quelque chose cloche. Et je ne peux pas résoudre ce problème par moi-même. J'ai vraiment pas envie de devenir cinglé, tu sais ? Alors, faisons sortir la Créature en dehors de son antre. »


[HRP : Au moins, ce post-ci était plus court. o/]

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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Sam 10 Jan 2015 - 13:03
Eh bien, je crois que j'ai tapé dans le mille avec ma dernière question. Du moins, vu le silence qui est soudain tombé et la réflexion profonde dans laquelle semble soudain plongé "Monsieur je défie le Lion d'un simple regard", c'est ce qui me parait le plus logique. A moins que finalement, il n'ai complètement déconnecté? Ah non, il revient à lui. Visiblement, le problème que je viens de soulever ne lui plait pas, il tire une de ces tronches, je vous raconte. Et surtout, il ne fait pas le malin pour une fois. Ça veut bien dire ce que ça veut dire.

« — Tu vas devoir le lui demander. Vas-tu accepter de deviser avec la Bête ? Je te traiterai volontiers de folle. Pour cette fois, passons outre mon pseudo-statut de chasseur ultime. Car il semblerait que j'ai besoin de ton aide. Quelle façon pompeuse de dire les choses, putain. Seul Vasilis a les réponses à ces questions. Et il fait la sourde oreille. Si je ne les obtiens pas très vite, ce genre de scène va se reproduire. Je n'ai pas envie que ça arrive encore. J'ai peur, voilà. Puisque tu sembles porter une attention toute particulière à la Chose, soit. Quelque chose cloche. Et je ne peux pas résoudre ce problème par moi-même. J'ai vraiment pas envie de devenir cinglé, tu sais ? Alors, faisons sortir la Créature en dehors de son antre. »

Devenir cinglé, me traiter de folle. A croire qu'il ne parvient à croire à tout ce qu'il vient de me raconter qu'en passant par la case dérangé mentalement. Bon, c'est pas forcément complètement faux mais dans mon cas, je suis parfaitement consciente de tout ce que je dis et fait. Lui, c'est une autre histoire et ça le travaille, y a pas à tortiller du cul pour s'en rendre compte. Au final, ce qui me'interpelle le plus dans son histoire reste le fait qu'il accepte de se rendre compte qu'il a peur. J'hésite entre être déçue, surprise ou le féliciter. Parce que mine de rien, ce n'est pas aussi anodin que cela ce genre de détail. Et encore moins dans une situation dans son genre.

"- Je ne refuse jamais une invitation. Et puis, entre Bêtes, nous sommes faits pour nous comprendre. Tu peux me traiter de folle si le cœur t'en dis, ce n'est pas ça qui va me chagriner outre-mesure. Je ne suis qu'une simple repentie qui s'amuse à se complaire dans l'image de ce monde pourrie qu'est celui qui nous entoure. Alors, je m'amuse. A ma façon...."

Bon, arrêtons de partir en digressions de la sorte, ce n'est pas le moment. Je m'étire à nouveau, jette un coup d'oeil rapide mais précis aux environs. Rien d'intéressant dans le coin, il va falloir se déplacer. Alors je me dresse sur mes 4 pattes, moustache frémissante et une ébauche de ronronnement au creux de la gorge. Je sens que cette journée va se révéler bien plus riche que ce que j'avais prévu. Tant mieux, j'aime quand le jeu en vaut la chandelle et avec lui, j'ai visiblement ferré un gros poisson au fond de mon filet.

"- Bon, passons aux choses sérieuses puisque ça ne sert à rien de tourner autour du pot. Réveillons la Bête qui sommeille en toi. Tu as besoin de quoi pour qu'elle se manifeste? Un bon carnage en règle? Ou juste une petite victime innocente dans un coin?"

Bah oui quoi, ça reste son autre Lui, alors si il ne me dit rien, je peux pas deviner. Bon, je suis pas complètement débile, j'ai compris que l'appel du sang était un atout parfait pour n'importe quel Prédateur qui se respecte. Mais chacun à ses particularités et ce cher Alek est le seul à détenir les clefs de fonctionnement de ce dénommé Vasilis. Alors maintenant, je n'ai plus qu'à attendre qu'il me réponde et que les divers rouages de notre plan se mette en route. Appâter la Bête, la faire sortir de son trou pour ensuite avoir une conversation avec elle. Entre animaux parfaitement civilisés, cela va de soi.

"- Juste, t'as des infos à me faire passer? Des trucs débiles du genre une durée de présence limitée, un effet secondaire sur toi ou un autre détail du même style? Parce que bon, depuis le temps, je sais que le Deus il se fout bien de notre gueule parfois avec ses pouvoirs à la con. Alors, je préfère prévoir..."

Mais ne t'inquiète pas, mon chou. Dans tous les cas, je te suis. La perspective de rencontrer la Bête qui t'habite est bien trop tentante pour être refusée.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Sam 10 Jan 2015 - 18:05

La décision était déjà prise. Aleksander allait, à nouveau, laisser la Bête s'échapper. Mais ceette fois, ses victimes allaient être utiles. Et pas simplement abattues pour son bon plaisir. La rédemption qu'il était sensé acquérir depuis son arrivée à l'Académie était probablement un échec, puisque pour le moment, à part massacrer sauvagement une partie des individus qui croisaient sa route, il ne parvenait pas à grand-chose. Et le pire, c'est que cette vie lui plaisait. Mais là n'était pas la question. Dans l'immédiat, il... Ils devaient obtenir des réponses sur ce qui se tramait dans sa tête, sans même que lui le sache. Le Dieu n'en revenait toujours pas, de devoir demander son aide à cette femme. Bien qu'elle l'ai aidé il y a quelques minutes, et qu'à présent, elle cherche à lui prêter main forte, il restait persuadé que c'était dans son propre intérêt. Après tout, elle ne le comprenait pas. Alors, comment pouvait-il espérer un soutien franc et sans arrière-pensée ? Bien que, dans l'immédiat, ce dont il avait besoin, c'était d'un intermédiaire capable de prendre de tels risques et de revenir vivant d'un entretien avec la Chose.

« — Je ne refuse jamais une invitation. Et puis, entre Bêtes, nous sommes faits pour nous comprendre. Tu peux me traiter de folle si le cœur t'en dis, ce n'est pas ça qui va me chagriner outre-mesure. Je ne suis qu'une simple repentie qui s'amuse à se complaire dans l'image de ce monde pourrie qu'est celui qui nous entoure. Alors, je m'amuse. A ma façon... »

Bien, ça leur faisait un point commun. Mais c'était bel et bien le seul, compris ? Il ne voulait pas être assimilé à quelqu'un qui se jouait ainsi des autres. Mais était-ce vraiment mieux, de les réduire en morceaux ? Il devait se reprendre, ne pas perdre le fil, et continuer d'élaborer leur petit traquenard. Était-il en train de se piéger lui-même ? Il ne devait pas l'exprimer ainsi. Car, il est fortement déconseillé de pousser un Prédateur dans ses derniers retranchements. Cependant, l'idée de s'affronter lui-même était plaisante. Même si, en soi, ce serait l'infirmière, qui confronterait la Bête. Elle ne semblait pas inquiète. De l'inconscience ? Ou, peut-être, une curiosité à toute épreuve ? Ce n'était pas le moment d'éprouver une quelconque émotion envers elle. Elle pensait probablement le comprendre, et ainsi, le rabaissait. Alors qu'en réalité, ce qu'elle prenait pour de l'arrogance n'avait rien à voir avec tout ça. Elle voulait l'aider ? Soit. Allons-y. Ne pleure pas si tu en subis les conséquences.

« — Bon, passons aux choses sérieuses puisque ça ne sert à rien de tourner autour du pot. Réveillons la Bête qui sommeille en toi. Tu as besoin de quoi pour qu'elle se manifeste ? Un bon carnage en règle ? Ou juste une petite victime innocente dans un coin ? »

Si seulement, elle pouvait sommeiller, au lieu d'être en pleine réflexion et de faire la morte. Ce dont il avait besoin pour qu'elle se manifeste ? De colère. De haine. D'une pulsion de violence. La question était plutôt, comme elle avait enchaîné, combien en faudrait-il, pour apaiser la Créature lorsqu'elle ferait son entrée en scène. Combien de victime. De proie. De... Sacrifice ? Il fallait qu'elle puisse étancher sa soif de sang, sans pour autant se noyer dans une frénésie démentielle. Que c'était ardu. Un juste milieu. Pas d'excès. Pour rassasier la Bête... Il en faudrait quatre. Son instinct lui hurlait ce nombre. Son intuition. Peut-être la Créature elle-même, participant inconsciemment à cette mascarade.

« — Il faut que je me laisse envahir par la rage. Et quatre victimes, pour étancher la soif de violence de la Chose. Je ne sais pas pourquoi quatre. Pas précisément. C'est... Instinctif. »

Pas génial, comme explication. Elle serait probablement dubitative. Que pouvait-il faire de plus à ce sujet, exactement, hein ? Sortir une calculatrice et se transformer en apprenti-dieu des mathématiques pour demeurés qui cherchent à invoquer l'une des plus terribles Créatures du coin ? Ils étaient peut-être tous les deux fous, au final. C'était pratiquement déprimant, de voir qu'ils étaient dans la même galère. Bien que l'Infirmière s'y soit installée volontairement.

« — Juste, t'as des infos à me faire passer ? Des trucs débiles du genre une durée de présence limitée, un effet secondaire sur toi ou un autre détail du même style ? Parce que bon, depuis le temps, je sais que le Deus il se fout bien de notre gueule parfois avec ses pouvoirs à la con. Alors, je préfère prévoir... »

Elle n'avait pas tort. Peut-être valait-il mieux lui faire un minimum confiance à sa temporaire alliance. Bon, il n'avait pas vraiment de raison de lui mentir, ou de dire et faire n'importe quoi, alors que ce qui était à l'heure actuelle en jeu était bel et bien son propre avenir. Interné, ou plutôt libre, ce à quoi il avait toujours aspiré. Comment allait-elle s'y prendre ? Il n'allait tout de même pas charger un groupe de quatre humains en pleine rue pour les tailler en pièces, hein ? Il fallait au moins faire ça au couvert d'une ruelle. Ou quelque chose dans le genre. Pour l'heure, il se devait de tout raconter.

« — Des trucs débiles ? Ouais. Chaque métamorphose ne dure qu'un quart d'heure. Et j'ai jamais entendu la Bête parler. Éviter les gestes brusques. Ne pas la provoquer, sous peine de déclencher une nouvelle frénésie. Rien d'autre me vient à l'esprit. T'as une idée de comment est-ce que tu vas faire ? »
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Sam 10 Jan 2015 - 21:33
« — Il faut que je me laisse envahir par la rage. Et quatre victimes, pour étancher la soif de violence de la Chose. Je ne sais pas pourquoi quatre. Pas précisément. C'est... Instinctif. »

Bon, voilà qui est parfaitement réalisable. Dégoter 4 crétins qui serviraient à réveiller le Monstre avec lequel je devais tenter par la suite de m'entretenir, cela promettait une suite intéressante à cette journée déjà si agréablement commencée. Après tout, les massacres, je sais les perpétrer mais je sais aussi les apprécier d'un œil extérieur. Et puis, pour une fois, c'est pour la bonne cause. bah oui, on sacrifie 4 débiles qui ne manqueront pas à l'histoire de l'humanité et j'en saurais plus sur la Bête. Grace à cela, combien d'autres Humains auront la vie sauve? Peut-être des milliers. Donc au fond, je fais même oeuvre de charité publique. Sans compter que je vais apporter une aide non négligeable à un autre repenti. Ça me permettra de rentrer dans les bonnes grâces de l'autre absent et peut-être d'y gagner enfin quelque chose. Parce que ce Deus et son Académie, ça sert vraiment à que dalle.

« — Des trucs débiles ? Ouais. Chaque métamorphose ne dure qu'un quart d'heure. Et j'ai jamais entendu la Bête parler. Éviter les gestes brusques. Ne pas la provoquer, sous peine de déclencher une nouvelle frénésie. Rien d'autre me vient à l'esprit. T'as une idée de comment est-ce que tu vas faire ? »

Un quart d'heures. 15 longues minutes. Un temps à la fois si court et tellement imposant. Il va me falloir m'en souvenir parce que du coup, je ne pourrais pas me permettre de trop mettre de fioritures. Et vu la capacité analytique d'un clébard en mode "J'ai faim, Manger", autant laisser tomber la subtilité. J'entrerais donc d'office dans le vif du sujet. Par contre, le coup que la Bête ne se soit jamais exprimée pourrait être un peu plus compliqué à gérer. J'espère qu'elle ne sera pas muette en tout cas, j'ai déjà un des jouets à mon service dans cet état et je n'aime pas spécialement les redondances.

"- Si elle est capable de te parler, puisque tu m'as clairement dis que vous communiquiez ensemble, c'est qu'elle sait le faire. Après, ce sera donc mon rôle de la faire travailler ses cordes vocales.
Bon, maintenant que tout les détails sont réglés, mettons en chasse nous aussi. Nous avons une Bête à attirer...."


Un sourire, ravissant et machiavélique. Je me doute qu'elle m'entend et je ne cherche nullement à lui dissimuler mes intentions. Son hôte lui parle, elle lui adresse la parole en retour. S'ils sont ainsi liés, je suis persuadée qu'il a tout écouté sans perdre une miette de mon discours. Alors, si je l’appâte assez, il ouvrira la bouche de lui-même. Enfin, pour le moment, je me suis en route, invitant Aleksander à me suivre d'un simple mouvement de tête. Nous nous éloignons du zoo pour nous rapprocher d'un quartier plutôt mal fréquenté, le genre de lieu où les accidents arrivent vite et tous les jours. Un endroit idéal en somme.

Nous avançons ainsi, moi devant lui de quelques dizaines de mètres, jusqu'à l'entrée d'un ancien terrain vague devenu dépotoir. Des planches mal agencées mais bien présentes forme une palissade de fortune tout autour. Un coup d’œil à l'intérieur me dévoile la présence de 5 jeunes désœuvrés en train de boire joyeusement tandis que circule entre leurs doigts sales et voleurs un joint d'une taille bien sympathique. De la pure racaille, le genre d'Humain parfait pour notre petite sauterie. Je mise sur 3 d'entre eux au moins armés de flingues, et au minimum, ils auront tous des couteaux. Et surtout, l'air patibulaire et le sourire malsain de ceux qui préparent un sale coup. Dommage, aujourd'hui, ce sont eux qui vont se faire avoir.

"- Monsieur Anderson, je pense pouvoir assurer sans me tromper que le dîner est avancé. Bon appétit, et ne vous en faites pas, jouez avec votre nourriture aussi longtemps que vous le voulez."

Les Prédateurs ne sont censés chassés et tuer que pour manger alors cela ne devrait pas le gêner outre-mesure. Enfin, je m'en contre-fiche. moi, je me suis glissée sous la palissade et je m'approche d'une démarche gracieuse des 5 nigauds qui ont à peine notés ma présence. Ça y est, on me remarque. Ils me proposent leur joint et leur bouteille de whisky, qui est une sous marque qui à plus de gout d'eau de vaisselle qu'autre chose. Juste de quoi leur arracher la gueule pour les aider à se défoncer. Alors, vous voulez jouer? Moi aussi, tiens. Du coup, je leur réponds. Et leur tronche décomposée à cette instant me fait éclatée de rire.

Bon, c'est pas tout ça mais il arrive mon toutou ou il s'est perdu en cours de route?
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Dim 11 Jan 2015 - 13:53

Ses sens se ravivaient lentement, à la perspective d'un massacre. Il se sentait mieux. Le malaise finissait de s'évaporer, comme s'il n'avait jamais exister. C'est comme si Vasilis lui apportait sa présence, et qu'ainsi, il reprenait la totalité de ses moyens. Ce n'était probablement que psychologique, mais déjà, la sensation de bien-être habituelle revenait. Tout comme les pulsions meurtrières. La moindre entité qui passait à sa proximité ressemblait à une cible, qu'il aurait pu déchirer, déchiqueter, et dévorer. Mais ce n'était pas le moment la laisser sortir. Pas encore. La Bête semblait au courant, du petit traquenard, puisqu'elle commençait à se manifester d'elle-même, avide de violence. Cette fois, il ne lui refuserait rien. Qu'elle se mette à son aise.

« — Si elle est capable de te parler, puisque tu m'as clairement dis que vous communiquiez ensemble, c'est qu'elle sait le faire. Après, ce sera donc mon rôle de la faire travailler ses cordes vocales. Bon, maintenant que tout les détails sont réglés, mettons en chasse nous aussi. Nous avons une Bête à attirer... »

Curieux. Elle semblait cerner sa relation avec la Créature, malgré le fait qu'il ai toujours pensé qu'elle était incapable de le comprendre. C'était la première à s'investir autant pour lui. Pour lui ? Non. Ce n'était pas l'heure de se laisser berner. Elle aurait quelque chose à gagner, là-dedans. C'était évident. D'un geste de tête, elle lui intime de le suivre. Chose qu'il fait, marmonnant. Il devait ressembler à un toutou bien docile, à l'heure actuelle, et rien ne le courrouçait plus que ça. Rapidement, l'état des bâtiments et des rues se dégrada, laissant place à des entrepôts délabrés, des vieux appartements aux murs éventrés, et autre. Les quartiers peu fréquentables de la ville, quoi. Le duo marcha en silence, durant un petit moment. Aleksander remarqua pour la première fois que le soleil avait commencé à décliner, et qu'il ne tarderait pas à faire nuit. Cela dit, les voilà à destination. Des éclats de rire accompagnés de bruits de verre résonnent, derrière une palissade de qualité douteuse. Le chat qui l'accompagnait jette un coup d'oeil, entre deux planches de bois mal engoncées.

« — Monsieur Anderson, je pense pouvoir assurer sans me tromper que le dîner est avancé. Bon appétit, et ne vous en faites pas, jouez avec votre nourriture aussi longtemps que vous le voulez. »

Aleksander n'était pas persuadé que démembrer ses victimes pouvait être qualifié de jeu, mais soit. Déjà, le chat se glisse sous la palissade, alors que l'adrénaline se déverse dans les veines du Dieu, qui entend les jeunes de l'autre côté proposer leurs occupations à un pa uvre animal... Qui leur répond. Imaginant déjà leurs mines déconfites, il se hisse avec une gestuelle toujours aussi maîtrisée au sommet de la palissade, et se laisse tomber, souplement, de l'autre côté. Les humains, abasourdis, lèvent leurs regards vers lui. Ils commencent à gueuler, beugler, et ainsi de suite. Mais étrangement, le sang bat si fort à ses tempes qu'Aleksander ne comprend plus ce qu'on lui dit. Se défaisant de ses lunettes, qu'il pose proprement à côté du chat qui venait de générer une surprise générale. Alors, l'un d'eux fait jaillir un couteau de sa veste, ce dernier fusant vers le visage du blond. Celui-ci n'a que le temps de décaler légèrement la tête, alors que la lame mord profondément sa joue. Déjà, le sang s'était mis à couler. De l'entaille se répandait des vagues de douleur, qui déjà, alimentaient une colère noire. Déjà, le Repenti perdait le contrôle. Peut-être refusait-il de le conserver. Son instinct lui hurlait de tuer. De se laisser aller. Alors, c'est ce qu'il fit.

Il tendit le bras vers son opposant, sa main tentant de se refermer sur la gorge de ce dernier. Celui-ci ne broncha pas, et fit un simple pas en arrière, persuadé d'être assez loin. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'avec un concert de craquements macabres, son opposant obtint l'allonge nécessaire pour l'atteindre. Les doigts du Dieu  agrippèrent la partie antérieure du corps, déjà repérée au préalable, en l'espace d'un instant, bloquant l'homme à sa proximité.

Le soleil acheva de disparaître, à l'horizon, la lumière disparaissant soudainement, alors que sous les yeux écarquillés des humains, l'homme déjà massif qui leur faisait face enflait. Avant d'être plongés dans les ténèbres, ils avaient vu le Dieu se contorsionner, alors que son bras était bien trop long par apport à son corps. Sa colonne vertébrale était ressortie, alors que la chair et les muscles s'étendaient, que son visage meurtri se déformait, pour adopter l'apparence d'un museau, qui s'était coupé en deux pour découvrir un putride abîme empli de crocs démesurés. Les derniers rayons lumineux ne laissèrent que la terreur, dans leurs coeurs, alors que le jeune homme aux yeux dorés avaient disparu, pour laisser place à la Bête. Enfin, la pénombre s'installa, comme un voile noir, sur le terrain vague.

La proie saisie à la gorge n'eut pas le temps de crier, elle. Les griffes, écoeurantes de précision, s'étaient enfoncées dans sa carotide, et d'un geste simple, presque dédaigneux, la Créature avait arraché l'artère, déchirant la gorge et la partie basse de la tête de sa victime. Le flot carmin jaillit comme une fontaine, alors que la Bête restait à proximité, repérant la position de ses proies. Elles couraient sans idée précise d'où elles allaient. Et bientôt, elles rencontreraient la palissade.

La Bête dégoulinait déjà de sang, chacun des gouttes écarlates glissant le long de ses poils, hérissés. Et alors, elle avait ramassé sa musculature, avant de pousser un hurlement terrifiant. C'est comme si on avait mixé tous les rugissements des prédateurs de ce monde, et qu'on les avait déformés, pour les rendre plus puissants, moins réels. Rien que cela inspiraient une terreur toujours plus profonde dans le coeur de ceux qui n'en croyaient pas leurs yeux. Un mec venait de se transformer en loup-garou. C'était insensé.

Mais déjà, la Créature avait bougé. Bien trop véloce, sa course semblait défier les lois les plus élémentaires de la physique. Un concentré pur et simple de férocité, et de sauvagerie. Le Prédateur au sommet de la chaîne alimentaire. Parfait en tout point. Rusé. Puissant. Rapide. Implacable. Même ceux qui s'enfuyaient ne croyaient pas à leurs chances de survie, au fond. C'était simplement leur instinct qui leur hurlait de prendre leurs jambes à leur cou. Et bien soit. Que se passerait-il, lorsque la Chose leur aurait arraché les jambes ? Un frisson d’excitation malsain remontaient son échine, alors qu'en passant à proximité d'un des fuyards, elle refermait sa mâchoire sur sa cheville, le fauchant. Faisant un tour sur elle-même, utilisant la force centrifuge, elle projetait sa victime, hurlante, directement sur un de ses congénères, alors que son pied partait dans le sens opposé, sectionné par les crocs qui avaient brisé avec une aisance frappante les os.

Celui qui intercepta involontairement son semblable s'effondra. Celui-ci mettrait un moment à se relever. Et l'autre ne pourrait pas se déplacer. Déjà, la Bête pulvérisait la cage thoracique de l'avant-dernier humain, le tuant instantanément, et le projetant sur les deux autres. Alors, le malsain petit jeu auquel elle aimait se prêter démarrait. Une balle fusa près de son oreille pointue. Elle plaqua la seule proie qui courait encore, refermant ses crocs sur le crâne de celle-ci, ce dernier se brisant comme une coquille d'oeuf vide. Le goût du sang, sur sa langue râpeuse, ne faisait qu'intensifier son plaisir, alors qu'elle revenait vers l'amoncellement d'êtres humains. Un premier était mort, tandis que l'autre n'avait plus de pied droit, et que le dernier tremblait de peur. C'est sous l'attentif regard, à mi-chemin entre la fascination et l'écoeurement, de cet homme que la Bête entreprit de démembrer sa victime. En premier lieu, elle tira sur les bras. Curieusement, ce furent les os qui cédèrent en premier, anéantissant tout le plaisir de l'ignoble créature, qui, courroucée par le déroulement des événements, se jeta, frénétique, sur les cadavres, et les mourants.

Chacun de ses coups de griffe délivrait une sonorité différente. Durant plusieurs longues minutes, elle déchira, arracha, dévora, dépeça, s'abandonnant à un funeste délire sanguinaire et dément. Répandant entrailles par-ci, organes par-là, abreuvant l'herbe du liquide vital de ses victimes, cette dernière étant l'unique conviée au repas. Ses mâchoires broyaient les os, mastiquaient la chair, et dégoulinaient d'écarlate autant que de bave. Le festin, et la traque, durèrent bien neuf bonnes minutes. La mise à mort sommaire des proies témoignaient probablement de la nature inintéressante de ces dernières, ou, comme d'habitude, de leur fragilité. A peine l'assaut débutaient qu'elles s'effondraient, comme des pantins désarticulés. Alors, pour passer le temps, la Bête les avait réduites en morceaux, jusqu'à s'en lasser. Malgré la répétitivité de ses actes, elle semblait assouvir un besoin primaire incompréhensible. Elle connaissait si parfaitement l'anatomie des humains. Pourtant, c'était comme une nouvelle découverte, à chaque fois. Aucun ne se ressemblaient. Ils étaient tous d'une fragilité notable, mais c'était leur seul point commun. La Lune se leva alors, dardant de rayons argentés le Lycan, le forçant à sortir des ténèbres, à côté de l'agglomérat de chair mâchouillée et régurgitée, çà et là constellée de fragments d'os. Si vêtements il y avait, ils avaient disparu dans l'espèce de bouillie sanguine. La Bête était accroupie, penchée, fixant désormais le chat qui avait probablement contemplé la scène, extatique.

Magnifique. Baignée d'une aura bestiale sans pareille. Rayonnante de puissance. L'allégorie même de la Prédation dans toute sa splendeur. L'incarnation de la sauvagerie. Une personnification pure et impressionnante de la loi élémentaire. La Loi du plus fort. Elle dégageait une telle présence que toute chose aux alentours devenaient insignifiantes. Vue de si près, on pouvait discerner la courbe du moindre de ses muscles, qui frissonnaient, tendus, prêts à libérer toute leur force en un instant. Un concentré brut et farouche d'énergie qui ne demandait qu'à se déchaîner afin de ravager les environs. Son pelage d'ébène s'éclaircissait, au niveau de son massif poitrail, laissant place à une sorte de duvet. Le moindre de ses poils, noir, était hérissé, offrant à la Bête une curieuse carrure. En y prêtant attention, dans le silence morbide de l'endroit, on percevait le moindre des battements de son coeur. Résonnant de puissance. Régulier. Comme apaisant. Son museau était surmonté de deux naseaux noirâtres qui humaient l'air, silencieusement, sifflant uniquement lorsque ses poumons se vidaient de son contenu. Sa respiration, lente, était l'unique son, avec le battement de son corps. Elle partageait la monotonie de ce dernier, bien que décalée d'un temps avec lui. Ses deux yeux étaient l'origine de l'atmosphère. Les iris ambrés de la Bête étaient fascinants. Tantôt étincelants, tantôt reflets des quelques rayons argentés qui se frayaient un chemin jusqu'à ses prunelles. Ils semblaient percer à travers toute forme de barrière avec une facilité effrayante, sondant jusqu'à l'âme de ceux sur qui ce regard se portait. Sa longue queue touffue oscillait doucement, balayant une poussière invisible, partageant la régularité qui semblait marquer tout ce qu'elle faisait, une fois à l'arrêt, alors que lorsque la chasse démarrait, c'était un déferlement de violence étonnamment précis.

Pourtant, la seule chose à laquelle le Lycanthrope accordait de l'attention, à l'heure actuelle, c'était l'Infirmière. Enfin, la confrontation arrivait. Entre un animal de compagnie, et le monarque du monde animal, transpirant de majesté.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Dim 11 Jan 2015 - 17:46
Les choses sérieuses commencent enfin. Ce cher Aleksander est entré en scène, provocant force de protestations d la part des occupants des lieux qui m'oublient purement et simplement. je pourrais en prendre ombrage et le leur faire payer mais aujourd'hui, j'ai plus important à faire. Alors je leur pardonne ce crime de lèse majesté. De toute façon, mon chien de garde va se charger de leur faire payer à ma place, je n'en doute pas une seule seconde. Ses lunettes qu'il dépose à côté de moi sont le prétexte pour les autres afin de l’attaquer, la lame venant entaillé assez profondément sa joue. Eh, j'ai pas que ça à faire de le réparer merde. Alors, ça suffit vos conneries à présent.

Et alors que l'agresseur était persuadé de s'être lacé à distance de sécurité, le spectacle commença. Personnellement, je me suis installée à mon aise, en position sphinx sur une des barriques sur laquelle traînait encore les reste de leur infâme boisson tandis que je pouvais assister à la métamorphose du repenti dans toute sa splendeur. Le craquement des os qui s'allongent, le bruit caractéristique de la déchirure des muscles et des tendons, les tissus qui s'étirent afin de venir envelopper le tout d'une nouvelle peau si je puis dire ainsi. Car il s'agit d'un pelage fournit qui pousse de lui-même pour venir recouvrir la silhouette déjà plus que massive du lycan. Et le tout flamboyant dans les derniers rayons du crépuscule qui laissait lentement place aux ténèbres, venus accompagnés la naissance de leur soi-disant maître. Il faut avouer une chose: cela avait de la gueule. Mwrrr, j'en frémis d'excitation.

Mais si moi je profite outrageusement de ce spectacle, ce n'est pas le cas des 5 abrutis qui commencent à comprendre que déjà, leur vie ne leur appartient plus. Eh oui les mecs, vous êtes déjà morts. La seule chose c'est que vous l'ignorez encore. Quoi que, je crois que vous commencez à réaliser toute l'horreur de votre situation. Surtout à partir du moment ou leur malheureux copain se retrouva avec une partie de la tête et de la gorge en moins. Le flot d'hémoglobine qui jaillit de la plaie béante vint se déverser sur la Bête, comme si cette dernière l'appelait inéluctablement à elle. Sublime mélange de rouge, de l'éclat brûlant des pupilles du monstres et des cris de terreurs emplissant l'air. Et son hurlement, primaire, animal, une véritable symphonie de la monstruosité, un véritable chef d'oeuvre à mes oreilles.

Pour un peu, je me serais sentie lésée de ne pouvoir participer à cette tuerie mais déjà, le lycan repassait à l'action et, les uns après les autres, lentement d'abord avant d'accélérer le rythme, chacun des pauvres humains présents eut droit à sa part de douleur. Pour certains, la mort fut plus rapide que d'autre, presque exécutés par des accès trop puissant et violent, comme si la Bête était habitée malgré tout d'une force qu'elle ne maîtrisait pas. Il est tellement dangereux de gâcher tout le plaisir en si peu de temps. Remarque, pour le coup, je joue aussi contre la montre alors je devrais plutôt m'en satisfaire mais je ne m’empêcher de trouver cela dommage.

Un coup de feu retentit soudain, comme une dernière lueur d'espoir vacillante qui tentait de survivre au milieu des ténèbres toujours plus oppressants. Oh, rien de bien inquiétant, rien que l'ultime sursaut de leur combat déjà perdu. Car le coup n'atteignit pas sa cible et le chasseur, lui, ne rata pas sa proie. Je ne pus m'empêcher de me lécher les babines en regardant tout cela. c'était si prenant que je sentais presque le gout du sang couler avec délectation au fond de ma propre gorge. Oui, j'aime cette aura destructrice et bestiale qu'il émane de lui à présent qu'il se focalise sur les cadavres.

Les tuer n'était que la première étape. Maintenant, il faut les démembrer, les rendre méconnaissable, leur arracher toute forme d'humanité et leur ôter la moindre trace d'identité. Un travail dans lequel notre cher canidé ici présent excelle purement et simplement. En même temps, il a le matos prévu à cet effet. Des crocs impressionnants, des griffes à toutes épreuves, une mâchoire puissante, des muscles imposants et un corps sculpté pour accueillir le temps. Dans la naissance du clair de lune, ce massacre ressemble tout simplement à une oeuvre d'art. Le sang terminant de s'écouler, formant des motifs bordeaux sur les rares touffes d'herbe que portait la terre de ce lieu.

J'en étais là de mon constat lorsque je l'ai senti. Ce changement dans l'air. celui m'annonçait qu'enfin, la Bête était rassasiée de son carnage. Et en effet, en relevant légèrement le regard, mes yeux vairons ont pu se plonger sans le moindre efforts dans les pupilles ambrées qui me fixaient avec une attention toute particulière. J'ai souri, sans broncher de ma place. Actuellement, je suis sur mon trône et lui accroupi à terre. Il est donc le dominé, c'est assez comique comme situation. Enfin, je ne suis pas là pour ça. Maintenant que j'ai son attention, il me reste encore un peu plus de 5 minutes pour en profiter.

"- Vasilis, je suppose. Enchantée de te rencontrer enfin. Je passe les présentations, je sais parfaitement que tu me connais via ton hôte humain."

Voilà, je plante le décor rapidement mais efficacement histoire que les choses soient claires entre nous. Oui, je n'ai pas peur de lui mais non, je ne le prends pas à légère contrairement à ce que mon apparence pourrait laisser paraître. je suis prête à réagir au moindre mouvement suspect de sa part mais pour le moment, je ne souhaite que discuter. Et je suis certaine qu'il est bien assez intelligent pour le sentir. C'est un Alpha après tout, l'Apex prédateur même selon ses propres dires alors je sais qu'il sait. Car nous nous ressemblons sans être pour autant être pareil, même s'il ne veut pas encore le reconnaître.

"- Bien, il parait que nous avons peu de temps alors j'irais droit au but. Ton Humain de compagnie, ton hôte, Aleksander ou qu'importe le nom que tu donne à cette autre partie de toi, à des petits soucis et dans votre intérêt à tous les deux, il serait bon que ses hallucinations et autres crises de delirium tremens cessent rapidement. Ma question est donc simple: sais-tu ce qui est à l'origine de ce phénomène?"

Claire, nette et précise. Quand je dis que je ne vais tourner autour du pot, je ne fais pas semblant. Qu'il apprécie ou non ma question, je m'en contrefous. Après tout, je ne fais même pas ça pour moi au fond, je n'ai rien à y gagner. Enfin si mais ça, je le garde pour moi. Par contre, il y a une autre question qui me brûle les lèvres et que je compte bien lui poser également.

"- Et sinon, je vais te poser la même question qu'à lui. Qui est le véritable Chef de Meute d'entre vous deux? L'Alpha par excellence, c'est toi ou c'est lui?

Ma queue bat à un rythme régulier, tel un métronome dans mon dos, c'est à peine si je me suis redressée, histoire de me tenir de façon un peu plus présentable. Et puis, même s'il se prend pour un roi, moi je suis réellement née princesse. Alors, je n'ai rien à lui envier.
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Dim 11 Jan 2015 - 21:57
La Bête transpirait d'une prestance écrasante. Sa seule présence alourdissait l'air, qui semblait, même si intangible, prendre peur. Quel genre de Créature pouvait inspirer l'effroi même aux éléments ?  Le Lycan, ses oreilles pointues dressées sur son crâne, s'orientaient vers le chat. Son interlocutrice.

« — Vasilis, je suppose. Enchantée de te rencontrer enfin. Je passe les présentations, je sais parfaitement que tu me connais via ton hôte humain. »

Il est vrai que la Créature n'avait pas perdu une miette de leur plan, et de leur première rencontre. Elle savait que cette déesse, curieuse, se retrouverait un jour face à face avec elle. Sa gorge commença à grouiller, réagençant son propre organisme. Il fallait bien qu'elle puisse s'exprimer, n'est-ce pas ? La Bête restait immobile, alors que son cou se distordait. Des cordes vocales. Et tout le réseau qui y était lié. Étrangement, le félidé n'éprouvait aucune peur. Serait-elle assez solide pour ne pas se briser au moindre de ses coups ? La question n'était pas là. Tout d'abord, il fallait achever sa mutation. Que ce corps était pratique. Plein de potentiel. Évolutif. Heureusement, il suffisait de piocher dans la structure humaine pour reproduire son système de communication. Car, jusque là, pousser un rugissement n'était pas semblable à parler.

« — Bien, il parait que nous avons peu de temps alors j'irais droit au but. Ton Humain de compagnie, ton hôte, Aleksander ou qu'importe le nom que tu donnes à cette autre partie de toi, a des petits soucis et dans votre intérêt à tous les deux, il serait bon que ses hallucinations et autres crises de delirium tremens cessent rapidement. Ma question est donc simple: sais-tu ce qui est à l'origine de ce phénomène ? »

Son... Humain de compagnie ? Amusant. Le processus de modification touchait à sa fin. Passant sa langue râpeuse sur ses crocs pour se défaire du sang, collant et désagréable, la Bête prit une inspiration profonde. Sa voix était rauque. Elle butait sur certains mots. S'arrêtait en cours de phrase pour reprendre sa respiration. Presque maladroite. Pourtant, même ainsi, il y avait quelque chose de terrifiant dans ce son inhumain qu'elle produisait, le modulant pour tenter de formuler des phrases. Elle apprenait.

« — Je suis presque déçu. Je pensais que tu l'aurais perçu. Ce louveteau, là, Aleksander. Il est tourmenté par son passé, aussi bien que par ses actes présents. Il se retrouve dans la même situation. Il tue quasiment involontairement, dépité par la fragilité des êtres qu'il rencontre, et confronte. Il n'a aucun soutien. Et craint de répéter l'histoire. Le savais-tu ? Reproduire les mêmes actions en espérant un résultat différent est signe de folie. Il n'a pas de contact avec les autres. Et même si la Créature qu'il est en train de devenir est solitaire, l'être humain, lui, a besoin de relation. Tu sais quoi ? Il a peur de lui-même. De ne pas être ce qu'il pense. De n'avoir aucune ambition. Aucune cause. Il se cache derrière l'excuse de la Bête qui n'aspire à rien, car elle prévaut sur tout, hein ? En réalité, il lui faut un objectif. Les humains sont comme ça. Faibles. Pour l'instant, tout du moins, Aleksander ne parvient pas à se défaire de sa nature humaine, et va subir de telles crises de démence régulièrement, jusqu'à ce qu'il transcende tout ça. Que la Peur ne soit plus qu'un mauvais souvenir. Qu'il se surpasse lui-même, puisque ce qui l'effraie, c'est Aleksander en personne. »

Il n'y avait rien à ajouter. Pourquoi acceptait-il de répondre à cette humble créature, qui pourtant semblait penser s'élever à sa hauteur ? Après tout, quel mal y avait-il à la laisser dans son délire ? Rien ni personne ne l'égalerait jamais. Peu importe la pensée des autres. Tout ce qui comptait, c'était que la Bête sache qu'elle était au sommet de l'échelle, et que l'ascenseur qui l'avait mené là-haut était un amoncellement de cadavres.

« — Et sinon, je vais te poser la même question qu'à lui. Qui est le véritable Chef de Meute d'entre vous deux ? L'Alpha par excellence, c'est toi ou c'est lui ? »

Le museau du Lycan se fendit pour laisser place à un rictus. Il s'y attendait. C'était tellement évident. Bien sûr, qu'elle se demandait. Devait-il lui répondre franchement ? Mentir, peut-être ? Non. La réponse serait venue d'elle-même, de toute évidence. Conservant son rictus, la Bête utilise sa voix caverneuse et déformée pour s'exprimer.

« — Le véritable, hein ? L'Alpha, le Prédateur tout-puissant ? Ca va te surprendre. C'est Aleksander, le véritable Monstre qui se cache dans l'ombre. Pour l'instant, il est bridé par ses notions humaines. Mais inconsciemment, il est en train de me consommer. De me faire disparaître. Et avec moi vont s'extirper tous les principes humains. Il ne sera plus que pulsion, et instinct. Quand ça arrivera, oui. Il sera le Prédateur Alpha. Parce que son potentiel est quasiment illimité. Tu ne le perçois pas, lorsque tu le regardes ? Il évolue en permanence. Apprend. Il enregistre un nombre incalculable de données et se les approprie. Tu vois où je veux en venir ? Je ne suis que son instinct. Une matérialisation pure et simple de sa brutalité. Je suis une part de sa futur personne. Ce corps, et notre mental, n'est qu'à l'état embryonnaire. Nous allons croître. Enfler. Et alors, même toi, arrogante et égocentrique, tu seras obligée d'admettre la supériorité de la Bête. Vasilis, c'est le nom qu'il m'a donné. Et chaque jour, je perds du terrain, alors que lui, change. »
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Re: Animaux en cage vaut mieux que Bêtes en liberté.... - Dim 11 Jan 2015 - 22:45
« — Je suis presque déçu. Je pensais que tu l'aurais perçu. Ce louveteau, là, Aleksander. Il est tourmenté par son passé, aussi bien que par ses actes présents. Il se retrouve dans la même situation. Il tue quasiment involontairement, dépité par la fragilité des êtres qu'il rencontre, et confronte. Il n'a aucun soutien. Et craint de répéter l'histoire. Le savais-tu ? Reproduire les mêmes actions en espérant un résultat différent est signe de folie. Il n'a pas de contact avec les autres. Et même si la Créature qu'il est en train de devenir est solitaire, l'être humain, lui, a besoin de relation. Tu sais quoi ? Il a peur de lui-même. De ne pas être ce qu'il pense. De n'avoir aucune ambition. Aucune cause. Il se cache derrière l'excuse de la Bête qui n'aspire à rien, car elle prévaut sur tout, hein ? En réalité, il lui faut un objectif. Les humains sont comme ça. Faibles. Pour l'instant, tout du moins, Aleksander ne parvient pas à se défaire de sa nature humaine, et va subir de telles crises de démence régulièrement, jusqu'à ce qu'il transcende tout ça. Que la Peur ne soit plus qu'un mauvais souvenir. Qu'il se surpasse lui-même, puisque ce qui l'effraie, c'est Aleksander en personne. »

Je vois, c'était bien ce qui m'avait effleuré l'esprit. Tout ça, ce n'est pas tant une peur de l'inconnu qu'une peur du trop connu, justement. il sait ce qu'il est, ce qu'il a été et cela le traumatise à tel point que même son esprit le rejette. C'est fascinant. Il n'y a bien que les Humains pour avoir de tels cas de conscience en tout cas. Il lui faut donc un objectif? Ça, ça ne devrait pas être le plus dur à trouver, surtout pour un type comme lui. Par contre, le fait qu'il doive subir d'autres crises similaires et durant un temps certain risque de lui compliquer sérieusement la vie. Là, personne était à côté et donc pas de témoin, même moi je ne sais que ce qu'il m'a raconté après coup mais dans la vie de tout les jours, ça pourrait lui arriver. Essayer de voir quand elles se manifestent pourrait peut-être réduire la progression des crises, ou au moins le préparer à les affronter. Enfin, j'aurais tout le temps de réfléchir au reste plus tard. Pour le moment, j'avais une autre question qui attendait sa réponse.

« — Le véritable, hein ? L'Alpha, le Prédateur tout-puissant ? Ca va te surprendre. C'est Aleksander, le véritable Monstre qui se cache dans l'ombre. Pour l'instant, il est bridé par ses notions humaines. Mais inconsciemment, il est en train de me consommer. De me faire disparaître. Et avec moi vont s'extirper tous les principes humains. Il ne sera plus que pulsion, et instinct. Quand ça arrivera, oui. Il sera le Prédateur Alpha. Parce que son potentiel est quasiment illimité. Tu ne le perçois pas, lorsque tu le regardes ? Il évolue en permanence. Apprend. Il enregistre un nombre incalculable de données et se les approprie. Tu vois où je veux en venir ? Je ne suis que son instinct. Une matérialisation pure et simple de sa brutalité. Je suis une part de sa futur personne. Ce corps, et notre mental, n'est qu'à l'état embryonnaire. Nous allons croître. Enfler. Et alors, même toi, arrogante et égocentrique, tu seras obligée d'admettre la supériorité de la Bête. Vasilis, c'est le nom qu'il m'a donné. Et chaque jour, je perds du terrain, alors que lui, change. »

Bien, très bien même. De mieux en mieux. Mon sourire s'est élargi sur mon visage, satisfaite. Ainsi donc, lui qui se croyait dépendant du monstre en était en réalité le maître puisque ce dernier n'existait pas réellement. J'espérais bien qu'il soit assez conscient pour entendre chaque mot, digérer chaque syllabe qui sortait de la bouche de la Bête. Vasilis n'était qu'une création, une projection qui avait pris corps et qui, au fur et à mesure, tendait à disparaître au profit de son créateur. Mais c'était lui, la création, qui faisait évoluer son créateur. Quelle perversité, quel jeu magistral. Pour le coup, je devais bien admettre que Deus avait réalisé là un coup de maître. Un pied de nez fantastique à la réalité. Je pense que ce genre de révélations risquaient de sérieusement secouer Aleksander. Le pauvre petit chou. heureusement, je serais là pour le consoler.

"- J'apprécie ta franchise. Peu importe ce que tu sois, converser avec toi est très instructif. Cependant, tu dois te douter de ma future question. Aleksander s'est déjà posé les mêmes questions que celles que je viens de t'énoncer. Alors, pourquoi n'avoir jamais pris la peine de lui répondre mais accepter de révéler tout cela à une parfaite inconnue?"

Oh non, il ne me porte aucun réel intérêt. A part peut-être celui du temps qu'il lui faudrait pour me réduire en pièce. Il est encore à l'état d machine, comme un enfant qui apprend. L'image est parfait en effet. Au départ, il n'y a rien à part les instincts primaires: boire, manger, dormir et jouer. Le reste ne vient qu'après, avec l'éducation et l'expérience. Hors, s'il est destiné à être solitaire, il ne gagnera qu'une seule partie du bagage qui lui sera nécessaire pour appréhender parfaitement le monde qui l'entoure. Voilà qui risque de lui être problématique. A moins que Vasilis ne se charge de cette étape éducative. Mais être éduqué par soi-même revient à se limiter. Car personne n'est omniscient. Pas même le plus grand des Prédateurs Alpha.

"- Prends garde à ne pas trop enfler quand même, Aleksander risquerait d'exploser sinon. Et ne t'en fais pas pour moi. Aussi arrogante et égocentrique que je sois, je connais mieux que quiconque mes propres limites et celle des autres. Son corps, je l'ai déjà inspecté et j'aurais maintes occasions de recommencer. Quand aux changements, ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire la grimace."

Oui, s'il commençait à se montrer trop dangereux pour moi, rien ne m'empêcherais de le réduire au silence avant qu'il n'ait atteint la fin de sa transformation. mais je voudrais le voir, c soi-disant être Alpha. Parce qu'être un Prédateur, c'est bien beau. Mais les pulsions et son instinct ne suffiront pas le maintenir en vie éternellement. Il aura besoin d'autres choses. Que Vasilis n'est as en mesure de lui offrir.

"- En tout cas, j'ai été ravie de faire ta connaissance. Au plaisir de te croiser à nouveau, la Bête. Et surtout, profite bien de ton existence, puisque celle-ci t'es comptée."

Non, je ne me moque pas. Je suis simplement réaliste. Il le sait parfaitement, qu'il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Alors je ne fais que le lui rappeler. Je n'ai toujours pas bouger de ma place mais je sens dans l'air que les choses changent. Le temps s'écoule, grain après grain dans le sablier de la vie. Le sien est quasiment terminé et bientôt, Vasilis repartira pour laisser la place au véritable chef d'orchestre. Aleksander.
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