Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

[Solo] - [Terminé] - Une arrivée... Bordélique.

Invité
avatar
Invité
[Solo] - [Terminé] - Une arrivée... Bordélique. - Ven 2 Jan 2015 - 15:58
ÉVEIL
Il s'effondra lourdement sur le sol du Temple. Son sang bouillonnait. Ses sens hurlaient. Ses poumons cherchaient vainement à s'emplir d'air, comme s'il sortait d'une apnée trop prolongée. Mais il n'en était rien. Des visions d'horreur lui revinrent, en même temps que les odeurs de chair brûlée. Sa chair.

Il s'intimait de se calmer, d'apaiser sa respiration. Ce qui n'eut pas l'effet escompter. Un malaise se répandit dans ses veines. Les environs n'étaient qu'ombres mouvantes, comme dans un cauchemar, les formes décharnées, irréelles, et ondulantes. Il se tordit, au sol, revint sur ses avant-bras, se redressa, et ouvrit la bouche. Ce qui en jaillit n'était rien d'autre que de la bile. La régurgitation, accompagnée de toute sorte de joyeux bruits intestinaux, fut de courte durée. Se répandant autour de lui comme une mare, elle cessa rapidement d'enfler, laissant l'auteur de la profanation reprendre sa respiration. Le sang battait à ses tempes, frappant régulièrement et en rythme l'intérieur de son crâne, produisant une migraine infâme. Une douleur sourde, comme si un explosion sonore venait de détruire ses tympans, continuait de l'anesthésier involontairement. L'air hagard, il se redressait difficilement, essuyant les commissures de ses lèvres du revers de la main. Bataillant avec ses genoux, il les plia à sa volonté, tâtant le sol de ses mains, avant de s'appuyer contre un mur. Le voile blanc qui le rendait aveugle jusqu'à maintenant se dissipant lentement, alors qu'il haletait lourdement, ses flancs se soulevant à la manière de soufflets de forge. Son haleine devenue fétide le dégoûtait, à tel point qu'il en vint à tenter de respirer à l'aide de ses narines. Aussitôt, le malaise reprit de l'ampleur, une odeur de fumée puissante lui déchirant les poumons. Toussant, il parvint finalement à éviter de vomir, à nouveau.

Qui était-il ?

Sa vue s'éclaircit légèrement, tandis que la lumière qui entrait par toutes les ouvertures du Temple lui faisait un mal de chien. Ses paupières battaient de façon hystérique, en cherchant à atténuer l'effet de son " réveil ". Il distinguait enfin le curieux lieu dans lequel il venait de s'éveiller. Ses cheveux blonds étaient plaqués sur son crâne par la sueur. Car oui, il lui semblait mourir de chaud, alors qu'il était totalement nu. Lentement, l'arrivant prenait conscience de ce qui venait de lui arriver. Comme des réminiscences. Ces vagues de souvenir martelaient son esprit, comme s'il se trouvait entre un marteau et une enclume. Des étincelles.
De la chaleur. Une chaleur suffocante, qui privait ses poumons d'air pur. La fumée qui faisait ruisseler ses yeux de larmes. Ses poignets lui semblaient encore lacérés par les liens sur lesquels il tirait, en hurlant. La douleur qu'il éprouvait lorsque sa mâchoire se déformait pour adopter celle, plus animale, de l'Autre. Le cri qui jaillissait, suintant de haine pure, de colère.

« JE VOUS HAIS. JE VOUS HAIS TOUS. »

Cette réminiscence-ci fut accompagnée de l'image de la Bête, la gueule ouverte, alors que les flammes consumaient sa fourrure, sa chair, puis ses os. Le frisson qui parcourut l'échine du jeune homme le rappela à sa condition, tandis qu'il titubait vers l'entrée du Temple, haletant toujours comme s'il venait de courir pour sa vie. Il se figea de terreur, lorsqu'une voix grave, au teint comme éthéré, l'interpella.

*Alors, ça te revient, Aleksander ?*

Aleksander. La prononciation même de ce mot transpirait de mépris. Une image se matérialisa dans son esprit, les deux yeux dorés de la Bête apparaissant dans le vide total et noir laissé par la peur, ses babines bougeant en rythme avec les mots. Il se souvenait de tout. La Bête, la Malédiction, tout cela recommençait-il vraiment ?
N'avait-il pas assez souffert ? N'avait-il pas assez donné ? N'avait-il pas assez servi les machinations démentes de ce qui l'habitait ? De la Chose qui errait en lui, attendant le bon moment pour jaillir et réduire tout ce pour quoi il oeuvrait en pièces ?
La colère qui bouillonnait désormais dans ses veines lui offrait une force nouvelle, qui le revigorait. Il se dirigeait d'un pas bien plus décidé vers l'entrée de l'Académie, se redressant, carrant les épaules, les dents serrées.
Où était-il ? Qu'est-ce que c'était, cet étrange temple ? Le soleil dehors était quasiment aveuglant, témoignant d'un début d'après-midi. Ses yeux étincelaient sous pareille lumière, et il émit un grondement animal.

*Eh bien, déjà en rogne ? C'est une deuxième chance qu'on a là ; histoire de palier à ta faiblesse. Tu sais, toi et moi, on peut accomplir de... Très grandes choses. Laisse-moi mener la barque, laisse-moi nous mener à la toute-puissance. Regarde-toi. REGARDE-TOI ! Tu es transparent. Tu n'as aucun objectif. Tu n'as plus aucun idéal. Pourquoi vis-tu ? Pourquoi respires-tu ? Je vais te le dire. Tu AIMES la violence.*

Quelque chose avait changé. Aleksander, arrivé dehors, constata que les fondations et l'architecture n'avait rien à voir avec celle qu'il connaissait. Était-ce le monde d'où il venait ? Cette fascination donna naissance à une interrogation. Sa transformation s'était résorbée. Chose qui n'était jamais arrivée par le passé. Il n'avait aucun contrôle. La Bête qui l'habitait, Vasilis, sembla contrariée. Peu importe qui l'avait amené là, et qu'importe comment il avait survécu, ou pourquoi il était nu. La personne qui avait fait ça lui avait offert une base de contrôle sur la Créature qui l'habitait.
Et cela l'avait arrêtée dans sa tirade. Un étrange sourire satisfait déforma les lèvres d'Aleksander. Peut-être allait-il enfin pouvoir prendre sa revanche sur l'infâme animal. Il plissa les yeux, pour discerner le ciel bleu et dégagé. Traversant une longue allée de pierre, encadrée de colonnades de pierres, Aleksander s'efforçait de faire la part des choses. Il tenterait de comprendre comment il était en vie plus tard. D'abord, où était-il ? C'était la priorité.
Alors, il l'avait aperçu. A plusieurs mètres de là. Dos à lui. Étrange amalgame de vêtements noirs, il lui avait adressé un regard, par-dessus son col sombre. Son long manteau, extravagant, frôlait le sol, tandis que ses yeux perçants se braquaient sur ceux, dorés, de l'arrivant. Ceux de l'homme en noir étaient orangés, et partageaient l'aura prédatrice des iris d'Aleksander, qui restait figé, stupéfait par l'arme que l'homme transportait.
En travers de son dos, sans qu'on aperçût ni sangle ni fourreau, reposait une épée terrifiante. La poigne enlacée de cuir dépassait du dos de l'individu, comme si elle tentait d'apercevoir quelque chose par-dessus son épaule. Le métal meurtrier hébergeait une nuée de visages hurleurs, faces prisonnières, peut-être, des victimes de l'arme. La lame aux bords déchiquetés était aussi large que son torse, et, fichée dans le sol, elle devait être plus grande encore que lui.
La Bête en Aleksander s'agita. Cela sonnait comme un défi, à ses yeux. Mais le Réanimé ne prit pas la peine de le considérer, et rapidement, l'inconnu se détourna de lui et partit. Désintéressé.
Par un homme nu, perdu, et qui marchait comme si de rien n'était. Rapidement, sa condition se rappela à lui. Il fut pris de vertige, et tomba lourdement à genoux. Ce qui eut pour effet de les écorcher, causant comme un déclic chez l'homme. Une explosion de rage sans pareille. Déraisonnable. Une colère sourde naquit subitement chez l'individu, qui rejeta la tête en arrière en poussant un cri, qui, aux premiers abords humains, s'acheva en muant vers un hurlement bestial. Une douleur bien plus importante que celle précédente lui fit l'impression que tout son corps se rebellait.
Ses os se mirent à craquer sinistrement. Comme une mélodie sépulcrale. C'est comme si toutes ses côtes souhaitaient profiter de l'air pur, son thorax se déchirant sous la pression. C'est comme si sa chair bouillonnait, remuait, prenait vie.
Sa peau se recouvrit d'un cuir épais, puis de poils aussi noirs que la nuit.
Ses mains se déformèrent, ses doigts s'allongeant.
Sa mâchoire se déforma.
Sa bouche, devenue gueule, grande ouverte sans que le moindre son ne s'en échappe.
Ses yeux perlèrent d'une larme due à la douleur insoutenable qui broyait son corps.
Puis ce fut le vide.

*****

De brefs éclats de conscience. Ses griffes labouraient la chair avec une aisance terrifiante.
Les blessures qu'il subissait s'accumulaient rapidement. Balles. Feu. Armes blanches.
La douleur ne faisait que le renforcer. Véritable ouragan de violence et de sang, chaque coup qu'il encaissait était rendu au quadruple.
Avec une frénésie transcendante, un plaisir non masqué, qui parvenait même à affecter sa nature humaine, il plantait ses crocs dans ses victimes. Ces crochets, recourbés, comme forgés pour ne pas lâcher sa proie, la forcer à arracher le membre saisi.
Le morbide spectacle se déroulait en accéléré. Rapidement, il en perdit le fil, et sombra.

Broyer.
Déchirer.
Briser.
Tordre.
Lacérer.
Dépecer.
Dévorer.

*****

Ce qui le réveilla fut le " BIP " sonore et régulier de la machine, étrange assemblage de composants d'acier, qui était reliée à son corps. Allongé, couvert de bandages. Aveuglé par la blancheur immaculée des lieux. Son oeil droit était également bandé, et en penchant la tête, il aperçut trois autres individus, eux aussi dans cette situation, dans cette atmosphère amorphe, et anesthésiée.
C'était probablement sa faute. La faute de la Créature.
Aleksander avait été spectateur de son involontaire déchaînement. Se recroquevillant, soumis à la Bête. Attendant le calme. Incapable de combattre.
Il s'était fait des illusions. Il ne pouvait pas lutter contre Vasilis. Sournois et implacable, le moindre écart ou déséquilibre lui suffisant pour refaire surface.
Comateux, un homme s'était approché de lui. Longtemps, il avait parlé au blondinet aux yeux dorés, lui expliquant la totalité de ce qu'il avait à savoir. Quelques précisions sur qui il était. Sur la raison de sa " survie ", ou plus précisément, de sa réanimation. Son statut, de Repenti. Son rôle de serveur au sein de la Cafétéria.
Et il s'était contenté de garder de silence, même lorsque l'individu, bienveillant, s'était levé, et été parti. Le fond sonore avait été ponctué par Vasilis, dès lors. Des remarques malsaines sur son statut de faible.
Mais, plus la Bête se répétait, moins elle l'affectait. Et elle sembla s'en rendre compte. Les va-et-vients continus entre les lits étaient nombreux, témoignant de l'affection que se portaient les élèves et professeurs entre eux. Cette fois encore, il en était exclu.
Alors, la Chose se tut, le laissant à ses pensées, contrariée de ne pouvoir se déchaîner. C'est comme si des chaînes la retenaient, la bridaient. Avec cela vint une constatation. Une idée s'était insinuée dans son esprit. Après tout, il n'avait rien à faire de cette seconde vie, si ce n'est se racheter, exact ?
Tant mieux. Il avait arrêté de vivre bien trop jeune. Une soudaine et brutale pulsion fit naître, sur un coup de tête, un idéal. Il voulait vivre. Rire, pleurer, saigner, souffrir, aimer, gagner, perdre. Et tant d'autres choses dont la vie l'avait privé par le passé. Et ce n'est pas Vasilis qui allait le stopper dans son élan. La Bête plierait à sa volonté. Deviendrait son outil.
Un sourire satisfait plaqué sur le visage, Aleksander attendit béatement sa guérison complète, tentant vainement d'engager la conversation avec ceux qu'il avait mis dans cet état, à sa gauche. Mais pour l'heure, ses muscles hurlaient de douleur, et ses blessures se rouvraient fréquemment, profondes, malgré les bandages et sa régénération passive.

Lorsqu'il quitta enfin les draps de l'infirmerie, enfilant son superbe costume, ses lunettes, et ses gants, il n'avait qu'un seul et unique objectif. Sa façon de parler le surprit lui-même, mais probablement était-elle plus adaptée à ces temps.

*Commençons par devenir le meilleur serveur de l'histoire de l'Académie. Ah, et, je veux tomber amoureux, aussi.*

Mais comme toujours, la Bête s'en mêla, bien que son intervention ne découragea pas son hôte. Comme déprimée par la situation.

*Tu parles. Une histoire sortie d'un conte de fées, ça, encore...*

Il était compliqué pour le Repenti de dire que son alter-ego et sa sinistre compagnie lui plaisait. Mais ils allaient passer une éternité ensemble. Et c'était pour le moment le seul contact qu'il avait. De plus, il venait d'envoyer à l'infirmerie plusieurs élèves, qui l'avaient arrêté dans son élan destructeur et dément. Alors, ils feraient mieux de commencer à s'apprécier. Mutuellement. C'est en ricanant qu'Aleksander franchit le seuil de la Cafétaria, à la recherche de son formateur.
Code by Rain
♦ Rose ou chou ? : Rose
♦ Combien de rides ? : 21
♠ Petits messages : 852

Feuille de personnage
Niveau:
15/30  (15/30)
Expériences :
14033/2000  (14033/2000)
Votre domaine: Matérialisation/Dématérialisation
avatar
Délégué(e) de la Communication
Délégué(e) de la Communication
Voir le profil de l'utilisateur
Re: [Solo] - [Terminé] - Une arrivée... Bordélique. - Dim 4 Jan 2015 - 10:35

… hum… est-ce qu’elle donne la papatte la gentille bébête ?
Je crois qu’il vaut mieux ne pas essayer…

Bon, en tout cas, devenir meilleur serveur 2015 de l’académie, en voilà une bonne résolution ! Ah, et tomber amoureux aussi. Quoique. Ca risquerait de virer un peu… bestial. Mais pourquoi pas, il y en a à qui ça pourrait plaire ! Quand on sait que certains fricotent avec des trucs tentaculaires… on ne doute plus de rien. En tout cas, bienvenue dans l’académie ! Puisque c’est un premier RP solo, il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour le dire !

Pas trop de fautes (contrairement à ce que tu pensais), plutôt joli et bien écrit… j’aime bien, il n’y a pas grand-chose à dire ! Bonne continuation, le conte de fées peut commencer !

Aleksander Anderson : 260 xps

Xps attribués : Yep
[Solo] - [Terminé] - Une arrivée... Bordélique.
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Arrivé a Jadielle...Mouillé...(Solo) [TERMINÉ]
» Qui m'aime me suive !
» Un soupir vient souvent d'un souvenir ... [solo, terminé]
» Un anniversaire, une nostalgie [Solo] [Terminé]
» Série de meurtre en Mavreah [Rp solo terminée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Temple de Deus-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page