Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Douloureuses retrouvailles en Enfer

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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Ven 28 Fév 2014 - 20:05
Des images défilaient malgré moi dans mon esprit, l’état de ma compagne forçait mon pouvoir à s’activer, m’imposant de m’immiscer dans sa tête. J’arrivais à peu près à contrôler cette capacité en temps normal, mais là ce n’était pas le cas, mon instabilité m’en empêchait, je me retrouvais donc avec ses cauchemars et les miens défilant devant mes yeux. J’essayai de me focaliser sur les siens, ils étaient moins enclins à m’atteindre et les voir ne me mettrait pas en panique, contrairement à ceux que je faisais. Ils étaient étonnamment clairs et réalistes, comme s’il s’agissait plus de souvenirs que d’images résultant de son imaginaire. Elle n’était encore qu’une petite fille et la scène se déroulait dans un lieu visiblement venu d’une époque aujourd’hui révolue.
Elle jouait dans une pièce d’où l’on pouvait entendre des voix venant d’en dessous, une femme très belle et aussi simplement vêtue d’un voile jaune se tenait en face d’elle, coiffant sa longue chevelure rousse devant un miroir. Une impression de sécurité émanait d’elle, c’était une personne qui lui était familière, mais étrangement je ne pouvais lire dans son esprit de qui il s’agissait. Toutes deux chantonnaient une chanson que je ne comprenais pas et à mes yeux je voyais une scène ou mère et fille partageaient un moment d’intimité dans leur chambre, loin des autres et en paix. À bien y regarder la femme avait des traits de ressemblance avec Arsen, était-ce pour autant sa mère ? Elle comme moi n’en avions aucune idée, ce détail ayant visiblement été oublié.
Soudain, tout s’agit, une personne étrangère entra dans la pièce, poignardant la femme et plongeant mon amie dans la panique, alors que l’homme riait d’un rire que je connaissais bien, emplie de toute la démence dont l’homme était capable. C’est à ce moment que son esprit commença à lui jouer des tours, mélangeant passé et présent pour le plus grand malheur d’Arsen, mon corps se superposait avec celui de sa supposée mère. Son esprit s’embrouillait, s’engluant lui-même dans une incompréhension qui le dépassait, la panique s’emparait d’elle et ensuite une voix, celle de l’homme qui riait, suivit d’une douleur au bras gauche et puis plus rien. Un vide de quelques instants s’installa dans mon esprit et c’est ensuite un flot ininterrompu de pensées qui m’envahit, elle avait peur, peur de son passé, du présent. Elle ne comprenait pas ce que je faisais dans son cauchemar, ni si cela était lié à son nouvel état, celui d’une femme visiblement amoureuse, c’est du moins ce qu’elle pensait.
Sa voix se fit ensuite entendre, sa véritable voix et non celle de son esprit. Elle me disait que je ne comprenais pas, que tout était réel et que cette femme pouvait être sa mère, c’est du moins ce qu’elle essaya de dire. Le contrôle de son corps lui échappait, sa respiration était irrégulière, son regard empli de peine et de détresse, tandis que des perles salées coulaient le long de ses joues. C’est dans un effort conscient qu’elle tentait de se reprendre en me tendant son bras, me dévoilant la cicatrice de son avant-bras gauche, à l’endroit exact où elle avait été blessée dans son cauchemar, qui n’était en réalité qu’un écho de son passé oublié. Elle me suppliait d’une voix faible de lui enlever, de la faire disparaître, mais je ne le pouvais pas, c’était impossible.
J’étais étonnamment lucide et compréhensive de la situation, ces images avaient réussi à imposer un calme qui m’étonnait moi-même, mes peurs n’étaient plus que peu de choses par rapport aux siennes. L’idée de l’aider ne laissait plus de place à rien d’autre dans mon esprit, je voulais lui venir en aide, la supporter et la réconforter, je ne voulais rien d’autre. Je lui essuyai le visage avec l’essuie avant de le reposer sur ses cheveux, mes gestes étaient très doux et mon regard était complètement différent de celui que j’affichais habituellement. J’avais le regard d’une personne extrêmement attentionnée, douce et chaleureuse et je plongeai celui-ci dans celui de ma compagne, affichant en même temps un sourire tout aussi doux.
Je posai délicatement ma main sur sa cicatrice, abaissant par la même occasion son bras. Je fis glisser mon autre main sur sa joue, mes doigts touchant son cou et mon pouce lui caressant avec douceur la joue, faisant en même temps disparaître les larmes qui coulaient encore sur son visage. Je pris ensuite la parole avec une voix chargée d’une infinie tendresse et douceur qui en aurait étonné plus d’un, moi la première.
« - Si je comprends, je… j’ai tout vu à cause de mon pouvoir… je sais… Mais tu ne dois pas avoir peur, ce passé est loin et révolu, cet homme ne peut plus te blesser et… cette femme est partie depuis bien longtemps. Je connais tes peurs, tes doutes et je sais ce que tu penses, mais ne laisse pas ton passé hanter ton présent, tu ne connaîtras que souffrances et douleurs. »
Je marquai une petite pause, faisant glisser la main lui masquant la cicatrice jusqu’à son visage, pour se positionner comme sa sœur, de l’autre côté de son visage.
« - Tu n’as pas à avoir peur de me perdre ou de me voir mourir, je ne laisserai jamais cela se produire, je te le promets. Je resterais à tes côtés quoi qu’il arrive et jusqu’au bout, je ne te quitterais plus, je te soutiendrais et te protègerais, de toi-même s’il le faut. Je ne te laisserais plus avoir peur seule… tu ne seras plus jamais seule… Je… je t’aime et je ne peux supporter de te voir souffrir ainsi, permets-moi d’être celle qui restera à jamais à tes côtés. »
Mon cœur battait à la chamade, malgré le calme apparent dont je faisais preuve, mes joues s’étaient malgré moi rosies, mais cela m’importait peu. Poussée par mes émotions naissantes et mon désir d’être près d’elle, j’approchai lentement mon visage du sien, nos lèvres étant de plus en plus proche et mon cœur s’affolant à mesure que la distance entre celles-ci se réduisait. Jusqu’au moment où elles finirent par se toucher dans un tendre baiser empli de tendresse. Ses lèvres étaient très douces et mon corps tout entier fut parcouru par un frisson étrange, je me sentais heureuse de faire ceci et je ne voulais pas que nos lèvres se séparent.
Cependant, je n’allais pas avoir le choix et c’est au bout de quelques secondes et à contrecœur qu’elles se séparèrent. Je plongeai mon regard gêné dans le sien, le visage empourpré jusqu’aux oreilles et je repris avec la même ton que précédemment.
« - Je suis désolée, mais… je n’ai pas pu résister… excuse-moi… »
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Sam 1 Mar 2014 - 23:18
Arsen était vraiment perdue. Les cris avait lentement cessés dans sa tête mais ils lui avaient laissés un goût amer, elle n'était pas prête d'oublier ce cauchemar. Elle tremblait encore de froid et de peur, et sa cicatrice, dernier vestige d'une nuit passée et oubliée, cette douloureuse marque Yoko ne pouvait l'enlever. Elle avait été stupide, pourquoi lui avoir demandé une telle absurdité? Sa compagne avait posée délicatement sa main sur son bras pour masquer la cicatrice, la faisant en un sens disparaitre de sa vue et la jeune albinos baissa le visage. La surveillante le prit dans sa main, caressant sa joue avec beaucoup de douceur en lui disant qu'elle comprenait, et qu'elle ne devait pas se laisser emporter par son passé mais avancer pour ne pas souffrir. L'empoisonneuse ne comprenait pas vraiment ce qu'elle entendait par "j'ai tout vu" mais ce n'était pas ce qui la préoccupait, elle aurait voulu lui dire qu'elle essayait, qu'elle voulait avancer mais qu'il revenait la hanter chaque nuit, qu'elle n'y arrivait pas... Mais sa bouche se referma sans avoir émit le moindre son. La jeune femme tenait délicatement mais fermement son visage dans ses deux mains à présent. Elle lui tint un discours comme Arsen n'en avait jamais entendu, des mots pleins de promesses. Les larmes se mirent à déborder de ses beaux yeux vermeils et rouler sur ses joues tandis qu'un pale sourit naissait sur ses lèvres. Elle ne serait plus jamais seule, Yoko resterai à ses cotés. Elle pouvait supporter d'être seule, elle l'avait toujours été mais elle s'était rendu compte qu'elle ne voulait pas être sans la repentie, que la vie lui paraissait fade sans son regard d'azur. Était-ce possible qu'elle aussi ne veuille plus être séparée d'elle? C'était bien ce qu'elle avait dit non? Qu'elle voulait être celle qui resterai toujours à ses cotés.. L'albinos n'était pas totalement certaine de saisir la portée de ses mots, c'était tellement nouveau et si soudain... Avant de la rencontrer, elle ne pouvait même pas concevoir qu'on puisse l'aimer et qu'elle aime en retour.

Sans qu'elle y prenne garde, le visage de sa compagne s'était rapproché du sien. Ses joues avait légèrement rougies et l'apprentie déesse pouvait entendre son cœur battre plus vite dans sa poitrine pendant que les battements du sien accéléraient également. Les deux corps étaient si proche l'un de l'autre, elle pouvait sentir son odeur et la douce chaleur émanant d'elle à travers ses vêtements. Leurs lèvres s'effleurèrent pour se sceller dans un doux baiser. Arsen sentit un frisson lui parcourir l'échine mais ce n'était pas du au froid, les papillons dans son ventre se mirent à s'agiter, répendant une délicieuse chaleur en elle. Lorsque le baiser se termina, la jeune fille aux cheveux d'argent était déçue, elle ne voulait pas que cette sensation si agréable se termine. L'espace d'un instant elle s'était sentit comme sur un petit nuage, légère, invincible et étrangement vivante. Elle voulait absolument éprouver ça à nouveau.

« - Je suis désolée, mais… je n’ai pas pu résister… excuse-moi… »

Arsen plongea son regard de sang dans le sien sans comprendre. Pourquoi s'excusait-elle? Elle n'avait rien fait de mal, si? Elle n'avait fait que l'embr... La demoiselle se figea, couleur pivoine jusqu'au bout des oreilles. Elle avait vu des gens s'embrasser dans la rue une fois mais c'était des amoureux,  pouvait-on dire que Yoko et elle étaient des amoureuses? Et puis les baisers c'était des choses de grandes personnes... L'albinos bafouilla un truc incompréhensible, visiblement aussi gênée que sa compagne. La repentie se releva et lui tendit la main pour l'aider à se mettre debout. L'empoisonneuse s'en saisit et après quelques pas mal à l'aise elles sortirent de la salle de bain.

La jeune fille aux cheveux d'argent jeta un petit regard en biais à son amie. Elle était vraiment jolie, les joues ainsi rosies pourtant il y avait une ombre au tableau, ses traits étaient tirés, ses yeux rougis et ses habits avaient l'air humides, certainement à cause de leur étreinte. L'élève ne savait pas quoi faire, c'était à cause d'elle si elle était comme ça. Elle se dirigea vers l'armoire et y prit une chemise et son gros pull tout moue avant de les lui tendre.

" - Ça risque d'être un peu grand mais c'est tout ce que j'ai, mets les je voudrais pas que tu attrapes froid."

 Elle était parfaitement calme à présent mais cette nuit lui laissait un goût amer. Elle n'oublierai pas les odieuses images qu'elle avait pu voir ni la sensation de terreur qui l'avait étreinte mais le pire était le sentiment de faiblesse qu'elle ressentait toujours. Habituellement elle aurait surmontée ça seule, ce n'était pas la première fois et certainement pas la dernière, hélas cette fois-ci elle avait eut un témoin. Une personne qui l'avait vu dans un état pitoyable à sangloter à cause de fantômes invisibles, complètement paniquée et à peine consciente de ce qu'elle faisait. Elle haïssait sa propre faiblesse qui se répétait encore et encore, cet état qui ne faisait que durer un peu plus à chaque crise... La demoiselle aux yeux rouges regarda sa propre chemise, trempée et collée à son corps. Elle s'était calmée maintenant, plus de risque que ses poisons se mettent à s'agiter alors elle pouvait se réchauffer à présent. La douche glacée était le seule moyen qu'elle avait trouvé pour éviter ses rechutes empoisonnées, le froid ralentissant sa circulation sanguine en retardant l'effet du poison, quel qu'il soit. Arsen avança vers l'armoire et commença à déboutonner sa chemise, les mains toujours raidies par le froid. Elle inspira un bon coup et persévérera, elle devait y arriver seule.

" - Tu as l'air fatiguée, tu devrais te recoucher, dit elle sans se retourner, réussissant enfin à ôter sa chemise, puis elle ajouta d'une voix hésitante et légèrement plus rauque. J..Je suis désolée, tu n'aurais jamais du assister à ça. Ça ne se reproduira pas."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 3 Mar 2014 - 15:26
Je venais de faire une chose des plus inattendues, je venais d’embrasser Arsen sans la moindre once d’hésitation, je m’étais laissée guidée par mes émotions et je m’étais lancée. Cela faisait tellement d’années que je n’avais pas ressenti cela, que je n’avais pas autant apprécié le contact d’une autre personne, que je n’avais éprouvé de sentiments si forts pour quelqu’un. Enfin, en réalité, c’était la première fois que j’éprouvais ceci pour quelqu’un, je n’étais jamais vraiment tombée amoureuse, elle était la première. Moi qui étais toujours sur de moi et de tout ce que je faisais, je me retrouvais ici, totalement empourprée, inquiète de sa réaction et dans la peur qu’elle me rejette ou prenne mal mon acte, c’était sans aucun doute ma plus grande frayeur du moment, mais je devais me reprendre, je ne devais pas me laisser aller, ce n’était pas mon genre.
Elle bafouilla quelque chose d’incompréhensible et rosit elle aussi, sa réaction et son expression me laissait supposer qu’elle aurait pu aimer cela, mais mon intuition n’était pas toujours bonne, je ne pouvais être sûr de rien. Je me décidai à me relever, lui tendant la main pour l’aider à se remettre debout, toutes ses émotions l’ayant peut-être affaiblie, après quelques pas difficiles pendant lesquels je ne lui lâchai pas la main, nous quittâmes la salle de bain pour retourner dans la grande salle. Après quelques instants à me regarder, elle me lâcha la main et s’éloigna en direction de l’armoire, pour en sortir une chemise et un pull trop grand pour elle en me disant de les mettre pour remplacer mes vêtements mouillés. Elle aurait dû se soucier d’elle avant de se soucier de moi, je n’étais qu’un peu mouillée, elle avait passé je ne sais combien de temps sous une douche glacée. Se changer aurait dû être une priorité pour elle et non pour moi.
Elle se dirigea à nouveau vers l’armoire alors que je déboutonnai ma chemise pour finir par l’enlever tout en l’observant. Elle tremblait de partout et semblait avoir des difficultés à défaire la sienne, j’hésitai un instant pour aller l’aider, mais je me retins, elle voulait se débrouiller seule et je ne pouvais lui en vouloir. Sans se retourner, elle se mit à me parler tout en réussissant à enlever sa chemise pour finir en ajoutant une phrase qui me fit froncer les sourcils. Lâchant sans hésitation la chemise que je tenais et que j’allais enfiler, je me rendu face à l’albinos dans un pas rapide et décidé, les sourcils toujours froncés et mes yeux plonger dans les siens. Je pris la parole, d’une voix mélangeant à la fois tristesse, douceur et mécontentement.
« - Non, je ne suis pas d’accord… Tu n’as pas dû comprendre la portée de mes mots. » Je lui pris les mains avant de les joindre, enfuie sous les miennes, mon ton s’adoucissant de plus en plus. « Je t’ai promis de rester avec toi, ce ne sont pas des paroles en l’air… Je veux être là dans tes moments de doutes et de peurs, je veux être celle qui t’aidera à aller mieux, qui te tiendra la main quand tout ira mal… Tu ne comprends pas ? » Je lâchai l’une de ses mains, toujours tenue par mon autre main pour remonter son visage tendrement du bout des doigts. « Tu n’as pas à t’excuser de ce qu’il vient de se passer, je… je veux être là quand ça ne va pas, je ne pourrais pas rester à rien faire en sachant que tu souffres seule… c’est au-dessus de mes forces… »
J’approchais encore une fois mon visage du sien et alors que nos lèvres allaient se joindre à nouveau dans un baiser j’ajoutais.
« - Tu n’es plus seule désormais, n’hésites pas à te reposer sur moi, je serais ton soutien quand ça n’ira pas. »
Nos lèvres se scellèrent avec douceur en même temps que je la prenais dans mes bras, serrant son petit corps frigorifié contre le mien, ignorant la sensation de froid que cela provoquait chez moi. Cela n’avait que peu d’importance, je la voulais près de moi, ressentir son corps contre le mien, comme si j’avais besoin de me rassurer. Mes joues s’empourprèrent à nouveau, mes émotions et ce sentiment de bien-être envahissant chaque parcelle de mon corps à nouveau. Je n’avais jamais rien connu de tel, je me sentais parfaitement bien à partager ce moment avec elle, je me sentais apaisée, plus rien d’autre qu’elle n’avait d’importance à mes yeux. Je voulais profondément être avec elle et ne plus jamais en être séparée. Ce baiser fut plus long que le premier et alors que je séparais à contrecœur nos lèvres, je les laissais néanmoins se frôler, mon regard plonger dans le sien en la serrant toujours dans mes bras, avant d’ajouter d’une voix timide.
« - Je t’aime… » 
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mar 4 Mar 2014 - 23:59
Arsen éprouvait des plus grandes difficultés à enlever sa chemise. Ses doigts encore raidis par le froid dérapaient sur les petits boutons, leur rondeur ne l'aidant pas. Néanmoins elle persévéra, se concentrant sur sa respiration pour garder son calme, elle les enleva un à un. L'albinos finit par l'ôter, la secoua pour la défroisser et la posa sur le dossier de la chaise non loin d'elle. Elle avait remit la serviette sur sa tête pour se sécher les cheveux quand, en un rien de temps, Yoko arriva près d'elle. Elle aussi avait enlevé sa chemise pour se changer et restait plantée là, face à elle, ne portant comme seul haut qu'un joli soutien-gorge noir bordé d'une fine dentelle, à la fois sobre et élégant. Ses sourcils étaient froncés et elle était visiblement mécontente.

" - Au contraire je comprends très bien."

Sa voix était calme et ferme, sure d'elle, son visage n'affichant aucune émotion. C'est vrai, elle lui avait dis qu'elle la soutiendrait, la protègerait envers et contre tout, même elle-même, qu'elle ne la laisserait plus avoir peur toute seule.. Mais Arsen n'était pas d'accord, elle ne voulais plus avoir peur, qu'elle soit seule ou pas. Elle en avait assez de ses cauchemars à répétition, de ses nuits agitées et des douches glacées. Elle voulait juste dormir... Son amie prit doucement ses mains dans les siennes, lui transmettant sa chaleur.

" - Mais je ne veux plus être comme ça, je ne veux plus avoir peur de fermer l’œil et je ne veux, en aucun cas, que tu assistes à nouveau à ça."

Elle prit le visage de l'empoisonneuse entre ses mains, la forçant à relever ses yeux vers son regard d'azur. Elle voulait être son soutien mais l'apprentie déesse allait-elle seulement accepter qu'on l'aide? Elle s'était toujours débrouillée seule, toujours. Monsieur ne lui avait porté assistance que lorsque sa vie était réellement menacée et qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir seule. Était-elle si faible que sa compagne le pensait? Une ombre voila un instant son regard, si tel était le cas alors elle ne méritait pas de vivre...

Contre toutes attentes, Yoko s'approcha lentement de son visage, effleura d'abord ses lèvres et l'embrassa franchement. C'était un long et doux baiser, la belle jeune femme aux cheveux d'argent la prit dans ses bras dans une étreinte brulante. Le contraste entre la température de leur deux corps torse nu tira un long frisson à l'albinos. Sa peau était si douce, si chaude, son odeur si délectable comme une rose à peine éclose une nuit d'été... Arsen aurait aimé rester pour toujours dans ses bras là, que ses lèvres restent scellées, ne plus jamais la quitter. Lentement son corps se réchauffa, ses muscles se déraidirent et ses petites mains maladroites se posèrent dans son dos. Peut-être la demoiselle était-elle pour l'albinos une deuxième chance? Peut-être qu'elle était près d'elle pour l'aider à surmonter sa faiblesse? Si ce n'était pas ça, l'empoisonneuse essayait désespérément de s'en convaincre. Elle avait vraiment envie de croire que sa vie pouvait changer.

Une perle d'eau solitaire roulait sur sa joue tandis que sa compagne mettait fin au baiser pour plonger regard dans le sien. La demoiselle aux yeux vermeils s'empourpra jusqu'au bout des oreilles et s'écarta d'elle en se retournant, entendant ses mots de loin. Arsen fit quelque pas vers l'endroit où Yoko avait lâché la chemise et la ramassa. Elle revint vers sa belle et lui tendit le vêtement de manière à l'aider à l'enfiler. Une fois mise, l'albinos commença à la boutonner, se concentrant sur sa tache pour ne pas la regarder dans les yeux, ses doigts s'étaient réchauffés et était bien plus agiles que quelques instants auparavant.


" - Tu n'en fait toujours qu'à ta tête ou bien est ce seulement moi que tu n'écoutes pas? tu vas attraper froid dans cette.. euh.. tenue."

Une fois son travail terminé, la jeune fille lui tendit le pull en laine grise et partit enfiler sa propre chemise. C'était une vieille chemise noire deux fois trop grande qu'elle avait "empruntée" aux objets trouvés, elle l'aimait bien, le tissu usé était doux contre sa peau et le noir tranchait avec sa pâleur naturelle. L'élève et déboutonna son pantalon et l'enleva pour le poser sur la chaise avec la chemise mouillées, dévoilant une longue cicatrice sur sa jambe s'étendant de son mollet à mi cuisse. Après ça elle se retourna vers son invitée, les points sur les hanches, une expression neutre sur le visage malgré un très léger froncement de sourcils de contrariété. Elle fixa la jeune femme en face d'elle de ses grands yeux rouge sang.

" - Files dormir! Aller, écoute moi pour une fois, s'il te plait..
Sa voix se fit plus douce tandis qu'elle s'avançait vers elle jusqu'à attraper timidement sa main dans la sienne. Je ne bouge pas d'ici ne t'inquiète pas."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mer 5 Mar 2014 - 1:47
Elle disait comprendre ce que je voulais lui dire, mais je n’en étais pas certaine, elle ne voulait plus avoir peur et ne voulait plus que j’assiste à un tel spectacle, mais c’est aussi ce que je voulais, enfin plus ou moins. Je voulais l’aider à surmonter ses peurs, à vaincre ses démons intérieurs pour qu’elle puisse connaître la paix et le bonheur, la voir ainsi ne me plaisait guère, mais si je devais la voir ainsi pour l’aider, je ferais avec, ce qui n’était pas son cas. Je pouvais comprendre son point de vue, il n’est jamais facile pour personne de montrer à quelqu’un d’autre ses moments de faiblesse et si les rôles avaient été inversés, je pense que j’aurais fait pareil, ma fierté me poussant à affronter cela seule.
Alors que j’ajoutais d’une voix timide ces deux mots que je peinai à dire, elle me tourna le dos pour se diriger là où j’avais laissé les vêtements qu’elle m’avait prêtés avant de revenir avec la chemise, qu’elle m’aida à enfiler. Je ne savais pas vraiment quoi afficher comme expression, j’étais dans un sens déçu qu’elle se soit éloignée ainsi, mais touché qu’elle se soucie de moi et aussi contrarié qu’elle ne pense, encore une fois, pas à elle. C’était touchant et je faisais la même chose en ce moment, restant à moitié déshabillée alors qu’il ne faisait pas particulièrement chaud, tout ça pour elle. Elle boutonna ma chemise, bien plus facilement qu’elle n’avait déboutonné la sienne, notre étreinte l’ayant probablement réchauffée assez pour quelle surmonte le froid qui l’avait envahie tout en ajoutant quelque mots qui me firent sourire. Je lui répondis sur un ton un peu amusé, mais toujours très doux.
« - Je n’en fais qu’à ma tête, que ce soit avec toi ou avec les autres. C’est une de mes… grandes qualités dirons-nous. Quand il s’agit de toi, ce n’est pas que je ne veux pas t’écouter, mais que tu passes avant moi, parce que je tiens plus à toi qu’à ma propre vie… une chose qui ne te plait sans doute pas… j’en suis désolée. » 
Une fois la chemise boutonnée, elle me tendit le pull que j’enfilai sans attendre, ses vêtements étaient un peu grand pour moi, mais ce n’était guère un problème, il venait d’elle et c’est tout ce qui importait. Elle alla ensuite mettre une chemise noire trop grande pour elle, elle aussi, aucun de ses anciens vêtements n’était à sa taille semble-t-il, un détail amusant qui me fit sourire. C’est ensuite qu’elle enleva son pantalon, dévoilant une longue cicatrice sur sa jambe, qui me fit froncer les sourcils l’espace d’un instant. Ne voulant pas lui faire repenser à des souvenirs qui risqueraient d’être douloureux, je décidai d’ignorer ce que je venais de voir, recentrant son attention sur son visage, alors qu’elle s’approchait de moi.
Elle semblait un peu contrariée et c’est avec les poings sur les hanches qu’elle me dit d’aller me coucher, en tentant de se rendre autoritaire. C’est avec une voix plus douce que l’albinos ajouta, en me prenant timidement la main, qu’elle ne bougerait pas d’ici. Je ne doutais pas de ce fait, nous étions dans sa chambre après tout, elle n’avait plus vraiment d’endroit vraiment sûr où se réfugier si ce n’est ici. De mon autre main, j’enveloppai la sienne, plongeant un regard doux et attentionné dans le sien.
« - Je n’irais pas me coucher seule, si j’y vais, je veux que tu sois là, près de moi… tu n’es pas la seule à… à avoir peur… Je… j’ai… j’ai moi aussi fait un cauchemar, revivant l’horreur que j’ai vécu cette journée et ce double que je croyais vaincu traine quelque part dans mon esprit. J’ai peur d’être séparée de toi… c’est la première fois que je me sens ainsi et j… j’ai peur d’être seule… Tu as autant que moi besoin de dormir, viens te coucher avec moi… nous nous soutiendrons mutuellement pour surmonter nos peurs… s’il te plait… »
Je la serrai ensuite dans mes bras pendant quelques instants, cachant par la même occasion mon visage rosi par la gêne des paroles que je venais de proposer. Pourquoi est-ce que je m’ouvrais ainsi à elle, exposant mes faiblesses et mes craintes ? Qu’est-ce qui faisait que je lui accordais une confiance telle que je ne craignais rien à lui avouer tout ceci, était-ce l’amour qui me rendait ainsi ? Sans la lâcher, je lui demandai, avec une voix timide, si elle était d’accord de venir dormir avec moi, les joues toujours rouges.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 10 Mar 2014 - 0:38
Elle ne bougerait pas d'ici. Pas question de sortir se balader dans le parc en pleine nuit ni d'aller errer dans l'académie malgré le couvre-feu comme elle avait l'habitude de le faire après la plupart de ses cauchemars, pas question de laisser Yoko seule ici, pas après ce qui s'était passé aujourd'hui. Elle aimait prendre l'air, sortir, partir loin de ce lieu de sa mémoire et s'éloigner le plus possible du souvenir de l'homme en noir. Arsen s'en passerait cette fois-ci mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait dormir. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, la silhouette de l'homme réapparaissait dans son esprit et les hurlements se faisait entendre tout doucement, comme venant de très loin. Néanmoins sa compagne devait dormir elle et elle ne voulait visiblement pas y aller sans l'albinos. C'était bien ce qu'elle craignait, ses traits tirés et ses yeux rouges étaient du à un cauchemar eux aussi. Elle en savait pas vraiment pourquoi mais l'idée de laisser son amie avoir peur toute seule dans son lit, face à ses cauchemars, à son double imaginaire la torturant paraissait à la jeune fille aux cheveux de nacre bien plus effrayant que de revivre encore une fois le bain de sang. Après tout ce n'était que la énième fois qu'elle y assisterait.

Mais pourquoi Yoko la faisait-elle passer avant sa propre vie? Son invitée avait raison, ça, l'empoisonneuse ne pouvait pas le comprendre. Qu'il y avait-il de plus important que sa propre vie? C'était stupide de vouloir le bien-être de quelqu'un au détriment du sien. Pendant qu'elle était plongée dans ses pensées et sans qu'elle s'en aperçoive, la jeune femme au regard d'azur avait lâché sa main et s'était blottit contre elle. Arsen se raidit, rosisant pendant que son cœur accélérait brutalement, Yoko la mettait vraiment dans un état qu'elle n'aurait pu concevoir. Elle la saisi par les épaules et l'écarta d'elle en essayant de ne pas la brusquer.

" - Je suis désolée. Tout ça est nouveau pour moi et c'est très déstabilisant... Ça me met dans tous mes états et j'aimerais autant ne pas avoir à reprendre une douche glacée."

Elle lui prit néanmoins maladroitement la main en voyant son air penaud et la ramena jusqu'à son lit. Une fois qu'elle fut installée, l'apprentie déesse s'allonge à son tour, laissant intentionnellement la couette loin d'elle. Elle ne voulait pas se réchauffer trop vite, la simple présence de la surveillante aussi près d'elle la perturbait déjà et elle ne voulait pas que ses poisons rapplique trop vite. Une mort et deux cauchemars dans la nuit c'était déjà amplement suffisant, pas besoin d'un empoisonnement en plus. Elle s'installa confortablement sur le dos, les mains posées sur le ventre et se mit à fixer le plafond dans l'obscurité. Le souffle de sa compagne se fit plus lent, les battements de son cœur aussi au fur et à mesure qu'elle sombrait dans le sommeil. Quand elle se fut totalement endormie, Arsen se redressa tout doucement et sortit du lit. Elle plaça l'oreiller sur lequel elle reposait à la place de son corps, ça comblerait partiellement son absence et empêcherait donc surement que la repentie ne se réveille.

 L'albinos esquiva habilement les divers feuilles qui jonchaient encore le sol et alla se passer un peu d'eau sur le visage. Sa cicatrice la démangeait encore, elle avait beau savoir que cette douleur lancinante n'était pas réel, elle plaça sa main dessus en grimaçant. L'élève attrapa une bande dans un tiroir et l'enroula autour de son avant bras. Et voila, la cicatrice avait disparue. Elle alla au fond de la pièce et ouvrit la seule fenêtre qui n'était pas masquée par les plantes. Un grincement sourd se fit entendre et la demoiselle se retourna immédiatement pour voir si elle n'avait pas réveillée son invitée. La jeune fille se rasseraina, Yoko s'était retournée dans son sommeil mais rien de plus. Elle posa ses mains sur l'encadrement de la fenêtre et d'un bond agile, elle passa ses jambes par dessus. L'albinos était à présent assise sur le rebord, les jambes pendant dans le vide. Le froid lécha goulument ses petits jambes pâles en la faisant frissonner mais elle n'en avait que faire, son regard aux reflets infernaux se perdait dans le ciel nocturne. La jeune fille aux cheveux d'argent le faisait assez souvent finalement, flirtant avec le vide. Ça lui rappelait les moments qu'elle avait passée avec Perle sur son toit, il avait juste fallu qu'elle s'habitue aux trois étages supplémentaires qu'il y avait ici mais maintenant que c'était chose faite, elle venait ici à chaque fois qu'elle devait réfléchir.

Arsen avait besoin de réponses, elle était perdue. Toutes ces nouveautés dans sa vie depuis que Yoko avait fait son apparition sur ce toit, la maladie d'amour, les mots qu'elle lui avait prononcés, tous ces mots dont elle avait du mal à saisir le sens caché et puis ses baisers... L'empoisonneuse devint écarlate à cette pensée. Pourquoi Perle n'était pas là? Elle aurait pu lui apporter les réponses dont elle avait besoin, elle aurait pris un malin plaisir à bien l'embêter avant mais elle lui aurait expliqué. Elle soupira, la brune n'était pas là, elles n'étaient pas sur leur toit. Elle se souvint avec nostalgie de la nuit de leur mort. Ce n'était pas un bon souvenir ni même un mauvais, elle avait seulement fait un choix cette nuit là. Les étoiles s'étendaient dans le ciel au dessus d'elle et le béton cinq étages plus bas mais pas de pavés ni d'éclat de verre sur celui là. Elle resta là à observer le paysage tout le reste de la nuit et elle allait devoir faire un choix car l'aube approchait.

Elle ne voulait pas que Yoko se réveille avec un polochon pour seule compagnie, surtout après ce qu'elle avait vécue. Elle avait cru voir l'albinos mourir sous ses yeux alors si elle ouvrait les yeux et qu'elle ne la trouvait pas alors qu'elle l'avait auprès d'elle en s'endormant la belle aux yeux cyans risquait de paniquer inutilement. L'empoisonneuse s'allongea à coté d'elle et observa sa compagne endormie. Elle paraissait si sereine, si calme une fois endormie.. Ses cheveux d'argent encadraient son joli minois et une mèche rebelle avait glissée sur sa joue, Arsen hésita, elle ne voulait surtout pas la réveiller et puis ça la gênait un peu de la toucher, là, comme ça... Après une longue hésitation, c'est avec le visage rouge pivoine qu'elle replaça délicatement la mèche derrière son oreille. Morte de honte, elle tira un peu la couette sur ses épaules, masquant son visage et se mit dos à son amie. Ses pensées de plus en plus confuse, elle glissa lentement dans le royaume de Morphée.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 10 Mar 2014 - 12:18
Ce n'était pas du tout dans mes habitudes de me montrer si vulnérable, d'être ainsi à la merci de qui que ce soit.Ma personnalité avec elle était radicalement opposée à celle que j'avais avec les autres. Et pourtant, malgré ma faiblesse apparante à ses côtés, cela ne me posait pas tant de soucis que je ne l'aurai cru, je me sentais à l'aise avec elle et pour la première fois dans ma vie, l'idée que quelqu'un prenne aussi soin de moi ne me rebutait pas, bien au contraire, l'idée qu'elle puisse s'occuper de moi me rendait heureuse. Normalement, je n'étais pas du tout le genre de personne qui se laisse protéger, bien au contraire, je suis devenue forte tant physique que mentalement, pour être en mesure de me protéger moi-même ainsi que les personnes à qui je tenais, bien qu'avant Arsen, il n'y avait que Yuko qui comptais pour moi.

Ma compagne semblait mal à l'aise face et elle me saisait par les épaules en s'écartant de moi doucement. Je retins un petit couinement, je ne voulais pas qu'elle s'éloigne de moi ou desserre son étreinte. C'était la première fois qu'elle avait ce genre de relation avec une personne et tout ceci la déstabilisait et la mettait dans tous ses états. J'eus un petit sourire en coin, fière de la rendre ainsi, c'était une première pour moi aussi dans un sens, je n'étais jamais vraiment tombée amoureuse, je découvrais les sensations que cela procurait. A la différence près, que moi j'avais déjà eu, de mon vivant, des relations avec les autres, bien que cela remonte à longtemps et que depuis des années, je n'étais pas un modèle de sociabilité.

Elle prit maladroitement ma main et m'amena avec elle dans le lit, je m'y installai la première et une fois fait, elle me rejoint, ce couchant sur le dos, les yeux fixé vers le plafond. Je vins me blottir contre elle, résistant à l'envie d'utiliser son torse comme oreiller, j'avais peur de lui faire mal au bout d'un temps. Je me collai donc juste à elle, tenant légèrement sa chemise du bout des doigts, laissant sa chaleur et sa présence rassurante me guider vers le monde paisible de Morphée. Je ne tardai pas à m'endormir, le mamnque de sommeil et les évènements de cette nuit m'ayant complètement épuisée. Dans mes derniers instants de conscience, je lachai ma légère prise sur sa chemise et sombrait dans un sommeil profond, sans cauchemar pour l'instant, rien que les habituels rêves pas forcément normaux pour quelqu'un d'équilibré. Au bout de je ne sais combien de temps, je ne ressentis plus la présence rassurante de l'albinos, je m'agitai légèrement, quelque peu perturbée par sa disparition. Cependant, comme si mon inconscient désirait me maintenir en paix, elle apparut dans mon rêve, venant me tenir par la main souriante, je cessai donc mes mouvements dans ce lit dans lequel j'étais désormais seule.

Le reste de ma nuit fut paisible, il n'y eut aucun trace de ce double qui me faisait tant peur et rien d'inhabituel non plus. Peut-être était-ce la présence d'Arsen dans mon rêve, qui me donnait l'impression de pouvoir la protéger de tout danger qui me permettait d'éloigner ce monstre et ce cauchemar, je n'en savais trop rien, mon esprit était bien trop compliqué et tordu pour que je sois en mesure d'en comprendre toutes les subtilités. Mon réveil ne fut cette fois-ci pas chaotique et agité, je me réveillais normalement, émergeant lentement mais sûrement, observant les alentours. La première chose que je remarquai, fut la présence de ma compagne, son dos me faisant face, je me sentis rassurée, j'avais peur de me retrouver seule à mon réveil, qu'elle soit trop gênée pour rester passer sa nuit avec moi ou qu'elle ait encore été hantée par ses cauchemars et qu'elle n'ait pu dormir de la nuit. Je passais délicatement ma main sur son dos, m'assurant qu'il ne s'agissait pas d'une illusion de mon esprit, réflexe stupide étant donné que j'étais incapable de discerner le vrai du faux lorsque j'étais soumise à des hallucinations, tout me paraissant réel dans ces cas-là.

Tout était trop calme et il n'y avait aucun indice indiquant la présence d'un de mes amis imaginaires ou pire encore, de mon double, je n'avais donc aucune raison de croire qu'il s'agissait d'une illusion. J'étais rassurée, tout allait bien, je me sentais mieux que la veille, la fatigue de ma mort, de ma résurrection et des évènements de la nuit avait presque disparue. Je n'aurais pas dit non à un peu plus de sommeil, mais je n'aurais plus su me rendormir désormais, je me levai donc, discrètement et doucement pour ne pas réveillée ma compagne, toujours profondément endormie. Faute de savoir quoi faire, je récupérai ma chemise de la veille, qui était désormais sèche et décidait d'aller prendre une douche, il était fort peu probable que l'albinos m'en veuille de m'être permis cette liberté. Je pris donc une rapide douche avant de me rhabiller avec mes vêtements, pliant et déposant les siens sur un bac dans la salle de bain.

Je sortis quelques minutes plus tard, une fois mes cheveux sechés, Arsen toujours endormie. Je me dirigeais vers une fenêtre, ouvrant ensuite légèrement le rideau pour constater que la journée était déjà bien entamée, nous devions être en fin d'après-midi. Évidemment, je commençais à avoir faim, je n'avais rien mangé depuis la veille et mon estomac me faisait comprendre qu'il n'étais pas content, je devais donc soit aller chercher à manger, soit me préparer quelque chose. Cette dernière pensée fut celle que je retins, l'envie de faire découvrir à mon amie anglaise des plats typiques de chez moi fut trop grande pour y résister. Il me fallait cependant des ingrédients que je ne trouverais qu'au marché, je devais donc quitter la chambre. Je cherchai un bout de papier vierge, sur lequel j'écrivis, avec le premier crayon venu, un petit mot au cas où elle se réveillerait alors que je n'étais pas là, que je pliai ensuite, écrivant en grand son nom avant de le déposer face à elle sur une petite pile de papier, elle ne devrait pas pouvoir le rater ainsi.

Je quittai donc la chambre pour prendre rapidement la direction du marché, sur lequel j'achetai tout les ingrédients nécessaire pour faire du riz au curry, un plat simple et pas spécialement long à préparer. Une fois tous en poche, je repassai par ma chambre, récupérant les ustensiles nécessaire à la prépation du plat, ne sachant pas si elle les avait. J'avais désormais tout ce dont j'avais besoin et comme la chambre de mon amie disposait d'une petite cuisine, tout était parfait, je n'avais plus qu'à retourner près d'elle. Je rentrai en douceur, ne sachant pas si elle était réveillée ou non, ce qui ne fut pas le cas, décidemment, elle devait sacrément manquer de sommeil pour dormir encore maintenant.

C'est donc sans attendre que je m'attelai à la tâche qui était maintenant mienne, nous préparer un repas. Je ne savais cependant pas si elle aimait les plats épicés, je fis donc attention à ne pas le rendre trop épicés, soucieuse de ce qu'elle pourrait en penser. C'est avec une bonne humeur certaine que je cuisinais, il s'agissait de la première personne, hormis Yuko, pour qui je cuisinais et j'étais à la fois heureuse et nerveuse de cela, je ne savais pas ce qu'elle allait en penser et je faisais donc de mon mieux pour ne pas la décevoir.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Dim 16 Mar 2014 - 20:37
Lorsque Arsen sombra enfin dans le sommeil ce fut pour ne se réveiller qu'en fin d'après midi. Son repos ne fut même pas entrecoupé de rêves, pas d'images sanglantes, pas de cris ou de rire machiavéliques, rien ne vint troubler la demoiselle endormie. La douce présence de sa compagne juste derrière elle n'était certainement pas étrangère à ce calme ainsi que la fatigue évidemment. L'albinos n'avait que très mal dormie la nuit précedente, la mort de son amie l'avait interrompu dans ce qui aurait pu devenir une sieste et avec son cauchemar cette nuit aussi avait été sans sommeil. Et puit c'était sans compter la fatigue nerveuse, voir le cadavre de Yoko sanginolent au milieu du parc lui avait rappelé comme la Mort était une compagne qui la suivait partout et ce depuis toujours. Il s'était écoulé un long moment avant que l'empoisonneuse ne réalise que cette mort n'était pas définitive et qu'elle se décide à l'emmener à l'infirmerie. L'émoi de son premier baiser et du deuxième d'ailleurs, les poisons qui avait failli ressurgir et la dévaster une fois de plus, la peur,  l'inquiétude qu'elle ignorait jusqu'alors pouvoir ressentir et la honte de se voir si faible, devant la surveillante qui plus est l'avaient beaucoup chamboulés et le sommeil était le meilleur des remèdes à tous ces bouleversements.

Elle dormit donc pendant des heures, ne s'apercevant pas ni de l'absence de Yoko à ses cotés ni de sdes activités dans la chambre. Elle qui ne dormait jamais plus que d'un oeil, toujours prête à bondir et fuir en cas de problème, sommeillait sur ses deux oreilles et rien n'aurait pu la soustraire au royaume de Morphée. Rien sauf une délicieuse odeur qui s'élevait doucement dans l'appartement. Un arôme que la jeune fille aux yeux d'un rouge ardent n'avait jamais rencontré, ni de son vivant ni de sa mort; une éffluve exotique qui piqua sa curiosité et la tira de sa torpeur. Les sons parvenaient jusqu'à elle lentement comme s'ils venaient de très long et progressivement l'apprentie déesse pu en déduire qu'il y avait quelqu'un d'éveillé dans sa chambre, quelqu'un qui cuisinait. Arsen se retint de justesse de se redresser d'un bond, son cran d'arret logé sous son oreiller ouvert et près à la défendre si besoin. Elle réfléchit un instant, cette personne ne pouvait être que la repentie avec qui elle avait d'ailleurs passée la nuit, aucune raison de s'inquiéter en somme. L'albinos inspira profondément comme pour saisir toute la complexité du fumet puis ouvrit un oeil pour en savoir d'avantage. Elle parcouru la grande salle du regard quand ses yeux aux reflets infernaux embrassa la silhouette élancée de son amie. Elle esquissa ce qui ressemblait à un vague sourire et se leva en silence. Elle la rejoind en quelques pas feutrés et se mit sur la pointe des pieds pour voir par dessus son épaule, curieuse de savoir ce qui dégageait cette délicieuse odeur.

" - Ça à l'air bon, c'est quoi?"

Un plat de son pays natal, le japon, l'apprentie déesse n'y avait mis les pieds etétait très impatiente de gouter ça. Les saveurs de l'orient lui étaient parfaitement inconnue et c'était pour elle un peu comme si sa compagne sortait tout droit d'un autre monde dont elle avait tant à découvrir. Elle alla déblayer la table pour qu'elles puissent y manger sans risquer de s'empoisonner avec les feuilles tomber par hasard dans son assiette, enfin surtout Yoko parce qu'elle ne risquait pas grand chose de ce coté là. Et puis elle préférait le faire elle-même, pas question que son invitée ne tombe à nouveau sur l'un de ses dessins, surtout l'un de ses portraits car à sa grande confusion celui sur lequel elle était tombé n'était pas le seul gribouillage qu'elle avait fait de son minois.

Oh mais avant ça il y avait plus important à faire: s'habiller. Elle ne portait que sa chemise et ça pouvait être embarrassant, surtout qu'elle n'avait pas forcément très envie de montrer à Yoko la cicatrice disgracieuse sur sa jambe. Non pas que celle ci lui rapelait de mauvais souvemir mais elle avait bien vu le regard de son amie lorsqu'elle avait oté son pantalon dans la nuit, un mélange de tristesse et de pitié. Elle ne voulait pas de ce regard sur elle, plus jamais et puis sans qu'elle sache trop pourquoi, la demoiselle voulait que son amie l'a trouve jolie et une cicatrice comme ça était tout sauf séduisant. Arsen alla donc chercher dans son placard son pantalon en flanelle, l'enfila, accrocha ses bretelles et glissa son cran d'arret dans sa poche avant de revenir vers la table en remontant ses cheveux d'argent sur son crane en les y maintenant avec trois baguettes en acier coincées dans un enchevêtrement précaire. Et la voila prête pour se lancer dans l'aventure culinaire.

Après avoir préparé la table et finit de confectionner le repas elles s'assierent face à face et entamèrent le plat. L'anglaise prit timidement une bouchée de curry avant de virer écarlate, de la fumée lui sortant presque du nez et des oreilles. Ces grands yeux rouges la piquaient faute des épices qu'elle n'était pas habituée à manger. Elle mit sa petite main pale devant sa bouche et au bout de quelques minute retrouva une couleur à peu près normal. Elle s'adressza à son amie, visiblement inquiète de son avis.

" - Ne te méprend pas, c'est très bon. Mais je ne connais rien à cette cuisine et je dois avouer que j'ai encore un peu de mal avec les épices..."

Elle finit néanmoins tout son plat qu'elle trouvait délicieux, le riz atténuant un peu l'effet piquant des épices. Quand elles eurent finis, Arsen ramassa la vaisselle et alla la laver. Elle en profita pour reprendre un peu ses esprits. Pendant le repas les pensées qui l'avait hantées avant qu'elle ne sombre dans le sommeil s'étaient rappelées à elle. Ses grands yeux d'azur plongés dans les siens la désarçonnaient bien plus qu'ils ne l'auraient du, lorsqu'elle était près d'elle son cœur accélérait et elle se sentait rosir pourtant toutes ces sensations n'étaient pas vraiment désagréables, au contraire. C'était seulement très déstabilisant pourtant Arsen ne voulait pas que la jeune femme aux cheveux d'argents parte. C'était donc cela l'amour? Étrange, très étrange... Il fallait qu'elle en sache plus.

La jeune albinos rangea la vaisselle après l'avoir essuyée et se rassit à sa place, les coude sur la table et le visage dans les mains. Elle plongea son regard dans celui de la repentie et lui demanda avec le plus grand sérieux.

" - C'est quoi l'amour? c'est quand on s'embrasse?"
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 20 Mar 2014 - 18:14
Le repas avançait bien, j’étais habituée à le préparer depuis déjà bien des années, l’avantage de vivre seule et d’avoir à se préparer à manger. J’espérais vraiment que mon plat allait lui plaire, j’étais presque sûr qu’elle n’était pas du tout habituée aux saveurs orientales et peut-être aux épices. Je devais faire très attention à ne pas trop l’épicer, histoire qu’elle ne finisse pas avec la gorge en feu, manger épicé est difficile au début et tout le monde n’apprécie pas. Ce détail me rendait un peu nerveuse, j’avais peur qu’elle ne soit déçue ou me dise clairement qu’elle n’aimait pas, ce qui aurait peut-être été difficile à encaisser pour moi, surtout qu’il s’agissait de la première fois que je préparais un plat pour quelqu’un. Alors que j’étais perdue dans mes pensées, je sentis la présence de mon amie derrière moi, ce qui me fit redescendre sur terre pour répondre à sa question.
« - C’est un plat de mon pays, du riz au curry, ça va être épicé, j’espère que ça ne te posera pas trop de problèmes… J’ai bientôt fini et on va pouvoir manger sous peu, tu n’auras pas à attendre longtemps pour goûter. »
Je lui souris timidement avant de recentrer mon attention sur mon plat. Je l’entendis partir et du coin de l’œil, je la vis débarrasser la table de ses feuilles et plantes, c’était pratique pour manger en effet. Je n’y avais pas vraiment pensé et j’avais du coup oublier de le faire avant de commencer mon plat, heureusement que ma compagne était là pour le faire, je me serais retrouvée bête avec les deux assiettes en main et une table dans le désordre le plus total. Une fois la table mise, elle s’éloigna de celle-ci et disparut de mon champ de vision pendant quelques instants, qui me suffire à terminer le plat et à amener le riz et le curry sur la table. Elle me rejoint ensuite après avoir enfilé un pantalon et ses bretelles, je lui servis son assiette et m’assit après m’être moi-même servie.
Elle prit timidement sa première bouchée et il était clair qu’à sa réaction elle trouvait le plat très épicé, elle masqua immédiatement sa main et son visage rougi quelque peu, je me levai immédiatement pour aller lui chercher un verre d’eau que je lui tendis et qu’elle but légèrement. Il lui fallut quelques minutes pour retrouver une couleur normale et elle me rassurait, parce que malgré que je sache ce qui causait ça, une petite moue inquiète s’était installée sur mon visage. Sa remarque me fit sourire, elle trouvait mon plat bon et il n’y avait que les épices que posaient problèmes, il n’y avait qu’un sourire qui s’échappait, mais intérieurement j’étais très heureuse d’entendre ces mots.
Nous finîmes toutes deux notre assiette, ce qui me rendait encore un peu plus heureuse, cela voulait dire qu’elle aimait vraiment ce que j’avais fait, je n’avais pas l’impression qu’elle s’était forcée de manger. Elle ramassa ensuite les assiettes avant d’aller les laver, j’allais me proposer de l’aider, mais elle préférait le faire elle-même, j’acquiesçais donc, la regardant faire en restant assise sur mon siège. Je me sentais apaisée et calme en la regardant faire, j’étais bien, ce qui était assez déroutant, je n’avais pas vraiment l’habitude de me sentir ainsi avec quiconque. C’était réellement perturbant et cela devait sans doute être dû au fait que j’étais amoureuse d’elle vu qu’il s’agissait de la première fois que ça m’arrivait.
Une fois la vaisselle finie, elle revint calmement s’asseoir, calant sa tête dans ses mains, soutenues par ses coudes. Elle plongea son regard dans le mien et je me perdais dans le sien, ce rouge sang était si magnifique que j’arrivais à en oublier tout le reste si j’avais le malheur de m’y plonger. Je revins vite sur terre, manquant de tomber de ma chaise sous la surprise, ce n’était pas le genre de questions que j’avais l’habitude d’entendre. Et la réponse n’était pas simple, je n’avais pas une grande expérience dans ce domaine, mon visage se rosit et je détournais légèrement du sien, je jouais avec mes doigts, nerveuse et me laissait aller, tentant de mettre des mots sur mon ressenti et ainsi tenter de lui donner une description qui lui conviendrait.
« - Pas… pas exactement… L’amour ce serait plus quand… euh… quand on a envie d’être avec l’autre, qu’on se sent bien quand on est près d’elle, que son cœur bat plus fort et plus vite lorsqu’elle est près de nous, c’est aussi quand on a envie de tenir l’autre dans ses bras et aussi de… de l’embrasser, comme tout à l’heure… C’est plus ou moins ça, je pense… Je n’ai jamais connu ça donc je ne sais pas trop… »
Je baissai la tête, les joues empourprées et le regard fuyant, je me sentais étrangement gênée de parler de cela avec elle, malgré que je lui aie déjà dit des choses bien plus gênantes que cela. Ma voix se fit un peu plus timide et mes joues rosirent encore plus.
« - Est-ce… est-ce que tu ressens ça en ce moment ? »
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 24 Mar 2014 - 15:49
Yoko manqua de tomber de sa chaise lorsque l'albinos lui posa sa question. Elle semblait nerveuse, tripotant ses doigts, les joues rosies. Arsen avait elle dit quelque chose d'étrange ou d'inconvenant? Elle n'en avait pas l'impression pourtant, elle avait simplement voulu en savoir plus sur cette maladie nommée amour. La surveillante cherchait visiblement ses mots pour expliquer au mieux ce que l'élève ignorait et quand elle eut fini, la jeune femme aux cheveux d'argent paru rougir un peu plus, toute intimidée, avant de lui poser sa question sur ses sentiments. L'empoisonneuse fronça imperceptiblement les sourcils, se concentrant. Est ce qu'elle avait envie d'être près de la repentie? Elle ne voulait pas que celle ci s'en aille alors très certainement, oui. Est ce qu'elle se sentait bien? La question était compliquée, elle y reviendrait plus tard. Si son cœur plus vite près de son amie? Oui, ça au moins elle en était sure. Est ce qu'elle ressentait le besoin ou l'envie de la prendre dans ses bras ou de l'embrasser? Ça Arsen ne voulait pas y penser, c'était encore trop frais pour elle, tout ces contacts, tous ses gestes étaient tout sauf naturels pour elle. Pourtant elle aimait la douceur de sa peau, la chaleur de son contact, la subtile odeur qu'elle pouvait sentir quand elle était suffisamment près d'elle...

" - Je..Je crois oui.. répondit elle en hochant lentement la tête."

Ainsi elle était amoureuse, son cas était fixé et elle était contente, au moins maintenant elle en était sure même si elle n'était pas certaine de saisir toutes les subtilités de sa condition. L'apprentie déesse se leva calmement, satisfaite, et alla chercher son gros volume qu'elle posa sur la table. Elle défit les lanières en cuir usé qui le maintenant clos et en  feuilleta les pages quelques instants avant de trouver ce qu'elle semblait chercher.

" - C'était vraiment très bon ton repas. Je n'ai pas de spécialité de chez moi à te faire gouter et je doute que tu apprécies le marmite alors... Pour te remercier je voudrais te faire gouter une infusion."

La demoiselle aux yeux rouge sang sortit quelques feuilles d'un brun passé d'un petit sachet. Un petit paquet de feuilles de papier jaunies s'échappèrent du volume qu'elle avait laissé ouvert sur la table en s’afferant à la préparation de la décoction. Elles n'étaient pas reliées comme les autres, précieusement calées entre deux pages, elles étaient couvertes de notes d'une écriture en pattes de mouches qui visiblement, était différente de celle d'Arsen. La propriétaire de l'ouvrage ne sembla pas s'en apercevoir, trop occupée avec sa théière.

Ses pensées étaient à milles lieux de là, dans le monde des humains. La belle saison approchait et la jeune fille rêvait de la splendeur qu'elle avait découverte l'été dernier: la mer. Cette étendue d'azur l'avait fascinée au premier regard, si grande, si majestueuse, si bleue... Peut-être pourrait elle emmener Yoko à la pension de madame Paradis? La vieille femme l'avait fortement encouragée à y retourner avec ses amies mais à l'époque, l'empoisonneuse ne comptait personne qu'elle aurait pu présenter à la dame. D'ailleurs, n'était-ce pas le jour du mois où Henriette, qui semblait l'avoir prise sous son aile, lui envoyait du courrier? Arsen se tourna vers sa compagne, une petite étincelle dans le regard comme une enfant devant une glace.

" - Quel jour sommes nous aujourd'hui?"



[désolé pour l'attente, j'espère que ce bébé post te plaira plus qu'à moi. Pour ce qui est des pages, elles glissent du livre sur la table donc à toi de voir ce que Yoko peut en voir et si elle décide de les lire, quelle page, quel morceau etc... elles sont ici
]
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mer 2 Avr 2014 - 23:37
Sa réponse me fit rougir de plus belle, même s’il semblait déjà au premier abord qu’elle ressentait quelque chose pour moi puisqu’après tout, elle s’était laissée embrassée à deux reprises en me rendant ces derniers. Elle n’était, en même temps, pas habituée au contact physique et c’est peut-être cette nouveauté, cette envie de tout découvrir qui a fait qu’elle ne m’avait pas repoussé, cette idée m’ayant traversée l’esprit. Heureusement pour moi, ce n’était pas ça, au grand déplaisir de Lilith, ce n’était pas ça et je ne pus me retenir de sourire avant de cacher mon visage, toujours empourprés par ce qu’il se passait. Je me sentais emplie de joie, après tout ce que j’avais traversé, ces mots ressemblaient un peu à un rayon de soleil qui illuminait la noirceur de ma vie.
Alors que je ressemblai intérieurement à une adolescente connaissant son premier amour, elle me sortit de mes pensées en allant chercher son gros livre, qu’elle déposa sur la table avant de l’ouvrir et d’y chercher quelque chose. Lorsqu’elle le trouva, elle m’annonça qu’elle n’avait aucun plat à me faire goûter, mais qu’elle allait me préparer une infusion de thé. Mon visage était relevé et je l’observais, mes joues toujours un peu roses avant d’acquiescer en lui souriant, je l’observais faire avant que mon attention ne soit attirée par les feuilles qui s’étaient échappée de son livre. L’écriture qui s’y trouvait n’était visiblement pas la sienne, la pièce grouillant de feuilles écrites de sa main, il était simple de faire la comparaison. Je les y remis, ne comprenant de toute façon pas un mot de ce qu’il y était écrit, je ne voulais pas qu’elle pense que je fouille dans ses affaires.
Je l’observais s’affairer avec sa théière, le sourire aux lèvres quand, au bout d’un moment, elle se retourna vers moi, les yeux brillant d’une sorte de lueur enfantine pour me demander quel jour nous étions. Drôle de question et sortie un peu de nulle part qui plus est. Sa réaction m’amusa et mon sourire se fit plus grand en même temps que je lui répondais.
« Hum… On est samedi il me semble. Pourquoi poser une telle question ? Tu as quelque chose à faire aujourd’hui ? »
En ce qui me concernait, ma journée était entièrement libre, la dernière fois que je me suis faite tuer, on m’a accordé quelques jours de repos pour que je m’en remette et surmonte un peu tout ça. Je comptais faire de même cette fois-ci, surtout que j’étais en très agréable compagnie et que je n’avais pas envie de partir tout de suite. Cela dit, si elle avait déjà prévu quelque chose pour la journée et que je ne pouvais l’accompagner, mes petits congés allaient devenir bien moins intéressants… Je voulais passer du temps avec elle, discuter, apprendre à la connaître et bien plus encore, j’espérais vraiment pouvoir le faire.
Je réfléchissais un instant, en l’observant, toujours ce sourire aux lèvres. Je ne savais pas ce qu’elle avait prévu, mais si ce n’était pas destiné à aujourd’hui, peut-être accepterait-elle de passer la journée avec moi, ce n’est pas les activités qui manquaient. De toute manière, tant que je pouvais passer du temps avec elle, peu m’importait ce que l’on faisait, ce que Lilith trouvait ridicule et stupide, elle aurait préféré me voir aller m’entraîner pour ne plus me laisser submerger par ce double qui se cachait quelque part dans mon esprit.
« Si tu n’as rien de prévu ça… ça te dit qu’on fasse quelque chose ensemble aujourd’hui ? »
Il ne me restait plus qu’à espérer qu’elle accepte et qu’elle n’ait rien de prévu, le cas échéant, j’irais sans doute faire ce que Lilith souhaite, après tout ça m’arrangerait aussi, j’avais besoin de me défouler un peu après tout ce qui c’était passé hier. Taper sur Lilith ou je ne sais quoi d’autre allait me permettre d’extérioriser toute la frustration de la veille, tout en me permettant de m’améliorer et d’apprendre à contrôler ce nouveau don qui me rendait si forte.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 14 Avr 2014 - 18:02
Samedi, nous étions donc le deuxième samedi du mois, c'était parfait. Mrs Paradis lui faisait toujours livrer du courrier ce jour là et l'albinos jubilait. Elle adorait recevoir ces lettres, c'était même son moment préféré du mois. La vieille dame lui envoyait toujours une missive accompagnée d'une photo de l'océan. Ces images lui paraissaient tellement réelles, rien à voir avec les photos sépia de son époque, on pouvait voir chaque reflet d'azur de ses eaux tumultueuses, chaque variation de lumière sur l'onde. Et Arsen lui répondait en dessinant de jolies fleurs sur du vélin usé, y ajoutant parfois un brin de couleur à l'aquarelle et les végétaux semblaient sortir de la feuille, on s'imaginait presque sentir leur délicieuse odeur.

Elle s'apprêtait à répondre à son amie quand elle s'interrompit brutalement. Yoko était surveillante, son rôle était donc de faire respecter le règlement or ce que faisait l'empoisonneuse n'était pas vraiment autorisé... Disons qu'elle avait un arrangement avec le gars qui s'occupait du port des dimensions, elle lui filait quelques substances euphorisante et/ou hallucinogène en échange de quoi il lui avait crée une boîte postale à Londres et allait ramasser son courrier tous les deuxième samedi du mois. La demoiselle avait opté pour sa ville natale quittes à choisir un endroit sur Terre où elle était censé être parce qu'évidemment elle ne pouvait pas dire à une humaine qu'elle était une apprentie déesse, il lui fallait donc une adresse terrestre. Après une longue hésitation, Arsen décida de l'avouer à la repentie. Après tout on ne pouvait pas dire qu'elle faisait respecter le règlement à la lettre, pour preuve c'était la deuxième fois qu'elle passait la nuit avec une élève et on ne pouvait pas vraiment dire que ce soit dans le dit règlement.

" - C'est le jour où le gars du port me ramène du courrier. S..Si tu n'as rien contre cette idée nous pourrions y aller ensemble.."


Elle avait vraiment envie qu'elle vienne avec elle, elle ne voulait pas qu'elle reste toute seule en ce moment tout d'abord mais aussi parce qu'elle ne voulait pas la quitter. C'était une sensation très étrange mais elle était convaincue que si Yoko s'en allait ou si au contraire elle restait alors que l'albinos partait elle se sentirait triste. Elle s'empressa d'ajouter:

" - Ça devrait te faire du bien de sortir un peu après ta mort d'hier... M..mais si tu es fatiguée tu peux aussi rester te reposer ici..."

Au moins la trouverait-elle à son retour... Arsen prit son manteau et l'enfila avant d'aller farfouiller dans un petit placard pour en sortir quelques fioles qu'elle fourra dans sa poche et de se diriger vers la porte.

" - Tu viens...?"
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Sam 19 Avr 2014 - 18:42
La chance était de mon côté, si je pouvais dire cela ainsi, ma compagne avait en effet quelque chose de prévu pour sa journée. Cependant, elle souhaitait que je l’y accompagne, mon cœur fît un bond et un sourire se dessinât sur mon visage, il était évident que je voulais l’accompagner, je venais de lui proposer de passer la journée avec elle après tout. Elle s’empressa d’ajouter une phrase attentionnée, me proposant un choix alternatif, celui de me reposer dans sa chambre si jamais je ne me sentais pas assez forte pour la suivre. Je ne me sentais pas particulièrement fatiguée, certes la nuit avait été un peu agitée, mais j’avais eu mon compte de sommeil et ma mort de la veille n’était pas un problème.
Une sorte de joie m’envahit, elle désirait ma présence à ses côtés, rien que cette pensée suffisait à me faire sourire bêtement. Je savais déjà qu’elle ressentait quelque chose pour moi, elle l’avait déjà confirmé, mais tout cela était nouveau pour moi, je n’étais pas habituée à cette étrange sensation qu’était l’amour. C’était assez étrange de ressentir tout cela, j’en étais encore un peu perturbée, c’était à la fois dérangeant et agréable à ressentir, ce qui dérangeait fortement mon amie démone qui m’incitait fortement à prendre du recul et à m’éloigner d’elle, tandis qu’une petite voix, très familière et pourtant extrêmement désagréable à entendre, me susurrait le contraire à l’oreille, suivie d’un petit rire dément qui ne laissait présager rien de bon.
J’observais ma compagne enfiler son manteau et récupérer quelques fioles et je profitais de ce temps pour réfléchir à notre destination. Le port ? Il y avait un port à l’académie ? Serait-ce celui dont j’ai vaguement entendu parler aux abords d’un couloir ? Celui qui permettrait apparemment de rejoindre le monde des humains et d’en revenir. Assez bizarre d’imaginer qu’un bateau puisse voyager entre les mondes, mais, en même temps, rien n’était normal dans cette académie, le bizarre et l’étrange avaient totalement leur place ici et il y avait beaucoup de choses peu conformes à la réalité du monde des humains. Je n’allais pas tarder à découvrir comment cela était possible et j’allais le faire avec la meilleure compagnie qui soit pour moi, la belle albinos au regard ensanglanté rencontrée il y a peu et dont je me suis éprise.
Elle se dirigea vers la porte avant de se tourner vers moi, me demandant si je venais. Je lui répondis avec un grand sourire en m’avançant vers elle.
« - Bien sûr, je n’espérais que ça. »
Une fois qu’elle eut ouvert et refermé la porte derrière nous, je me m’y à la suivre, marchant à ses côtés. Après une hésitation qui dura jusqu’à atteindre les escaliers qui allaient nous faire quitter cet étage, je pris doucement sa main, glissant timidement mes doigts entre les siens, avant de croiser son regard pour lui sourire timidement, les joues légèrement rosies. Je marchais à ses côtés, jusqu’à arriver à l’extérieur des dortoirs, où je la fis s’arrêter un instant en la regardant dans les yeux, toujours souriante, en utilisant un ton chaleureux..
« - Je ne sais pas où se trouve le port… Ça ira pour y aller avec ton… manque de sens de l’orientation ? 
Je ne disais pas ça sur le ton de la moquerie ou de la plaisanterie, je connaissais son sens de l’orientation plus que douteux, elle arrivait même à se perdre dans le dortoir, alors je ne serais même pas étonnée de la voir nous perdre en recherchant le port. Autant moi j’étais douée pour attirer les ennuis, autant elle, elle l’était pour se perdre. Il était donc logique de m’interroger sur ce point.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mar 22 Avr 2014 - 22:57
Arsen referma la lourde porte derrière elles et fit tourner la petite clé en argent dans la serrure avant de se diriger vers la sortie. Les deux jeunes femmes marchaient cote à cote dans le couloir quand, juste avant de descendre les escaliers, l'albinos sentit les doigts fins de sa compagne se glisser dans sa petite main. Celle-ci croisa son regard en rougissant légèrement, souriante. L'empoisonneuse la regarda sans comprendre. Que voulait-elle? La demoiselle désirait peut-être lui dire ou lui montrer quelque chose.. Mais elle n'en fit rien alors retira simplement sa main et la fourra dans la poche de son manteau en reprenant son chemin.

Elle était impatiente de voir ce que Mrs Paradis avait bien pu lui envoyer cette fois-ci, quelle image de l'océan allait-elle pouvoir rajouter à sa collection. Ces photos d'ailleurs étaient toutes épinglés au plafond de sa chambre, juste au dessus de son lit de sorte qu'elle puisse admirer les eaux impétueuses avant de sombrer dans le sommeil. L'océan la fascinait bien qu'il soit encore pour elle une grande source de panique. L'été dernier déjà, c'était la première fois qu'elle mettait les pieds à la mer et elle avait failli se noyer dans moins d'un mettre d'eau. L'albinos n'en était vraiment pas fière et elle espérait ardemment que cela ne se reproduise jamais, et encore moins en présence de sa jolie amie au regard d'azur. Cette pensée la troubla et elle failli rentrer de plein fouet dans le jeune homme qui venait de débouler dans les escaliers.

Les deux comparses sortirent de l'internat et la luminosité ambiante éblouit Arsen qui rabattit immédiatement son capuchon sur sa tête. La lumière était trop forte à cette heure de la journée pour qu'elle sorte à tête découverte, ses yeux à la couleur sanglante était beaucoup trop sensible. La surveillante les fit s'arrêter un instant pour lui demander si elle était sûre de son chemin, surtout avec son sens de l'orientation exécrable parce qu'elle n'y était jamais aller et qu'elle ne pourrait de ce fait pas les guider. L'empoisonneuse l'écouta que d'une oreille, observant les alentours par dessus son épaule quand elle sembla trouver ce qu'elle cherchait. Une toute petite entaille sur un arbre à proximité du chemin, invisible pour qui ne connaissant pas son existence. Elle montra du la direction d'un doigt pale.

" - Par là. Je connais le chemin du port et c'est par là."


Et elle reprit sa marche. La jeune fille aux cheveux de nacre restait à coté de sa compagne, son épaule effleurant parfois son bras sans le vouloir. Elle était un peu gênée en sa présence pourtant elle ne voulait pas qu'elle parte, n'osant pas la toucher mais savourant sa chaleur fugace quand leur bras se rencontraient... L'apprentie déesse s'adaptait au rythme de marche de la repentie, ralentissant légèrement le pas pour rester à sa hauteur. Elle ne voulait surtout pas risquer qu'elle se perdre parce que là elle serait incapable de la retrouver et de retrouver le chemin ensuite si elle s'écartait du chemin qu'elle s'était tracé. Et puis si elle s'éloignait d'elle, elle ne pourrait plus sentir sa douce odeur, toucher accidentellement son bras, lui jeter de petits regards en biais dissimulée par sa capuche... Elles finirent par arriver au port des dimensions après quelques longues minutes de trajet fait en silence. De grands bateaux attendaient leurs passagers avant d'appareiller pour le monde des humains en disparaissant dans les eaux éthérées, Arsen les avait déjà prit à deux reprises et elle ne se laissait jamais de voir leur grandes voiles blanches se gonfler d'air avant de sombrer dans les flots. Elle chercha du regard son intermédiaire quand elle le trouva non loin de là, appuyé contre la coque d'un voiler, à coté d'une sirène taillée sur la proue. Il la vit et s'apprêtait à déguerpir au plus vite en voyant la surveillante mais il se stoppa net. Arsen avait sortit trois fioles de sa poche et exposait leurs couleurs changeantes aux rayons du soleil encore haut. L'homme s'approcha méfiant et voulut les prendre quand l'albinos referma prestement les doigts sur le verre tiède.

" - Mon courrier. dit elle d'une voix calme mais totalement dénuée de la moindre chaleur."

La demoiselle était dure en affaire et elle ne supportait pas d'être bernée ce qu'il avait déjà tenté de faire. Et il l'avait amèrement regretté car la fois suivante elle avait glissé une pointe d'arsenic dans le flacon, pas assez pour le tuer évidemment mais largement assez pour le rendre malade pendant une semaine. L'homme jetait des regards agités à sa compagne, se frottant les mains pour tenter de faire disparaitre son trouble. Il était visiblement en manque et n'avait pas du dormir depuis au moins deux jours. Cet homme était totalement camé, incapable de dormir sans un peu de rêves en bouteille et elle en était la cause mais ça l'empoisonneuse s'en contre fichait. Il avait des lettres pour elle et continuerait à les lui apporter et c'était à ses yeux le plus important. L'homme lui tendit un paquet carré entouré d'un gros ruban rouge sur lequel était inscrit en lettres blanches la mention "fragile". L'albinos lui donna ces fioles en échange en précisant:

" - Deux gouttes par jour maximum, j'ai augmenté le dosage. A dans un mois."


Et elle se retourna vers son amie tandis que l'homme hochait la tête en regardant les fioles, un sourire presque dément aux lèvres. La jeune fille au regard infernal plongea les yeux dans celui de sa compagne, serrant son petit paquet contre elle. Son expression était neutre mais des petites étincelles d'excitation étaient réapparu dans ses grands yeux rouges.

" - On rentre?"
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 12 Juin 2014 - 0:48
Le soleil, haut dans le ciel, semblait la déranger, car si tôt dehors elle se couvrit de sa capuche. Ses yeux étaient-ils trop sensibles à la lumière, qu’elle l’atténuait avec sa capuche, ou simplement n’aimait-elle pas avoir son visage exposé à trop de soleil ? Ce n’était guère des questions très intéressantes et je ne les lui posai donc pas, au contraire de celle concernant notre direction, qu’elle n’écouta qu’à moitié puisqu’elle observait les alentours, cherchant quelque chose, qu’elle finit par trouver. Cette chose semblait lui indiquer le chemin et elle me répondit donc par la positive, avant de se remettre en marche, je fis de même en me plaçant à ses côtés.
Cette fois-ci, je ne lui pris pas la main, puisqu’elle avait précédemment lâché la mienne, si je ne la connaissais pas, j’aurais pu croire qu’elle voulait éviter le contact avec moi ou qu’elle ne m’appréciait pas au point de vouloir me tenir la main. Cependant, il s’agissait d’Arsen, une jeune femme n’ayant jamais eu de réel proche et n’ayant aucune idée de ce qu’il faut faire dans la situation face à laquelle je l’avais mise. Je ne m’attristai donc pas trop de ce qu’elle avait fait, je comprenais et ne voulais pas la forcer, après tout, elle avait encore énormément à apprendre et je devais donc me montrer patiente avec elle, après tout, j’étais celle qui allait lui apprendre tout ça et loin de moi l’idée de la brusquer en la forçant.
Je la suivais donc, marchant à sa gauche, appréciant les instants fugaces ou son épaule touchait mon bras et ceux où mon regard croisait le sien, un léger sourire se dessinant malgré moi sur mon visage. Si ces effleurements éphémères avaient semblé la déranger, je me serais légèrement décalée, mais il n’en était rien, elle me jetait des regards discrets par moment et j’avais presque l’impression qu’elle faisait en sorte d’effleurer mon bras du sien. Cette pensée me fit sourire et rougir à la fois, je savais déjà qu’elle avait des sentiments pour moi et que de ce fait, elle devait sans doute avoir envie d’être près de moi, voire de me toucher, mais je n’y pouvais rien. Je me trouvais stupide d’être ainsi et mon amie démone était d’accord, elle marchait d’ailleurs à côté de nous, en me sermonnant sur mon attitude, m’insultant et me faisant comprendre que je serais mieux sans elle et toutes ses jérémiades habituelles.
Lorsqu’il s’agit d’un tout autre sujet qu’Arsen, son avis est important et a de la valeur pour moi, cependant, dans ce cas-ci, je choisissais de n’écouter aucun d’eux, je voulais décider de moi-même et sans leur avis de rester avec elle. Alors qu’elle continue de m’énerver avec ses plaintes, nous finîmes par arriver aux ports, où se trouvaient plusieurs bateaux à voiles blanches, attendant d’éventuels passagers pour les mener je ne sais où. Je trouvais cela étrange de m’imaginer qu’un simple bateau pouvait réellement rejoindre le monde des humains, tout cela était assez inconcevable, mais la logique n’était pas forcément applicable dans ce monde où tout est possible.
Ma compagne se mit à chercher quelque chose du regard, ou plutôt, cette fois-ci, quelqu’un, qui finit par la voir lui aussi. Son attitude laissait à penser qu’il allait s’enfuir, mais il n’en fit rien, je ne compris pourquoi que lorsque je vis les fioles qu’Arsen tenait en main. Quoi qu’il y ait à l’intérieur, l’homme semblait désireux d’en obtenir le contenu puisqu’il s’approcha de nous, en me lançant des regards méfiants qui en disaient long, il ne me connaissait pas et n’avait aucune confiance en moi. Je lui rendais évidemment ses regards, l’homme était tremblant, agité et stressé, il n’était pas compliqué de comprendre qu’il s’agissait d’un drogué et que mon amie lui apportait sa dose de drogue en échange de courrier visiblement, puisque c’est ce qu’elle lui demanda.
Elle ne semblait pas se soucier de l’état de l’homme et je n’en avais que faire moi aussi, j’étais juste sur mes gardes, prête à l’écraser si jamais il levait la main sur elle ou tentait quoi que ce soit. Il n’était pas désespéré et avait ce que désirait mon amie, je n’eus donc aucun besoin d’intervenir, même si Lilith, elle, s’en donnait à cœur joie, le torturant avec plaisir d’une façon qui ferait tourner de l’œil presque n’importe qui. Une fois l’objet de notre venue ici en sa possession, ma jeune compagne se tourna vers moi, me demandant si nous pouvions rebrousser chemin, je pouvais voir dans ses yeux une certaine excitation et je ne pus que dessiner un sourire en lui répondant par la positive. Alors que je m’apprêtai à me retourner pour reprendre notre route, j’observai un bateau lever l’ancre pour finir par disparaître au loin. J’étais intriguée, ma curiosité me poussait à vouloir comprendre comment il pouvait quitter ce monde pour en rejoindre un autre et s’il pouvait aller ailleurs que dans le monde des humains. Je posais donc la question à voix haute, à moitié perdue dans mes pensées, observant le vide laissé par le bateau.
« - Ces bateaux naviguent vraiment jusqu’au monde des humains ? J’ai du mal à le croire, mais en même temps j’ai envie de voir de mes propres yeux si cela est possible. Je veux essayer, je veux monter à bord et voir où ça me mènera… »
Je me tournai vers elle, les yeux emplis d’un enthousiasme que je ne cherchais même pas à cacher. Je voulais lui montrer le monde et l’époque dans laquelle j’avais vécu, lui faire découvrir toutes ces merveilles qu’elle n’avait pu connaître, ou encore découvrir son époque, un monde bien différent du mien qui devrait sans aucun doute satisfaire aussi bien ma curiosité que l’envie de violence de Lilith.
« - Et si on montait à bord ? On s’en va, toi et moi, dans mon époque ou dans la tienne. Je pourrais te faire découvrir le japon, la ville où je suis né,, mon appartement, s’il m’appartient toujours d’ailleurs, nos plats, nos coutumes. Et puis… » Je m’interrompis, rougissant un peu « … Il n’y aurait que toi et moi, personne pour nous déranger… On pourrait être plus tranquille… »
Je marquai une courte pause et calmait un peu mon enthousiasme avant de reprendre.
« - Je ne sais même pas si c’est autorisé et je ne veux pas te forcer, mais ça pourrait être bien, non ? » 
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