Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Quête] Rester de marbre

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[Quête] Rester de marbre - Lun 28 Juil 2014 - 14:46
La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur l'académie. Comme tout l'établissement, ma chambre était plongée dans les ténèbres les plus obscures. Seule un mince filet de lumière fantomatique diffusée par la lune filtrait à travers les rideaux que j'avais préalablement tirés. Le sommeil m'avait gagné depuis quelques heures et je me prélassais dans ma torpeur. J'aurai dû rester endormi, ne me réveiller qu'avec le chant du coq, mais il en fut autrement. Un grand bruit retentit dans ma chambre et je me réveillai en sursaut. Mon coeur battait la chamade et je sentais des sueurs froides couler le long de mon échine. Ma main cherche machinalement l'interrupteur de ma lampe de chevet et la lumière envahit la pièce dans un claquement. Mon regard fit le tour de la pièce à la recherche de la source de ce boucan qui m'avait réveillé, mais rien ne retint mon regard. Tout était à sa place, ordonné, comme quand je l'avais quittée pour rejoindre les bras de Morphée. Un soupir s'échappa de mes lèvres et j'éteignis la lumière dans l'intention de me rendormir. Seulement, le sommeil ne me regagna point. J'avais beau fermer les yeux, ne plus penser à rien, ma conscience m'avertissait que ce qui venait de se passer n'était pas normal. Mais qu'est-ce que la normalité lorsque l'on vit en tant qu'apprenti Dieu dans le but de devenir un vrai Dieu ? Essayer de me rendormir fut comme essayer d'attraper de la fumée à mains nues : futile et impossible.

Finalement je finis par quitter l'abri douillet de ma couette pour l'obscurité presque angoissante de ma chambre. D'un geste brusque je tirai les rideaux de ma fenêtre qui coulissèrent dans un grincement cinglant à mes oreilles. Un flot de lumière pâle se déversa dans la pièce, faisant reculer dans les coins les ombres menaçantes. La fenêtre s'ouvrit et la température nocturne m'arracha un frisson. Mon envie de sommeil s'était volatilisée au moment même où j'avais ouvert ma fenêtre et que le vent frais m'avait fouetté le visage, finissant ce que ma conscience avait commencé. Je restai assis sur le rebord de la fenêtre le regard perdu dans le dais nocturne piqueté de lucioles jusqu'à ce que ma gorge desséchée m'obligea à sortir de la pièce en quête d'eau. Les couloirs de l'académie étaient déserts et plongés dans la pénombre. Le bruit de mes pas résonnaient dans le couloir vide, donnant par moment l'illusion que quelqu'un d'autre se trouvait avec moi dans cette académie. Cela ne m'aurait pas étonné plus que cela, j'avais fini par comprendre que le règlement n'était suivi que par peu d'élèves. Beaucoup d'entre eux préféraient par exemple flâner dans les jardins plutôt que suivre les cours ennuyeux dans des classes à l'atmosphère étouffante qui se transformaient en véritables fours. Les toilettes de l'académie où j'étais sûr de trouver des robinet pour m'abreuver n'étaient plus très loin lorsqu'une forme indistincte au bout du couloir attira mon regard.

- Qui va là ?

Seul l'écho me répondit. L'inconnu était toujours là. Les contours indistincts de son corps semblaient onduler. Je fis quelque pas vers lui, plissant légèrement les yeux pour discerner avec plus de netteté la personne à qui j'avais affaire. Subitement la forme changea du tout au tout et deux yeux jaunes brillants dans l'obscurité apparurent au centre. Mon regard fut irrémédiablement attiré par le sien et je ne pus m'en détacher. Ma bouche s'ouvrit pour parler, mais aucun son distinct n'en sortit, juste un gargouillis de mots. Je voulais bouger, continuer à m'approcher, mais une force imperceptible m'empêchait de me déplacer, me clouant littéralement sur place. Soudain, une vague d'ombre émit par la créature envahit la pièce et se dirigea vers moi, m'englobant dans ses ténèbres. Tout était noir, aucune lumière, rien de discernable hormis ces deux yeux jaunes vifs qui me regardaient sans ciller. Puis plus rien, le néant dans sa globalité. Je sentis ma conscience s'effilocher petit à petit et je me perdis dans l'inconscience.

JOUR 1

Ma conscience me revenait peu à peu. Ma vision commença à s'éclaircir et je percevais enfin des formes et des contours tout autour de moi. La première chose que je vis avant que le soleil ne me poignarde les yeux fut une statue ancienne. Des lierres avaient poussé sur son corps de pierre dont certaines parties avaient été érodées par le temps ou bien brisées par les méfaits d'apprentis Dieu. Près de moi, d'autres statues plus ou moins neuves avaient été érigées. Où avais-je bien pu tomber ? Chose étrange que je n'avais pas aussitôt remarquer mon regard était fixe, je ne pouvais pas changer d'angle de vue et puis mon corps ... Il était immuable comme de la pierre. Le moindre geste m'était impossible. J'avais beau forcé encore et encore, rien ne se passait. Je dus rapidement me résigner à l'idée que cette créature étrange m'avait transformer en une statue. Mon attention se porta soudainement sur les autres statues. Avaient-elles aussi été sujet à cette étrange malédiction qui m'avaient été infligée ? Personne n'est passé par ici aujourd'hui, pas même un oiseau. La vie d'une statue semble bien triste et monotone.

JOUR 2

J'étais resté éveillé toute la nuit. Apparemment je ne ressentais ni le besoin de manger ni celui de dormir. Je n'avais même pas besoin de respirer. C'était assez étrange quand on y pense. Le fait de ne pas avoir à respirer répandit en moi une sensation de malaise comme si j'étais devenu une anormalité, une abomination. Le soleil pointa finalement timidement le bout de son nez à l'horizon, répandant sur l'académie sa lumière chaleureuse qui réchauffa mon être malgré mon corps de pierre. Mes sens s'étaient accrus depuis la journée dernière où je ne ressentais et ne voyais que de rares choses. À présent je savais dans quelle position je me trouvais, une position similaire à celle du Penseur de Rodin. Dans ma jeunesse je m'étais amusé à prendre cette position quand je réfléchissais, mais jamais je n'aurai pensé devenir une statue semblable au penseur. Plusieurs heures s'écoulèrent sans que personne ne donne le moindre signe de vie. Visiblement ce n'était pas un coin de l'académie très fréquenté. Midi était passé depuis un bon moment lorsqu'une voix brisa le concert de piaillement dont j'avais pris l'habitude.

- Woh ! Il y a vraiment plein de statues ici !
- T'as raison ! Hey regarde celui-là !

L'apprenti pointait insolemment son doigt vers ma personne.

- Un penseur de Rodin version féminin ! Comme si les femmes savaient se servir de leur tête ... Aïe !
- Répète un peu pour voir ? menaça, d'après le timbre de sa voix, une apprentie.
- Je rigolais c'est bon ! Si on ne peut même plus rire ici ...

Les apprentis continuèrent de se chamailler oubliant de ce fait ce qu'ils étaient venus faire ici. Ils repartirent quelques minutes après, leur voix s'affaiblissant de plus en plus à mesure qu'ils disparaissaient me laissant ainsi seul.

JOUR 3

Cette transformation en statue avait finalement un avantage : elle me permettait de réfléchir à ma nouvelle condition de Dieu en devenir. Avec le temps que m'avait demandé la préparation de mes premiers cours, je n'avais pas encore eu le temps de m'y pencher réellement. Maintenant je m'étais fait une raison. J'étais mort, rien n'y changerait. Mais les avantages sont souvent accompagnés d'inconvénients. Mon corps de pierre m'empêchait de me mouvoir, or des fourmillements et des picotements incessants prenaient d'assauts mes jambes et même parfois mon corps entier. L'envie de me démanger se faisait obsédante, mais je ne pouvais l'assouvir.

JOUR 4

Tout comme hier, rien ne s'était passé aujourd'hui qui fut d'un ennui mortel. Seule la parade nuptiale de deux créatures devant moi avait réussi à me distraire quelque peu. Les démangeaisons se firent de plus en plus violente et mon immobilité commençait réellement à me saper le moral.

JOUR 12

Je n'avais eu le droit jusqu'à aujourd'hui qu'à la visite d'apprentis Dieu qui s'esclaffaient avec force devant les différentes statues. Je n'y avais pas échappé moi non plus. L'envie de leur envoyer une partie de mon corps de pierre dans le visage s'était faite ressentir, sans doute à cause de ma mauvaise humeur due à mon incapacité à faire quoique ce soit. Le soleil déclinait à l'horizon lorsque qu'un groupe d'apprenti Dieux s'engouffra soudainement dans l'allée où je me trouvais, piégé dans la pierre. J'avais depuis longtemps abandonné l'idée de me débattre et d'attirer leur attention sur moi, résigné à rester une statue de pierre jusqu'à la fin de mes jours même si j'aurai tout donné pour pouvoir éliminer ces affreuses démangeaisons. Le petit groupe s'arrêta à quelques mètres de ma statue, s'asseyant à même le sol. Les conversations entre les quatre apprentis Dieu allaient bon train. Toutefois, les voix finirent par prendre plusieurs décibels. Un des apprentis finit par se lever et se dirigea d'un air menaçant vers un de ses camarades qui se leva sans attendre. Menacé par son camarade, il recula vivement jusqu'à ma statue. Je sentis son dos s'écraser contre ma jambe. Je venais visiblement de lui couper toute retraite, car il regardait frénétiquement à gauche et à droite. L'autre apprenti qui avait commencé les hostilités s'avançait toujours, le bras armé pour paraître plus imposant. Arrivé à bonne distance il décocha un coup rapide t précis vers le fuyard, mais celui-ci l'esquiva habilement et se retrouva derrière son adversaire. Quant à moi, un flash de douleur me fut envoyé alors que ma jambe volait en éclat : son coup de poing avait atteint ma statue. Comment avait-il cependant réussi à briser aussi facilement de la pierre ? Cela me restait inconnu.

Énervé par le fait que son adversaire ait réussi à éviter son coup aussi facilement, il se rua sur moi. Ses mains enserrèrent ma statue qu'il souleva comme s'il ne s'agissait que d'un fétu de paille et me projeta sur son adversaire. La statue percuta de plein fouet l'apprenti Dieu qui n'avait pas eu le temps d'esquiver une nouvelle fois l'attaque, mais la statue se brisa sous la violent de l'impact, m'envoyant une douleur aiguë insoutenable qui me fit perdre conscience. Je me retrouvais de nouveau à voguer dans un flot de ténèbres, seul. L'obscurité se fendit soudain en deux et une légère lumière envahit ma rétine. Lorsque je rouvris les yeux, j'étais allongé sur le sol à quelques mètres des toilettes. L'obscurité environnante m'indiqua qu'il faisait nuit dans l'académie. Un sourire amusé étira mes lèvres. finalement ce n'était qu'un rêve, un très mauvais rêve. Je me levais en vacillant, les muscles endoloris comme si je n'avais pas bougé depuis des lustres. Dans ma tête ce qui venait de se passer n'était qu'un rêve, mais j'apprendrai bientôt que douze jours se sont en réalité écoulés et que ce que j'avais vécu n'était finalement pas une invention de mon esprit.
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Re: [Quête] Rester de marbre - Lun 28 Juil 2014 - 18:53
Moi je trouve ça plutôt sympa pour un rp à la première personne, je vois pas trop ce qui ne te plais pas. Quête très sympathique et le fond est respecté donc c'est cool. Continue à la première personne moi j'dis ^^

La blonde : 200 xps + Récompense de la quête : 300 xps

Xps attribués : Yep
[Quête] Rester de marbre
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