Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Dans les mauvais moments comme dans les bons...

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Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Dim 2 Mar 2014 - 17:46
Annoncer une mauvaise nouvelle, ce n'est jamais facile.
Nous parlons ici d'un homme, d'une connaissance, d'un ami, d'un proche... quelqu'un qui ne nous était pas indifférent.
Mais Weiss Alexander n'était pas un humain... et par conséquent, la nouvelle à annoncer est également différente. Mis à part en le voyant être désintégré sous ses propres yeux, un dieu n'est jamais considéré comme mort... il est seulement disparu, introuvable. Mais il ne faut pas non plus se faire d'illusions : un président du conseil des élèves ne peut pas se permettre de disparaître comme cela et réapparaître, un jour, l'air de rien, un sourire aux lèvres. On connaissait déjà Aedan Klyde, parti une nuit, sans dire un mot, ne laissant aucune trace de son passage... Un an plus tard, Weiss le rejoint donc et ainsi les disparitions continueront-elles, sans doute, jusqu'à ce que les « supérieurs » reconnaissent enfin la vérité en face : trop de responsabilités... tue.

Au vent des rumeurs, Maya a obtenu l'information de la disparition.
Elle ne sait pas qui sera son remplaçant... mais elle imagine que le successeur est tout désigné.
C'est foutu pour elle... mais ce n'est pas grave. À voir les choses en face, elle a été honnête dans ses accusations... les autres peuvent ne pas l'être, ça ne changera pas l'opinion qu'elle se fait désormais d'elle-même.
Fuyarde ou non... Étiquetée comme étant apeurée face à des représailles... L'avenir n'est pas entre ses mains... et il ne l'a d'ailleurs jamais été.


Une liste de noms à la main, la petite déesse déambule dans les rues. L'Angleterre, les pays anglophones... elle commence à connaître, petit à petit. Elle cherche une certaine Kathleen Shelley, connaissance de Weiss. Il aura fallu fouiller et trifouiller dans les affaires du disparu, enquêter par-ci par là pour trouver ces noms... et, par pure dévotion amicale, Maya se sent l'obligation de prévenir les proches du drame survenu. Les bonnes ou mauvaises nouvelles font partie des relations sociales, il faut toujours les partager. Cette Kathleen, aussi humaine soit-elle, a le droit de connaître la vérité... alors, Maya va aller la retrouver et lui parler.
Au fond d'elle-même, la jeune femme espère qu'il n'y aura pas trop de larmes...
Elle a prévu beaucoup de choses : des objets souvenirs, des phrases attentionnées, des anecdotes amusantes... tout pour que le portrait du bonhomme souriant reste dans leur cœur le plus longtemps possible. Non pas comme un regret, mais comme une belle aventure, une jolie histoire partagée, terminée trop brutalement. L'histoire, c'est sans doute à elles et à toutes les autres connaissances de Weiss de la terminer, autour d'un verre.

Alors effectivement : pas de regret.

La voilà en face de ce qui semble être l'endroit où vit Kathleen. « Mr. Winchester & Mrs. Shelley », écrit sur l'interphone à l'extérieur d'un immeuble. Ce second nom... figure également sur la liste de gens qui connaissent Weiss. Bizarrement. Peu importe que les deux protagonistes soient mariés ou non... Maya espère juste qu'il n'y ait pas d'enfant. Ce serait plus difficile encore. La déesse entre donc dans l'immeuble en outrepassant les sécurités, puis regarde les boîtes aux lettres pour vérifier le numéro et l'étage de celle qu'elle souhaite visiter. Sa tension intérieure monte en même temps qu'elle gravit les marches. Elle se déplace ensuite dans les couloirs, puis s'arrête devant sa destination... prenant une minute de pause et de réflexion.

C'est dur...
Elle soupire, puis toque à la porte.

- Madame Shelley ?

Ce n'est pas très attentionné que de sonner chez les gens à 1h du matin... encore moins si c'est pour pourrir leur nuit d'une mauvaise nouvelle qui les empêchera probablement de se rendormir. Mais c'est à cette heure-là que Maya arrive après avoir marché toute la journée... Peut-être lui pardonnera-t-on d'avoir voulu bien faire. Elle cogne modérément, elle ne sonne pas.

- Je m'excuse de vous déranger... mais je dois vous parler de monsieur Weiss Alexander.

Silence. Elle se tait et tente d'entendre des sons, de l'autre côté du mur. Elle toque à nouveau en baissant la tête et en approchant son oreille de la porte.
Le comble, bien sûr, c'est qu'il n'y ait personne... mais ce serait également beaucoup plus simple. Un mot dans la boîte aux lettres ou sous la porte, et le tour serait joué.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Lun 3 Mar 2014 - 20:53
Sourire ou pleurer ?
Aimer ou détester ?


La dernière fois que j'avais vu Weiss, commençait à dater d'une bonne semaine. Non, il ne me manquait pas. Entre-temps je n'avais pas pu retourner dans l'appartement de mon père pour lui en parler et en route non plus j'avais rien dit. Mais une fois à la maison j'ai craqué. Enfermée dans ma chambre, je n'ai pas pu m’empêcher de pleurer toutes les larmes de mon corps. Je le hais ! Casse-toi de ma vie ! Il osait encore venir devant la tombe de mon frère après l'avoir tué. Mais quel culot ! Je n'avais pas dormit de la nuit. Le revoir m'avait énormément perturbé et j'avais déprimé quelques jours. Grace à Jason, sans lui dire mais uniquement grâce à sa présence, j'avais retrouver le sourire, du moins un semblant de sourire. Non, je ne voulais plus jamais en entendre parler ni le revoir. D'ailleurs je ne comprenais toujours pas comment je pouvais le voir devant moi alors que j'étais partit à son enterrement. Et il avait même une tombe. Avait-il fait ça pour disparaître ? Espèce de lâche. Faut maintenant que je passe à autre chose.

Oublier Weiss. Passer à autre chose. Oublier ma haine. Mais comment on fait ? Que faire dans ce genre de moments ? Déjà que je me sens encore seul sans mon frère, il venait en rajouter une couche. Il cherchait donc des claques ? J'aurais du le gifler, il le mérite ! M'enfin. J'avais eu du mal à me calmer, mais j'avais réussis. Je me souviens encore des mélodies qu'il jouait au piano avec mon frère. C'était magnifique, fallait avouer. Ils jouaient bien tous les deux et Weiss aimait énormément jouer du piano. Et moi j'aimais les écouter. Je crois que j'étais la seule personne autorisée à les écouter jouer. Ça me berçait comme une mélodie et ça me donnait le sourire. J'aimais ce coté chez lui. En plus il était toujours gentil avec Emil. Oui je l'appréciais avant qu'il tue mon frère.

Nouveau soupire. Ce soir-là je dormais dans le lit de Jason, j'étais dans ses bras et il dormait. Je mis plus de temps à m'endormir, mais avec du mal j'avais réussit à trouver le sommeil. Je rêvais encore d'Emil qui jouait du piano avec Weiss. Je donnerais n'importe quoi pour récupérer mon frère. Mais ce n'est pas possible. Je rêvais de mon frère, le sourire aux lèvres en train de me serrer dans ses bras. Notre père adoptif était là et Jason aussi. Le tableau de la vie parfaite à mes yeux. Mais j'entendis quelqu'un frapper à la porte et j'avoue que ça me surprenait. J'avais sursauté. Heureusement je n'avais pas réveillé Jason. Je me retirais du lit lentement pour ne pas le réveiller et m'approcha de la porte. J'avais entendue une voix féminine qui m'appelait. Je rêve ? Elle m’appelle Madame ? J'avoue que j'hésitais à ouvrir et finit par ouvrir la porte quand elle me parlait de Weiss. Elle voulait me parler d'une connaissance. Ça avait assez urgent. J'ouvris lentement la porte pour voir une fille devant moi, un papier en main. Il était une heure du matin et elle elle ne dormait pas. Je la fis entrer et alluma la lumière du salon.

- Assis-toi là.

Je verrouilla à nouveau la porte. J'aime pas laisser la porte ouverte la nuit, on ne sait jamais. J'avais les cheveux emmêlés et surtout encore la tête dans le cul. Je m'étirais et me dirigeais vers la cuisine.

- Tu veux un café ? Ou autre chose à boire ? T'as faim ?

Trop gentille. Ouais je sais, mais elle a l'air tellement fatiguée. Une fois dans la cuisine je mis l'eau à bouillir et m'assit sur le canapé du salon. J'avais fermé la porte de la chambre à Jason pour qu'il dorme tranquillement, après tout il est très fatigué et en plus entendre parler de Weiss n'allait pas lui plaire. Vu que je le déteste, il le déteste aussi.

- Je m'appelle Kathleen. Et toi ?

Parce que c'est aussi bien de savoir qui entre dans notre appartement. Je l'avais accueillis mais j'ignore qui c'est. Je doute que ça soit une mauvaise personne. Elle a l'air tellement ... Fragile ? Sensible ? Facilement influençable ? Mais c'est mauvais de juger les personnes sur leurs apparences. Je sais ! Je m'étirais à nouveau. Qu'est-ce que je suis fatiguée ... M'enfin, j'espère que ça ne sera pas long.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Mar 4 Mar 2014 - 20:50
Un bruit de serrure confirme la présence d'une personne dans l'appartement. La porte s'ouvre ensuite lentement, pour laisser apparaître... cette jeune femme à l'air très fatigué. Des cernes sous les yeux, la chevelure en vrac, Kathleen est sûrement incapable de comprendre ce qu'une femme fait devant chez elle à cette heure-ci... mais elle la fait entrer sans hésiter. Pas très prudent. Ce pourrait être n'importe disant n'importe quoi. Maya ne se fait pas prier et s'introduit dans l'appartement, puis va s'asseoir exactement là où on le lui a ordonné. Ça fait du bien dans les jambes, sachez-le... par contre, pour se relever tout à l'heure, il lui faudra beaucoup de courage. On verra bien comment les choses se présentent, sans doute aura-t-elle eu assez de temps pour se requinquer.
En attendant, Maya retire ses chaussures et se penche en avant pour se masser les mollets et étirer ses jambes.
Elle voit Kathleen partir vers la cuisine et, à sa question, elle lui répond ces mots :

- Je m'excuse de déranger si tard... mais bon... ce n'est pas comme si j'avais le choix. Je ne pouvais pas remettre ça à demain. Quitte à te déranger, je veux bien goûter un peu de thé... local... si possible.

Angleterre... Thé... tant qu'elle y est, autant déguster les spécialités nationales.
Et puis, un thé bien chaud, elle est certaine que cela lui fera du bien, au contraire d'une boisson caféinée qui la rendrait plus nerveuse. Pas besoin de ça. Pas besoin d'alcool non plus, le but n'étant pas d'oublier ou de célébrer quoi que ce soit, mais juste de se souvenir. Elle tient à pouvoir partager, si son interlocutrice venait à le lui demander.

- Oui... fait-elle en regardant brièvement sa feuille après que l'humaine lui ait confirmé son prénom. Kathleen Shelley. Moi, je m'appelle Maya. Maya Tensho. J'ai trouvé ton nom dans un... enfin... en fouillant dans la vie de Weiss. Alexander. Ça fait un peu... comment dire... trop curieuse, voire « fouille-merde », mais je lui dois bien ça.

Elle regarde la nappe qui recouvre la table, incapable de lever les yeux. Cela lui permet en même temps de se refaire des scènes dans sa tête, histoire d'oublier cette petite touche de regret qui coince les mots en travers de sa gorge. Il n'y avait absolument rien entre eux, rien d'autre qu'une relation professionnelle classique entre une déesse et son supérieur hiérarchique. Il faut cependant reconnaître que le président du conseil des élèves a essayé de l'aider dans sa vie personnelle... et par conséquent, elle ne peut que reproduire le même schéma aujourd'hui pour lui montrer sa reconnaissance.
Même s'il est probable qu'il ne le sache jamais. Et que cela ne lui soit d'aucune aide aussi d'ailleurs.

- Je l'ai rencontré il y a un peu plus d'un an maintenant... mais je suis sûre que tu le connaissais depuis bien plus longtemps que moi. J'ai des notes qui datent de plus de 10 ans en arrière te concernant. Je sais même que vous vous êtes revus depuis qu'il...

« Depuis qu'il est revenu d'entre les morts »... pas la peine de remémorer de mauvais souvenirs. Ça ira, elle a compris.

- ... enfin... j'imagine que vous étiez proches. Tu pourrais... me parler un peu de lui ?

Pas encore le courage de lui dire. C'est de la lâcheté camouflée. Pas sûr non plus qu'elle trouvera les forces de lui dire ensuite, quand Kathleen lui aura peint le portrait d'un type formidable, d'un modèle de comportement. Cependant, cela va permettre à Maya d'avoir de nouvelles petites informations sur son défunt ami, informations qui lui permettront de continuer à disperser ses souvenirs à ceux qui les demanderont. Que ce soit un humain, que ce soit un dieu, que ce soit un renégat... tous doivent savoir ce que Weiss faisait et essayait encore de faire pour améliorer la vie des gens.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Mer 5 Mar 2014 - 19:47
Elle disait ne pas pouvoir le remettre à demain. Je me demande bien pourquoi. Et puis elle voulait me parler de Weiss. Pourquoi lui en particulier ? Non je ne comprenais pas la raison de sa venue. Et encore moins pourquoi à une heure du matin. N'a-t-elle personne pour s'inquiéter d'elle ? Pas de famille ? D'amis ? De petit-ami ? Franchement je la trouvais assez spéciale cette fille. Pas pour autant que j'allais la fuir non. Au contraire, j'allais tenter de la comprendre. Ne devait-elle pas avoir ses raisons de venir chez moi à une heure du matin ? Après tout ça avait l'air urgent. Alors autant la laisser parler. Même si je suis morte de fatigue. Que j'ai envie de dormir. Quitte à me déranger, elle désirait du thé local. Autant que j'en prépare pour nous deux dans ce cas. J'entendis l'eau bouillir et me dirigeait vers la cuisine. Je mis deux tasses de thé dans un plateau avec des gâteaux à coté, on ne sait jamais si elle a faim. Moi non, mais elle sans doute. J'ajoutais aussi un peu de lait, après tout on en met dans le thé, du moins moi et Jason on aime ça. Je vis un chouchou traîner sur la table à manger et le prit pour m'attacher les cheveux. Au moins j'avais l'air plus présentable ainsi.

Le plateau en main, je le posais sur la table basse du salon, devant cette fille. Elle s’appelait Maya Tensho. Prénom peu commun mais mignon. Ca me faisait penser à Maya l'abeille, le dessin animé pour enfant. Et elle disait avoir fouillé dans la vie de Weiss et que ça faisait fouille-merde. Ouais je confirme, tu fais fouineuse. Mais je n'allais pas la couper dans sa lancée. Surtout que sa chose urgente concernait Weiss, c'était quand même le meilleur ami de mon petit-frère, j'estime que c'est la moindre des choses d'en entendre parler alors que je n'en ai pas envie. Elle disait le connaitre depuis un an. Un an qu'il avait disparut pour moi. Depuis son enterrement en fait. Mais là je ne comprenais pas pourquoi elle me parlait encore de lui. Je pris ma tasse de thé pour y ajouter du lait et but une gorgée, histoire de me réveiller un peu. Parce que je sais que si je ne bouge pas, je vais m'endormir sur ce canapé. Elle savait que le connaissait depuis plus de dix ans et que je l'ai revu il y a peu. Regrettable rencontre. Autant pour lui que pour moi. Elle me demandait brusquement de parler de lui.

- J'avoue que je ne comprend pas pourquoi tu veux me parler de lui. Et d'ou tu le connais aussi.

Si j'avais su ...

- Mais je peux te parler de Weiss. Je l'ai connu quand j'étais une enfant. C'était le meilleur ami de mon petit-frère et ils étaient limite inséparables ces deux-là.

Malheureusement pour Emil et moi.

- Il était très gentil avec lui et à cause de ça j'appréciais Weiss.

Toujours là pour Emil. Oui, c'était le meilleur ami dont il avait besoin.

- Ce que j'admirais le plus chez lui était sa loyauté et son autonomie. Il a toujours été quelqu'un qui respecte les règles, qui reste sur ses principes aussi. Et j'avoue que ça me plaisait énormément chez lui.

Emil aussi adorait ça. Emil s'y accrochait. Emil le prenait pour son exemple. Emil l'aimait plus que tout, son meilleur ami. Emil tournait autour de Weiss. Il l'idéalisait. Son grand-frère qu'il n'avait jamais eu. Sans m'en rendre compte, je me mit à sourire alors que je fixais mon thé qui continuait de fumer.

- Weiss adorait jouer au piano. C'était un maître et j'adorais l'écouter jouer avec mon frère. A deux ils étaient très bon. Excellents même.

Oh oui que j'aimais les écouter jouer. Tous les deux. Peu de personnes avaient pu les écouter et je faisais partie du petit groupe de personne qui les avait déjà entendus. Je les entendus tellement de fois. A chaque fois ça me berçait, j'avais juste à fermer les yeux pour voir un nouveau monde, oublier mes soucis, aller mieux, sourire alors que je pleurais.

- Mais je le déteste !

Fin du sourire. Un air sérieux. Oh mon Emil.

- Il m'a prit mon précieux. Il a tué mon frère. Je ne le lui pardonnerais jamais. A cause de lui mon monde a longtemps arrêté de tourner. Et aujourd'hui encore je lui en veux.

Mon pauvre précieux. Mon frère. Mon Emil. Tu me manques. Mais tu vois, en parlant de toi je ne pleure pas. Je suis forte. Pour toi, pour moi, pour nous.

- Mon frère avait une maladie génétique qui le rongeait petit à petit. Je sais que c'est aussi à cause de ça. Mais ce que Weiss lui avait demandé ce jour-là était au dessus des forces de mon frère. Et Weiss était au courant de sa maladie. Mais voilà, on ne change pas le monde, ni les personnes, Emil, mon frère, est mort. Suite à ça Weiss est mort aussi. Du moins a disparut puisque je l'ai revu il y a peu.

Non je ne comprend pas Weiss. Traite. Soupire. Je bus une nouvelle gorgée de mon thé avant de reposer mon regard sur Maya.

- Et toi, peux-tu m'en parler ?

Avoir son point de vue n'était sans doute pas une mauvaise idée. Et voilà que j'avais oublié de lui demandé de me parler d'elle. Tant pis, ça attendra plus tard
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Jeu 6 Mar 2014 - 19:07
Maya met ses mains devant sa bouche, puis sur ses tempes, et enfin, derrière sa nuque.
Elle est mal à l'aise et très largement... « écœurée ».
Difficile de retranscrire ses émotions.

- Alors... il a tué une autre personne intentionnellement... ? Dire que... que je le croyais saint... que je le prenais pour un modèle...

Un héros ? Telle est la plus grande question que se posent les septiques : si Deus choisit les humains qui deviendront des dieux et leur demande de ne pas tuer les humains mais plutôt de les protéger, alors pourquoi prendre dans ses rangs des ex-assassins ? Pourquoi les élever dans la hiérarchie pour ensuite dévoiler que leurs intentions n'étaient pas toutes roses ? Ce ne peut pas être de la naïveté ou de la stupidité de sa part, puisque si tel était le cas, personne ne suivrait les préceptes dictés par un imbécile... Non... ce ne peut être qu'une sorte de machination politique.
Soit quelqu'un s'approprie et surpasse les ordres premiers du Dieu tout-puissant pour faire passer ses propres idéaux, soit... Deus est un con et seuls les renégats l'ont compris.
Quand bien même : est-ce une raison pour faire l'exact inverse de ce qu'on leur dicte ?

- Vois-tu, il y a plus de 6 mois, Weiss est devenu le président des élèves d... d'une université où j'étudiais avec lui. Il était travailleur, combatif, protecteur... toutes les qualités qu'on demande pour ce poste et c'est pour ça qu'il a été choisi pour nous représenter. Lui, et pas un autre. Il savait évaluer le potentiel des gens et le révéler au grand jour pour les faire avancer.

Elle souffle sur son thé et en boit une gorgée.
Tel que présenté par Kathleen, Weiss a profité de la maladie et de la faiblesse de son petit frère pour le tuer... Il doit y avoir une histoire derrière tout ça, qui débouche sur une jalousie, sans aucun doute. Le truc typiquement humain. À noter que Maya se met beaucoup plus simplement du côté de ce Emil puisqu'elle était elle-même humainement non viable. Maladie génétique qui la rongeait petit à petit. L'idée que Weiss ait pu profiter d'elle quand elle était malade...

- J'avais... des mauvaises notes et un mauvais karma... qui m'ont contraints à abandonner mes études. Et c'est lui qui est venu me retrouver.

... juste pour l'assassiner...
La petite apprentie frisonne et boit rapidement une nouvelle gorgée de thé. Finalement, elle avale tout le reste. Que ce soit bouillant ou non, elle s'en moque. Qu'au moins, elle n'ait pas un sentiment d'horreur qui glisse et la titille tout le long de sa colonne vertébrale... ce sera pas mal. Elle regarde les quelques biscuits... mais non, elle s'est elle-même nouée l'estomac.

Petit moment de silence.
Maya se reprend rapidement. Le passé est le passé... impossible de revenir dessus. Tout s'est finalement bien terminé pour elle, c'est le principal.

- Non... il n'a pas essayé de me convaincre de revenir. Mais il m'a proposé... un travail, afin que je puisse gagner ma vie.

Faux. Il n'a rien proposé. Il a juste fait part de sa petite sœur humaine et de sa peur de la perdre. C'est Maya qui s'est proposé de s'occuper d'elle et de devenir sa baby-sitter... ou de la tuer pour le débarrasser de son inquiétude incessante. Elle a toujours bien voulu faire...

- Au moment où il m'a proposé cela, j'étais un peu trop amère... j'en voulais à la vie... peut-être un peu comme toi finalement, même si ce n'est pas comparable. Pardon... je ne peux pas comparer, personne n'est mort dans mon entourage... « Mis à part moi » pense-t-elle très fort. Mais à cause de ça, je lui ai répondu un truc vraiment... odieux vis-à-vis de sa sœur. Une semaine plus tard, il n'était plus à l'académie.

C'est peut-être de sa faute. Elle l'a peut-être tué.
Tout comme Weiss a tué Emil, Maya a peut-être tué Weiss.
Elle ne se sent pas mal pour autant... puisque si leurs raisonnements se recoupent correctement, le monde des dieux et la terre ont juste été débarrassés d'un tueur. En soi, selon la propre justice de Maya, c'est une bonne chose... qu'importe qu'il ait essayé de l'aider ou non. Weiss était en sursis, Deus a peut-être réparé son erreur. Il y a toujours un moyen de prendre une mauvaise nouvelle du bon côté.

Alors, avec un brin de regret dans la voix... Maya termine son histoire.

- Cette fois... Weiss ne reviendra plus jamais...
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Jeu 6 Mar 2014 - 20:03
Elle parut étonnée. Elle ne s'y attendait surement pas. En même temps, ce ne sont pas des choses faciles à dire. Des choses faciles à vivre. Des choses dont l'on parle tout court. La mort ? Je la vois tous les jours à l’hôpital. A chaque fois je vois des enfants mourir. Des adultes. Même des nourrissons. C'est malheureux à dire, mais tout le monde passe par là. Et quand je pensais qu'un jour ça pouvait être mon tour, ça me faisait angoisser. Mourir à mon tour ? Non je n'étais pas prête pour ce genre de chose. Mais quand est-ce qu'on est prêt finalement ? Après tout, la mort, on ne la voit pas venir. On ne s'y attend pas. On ne s'y prépare pas. Maya le prenait pour un modèle. Elle le prenait pour un saint.

- Dans ce cas, disons que c'est un saint victime de la vie ?

Victime de la vie ? N'est-ce pas les personnes qui restent pleurer les morts qui sont vus comme des victimes de la vie ? Lui avait eu une vie assez tranquille. Il avait Yonah. Elle était encore là pour lui. Alors qu'Emil n'était plus là pour moi. Qui est la victime de la vie finalement ? Emil ou Weiss ? Qui a le plus souffert ? Sur ce coup je me posais la question. Maya me parlait à son tour de Weiss en me disant qu'il était devenu le président des élèves d'une université ou elle étudiait avec elle. Je n'avais même pas envie de savoir le nom de l'université ni dans quel domaine il étudiait, en disparaissant comme il l'avait fait il avait rompu tout contact avec nous. Avec moi. Jason. Sebastian. Qu'il n'essaye pas de faire demi-tour désormais. Dire que je le respectais avant ... Que je l'appréciais ... Apparemment Maya avait de mauvaises notes et ... un mauvais karma ? Je ne crois pas à ce genre de chose. Mais soi. Elle continuait en parlant d'un Weiss gentil. Qui était venu l'aider. Je bus une grande gorgée de mon thé en continuant d'écouter. Il voulait aider Maya en lui proposant un travail. Noble décision. Néanmoins elle avait été odieuse au point de le faire disparaître.

Weiss ne reviendra plus jamais.
Ne reviendra plus.
Jamais.


Je ne comprenais pas. Qu'est-ce qu'elle lui avait répondu pour qu'il disparaisse à nouveau ? Non je ne comprenais pas la situation.

- Je ne crois pas à ses histoires de karma Maya. Dans la vie si on a pas de chance, il suffit de la forcer. Sauf si cette chance nous coûte la vie.

Je lui pardonnais sa comparaison. Après tout elle avait raison. J'en ai longtemps voulu au monde entier. Aux docteurs minables pas capables de soigner un enfant. A Weiss pour avoir forcé mon frère. A Sebastian pour ne pas y avoir fait attention. A Jason, sans raison apparente. Mais avant tout à moi. Pour avoir confié ma confiance à ce garçon trop vite. Pour l'avoir laissé seul avec mon frère. Pour avoir été naïve. Je m'en voudrais toute ma vie.

- J'en ai longtemps voulu au monde entier. Mais je sais que la seule fautive c'est moi. Trop stupide. Je n'avais pas à laisser mon frère avec lui alors qu'il n'était pas en état pour sortir. Même si je dirige cette haine sur Weiss, je sais en vérité qu'elle m'est destinée.

Et je ne peux rien faire pour changer ça. Je sais que c'est une forme de lâcheté de ma part. Mais c'est en avançant ainsi que je commençais à aller mieux. C'est en pensant ainsi que j'ai pu avancer. Leur pardonner. Je suis lâche. Je l'assume parfaitement.

- Weiss n'est pas méchant dans le fond. Il est juste con. L'homme le plus con que j'ai pu connaitre jusqu'à aujourd'hui.

Je pouvais en sortir des insultes. Je pouvais continuer de le haïr autant que je le voulais. Cette haine n'allait rien changer pour moi ni pour lui. Pour personne. Ça n'allait pas arranger la situation. Emil n'allait pas apparaître en claquant des doigts. Nouvelle gorgée de thé, j'avais déjà bu la moitié de mon verre et j'avais remarqué que Maya n'avait pas touché aux gâteaux. Elle n'avait sans aucun doute pas faim. Ou je lui avais coupé l'appétit avec mon discours remplit de haine. La pauvre.

- J'ai déjà fait mes adieux à Weiss. Maintenant c'est .. finit.

Pour de bon.

- On ne se croisera plus.

Jamais.

- Devant la tombe de mon frère.

Une dernière fois.

- Nous nous sommes dit adieux.

Pour aller mieux.

Je savais que cet adieu n'allait pas changer quoi que ce soit. Ce qui est dit est dit. Ce qui est fait est fait. On ne changera plus rien à l'histoire désormais. Weiss était une page de ma vie. Maintenant j'en suis à la suivante. Page suivante ou il ne figure pas. Une page vierge, sans haine ni rancune. Mais restera-t-elle propre longtemps ? Sans tache d'encre ? Sans éraflures ? Ça, seul le temps me le dira.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Ven 7 Mar 2014 - 23:16
Abattue. Est-ce parce qu'elle se voyait déjà adopter un air triste, solidaire avec l'humaine, et que celle-ci n'est finalement pas touchée par la nouvelle le moins du monde ? Pour le coup, bizarrement, c'est Maya la plus affectée... même si c'est très relatif.
Elle est davantage mal à l'aise vis-à-vis de la réaction de Kathleen. Si... directe, si franche, si détachée... En vérité, et elle l'admet elle-même, cette femme a déjà fait son deuil. Le deuil de son petit frère et celui de Weiss. Tout cela depuis une éternité. Elle est passée à autre chose... et ce n'est pas Maya qui va la toucher, ni rouvrir sa blessure. Elle est statique, boit son thé tranquillement, ne montre aucun signe de nervosité...

Et tout ce qu'elle devrait ressentir, c'est finalement Maya qui l'éprouve. Fichue empathie.
Enfin voilà... peut-être que leur entrevue se termine là. Il leur reste quelques pics de curiosité d'une part comme de l'autre, mais la nuit avance. L'information essentielle est passée, c'est le principal. Quoique. Il y a toujours une chose à faire.
Maya pose un sac à dos sur le sol et ouvre la fermeture Éclair.

- Je ne sais pas si c'est vraiment le moment de parler de ça...

Karma. Un petit mot qui a eu l'air d'intéresser Kathleen. Ce ne doit pas être un concept commun aux Européens et pourtant, l'humaine affirme qu'elle n'y croit pas. Il y a environ 75 % de chance qu'elle parle sans savoir, sans réellement connaître, comme la plupart des gens qui disent ne pas croire en quelque chose.
Et si Maya s'en servait pour... ?

- Je peux faire une expérience sur toi : voici des objets souvenirs de Weiss... fait Maya en montrant le sac. J'en ai apporté, pensant que... mais... ce n'est pas grave. Tu as deux choix : en prendre ou ne pas en prendre, ce qui entraîne deux vies différentes. Une vie où tu te rappelleras Weiss à chaque fois que tu verras l'objet et une vie où tu l'oublieras. Mais ce choix, tu dois le faire à partir d'un postulat de base, à partir de ton expérience vécue. Parce que Weiss est... un meurtrier... tu as une mauvaise opinion de lui. Tu préférerais oublier. La balance penche plus d'un côté que de l'autre.

Pour la déesse, c'est réellement une expérience. C'est aussi une façon de se sentir mieux personnellement : elle ne veut pas être l'unique personne ayant des souvenirs du président du conseil des élèves dieux. Si son esprit doit perdurer, qu'il persiste chez une humaine... une meilleure amie. Ou quoi que cette femme eut été pour lui.

- Si tu remontes dans le temps, tu pars du principe que tu connais Weiss parce que ton frère le connaissait aussi... c'est ce que j'ai compris, arrête-moi si je me trompe. Là encore, c'était peut-être un choix, tu aurais pu ne pas suivre ton frère... soit. Encore est-il que ton frère était malade... chose sur laquelle tu n'avais aucun contrôle. Encore plus loin, ton petit frère est né... tu aurais toujours pu en décider autrement. Mais au plus loin que tu puisses remonter, tu es née. D'un père et d'une mère sur lesquels tu n'avais aucun contrôle... Élevée par ton entourage, tu es devenue ce que les autres ont voulu que tu deviennes.

On n'explique pas quelque chose d'aussi compliqué à 1h30 du matin d'habitude...
Déjà que Maya ne s'attend pas à produire un quelconque déclic chez son interlocutrice, autant dire qu'elle parle dans le vide. Mais, à la mémoire de Weiss... c'est un sentiment empli de générosité et de gratitude.

- à l'inverse, si la chance ou le karma n'ont pas leur place dans tes pensées, alors le fait que tu aies suivi un chemin obscur qui t'a mené à une existence... miséreuse... était intentionnel... c'est ça ? Tu voulais être malheureuse. Pourquoi ? Peut-être parce que quelque part en toi, quelque chose te poussait à vouloir avoir une vie malheureuse. Cela voudrait dire que certaines personnes veulent avoir une vie triste alors que d'autres veulent en avoir une heureuse. Tout cela part d'un principe de base, d'une petite flamme en toi que j'appellerais... karma.

Elle baille. Elle met son bras devant sa bouche, puis étire ses épaules et son cou pour rester bien éveillée. Tout ce discours juste pour éveiller sa curiosité et la faire réfléchir... parce que le plus important pour Kathleen, ce n'est pas de croire ou non en ce concept... c'est de bien réfléchir à la suite des événements. Au futur... De ce qu'elle souhaite garder du passé.

- Ceci dit... tu sais que tu dois garder des souvenirs de Weiss. Prendre un objet te donne la possibilité de choisir ensuite une infinité de chemins différents... alors que si tu ne prends rien, une seule route s'offre à toi. Qui décide... ? Est-ce toi maintenant ou toi, tout ce que tu as fait jusque-là et tout ce que tu feras ensuite ?

Elle lui tend son sac ouvert. À l'intérieur, l'humaine doit pouvoir voir quelques cadres photo, deux cahiers et divers bibelots allant du stylo fétiche au supposé doudou. Il y a même des objets assez insolites comme des statuettes représentant Weiss dans une armure ou une peluche vaudou à son effigie... choses dont on comprendra difficilement l'existence. Quoique à l'heure des imprimantes 3D, rien n'est plus vraiment surprenant dans ce domaine... et un pouvoir divin peut vite devenir une compétence quasi naturelle pour le reste de l'humanité.
Cela a du bon d'être un dieu parmi les hommes, surtout quand on peut se fondre dans la masse et ne pas faire semblant...
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Lun 10 Mar 2014 - 17:21
Dans cette histoire, laquelle des deux était la plus touchée au final ? Laquelle souffrait de la perte de Weiss ? Ce n'était surement pas moi. Cruelle. Oui je suis horrible, abominable avec lui. Mais c'est plus fort que moi. C'est comme si je ne pouvais plus me contrôler dans ce genre de situation. Oui, la cruauté et le malheur rendent l'Homme ignoble. Je fais partie de ceux-là. Parce qu'au final c'est encore moi qui va finir par déprimer, pleurer toute les larmes de mon corps, qui n'osera plus sortir et qui risque de foutre son avenir en l'air. Et forcément, Jason va ramasser les pots cassés. Comme toujours. Encore lui qui allait devoir me ramasser à la petite cuillère, comme d'habitude. Parce qu'il est plus solide que moi. Plus fort, plus résistant. Et que je ne suis qu'une faible égoïste. J'ai conscience de tout ça. Mais j'ai l'impression que rien ne me changer. Parce que je suis née comme ça. Parce que j'ai vécu et grandit comme ça. Avec la haine, la peine. Parce que je n'arrive pas à assumer quoi que ce soit. Parce que Jason est devenu le pilier stable de ma vie.

Je vis Maya ouvrir son sac. Il y avait un tas de babioles inutiles. Des photos, des objets sans importances. Du moins à première vue. Des objets de Weiss. Je levais un sourcil alors que je l'écoutais parler. Le Karma. On y revient donc. Elle veut faire une expérience sur moi ? Soit. Qu'elle fasse ce qu'elle a envie. Elle parlait de choix qui menait à des vies différentes. Une vie avec et une vie sans Weiss. Je ne savais pas moi-même si je voulais un souvenir de lui. De cet homme qui était le meilleur ami de mon frère ainsi que son bourreau. Me souvenir de lui. Est-ce si bon d'ouvrir des plaies qui sont en train de se refermer ? De remuer le couteau dans la plaie ? Je ne comprenais pas ce qu'elle recherchait vraiment. Parce que m'expliquer tout ça c'est bien beau -surtout à une heure du matin- mais dans quel but ? Elle me parlait de remonter le temps. Des choix que j'ai pu faire dans ma vie. Oui je regrette amèrement d'avoir laissé Weiss tué mon frère, de lui avoir fait confiance comme une débutante. De l'avoir rencontré. Elle parlait aussi du fait que je voulais être malheureuse. Et que cette envie était le karma. Une flamme au fond de moi qui me faisait avancer.

- Dans ce cas, je dois avoir un mauvais karma.

Je posais ma tasse de thé sur la table basse et observait ce sac remplit de babioles. Je soupirais. C'est comme si elle me poussait à prendre un objet de force. Histoire de ne pas être la seule à en avoir. Histoire de ne pas être la seule à penser à Weiss.

- Tu sais Maya, t'as beau dire ce que tu veux, au final ça ne montre que dans la vie je n'ai fait que des mauvais choix et qu'actuellement j'en paie les frais.

Dans la vie faut penser à l'avenir quand on veut décider quelque chose, même quelque chose d'anodin. Après tout accepter la relation de mon frère avec Weiss était quelque chose d'assez enfantin au final. Mais ça a causé leur perte. Je pris un objet au hasard en main. Un cadre photo. Non je n'avais pas envie de voir sa tête. Je continuais à fouiller en silence jusqu'à trouver une montre. Ce n'était pas une montre banal. C'était plutôt une monter à gousset. En argent, qui ne fonctionnait plus.

- Bon, autant essayer de faire quelque chose de bien pour une fois.

Je lui montrais l'objet que je tenais par la chaîne avant de la laisser se balancer quelques secondes. Et voilà la montre dans la paume de ma main. La montre de Weiss. C'était beaucoup d'émotions d'un coup. J'inspirais un bon coup. Fallait que je me calme. Parce que ça me faisait de la peine. Ça devrait aller. Ce n'est que Weiss, le meilleur ami d'Emil, n'est-ce pas ?

- Je prends sa montre. Et je la garderais précieusement. Parce qu'avant d’être un meurtrier, Weiss était un chic type. C'était quelqu'un de bien avant de venir un connard.

Maintenant il avait les mains sales. Et il ne pouvait pas se rattraper. C'était finit. Il n'allait plus revenir. Je fixais quelques instants la montre avant de revenir à Maya. Il ne fallait pas l'oublier.

- Que comptes-tu faire des autres babioles ?

Elle allait sans aucun doute les jeter.

- Au fait ! Avant que je n'oublis. Tu disais ne pas pouvoir venir demain. Pourquoi ?

C'était indiscret, après tout elle avait sans aucun doute prévu des choses avec d'autres personnes, comme éparpiller au plus vite les souvenirs de Weiss à ses connaissances. Mais mon coté curieuse, fouineuse voulait savoir. Je sais que la curiosité est un vilain défaut. Mais c'est plus fort que moi. Je repris la tasse de thé en main et but une nouvelle gorgée. J'avais déjà finit mon thé et posait la tasse vide sur la table. La montre en main, je ne lâchais pas Maya du regard.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Mar 11 Mar 2014 - 19:41
Et voilà que Kathleen se sert dans le sac ! Maya a réussi à lui faire prendre la bonne décision !
C'est un ouf de soulagement. Bien que ce ne soit pas très louable de sa part, la déesse vient de transmettre et partager un poids à sa partenaire de deuil humaine. Un poids ? Qui sait. Elles ne sont pas obligées de se souvenir de Weiss en ayant un poids sur le cœur, elles peuvent s'en souvenir avec le sourire aux lèvres. C'est d'ailleurs ce que tente de faire Maya depuis quelques temps avec bon nombre de ses connaissances perdues... en l'occurrence, 4 personnes maintenant. Pour l'humaine, c'est assurément plus difficile. Soit elle pardonne une bonne fois pour toutes, soit elle est condamnée à vivre avec le cœur brisé. Et forcément, ceux qui sont prêts à faire la leçon ne sont, pour la plupart, que des beaux parleurs.

Avis que nous connaissons tous une certaine déesse ayant tout le malheur du monde sur la conscience, incapable de pardonner des actes pourtant justifiés.
Mais cette adulte sait également sourire quand il faut se montrer compatissant.
Elle sait mieux s'y prendre pour aider les autres que pour s'aider elle-même.

- Merci Kathleen ! fait Maya, soudainement pleine d'entrain. Et essaye de ne plus t'en faire pour ton frère ou pour Weiss : ils se retrouvent désormais... Peu importe où ils sont allés, ils y sont ensemble maintenant. Ils te souhaitent une belle et heureuse vie, bien remplie, et seront très heureux de te revoir quand le moment sera venu.

Quand on est soi-même un dieu, on demande à voir. Qui est ce Dieu de la religion chrétienne, religion dominante en Angleterre ? Est-ce un collègue de Deus ? Est-ce Deus lui-même ? S'il peut disposer des âmes de certains humains pour les transformer en dieux, que fait-il des autres morts ? Et que fait-il des morts... dieux ? Non... Maya ne croit pas que Weiss ait rejoint le frère de Kathleen. Elle pense que Weiss a définitivement disparu, qu'il n'en reste plus aucune trace... à jamais. Son âme n'aura même pas droit à une réincarnation. Ainsi doit être le prix à payer pour avoir été choisi pour mener une misérable vie de dieu protecteur : la résurrection à tous les coups... ou la disparition à jamais.

Maya tente de se relever pour aller soutenir physiquement son interlocutrice d'une tape dans le dos, mais un début de crampe à la jambe droite la fait se rasseoir aussitôt. Son mollet a envie de faire des siennes. Qu'à cela ne tienne, l'ancienne gymnaste sait quoi faire pour l'en empêcher : elle ramène ses pieds contre elle et presse ses pouces contre le haut de son muscle endolori pour le calmer avant qu'il ne s'échauffe. L'humaine va penser qu'elle tente de gagner du temps, ne sachant que répondre à ses interrogations... et elle n'aura pas tout à fait tort. « Pourquoi ne pas pouvoir venir demain ? » Pouvoir... c'était peut-être exagéré. Compte tenu de la nouvelle, elle s'est sentie obligée de l'annoncer au plus tôt, par principe. Plutôt ça que de ne pas avoir de nouvelles plusieurs jours durant. Plutôt ça que s'inquiéter. Le seul hic, c'est que Maya pensait qu'ils échangeaient des messages quotidiennement comme de vrais amis...

- Je voulais dire... qu'une annonce pareille, ça ne peut pas être reporté au lendemain... parce que si on le fait une fois, rien ne nous empêche de le faire une seconde fois, puis une troisième... et finalement, ne jamais le dire. Je sais... c'était pour éviter ma propre lâcheté que je t'ai réveillé à cette heure... Je m'en excuse...

S'ils avaient été proches, Kathleen aurait été en droit de savoir la nouvelle avant tout le monde, le plus rapidement possible. Évidemment.
Pour cette fois, le coup est tombé à l'eau.

- Aussi, sachant que je suis partie à 8 heures ce matin et que j'ai cherché ton appartement toute la journée, ça m'aurait fait mal de devoir faire demi-tour pour rentrer chez moi et réessayer demain. Donc oui, en plus d'être un peu lâche, je suis fainéante...

Pas de quoi dresser un portait très élogieux de la déesse... mais elle n'a que ce qu'elle mérite. Une erreur est une erreur.
Enfin... après tout, d'ici quelques jours, semaines ou mois, toutes les deux auront oublié cette conversation et le visage de l'autre. Ne resteront que les souvenirs de Weiss. Maya veut bien jouer le rôle de la méchante s'il le faut, du moment que cela permet à l'humaine d'aller mieux... Elle en sera même ravie.

Maya récupère une petite poupée Weiss dans ses mains avant de refermer le sac et le poser à ses pieds. Elle regarde Kathleen, puis, d'un geste de magicienne illusionniste traditionnelle, elle fait disparaître l'objet sous les yeux de l'humaine. Quand magie mêle illusion et pouvoir divin...

- Pour ce qui restera de Weiss au final, je rangerai tout dans un petit coffre et je l'enterrerai à côté d'une stèle commémorative. Jusqu'à ce que quelqu'un la pille... ça, personne n'y pourra rien.

Que ces objets ne soient pas perdus, c'est le principal.
Qu'importe qu'ils soient volés puisqu'en vérité...
… ils sont presque tous faux, pure invention de l'esprit.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Ven 14 Mar 2014 - 21:40
J'avais le bijou en main. Et ça avait l'air de rendre Maya heureuse. Comme si on allait partager à deux les souvenirs de Weiss. Qu'elle te mettait un poids sur les épaules. Qu'elle partageait avec moi beaucoup de sentiments. Des sentiments forts néanmoins. Trop fort même je dirais. J'étais étonnée par sa réaction. Mais ça me fit sourire. Parce que cette fille était mignonne. Qu'elle avait l'air du genre à se soucier des autres. Parce que je ne voyais pas de mal en elle. Et honnêtement voir quelqu'un qui connaissait Weiss et voulait absolument éparpiller ses souvenirs comme si on éparpillait les cendres d'un mort dans la mer bleu me faisait sourire. Et ça me faisait plaisir. Même si elle est venue me réveiller à une heure du matin. On aurait dit une enfant.

De plus elle essayait de me rassurer en me disant que Weiss et Emil s'étaient retrouvés. Qu'ils sont ensembles en me souhaitant une belle vie et qu'ils allaient m'attendre. Je souriais. En vérité j'en avais même les larmes aux yeux et serrais la montre contre mon cœur. Parce que c'était beaucoup d'émotions. Et que j'avais du mal à les gérer. Une larme coulait le long de ma joue. Je passais ma main pour rapidement l'essuyer et prit les tasses de thé vides ainsi que l'assiette de gâteau plein pour les mettre dans la cuisine. Oui je me dépêchais d'y aller. Oui j'avais les larmes qui coulaient. Qu'est-ce que je faisais faible sur ce coup .. Je pris un sopalin pour m'essuyer les yeux alors que j'avais toujours cette montre en main. J'inspirais un grand coup. Ça ira. Je revenais dans le salon lentement.

- Désolée, la fatigue.

Ouais, ou le mensonge le moins crédible du monde ? Tant pis. Elle n'est pas stupide et peut comprendre que tout ça provoque beaucoup de ... d'angoisses ? Parce que je ne sais pas ce que c'est. Je m'assis à nouveau à ma place alors qu'elle reprenait la parole. Elle disait avoir cherché l'appartement toute la journée et qu'une fois trouvée elle ne souhaitait pas faire demi-tour. Je ne fis aucune remarque. Me concernant j'aurais attendu le lendemain pour ne pas gêner, mais chacun sa façon de faire. Alors elle prit la poupée et la fit disparaître en disant qu'elle allait tout enterrer. J'avais l'impression d'avoir mal vu. C'est la fatigue. C'est moi. Alors, comme une enfant, je frottais mes yeux et m'étirais pour rester éveillée. Oui je fatigue sérieusement.

- Je te parlerais de mon frère un jour, si tu veux.

Pour qu'elle en saches un peu plus sur moi ? Sauf si elle comptait partir pour disparaître ? Possible. Après tout, de base, on ne se connait ni d'Eve ni d'Adam.

- Sinon, tu as un endroit ou dormir ?

Tu as une famille ? Des amis ? Un petit copain ? Bien sur que mon coté fouineuse prenait toujours le dessus. Mais je n'y peux rien. J'aime savoir les choses sur les autres. Et surtout sur les gens qui vienne déranger à une heure du matin parce qu'ils ne veulent pas revenir le lendemain pour parler d'un mort. Parce que oui, désormais je peux considérer Weiss comme mort. Weiss près de mon frère. Je n'y crois pas, malheureusement. Pour moi, Emil reste au paradis et Weiss en enfer. Il le mérite. De pourrir en enfer avec Lucifer. Oui je sais, là encore je fais preuve de mauvaise foi. Mais je n'y peux rien si ma haine prend le dessus sur moi. C'est comme si j'étais faible sur le coup. Parce que oui, je suis quelqu'un de faible et vous savez quoi ? Je l'assume !

- Je suis ... curieuse de nature.

Et la curiosité est un vilain défaut je sais. Mais au pire je ne la force pas à me répondre. Je ne lui met pas un couteau au niveau du cou pour avoir une réponse. Je cherche juste à en savoir un peu sur elle. J'ai le droit non ? A mes yeux oui. Parce que je me montre sympathique, souriante, attentionnée envers Maya. Mais je possède tellement de défauts que je ne dois pas attirer grand monde. Parce que finalement mes amis sont superficiels, comme moi.

- Un jour, j'espère, j'oublierais cette haine que j'ai vis à vis de Weiss.

Un jour. Oui c'est facile de dire un jour. Mais quand exactement ? Parce que moi aussi j'aimerais bien l'oublier. Sauf que c'est comme si c'était impossible. Parce que qui dit oublier Weiss, dit oublier Emil. Et non, je ne peux pas oublier mon frère, mon sang, le centre de mon monde. Parce que je l'aime, tout simplement. Je penses tous les jours à lui. Quand je me lève, je vois sa photo à coté de mon visage, je ne peux que sourire de bon matin. A n'importe quel moment, comme en cours. Quand j'ai du mal dans la vie, je persévère , pour lui. Pour qu'il soit fier de sa sœur. Pour qu'il soit heureux et sourit encore il me souriait avec son air mignon.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Sam 15 Mar 2014 - 12:47
C'est normal... quoi qu'endure Kathleen, c'est humain. Cela donne de quoi réfléchir à Maya, qui pose une main sous son menton et baisse les yeux. Quelque part, elle pourrait personnellement être amenée à vivre la même scène : elle se poserait alors les mêmes questions. Faut-il garder des souvenirs de ses pires ennemis ? Elle en a. Un t-shirt porté, un ourson en peluche à son effigie, des messages sur son portable... elle en a même plus que ce qu'il n'en faudrait. Est-ce que cela lui permet d'oublier sa haine ? Pas le moins du monde. En a-t-elle encore, de la haine ?

Kathleen revient de la cuisine, se rassied et s'excuse.
D'une manière détournée, elle lui demande s'il ne serait pas plus sage de cesser cette conversation tardive. La déesse n'étant pas chez elle, elle ne compte pas interférer plus longtemps dans la vie de son interlocutrice. Celle-ci travaille sûrement très tôt le lendemain... et déjà qu'elle sera déconcentrée par la mauvaise nouvelle, mieux vaut ne pas accumuler les problèmes. Pas trop.

- Un endroit où dormir ? répète Maya le temps de trouver la réponse. Chez-moi... enfin, sûrement à l'aéroport en attendant le prochain avion.

Parce que parler d'ailes célestes, ça ne passerait sûrement pas bien dans la conversation. En quelques heures, si ses forces sont suffisantes, la déesse pourrait parcourir les mers et océans pour rentrer chez elle. Pas de quoi s'inquiéter plus que ça.
Mais, manque de chance pour Kathleen, elle fait une dernière remarque qui a le don de perturber Maya. Cette dernière la regarde attentivement, puis détourne les yeux un instant... avant de les ramener sur cette femme et répéter plusieurs fois cette sorte d'hésitation. Cette fois, on tombe exactement dans son domaine de connaissances. 11 mois qu'elle est dans ce bain, sans savoir comment s'y dépêtrer. Et pourtant...

- J'ai une petite confidence à te faire à propos de l'amour et la haine... si tu veux bien.

Ce n'est pas comparable... mais pour oublier la haine qu'elle a envers Weiss, il faut sûrement qu'elle oublie Weiss... ou tout du moins, qu'elle le remplace par un autre dans ses pensées. Maya serre les jambes, agrippe ses genoux et se voûte en avant. Pour regarder bien vers le sol. En réalité, elle se regarde se faire du mal.

- D'après les mœurs traditionnelles, on épouse la personne que l'on aime le plus au monde... Cela veut forcément dire qu'il y a une personne, quelque part, que l'on aime plus que toutes les autres. La théorie, c'est que cela se passe de la même manière pour la haine.

Forcément, c'est sa propre réflexion et elle n'en a jamais parlé à personne. On se confie bien plus facilement à des gens qui n'ont rien à voir avec nous... comme des humains par exemple. Peu importe qu'ils voient une faiblesse en Maya, du moment qu'aucun dieu ou renégat n'est au courant, elle pourra parler autant qu'elle le voudra.

- On passe très facilement de l'amour à la haine... tu n'as qu'à regarder les couples qui se séparent, voir qui se reforment. Cette fois encore, la théorie veut qu'on connaisse autant nos ennemis que nos amis, pour pouvoir les aimer ou les détester au même niveau. Cela signifie que plus tu détestes quelqu'un, plus tu en aimeras un autre et inversement.

La jeune femme sait parfaitement qui elle a aimé au plus haut point... et paradoxalement, qui elle a détesté au plus haut point. D'ailleurs, et ce doit être le cas pour beaucoup de gens, c'était la même personne à deux temps donnés différents. Maya sait également qu'il n'y a jamais eu « plus fort »... et que si elle rencontrait quelqu'un dans le futur, ce serait obligatoirement plus fort encore... sinon, elle ne pourrait pas l'apprécier.
De quoi donner un peu de baume au cœur.

- Troisième théorie, c'est le fait qu'on aime ou déteste quelqu'un plus que tous les autres jusqu'à ce qu'il soit remplacé par une autre personne, pire encore... mais que ce remplacement est beaucoup plus aisé dans l'amour que dans la haine. Je pars du fait que la haine découle presque exclusivement de l'amour qu'on porte à quelqu'un... comme toi, Weiss et ton frère.

Pour être claire, notre déesse n'a aucune idée si sa théorie fonctionne aussi chez Kathleen... mais cette humaine aimait son frère plus que tout au monde, ce qui l'a conduit à détester Weiss plus que tout au monde... le tout au même niveau qu'elle aimait Emil. Aujourd'hui, Kathleen, c'est ça : aime Emil, déteste Weiss. Si jamais elle trouvait un véritable amour – ce qui ne doit pas être encore le cas normalement... même s'il y avait ce nom sur la boîte aux lettres, Winchester, qui paraît être l'élément... « étrange » selon Maya – alors Emil passerait en deuxième position niveau amour tandis que Weiss resterait aux premières loges de la haine.
Chez Maya, c'est la même chose. N'allez pas croire qu'elle parle sans savoir. La différence, peut-être, c'est qu'elle n'a pas son... « Emil ».

Elle soupire. Elle a de nouveau soif et l'envie d'aller au petit coin.
Elle déglutit et relève les yeux, un sourire aux lèvres.

- Mis bout à bout, cela veut dire qu'il vaut mieux aimer son pire ennemi pour pouvoir l'oublier plus facilement en en aimant un autre. Pour oublier Weiss et ta rancœur... je te conseille de l'aimer, puis de trouver mieux encore. Et si tu te dis « Ce sera facile de trouver mieux », cela signifie que tu le détestes toujours et qu'il ne quittera jamais tes pensées. Voilà...

Pas la meilleure conclusion qu'elle ait donné, mais... voilà. C'est peut-être trop difficile pour elle, ou sa propre réflexion n'est pas encore terminée. Pourquoi pense-t-elle que cela peut néanmoins fonctionner ? Parce que Kathleen l'a dit : elle espère pouvoir oublier cette haine un jour. Si elle a l'idée, elle pourra se donner les moyens d'y arriver. Maya n'espère pas que sa compagne de deuil fasse exactement ce qu'elle lui dit de faire, mais elle a bon espoir que cette humaine réfléchisse et s'en sorte.
En fait... si elle lui dit ça maintenant... c'est pour qu'elle en rêve cette nuit.
Un rêve très triste, très cruel... mais qui lui permettra de se refaire en quelques jours à peine. Bien sûr que Maya cherche à toucher Kathleen et à la faire pleurer : c'est comme ça qu'elle pourra la faire repartir sereinement. Plus vite ce sera fait et mieux ce sera...

Weiss ne doit pas occuper la première place en amour ou en haine... il doit simplement garder une place quelque part, dans leur cœur. Autant que ce soit en bien.
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Dim 16 Mar 2014 - 18:54
Garder un souvenir de mon ennemi. De quelqu'un que je hais. Je le faisais uniquement pour Maya. Oui pour cette fille qui avait à son tour, comme moi, apprécié Weiss. Parce qu'un jour il était quelqu'un de bien, il était quelqu'un d'appréciable, il était quelqu'un de spécial que l'on pouvait aimer et admirer. Moi je l'avais admiré un certain moment oui. Mais j'avais fait une grosse erreur. Parce que j'avais admiré le bourreau de mon frère, le meurtrier, un lâche ! Parce que maintenant je le déteste. Je me déteste aussi, en quelque sorte. Si je fais des efforts dans la vie de tous les jours, c'est uniquement pour Jason et Sebastian. Alors j'ai une montre à Weiss. Je ne sais pas quoi en faire. Je ne sais pas si la jeter est une solution ou la réparer pour qu'elle fonctionne à nouveau. Foutu Weiss !

Maya disait attendre à l'aéroport. Elle devait habiter loin et elle avait fait un long voyage pour venir me voir. Pauvre chou. Je ne pouvais pas la laisser dormir dans un endroit comme ça alors qu'elle devait être morte de fatigue !

- Je peux t'héberger si tu veux, ça ne me gène pas. Tu dois être tellement fatiguée en plus.

Oui je sais, je fais ça sans en parler à Jason. Mais il ne sera pas contre garder quelqu'un. Enfin, il ne sera jamais contre mes décisions. Sauf si elles me font du mal, et là ce n'était pas le cas avec ce que je proposais à Maya. Au contraire, plus on est et plus on rit, non ? Du moins c'est ce que l'on dit. On verra bien.

Maya parlait ensuite. Je l'écoutais. Elle se confiait à moi. Alors que je venais à peine de la rencontrer. Est-ce plus simple de se confier à des inconnus ? Je n'avais jamais tenté. Et l'idée ne me plaisait pas. Mais je la laissais faire. Si ça pouvait lui faire du bien, j'acceptais de l'écouter. Elle parlait de la haine et de l'amour. Deux sentiments forts et complètement opposés. Sujet très ... Difficile pour moi. Je ne m'y connais pas. Et je ne veux pas connaitre. Mais je l'écoutais. On aime quelqu'un plus que tout et à l'opposé on déteste quelqu'un plus que tout. Il est simple de remplacer quelqu'un pour changer ça ? Non je ne crois pas. Mais je ne la coupais pas. Elle parlait d'aimer Weiss pour détester quelqu'un d'autre. Elle parlait de trouver mieux. Je me levais et m'assit à coté d'elle puis me laissait tomber sur elle. Ma tête sur son épaule frêle, je fermais les yeux quelques instants pour réfléchir à tout ce qu'elle venait de me dire.

Parce que d'un coté elle n'avait pas tord. Détester quelqu'un d'autre, plus que Weiss pour l'oublier. Pour ne plus penser à lui. Alors pourquoi j'avais prit cette foutu montre ? C'est comme l'amour : on s'y accroche comme une folle concernant la première personne, mais bien souvent on finit dans le lit de quelqu'un d'autre que l'on aime davantage. Parce que j'ai toujours trouvé l'amour compliqué. J'ai l'impression que la haine l'est davantage, comme si c'était pire de l'amour. Après tout c'est un sentiment négatif que l'on porte vis à vis de quelqu'un ? Est-ce que j'allais réussir à oublier Weiss un jour ? Je ne pense pas. Parce que si oublier Weiss veut dire oublier Emil, alors je préfère détester Weiss toute ma vie. C'est comme si les conseils de Maya passait par une oreille et sortait par l'autre. Désolée chérie, on ne peut pas me changer aussi facilement. Pas avec des mots.

- Je ne sais pas si j'y arriverais un jour, Maya.

Autant être honnête : je ne sais pas. C'est tellement difficile après tout. Je le déteste tellement que je ne sais pas.

- Le temps m'aidera peut-être.

Mensonge ? Ça non plus je ne le sais pas. Parce que plus le temps passe et plus ma haine pour lui grandit. J'agrippais au bras de la jeune fille. C'était comme un besoin. Pour ne pas craquer à nouveau, pour ne pas couler définitivement dans la folie et la rage. J'avais fait assez de dégâts comme ça autour de moi. Je me calmais et je ne céderais plus. J'avais bien envie que Jason me prenne dans ses bras à ce moment-là. Mais il est tellement fatigué, je ne peux pas faire mon égoïste avec lui.

- Si oublier Weiss veut dire oublier mon frère, alors non, je ne le ferais pas.

Trop têtue pour toi Maya !

- Mais je ferais des efforts. Peut-être que ma vie se passerait mieux si je ne le haïssais pas autant. Ou si je ne me détestais pas autant.

Parce que je suis perdue Maya.

- On verra bien. Un jour, peut-être ...

... Si j'arriverais, si j'ai de la volonté, ce qui n'est pas mon cas actuel.

- C'est tellement dur d'aimer.

Oui. Montrer son affection, le dire. Je n'y arrive pas. J'ai tellement de mal avec Jason. Mais je fais des efforts. Tous les jours je prends sur moi, j'essaye de faire de mon mieux, je veux devenir quelqu'un de meilleur. Je ne veux plus pleurer dans mon coin à cause de tous mes malheurs, à cause de Weiss. Je veux sourire, je veux un sourire sincère. Je veux aimer et être aimé. Mais c'est tellement difficile à faire ... Parfois j'ai l'impression de lâcher prise, de tout laisser tomber. Et c'est là que Jason me ramasse à la petite cuillère. Le pauvre. Mais un jour j'y arriverais. Parce que j'ai tourné la page. Je veux une vie meilleure. Et quand on veut, on peut n'est-ce pas ?
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Lun 17 Mar 2014 - 22:09
D'habitude très encline à tout ce qui a trait au physique, se toucher mutuellement pour se réconforter et échanger des flux d'énergie positive... cette fois, la pilule passe plutôt mal chez notre chère déesse. Poser sa tête sur son épaule, comme ça... c'est comme si Kathleen voulait être épaulée. Mais Maya n'est pas quelqu'un sur qui l'on doit compter, elle ne veut pas être l'épaule sur laquelle on se repose. C'est toujours l'inverse, ça a toujours été l'inverse et c'était très bien comme ça jusqu'à maintenant. Il n'y a aucune volonté négative derrière ce sentiment, pas de méchanceté ni d'égoïsme, juste une incapacité profonde à se sentir à la hauteur. Elle dit quelque chose pour aider l'humaine, celle-ci doit ensuite trouver quelqu'un sur qui compter... mais ce ne doit pas être Maya. Un tel choix entraînerait une trop forte déception... et ce n'est pas comme ça qu'elle guérirait.
Sans doute est-ce exactement le sentiment que ressent la psychologue quand une patiente demande à devenir son... socle stabilisant.

Elle se laisse faire, elle laisse Kathleen faire ce qu'elle veut... mais ce n'est pas de gaieté de cœur. La crispation la gagne et elle tourne la tête de l'autre côté pour se retenir de la repousser. Dans son for intérieur, la jeune femme espère que son épaule est très inconfortable...

- Vraiment ? Tu trouves ?

Dur d'aimer.
Et bien zut, c'est exactement cela : Maya n'aime pas que l'on prenne un appui psychologique en se basant sur elle. Elle n'aime pas encore beaucoup d'autres choses, comme les spécialités culinaires anglaises, le tonnerre ou certains insectes... et quoi qu'elle fasse, il lui sera difficile de changer cet état d'esprit. Est-ce dur d'aimer pour autant ?
Tout dépend...

Mais Maya n'a pas à chercher bien loin : elle-même est bien l'incarnation de celle qui ne parvient plus à aimer les gens à leur juste valeur. Elle ne leur retourne plus l'image qu'elle voudrait leur retourner. Tous restent bloqués au statut de « simple connaissance affectueuse », sans jamais plus atteindre la jeune femme profondément. Mécanisme de défense oblige.

- Oui, c'est vrai... C'est dur et long d'aimer. C'est pour ça que j'essaye de... t'apaiser un peu l'esprit comme je peux.

En plus d'être difficile à trouver, peut-être même que l'on peut passer à côté et le refuser.
« On peut tromper une fois une personne, mais on ne pas tromper mille fois une personne. » Dès lors que cela s'est mal passé une fois, la déception prend l'effet d'une prévention de retomber dans le piège une seconde fois. On devient alors méfiant envers tout, sans plus jamais parvenir à se lâcher... et pour autant, cela n'empêche pas de vivre heureuse. Sans plus aimer ou vouloir aimer. Est-ce dommage ? Faut-il que Maya se batte pour ramener un esprit plus positif encore à son interlocutrice ?

- J'aimais bien Weiss. Il était serviable, sympathique, à l'écoute, prêt à beaucoup pour aider des gens qu'il ne connaissait même pas. Le but de l'exercice que je te propose... ce n'est pas d'oublier Weiss, mais de le remplacer par quelqu'un d'autre. Si tu prends une échelle, une droite ou un segment de l'amitié... alors il faudrait placer Weiss quelque part de telle façon qu'il y ait une autre personne plus loin dans les positifs et une plus loin dans les négatifs. De telle sorte que tu n'oublies pas, mais que tu pardonnes à minima, à raison qu'il y a mieux... ou pire.

Qui est le pire ennemi de Maya ? Après un travail intense sur elle-même et une telle logique, il n'y a plus qu'une seule personne toute désignée : Jhoken. Instigateur de la rébellion, il est le responsable des maux qui rongent la déesse depuis un an. Départ de la famille, départ de la personne aimée, qui, elles, ont longtemps vacillé sur la droite de l'amour de Maya. Aujourd'hui encore, elle peut se réveiller le matin en les haïssant tous plus les uns que les autres... ou en acceptant leur personnalité et leurs raisons admirables qui les ont conduits à devenir ce qu'ils sont devenus. Ce qui est intéressant ici, c'est que tous les jours, elle pense à eux quatre, et ça ne l'empêche pas en cet instant de discuter de Weiss en y mettant beaucoup de cœur.

- Mais au bout du compte, si. Je suis désolée, mais si : il faudra bien que tu oublies. Lorsqu'il y aura quelqu'un de plus important encore, tu penseras moins à eux... de moins en moins chaque jour. Mais ce sera long... et c'est pour cette raison que je te conseille... de ne plus penser qu'aux qualités de Weiss, à ses sourires quand il était avec ton frère plutôt qu'à leur tragique fin à tous les deux. Le temps de leur trouver un remplaçant, même si tu ne les oublieras jamais totalement, aime Weiss plutôt que de la haïr : crois-moi, ça t'enlèvera un poids.

Au tour de Maya de fermer les yeux et d'imaginer une scène. Weiss et le frère de Kathleen enfants, même si elle n'a aucune idée à quoi ils ressemblaient à cette époque, ni ce que font des jeunes adolescents Anglais pour s'amuser. Elle les visualise dans un square, un parc, un terrain de jeu en plein air. Ils courent, jouent au ballon. Emil émet l'idée de grimper aux arbres, idée rapidement écartée par Weiss qui refuse de mettre son camarade en danger. Celui-ci n'écoute pas et commence à escalader. Weiss le suit alors, espérant pouvoir le rattraper s'il tombe. Emil monte sur une branche et sourit à son ami en poussant des cris victorieux. L'enfant aux cheveux argentés le félicite et lui demande de descendre au plus vite... mais le malade veut monter plus haut encore. Il veut montrer que malgré sa maladie, il est aussi fort que tous les autres enfants. Il grimpe donc de quelques mètres... avant d'atteindre ses limites physiques et tomber.

Maya rouvre les yeux, ne pouvant afficher autre chose qu'un air triste, désolé. Ce n'est pas ce qui s'est passé, ce n'est qu'une scène de Manhwa ou d'Anime dans laquelle elle a substitué les protagonistes habituels par de vrais adolescents. Elle sait parfaitement qu'à côté, il y a eu des scènes où les deux garçons s'amusaient, riaient... et ça, Kathleen peut se les remémorer. C'est exactement ce dont elle a besoin : ne pas se rappeler que du pire, mais aussi les moments heureux. Elle peut le faire parce qu'elle en a l'occasion.
À la différence de Maya qui, peu importe où elle cherche, ne trouvera jamais de scène où les quatre personnes les plus importantes à ses yeux sourient ensemble... ainsi qu'à elle.
Atios Kurokami, Isanagi Tensho, Shinmei Tensho... et pourquoi pas Weiss Alexander.
Eux, rire ensemble ?
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Jeu 27 Mar 2014 - 20:11
You make me wanna die
I'll never be good enough
You make me wanna die
And everything you love
Will burn up in the light
And everytime I look inside your eyes
You make me wanna die


En fermant délicatement les yeux, mon cœur se serrait. Parce que la première image qui me revenait était affreuse. Nous étions à l’hôpital avec Jason et Sebastian. Et Emil était dans son lit d’hôpital tendit que Weiss s'excusait pour son comportement immature et limite enfantin. Je me souviens encore de mes larmes, des siennes, de mes cries et de ma rage. Ma haine et ma peur avait prit le dessus ce jour-là. C'est à partir de ce jour-là que je commençais à devenir malheureuse. Il n'était pas encore mort. Mais c'est comme si c'était la fin du monde à mes yeux. Parce que je n'avais plus d'objectif, ni d'envie, il m'avait tout prit des mains. Je me retrouvais seule, personne pour me sauver. Et pourtant il restait là à s'excuser et raconter tous les détails de cette mauvaise aventure. Emil qui avait trop forcé sur lui, la maladie avait prit le dessus. Emil partait en souffrant, petit à petit. A cause de Weiss.

Je me mordis la lèvre inférieure. Non faut changer de souvenir, ça ne va pas. Je lâchais un long soupire. J'avais l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine. Je me souviens qu'après la mort de mon frère j'avais plongé dans la dépression. Et tous les jours, un peu plus à chaque heure qui passait, ma haine pour Weiss grandissait. Il était mon pire ennemi.

« Sauvez-moi. »
« Je suis si désespérée ... »


Désespérée ou aveugle ? Aveugle je dirais. A ne pas voir les gens autour de moi qui m'aident pour que je rebondisse. J'avais même refusé le psy. Moi stupide ? Oui. Non mais attend, je ne vais pas raconter ma vie à un inconnu même si cette personne est là pour me juger de manière objective pour m'aider à trouver des solutions. Je faisais des crises d'angoisses. Donc j'y allais de force. Et je ne vais pas mentir, ça m'a bien aidé. Donc je ne dois plus replonger. Je marche la tête haute. Je suis forte. Pour Emil. Jason. Sebastian. Moi.

Un autre souvenir. Je me souviens aussi qu'un jour j'étais allongée sur le piano d'Emil. Weiss était venu à la maison pour le voir et ils jouaient du piano. Ils souriaient. Ils avaient l'air heureux et les voir ainsi me comblait de bonheur. Ce souvenir me fit sourire. Voir le centre de mon monde heureux me rendait moi aussi heureux. Je n'ai rien demandé dans la vie mis à part la protection de mon frère. Faut croire que même ça c'est trop demandé. Dieu de merde !!

Je rouvris les yeux et me relevais pour m'asseoir à ma place. Je ne devais pas non plus laisser Maya me porter. Surtout que je viens à peine de la rencontrer. Mais cette fille est une rencontre assez spéciale je dois l'avouer.

« Jamais je n'oublierais. Il a détruit le centre de mon monde. »

Jamais. C'est un mot qu'il ne faut pas dire. Parce qu'il ne faut jamais dire jamais. Sinon ce que l'on dit se réalise. Apparemment.

« Je veux bien tenter de … d'apaiser ma haine. »

Passer à autre chose ? Non, désolée Maya mais je ne suis pas prête pour ce genre de chose. Je ne peux pas oublier mon frère. La façon dont je l'ai perdu. Je ne sais pas si cette fille se rend compte de l'importance que je donnais à mon frère. On ne dirait pas. Ou alors c'est moi qui exagérait depuis le début ? Mais non. La famille c'est précieux non ? J'avoue que je commence à m'embrouiller. La fatigue sans aucun doute …

« La mettre sur quelqu'un d'autre ? Je ne sais pas si c'est possible. Mais si ça peut te faire plaisir, je peux tenter. »

Mais la mettre sur qui exactement ? Jason ? Mais non. Sebastian ? Encore moins. Elle n'avait pas d'ennemi. Personne à haïr mis à part Weiss. Personne à détester à sa place. Je dis que je vais essayer, mais c'est comme si je ne pouvais pas. Pas maintenant. Cette idée me déchire le cœur, je l'avoue. Mais n'essaye-t-elle pas de faire de son mieux pour m'aider à aller mieux ? Oui elle m'aide alors qu'elle était aussi proche de Weiss. Qu'elle l'admirait. Et qui sait, qu'elle l'aimait sans doute. Mais ça ne me concerne pas. Nouveau soupire. C'est dur … Sauf que je dire que je le ferais. Je ne peux pas retourner sur ma parole.

« Mais Maya, je n'ai personne d'autre à détester tu sais ... »

Gros problème pour elle et pour moi. Moi qui dit essayer de faire comme elle dit et elle avec ses expériences. Bon là j'ai l'impression d’être dans une impasse et que j'aurais du mal à m'en sortir. Et je ne risque pas de détester Maya sur ce coup. Elle veut m'aider, j'accepte, si ça ne fonctionne pas on peut dire tant pis. Moi baisser les bras trop vite ? Si ça concerne Weiss oui. Parce que je n'ai pas envie de faire d'efforts le concernant. Ma rancune sans aucun doute qui prenait le dessus. Je suis irrécupérable ...

Spoiler:
 
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Re: Dans les mauvais moments comme dans les bons... - Ven 28 Mar 2014 - 21:02
Ça ne va pas. Ça n'ira pas. Mais Maya n'est pas capable de comprendre pourquoi Kathleen ne l'écoute pas. Ça ne marche pas. Ça ne marchera pas.
La déesse baisse les yeux, vaincue. Il n'y a aucune affirmation, aucun tonus, aucun signe de motivation dans la voix de son interlocutrice... et cela veut dire ce que cela veut dire. Elle ment pour faire plaisir. Elle ment sans même essayer de le cacher. Après une bonne nuit de sommeil, elle n'aura plus aucun souvenir de cette conversation. Elle oubliera aussi facilement qu'on oublie un rêve... ou un affreux cauchemar.

- Personne d'autre à détester... répète Maya d'une voix douce et innocente.

Et pourtant, ce serait si simple : il suffirait par exemple de tuer ce Mr.Winchester qui habite avec elle dans cet appartement. Le plus fou, c'est même de penser à cette éventualité sans ressentir une quelconque gêne vis-à-vis de qui que ce soit...

Des bonnes manières ? Des règles de vie ? Des enseignements et du bon sens ? De la pitié ? La prévision et la peur face à d'éternels remords ? Du charabia pour un être divin.

Personne n'est présent pour lui dire que ce serait mal faire. Personne ne peut lui expliquer les conséquences d'un tel acte, conséquences qu'elle ne peut pas elle-même évaluer puisqu'elle n'a jamais tué qui que ce soit. On n'apprend pas ça à l'académie, ni à l'extérieur d'ailleurs. Ce qui est quasiment certain, c'est qu'en agissant ainsi, Maya deviendrait l'ennemie jurée de Kathleen. Faire semblant de se rapprocher de quelqu'un uniquement dans le but de connaître ses points faibles et les exploiter... la poignarder littéralement dans le dos... voilà qui serait digne des pires êtres qui soient, pas vrai ? Bien pire que Weiss. Mais à quoi est-ce que cela rimerait ? Devenir la pire ennemie de Kathleen simplement pour que Weiss ne le soit plus... pour que sa mémoire soit légèrement lavée et que son souvenir soit plus doux... par respect pour lui...

Maya ne bouge pas, ne parle pas, n'écoute pas. Elle se perd dans ses pensées.
Bientôt, elle relève les yeux... puis les rebaisse aussitôt.

- Non... oublie. Oublie tout ce que je t'ai dit.

De toute façon, elle le fera naturellement.
Ignorant les picotements dans ses jambes, la déesse se relève. Elle présente ses excuses avec ses manières d'asiatique, en se penchant en avant, les bras le long du corps. Par la même occasion, elle remercie sa comparse de son hospitalité, de cette petite demi-heure accordée en pleine nuit pour écouter ces sornettes sans intérêt. Pas de conclusion, pas d'évolution, rien qu'un échange de bonnes pensées... c'est dans ces moments-là qu'on regrette de ne pas avoir simplement glissé anonymement un mot dans une boîte aux lettres. Mais voilà : toute cette discussion lui aura permis de parler un peu. Ça ne fait jamais de mal de parler... foi d'ex-déesse, maîtresse en art de déprimer.

- En fait, c'était un piège : je te testais.

Mensonge.

- Tu fais bien de ne pas vouloir les oublier, l'un comme l'autre. C'est important de se souvenir des disparus.

Mensonge. Enfin...

- Et puis... en vérité, qu'y a-t-il de mal à détester quelqu'un ? C'est normal. Au contraire, ça peut même aider à avancer parfois.

Ou à sombrer.

- L'objet que tu as pris, il est tien maintenant. Tu peux t'en servir, le casser, le jeter, mettre toute ta frustration dessus... Sert-en de la meilleure manière. Sert-en pour te soulager, qu'importe ce que tu en fais.

Impossible. Avoir un t-shirt ou une montre... avoir un souvenir de quelqu'un que l'on hait... voilà la meilleure manière de ne pas oublier. Impossible de s'en débarrasser. Impossible de le casser ou de le jeter, même avec la meilleure volonté du monde. C'est la chose qui les hantera jusqu'à la fin de leurs jours... ou jusqu'à ce que quelqu'un le jette à leur place. Et comment réagiront-elles ? Amour, haine ou indifférence face à ce geste ?
La question reste en suspens.
Maya a hâte qu'on lui apporte la réponse...
« Si je ne peux me débarrasser de ma haine, que quelqu'un d'autre le fasse à ma place. »

- Du coup, maintenant, je vais pouvoir te laisser dormir sereinement. fait Maya en se redressant. Je crois que tout est bon, non ? Je ne voudrais pas te prendre plus de temps... surtout si tu travailles demain... mais... tu m'as parlé d'un hébergement et...

Sur le coup, Kathleen a eu beau dire que cela ne la gênerait pas de lui offrir un toit pour une nuit... ce n'est pas aussi clair et définitif dans l'esprit de Maya. C'est donc timidement qu'elle revient sur ce sujet, sans vraiment terminer sa phrase pour ne pas paraître impolie. Elle est fatiguée, a soif et a envie de décompresser un peu et cela ne peut se faire tant qu'elle pense devoir repartir.
Dans les mauvais moments comme dans les bons...
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