Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


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The Easiest Man to Spy

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The Easiest Man to Spy - Ven 8 Aoû 2014 - 18:12


Lecture Musicale

- Ah !

Dans un vaste temple mixant toutes les religions dominantes du monde, Echo se redresse comme un ressort de canapé trop tendu, assis en tailleur sur le sol froid qui a pris la place de celui du magasin. Paniqué, trempé de sueur, mais surtout exempté de sa douleur à la nuque, il observe de ses yeux ronds son environnement, auquel il ne comprend plus rien. Mais avant de se poser plus de questions, il jette un œil à ses bras et dans ses poches.
Ouf, ses marionnettes et son taser durement récupéré sont bien là. Il n'y a donc plus à s'inquiéter, tout baigne.

- Salut p'tit, bienvenue à l'académie des dieux ! Je suis le directeur Ferriel, et je te souhaite un bon séjour parmi les éternels !

Surpris, Echo se retourne et fixe le menton poilu de son interlocuteur, dont il n'a pas senti la présence et qui le force à adopter une mimique effrayée. Il le jauge du regard, décryptant son sourire et son air enjoué, avant de se relâcher un peu, plus ou moins convaincu qu'il n'a rien à craindre. Mais alors qu'il pense en apprendre plus, le directeur lui tend un petit papier, l'obligeant à tendre le bras au maximum à cause de la petite taille du visiteur, avant de faire marche arrière en se dandinant. Abasourdi, l'enfant tient la feuille avec autant de vigueur qu'un paresseux sous prozac, avant d'y jeter un œil, trop perdu pour réfléchir et commencer à tirer les ficelles du monde dans lequel il vient d’atterrir.

- Académie des dieux ? Éternel ?

Lentement, mais sûrement, ses méninges se remettent du choc et reprennent leurs vieilles habitudes, et son esprit de déduction ressuscité ramène avec lui un rictus victorieux et fragile, comme s'il n'y croyait pas encore tout à fait.

- Dieu des jouets ?

Brusquement, il lâche un cri de bonheur, ce qui fait surgir un puissant écho des entrailles du temple et pousse le braillard à courir vers l'extérieur, son acte de nouvelle naissance flottant au bout de ses doigts tel un drapeau.

- Je suis devenu un dieu ! Youhoooou !

A peine sorti, il respire un grand coup, heureux et rassuré, et commence à comploter comme il en a l'habitude, en fixant les apprentis qui se baladent entre les immenses bâtiments.
Tout d'abord, que faire ?
Il a tout ce qu'il faut sur sa fiche : Un numéro de chambre, son emploi du temps, le nom des gens les plus importants, un plan... Il a donc de quoi se débrouiller, mais ce con de directeur aurait pu le materner un peu plus, quoi, il a que 8 ans, merde. Enfin, qu'importe, c'est un grand garçon, maintenant, il va savoir rentrer dans le moule sans trop de problèmes. Le seul souci, c'est sa réputation.
Bien qu'il soit très jeune, il sait comment marche la société. Dans son orphelinat, quand un nouveau arrive, il est soit moqué soit brimé, surtout lorsqu'il est jeune. Lui, c'était différent, il savait se démerder. Pour certains, il suffisait de les regarder et ils se pissaient dessus, et pour les grosses brutes, quelques pièges bien placés et ils le laissaient tranquille.
Mais dans une académie remplie de dieux, il se doute que ce ne sera pas si simple, et les toiser ou mettre des pièges à loups sous leur oreiller ne suffira pas. A cela, il n'y a, à priori, que deux solutions : Devenir plus fort ou obtenir la protection d'un plus fort. N'étant sûrement pas le premier à débarquer, il n'a que peu de chances de rattraper les autres et réussir la première option, alors sans hésitation, il se met en quête de réussir la deuxième.
Et il a déjà un plan.
Patiemment, il s'assoit sur les marches du temple, et fait semblant de jouer avec ses poupées, guettant une proie en arrière-plan. Il n'est pas très exigeant, un simple guerrier en armure de 2 mètres 50 fera l'affaire, tant qu'il impose le respect au premier regard et que son simple souffle fasse frémir les montagnes. Et au vu des tenues extravagantes qu'il a eu brièvement le temps de voir, ça ne devrait pas tarder à arriver.
Plusieurs minutes passent, et plusieurs chevaliers maigrichons ridicules ont traversé son champ de vision. Mais alors qu'il songe à changer de stratégie, un grand homme surgit d'un bâtiment et marche doucement devant Echo, capturant toute son attention grâce à sa tenue particulière. On pourrait presque croire que cet apprenti-dieu n'a pas réussi à décider entre un smoking noir et un autre blanc, et qu'il a décidé de mixer les deux en les séparant à part égale et en les rassemblant avec une patience de mamie tricot. Tout est décoré de la même façon, de la cravate au chapeau, de la paire de chaussures... Au masque.
Effectivement, au premier regard, Echo n'a pas remarqué qu'il portait un jouet pour enfants sur le visage. Celui-ci est peu expressif, laissant tout juste 3 trous pour les yeux et la bouche et représentant un vague visage cubique. Amusé, le garnement ne peut s'empêcher de se moquer de lui, mais il est bien le seul.
A sa grande surprise, aucun passant ne le dévisage.
Aucun mauvais regard, aucune moquerie lancée cruellement dans le dos, comme si... Ils le respectaient ?
Sans hésitation, il le choisit pour cible, se lève, et trottine à la vitesse maximale que lui permettent ses petites jambes. Tout en le rattrapant progressivement, il l'analyse de bas en haut, de la cadence de marche aux tics de ses mains habillées de soie. Avec l'instinct d'un prédateur, il estime grosso-modo son champ visuel grignoté par son masque et se place dans son angle mort, en minimisant les bruits de pas de ses chaussures vertes. Comme prévu, le géant noir et blanc ne l'entend pas approcher, et continue son chemin, ignorant le leprechaun qui le suit de tellement près qu'on pourrait presque croire qu'il accompagne son père au travail. Echo, rassuré que tout se déroule bien, tente de paraître le plus naturel possible en prenant une démarche assurée et un air neutre, malgré sa nervosité.
Tout en vérifiant que l'adulte bicolore ne détecte pas sa présence, il remarque avec satisfaction que son plan semble marcher : De temps en temps, il aperçoit brièvement un passant le regarder avec curiosité, intrigué par le nouveau fraîchement débarqué accompagnant un vieux pensionnaire. Pouffant intérieurement, Echo prépare son complot sur les jours à venir, projetant déjà de suivre l'énergumène pendant quelques jours histoire que sa réputation s'étoffe, avant de commencer les choses sérieuses. Mais une chose à la fois : pour l'instant, il va être son ombre pendant quelques minutes histoire de se faire la main, puis il va chercher sa chambre et vaquer à ses obligations de nouvel arrivant.
Prêt à lui passer devant comme si de rien n'était si il venait à s'arrêter pour vérifier que personne ne le stalke, Echo se fait promener jusque dans un long couloir, où rien ne semble pouvoir faire obstacle à sa filature.
Mais, méfiant, il reste sur ses gardes. Ici, c'est pas chez lui, et il faut s'attendre à tout.
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Dernière édition par Echo Mehen le Dim 24 Aoû 2014 - 0:49, édité 1 fois
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Re: The Easiest Man to Spy - Dim 17 Aoû 2014 - 10:40
Un espion, une espionne

Impossible de ne jamais s'ennuyer. Il y a de ces jours où la routine l'usure du quotidien nous blasent, ces jours-là, on espère des vacances, on espère un événement oublié, un anniversaire surprise à la mauvaise date, ou même une catastrophe, une mission de la directrice, une rencontre avec un démon, croiser Isanagi dans un super marché... (quoi que Isanagi n'aie probablement plus très souvent au super marché depuis sa mort...) D'autres comme Isanagi, d'ailleurs, en ces jours-là, prennent des résolutions, comme créer un club sympathique, changer un peu le quotidien et accessoirement la face du monde. Pour ne pas s'ennuyer, Lord Vlad, lui, se promène. Il pourrait simplement rester dans sa chambre avec Ealia, essayer de renforcer leur liens, mais il préfère la laisser seule, parfois. Ce n'est pas toujours facile de vivre avec quelqu'un qui a une conscience que vous aimez et d'autres que vous détestez.


Les cours étant finis, les allées était grouillantes de monde, enfin, plus que lors de ses promenades nocturnes en tous cas. Ça ne le dérangeais pas. Il était là depuis longtemps plus personne ne jugeait utile de se moquer de lui, vu son absence absolue de réaction. Plus facile de ne pas montrer qu'on sert les dents quand on est masqué en permanence. Quelques nouveaux avaient récemment tenté de le faire enlever son masque de force mais une arme à feu fut suffisante pour les décourager d'essayer. Puis ils avaient sans doute entendu que personne n'avait jamais réussi, simplement, ils n'avaient jamais retenté le coup. Des caïds qui se croient malins en embêtant les autres, même morts, il y en a partout.




Il se baladait avec cette idée en tête quand sous ses yeux ébahis jaillit une silhouette connue.


*Noémie !*

*Pour une fois que tu dis pas de conneries.*

*On se passera de vos commentaires.*

Il dégaina rapidement son revolver de poche, une arme plus lourde étant exagérée pour de la dissuasion. La jeune fille s'approcha, ses cheveux cachant les yeux de sa tête baissée. Elle le regardais du haut de l’œil, sans doute, mais elle n'osait pas le montrer. Elle faisait preuve d'une étrange pudeur après pourtant avoir utilisé, notamment son pouvoir, pour se servir de lui. Elle dû remarquer le pistolet pointé vers elle car elle s'arrêta en levant les mains. Elle leva la tête, sans oser le regarder droit dans les yeux et balbutia quelque chose :


Ne tire pas !... Je voulais... je voulais juste te dire que... il y a ce gamin (elle pointa la gauche de Vlad) qui te suit depuis que... depuis que tu es passé devant le temple.

Vlad regarda dans la direction qu'elle pointait, brièvement, pour voir qu'il y avait effectivement un jeune garçon, vraiment jeune même, plus qu'Eden Reallys avec qui il avait été entraîné dans une mission pourrie. Cela n'était pas son soucis à l'instant, il avait quelque chose de plus frappant en tête. Il demanda avec une voix sifflante comme une insulte et autoritaire comme celle d'un gradé d'infanterie :


Comment sais-tu ça ?

La jeune fille rougit, tournant la pointe de son pied au sol comme dans un réflexe de timidité. Il doutait qu'il soit honnête, mais ce n'était pas une raison suffisante pour tirer. Elle semblait plutôt hésiter à parler, mais en sachant déjà l'issue de cette hésitation. Il fit bouger un peu l'arme dans sa main et elle releva à moitié les mains en réponse, signifiant qu'elle était toujours pacifique.


En fait... Je te suivais aussi... et depuis plus longtemps...

Elle changea plutôt brusquement de ton et d'expression, elle transpirait la haine et la jalousie, soudainement. Elle s'adressa au garçon :


Alors que lui, il arrive à peine et il se tient à tes côtés comme si de rien n'était. Je ne sais pas pour qui tu te prends gamin, mais tu vas le regrèter !

Plutôt que de tirer, n'ayant pas envie d'abandonner ses habitudes de gentleman en faisant du mal à une femme, Vlad tira deux boules d'arcanes à la jeune fille qui les reçu toutes les deux, sans doute volontairement. Il pensa alors s'être donné le temps de fuir. Il réussit à attrapper sans le voir plus d'une fraction de seconde, l'avant-bras de l'enfant et se mit à courir avec lui jusqu'à être hors d'atteinte. Après avoir sprinté sans préparation tenant le gamin assez fort pour l'emporter avec lui, il dû reprendre son souffle. Ils étaient juste dans un autre couloir, mais vu le dédale que représentait à l'occasion cette académie, ils étaient en lieu sûr. Ayant assez de souffle pour parler, ayant mené depuis ses quelques années d'après mort une vie active et sportive, il s'excusa au petit roux coiffé d'un bonnet péruvien :


Désolé pour elle. Elle est complètement folle, on y peut rien et comme son pouvoir est puissant, on ne peut même pas l'approcher.




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Re: The Easiest Man to Spy - Dim 24 Aoû 2014 - 1:26



Ce n'est pas facile de rester prudent lorsqu'un plan se déroule parfaitement bien. Tout est prévisible, et lorsque le cerveau reptilien saisit ce qu'il a à faire, il suffit de laisser rouler. Malheureusement, c'est dans ces situations que les imprudences et les idées idiotes surviennent.
Pour Echo, la facilité de son plan est accompagnée de l'ennui. Le grand noir et blanc ne fait même pas de petits virages brusques ou de mouvements de tête pour titiller ses réflexes. Après quelques minutes à déambuler sans connaître sa destination, l'illumination idiote lui vient à l'esprit.
Et si il lui tenait la main ?
Pas en vrai, bien sûr, juste pour faire semblant. Ce n'est pas très compliqué, il suffit de suivre les balancements de sa main et de rapprocher la sienne, en comptant les millimètres. L'illusion serait parfaite, et aucun septique ne pourrait remettre en doute la rumeur qu'Echo essaye de diffuser. Mais avec un bref mordillement de lèvre, il y renonce. Il y a trop de risques pour trop peu d'effets, et vu l'incrédulité des regards qu'il capte, la fausse relation père-enfant qu'il essaye d'installer dans l'imaginaire des apprentis va se répandre comme une traînée de poudre.
L'envie de siffloter pour s'occuper lui semble presque moins crétine à côté de la précédente absurdité, et pourtant, ce geste le trahirait immédiatement.

Tiens ? Une torsion dans les rides du front d'une passante surprend Echo. L'expression de son visage ne ressemble pas du tout à celle des autres clampins, et malgré ça, il met quelques secondes à détecter l'émotion que reflète ses pommettes.
C'est la haine.
Qu'est-ce qu'elle lui veut ? Son agressivité lui semble beaucoup trop adressée pour être sans danger, mais avant même qu'il ne ralentisse la marche et ne fasse un large détour, son grand bouclier bicolore dégaine une arme avec la rapidité d'un souffle de vent. Heureusement pour elle, elle finit par remarquer le canon et lève les bras avec un petit air paniqué. Echo, quand à lui, s'est arrêté pour observer la scène. Si jamais l'adulte le remarque, il pourra toujours prétendre avoir stoppé sa marche par curiosité.

- Ne tire pas !... Je voulais... je voulais juste te dire que... il y a ce gamin qui te suit depuis que... depuis que tu es passé devant le temple.

Sale pétasse.
Ses pupilles remplies de colère et d'une légère folie semblent envoyer des tonnes d'insanités, qui redoublent lorsque son cher générateur de réputation constate sa présence. Par chance, il n'y prête pas plus d'attention, et ne lui colle pas une balle entre les deux yeux, préférant cracher :

- Comment sais-tu ça ?

Qu'importe, le mal est fait, maintenant.
L'enfant a repris son calme, et observe maintenant les deux étrangers avec l'air attentif habituel. Il hésite encore à s'en aller, ayant parfaitement conscience d'avoir affaire à deux dieux, qu'il n'a aucune idée de leur puissance et qu'un geste trop suspect serait dangereux pour lui. Lentement, méthodiquement, il analyse leurs mouvements, leurs attitudes et en tire peu à peu des conclusions.

- En fait... Je te suivais aussi... et depuis plus longtemps...

Voyez-vous ça.
Ainsi donc, son amie est capable de faire preuve de discrétion beaucoup plus facilement que lui. Quel dommage, il lui aurait bien demandé des conseils, mais quelque chose lui dit qu'elle n'est pas décidée à devenir sa camarade.

- Alors que lui, il arrive à peine et il se tient à tes côtés comme si de rien n'était. Je ne sais pas pour qui tu te prends gamin, mais tu vas le regretter !

Magnifique changement de ton, Echo en est admiratif.
C'est vraiment regrettable qu'une demoiselle avec autant de points communs ne sera jamais plus proche que lui. Avec elle, ils auraient pu faire les 400 coups, il en est persuadé.
Il commence à cerner de mieux en mieux ces individus, et au fur et à mesure de ses raisonnements à l'aveuglette, un léger rictus semble déchirer sa joue. Avec l'assurance d'un bambin toisant un tigre derrière un lourd grillage, il constate avec satisfaction la rage de la jeune adulte monter, attendant simplement...
Que monsieur lui tire deux boules d'énergie dans la face ? Soit.
Il s'attendait à ce qu'il s'interpose, un homme qui n'est pas moqué n'est pas un homme qui laisse un enfant se faire défoncer. C'est une conclusion plutôt fragile, surtout avec aussi peu d'éléments, mais visiblement correcte.
Avec une extraordinaire vélocité, le masqué lui attrape le bras et l'entraîne ailleurs, lui laissant tout juste le temps d'adresser un dernier sourire narquois à la blessée qui se remettait encore du choc. L'adulte ne le ménage pas, et c'est avec de grands bonds pour lutter contre ses grandes enjambées qu'Echo parvient à garder le rythme.
Après un arrêt brusque au milieu d'un dédale de couloirs, le bicolore s'excuse pendant que le gosse reprend son souffle :

- Désolé pour elle. Elle est complètement folle, on y peut rien et comme son pouvoir est puissant, on ne peut même pas l'approcher.

Distrait par sa pointe de côté, il met quelques instants de plus que d'habitude pour saisir ce qu'il vient de dire, et ce n'est qu'en entendant le mot « puissant » qu'il se ressaisit.
Sans un mot, il tourne le dos à l'adulte, et se met en posture de réflexion, mordillant son pouce tout en plongeant son regard concentré dans le sol. Dans sa tête, toutes les informations possibles, de la forme du chapeau noir et blanc à l'épi formé par un cheveu, tournoient, s'assemblent, passent devant ses yeux et dans cette tornade de matière grise et de souvenirs, des plans et des déductions se forment. Parfois farfelus, parfois intelligents, il lui suffit de trier, et c'est avec de petits tremblements d'excitation qu'il rigole doucement :

- Héhéhéhé...

Ainsi donc, il vient de se faire sa première ennemie ? Une apprentie déesse, voilà un défi plutôt intéressant à relever. Et si il disséquait mentalement cette grognasse plus en détail ? Voyons voir.
Elle a jugé utile de préciser qu'elle le suivait depuis plus longtemps que lui, et sa réaction disproportionnée colle parfaitement à l'image qu'Echo se fait d'une timbrée obsédée par une seule et unique personne. Et cette personne, c'est l'homme qui se tient prêt de lui. Jalousie maladive, mh ? Il doit probablement y avoir un moyen de jouer avec ça.
Tout à l'heure, pour tenir la donzelle en respect, il a suffi à son ami de la pointer du bout de son arme, ridiculement petite. Si celle-ci n'avait aucun espoir de la toucher, pourquoi l'aurait-il dégainé ? Surtout qu'il avait l'air de la connaître, et son pouvoir ne doit pas lui être inconnu. Son talent ne doit donc pas être la résistance ou la rapidité, sinon le flingue ne l'aurait pas inquiété, mais plutôt un don plus utile au corps à corps, comme des griffes ou une peau urticante, comme les méduses.
Il demanderait bien la réponse à son voisin, mais il sait comment sont les adultes : Lents et stupides. Dès qu'ils ne comprennent pas ce qu'il veut ou ce qu'il demande, ils passent leur temps à changer de sujet, ça ne doit pas être tellement différent avec ce type là.
Mais si il a pris la peine de le sauver et de s'excuser pour elle, c'est qu'il doit faire un minimum attention à son intégrité physique, alors pourquoi ne pas lui soutirer des informations sous la couverture de sa propre inquiétude ?

- Elle est souvent à l'académie, cette fille ? Est-ce qu'elle est du genre tenace ? Du genre à m'attaquer de nuit ?

Echo, qui montre toujours sa nuque à l'ancien, fait turbiner ses méninges à plein régime et ronge son ongle avec acharnement. Il veut le trouver, son complot parfait, et cette greluche va bouffer la poussière.
Puis, un schéma se forme dans sa tête.

- Il me faut...

Il prend une pause et se retourne enfin, dévoilant une grimace de concentration intense, où les sourcils se froncent à l'extrême et où les dents coincent littéralement le pouce. Une série d'objets apparaît dans son esprit, et c'est avec un ton de patron à son employé qu'il débite sa liste de courses.

- Il me faut des ficelles, plein de peluches, et des rollers.

Avec la vitesse d'un leprechaun, il sort sa feuille divine et la met sous les yeux de l'homme, ou du moins devant les trous qui les indiquent.

- Je suis le dieu des jouets, on devrait pouvoir m'en fournir, non ? Ça m'arrangerais d'en trouver le plus rapidement possible.

Il se fige.
Il a complètement oublié de demander de quoi se protéger le visage, et il ne faudrait surtout pas faire une erreur maintenant.

- Oh, et j'aurais besoin d'un masque, aussi, tu m'prêtes le tien ?

Instinctivement, il tend la main, comme s'il avait déjà accepté, mais n'ayant pas trop envie de faire son malin devant un dieu, il rajoute avec un soupçon de politesse supplémentaire :

- Si tu veux pas me prêter celui-là, tu veux bien m'en filer un de rechange, s'il-te-plaît ?



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Re: The Easiest Man to Spy - Lun 1 Sep 2014 - 21:47
Enfant bien entreprenant

Le petit ne sembla pas réagir aux premiers mots, mais il finit plutôt que de répliquer quoique ce soit, par se retourner, ne montrant plus à Vlad que son petit dos d'enfant de huit ans. En voulant s'isoler et se cacher de lui, il omettait qu'il était bien trop petit pour que Vlad ne voie par dessus lui ce qu'il fait. Mais ça ne lui apprit rien de bien passionnant sinon qu'il mordillait son pouce. Dans le silence du couloir, retrouvé au fur et à mesure qu'ils respiraient moins fort, il l'entendit ricaner. Pour le coup, Vlad se dit que ce gamin n'était peut-être pas aussi jeune qu'il avait l'air de l'être. Certains vieux redeviennent jeunes en arrivant à l'académie, pourquoi pas aussi jeune ?


Le garçon prit un peu de temps avant de se faire de nouveau entendre. Il posa encore des questions qu'un enfant poserait et Vlad ne put que douter de ses théories :


Elle est souvent à l'académie, cette fille ? Est-ce qu'elle est du genre tenace ? Du genre à m'attaquer de nuit ?

Vlad soupire, il n'en savait rien. Il savait que les chambres sont supposément impénétrables, mais que rien n'assurait qu'il ne soit pas justement dans la même chambre que cette tarée. Avant qu'il trouve quoi lui répondre pour ne pas l'effrayer avec cette possibilité, le petit reprend au grand étonnement de Vlad :


Il me faut... Il se retourna, les sourcils froncés, le front soucieux. Il me faut des ficelles, plein de peluches, et des rollers.

Sans lui laisser le temps de protester ou de même improbablement d'accepter, il fondit sur lui en lui tendant un papier qu'il reconnut tout de suite : une feuille divine. Il était donc plus que probable que ce petit soit nouveau. Les apprentis ont tendance à ne pas se balader avec leur feuille divine sur eux, de peur de la perdre. Seuls les nouveaux, qui n'ont pas de chambre où la mettre, car elle n'est pas encore attribuée, ou parce qu'ils ne l'ont pas trouvée, se baladent avec cette feuille.


Je suis le dieu des jouets, on devrait pouvoir m'en fournir, non ? Ça m'arrangerais d'en trouver le plus rapidement possible, expliqua-t-il de sa voix fluette qui fit oublier à Vlad qu'il pourrait avoir deux fois son âge. Oh, et j'aurais besoin d'un masque, aussi, tu m'prêtes le tien ?

*Et mon pied au cul, ça te dis ?*

*La ferme Averell !*

*Averell ?*

*Toi aussi, vous me déconcentrez !*

Pas vite gêné, ce gamin, mais pourquoi il voulait tout ça, d'ailleurs ? Pourquoi si vite ? Normalement les apprentis s'inquiètent plutôt de savoir où ils sont, pourquoi ils sont vivants ou pour les plus pragmatiques, où ils vont dormir le soir, ou manger à midi. Lui voulait plein de choses, mais ne se souciait pas de l'endroit où les mettre. C'est alors que Vlad remarqua, d'ailleurs, un détail qui lui avait échappé, regardant surtout le visage de l'enfant et son magnifique bonnet péruvien (aucune ironie, vraiment...), il avait ignoré que ses mains étaient recouvertes non pas par des gants, mais par des marionnettes. Il semblait assez habile, puisqu'il avait fait jusque là, tous ses gestes sans que ça semble le handicaper. Ses marionnettes semblaient former un couple. Il y en avait une avec des vêtements roses et des cheveux lisses et plus longs que celle qui devait être le mâle avec des cheveux crépus et un t-shirt bleu. Vlad se demanda si ce n'était pas ses parents qu'il avait représenté en temps que marionnettes. La femme lui demandait quelque chose les mains tendues. Ah, oui, son masque... Il n'aurait pas dit non, si ça pouvait lui permettre de l'enlever, mais ce n'était pas si simple, bien sûr.


Si tu veux pas me prêter celui-là, tu veux bien m'en filer un de rechange, s'il-te-plaît ?

*Il a dit les mots magiques, peut-être que ça nous permet de retirer le masque ?*

*Qu'est-ce que t'as fumé ? J'en veux !*

Vlad retrouva dans cette phrase du jeune homme un comportement plus enfantin. En fait, il ne s'en était jamais vraiment éloigné. Il avait fait le chef avec un adulte, mais n'ayant pas de réponse, il tentait d'alléger un peu sa demande pour voir s'il lui répondait. Vlad n'avait que ça à faire, alors il décida de l'aider, mais pas selon ses ordres, bien sûr. Il s'agenouilla d'un genou, se mettant à peu près à hauteur de l'enfant et il lui expliqua calmement :


Il n'y a pas besoin de se presser, tu sais petit. Tu es éternel, maintenant, ok ?... Je suis obligé de refuser pour le masque, c'est mon seul et je ne peux pas l'enlever, il est comme collé. On ira voir pour les peluches et le reste plus tard, il y a plus important, tu ne crois pas ? Par exemple, où vas-tu dormir ce soir ?
Il le rassura immédiatement de son incapacité à répondre à cette question :
Ne t'en fais pas, les apprentis ont tous leur chambre, on vit par petits groupes, si tu n'es inscrit nulle part, il suffit de demander. On fait ça ?




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Re: The Easiest Man to Spy - Dim 2 Nov 2014 - 23:28




- Il n'y a pas besoin de se presser, tu sais petit.

Sur ces mots, le géant noir et blanc s'agenouille et se met à la hauteur d'Echo, gestuelle typique d'un adulte voulant rassurer un enfant perdu. Face à ce geste, le nain recule d'un demi-pas, et sautille compulsivement. D'où se permet-il de lui dire de se calmer ? Ce n'est pas ce qu'il a dit, certes, mais c'est ce qu'il a sous-entendu, et Echo déteste les sous-entendus. Pour le môme, ceux qui se plaignent de son hyper-activité sont comme les retraités qui se baladent dans les parcs, et qui regardent les jeunes s'éclater avec des yeux jaloux qui prétextent le reproche. Si le fait que certains sont en meilleure condition physique qu'eux les énerve, alors qu'ils essayent de les choper et de leur foutre une beigne pour les remettre à leur place. En attendant, qu'ils se taisent.

- Tu es éternel, maintenant, ok ?...

Echo esquisse un léger sourire. Ça, il l'avait deviné, il n'avait pas besoin de lui pour ça.
L'homme n'a même pas le temps de commencer sa troisième phrase que l'enfant est déjà blasé, agacé par la misérable tentative de l'adulte de le faire tenir en place. Ses mots ont autant d'effet qu'une peau de banane pour stopper un TGV lancé à pleine vitesse, et Echo meurt d'envie de lui lancer une réplique cinglante au visage avant de s'élancer vers l'infini et l'au-delà en riant aux éclats.

- Je suis obligé de refuser pour le masque, c'est mon seul et je ne peux pas l'enlever, il est comme collé.

Génial, dans ce cas, tu ne lui est plus utile.
En une fraction de seconde, son sauveur se transforme en un mec lambda, stupide et énervant, de la même espèce que tous les humains que le gamin a pu croiser jusqu'à présent. Le dieu n'est plus rien, et il perd instantanément tout intérêt à lui parler. À présent, la seule chose qu'il attend, c'est qu'il finisse de causer afin de pouvoir se tailler vite fait.
Pour l'enfant, Lord Vlad apparaît comme le représentant du monde des adultes, qui viendrait le materner après sa mort, comme s'il était un parfait abruti incapable de se débrouiller tout seul, comme s'il était devenu une petite chose fragile à cause de l'incarcération de sa mère. « Tu veux que je t'aide ? », « Tu t'es perdu ? », « Attends, je vais le faire à ta place, tu vas te blesser. »... Tous ses conseils, toutes ses petites attentions, tous ces avertissements ont irrité Echo au plus haut point pendant une grande partie de sa vie, et il est déterminé à ce que ce plouc en costard ne lui colle pas aux baskets pour lui dire exactement les mêmes choses.
Il ne prête pas plus d'attention à la malédiction du masque collé au visage, trop absorbé par son esprit qui élabore une stratégie pour fausser compagnie à Vlad.

- On ira voir pour les peluches et le reste plus tard, il y a plus important, tu ne crois pas ? Par exemple, où vas-tu dormir ce soir ? Ne t'en fais pas, les apprentis ont tous leur chambre, on vit par petits groupes, si tu n'es inscrit nulle part, il suffit de demander. On fait ça ?

« On » ?
Sur la bouche du leprechaun se dessine un rictus moqueur, dévoilant une rangée de dents de lait, et changeant sa petite bouille en une horrible tête à claques. L'adulte s'est donc réellement mis en tête de s'occuper de lui... Et puis quoi encore ? Les rumeurs de l'ancien protégeant le nouveau sont déjà en train de circuler, il ne peut pas lui donner de masque, et il refuse de l'aider à chercher des jouets. Echo ne va pas s'encombrer de ce poids mort moralisateur.
Il a toujours été matérialiste, au point de sélectionner ses amis en se basant sur ce qu'ils peuvent lui apporter. Pour certains, l'intérêt était physique ; Tu as des bonbons ? Il va devenir ton meilleur ami. Pour d'autres, l'intérêt était plus abstrait ; Tu as un bon sens de l'humour ? Il va adorer ta compagnie. Et pour les plus malchanceux, l'intérêt qu'il pouvait leur porter était carrément néfaste ; Tu t'énerves facilement ? Attends-toi aux pires coups fourrés, il a besoin de se défouler de temps en temps.
Il est facile de deviner qu'Echo n'était pas très populaire à l'école, et que les rares moments où sa renommée grandissait étaient lorsque les grands costauds se cassaient les deux bras dans les escaliers ou lorsque la maîtresse découvrait des photos de femmes nues dans leurs affaires, alors qu'elles n'y étaient pas avant la dernière récréation.

Il recule de quelques pas, et avance sa marionnette vers le visage du dieu, à la manière d'un index tendu, et s'écrie :

- Hop hop hop ! Me prends pas pour les autres enfants, j'ai pas besoin que tu t'occupes de moi ! Je suis parfaitement capable de me débrouiller tout seul !

Ses yeux verts fixent le masque avec une telle intensité qu'on pourrait presque croire que l'enfant essaye de le briser par la simple force du regard, comme si cet accessoire le gêne pour observer la réaction du géant noir et blanc.
S'attendant à une moquerie ou à une protestation, l'enfant s'avance brusquement, et crache avec un ton de défi :

- Tu ne me crois pas ? Très bien, on va faire un jeu.

Avec son assurance impressionnante, l'enfant ressemble à un démon qui s'apprête à conclure un marché avec un être-humain.

- On va chercher ma chambre en même temps, okay ? Tu me laisses une minute d'avance, et si je parviens à la trouver avant toi, tu m'aides à trouver des jouets.

Au ton de sa voix, à ses mimiques et aux mouvements de ses marionnettes, le plus naïf des êtres peut aisément deviner que quelque chose cloche. Echo pue le mensonge comme un fromage rance au milieu d'une soirée mondaine. N'importe quel instinct peut savoir qu'il n'a aucune intention de faire la course, et que quelque chose se cache derrière tout ça. Le simple fait qu'il émette l'idée que Vlad pourrait l'aider à trouver des jouets indique qu'il y a anguille sous roche.
Mais qui sait ? Si il est tombé sur la bonne personne, Echo pourrait bien s'amuser à le faire tourner en bourrique.


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Re: The Easiest Man to Spy - Ven 26 Déc 2014 - 21:43
Piégé par le démon du jeu

Vlad en observant sa réaction comprit que quelque chose clochait, un rien, une impression. En fait, le gamin en face de lui souriait, mais Black prit la parole, comme pour l'avertir par un terme qui lui en disait plus que bien des discours.


*Poker face !*

*Quoi, la chanson ?*

*Il sourit, mais ses émotions ne collent pas, il devrait être très content de se trouver quelqu'un à qui se raccrocher, à son âge, mais c'est pas le cas, je ne sens rien de ce genre, malgré mon bracelet.*

*Il a peut-être un peu peur à cause de ton masque ?*

*Tu sais, je ne fais pas TOUJOURS peur aux enfants ! On le sentirais, la peur est une émotion forte... Enfin, je pense, c'est peut-être une peur modérée...*

* ♪ Po-po-poker Face ! ♫ *

Une marionnette devant son visage le désigna, comme un avocat de la défense d'un certain jeu, un peu accusateur et que l'on s'attendrait presque à entendre crier "Objection !", mais le mot est un peu sophistiqué pour le petit qui se contente de faire prononcer à la poupée :


Hop hop hop ! Me prends pas pour les autres enfants, j'ai pas besoin que tu t'occupes de moi ! Je suis parfaitement capable de me débrouiller tout seul !

*Mais on en doute pas, on comptait d'ailleurs le laisser seul contre une ou l'autre dragon noir pour qu'il puisse nous le prouver tant qu'il le souhaite. Héhéhé... Comme s'il en savait quoi que ce soit.*

*Il nous regarde...*

*Il ne va pas regarder le plafond, bien sûr qu'il nous regarde !*

*Il voulait dire... il nous regarde comme ça... il est plutôt flippant pour son âge... On est sûr qu'il a son âge ? Il a l'air d'en avoir plus vécu que n'importe quel autre gamin.*

Non content de donner à White des sueurs froides imaginaire d'être imaginaire, l'enfant décida manifestement de se démontrer, de prouver qu'il était bien capable, s'attendant à ne pas être cru, par Lord Vlad, qui d'ailleurs ne le croyait que dans une certaine mesure. Il avança de quelques centimètres, pour cracher sans parler trop fort son défi au masque du Lord :


Tu ne me crois pas ? Très bien, on va faire un jeu.
On va chercher ma chambre en même temps, okay ? Tu me laisses une minute d'avance, et si je parviens à la trouver avant toi, tu m'aides à trouver des jouets.

Une face rarement révélée de Lord Vlad, c'est qu'il a le démon du jeu. On défier Vlad en présentant cela comme un jeu est chose aisée, il refuse rarement, surtout quand il n'a pas grand-chose à perdre. Dans ce cas, il devait au pire faire ce qu'il souhaitait faire depuis le départ, alors pourquoi refuser... Vlad s'assied contre le mur et lui fait signe de partir, pour lui laisser sa minute d'avance.


Le gamin s'en fut et Vlad lui laissa honnêtement, en regardant sa montre, une minute d'avance. Il ne pouvait pas perdre. Déjà ils étaient dans le bâtiments administratif et l'enfant avait peu de chances de trouver les dortoirs rapidement, puis, étant dans le bâtiment administratif, il suffisait de demander à la personne chargée de l'attribution des chambres où ce nouveau avait été casé. Il connaissait un peu les plans de ce bâtiment, il n'aurait plus de mal, lui à trouver le bon bureau directement.


En un rien de temps, il arriva au bureau en question, qui avait de nombreuses fois déjà changé de secrétaire, depuis son arrivée. Il frappa à la porte, une femme d'une quarantaine d'années, sans charme, lui ouvrit doucement la porte, en s'assurant qu'il n'avait pas l'air d'un casseur. Il la salua en enlevant son chapeau, comme il le faisait rarement pour ne pas montrer le dessus de sa tête, couvert de la cagoule grise qui lui retirait au moins autant d'humanité que le masque qui l'accompagnait. D'un air très solennel, il demanda :


Bonjour madame, j'ai une information à vous demander, si vous avez quelques secondes à me consacrer.

La politesse était pour lui une base, il ne pouvait pas se permettre de compter sur ses charmes ou sur son influence pour faire parler les fonctionnaires, il fallait donc, et sans vergogne, les brosser dans le sens du poil. De toutes manières, c'était fort en accord avec lui-même d'être poli et il aurait eu des charmes ou du pouvoir dans l'académie, il n'en aurait probablement pas fait autrement. La dame hésita quelques instants, puis le laissa entrer en se dirigeant vers ses papiers. Une fois devant sa paperasse, elle demanda :


Que te faut-il ?
J'aimerais savoir dans quelle chambre réside un nouveau qui vient d'arriver.
Quel nouveau ? On en a eu trois rien qu'aujourd'hui.
Je vous plains, ça doit faire beaucoup de travail, et toutes les dispations aussi.
Des disparitions ?
HUM... ce n'est rien, oubliez ça... Je viens pour savoir où va dormir un enfant que j'ai croisé et comme il m'avait l'air un peu perdu, je viens vous demander...
Oh... *Elle regarde les papiers posés sur la tables, les plus récents* Il s'appelle Echo Mehen. Il sera dans "la chambre presque noire", il y avait deux places libres, j'essaie d'éviter que les chambres soient trop vides.


Vlad laissa un long silence, tandis que Black s'indignait de l'espace que ce gamin allait occuper et White du dérangement qu'il représentait pour Ealia. Il se leva, remercia dûment la secrétaire pour son aide, puis partit, comme il était venu, c'est à dire, en passant par la porte. Bonne ou mauvaise nouvelle, il avait gagné et il pouvait aller voir le gamin pour... Il saisit seulement à ce moment le piège tendu par l'enfant. Il se serait frappé le front de la paume de la main, s'il avait un autre front que celui dur et insensible de son masque. C'était un piège idiot. Le gamin, pour une raison quelconque avait voulu le faire partir et le perdre dans un lieu qu'il connaissait, loin de lui et il avait réussi son coup. Mais dans un sens, ça n'apportait rien à personne, Echo, était tout seul quelque part dans l'académie, libre mais de la liberté la plus dangereuse, libre en territoire inconnu et Vlad qui n'en avait au final rien à tirer, était seul avec une information normalement inutile.


*Ç’aurait été une information inutile si ça avait été n'importe quelle autre chambre, mais là, c'est la tienne. Il va nous envahir, ce sale mioche ! Il finira par venir, tôt ou tard, il faut qu'on se prépare.*

*On va lui faire une fête de bienvenue !*

*Tu as des fleurs dans la tête ou quoi ?*

*Oh, oui, c'est ça, j'adore les fleurs, achetons-lui des fleurs !*

*Il se moque de moi ?*

*Non, il a vraiment des fleurs dans la tête.*

Une intuition, ou était-ce son bracelet, perturbant ses émotions, le fit se retourner subitement alors qu'il arpentait de nouveau les couloir.





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Re: The Easiest Man to Spy - Mar 14 Juil 2015 - 20:23




Avec un regard médusé, l'enfant regarde Vlad s'adosser contre le mur et accepter en silence, avec un léger mouvement de bras en guise de signal de départ. Il reste immobile quelques secondes, avant de faire volte-face et de manquer de se vautrer sur le sol en entamant son sprint. Derrière lui, Lord Vlad sort sa montre et la fixe avec une patience digne d'une statue de cire. Il l'aura, sa minute d'avance.

Quel abruti ! Le piège était aussi simple qu'une addition, et il a réussi à sauter dedans à pieds joints ; en salto avant, même ! Echo disparaît dans un couloir, et se met à trottiner au hasard, en se dirigeant vaguement vers l'extérieur, mais sans se presser. Ce n'est pas comme s'il avait un véritable objectif à atteindre, de toute manière...
Mais cette victoire est étrange ; une saveur désagréable envahit le fond de sa gorge, ses sourcils se plissent d'une manière à former une émotion dont il n'est que rarement la victime, et une pensée qu'il ne parvient à décrypter tente d'étouffer le sourire qu'arbore son visage. Il se croit malade, un peu nauséeux, alors pour se tromper lui-même, il saute à l'extérieur, en pas chassés, persuadé que l'air frais lui redonnera de l'énergie.

Mais que dalle.
Les deux pieds à moitié enterrés dans le gravier, un poids, une pression compresse ses poumons et le gêne pour respirer, comme s'ils rétrécissaient.

- Gryaaaah !

Il pousse un petit grognement, comme s'il allait calmer son organisme en l'intimidant, et se remet à courir en ligne droite. Peut-être que si il bouge, si il s'occupe l'esprit, cette malédiction va s'en aller ? Il sait pas et il s'en fout, il a autre chose à faire que de se concentrer à contenir sa gastro-entérite divine. Il tourne sur une jambe et observe les alentours dans l'espoir de retrouver l'emmerdeuse de tout à l'heure. Il a déjà un milliard d'idées pour la détruire psychologiquement et peut-être physiquement, il n'y a pas une seconde à perdre.
Ses marionnettes, qui se balançaient au bout de ses bras depuis une bonne minute déjà, s'accrochent inexplicablement sur les côtés de sa salopette. Leurs petits bras en coton, dans lesquels se cachent les doigts d'Echo, pincent le tissu de son vêtement. Elles semblent vouloir stopper l'enfant, le ralentir.

Fais le point, Echo, Fais le point.

Regarde autour de toi, et réalise. Réalise.


- Raaah !

Second grognement.
Si il y a bien quelque chose que Echo déteste, c'est avoir des mouvements incontrôlés. « Les TOCs, c'est pour les cons. » comme il le dit si bien, hautain et presque fier de dire un gros mot. Alors, si en plus, ceux-ci agissent contre sa volonté, il n'a pas d'autre option que d'être en colère contre lui-même. Il secoue les bras, claque des mains et force les deux poupées à s'entrechoquer entre elles. Comme si c'était les poupées qui l'avaient embêté, et pas ses propres mains. Il lance, tout bas, pour se convaincre :

- Allez, on y va.

Il sursaute. Sa poupée droite, celle qui porte la jupe de fille, vient de frôler sa cuisse avec sa main de jouet. Simple effet du hasard, évidemment, mais peut-on vraiment en être sûr, avec Echo ?

Echo, tu es vraiment sûr de ce que tu fais ?

Il éloigne ses mains de ses jambes pour éviter de se faire peur comme un crétin une deuxième fois, et se met à marcher, toujours sans but. Il s'est débarrassé de Vlad, Noémie n'est pas dans le coin, alors pourquoi n'est-il pas heureux ? Au lieu de sourire à pleines dents, il reste planté là, entre le bâtiment administratif et la cafétéria, à se laisser contourner par les passants. Il ne marche pas vraiment, en fait. Il s'occupe les jambes, il se concentre pour ne pas s'emmêler les tibias et se forcer à ne penser qu'à ça.
Jambe droite.
Jambe gauche.
Jambe droite.
Jambe gauche.
Tel un jouet cassé auquel on aurait trop remonté la petite clé à ressort, l'enfant marche, marche, marche, ne pense qu'à marcher, ne pense pas à autre chose. Marcher, marcher, marcher. Ne pas pleurer. Marcher.

Echo, arrête-toi, tu te fais du mal.

« Vos gueules », qu'il crache tout haut, « Vos gueules, vos gueules, vos gueules ». Ses poupées, toujours pendues au bout de ses bras qui se balancent vivement, semblent abandonner. Comment raisonner un enfant lorsque l'on n'est qu'un jouet sans âme, contrôlé par ce même marmot ?

« Je veux pas, je veux pas, je veux pas. »

À force de marcher, Echo finit par être face au mur de la cafétéria. À l'intérieur, des bruits de discussion et des rires s'élèvent, mais ils ont aussi peu de présence que le bruit du vent. Il s'adosse contre le béton, se laisse glisser, les marionnettes sur les genoux, et regarde droit devant lui.

« Je veux pas, je v- »

Une larme, enfin. Une larme s'échappe de son œil et s'enfuit sur sa joue, avant qu'il ne puisse la rattraper avec un battement de cils. Sa main droite s'empresse de la balayer, mais un gémissement sort de sa gorge, comme si cette simple goutte salée n'était qu'un leurre pour que le bambin se focalise sur son visage, plutôt que sur ses poumons. C'est traître, une émotion.

« Krrrr... »

Son geignement n'a pas vraiment une sonorité attendrissante, même si le fait qu'il pleure peut l'être. Semblable à un grincement de porte, sa plainte est ponctuée de hoquets et a un aspect étouffé. Il veut s'arrêter de pleurer, sinon, tout le monde va le voir, et toute l'Académie le saura. Il sera rangé dans le groupe des faibles gamins chouineurs, et...

Tu sais, tout le monde s'en fiche, de toi, ici.

Ses mains, posées sur ses genoux, semblent donner vie à ses poupées. La gauche semble s'être placée dans une position de repos, la tête soigneusement calée dans le creux formé par sa rotule. La droite, elle, est retournée vers l'enfant. Elle semble assise sur la pointe de son articulation, le reste de son corps débordant un peu sur sa cuisse. Leur posture est dérangeante, car les mains qui sont en-dessous semblent se contorsionner dans tous les sens, avec des os brisés et des angles impossibles pour ses doigts. Ces poupées n'ont pas une position naturelle.

L'important, c'est toi. Tu viens de mourir, Echo, et dès que tu es arrivé ici, tu as commencé à gambader dans tous les sens sans t'arrêter là-dessus.

Voilà donc ce qui dérangeait Echo depuis tout à l'heure : Ses jouets lui parlaient. Mais ce n'est pas vraiment une discussion, il n'est pas plusieurs dans sa tête, il n'entend pas des voix. C'est plutôt comme si ces deux petits êtres de coton lui suggéraient des idées, des pensées, mais eux-mêmes n'ont pas de conscience propre. Ce ne sont que deux marionnettes dirigées par son inconscient, des outils qui lui permettent de penser ce qu'il POURRAIT penser. Deux entités sans âmes, chargés de récupérer dans son propre cerveau les pensées, les idées et les stratégies qui pourraient lui être utiles. Tordu, hein ? Lorsque la folie agit dans le bon sens, elle est capable de faire de grandes choses. Les poses impossibles que prennent ces poupées ne sont qu'un effet de ses premiers pouvoirs.

Tu as perdu la vie, tu as souffert, et même si plus grand chose ne te rattache à ta vie d'avant...

Et la suite, et la suite ?
Inconsciemment, Echo comprend la nature et la fonction de ces deux petites saloperies en coton qui bougent sans qu'il ne le veuille. Il ne les quitte pas des yeux, et attend leur prochaine suggestion, la bouche entrouverte, comme s'il était mourant. « Faites moi penser ce que je dois penser, faites moi faire ce que je dois faire, pitié... Je fais trop d'erreurs depuis déjà trop longtemps. », hurle-t-il silencieusement.

Tu es dans un environnement qui te semble dangereux, même si tu ne veux pas te l'avouer. Tu cherches à reprendre tes réflexes de ta vie d'avant, comme t'éloigner des autres et te la jouer solo, mais ce n'est pas ce qu'il faut faire dans ce genre de situations.

Brusquement, sa poupée gauche se soulève et place son petit visage en ficelles devant celui de l'enfant. Dans le crâne de ce dernier, une pensée retentit, repêchée malgré lui.

Tu as peur, et tu veux de l'aide. Le nier ne sert à rien et ne t'apportera que des ennuis.

D'un seul coup, ses deux bras s'abaissent, et les deux jouets s'écrasent sur le gravier ; leur intervention semble terminée, mais une dernière phrase clôt la petite concertation mentale :

Pleure, ça te fera du bien.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Echo cesse de lutter, et plante sa tête entre ses bras, le front en appui sur ses jambes, presque en position fœtale. Les gémissements fusent, les hoquets saccadent sa respiration, mais il parvient à maîtriser suffisamment la puissance sonore de ses jérémiades pour n'attirer aucun trou du cul qui écouterait son instinct maternel ou paternel. Ses pleurs ne durent pas très longtemps – cinq minutes, peut-être – mais ils sont abondants ; lorsque sa poupée droite lui soulève une mèche de cheveux pour qu'il se relève, son visage est trempé.

Va retrouver ton allié de tout à l'heure. Ce serait dommage de le perdre à cause d'un simple caprice.

Il fait la grimace. Il le trouvait vraiment chiant, lui, est-ce qu'il a vraiment besoin de revenir le voir ? Echo se rend compte que les conseils de ses jouets n'ont pas toujours l'air sages, mais au point où il en est, il n'a pas vraiment d'autre choix que de les suivre. Et puis, au fond, ce sont ses propres pensées, que ses poupées ressassent, non ? Si il commence à ne plus s'écouter lui-même, c'est le début de la fin.
C'est après cette avalanche d'émotions inhabituelles que le petit Echo se remet en marche, les bras recroquevillés contre son torse. Mais même si il semble bien moins confiant et bien plus fragile que tout à l'heure, il n'a rien perdu de ce qu'il était. Il n'est que ce qu'il était avant, mais en mieux, en plus réfléchi.
N'est-ce pas ce qu'on appelle "Grandir" ?

En un rien de temps, il retourne dans le bâtiment administratif. Facile de deviner la fonction de cet édifice en croix, placé en plein centre de l'Académie, duquel sort des types chiants, au visage morne, avec des lunettes, et des tas de papiers noircis sur les bras. Pour le bureau d'attribution des chambres, par contre, c'est une autre histoire, et Echo peine à demander la direction aux fonctionnaires qui passent ; on sait bien qu'avec lui, demander de l'aide demande un gros effort. Mais par miracle, une silhouette se dessine au bout d'un couloir, affublé d'un chapeau horriblement laid, mais reconnaissable entre mille.

Va le voir, peut-être que-

Mais il n'a pas besoin de conseillers sur ce coup-là.
Sans prendre le temps de réfléchir, Echo se met à trottiner dans sa direction et on jurerait presque – je dis bien, presque – qu'un sourire s'étend sur sa joue. D'un point de vue extérieur, la scène est émouvante ; on dirait un enfant qui court sauter dans les bras de son père qui ne s'est pas encore aperçu de sa présence.
Mais la comparaison s'arrête rapidement, car une fois que l'homme noir et blanc l'entend approcher et se retourne en conséquence, le bambin ralentit, puis s'arrête à environ 3 mètres de lui.

- On dirait bien que t'as gagné.

Bien qu'il ai grandi, il n'a toujours pas le respect de vouvoyer le dieu qui se tient devant lui ; faut pas déconner non plus. Toutefois, malgré son tutoiement, son air turbulent s'est plus ou moins dissipé. Plus d'air supérieur, plus de sourire moqueur, plus de défi stupide ; ils laissent tous place à un petit sourire poli, des mains dans les poches et un petit mouvement de balancier. Seule une lueur de défi subsiste dans ses yeux, et une certaine malice hante encore le ton de sa voix :

- Alors, où est-ce que je dors ?

Echo est un enfant neuf. Nouveau caractère, nouvelles manières, nouvelle façon de réfléchir... La seule chose qui subsiste de l'ancien petit Mehen, ce sont des restes de larmes qui donnent encore aux joues du nouveau un aspect brillant et lisse.  

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Re: The Easiest Man to Spy - Sam 5 Sep 2015 - 15:46
Be my son, son.

Pan, dans le mille, le gamin était encore à ses talons. Il n'avait pas l'air assez réjouit de l'avoir trouvé, il n'avait probablement pas réussi à savoir où dormir. Vlad adorait tellement gagner que ça valait la peine de jouer rien que pour ça et que c'était la première chose qu'il remarquait. Enfin, ça ne changeait pas qu'il devaient désormais vivre proches, donc qu'il allait devoir apporter des changements majeurs à sa vie. Fini la parfaite tranquillité avec Ealia comme seule compagnie, dans la chambre à côté. Mince. Et en même temps, il avait un plan qui lui germait en tête, une idée pour se rapprocher d'Ealia : faire de lui l'enfant et eux en quelque sorte les parents, et par ce biais, se rapprocher d'elle. Vlad n'y connaissais pas grand-chose au rôle de père. Il n'avait aucune mémoire d'aucune figure d'autorité paternelle et personne dans sa vie n'avait joué ce rôle, à son sens. Il oubliais que Tahara, par exemple, avait vraiment parfaitement correspondu à cela, mais il avait fini par la voir surtout comme une amie.


*Oh, oui, j'adorerais être papa ! Quand il sera grand, on devrait faire un enfant !*

*Avec qui ? Tu crois sérieusement qu'il va pouvoir se trouver une meuf d'ici 20 ans  ? Tu es bien naif, mon cher... héhéhé*

*Mouais, j'aimerais t'y voir moi, avec ce masque !*

*HEY ! Toi aussi tu crois que je vais rester forever alone ? Bande d'enfoirés !*

*J'assume pleinement mon statut d'enfoiré.*

*Pareil.*

*Quoi ???*

Cela pensé, Vlad remarqua que le gamin avait des traces de larmes sur les joues... ce qui de toute évidence voulait dire qu'il avait pleuré. Il se serait presque laissé attendrir s'il savait ce que c'était d'être attendrit, avoir une mémoire défaillante peut révéler quelques surprise. Au lieu de ça, il chercha plutôt un moyen de lui remonter le moral... Et pourquoi pas une blague :


J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer. La bonne c'est que j'ai effectivement trouvé ou sera ta chambre.

La mauvaise c'est que tu vas devoir supporter mon ignoble apparence de clown bicolore tous les jours, je suis dans la même chambre.

C'était une blague désolante, qui aurait fait une mauvaise réplique même dans une série z, mais Vlad, n'ayant rien trouvé de mieux, en était content. Il reprit vite, sans laisser au gamin le temps de rire à plein poumon, ce qu'il n'aurait de toutes manières, jamais fait. Il savait une chose, il n'avait pas envie d'aller aux dortoirs, allez savoir pourquoi, il proposa donc :


Je te montrerai, mais plus tard. On pourrait aller au marché, il y a de tout là-bas. Tant qu'à t'installer, tu ferrais mieux d'avoir quelques affaires.

Il ne pensait pas aller lui acheter des jouets, même si c'est probablement ce qu'ils feraient.


*Et moi je sais quel type de jouet ! MOUAHAHAHAHAHA !!!*




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Re: The Easiest Man to Spy - Dim 18 Oct 2015 - 19:23



- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer. La bonne c'est que j'ai effectivement trouvé ou sera ta chambre.

« Le contraire aurait été pitoyable de ta part. » songe doucement Echo, comme s'il redoutait que Vlad ne lise son esprit si il pensait trop fort. Il aurait bien formulé sa remarque à voix haute si sa poupée droite ne lui pincait pas la cuisse en prévention... Sa poupée gauche, elle, essuie doucement les traces de larmes qui subsistent sur sa joue.
L'enfant appréhende la mauvaise nouvelle à venir avec une moue soucieuse ; il n'est actuellement vraiment pas prêt à affronter quoique ce soit.

- La mauvaise c'est que tu vas devoir supporter mon ignoble apparence de clown bicolore tous les jours, je suis dans la même chambre.

Oh, si ce n'est que ça...
Soulagé, Echo se détend un peu, et ose arborer un sourire moqueur, qui aurait pu être suivi d'une subtile moquerie si il n'avait pas été stoppé dans son élan :

- Je te montrerai, mais plus tard. On pourrait aller au marché, il y a de tout là-bas. Tant qu'à t'installer, tu ferais mieux d'avoir quelques affaires.

Du coin de l’œil, il remercie ses poupées ; sans elles, il n'aurait sans doute pas fait demi-tour, et il n'aurait par conséquent jamais profité de cette aide.
Silencieusement, Lord Vlad tourne d'un quart de cercle sur lui-même, en incitant Echo à le suivre d'un lent mouvement de main. Ce dernier, dans un premier temps, ne bouge pas, et observe l'homme en levant les sourcils.
Ce masque. Ce masque le chiffonne.
Vlad bouge beaucoup lorsqu'il parle, il a un langage corporel très simple à lire, et le petit dieu pourrait sans aucun doute deviner approximativement son état de stress rien qu'en regardant ses bras, et son niveau d'enthousiasme rien qu'en regardant ses jambes. Mais le langage corporel ne remplacera jamais toutes les informations que l'on peut recueillir grâce au visage.
Et ce masque. Putain, ce masque.
Ce masque l'empêche de se concentrer sur lui. Habituellement, le langage corporel et le langage des expressions faciales sont reliés. Lorsque Echo ne parvient pas à analyser l'un ou l'autre, celui qui n'est pas caché aura pour lui un aspect faux, douteux, comme un iceberg lisse hors de l'eau, et tranchant sous la surface. Ce satané masque vole l'une des pièces d'un puzzle qui n'en contient que deux, et l'enfant ne supporte pas qu'on l'empêche de torcher un casse-tête aussi basique.
Après quelques secondes d'hésitation, Echo décide que le langage corporel du dieu est suffisamment fiable pour ne pas se soucier de son visage ; il s'avance donc de quelques pas, et lance en le fixant droit dans les trous de son déguisement, jovial :

- Un jour, je t'enlèverai ton masque.

Si ça n'avait pas été dit avec le ton innocent et joueur de l'enfance, on aurait presque cru à une menace, mais tel quel, on dirait une promesse mignonne, comme celles qui sont faites par les gamins qui se croient magiciens et chassent les cancers et autres maladies avec les pouvoirs de leur jouets.
Mais pour Echo, ce n'était ni une menace, ni une promesse. Juste une phrase banale, comme lorsqu'on dit quel temps il fait. On aurait pu le traduire par :
"Un jour, je t'arracherai cette connerie, et je serai enfin capable de savoir si tu te fous de ma gueule ou non."
Impatient, il regarde autour de lui, désireux de savoir immédiatement dans quelle direction trottiner en imitant l'avion :

- C'est d'accord, on y va ! C'est par où ?

Sa "promesse" n'était qu'une parenthèse, aussi brusque et inattendue qu'une hallucination. Si Vlad la lui ferait remarquer, il ne saurait peut-être même pas de quoi il parle.
 
Spoiler:
 



Opening I
Ending I
Theme
Spoiler:
 
♦ Rose ou chou ? : chou blanc
♦ Combien de rides ? : 20
♠ Petits messages : 1090

Feuille de personnage
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15/30  (15/30)
Expériences :
1835/2000  (1835/2000)
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Le héros noir et blanc
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Re: The Easiest Man to Spy - Ven 23 Oct 2015 - 14:30
Hallucination et achat

Il était marrant, quand on y pensait, ce petit, à jouer avec ses poupées, à les tordre dans tous les sens, comme si elles étaient vivantes et indépendantes. Elles l'étaient, peut-être, d'ailleurs, avec les apprentis-cieux, on ne sait jamais. Il était adorable ce gamin, quand on le regardait de près avec son sourire et ses grands yeux moqueurs. Mais Vlad qui n'est pas malin et pas du tout au courant que les enfants peuvent être attendrissants, regarde ailleurs en se demandant ce dont un apprenti qui vient d'arriver a besoin. Désespérant.


Il sait par contre que les enfants sont curieux et que le petit Echo doit le regarder avec toutes les questions du monde, à commencer par la plus évidente, est-ce qu'il y a vraiment un humain sous ce masque. Il hésitait un peu à le rassurer sur ça et sur d'autres points.


Le petit est devant lui, Vlad a faillit lui rentrer dedans et s'arrête à temps pour ne pas le toucher, il baisse le regard et à travers les trous de son masque, il voit les yeux du petit qui percent à travers comme des missiles perce-blindage. Le petit comme si de rien n'était, s'exclame jovialement, souriant, presque jusqu'aux oreilles :


Un jour, je t'enlèverai ton masque.

Il croyait rêver, il avait un ton si sérieux, comme l'avait compris Vlad, ça n'allait pas du tout à un enfant. Il s'adressa immédiatement à ses deux idiotes personnalités déficientes, mais le gamin interrompit ses pensées avant qu'elle aient lieux en demandant d'une manière cette fois plus appropriée à ce qu'il était :


C'est d'accord, on y va ! C'est par où ?

Par là, il y a deux grands bâtiments et c'est entre les deux, la place du marché.

Il ignorait s'il avait rêvé ou pas, mais dans un sens, il espérait bien que non, il aurait bien voulu, lui que ce drôle de gosse puisse un jour lui retirer ce masque. Il se posa encore une fois la question de ce qu'il adviendrait ensuite. Après tout, lui, Lord Vlad, n'avait jamais été que ce masque, et sous ce masque, il y avait un visage, mais ce n'était dans un sens, pas le sien, tout comme V, il n'était défini que par sa tenue et quiconque pourrait être lui en copiant simplement son accoutrement. Il était une idée, un être impersonnel et intouchable, immuable et absolu. Sauf qu'il ne l'était pas, tout aussi divin qu'il soit, il avait de la chair et un cœur, plein de sentiments noirs et blancs.


Il réfléchit de nouveau à ce dont Echo aurait besoin en arrivant à l'académie. D'abord des vêtements. Il avait lui, eu de la chance d'avoir plusieurs exemplaires de sa tenue à disposition, sinon, il se serait trouvé bien embêté la première fois qu'elle fut abimée. Il avait aussi dû la réparer à plusieurs reprises, mais ça il le ferait pour Echo. Il avait eu besoin d'armes, mais au possible, il espérait qu'un enfant ne serait pas aussi intrépide que lui et ne se mettrait pas aussi sciemment en danger. Pour l'instant, des jouets feraient l'affaire, ça l'occuperait sans doute assez pour qu'il n'aie pas d'idée stupide, comme sortir de l'enceinte de l'académie sans accompagnement. Il aurait besoin de livres de cours, et par là, Vlad entendait, des livres de cours supra-basiques et destinés aux enfants. Pour ce qu'il en savait, le petit pouvait avoir vécu dans les années vingts et n'avoir même pas idée de ce qu'est une fusée ou de la poudre à lessiver, ni quel goût ont les glaces et la poudre à lessiver... Quoi, c'est un truc de gosse, de goûter la poudre à lessiver et, non, Vlad ne l'a pas fait, pas encore.


Au marché, encore une fois, il y avait un monde fou, il prit fermement, mais pas assez fort pour lui faire mal, normalement, Echo par la main et il se prépara à marchander comme jamais avant dans sa vie.


Here we go ! murmura-t-il dans son masque en s'approchant du premier étal où il avait vu des jouets et des vêtements pour enfant, parce que, oui, il y en avait.




[

Je parle en SILVER, j'ai un Journal de bord et un masque.
The Easiest Man to Spy
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