Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Douloureuses retrouvailles en Enfer

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Douloureuses retrouvailles en Enfer - Lun 17 Fév 2014 - 1:20
Aujourd'hui Arsen avait prit une décision importante, après avoir longtemps tergiversé elle voulait s'adapter à sa nouvelle époque. Sa rencontre avec la surveillante aux cheveux d'argent n'était pas totalement étrangère à cette décision même si l'albinos ne voulait pas se l'avouer. Elle était donc partit au marché pour acheter de quoi faire un premier pas vers la modernité: des vêtements actuels. Bien-sur l'empoisonneuse s'était perdue, avait beaucoup tourné en rond et avait finit par attraper un apprentie dieu pour lui indiquer la route.

Quand la jeune fille arriva enfin à destination, le soleil était déjà haut dans le ciel. Malgré l'hiver bien avancé, il faisait beau et il y avait dans l'air une agréable tiédeur. L'apprentie déesse entra dans une petite boutique, une petite clochette retentit et une vendeuse apparue. En voyant sa cliente, elle hésita  mais en constatant que l'élève était complètement perdue, son coté commerçant prit le dessus et elle la prit en main. La femme lui fit essayer plein de vêtements de toutes les formes et de toutes les couleurs, lui créant une garde-robe de la lingerie à la veste. Avant de payer, la vendeuse insista pour lui offrir une petite robe, elle pouvait bien faire ça avec tout ce qu'elle allait acheter dans sa boutique. Arsen passa donc une jolie petite robe blanche à bretelles toute simple et se regarda dans le miroir. La longue cicatrice sur sa jambe, bien qu'en partie cachée par sa botte, restait visible. Elle soupira doucement et s'en apercevant, la femme lui tendit une paire de grandes chaussettes en laine noires. Elle lui expliqua qu'il fallait les mettre au dessus du genou, que non elles ne descendraient pas, que ça cacherait sa cicatrice tout en la protégeant du froid. L'albinos la remercia et paya ses achats avec l'argent de l'enveloppe qu'on lui avait remit à son arrivée à l'académie et qu'elle n'avait jamais utilisé.

Elle quitta la boutique ses paquets sous le bras, avec sa nouvelle petite robe, ses grandes chaussettes et ses anciennes bottes ainsi que son grand manteau dont elle ne se départissait jamais. La demoiselle rabattit sa capuche sur son visage, le soleil tapait fort mine rien et ses rayons faisait souffrir ses beaux yeux vermeils. Elle marchait plus ou moins au hasard quand elle reconnu l'entrée du parc. Ça faisait longtemps qu'elle n'y avant pas mis les pieds, plus depuis cet incident avec les abricots. Aujourd'hui elle voulait faire table rase du passé et ne plus y penser, elle prit donc une inspiration et franchit le portique en fer forgé. Elle erra un peu en laissant voguer ses pensées, les tenant loin de ses mauvais souvenirs. L'apprentie déesse était un peu perdue, ça faisait un an qu'elle était à l'académie et elle ne s'était toujours pas habituée à son nouvel environnement, elle ne se retrouvait toujours pas dans ses couloirs. Elle avait été stupide de croire que de nouveaux habits y changerai quoi que ce soit... Néanmoins, dans cette petite robe, quelque chose était bel et bien différent: on ne pouvait plus la confondre avec un garçon. Elle devenait vraiment une fille et peut-être un jour deviendrait-elle une femme. Yoko la trouverai-t-elle ainsi vêtue? Non elle ne devait pas penser à ça.

Un élève arriva en courant, paniqué et il se mit à parler à toute vitesse.

" - Va pas là-bas, il y a du sang partout et puis un corps je sais pas.. faut aller  chercher du secours!"


Et le jeune homme disparu comme il était venu. Arsen ne comprenait pas quand elle leva le nez et vit une silhouette étendue le sol. C'était une femme et.. ce corps fin et élancé, ces cheveux d'argent.. ce ne pouvait être qu'elle.

" - Yo..."


L'albinos couru aussi vite qu'elle pu à sa rencontre quant elle se stoppa net à dix mètres de la surveillante. Il y avait du sang, beaucoup de sang, beaucoup trop. Une intense douleur se répandit sous son crane tandis qu'un rire tonitruant qu'elle ne connaissait que trop bien lui vrilla les tympans. La demoiselle plaqua les mains sur ses oreilles pour tenter de le faire disparaitre, faisant tomber son capuchon au passage dans une cascade nacrée, mais il résonnait à l'intérieur de son esprit. L'empoisonneuse inspira profondément, ce n'était qu'un cauchemar, ce rire n'était pas réelle, il n'y avait rien qui puisse lui faire de mal en revanche Yoko elle était en train de se vider de son sang à moins de dix mètres de là. La jeune fille se précipita sur son amie, regardant alternativement la dague plantée dans son ventre et son visage crispé par la douleur. D'un geste maladroit Arsen glissa sa main dans ses cheveux, lui caressant le front dans un mouvement qui se voulait rassurant.

" - C'est moi, Arsen.. Sa voix se brisa, ses yeux s'embuant au fur et à mesure que ses paroles franchissait ses lèvres pales. Je suis là, ça va aller maintenant, tiens bon..."

La jeune femme ouvrit ses beaux yeux d'azur et la regarda levant une main fébrile vers son visage, ses lèvres s'entrouvrirent et dans un murmure elle souffla:

" - Quel bel ange..."

L'albinos lui sourit tandis qu'elle ne pouvait retenir les larmes de glisser sur ses joues blanches. Elle devait à tout prit retirer cette lame de son ventre. Elle empoigna la dague et inspira profondément.

" - Ça va faire mal..."

Et elle tira d'un coup sec. Aussitôt elle jeta l'arme et comprima la blessure. Que devait-elle faire maintenant? Elle avait beau appuyer Yoko saignait de plus en plus, l'hémoglobine s'échappant entre ses doigts . La surveillante une un soubresaut, cracha du sang et dans un dernier sourire elle s'effondra sans vie sur le sol. L'élève resta sans bouger pendant de longues minutes. Lentement ses mains rougit par le sang retombèrent sur ses cotés, son regard se perdit dans le vide alors que les perles d'eau salées ne cessait de couler. Elle avait encore une fois assisté impuissante à la mort d'une personne chère à son cœur, Monsieur était mort empoisonné à l'arsenic sous ses yeux et maintenant Yoko...

Arsen resta un long moment prostrée devant le corps de son amie, sans savoir quoi faire ni comment elle devait réagir et puis elle se rappela qu'elle n'était pas n'importe où. A l'académie il suffisait de ramener les morts à l'infirmerie pour les faire ressusciter, voila c'est ça qu'elle devait faire. Elle frotta ses yeux avec sa manche, essuya ses mains ensanglantées dans sa robe blanche, y laissant de grosses marques et enleva son manteau. Elle glissa délicatement les doigts sur  le visage de la jeune femme aux cheveux d'argent, caressant sa joue avec tendresse et lui ferma les yeux avant d'essuyer le sang sur ses lèvres de velours.

Arsen lui mit son long manteau sur les épaules et après avoir galéré elle mit la demoiselle sur son dos, se releva et prit la direction de la sortit du parc. Le sang poisseux imprégnait le dos de sa robe mais ça n'avait pas d'importance. Les bras de son amie pendaient de chaque coté de sa tête, de fines gouttelettes glissant sur sa peau et roulant jusqu'au sol pendant qu'elle marchait, marchait et marchait encore. Mais son problème était encore et toujours le même: elle n'avait pas la moindre idée d'où se trouvait l'infirmerie. Heureusement pour elle il y avait pas mal de passage à cette heure là. L'empoisonneuse chopa par le col le premier élève passant à sa portée. La jeune fille n'avait pas beaucoup de force mais c'était assez pour l'obliger à l'arrêter, elle plongea son regard infernal dans le sien et l'interpela d'une voix rauque et menaçante.

" - Eh toi! Emmène moi tout de suite à l'infirmerie."


Le jeune garçon qui faisait pourtant presque deux têtes de plus qu'elle la regarda d'un air légèrement effrayé et fixa tour à tour Arsen et la silhouette encapuchonnée qu'elle portait avant de répondre d'une voix hésitante.

"- Mais c'est à l'autre bout de l'académie et puis j'ai cours là.."

" - Tout de suite! l'interrompit-elle. Et tu ne veux pas savoir ce que je te ferais si tu refuses donc magne toi!"

Le gamin se mit à courir et l'albinos le suivit tant bien que mal. Yoko avait beau être mince, l'albinos eut toutes les peine du monde à l'emmener à l'infirmerie. Une fois arrivée, elle fut surprise par l'agitation qu'il y régnait, une véritable fourmilière. Une grande femme en blouse blanche apparut devant elle et lui dit d'un tout sec et pressé.

" - Qui est-ce? Elle poursuivit sans même attendre la réponse à sa question. Mets la sur le brancard le plus proche. Il y a une un attentat renégat et on compte beaucoup de morts et de blessés donc une fois qu'on l'aura ressuscitée, il faudra que tu t'occupe d'elle, on a pas le temps on est en manque d'effectif. Rien hors de tes moyens ne t'inquiète pas. Et puis une fois qu'elle sera en état de marcher tu l'emmènera dans ses quartiers, elle y sera mieux qu'ici."


Arsen n'eut d'autre choix que de hocher la tête sous cette avalanche de paroles. Elle déposa le corps sans vie de Yoko sur un lit roulant et la laissa partir à regret avec l'infirmière avant d'aller attendre dans une salle qu'elle lui avait désigner. Plusieurs heures s'écoulèrent avant que l'infirmière ne revienne la chercher. L'empoisonneuse se releva d'un bond de son siège en la voyant.

" - A..Alors?"


" - Votre amie est dans la salle 3, elle est guérie mais elle dort encore. Je suis vraiment désolée mais j'ai du travail. Prenez soin d'elle, elle a l'air de beaucoup compter pour vous."


Et la femme en blouse retourna en trottinant vers les brancards qui arrivaient toujours. Arsen quand à elle avait prise une teinte rouge vif à ses derniers mots et s'empressa de trouver la salle 3. Une fois à l'intérieur, l'apprentie déesse s'approcha lentement de son amie et s'assit à son chevet. Elle dormait à point fermés dans un pyjama blanc, ses draps immaculés également et tout excepté son sommeil semblait calme et serein. La demoiselle au regard vermeil s'approcha d'elle et posa délicatement sa main sur son front pour tenter de l'apaiser sans trop de résultats. Qu'est ce qui pouvait bien la tourmenter ainsi? Et pourquoi était-elle dans cet état, qui lui avait fait ça? Pourquoi? Elle fulminait, le salaud qui avait fait ça à Yoko le lui payerait. Elle le tuerait de ses mains, mais pas trop vite, elle lui assurerait les pires souffrances avant de le laisser à son amie la Faucheuse. Des dizaines de possibilités d'empoisonnement plus douloureux les uns que les autres défilèrent devant ses yeux. Elle le traquerait, le retrouverait et vengerait la belle aux yeux d'azur étendue dans ce lit à ses cotés.

Arsen croisa les bras sur le matelas devant elle et y posa son front. Elle avait eut exactement la même réflexion à la mort de son maître, lorsqu'elle l'avait trouvé agonisant, l'écume aux lèvres sur le parquet du salon. Elle avait traqué son assassin, se fichant éperdument des "dégâts collatéraux" qu'elle pouvait bien faire. Et puis elle l'avait trouvé sa chimère... La jeune fille s'était promis de ne plus jamais reproduire cette sombre période de sa vie, ce n'était pas le moment de céder à la rage à nouveau. Elle soupira, jusqu'à présent l'adrénaline avait tenu tous ses sens en alerte mais la fatigue reprenait ses droits sur son corps. L'empoisonneuse était criblée de courbatures, sa nouvelle robe blanche toujours maculée de sang, ses cheveux tombaient en rideau devant son visage ses yeux ne purent bientôt plus résister au sommeil. Arsen leva la tête dans un dernier effort pour contempler le visage de son amie, la laissa retomber sur ses bras et s'endormit.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mar 18 Fév 2014 - 15:07
La vie me quittait… encore une fois… Ce n’était jamais que la troisième fois que j’allais mourir, cette fois-ci était cependant être bien plus douloureuse que les deux autres. Mon corps était dans un état des plus lamentables, qui plus est, poignardé à deux reprises par cette ordure qui m’avait servi de double. Je ne pouvais qu’attendre mon heure dans cette mare de sang dans laquelle je gisais presque inconsciente, ne pouvant que repenser à tout ce qui s’était passé.
Je m’étais fait manipuler avec une telle aisance, elle avait joué avec mes faiblesses et les avait retournées contre moi sans le moindre effort. Au final, moi qui me pensais et montrait si forte, j’étais aussi fragile que n’importe qui et il n’était pas dur de me briser. Lilith avait peut-être raison finalement, il était peut-être mieux de n’avoir aucune attache, de ne penser qu’à soi-même sans jamais se soucier des autres. Ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes ne peuvent être blessés par la détresse des leurs. Peut-être était-ce une bonne idée de se couper du monde et de devenir une solitaire, coupant mêmes les ponts avec ma seule famille ?
Alors que cette idée m’envahit, je ressentis une chaleur familière, j’ouvris tant bien que mal mes yeux pour y avoir une silhouette vaguement familière, j’y voyais flou, mais dans ma confusion et mon délire, j’y vis un ange. Un sourire se dessina sur mes lèvres et dans un ultime effort je levai un bras vers elle en lui murmurant du peu de voix qu’il me restait des mots emplis de douceur.
« - Quel bel ange… »
Une violente douleur me traversa le ventre lorsqu’elle m’enleva la dague de ma seconde blessure, de laquelle coulaient désormais des flots de sang. L’heure était venue, tout s’obscurcissait autour de moi et la douleur se dissipait petit à petit, mon corps fut parcouru d’un dernier spasme et mon bras chuta sur le sol, la vie venait de me quitter, encore une fois. Ma première comme ma seconde vie ne m’amenaient que toujours plus de souffrances, d’abord psychologique et maintenant physique. Je devais être maudite et poursuivie par la malchance… oui, se devait être ça… ce pseudo dieu m’avait ramené pour s’amuser de me voir ainsi souffrir. Je n’ai jamais demandé à revivre, j’aurais mille fois préféré rester morte la première fois, plutôt que de revenir pour souffrir encore plus. Il ne devait pas s’agir d’un dieu, mais plutôt d’un démon, s’amusant de la souffrance des autres…
Malheureusement pour moi, cette mort n’allait pas être définitive, quelqu’un allait sans doute me ramener à l’infirmerie pour me ramener à la vie, sans que je n’aie mon mot à dire. Une vie de souffrance n’avait aucun but, aucun intérêt, alors pourquoi me ramener encore une fois ? Il ne faisait aucun doute que j’allais encore être torturée, surtout après le message de ma sœur annonçant son retour, visiblement toujours possédée par son côté obscur. Il était clair que je serais incapable de lutter contre elle et qu’elle allait en profiter, tout comme l’a fait mon double sorti du miroir.
C’est avec ses pensées que j’ouvris les yeux, fixant ce plafond familier, celui de l’infirmerie, évidemment… Je ne fis aucun mouvement, aucun bruit, je ne le voulais pas. Mon seul désir actuel était de mourir et de rester morte, loin de tout ce mal qui m’entourait et qui n’avait de cesse de m’opprimer. Je pus sentir, malgré moi, des larmes couler le long de mes joues, la tristesse m’envahissait et je ne pensais à rien d’autre.
Je me redressai au bout de plusieurs longues minutes, le regard et les joues toujours emplis de ses perles salées. J’observai à gauche et à droite ce qui m’entourait, je pus d’abord voir mes anciens vêtements entasser les uns sur les autres avec comme sommet la dague encore ensanglantée, tout comme le miroir dans laquelle l’autre s’était enfermée. De l’autre côté se trouvait couchée sur le matelas une jeune femme aux cheveux argentés, je reconnus vaguement cette silhouette, il s’agissait de celle que j’avais prise pour un ange dans mes derniers instants et ce n’était autre qu’Arsen. C’était donc elle qui m’avait sauvé ? Étrangement, je ne m’en sentais pas heureuse, je ne ressentais rien, mon regard était vide malgré ses larmes qui ne cessaient de couler.
Je voulus ouvrir la bouche, mais je me ravisai aussitôt, mais l’envie était trop forte, je voulais lui demander… Je me mis donc à la secouer légèrement pour la réveiller en répétant encore et encore la même question jusqu’à ce qu’elle s’éveille. Ma voix était remplie de détresse et d’une certaine forme de colère, sans pour autant être agressive.
« - Pourquoi… pourquoi… pourquoi m’as-tu sauvée… ? »
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mer 19 Fév 2014 - 19:53
La fatigue avait eut raison de la jeune fille aux cheveux d'argent. Porter son amie mais aussi l'horreur de la découvrir agonisante et la peur de la perdre l'avaient épuisée. Yoko venait à peine d'entrer dans sa vie et pourtant... Arsen ne savait déjà pas ce qu'elle ferait si elle venait à disparaitre. Elle était plongée dans un sommeil sans rêves quand quelque chose vint l'en tirer. Quelqu'un était ne train de parler tout près d'elle et de la secouer. Elle résistera un instant puis l'idée que sa compagne s'était peut-être réveillée naquit dans son esprit et elle se releva d'un coup, les yeux grands ouverts. L'empoisonneuse avait les traits tirés par l'anxiété, les yeux encore rougis d'avoir pleuré mais pendant une fraction de seconde on avait pu y lire de l'espoir. Des heures s'étaient écoulées depuis qu'elle l'avait trouvée agonisante dans une mare de son propre sang et la demoiselle au regard d'azur allait enfin aller mieux. Mais son espoir vu vite balayé par les larmes dégoulinant de ses beaux yeux. L'albinos était complètement paniquée, avait-elle mal quelque part? Ou bien était-ce le contre coup de sa mort? Et puis elle entendit la litanie pleine de détresse qu'elle prononçait à son attention, sa question.

« - Pourquoi… pourquoi… pourquoi m’as-tu sauvée… ? »


Pourquoi? Arsen resta stupéfiée. Elle n'avait sauvé personne puisque qu'elle était arrivée trop tard, elle s'était contenté de l'amener à l'infirmerie. Mais c'était justement de ça que la repentie parlait, pourquoi l'avoir emmenée ici, pourquoi l'avoir fait ressusciter et vivre à nouveau? La réponse était simple. L'apprentie déesse plongea son regard dans le sien.

" - Pourquoi? Peut-être parce que...  Parce que je ne voulais pas te perdre... Que tu t'en ailles toi aussi... Je.."

Elle ne put soutenir son regard et détourna le visage. Comment lui avouer que grâce à elle, elle n'était plus totalement seule? C'était déjà plus qu'elle n'en avait jamais dit et là c'était trop pour elle. Et puis pourquoi tout cette détresse dans ses yeux? Et cette rancœur qu'elle avait cru entendre dans le fond de sa voix... Oui, elle lui était destinée, Arsen n'y avait pas pensé tout de suite mais son amie lui reprochait plus que certainement d'être la cause de sa résurrection. Était-il possible qu'elle se soit elle-même donné la mort? Non, quand elle avait comprimé la plaie tout à l'heure elle y avait vu au moins deux coups de dague. Et pourtant elle voulait mourir...

Arsen se leva et se tourna vers la fenêtre. Sa compagne n'avait pas désiré la mort, elle avait simplement cédé à la tentation de se laisser porter par elle et encore en cet instant elle voulait lui retourner . La jeune femme avait juste cessé de se battre et ça l'albinos ne pouvait le supporter. Elle ne se souvenait que trop bien du jour où elle avait souhaité que les flots l'emporte puisqu'elle ne pouvait lutter contre eux. Elle ne pourrait jamais oublier le regard de son maître, la déception et la rage qu'elle y avait lu dans le bleu glacial de ses yeux lorsqu'il l'avait extraite des eaux boueuses de la Tamise. Ses mains se mirent à trembler imperceptiblement , tout son être frissonnant à ce souvenir. La mort était un choix et pour l'empoisonneuse la facilité ne devait jamais en être un.

L'albinos inspira lentement,  prit la carafe d'eau qui siégeait sur le meuble à coté de sa chaise et servit un verre qu'elle posa sur la table de nuit de Yoko. Elle se tourna vers la surveillante et lui parla d'une voix calme d'où s'échappait un soupson de lassitude et de déception. Le regard brulant qu'elle avait quelques instants plus tôt n'avait pour autant pas totalement disparu. L'élève fit tourner une bague sertit d'une améthyste ronde autour de son doigt et l'ôta.

" - Je suis navrée... Je ne pensais pas que tu pouvais désirer mourir.
La jeune fille retint son souffle avant de poursuivre.
Cigüe et datura pour la toxicité et opium pour une mort paisible... Appuis sur l'encoche pour l'ouvrir et mets en la moitié dans le verre, ça suffira. Voila. Je te rends la Mort que je t'ai prise si c'est ce que tu veux vraiment..."

Arsen vint poser la bague à coté du verre mais s'arrêta à hauteur de son visage et lui murmura au creux de l'oreille.

" - Et ta promesse? Me laisseras tu seule à nouveau...?"

Il y avait une pointe de défi dans sa voix, sa phrase restée en suspens avait tous les airs d'un "ne meurs pas" qu'elle ne pouvait prononcer. La demoiselle au regard infernal s'éloigna de sa compagne et plongea une dernière fois son regard dans le sien. Puis elle attrapa son manteau, laissant le reste de ses affaires au pieds de sa chaise et l'enfila d'un geste preste par dessus sa robe blanche maculée de sang et ses chaussettes qui avait d’ors et déjà glissées jusqu'au bord de ses bottes en dévoilant la cicatrice grossière de sa jambe.

" - Je reviendrais dans une heure voir comment tu vas.."


Elle mit mes mains dans ses poches pour en masquer le tremblement et marcha vers la sortie.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Mer 19 Fév 2014 - 21:47
Elle ne voulait pas me perdre finis, je corrige En voilà une réponse égoïste… Avait-elle seulement à ce que moi je pouvais vouloir ? La pensée que la situation pouvait me convenir lui avait-elle seulement traversé l’esprit ? Non, à aucun moment elle n’avait pensé à une telle chose, la seule chose qu’elle avait faite et désirée était de me sauver… En cet instant, je ne pouvais que lui reprocher son acte, cela dit, j’aurais sans aucun doute fait exactement la même chose si la situation c’était avéré inversée. Je n’aurais pas hésité une seconde à l’amener à l’infirmerie pour qu’elle ressuscite et revienne parmi les vivants. En aucun cas elle ne pouvait savoir ce qu’il me traversait l’esprit et que mon envie de mourir était bien plus forte que mon envie de vivre, la logique allait dans son sens, mais peu m’importait, je ne voyais pas tout cela dans mon état actuel.
Alors que je posai toujours mon regard vide sur elle, mais cette fois en silence, elle me versa un verre d’eau qu’elle posa sur la table de nuit, avant d’y déposer sa bague. Si je désirais vraiment la mort, elle était disposée à me laisser me la donner avec le poison contenu dans son anneau, mon attention était portée sur cette bague et non plus sur la jeune albinos. Au moment de la déposer, elle me murmura à l’oreille une promesse que je lui avais faite il n’y a de cela qu’une semaine. Extérieurement sa remarque ne fit que me faire froncer les sourcils l’espace d’un instant, mais intérieurement un chaos sans nom était en train de naître.
Alors qu’elle se rhabillait pour partir, m’annonçant qu’elle reviendrait dans une heure, je n’étais déjà plus qu’à moitié connectée dans la réalité. Mon visage se tournait vers la chaise où se trouvait actuellement une autre moi, parfaitement identique, si ce n’est qu’elle était habillée normalement et pas avec un pyjama blanc. Elle me salua de la main avant de me regarder de haut en bas avant de secouer la tête et de soupirer tout en croisant les bras.
* - Tu t’es vue ? Tu fais vraiment peine à voir tu sais. Je nous ai connu en meilleure forme que ça, qu’est-ce qu’il y a ? *
Je me contentai de la regarder en silence avec toujours ce regard vide et cette expression de désespoir.
* - Tu n’es pas sérieuse… On a connu… Non, en fait on n’a pas connu pire que ça… mais ce n’est pas une raison de te laisser abattre ma grande. Okay, la vie est dure et on en prend plein la gueule à longueur de temps, mais c’est un peu ça vivre, non ? Souffrir encore et encore, mais se relever à chaque fois et remonter la pente. Dis-lui toi, elle t’écoutera sûrement. *
Elle tourna son regard vers le pied de mon lit, regard que je suivis sans réfléchir et il s’y trouvait comme par hasard Lilith, visiblement furieuse, les bras croisés. Elle tapotait ses griffes sur son bras, excédée de la situation.
* - Tu me fais pitié, tu sais ça ? Vouloir mourir… c’est ta nouvelle lubie ? Tu souffres un peu et te voilà défaitiste au possible. Bravo, belle progression dans la connerie, je te félicite… Pour faire ça, tu pouvais laisser l’autre brute garder le contrôle, son style diffère du mien, mais au moins on ne se serait jamais ennuyé. Donc maintenant, tu me fais le plaisir de virer ses idées noires ou je te donnerai une véritable raison de préférer le suicide. *
Elles étaient toutes les deux agaçantes, mais elle avait malheureusement raison. Penser de cette manière n’avait jamais été mon style et ne devrait jamais le devenir… Le vide présent dans mes yeux laissa place à un nouveau regain de vie, je n’étais bien sûr pas le genre de personne à rayonner de bonheur et d’envie de vivre, mais l’envie d’y rester s’évanouissait petit à petit au fur et à mesure que je repensais à mes attaches.
* - Bien, tu vois, c’est déjà un peu mieux et il serait bon de ne pas oublier ta promesse. J’aimerais éviter que l’on devienne le genre de personne incapable de les tenir, surtout pas envers elle. On a enfin trouvé une personne différente des autres et à qui on tient énormément, ne va pas tout foutre en l’air avec ton égoïsme. *
* - Bon, vu que maintenant le problème de ta fragilité stupide est résolu, passons à ta punition… Oui, t’as bien entendu, ta punition… c’est pour avoir laissé l’autre idiot prendre le dessus sur toi. *
Je n’eus le temps de réagir, qu’elle bondit sur moi et me souleva du lit en me tenant par le col, plongeant son regard dans le mien qui contenait un mélange de rage et de ce que j’aurais pu identifier comme de l’inquiétude. Je n’essayai même pas de résister, je savais que ça ne servirait à rien, elle était plus forte que moi et me débattre n’aurait fait que l’énerver un peu plus. Elle enfonça lentement l’une de ses griffes dans mes côtes avant de la tourner dans tous les sens, provoquant chez moi d’horribles douleurs que je ne retenais pas. La torture dura quelques minutes, avant qu’elle me lâche et que la douleur s’en aille, elle semblait satisfaite, tout le contraire de moi.
* - Et que ça te serve de leçon ne t’avise pas de te faire dominer encore une fois ou tu le regretteras. *
Je hochai la tête et posai une main là où se trouvait il y a peu ma blessure imaginaire, cette démone savait s’y prendre pour blesser les gens. De mon autre main, j’allais pour prendre le verre d’eau, qui me fut tendue par mon double que je remerciai avant de le prendre. J’hésitai un instant avant de le boire, la regardant droit dans les yeux.
* - Hey… Tu me blesses là, tu crois vraiment que j’y aurais mis le poison après mon petit speech… Lilith n’y est peut-être pas allé assez fort, tu en reveux une dose ? *
* - Non… désolée… mais je ne suis plus sûr de rien en ce moment. *
* - Allez, je te donne le bénéfice du doute, nous on va y aller, t’as besoin d’un peu de repos… Oh et avant que je parte… Si t’oublies de la remercier et de t’excuser, Lilith te bottera encore le cul avec plaisir, fais gaffe. *
La démone acquiesça et je hochai la tête pour en faire de même, il était vrai que je lui devais des excuses et des remerciements, c’était elle qui m’avait sauvée et je n’avais pas vraiment fait preuve de sympathie en retour. Je rattraperai cette erreur une fois qu’elle reviendra, à cette pensée, mon cœur s’emballa un peu, les évènements de la journée m’avaient quelque peu perturbé et ce que j’avais ressenti en m’imaginant qu’il s’agissait d’elle sur cette chaise me perturbait.
C’était la première fois que je ressentais de tels sentiments pour une personne, qu’il s’agisse de ma sœur ou de mes parents. Cette émotion était différente des autres, qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Maintenant que la détresse était passée, j’y voyais plus claire et je me sentais vraiment heureuse de savoir que c’était elle qui m’avait sauvée et qu’elle s’inquiétait pour moi, mon cœur se réchauffait et s’emballait à cette idée, je sentais même mes joues devenir plus chaudes et rosir. Je pouvais clairement m’imaginer cette scène transposée dans un film et au vu des symptômes, le personnage principal se rendrait compte de ses sentiments et qu’il… est amoureux de l’héroïne… ? Je pouvais entendre Lilith grommeler à cette pensée, elle n’appréciait pas du tout cela et moi je n’y comprenais plus rien… Étais-je vraiment capable de ressentir de l’amour pour quelqu’un ? Surtout pour une personne que je ne connaissais que peu ? Mais tous les symptômes étaient là, le cœur s’emballant, les joues et les oreilles rouges comme une tomate et une sorte de bonheur étrange en pensant à elle.
Toutes ces pensées m’envahirent l’esprit et je ne saurais dire combien de temps cela dura, mais je n’allais pas tarder à comprendre qu’il devait s’être écoulé plus ou moins une heure, car des bruits de pas s’approchant de mon lit se firent entendre. Je quittai mes rêveries pour regarder de qui il s’agissait et bien évidemment, c’était Arsen, mon premier réflexe incontrôlé fut de pousser un couinement avant de me cacher sous la couverture pour masquer mon visage. J’étais rouge comme une tomate et son arrivée soudainement n’avaient fait qu’empirer la chose, je ne voulais pas qu’elle me voie ainsi… non, je n’étais pas encore prête…
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 20 Fév 2014 - 0:14
L'empoisonneuse referma la porte     avec un calme qui n'était vraiment qu'apparent. Elle marcha dans le couloir désert, tremblant comme une feuille morte par grand vent. Soudain ses jambes cessèrent de la porter et elle s'effondra sur le sol. La mort passagère de Yoko l'avait finalement bien plus affecté que ce qu'elle pensait. Depuis quand était-ce devenue une personne si importante dans sa vie? Comment une personne qu'elle connaissait si peu pouvait-elle prendre autant de place? La jeune fille aux cheveux d'argent se traina jusqu'au mur le plus proche et s'y adossa, ramenant ses jambes contre elle et les entourant de ses bras frêles. Les poisons en elle commençaient à s'agiter et ce n'était jamais bon signe, elle espérait juste que sa passerait vite. Elle était énervée, Yoko voulait se laisser mourir et bien qu'elle meure. L'albinos essayait désespérément de se convaincre qu'elle avait bien fait de lui donner sa bague, que c'était ce qui était le plus logique, qu'elle n'avait fait que lui donner ce qu'elle voulait, réparer une erreur.. Pourtant toutes ces justifications sonnaient comme de mauvaises excuses à ses oreilles, elle ne voulait juste pas qu'elle meure. Pour la raison la plus égoïste du monde, elle ne voulait plus être seule et la jeune femme au regard d'azur était la seule personne avec qui elle voulait être.
L'apprentie déesse eut une quinte de toux assez violent, en enlevant sa main de devant sa bouche elle aperçut de petites taches vermeils sur sa peau déjà rougie par les marques du sang de Yoko. Elle rejeta la tête en arrière et contempla le plafond en se concentrant sur sa respiration pour tenter de ses calmer, en vain. L'empoisonneuse serra le point aussi fort qu'elle le pu, faisant pénétrer ses ongles pourtant courts dans sa chair. Pourquoi était-elle si faible? Pourquoi n'avait-elle pas essayé de convaincre son amie que la vie valait la peine d'être vécue plutôt que de lui filer du poison? Elle ne voulait pas qu'elle meure...
L'élève sortit un mouchoir de sa poche, c'était celui de son amie. Elle lavé et le gardait dans son manteau pour le lui rendre quand elle la verrait mais là elle en avait besoin si elle voulait éviter de mettre du sang partout et dans l'état actuel des choses la demoiselle ne lui en voudrait surement pas si elle gardait son mouchoir un petit peu plus longtemps. Elle le plaça donc devant ses lèvres, essuyant quelques gouttelettes d'hémoglobine , toussant de temps à autre, attendant que ça passe. Le temps lui paraissait s'écouler étrangement, se distordant sans qu'elle ne puisse avoir la moindre idée de l'heure. L'empoisonneuse attrapa sa vieille montre à gousset cabossée et la consulta, ça faisait presque une heure qu'elle était assise là, il allait être tant de rejoindre Yoko.
Elle prit appuis sur le mur et se remise debout. Sa migraine s'était calmée et elle ne toussait plus, son visage en revanche était encore plus pâle qu'à son habitude. Arsen fourra le mouchoir dans sa poche, il était hors de question que sa compagne voit ça. Mais était-elle encore en état de faire attention à quoi que ce soit? Si elle avait prit le poison elle devait être dans les vapes à l'heure qu'il était, paralysée jusqu'au bassin. L'albinos espéra ardemment qu'il n'en soit rien et ouvrit la porte.
La jeune femme aux cheveux d'argent semblait perdue dans des rêveries très loin d'ici et l'élève retint sons souffle quand soudain elle s'aperçut de sa présence près du lit. Elle vira à l'écarlate en une fraction de seconde et dans un petit couinement aigüe, rabattit le drap blanc sur son visage. L'empoisonneuse soupira de soulagement. Elle n'avait pas l'air paralysée du tout  et sa bague ne semblait pas avoir bougée d'un pouce. Elle alla la récupérer et le passa à nouveau à son doigt. Cependant la réaction de son amie était quand même étrange, pourquoi se cachait-elle comme ça? La jeune albinos resta près de la table de nuit et et souleva un coin du drap pour la regarder.
" - Ça va mieux? Tu es écarlate.."
Elle se souvint soudain de ce que lui avait dit l'infirmière lors de leur arrivée et à en croire le nombre d'heures écoulées, elle n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez dans la chambre pour rouspéter. Et il fallait mieux qu'elles ne soient plus là lorsqu'elle arriverait. Arsen attrapa sa besace, le sac avec ses nouveau vêtement et y mit ceux de Yoko ainsi que la dague ensanglantée et le petit miroir avant de se retourner vers elle.
" - Penses- tu que tu puisses marcher? Il faut qu'on parte d'ici, l'infirmerie est pleine à craquer et il y en a encore qui arrive. Je te ramène à tes quartiers."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 20 Fév 2014 - 14:43
Pourquoi fallait-il qu’elle arrive maintenant, alors que tout était confus dans ma tête ? Et pourquoi se réflexe stupide et me cacher sous la couette comme une adolescente ? Je n’arrivais pas à croire que j’avais pu faire une telle chose, j’entendais en moi Lilith à la fois grommeler et rire de ma situation. Elle n’aimait pas me voir afficher mes faiblesses, mais elle ne se gênait pas pour se moquer de moi par contre. Je répondis à sa question par un simple hochement de tête, visible depuis l’extérieur de la couverture sans en sortir ma tête. J’étais gênée et mon visage était totalement rouge, je n’aurais pas su lui expliquer de quoi il s’agissait ou tout du moins, pas ici. Il était hors de question que quelqu’un d’autre qu’elle entende ce que j’ai à lui dire, je me sentirais obliger de tuer les éventuels indiscrets sinon…
Je la voyais s’agiter à travers le drap, elle s’était dirigée vers mes affaires et j’entendis un bruit de sac. Elle devait sans doute y mettre mes vêtements, mais dans quel but ? J’eus aussitôt la réponse, elle désirait qu’on parte, car la place manquait ici, quelle chance j’avais. Cela dit, avec mes affaires rangées dans un sac, avec quoi est-ce que j’allais quitter l’infirmerie ? Le pyjama que je portais en ce moment ? Génial, je vais devoir me balader en pyjama dans l’académie… Bon, ce n’est pas comme si j’en avais quelque chose à faire, le premier qui se moque de moi se mangera un regard qui le fera pleurer instantanément donc ce n’est pas trop mal.
J’avais un peu réussi à me calmer, je ne devais plus être aussi rouge qu’auparavant, ce qui était une bonne chose, je sortis donc lentement la tête du drap pour observer les alentours. Ma jeune amie attendait que je lui réponde, ce que je fis en hochant la tête lentement avant de me lever et de mettre mes chaussures, je n’allais pas me balader pied nu. Je me mettais debout sans trop de peine avant de faire quelques pas et de constater que tout allait bien à nouveau, que de miracles en ce lieu… Je me mis donc en route avec elle, en évitant de croiser son regard pour ne pas rosir à nouveau. Je rompis le silence en lui annonçant que je lui expliquerais la situation par après, que je voulais attendre d’être seule avec elle.
Je fis le reste du trajet dans le silence le plus total, je ne savais pas quoi dire tellement tout était confus dans mon esprit, je voulais m’excuser, mais je n’y arrivais pas… pas encore. Après de longues minutes de marche, nous arrivâmes dans mes quartiers, j’allais pouvoir prendre une douche et changer de vêtements, l’odeur du sang était certes agréable, mais je préférais sentir celui des autres que le mien.
« - Je… je vais prendre une douche en vitesse… je… j’en ai besoin… fais comme chez toi. »
Je pris de nouvelles affaires en vitesse, un pantalon simple, une chemise et une veste avant de me diriger vers la salle de bain. Je pris une longue douche, j’avais besoin de me rafraichir les idées et de décider quoi faire de ce que je venais de découvrir. Devais-je faire comme si de rien n’était ou est-ce que je devais pour la première fois laisser mes sentiments me guider et me lancer avec elle ? Mais… et si elle me repoussait ? Est-ce que je suis prête à ça ? Je ne me suis jamais ouverte, je n’ai jamais été confrontée à ce problème, du moins pas depuis le début de mon adolescence et je suis sûr que me faire rejeter par elle me blessera énormément.
Je sortais de la douche et me séchai sans que ces pensées ne quittent mon esprit, je ne savais pas si je devais le lui dire, le lui montrer ou continuer comme maintenant et voir plus tard si elle me rejettera ou pas. Ce devait être la solution la plus simple et la moins douloureuse pour moi, j’évitais le refus autant que possible et je voyais comment la situation évoluait. Une conclusion qui arrivait alors que j’étais coiffée et finalement habillée, je pris une grande respiration avant de sortir de la salle de bain, prête à parler. J’allais m’asseoir près d’elle en la regardant dans les yeux, les joues légèrement roses en lui prenant la main avec douceur, lui parlant avec une voix hésitante tout en mêlant douceur et tristesse.
« - Je… Je suis désolée, je n’aurais pas dû te dire ça alors que tu t’es donné du mal pour me sauver, mais… après ce qu’il m’est arrivé, j’en suis arrivée à me dire que la vie ne m’apporte que des souffrances… Durant toute ma vie et même depuis mon arrivée ici, je n’ai fait que souffrir… que ce soit physiquement ou psychologiquement, j’ai voulu l’espace d’un instant que tout ça s’arrête, mais… je… enfin non… tu… »
Je poussai un soupir avant de prendre une longue respiration et de reprendre.
« - Tu m’as sans doute sauvée… si ce n’est pour to… pour toi, je ne sais pas si j’aurais pu retrouver l’envie de vivre… Tu… tu chamboules un peu ma vie et… tout à l’heure quand j’ai cru avoir causé ta perte, mon monde s’est effondré… »
Mon regard fuit instantanément le sien, mes joues virant une nouvelle fois au pourpre, mais ma main n’avait toujours pas lâché la sienne.
« - J’ai fait sortir un double totalement opposé à moi d’un miroir stocké dans une pièce obscure… Elle m’a torturée mentalement en me faisant croire qu’elle t’avait pris en otage et qu’elle n’hésiterait pas à te tuer si je ne me prêtai pas à son jeu… Je ne voulais pas que tu souffres par ma faute alors j’ai fait ce qu’elle voulait et je me suis vue tuer ma propre sœur… Avant de te voir te faire tuer par la Lilith qu’elle avait invoquée… J’ai cru que tout était vrai et que je venais de perdre mes raisons de vivre… J’ai perdu le contrôle et je suis devenue folle, laissant le plus brutal de mes amis prendre le contrôle de mon corps… Le reste tu le connais… »
Je baissais encore la tête, reprenant à nouveau une grande respiration, comme pur me donner du courage.
« - Inconsciemment, je n’ai jamais été aussi heureuse en te voyant à mon réveil dans l’infirmerie, mais j’étais trop brisée pour m’en rendre compte… Je me luis laissée aller… désolé et… je ne saurais jamais assez te remercier pour ce que tu as fait et d’être restée à mes côtés… merci… »
Je me levai sans lâcher sa main pour autant, je fuyais toujours son regard et ajoutait d’une voix un peu gênée et timide, les joues toujours roses.
« - J’ai… j’aimerais voir où tu vis… tu as déjà vu mes quartiers, mais… j’aimerais voir les tiens… ça ne te dérange pas… ? » 
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Apprentie-déesse
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 20 Fév 2014 - 21:02
Les deux jeunes filles firent tout le trajet dans le silence le plus total, marchant l'une à coté de l'autre, Yoko les guidant toutes les deux. L'albinos avait été soulagée de constater que son amie pouvait se mouvoir sans gène apparente, ils faisaient vraiment des miracles dans cette infirmerie. En revanche la repentie ne semblait quand même pas dans son état normal, elle n'avait plus cette attitude confiante qu'elle arborait à leur première rencontre, ses joues s'empourpraient facilement et elle balbutiait en évitant son regard. D'une tout autre personne, elle aurait pu penser qu'elle avait peur d'elle mais ce n'était pas n'importe qui, il s'agissait de Yoko. Était-elle malade? Ou bien était-ce la présence de l'empoisonneuse qui la gênait? Tous ses questions lui trottèrent dans la tête sur le chemin jusqu'à chez la surveillante. Elle aurait peut-être du la laisser tranquille et ne pas entrer avec elle, qu'elle puisse se reposer au calme sans l'étrangère qu'elle était mais Arsen préféra l'accompagner. Cette mort avait du l'éprouver et la demoiselle avait peur qu'elle ne repanique une fois seule avec ses démons et puis elle lui avait promit de lui expliquer la situation. Et la jeune fille aux yeux rouges sang était très curieuse, surtout lorsque ça concernait sa compagne visiblement.
Elle voulut aller prendre une douche ce qui était on ne peut plus normal après ce qu'elle venait de vivre et l'albinos s'assit sur la chaise de son bureau en l'attendant. Elle aussi aurait bien eut besoin de se débarbouiller, sa robe était toujours couverte de sang et la tache dans son dos avait traversée le tissu pour laisser quelque paillettes rougeâtres séchée sur sa peau blanche. Elle entendait l'eau couler derrière la porte de la salle de bain, son lancinant qui l'a berçait, lui évitant de trop penser à tout ce qui venait de se passer. L'apprentie déesse resserra les pans de son manteau contre elle et prit sa montre à gousset qu'elle posa ouverte sur la table. Les minutes s'égrainaient à l'envers, la trotteuse faisait son petit bonhomme de chemin avec son tic tac habituel, rien ne l'a rassurait autant que le temps qui s'écoule de manière égale et infinie, voila au moins quelque chose qui ne changeait jamais. Elle avait ouvert le fond de la montre et en caressait l'inscription cachée lorsque la porte de la salle d'eau s'ouvrit et que son amie en sortie.
Arsen la regarda venir jusqu'à elle et s'installer tout près avant de lui prendre la main avec une extrême douceur. Les mots qu'elle s'apprêtait à prononcer ne devait pas être aisés pourtant elle se lança et, marquant parfois une courte pause, ne s'arrêta qu'une fois avoir fini. L'albinos écouta chacun de ses mots plongeant son regard dans les flots bleus du sien.
" - Je ne t'ai pas sauvée, je suis juste restée là où j'avais le plus envie d'être... dit-elle en détournant le regard. Je ne veux plus que tu meurs tu sais, alors si tu as retrouvé l'envie de vivre ça me.."
Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase. Attendez, elle avait bien dit pour elle? Avait-elle bien entendu? Elle s'empourpra presque instantanément, sa compagne venait bel et bien de dire qu'elle faisait partie de ses raisons de vivre. La jeune fille aux cheveux de nacre n'arrivait pas à le croire, son amie tenait véritablement à elle et visiblement plus que les autres personnes qui avait traversées sa vie. L'élève l'écouta attentivement tandis qu'elle racontait ce qui s'était passé, un once de soulagement naquit malgré elle dans son cœur. Si le monstre qui lui avait infligé tout ça n'était autre qu'elle-même, Arsen ne pourrait pas la venger, autrement dit elle n'aurait pas à briser la promesse qu'elle s'était fait et à redevenir l'abomination qu'elle avait été.
Quand elle eut fini, elle se leva sans toute fois la lâcher, tirant  son invitée de ses réflexions, et lui demandant hésitante si elle pouvait voir l'endroit où elle vivait. La demoiselle ne comprit pas trop les raisons de cette demande mais elle ne voyait pas pas pourquoi elle refuserait, elle accepta donc. Elle attrapa ses affaires sans jamais lâcher la main de Yoko et se dirigea vers la sortie. Cependant elle la laissa quand même les guider jusqu'aux quartiers des élèves, ne sachant pas comment y aller seule. Elle l'entraina ensuite jusqu'au dernier étage et tout au fond du couloir, elles s'arrêtèrent devant une grosse porte sur laquelle était inscrit sur deux petits cartons "Shaad Princeton" et "Arsen Icum". La locataire des lieux prit une petite clé en argent dans sa poche, la fit tourner dans la serrure et ouvrit la porte.
" -Voila, c'est chez moi."
La pièce était très sombre, il faisait presque nuit dehors et l'une des fenêtres était recouverte d'une sorte de mur végétal. En fait la quasi totalité de la pièce commune était remplit de plantes. Mais ce qui sautait aux yeux en premier était le capharnaüm qui y régnait, le sol était recouvert de feuilles de notes et de croquis, la table de plantes en tout genre, d'échantillon et de fioles étranges et les murs d'étagères pleine de boite et de pots. Une douce odeur de plante aromatique et de vieux papiers flottait dans l'air, la tiédeur de la pièce et la pénombre ambiante formait le petit cocon rassurant, le refuge dans lequel l'albinos vivait depuis sa mort. Son lit n'était qu'un matelas même le sol mais il était soigneusement fait, il y avait également une petite gazière et un cabinet de toilette et on pouvait apercevoir au fond de la chambre une montagne d'affaire qui ne faisait visiblement pas partit du reste du mobilier.
Arsen était un peu gênée, elle ne pensait pas avoir laissé autant de bazar derrière elle en partant ce matin. Elle ramassa les tonnes de papiers qui trainait partout, posa ses sacs sur un coin de la table et ramassa la plante vénéneuse en pot qui siégeait sur le fauteuil.
"- Euh.. désolé pour le désordre..."
Elle se racla la gorge pour se donner consistance, gardant la plante dans ses bras, ne sachant pas la mettre. La jeune fille posa son manteau sur son lit, ses cheveux d'argent ondulèrent sur ses épaules avec des reflets nacrées quand elle alluma une petit lampe sur la table pour ensuite se diriger vers la gazinière.
"- Installe toi, je vais faire du thé."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Ven 21 Fév 2014 - 15:30
Ce que dit Arsen me fit encore rougir de plus belle, à ses yeux, elle ne m’avait pas sauvé, elle n’avait fait que rester là où elle voulait le plus être. C’est pourtant grâce à elle que j’étais encore en vie maintenant et que je ne m’étais pas laissé aller à ce désespoir qui m’avait gagné après mon réveil. Ce qui retint le plus mon attention était le fait qu’elle désirait être à mes côtés, l’espace d’un instant je me retrouvai sur un petit nuage en entendant ces mots, j’avais visiblement une certaine importance à ses yeux et cela me réjouissait énormément.
Après ma douche, une fois revenue dans mes quartiers, et ma demande de visiter sa chambre faite, ma jeune amie accepta et se leva pour m’y guider, sans jamais lâcher ma main. J’étais heureuse qu’elle ne la lâche pas non plus durant le trajet, mes joues restant empourprées de par ce fait. Je la guidai jusqu’au dortoir des étudiants puisqu’elle ne savait pas comment s’y rendre, elle avait réellement un mauvais sens de l’orientation, j’en arrivais même à me demander si elle arriverait à retrouver sa chambre une fois que l’on serait arrivé dans le bâtiment. Mes craintes s’envolèrent lorsqu’elle me guida au dernier étage en face d’une porte où se trouvait indiqué son nom… et celui d’une autre personne… un homme visiblement. Je fronçai les sourcils à l’idée qu’elle puisse habiter avec un homme, cette idée ne me plaisait pas du tout et avant que je n’aie le temps de dire quoi que ce soit, elle lâcha ma main pour ouvrir, dans un réflexe sortit de nulle part, je poussa un très faible cri et tentai de rattraper sa main, comme un enfant dont la mère venait de lui lâcher la main. Elle en avait cependant besoin pour ouvrir la porte, je me résiliai donc en ne lui reprenant pas.
Elle ouvrit la porte sur une pièce fort sombre dans laquelle se trouvait d’innombrables plantes éparpillées un peu partout, de très nombreux papiers recouvraient le sol et un grand nombre de fioles en tout genre était placées ci et là sur les étagères. J’étais loin de m’imaginer une chambre comme celle-ci, que ce soit pour le chaos qui y régnait ou pour le nombre de plantes qui s’y trouvaient. Elle était passionnée, c’était au moins une chose dont je pouvais être sûre, je pouvais aisément m’imaginer que la plupart de ses plantes servaient à concocter je ne sais quel poison mortel, une pièce dangereuse où il valait mieux ne rien toucher en somme.
Elle alla ramasser des papiers qui trainaient un peu partout et j’aperçu sur l’un d’eux un portrait qui me semblait familier, je la laissai ranger tout ceci sur la table alors qu’elle s’excusait du désordre, je lui répondais que ce n’était pas bien grave, que ce n’était pas quelque chose qui me dérangeait. Elle prit une plante qui siégeait sur un fauteuil avant de déposer ses affaires sur son lit, qui n’était d’ailleurs qu’un matelas à même le sol, pendant que moi je prenais le croquis que j’avais brièvement aperçu plus tôt. Je l’observai avec attention et il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait de moi, mes joues s’empourprèrent à la vue de ce dessin. Je n’étais pas habituée à ce que quelqu’un pense tant à moi qu’elle en avait envie de me dessiner…
Elle alluma une lampe avant de partir faire du thé en me disant de m’installer, ce que je fis sans attendre. Je l’observai attentivement préparer son thé, tout en gardant le croquis à la main. J’avais déjà du mal à mettre au clair mes pensées à son sujet et elle ne m’aidait pas du tout, entre ses dires, ses gestes et ce dessin, je ne savais plus où donner de la tête. Je voulais lui dire ce que j’avais en tête, voir ce que je ressentais pour elle, mais inconsciemment, j’avais peur de sa réaction, il était clair qu’elle me portait un certain intérêt, mais quant à savoir s’il était semblable au mien était une tout autre histoire. Je pris la parole un peu timidement alors qu’elle était occupée avec le thé.
« - Je… trouve la déco originale, toutes ses plantes un peu partout, d’ailleurs elles ne dérangent pas ton… colocataire ? »
Je baissai la tête à ses paroles, cachant légèrement mon visage avec le croquis. Mon attention fut retenue par le dos de sa robe, qui était recouvert dans sa majeure partir de sang, sans aucun doute le mien. Je baissai les yeux et m’excusait une nouvelle fois.
« - Je suis désolée d’avoir taché ta robe… Elle semble être neuve et je l’ai recouverte de sang… Elle… elle te va très bien en plus, je… euh… je comprends pourquoi je t’ai prise pour un ange lorsque je mourrais… »
J’étais encore plus gênée que je l’étais auparavant et je dissimulais désormais tout mon visage sous le croquis, je ne voulais pas qu’elle me voit comme ça, je n’avais pas honte, mais c’était nouveau pour moi et la réaction qu’elle pourrait avoir m’effrayait
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Ven 21 Fév 2014 - 20:21
Arsen se sentait plus à l'aise maintenant qu'elle avait retrouvée son chez elle. C'était la première fois qu'elle y emmenait quelqu'un et cette sensation d'intrusion dans son espace  personnel lui aurait été désagréable si l'intrus avait été quelqu'un d'autre que la surveillante. L'albinos se balançait imperceptiblement d'un pied sur l'autre devant sa gazinière, malgré ses dires peut-être que son environnement la perturbait? Peut-être même allait-elle tourner les talons d'un instant à l'autre? L'élève alla remplir la bouilloire d'eau dans le cabinet de toilette puis revint et la posa sur le feu.

" - Mon quoi? Aaah Shaad, je n'en sais rien, il n'est pas venu ici depuis... Elle réfléchit un instant, parlant sans se retourner, occupée à farfouiller dans les boites en fer blancs sur l'étagère la plus proche. Depuis plus de six mois je pense. Ses affaires sont dans un coin mais personne ne sait s'il viendra les chercher un jour."

Ne trouvant pas ce qu'elle cherchait, l'empoisonneuse attrapa un tabouret plein de papiers qu'elle posa sur le tas déjà existant sur la table et cala ses pieds en bois entre les feuilles. Elle posa la plantouille dessus et regarda une petite boite sur la plus haute étagère, les mains sur les hanches. Elle soupira et enleva ses bottes avant de monter debout sur la table.  Elle grimpa ensuite sur le tabouret avec l'agilité d'un chat, un pied de chaque coté du pot sans faire tomber la moindre feuille. La jeune fille planta son regard infernal sur la boite tant désirée et la prit d'un geste sur quand son invitée la complimenta sur sa robe. Surprise et prenant une teinte rouge pivoine, elle bascula en arrière et n'évita la chute que d'un cheveux. Elle se dépêcha de descendre de son perchoir, le pot à thé à la main et alla chercher son sac sans la regarder.

" - C..ce n'est qu'une robe. Et puis j'en ai une autre maintenant, ne..ne t'inquiète surtout pas pour ça, répondit-elle d'un ton hésitant."

Elle sortit la théière en porcelaine toute morcelée de sa besace et la posa sur un coin de table qu'elle balaya d'un revers de main. C'était vrai, sa robe était couverte de sang et elle savait que ce genre de tache était impossible à enlever, surtout vu la quantité. L'apprentie était légèrement déçue, c'était vrai qu'elle était neuve, elle n'avait même pas tenue deux heures dans ce blanc immaculé pourtant sa peine n'était que passagère. Yoko l'avait prise pour un ange et c'était visiblement grâce à sa tenue d'autant plus qu'elle l'avait même trouvée jolie avec. Une pensée traversa son esprit, la robe était tachée de son sang à elle, peut-être cela lui rappelait-il le douloureux moment qu'elle venait de passer? SI c'était le cas, Arsen devait l'enlever immédiatement. Elle plaça le thé dans la théière blanche et se tourna vers la repentie.

" - Je devrais aller me laver moi aussi, pourras-tu verser l'eau quand la bouilloire sifflera s'il te plait? Je ne serais pas longue..."


Soudain elle aperçut la belle aux cheveux d'argent  une feuille dans les mains, mais pas n'importe quelle feuille une de celles sur laquelle elle avait esquissé son portrait. Elle rougit jusqu'aux bout des oreilles et se précipiter sur elle pour lui prendre le vélin, paniquée. Elle s'empressa d'enfouir la preuve de son forfait au milieu de tous ses autres croquis, elle ouvrit la bouche, cherchant à justifier le fait que la surveillante venait de tomber par hasard sur son portrait fait par une inconnue et sans son consentement. Malheureusement elle ne trouva rien et rien que des mots incompréhensibles ne sortirent de sa bouche.

" - Euh... j..je... enfin... je... c..c'est..."


Au comble de la confusion elle préféra fuir et empoigna des habits propres avant de se précipiter dans la minuscule salle de bain. Elle s'appuya sur le lavabo pour regagner son calme et leva le visage vers le miroir qui le surmontait.

* Me regarde pas comme ça toi! Je sais j'ai été pitoyable, pas la peine de me le rappeler. M..Mais c'est elle.. je.. je sais pas..*

L'albinos passa la main sur son visage, voila qu'elle se parlait à elle-même maintenant. Elle se déshabilla rapidement et mit la robe à tremper dans le lavabo avant de glisser sous la douche. Elle récura les marques de sang sur ses bras en essayant de les faire disparaitre, en vain, de petites taches persistaient et enleva l'hémoglobine qui engluait certaine de ses mèches de cheveux.. Elle se rinça et sortit de l'eau, la tête pleine de questions. Comment une seule personne pouvait-elle la perturber autant? Pourquoi n'arrivait-elle plus à prononcer quoi que ce soit en cohérent en sa présence depuis qu'elles étaient rentrée chez elle? Était-ce la faute de cette nouvelle maladie qu'elle semblait avoir contractée? Elle repensa à Perle, elle avait voulu rester aux cotés de la jeune femme bien qu'elle ne l'ait pas élevé comme Monsieur, elle était même morte parce qu'elle le lui avait demandé.. Pourtant ce qu'elle ressentait en ce moment pour Yoko était très différent de ce qu'elle avait ressentit pour Perle à l'époque. Arsen se revêtis d'un simple pantalon noir qu'elle venait d'acheter et qui avait miraculeusement été épargné par l'hémoglobine et d'une chemise blanche.

Toujours pensive elle inspira profondément et franchit la porte. Elle avança lentement vers Yoko sans oser la regarder.

" - Je suis désolée.. j'aurais du te demander... Je dessine beaucoup et je..je ne voulais pas t'oublier..."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Sam 22 Fév 2014 - 14:13
Son colocataire ne semblait plus vraiment montrer signe de vie, voilà un fait qui me rassurait et m’enlevait un poids des épaules. Je découvrais en même temps une nouvelle facette de ma personnalité, j’étais jalouse à l’idée qu’elle puisse vivre avec quelqu’un d’autre, je ne pensais pas que ce serait un détail qui me perturberait, mais il s’avère que si finalement. C’est incroyable qu’elle puisse à ce point me perturber et me faire découvrir des choses que j’ignorais sur moi, je n’étais pas au bout de mes surprises avec elle.
Je l’observai préparer ce qu’il fallait pour le thé et manquer de peu de tomber lorsque je lui dis qu’elle était jolie dans sa robe. Mes réflexes me firent me lever presque instantanément, mais pour rien, elle ne tomba pas et je me détendis en me rasseyant comme si de rien n’était. Avoir de bons réflexes est utile, mais pas toujours nécessaire. J’étais tout de même rassurée bien que toujours gênée d’avoir gâché sa nouvelle robe alors qu’elle venait de l’acheter, je l’emmènerai avec moi la prochaine fois que j’irais faire des emplettes et je lui en offrirais une pour me faire pardonner. Je n’aimais pas l’idée d’avoir ruiné l’un de ses vêtements, alors qu’elle commençait à peine à s’habiller de manière féminine et j’avais l’impression que j’étais celle qui lui avait donné cette envie, mais je n’aurais su le jurer.
Elle décida d’aller se laver, surement pour se débarrasser du sang et de son odeur, tout comme pour moi, en me donnant les instructions pour le thé. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que je tenais dans mes mains l’un des croquis qu’elle avait faits de moi et d’un seul bond, elle vint le récupérer et le cacha dans la pile de papiers, totalement gênée et rouge jusqu’aux oreilles. Elle tenta en vain de bredouiller quelque chose avant de s’enfuir dans la salle de bain. Son attitude me fit rire, elle pouvait donc se montrer aussi gênée que moi selon la situation, je trouvais son attitude très mignonne et adorable. Comme ma vie était ce qu’elle était, je n’allais pas profiter de ce moment de paix et de tranquillité bien longtemps, mon attention fut attirée par un raclement de gorge un peu familier.
Je tournai ma tête vers ce son et je la trouvais là, assise sur un canapé, un croquis dans les mains, me regardant en sifflotant. Ce n’était malheureusement pas Lilith, mais de double qui m’avait tant fait souffrir plus tôt dans la journée, elle était encore là, même si cette fois ce ne devait être qu’une illusion de mon esprit. Elle était enfermée dans ce foutu miroir et elle n’était plus en mesure de me blesser ou de blesser qui que ce soit. Elle tourna le croquis vers moi, toujours avec un sourire et un regard de folle.
* - Surprise, je suis encore là, t’es pas prête de te débarrasser de moi. Elle dessine bien la petite non ? Et son air timide et gêné… juste magnifique, ça me donne vraiment envie de la torturer devant toi. Qu’est-ce que t’en penses ? Je suis sûr que tu adoreras surtout… *
Elle disparut d’un coup et réapparu à ma hauteur, son visage contre le mien pour me murmurer à l’oreille avec un ton des plus sadiques.
* - Que tu sais que tu l’aimes…  *
Mon premier réflexe fut de tenter de l’attraper, mais encore une fois elle disparut pour réapparaître sur le canapé son rire dément accompagnant son mouvement. Mon envie de la tuer revint subitement, il fallait que cette ordure hante mon esprit même après que je l’aie enfermée dans ce foutu miroir, enfin après qu’elle s’y soit enfermée… Comme si je n’avais pas assez de problèmes dans ma tête pour en rajouter un de plus…
* - Je pense que je dois te remercier pour le spectacle que tu m’as offert tout à l’heure, c’était super… Et cette perte de contrôle en faveur d’Abaddon… magnifique, j’en ai mouillé ma culotte, je crois. Je me demande si j’y arriverais aussi pendant ton sommeil. Imagine, je prends le contrôle pendant ton sommeil et je viens torturer la petite Arsen avec ton corps, ne serait-ce pas juste magnifique ? Elle pleurera en suppliant que tu arrêtes, sans rien comprendre… j’en suis déjà toute excitée… *
Alors qu’elle parlait, elle fit défiler dans ma tête des images de la scène qu’elle me décrivait, de véritables visions d’horreur pour moi, il n’y avait rien de plus horrible que de voir Arsen subir tout ça. Je tremblais comme une feuille, recroquevillée sur moi-même, suppliant qu’elle arrête, presque en pleurs. Lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit, elle me fit voir une dernière scène qui me fit pousser un cri strident, avant qu’elle disparaisse en riant, me disant que c’était tout pour aujourd’hui.
J’avais fini par tomber par terre à force de me balancer, totalement en pleurs et incapable de me reprendre. La jeune albinos s’était précipitée sur moi et je sentis sa main sur mon épaule, me demandant ce qu’il se passait. Je n’étais pas encore capable de bouger, les images défilaient encore dans ma tête comme si je les vivais en ce moment, je ne pus que bredouiller avec difficulté quelques mots.
« - Ai… moi… pas seu… je… supplie… »
Il me fallut plusieurs minutes pour réussir à me reprendre et à chasser ces horreurs de mon esprit, mon amie resta près de moi, je pouvais sentir sa chaleur et sa douce odeur. Elle eut un effet apaisant pour moi, ce qui m’évita sans doute de rester ainsi bien plus longtemps et une fois la crise passée, je tentai de me rasseoir, les larmes coulant toujours à flot le long de mes joues. Je la regardais avec une grande tristesse avant de me blottir contre elle, collant ma tête contre son buste et passant mes mains autour d’elle.
« - S’il te plait… ne me laisse pas, j’ai… j’ai peur… Je ne veux pas rester seule, elle… elle pourrait revenir… je veux rester près de toi… dans tes bras, rassurée par ta présence… s’il te plait… » 
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Sam 22 Fév 2014 - 15:46
En revenant de la salle de bain, Arsen était en train de présenter ses excuses à son invitée mais elle s'interrompit brutalement en l'entendant pousser un cri strident et tomber de sa chaise. Elle releva immédiatement le nez et couru vers elle. Yoko était prostrée sur elle-même à bafouiller des choses incompréhensibles, pleurant toute les larmes de son corps. Avait-elle mal quelque part? Ou bien Lilith avait elle refait des siennes? Ou peut-être son ami imaginaire qui l'avait agressé la persécutait-il encore? La jeune empoisonneuse ne savait comment réagir à ça, si ses démons étaient dans sa tête que pouvait-elle bien faire contre eux?

Elle posa simplement sa main sur son épaule, s'agenouillant près d'elle. Elle resta silencieuse aux cotés de son amie, ne sachant toujours pas quoi faire. Cependant il lui sembla qu'elle se rassérénait très lentement à son contact et ne la lâcha pas. La repentie tourna finalement son visage emplit de larmes vers elle, ses grands yeux d'azur reflétaient toute la tristesse du monde. Elle bredouilla quelques mots et enserra la taille de l'albinos de ses bras, enfouissant son visage dans sa chemise. La demoiselle se figea. Elle n'avait pas l'habitude des contacts physiques avec d'autres êtres humains et ils la mettaient très mal à l'aise. Mais c'était Yoko et là elle avait réellement besoin d'elle à ses cotés. Elle sentait son souffle chaud et saccadé sur sa peau, traversant le tissu et passant entre les boutons, elle était tellement proche qu'elle pouvait sentir la chaleur de son corps sur le sien. Ce contact n'était pas si désagréable que ça finalement, elle aurait presque aimé ça si son cœur n'avait pas été crispé d'inquiétude pour sa compagne pleurant contre elle. Après une petite hésitation, Arsen lui rendit son étreinte, glissant une main dans ses cheveux d'agent et lui caressa la tête le plus tendrement possible. Ils étaient doux comme des fils de soie, se jouant de la faible lumière ambiante dans de petits éclats irisés.

« - S’il te plait… ne me laisse pas, j’ai… j’ai peur… Je ne veux pas rester seule, elle… elle pourrait revenir… je veux rester près de toi… dans tes bras, rassurée par ta présence… s’il te plait… »

Elle avait eut raison, malheureusement, elle avait bien fait de ne pas la laisser seule chez elle. Elle était morte de trouille, tremblant encore dans ses bras, et les événements de la journée n'y étaient certainement pas étrangers. Quelle plaie cette illusion! Ces soit-disant amis ne semblaient exister que pour la torturer d'avantage. Ou était Lilith en cet instant? D'après ce qu'elle avait comprit, elle était sensée protéger son hôte, non? L'empoisonneuse baissa la tête à hauteur de son oreille et lui murmura des paroles rassurantes d'une voix très calme et empreinte de douceur.

" - Je suis là ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de partir. Je reste près de toi."


La jeune femme sembla se calmer un peu sous les caresses de sa compagne. Soudain la bouilloire émit un sifflement strident qui les firent sursauter toutes les deux. Un léger sourire étira les lèvres pâles de l'apprentie déesse, qui se leva doucement en prenant la main de son amie dans la sienne.

" - L'eau pour le thé est prête... Je crois que tu ferais mieux de rester ici cette nuit, on avisera demain. D'accord?" Elle ajouta en essuyant ses larmes délicatement avec sa manche de chemise. "Une petite tasse de thé te fera du bien tu verras, ça soigne tous les maux de l'âme et puis je reste avec toi pour que tu n’ai plus peur..."

Arsen attrapa la bouilloire et éteignit le feu sou la gazinière puis versa l'eau bouillante dans la théière d'un geste habile et contrôlé de sa main droite, ne pouvant se résoudre à lâcher la mimine de Yoko. Elle prit la théière et accompagna son amie jusqu'au lit pour l'y faire s'asseoir comme on ferait avec un petit enfant. La jeune fille sortie sa petite tasse ébréchée de son sac et la lui tendit après l'avoir servit.

" - Je suis désolée, c'est un peu spartiate ici mais tu pourras te reposer tranquillement, personne ne viendra te déranger.
Puis, regardant alternativement sa tasse et le visage de la surveillante, Ah, il n'est pas empoisonné, tu peux le boire sans crainte."
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Sam 22 Fév 2014 - 21:15
Pourquoi ? Pourquoi la malchance s’acharnait-elle sur moi encore et encore ? Ne pouvais-je simplement pas être heureuse comme une personne normale ? Je devais être maudite ou condamnée à souffrir à chaque fois qu’une chose bien arrivait dans ma vie, se devait être cela puisque rien de bon n’arrivait sans contrepartie. Ma vie allait-elle être éternellement construite ainsi ? Un peu de bonheur suivit d’un malheur qui ne s’arrêtait jamais pour recommencer plus tard encore et encore.
Pour le moment l’heure n’était pas à penser à tous les malheurs à venir où ceux qui m’avaient déjà frappé, j’avais déjà bien à faire avec l’instant présent. J’étais blottie contre mon amie albinos qui me réconfortait avec des caresses sur la tête et par sa simple présence, elle avait quelque chose de rassurant et qui me faisait me sentir bien. Je réussis à me calmer au bout de quelques minutes pour retrouver un calme presque normal, les dernières larmes coulant le long de mes joues, lorsque nous fûmes surprises par le sifflement de la bouilloire qui nous fit sursauter toutes les deux.
Arsen se leva, ne lâchant pas ma main, m’emmenant avec elle après m’avoir essuyé les larmes et rassurée avec une voix douce et chaleureuse. Je lui répondis avec un sourire et un hochement de tête, en terminant de m’essuyer les yeux, telle une enfant qui venait d’avoir un gros chagrin. Elle versa l’eau bouillante dans la théière avant de nous amener près du lit où elle m’assit, comme si j’étais une enfant. J’y ressemblais beaucoup en même temps, je ne lui en voulais pas de se comporter ainsi avec moi du coup, je la laissai donc faire et prit sa tasse de thé en la remerciant d’un sourire chaleureux et d’un petit merci timide. Elle ajouta que le thé n’était pas empoisonné et que je pouvais le boire sans crainte, cette remarque me fit avoir un rire léger.
Je bus en silence une gorgée de thé, il était vraiment bon et avait l’effet apaisant promis par ma compagne, je m’approchai d’elle, collant nos corps l’un contre l’autre, ma main toujours dans la sienne. Je baissai cependant la tête, l’air penaud avant de prendre la parole mêlant timidité et tristesse.
« - Je suis désolée de te faire voir tout ça… Je… J’ai l’habitude d’affronter ça seule, mais… Elle m’a montré des images qui dépassent ce que je peux supporter… Elle m’a montré ce qu’elle te ferait si elle prenait le contrôle de mon corps… c’était trop horrible pour moi… »
Je serai un peu plus fort sa main, sans pour autant lui faire mal.
« - Je refuse qu’il t’arrive quelque chose par ma faute, je ne veux pas que tu sois blessée à cause de ma faiblesse. Tu… tu es l’une des choses les plus précieuses dans ma vie, je veux à tout prix te protéger… »
Je rebus une gorgée de son thé, les joues roses et le regard quelque peu fuyant, ma tasse était presque vide et je la déposai non loin de moi. Je sentais mes forces m’abandonner, mon corps comme mon esprit était à bout. Je pris la tasse d’Arsen après qu’elle ait bu une gorgée et je la déposai à côté de la mienne, avant de la serrer contre moi et de me laisser tomber sur le matelas. Je ne lui laissai pas vraiment le choix, mes désirs profonds prenant un peu le pas sur tout le reste, je voulais être dans ses bras et qu’elle ne parte pas et c’est ce que je la forçais un peu à faire.
Cela dit, si elle avait tenté de s’éloigner de moi, je ne l’aurais pas retenue, je ne voulais pas lui imposer cela. Je me blottis malgré tout contre elle en me recroquevillant sur moi-même, mes bras lâchant leur étreinte. J’appuyai ma tête contre sa poitrine, l’une de mes mains agrippant timidement sa chemise alors que mes yeux se fermaient et que je laissai mon esprit rejoindre le royaume paisible de Morphée et dans les derniers instants où j’étais consciente, je murmurais une petite phrase, assez fort pour que ma compagne puisse l’entendre.
« - Je t’aime… » 
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Dim 23 Fév 2014 - 21:57
Arsen lui donna sa tasse et posa la théière au bord du lit. Elle lâcha la main de son amie très lentement pour ne pas la brusquer, alla se chercher un bécher et se servit un peu de thé avant de s’asseoir à ses cotés. La demoiselle au regard aussi bleu que l'océan se colla contre elle tandis que l'albinos reprenait sa main dans la sienne. Elle s'excusa ce qui paru totalement absurde pour son hôte, pourquoi demander pardon pour quelque chose qu'on ne maîtrisait pas? Et puis concrètement, ça ne la touchait pas elle, outre le fait qu'elle ne voulait pas voir son amie souffrir. La surveillante serra sa main un peu plus fermement, elle était on ne peut plus sincère et lui parlait à cœur ouvert.

« - Je refuse qu’il t’arrive quelque chose par ma faute, je ne veux pas que tu sois blessée à cause de ma faiblesse. Tu… tu es l’une des choses les plus précieuses dans ma vie, je veux à tout prix te protéger… »

L'empoisonneuse eut un petit rire, pas un rire moqueur non, un éclat de voix chaleureux et tendre qu'elle ne se connaissait pas pourtant c'était sorti si naturellement. Elle se tourna vers elle en souriant et remit une de ses mèches d'argent derrière son oreille.

" - Je ne suis pas une petite chose fragile tu sais. J'ai survécus seule toute ma vie et je m'en suis toujours sortie. Si je suis morte c'est uniquement parce que je l'ai choisie, il n'est rien que tu puisses me faire que je ne saurais supporter. Elle parlait d'une voix calme mais ferme, sure de chacun de ses mots. Tu devrais dormir un peu, la journée a été éprouvante."

Elle regarda sa compagne boire une dernière gorgée et prendre sa tasse pour la poser à coté de la théière sur le sol, elle remarqua malgré la pénombre que ses joues avaient rosies. La repentie la prit dans ses bras et se serrant contre elle, les firent tomber toutes les deux sur le lit sur lequel elles étaient assises. Arsen poussa un petit couinement de surprise en se raidissant, elle ne l'avait pas vu venir celle là. C'était tout nouveau pour elle, elle avait eu avec Yoko plus de contact physique qu'elle n'en avait eut de toute sa vie mortelle et c'était quelque chose de très perturbant pour l'albinos pourtant elle se laissa faire sans broncher. Elle regarda du coin de l’œil son amie se rouler en boule contre elle et poser sa tête sur sa poitrine en attrapant de sa petite main sa chemise blanche. L'élève resta un instant tétanisée, son cœur battait fort, ses joues étaient devenues aussi rouges que ses grands yeux qui fixaient à présent le plafond. Il fallait à tout prit qu'elle se calme car sa compagne pouvait sans aucun doute possible entendre les battements de son cœur et le soulèvement irrégulier de sa poitrine allait l'empêcher de dormir or elle voulait justement qu'elle puisse se reposer. Elle inspira profondément et expira très lentement pour bien sentir l'air emplir et se déverser de ses poumons et elle répéta l'opération jusqu'à ce que son souffle devienne lent et bien régulier.

Un silence reposant avait envahi la chambre uniquement troublé par leur deux respirations mêlées l'une à l'autre quand les mots que Yoko prononça avant de sombrer dans le sommeil le brisèrent. "Je t'aime" quels mots étranges dans l'oreille d'Arsen. Elle avait bien comprit que ce n'était pas aimer au sens où on aime le thé, non, c'était quelque chose de bien plus important, ce n'était pas des mots en l'air mais paroles lourdes de sens. C'était une promesse entre deux amoureux, le serment d'un amour sincère. "Amour", encore un mot étrange pour la demoiselle aux yeux vermeils, mais moins lointain celui ci En effet elle l'avait lu il y avait à peine trois jours dans son précieux livre, c'était le nom de son nouveau mal. Tous les symptômes concordaient, "confusion, trouble du langage en présence de la personne aimée, rougeur au niveau du visage, papillon dans le ventre, tachycardie, manque" tous... Et il y avait la petite note qu'elle avait ajouté après sa rencontre avec Anaelia, l'amour faisait souffrir. Elle aussi allait-elle avoir mal? Et Yoko? Elle avait visiblement le même mal qu'elle au vu des mots qu'elle venait de prononcer et Arsen ne voulait surtout pas qu'elle soit éprouvée. Elle ferait tout pour qu'elle ne souffre plus, plus jamais..

La jeune albinos remonta la couette sur sa compagne  qui dormait contre elle, il n'aurait pas fallu qu'elle attrape froid, et se rallongea tout contre son amie. Toutes ses pensées tournaient dans sa tête, elle ne savait ce qu'elle devait faire, comment réagir à tout ça et lorsqu'elle trouva enfin le sommeil, l'apprentie déesse était encore plus perdue qu'avant.

La petite fille aux cheveux de nacre jouait sagement avec de petits cubes en bois sur le parquet de la chambre. On entendait des rires et des gloussements qui montait du salon juste en dessous, une douce odeur de poudres et de fragrances flottait dans l'air, une jolie femme rousse était assise devant une commode à peigner sa longue chevelure de feu. Son visage était familier, plein de douceur, c'était vraiment une très belle femme, rayonnante tandis qu'elle chantonnait en cœur avec la fillette.

"Ring around the rosie
A pocket full of posies,
Asches, Asches, Asches
We all fall down..."
Il y eut un grand bruit, une porte qui s'ouvre, des hurlements, le son d'une lame qui tranche dans la chair, encore des hurlements et plus rien. Et puis du sang, toujours énormément de sang. Le liquide vermeil se déversait sur le sol, s'infiltrant entre les lattes du plancher, coulant jusqu'aux pieds de la petite albinos qui pleurait. Un rire tonitruant envahi la pièce, empreint de toute la folie de celui qui s'esclaffait. Arsen leva les yeux vers le corps lourdement étendu sur le sol. Les images défilèrent devant ses yeux, superposant, le corps de Yoko à celui de la femme aux cheveux roux, mélangeant passé et présent, cauchemar et réalité dans la confusion la plus totale. Pourtant deux choses de changeaient pas, l'hémoglobine qui tachait ses mains et ses jambes, sa robe, les habits de son amie ou bien le jaune impérial souillé par le sang poisseux de sa propriétaire... Et puis ce rire qui la hantait aussi bien endormie qu'éveillée...

"....pour que tu ne m'oublies pas petit monstre!"

 Une douleur foudroyante traversa son avant bras gauche, exactement à l'endroit de sa cicatrice et tout devient noir autour de la jeune fille. Elle poussa un hurlement a fendre l'âme...

Arsen ouvrit les yeux, son cri n'ayant pas passé le bord de ses lèvres, toujours étranglé au fond de sa gorge. Elle se redressa, suffocante, trempée de sueur et complètement paniquée quand son regard tomba sur sa partenaire endormie à ses cotés. Son premier réflexe fut de poser deux doigts sur sa gorge où elle pu sentir son cœur battre lentement, sa poitrine se soulevant au rythme régulier de sa respiration. L'albinos plaqua sa main sur sa bouche pour retenir un soupire de soulagement et un haut-le-cœur qui la prit tout de suite après. Elle se leva en sortant du lit mais ses jambes s'effondrèrent sous son poids, refusant de la porter. Il lui fallut quelques minutes pour regagner un calme suffisant pour se relever et s'enfermer dans le cabinet de toilette. L'odeur acre du sang la poursuivait partout et ça lui était insupportable. L'empoisonneuse aspergea son visage livide à grandes eaux mais ce ne suffit pas à faire disparaitre l'ignoble gout de son cauchemar. Elle entra dans la cabine de douche toute habillée et fit couler l'eau. Le liquide froid se répandit sur son corps tremblant, sa chemise fut vite trempée mais elle n'en avait que faire. Elle était prostrée en position fœtale, les yeux grands ouverts fixant le vide devant elle tandis que ses larmes se fondait à l'eau glacée de la douche. La jeune fille au cheveux de nacre frottait la cicatrice de son avant bras frénétiquement son geste allait effacer la douleur, comme si l'eau allait laver ses souvenirs et faire disparaitre ses cauchemars. Si seulement...
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Jeu 27 Fév 2014 - 22:59
Je n’eus guère de mal à trouver le sommeil, chaudement installé contre ma compagne à qui j’avais un peu forcé la main, la poussant à rester à mes côtés et à me tenir compagnie, la peur de dormir seule me hantant. Tout allait bien, mes rêves n’étaient pas plus étranges que d’habitude, certains les jugeraient anormaux et dangereux, ils étaient bien souvent violents et tâcher de sang, l’influence de mes amis étant importante lors de mon sommeil. Même alors que je n’étais pas consciente, je pouvais sentir la douce chaleur reposante et agréable d’Arsen qui ne m’avait vraisemblablement pas quittée ou peut-être était-ce mon imagination, mais je ressentais bel et bien quelque chose à mes côtés.
Tout ceci n’allait être cependant que temporaire, au bout d’un moment, impossible de donner une durée, peut-être s’était-il écoulé une demi-heure ou peut-être était-ce déjà le matin, je n’aurais su le dire. Ce manque n’eut pas directement de conséquence, juste une envie inconsciente de la retrouver à mes côtés, mais cela n’allait pas s’arrêter là, bien au contraire. Le champ de bataille sur lequel je me trouvais, observant mes amis combattre joyeusement contre des monstres en tout genre, changea assez vite. Le sol se mit à brûler, transformant la zone en une plaine au sol volcanique et au ciel empli de nuage noir et menaçant et j’étais désormais seul. Je me levai du trône sur lequel j’étais assise, observant les alentours jusqu’à ce qu’un rire attire mon attention. En contrebas se trouvait se dressait une scène que j’aurais aimé ne jamais revivre.
Elle n’en était qu’à quelque seconde du pire moment, elle s’élançait sur le double, l’envoyant voler contre un mur avant de s’avancer lentement vers son corps gisant sur le sol. Dans un réflexe incontrôlable, je me mis à courir vers elles en lui hurlant de ne rien faire, mais en vain. Elle planta son épée dans le corps du double, qui se transforma en celui de Yuko et la scène continua. Le désespoir la gagnant et moi j’étais impuissante, je voyais et entendais tout, mais je n’arrivais pas à me rapprocher la distance entre nous semblant toujours aussi grande. Les émotions de ce moment commençaient à nouveau à m’envahir, je savais pertinemment que tout était faux et que je n’avais tué qu’une illusion, mais je ne pouvais contrôler mes sentiments. Je me sentais mal, mon corps tremblait alors que je courrais vers elles.
Ensuite vint la mort de celle que j’aimais, une violente douleur me traversa la poitrine, me faisant trébucher et tomber, je me sentais trembler, mon corps était parcouru de spasmes douloureux tandis que je la voyais s’écrouler, sombrant dans les ténèbres étouffant qui m’avait conduit à perdre le contrôle. J’utilisais toutes mes forces pour me relever et m’approcher, je réussis étrangement à venir à leurs niveaux et je me jetais sur mon corps à moitié inconscient et alors que j’attrapais son corps, inclinant sa tête vers la mienne, je ne me vis pas, mais vi Yuko, un sourire dément sur le visage. Elle ajouta un petit « Surprise » avant de me planter avec une dague.
Mon corps était tremblant, des gouttes de sueur coulaient le long de mon front, des larmes coulant sur mes joues et de nombreux gémissements s’échappaient malgré moi de mes lèvres. Je me tortillais sans aucun contrôle, cherchant désespérément cette compagne qui était censée veiller sur moi, mais sans résultat, j’étais seule. Et d’un coup, dans un cri mélangeant terreur et douleur, je me réveillai, m’asseyant d’un seul coup, portant ma main à mon ventre, là où la lame avait été plantée. Je respirais difficilement, peinant à reprendre un souffle normal, mes membres étaient lourds et mon regard se posait là où devait se trouver Arsen, mais il n’y avait personne. Une panique indescriptible se fit ressentir en moi, pourquoi n’était-elle pas là ? C’était-il passé quelque chose ? Des images d’horreurs envahissaient désormais mon esprit, je tentai de me relever, chancelant légèrement en m’appuyant sur mes jambes, mon corps encore légèrement engourdi du manque d’air.
Une voix envahit mon esprit, une voix très claire, celle de mon amie en panique qui sortait d’un cauchemar lié à son passé ou tout droit sorti de son imagination, je n’en savais rien, dans lequel elle avait mélangé réalité et fiction. Elle me revoyait morte, mon corps sans vie gisant à nouveau dans ses bras et la tachant de mon sang. Le bruit de la douche résonnait ensuite dans mes oreilles et je me précipitai sans tarder à l’intérieur de la salle de bain pour y trouver mon amie, prostrée en position fœtale, totalement trempée et tremblante. Je savais qu’elle n’avait rien, mais une vague rassurante parcourut malgré tout mon corps. Mon premier réflexe fut de me précipiter sur elle et de couper la douche, pour ensuite prendre deux essuies, entourant son corps du premier pour ensuite poser le second sur sa tête. Je pouvais distinguer des larmes dans ses yeux, elle pleurait et je savais ce qui la mettait dans cet état, la peur l’avait envahie à la suite de son cauchemar et son esprit était un livre ouvert que j’avais tout loisir de consulter, mais je retenais le plus possible mon pouvoir pour ne pas me montrer trop intrusif.
Une étrange sensation m’envahit, je désirais la réconforter, la prendre dans mes bras et la faire aller mieux, c’était là mon seul désir, mes problèmes semblaient d’un coup beaucoup moins importants, voir totalement insignifiant face à cette scène. Je la serrais donc instantanément contre moi, tentant de réchauffer son corps tremblotant du mieux que je pouvais, lui murmurant à l’oreille avec une voix légèrement essoufflée, mais se voulant extrêmement rassurante.
« - Ça va aller, ne t’en fais pas, ce n’était qu’un cauchemar, une vision d’horreur qui ne se produira pas. Rien de tout cela n’est réel, je n’ai rien et ce que tu as vécu cet après-midi ne se reproduira plus jamais. Oublie ces horribles choses que tu as vues, ne te concentre que sur moi, qui suit la près de toi… pour toi et rien que pour toi… Je suis là et serais toujours là pour toi, tu n’as plus de raisons d’avoir peur, je ne te laisserais jamais seule… »
Je commençais ensuite à frotter sa tête avec l’essuie pour l’essuyer et tenter de la sécher un peu, rester ainsi la rendrait malade si rien n’était fait. Mes joues étaient empourprées et mon corps tremblait encore légèrement par moment, mais je reprenais assez vite mes esprits, concentrée sur la tâche qui était actuellement mienne, prendre soin de mon amie et lui remonter le moral.
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Re: Douloureuses retrouvailles en Enfer - Ven 28 Fév 2014 - 13:27
L'eau de la douche dégoulinaient lentement sur les frêles épaules de l'albinos, ses cheveux étaient trempés eux aussi, de petites gouttelettes ruisselaient sur ses longues mèches d'argent. Les gouttes roulaient sur son visage pâle figé dans une expression de terreur, se mélangeant à ses larmes en venant mourir sur ses habits. Le froid s'insinuait partout, la glaçant jusqu'à l'os, profitant de ses vêtements trempés comme sa chemise blanche qui lui collait désormais à la peau, soulignant sa minceur presque maladive, pour l'envelopper de ses doigts crochus.

Mais le froid n'avait pas d'importance, Arsen le ressentait à peine bien qu'elle soit en train de frissonner de toute part. Les hurlements qui résonnaient dans sa tête occupaient toutes ses pensées. Elle avait fait bien des cauchemars dans sa vie et particulièrement depuis qu'elle était arrivée à l'académie mais jamais ils n'avaient été aussi clairs, jamais elle n'avait entendu cette femme rousse hurler et maintenant ses cris se mêlaient au rire sadique de l'homme en noir. Et tout ce sang, il y en avait toujours autant, sur elle et à ses pieds mais fait nouveau, Yoko était dans la scène. Les évènements de la journée l'avait vraiment perturbée, faisant échos à ses cauchemars déjà récurrents. Mais pourquoi elle? Elle en avait vu des morts, des gens tués de sa main également, elle avait assuré le SAV de ses poisons lorsqu'elle avait fait du mercenariat mais alors pourquoi maintenant et pourquoi elle? Était elle si importante à ses yeux? C'était ça que d'aimer?

Un hurlement survint dans la pièce d'à coté mais il se noya dans ceux qui peuplait encore l'esprit de l'albinos. Elle s'était légèrement calmée, les images du cadavre de la belle femme se superposant à celui de Yoko avait disparu, la laissant seule avec les cris, les rires, les pleurs et l'acre goût du sang. Elle avait arrêté de frotter sa cicatrice qui la brûlait encore pour seulement la masquer de sa petite main blanche. Soudain sa compagne ouvrit brusquement la porte se se rua sur elle. Elle coupa l'eau et l’emmitoufla dans deux serviettes avant de la prendre dans ses bras. Arsen fixait toujours le vide et leva son regard vermeil duquel tout éclat de vie avait déserté vers son amie lorsque celle-ci la toucha, la sortant de sa torpeur. Sa douce chaleur contre elle la tira peu à peu de ce vide cauchemardesque dans lequel elle était plongée, la ramenant au temps présent. Les cris se firent moins forts, moins présents la faisant s'apercevoir que sa compagne était en train de lui parler de sa voix douce. Depuis combien de temps murmurait-elle à son oreille? Qu'elle était le sens de ses paroles? La jeune fille se concentra pour mettre la bande son qui tournait en boucle dans son esprit de coté pour distinguer ses mots et en saisir le sens.

" -...e se produira pas. Rien de tout cela n’est réel, je n’ai rien et ce que tu as vécu cet après-midi ne se reproduira plus jamais. Oublie ces horribles choses que tu as vues, ne te concentre que sur moi, qui suit la près de toi… pour toi et rien que pour toi… Je suis là et serais toujours là pour toi, tu n’as plus de raisons d’avoir peur, je ne te laisserais jamais seule… "


Les voix avaient enfin cessées pourtant l'apprentie déesse qui était jusque là raide comme un piquet dans ses bras, se mit à s'agiter. Pourquoi Yoko ne voulait-elle pas comprendre? Comment l'aurait-elle pu? Tout était bien réel, bien trop pour l'albinos.

" -T..tu ne comprends pas, dit-elle d'une voix blanche, Tout ceci c'est déjà produit! Il n'y a rien a faire, Tu étais bien morte quand je.. et..et la femme en jaune elle... je..j'étais là quand elle.. Sa voix s'étrangla dans sa gorge. Elle.. Elle.. je crois que c'est.. m..m..m.."

Sa respiration était saccadée, son cœur battait la chamade et les larmes dévalaient ses joues sans discontinuer, son regard emplit de détresse. Arsen devait se calmer au plus vite ou sa douche glacée n'aurait servit à rien. Elle tenta de respirer plus lentement, d'inspirer et d'expirer calmement en essayant de se raisonner. Yoko n'y était pour rien, elle l'avait vu comme ça et pourtant elle était encore là à prendre soin d'elle. La jeune fille tendit son bras gauche vers sa compagne en dévoilant la longue et profonde cicatrice en forme de J sur son avant-bras. Sa voix était bien plus faible que l'instant d'avant, comme une supplication.

" - En..enlève la moi, s'il te plait.. Enlève là..."
Douloureuses retrouvailles en Enfer
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