Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Réflexions métaphysiques

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Réflexions métaphysiques - Mer 26 Fév 2014 - 0:56
Il fait bon, l’air est doux. Il est dix-huit heures quand Audrey quitte le quartier des repentis. C’est en marchant, la tête baissée, qu’elle se parle à elle-même.
 * Ma vision de l’au-delà était fausse. Me voilà bien sotte face à la réalité. *
Comme de nombreuses personnes, Ostermann croyait aux merveilles du paradis et aux flammes de l’enfer. Maintenant, elle en doute.
 * Etions-nous si ignorants ? Si loin de la réalité ? J’aimerais tout raconter aux autres ! *

Dans sa tête, tout est flou. Elle se demande encore si elle n’est pas folle. Pour elle, il est dure de croire à un autre monde dans lequel on forme des dieux possédant divers pouvoirs.
 * N’y a-t-il pas un Dieu unique ? *

 La comédienne n’aurait pas été plus emballée à l’idée d’être une apprentie déesse plutôt qu’une repentie. A ces yeux, ces termes n’ont aucun sens. Audrey n’exige rien. Son rôle est d’être surveillante, alors qu’il en soit ainsi.
 * Après tout, surveiller des élèves doit être dans mes cordes. *
 Son arrivée remonte à tout juste une semaine. Elle entend résonner une nouvelle fois les paroles d’un inconnu : « Bienvenue dans la Deus Academia, âme errante. Il ne tient plus qu'à toi de te surpasser... ». La même voix lui appris qu’ayant été pècheresse sur terre, son âme était maudite et qu’elle se retrouvait au rang des repentis, condamnés à servir l’académie.  
 * Sûrement aurais-je dû écouter maman… *
La jeune fille laisse échapper un soupir.

 * Voilà que je commence à avoir mal à la tête. *

 Levant les bras au ciel pour s’étirer, elle murmure :
 « Cesse donc de te torturer l’esprit Audrey ! »
 Elle tourne sur elle-même, regardant tout autour. Une douce odeur de fruit vient lui chatouiller les narines. A quelques mètres se trouve un parc. Un petit chemin conduit Audrey jusqu’à lui. Elle y entre d’un pas léger, comme si elle craignait de faire du bruit.
 * Comme c’est charmant ! *

 Sur une pancarte est écrit : « Le parc aux abricots ». Audrey sourit.
 * Ce n’est pas très recherché. Il va sans dire que ce parc regorge d’abricots. *
 Ostermann sort de sa sacoche un mouchoir en dentelle. Elle y met deux abricots et en garde un autre dans sa main. Audrey s’assied à même le sol et contemple ce parc qui lui semble enchanteur. Sa longue robe noire tombe délicatement sur ses jambes. Ses cheveux, attachés en chignon haut, laissent une brise fraîche effleurer son visage. C’est ainsi qu’Audrey fait le vide dans son esprit et se laisse envoûter par la douceur du lieu.
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Re: Réflexions métaphysiques - Mer 26 Fév 2014 - 12:02
Plus loin, avachi sur un banc, Franz Breitner tira longuement sur sa cigarette. Il n'en avait plus beaucoup. Cela l'inquiétait passablement; le tabac était surement la seule chose qu'il reconnaissait ici. Une accroche à avant, même si avant ne voulait pas dire grand chose pour celui qui ne s'en rappelait pas. Plus exactement, c'était une une petite part de routine. Et la routine était devenue une denrée de luxe.
Quelques heures plus tôt, il s'était fait crier dessus par un portrait. Puis un élève avait mis le feu aux cheveux d'un autre. Sans briquet. Puis un autre les avait secourus en les aspergeant d'eau. Et en noyant tout le couloir par la même occasion. Il s'était réfugié dans une salle adjacente juste à temps pour apercevoir un professeur faisant une démonstration de...il ne savait pas. C'était une démonstration en tout cas. Il avait marmonné des excuses et s'était éclipsé aussitôt. Plus pour sauvegarder sa raison que le cours de sa collègue.

Cette histoire de magie ne l'aidait pas à se sentir bien. Il savait que c'était vrai, et pas juste des trucs de prestidigitateur. Et cela aurait été stupide de s'obstiner à le nier. Mais c'était tout de même une pilule difficile à avaler.
Il devait bien se rendre à l'évidence, ses règles étaient obsolètes. Et les mettre à jour signifiait perdre pratiquement tout ce qu'il était. Il n'avait presque plus de souvenirs épisodiques. Qu'allait-il devenir s'il se séparait du reste ? Quelqu'un d'autre. Quelque chose d'autre. Et cela ne lui plaisait pas.

Un groupe d'élèves passa devant lui. Eux-aussi, ils avaient des "pouvoirs". Chacun ici en avait, lui inclus. Il en était persuadé. Pire encore, il l'avait accepté. C'était comme accepter d'avoir des bras ou une ouïe. C'était tellement profond, tellement fondamental qu'on ne pouvait même pas concevoir l'inverse.
Il fixa un des abricots tombés à terre. Il était trop mûr, ça, il pouvait le constater. N'importe qui le pouvait. Ce que n'importe qui ne pouvait en revanche pas voir, c'était ce même fruit pourrir. Pas au sens de rester assis devant pendant deux semaines, ça non. Juste...de le voir. De le savoir. La peau se ridait lentement, se perçait. La chair devenait de plus en plus foncée, virant au brun, puis au vert-de-gris. Les insectes en avait fait à la fois leur nid et leur cantine. Ce qui restait, c'était la moisissure et les bactéries qui allaient s'en charger. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un tas informe gris, puis plus rien. Peut-être le noyau, avec un peu de chance.
Il devait l'admettre, c'était une expérience...intéressante. Effrayante et écœurante, mais intéressante. Fascinante même. Il ne s'était même pas rendu compte que cela faisait plusieurs minutes qu'il fixait le fruit. Lorsqu'il revint à ses sens, il ferma les yeux un instant pour digérer ce qu'il avait ressenti. Pas la peine. Trop conséquent. Il allait lui falloir bien plus longtemps que ça.

D'ailleurs. Qu'est-ce cet abricot fichait la ?

Il laissa échapper une bouffée de fumée et regarda les arbres. Abricots partout. Et pourtant, il n'avait vu presque personne y toucher. Pas normal ça. Certes, c'était de la nourriture relativement saine, et tout le monde sait que les gens détestent ce qui sain, mais c'était de la nourriture gratuite. Et tout le monde sait que les gens adorent ce qui est gratuit.
Peu importe, il n'avait pas l'intention d'y toucher. Il se méfiait des cadeaux. Surtout ceux qui étaient faits aux inconnus.

Personne à part celle la. Il venait de voir Audrey ramasser deux fruits. Et apparemment, elle s'apprêtait à en manger un.
Il hésita un moment. S'il restait la et observait, il allait sans doute apprendre le fin mot de l'histoire. Après tout, ce n'étaient que des abricots, qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui arriver ? Il repensa alors au feu. A l'eau. Au portrait. Et à la chose conjurée par le professeur. Il se donna une gifle mentale. « Pas de logique ici. Marche pas. Alors arrête d'insister. »
Il se leva et s'approcha de la jeune femme.

« A votre place je n'y toucherais pas. Personne n'en mange. »

Il marqua une petite pause et regarda Audrey. Il ne savait pas exactement dans quelle case la placer. En fait, il ne savait pas exactement qui placer où. Certains profs ressemblaient à des élèves, certains élèves à des profs, et ne parlons même pas du reste du personnel.
Autant se présenter. Au moins il allait apprendre quelque chose de plus aujourd'hui.

« Professeur Franz Breitner, département de psychologie. »

Il lui tendit alors la main, quelque peu fier de son « département de psychologie ». S'il existait des « départements » au sein de l'Académie, il n'en savait rien. Mais cela faisait mieux que de se qualifier de « psychologue ». Plus honnête en tout cas.
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Re: Réflexions métaphysiques - Mer 26 Fév 2014 - 20:59
« A votre place je n'y toucherais pas. Personne n'en mange. Professeur Franz Breitner, département de psychologie. »
Audrey n’est plus seule à présent. La voilà en compagnie du professeur Franz Breitner. La demoiselle ne peut s’empêcher d’inspirer l’odeur qui accompagne cet inconnu.

* Du tabac… Il sent le tabac. *

Son odeur contraste avec celle des fruits. Ostermann semble alors manquer à son devoir.

* Voyons Audrey, debout !*

Elle se relève calmement et tombe face à face avec ce professeur, un homme de grande taille. Elle met aussitôt l’abricot dans sa main gauche et lui serre la main à son tour, avec une petite révérence. Audrey est une simple fille du peuple, mais elle a toujours eu beaucoup de respect pour les érudits. Et cet homme est sans doute un érudit, puisqu’il mérite le titre honorifique de « Professeur ».

« Audrey Ostermann, enchantée ! »

La demoiselle esquisse un sourire de politesse  et poursuit :

« Je suis surveillante, pour vous servir. »

Il est plus de dix-neuf heures. L’air se rafraîchit. Le lieu est agréable pour discuter et la comédienne en profite.

« Cet endroit est étrange, n’est-ce pas ? Rien ne ressemble à ce que j’ai connu, ni même aux histoires que j’ai pu entendre. Avant, autour de moi j’entendais des rires et de la joie. J’étais heureuse. Mais aujourd’hui je dois payer pour mes pêchers. C’est donc ça l’éternité : je vais devoir errer dans une académie à surveiller des élèves. N’aurais-je pas le droit au repos éternel ? »

Soudain, Audrey envoie à Franz Breitner l’abricot qu’elle tenait.

« Il y a des fruits mais on ne peut pas les manger, pourquoi ? »

Elle sort un deuxième abricot de sa sacoche. Audrey le caresse doucement. Ces fruits qu’elle a cueillis, ils ont l’air d’être bons et juteux. Pourtant les apparences sont trompeuses…

« Professeur, avez-vous des réponses à mes questionnements ? Peut-être qu’au département de psychologie…»

Audrey a parlé en regardant les arbres, mais là, son regard se pose sur Franz. En réalité, elle ne sait pas vraiment ce qu’est le département de psychologie. Elle ne se souvient pas avoir beaucoup entendu parler de psychologie dans son petit théâtre. Mais elle suppose que c’est la science de Monsieur. Et la science répond aux questions.

* S’il est professeur, peut-être pourra-t-il m’aider à y voir plus clair. *   
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Re: Réflexions métaphysiques - Mer 26 Fév 2014 - 23:04
Franz attrapa maladroitement l'abricot. Même si le geste n'était ni gracieux ni agile, il n'avait ni écrasé ni laissé tomber le fruit. Et c'était probablement le meilleur résultat auquel il pouvait s'attendre. Il n'avait jamais eu de bons réflexes. Chaque fois qu'il s'amusait à lancer une cacahuète ou un bonbon pour le rattraper avec sa bouche, il finissait par le prendre dans l'œil. Ou manquait de s'étouffer avec. Et cela ne l'empêchait pas de réessayer le lendemain. Les gens n'apprennent décidément jamais.

La cigarette aux lèvres, il écoutait Audrey. Beaucoup de questions. Et sans doute encore plus à venir. Sans penser à celles qu'elle ne comptait pas poser et celles qu'elle ne savait pas qu'elle comptait poser. Franchement, elle était plutôt mal tombée. Des réponses, il n'en avait que peu. Et elles n'étaient même pas fiables.

Il regarda l'abricot qu'il tenait. Un beau fruit. Il n'allait pas le rester bien longtemps, évidemment, mais pour l'instant, il donnait faim. Et pourtant, il n'aimait pas tant les abricots que ça. Autant commencer par la.

« On peut probablement. Seulement, je n'ai vu personne y toucher jusque la. Et ce genre de choses me rend méfiant. Et vu ce qu'il se passe ici, la méfiance n'est pas un luxe. »

Il marqua une petite pause. Il n'aimait pas le sous-entendu qu'il venait de faire. « Ce qu'il se passe ici » ? On aurait pu croire que l'Académie était un enfer. Et ce n'était pas le cas. Ce n'était pas le paradis, c'était évident, mais un enfer ? Exagéré. Même lui avait connu pire. Et il n'avait pourtant pas connu grand chose.

« Ce que je veux dire par la, c'est qu'il se déroule des faits étranges. Et fascinants. De la magie, certain diront. Je ne peux pas dire que j'aime le concept, mais puisque les morts sont capables de parler d'abricots, j'imagine qu'il serait stupide de nier son existence, n'est-ce pas ? »

Prenant soin de ne pas souffler au visage de son interlocutrice, il laissa une bouffée de fumée s'échapper de sa bouche. Simple politesse. Il n'avait jamais apprécié les fumeurs qui se comportaient comme si tout le monde voulait son cancer domestique. Libre à eux de mourir plus lentement.

« Si ça peut vous rassurer, tout le monde ici est logé à la même enseigne. Bons, mauvais, entre les deux, ça ne fait pas grande différence. Personne n'a droit au repos. Enfin pour le moment du moins. Je suis persuadé que leur éternité n'est pas si longue qu'ils veulent nous le faire croire. »

Il tendit l'abricot à Audrey. Il n'avait pas l'intention d'y toucher. Et ce même si elle finissait par manger le sien sans sembler en souffrir. Il n'était pas né de la dernière pluie et il savait très bien que certains poisons, certaines maladies...ou certaines malédictions, puisqu'il fallait compter avec ce genre de choses désormais, pouvaient prendre des formes insidieuses. Même si elle ne tombait pas sur le coup, rien ne l'assurait qu'elle n'allait pas se transformer en un tas de chair torturée et gémissante d'ici quelques heures. Ou mois. Ou siècles. Le temps n'avait décidément plus la même valeur qu'avant.
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Re: Réflexions métaphysiques - Jeu 27 Fév 2014 - 22:46
La demoiselle écoute attentivement son interlocuteur. Ses paroles lui paraissent sages mais est-ce suffisant pour Audrey ?
* Audrey, je crois que ton ignorance ne cessera de te porter préjudice. *

Cet homme avec qui elle parle, lui, porte le noble titre de « professeur ». Il possède un savoir qu’Audrey n’a pas et pourtant, lui non plus ne semble pas certain de son futur.


* Dieu seul sait ce qui va advenir de nous…encore que je me demande si je dois encore croire en un dieu …*


Après un petit silence, la comédienne prend la parole :


« Voyez-vous professeur, je ne crois pas avoir besoin d’être rassurée. A quoi cela me servirait ? Je n’ai aucune attache ici, d’autant que je n’ai rien à perdre. J’ai juste envie de savoir, de comprendre. Je crois être ignorante depuis bien trop longtemps. »


Ostermann fait preuve d’optimisme :


« Il n’est jamais trop tard pour apprendre, n’est-ce pas ? »


Une idée surgit dans son esprit.


«  Professeur, aimez-vous les expériences ? »


Depuis qu’Ostermann est morte (c’est-à-dire une semaine) elle ne se méfie plus de rien ni de personne.


* Après être morte je ne vois pas ce qui pourrait m’arriver de pire. *


Tout est dit, la jeune fille croque l’abricot. Quelle insouciance !


«  Eh bien… Ma foi ce fruit est aussi bon que beau ! »


Cela dit, la demoiselle n’en mange pas plus. Elle le range dans sa sacoche et, avec grande surprise, regarde le professeur.


« Vous ne m’aviez pas dit que vous étiez accompagné. S’était-il caché ? »


Audrey caresse le petit singe assis sur l’épaule de Franz. D’un coup l’animal tire sur les oreilles de son maître. La comédienne ne peut s’empêcher de rire aux éclats.


« Pardonnez mes rires professeur »


Le singe saute subitement sur elle.  La jeune fille surprise, sursaute. Avec ses petites pattes, le nouvel arrivant sort une pièce de derrière l’oreille d’Audrey.


Ostermann applaudit :


« Bravo ! Bravo ! Quel magicien ! Dites-moi professeur quel est le nom de ce charmant joueur ?"

Audrey n'aurai pas soupçonné un seul instant qu'elle hallucinait tant elle était ravie par le ouistiti.

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Re: Réflexions métaphysiques - Ven 28 Fév 2014 - 16:50
Rien à perdre hein ? Il n'aimait guère les gens qui s'imaginent dans cette situation. Tout le monde a quelque chose à perdre. Seulement, certains ne s'en rendent pas compte, par désespoir ou manque d'imagination. Même le plus démuni des mendiants possède encore sa liberté. Et peut se la faire retirer.
Le pire n'est jamais très loin; seulement, il se déplace à chaque fois que l'on s'en rapproche. Un peu comme un arc-en-ciel. En plus déprimant.
Le plus dérangeant avec ces gens la, c'était leur imprévisibilité. Cela les rendait dangereux. Pour eux d'abord, mais surtout pour les autres. Et dans ce cas, les autres incluaient « Franz ». Ce qui l'ennuyait profondément.

Il s'apprêtait à répondre « Non, pas quand je ne suis pas derrière une vitre de sécurité. » à la jeune fille lorsque celle-ci croqua dans l'abricot. Il eut un mouvement de recul en la voyant faire, comme si elle venait de dégoupiller une grenade. Pour ce qu'il en savait, le fruit aurait pu être gorgé d'organonitrates et leur faire sauter la face à tous les deux.
Un instant qui lui sembla être une éternité s'écoula. Rien ? Pas d'écume lui sortant de la bouche ? Pas de convulsions ? Pas de retournement d'épiderme comme s'il s'agissait d'un vulgaire gant ?

«  Eh bien… Ma foi ce fruit est aussi bon que beau ! »

Entendre Audrey s'exprimer sur la qualité de l'abricot le rassura. Pas au point d'essayer à son tour, ça non. Mais au moins, il savait qu'il ne s'agissait pas de quelque chose qui aurait pu transformer l'Académie en tas de cendres.
Il le fut d'autant plus lorsqu'il la vit ranger le fruit après une seule bouchée. Même si son « expérience » n'avait plus rien de scientifique à l'instant même où elle avait songé tester sur elle-même un produit inconnu, elle avait au moins la conscience d'esprit de ne pas s'avaler toute la fiole. Ou la sphère, dans le cas présent.

...Accompagné ? Il n'était pas accompagné. Et pourquoi est-ce qu'elle caressait l'air au dessus de son épaule d'ailleurs ?

Il marqua une pause. Une assez longue pause même. Le temps d'essayer de comprendre quel genre de caillasse venait de frapper Audrey à l'arrière du crâne. Elle était grosse, ça c'était évident. Plus qu'un abricot.

« Un joueur ?... »

Il n'avait pas vraiment eu l'intention de poser la question. Il savait qu'il n'allait obtenir aucune réponse valable. Comment pourrait-elle lui en donner une, vu qu'elle était sous l'emprise de...la chose contenue dans les abricots. Surement un vulgaire composé chimique, s'était-il dit. Mais il n'y croyait pas tant que ça. C'était...trop terre à terre. Trop logique. Et il s'était rendu à l'évidence, la logique avait besoin d'une bonne mise à jour.

Il fixa la jeune fille. Elle avait l'air de jouer avec...quelque chose. Quelque chose qu'elle seule pouvait voir. Des fruits hallucinogènes ?...Si c'était juste ça, c'était rassurant. Et un peu décevant. Il s'attendait à quelque chose de plus étrange. De plus alien. Quelque chose qu'il n'allait pas pouvoir décrire avec de misérables mots humains. Tant pis. Il avait déjà une personne paumée sur le dos, pas la peine d'en rajouter.

« Peu importe ce que vous voyez, ça n'existe pas. Enfin ça n'existe que pour vous. »

Il s'en voulut presque d'être aussi abrupt. Mais c'était nécessaire. Pour le moment, elle voyait des choses apparemment plaisantes. Ça n'allait probablement pas durer.

« Asseyez-vous un peu le temps que ça passe et expliquez moi donc ce que vous voyez. Si ça empire, je vous emmènerais à l’infirmerie. »

« Si je la trouve », ajouta-il mentalement; attendant avec anxiété l'instant où elle allait se mettre à hurler qu'on retire la multitude d'araignées qui lui grimpait dessus.
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Re: Réflexions métaphysiques - Sam 1 Mar 2014 - 1:28
Audrey cesse de rire suite à la réaction du professeur.
« Peu importe ce que vous voyez, ça n'existe pas. Enfin ça n'existe que pour vous.

 Vexée, la demoiselle ne dit pas un mot.

 * Après tout, peut-être que c’est lui qui n’arrive pas à le voir. *

 « Asseyez-vous un peu le temps que ça passe et expliquez moi donc ce que vous voyez. Si ça empire, je vous emmènerais à l’infirmerie. »

 Sagement, Ostermann se pose en tailleur sur le sol. Elle prend le ouistiti dans ses bras et le dorlote comme s’il s’agissait d’un nouveau-né.

 * T’es mon petit bout de chou toi ! *

 La compagnie du petit singe lui semble alors plus plaisante que celle de Franz. Malgré cela, Audrey respecte le professeur et lui est reconnaissante du temps qu’il lui accorde.

 « Et bien professeur, c’est dommage que vous ne puissiez le voir. Ce petit singe est si mignon, si attendrissant… »

 Ses yeux se remplissent de douceur.

 « Il est vêtu à peu près comme vous. Il porte une espèce de redingote légèrement froissée… »

 Court silence. Elle fronce légèrement les sourcils.

 « En fait, il vous ressemble un peu. »

 Son regard se dirige alors vers Breitner. Le visage éberlué, Audrey observe Franz.



 « Que vous dire de plus si ce n’est que… Oh ! Mon Dieu ! Vous grossissez à vue d’œil ! »


 Ostermann voit Monsieur grossir à tel point que ce cher professeur n’a plus un, ni deux, mais bien quatre mentons ! Etrangement, ses habits s’élargissent en même temps qu’il gonfle, sans pour autant craquer. Le ouistiti hurle de peur et s’enfuit en courant. La comédienne est effrayée.

 * Seigneur, j’espère qu’il ne va pas éclater… *

 La demoiselle ferme les yeux. En les rouvrant, elle découvre avec joie que Franz a retrouvé son aspect originel.



 « Dieu merci, vous êtes en un morceau ! »

 Une chose a changé cependant. Les abricotiers ont disparu et ont laissé place à de magnifiques fraisiers. Or Audrey Ostermann a un faible pour les fraises. Voir toutes ces merveilles ne lui donne qu’une seule envie : manger ! Elle s’approche à grands pas de ces nouveaux fruits. Encore une fois, Audrey se laisse tenter. La demoiselle avale en une bouchée la fraise que lui tend une branche. Ce fruit n’est pourtant rien d’autre qu’un de ces abricots hallucinogènes.
Elle se lance alors dans une grande cueillette, criant aussi fort qu’elle le peut :



 « J’ai faiiiimmm !!! »

 Ostermann ne semble plus être consciente de ses actes ni de ce qui se trouve autour d’elle.
Essoufflée, Audrey finit par s’appuyer contre un arbre et interpelle Franz, qu’elle voit habillé en serveur.

 « Je suis fatiguée… Garçon, une bière ! »
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Re: Réflexions métaphysiques - Sam 1 Mar 2014 - 17:35
Pour l'instant, cela se passait raisonnablement bien. Certes, Audrey était en train d'halluciner qu'un singe jouait avec elle mais au moins, elle n'était pas recroquevillée, hurlant à s'en arracher les cordes vocales. Et c'était probablement tout ce qu'il pouvait se permettre d'espérer.
Il se laissa un instant de répit et tira sur sa cigarette. Il ne se sentait vraiment pas capable de réagir correctement si la situation venait à se dégrader. Et quelque chose lui disait que cela allait bientôt être le cas.

A peine avait-il réussi à se calmer et à reprendre un visage inexpressif que son œil droit tressaillit. Apparemment, le singe lui ressemblait. Il n'était pas sûr de pouvoir bien prendre cette remarque. Sa main glissa le long de sa veste et en ramena un pan vers lui. Il baissa discrètement le regard, comme pour s'assurer qu'il n'avait pas, sans faire attention, porté une redingote de cirque rouge depuis plus d'une dizaine d'années.

« Elle est très bien ma veste... » marmonna t-il pour lui-même en la réajustant.

Et c'est à ce moment que la situation cessa d'être bon enfant. Quand ses yeux se posèrent à nouveau sur Audrey, son visage affichait une expression d'horreur. Pas juste la petite horreur qu'on ressent en voyant une araignée nous grimper sur la jambe pendant qu'on est aux toilettes. Non, la, il s'agissait de la véritable horreur, celle qui vous rend le teint blanc comme craie et vous pousse à vous décrocher la mâchoire et à propulser vos yeux hors de leurs orbites. Celle qui ne peut inspirée que par des choses si aliens et si terribles que l'esprit ne peut les supporter. Ou par des abricots. Mais ça avait largement moins de gueule.

« Calmez-vous donc ! Vous êtes juste en train de délirer ! »

Elle ne l'avait même pas entendu. Pas étonnant. Aurait été trop simple. Il s'apprêtait à aller lui prendre la tête entre les mains pour tenter de lui remettre un peu de sens dans la caboche lorsqu'elle cessa d'elle-même. Aussi bien. Elle aurait surement été capable de le mordre en imaginant un troll.

« Écoutez Audrey...Et puis merde. »

Il n'avait même pas eu le temps de finir ses deux mots que son interlocutrice avait cessé de l'être. Quelque chose de plus intéressants avec les arbres. Il hésita un instant à s'éclipser discrètement. Elle ne l'aurait jamais remarqué, et il aurait très bien pu ne jamais la recroiser. Et même si ça avait été le cas, il aurait sans doute pu inventer une histoire quelconque. A base d'oiseaux géants, d'enlèvement et de retrouvailles par une bande de chevaliers armés de sucres d'orge. Ça aurait été dans le ton.
Sa main vint se coller contre son visage. Il espérait qu'à l'instant où il la retirerait, tout serait terminé. A la place, Audrey était en train de se goinfrer d'abricots, hurlant comme une furie.

« ... »

Il était sûr que son silence avait été audible, aussi oxymoronique que cela puisse être. Il n'y avait pas besoin de mots. Son expression suffisait. C'était comme s'il s'était maquillé avec l'essence même d'un « Oh merde... » murmuré par un homme voyant arriver un 36 tonnes droit sur lui. Il n'essaya même pas de s'approcher d'elle à nouveau ou de la calmer. Il ne pouvait plus rien faire d'autre qu'attendre.

Un temps qui lui sembla interminable passa. Audrey revint, essoufflée. Du jus d'abricot tartinait son visage. Une enfant de 5 ans, voilà à quoi elle lui faisait penser à cet instant. Il ne savait pas comment s'y prendre exactement. Rester dans la réalité et essayer de l'en rapprocher ou jouer le jeu ?...Pas la deuxième. C'était un coup à finir aussi fou que celui qu'on essayait d'aider.

« Audrey. Vous hallucinez. Complètement. Essayez de vous détendre, rien n'est vrai. »

Il s'approcha d'elle et lui posa une main sur l'épaule pour la guider vers un banc.

« Venez vous assoir. Maintenant. »

Un peu de fermeté. Voilà ce qu'il lui fallait. Il devait lui remettre les pieds sur terre, qu'elle le veuille ou non. Ou s'enfuir une fois la situation devenue désespérée. Après tout, ce n'était pas une élève, il n'en était pas responsable. Et même si cela l'avait été, c'était une adulte. Et les adultes sont matures et conscients de leurs act...

Il n'osa pas terminer cette pensée tant elle lui sembla éloignée de la vérité.
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Drôle de fin - Dim 6 Juil 2014 - 21:19
 
Audrey obéit sagement au professeur.

*ben dis-donc, quelle autorité pour un serveur !*

 Assise calmement, elle ferme les yeux et  fait le vide dans son esprit.

Il fait déjà nuit ;
 
Audrey retrouve petit à petit ses forces et replonge dans sa folie.La demoiselle se relève d'un coup, s'étire et s'écrie :


"Ololololo! Mais il fait déjà nuit! On dirait bien que j'ai trop bavardé avec toi Lucien! En tout cas s'était un plaisir de boire un verre en ta compagnie! Aller, aller je file , j'espère ne pas être en retard pour la représentation!"
 
Ostermann presse le pas. Elle s'éloigne du parc et fait un dernier signe de la main à Lucien :

"Passe le bonjour à ta famille"

La voilà qui s'en va hors du parc toujours sous l’emprise des abricots. Audrey court aussi vite qu'elle peut. Elle arrive au seuil de sa chambre, pousse violemment la porte et se jette dans son lit. La voilà partie dans un long, très long sommeil.
 
Ce n'est que le lendemain à 13h que la jeune fille se réveille n'ayant plus le moindre souvenir de la veille.

Si ce n'est peut-être un drôle de rêve avec un certain Professeur Franz accompagné de son singe mangeur d'abricot...


FIN
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Re: Réflexions métaphysiques - Mar 8 Juil 2014 - 20:57
J'ai beaucoup aimé ce rp, le côté mêlé de découvertes, d réalité et de délire complet, personnellement, je suis fan. Et le pauvre Fanz qui tente ce qu'il peut. Bravo à tous les deux, vous m'avez bien fait rire.

Audrey : 320 xps
Franz : 360 xps

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Re: Réflexions métaphysiques -
Réflexions métaphysiques
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