Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Une petite douceur ?

 
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Une petite douceur ? - Mer 2 Juil 2014 - 6:28
Ah Paris. Depuis qu'elle avait entendu l'agent G. dire qu'il comptait aller y passer ses congés, elle avait eu envie de découvrir cette ville.
De ce qu'elle en savait, G. était un professionnel endurci sans aucun sens de l'humour ou de l'ironie. En tout cas, c'est ainsi qu'il s'était toujours comporté avec elle. Et pourtant, cette fois la, il avait l'air...presque impatient. Un peu excité même. Elle en avait donc, logiquement, déduit que Paris devait être quelque chose de fabuleux, pour mettre l'homme dans cet état.

Et elle avait eu raison. Cette ville...c'était le paradis ! Des gens partout, des lumières, d'énormes bâtiments, des commerces...tout ce qu'on pouvait espérer, réunis en un seul endroit.
Surtout la nuit. Le jour, il faisait un peu chaud, et l'odeur était assez déplaisante. Surement à cause de la pollution. Mais de nuit, c'était parfait. Toujours des gens, des petites rues sombres et mal éclairées, de grandes avenues illuminées comme de jour, des boutiques toujours ouvertes...Non, elle avait décidément bien fait d'écouter son instinct.
Cela dit, quelque chose lui murmurait à l'oreille que les raisons qui l'avait poussée à adorer Paris n'étaient pas les même que celles de G. En tout cas, elle ne le voyait pas traquer un clochard dans une série de ruelles pour lui trancher la gorge et lui dévorer le foie. Ou alors, il était véritablement meilleur que ce qu'elle avait pu croire jusqu'ici. Et si elle l'avait jugé trop vite ?...Dommage. Peut-être qu'ils auraient pu s'entendre merveilleusement bien, et qu'à cause de son erreur, elle se l'était mise à dos. Tant pis, ce qui est fait est fait.

Visiblement, il l'avait repérée. Ou alors, il pressentait quelque chose. Le vieux gibier a toujours un meilleur instinct.
Il allait falloir progresser avec précaution. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas eu l'occasion de chasser une proie aussi attentive. Fichue Académie et ses règles. « Ne pas tuer les élèves » ? Complètement stupide. Ils pouvaient être ranimés à volonté, qu'est-ce que ça pouvait bien leur faire si quelques uns disparaissaient de temps en temps ? Hors de question de se contenter de manger du porc ou du bœuf. Ce n'est vraiment pas la même chose. Un peu comme ne manger que des pâtes à chaque repas. Ça contre la faim, c'est économique, mais au bout d'un moment, on espère quelque chose de plus goûtu, de plus consistant.

De plus vif.

Oh ça pour être vif, il l'était, ce vaurien. Elle le suivait depuis une bonne dizaine de minutes, et il n'avait toujours pas l'air de vouloir s'arrêter.
Il devait chercher un refuge. Un lieu plus habité, où il pourrait appeler à l'aide si besoin est. Ou peut-être...qu'il avait simplement une planque, qu'il rejoignait toutes les nuits ?...Non, il était déjà assez tard pour ça. Il serait déjà en train de dormir. Il l'avait sentie, pas d'autre solution. Il fallait agir. Et rapidement, avant qu'il ne se mette à panique et à courir comme un poulet effrayé.

Elle détestait courir, surtout avec des talons. Et puis elle venait tout juste de changer de vêtements. Pas question de les imprégner de transpiration et de crasse en poursuivant un vieil ivrogne trop borné pour savoir quand s'arrêter.
Non. Pas de précipitation et pas d'entêtement. Ne pas confondre célérité et empressement. Continuer de le filer de loin, il allait bien finir par arrêter de traîner son chariot. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à trimballer un maximum de bric à brac, d'ailleurs ? A chaque fois, elle se retrouvait avec un monceau de trucs et de bidules inutiles et crades. Elle avait d'ailleurs arrêté de les fouiller. Il n'y avait jamais rien d'autre que des vieux bouquins, des couvertures puantes et des boites de conserve. Pourquoi se promener avec autant de nourriture alors qu'il suffisait de savoir où regarder ?...La question allait surement demeurer sans réponse.

Enfin !

Le sans-abri venait de s'arrêter près de la poubelle d'une supérette. La faim l'avait emporté sur la méfiance.
Il regarda autour de lui avant de s'engager dans l'impasse contenant les bennes. Ou plutôt, les coffres au trésor, si on lui avait demandé ce qu'il en pensait.
Il passait fréquemment ici, et il savait que les employés désobéissaient souvent aux ordres du gérant de répandre du liquide vaisselle sur tout ce qui pouvait être récupéré. Et au vu de l'absence d'odeur de citron chimique, c'était le cas aujourd'hui encore.
Un sourire apparut sur son visage sale et ridé, alors qu'il ouvrait le couvercle d'une des poubelles. Des légumes, des pizzas, et même des steak hachés. A peine périmés, et donc parfaitement comestibles. La joie à l'idée de faire, pour une fois, un repas normal lui avait fait oublier l'étrange femme qui avait l'air de le suivre.
Il tira son chariot près de la benne avant de le charger autant que possible. Pas question d'en laisser la moindre miette, au diable la paranoïa. Au pire, il avait un couteau. Tous les gens de la rue en avaient un. Et pas uniquement pour se défendre. Juste pour couper des trucs. Toujours utile de pouvoir couper des trucs.

Quelques mètres derrière lui, dans l'ombre entre deux lampadaires, Elena l'observait, un sourire éclatant lui déchirant le visage. Littéralement.
La commissure de ses lèvres avait commencé à saigner et à s'arracher, les deux moitiés liées entre elles par des lambeaux de peau sanguinolente.
Une langue inhumainement longue caressa le contour de sa bouche, se délectant du liquide rouge qui s'écoulait de ses blessures.

De sa main gauche, elle sortit un scalpel de la poche de son tailleur anthracite. Se contenir. Inutile de gâcher une si belle enveloppe pour du gibier si bien appâté. Sa lame allait être suffisante.

Elle se laissa prestement glisser le long du trottoir, arme en main et dents acérées, se rapprochant dangereusement de sa future victime...
...avant de stopper net, à quelques mètres à peine du dos du malheureux.

Mieux. Elle venait de repérer bien mieux. Jeune et tendre, mieux nourrie. Elle pouvait sentir sa peau sucrée et sa chair délicate d'ici.
Au diable le vieux steak. Ce soir, elle avait envie d'une petite douceur. D'un petit cupcake.
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Re: Une petite douceur ? - Mer 2 Juil 2014 - 22:20
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Le silence... l'odeur neutre... la fraîcheur de la ruelle.


Une longue journée venait de se terminer. Les clients avaient été nombreux en cette fin d'après-midi, et ils avaient tous été pris d'une irrésistible envie de faire d'innombrables parties de jeux de société. L'ambiance avait été bon enfant, les derniers clients ayant même aidé Léah à tout ranger.

J'adore les après-midi qui se finissent comme ça, même si je ferme tard. J'aime être avec eux !


"Eux", c'était tous ces clients. Elle en connaissait une grande partie depuis qu'elle avait ouvert. Pour le reste, c'était des amis des habitués, ou des gens de passage, mais elle appréciait tout autant leur compagnie.


Léah sortait toujours par la porte arrière quand elle fermait, elle avait une sainte horreur de la poubelle, et frissonnait rien qu'à l'idée de la faire passer au milieu de la salle. C'est pourquoi elle avait fait réparer la porte arrière, pour pouvoir jeter la poubelle le soir en partant. Il faisait bon ce soir, Léah avait attaché ses cheveux en un chignon fait à la va vite pour être plus à l'aise pour faire le ménage, une légère brise lui caressait le cou.


Quelqu'un...


Léah vit un chat passer au loin dans la ruelle, il se faufila sous un container. Sam était en train de fouiller de l'autre côté, elle ne lui prêta aucune attention, elle n'avait pas envie de lui parler ce soir, pas après le scandale qu'il avait fait trois jours avant parce qu'elle ne lui avait pas gardé un cupcake de côté. Elle ouvrit le container situé devant l'arrière de son magasin.


Les éboueurs l'ont encore laissée en plein milieu !

"Allé hop... toi je ne veux plus te voir !"

Léah venait de parler a sa poubelle, enfin à son ancienne poubelle maintenant qu'elle l'avait jetée dans le container.


Quelqu'un...
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Re: Une petite douceur ? - Jeu 3 Juil 2014 - 12:39
Son gâteau avait une jolie voix.

Embusquée dans l'ombre, Elena observait sa proie. Un magnifique nappage rouge et des formes délicates, laissant présager d'un excellent dessert. Ah quelle gourmande...elle allait finir par s'habituer à un tel luxe. Elle avait déjà pris un peu de poids ces derniers temps. Mais un tel chef d'œuvre culinaire ? Impossible d'y résister.

Le clochard venait de finir de piller la poubelle de la supérette et commençait à s'éloigner, trainant son chariot rempli de victuailles.
Il allait bien manger ce soir.

Elle aussi.

Voyant sa silhouette bossue disparaître dans les ténèbres, elle se promit mentalement de revenir à cet endroit. Le gibier revient toujours près des mangeoires, tout bon chasseur le sait. Peut-être pourrait-elle même l'engraisser un peu avant de l'abattre ?...Quelle bonne idée ! Elle pourrait même se lancer dans l'élevage, et avoir son propre cheptel. Ce serait plus simple, plus régulier. Elle pourrait même s'installer, avoir un petit chalet dans les montagnes, avec son troupeau.

Un rictus amusé se dessina sur son visage.

Peut-être un jour, si elle en venait à se lasser du frisson de la chasse. De toute façon, les humains sont si nombreux et se reproduisent si vite...Mais quittons les rêves de moutons et revenons en à notre sucrerie.

Une poubelle ?...Elle devait donc habiter ou travailler la. Il allait falloir être efficace. Si elle venait à rater sa cible, celle-ci avait une voie de sortie toute tracée. Et pas question de forcer la porte et de la suivre. Trop risqué, les voisins allaient surement entendre les cris et les bruits de lutte.
D'un autre côté...elle savait où nichait son oiseau. Peut-être revenir plus tard ?...Non. Hors de question. Elle voulait sa fantaisie gustative, et elle la voulait ce soir.

Ou peut-être...?

Cela pourrait être amusant aussi.

Les yeux toujours rivés sur sa proie, Elena rangea le scalpel dans la poche de son tailleur et commença à s'approcher, restant autant que possible dans l'ombre entre les lampadaires.
Fluide et rapide, elle s'écoula en travers de la ruelle, pour réapparaître à quelques mètres de Léah, cachée par le coin d'un bâtiment.
Elle ne la voyait peut-être plus, mais elle pouvait la sentir, l'imaginer. La, à portée de main, se trouvait son gâteau. Sa merveilleuse friandise. Elle avait presque de la peine à l'idée de devoir détruire quelque chose de si travaillé.
Non, elle avait de la peine. Pourquoi n'était-elle pas comme tout ces mômes de l'Académie ? Pourquoi est-ce que les humains ne repoussaient pas de la même façon ? Injuste. C'était véritablement injuste de ne pouvoir manger qu'une seule fois, de savoir que jamais plus elle ne pourrait ressentir exactement la même chose.
Non, elle se trompait. C'était justement cela, qui rendait cette friandise si attractive. Ce côté éphémère, frivole, avec tout juste assez de temps pour en profiter, avant que tout cela ne disparaisse.

Peut-être...faire durer ? Elle pourrait surement y trouver du plaisir. Oui. Elle allait faire durer. Essayer de contrer les lois naturelles, tenter de se soustraire à la finitude de toute chose, et cela sans y parvenir...

C'était magnifique. Aussi magnifique que de simplement l'engloutir et de se repaître de ses entrailles.

Subitement, Elena glissa hors de l'ombre, se tenant juste en face de Léah, à quelques pas à peine.

« Vous avez l'air absolument délicieuse. »

Sa voix enjouée laissa immédiatement place à un ersatz de sourire, une caricature dessinée par quelqu'un, ou quelque chose, ayant lu la définition sans en comprendre le concept.
Quelque chose...qui ne pouvait pas comprendre le concept.
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Re: Une petite douceur ? - Sam 5 Juil 2014 - 18:01
Soul-eater
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Les souvenirs resurgissent parfois sans raison


Léah adorait son travail. Après tout elle l'avait choisi, après avoir mûrement réfléchi, elle avait fait naitre sa propre société, dont elle était l'unique patronne. Au début, ça n'avait pas été facile, surtout financièrement. Les banques ont souvent du mal a prêter aux jeunes. Mais elle s'était battue bec et ongle pour faire ce qu'elle avait vraiment envie de faire. Même après l'ouverture, les finances étaient dures. Les clients avaient tardé a venir, et celà l'avait rendue un peu triste. Cependant ça n'avait duré que peu de temps, car comme à son habitude elle s'était dit qu'elle avait vécu bien pire et que la situation ne pouvait que s'arranger.

Sa première cliente avait été Mireille, la femme à qui elle devait la vie, sa deuxième Maman. Mireille l'avait accueillie chez elle à bras ouvert après que son père soit mort, et elle s'en était occupée comme si elle était sa propre fille. Puis il y avait eu Rose, et tous les amis du lycée... et un peu plus tard les nouveaux clients.

Léah était perdue dans ses pensées après avoir fermé le couvercle de la poubelle. Elle fouilla machinalement dans son sac a main, en sorti son MP3 et vissa ses écouteurs sur ses oreilles. Elle mit lecture et baissa le son au plus bas. Quand elle était en ville Léah mettait toujours le son au minimum car elle estimait qu'on était jamais trop prudent en ville, et qu'il vallait mieux avoir le son très peu fort pour entendre tout ce qui pourrait ce passer alentours.

Elle se décida enfin a avancer, doucement, en chantonnant. Elle était toujours perdue dans ses pensées, mais cette fois la musique l'accompagnait. La musique était très importante dans la vie de Léah, dès qu'elle allait mal elle se réfugiait dans la musique pour oublier ce qu'elle vivait, pour oublier la douleur de ses côtes fêlées, de ses hématomes qu'elle cachait... Sans la musique, Léah aurait peut être dit adieu à la vie avant même de fêter ses 16 ans. Mais elle était là, bien vivante...

Elle stoppa net ! Une jeune femme blonde se tenait devant elle, à peine a deux pas, elle était apparue de nulle part... ou alors elle ne l'avait pas remarquée ? Léah se sentit mal à l'aise.


"Vous avez l'air absolument délicieuse."

Une espèce de rictus se forma sur le visage de la jeune femme, figeant une expression de surprise sur celui de Léah. Elle était troublée par la présence de la jeune femme blonde.

"P... Pardon ?"

Avait-elle bien entendu ? Ce que venait de dire la jeune femme blonde était pour le moins perturbant à cette heure avancée de la soirée. Pour Léah, le mot "délicieux" était souvent attribué a ses cupcakes... bien que l'on puisse l'utiliser pour une personne... mais ce rictus figé sur la bouche de la jeune femme blonde lui faisait penser qu'elle disait ça pour Léah, comme si elle aurait parlé d'elle comme d'un cupcake.

Léah retira ses écouteurs de ses oreilles


"Je... vous avez besoin d'aide ? ... je... j'aimerais passer."

Léah ne savait pas pourquoi, mais elle hésitait entre faire demi tour et retourner au Cyberia ou faire front. La jeune femme blonde lui avait fait peur et lui intimait encore la crainte. Pourtant elle avait l'air tout ce qu'il y a de plus normale et respectable engoncée dans son tailleur sombre. Que faisait-elle dans cette ruelle à cette heure ?
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Re: Une petite douceur ? - Mar 8 Juil 2014 - 8:42
Pour toute réponse, Elena s'approcha légèrement. Lentement, à pas mesurés, comme si elle craignait d'effrayer un papillon rare posé devant elle. A chaque fois, c'était à cette étape que les choses devenaient intéressantes. Tout ce qui se passait avant, ce n'était que l'approche, la mise en bouche. C'était à cet instant que tout allait se décider. Si oui ou non sa cible allait esquiver le filet.
Les deux options lui convenaient parfaitement. Soit elle allait enfin pouvoir posséder ce qu'elle convoitait, soit elle allait pouvoir l'admirer dans toute sa splendeur.

Fébrilement, elle tendit la main vers Léah. Deux mètres. Deux misérables mètres la séparaient désormais de ce joyau qu'elle venait de découvrir. Secouée, effrayée...tout cela ne faisait que la rendre plus attractive. Elle pouvait pratiquement ressentir son cœur en train d'accélérer, son adrénaline en train de couler, ses muscles se préparer. Cette sensation...cela faisait longtemps qu'elle n'avait rien ressenti de pareil.
Toutes ses proies étaient terrorisées, mais rares étaient celles à l'être correctement. Certaines pleuraient, certaines hurlaient, d'autres tombaient catatoniques. Une myriade de façon d'exprimer une physiologie au final identique: des hormones et des impulsions. Rien d'important, juste des différences superficielles.

Il n'y avait qu'une seule chose qui différait. Qu'une seule chose, capable de transformer ce lot d'informations en une décharge de plaisir capable de la faire frisonner, de la faire frémir. De la rendre, l'espace d'un instant, extatique.
Elle n'y tenait plus. Elle savait ce qui lui dévorait actuellement les entrailles et l'esprit. Et elle savait également qu'il n'y avait qu'une seule manière d'apaiser le monstre: le laisser s'exprimer.
Son expression inchangée laissa alors filtrer un murmure suave.

« Je vous aime. »

Elle aimait prononcer ces mots. Trois malheureux mots, qui détenaient tant de pouvoir, tant de force. C'était à la fois magique et risible, un miracle et une arnaque.
Mais plus que cela...elle aimait en contempler les effets. Souvent les même, dans ces circonstances. De la surprise, de l'incompréhension. Comme si elle venait de planter son scalpel dans leur poitrine.
Sans attendre, elle pencha donc légèrement la tête sur le côté, comme pour se moquer de Léah. Un ton taquin avait remplacé le murmure suave.

« Ne soyez pas surprise. Vous êtes sublime ! »

Elle ne s'en rendait elle-même pas compte. Et cela la rendait encore plus adorable. Cette expression aurait pu faire fondre le cœur de n'importe qui, et pourtant, elle ne semblait pas avoir décidé d'en profiter, de l'utiliser. En tout cas, pas sur elle. Cela n'aurait de toute façon pas marché.
Plus que quelques pas. Presque à portée de doigts...elle allait s'envoler. Cela ne pouvait pas se terminer ainsi, par sa capture, sa fin. Pas aussi rapidement, aussi facilement. Elle avait envie de la toucher, de l'enserrer, de la sentir, et pour finir, de la dévorer. Mais pas comme ça. Pas comme tous les autres bestiaux, qui ne faisaient qu'attendre la lame sans se débattre, sans lutter.
Elle voulait la voir vivre, la voir courir, la voir hurler à s'en arracher la gorge. La voir à l'agonie, tentant désespérément d'obtenir un dernier souffle, une dernière seconde.

« Courez. »

Elena éclata alors de rire. Un rire qui commença cristallin, véritablement joyeux, avant de se détériorer en une sorte de gargouillis inhumain.
Son sourire commença à s'élargir, arrachant la peau de part et d'autre de sa bouche. Du sang s'écoula, laissant apparaître plusieurs rangées de dents acérées, plantées dans des lambeaux de chair rouge vif.
La main tendue vers Léah se rétracta pour aller caresser le visage ravagé de sa propriétaire, se couvrant de salive à l'odeur pestilentielle et d'ichor visqueux.
Une voix à la fois humaine et autre se fit alors entendre, émise par ce qui n'aurait en aucun cas du être capable de parler.

« Vous me trouvez laide n'est-ce pas ? Haïssable, répugnante, horrible. Et pourtant, je vous aime. Alors fuyez. »

Elle allait se mettre à courir. Ils se mettaient tous à courir. A part ceux qui étaient tombés raides à l'instant où sa bouche avait commencé à se déchirer avec un bruit de vieux chiffon qu'on arrache. Mais ceux la n'étaient pas intéressants. Il n'y avait qu'à se baisser et à ramasser les morceaux.
Non, elle, elle allait courir. Elles le savaient toutes les deux. Elle devait se mettre à courir, il n'y avait pas d'autre choix, pas d'autre option.
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