Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Une Simple Couverture. [PV Katherina]

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Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Lun 14 Juil 2014 - 21:22
- Voulez-vous votre portrait monsieur ?
La jeune peintre qui demanda ceci fut bousculée sans ménagement par celui à qui elle venait de le proposer. L’homme en question passa à côté d’elle, renversant même la palette de peinture de la jeune artiste et s’en alla d’un pas pressé dans une rue adjacente. Là, il se plaqua contre un mur et s’assura que personne ne le voyait. Il retira la main de sous sa veste pour découvrir un Glock avec un silencieux dont le canon était encore chaud. Il ouvrit une poubelle toute proche et le cacha dedans sous les ordures. Enfin, il enleva ses gants et s’essuya le front. Lentement, il retira ses lunettes de soleil, c’était Fusao.
Il était en mission à Paris, mission qu’il venait juste d’accomplir. Pour être plus précis dans les faits, il se trouvait en plein après-midi, en ce mois de juillet, sur la Place du Tertre de Montmartre. Il venait de descendre un homme religieux à sa sortie de la Basilique du Sacré Cœur. La cible était un cardinal français, le genre qui use de ses contacts au sein de l’Eglise pour trafiquer. Fusao en professionnel s’était renseigné sur la cible, apparemment il n’avait rien fait de suspect pendant des années, un religieux dans toute sa splendeur. Mais à sa nomination en tant que cardinal le pouvoir lui était monté à la tête. Il s’était mis à travailler avec des mafieux italiens et autres groupes peu recommandables afin de faire le trafic d’images et objets religieux. Le japonais avait été impressionné de voir à quels points ce genre de choses pouvait se monnayer à grands prix. Deux semaines avant, Fusao avait été contacté par l’un des membres du personnel du Vatican pour mettre fin à la vie de cet homme.
Le fait est que le cardinal était mort quelques minutes plus tôt lorsque Fusao jeta son arme dans la poubelle. Il ne s’était pas fait voir et avait réussi à s’éclipser. Cependant, le cardinal s’était entouré d’une armée, une bonne trentaine d’hommes, tous en civils, se mêlant aux touristes, mais reconnaissables à leur tête d’assassins. Dans la seconde où le cardinal toucha le sol sans vie, ses hommes emmenèrent le corps sans éveiller de soupçons et se mirent à quadriller le secteur. Fusao avait même capté dans sa fuite une conversation de l’un d’entre eux appelant des renforts. Sa seule chance à cet instant-là était de descendre la butte de Montmartre et de déserter l’endroit au plus vite. Il avait cependant sous-estimé la rapidité d’action des gardes du corps qui avaient déjà pris place tout autour du quartier. Se retrouvant coincé sur la Place du Tertre, il se cacha dans cette rue pour songer à un plan.
Certes, les hommes qui le suivait n’avait pas son signalement, mais ils étaient le genre à tirer partout à partir du moment où ils trouvaient quelqu’un suspect. Fusao avait aussi le choix de passer en force, il avait encore ses deux fidèles couteaux sur lui, mais se battre ici risquait d’attirer la police et encore plus d’ennuis. Rester ici à simplement jouer au touriste était aussi risqué, surtout si les gardes du corps se mettaient à le suspecter. Il fallait se fondre dans la foule de façon efficace, se cacher à leurs yeux jusqu’à ce que la tension retombe. Mais comment ?
Soudain, de l’autre bout de la rue, il entendit quelqu’un arriver, il jeta un coup d’œil rapide, c’était une femme. Elle avait une peau laiteuse et de longs cheveux blancs extrêmement clairs. Elle devait être un peu plus grande que lui mais ils ne devaient pas avoir beaucoup de différences d’âge, elle ferait l’affaire. Le mercenaire se tapis dans un recoin de la rue et glissa sa main sous son pantalon au niveau de sa cheville pour en sortir l’un de ses couteaux fétiches. Un plan avait germé dans sa tête, il était risqué et complètement dingue mais il pouvait marcher. La jeune femme s’avança, passa à côté de Fusao. Ce fut l’instant.
Il se jeta sur elle, lui bâillonna la bouche, glissa sa lame sous sa gorge et la fit reculer brusquement dans le recoin de la rue. La voix basse il annonça dans un français parfait.
- Pas de bruit, ou vous êtes morte.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mar 15 Juil 2014 - 14:42
Aujourd'hui, la jeune artiste se leva tôt. Plus tôt encore que les jours où elle ouvrait boutique. Qu'y avait-il de si important pour qu'elle fasse sonner son réveil en même temps que les poules ? Une vente aux enchères ! Le moment pour elle d'arrondir ses fins de mois. Elle allait y amener plusieurs créations plus ou moins récentes. Pour s'en débarrasser, certes, mais surtout pour se faire un nom beaucoup plus influant. Oui, elle comptait gagner en renommée, parce que dans ce métier, toujours plus de clients était le seul moyen de garder un salaire plausible. Alors oui, ce matin, elle se leva très tôt, pour tout préparer. Que tout soit parfait pour faire un malheur en vente ! La jeune femme s'extirpa du lit, qu'elle ne fit pas. Pas le temps ! Elle s'habilla, classique mais confortable. Il y avait de la route à faire, après tout, l'enchère se déroulait dans un tout autre quartier que le sien. La jeune femme passa un coup d'eau sur son visage, coiffa sa tignasse blonde, enfin... Blanche, et passa un léger far pour égayer sa mine. Car bon, sa peau était si blanche que l'on pourrait la croire transparente. Elle descendit, et prépara les toiles. Des paysages, quelques portraits, et un peu d'abstrait, mais vraiment peu malgré la tendance. Il ne suffisait pas d'éclater un pot de peinture sur une toile, et de signer, pour donner la valeur des choses. Il fallait travailler dessus, sur les détails, galérer, recommencer, s'énerver, se calmer, tout cela pour finir à ce que l'on veut, exactement. Bref, elle emballa le tout, et le prépara sur la table. Elle chaussa de petits escarpins qu'elle trouvait très confortable, parfait pour rester chic tout en pouvant marcher un peu plus vite qu'avec les talons interminables de vingt centimètres. Elle prit le tout sous les bras, heureusement aucune grande oeuvre... Et c'était partit pour les quartiers de Montmartre.

Après un vingtaine de minutes à marcher, sous le regard interloqué des passants, dans les rues, elle fut enfin là. Elle salua le personnel, et fila déballer ainsi qu'installer ses toiles sur les chevalets d'exposition. Puis, le monde commença à affluer, et elle s'assit sur un siège réservés aux vendeurs. Les prix étaient fixés avec le commissaire priseur, le reste était de l'intérêt qu'y portaient les possibles clients. Elle soupira, impatiente. Enfin, après un salut bref, tout commença. Ses toiles passèrent dans les dernières ventes. L'anxiété la gagnait au fur et à mesure. Son nom avait été cité à chaque oeuvre venant de sa galerie, et plusieurs mains se levaient. Elle était heureuse, tout marchait très bien. Elle fut tout sourire jusque la fin des enchères. Elle alla rechercher la somme empochée et salua à nouveau le personnel, puis repartit, les bras ballant. Seul son sac en bandoulière l'encombrait. Elle marcha un moment, avant d'assister à un scène qui fit circuler son sang en un seul tour. Une jeune artiste de rue bousculée, palette renversée, toile avec un coin arraché. Aucun respect ! Katherina poussa la foule qui s'était agglutinée, sans ménagement.

♠ Au lieu de regarder, vous pourriez l'aider ! Allez circulez bon sang !

Elle ramassa la toile, aida la jeune artiste à se relever, et lui rendit sa palette. Les couleurs étaient étalées par terre, et sur le morceau de bois lui même, un gros fouillis, la "blonde" soupira. S'assurant que la jeune femme allait bien.

♣ Ils n'ont plus de respect de nos jours... Ca va aller, vous voulez de l'aide pour vos couleurs ?

Après un sourire désolée, la jeune peintre lui assura qu'elle se débrouillerait. Elle la remercia, et Katherina lui souhaita une meilleure après-midi que la matinée passée. Ah, si elle avait à faire à celui qui avait bousculer l'une de ses semblables, ça irait mal, très. Le travail doit être respecté, et non balancé à terre parce que l'on est pressé. On peut tous prendre le temps de s'arrêter, de dire non merci, et de repartir après un sourire léger. La parisienne serra les poings, énervée. La journée avait si bien commencée, pourtant !

Elle s'engouffra dans les ruelles des arrondissements, reprenant la route pour rentrer à la boutique. Sur le chemin, elle surprit une conversation qui ne la rassura pas d'avantage.

"Tu savais qu'un homme d’Église s'est fait assassiné ce matin, sur la place ?
-Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'on lui voulait à celui-là ?
-J'en sais rien, en attendant le tueur court toujours..."

Katherina frissonna de tout son long. Un tueur maintenant. Ca ne présageait rien de bon. Elle reprit son chemin, à mi chemin entre la colère et la peur. Elle était vide, cette ruelle. Vide et aucun bruit à part celui de ses talons ne résonnait. Elle n'eut le temps que de sursauter, un type se jeta sur elle. Un tissu vient obstruer ses lèvres si brusquement, qu'elle sentit ses commissures saigner. Pourquoi fallait-il que cela tombe sur elle ? Toujours pour sa pomme... Puis, elle sentit un métal froid se poser sur sa gorge, et une voix retentit :

-Pas de bruit, ou vous êtes morte.

Elle était ballonnée, comment pouvait-elle émettre le moindre son ? Elle aurait pu rire intérieurement si l'appréhension la gagnait. Heureusement qu'elle avait toujours sur une chose qui la sortait souvent des mauvais pas. Elle attendit que l'homme prenne assez confiance en lui pour relâcher une seconde son attention, et elle écrasa son talon aiguille sur le pied le plus proche, avec de la chance et de la pratique, celui-ci se planta sur le plus petit des orteils humains. Elle en profita pour reculer brusquement, claquant son agresseur contre le mur, écartant d'un bras la lame, de l'autre, attrapant son colt, et faisant volte-face pour ne plus être à portée. Elle aligna son poignet à l'endroit visé. Au moindre mouvement, elle se défendrait. Elle détailla un instant l'homme à qui elle faisait face. Typé asiatique. Surement japonais, ou chinois, quelque chose de la sorte.

♠ Je n'ai aucune idée de ce que je vous ai fait, mais il est hors de question que je serve d'otage ! Trouvez quelqu'un d'autre !

La jeune femme avait toujours plus de cran une fois sous pression, et le petit discours sous l'effet du stress n'aurait peut-être pas du être prononcé. Mais, bon, elle aviserait. Sa voix portait bien dans les ruelles, il suffirait de trouver du monde, n'importe qui... Enfin...
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mar 15 Juil 2014 - 20:35
Tout se passait selon le plan de Fusao jusque là, et encore il n'en était qu'à la première ébauche. Il avait une idée derrière la tête et besoin de cette femme pour le mener à bien. La tenant toujours en son pouvoir, il regarda autour de lui pour vérifier si ils n'avaient attiré l'attention de personne. C'est à ce moment là qu'une douleur fulgurante lui fendit le pied, lui remontant jusque dans la gorge. La femme venait de lui écraser le pied avec son talon aiguille. Avec une habileté assez inhabituelle venant d'une civile, elle écarta Fusao le poussant contre le mur le plus proche tout en poussant la lame qui la menaçait un instant plus tôt. Pour le mercenaire, la douleur était déjà passée, il n'était pas si fragile que ça vu la nature de son métier, mais elle eut suffisamment d'effet pour lui faire perdre un instant sa concentration. Quand il revint enfin à lui, la femme était face à lui, le menaçant d'un petit colt.
♠ Je n'ai aucune idée de ce que je vous ai fait, mais il est hors de question que je serve d'otage ! Trouvez quelqu'un d'autre !
Fusao regarda la femme face à lui, il n'avait pas réalisé à quel point elle avait les cheveux blonds, tirant presque sur le blanc et le teint pâle. Une albinos certainement mais l'apparence importait peu dans le projet du mercenaire. Le fait qu'elle se rebelle et le braque désormais avec une arme était une autre chose. N'empêche sa peur était justifiée, se faire attaquer par le premier fou furieux venu. Surtout que Fusao n'avait certainement pas le regard du mec sympathique. Pourtant il avait besoin d'elle, et plus encore de la calmer avant qu'elle n'ameute tout le monde dans le coin. L'espace d'un instant il ne bougea plus, regardant l'inconnue droit dans les yeux. Elle tenait une arme à feu à la main et pouvait faire feu à tout moment. Le japonais n'avait ni peur, ni envie de renoncer. De plus, il doutait que l'arme soit véritablement chargée, et si elle l'était il se savait suffisamment rapide et bien plus professionnel qu'elle pour en finir.
Il leva les mains en l'air, simple signe de soumission. Même si le changement fut subtil, il vit les épaules de la jeune femme se décontracter. Puis il ouvrit la paume de sa main, laissant tomber son couteau au sol. Ce qui devait arriver arriva. Même si ce ne fut qu'un bref instant, à peine le temps d'un clignement, la jeune femme baissa les yeux pour regarder l'arme tomber au sol. Il agit durant ce très court laps de temps. Se projetant face à elle, il attrapa le canon du colt qu'il fit tourner dans la main de l'inconnue. Il la désarma, serrant maintenant l'arme dans sa propre main, puis la poussa contre le mur opposé. Une main posée sur son torse il la tenait plaquée contre le mur et la menaçait avec son propre colt. Il fronça les sourcils la gardant toujours à sa merci.
- Je ne veux pas vous faire de mal.
Il retira sa main, lui permettant de bouger. De ses deux mains il déchargea l'arme, se rendant ainsi compte qu'elle était bien armée. Si il avait commis le moindre faux pas quelques secondes auparavant elle aurait put tirer sans même le vouloir, juste par nervosité. Parfois il était plus dangereux de faire face à un civil non entraîné qu'à un professionnel. Le colt vidé de ses munitions mortelles, il le tendit à la jeune femme.
- J'ai besoin de votre aide.
Le japonais se recula d'un pas, laissant à la femme toute chance de s'échapper, de crier, ou même de l'attaquer. Dans tous les cas il avait une solution, il y aurait beaucoup de mort mais peu lui importait. L'idée de se servir d'elle pour s'en sortir n'était peut-être pas si bonne que ça finalement. Sauf si, l'inconnu lui venait d'elle même en aide. Quoiqu'il en soit, il attendait là, prêt à décamper au cas où les portes flingues de l'homme d'Eglise venait s’intéresser à cette ruelle.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Ven 18 Juil 2014 - 11:54
Katherina reprit son souffle, lentement, doucement. Elle sentait chaque partie d'elle même frémir. Le bras pointé vers son agresseur, elle le fixa. Jamais elle ne se serait imaginer dans une situation pareille... Bon sang, pourquoi elle ? Pourquoi s'en prendre à elle ? Son regard, écarlate, était illuminé par l'appréhension. Elle savait parfaitement se servir de cette arme, elle avait prit les cours nécessaires pour l'obtenir. La seule chose qui n'était pas encore arrivée, était cette situation, réelle, tout ça était bel et bien entrain d'avoir lieu, ici, dans les rues de Montmartre, plutôt dans les ruelles. Celles qu'on évite, parce que justement, ce genre de chose a lieu très souvent. Un mouvement, son poignet se resserra sur le manche, attendant de voir les attentions avant d'appuyer sur la gâchette. Les bras de l'homme se levèrent. Les épaules de la jeune artiste s'affaissèrent, ses frémissements se calmèrent, mais l'appréhension restait là. Puis la main tenant la lame, cette lame ayant menacé sa gorge, auparavant, se desserra à son tour. La lame glissa le long de la paume, puis tomba sur le sol. Elle ne quitta du regard l'homme, qu'une seule fois. Et cette seule fois fut lors du tintement sur le sol. Ce cliquetis qui signifiait que oui, il avait bien lâché son arme. Pourquoi les yeux avaient suivis ? Aucune idée, mais elle le regretta si vite...
La seconde après qu'elle l'aie quitté du regard, il était de nouveau en mouvement. Elle ne pu que sursauter d'avantage que la première fois. Ses lèvres s'entre-ouvrirent, mais aucun son ne parvint à s'échapper. Son poignet craqua à la seconde où il le tordit, pour la désarmer. Elle se mordit la lèvre inférieure, l'articulation était douloureuse, brûlait. Ses doigts se desserrèrent, pur réflexe. Le colt fila dans ceux de l'Asiatique. Par la suite, elle fut projetée contre le mur, derrière, le souffle coupé par la main appuyant sur son abdomen. Sa propre arme contre elle. On se croirait dans les films, vous savez ? Son corps convulsa discrètement, secoué par un frisson long. Malgré la peur, une chose lui vint à l'esprit. S'il voulait tirer, il l'aurait déjà fait, vu la vitesse de réaction... Sa silhouette arrêta de trembler.
♠ Et bien alors ? C'est bien beau de vouloir agresser les gens, mais il faudrait une raison de tirer, n'est-ce pas ?
Un léger sourire, soulagé, se dessina lorsque son buste fut relâché, plus d'emprise, plus d'obligation de ne pas bouger. L'homme fronça les sourcils.
- Je ne veux pas vous faire de mal.
Elle perdit sourire. une mine neutre, bien qu'impatiente, se dessina sur son visage. Pourquoi agresser les gens si on ne veut pas leur nuire ? Qu'elle était cette plaisanterie de mauvais goût, à la fin ?! Katherina le fixa longuement, d'un air dédaigneux. Elle n'avait qu'une seule envie, rentrer chez elle, mais ses jambes ne voulaient pas, elles. Tout ce qu'elle pouvait faire était respirer, parler, stresser accessoirement. L'homme typé désarma son colt, avant... de lui rendre ? L'air neutre se transforma en surprise. Pourquoi lui rendre ? Bon, c'est vrai que vide, il ne servait à rien, mais tout de même... C'était étonnant. Pour prouver ses paroles, peut être ?
- J'ai besoin de votre aide.
Katherina le fixa. La surprise passa, l'énervement reprit sa place. Le stress la rendait toujours plus agressive, mais qu'on se fiche d'elle, empirait d'avantage la situation. Les gonds cédèrent.
♠ Mais vous vous foutez de moi ! On a pas idée d'agresser les gens au couteau sans raison valable, et encore moins pour leur demander de l'aide ! De l'aide, ça se demande, ça ne s'oblige pas !
Elle passa une main dans ses cheveux, tentant de calmer toute la colère qui lui montait à la tête. Sa peau laiteuse possédait maintenant de trace rouge, sur les joues. Ah, ce que les émotions ne lui faisaient pas faire... Elle expira longuement. Dans quel pétrin l'avait-on embarqué encore ?
♦ Qu'est-ce que vous voulez faire d'un otage ?
Elle se doutait bien qu'il ne la laisserait pas partir ainsi, alors autant changer de jeu. Pour s'en sortir il fallait qu'elle reste calme, qu'elle suive ce qu'il voulait, pour pouvoir ensuite partir, et au plus vite. Elle ferma à moitié les yeux, passant les mains sur son visage. Bon. Elle allait réussir. Elle devait réussir.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Ven 18 Juil 2014 - 16:09
♠ Et bien alors ? C'est bien beau de vouloir agresser les gens, mais il faudrait une raison de tirer, n'est-ce pas ?

Quoi qu'il en soit elle ne manquait pas de répondant ni de caractère, c'était une chance due au hasard et qui pouvait se révéler particulièrement profitable vue la situation. Si elle avait le courage d'envoyer ça au visage de Fusao alors qu'il la braquait avec sa propre arme, elle aurait le courage d'affronter la suite. Quoiqu'il en soit il continua son manège lui rendant son arme et lui expliquant qu'il avait besoin de son aide. Bien entendu sa réaction ne se fait pas attendre. Suite à cette situation particulièrement stressante enchaînant sur un élément abracadabrant, elle céda.

♠ Mais vous vous foutez de moi ! On a pas idée d'agresser les gens au couteau sans raison valable, et encore moins pour leur demander de l'aide ! De l'aide, ça se demande, ça ne s'oblige pas !

Elle ne mâchait pas se mots, d'une part, et d'autre part elle parlait bien trop fort, un tel raffut risquait d'ameuter dans le coin des gens peu fréquentables. Mais Fusao ne l'empêcha pas de se déchaîner, elle en avait certainement besoin et il avait besoin qu'elle soit calme pour la suite. Si ils devaient en passer par là, ils en passeraient par là. Pendant qu'elle tempêtait il ne lui accorda qu'une oreille très distraite et lui tourna même le dos pour aller ramasser son couteau qu'il rangea dans son étui caché au mollet. Quand il se tourna à nouveau vers elle il vit qu'elle redevenait maîtresse d'elle même. Ses yeux rouges étaient encore emplis de colère mais ses longues respirations laissaient supposer qu'elle cherchait à retrouver son calme.

♦ Qu'est-ce que vous voulez faire d'un otage ?

Il se rapprocha d'elle avec son air toujours aussi calme et froid, la toisant sans scrupule. Vraiment elle avait un physique atypique qui ne manquerait pas d'être aperçu. Cependant, ce pouvait être un avantage. On pouvait tourner vers elle des regards étranges à cause de son apparence et rester focalisé sur elle. Fusao à coté d'elle passerait presque inaperçu. Gardant une certaine distance avec elle, il restait quand même suffisamment proche pour la stopper si elle tentait quoi que ce soit de stupide. En son for intérieur il songeait que son pied lui faisait toujours mal même si il n'en laissait rien transparaître. Vu la situation, il fallait mieux la jouer franc-jeu.

- Admettons que vous soyez un dangereux tueur qui vient justement de commettre un meurtre. Vous vous retrouvez cernée dans un quartier emplis des hommes de mains de votre victime qui en veulent à votre peau. Sans compter que la police nationale sera elle aussi bientôt là.

Lentement il se baissa, ramassant les munitions du colt, tout en continuant on histoire.

- Si vous tentez de fuir en force, vous êtes poursuivis par tous et êtes pris ou pire encore. Si vous restez dans le coin, vous finissez par sembler suspect et la suite n'est pas agréable. Mais vous avez soudainement une idée en voyant la foule amassée dans le coin. Une couverture.

Il se redressa, se dirigea vers la poubelle la plus proche. Il fouilla quelques instants sortant son Glock avec son silencieux. Pourquoi le récupérer, parce qu'il pouvait en avoir encore besoin.

- Vous voyez un homme au loin qui pourrait vous aider. La solution, simplement s'asseoir à un café comme un simple couple d'amis ou plus. Jouer le jeu le temps que les choses se calment et enfin partir après s'être assuré que tout est tranquille. Croyez vous vraiment que vous diriez à cet homme votre situation au risque qu'il s'en aille en courant emplis de peur. Ou alors lui feriez vous peur la première afin de vous assurer qu'il restera à vos cotés une fois lui avoir fait comprendre que vous ne lui ferez pas de mal.

Il rangea son arme dans son dos sous ses vêtements et s'approcha à nouveau d'elle. Il venait simplement de lui expliquer sa situation en la prenant elle comme personnage principal. Maintenant elle n'avait plus qu'à ferrer à l'hameçon de jouer une drôle de pièce. Si elle ne mordait pas, Fusao n'aurait d'autre choix que de l'éliminer afin qu'elle n'aille pas crier sur tous les toits ce qu'elle venait d'entendre. D'une main libre il lui prit la sienne et lui déposa au creux les munitions de son arme.

- Il est possible que vous veniez à en avoir besoin, mais pas contre moi.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Dim 27 Juil 2014 - 15:12
Katherina soutint son regard. D'ailleurs, malgré le nombre de fois où le sien avait plongé dans celui-ci, elle ne connaissait toujours pas la couleur de ses pupilles. Peut être à cause de ses brides sur les paupière ? En fait, ce détail n'avait aucune importance, qu'elles soient bleues, rouges, noires, arc-en-ciel, vairons, elle n'en avait rien à faire. La seule chose qui avait de l'importance à cet instant était la suite. Un seul faux pas, et elle risquait sa vie. Elle devait arrêter de parler sans réfléchir, de céder à ses émotions. Elle inspira un long moment, expira encore plus longuement, il fallait juste qu'elle se calme. Lui, continuait de la toiser froidement, avant de s'approcher d'elle, tout en laissant un marge de sécurité entre les deux. Surement pour prévenir toute tentative d'évasion. La parisienne continuait de le regarder, jusqu'à ce que, enfin, il réponde à sa question :
- Admettons que vous soyez un dangereux tueur qui vient justement de commettre un meurtre. Vous vous retrouvez cernée dans un quartier emplis des hommes de mains de votre victime qui en veulent à votre peau. Sans compter que la police nationale sera elle aussi bientôt là.
Elle haussa un sourcil, parce qu'il comptait en plus raconter son histoire en la mettant en personnage principal, ainsi qu'en n'épargnant aucun détail ? Elle croisa les bras, et s'appuya contre le mur, auquel elle voulait échapper, précédemment. Cela risquait d'être long. Puis tout en parlant, il se baissa, l'albinos le fixa sans bouger, ses muscles s'étaient contractés instantanément. Puis il saisit les munitions. Sans le colt adapté, il n'en ferait rien, alors l'artiste se détendit, un peu, seulement.
- Si vous tentez de fuir en force, vous êtes poursuivis par tous et êtes pris ou pire encore. Si vous restez dans le coin, vous finissez par sembler suspect et la suite n'est pas agréable. Mais vous avez soudainement une idée en voyant la foule amassée dans le coin. Une couverture.
Pendant un instant, la jeune femme se crispa. Le début avait fait tilt. Tueur, meurtre, police, couverture... Elle déglutit. Elle avait bien compris qu'il n'était pas net, mais la situation était bien pire qu'elle avait pu le penser. Sa respiration se bloqua quelques secondes, le temps qu'elle comprenne tout à fait bien ce qu'il venait de raconter. Lorsque celle-ci recommença normalement, ou presque, sa poitrine bondit à chaque battement de coeur. Elle avait presque l'habitude des mauvaises histoires, ou autre, mais jamais à ce point... Puis, un nouveau mouvement attira son attention, ou plutôt, sa nervosité. L'homme typé asiatique chercha quelque chose dans la benne à ordure, derrière lui. Lorsqu'il en sortit une arme, la jeune femme manqua l'attaque cardiaque. Il avait l'air de ne pas vouloir s'en servir pour le moment, ce qui était, il fallait le dire, très bon pour elle, en fait.
- Vous voyez un homme au loin qui pourrait vous aider. La solution, simplement s'asseoir à un café comme un simple couple d'amis ou plus. Jouer le jeu le temps que les choses se calment et enfin partir après s'être assuré que tout est tranquille. Croyez vous vraiment que vous diriez à cet homme votre situation au risque qu'il s'en aille en courant emplis de peur. Ou alors lui feriez vous peur la première afin de vous assurer qu'il restera à vos cotés une fois lui avoir fait comprendre que vous ne lui ferez pas de mal.
Apparemment, il en avait terminé avec les explications. Elle tenta d'avaler une goulée d'air, ce qui fit trembler d'avantage sa cage thoracique. Elle s'était mise dans de beaux draps, encore une fois, pourquoi passer par là ? Pourquoi avoir pris cette ruelle bon sang ? Elle croisa les bras, et d'une main, se massa les tempes. Cela faisait beaucoup d'un coup, peut être trop, même. Puis, elle sentit quelque chose contre sa main, elle sursauta tellement que sa jambe, voulant reculer, tapa le mur. Elle grimaça légèrement, avant de sentir plusieurs choses froides tomber dans sa paume. Ses balles ? Pourquoi lui rendre ? Elle leva les yeux vers les siens, encore plus étonnée qu'avant. Il rangea sa propre arme dans son dos, au niveau de sa ceinture. Bon, au moins elle était fixée, tant qu'elle jouait le jeu, il ne lui arriverait rien.
- Il est possible que vous veniez à en avoir besoin, mais pas contre moi.
Elle soupira presque. Il fallait qu'elle soit convaincante, sinon c'était elle qui risquait le plus, entre les deux. Ses doigts se resserrèrent sur ses munitions, elle déversa le tout dans son sac, sans vraiment de conviction. Son colt les rejoint. Au moins, elle pouvait toujours se défendre. C'est après avoir pris une énième inspiration, qu'elle répondit, se voulant sûre d'elle :
♦ Bon... Avant toute chose, si je... Si j'accepte votre marché, il n'y aura aucune conséquence ?
De toute façon, elle n'avait pas le choix, n'est-ce pas ?
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mar 29 Juil 2014 - 18:36
♦ Bon... Avant toute chose, si je... Si j'accepte votre marché, il n'y aura aucune conséquence ?

Fusao la regarda ranger ses balles et son arme dans son sac. Elle semblait paniquée mais cherchant tout de même à garder le contrôle. Il ne fallait pas s'attendre à une réaction calme et stoïque, elle n'était qu'une citoyenne comme une autre se retrouvant piégée dans ce qui semblait être le scénario d'un mauvais film d'action. Le mercenaire lui gardait son calme, connaissant parfaitement la situation et ayant déjà prévu ce qui allait se passer ensuite. Il sortit à nouveau son arme de sa ceinture et retira le chargeur, comptant les balles qui lui restaient. Bien assez pour tuer tout ce qui bouge. Tandis qu'il opérait il répondit.

- Si tous se passe selon mon plan et il n'y a pas de raison pour que ce ne soit pas le cas, nous allons jouer le couple pendant une petite heure grand maximum.

Il rangea son arme de nouveau et jeta un coup d'oeil dans la rue, puis à sa montre. L'heure était parfaite pour aller prendre un verre et se mêler à la foule.

- Après ça vous retournerez à votre vie et vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Ça vous fera une sacrée histoire à raconter à vos petits enfants quand vous en aurez.

Aux yeux du mercenaire il allait en être ainsi, tout du moins il l'espérait. Il cachait cependant certaines choses à sa couverture. Si jamais la police débarquait, il était possible qu'ils aient son signalement et les choses tourneraient au vinaigre. Encore que, la police allait simplement l'incarcérer, l'interroger sans preuve évidente, puis le relâcher. Si jamais les choses n'allaient pas dans cet ordre là il pouvait toujours trouver un moyen de s'enfuir. Le plus grave dans l'histoire serait que, d'une manière ou d'une autre, les hommes du cardinal aient son signalement. Ces types là étaient bien plus dangereux, du genre à ne pas hésiter tirer dans la foule pour l'avoir. Dans un cas la jeune femme pourrait se retrouver inculper de complicité, et même sans preuve en garder la trace à vie sur un casier judiciaire, pas de quoi fouetter un chat. Ou alors elle pouvait être blessée, se faire tuer. Elle n'allait pas apprécier. Du coup, Fusao se garda bien de garder ça sous silence. Il se tourna vers elle.

- Le plan est simple, on sort de cette ruelle, tel un simple duo d'amis ou plus, on flâne dans la rue, on prend un café, on discute et on attend que la situation se calme. Rien de plus

Le tout était dit, il ne restait plus qu'à agir. Pourtant quelque chose retint Fusao à la dernière seconde. Aussi froid qu'il pouvait être, il n'était pas un monstre pour autant. Il jouait avec la vie d'une autre personne et ce n'était pas dans ses habitudes. Il se tourna vers l'inconnue bien plus sérieusement. Lentement, il lui tendit la main en espérant qu'elle la lui prenne.

- Si jamais les choses tournent mal, je vous donne ma parole que je mettrais autant d'efficacité à vous protéger que je n'en mets à...vous savez, à accomplir mes contrats. Et...

Il réfléchit un court instant.

- Appelez moi Kenji.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Ven 1 Aoû 2014 - 14:29
- Si tous se passe selon mon plan et il n'y a pas de raison pour que ce ne soit pas le cas, nous allons jouer le couple pendant une petite heure grand maximum.
Elle tiqua. Le couple ? Aha... Non. Elle voulait bien jouer l'amie, la bonne amie, mais surement pas la petite amie. Certes, elle n'avait pas vraiment le choix, mais bon. Pourquoi tenait-il à "couple" ? Ca ne lui apportait quoi de savoir qu'elle jouerait la copine pendant une heure ? Elle soupira. Il rangea son arme. Déjà une bonne nouvelle.
♣Le couple d'amis.
Il valait toujours mieux préciser, sait-on jamais... Elle croisa les bras sur sa poitrine, attendant la suite. Bien sûr, elle ne pouvait pas vraiment prendre d'initiative, vu qu'elle risquait beaucoup au moindre faux pas.
- Après ça vous retournerez à votre vie et vous n'entendrez plus jamais parler de moi. Ça vous fera une sacrée histoire à raconter à vos petits enfants quand vous en aurez.
Elle eut envie de rire, avec un brin de mélancolie. Des petits enfants. Ses propres parents n'en verraient aucun, ses enfants, si elle en avait, ne connaîtrait pas de grands parents, pas d'oncle ni de tante. C'était assez triste dit comme ça, mais malheureusement vrai. Simple fatalité de plus dans cette chienne de vie. C'était tout. Elle baissa un instant les yeux, le temps de s'assurer qu'ils resteraient secs. Enfin secs... Question d'interprétation. Lorsqu'il se tourna à nouveau vers elle, l'artiste releva son regard écarlate. Parfaitement neutre, malgré l'envie de s'effondrer qui l'avait gagnée un instant.
- Le plan est simple, on sort de cette ruelle, tel un simple duo d'amis ou plus, on flâne dans la rue, on prend un café, on discute et on attend que la situation se calme. Rien de plus.
Elle allait craquer. Elle allait le remballer une bonne fois pour toute. Rien de plus hein ? Bien sûr, bien sûr. Elle ne jouerait en aucun cas la petite amie. En aucun cas. Et elle ne comptait surement pas faire comme dans certains films. Le syndrome de Stockholm n'était pas pour elle. Jamais elle ne tomberait dans les bras de celui qui avait faillit lui trancher la gorge par simple caprice... Elle en avait marre, alors elle céda :
♠ Vous avez l'air d'insister sur le ou plus... Que ce soit bien clair. Je ne compte aucunement vous tomber dans les bras simplement parce que vous avez pointé une lame contre mon cou. Si c'était le but, vous avez encore le choix pour une autre victime. Bref !
Elle n'en rajouta pas plus, elle avait déjà assez risqué la colère de l'agresseur, meurtrier, comme vous voulez. De toute façon qu'il pointe un pistolet contre elle, une lame contre son cou, ne changerait rien. Elle ne comptait pas jouer ce qu'elle ne serait sans aucun doute jamais. Il ne fallait pas compter la dessus. Elle soupira, tentant de calmer sa nervosité. Il fallait la comprendre, aussi ! Elle haussa un sourcil lorsque la main de l'inconnu se tendit vers elle.

- Si jamais les choses tournent mal, je vous donne ma parole que je mettrais autant d'efficacité à vous protéger que je n'en mets à...vous savez, à accomplir mes contrats. Et...
Elle se radoucit un peu. Il aurait très bien pu la laisser crever tranquillement et dégager au plus vite si le tout tournait au drame. C'était rassurant, enfin... Suivant le point de vue. Elle acquiesça légèrement. C'était au moins ça de pris...

- Appelez moi Kenji.
En faisant le rapprochement, Kenji n'était pas vraiment un nom asiatique, du moins à ce qu'elle pensait. Elle le fixa un instant. Elle n'avait aucun pseudo sous la main à utiliser. Ici les gens la connaissaient, en plus. Elle remonta les yeux vers ceux de son interlocuteur.
♣ Si tout ce passe comme prévu, vous me donnez votre vrai nom, entendu ?
Elle soupira légèrement, en levant la main, pour la poser sur la sienne, ca ne lui plaisait pas, mais bon.
♣ Katherina. Appelez moi Kath'.
Elle expira à fonds, tentant de rendre son visage neutre, le plus possible. Une fois ceci fait, elle se força à esquisser un faible rictus sur les lèvres. Prendre un air serein pour ne pas attirer l'attention. Après un léger soupire, elle termina :
♦ Je vous suis... Kenji.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Jeu 7 Aoû 2014 - 16:51
Il ne l'écouta pas lorsqu'elle déblatéra quelques inepties au sujet de tomber amoureuse. Fusao n'avait certainement pas ça en tête et ne comptait pas se farcir un syndrome de Stockholm sur les bras. Il continua simplement ce qu'il avait à faire. Mais finalement il la vit remonter les yeux vers les siens, elle semblait plus calme, sereine et déterminée. Certes elle n'allait pas gagner le concours de confiance en soi vue la situation mais elle était étonnamment très convaincante.

♣ Si tout ce passe comme prévu, vous me donnez votre vrai nom, entendu ?

Il esquissa un très mince sourire, ce qui, lorsque l'on connaissait le stoïcisme de Fusao et son flegme était déjà extraordinaire. Il n'était pas tombée sur une demeurée. D'où pouvait-elle savoir qu'il n'avait pas donné son vrai nom, simple déduction en raison de la situation, parce que ça ne lui collait pas à la peau. Allez savoir, quoiqu'il en soit elle avait mis en plein dans le mille et ce genre de jugeote avait tendance à plaire au mercenaire, il savait qu'il ne partait pas avec une imbécile.

♣ Katherina. Appelez moi Kath'.

En revanche elle avait donné son vrai prénom. Il y avait eu trop de franchise et de vitesse dans sa réponse pour laisser supposer qu'elle avait donné un pseudonyme. Et puis après tout aller savoir, peut-être était-elle connue dans le quartier. Entendre quelqu'un l’appeler par un nom totalement différent pouvait aussitôt passer comme une affaire très louche. Ceci fait elle sembla rassembler son courage et annonça enfin qu'elle était prête à partir.

Kenji avança le premier, revenant ensemble sur la Place du Tertre. Là, on pouvait toujours voir les artistes devant leur chevalet, les touristes se faire faire le portrait, les commerçants s'afférant et les serveurs des restaurants et bars bordants la place aller et venir afin de servir toute la clientèle. Le japonais constata avec joie qu'il y avait quelques autres asiatiques aux alentours, très probablement des touristes. Puis il fit son regard plus perçant et repéra quelques hommes de main du cardinal, reconnaissable à leurs têtes d'assassins et le fait que, pour la plupart, il avait une main dans leur veste, certainement posée sur la crosse de leurs armes. Fusao une main dans sa poche laissant l'autre pendre au gré de sa marche. Puis soudainement, dans un grand mouvement de la main il annonça.

- Alors combien de temps ça fait Kath', six, sept mois, une sacré paye ! Comme le hasard fait bien les choses pas vrai !

Pour ponctuer son opération théâtrale, il colla un petite bourrade amicale à la jeune femme. Le changement était stupéfiant, physiquement parlant, même dans la voix, il était passé du tueur qui tentait de se planquer, au simple passant amical retrouvant une bonne vieille copine. Un art de théâtre et d'improvisation ! Plus encore, l'accent qu'il avait auparavant s'était soudainement envolé et il parlait comme tout bon français. Tout ce que le mercenaire espérait désormais au fond de lui c'était que Katherina ne soit pas trop prise au dépourvue et arrive à assurer son rôle pendant une période encore indéfinie.

- Ça te dit un verre ? C'est moi qui arrose ! En plus avec cette chaleur ça ne nous fera pas de mal !
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mar 12 Aoû 2014 - 13:46
Il ne l'avait pas écouté, ou du moins qu'à moitié. Il avait eut le culot de supposer plus, et lorsqu'elle précisait que cette supposition ne resterait qu'une supposition, il ne l'écoutait pas. Ah, si elle n'avait aucun risque, elle aurait déjà mis fin à cette discussion... Ah si elle avait pu juste... Déguerpir plutôt que de faire la forte ? Voilà ce qui arrivait à vouloir se montrer audacieuse. Bref. Tant pis, de toute façon qu'est-ce que ca apportait ? Rien, puisqu'il n'y aurait rien. Simple et efficace, normalement. Cependant, lorsqu'elle aborda le sujet du nom, un rictus ressemblant à un sourire étira légèrement les lèvres de son interlocuteur. En quoi cela le faisait-il sourire ? Elle avait visé tellement juste qu'il était étonné ? Au moins un point pour elle... De toute façon, même s'il n'était pas d'accord, elle ne le reverrait sans doute jamais, alors bon... Ce n'était rien ! Au fonds, c'était plus pour s'assurer qu'elle pourrait avoir une porte de sortie... au cas où ? Mais bon, elle n'était pas vicieuse, et si cela tournait mal, elle serait surement transit entre deux culpabilités -bien qu'elle ne soit plus croyante depuis le crache- un homme d'église haut placé tué, ou une couverture déchirée ? Le choix était vite fait, pour certains, mais dans les deux cas, elle aurait du mauvais sang, alors bon... Passons.
Le criminel passa devant. Elle respira grandement pour tenter d'afficher un visage serein. Il fallait qu'elle y arrive parce que... Parce que sinon elle pouvait se faire exploser la tête, la poitrine, le ventre, à n'importe quel moment, d'une façon où d'une autre. Elle serra les points, respirant sortant un peu plus loin, simulant la coïncidence. Elle sourit. Elle avait réussi à renfermer le stress dans une autre partie d'elle, et à sourire avec un minimum de vrai. Ses joues lui faisaient mal, mais c'était ça, la comédie, non ? Elle retint son buste de sursauter lorsqu'il s'exclama assez fort pour que la ruelle répercute les sons.
♣ Kenji ! Qu'elle surprise, tu ne m'avais pas dis que tu passais par Paris !
Elle gaina les jambes pour ne pas partie en arrière, à la puissance de son coup, bien qu'amical. Elle se contenta de sourire et de replacer sa chevelure blonde, enfin... Blanche, sur son visage et épaules. Katherina était stupéfaite. L'accent même avait changé, elle était passée d'un agresseur typé dont seul le petit détachement le distinguait, à un parfait français avec origines asiatiques... Bon, elle savait ce que c'était, elle même avait du apprendre le français pour le parler sans aucun accent britannique. Mais de la part d'un homme de ce genre, elle ne s'y attendait pas du tout. Mais l'artiste se contenta de garder le sourire, cachant l'envie de détaler comme un lapin derrière son masque, n'était-ce pas ce que tout acteur faisait ? Alors pourquoi pas elle, hein ? La jeune femme renchérit :
♣ Pourquoi pas, c'est vrai que ca ne fera aucun mal, et puis tu dois avoir des choses à raconter, viens, Il y a une sorte de bistro pas trop trop loin, et pas trop trop cher non plus.
La parisienne l'entraina sans attendre, si elle trainait trop, ses zygomatiques ne tiendrait pas indéfiniment. Elle était déjà assez stressée comme ça, jouer la statue de cire n'arrangerait pas son cas. Elle remonta la ruelle, déboucha à nouveau sur la place, et chercha des yeux le petit café dont elle parlait, jusqu'à le trouver.
♣ Ah ! C'est là !
La jeune femme reprit la marche, espérant que le jeu était assez bon pour être crédible. Elle poussa la porte, et franchis le seuil du café, saluant le propriétaire et les clients déjà présents. Elle sourit, balayant la salle du regard, pour trouver la table pas trop près des autres, sans être trop loin de la porte au cas où. Bref, une fois trouvée, la blonde -si on peut l'appeler comme cela- se dirigea vers les sièges :

♣ Alors Kenji, qu'est-ce que tu racontes de beau ?

Katherina sourit en prenant place, attendant que le temps passe, avec une certaine impatience, sans trop l'être non plus. Elle posa ses yeux écarlates sur les amandes qui leurs faisaient face. Tic-Tac faisait la pendule comtoise au fond de la salle, marquant secondes, minutes, d'un son enivrant et à la fois tellement exécrable que les nerfs de l'artiste seraient vite mis à vifs.
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mer 13 Aoû 2014 - 16:26
Fusao la regarda prendre petit à petit un masque de calme et de contrôle, elle jouait bien la comédie, en même temps elle n'avait pas le choix. Si elle ne se montrait pas convaincante elle risquait la mort, ni plus ni moins. La peur en elle la faisait agir tel quel, la rendant plus forte intérieurement, plus décontractée extérieurement. Quoiqu'il en soit elle entra dans le jeu sans problème, avec audace et facilité. Elle faisait celle qui n'avait pas vu son ami depuis des lustres sur la capitale. Le mercenaire fut même surpris, si ce fut lui qui lança l'idée du café comme un ami l'aurait fait, c'est elle même qui lui emboîta le pas. Docilement, il lui emboîta le pas, elle jouait celle qui connaissait le coin et lui le mec de passage, il devait en être ainsi. Au fond cependant, Fusao connaissait le quartier comme sa poche, il y venait pour la première fois mais l'avait tellement étudié par des plans, photos satellites, cartes et autres moyens qu'il le connaissait du haut des toits jusqu'au égouts. Mais malgré tout il joua la partition de celui qui se laissait guider, comme un touriste de passage sur la capitale n'y étant pas venu depuis longtemps.
Elle choisit elle même le bar où ils vinrent s'asseoir, il la suivit sans broncher. Bien que lors de leur entrée, deux hommes de main du cardinal passèrent juste à coté, sortant du bar. Quand elle entra il la vit adresser des bonjours autour d'elle. Sans dire qu'elle était connue de tout le monde, Fusao supposa qu'elle était suffisamment populaire ici pour que des gens la reconnaissent. En ce cas il aurait été étrange qu'elle ne les salut pas. Le mercenaire au fond de lui était surpris par sa couverture. Il savait qu'au fond d'elle, elle devait être morte de peur, et pourtant jusque là elle avançait sans la moindre fausse note. Katherina s'installa la première à un table pour deux, c'est donc naturellement que le japonais pris la chaise face à elle. Enfin, elle lui posa un question sur ce qu'il faisait ici, la pièce de théâtre battait son plein.
- Ecoute je reviens du Japon justement, un petit séjour familial, tu sais, mon oncle et la tante qui sont restés là-bas, et là je reviens pour le travail, toujours dans la banque tu sais, avec cette crise qui n'en finit pas je bouge tous le temps ! Je suis là une petite semaine encore et après je prendrais le temps de descendre sur Bordeaux pour voir mes parents.
A ces mots, quelque chose tiqua en Fusao, il n'y laissa rien paraître sur son visage mais s'agita étrangement l'espace d'une seconde. Des parents, il n'avait plus eu de famille depuis longtemps et voilà qu'il se mettait à causer d'une belle vie de famille et d'un magnifique travail dans les finances qui le faisait voyager encore et encore. Certes pour la partie voyage il n'avait pas tort, le métier de tueur faisait voir du pays. Pour le coté financier ce n'était pas non plus un très gros mensonge, à ce si près que ses activités ne profitaient pas à des gouvernements, ni des PDG, ni des particuliers, mais seulement lui et sa petite bande à Kyoto.
- J'aurais du vous appeler toi et les autres pour se faire une soirée comme au bon vieux temps, mais j'ai été un peu débordé ! Ben tiens ce week end tu fais quoi ?!
Il sauta tout de suite sur autre chose, un nouveau sujet. Au fond il cherchait à simplement laisser de côté "famille" qui, bien que ne le rendant pas triste, le perturbait quelque peu. Du coin de l’œil il vit un serveur s'approcher et songea à cet instant qu'il n'avait pas du tout choisi quoi boire. Son regard se porta vers la carte, puis vers sa poche, il avait largement de quoi se payer un verre. L'avantage d'être un professionnel comme lui, c'est qu'on ne manquait pas d'argent. Pour lui qui avait même connu une misère déplorable pendant son adolescence, pour lui qui, fut un temps ouvrait les poubelles des restaurants de Kyoto pour manger, pour lui parfois, il ne savait plus quoi faire de tout cet argent. Et pourtant, malgré tous ces Yens qui s'entassaient, il avait la crainte de toujours en manquer, signe évident d'un profond traumatisme. Tandis que le serveur arriva enfin à leur table il annonça.
- Comme je l'ai dit, c'est moi qui arrose, prend ce que tu veux.
Il fit mine de jeter un rapide coup d'oeil, prenant une expression pensive de l'homme qui cherchait à se faire plaisir. Puis il replaça la carte sur la table avec une geste vigoureux.
- Pour moi ce sera un Muscat et un expresso...et toi ?
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Sam 16 Aoû 2014 - 18:48
La jeune femme se sentait mal à l'aise, malgré le grand sourire affiché sur son joli minois, blafard. Assise à la table, face au meurtrier, ses mains tremblaient sous la table malgré le fait qu'elle se forçait à les garder serrées sur ses genoux. Elle sentait bien que si elle continuait ainsi, le serveur ou autre pourrait s'en apercevoir. Si quelqu'un posait une question, elle devrait improviser, et elle n'aimait vraiment pas ça, depuis quelques minutes, improviser. Quelles possibilités avait-elle ? Le rendez-vous attendu depuis des mois qui faisait monter le stress ? Elle s'était promis de ne pas tomber là dedans, et puis, avec la conversation engagée, elle ne pouvait pas prétendre à cela, tant mieux d'un certain côté. Elle avait précisé que ce genre de plan foireux n'était pas de mise, alors elle tiendrait parole. Une fois en face d'elle, celui qu'elle devait nommer Kenji répondit à sa question. Japon hein ? Bon, elle pensait au moins avoir une info potable détournée dans la réponse. Elle acquiesça.

♣ C'est cool que tu prennes du temps pour la famille avec la crise économique, en plus tu vois du pays ! Ca ne te manque pas, des fois, la stabilité ?


Oui, de façon détournée, elle essayait d'en apprendre un peu plus sur le japonnais face à elle. C'était un peu étrange, de devoir parler d'une vie qui n'existait surement pas. A moins que ce soit sa couverture officielle ? Quoique non, c'était idiot, puisqu'il l'avait prise en couverture vivante... Elle soupira intérieurement, son sourire commençait à faner, comme les fleurs n'ayant pas assez d'eau. Elle ne s'en rendait pas compte, mais son visage commençait à se relâcher, et ce n'était pas bon pour elle.

- J'aurais du vous appeler toi et les autres pour se faire une soirée comme au bon vieux temps, mais j'ai été un peu débordé ! Ben tiens ce week-end tu fais quoi ?!

Ca, ce n'était pas prévu du tout. Ce week-end, elle faisait quoi déjà ce week-end ? Sa mémoire flanchait lorsqu'elle en avait besoin. Son cerveau était en ébullition, son sourire avait disparu en cherchant, paniquant. La dose de stress lui faisait perdre pieds. Elle n'entendait pas tellement de bruit, alors leur conversation devait être assez écoutée... Elle se dépêcha de faire comme toute personne un temps soit peu normale, dire qu'elle devait réfléchir.

♦ Oh pourquoi pas, ca fait longtemps qu'on ne s'est pas tous retrouvés... Ce week-end heu... J'ai un doute, laisse moi réfléchir...

Elle commençait à se sentir mal, la pression exercée sur ses nerfs commençait à peser lourd, vraiment très lourd, pour de pauvres épaules d'artistes de la sorte. Elle posa sa main droite sur son front, massant sa tempe pour soulager sa tête. Mais des bruits de pas la firent sursauter, comme une prise de conscience. Ils n'étaient pas seuls ici, et le stress n'avait pas sa place, elle calma son pouls et esquissa un sourire radieux lorsque le serveur arrive à leurs table.

- Comme je l'ai dit, c'est moi qui arrose, prend ce que tu veux.

Elle reporta son attention sur celui qu'elle couvrait. Elle ne savait pas vraiment s'il paierait réellement, mais elle s'en foutait bien, qu'elle paie sa part ou non, elle voulait juste... Partir d'ici, pleurer et s'enfermer chez elle jusqu'au lendemain. Elle en avait tellement besoin sur l'instant, que refouler toutes ses émotions lui faisait tourner la tête. Sans rien montrer, elle regarda la liste sur la carte, choisissant quelque chose de frais, pour réveiller sa vigilance.

- Pour moi ce sera un Muscat et un expresso...et toi ?

Elle prit un air sérieux en tentant de se décider. Katherina releva les yeux vers le serveur, avant d'y passer commande.

♦ Alors pour moi, un cocktail fruité tant que c'est frais, je vous laisse me surprendre.

Avec tout cela, la conversation avait été rapidement écourtée, elle espérait juste ne pas repartir sur ce sujet après, alors elle fixa "Kenji" et tenta de chercher un sujet exploitable sur lequel ils pourraient parler sans vraiment déranger... Le travail peut être ? Tout le monde s'en fichait, les oreilles seraient peut-être moins tendues ?

♣ Et donc, la bourse va si mal que ça, c'est rattrapable ?


HRP:
 
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Sam 23 Aoû 2014 - 13:16
Au fur et à mesure des réponses qu'elle lui donnait. Fusao ne pouvait s'empêcher voir la gêne qui la consumait petit à petit. Elle qui avait fait un si bon travail jusque là se mettait lentement à craquer. Fusao ne pouvait pas blâmer Katherina, n'importe qui à sa place aurait eu à un moment ou à un autre des doutes, des peurs, le tout se réunissant pour semer le trouble dans son esprit. En aucun cas il ne comptait la rappeler à l'ordre, et la menacer maintenant ne ferait qu'aggraver la chose. Katherina avait même été prodigieuse jusque là, la plupart aurait déjà craqué. Le mercenaire allait ralentir la cadence de cette conversation fictive, il comptait sur le verre pour qu'elle prenne le temps de reprendre son souffle. Si il fallait il parlerait beaucoup plus qu'elle afin qu'elle n'ait qu'à rester là et feindre un sourire de façade.
Elle commanda son cocktail et le serveur s'en alla récupérer leur commande sans demander son reste en bon professionnel qu'il était. Face à Fusao, il vit une Katherina de plus en plus mal à l'aise, le regardant presque droit dans les yeux. Puis elle lança elle même un nouveau sujet concernant la bourse. Après tout il avait dit qu'il travaillait dans un banque, il était logique qu'elle pose ce genre de questions. Un nouveau bon point pour elle, elle montrait qu'elle ne perdait pas le fil de la discussion. Quoiqu'il en soit, il allait lui répondre. Il prit une attitude plus détendue, s'enfonçant dans son siège. Il eu soudain l'air très las. Prenant la mine que l'on attendrait d'un spécialiste de la finance dans la situation économique actuelle.
- Tu sais, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Avec la mondialisation, on ne peut plus juger des finances à un niveau national. C'est bien l'international qui nous intéresse, en particulier les grandes puissances de ce monde. Si tu prends l'Europe dans sa globalité, elle s'en sort encore pas trop mal, certaines puissances apportent encore une croissance nécessaire pour laisser d'autres pays plus en difficultés à flot. Après si on prend le cas du Japon ou des Etats-Unis, la donne est toute autre. Tout est jeu de balancier, de croissance, de décroissance, de dettes et de rentrées d'argent. Si demain au Japon les cours de la bourse chutent violemment, ça se fera ressentir aux Etats-Unis et par jeux d'argent, en Europe et nous serons repartis pour quelques mois à se serrer la ceinture. Dire que c'est rattrapable, oui, dire quand, impossible, surtout à mon petit niveau. Mais ça va se finir un jour, le gros de la crise a eu lieu dans les années 2008, 2010 environ. Mais après il faut du temps pour s'en remettre, trouver un nouvel équilibre. Je ne sais pas, je pense que l'on respirera mieux courant 2018, pas avant.
Fusao avait à peu près fait le tour de la question. Il n'était à près tout pas expert économiste pour aller plus loin. Son discours était déjà très épuré et manquait cruellement de détails pour le métier qu'il était censé faire mais c'était suffisant. Les gens assis autour d'eux qui auraient put tendre l'oreille devaient maintenant être moins curieux. Il n'était pas agréable d'entendre parler de la crise, et encore moins si le discours se voulait un minimum pointu. Le japonais jeta un rapide coup d'oeil autour de lui pour voir que les quelques tables les plus proches d'eux ne leur accordaient plus d'importance. En tout cas il avait fait comme il avait dit, parler le plus possible pour permettre à Katherina de se ressaisir.
Le serveur finit enfin par revenir, tenant sur son plateau l'entièreté de sa commande. Il posa devant Fusao son Muscat et son café, les annonçant en même temps puis enfin le cocktail de la jeune femme. Comme il se devait, le serveur posa l'addition devant Fusao de façon à ce que Katherina ne puisse pas voir le prix. C'était affaire de gentleman et aussi manière de respecter les traditions. A une table, on se tournait plus souvent vers monsieur pour régler la note. Autrefois c'était une pratique normale et dans les mœurs. Aujourd'hui avec toutes ces femmes au travail, une grande partie d'entre elles au carrière prometteuse, c'était devenu une vieille habitude presque misogyne. Quoiqu'il en soit, Fusao ne broncha pas, sorti son portefeuille et glissa un billet dans la main du jeune homme au plateau.
- Gardez la monnaie.
Il se recentra sur son café qu'il comptait boire avant de passer à son petit blanc. Il y versa le sucre puis se mit à le touiller. Levant les yeux, il vit alors pas un, mais bien quatre hommes de mains du cardinal entrer dans le même bar, jetant des regards dans tous les coins et se dirigeant vers le comptoir. Aussitôt, avec un peu trop d'empressement peut-être, Fusao reprit la conversation.
- Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?
La question était des plus simples. Elle pouvait répondre ce qu'elle voulait sans même avoir à inventer un mensonge du tac au tac. Elle pouvait déballer tout ce qu'elle voulait, sa vie, son travail, sa famille, peu importait. Le tout était qu'elle semble le plus naturel tandis qu'elle s'exprimait. Portant la café à ses lèvres d'une main, il glissa son autre main dans son dos, la main sur la crosse de son arme, prêt à faire feu. Mais ce faisant, il resta les yeux braqués sur Katherina, prenant l'air le plus naturel et agréable possible. Tout allait bien se passer...
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Dim 16 Nov 2014 - 19:54
- Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?
Elle était entrain de regarder aux alentours, le groupe plus loin l'intriguait. Elle reporta ses yeux sur l'asiatique en face d'elle. Elle souris, entrouvris la bouche et resta bloquée. Ses pupilles se rétractèrent sous la douleur qui commençait à l'envahir. Pourquoi ressentait-elle l'effet qu'aurait un brasier sur sa peau ? Elle lâcha un gémissement léger, son visage se déforma sous une grimace. Pour l'instant, c'était discret, personne ne s'en rendrait compte. Elle devait faire une sorte de rechute, après tout ce stress. Elle se concentra à nouveau, tentant de penser à tout autre chose qu'à la sensation de fondre, comme une bougie dont la mèche serait embrasée comme jamais on ne pourrait la faire brûler. Finalement, elle réussit à articuler rapidement. Quelques mots, simples, dont l'intonation était presque neutre.
♦ Je gère une petite... hmpf... galerie, pas très loin.
Puis elle ne sut pas vraiment comment interpréter ça. Elle se sentit cuir. Elle sentait sa peau, l'épiderme était douloureux, et extérieurement, on pouvait surement y voir des plis. Des imperfections. Résumés par le mot "brûlure". Elle brûlait, sans comburant, mais elle était bel et bien entrain de se faire calciner sans aucun moyen d'arrêter ça. Du moins elle ne savait pas trop. Elle ne pouvait pas arrêter la brûlure en arrêtant ce qui enflammait sa peau, il n'y avait rien. Elle sentit ensuite une odeur beaucoup trop familière à son goût. Rien n'était sur le feu en cuisine, alors lorsque l'odeur de friture, non, muscle, de gras, lui vint en pleine figure, elle commença vraiment à paniquer, qu'est-ce qu'il pouvait bien se passer là ? Elle lança un regard de détresse à Kenji. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait qu'elle ne connaîtrait jamais son vrai prénom. Tant pis, c'était bien, Kenji. Enfin voilà.
La jeune femme commença à ne pas pouvoir résister à l'envie de pousser des râles, puis à force, des cris, elle se rappela qu'il faut étouffer la brûlure pour l'empêcher de se propager, premier réflexe, se jeter par terre, et se rouler au sol, les larmes que ses yeux laissaient perler ne faisaient qu'une petite fumée au point où la température de sa peau avait augmenté, elle était tiraillée de partout. Son visage commençait même à se liquéfier sous la combustion. Elle avait les yeux fermés, recroquevillée, c'était son corps entier qui s'écaillait ou coulait par endroit, puis, elle sentit autre chose. Ce n'était pas la douleur créée par la combustion de son corps entier, il y avait eut une détonation, que ses cris et les semblants de sanglots lui avait étouffé. Comme une bulle de savon qui rongerait son être. Elle sentit un autre liquide plus visqueux s'étendre au sol, son coeur battait irrégulièrement. Puis elle le sentit ralentir, elle avait... Sommeil ? Elle était entrain de fondre comme la poupée de cire qu'elle était à cet instant, et elle avait une seule envie, fermer les yeux et s'endormir longuement. Elle sentit ses paupières ne plus répondre à sa demande, tout était flou, encore plus flou que lorsque ses larmes coulaient. Elle entendit cependant plusieurs bruits sourds, en fond, semblables à des coups de feu. Semblables ? Peut-être en était-ce, ne sentait-elle pas un objet chaud et douloureusement incrusté dans son organe vital ? Elle entendit plusieurs cris, ou quelque chose de semblable, tandis que la petite sonnette du pub sonnait la fin des coups de feu, du bruit, de la foule. Etait-elle seule ? Ou entourée de personne dans un état similaire au sien ? Oh elle n'en sut rien, la dernière chose qu'elle sentit, ce fut ses poumons expirer l'air précédemment inhalé, puis plus rien. Le coeur avait déposé son bilan. Une magnifique courbe droite et horizontale sur un écran, et un allé simple pour autre part.
 
hors rp:
 
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Re: Une Simple Couverture. [PV Katherina] - Mar 2 Déc 2014 - 11:42
Une simple couverture

 
La fin par le feu


Tout allait bien se passer, il le fallait. Aussi particulier soit-il il n'aurait pas aimé mettre la jeune femme en danger. Même si il l'utilisait purement et simplement il préférait s'en sortir sans casse, sans fracas. Si en revanche une fusillade devait éclater il ne ferait pas attention aux pertes autour de lui. Sa survie était encore la chose la plus importante...c'était la nature même de l'être humain. Il jeta un dernier coup d'oeil sur le groupe de gardes du corps puis se re concentra sur Katherina. Elle était la clé, plus la conversation serait naturelle, plus choses iraient sans problèmes. Mais quelque chose clochait bel et bien, elle n'allait pas bien. Elle eut beau répondre qu'elle tenait une galerie, certainement d'art, il était clair que la situation allait mal tourné.

Il la regarda de façon insistante, lui demanda de se concentrer sans dire aucun mot puis il recula soudainement. La jeune femme pleurait presque, il la regarda bien et ses yeux se posèrent sur ses mains. Des traces de brûlures y étaient apparus sans aucune raison et semblait s'étendre. Puis une odeur atroce se mit à planer autour d'eux. Une seule fois auparavant il avait senti cette odeur et jamais il ne l'oublierait. Deux ans en arrière il avait assisté au massacre de tout un petit village en Afrique, les habitants étaient brûlés vifs. L'odeur de la chair calcinée brûlée par les flammes, voilà l'odeur qui se dégageait du corps de Katherina. Fusao releva aussitôt la manche de la jeune femme en se levant à moitié de sa chaise, les brûlures lui couvraient le bras, elles étaient graves. Son corps se consumait très rapidement alors qu'il n'y avait aucune flamme. La jeune femme releva les yeux vers lui, comme implorant de l'aide. Fusao lui serra la main, lui rendant son regard. Durant cet échange il vit les marques de brûlures remonter sur le cou de la jeune femme. Le phénomène était surnaturel et meurtrier, elle allait mourir. A cette pensée Fusao lança un dernier regard à Katherina, comme pour lui dire "Tout ira bien."

Puis, les larmes aux yeux elle se jeta par terre et commença à se rouler sur elle même, comme pour éteindre le feu inexistant qui détruisait son corps. Ce faisant elle bouscula table et chaise, les gens autour se mirent à crier en voyant graduellement la peau de la jeune femme fondre comme une bougie. L'odeur se répandait dans toute la salle, faisant tourner la tête à ceux plus éloignés. Enfin elle cria, et là tout le monde se retourna. Au bar, le groupe de gardes du corps se tournèrent eux aussi. Comme des chiens de guerre réagissant aux moindres bruits ils avaient déjà sortis leurs armes. Fusao aurait pu en rester là, profiter de la panique pour fuir avec tous les clients et s'en aller. Une femme qui brûle sans feu, la chose allait certainement ramener du monde. Et dans la folie que ceci allait engendrer il pourrait s'en aller tranquillement. Mais il n'en fut pas ainsi. Regardant un instant Katherina brûler, se sentant coupable pour une raison incertaine, il tira en premier son arme et tira. Non pas sur les gardes mais sur Katherina. Mourir ainsi n'était ni digne, ni humain, il lui tira une balle dans le coeur. Au lieu de souffrir deux bonnes minutes en brûlant, elle n'en aurait plus que pour quelques secondes.

Suite à ce coup de feu, les autres hommes l'attaquèrent. Une fusillade éclata, rapide et sanglante, fauchant au passage quelques clients, rajoutant encore plus de chaos dans ce capharnaüm. Fusao arriva à vite s'en sortir sans encaisser la moindre blessure, brisant une fenêtre avec une chaise et s'enfuyant dans la rue. Il trouva bien vite un homme dans sa voiture, simple berline, le braqua, l'obligea à sortir et s'en alla ainsi. Il y eu une petite course poursuite avec la police ainsi que les gardes du corps, mais après une bonne heure bourrée d'adrénaline il réussi à semer tout le monde. Il alla garer la voiture dans un vieux hangar, descendit, et marcha quelques instants.

- Que s'est-il passé ? Pourquoi elle ? Comment c'est possible ?

Il resta là un moment à tourner en rond, frappant les divers objets à sa portée, pestant contre lui même. Il n'avait jamais eu l'intention de la protéger contre les hommes de mains, mais contre ça, une menace autre, oui. Il savait au fond de lui que si il l'avait rencontré dans d'autres conditions il aurait fait en sorte de la garder en vie. Mais même dans ce cas là, qu'aurait-il fait contre ce brasier fantomatique qui semblait la détruire. Rien. Il était faible, inutile, et par dessus tout il ne comprenait pas. Il n’appela Karn et Sofia qu'un bon moment après pour organiser sa fuite de France. Le rendez vous fut donné dans un petit quartier de Paris où une voiture l'attendrait. Avec elle il allait en Belgique, etc, etc...

Il fit brûler la voiture volée en utilisant l'essence de cette dernière et s'en alla. Quel pouvoir avait bien pu tuer cette femme de la sorte ? Telle fut la dernière question qui hanta l'esprit de Fusao.
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Une Simple Couverture. [PV Katherina]
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