Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Recherche d'identité

 
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Recherche d'identité - Ven 28 Nov 2014 - 21:28

~La mémoire dans la peau~



Eros n’en revenait toujours pas, il était mort. Mais il y avait quelque chose de bien dans tout ça, sa sublime beauté n’était pas en train de se faner dans le giron d’un cercueil bas marché. Il y avait des avantages à être devenu apprenti dieu surtout quand on avait le droit de gagner un pouvoir personnalisé. Il savait que son domaine divin était celui de l’amour et il s’en réjouissait. Qui d’autre que lui aurait pu représenter un sentiment si doux ? Il était la personne idéale ! Seul point noir dans sa nouvelle vie rêvé c’était qu’il ne se rappelait pas de son passé. Il ne savait rien de ce qui c’était passé avant son « éveil ». On lui avait expliqué qu’il était mort et qu’il venait d’arriver à l’académie. On lui avait répété milles fois les mêmes choses mais il ne les comprenait toujours pas. Il n’était pas blond sa longue tignasse rouge le prouvait bien, mais il avait tout de même du mal à comprendre toute cette histoire. Les deux seules choses dont il était certains c’était que premièrement il était irrésistible aussi bien auprès des hommes et des femmes et que deuxièmement il était arrivé dans un cercueil au nom d’Alexis Haros. Un nom moche et la personne qui devait l’avoir porté devait l’être tout autant. Sûrement était-il mort sinon pourquoi avoir prévu un cercueil ?

Poussant un soupire il décida de s’échappé de ses pensées tortueuses. Assis sur un banc devant la fontaine de l’académie, les bras entourant ses jambes recroquevillés il était resté ainsi durant une heure au moins. Que pouvait bien lui cacher sa mémoire ? Son cerveau était-il endommagé ? Etait-il mort d’un coup sur la tête ?
On lui avait dit que Deus le Dieu de tous les Dieux était capricieux et que parfois il s’amusait à changer la forme des gens. Ainsi était-il peut-être différent dans sa vie d’humain. Il secoua la tête négativement. Non il ne se rappelait pas avoir été autre chose qu’Eros Lussuris. Il ne se rappelait pas avoir manqué une seule fois un jour de solde dans ses magasins favoris ou encore manqué un rendez-vous manucure. Il ne se rappelait pas pour autant avoir fait cela… Son cerveau fonctionnait de manière étrange. Il se rappelait ce qu’il aimait faire, les choses qu’il détestait, ses expressions favorites, son film préféré, il se rappelait de tout ce qui le définissait sans pour autant se rappeler des moments qu’il avait passé à les faires. Ainsi il savait que le plaisir charnel était quelque chose de magique sans pour autant se rappelé l’avoir expérimenté. Drôle de chose que d’avoir la connaissance infuse.
Eros se mit à bougonné. Tous ses mystères commençait sérieusement à l’énervé. Comment pouvait-il débloqué sa mémoire ? Il avait si peu d’élément pour savoir qui il était. Eros Lussuris de Grêce. C’était sa seule certitude. Un pays de naissance.

Alexis Harros

Ce nom résonnait bizarrement aux oreilles de l’apprenti dieu. Une intuition ? Peut-être… Ou alors il devenait fou. C’était une option envisageable non ? A bien y réfléchir non, il n’était certainement pas fou juste perdu.
Eros se balança légèrement d’avant en arrière tout en murmurant une musique qui lui était familière mais dont il ne connaissait pas le titre.
Qui pouvait bien être cet homme ? Un amant ? Le nom de son assassin ? Pourquoi venait-il de penser à ça ? Avait-il eu une mort… assisté ? C’était possible après tout, du moins aussi probable que tout le reste. Cela pouvait être son demi-frère, son père, son tendre amour ou encore un quelconque inconnu qui lui ressemble. Non il ne pouvait pas lui ressembler il était unique. Que tout cela pouvait être agaçant…
Il sentit un parfum lui chatouiller les narines. Une odeur masculine lui rappelant la forêt, quelque chose se rapprochant de la flagrance des pins en été. Un jeune homme vint alors passer sous son nez lui décochant un sourire au passage. Des yeux couleurs miel, des cheveux bruns coupé court, des lèvres charnues, un petit nez faisant penser au bec d’un rapace et des fesses à tomber par terre. Eros sentit ses joues rougir tandis que son regard se portait sur le fessier dont le léger balancement était hypnotique. Très vite le bel homme à l’allure baroudeuse avec son t-shirt moulant, son jean troué et ses rangers couverts de boue entra dans le dortoir laissant à Eros tout le loisir de dessiner les courbes de son corps au cœur de ses rêves les plus excentriques. Il y avait de belles créatures au sein de cette académie et le jeune apollon ne savait pas comment ne pas succomber à leurs charmes. Le dieu de l’amour pouvait-il être aussi soumis à un tel sentiment ? Pouvait-il être volage ? C’était des questions d’éthique que se posait Eros depuis son arrivé et ses nombreuses rencontres avec la gente masculine et féminine. Il avouait tout de même avoir un penchant un peu plus important pour les hommes sans qu’il sache pourquoi. Peut-être l’amour des êtres emplis de testostérone était-il plus dur à gagner.
Il poussa un soupire d’aise. Une si belle rencontre lui rendait sa joie de vivre sans pour autant effacer toute ses questions. Il nota également dans un coin de son esprit qu’il se devait de retrouver un jour cet homme à l’odeur de pin et au regard de miel. Certainement qu’il pourrait faire plus ample connaissance.
En attendent il se devait d’éclairer dans sa tête le terme qui était raccroché au nom d’Alexis Harros. Il ne souhaitait pas découvrir que l’amour de sa vie d’humain l’attendait toujours sur Terre alors que lui avait oublié son existence et était décidé à passer à autre chose. Vous imaginez la chose ? Trompé son chéri en étant mort ? C’était tout bonnement impensable. On n’avait jamais entendu dire que l’on pouvait se faire cocue par ce qui était censé être un cadavre. La religion n’était pas tout à fait au point sur le fait d’une vie après la mort et elle ne mettait pas en lumière ce genre de situation.  
Eros frissonna. Peut-être avait-il laissé une famille… une femme ou un mari, un enfant, des frères et sœurs, des parents… Ne pas savoir était la pire des infamies.

- Un petit tour sur Terre s’impose.

Le jeune apollon décida alors de marcher jusqu’au port des deux dimensions. Etrange lieu que celui-ci. Des hommes en noir, le visage toujours encapuchonnés se tenaient prêt à mener quiconque le souhaitait dans l’autre monde à l’aide de leurs embarcations. Eros pensait toujours aux vieux mythes grecs en les regardent. Sa peau se couvrait d’une chair de poule instantanée tandis qu’il rabattait sur lui sa veste rouge dans l’idée de se réchauffer… ou de se protéger. Il lui fallait aborder l’un de ses êtres mais cela lui faisait horriblement peur. N’étaient-ils pas des passeurs ? Si sans l’ombre d’un doute. Mais étaient-ils comme les légendes grecques les décrivaient ? C’était la réponse à cette question que redoutait Eros. Peut-être que leurs capuches cachait un crâne sans yeux qui avait encore la possibilité de parler car sa langue était resté intacte comme le seul artefact d’une ancienne vie humaine. On disait que pour acheter leurs services il fallait leur donner une pièce en or. On leur donnait également dans les mythes plus anciens l’apparence d’un vieil homme sale. Eros ne savait pas vers quelle version se tourné. Il aurait préféré n’en choisir aucune et tomber sur un capitaine de navire célèbre comme celui par exemple, qui avait mené le Titanic. Bien que le navire n’ait pas survécu à sa direction…
Le jeune étalon couvert de rouge comme de papier cadeau se rapprocha d’un des passeurs qui attendait qu’on ait besoin de lui. L’embarcation sur laquelle il attendait était d’une sobriété efficace. Planche de bois sur planche de bois sans aucune fioriture, avec deux bancs le traversant, l’un étant pour le passager l’autre pour le passeur qui tenait en ses mains les deux pagaies.

-Euh… excusez-moi ?

L’homme encapuchonné tourna alors son visage vers son interlocuteur. Le dévisageant de ses… yeux noirs entourés de khôl.

-Ah…Oh… Vous semblez humain quelle merveille !

Eros instinctivement se mit à sautiller sur place. Il était si heureux. Le passeur avait tout d’un humain ordinaire, pas de crâne, de partie de son corps décharné, rien de digne d’un film d’horreur. Il semblait même jeune. Il avait de longs cheveux bruns, dépassant de sa capuche, décoré avec diverses babioles comme des perles, des pièces de monnaie, des bijoux et d’autre chose non identifiable. Ses yeux noirs semblaient aiguisés. Il portait une moustache et une double barbichette tressée avec quelques perles. Son sourire qui ne dura que quelques instants avant d’entendre les nouvelles paroles d’Eros dévoila quatre dents en or. Le jeune apollon se demandait s’il était bien face à un passeur et non à un… pirate.

- Et tu t’attendais à quoi crétin ? Toujours la même chose avec vous les nouveaux ! Vous nous voyez au loin n’osez pas nous approcher et quand bien même vous le faites si on a le malheur de vous répondre c’est soit vous vous pissez dessus soit vous pleurez de joie. Combien de fois je leur ai dit à la direction de nous changer nos uniformes ringards qui ne ressemble à rien ! Mais non Jack ! Ah mon uniforme il était bien à moi ! Loin de ses autres marins d’eau douce. Il me faudrait du rhum. Pourquoi on a plus de rhum ?

L’apprenti dieu de l’amour resta immobile sourcil levé en totale incompréhension. Quant au passeur il était en train de chercher quelque chose dans le bateau. Il fouillait des caisses disposées derrière lui qu’Eros n’avait même pas remarqué. En toute logique il cherchait du rhum mais il sortait à chaque fois des objets bien différents. Pistolet, pièce de monnaie, collier de perle et divers autres breloques eurent le temps de prendre la lumière pour quelques minutes. Eros le regarda faire tandis qu’il bougonné en parlent dans ses barbichettes.

- Euh… Je peux monter ?

Jack le passeur laissa sa quête de rhum en suspens pour reporter son attention sur l’apprenti dieu. Son regard cerné de khôl noir lui donnait encore plus un air méprisant.

- Je n’ai aucune sympathie pour toi l’asticot ni même la patience de prétendre le contraire, mais… (il leva un doigt vers le ciel) je ne suis pas contre un peu d’aventure et du rhum. Même si le bon rhum n’existe plus. Monte donc qu’est-ce que tu attends !

Eros s’exécuta au pas de course sans même prendre le temps d’ajouter un mot de plus. Le capitaine Jack oublia quant à lui définitivement sa quête de rhum sur son propre navire et pris soin de prendre les pagaies en main. Ils eurent à peine le temps de s’éloigner du ponton que le passeur se mit une nouvelle fois à critiquer sa tenue. Il se leva alors faisant basculer dangereusement l’embarcation de droite à gauche. Eros désespéré s’agrippa au bord comme un chat craignant de se prendre un bain d’eau froide. Il savait nager mais avait peur de mourir noyé. Il n’y a rien de plus laid que le cadavre d’un noyé. On pouvait être immortel et toujours craindre la mort de toute évidence.
La voix de l’apprenti dieu se fit criante de peur :

- Mais que faites-vous ?!
- J’enlève ses frusques ridicules pardi, elle me gènes dans mes mouvements.

Le capitaine Jack fit tomber l’uniforme de passeur à ses pieds. On aurait tout aussi bien dit qu’il avait enlevé un vieux drap grisâtre et sale de sur ses épaules. Ainsi l’homme ne se retrouva pas nu contrairement à l’idée soudaine qui avait jaillit dans l’esprit d’Eros. Il portait un gilet et une chemise en lin avec autour de la taille deux ceintures où y était suspendu toutes sortes de choses, il y avait une queue de singe sauvage à côté, une patte de poulet, et enfin une vertèbre de serpent attachée à une sculpture miniature de sirène. Un pistolet avait été glissé entre ses ceintures si bien qu’Eros en pâlit. Un vieux morceau de dentelle était noué au poignet gauche de l’homme et dépassait de sa chemise dont les boutonnières n’étaient pas fermées. Il portait également un bandana rouge et ses doigts étaient ornés de différentes bagues qui semblaient d’origine totalement diverse. A croire que l’homme était un ancien pirate ayant fait le tour du monde. Cela lui donnait un charme. Eros ne tomba cependant pas sous sa coupe, bien trop rustre pour lui.


- Me voilà mieux !

Le capitaine Jack fit quelques mouvements des épaules comme pour se préparer à une quelconque compétition sportive. Son sens de l’équilibre étant loin d’être parfait et ressemblait plus à celui d’un homme ivre, cela ne manqua pas de faire basculer l’embarcation à de nombreuse reprise au péril de chavirer.
Eros éprouva un immense soulagement au point de remercier Deus quand il vit son passeur prendre de nouveau place pour pagayer.

-_-_ BULLETIN CEREBRAL D’EROS _-_-

Mon passeur est loin de celui de la mythologie, c’est un ivrogne grossier ! Où est-ce que je me suis encore embarqué ? J’aurais mieux fait de courir après ce mec aux yeux de miel ! Pourvu que le monde des humains me soit plus agréable et que je trouve enfin qui est cet Alexis Harros. J’espère retrouver ma mémoire… C’est tellement chiant de ne se rappeler de rien même pas sa famille.
Glup
Oh… Je me sent pas très bien et mon estomac me le fait comprendre. Oh non ! J’ai le mal de mer !!

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

Le jeune apollon bascula la tête hors du navire pour se mettre à vomir. Le capitaine ne put s’empêcher de lui lancer des commentaires affables. Il était loin d’être un bon loup de mer. Ce qu’il voulait lui, c’était rejoindre le plancher des vaches et celui des vaches terriennes pour être exacte.
Jack se mit alors à chantonner une chanson d’un autre temps. Celui des quêtes par-delà les mers d’un trésor rendent les hommes riches. L’époque des pirates et de leur chasse. Eros était dans une sorte de transe en l’écoutant. C’était comme si le capitaine Jack était en train de partager ses souvenirs d’un autre temps avec lui. Cependant très vite Eros fut rattrapé par son mal de mer qui le fit de nouveau déglutir.




Quand il releva la tête tout en s’essuyant la bouche du revers de la manche il vit qu’ils étaient entourés d’une brume à couper au couteau. Il se demandait alors dans combien de temps il allait rejoindre la terre des hommes et si cette mer entre deux mondes n’abritait pas des créatures monstrueuses.




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Re: Recherche d'identité - Dim 18 Jan 2015 - 22:57

~Nouvelles en plein visage~



La brume était épaisse et Eros n’y voyait rien. Il cherchait pourtant à comprendre comment en navigant sur ce fleuve on était capable de se retrouver sur Terre. C’était incompréhensible. Il se pencha pour regarder l’eau faisant quelque peu tanguer l’embarcation. Rien. L’eau semblait normale. Il trempa un doigt dans la surface miroitante, s’attendent à découvrir une quelconque différence. Il n’en était rien. Ce fleuve, cette mer ou l’on ne savait pas trop quoi d’autre, était d’une banalité à mourir. Eros fit la moue tandis que le passeur le regardait avec un sourire amusé.

- Alors l’ami tu t’attendais à un truc magique ? C’est loupé. Ce courant ressemble en tout point à ceux sur lesquels j’ai navigué et croit moi j’ai vu des choses bien plus étrange que ça.

Eros le dévisagea un court instant. Sans doute que l’homme allait lui conter ses aventures. Ce ne fut pas le cas et il le comprit très vite en voyant ses yeux noirs cerné de khôl se poser dans la brume comme pour partir dans une sorte de transe étrange. Quelques minutes passèrent et le capitaine repris ses esprits du moins il plongea son regard dans celui d’Eros, donnant au corps de ce dernier une nouvelle crise de chair de poule.

- Au fait l’ami tu ne m’as toujours pas dit ou tu voulais aller ?
- Comment ça ?!

Jack arrêta de pagayer faisant stopper dans sa course l’embarcation au milieu de quelque part sans savoir trop où. Il se frappa le front de la paume de la main avec un air dépité.

- Pourquoi Deus a décidé de sauver cet être ? Un crétin même pas fichu de savoir me dire où on met le cap. C’est moi qui aurait dut être un apprenti dieu et pas ce genre de… chose.

Il fixa de ses yeux noir Eros tout en le dévisageant des pieds à la tête. De toute évidence il n’arrivait même pas à savoir s’il pouvait caractériser le jeune homme d’humain ou de créature étrange. Etait-il si laid qu’il faille réfléchir à la question ?  L’apollon se mit à virer au cramoisi.

- Oh ça suffit hein ! J’ai débarqué il y a pas longtemps alors tes remarques tu te les gardes capitaine Jack !

Il croisa les bras sur sa poitrine et fit une mine boudeuse. Il n’était pas ici pour se faire traiter de la sorte. Il était l’apprenti dieu de l’amour et n’allait pas se laisser invectiver par un homme débrayé et maquillé qui semblait plus attiré par le rhum qu’autre chose.

- Tu m’as toujours pas dit où on allait le nouveau.
- À Athènes !

Eros ne décolérait pas. Le passeur avait beau être un ancien capitaine de navire dans une époque lointaine et qui plus ais sans doute un pirate en vue de son choix vestimentaire de mauvais goût (du moins selon l’apprenti dieu) il ne se laissera certainement pas malmené par lui. Après tout il faisait office de taxi entre les deux mondes et il devait se plier au client non ? Tout cela était bien compliqué pour l’apollon en rouge mais il était persuadé d’avoir raison. Après tout personne n’avait pris soin de lui expliquer le fonctionnement du transport entre les deux dimensions. Il ignorait totalement que l’on pouvait choisir sa destination, même si au fond cela était logique.
Il partait maintenant en direction d’Athènes sa ville natale. Il se rappelait de comment était la ville mais comme à chaque fois aucun souvenir d’avoir arpenté ses rues un jour. Science infuse. Eros n’en pouvait plus de tous ses mystères. Comment pouvait-il se souvenir d’un bâtiment sans pour autant se rappeler avoir déjà été en face ou l’avoir déjà vu dans un livre ? C’était tout bonnement incompréhensible.
Eros se mit à bouder de plus belle. Il avait hâte d’arriver à bon port.

***

La brume commençait à se lever et le décor prenait enfin forme. Eros en eut des yeux pétillants, ils étaient proches des côtes grecs.  Le port de pirée reconnu alors l’apollon. Il se mit à taper dans ses mains gaiement. Enfin il était chez lui, le paysage qu’il avait toujours eu sous ses yeux depuis sa plus tendre enfance. Du moins c’est ce que lui disait son cerveau sans pour autant lui fournir d’explication.

- Enfin arrivé !
- Oui l’aventure se termine là… se fut encore un voyage sans surprise.

Jack poussa un soupire. La vie d’un passeur était d’une monotonie alarmante, toujours à faire le taxi pour les membres de l’académie sans pour autant qu’on le remercie. Après tout c’était son boulot. Eros lui lança par-dessus ses lunettes un regard compatissant. Il n’aurait pas dut être aussi vache avec lui, même si celui-ci l’avait bien cherché après tout. Le jeune homme se mordit la lèvre inférieure. Jack n’était pas une mauvaise personne et maintenant qu’il s’en rendait compte il… le trouvait charmant. Un petit air sauvage et un look de vauriens. L’âme d’un aventurier dans toute sa splendeur.
Eros détourna le regard tandis que ses joues vinrent se colorer en sa couleur favorite, le rouge tendre et vif.

- Hey ! Euh… C’est quoi ton nom déjà ?
- Eros Lussuris et vous ne me l’avait jamais demandé.
- Fort bien, fort bien euh… Tu souhaites que je te conduise au port ou en pleine ville Zéro ?
- C’est Eros et pas zéro !! Le port suffira merci !

L’apollon croisa ses bras sur la poitrine. Décidément le petit charme qu’il avait trouvé au capitaine venait de s’évanouir comme par magie. Lui qui répondait toujours sans réfléchir se mit à repenser à ce que venait de lui demander le passeur. Il était possible au bateau de le déposer… en ville ? Comment cette barque pouvait-elle passer inaperçus ? Et comment faisait-elle pour sortir de l’eau ?
Eros se mit à regarder les planches de bois comme s’il s’attendait à ce qu’elles lui parlent. Ne trouvent rien d’inhabituel et sentant le regard d’un certain homme peser sur ses épaules le jeune homme abandonna son idée de comprendre une telle chose. Il se résolu à admettre que le bateau avait quelque chose de magique comme les rennes du père noël. Une idée simple avec laquelle il pouvait s’accommoder.
Ils ne prirent pas longtemps à atteindre le port. Personne ne semblait remarquer leur embarcation pour autant, ce qui laissait le jeune homme quelque peu perplexe. Le bateau était peut-être équipé d’un dispositif d’invisibilité. Les yeux de l’apprenti dieu se mirent à pétiller. Il pouvait devenir invisible et faire tout ce qu’il souhaitait, jouer de mauvais tour, esquiver les cours, espionner les gars sous la douche un peu plus longtemps… L’idée lui fit rosir les joues. Quelle folle idée. Lui revint alors en pensé le beau baroudeur qu’il avait vu ce matin avec des fesses à se vendre au diable. L’espionné ne serait déplaisant. Il posa les mains sur ses joues et se mit à se dandiner.

- Non je ne peux pas faire ça c’est trop… Trop…
- V’la que tu te mets à parler tout seul moussaillon ? Méfis toi que le soleil ne te tape pas trop sur la tête. Il te faudrait du rhum tiens. Rien de mieux que le rhum et les femmes pour réconforter.

Eros le regarda par-dessus ses lunettes. Il ne c’était même pas rendu compte qu’il avait parlé à voix haute. Le capitaine Jack lui apparaissait pour autant être un coureur de jupon et de bar inébranlable. Un pilier de comptoir comme on en faisait plus. Il se demandait quelle tête il ferrait s’il apprenait qu’il était bisexuel à forte tendance homosexuelle. Le jeune homme le lui aurait bien dit mais son regard venait de passer sur les pagaies et il se disait que si l’homme était homophobe il se les prendrait sans doute en plein visage. Il ne souhaitait pour rien au monde abîmé sont beau visage. Un dieu de l’amour ne pouvait en aucun cas se permettre d’être défiguré, même s’il se doutait que l’académie avait assez de ressource pour lui permettre de faire de la chirurgie esthétique de manière instantané.

- On est arrivé.

Le navire se trouvait maintenant près d’un des pontons en pierre prêt à permettre à Eros de débarquer. Ce dernier ne se fit pas prier et se dépêcha de sauter hors de cette barque bien trop encline à chavirer à chaque fois qu’il prenait l’envie au passeur Jack de se lever. Il s’épousseta comme s’il venait de sortir d’un vieux grenier poussiéreux. Il prit une grande goulée d’aire et un large sourire vint s’épanouir sur son visage.

- Ah ! Le monde des humains m’avait manqué. Qu’il est bon de retourner chez soi.

Jack le regarda d’une drôle de façon et il ne put retenir l’une de ses remarques sarcastiques.

- Tu es bien un drôle d’oiseau toi. Deus à de drôle de lubie.

Eros sentait sa patience être à rude épreuve. Pourquoi ce passeur de pacotille était-il toujours en train de le rabaisser ? Il se trouvait digne de son statut d’apprenti dieu de l’amour. Qui d’autre que lui aurait pu avoir ce don ? Personne.

- Merci pour le transport mais je dois y aller.
- Oh mais de rien. Quand tu voudras repartir à l’académie tu n’auras qu’à me donner le signal.
- Ok.

Jack était en train de s’éloigner avec une rapidité qu’Eros ne pensait pas possible. Il devait avoir des bras en acier pour pouvoir maintenir cette allure. Il le soupçonnait d’ailleurs de ne pas s’être donné autant de mal pour le trajet jusqu’ici. Le capitaine aurait-il prit tout son temps ? C’était une éventualité, de toute manière Eros était bien content de se débarrasser de se fauteur de trouble. Il savait tout de fois qu’il devrait faire appel à lui pour le retour. Le retour ? Le signal ?
Eros poussa une exclamation.
Il ne connaissait pas le signal pour donner l’ordre du départ. Il regarda la mer devant lui en quête du navire. Il ne le vit pas. Il poussa un long soupire et resta ainsi les bras balan.

- Me voilà bien. Je ne suis même pas capable de retourner dans mon nouveau chez moi.

Le jeune apollon commençait à croire que Deus pouvait lui en vouloir. Comment le sort pouvait-il s’acharner autant sur lui ? C’était à peine croyable.
Eros se remit bien vite de sa mésaventure et était bien décidé à partir en quête de cet Alexis Harros de malheur.
Comme si de rien était l’apprenti dieu se déplaça tel un touriste dans le port à la recherche de… de quoi au juste ? Il n’en savait rien. Il attendait un coup de pouce du destin. Il avait bien pensé demander au passant s’il ne connaissait pas l’homme qu’il cherchait mais les humains le dévisageaient comme s’il était une bête étrange. Il était bon de noter que son look ne passait pas inaperçu. La longue veste rouge qu’il portait laissait ses épaules à nue et il ne faisait rien pour que cela soit autrement. Sa chemise blanche était contenue sous un veston de barman comme s’il craignait qu’elle ne s’échappe de sa propre volonté, quand à ses chaussures il s’agissait de botines à talon impressionnant de la même couleur que la veste. Une tenue androgyne avec une longue tignasse de la même teinte dominante, il y avait de quoi en surprendre plus d’un.  Autant dire que les Athéniens ne souhaitaient pas approché un tel être étrange au point que les mères cachaient les yeux de leur enfant à son passage.

Le jeune homme se mit à errer dans les rues sans véritable but. Il essayait de faire jouer sa mémoire mais c’était en vain. La connaissance infuse qu’il avait ne lui était d’aucune utilité. Il se rappelait le nom des rues et des boutiques mais aucun souvenir ne traitait de la dernière fois qu’il les avait empruntés. C’était un fait bien étrange et il ne le comprenait pas. Son propre cerveau lui était inconnu. Trahis par son propre corps. Voilà un sentiment qu’il ne connaissait que trop bien.
Soudainement une rafale de vent vint lui faire prendre un vieux journal en pleine figure. Le ninja se débattit croyant subir l’attaque d’une étrange créature qui essayait de lui arracher le visage. Il porta ses mains à son visage et enleva le bout de papier. Rassuré il se mit à regarder ce qui l’avait honteusement attaqué. Un journal des plus banals parut il y a une semaine à peine. En grand titre était affiché « le monde toujours en deuil ». Intrigué le jeune homme continua de lire l’article. La surprise fut au rendez-vous.

Le journal relatait la mort d’une icône mondiale de la musique classique, « un génie du violon» précisait le journaliste. L’apollon poussa une exclamation quand il vit le nom du dit artiste : Alexis Harros. LE Alexis Harros. SON Alexis Harros.

Machination. Coup du destin. Incompréhension totale.

L’apprenti dieu se laissa glisser au sol comme s’il était en train de fondre sous les rayons du soleil. Il avait raison depuis le début, l’homme était bien mort. Mais pourquoi ? Comment ?
Il parcourra à nouveau la feuille de choux en quête d’information. Dépouillant minutieusement le dossier page 13 du dit journal.
Il fut déçu de voir que le journaliste ne relatait pas de véritable information sur la star du violon mais se concentrait sur les manifestations de son deuil à travers toute la planète. Il apprit cependant qu’Alexis était mort dans un incendie, un terrible incendie qui aurait réduit sa maison en un tas de cendre et que celui-ci était… d’origine criminelle. L’homme avait ainsi donc été assassiné. Chose impensable étant donné son rang de star mondial mais qui était pourtant arrivé. La Grèce en était profondément choquée.

Un incendie, des flammes, une chaleur étouffante, la peau qui se consument et deviens cendre. Du rouge, du rouge partout. Sur lui, sur les murs, plus aucune autre couleur.

Un écran noir vint s’imposer dans l’esprit d’Eros comme s’il allait assister à un film. Un film qui, il le  savait, serrait trop éprouvant pour lui mais qu’il devait voir.




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Re: Recherche d'identité - Mar 3 Fév 2015 - 0:42

~Pluie & Flammes~


Il se trouvait dans une immense bâtisse aux murs blancs. C’était sa nouvelle maison. Il l’avait prise à cause de la superbe vu qu’elle donnait sur la mer. Le nombre de chambre, de pièce et de salle de bain lui importait peu. Lui qui avait vécu dans une maison dont il devait partager la chambre avec ses parents, avait appris à se concentrer sur l’essentiel. Pour l’heure tout ce qui lui importait c’était d’exercer son art : le violon. Toute sa vie tournait autour de ça depuis son enfance.
Ce soir il avait décidé d’aller s’exercer dans son studio personnel. Seul pièce qu’il avait exigée lors de son achat immobilier. C’était son antre, son jardin secret. Personne n’y était jamais entré et il n’en sera jamais autrement. Certain aurait qualifié ça de caprice de star mais il n’en avait rien à faire.
Le studio était d’un blanc immaculé comme toute la maison à peu de chose près. Au mur était accroché ses trophées : des disques d’or, des coupures de journaux et de vieilles affiches plastifiées pour l’occasion. On aurait pu se croire dans un véritable musé dédiée à sa propre personne mais ce n’était pas ainsi qu’il l’envisageait.
Quand il était enfant il avait pris pour habitude de coller tout ce qui lui plaisait dans un cahier de cours qui n’avait jamais été totalement remplie. Ainsi il y avait épinglé des fragments de sa vie de gamin et des images de ce qu’il souhaitait faire. En continuité à cette étrange lubie il avait décidé d’épingler au mur ce qui lui rappelait ses meilleurs moments, dans sa carrière comme dans sa vie personnel. Il n’était donc pas étonnant de voir des photos de famille entre deux articles de journaux.  Il y avait même des revues étrangères dont il était bien incapable de lire le contenu.
Inspirant à grande goulée comme si la pièce renfermait un précieux oxygène introuvable ailleurs, il se mit en quête de son instrument.
L’étui était au même endroit qu’à son habitude. Il était vieux et abîmé. Il l’ouvrit avec délicatesse et en sortit le plus grand de ses trésors, un violon. Ce dernier ressemblait à une antiquité, s’en était une en quelque sorte. Le premier violon que l’artiste avait eu. Des mois d’économie pour ses parents et une acquisition faite grâce à son mentor. Son maître, celui qui lui avait tout appris, celui à qui il devait tout mais aussi celui à qui il vouait une haine viscérale. Une rage sourde prenait vie en lui à chaque fois qu’il croisait son regard. Il crispa ses doigts sur le vernis écaillé de l’instrument. Ce n’était pas le moment de penser à ça, il devait se concentrer, rester calme.
Calant l’instrument sur son épaule prenant l’archer en main il se mit à jouer. D’abord un air qu’il connaissait puis une improvisation comme lui seul en était capable. La musique était douce et mélancolique, sans doute un mélange des émotions qu’il ressentait en jouant mais qu’il ne savait pas exprimer autrement.
Il ne sue pas pendant combien de temps il jouait. Il se laissait gouverner par son envie de jouer même si son corps lui réclamait parfois du mouvement. Figé tel un piquet, les yeux clos, c’était son moment de détente. Mais un bruit étrange lui parvint. Un fracas provenant de quelque part dans la maison. Chose inhabituel étant donné l’heure tardive.
Il posa l’instrument dans un coin et décida de partir en quête de l’origine de se boucan. Le bruit devint de plus en plus intense. Quelque chose en verre tomba au sol et il entendit comme des martèlements ressemblant à des pas.
Il ouvra la porte du studio prenant garde de l’entrouvrir pour jeter un œil à l’extérieur. Il pensa immédiatement à appeler la police, se croyant victime d’un cambriolage. Il ne comprenait pas comment le voleur avait pue déjouer le système de sécurité soit disant haute gamme.
Le téléphone le plus proche se trouvait dans l’une des chambres qui par chance était juste à côté de son jardin secret. Il sortit en prenant soin de faire le moins de bruit possible. Une odeur forte vint lui monter au nez. Une flagrance immonde qui l’obligea à se cacher le nez avec la main. Il connaissait cette odeur mais n’arrivait pas à l’identifier. Son cerveau semblait bien trop concentrer sur un moyen de survie. La panique commençait à le gagner. Il sait que tout cela ne présage rien de bon et cette odeur… cette odeur… d’essence.
Il se figea alors que sa main était prête à tourner la poignée de la chambre. De l’essence. Cela ne pouvait signifier qu’une chose. On allait incendier sa maison.
Passer un coup de fil ne suffirait pas à éviter la catastrophe. Sortir. Il devait sortir à tout prix. Sauver sa peau.
Plus question de rester silencieux, il se précipita dans le couloir à la recherche d’une sortie. Il connaissait la maison et savait qu’il existait une multitude de possibilité. Il décida de commencer par le salon ou la porte fenêtre donnant sur le jardin lui permettrait sans doute de survivre à l’enfer qui allait bientôt s’abattre sur lui. Il était aux aguets ne sachant quand le cambrioleur allait frapper. Il tourna sur sa droite prenant un nouveau couloir qui, il le savait, le mènerait vers la sortie.
Alors qu’il courait il entendit le bruit d’une porte qui claque derrière lui. Il ne se retourna pas. Il savait que c’était le voleur. Maintenant qu’il avait vu qu’il était toujours là il allait sans doute le tuer. Sortir. N’avoir que cette idée en tête sans jamais se retourner.
Il vit la baie vitrée et sa porte fenêtre. La vue sur la mer. Celle qui lui avait fait acheter la maison. Sans importance. Il lui fallait sortir. Il tourna la poignée et poussa.
Rien.
La porte ne s’ouvra pas. Il était coincé. Il tenta de donner des coups d’épaules dans la porte vitré mais c’était peine perdu. Lui revint alors en tête ce que lui avait dit la femme de l’agence. Les vitres étaient renforcés afin d’assurer sa sécurité. Douce ironie, cette sécurité serrait l’agent de sa propre mort.
Les bruits de pas derrière lui se firent plus calme plus posé. Il était piégé. Son bourreau se savait vainqueur. Il devait affronter. Se retourner. Essayer le tout pour le tout. Trouver une arme. Faire quelque chose.
Il se retourna d’un coup sec faisant danser ses longs cheveux noirs autour de lui. Il le vit. Le voleur, son bourreau, son… C’était impossible. Il cligna des paupières à plusieurs reprises ouvrant la bouche et la refermant comme un poisson. L’odeur d’essence se fit encore plus intense alors que l’homme face à lui commençait à sourire de manière bestial.

- Toi ?

L’homme était habillé tout en noir, une capuche rabattu sur sa tête. Son visage était pourtant parfaitement visible pour lui qui se trouvait en face de lui, mais pas pour les caméras de sécurité. Les rides dessinaient à son visage des traits inquiétant, une barbe lui dévorait une grande partie de la mâchoire lui donnant un air sauvage. Un air de fou. Le visage d’un tueur.
Il prit quelque chose dans sa poche. Sortit un paquet d’allumette. Il en sortit une du paquet, la gratta sur le côté et leva triomphalement la flamme devant son visage.

- Moi.

Il lança l’allumette au sol un peu plus loin devant lui. Le sol s’enflamma. Vite. Trop vite. Une ligne de flammes fonçait à toute allure vers la porte fenêtre. Piégé. Depuis le début.
La chaleur l’étouffait, les flammes commençaient à lui lécher le corps. Il se débat. Cours. Traverse les flammes. D’autres surgissent devant lui. Il était encerclé. Il protégea son visage par réflexe et vit ses avant-bras en souffrir. Il ne sentait plus sa peau, juste la morsure des flammes et cet air étouffant. Il toussa, suffoqua. Il regarda autour de lui. Un moyen de se protéger, de se défendre, de s’abriter. Rien il n’y avait rien. Ses yeux le piquèrent. Il s’écroula. Il regarda au-delà des flammes cherchent son bourreau. Rien. Il était partit. Sa sale besogne était faite. La seule chose qu’il vit était une statue au milieu des flammes. Son éclat blanc semblait irréel. Un enfant ailé tenant un arc. Un cupidon…


Eros toussa, cracha. Il lui semblait que la fumée était entrée dans sa gorge. Ses yeux le piquèrent. Il sentait presque les flammes le dévorer pourtant ce n’était pas le cas. Il regardait autour de lui et ne voyait que la rue ou il c’était aventuré. Pas d’incendie, pas de grande maison, pas d’assassin. Le journal était encore dans sa main mais n’était plus qu’une boule de papier froissé. Ses mains étaient crispées comme tout son corps. Les muscles tendus à l’extrême prêt à fonctionner dans l’urgence. Mais il n’y avait aucune attaque, aucune raison de paniquer.
Une vision. Il avait eu une vision, mais c’était quelque chose de bien trop réel. Il était dans le corps de quelqu’un d’autre. Le corps d’Alexis Harros. Il en était certain. Mais loin d’être une vision pour lui c’était un souvenir. L’article avait provoqué comme un déclic dans son cerveau. Quelque chose c’était débloqué, ce souvenir. Mais pourquoi ce souvenir était celui d’un autre ? Qui… Etait-il ?
Il lui semblait ne plus être lui-même.
Il poussa un crie de rage et de désespoir mêlée au beau milieu de la rue que personne ne semblait fréquenter à part les chats de gouttières. Il était la proie d’une colère et d’une tristesse immense. Il lui semblait que Deus était cruel avec lui. Le destin semblait s’acharner sur sa personne. Il ne comprenait tout simplement pas. Alexis Harros et lui était lié par quelque chose de puissant mais qu’il ne comprenait pas, qu’il ne pouvait pas approuver. Il n’était pas question d’amour, pas question de sentiment, de lien familiaux. C’était beaucoup plus que ça. C’était… un souvenir. Une autre vie.
Il porta les mains à son crâne tout en poussant un crie. Sa tête semblait vouloir exploser.
Un souvenir. Une autre vie. Un autre être. Eros Lussuris n’était qu’une invention. Tout ce qu’il était n’existait pas.

Il n’existait pas…

Triste vérité que l’apprenti dieu était en train d’expérimenter. Sa tête semblait remplie de chose qu’il n’avait pas vécue, une vie fabriqué. Il poussa un nouveau crie déchirant. Son corps se mit à trembler. Il était en état de choc. Un rideau noir vint s’abattre sur ses yeux tandis que son inconscient sombrait dans un sommeil réparateur. Il c’était évanoui.

***

Eros sentit qu’on était en train de le secouer. Il était trempé jusqu’aux os et avait froid. Son corps semblait se réveiller. Il retrouvait petit à petit ses sens.

- Monsieur ? Monsieur vous m’entendez ?

C’était étrange on semblait l’appeler. Qui cela pouvait-être ? Il avait une voix douce mais elle semblait montrer une certaine panique dans l’instant. Eros aurait bien souhaité que cet homme lui chante des mots d’amour. Il avait une voix si tendre et moelleuse.
L’apprenti dieu se mit à ouvrir les yeux.
Un homme était penché sur lui et le secouait comme un prunier.

- Ah vous voilà réveillé. Vous vous sentez bien ?

Eros resta ainsi à regarder cet homme tout en battant des paupières à intervalle régulier. Il c’était mis à pleuvoir et il se savait allongés sur le sol contre la pierre dur et froide. Il contemplait son sauveur, du moins celui qui était en train de serrer ses bras tellement fort qu’il était sûr que cela laisserait des marques. Il était beau. Ses cheveux blond était trempé ce qui lui donnait des reflets caramel. Ils tombaient devant ses yeux. Des pupilles émeraude se mariant si bien avec son teint pâle et sa tignasse qui mouillé semblait indomptable. Un sourire vint se dessiner sur le visage d’Eros tandis que sans qu’il s’en aperçoive une main vint le lâcher et à l’aide d’une lampe de poche vint lui griller la rétine.

- Monsieur ? Vous pouvez me répondre ?

Il dégagea la lampe de devant ses yeux et donna un coup d’épaule pour que l’homme finisse enfin par arrêter de lui agripper le bras de cette manière.

- C’est bon… je ne suis pas sourd vous savez ?

L’homme plissa les sourcils fin mais parfaitement dessiner lui donnant un air colérique tellement craquant. Eros se serrait sentit fondre s’il n’avait pas autre chose en tête. Sa vision, son… souvenir.
Il poussa un soupire.

- Dites-moi votre nom et ce qu’il vous ait arrivé.

Cela apparaissait comme un ordre et le jeune homme ne résista pas à sa gueule d’ange.

- Eros Lussuris. Je me suis évanoui après euh… une mauvaise nouvelle..

Il n’allait tout de même pas dire à cet inconnu qu’il était un apprenti dieu, une sorte de mort vivant et que pour couronner le tout dans sa vie humaine il était une star du violon.

- Eros…

Le pli soucieux sur le front du sauveur se détendit soudainement et un sourire essayait d’apparaitre sur ses lèvres. Il essayait cependant de ne pas le montrer et de garder son sérieux. L’apprenti dieu comprit soudain. Il était en train de se foutre de sa poire.

- Je ne vous permets pas de vous foutre de ma gueule.

Il tenta de se relever mais l’homme apposa la paume de sa main sur son épaule l’obligeant à être en position assise sous la pluie battante.

- Je peux savoir qui vous êtes et ce que vous tentez de faire ?

Il était en rogne. Non seulement il venait d’apprendre que sa vie était fausse (chose qu’il essayait de mettre de côté dans son esprit) mais il était maintenant affublé d’un empêcheur de tourner en rond. Même si celui-ci était mignon il commençait à devenir pot de colle.

- Je suis ambulancier et je suis venu quand je vous ait vu allongé au sol sous la pluie, alors je suis désolé mais avant que nous nous m’étions à l’abris j’aimerais vérifié que vous n’avez pas une commotion cérébral.

Il recommença à braquer sa lampe de poche sur les yeux d’Eros. Cette fois il prit même soin de bien écarter ses paupières tandis qu’il était en train d’observer ses pupilles. L’apprenti dieu croisa les bras tout frissonnent. La pluie qui leur tombait sur le dos ne semblait pas importuner l’ambulancier.

- Bon vous n’avez rien.
- Je vous avait bien dit que j’allais bien.
- Nous allons nous mettre à l’abris chez moi.
- QUOI ?!!
- Soit vous venez chez moi à même pas une rue d’ici soit je vous conduis à l’hôpital c’est vous qui voyez.
- Très bien je vous suis.

Eros se releva et suivit l’ambulancier à contre cœur. Pour une fois l’apprenti dieu de l’amour n’était pas enclin au batifolage. La vision des flammes rouges ne voulait pas le quitter. Depuis son réveil à l’académie il avait vécu dans un tel mensonge. C’était quelque chose d’insupportable. Pourquoi Deus était-il si cruel avec lui ?
Avait-il été si mauvais durant sa vie humaine ? Non, il ne pouvait pas être quelqu’un de mauvais, après tout si sa vie avait été pleine de pêché il aurait été un… un… comment ça s’appelait déjà ? Il y avait bien un groupe de personne à l’académie qui concernait cette catégorie de personne. Les repentis. Le mot lui revint en tête. Il n’était pas l’un d’entre eux, il n’avait donc pas eu une vie de pêcheur.
Tout était embrouillé dans son crâne. Il ne se rappelait toujours de rien mis à part de sa mort. Il était cependant certains qu’il était ou du moins avait été Alexis Harros.

- C’est ici que j’habite.

L’apollon sortit de ses pensées noires. Il avait suivi son guide sans même faire attention. Des gestes automatiques, c’est comme ça que l’on expliquait ce phénomène, mais il s’en fichait royalement. Plus rien n’avait véritablement de valeur pour lui maintenant. Tout n’était que mensonge pour lui.
L’ambulancier ouvrit la porte de sa maison et invita le jeune homme à rentrer. Celui-ci ne se fit pas prier pour se mettre à l’abri de la pluie.
La maison était d’une simplicité efficace avec des murs blancs et le strict minimum en ameublement. Cela restait pourtant moderne avec des notes de noir et de gris. On était loin de la chambre d’Eros à l’académie avec ses murs rouges, ses coussins et ses peluches aillent en grande partit envahi la pièce. Se trouvant un peu bête, l’apprenti dieu n’osa pas avancer plus loin que le paillasson.

- Euh… Il faut que je pose mes chaussures ?

Son sauveur se mit à rire tandis qu’il avait avancé dans la pièce avec ses godasses pleines de boue laissant derrière lui des traces marrons immonde sur le carrelage à damier noir et blanc. Il prit le temps d’enlever son blouson avant de répondre.

- Vu l’état général de vos vêtements il vaudrait mieux tous les enlever. On est trempé comme si nous avions plongé dans une piscine tout habillé.

L’apprenti dieu vit ses joues virer au rouge. Il se détourna ne souhaitant pas montrer son embarras. Il commença naturellement par enlever ses bottines. Il fit une grimace en constatant l’état de ses souliers. On ne voyait pratiquement plus la couleur rouge, il n’y avait plus que du marron partout. Il lutta pour ne pas demander à son hôte s’il n’avait pas un moyen de les sauver de cette gadoue immonde.

- Je vais vous cherchez des vêtements.

Bien qu’on ne l’aurait pas cru possible Eros était encore plus rouge. Il ressemblait maintenant à une écrevisse. Plus rien chez lui n’avait une couleur d’un autre teinte. Il porta sa main à sa joue cherchent une contenance. C’était peine perdu, surtout que l’ambulancier était maintenant revenue torse nu, une serviette posé sur l’épaule et les cheveux ébouriffés.

- Tenez.

Il s’approcha et tendit à son invité un tas de vêtement plié. Celui-ci le prit tout en évitant de croiser les yeux émeraude qui allaient le mener à sa perte.

- Je ne sais pas si nous avons la même taille mais c’est tout ce que j’ai.
- Une serviette peut me suffire vous savez. Cela ne me dérange pas d’être trempé.
- Non il en va de votre santé.

L’homme ne semblait pas rigoler sur ce sujet-là et Eros ne chercha pas à gagner. Décidément il était bien abattu pour se laisser faire ainsi. Il hocha donc la tête en signe d’acceptation. L’ambulancier pointa alors le doigt sur le couloir d’où il venait d’arriver.

- La salle de bain est la deuxième porte à gauche. Vous n’avez qu’à laisser vos fringues sur la panière à linge. Je vous les laverais en attendent de voir si vous n’avez vraiment rien. Ne vous inquiétez pas j’ai un sèche-linge sa iras d’autant plus vite.

- Vous pouvez me tutoyer déjà que vous êtes venu à mon secours, maintenant je vous piques vos vêtements. Par contre je peux savoir votre prénom ? J’ai pas l’habitude de scouater chez des inconnus.

Son hôte lui fit un sourire presque rieur.

- Je m’appelle Dimitri Soutzo et si je te tutoie je veux que tu en face autant. En attendent va te changer avant qu’une flaque se forme sous tes pieds.

Eros se regarda quelques instants et constata effectivement que des gouttes d’eau était en train de tomber de partout autour de lui. Il se serrait secouer qu’il aurait littéralement fit pleuvoir à l’intérieur de la maison.    
Il partit rapidement dans le couloir en quête de la salle de bain salvatrice. Il ouvra la porte à la voler et la referma en prenant soin de tourner le verrou. Il ne savait pas trop pour quoi il avait pensé à faire ça. Sans doute par instinct. Pourtant il ne voyait certainement pas en Dimitri un prédateur prêt à lui sauter dessus s’il baissait sa garde, bien au contraire il avait presque tout d’un sauveur angélique.
Il passa en revue les vêtements que son hôte lui avait aimablement prêtés. Une chemise blanche et un jean délavé. Rien d’extravagant ce qui n’enchantait guère Eros. Il avait l’habitude d’oser porter des vêtements incongrue et c’était le style qui lui était propre. Se voir dans de tel frusque le frustrait quelque peu. Il se scruta dans le miroir face à lui et ne se reconnaissait pas. Comment cela aurait-il pu être autrement ? Il n’existait pas.
Dans la surface miroitante il ne vit pas ses traits, ils étaient flous, comme en train de se déformer sous la pression d’une quelconque force. Ses nouveaux traits avaient cependant quelque chose de familier. Quand son visage lui apparut clairement il vit que ce n’était pas Eros Lussuris qui se tenait devant le miroir mais un autre homme… Alexis Harros. Sa longue chevelure ébène, ses yeux couleur de bois et ses lèvres fines ne laissait aucun doute sur sa personne.
L’apprenti dieu ouvrit l’eau et s’aspergea le visage. Le liquide froid lui picota la peau et il se sentait un peu plus lui-même. Comme s’il avait repris possession de son propre corps. Un nouveau regard dans le miroir et il se vit enfin tel qu’il était. La chemise était trop grande pour lui, Dimitri étant beaucoup plus carré que sa propre personne, quant au jean il lui allait bien, enfin selon les critères de la normalité. L’apprenti divinité de l’amour n’était pas de cet avis. Pour lui tout cela était bien fade, heureusement pour lui, ses lunettes et sa longue tignasse rouge qui cascadait sur ses épaules était là pour apporter un peu d’originalité.
Il poussa un soupire.
Son regard se perdit dans l’admiration de ses propres traits. Tout ceci n’était que mise en scène et tricherie. Il n’avait jamais été comme ça. Avant il était quelqu’un d’autre. Pourquoi l’avoir changé ? Pourquoi n’avait-il jamais existé sous cette forme ?
Deux faces d’une même pièce. Voilà l’idée qui lui vint en tête. Il avait subi comme un dédoublement de personnalité, un dédoublement de corps aussi. Tout était si compliqué à comprendre… Il n’existait tout bonnement pas, voilà ce qu’il se refusait à admettre. Il n’avait jamais vécu en tant qu’Eros Lussuris mis à part ce dernier mois. Ce n’était que depuis son arrivé à l’académie qu’il existait et vivait véritablement. Son existence d’avant était celle d’un inconnu. Il était une réincarnation vivante capable de se souvenir partiellement de celui qu’il avait été avant. Cela le perturbait grandement si bien qu’il sursauta quand il entendit frapper à la porte.
Une voix se fit entendre de l’autre côté de la cloison :

- Eros ça va ?

Le jeune homme se pressa à ouvrir la porte pour rassurer son sauveur.

- Excuse-moi je suis long quand il s’agit de vêtement.
- C’est rien c’est que j’avais peur que tu te sois évanouis ou un truc du genre.

Un franc sourire éclairait le visage de Dimitri et Eros se laissa attendrir. Son hôte c’était tout de même décidé à s’habiller d’un t-shirt blanc, cachant à la vue de l’apprenti dieu le puissant torse qu’il avait eu l’occasion d’admirer quelques instants. Un fin tablier blanc nouer uniquement autour de la taille lui laissait deviner que son hôte était en train de cuisiner.

- Euh… Tu cuisine ? Il est sans doute tard tu veux peut-être que je te laisse tranquille, il doit bien y avoir un hôtel dans le coin.

Tournant les talons le maître des lieux se mit à parler un peu plus fort dans le couloir.

- Ne soit pas ridicule tu es mon invité. En plus si tu me parles d’hôtel c’est que tu n’as nulle part où aller. Tu peux rester ici si tu veux.

Eros s’élança à la suite de Dimitri pour arriver dans le salon ouvert sur une cuisine. Un style moderne était toujours de mise dans l’habitation et il était donc naturel de trouver une cuisine ouverte sur le salon-salle à manger. L’apprenti dieu ne savait ni quoi dire ni quoi faire. Il était prêt à accepter cette hospitalité bienvenue, mais il avait peur d’être de trop. On ne pouvait pas s’incruster ainsi dans la vie de quelqu’un.
Des effluves parfumés vinrent lui piquer les narines. Cela sentait drôlement bon. Dimitri devait être un très bon cuisinier. Il était d’ailleurs en train de couper une tomate en rondelle et il savait manier le couteau d’une main de maître.

- Je te remercie pour ton hospitalité mais je ne veux surtout pas te gêné, tu m’as déjà sauvé d’une bonne grippe je ne peux pas t’en demander plus.  
- Je n’aime pas savoir les gens dans le besoin. Surtout quand ceux-ci s’évanouisse en pleine rue suite à un choc due à une mauvaise nouvelle. En plus si tu me parle d’hôtel c’est que tu n’as pas de famille dans la région. Raison de plus pour rester ici non ?
- Toute ma famille est morte.

L’apprenti divinité avait sortie ça d’un coup sans même laisser le temps à son interlocuteur de vraiment comprendre. Eros ne savait d’ailleurs pas lui-même s’il prenait conscience de la portée de ses paroles.
Il savait que les parents d’Alexis Harros étaient toujours en vie, du moins il en avait l’intime conviction. Mais les géniteurs de cet autre lui, n’étaient pas vraiment les siens. Il n’était qu’une illusion, il n’avait jamais existé et il n’y avait donc raison que ce qui attachait Alexis Harros à ce monde l’attache lui aussi. Eros Lussuris n’était pas grec, il n’était pas un violoniste talentueux, il n’était rien… Rien de plus qu’une âme façonné par Deus. Du moins c’est ce qu’on lui disait.
Devait-il voir en Deus, l’être suprême, une sorte de géniteur ? C’était ridicule et il préféra chasser cette idée de sa petite caboche.

- Je… Je suis désolé. Je ne mesure pas toujours ce que je dis.
- Ne t’en fait pas pour ça.
- Si tu veux bien attendre encore un peu je me ferrais pardonner avec un bon repas.





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Re: Recherche d'identité - Mar 3 Mar 2015 - 15:59

~Dimitri~


Une odeur délicieuse emplissait la pièce et Eros se laissait bercer par ses douces effluves. Il était assis à la table comme lui avait demandé Dimitri. Enfin demandait était un doux mot c’était plus tôt qu’il lui imposait de rester ainsi. L’ambulancier m’était un point d’honneur à se faire pardonner sa bévue de tout à l’heure. L’apprenti divinité de l’amour trouvait cela touchant même s’il ne comprenait pas vraiment pourquoi il en faisait tant. Ce n’était pas comme si il l’avait insulté ou autre. Dimitri ne pouvait pas savoir qu’il n’avait plus de famille. Enfin c’était bien assez compliqué comme ça pour Eros alors expliquer à quelqu’un tous les tenant et aboutissant de l’histoire relevé d’un défis digne de la traversé de l’océan atlantique à la nage.
Son hôte mis les petits plats dans les grands. Nappe blanche, couvert en argent, verre à pied et carafe de vin, tout était présent pour un diner parfait. On aurait dit un rendez-vous galant et l’apprenti dieu ne savait plus où se mettre. Etait-il en train d’avoir un rencard ? C’était perturbant comme idée. Non pas que cela le dérangeait véritablement mais il était loin de penser à batifoler, d’autre choses nécessitaient son attention. Son meurtre, son… inexistence. Un masque froid vint se figer sur son visage alors qu’il se remémorait encore une fois la scène de sa mort. Consumé par les flammes, sa peau se liquéfiant et la douleur immense qu’il ressentait comme si chaque fibre de son corps criait au supplice. Un frisson se mit à parcourir tout son corps alors qu’il se sentait tétanisé. Il avait vécu une mort horrible au sein des flammes rouges, la couleur qu’il aimait tant. Cela avait-il un rapport ? Il n’en savait rien peut-être que oui.
Deus avait-il un esprit si malveillant ? Un sens de l’humour que lui seul pouvait comprendre peut-être ? Il était si facile d’émettre des hypothèses alors que personnes ne comprenait véritablement ce qu’était Deus. L’être suprême n’avait pas daigné se présenter à ses élèves chéris et préférait dormir soit disant. Tout cela ressemblait fortement au contexte d’une mauvaise blague.  Il préféra chasser l’idée de son esprit se concentrant sur le moment présent.

Dimitri arriva avec une salade grec comme entré. Le sourire aux lèvres, Eros n’hésita pas à le complimenter sur ses talents culinaires. Il fallait dire qu’il était doué, la salade était savoureuse et les plats qui suivirent le furent tout autant. La soirée était juste splendide et l’apprenti divinité de l’amour oublia quelque peu ses soucis. Il trouvait en son sauveur un charme fou et une gentillesse comme lui seule en était capable. Il avait toujours le mot pour faire rire et cela lui faisait du bien. Il avait besoin d’oublier les dernières heures qu’il avait passé pour le moment. Demain serrait un autre jour et il aurait certainement le temps de repenser à ses malheurs.

- Un verre de vin ?
- Volontier.

C’était déjà son troisième verre mais il ne se sentait pas différent pour autant. Il trouvait le vin très bon avec goût délicat de fruit rouge. Il laissa le jus en bouche un long moment savourant pleinement les arômes. N’était-ce pas ainsi que faisait les Français ? A vrais dire il n’en savait rien et s’en foutait complètement. Que c’était agréable de passer une soirée sans penser à rien. L’alcool devait sans doute aider mais il ne s’en rendait vraiment pas compte, pourtant ses joues avaient prisent une couleur quelque peu rosé. Il fit tournoyer le liquide rouge dans son verre. Ce rouge intense dans lequel il se perdait un instant.

- Dit moi Eros le repas t’as plu ? Comment tu trouves le vin ?

L’apprenti divinité releva la tête sur Dimitri tout en sentant son cœur s’accélérer pour une raison totalement inconnus. Décidément se vin était trop bon se disait-il.

- Tout était parfait je te remercie Dimitri. Je te remercie pour tout, ça fait du bien d’avoir de la compagnie dans les moments difficiles.

L’ambulancier se mit à sourire, il semblait ravi. Il commença à débarrasser la table, empilant les assiettes les unes sur les autres. Eros l’aida de son mieux en lui fournissant les couverts. Son nouvel ami partit en cuisine et il décida de le suivre avec les verres de vin qu’il avait remplis au préalable. Une fois dans la cuisine il lui tendit l’un des verres. Ce dernier le pris volontiers et en sirota une gorgée avant de commencer à faire la vaisselle dans l’évier. L’apprenti divinité en profita pour s’installer sur l’un des plans de travail balançant ses pieds dans le vide tout en sirotant également son verre de vin.

- Je suis vraiment désolé pour ta famille Eros.
- Ce n’est rien n’en parlons plus. Cela fait bien longtemps que je vie avec leurs morts tu sais.

Bien longtemps ? A vrai dire pour lui ses parents n’avaient tout simplement jamais existés. Il n’avait aucune conscience de leur existence et il ne se rappelait même pas de leur visage. Il les pensait en vie mais c’était tout. Après tout il semblait être mort dans la fleur de l’âge. Il ne se rappelait pas de grand-chose juste des brides d’histoires. Son passé était tellement flou que c’était étrange. Voulait-il vraiment savoir ? Le vin semblait lui embrouiller l’esprit. Il décida donc d’en rester là avec ce nectar.
Il descendit de son poste d’observation et vint à la rencontre de Dimitri dans l’optique de lui redonner son verre pour qu’il le lave. Le doux nectar faisant déjà son effet il perdit le sens de l’équilibre et vint s’écraser contre l’ambulancier qui avait eu le réflexe de se retourner vers lui pour le rattraper.
Ils tombèrent tous deux au sol, le mortel servant d’airbag à l’apprenti divinité. Eros se releva du mieux qu’il put tandis que les bras puissants de Dimitri le soutenaient.

- Oh pardon, pardon… ça va ?
- Oui tout va bien et toi ? Tu ne t’es pas fait mal au moins ?
- Non ça va, j’ai même sauvé le verre mais au mon dieu ! Ton t-shirt !

Alors que Dimitri venait de se relever Eros remarqua qu’il avait renversé le reste de vin sur le torse de son sauveur (deuxième édition). Il prit aussitôt un torchon le passa sous l’eau, attrapa ce qui ressemblait à du sel et se jeta sur l’ambulancier pour essayer de sauver sa tenue. Si au début il insista pour frotter ses mouvements se firent de plus en plus lents prenant soudainement conscience de la proximité qu’il avait avec ce corps qu’il trouvait que de trop charmant. Les mains de Dimitri vinrent se placer sur ses épaules, forçant Eros à relever la tête pour le regarder. Une paire de lèvres vint alors se poser sur les siennes. Un baiser chaud et doux auquel l’apprenti divinité de l’amour ne sue résister.

Tout s’enchaîna très vite. Eros enleva le t-shirt souillé et Dimitri se chargea de déboutonner la chemise qu’il lui avait gentiment passé. Leurs respirations respectives s’accéléraient ainsi que leurs cœurs. Tous leur être semblait s’attirer mutuellement l’un vers l’autre sans qu’aucun d’eux ne puisse y résister.




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Re: Recherche d'identité - Sam 11 Juil 2015 - 12:21

~Vérité~

Eros était réveillé depuis plusieurs minutes. Il regardait Dimitri étendu sur le lit à côté de lui. C’était le matin et la lumière avait pénétré la pièce de manière chaleureuse. L’apprenti dieu était étrangement heureux. Il venait pourtant d’apprendre la veille que son identité n’était qu’une illusion. C’était troublant car cette nuit il c’était pourtant sentit bel et bien vivant. Dimitri l’avait fait vibré et avec lui il c’était sentit complet. Cela était bien étrange car il ne se rappelait pas de sa vie passé, son autre vie, mais il ne lui semblait pas avoir déjà eu un tel sentiment.

Il caressa la joue de son amant et celui-ci se mit à avoir un sourire idiot. Un simple réflexe car celui-ci n’était pas totalement réveillé mais cela fit sourire Eros également. Il était charmant cet homme avec son air enfantin et ses lèvres pleines.  L’apprenti dieu se posait maintenant des questions sur sa condition. Il venait de partager un long moment intime avec un humain alors que lui était un être divin. On pouvait presque le décrire comme un zombi non ? Un être mort revenu à la vie. L’avantage était que sa peau n’était pas en lambeau et qu’il avait toute sa tête en plus de super pouvoir. Eros se mit à sourire un peu plus. Il avait de drôle d’idée tout de même.

La tornade rouge était étrangement calme et plus posé que de coutume. Il se posait beaucoup de questions notamment sur le fait qu’il n’était pas un humain comme Dimitri. La mythologie grecque était remplit de récit sur des dieux aimants des humains, parfois il était même insinué que ceux-ci arrivaient à engendrer une descendance avec eux. Eros se demandait si c’était cependant le cas. Il ne savait pas si les dieux grecs avaient existés auparavant et avaient été eux aussi à la Deus Academia. Peut-être qu’ils faisaient partit d’une ancienne promotion ? Ce serrait étrange et pourtant l’improbable était maintenant probable depuis sa résurrection.

Si sa condition avait été autre pourrait-il donner un enfant à cet homme ?

Question complètement étrange et idiote qui fit pousser un petit rire étouffé à Eros. Il était homme et ne pouvait pas avoir d’enfant ni changer de condition. Les relations avec le même genre que lui n’était cependant pas pour le déranger. Il trouvait autant de charme à un homme qu’à une femme. Peut-être même un peu plus aux hommes mais il n’était pas du genre à se poser trop de question sur ses penchants. Aujourd’hui il était avec Dimitri sur le monde des hommes et c’était ça le plus important. Il savait qui était Alexis Harros et ce qu’il était advenu de lui, il n’avait plus rien à faire sur Terre.

Mensonge.

Eros tiqua à sa propre réflexion. Il se mentait. Il savait qu’il avait été Alexis mais il ne savait pas vraiment ce qui lui était arrivé. Assassiné c’était certain mais par qui ? Pourquoi ? Il y avait encore de nombreuses questions sans réponse auxquels le jeune homme devait répondre pour sa tranquillité d’esprit. Il devait enquêter, trouver son meurtrier et le mettre hors d’état de nuire, il devait…

- Tu es réveillé depuis longtemps ?

Le jeune homme sursauta rabattant le drap sur lui d’un mouvement rapide. Il était en plein dans ses pensées et n’avait même pas réalisé que son amant c’était réveillé.

- Excuse-moi je ne voulais pas te faire peur.

La main tendre de Dimitri vint prendre celle d’Eros en un geste emplie de douceur.

- Non c’est à moi de m’excuser. J’étais… dans mes pensées.

L’ambulancier lui fit un grand sourire et de son autre main vint caresser le visage de l’apprenti dieu. Cet humain était d’une tendresse infinie. Il avait sans doute choisit son métier pour pouvoir aider les autres. Il était tout à fait le genre de personne à se dévouer à ses semblables. C’était admirable mais dans le monde actuel c’était invivable. Ce monde semblait si peu reconnaissant envers les gens comme lui. Pourtant il tenait bon, il était encore debout à aider les autres chaque jour. Eros se rendit compte qu’il était admiratif. Un apprenti dieu qui était en total admiration sur un humain, il y avait sans doute de quoi faire rire la majeure partie des académiciens.

- Tu as déjeuner ?

Eros sortit subitement de ses pensées et lança un sourire enjôleur à son amant.

- Non je ne suis pas réveillé depuis longtemps. J’attendais que tu te réveil tranquillement.

Dimitri souleva le drap dévoilant son corps nu et s’assit au bord du lit. Son dos était beau, les muscles saillants et ses cheveux blonds aux multiples reflets étaient lumineux à cause du soleil matinal. Eros ne put s’empêcher de venir se coller à lui, posant son menton sur son épaule après avoir déposé un baiser au creux de son cou. L’homme se mit à rire sous la chatouille qui lui avait procuré les lèvres de son compagnon.

- C’est bien la première fois que je me retrouve nu avec un homme que je n’ai rencontré qu’hier.
- Si ça te rassure tu n’es pas le seul.

Il ne mentait pas. Depuis sa nouvelle vie d’apprenti dieu c’était tout bonnement la première fois qu’il faisait l’amour avec quelqu’un. Peut-être devait-il considérer ça comme sa première fois ? Il ne chercha pas à répondre à cette question, son corps l’avait déjà fait à sa place hier soir. Il n’avait pas peiné à trouver les gestes et les mots pour faire monter le désir que tous deux avaient exprimés. Il se disait encore une fois qu’il ne devait pas repenser à ce qu’il était avant mais à ce qu’il était maintenant. Eros Lussuris était sa nouvelle identité et il ne devait pas s’encombrer l’esprit de réflexion futile.

Est-ce qu’Alexis était gay ?

Son cerveau lui avait encore joué un tour et il se maudit lui-même. Pourquoi se sentait-il toujours obligé de se poser des questions ? Cela commençait à devenir une manie totalement frustrante surtout quand on n’avait pas les réponses. Il ne savait rien de son ancienne vie et quelque chose lui disait qu’au fond ce n’était pas plus mal. Pourtant sa curiosité n’arrêtait pas de lui poser de multiple question et il avait cette envie, l’envie profonde de rétablir la justice de sa mort. Il savait qui il avait été, il savait qu’il avait été assassiné mais il ne savait rien de sa propre vie privé ni de la raison de son assassinat. Avait-il eu un amant ? Une amante ? « Des » amant(e)s ? Son tueur était-il l’un d’eux ?

- Tu es un homme extraordinaire Eros.

Eros tiqua sur le mot « extraordinaire ». Sa nature divine était-elle si facilement perceptible même pour un être humain ? Voilà quelque chose qui pourrait très vite devenir gênant non ? La tornade rouge se décolla de son compagnon pour lui poser une question d’un ton sérieux qu’on ne lui connaissait que très peu :

- Pourquoi tu dis ça ?

Dimitri se mit à rire et se retourna vers lui. Il posa un doigt entre ses sourcils et tout sourire déclara :

- Ne fronce pas les sourcils comme ça. C’est un compliment ! Je… ne passe pas souvent ma nuit avec des hommes mais je dois avouer qu’hier c’était exceptionnel. Tu es tellement différent des gens que j’ai l’habitude de cotoyer.  Tu es extravaguant, énergique et touchant à la fois.

Les mains de Dimitri vinrent encadrés le visage d’Eros rouge de confusion. Il l’obligea à se rapprocher afin d’échanger un baiser langoureux. L’apprenti divinité ne si opposa pas bien au contraire il s’y abandonna totalement. Sentir que l’on était aimé était une chose extraordinaire et Eros ne pouvait que se sentir heureux d’éprouver un tel sentiment. Quand Dimitri s’écarta il en voulait encore, toujours plus, il voulait que cet humain se fond entièrement en lui qu’il lui appartienne. C’était égoïste mais n’était-on pas égoïste quand il s’agissait d’amour ? Voilà une question à laquelle l’apprenti dieu de l’amour savait répondre.  Quel étrange don lui avait fait Deus tout de même. Il espérait toutefois que cela suive une certaine logique et que l’ancien Alexis ait un jour éprouvé un tel sentiment.

- Je vais nous préparer le petit déjeuner.

Récupérant son  boxer au sol Dimitri ne mit que quelques secondes à l’enfiler et à s’éclipser de la pièce le sourire aux lèvres et sifflotant une musique que l’apprenti dieu ne connaissait pas. Eros étant seul il eut tout le loisir de réfléchir à sa situation. Il était venu sur Terre pour trouver des réponses et celles qu’il avait trouvé n’en était pas vraiment. Il avait juste l’impression d’être dans un pétrin encore plus énorme. Il ramena ses jambes contre son torse et passa les bras autour d’elles. Comment allait-il faire pour connaitre la vérité ? Devait-il seulement la chercher ? C’était un véritable cas de conscience auquel il faisait face. On disait que toute les vérités n’étaient ni bonne à dire ou a entendre. Supporterait-il de savoir ce qui lui était arrivé et de connaitre toute son identité ? Tout ceci était bien compliqué.

- Et voilà !

Dimitri était revenu un plateau en bois dans les mains. Il semblait heureux, plein de joie de vivre. Il avait préparé deux tasses de café noir et avait déposé des pains grillés, de la confiture et un yaourt aux fruits frais et au miel. Les grecs avaient quelque peu changés leurs habitudes depuis quelques années si auparavant il n’avait pas pour habitude de prendre un petit déjeuner ils c’étaient maintenant ravisé. Il n’y avait que quelques personnes dans le nord de la Grèce qui continuaient de ne prendre qu’un petit déjeuner sur le pouce et bien souvent du salé.

- Merci.

C’est le seul mot qui était venu à la bouche de l’apprenti dieu alors qu’il était en train de prendre une des tasses à café. Il dégusta le liquide bienvenu tout en inspectant des yeux son compagnon. Dimitri c’était directement attaqué au pain grillé qu’il tartinait généreusement de confiture. Il ressemblait à un enfant se qui fit sourire Eros. Il trouvait véritablement à Dimitri un air enfantin mais aussi un sérieux comme nul autre quand il s’agissait de sauver des vies. Il ne se rappelait que trop bien hier et le moment où il lui avait presque ordonné de rester avec lui. Il ne devait sûrement pas se douter que sa charmante victime finirait dans son lit.

Pour combien de temps peut-on jouer au patient et au docteur ?

Il se surprit lui-même à se poser la question. Il avait vécu presque une journée comme un humain normal mais à un moment ou à un autre sa condition allait se rappeler à lui. Même s’il avait pour habitude de ne pas suivre les cours de l’académie il fallait bien à un moment ou à un autre qu’il se décide à vivre sa vie de future divinité. Cela allait faire mal mais il allait sans doute devoir abandonner Dimitri. Son cœur se sera à cette pensé. Il ne pouvait pas faire une telle chose, c’était tout bonnement ignoble et lui qui était l’apprenti dieu de l’amour ne pouvait pas se résoudre à mettre ce sentiment de côté. Non il resterait en contact avec Dimitri, il mènerait une double vie tout simplement. Cependant pour l’heure il devait prendre une autre décision importante. Il devait savoir s’il voulait poursuivre sa quête de vérité. Il en avait l’envie profonde mais il se demandait s’il pouvait supporter les secrets qu’il s’apprêtait à découvrir.

- Eros ?
- Hum ?
- Tu sembles soucieux. Il y a un problème ?
- Oh excuse-moi je suis souvent dans mes pensées ces derniers temps.
- La mauvaise nouvelle hein ?
- Oui. En fait je suis revenu au pays pour ça. Je dois savoir la vérité sur… ma famille.
- Je savais bien que tu étais partit dans un autre pays, mais je comprends pas un truc. Tu m’as dit que ta famille était morte il y a longtemps alors pourquoi tu cherches la vérité maintenant ?
- C’est que… la dernière personne qui avait un lien avec ma famille vient d’être sauvagement assassinée. Tu dois le connaître c’est Alexis Harros le célèbre violoniste.

Dimitri s’arrêta soudainement de bouger déposant dans le plateau le pain qu’il venait tout juste de terminé de tartiner. Quelque chose n’allait pas mais Eros était incapable de savoir quoi. Avait-il dit quelque chose de blessant ?

- Quelque chose ne va pas ?
- C’est mon ambulance qui a été envoyé sur les lieux de l’incendie.
- Quoi ?

Eros était sous le choc. Il ne s’attendait vraiment pas à ça. La personne qui avait accompagné sa dépouille jusqu’à l’hôpital n’était autre que l’homme devant lui pour qui il avait maintenant une attirance certaine. C’était glauque en un sens mais ce n’était pas ce qui le surprenait le plus c’était le fait que le destin lui avait encore joué un drôle de tour. Combien y avait-il de chance de tomber sur une des personne ayant été présent lors de sa mort ? Il ne le savait pas exactement mais c’était très faible et ça c’était certains. Dimitri semblait lui aussi choqué d’apprendre qu’il avait en face de lui quelqu’un ayant  un lien avec Alexis. S’il savait la vérité il y avait des chances qu’il fasse une crise cardiaque.

- Je suis désolé Eros. Mais je… je ne comprends pas quel est le lien entre Alexis et toi ?

Oh c’est tout simple je suis Alexis Harros.
Eros se mit à rire intérieurement. Une telle déclaration aurait de quoi faire perdre pied à n’importe qui. Il devait cependant trouvé une histoire logique expliquant son intérêt pour son ancien lui.

- Il était un ami de ma famille. Un très bon ami. Il m’a aidé à partir du pays pour refaire ma vie. Je lui doit beaucoup.
- Oh Eros !

Dimitri pris la main de l’apprenti divinité et la serra fortement comme pour montrer son affection sincère. Cela toucha Eros profondément. Cet homme était vraiment plein de bonnes intentions, mais les pires choses du monde n’étaient-elles pas faites avec les meilleures intentions ?
Drôle de question qui sera le cœur du jeune homme. Il faisait du mal à cet humain en acceptant son amour sincère. Devait-il continuer ainsi avec lui ou continuer seul ? Il se posait maintenant la question car cette fois c’était certain il souhaitait savoir qui l’avait tué et pourquoi. Décision prise rapidement dans le feu de l’action mais la soudaine révélation de Dimitri quant à sa présence avait déclenché en lui un flot de questions qui devaient trouver réponse.

- Raconte-moi.

Il était inutile d’en demander plus. Eros ne savait pas s’il était capable de tout entendre mais il ne souhaitait pas choisir les informations qui lui serraient donnés. Il faisait confiance à Dimitri pour épargner son cœur.

- Je… ne sais pas trop quoi te dire. On a reçu l’appel très rapidement et quand on est arrivé sur les lieux les pompiers étaient déjà en action. Il y avait aussi la police qui supervisait les choses. On ne savait pas s’il y avait quelqu’un à l’intérieur. Cet homme était très discret. Les pompiers on fait ce qu’ils ont pu mais ce n’est qu’au bout d’une heure qu’ils ont pu sortir le corps. Il était…
- Ne mâche pas tes mots je t’en prie.

Eros agrippa le bras de Dimitri et plongea son regard dans le siens. Il voulait savoir et il ne voulait que rien ne lui soit caché. Quand on cherchait la vérité on ne pouvait pas se contenter de mensonge.

- Il était gravement brûlé. Aucune chance qu’il soit encore en vie. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Je l’avais vu comme tout le monde dans les journaux mais comme ça… ce n’était plus lui.
- Je vois. Tu sais qui a annoncé l’incendie ?

Drôle de question mais Eros avait ressenti la douleur de sa mort. Il se doutait de l’apparence de son corps. Tout son être c’était fondu dans celui qu’il était maintenant, voilà tout.

- Les voisins comme de coutume. Il y avait cependant quelque chose qui m’avait surpris. Un des amis d’Alexis Harros est venu sur les lieux. Il a voulu voir le corps. On le lui a refusé bien entendu.
- C’était qui ?
- Son professeur de musique.

Le cœur d’Eros se serra sans qu’il sache pourquoi. Il y avait bien quelque chose de louche dans cette histoire. Après tout n’avait-il pas lu dans le journal qu’il y avait des dissensions entre le professeur et l’élève ? Pourquoi cet homme était-il venu. Il devait le savoir.

Eros était perdu. Dimitri ne lui avait pas appris grand-chose au contraire tout restait flou. Il y avait cependant un nouveau fait, la présence d’un autre homme sur les lieux, un « ami ». Le mot était à prendre avec des pincettes car rien n’était sûr. L’apprenti dieu avait un mauvais pressentiment comme depuis le début de son aventure pour dire vrai. Cette fois il était cependant plus présent, comme un mal vicieux qui rongeait son corps. Pourquoi la mention de ce professeur le rendait-il nerveux ? Il n’y avait tout bonnement aucune raison. C’était sans doute ses nerfs qui étaient trop à vif.

- Je dois voir cet homme. Il doit savoir des choses.
- La police la sans aucun doute interrogé. De ce que je sais il n’y a pas de suspect dans cette affaire à par les fanatiques et les fou furieux qui suivent les stars.

Dimitri poussa le plateau pour prendre Eros dans ses bras et l’enlacer tendrement. Une étreinte qui réconforta l’apprenti dieu totalement perdu. Il était bon de sentir de la chaleur humaine et ce corps contre le sien lui rappelait soudainement les souvenirs de la nuit passé. Eros était quelque peu chamboulé par tout ce qui lui tombait soudainement sur la tête. Un amour naissant, une vie inconnu qui lui était apparu, son assassinat révélé et son meurtrier qui courait toujours totalement libre. Il y avait de quoi être perturbé et triste. Des larmes coulèrent le long de ses joues pour s’écraser sur le corps à demi-nu de son amant. Lorsqu’il sentit la goutte d’eau salée s’écraser sur sa peau celui-ci resserra un peu plus son étreinte.

- Ce n’est rien mon amour. Calme-toi.

Comme si cette simple déclaration avait trouvé écho en lui, les larmes d’Eros s’intensifièrent. Il ne savait pas vraiment pourquoi il pleurait. Il en avait l’envie profonde, comme si expulser quelques larmes allait changer sa vie. Si seulement cela aurait été aussi simple cela ferait bien longtemps qu’il se serait sorti de cette situation pénible.
Ils restèrent ainsi de longues minutes. Les larmes d’Eros continuaient de couler tandis que Dimitri continuait de le serrer dans ses bras. Au bout d’un long moment l’apprenti divinité réussit à se calmer. Il repoussa quelque peu son amant les yeux rougies et bouffies.

- Je… suis désolé. Tout est si compliqué dans ma vie en ce moment. Je… Je suis totalement perdu.
- Je sais, je sais. Maintenant je suis là pour toi. C’est vrai qu’on ne se connait que depuis hier mais je veux être à tes côtés pour longtemps. J’ai envie de passer des jours et des jours en ta compagnie.

Eros fit apparaître un pâle sourire et soudainement les paroles de son amant vinrent lui serrer le cœur. Existait-il un amour si puissant qu’il prenait naissance en une nuit ? Difficile à dire mais une petite voix lui chuchotait à l’oreille qu’il était l’une des rares personnes à pouvoir susciter un sentiment si fort. Il était Eros, l’homme au nom d’un ancien dieu qui plus est un dieu d’amour qui pouvait faire naître un tel sentiment d’un geste ou d’une flèche. Son don était similaire à celui de cet ex divinité grec. Avait-il provoqué l’amour de Dimitri ? Cet amour était-il sincère ?

- Penses-tu vraiment m’aimer ? Tu as déjà eu des sentiments si forts pour un inconnu ? Je te connais si peu Dimitri.
- Je pense ce que je dis et je pense aussi qu’on ne peut vraiment aimé qu’une fois dans sa vie. Non je n’ai rien ressentit de si fort pour personne mais tu es peut-être mon âme sœur. On ne peut pas savoir tant qu’on n’essaie pas non ? Je veux apprendre à te connaître mon extravagant Eros.
- Moi aussi je veux apprendre à te connaître Dimitri.

C’était vrai mais il voulait tout savoir de cet homme cependant il ne savait toujours pas si c’était vraiment réciproque. Il y avait une possibilité que Dimitri soit sous son pouvoir et non sous son charme. C’était cette minuscule possibilité qui le rendrait toujours un peu triste. Pour l’heure il ne devait pas s’attarder sur ça. Il devait trouver le professeur.

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Re: Recherche d'identité - Mar 14 Juil 2015 - 14:51

~Stephanos~

Internet. Qu’elle invention extraordinaire. Une autre bonne idée de l’humanité fut de créer les journaux spécialisés dans la vie des stars et les calomnies. Autant de torchon qu’Eros avait due trouver immonde quand il était Alexis. Qui pouvait aimer qu’on étale sa vie privé ainsi sur une couverture aux couleurs chatoyantes ? Oh il y avait bien toujours ces gens aimant bien trop les flashs crépitants des appareils photos et le devant de la scène mais il se brûlait rapidement les ailes sous les projecteurs. Eros n’ayant jamais été ce genre de personne de son vivant ou depuis sa résurrection, les journaux semblaient ne pas savoir grand-chose de sa vie. Il réussit toutefois à trouver le minimum syndical sur les pages du web.

Alexis Harros avait eu pour professeur Stephanos Petridis. Un homme au sourire froid, les cheveux blond rassemblé en une queue de cheval et des lunettes fines posé sur l’arrête de son nez de rapace. Il n’était véritablement pas séduisant mais certaines femmes pouvaient sans doute lui trouver du charme. Il n’était qu’un professeur d’école banale enseignant la musique quand il avait rencontré Alexis un élève prodigieux selon-lui. Il avait très vite mis ses enseignements de côtés pour se consacrer à son fidèle élève et le faire progresser. Bien entendu il monta sa propre école privé de son côté. Cette dernière montait en notoriété et en inscription à chaque fois qu’Alexis gagnait un concours de plus. Il devint manager de la star et continua de diriger son prestigieux établissement d’enseignement. Sa fortune n’égalait pas celle de son prodige mais elle était largement honorable.

Eros n’en revenait pas. Avait-il laissé son professeur se faire autant d’argent sur son dos sans rien dire ? C’était peut-être un ami fidèle à qui il devait beaucoup mais tout de même l’histoire sonnait faux. Les journaux semblaient pensés la même chose et les hypothèses allaient bon train. A chaque fois qu’ils allaient trop loin Alexis faisait une déclaration les rappelant à l’ordre. C’était bien souvent les mêmes mots repris avec des mois d’intervalles : « ma vie privé ne regarde que moi et pas les journalistes », « mon professeur est un homme honorable je lui dois beaucoup » et « les affaires qui me lit avec monsieur Petridis ne concerne que moi ».  Eros sourit. Il semblait bien noble quand il était humain, un brin snob. Pourtant il se reconnaissait en cet homme à la longue tignasse noir.

L’apprenti divinité poussa un long soupire. Il venait de passer une bonne moitié de l’après-midi sur l’ordinateur de Dimitri. Ce dernier était parti à son travail. Ils avaient mangés tous les deux à midis tenant une conversation banale. Il ne fut prononcé aucun mot concernant Alexis ni le passé d’Eros. Ils discutèrent comme s’ils avaient passé des mois, des années ensemble. C’était étrange mais agréable. Le bel humain ne lui dit qu’une chose en déposant un baiser sur ses lèvres : « fait ce que tu penses devoir faire ». Une phrase bien énigmatique surtout venant d’un mortel qui ne savait pas dans quelle position il se trouvait. La seule chose qu’il devait faire était de trouver ce professeur et d’apprendre la vérité. Etait-ce cet homme qui l’avait assassiné ? C’était la seule chose envisageable étant donné qu’il se rappelait ce qu’il avait dit avant que son assassin ne jette l’allumette : « Toi ? ». Il le connaissait même si son visage restait flou. Il l’avait connu et ce ne pouvait pas être l’un de ces fous, fanatique morbide de la célébrité.

Eros décida d’intervenir. Il était temps pour lui de bouger et de lancer véritablement sa quête de vérité. Il avait déniché l’adresse de l’école de musique et il comptait bien si rendre. Reprenant ses vêtements délaissés la veille il trouva un calepin quelconque, un stylo et une paire de lunette de soleil qu’il emprunta à Dimitri. Fermant à clef la maison il partit sur les routes d’Athènes. Dimitri lui avait volontiers laissé les clefs de sa maison lui indiquant au passage l’heure à laquelle il rentrait et espérait le retrouver. C’était une plage horaire amplement suffisante pour qu’il puisse mener sa propre enquête.
L’apprenti divinité eu beaucoup de mal à trouver sa route. Il n’avait eu qu’une courte vision de son ancienne vie et sa mémoire lui faisait encore défaut. Il avait l’impression de connaître chaque rues, chaque routes comme si elles lui racontaient une histoire pourtant il ne comprenait pas ce qu’elles racontaient. C’était comme un guide de routard ouvert racontant des faits divers mais qui ne nous permettait toujours pas de nous diriger dans la ville. Heureusement pour lui il arrivait à lire une carte routière et il parvint à son but.

Le bâtiment était noir et entièrement vitré, un style moderne sans nul doute. Tout le monde se cachait sous la modernité pour ne pas montrer ses méfaits. Un rictus de mépris étira les lèvres d’Eros. Décidément il avait un très mauvais pressentiment. Il souhaitait soudainement que Dimitri soit à ses côtés. Une présence rassurante lui semblait soudainement nécessaire. Il laissa cependant ses sentiments de côté. Il devait agir.
Il passa la porte de verre, les lunettes de soleil sur le nez et la démarche assuré pour se diriger vers l’accueil. Ses talons claquèrent sur le carrelage noir et la secrétaire, vieille femme au chignon strict et lunette assorti leva sur lui un regard froid. Elle délaissa le livre qu’elle était en train de lire « Amour en mer » selon la couverture pour faire claquer sa langue et attendre que le jeune homme approche de son bureau.

- Bonjour je suis Eros Lussuris journaliste au Raconteur. Vous avez sans doute lu un de nos magazines. Je voudrais une interview de monsieur Petridis.
- Vous avez votre carte de journaliste ?

Eros fit mine de fouiller ses poches et posa son coude sur le bureau d’accueil.

- Non j’ai due l’oublier mais nous n’avons pas besoin de ça. Vous n’êtes pas d’accord ?
- Pas de carte pas de rendez-vous.
- Mais…
- Pas de carte pas de rendez-vous. Au revoir.

Comme pour signaler une fois de plus la fin de l’entretien la vieille secrétaire se replongea dans son roman miteux. C’était l’un de ses livres de poche dont les pages étaient déjà jaunies alors que sûrement neuf. Tout ce qu’insupportait Eros. Pourquoi ne pas prendre un bon livre d’amour plus tôt que ses bouquins de gare aux auteurs inconnus ? C’était incompréhensible, tout comme le fait que ce genre de secrétaire était plus à même de vous dire « au revoir » que « bonjour ».
Eros décida de jouer les effrontés et de rester dans le hall d’entrée. Il y avait des chaises le long des murs vitrés et l’apprenti dieu fut bien content de s’y installer. Il croisa bras et jambe et attendit sous le regard d’abord désapprobateur puis désintéressé de la secrétaire.
Que comptait-il faire ? Rester là à attendre il ne savait pas quoi ? Son plan venait de tomber à l’eau avec une rapidité déconcertante et il devait l’avouer il n’avait aucun plan B. De plus le soleil commençait à disperser ses rayons à travers les vitres ce qui réchauffait considérablement l’atmosphère. En été ce bâtiment devait être un four comparable aux enfers eux-mêmes.
Quand donc allait se montrer Hadès ? Question qui fit sourire Eros. Il se trouvait peut-être sur le territoire d’un ennemi mais il y avait une petite chance que ce soit un ami. Un frisson parcourra son échine. Tout ici semblait plus malsain que bon. Il espérait pourtant se tromper.

L’attente fut longue, assez pour que la secrétaire termine son roman miteux pour en entamer un autre du même type. Gardait-elle sous son bureau une bibliothèque de vieille fille en mal d’amour ? Voilà une pensée amusante qui fit sourire Eros mais cela ne dura pas. Sortant d’un couloir il vit l’homme qu’il cherchait. Stephanos, homme élégant dans un costume gris, une queue de cheval blonde battant son dos et une aura sombre sur ses pas.
L’apprenti divinité ne bougea pas, cessant presque de respirer. C’était lui, ça ne pouvait être que lui. Sa barbe dévorait son visage avec élégance et non plus comme si le mal si était immiscé. Hadès personnifié qui se cachait sous des vêtements chics, un air de modernité.
La secrétaire exprima quelques mots à son employeur et ce dernier tourna la tête vers Eros le faisant se raidir sur le dossier de sa chaise. Ce regard perçant, ce sourire faux, il les connaissait que trop bien.

***

L’enfant jouait du violon avec un certain talent mais les faux pas étaient nombreux. Un homme se tenait debout à ses côtés le regard inquisiteur et les oreilles aux aguets. Un nouveau faux pas fut commis et le professeur fit stopper son élève. Il posa une main sur son épaule et ce dernier ce crispa un peu plus.

- Ce n’est rien mon éphèbe. Pas la peine de prendre peur ainsi. T’ai-je déjà fait du mal ?
- Non… professeur.
- Bien alors recommence ta partition.

L’élève repris du début sa partition mais il c’était crispé et les faux pas furent encore plus nombreux qu’auparavant. A moins d’une minute d’interprétation le professeur le stoppa de nouveau.

- Suis-je un mauvais professeur ?

Alexis laissa pendre ses bras le long de son corps, le violon touchant presque le sol.

- Non vous êtes un bon professeur. Je… je suis un mauvais élève.
- Oh ne dit pas ça mon éphèbe. Tu es un bon garçon. Viens me montrer comme je tu es un bon garçon.

Stephanos tendit sa main vers lui. Une main rude et brûlante. Alexis la saisit comme il le faisait à chaque fois. Avait-il le choix ? Non il était trop jeune pour comprendre, trop innocent pour savoir tout ce qu’impliquait ce que lui faisait subir ce professeur. Il avait ce rêve aussi, ce rêve fou promis par cet Hadès personnifié, celui de devenir un virtuose du violon.

***

C’était la première fois, le premier cours particulier d’Alexis dispensé par son professeur de musique. Il était content, ravi qu’on ait remarqué comme il était doué. Monsieur Petridis n’avait pas arrêté de le complimenter et lui n’avait fait que lui sourire tout en balbutiant des « merci » à tout bout de champ.
Son professeur lui avait donné rendez-vous le soir chez lui à 19h. Bien entendu il ne fut pas en retard et même très en avance. Il frappa à la porte le sourire jusqu’aux deux oreilles. Stephanos vint lui ouvrir.

- Suis-je en retard professeur ?
- Non tu es même en avance.

L’homme l’invita à entrer dans sa maison. Une minuscule bâtisse sombre malgré les couleurs chatoyantes qui avaient été mise à l’intérieur. Alexis en enfant comblé ne sentit rien de pesant dans l’air, il ne fit même pas attention au décor pourtant plus tard quand il commença à grandir il comprit l’ambiance mal saine qui abritait ces lieux.
La leçon se passa comme il convenait. Stephanos était attentif à son élève, corrigeant sa position avec des mains fermes et agiles. Il ne tarissait pas de compliment à son égard mais ne ménageait pas pour autant l’enfant quand il s’agissait de musique. Très vite les mains de l’homme se firent plus présente restant plus longuement que nécessaire.
Monsieur Petridis proposa une pause invitant Alexis à s’installer sur le canapé bordeaux d’une autre époque posé dans un coin de la pièce. Juste devant lui une table basse au bois sombre ou le professeur avait pris soin de disposer un chocolat chaud et quelques biscuits sec ainsi qu’un pot de miel. Il s’installa à côté de son élève tout en lui fourrant la tasse fumante dans les mains. Il souriait. Un sourire que l’enfant ne lui connaissait pas, différent de celui qu’il lui attribuait en cours quand il avait répondu juste. L’homme posa alors la main sur le genou d’Alexis qui ne dit rien. Tout doucement il remonta le long de sa cuisse ce qui fit naître l’incompréhension dans l’esprit du garçon.

- ça te dérange mon petite éphèbe ?
- Ephèbe ?
- C’est le nom que je donne à mes élèves particulier. Tu sais tu es un bon garçon tu arriveras loin dans la musique avec mon aide. Tu aimes le violon ?
- Oui.
- Alors laisse-moi faire.

La main du professeur monta encore d’un cran et Alexis ne fit rien. Que pouvait-il dire à un adulte qui lui promettait de l’aider ?

***

Il venait d’arriver à l’aéroport Elefthérios-Venizélos (aéroport international d’Athènes). Le concours international venait juste de se terminer et il avait dans ses valises le trophée du grand gagnant. Un bibelot de plus qui allait trôner dans sa pièce. Il vit son chauffeur qui l’attendait en compagnie de Stephanos Petridis. Les poings du jeune homme se refermèrent violemment sur la poignée de sa valise. Il aurait souhaité revenir au pays en paix pour se reposer et ne pas faire une violente crise de nerf au beau milieu de l’aéroport.

- Bonjour Alexis. Tu as fait bon voyage ? Félicitation pour ton concours une brillante prestation qui ta value la première place comme toujours.

Le chauffeur prit la valise des mains du jeune homme qui eut quelque peu de mal à lâcher prise. Rien que d’entendre la voix de son professeur le faisait enrager. Si quand il était jeune il n’avait pas eu conscience de ce qui se passait il avait très vite compris en grandissant que ce n’était pas une relation normale et que cet homme avait abusé de lui dans tous les sens possible et inimaginable du terme. Il avait souillé son corps et se faisait gracieusement de l’argent sur son dos.

- Bonjour Stephanos. Merci. Tu sais comme cette victoire compte à mes yeux je suis maintenant connu dans le monde entier. C’est pourquoi nous devons parler très sérieusement tous les deux.

Le professeur lança un regard interrogateur à son élève. Ils pénétrèrent tous deux dans la berline noir aux vitres teintés une fois que le chauffeur eu terminé de mettre les bagages dans le coffre et s’être installé au volant du véhicule. Prenant bien soin au passage de remonter la vitre qui séparait l’habitacle avant de l’arrière empêchant ainsi le conducteur d’entendre tout ce que disaient ses passagers.

- De quoi veux-tu parler ?
- De notre contrat. Ayant atteint le plus haut niveau de mon art il est temps de revoir ton contrat de manager. Tu te fais bien assez de frics avec ton école dont la réputation fut faite grâce à moi je te le rappel. Ton salaire sera donc vu à la baisse pour me laisser profiter au maximum de mon travail.

Stephanos écarquilla des yeux. Il ne s’attendait visiblement pas à un tel retournement de situation. Peut-être pensait-il toujours avoir le contrôle de son élève et garder la plus grosse part des bénéfices.
Il posa sa main sur la cuisse d’Alexis qui sentit tout son corps se raidir sur la banquette de cuir.

- Tu peux pas me faire ça mon petit éphèbe.

Le jeune homme enleva la main de Stephanos de sa cuisse et le regard sombre lui dit :

- Je croyais t’avoir dit de ne plus m’appeler ainsi. Je ne suis plus le gamin que tu emmené le soir dans ta chambre.

***

Pourquoi c’était encore à lui de se déplacer ?
Alexis était énervé, les poings serrés sur le dossier papier qu’il tenait. Il devait revoir Stephanos pour qu’il se décide à signer le nouveau contrat. Ils en avaient parlé il y a quelques semaines de là quand il était revenu du concours. Il aurait préféré que ce soit l’un de ses avocats qui se déplace pour la signature mais ceux-ci étaient bien trop occupés. L’argent qu’il leur donnait ne devait pas suffire à compenser l’usure de leurs chaussures.
Il pénétra dans l’école privé de son professeur. Comme à chaque fois qu’il venait il s’y sentait mal. Il sentait une atmosphère pesante rappelant à lui les souvenirs de la maison Petridis. La secrétaire semblait faite pour aller avec ce décor et cette ambiance obscure. Heureusement elle savait qui il était et il n’avait pas besoin de s’attarder à lui parler. Un hochement de tête en guise de bonjour et le voilà partit dans les couloirs sombre de l’établissement.

Alexis se doutait de où pouvait se trouver Stephanos. Etant donné l’heure matinale il devait sans doute être en train de donner un cours à l’un de ses nombreux élèves. Parfois le jeune homme se demandait s’il réagissait avec ses élèves comme avec lui ou s’il se comportait comme quand il enseignait dans son ancienne école. Le professeur Petridis avait tellement de visage qu’il était parfois compliqué de savoir lequel il lui présentait. Ce qui rassuré cependant l’ex-élève était que de ce qu’il savait il ne pratiquait plus de cours particulier. Son école devait sans doute occupé la majeure partie de son temps même s’il disposait maintenant de personnel compétent.
Il trouva le professeur dans une des salles d’enseignements et ce qu’il y vit le troubla.

Stephanos était en train de donner un cours à un unique élève, une petite tête blonde à la chevelure bouclé et très bien habillé. Sans doute un enfant de bonne famille qui avait été inscrit car le violon était à la mode et très chic. Ce qui était cependant troublant c’était la main du professeur sur l’épaule du blondinet. Elle n’avait rien à faire là. Alexis se rappela comment c’était passé les premiers cours avec ces mains traînantes et de plus en plus présentes.
Le jeune homme restait interdit devant une telle scène. Il n’était pas certain de bien comprendre ce qu’il se passait. Etait-il en train de voir la même chose qui lui avait été faite reproduit sur un autre ou était-ce le fruit de son imagination ? Il était traumatisé par ce qui c’était passé. Comment pouvait-il en être autrement ? De plus il côtoyait toujours son bourreau, cet Hadès personnifié.

- C’est bien, c’est très bien mon éphèbe. Tu es un bon garçon.

Ces phrases, ce mot, aucun doute n’était permis. Le professeur continuait donc de jouer avec des enfants. Il était plus atteint que ce que pensait Alexis. Lui qui pensait avoir été le seul durant toutes ses années se rendait compte qu’il y avait sans doute eu d’autre personnes avant et après lui. Il n’était rien d’autre qu’un nom de plus sur le tableau de chasse malsain de cet homme.
Il pénétra dans la pièce mue d’une rage qu’on ne lui avait jamais connue. Il ne dit rien et agrippa le col du professeur qui ouvrit des yeux rond de terreur.

- Pars gamin j’ai des choses à régler avec ton professeur.
- Enfin Alexis qu’est-ce que tu fais ? Mais lâche moi !

Le blondinet s’exécuta avec une rapidité étonnante. Alexis devait sûrement lui faire peur et c’était compréhensif. Malgré les protestations du professeur il ne lâcha pas prise et ne dit rien. Il attendit que l’enfant claque la porte et détale en courant pour dire quelque chose.

- Ecoute-moi bien Stephanos tu as abusé de moi mais tu ne feras pas la même chose avec ce gosse ou d’autres gosses. Si je te revois enseigner ici je te dénonce pour pédophilie.
- Mais ce n’est pas ce que tu crois ! Je ne l’ai pas touché ! Ni aucun autre d’ailleurs.
- Tu l’as appelé « éphèbe ». Tu le fait qu’aux garçons qui te plaisent.

Le poing d’Alexis s’abattit sur le nez du professeur. Il avait mis toutes ses forces dans son poing ce qui brisa le nez de sa victime et lui value une perte de sang conséquente. Le jeune homme lâcha le professeur et lui jeta au visage les papiers qu’il avait emporté.

- Inutile de signer ce contrat je vais le modifier une dernière fois. Reste à ta place de directeur et n’oublie pas que si je te vois de nouveau enseigner je te traîne en justice. Je ne suis plus ton éphèbe et personne d’autre le sera ! Je me fou de foutre ma réputation et ma carrière en l’air si c’est pour sauver des enfants innocents !

Alexis partit fou de rage, les larmes aux yeux. Comment avait-il pue laissé cet homme en liberté ? Il avait sans doute eu peur mais ce n’était plus le cas maintenant. Il était un homme et plus un enfant.

***

La porte ne s’ouvra pas malgré ses tentatives désespérées pour l’ouvrir. Il devait sortir le voleur était derrière lui prêt à le tuer. La porte vitrée ne céda pas à ses coups d’épaules. Il se rappela ce que lui avait dit la femme de l’agence. Les vitres étaient renforcés afin d’assurer sa sécurité. Sécurité qui allait précisément le tuer.
Les bruits de pas derrière lui se firent plus calme, moins pressant. Son bourreau se savait vainqueur et était prêt à l’achever. Il se retourna d’un mouvement rapide faisant danser sa chevelure noir autour de lui. Il le vit alors, le voleur, son bourreau, son professeur. C’était impossible. Il cligna des paupières à plusieurs reprises ouvrant la bouche pour s’exprimer mais la refermant aussitôt comme un poisson. L’odeur d’essence se fit encore plus intense alors que Stephanos Petridis souriait. Ce sourire malsain qu’il avait connu toute son enfance.

- Toi ?

L’homme habillé tout en noir, une capuche rabattu sur sa tête ne pouvait être vu que par lui. Il savait ou était les caméras de sécurité, il était déjà venu ici. Sa barbe était mal taillée et lui dévorait le visage. Il avait encore plus l’air d’un démon que de coutume.  Un air de fou. Le visage d’un tueur.
Il prit le paquet d’allumette dans sa poche et en sortit une du paquet qu’il gratta sur le côté et leva triomphalement la flamme devant son visage.

- Moi.

La lumière montra son visage sous son vrai jour, les cheveux blonds prenant des reflets inquiétants et ses yeux reflétant la folie qui le dévorait. Hadès avait-il cet aspect ? Question qui ne trouva que pour réponse le jet de l’allumete au sol et le déclenchement de l’incendie qui value la mort d’Alexis.

***

- Pardon je vous dérange ? Ma secrétaire m’as dit que vous vouliez me demander une interview.

Eros fixa le visage du professeur au début sans le voir puis très vite il reprit conscience de lui-même. Il secoua la tête comme pour s’ébrouer et posa une main sur son crâne endoloris.

- Bonjour. Excusez-moi professeur j’étais dans mes pensées et j’ai une affreuse migraine. Euh… Je me présente je suis Eros Lussuris, journaliste au Raconteur.

L’apprenti dieu lui tendit la main pour le saluer. Geste obligatoire auquel l’homme répondit chaleureusement le sourire aux lèvres ce qui fit frissonné Eros. Il n’avait pour l’heure qu’une envie c’était de partir d’ici.

- Enchanté monsieur Lussuris mais excusez-moi vous êtes sûr d’aller bien ? Vous… vous pleurez.

Ses larmes. Il ne les avait même pas sentit couler le long de sa joue. Il devait avoir des yeux rouges et bouffies. Heureusement pour lui les lunettes de soleil cachait ce problème. Il espérait toute fois que ce ne soit pas des larmes de sang qui se mette à couler. Son âme était déchirée. Il n’avait pas sue s’il allait supporter le poids de la vérité et maintenant il devait faire avec. Sa vie humaine semblait avoir été guidé sous le signe d’un amour malsain d’un homme pour les enfants.

- Oui. Excusez-moi j’ai souvent de forte migraine c’est pour ça que je porte ces lunettes. Je pense que je reviendrais plus tard pour l’interview. Veuillez m’excuser.

Il n’attendit pas de réponse et prit la fuite d’abord à pas mesuré puis une fois dehors il se mit à courir. Il voulait fuir ne plus être en présence de cet être malsain et pourtant au fond de lui il ne souhaitait qu’une chose, retourner là-bas et lui arraché le cœur de sa poitrine.




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Re: Recherche d'identité - Sam 16 Déc 2017 - 17:51
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