Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Le couloir des âmes perdues [Libre]

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Re: Le couloir des âmes perdues [Libre] - Mar 4 Mar 2014 - 23:31
Il avait toujours associé à la mort à un simple cessation d'existence. Quelque chose de très simple. Tellement simple même qu'elle en devenait impossible à concevoir avec un vulgaire esprit humain. Alors imaginez sa surprise lorsqu'il s'était rendu compte qu'il avait encore la possibilité d'exister. Le fait d'avoir droit à un environnement reconnaissable, voire même familier, n'était qu'un plus. Un plus très appréciable cela dit, il avait eu sa propre expérience avec les dimensions bizarres et autres limbes et cela lui avait suffi. Même si cela impliquait de devoir continuer avec les stupides routines des vivants: manger, boire, dormir...et d'autres choses corporelles n'ayant pas besoin d'être citées.

Il regarda Stefen se pincer. Un petit sourire en coin naquit sur son visage. Lui aussi, il s'était testé de la sorte. En se brûlant avec sa cigarette, ce qui était nettement plus radical. Et il avait eu l'occasion de remarquer que sa blessure avait disparu plus rapidement. Il n'avait cependant pas eu l'envie de répéter l'expérience ou de la pousser plus loin. La douleur, ça fait mal, même quand on est mort.

« Je vous le confirme, on peut toujours avoir mal. Et faim. Et sommeil. Pas grande différence la dessus. Par contre...enfin prenez le avec un grain de sel parce que je n'en suis pas certain, mais je pense qu'on guérit plus vite. »

Dehors, un groupe d'élève entra dans un bâtiment. L'Académie ressemblait vraiment à une école comme les autres au final. Plus luxueuse, plus grande, plus impressionnante, mais sans être totalement alien non plus. Cependant...il y avait quelque chose de différent, quelque chose...qui faisait comprendre à tout ceux qui la voyaient qu'ils n'étaient pas sur Terre dans une école privée pour enfants de millionnaires. Quelque chose...de puissant, d'extraordinaire, de magnifique, mais aussi de terriblement incompréhensible. Il eut un léger mouvement de recul lorsque cette pensée le frappa.

« Vous avez déjà entendu parler du concept d'inquiétante étrangeté ? Cette répulsion qu'on ressent lorsqu'on voit quelque chose d'à la fois familier et étranger, comme les espèces de robots humanoïdes japonais la, avec leur face en latex inexpressive... »

Les élèves avaient disparus. Partis se mettre au chaud et à l'abri. Pas grand monde d'autre dehors. Probablement trop froid et trop gris pour cela. Il détacha son regard de la fenêtre et poursuivit son explication.

« ...eh bien c'est un peu ce que je ressens. Je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais j'ai l'impression que l'Académie...et tout ce qui l'entoure en fait, que ce monde même, a été créé par quelque chose qui sait comment pensent et fonctionnent les humains mais qui ne l'a jamais été. C'est...pas vraiment possible de l'expliquer, c'est une sensation très diffuse, une angoisse insidieuse...un peu comme les yeux derrière le masque, vous voyez ce que je veux dire ? »

Non, Stefen n'avait probablement pas vu. Il regretta rapidement d'avoir parlé autant, même s'il savait que ce genre de pensées ne pouvaient pas rester indéfiniment enfermées. Sinon elles devenaient folles et se mettaient à mâchouiller leur cage. Et une fois qu'elles en avaient terminé avec les barreaux, elles s'occupaient de mettre consciencieusement à sac tout ce qui les entourait.
Dans tous les cas, il espéra que son discours faisait sens. Passer pour un fou, il pouvait l'accepter. L'être...un peu moins. Oh certes il n'était probablement pas un modèle de santé mentale, mais il se considérait tout de même relativement stable et fonctionnel. Et il comptait bien le rester aussi longtemps que possible, mort ou pas.


Dernière édition par Franz Breitner le Ven 7 Mar 2014 - 3:11, édité 1 fois
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Re: Le couloir des âmes perdues [Libre] - Mer 5 Mar 2014 - 16:50
Stefen écouta les premières explications de Breitner. Visiblement, il s’était trompé en croyant que son interlocuteur n’en savait pas plus que lui. Ce dernier avait dû avoir l’occasion d’expérimenter un certain nombre de sensations, pour pouvoir affirmer qu’elles se manifestaient toujours, même ici. Le jeune homme afficha une moue déçue. La capacité de guérir plus vite, si elle était réelle, ne lui semblait pas un avantage si extraordinaire que ça. Cependant, le professeur s’était remis à parler, sans cesser de regarder par la fenêtre. Stefen ne comprit pas bien ce qu’il voulait dire. Lui ne ressentait rien qui aurait pu s’apparenter à une inquiétante étrangeté. Pour lui, le sentiment d’étrangeté commençait justement à s’estomper, à mesure qu’il retrouvait des repaires familiers quant à son corps et à leur environnement direct. Quant à l’inquiétude, il n’en avait pas encore éprouvé depuis qu’il était arrivé ici. Au fond, il voyait les choses de façon assez simple. Ce qui était familier était acquis, et ce qui était étranger était à découvrir, à conquérir. Rien de répulsif dans tout ça. Au contraire, il y voyait quelque chose d’assez attirant, pour sa part.

Quand Breitner poursuivit son exposé, Stefen haussa les épaules, une fois encore. De l’angoisse à présent. Les yeux derrière le masque. Tout cela ne lui disait pas grand-chose. Aussi se contenta-t-il de commenter la partie qu’il comprenait à peu près.

« Quelque chose qui n’a jamais été humain mais qui sait comment ces êtres fonctionnent… C’est un peu le principe du créateur, non ? Quand l’homme crée une machine, il sait comment elle fonctionne, mais il n’en a jamais été une. Tout ça me paraît assez fidèle à la vision religieuse de la divinité créatrice. Rien de bien angoissant, je trouve… »

En l’occurrence, lui-même ne ressentait rien de ce que décrivait son interlocuteur. Ni bouleversement émotionnel, ni présence supérieure. Rien qu’un vide qu’il connaissait bien, pour l’avoir déjà ressenti jadis quand il s’introduisait dans un environnement inconnu. La seule vocation de ce vide était de se remplir peu à peu d’un maximum d’informations intéressantes qu’il pourrait utiliser ensuite à son avantage. Il ne servait donc à rien de faire attention à d’éventuelles intuitions ou impressions vagues, qui n’apportaient aucun élément assez fiable pour être pris en compte. Seuls les choses tengibles et certaines comptaient, à ses yeux. S’il y avait réellement un être supérieur qui les surveillait, il le saurait bien assez tôt. En attendant, il lui paraissait totalement vain de se perdre en conjectures.

Quand le silence retomba, Stefen le laissa perdurer quelques instants, avant de faire remarquer, toujours aussi détaché :

« Vous semblez bien vous tourmenter, pour quelqu’un qui a décidé de se laisser porter par le cours des événements. »
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Re: Le couloir des âmes perdues [Libre] - Ven 7 Mar 2014 - 3:09
Ainsi son interlocuteur ne ressentait rien de particulier vis à vis de l'Académie. Il aurait du s'en douter, il était accoutumé à ce genre d'angoisses infondées. Encore une fois, il s'était laissé emporter. Après tout...nouvelles règles, ancien contexte...peut-être était-ce simplement de là que venait « son » inquiétante étrangeté. Tant pis, il n'avait rien perdu à vérifier.
Il tira longuement sur sa cigarette pour se recomposer avant de répondre à Stefen, d'un ton redevenu neutre.

« C'est l'histoire de ma vie ça, m'angoisser pour un rien. Faites pas attention. »

« Faites pas attention. » C'était tout ce qu'il avait trouvé pour se justifier et couper aussi court que possible à une discussion qu'il regrettait d'avoir lancé. Pas très subtil, mais le message était probablement passé. D'autant plus que son interlocuteur lui semblait être un jeune homme intelligent. Une qualité très appréciable qui semblait se raréfier avec le temps. Ou peut-être qu'il devenait de plus en plus aigri.
Il marqua une pause. Le problème, avec les changements de sujets abrupts, c'est qu'on se retrouve sans rien à dire. Peut-être était-ce le moment de terminer cette conversation. Elle leur avait été utile à tous les deux.

Sa cigarette touchait également à sa fin. Dommage, une de moins. Il se demanda comment il allait bien pouvoir s'en procurer. Peut-être le marché en plein air ? Après tout, les gens ici étaient morts, alors les restrictions habituelles sur le tabac n'avaient plus lieu d'être. Mais bon, pas la peine d'avoir de trop grands espoirs. Plus les choses semblent logiques, moins elles sont susceptibles de se produire.
Il entrouvrit la fenêtre et jeta son mégot. Ni vu ni connu. De toute façon, il ne mettait pas de filtres, alors d'ici quelques semaines, voire moins, il n'en resterait rien. Il se tourna alors vers Stefen.

« Bien. Je pense que nous allons séparer ici pour le moment. Ce fut intéressant. Plus que de faire cours à des gens qui s'en contrefichent en tout cas. »

Un léger sourire était apparu sur son visage. C'était vrai, il avait apprécié cette petite discussion. Comme quoi, deux moins pouvaient bien faire un plus. Ils allaient repartir tout deux moins perdus qu'ils ne l'étaient à leur arrivée. Certes, ils n'avaient toujours pas trouvé leurs salles respectives ou à qui s'adresser pour obtenir des informations, mais était-ce si important ? Pas tant que ça, finalement. Ils avaient le temps. Et ils en avaient tout deux pris conscience, ce qui est nettement plus important.

« Au plaisir de vous revoir. Si vous avez besoin de moi, cherchez ma chambre. Suffit de lire les plaques. Mais bon, je pense que vous saurez parfaitement vous débrouiller seul. »

Il tendit la main à Stefen. Il avait le pressentiment qu'il allait revoir le jeune homme assez rapidement. Et pas dans un de ses cours. En fait, il doutait que celui-ci se montre très assidu, ce qui lui sembla être une attitude tout à fait raisonnable. Les événements qui se déroulaient entre ces murs étaient probablement largement plus intéressants et importants que n'importe quel examen, fut-il proposé par un dieu.
Pendant un instant, il hésita même à lui donner l'autorisation de ne pas y assister mais il se ravisa. Cela n'en valait pas la peine. Personne ne semblait surveiller quoi que ce soit. Et de toute façon, c'était probablement lui qui décidait des punitions en cas d'absence. Autant dire qu'il n'allait pas y avoir grand monde en retenue pour avoir séché le cours de psychologie. Trop de paperasse pour rien.

Pour sa part, il allait certainement aller vérifier la fonction du grand bâtiment qu'il avait remarqué depuis la fenêtre. Suite à quoi il rentrerait au bercail après avoir trainaillé encore quelques temps dans les couloirs de l'Académie. En bref, encore une bonne journée passée à ne rien faire aux frais de la princesse.

Autant en profiter, ça n'allait pas durer.
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Re: Le couloir des âmes perdues [Libre] - Ven 7 Mar 2014 - 12:37
Visiblement, Stefen avait touché un point délicat, à voir l’attitude du professeur qui parut se renfermer un peu. Cependant, ce n’était pas si surprenant. La remarque qu’il venait de faire manquait singulièrement de finesse. Le constat brut, sans fioritures, de ce qui lui semblait être une contradiction de la part de son interlocuteur. Il aurait dû être plus subtil. Mais après tout, ça n’avait pas tant d’importance. C’était une simple rencontre, pas un entretien pour obtenir des informations confidentielles, qui aurait nécessité autrement plus de doigté. Le jeune homme chassa donc ses récriminations de son esprit. Il aurait tout le temps de réapprendre à jouer avec les attitudes pour obtenir ce qu’il voulait. D’ailleurs, pour le moment, il ne voulait rien de particulier. Du moins, rien de ce que Breitner détenait.

Il regarda le professeur jeter son mégot par la fenêtre, comme quelque chose de parfaitement naturel. Lui-même fumait de son vivant, mais davantage pour se fondre dans la masse que par réel plaisir ou besoin. A son époque de mortel, la chose était très répandue, et largement valorisée. Pour lui, fumer, c’était surtout adopter le comportement de ses interlocuteurs. Il avait eu de multiples occasions de remarquer que reproduire les attitudes d’autrui rendait cet autrui beaucoup moins méfiant et plus locace. Probablement une sorte de langage corporel signifiant quelque chose comme « je suis des vôtres ».

L’élève entendit alors le professeur proposer de mettre un terme à leur échange. Ce n’était pas une mauvaise idée. Il n’en apprendrait pas davantage pour le moment. Il ne servait à rien de poursuivre une discussion qui allait vite finir par tourner en rond, voire se tarir complètement. De part et d’autre, l’essentiel avait été dit, pensait-il. Il se contenta donc de hocher la tête, rendant son sourire à son interlocuteur. Lui aussi avait trouvé cette rencontre intéressante, même si aucune information vraiment utile dans l’immédiat n’en était sortie, à part l’emplacement de quelques bâtiments. La vision à la fois détachée et lucide que Breitner semblait avoir sur les choses, y compris sur ses propres émotions, lui plaisait. Il se demanda un court instant à quoi pouvait ressembler un cours donné par ce professeur. Il faudrait qu’il songe à y jeter un coup d’œil, s’il en avait l’occasion. Pas par intérêt pour la discipline qu’il enseignait, ni pour un quelconque désir d’apprendre, non. Simplement par curiosité, pour voir comment l’homme se comportait face à une classe. D’ailleurs, un simple aperçu lui suffirait amplement. Hors de question de suivre tout un cursus.

Stefen serra brièvement la main que le professeur lui tendait, comme il l’avait fait quand ils s’étaient présentés.

« Merci, ça devrait aller, oui. Au plaisir. »

Bien sûr, croiser à nouveau Breitner ne lui déplairait pas. Mais de là à lui rendre visite, il ne fallait pas exagérer. Stefen avait toujours pris garde de ne jamais dépendre de qui que ce soit. Toutes les fois où il avait profité de l’aide d’autres personnes, ça avait toujours été de façon très ponctuelle et parfaitement calculée. Chaque fois qu’il le pouvait, il préférait se débrouiller seul, et visiblement, Breitner l’avait compris, il ne savait trop comment. D’ailleurs, le jeune homme interpréta sa proposition comme une offre de pure forme.

Stefen se détourna, et se remit à suivre le couloir, sans un regard en arrière. Son prochain objectif était de rencontrer quelqu’un, n’importe qui, qui connaissait les lieux un peu mieux que le professeur de psychologie. Ca ne devait pas être si compliqué. Ensuite, il lui faudrait se préoccuper de cette histoire de chambre. Ce faisant, peut-être découvrirait-il d’autres choses inattendues. La conquête commençait tout juste, en somme.
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Re: Le couloir des âmes perdues [Libre] - Lun 10 Mar 2014 - 20:53
Décidément, j'ai un faible pour ta plume, Franz (vas-y, vas te cacher), mais j'aime beaucoup celle de Stefen aussi. Et vos deux styles, plus vos deux personnages, cela donne un rp sympathique ! Scepticisme, interrogations multiples etc... J'aimerais bien savoir si vous trouvez vos réponses plus tard !


Stefen Doblovich : 730 xps
Franz Breitner : 705 xps

Xps attribués : Yep
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