Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

[Quête] Un bond dans le passé

Invité
avatar
Invité
[Quête] Un bond dans le passé - Lun 24 Mar 2014 - 12:47

Un bond dans le passé
Quête - Solo




Le souffle court, je regagnais ma chambre et m’affalait sur mon lit sans prendre en compte le fait que ma colocataire soit là ou non. Les bras sur le ventre, je gémis. De douleur, bien évidemment. Je reviens d’une petite balade à l’extérieur après avoir mangé à la cafète une merveilleuse tarte aux abricots faite « maison », et me voilà, désormais, affalée sur le matelas qui me semble soudainement bien moelleux, presque trop, à fermer les yeux et sombrer dans un lointain sommeil…

-Approchez, approchez ! Mesdames et messieurs veuillez tout bonnement accueillir celui qui se fait appeler Peter, le jongleur de Versailles !

Mes yeux s’écarquillent et je pousse la foule hystérique qui s’est accablée devant la petite scène dans les magnifiques jardins de Versailles, en claquant rapidement des mains. Mais l’on m’arrête soudainement pour me remettre au dernier rang, me virer de là. J’agite les bras, je me débats et hurle, mais le jongleur ne semble pas s’en apercevoir, trop concentré dans son jeu stupide et maladroit. C’est alors qu’on m’empoigne et qu’on me traîne lentement à travers le jardin, tandis que le Roi continue de regarder le spectacle d’un air amusé. Ah que je le maudis ce Roi ! Si je pouvais lui couper la tête, je l’aurais fait aussi bien que possible. Et maintenant on tente de me bâillonner, de me kidnapper sans me laisser voir le fameux Peter ?

-Tais-toi gamine, où est ton mari ? Il ne faut pas que le Roi remarque que tu es clandestine, sinon il tuerait sur le champ !

Je grogne et je mords la main du pauvre roux qui tente de m’immobiliser. Il crie de surprise et m’envoie sur son compagnon à plusieurs reprises. Les secousses sont tellement nombreuses et la colère tellement présente que je finis par tomber au sol et sangloter. Puis soudainement, et probablement ayant trop mangé de lapin ce midi, je vomis à leurs pieds. Leurs regards sont perplexes, voire même exorbités ! Ils me soulèvent de nouveau et m’essuient vaguement la bouche avant de m’embarquer loin de là. Pendant ce temps, je hurle le nom de Peter sans cesser, jusqu’à ce que...

A mon réveil, je comprends que je me suis évanouie. On m’évente à l’ombre du soleil tapant, les visages s’approchant pour vérifier que j’ai bien ouvert les pupilles. Je claque violemment la joue de l’homme aux cheveux noir de jais qui vient de se planter devant moi. Il grimace et se la frotte, avant de poser ses mains délicates sur mes bras, histoire de me bloquer sur la chaise. Ses yeux gris pétillent, et il me sourit, comme ça, sans raison. Puis il s’approche encore et chuchote, au point que je puisse sentir son haleine bizarrement fraîche et son souffle glacé sur mon visage :

-Alors, damoiselle Cornen, on se balade sans ma permission ?

-Qui êtes-vous, chacal ? Je grommelle en reculant le visage, hargneuse.

Il hausse les épaules, ne répond pas, puis d’un geste flatteur me caresse la joue avant de poser ses doigts sous le tissu de ma robe, au niveau de mon décolleté. Il explose d’un rire tonitruant qui me perce les tympans en en ressortant une magnifique pièce d’or. J’ouvre les yeux, stupéfaite, ayant oublié que j’avais caché cela sur moi dans la matinée avant de pouvoir m’acheter une robe pour le bal. Ses yeux de vipère m’effraient, et je ferme les yeux en lâchant de nouveau une larme. Il l’essuie comme si c’était un mouvement d’homme amoureux, mais c’est seulement pour qu’il puisse attirer un peu de mon attention. Sauf que ça ne marche pas avec moi, jamais. J’ouvre les yeux après avoir pris une grande bouffée d’air et tente de dégager mon bras de son emprise. Or, il est bien trop fort pour que je puisse faire quoi que ce soit.
-Arrête-ça tout de suite, Justicier.

Justicier ? Alors le mec abruti devant moi est un justicier ? Non mais il n’est pas sérieux ? Je profite de son inattention pour le pousser d’un grand coup de pied vers l’homme à capuche qui vient de débarquer. Sa voix me dit quelque chose, mais je suis incapable de prononcer un seul mot pour lui. Une voix suave, qui charme d’un coup, une force de lion lorsqu’il attrape celui qui m’avait menacé, et un corps probablement trop musclé pour être réel, caché sous une cape d’un bleu royal.

L’inconnu se place habilement derrière le justicier, et lui passe un couteau sous la gorge pour le menacer. J’aurais été courageuse, je l’aurais peut-être aidé, mais à vrai dire, je tremblais de tous mes membres au point que j’en finis par tomber genou à terre. Égorgeant le justicier d’un geste, l’homme à capuche se précipita vers moi pour me relever. J’avais cette maudite impression d’avoir les jambes en coton, d’autant plus quand il se mit à me porter et à s’enfuir en courant, suivi par des types qui visiblement, lui en voulait beaucoup, vu leur façon de l’insulter sans grand ménagement.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons dans une ruelle cachée de la Grand Place histoire d’être à l’abri des brigands. Visiblement, l’homme, ne résistant pas à mon charme, ne me lâche pas les hanches en e plaquant délicatement contre le mur. Je le fixe sans piper mot, comprenant qu’il faisait ça pour ne pas être débusqué. Au final, j’étais une clandestine fière d’elle, plus que l’on ne peut l’imaginer.

-Ai-je la permission de vous demander votre nom ? Souffla-t-il alors qu’il déposait un baiser sur mon cou.

-P-Peter ? M'étonnais-je.

-C’est moi.

Un silence s’ensuivit. Un silence avec une tension palpable dans l’air. J’étais terrifiée du jour où je le retrouverais, mais maintenant que j’y étais, j’avais envie de faire un bond dans le passé. Sauf que nous sommes dans le présent. Nous nous sommes séparés il y a longtemps, et pourtant, les souvenirs restent gravés dans ma mémoire comme si nous étions encore, la veille, en train de nous coucher dans un lit commun pour une bonne nuit de sommeil. Je ne savais pas quoi dire, et lui ne savait plus quoi faire, étant donné qu’il était resté bloqué dans cette position inconfortable.

-Comment fais-tu pour respirer dans ce corset trop petit pour toi ?

Le temps de lui répondre, il avait déjà enlevé le corset d’un air visiblement ravi. Je l’étais forcément beaucoup moins, et je sortis avec un effort surhumain mon couteau de chasse pour lui pointer sous la gorge. Je marmonnais avec mon célèbre regard noir :

-Je ne suis plus à toi, je ne l’ai jamais été. Nous n’avons jamais rien échangé d’autres que des baisers insignifiants et

Il m’embrassait. Ouais, ce pauvre type m’embrassait alors que j’étais en train de lui faire la morale ! Énervée de son comportement d’adolescent irrespectueux, je me permets d’appuyer un peu plus le couteau sous sa gorge. Un cri de surprise sort de sa bouche et il fait un bond en arrière, toujours vêtu de sa capuche afin de ne pas pouvoir le reconnaître. Certes, il m’avait sauvée des griffes d’un grand méchant loup, mais ce n’était pas une raison ! Voilà deux ans qu’il m’avait abandonnée. Deux ans. Nous n’avions pas d’enfant, et je n’en ai toujours pas. J’hallucine qu’il puisse penser ne serait-ce qu’une seconde il pourrait me reconquérir. Je rigole alors quand il m’annonce pitoyablement qu’il m’aime, qu’il ne voudrait des enfants qu’avec moi. Mais à notre époque, je sais, que jamais il ne pourrait s’en tenir à une femme dans sa vie. Il était trop avide de désirs et de pouvoir, c’était d’ailleurs parce que je ne lui avais pas offert ce qu’il voulait qu’il était parti voir ailleurs. Pauvre naze.

-Ne m’oblige pas à te forcer de revenir, lança-t-il en découvrant soudainement son visage horripilant.
Ses cheveux bruns étaient désormais mi longs, ses yeux bleus avaient encore la joie d’une guerre prochaine. Je le fixe, je le fusille du regard, puis finalement je décide de m’approcher sans lâcher mon arme. J’allais probablement déclencher un combat, mais je n’en avais pas vraiment le choix. Ses cicatrices de vétéran sont encore présentes après toutes ces années de souffrance ? Oh, le pauvre ! Non, franchement, je ne le plains même pas. Il mérite tout cela. Sauf que je suis au sol, là. Mince. Je suis au sol ! Je peux le savoir car le ciel est subitement apparu au-dessus de ma tête, ainsi que sa tête de minable. Je ne sens plus le contact du bois et du métal dans ma main, ce qui me fait terriblement peur. Il m’a immobilisée, désarmée, humiliée face… Aux rats. C’est vrai, il n’y a personne, mais ma fierté de femme vient d’en prends un sacré coup. Surtout lorsque je me remets pour la énième fois à pleurer devant lui pour qu’il ressente un peu de pitié et me laisse tranquille
.

Au lieu de ça, je sens sa main glisser sur ma cuisse sous le tissu rose de ma robe. Son autre me tient tout simplement mes cheveux blonds en arrière tandis qu’il ne se gêne pas pour plaquer ses lèvres contre les miennes de façon dégoûtante. Il n’arrête pas de me torturer, il continue jusqu’à ce que je hurle, les yeux gros comme des assiettes. J’ai l’impression que mon cœur est en train d’arrêter de battre. La lame contre ma cuisse est tellement horrible, tellement tranchante que j’en perds mes moyens. Il est en train de me charcuter !

-Reviens avec moi, chuchote-t-il à mon oreille.

-Jamais de la vie ! Parvins-je à lui répondre, préférant mourir que de vivre avec lui.

Il hausse les épaules puis ne fait que poser un peu plus son poids sur moi –sûrement pour m’écraser-, et pour finir, avec une chaîne, Peter m’attache les mains à une vieille gouttière. Enfin, il revient, me laisse m’asseoir et me débattre en contemplant mon corps à demi-dénudé étant donné qu’il a gentiment arraché mon corset qui tenait la plupart de ma tenue. Je parviens à identifier le goût âcre du sang dans ma bouche et crache sur sa belle cape, pour la salir volontairement. Il se met de nouveau à rire de façon très charmante, et s’approche à quatre pattes, mettant pile sous mes yeux le poignard qu’il m’avait offert, ensanglanté.
-Et voilà comment finissent les histoires d’amour ma belle. Toujours dans une marre de sang. J’espère que tu attraperas une hémorragie à ta jambe. Je reviendrais te chercher, c’est promis.

C’est sur ces dernières phrases qu’il dépose un baiser sur mon front d’un air faussement triomphant.

-Reste-là, crétin.

Il se retourne alors qu’il s’apprêtait à me laisser pourrir dans ce coin misérable. Je viens de signer mon arrêt de mort. Je ne peux plus m’empêcher de lui hurler des injures, de le défier, car je sais que cela va marcher, surtout si je salis mon si beau visage de larmes.

-Je te sauve, je te tue, c’est bien connu. Souviens-toi de la misère d’où je t’ai sauvé. Souviens-toi que je t’ai retrouvée nue et appétissante sur le bord d’une route car tu avais été malsaine avec ton maître. Pauvre petite esclave. Je te supplie de revenir à la richesse et toi, tu me supplies de te laisser dévorer de délicieux petits rats de rues ? Tu es très belle. Tu as tout pour plaire. Tu as un prince qui veut de toi alors qu’il va devenir Roi d’ici une semaine. Tu seras ma Reine. Tu es déjà mienne ! Rien ne sert de courir, il faut arriver à point. Aurais-tu oublié les poèmes que j’ai fait écrire juste pour toi, aurais-tu oublié l’amour que je t’ai porté, la façon dont je t’ai soignée alors que tes cicatrices étaient en train de t’emmener à l’hémorragie ? Tu es extraordinaire. Si tu ne veux plus de moi, eh bien, le voyage est fini. Je te laisse une dernière phrase pour t’exprimer, fais vite, on m’attend.

Je n’ai rien à lui dire. Sauf peut-être que je préfère mourir que de finir Reine à ses côtés. Je m’abstiens, je le laisse s’approcher dangereusement de moi et sort son sabre en ma direction. C’est ainsi qu’il me transperce le cœur. Je sens mon cœur freiner, mes membres ne plus bouger, et cette lumière blanche qui m’appelle enfin…
Quand j’ouvre les yeux, je ne peux pas m’empêcher d’enlever mon pyjama pour fixer ma poitrine et ma jambe que je découvre intact. Tout n’était qu’un putain de rêve… Je ne sais pas comment dire mais, c’était agréable de retrouver Peter, mais tellement effrayant de le voir me tuer. Je suis rassurée d’être vivante, mais il est tard, je dois finir ma nuit car j’ai cours demain, j’aurais alors le temps de réfléchir à tout cela.


(c) by Pokipsy pour Libre Graph'
Invité
avatar
Invité
Re: [Quête] Un bond dans le passé - Mar 25 Mar 2014 - 20:50
Une quête intéressante avec des personnages bien ancrés. Sympathique à lire même si je pense qu'il y a eu des ratés dans la mise en page. Mais ça gâche pas la lecture alors ça passe.

Raven : 300 xps + 300 xps de bonus de quête

Xps attribués : Yep
[Quête] Un bond dans le passé
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» [Quête]Un bond dans le passé
» Quelques interventions de Nickie dans un passé ...recent.
» La nouveauté trouve ses racines dans le passé. [pv Alice]
» Hermione , toujours ici ! ça vous étonne ? [Ginny]
» Finale de la Saison I - Bond dans le temps [terminée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Dortoirs :: Chambres des élèves-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page