Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

Parle à mon double, ma tête est malade [Quête]

Invité
avatar
Invité
Parle à mon double, ma tête est malade [Quête] - Jeu 27 Mar 2014 - 10:03


Hier, petite soirée entre repentis. Bon, pour être plus précis, nous étions deux. Deux hommes de service, et deux à qui la chair et le sang manquaient un peu. A ceci près que moi, j'avais planqué une bouteille d'alcool confisquée pendant un ménage et lui du tabac volé dans un casier pendant sa tournée. Nous étions payés à la fin du mois et là depuis trois semaines - et encore, je ne pense pas qu'on nous paye vraiment, c'est plus... du karma, vous voyez ? - alors une sauterie, cela commençait à devenir un peu vital. On s'était assis tous les deux dans ma chambre, lui avec ses cheveux d'emo et son pantalon trop grand et moi en survêtement. On a dû beaucoup boire. Fumer son tabac dans des feuilles trop épaisses parce que tout sentait le brûlé au lever. Mais surtout, je ne sais pas comment on s'est démerdés, mais je me suis levé en retard. En panique totale à neuf heures du matin, j'ai à peine pris le temps de m'arracher les gencives à la brosse à dents pour aller attraper mon chariot et courir dans la salle de chimie.

Je ne sais pas si c'était l'odeur, la tenue bizarre que j'avais sur le dos - un savant mélange de vernis noir, un thisrt en V très prononcé qui laissait voir mon ventre et le détail qui tue, un petit collier de tissu autour du cou. Ouais, un Village People quoi. - mais, bref, le prof sur lui j'ai roulé, renversant la moitié d'une poubelle de cantine du soir dernier n'a pas apprécié. Je me suis pris la chasse du siècle. Et quand je dis du siècle, c'est encore en dessous de la réalité. J'ai même dû pleurer et supplier, la tête en bas pendu par une cheville. Cet espèce d'enfoiré a même fait tomber mon serre-tête, en me secouant comme un supplicié spartiate pour "donner l'exemple". Tyrans de mes deux. Bref, j'ai été rabroué, humilié, et finalement balancé contre mon chariot avec un "va nettoyer le couloir des trophées, gros punk !". Bon ce n'était pas exactement dit comme ça, c'était plutôt "Monsieur White, plutôt que d'infliger une puniton générale à au moins trois de nos cinq sens, veuillez vous trouver un trou où pourrir pour la journée."

Je n'ai pas osé dire que pour la vue et l'odeur je comprenais, mais pour le troisième sens je l'avais jamais invité à me lécher. J'ai ramassé mes trucs, et je suis parti en baissant la tête. Je me suis retrouvé tout au fond d'un grand couloir armé de statues. Des anciens directeurs, dont une tête avait été décorée au stylo feutre. "Isanagi Tensho". Ah, oui, ce n'était pas le type qui avait fait débarquer un dragon sur l'Académie ? Meh. Je devais le frotter de toute façon. J'y suis toujours, d'ailleurs. Je frotte, je gratte, au solvant, à l'acétone, à la gratteuse, rien n'y fait. J'ai explosé le beau vernis que m'a posé mon collègue pendant mon sommeil mais ça ne veut pas. Partir. Si bien que je soupçonne fortement le directeur actuel d'en être l'auteur. Ou Deus en personne. Un dieu qui fait des graffitis. En fin de compte il est plutôt en forme le papy. Bref, j'abandonne. Je lui colle des pansements couleur chair sur le nez, en espérant que cela semblera suffisamment suspect pour que quelqu'un d'autre y touche et qu'on puisse l'en accuser. J'ai déjà suffisamment de sévices sur cet établissement à mon actif pour me faire rosser sur un truc que je n'ai pas fait.

Je passe devant les médailles au mérite - la flemme ! - et m'attarde devant les plus gros trophées. "Pour le terrasseur d'un léopard blanc". "Pour le Dieu de l'Année". Il n'y aurait pas un "pour le plus grand Narcissique non-mort" ? Cela correspondrait un peu mieux à cette gallerie où de toute façon à part moi personne ne met les pieds. Je traîne ma carcasse de piédestal en piédestal, et finis par m'arrêter...devant un miroir. Un miroir. Dans une salle des trophées. Je lève les yeux au ciel.

"Dites là-haut, vous n'avez pas l'impression que fumer la Bible par le mauvais côté ?"

J'entends un rire. Ou plutôt je m'entends rire, moi. C'est un rire tellement particulier qu'on ne peut pas l'ignorer. Comment vous l'expliquer sans vous choquer. J'ai une voix relativement dans les aigus masculins. Mais quand je ris, on dirait une chanteuse d'opéra. Ou plutôt une chanteuse d'Opéra coincée dans une vieille voiture qui a du mal à démarrer. "Wuhuuuuuhuuuuhuuu !" Voilà, c'est exactement ça. Je baisse le regard, incrédule, sur mon reflet. Hé, pas mal le roux aujourd'hui. Il me fait un clin d'oeil. Incrédule, je me retourne. C'est une mauvaise plaisanterie ? Non, personne. Ne prêtant attention ni à son sourire mauvais - un SMIRK, c'est exactement ça - ni à son regard d'un ambré flamboyant - roux des yeux, oui oui - j'asperge de produit à vitre le miroir. A mon grand étonnement, je le vois cligner des yeux, reculer, et applatir ses paumes sur son visage.

"Ah bordel de DEUS ! Mais ça brûle pauvre con !
- Oh euh... pardon je..."

Je m'excuse envers mon reflet. Oui, je suis poli, moi. Lui par contre semble littéralement furieux. Je le vois brutalement se jeter vers l'avant. Son poing de crevette vient me cueillir au menton. PARDON ? Ahuri, par terre, je redresse la nuque pour le voir...sortir du miroir...

Si après ça ils refusent encore mon jour de congé, j'irai pisser sur le temple.

Je - enfin IL - fait craquer sa nuque et ses poings. Son roux plus sombre que le mien lui donne des airs... mystiques. Mais surtout, il a vraiment l'air mauvais. Je veux dire, plus que moi quand je suis en colère, défoncé, alcoolisé ou les trois à la fois.

"A plus tard, loser !"

Il tend son postérieur vers mon nez, y dépose une claque, et s'enfuit en courant. Euh. Non ! Attend, reviens ! Oh bordel. J'ai déjà suffisamment d'ennuis comme ça pour qu'on me confonde en plus avec cet espèce de...voyou. Il passe devant chacun des socles et laisse traîner ses doigts gras dessus, renversant le fameux buste du Tensho. Mon coeur manque un battement, lorsqu'une deuxième forme sort du miroir.

Je dois l'avouer, si je n'avais pas un peu plus de cran, je me serais fait dessus. On me tend un miroir, ou plutôt, la forme toute noire avec des yeux blancs comme vides me tend un miroir.

"Il faut que tu le rattrapes avant le coucher du soleil, ou tu seras prisonnier à sa place."

Décidément, c'est la foire aux bonnes nouvelles ? C'est quoi la prochaine édition, on va me dire que mon dealer est ici ? Que ma mère biologique a été directrice ? Qu'en fait, erreur de programme, j'aurais dû me réincarner en gonzesse ? P*tain de fait ch*er de bon sang de bonsoir de bordel de m*rde. Je me redresse vite, prenant l'espèce de petit miroir bancal pour me jeter à la poursuite de moi. Je me prends les pieds dans les cheveux du premier renégat, me casse la figure, et repars de plus belle.

Les gens se jettent contre les murs en me voyant passer. Je vois une gamine entourée de trois copines qui pleure à chaudes larmes un "Il a baissé son pantalon et...". Oh par Deus. Ne me dites pas que j'ai fait ça ? Je me précipite jusqu'à l'extérieur, ou je me vois. Accroché à un lampadaire, le cul à l'air, je cris des insanités en brandissant mon majeur au tout venant. La kick au vent, un sourire de psychopathe sur le visage, il, je, bref, LUI, fait peur à tout le monde. Quelqu'un a le malheur de se mettre à rire. Oh, oh. S'il a autant de sens de l'autodérision que moi, mon Nemesis - appelons-le comme ça - n'a pas l'air d'humeur ce jour-là. Il se laisse glisser au bas du poteau avec la grâce d'un éléphant en gelée, et s'approche de la responsable, remontant son pantalon - Deus soit loué.

"Qu'est-ce qui te fait marrer gamine, t'as jamais vu un homme à poils ? Ou alors c'est parce que les furoncles qui ravagent ton visage ont reconnu leur grand-frère ?"

Euh. Je ne veux pas me critiquer, mais ça c'est de l'insulte de cour de récréation. A ma grande surprise, cela semble fonctionner, elle se met à balbutier, rougir, puis avoir les larmes aux yeux. Oh. Ma malédiction. Qu'est-ce que c'est que ma malédiction du jour, ça ? Je n'ai pas vu pareil conte dans un livre. C'est peut-être un peu trop gros pour l'imagination d'un humain. Je claque des doigts, je frappe dans mes mains, je fais même la danse de la pluie, espérant déclencher ma malédiction par tous les moyens possibles. Rien, bordel, rien ! L'autre moi se tourne, me voit danser comme un ivrogne, et agrandit son sourire. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ça va être mon tour.

"Tiens, moi ! Pas encore résigné à me laisser la place ?
- Tu peux toujours rêver moi, je tiens à mon cul béni à peu près autant qu'à mes cheveux."

Il s'énerve, se donne une énorme paire de baffes. Je n'ai pas le temps de me demander s'il est devenu fou, je reçois la même. Invisible, vive et douloureuse, elle me fait baigner dans un état de surprise totale. Aïe ! Il se met à rire une deuxième fois, provoquant l'incompréhension totale des élèves agluttinés autour. Evidemment, je ne ris pas vraiment avec eux d'habitude. Je me vois réfléchir avec un air de demeuré total. Il ouvre les bras, comme ce Jésus sur la vidéo qui traverse la route avant de se faire faucher par un bus là.

"Hé les enfants, vous avez déjà vu deux lunes dans un seul ciel ?"

Oh pitié, NON ! Qu'est-ce que c'est que ce double exhibitioniste ? Je me précipite sur lui, mais trop tard. Il a baissé son pantalon, montré ses fesses à tout le monde. MES fesses. Bordel de nom de Deus de bordel de nom de Deus. Mais, UN PEU DE TENUE !

"REMBALLE MOI CA !
- Dans tes rêves wuuuuhuhuhuuuu !"

Le mérite de la chose, c'est qu'au moins les gens voient bien que ce n'est pas moi. Enfin, ceux qui nous ont croisés ensembles. Je le course, il n'ira de toute façon pas très loin. S'il a une gueule de bois aussi tenace que la mienne. Et effectivement, il ralentit quelques instants plus tard, aussi essoufflé que moi. A ceci près que moi, je continue de porter mon poids avec mes jambes. Je suis... bon sang, je suis épuisé. Je profite qu'il soit juste à côté pour me jeter sur lui. Je lui atterris lourdement dessus, ce qui me provoque un mal de tous les diables. J'ai la tête qui tourne, le nez qui saigne et son visage - mon visage - est tellement près que je vois la menace de mort satisfaite jusque dans la dilatation de ses naseaux.

Oh Deus. Et si la malédiction du jour, c'était ça ? Je me rapproche si près de son visage que je me vois reculer. Il me repousse, mais je tiens bon. Mes lèvres sur les siennes, les quelques élèves incrédules poussent un murmure à l'unisson.

Hocus pocus, bibidi bouh. Appelez ça comme vous voulez, BOUF, il n'y a plus de moi, plus de lui. Juste deux gros crapauds d'un marron douteux qui sautent l'un à côté de l'autre. Répugnants, gluants, je et moi-même nous poussons. J'avais le miroir dans la main, il est tombé juste à côté. Un coup de pattes arrières dans son flanc, et le voilà qui touche le miroir de poche. Dans un éclair de lumière blanche, il se retrouve, à nouveau, bloqué là derrière. Moi, je redresse ma tête de batracien, fier comme un gardon. Victoire. Mission accomplie.

Ah, oui. Et comment je lève ma malédiction maintenant ? Je ne peux pas laisser le miroir là, et je doute qu'une de ces mignonnes veuille m'embrasser. J'ai fait un barouf à en décoller les chaumières. Ou plutôt, mon Nemesis. Un professeur - ISHH, le professeur de Chimie ! - arrive, m'attrape, et saisit le miroir également. Il me jette un regard condescendant, ramasse mes vêtements.

"Je vous avais dit de vous terrer dans un coin monsieur White, vous êtes un idiot doublé d'une indiscipline notoire."

Je l'insulterais bien, mais tout ce que je suis capable de faire, du haut de ma taille de crapaud, c'est lui coller ma langue attrape-mouche sur le pif, et répondre du gonflement de ma gorge un tonitruant "CROWAH !"

Invité
avatar
Invité
Re: Parle à mon double, ma tête est malade [Quête] - Jeu 27 Mar 2014 - 10:38
Franchement, le Nemésis complétement défroqué et insaisissable, c'est presque plus jouissif que les hyper violents. Du moins, ça colle tellement bien à ton personnage que c'est génial à lire. Et la chute avec la malédiction du jour, je suis fan, tout simplement. Vive les crapauds !!! XD

John : 300 xps + 300 xps de bonus de quête

Xps attribués : Yep
Parle à mon double, ma tête est malade [Quête]
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» parle à mon cul, ma tête est malade.
» Le ministre Genéus rentre dans le débat sur la double nationalité.
» LA COMMISSION SUR LA DOUBLE NATIONALITE MIEUX EFFECTIVE QUE CELLE DE L'ARMEE !
» Double nationalité: Une promesse dans le vent ?
» Haiti- Parlement: Double nationalité

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Bâtiment des cours :: Couloirs-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page