Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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La nuit, toutes les femmes sont jolies

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La nuit, toutes les femmes sont jolies - Dim 12 Oct 2014 - 22:32
Pourquoi… Pourquoi ?! Pourquoi a-t-il fini dans un arbre pour échapper à une armée de prétendantes, et pourquoi est-ce qu’il a fallu que ce soit une femme qui vienne l’en délivrer ? Une jolie femme, certes, de superbes yeux verts encadrés par une délicate chevelure couleur ébène. Mais tout de même, fallait-il que son humiliation soit à ce point complète ?

Il est descendu, penaud, en remettant en place son pull relevé par les branches, et recoiffant d’un geste timide sa chevelure sombre. Il n’a pas osé regarder trop longtemps cette créature désespérément jolie, fuyant dès qu’il l’a poliment remerciée pour s’enfermer dans sa honte loin de tout ça.

Un soupir traverse ses lèvres tandis qu’il observe le plafond, allongé torse nu sur son lit. Il se sent de plus en plus seul ici. Et pourtant, le monde le persécute régulièrement, l’obligeant à surveiller constamment ses arrières pour ne pas se retrouver acculé dans un coin sombre avec deux jolies demoiselles qui ne lui veulent que du bien… selon leurs points de vue.

Pourquoi les choses sont-elles devenues si compliquées ? Elena… Elena lui manque, étrangement. D’une façon indéfinissable, et malgré la trouille qu’elle lui a fichue, sans elle, il ne trouve plus personne à qui parler, plus personne pour dévoiler son coeur et être lui-même. Il n’est constamment que politesse et sympathie, éternellement hypocrite pour le plaisir de ces dames, mais jamais il ne s’est senti si sale. Comme si devoir répondre à leurs caprices lui arrachait une partie de l’âme, et que ses lambeaux de fierté sautaient dessus à pieds joints.

Il pourrait aller voir sa soeur, elle lui manque d’ailleurs, mais il n’en trouve pas le temps, et à chaque fois qu’il a enfin le temps de se poser pour y penser, il est déjà bien trop tard dans la nuit pour mettre le projet à exécution. Comme ce soir. Bientôt minuit. La fenêtre ouverte pour entendre les cris des oiseaux de nuit près de l’Académie et profiter d’un peu d’air frais. La chevelure étalée sur l’oreiller. Les pieds nus par dessus la couverture.

Nouveau soupir.

Pourquoi Deus l’a-t-il choisi ? Il n’avait rien fait de bien de son existence, il a même été plutôt victime qu’autre chose. Il est stupide, bon à rien, et quand il voit les divers talents dont sont dotés tant d’autres de l’Académie, il se sent franchement minable. Ajouter à ça son pouvoir absolument ridicule de charme sans limite, et voilà le parfait portrait du petit inutile…

Avec Elena, il était bien. Il se sentait aimé et désiré pour lui-même. Ici, il n’est que le jouet de dizaines de femmes sanguinaires plus attirés par son joli sourire que par ce qu’il est réellement. Oh bien sûr, elles connaissent toutes son prénom, mais aucune n’a vraiment tenté de discuter avec lui. Aucune n’a seulement imaginé qu’il pouvait ressentir quelque chose. Il n’est qu’un trophée que chacun aimerait exhiber à son côté.

Et ça le rend fou.

D’autant plus qu’il n’ose toujours pas leur dire non.

Regard désespéré au radio-réveil. Minuit passé.

La vie est moche. La mort l’est encore plus.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Lun 13 Oct 2014 - 23:48
Jude se baladait dans la cour de l'école quand elle les vit. Un troupeau de jeunes filles en rut encerclait un arbre au milieu de la cour en piaillant dans tous les sens, ou bien n'était ce pas l'arbre qu'elles visaient mais le jeune homme qui était perché dedans. La psychologue s'approcha lentement, tirant quelques bouffées sur son porte-cigarette et s'arrêtant derrière les dernières excitées qui tentaient vainement d'apercevoir l'objet de leur convoitise.

" - Mes demoiselles dit-elle en faisant claquer sa langue d'un air réprobateur"

Mais pas de réponse. Elles étaient visiblement trop occupées à crier le nom de leur pauvre victime pour l'écouter et rien ne pouvait plus l'agacer. Excédée elle attrapa le menton de la jeune fille la plus proche et la fit se tourner vers elle pour lui servir son plus beau sourire.

" - Ma demoiselle, dites immédiatement à vos amies de cesser cette mascarade je vous pris. Vous êtes d'un ridicule..."

La gamine blêmit et n'osant quitter la repentie des yeux, elle tira sur le vêtement de son amie qui finit elle aussi par se retourner. Quand elle vit Jude elle perdit immédiatement son sourire ignare et apostropha unes à une ses camarades.

" - Disparaissez et que je ne vous revois plus vous ridiculiser de la sorte. Sinon soyez sures que je ne serais pas la seule témoin de votre petite humiliation."


Et les filles se dispersèrent rapidement ne laissant sur le passage que de petits chuchotement apeurés. La demoiselle aux boucles d'ébène était passablement irritée par ce qui venait de se produire. Les jeunes filles de nos jours étaient-elles donc devenues si pitoyables? Elle fit quelques pas pour voir le mâle tant convoité par ces pucelles en rut. Et c'est vrai qu'il était séduisant ce damoiseau effrayé dans son arbre, son visage au trait fin, ses yeux aussi bleus que la mer des cotes de son Angleterre natale et ses longs cheveux sombres... Leur regard ne se croisèrent qu'une fraction de seconde avant qui ne se détourne mais il n'en fallu pas plus pour que le cœur de la jeune femme se mette à battre un peu plus fort dans sa poitrine.

Qu'était ce donc que ce sentiment qui enflait en elle? De l'amour? Non, impossible, elle était formel. Jude Alexandra Searl n'était jamais tombée amoureuse et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer. Elle avait passé du bon temps avec des hommes (et des femmes d'ailleurs), elle avait même éprouvée un intérêt pour certain d'entre eux mais jamais plus, même pour le français, aussi séduisant soit-il. Mais le moment était mal choisi pour flâner, le jeune homme la perturbait et ça l'énervait au plus au point. Elle tourna donc les talons aussi promptement que lorsqu'elle était arrivée, faisant au passage voler ses boucles d'ébènes autour d'elle dans un mouvement élégant.

On aurait pu penser que l'incident était clos dans la tête de notre belle psychologue mais non, le souvenir du trouble-fait la hantait toujours au point qu'elle ne parvenait même pas à se concentrer sur sa consultation de l'après-midi. Bon il fallait bien avouer que les jérémiades de l'adolescent sur son fauteuil n'était pas du moindre soupçon d'intérêt.

" -....vous voyez? Elle m'ignore, je fais tout ce qu'elle veut pourtant... J'ai l'impression qu'elle s’ennuie avec moi, je comprends pas..."

Ce n'était pas normal la réaction qu'elle avait eu vis à vis du dénommé Ashe, il était difficile de louper son nom avec toutes ses fillettes qui l'avaient hurlé de leur voix suraiguë de midinette. Il n'était même pas si fabuleux que ça, elle avait eu des amants bien plus charismatique.. Il avait certes un joli petit minois mais ça ne faisait pas tout. Alors quoi? Ce devait être son don à lui. Ce ne pouvait être que ça! Elle entendait les désirs des gens et lui les attiraient à lui, elle n'y voyait pas d'autre explication. Furieuse de s'être fait manipuler ainsi, Jude se leva d'un bon.

" - La séance est terminée."


" - Quoi? Mais je viens juste de commencer!?"

La psychologue soupira et alla chercher un petit livre dans sa commode avant de le tendre au jeune homme. C'était un beau livre relié dont la couverture indiquait "Justine ou les malheurs de la vertu, Marquis de Sade".

" -Lisez ceci et apprenez. Votre amie ne pourra qu'en être agréablement surprise."


Sur ces paroles elle reconduit ou plutôt chassa le jeune homme et claqua la porte derrière elle. Ses pensées continuèrent à tourner sous son crâne jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus. Elle se rua dans les bureaux administratifs, vide à une heure pareille, crocheta la serrure comme elle avait apprit à le faire pendant ses années de dépravation loin du manoir Searl et entra. Elle farfouilla dans les dossiers jusqu'à trouver celui de l'intéressé et partit en direction de l'internat après avoir tout remit en place. Elle avançait telle une furie dans les couloirs silencieux, faisant claquer ses talons sur le sol carrelé, le froissement de ses jupes de soies emplissant la nuit. La demoiselle aux yeux de jade ouvrit la porte de la chambre avec fracas et se planta dans l'encadrement, parcourant la pièce du regard jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait.

" - Vous! Ashe Harst! J'exige une explication, qu'est ce que vous m'avez fait?!"
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Mar 14 Oct 2014 - 19:23
La porte s’ouvre violemment, le tirant de ses pensées moroses en le faisant sursauter. Une furie brune se détache dans l’encadrement. Un regard de jade glacial se pose sur lui, et une accusation sévère fuse dans l’air.

Il observe cette inconnue avec de grands yeux ronds, cherchant dans sa mémoire ce qu’il a bien pu faire. Le minois lui est familier, et il resitue rapidement la dame qui a gentiment fait fuir son armée de prétendantes un peu plus tôt dans la journée, mais pour le reste… Ce qu’il lui a fait à elle ?! Rien, à ce qu’il sache. Devoir l’aider l’a donc à ce point contrariée ?

Il demeure quelques instants, immobile, l’observant sans vraiment comprendre ce qu’elle attend de lui. Puis il bondit sur ses pieds, attrape une chemise sur une chaise à portée, et commence à la boutonner sur son torse nu, les pommettes enflammées de honte. Autant être présentable, son torse nu a tendance à déclencher des réactions pour le moins… Enflammées.

- Je… Je suis désolé ma Dame.

Ceci fait, il s’approche un peu d’elle, puis plonge dans une révérence distinguée, d’une autre ère.

- Je ne sais ce que vous me reprochez, mais je vous prie de m’en excuser, croyez bien que c’était purement involontaire.

Des politesses lointaines reviennent en mémoire, des automatismes et des souvenirs qu’il croyait révoqués. Jamais dame, par sa prestance, ne l’a forcé à en faire usage ici. Les midinettes de la cour de récréation n’ont pas mérité tant d’égard. Un joli sourire, et elles tombent en pâmoison. Ou s’affolent et le coursent dans toute l’Académie… Mais jamais il n’avait eu besoin de revenir à ces bases élémentaires, à cette antique façon de s’adresser à sa mère ou à Yliandre.

Il se redresse enfin, repoussant une longue mèche de cheveux sombres derrière son épaule, et pose son regard azur sur elle, inquiet, timide, mais pourtant fier. L’homme de la famille, celui sur lequel repose les espérances, celui qui doit éblouir par sa seule présence et rendre jalouse toutes les autres.

Il s’enhardit, s’approche d’encore un pas, et attrape une main de la jeune femme qu’il porte à ses lèvres. Un effleurement, une caresse, le regard ancré dans le sien. On peut être terrorisé par les femmes et pourtant être un parfait charmeur. Ce n’est qu’une question d’habitude. Même pas besoin de courage. Il suffit de s’enfermer dans les schémas classiques, et les appliquer à la lettre. Sois mignon Ashe, sois un brave garçon, et peut être alors qu’elle te laissera partir. Ne lui souris pas, surtout, ne lui souris pas. Tu sais ce que ça fait quand tu souris. Tout part en vrille. Ne lui souris pas. Sois beau, et tais-toi.

Peut être qu’elle te laissera tranquille alors. Contente-toi de continuer à avoir l’air sûr de toi et sincère, et tout se finira bien.

Tout doit bien se finir.

Cette femme n’a pas de raison de lui faire du mal, si ?…

Un éclair de panique traverse ses yeux clairs. Il déglutit.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Sam 18 Oct 2014 - 0:24
Jude avait agit sous le coup de l'impulsion, elle s'était précipitée à la recherche du perturbateur sans vraiment savoir ce qu'elle allait dire ou même faire une fois qu'elle l'aurait trouvé. C'était très rare qu'elle s'emporte comme ça, bien-sûr plein de choses l'agaçait prodigieusement mais s'il y avait une chose qu'elle avait en horreur c'était bien qu'on se joue d'elle. Dans les rares occasions où ça s'était produit, sa vengeance avait été terrible et elle n'avait que faire des dégâts collatéraux. Ce Ashe avait commit la pire des offenses qu'on pouvait lui faire, il avait joué avec son petit cœur de demoiselle, organe dont on aurait pu la croire dénué certes mais tout de même bien là.

 La psychologue s’apprêtait à exploser pour de bon en entendant ses excuses, il faisait mine de ne pas comprendre avec ça. Il lui jouait sa petite comédie, les joues rosies de honte, la chemise reboutonnée à la hate, la révérence presque trop appuyée pour être respectueuse... Il était doué mais pas encore assez. Elle allait n'en faire qu'une bouchée, le détruire, lui oter un à un tous ses espoirs et tous ces désirs jusqu'à ce qu'il ne soit qu'une enveloppe vide. C'est alors qu'elle vit dans son regard ce petit éclat de fierté. La jeune femme resta perplexe un instant, ce n'était pas cette fierté tapageuse du fanfaron content de son œuvre, non, c'était plus subtil que cela et énervée qu'elle était, elle avait failli passer à coté. Ça ressemblait plus à la satisfaction d'un enfant, heureux d'avoir accompli un exercice correctement. C'était...intéressant.  Jude se calma peu à peu, l'observant attentivement pour tenter de deviner la moindre de ses pensées. Le jeune homme prit sa main dans la sienne et déposa sur sa peau d'albâtre un baise-main délicat, il savait comment s'y prendre avec les dames et il y avait bien longtemps que la demoiselle n'avait pas été traité également à son rang.

Soudain des crépitements envahirent son crâne en lui tirant un long frisson, ça y est, il avait dépassé la limite, il s'était approché trop près et le regretterai bientôt. Elle allait savoir le moindre de ses petits désirs et de ces envies inavouables. Mais ce qu'elle découvrit n'était pas du tout ce qu'elle pensait trouver. Le jeune homme en face d'elle était mort de trouille. Il ne désirait que fuir le plus loin possible d'elle, se cacher, qu'elle ne le retrouve sous aucun prétexte. Intéressant, vraiment très intéressant, passionnant même. Un petit sourire naquit au coin de ses lèvres.

" - Quel étrange spécimen vous faites, si séduisant et pourtant si apeuré. Quelle ironie... Vous les attirez toutes alors que vous ne cherchez qu'à les fuir n'est ce pas?"


La demoiselle aux yeux de jade fit un pas vers lui, très lentement, et plongea son regard dans le sien. Ashe l'intriguait, elle voulait tout savoir de lui, tous ses petits secrets et son don allait lui être utile. Elle se mit à tourner autour de lui comme un prédateur aillant coincée sa proie, guettant ses faits et gestes et se concentrant sur ses pensées. L'étau se resserrait lentement à mesure qu'elle cherchait à en entendre plus, la douleur qui l'étreignait se faisait de plus en plus vive mais elle n'en avait cure, elle voulait savoir par dessus tout. Souriante, Jude laissa ses doigts se balader sur les épaules du jeune homme en murmurant d'un air innocent.

" - Suis-je donc si effrayante que ça?"
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Dim 19 Oct 2014 - 0:39
Il n’a pas agi comme il fallait. Il le voit, il la sent toujours agacée, peut être même encore plus, et peine de plus en plus à contenir son angoisse. Et puis la situation se désamorce d’un coup. Sans qu’il comprenne vraiment pourquoi, son humeur semble s’apaiser, muter en quelque chose d’autre…

Son inquiétude se mua en peur véritable, et des désirs vivaces naquirent en son flanc. Fuir d’ici le plus vite, disparaître. Voilà qui lui aurait bien plu. Juste… s’éloigner d’ici pour toujours. Cette dame pue le danger à plein nez, encore plus que toutes les autres, justement parce qu’elle s’est pas encore jetée sur lui…

Le sourire qui nait sur ses lèvres attirantes le fait soudain paniquer. La tirade qui suit n’est que pire. En quelques mots, elle a mis à nu ses désirs les plus secrets et dévoilé toute son imposture à la face du monde. Est-il si aisé à déchiffrer ? Il n’a pas de doute sur le fait qu’il ne cache guère ses émotions, mais être un tel livre ouvert, c’est presque insultant.

L’inconnue se décide ensuite à s’approcher, puis se met à lui tourner autour. Ses doigts s’attardent sur son épaule, tandis qu’elle joue. Il le sent, il reconnait cette attitude, ce parfum dans l’air, cette menace diffuse… Elle s’amuse, et à ses dépends à lui. Yliandre faisait pareil, en son temps. Et elle y était très douée. Il pensait en avoir terminé avec tout ça, mais voilà qu’une étrange créature sortie de nulle part recommence à appuyer sur la cause de ses tourments. La douleur diffuse de la trahison et du mensonge remonte peu à peu dans son corps, à l’idée qu’une fois encore la tragédie recommence. Il n’a pas envie de se retrouver de nouveau entre les griffes d’une femme, mais il n’aura peut être pas le choix.

Son murmure et son air innocent seraient presque crédibles sans l’étincelle qu’il perçoit au fond de son regard. Si elle est effrayante ? Oh que oui, bien pire que toutes celles qu’il a rencontrées depuis qu’il est à l’Académie… La perversité et la roublardise féminine sont sans égale sur cette planète, et ce, même après la mort. Il préfèrerait affronter un tigre à mains nues plutôt que rester avec cette demoiselle. Au moins, avec le tigre, il mourrait vite, et sans trop de douleur. Les animaux au moins sont rarement vicieux. Ils tuent par besoin, et non par plaisir… Et ils ne jouent pas avec leur proie. Enfin pas trop.

La dame ici présente, elle est plutôt du genre beaucoup de jeu et pas mise à mort rapide.

Mais il ne doit pas lui montrer plus qu’il a peur. Surtout pas. Elle en prend son pied, il le voit bien, et il déteste ça. Certes, il a été élevé pour faire plaisir aux dames, mais il y a des limites tout de même. Perdre toute sa fierté pour le bonheur de l’une d’entre elles en fait partie. Il tente de reprendre contenance, plutôt bien même, et répond d’une voix douce. Pas question qu'il lui fasse le plaisir d'entrer dans son jeu.

- Puis-je savoir à quel délicieux prénom répond cette grande paire de Jade ?

Sa voix n’a pas tremblé. Elle a failli, mais il a réussi à l’éviter au tout dernier moment. Ca reste pas très brillant, mais toujours mieux que s’il s’était effondré là tout de suite. Ne pas montrer les faiblesses, ne pas montrer la peur, les prédateurs le sentent, et ça les excite.

Il se force à faire un pas en avant pour échapper à ses cercles de plus en plus rapprochés, fermant la porte pour éviter d’attirer les commérages de tout le voisinage, puis lui indique un fauteuil présent dans la chambre.

- Je vous en prie, installez-vous.

Sur le large mur de la pièce, le coucher de soleil est à son apogée, splendide. Mais Ashe n’est plus sensible à son spectacle depuis longtemps.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Lun 27 Oct 2014 - 13:24
Il voulait qu'elle cesse, qu'elle arrête de jouer avec lui de la sorte mais par dessus tout il voulait fuir très loin d'elle. Ce désir là résonnait dans l'esprit de la demoiselle comme une locomotive à vapeur lancée à vive allure, impérieux et bruyant, il ne se laissait pas oublier. Mais l'effet de surprise passé, il avait vite perdu de son intérêt pour la psychologue. Il était devenu d'une évidence telle qu'elle pouvait sentir sa peur se dégager de tous les pores de sa peau. Jude essaya de faire fis de ses braillements incessant pour écouter ce qu'ils cachaient. C'était comme dans une foule, on entendait le brouhaha général qui enveloppait tout mais en se concentrant suffisamment on pouvait alors discerner des voix, des brides de conversations d'abord proches et puis de plus en plus éloignées. Et c'était exactement ce qu'elle tentait de faire. Elle se concentra, fixant sa proie, ignorant la douleur qui croissait à mesure qu'elle avançait dans cette percée auditive. Le jeune homme lui posa une question mais elle n'y prêta guère attention, trop occupée à écouter ses pensées plutôt que ses mots.

Soudain Ashe s'enfuit. Il fit simplement un pas en avant puis alla fermer la porte ce qui, à cause de la distance, interrompit les recherches de la britannique. Elle laissait échapper un petit claquement de langue entre agacement et déception. La douleur elle était encore là et le tintamarre provoqué par son envie d'être à des kilomètres d'elle lui laissait un sale goût d'inachevé. Que voulait-il en fermant cette porte? S'isoler avec elle? Non c'était bien le genre de chose qu'il aurait souhaité éviter à tout prix. A moins que ce ne soit pour que personne ne les aperçoivent en passant dans le couloir, il était vrai qu'"inviter" charmante compagnie dans sa chambre à une heure pareille pouvait lui valoir des problèmes. Il était amusant, en si mauvaise posture comme il semblait le croire, il restait raisonnable, se souciant du qu'en dira-t-on.

" - Je me prénomme Jude Alexandra Searl, de la famille Searl. Mais Jude suffira."

Il fallait qu'il revienne près d'elle, elle n'avait pas terminée ses investigations. C'est une moue boudeuse et un bon comptant de frustration qu'elle prit place dans le fauteuil qu'il avait désigné pour elle. Sa caboche la faisait toujours souffrir mais la douleur s'amenuisait à mesure que le jeune homme s'éloignait elle, à son grand regret. La psychologue voulu sortir une cigarette de son sac pour se calmer mais c'est avec horreur qu'elle se souvint qu'en partant précipitamment comme elle l'avait fait, elle était partie sans. Elle laissa échapper un juron en français tout bas et croisa élégamment ses fines jambes dans un froissement de soie. Jude inspira lentement et planta son regard de jade dans celui de Ashe en lui souriant et pour une fois son sourire avait tout d'un sourire sincère. Elle lui fit un petit signe de main pour l'inviter à approcher.

" - N'ayez pas peur, je ne vais pas vous manger."


La demoiselle voulait juste qu'il vienne près d'elle, qu'elle puisse à nouveau sonder le fond de son âme, percer ses désirs et mieux le connaître. Il lui avait prouvé, certes à ses dépends, qu'il pouvait être d'un certain intérêt. Une fois passée cette politesse soumise et cérémonieuse, enlevé le marque de peur restait encore cette petite fierté qui brillait dans son regard et puis tout le reste.

" Vous n'appréciez visiblement pas ma compagnie alors pourquoi m'inviter à m'installer? Vous êtes un être plein de paradoxe mon cher Ashe."
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Lun 10 Nov 2014 - 19:02
Sa tortionnaire s’éloigne, libérant l’étau oppressant sa gorge et lui permettant de déglutir. Reprendre un peu de distance lui redonne un nouveau souffle et lui permet de relâcher un peu la pression qu’il sent grandir sur ses épaules. Les femmes… Décidément toujours aussi inquiétantes. Sur l’échelle de l’épouvante, celle-ci atteint des sommets. Elle n’a pas ce regard dégoulinant d’admiration qu’ont ses habituelles groupies, malheureusement, car lorsqu’il voit sa mine calculatrice, il sent au contraire une flopée de tourments à venir, ce qui n’est pas pour lui plaire. Pas du tout.

Elle s’installe dans le fauteuil désigné après l’avoir gratifié de son nom complet, dans lequel il se perd par manque d’habitude, peinant à comprendre toutes les syllabes et leur éventuelle démarcation, puis elle se redresse en croisant élégamment les jambes. Ashe n’a toujours pas bougé de l’abri salvateur que représente la porte, aimant l’idée qu’il pourrait ainsi fuir aisément si elle devenait plus menaçante, même s’il doute être capable de la mettre en oeuvre réellement. Trop d’habitudes ancrées dans sa caboche, il n’est pas naturel pour lui de fuir une dame. Encore moins lorsque la dame en question est si polie.

Puis elle l’invite à s’approcher. Il se campe plus fermement sur ses pieds, une lueur de panique traversant son beau regard d’eau à l’idée d’aller s’installer près d’elle. Son corps tout entier se révulse à cette perspective. Elle pourrait à nouveau vouloir le toucher… Et si elle commence à le toucher, il n’imagine que trop bien la suite inévitable. Toutes les femmes qu’il a connues ont toujours voulu aller plus loin. Pourquoi celle-ci serait-elle différente ? Pourquoi viendrait-elle le voir à une telle heure de la nuit en l’accusant d’il ne sait quel méfait qu’il n’a pas commis comme seul prétexte fallacieux ?

Il ne s’approchera pas. Vraiment pas. Pas s’il n’en est pas obligé en tout cas. S’il-vous-plait, ne m’y obligez pas… Il n’y croit guère en voyant son regard posé sur lui. Elle joue toujours. Il est un objet de curiosité pour elle, un spécimen étrange qu’elle veut sonder pour le comprendre. Le jettera-t-elle simplement lorsqu’elle aura obtenu satisfaction ? Lorsqu’elle aura compris de quoi il ressort ? Ce serait une belle perspective, mais Ashe a appris depuis longtemps à ne plus être optimiste en ce genre de situation. Tout au contraire… Cette attraction naturelle qu’il exerce ne fait que compliquer les choses. Ce pourrait être une arme redoutable s’il savait s’en servir… mais il ne la maîtrise pas du tout, il la subit, au quotidien. Aujourd’hui n’est qu’un jour de plus. Car s’il n’y a pas d’envie dans le regard de la jeune femme installée en face de lui, ce ne peut être que pour ça qu’elle est ici. D’une façon ou d’une autre, sa séduction a à voir là-dedans, il n’en doute pas.

La dernière réplique de la dame le blesse et lui fait en même temps relever un peu le menton. Fierté, misérable fierté, que viens-tu faire en ces lieux ? Il ne se laissera pas rabaisser par une femme, si élégante et polie soit-elle. Ce ne sont pas des paradoxes, bien loin de là.

- Il n’est point envisageable de mettre une femme à la porte, dame Jude. Ce sont des choses qui ne se font pas, quelles que soient les circonstances.

La fierté est revenue. Elle brûle d’un feu ardent au fond des prunelles lagon. Cette dame sait qu’elle lui fait peur. Très bien, tant mieux pour elle. Il ne sera pas dit qu’il aura manqué à ses devoirs toutefois. Pas même s’il ne doute pas avoir trouvé plus maligne que lui au petit jeu de la séduction.

Il l’observe toujours avec hauteur, piqué au vif, un peu raide dans son attitude, puis se détend finalement imperceptiblement, remettant sa haute taille en mouvement. Avec souplesse, il se dirige vers la dame, tirant finalement une chaise en face d’elle pour s’installer à califourchon à moins d’un mètre d’elle. Le dossier de la chaise entre eux constitue une maigre protection tandis qu’il y pose ses coudes, appuyant finalement sa tête sur l’une de ses mains en plongeant son regard dans le sien, affectant une décontraction qu’il est loin de ressentir. Elle veut jouer hein ? Vraiment ? Il a pour aimée une abomination de cauchemar. Il ne se laissera pas infléchir ainsi. Jouons.

- Puis-je savoir quel est le but véritable de votre visite ce soir, dame Jude ? On ne débarque pas chez les gens en les accusant de choses qu’ils n’ont pas commises sans arrière pensée. Jouez franc jeu, voulez-vous ?

Et le défi brûle désormais, quelque part au creux de la lagune. Acéré et flamboyant.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Mar 18 Nov 2014 - 23:27
Jude manqua de tomber de son siège. "Des choses qui ne se font pas"? "Quelles que soient les circonstances"? Décidément, elle n'était pas au bout de ses surprises avec ce jeune homme et c'était plutôt une bonne chose, il la faisait rire avec ses inepties. Sa chère génitrice avait été la première à la mettre à la porte et Deus savait que pour la bienséance, la politesse et le savoir-vivre elle était la reine. Elle elle n'avait pas été la seule, si son statut de lady lui avait ouvert bien des portes, nombre d'entre elles s'était fermée devant son statut de catin. Mais la jeune anglaise s'en fichait éperdument, rien ni personne ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'elle voulait.

Un petit sourire en coin naquit sur ses lèvres pourpres en voyant Ashe s'approcher à nouveau, prenant une chaise pour s'installer tout près d'elle. Toute trace de peur avait disparue de sa posture mais aussi de ses envies. Il ne voulait plus fuir à présent, non, il avait autre chose à l'esprit. La fierté avait remplacée la panique et avait décidé de lui tenir tête. C'était parfait, Jude n'aurait pas pu être plus satisfaite qu'en cet instant. Les recherches allaient pouvoir reprendre.

La psychologue plongea elle aussi son regard de jade dans les eaux clairs de son hôte, ne se départissant de son joli et malicieux sourire. Sa voix était mélodieuse et suave, une voix qu'il était difficile d'oublier.

- Oh mais soyez certain mon cher, que vous êtes bien le responsable de ma disgrâce. Elle marqua une petite pause, lissant ses jupes de soie sur sa cuisse. Pour ce qui est de ma sincérité...

La demoiselle aux boucles d'ébène se pencha lentement en avant jusqu'à ce que son visage ne soit plus qu'à quelques centimètres de celui du jeune homme. Elle plongea un instant son regard dans le sien comme si elle pouvait voir au plus profond de son être puis pencha légèrement la tête sur le coté en dévoilant sa gorge blanche, laissant les fragrances délicates de violette et de lys blanc monter jusqu'à lui.

- Sachez que la vérité ne dépend de celui qui la croit. susurra-t-elle à son oreille.

Elle se redressa lentement, sans à aucun moment l'avoir touché. Elle jouait avec lui, elle voulait hanter ses pensées que ce soit comme sa muse adorée ou son pire cauchemar.  Et pour l'heure c'était plutôt lui qui occupait les siennes. Littéralement. L'esprit de la demoiselle était entièrement tourné vers son interlocuteur, son don au plus fort de ce qu'il pouvait être. La belle anglaise creusait encore jusqu'aux tréfonds de son être dans l'espoir d'entendre ses pires penchants, ses vices inavouables et tout ses désirs inassouvis.

L'intérieur de son crâne semblait en ébullition, la douleur se répandait comme une trainée de poudre mais ça en valait la peine, elle ne pouvait pas arrêter maintenant. Jude voulait trop savoir pour laisser sa proie lui échapper, jusque là personne n'avait été à la hauteur de son talent, aucun ne nécessitait qu'elle utilise son don pour résoudre l'énigme. Mais lui, Ashe, était différent. Elle avait envie de le connaitre.

- Dites moi, qui êtes vous Ashe Harst? demanda-t-elle d'une voix calme, plus basse que précédemment.

La douleur avait envahi son corps, courant dans ses veines, s'infiltrant partout la privant de sa liberté de mouvement. Peu importait, elle n'en avait pas besoin. En revanche elle approchait de la limite, la jeune femme le sentait bien. Jusqu'où pouvait-elle aller pour savoir? jusqu'où pouvait-elle supporter la douleur? Allait-elle mourir à nouveau? Raison de puis pour continuer.
Un fin sourire étira ses lèvres, une petite comptine lui revenait en mémoire et dans un murmure elle se mit à chanter.

- ...Ashes, Ashes, Ashes...We all fall dow..

Sa voix se brisa et elle s’évanouit.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Jeu 20 Nov 2014 - 22:12
Elle continue à jouer, la garce, elle s’amuse, s’approche, tentatrice, et offre au jeune homme sa gorge en lui susurrant à l’oreille des platitudes écornées. Son parfum délicieux chatouilles les narines de l’apprenti-dieu, émoustille une part de lui qu’il se refuse depuis longtemps à écouter, tandis que sa voix divine cajole son inconscient. Lorsqu’elle s’éloigne enfin, il est troublé, mais refuse de la laisser vaincre, alors, il reprend son regard dès qu’il le peut, l’ancrant dans le sien.

À sa nouvelle question, il demeure impassible, s’étonnant de son sens. Que veut-elle dire ? Qui il est ? Ashe Harst, géniteur raté, désespoir d’une tribu et chasseur égaré dans un nouvel univers qu’il abhorre. Mais ce serait un peu trop violent comme présentation, il est des choses qu’il vaut mieux ne pas dire. Alors il réfléchit à ce qu’il serait convenable de lui répondre, de lui rétorquer, quelque chose de brillant si possible, pour qu’elle soit enfin satisfaite et s’en aille. Ca serait bien.

Mais les choses ne tournent jamais bien, il devrait le savoir depuis le temps… Avant qu’il ne puisse parler, elle chantonne quelques mots et s’effondre soudain. Il a à peine le temps de la rattraper, effondrée dans ses bras, s’étant à moitié levé de sa chaise pour éviter qu’elle ne se cogne contre le dossier. Un soupir douloureux quitte les lèvres d’Ashe, issu tout droit de son coeur. Pourquoi ?… Qu’est-ce qu’il vient de lui arriver ? Qu’a-t-elle fait, qu’a-t-il dit, pourquoi ça lui arrive encore à lui ?

La jeune femme ne pèse pratiquement rien contre lui, il peut sentir sa taille gracile sous ses mains, étrangement rigidifiée par une épaisseur supplémentaire sous le tissu qu’il ne comprend pas. Son souffle chaud dans la gorge crée un frisson incontrôlé qu’il étouffe en jurant à voix basse. Non, ça, il n’en est pas question, oh non non non, vraiment pas ! Avant de faire quelque chose de regrettable, il la bascule sur le côté, glissant une main sous ses genoux, se perdant dans les jupes en soie qu’elle porte, la seconde enlaçant ses épaules, et la soulève du fauteuil avec facilité. Sa tête glisse sur le torse du jeune homme. Comment peut-elle être aussi élégante même dans l’inconscience ?…

Il en est toujours là de ses considérations, n’ayant trouvé aucune réponse, lorsqu’il la dépose sur son lit, au-dessus des couvertures, détaillant son minois angélique dans l’inconscience. Une fois dépossédée de la malice qu’il a cru trahir à plusieurs reprises dans son regard, elle devient incontestablement une belle femme. Ashe qui n’y est normalement pas sensible se mord une lèvre en grimaçant. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ce genre de considérations le touchent aujourd’hui, alors qu’elles demeuraient si absentes hier, pour son plus grand plaisir ? Il était si bien sans tous ces problèmes. Les femmes, ces harpies assoiffées de pouvoir, deviennent si faibles une fois défaite de leurs atours… Dans l’inconscience, elles sont si candides, poupées de porcelaine à la beauté de cristal…

Il envisage un instant de laisser traîner ses doigts sur la douceur de sa joue, puis se reprend en maugréant. Non ! Ca ne va pas être possible hein ! Ses mains s’emparent des doigts de la jeune femme, les trouvant tièdes, puis il pose sa paume sur son front. La peau y est brûlante, d’une tempe à l’autre, jusqu’aux paupières closes. Si quelque chose ne va pas, il peut être sûr que cela se situe à ce niveau. Il envisage un moment de l’emmener à l’infirmerie, puis se ravise. Pas tout de suite. C’est stupide et inconscient comme attitude, mais il n’a guère envie de devoir expliquer à l’infirmière ce qu’il s’est passé. Il pourrait mentir aisément mais… Il n’a jamais été très doué à ce petit jeu-là. Surtout à une femme.

Alors il se relève en soupirant, disparaissant dans la salle de bain adjacente à la chambre, humidifie un gant de toilette qu’il revient finalement poser sur le front de la demoiselle, écartant avec douceur les mèches de cheveux gênantes. Il profite de ses doigts rendus froids par l’eau pour dessiner quelques petites arabesques sur ses tempes, puis sur ses joues et ses paupières, non couvertes par le tissu, dans l’espoir d’apaiser un peu la fièvre de son visage.

Merveilleux. Il a désormais une jeune femme évanouie pour il ne sait quelle raison dans son lit. Et tout ce qu’il trouve à faire ? Il tire une chaise au chevet du lit, replace les jupes sur les jambes de la jeune femme, les tirant jusqu’aux chevilles après l’avoir délestée de ses chaussures, et se laisse finalement tomber dans son fauteuil en la regardant. Et maintenant ?

Ashe, tu es stupide mon garçon. Il suffisait de l’emmener à l’infirmerie, de la laisser aux bons soins de la personne de garde là-bas, et de rentrer sagement ici finir ta nuit. Pourquoi ne l’as-tu pas fait hein ? Pourquoi ?

La réponse est simple. Si simple qu’elle en est presque risible au fond. Ashe aime la beauté, Ashe aime l’innocence, et lorsqu’il la voit ainsi si fragile, il a envie de la protéger. C’est ridicule, c’est stupide et c’est peut être masochiste. Mais c’est ainsi. On ne se refait pas.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Sam 22 Nov 2014 - 16:24
Tout était floue autour de la jeune femme, les bruits lui arrivaient peu à peu, étouffés, comme si elle avait la tête sous l'eau. Et puis progressivement tout devint plus clair, les sons, les voix mais aussi les formes, les couleurs et les odeurs. Une effluve qu'elle connaissait bien vint lui chatouiller les narines, cette fumée de cigare cubain, elle ne pouvait être qu'à un seul endroit sur Terre. La demoiselle sentit alors deux puissantes mains la saisir sous les aisselles et la soulever pour l'installer dans un gros fauteuil.

" - Père, pourquoi j'ai un nom de garçon? Je suis une fille pourtant, vous vous êtes trompés? demanda-t-elle d'une voix innocente."

"- Je le sais bien mon petit, mais ta mère et moi vouliez un mâle pour porter le nom des Searl après ma mort. dit l'homme en riant, il avait les même yeux de jade que la petite fille en face de lui."

" - Mais pourquoi? Moi aussi je peux porter dignement le nom des Searl... fit la gamine avec une petite moue triste."

" - Le  pouvoir ne sied pas aux femmes Jude."

" - Et bah à moi il m'ira! Et tu verras je porterai notre nom mieux qu'un homme!"

L'homme rit encore, posant sa grande main chaude sur sa petite tête brune. Ce qu'il faisait après, la belle anglaise n'arrivait plus à s'en souvenir, le bureau de son père s'évapora devant son regard et tout redevint noir autour d'elle.

La chambre du soleil était paisible, Ashe prenait soin de son invité et Jude elle, s’empêtrait dans ses délires fiévreux. Le songe et la réalité passée se confondait dans sa petite tête brune, la faisant s'agiter dans son sommeil.

Quand la lumière revint, le lieu où elle se trouvait était tout autre et il n'y avait plus cette odeur qu'elle affectionnait tant. Elle connaissait bien ce papier peint aux allures baroques, elle était dans son ancienne maison close, en plein WhiteChapel, confortablement installée sur les genoux d'un jeune aristocrate fort bien vêtu et masqué. C'était un de ces nombreux bals masqués comme Madame la Maquerelle se plaisait tant à organiser et ça faisait fureur, le mystère du masque et l'attrait qu'il produisait était indéniable. Jude, son loup sur le nez et sa robe entrouverte passait du bon temps avec ses invités, riant en cœur avec ses collègues aux traits d'humour de leurs clients quand un homme s'approcha. Il portait un costume sobre et un masque de lion mais contrairement aux autres, il était debout et seul. La britannique l'observa et poussa un petit cri de surprise lorsqu'il enleva son masque dans un geste solennel.

" - Père..? Mais qu'est ce.."

Son regard vert de jade était lourd d'un mélange de tristesse et de déception. La demoiselle se leva d'un bond, délaissant son aristocrate au masque de bouc.

" - Père.. Père attendez! Dites quelque chose, je vous en supplies ne partez pas comme ça."

Mais l'homme ne se retourna pas. Jude se mit à courir mais la distance qui les séparait ne cessait d'augmenter. Elle se retrouvait enfant, forçant sur ses petites jambes pour rattraper le souvenir de son père le bras tendu vers lui.

" - Père... s'il vous plait, je serais sage, n..."

"-...me laissez pas!"

La demoiselle s'était redressée sous le coup de l'émotion, les yeux grands ouverts, les traits déformés par une expression de terreur. Il lui fallu quelques secondes pour comprendre où elle se trouvait et s'apercevoir que sa main s'était refermée sur le bras de Ashe. L'anglaise retira instantanément sa main comme si elle s'était brulée et se détourna.

Que s'était-il passer? Que faisait elle dans cette chambre à l'immense fresque solaire et avec ce jeune homme? Elle portait tous ses vêtements à l'exception de ses bottines alors elle n'était certainement pas venue passer du bon temps en sa compagnie. Mais le pire n'était pas le brouillard dans lequel elle était et le mal au crane, non ça elle connaissait bien, c'était comme se réveiller après une nuit d'ivresse. Non le pire était d'être là, face à cet homme, et de lui avoir montrer sa peur et sa faiblesse. Tout ça était réel et là était bien le problème, simuler la faiblesse ne la dérangeait nullement, ça en faisait craquer plus d'un avec leur complexe du chevalier blanc. Mais là elle était comme un comédien dont le masque se fend en pleine représentation, comme le joueur de poker qui laisse accidentellement tomber ses cartes. L'inconscience avait révélé une faille béante qu'elle tentait vainement de sortir de son esprit.

Jude se leva brusquement, bien décidée à oublier la honte et l'aigreur qui l'étreignait. Elle n'aurait pas du se lever aussi vite car aussitôt la tête recommença à lui tourner et elle du s'appuyer contre le mur le plus proche pour ne pas risquer de chuter. Elle enleva le gant de toilette de son front et le déposa sur la table de nuit. Le jeune homme s'était visiblement bien occupé d'elle pendant son petit black-out, encore quelque chose d'étonnant dans son comportement. Il aurait pu se contenter de l'emmener à l'infirmerie mais non, il l'avait gardé dans sa chambre, allongée sur son lit.

Peut importait à présent, elle allait partir. Mais d'abord il fallait retirer ce maudit corset sinon elle ne ferait pas deux pas dans le couloir avant de s'effondrer le souffle coupé. D'une main experte, elle retira un à un la vingtaine de petits boutons qui jalonnait le devant de sa robe et la laissa s'échouer sur le sol dans un bruissement de soie froissée. Elle se tourna vers Ashe dans son déshabillé aussi noir que ses robes et son corset blanc qui entravait sa taille. Un petit détail la chiffonnait: elle ne pouvait retirer son corset seule.

" - Pourriez vous m'aider s'il vous plait? demanda-t-elle d'une voix neutre, dénuée de malice."

Ces souvenirs lui avaient coupé l'envie de jouer. Elle n'aspirait plus qu'à ruminer devant un bon verre de whisky loin de tout regards curieux. Elle lui présenta son dos et lui indiqua comment desserrer le lacet puis elle l'ôta et ramassa ses effets et se dirigea vers la porte. Elle se retourna néanmoins pour le gratifier d'un sourire aussi faux que tout le reste.

" - Je vous remercie de ce que vous avez fait pour moi. Bonne soirée."
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Lun 12 Jan 2015 - 1:16
Alors qu’il demeurait perdu dans ses songes, une main se saisit de son avant-bras et une voix délicieuse prononça quelques mots, le sortant brusquement de sa torpeur. Le temps qu’il n’en comprenne les implications, la demoiselle s’était vivement retirée, relevée avec brusquerie pour finir échouée contre un mur, visiblement pas en très grande forme. Il s’apprêtait à se porter à son secours, un peu déboussolé par la situation inédite, lorsqu’elle se redressa à nouveau de façon précipitée pour déboutonner son vêtement.

Ashe en resta pantois, immobile, observant cette jeune femme et ses gestes sans oser bouger ni parler, sans oser rappeler même sa présence, incapable de comprendre la réalité de ses actions. Jude se tourna finalement vers lui, aussi divine que pâle, superbe malgré tout ce qu’il en pensait, et il oublia un instant d’en regarder son vêtement, accroché par un regard de jade, avant que son attention ne soit finalement attirée par une étrange forme blanche autour de sa taille.

Forme blanche qui était d’ailleurs directement la raison de la requête de la jeune femme. Avec surprise, il détailla l’étrange accessoire qui était sans nul doute l’objet dur qu’il avait senti sous la robe de la demoiselle, puis se laissa guider par ses indications, tirant sur les lacets nécessaires. Le corset retomba entre ses mains avant de lui être arraché par sa propriétaire encore trop pâle, laquelle ramassa toutes ses affaires, se dirigea vers la porte puis après lui avoir offert un sourire convenu et une politesse banale, s’apprêta à sortir.

L’esprit du jeune homme, mis en pause jusqu’alors, se réveilla d’un coup, prenant conscience avec retard de la réalité des choses : elle allait partir, et plus encore, elle le fuyait. Pour une raison qu’il ne comprenait pas bien, elle semblait soudain inquiète, voire fragile, plus qu’il n’aurait cru que la chose fut possible, et chose qu’il s’expliquait encore moins bien, la voir ainsi le rendait étrange. Cette tristesse qu’il avait saisie sur ses traits, l’espace d’un instant, cette panique qui l’avait effleurée avant de repartir aussi vite, tout cela l’avait touché profondément.

Et il ne voulait pas que l’étrange émotion qu’elle faisait naître en lui prenne fin. Pas tout de suite. Il n’était pas prêt à la laisser repartir, pas alors qu’elle réveillait d’agréables tourments au fond de lui, et pas maintenant qu’elle paraissait plus pâle que la mort.

Alors, il bougea, avec la rapidité de ses réflexes sauvages, avec l’instinct de chasseur qui avait toujours été le sien, prenant de court la jeune femme pour se positionner entre elle et la porte, avec une vivacité peut être inquiétante. Sa main se posa sur la poignée, son torse se pencha légèrement vers elle, tandis qu’il fichait son regard dans le sien. Il en était fini de l’effaré, le terrifié, le timoré Ashe, et s’il n’était pas plus volontairement séducteur, il avait acquis en quelques secondes l’inflexibilité du traqueur.

- Vous ne pouvez pas partir, vous êtes encore toute pâle. Asseyez-vous un instant, et permettez-moi de vous trouver quelque chose à boire, ou laissez-moi au moins vous raccompagner jusqu’à votre chambre. Je ne peux abandonner une demoiselle dans un tel état, vous n’avez même pas repris vos esprits, et vous êtes à peine présentable.

Disant cela, il prit conscience de la réalité de son assertion. Jude n’était guère vêtue, et même si sa tenue tenait la décence en haute place comparée à celles de tant de ses groupies, cette soudaine proximité le mettait mal à l’aise. Il n’avait pas discerné plus tôt que tant de couches de vêtements les séparaient, et les voir tomber une à une ne pouvait qu’entraîner l’imagination vers de dangereuses pentes.

Il ferma les yeux un instant, inspirant profondément, avant de rouvrir un regard déterminé sur elle. Sa voix avait perdu un demi-octave quand il reprit la parole.

- S’il-vous-plait, ne partez pas.

Il ne maîtrisait pas tout. Il ne maîtrisait plus grand chose. Mais il avait envie qu’elle reste. Pour faire quoi ? Il ne savait pas bien, mais cette détresse qu’il avait senti éveillait en lui un écho, quelque chose de lointain, et sa solitude loin de la dame de ses pensées commençait à lui peser plus qu’il ne voulait l’admettre. Il souhaitait ne pas être seul, pour un soir, pour pouvoir discuter avec quelqu’un. Jude ferait parfaitement l’affaire si elle voulait bien rester. Pourvu qu’elle reste. La perspective d’une nouvelle nuit face à face avec lui-même n’était pas pour lui plaire.
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Ven 16 Jan 2015 - 21:31
Jude était là, à demi nue, devant cette porte qu'elle s'apprêtait à ouvrir. Elle n'avait pas envie de partir, pourtant elle n'avait pas vraiment envie de rester non plus. Après le déboussolement de ses délires fiévreux et la honte de l'avoir laissé transparaître, elle ne savait plus vraiment où elle en était. Tel un fauve, son hôte s'était interposé entre elle et la sortie ainsi la demoiselle ne s'était pas trompée, c'était un jeune homme plein de ressources. Il n'y avait plus une once de peur dans son regard ni dans sa posture, il était devant elle en pleine possession de ses moyens. Droit et déterminé, il jouait les chevaliers servants secourant la fragile demoiselle en détresse, s'en était pathétique. Lui qui la craignait, qui aurait tout fait pour qu'elle s'éloigne le plus loin possible était à présent à ses petits soins... Mais n'était elle pas plus pathétique que lui? Fuyant la queue entre les jambes tout ça pour un petit cauchemar, depuis quand était elle devenue si pitoyable? Sa propre mièvrerie lui laissait un goût amer et elle n'avait même pas une cigarette pour passer sa frustration. Elle avait bien mieux dans sa chambre mais pour l'heure... Ce petit homme allait regretter d'être là.

Lentement, un petit sourire naquit sur les lèvres de la jeune anglaise. Et ce sourire là n'avait rien à voir les soit disant innocents et enjôleur qu'elle avait pu lui servir, non celui-ci était félin, carnassier et insatiable. Son regard de jade plongé dans le sien ne lui laissait aucun endroit ou se dissimuler, aucun répit. Il était sa proie et elle ne le laisserait le loisir d'échapper à son emprise. Elle avait remarqué cet instant où il s'était presque imperceptiblement troublé. Il avait certainement du prendre conscience du peu de vêtement qu'elle portait et de leur proximité. Sa gène en revanche n'était pas celle d'un jeune puceau découvrant pour la première fois le corps dénudé d'une femme. C'était bien plus subtile que ça, ce n'était pas de la honte mais de la décence, une politesse guindée qui l'empêchait de profiter de ses courbes délicates suggérées par le déshabillé, à portée de ses mains et de son regard.

Jude fit un pas en avant, puis un autre et vint se coller contre le jeune homme sans quitter les eaux claires de son regard et sans jamais réellement le toucher. Son corps n'était qu'à quelques centimètres à peine du sien, elle en ressentait la chaleur à travers le mince tissu qui recouvrait sa peau d'albâtre et ne doutait point qu'il en était de même pour lui. Son sourire se fit plus sensuel, sa main fine et pale se glissa dans l’entrebâillement de sa chemise, ses doigts goutant la douceur de son torse en sussurant.

" - Vous souhaitez que je reste? Mais en êtes vous bien certain? Elle marqua une petite pause. Qu'en penserai votre dulcinée? Je doute qu'elle apprécie que vous passiez la nuit avec une femme de petite vertu telle que moi."

La psychologue passa le bout de la langue sur sa lèvre pourpre, l’œil brillant. Ses ongles se plantèrent dans sa chair, glissant langoureusement et laissant une délicieuse marque rouge sur leur passage. Avait-il mal? Peut-être. Elle n'en avait que faire, tout ça n'était qu'un jeu. L'étincelle de son regard s'éteignit en même temps que son sourire, elle retira sa main. Elle n'avait plus envie de jouer.

" - Je ne suis pas une demoiselle présentable. Encore moins fréquentable. Mais soit. Je vais rester."

Elle s'écarta avec nonchalance et marcha vers le fauteuil. La repentie était lasse, le noir poison du spleen coulait dans ses veines lui faisant perdre tout envie de se jouer de son hôte. Ca ne passait même pas sa frustration alors à quoi bon.

" Je peux? demanda-t-elle mais sans attendre la réponse elle prit place."

La britanique n'était pas franchement dans son assiette. Non pas tant physiquement, ses joues avaient reprisent leur couleur d'origine et si on oubliait le petit crépitement qui avait fourmillé sous son crane un instant, sa tête n'était plus si douloureuse. Son don lui avait laissé à réfléchir, si la douleur n'était pas un problème en soi, l'évanouissement en était un. Elle ne pouvait pas se permettre de se retrouver aussi vulnérable devant un inconnu, ni devant quiconque en fait. D'autant que si c'était pour oublier tout ce qu'elle avait entendu à la limite de l'inconscience, le prix à payer était bien trop élevé. Elle avait perdu le contrôle de sa personne et elle ne pouvait l'accepter comme ça. Oh bien-sûr elle aimait le hasard, la bonne fortune comme la mauvaise mais uniquement quand elle le désirait. Elle n'avait rien à faire de Freud, de son complexe d’œdipe inversé et même de sa peur de l'abandon, on ne touchait pas à son père, à ses souvenirs et à sa culpabilité. Jude s'alanguit dans le fauteuil qu'elle s'était désormais appropriée, son regard de jade errant ça et là dans ses pensées.

" -Vous ne devriez pas avoir si peur de Dame Solitude, elle est comme la Mort, elle vous cueille avec délicatesse et vous tiens dans son délicieux écrin."


Son cher Charles avait un remède à toute cette mélancolie mais la jeune femme aux boucles d'ébène doutait que l'élève en ai. Elle soupira.

" - Dites moi mon cher Ashe Harst, auriez vous du whisky?"
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Re: La nuit, toutes les femmes sont jolies - Lun 6 Avr 2015 - 20:56
Le jeu reprit selon une tournure qu’il ne goûtait pas vraiment. Ne savait-elle donc pas être sincère ? Créature effarouchée à l’instant, elle se reprit bien vite, et du statut de protecteur, il redevint rapidement proie, capturé par un grand regard de jade. Il voulut dire quelque chose, ses lèvres tremblèrent pour lui demander de s’éloigner, mais il en fut finalement définitivement incapable lorsque les doigts blancs de la jeune femme entrèrent en contact avec sa peau. Ses bonnes intentions s’effondrèrent en même temps que plusieurs mois de certitudes, le laissant aussi vacillant qu’un château de cartes sous un souffle de vent.

Les mots alors s’insinuèrent dans son esprit. Le poison de la vipère pénétra ses protections prétendument si solides, et la certitude qu’il avait de sa dulcinée devint trouble. La femme face à lui offrait en cet instant des perspectives dont il se savait ailleurs privé, et cela le rendait soudain penaud tant que perdu.

La douleur qui balaya son torse sous les ongles délicieux lui arracha un gémissement mal dissimulé. Il aurait voulu qu’elle poursuive. Il fallait qu’elle arrête. Il aurait aimé qu’elle demeure ainsi à le torturer pour les heures à venir. Il fallait qu’elle arrête. Il aurait souhaité qu’elle…

… ne s’interrompe pas ainsi.

Le regard merveilleux s’éteignit en même temps que la voix s’élevait à nouveau, et si les mots offraient des promesses encourageantes, leur ton coupait toute illusion. Ashe demeura un instant déboussolé, regardant la délicieuse créature s’éloigner pour s’installer dans un grand fauteuil. Son esprit s’était abandonné dans des images qu’il tentait désormais d’oublier, tant qu’il peinait à rattraper le fil de la réalité. Ce n’était qu’un jeu. Tout depuis le début n’était qu’un jeu. Il le savait, il aurait dû le savoir, les femmes n’étaient toujours que malice et duplicité. Voilà pourquoi il n’avait jamais voulu d’elles, voilà pourquoi son aimée n’était pas l’une de ces créatures.

Ses poings se serrèrent tant que ses phalanges blanchirent, tandis qu’un regard d’une profonde noirceur remplaçait ses eaux habituellement calmes. Ashe n’aimait pas être pris pour un jouet. Il n’avait toujours été que ça, il l’avait toujours enduré en silence car c’était sa place dans la société, ce pour quoi il avait été créé, et chacun devait jouer le rôle qui était le sien. Mais ici, les règles changeaient. Les femmes n’étaient pas les maîtresses de cet univers. Il était en droit de les trahir, de leur administrer un peu de leur propre perfidie, et il n’avait pas à supporter ni leurs grands airs, ni leurs sentences maintes fois rebattues à ses oreilles. Des prétendues grandes dames, il en avait connues, celle-ci ne différait pas. Elle s’exprimait aussi placidement que toutes les autres, certaine de son bon droit, de son importance et de sa science absolue. Il en avait assez d’écouter ses phrases creuses, son prétendu mal être. Il n’aimait pas cette atmosphère qu’elle dégageait. Ou il l’aimait trop. Tout n’était plus vraiment clair dans son esprit.

La dernière demande le désarçonna, faisant éclater les dernières réticences qui existaient en lui. Du whisky ? La dame jouait, s’amusait, et cherchait désormais à s’enivrer ? Un rictus mauvais traversa le visage habituellement si angélique du jeune apprenti dieu, il se redressa, et sans lui répondre, sans lui adresser plus aucun regard, lui tourna le dos. La porte était juste derrière lui. Le bruit du verrou résonna dans l’atmosphère désormais lourde, puis un profond soupir échappa aux lèvres de l’homme. Avec lenteur, il se retourna à nouveau, car l’heure était aux représailles, et l’esprit en déroute n’aidait pas à mener la barque dans le droit chemin.

- Non, non je n’en ai pas.

Sa grande carcasse prenait soudain un air menaçant. Il était un chasseur, un être destiné à tuer, et s’il avait été si longtemps le jouet de ces dames, il n’en était plus rien. Assez. ASSEZ. Tant de frustration, tant de contrition, tant d’années à subir leurs lubies, leurs folies, à accepter leurs tourments, leurs peines, à connaître leurs égarements, au prix de son bonheur, de sa santé, et finalement au prix de sa vie ! Il n’en pouvait plus, il n’en pouvait supporter plus, il en était assez. La tension courait dans ses veines, la violence se déchaînait en lui avec force, et il ne parvenait à la réprimer qu’au prix d’un contrôle sur lui-même qu’il ignorait posséder.

- Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Il y a tant d’autres moyens de détourner nos peines et d’oublier nos afflictions. Que vous égarez-vous à perdre votre esprit sous les vapeurs nocives de substances… étrangères. Notre corps produit tant de petites merveilles qu’il est si facile d’exploiter. Ne le croyez-vous pas capable de subvenir seul à tous vos besoins ?

Il ne savait pas bien lui-même de quoi il parlait exactement. Il avait envie de la frapper maintenant. Défouler des années de frustration et d’abdication dans une violence salvatrice et exutoire. Mais au fond, il avait envie de bien plus. Bien plus inavouable, bien plus redouté. Il ne laisserait pas son esprit s’abandonner aux sirènes du stupre. Il se posta droit face à la femme. Dans son corps, tout bouillonnait.
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