Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Mourir et laisser vivre.

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Mourir et laisser vivre. - Mer 27 Aoû 2014 - 7:03
« Je ne sais pas ce qu'est l'amour.
Je ne sais pas ce qu'est l'amitié.
Mais je sais que je ferai tout
pour préserver ton existence. »



Dans un château en ruines, quelque part en pologne, Ville de Malbork. Deux anciens collègues, Alexander Urmanis et Rain Sinclaire, se livraient une lutte impitoyable. Alors que le combat ne semblait pas tourner à l'avantage du professeur, son avatar divin intervint. Il plongea son immense main toute gantée d'acier à travers le toit détruit, main qui vint percuter violemment la membre du Conseil. Celle-ci vola contre un mur après avoir eu le luxe d'entendre ses os se briser.

Le silence s'installa, froissé par leurs respirations difficiles et leurs toux. Tous deux restaient étendus sur le sol, dans une mare de sang, épuisés. Mais bien vite Alexander tenta de se redresser, forçant sur ses genoux sectionnés, sa main inerte serrée sur son épée. Difficilement, il entreprit de faire quelques pas vers son opposante, avant de s'écrouler avec ses trente kilos d'armure. Le décor autour d'eux se mit à changer. L'enchantement était en train de se briser, suivant le sort du masque de Rain. Bientôt, la dimension originale allait se réinstaller et le toit se reformer. Se relevant à son tour, la jeune femme se posa aux côtés d'Alexander et le saisit dans ses bras. Activant ses Ailes Célestes, elle investit ses dernières forces pour s'élever dans les airs avec le professeur.

Tous les deux atterrirent lourdement sur le toit reformé et roulèrent sur quelques mètres. A peine stabilisée, Rain se mit à ramper dans cette neige devenue rouge. Déterminée à sauver le chevalier, elle saisit sa main et concentra l'énergie qui lui restait pour freiner son hémorragie.


— Je l'ai sommé de revenir avec moi, mais il ne m'a pas écoutée. Par la suite, j'ai succombé à mes blessures. Etant donné que je me suis réveillée à l'infirmerie, j'en ai dédui que son cheval Arès a obéi à sa dernière volonté.

Un silence pesant accueillit son récit. Debout dans cette pièce qu'elle ne connaissait que trop bien, Rain se contentait de garder son regard droit devant elle, sans observer l'un de ses interlocuteurs en particulier. Imperturbable. Les trois directeurs de l'académie étaient rassemblés, dans ce bureau qui appartenait à Colombe.

— Et à peine réveillée, vous avez quitté l'infirmerie, violenté un infirmier au passage, pour aller le retrouver sur Terre.

Shindô Akarui. Un homme dont le sérieux n'a d'égal que sa froideur. Seulement, à la différence de Rain, c'était un homme d'honneur, et certainement pas aussi indifférent.

— Où est-il en ce moment ?

— A l'infirmerie. Il doit y reposer une semaine selon les dires du médecin. Peut-être plus.

— Et quand il sortira ? Où ira-t-il ?

Colombe Siria. La directrice qui avait perdu la raison, selon les dires de certains. La fréquentant tous les jours, Rain pouvait dire que c'était des moments périodiques. Par moment, il arrivait encore à la rouquine de trouver la elle d'antan, professionnelle, juste…

— Il a opposé suffisamment de résistance pour vous tuer, Chargée de Discipline. En usant de ses pouvoirs contre l'Humanité, Alexander Urmanis a bafoué le nom de Deus et les valeurs de l'Académie. Ce qui l'attend, c'est la mort ou l'exil.

— Si j'étais lui, je choisirai la mort…

Pour une fois, Lucian Ferriel ne semblait pas d'humeur à faire des blagues à tout bout de champ. Il se contentait de tirer tranquillement sa cigarette, tourné vers la fenêtre ouverte, songeur.

Le regard de Rain s'était fixé sur le sol, animé par une lueur nouvelle. Elle avait senti son corps se raidir, ses poings se serrer.

— Directeurs, nous sommes en guerre…

Evidence. Elle ne leur apprenait rien, elle voulait simplement leur rappeler un fait.

— Ce dont nous avons besoin pour préserver cette paix fragile au sein de l'Académie, c'est la confiance de ses membres. Êtes-vous sûrs que la mise à mort de l'un des nôtres, professeur qui plus est, jouera en notre faveur ? D'une manière ou d'une autre, la disparition de Monsieur Urmanis ne passera pas inaperçue. Ce serait se faire des ennemis inutilement.

En quelques mots, elle venait d'écarter les deux possibilités qu'avait énoncé Shindô. Même si rien ne lui disait qu'elle avait réussi à les convaincre, il lui fallait leur proposer une alternative, sans quoi ses arguments ne vaudraient rien. Levant à nouveau ses yeux devant elle, Rain reprit, le visage toujours aussi impassible.



— Alexander est pour moi ce que la plupart des gens peuvent considérer comme un « ami ». Il est assez étourdi, borné et maladroit mais c'est un homme brave, et bienveillant. Je ne sais pas ce qui l'a conduit à avoir un comportement aussi extrême sur Terre. En revanche je sais que, avec son potentiel, il est mieux d'en faire un allié qu'un ennemi supplémentaire. Je sais aussi qu'il était respecté auprès de ses élèves et collègues, ce qui confirme ma vision de sa personne. Il n'a pas besoin d'aide pour mourir, il en a besoin pour vivre.

— Que se passe-t-il, Rain ? intervint Colombe, le menton posé sur ses mains croisées. J'ai l'impression que tu t'impliques beaucoup dans cette affaire, cela ne te ressemble pas de jouer l'avocat du Diable.

Soupir. La patience de Rain était mise à rude épreuve. Mais elle n'avait pas le choix, elle devait se contrôler ou tout lui échapperait. Déjà qu'elle n'était pas sûre de pouvoir avoir les choses en mains…

— Je suis morte. Je suis morte en essayant de le ramener. Ne pas vouloir avoir enduré tout cela pour rien, est-ce suffisant comme raison ?

Le silence retomba. Les directeurs semblaient songeurs. Ils ne se consultèrent toutefois pas, sans doute parce qu'ils se connaissaient assez bien pour savoir ce que chacun penserait et déciderait. Une véritable équipe, comme qui dirait. Mais peut-être pas aussi parfaite qu'il n'y paraît.

— Rien de ce qui s'est passé sur Terre, décréta Shindô, vous impliquant, vous et Alexander Urmanis, ne sera divulgué aux autres membres de l'Académie, et vous êtes priée de vous montrer discrète de votre côté. Il en est de même pour la discussion qui se fait dans cette pièce, en ce moment. Aussi, le professeur Urmanis sera placé sous haute surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre. S'il recommence, nos hommes de main se chargeront de l'arrêter et de mettre fin une bonne fois pour toutes à sa vie.

Regard froid VS regard neutre. Round 15654.

— Les conditions pour que ce que je viens de dire s'applique à la place de la sentence initiale ? Que vous, Chargée de Discipline, soyez définitivement écartée de cette histoire. Par là, vous devez entendre également tous contacts avec l'intéressé.

— C'est un peu dur, soupira Lucian, mais il faut voir les choses en face. Ta bonne volonté ne fait pas forcément de toi la meilleure personne qui puisse l'aider. Penses-tu qu'il soit encore capable te regarder en face après ce qu'il s'est passé ?

— Nous ne l'avons pas fait remarquer mais en voyant la situation sur Terre, tu aurais pu appeler du renfort. Tu ne l'as pas fait et tu ne le feras jamais, nous ne sommes pas dupes. Cependant, cela nous prouve que nous ne pouvons pas te confier ce genre de tâche sans risquer qu'il ne t'arrive malheur une nouvelle fois. Oublie le professeur Urmanis et concentre ton énergie sur ton travail actuel, Rain.

Son travail actuel… A savoir, mettre sa vie en jeu tous les jours pour protéger l'Académie. Vraiment, c'est tellement moins risqué que de rester aux côtés d'Alexander. Mais Rain s'efforça de ravaler sa réplique. Etait-ce vraiment une bonne idée de leur tenir tête après ce qu'ils lui avaient accordé ? Intransigeants comme ils l'étaient habituellement, cette tournure était presque miraculeuse. Et rien n'assurait qu'ils ne changeraient pas d'avis si elle abusait de leur patience. En tout cas, ils n'avaient pas tort sur un point : ce n'était peut-être pas à elle de s'occuper d'Alexander. Bien sûr, elle était trop égocentrique pour s'en rendre compte toute seule mais maintenant qu'ils le disent, elle commençait à douter. A essayer de comprendre.

— Entendu, acquiesça la jeune femme à contrecœur.

Son avis n'avait que peu d'importance au final, Alexander avait échappé à la mort et c'était tout ce qui lui importait actuellement. C'était étrange comme sensation, d'avoir le cœur léger et lourd à la fois.





La pluie tombait sur l'Académie de Deus. Au lendemain du début du printemps, quoi de plus normal. Régulièrement, de faibles soupirs venaient froisser le silence qui s'était installé entre les murs blancs de l'infirmerie. A cette heure-ci, les infirmiers n'arpentaient plus les lieux et se reposaient dans leur quartier. Le seul qui était de veille était assis à l'entrée de la pièce, lisant, à la lueur de sa lampe de chevet, un livre assez soporifique pour qu'il doive se redresser toutes les minutes. On pouvait presque entendre une mouche péter, si le martèlement de la pluie sur les fenêtres n'était pas aussi forte.

L'homme était allongé dans son lit, il semblait profondément endormi. Evidemment, on ne se remettait pas aussi rapidement le combat auquel il avait dû se livrer. D'ailleurs il n'avait pas encore repris connaissance depuis qu'il avait été amené à l'infirmerie. Ses cheveux blonds reflétaient en cette nuit pluvieuse les faibles rayons de lune qui parvenaient jusqu'à lui, à travers la vitre. De l'autre côté de la vitre en question, une jeune femme l'observait. La pluie avait rabattu ses mèches noires devant ses yeux. Ses yeux gris où les émotions se faisaient rares. Ce qu'ils exprimaient, ou tentaient d'exprimer, n'était hélas jamais à la hauteur de ce que leur propriétaire ressentait.

La jeune femme vint caresser la vitre d'un air pensif, chassant une partie des gouttelettes qui s'y étaient installées. Elle avait froid, son état était à peine meilleure que celui du blond allongé dans son lit. Mais elle avait sa cape, cette même cape qui l'avait aidée à supporter le froid de la neige dans laquelle ils s'étaient un jour retrouvés tous les deux, se vidant de leur sang.

— De quoi rêvez-vous, professeur ?

Cette question était pour le moins spéciale. Indiscrète, exprimant clairement un intérêt pour autrui, tout ce qui ne lui ressemblait pas en soi. C'était le genre de question qu'elle ne s'amuserait pas à poser. Et ce soir elle se le permit, parce que de toute manière, il ne l'entendait pas, que de toute manière, il ne l'entendrait plus jamais…

Comment en étaient-ils arrivés là ? Elle n'en savait rien à vrai dire, tout lui était tombée dessus ainsi, du jour au lendemain. Et elle s'était retrouvée à devoir dire adieu à cette personne. Cette personne auprès de qui elle aurait voulu rester, cette personne qu'elle avait tenté de sauver, cette personne qui était vivant mais qu'elle ne pourrait plus approcher désormais.

Pourtant, elle devait s'y faire. C'était pour le mieux et elle le savait. Alors pourquoi ressentait-elle cette affreuse sensation de vide ? Comme si on lui avait retiré une partie d'elle. C'était… douloureux. Il n'y avait rien de comparable avec la mort de Ritsu, dans tous les sens du terme, mais ce n'était pour autant que c'était plus supportable. Ah… oui, tout cela l'achevait.

Que lui restait-il encore à sacrifier ? Qu'ils les lui prennent, qu'ils en finissent avec elle… !

Sa main se serra en un poing. Elle se redressa, le regard fixé sur ce visage endormi. Si paisible. Et ce buste, qui remontait et descendait à un rythme régulier. Il respirait. Il vivait. Et un jour il irait mieux. Il vivrait heureux. Sans elle.

Ainsi soit-il.

L'heure était venue aux adieux. La jeune femme se détourna de ce spectacle, ancrant cette dernière image dans sa tête. Et elle disparut dans l'ombre, de là où elle veillait sur les siens.

Bonne nuit… Alexander.




Kit fait par mon Lié adoré ♥
FicheJournalThèmeAwardsGalerieDerrière l'écran ♦ Ma couleur : #D09D28

Cadeau d'anniversaire de Yanichou:
 

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Re: Mourir et laisser vivre. - Mer 27 Aoû 2014 - 21:51
C'est pas juste, je veux pas que ça se termine comme ça, c'est trop triste. Ouin!!!! /ZBAFF/ Sérieusement, c'est superbement écrit, il y a du sentiment sans que ce soit lourd ou redondant et on partage parfaitement le questionnement et le cheminement intérieur du personnage. Un grand bravo à toi. mais arrête de faire que des trucs aussi dramatique. Rain en comique, ça changerait un peu. :P

Rain : 300 xps

Xps attribués : Yep
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