Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas.

Invité
avatar
Invité
A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Dim 12 Jan 2014 - 21:06

Traqueur de dieux. C'était classe comme désignation. Sauf que c'était un peu trop frimeur pour être vrai et que Zack avait encore un peu de mal à assimiler le mot. C'est que "dieu", ça a de la gueule quand même, et ça peut vouloir dire n'importe quoi. Dans l'esprit du professeur, ça n'avait jamais eu une grande signification. Il n'avait pas été élevé dans une famille spécialement religieuse. Bien sûr, ses parents croyaient en Dieu, en bons chrétiens, et il était baptisé. Mais ça s'arrêtait là. Ils n'avaient jamais imposé leurs idées, se contentant de répondre aux questions des enfants, qui se firent leur propre opinion en grandissant.

Pour lui, Dieu est, ou plutôt était, une notion comme une autre, un concept potentiellement intéressant à analyser quand on s'ennuie le soir. Quelque chose dans lequel les gens peuvent avoir envie ou besoin de croire, mais dont il ne s'occupait pas. A la limite, un truc super puissant dans les jeux de rôle, pas plus. Sauf que maintenant... la réalité semblait lui être tombée dessus d'un coup, sans lui demander son avis, et le mot prenait une toute autre dimension.

Qu'est-ce qu'un dieu ? A priori, une saloperie qui emmerde le peuple et qui, au lieu d'aider à sauver des gens ou à améliorer le genre humain, semble avoir tendance à faire l'inverse. Super joyeux. Ils se sont bien plantés les chrétiens, islamistes, bouddhistes et autres trucs religieux. Et bien sûr, ces "dieux" sont balèzes. Qu'est-ce de petits humains peuvent bien faire pour se défendre ? Allez savoir. C'est une grande question existentielle. Et si on avait dit à Zack qu'il allait se mettre à chercher la réponse, il aurait bien rigolé. Sauf que maintenant... c'était méchamment sérieux.

Il avait vu plusieurs amis mourir, massacrés sans aucune dignité pratiquement sous ses yeux. Il avait aussi vu un gamin pas si inoffensif que ça se faire limite tabasser sans raison apparente. Qui sait ce qu'il était devenu d'ailleurs... mais bon, un dieu ça devait pas clamser comme ça. D'ailleurs c'était sûrement immortel ou pas loin. Donc pas de soucis à se faire pour lui. Il avait aussi vu une menace débarquer dans son propre lycée, et même si la cible n'était pas les élèves, certains auraient pu mourir. Fifi, son collègue, en avait fait les frais d'ailleurs... alors non, il ne pouvait pas rester les bras croisés à se morfondre. Déjà c'était pas son style, et puis il était hors de question de subir une menace sans réagir.

Seulement... où chercher ? Et comment ? Zack Maxwell est professeur de sport, pas expert en mythologie moderne. D'autant qu'Abygaïl n'a pas l'air de rentrer dans un genre de dieu. Elle ne fait pas nordique, pas grecque, pas romaine... indienne peut-être, mais elle ne donne pas l'impression d'être un esprit totémique alors... Il aurait bien été gueuler dans la rue pour appeler un de ces dieux, ou alors hurler le nom de la déesse avec laquelle il semblait avoir un lien bizarre jusqu'à ce qu'elle débarque mais... il en avait assez fait avec elle pour le moment. Il voulait l'épargner. Après tout, elle était en amour avec va savoir qui, alors mieux valait la laisser batifoler tranquillement dans son coin ! C'était amusant d'ailleurs, même si elle était loin, il avait toujours un petit quelque chose dans le fond du cœur. C'était léger, en arrière plan, mais, quand il y faisait attention, il le sentait très bien. Une petite boule de positif toute meugnonne.

Donc mieux valait la laisser. Il devait se débrouiller seul, en bon humain têtu et acharné. Faisant jouer ses contacts, il chercha quelqu'un qui pouvait peut-être le renseigner. Et apparemment il tomba sur une personne potentiellement intéressante. Le collègue de l'ami d'un ami d'un collègue d'un proviseur d'une université en partenariat avec le lycée où il enseigne semblait calé dans toutes sortes de divinités. Un certain Russel Masolv, un russe habitant à Saint-Pétersbourg. Officiellement professeur de - attention c'est long - "Principes et applications des techniques d'immunomarquage, de biologie moléculaire et de microscopie électronique". Et passionné de mythologies décalées.

Il lui restait des congés à prendre, et Carole, sa chère infirmière, approuva quand il les posa. Elle apprécia moins qu'il aille en Russie dans un univers scolaire, considérant qu'il ne changeait pas assez les idées, mais bon c'était déjà bien qu'il voyage un peu, alors elle ne l'enquiquina pas trop. De toute façon, quand il n'en faisait qu'à sa tête, personne ne pouvait le faire changer d'avis. Hop, un avion, une petite pause en Angleterre pour faire coucou à sa famille, puis un autre pour enchaîner et le voici fraîchement débarqué dans une ville somptueuse.

Zack aurait bien flâné, mais il n'était pas là pour jouer au touriste. Alors, les mains dans les poches de son long manteau noir au col relevé sur son cou - il ne faisait pas chaud ici - il se dirigea tranquillement vers la fac de médecine qu'il cherchait. Bon, il se pauma un peu, mais c'était pour mieux visiter un peu les ruelles de la magnifique ville russe voyons. Même s'il n'était pas venu pour ça. Chut. Le fait est qu'après quelques déambulations laborieuses, et des tentatives de communication plus ou moins fructueuses - heureusement que l'anglais reste une langue universelle - il parvint à arriver en vue des bâtiments scolaires. Ouf.


Dernière édition par Zack Maxwell le Mar 11 Fév 2014 - 12:12, édité 2 fois
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Mar 14 Jan 2014 - 17:57
La fin des partiels ou la délivrance. Enora venait juste de sortir de l’amphithéâtre dans lequel elle avait passé plus de trois heures à gratter sur le papier des chiffres et des nombres qui lui vrillaient les yeux désormais. Cela dansait devant ses prunelles. Elle avait terminé avec une demi-heure d’avance ; bon ou mauvais signe ? L’avenir le lui dirait. Mais c’était fait. Enfin. Le dernier partiel de tout le semestre. Elle aurait bien sacré si la québécoise de cet été lui avait appris jusqu’à l’existence de ce verbe et des merveilles qui en découlaient. Mais aucune injure au rendez-vous pour crier sa joie au monde entier, juste un malicieux sourire qui ne la quittait pas. Le sort en était jeté.

Près de la machine à café, les étudiants n’en finissaient pas de parler encore de l’épreuve qu’ils venaient d’affronter. N’avaient-ils aucun autre sujet de conversation pour rabâcher toujours la même chose ? Pour la demoiselle, c’était déjà de l’histoire ancienne. Elle ne voulait plus jamais entendre parler de ce satané sujet, pas plus de sa copie. Connaître le résultat de sa note et ce serait tout ! Inutile de ressasser ses erreurs, n’est-ce pas ? Elle n’avait aucun moyen pour remonter le temps et corriger les siennes, tant dans sa vie que sur sa copie.
Le gobelet brûlant entre les mains, elle écoutait les commérages des uns et les bavardages des autres. Il y avait vraiment de tout dans ces bribes de conversations. De l’espionnage ? Pas du tout. Elle-aussi aimait bien se tenir au courant des derniers ragots. Elle porta les lèvres à son breuvage ombragé, laissant traîner ses oreilles parmi la foule, heureuse dès la première gorgée. Cela faisait du bien. Après l’effort, le réconfort. Même si ce n’était qu’un simple café.

La boisson vite avalée – ce n’était bon que brûlant, d’après son point de vue – et même si d’autres s’y seraient consumés la langue, certainement pas elle. Son sac en bandoulière sur l’épaule, écharpe relevée, elle était parée pour affronter le froid de janvier. Cruel hiver que celui de la Russie. L’étudiante sortit du bâtiment, pressée de pouvoir enfin rentrer chez elle. Pressée, un peu trop, peut-être. Voilà-t-il pas qu’elle venait de bousculer un jeune homme qui ne lui avait rien demandé ! Quelle idée de rester dans son chemin, aussi !

- Pardon ! Désolée, je ne vous avais pas vu !

Trop accaparée par ses pensées, sans doute ? Il fallait qu’elle décroche un peu et qu’elle se repose, oui ! Qu’elle laisse de côté la pression des examens pour se concentrer sur ce nouveau semestre qui allait débuter. Avec de nouveaux cours. Toujours plus intéressants. Du moins, pour elle.

Elle leva les yeux vers celui qu’elle avait bousculé. Plus âgé qu’elle, les cheveux noirs, les prunelles bleues et une carrure imposante. Pas vraiment le physique d’un étudiant. Mais il y avait de tout ici, de quel droit se permettait-elle de juger autrui du haut de sa deuxième année d’université ? Petite présomptueuse !
Une pensée horrible lui traversa alors l’esprit. Et si… c’était un professeur ? L’un de ceux qui lui était inconnu et qu’elle aurait peut-être en TD dès la semaine prochaine, au début des cours du second semestre ? Non, c’était impossible. Pas avec la tête de paumé qu’il faisait. Toutefois, il fallait qu’elle en ait le cœur net. Manquerait plus que son correcteur se trouve être ce jeune homme et elle aurait l’air bien idiote, là ! Mais les copies étaient anonymes, de toute façon, aucune crainte à avoir de ce côté-ci… Son imagination s’emballait toujours, encore une fois. Cela n’en finirait jamais !

- Vous cherchez quelque chose en particulier ? Vous avez l’air un peu perdu…

Qui ne le serait pas, ici ? Il arrivait encore que certains professeurs ne sachent pas où se trouvaient certaines salles, alors quoi de plus normal qu’un homme fraîchement débarqué arbore pareille tête d’andouille ? Là, cela en devient péjoratif pour lui. Presque méchant. Oui, stop à la méchanceté gratuite !

Enora avait juste envie de rattraper sa maladresse légendaire. Etait-ce un crime ? Et puis zut ! Peut-être était-ce juste un de ces artistes aimant se balader n’importe où pour mieux créer par la suite ? L’un de ces philosophes rébarbatifs marchant la tête levée vers le ciel, plongé dans les étoiles, pour mieux étudier la pensée humaine ? Peut-être devrait-elle juste arrêter le café…
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Lun 17 Fév 2014 - 14:01
Ah les campus... son âme d'ancien étudiant se réveillait dans ce genre d'endroits, et il adorait ça. Les souvenirs de toutes les bêtises qu'il avait faites avec ses camarades à l'époque lui revenaient. Les bagarres aussi, parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'attirer les imbéciles. Et donc de les remettre à leur place. La violence n'était pas la meilleure chose à faire, mais pour ce genre de types il fallait d'abord cogner et ensuite parler. Surtout parce que, tant qu'ils n'étaient pas à terre avec le nez en sang, ils n'écoutaient rien. Jouer des poings avait un certain avantage, et Zack, bien que correctement bâti, ne donnait pas l'impression d'être si fort que ça. On le sous-estimait facilement, et on le prenait vite pour un abruti avec son humour à deux balles. Ce qui lui donnait souvent la victoire. Ah le bon vieux temps !

Un choc le ramena au présent et il recula par réflexe pour éviter de se casser la figure.

- Hey !

Son regard se baissa un peu sur une demoiselle, probablement une étudiante vu son jeune âge. Une brunette aux yeux noisette, bien emmitouflée dans son manteau et son écharpe. Sans doute était-elle perdue dans ses propres pensées. C'était la période des examens après tout, elle avait sûrement plein de trucs en tête, entre les cours à réviser, les écrits et oraux à préparer, le stress de l'échec... Remarque, le professeur n'allait pas la blâmer, lui-même étant dans la lune. Par contre... s'il comprit qu'elle devait être en train de s'excuser, il ne capta pas un seul mot à son charabia. Faut dire que le russe, c'était pas sa tasse de thé. L'anglais, il gérait, normal c'était sa langue natale. Et il savait prendre des accents américains, San Franciscoiens même. Il avait des bases en français. Et ça s'arrêtait là.

Du coup, Zack rigola en levant une main pour se gratter derrière la tête. En théorie, la demoiselle devrait bien comprendre son anglais. C'était une université de médecine après tout, pas d'abrutis finis, elle devait avoir des bases potables.

- Désolé, je comprends rien au russe. Pas que j'aime pas la langue hein, mais j'ai jamais eu le temps de devenir polyglotte. Alors, même si je suppose que tu t'es excusée de m'être rentré dedans, peut-être qu'en fait tu m'as traité de tous les noms et je le sais même pas. Remarque t'aurais bien raison, vu que j'étais probablement autant dans la lune que le plus stressé des étudiants en période d'examens par ici. Hum ça va tu me comprends ?

Par habitude, le professeur parlait normalement, avec son accent américain acquis avec ses longues années de vécu au pays des libertés. Mais il pouvait en prendre un plus british et peut-être plus compréhensible pour quelqu'un peu habitué aux anglophones. D'autant qu'avec son débit habituel, il pouvait en perturber plus d'un. Cela dit, puisqu'il était tombé plus ou moins sur quelqu'un pouvant potentiellement l'aider, autant en profiter. Mais d'abord, un peu de politesse quand même.

- Oh le malpoli que je suis s'appelle Zack Maxwell, mais Zack tout court ça passe très bien et c'est moins long à dire. Je suis prof de sport dans un lycée de San Francisco, alors aucun risque que je te mette un carton pour m'être rentré dedans, je touche pas aux copies des examens d'ici ! De toute façon, je saurais même pas les lire alors...

Il rigola un peu. Après tout, la pauvre avait peut-être balisé, s'imaginant qu'il pouvait être vexé qu'elle l'ait bousculé, même s'il était aussi fautif qu'elle pour le coup. Zack connaissait des professeurs capables de foutre un zéro pointé à quelqu'un pour moins que ça, même si c'était pas un élève de leur classe. Autant la rassurer.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Jeu 27 Fév 2014 - 16:58
Oh un anglais ! Américain, plutôt, en vue de son accent. San Francisco, n’était-ce pas aux Etats-Unis ? Un anglophone, alors. Oui, c’est bien, ça. Un anglophone échoué en Russie. La demoiselle comprenait ses paroles. Il se serait exprimé avec un débit moins important, elle aurait pu le comprendre davantage encore. Il lui fallait du temps pour se remettre à l’anglais, elle qui parlait du matin au soir le russe, sa langue natale. Le bougre s’était excusé, présenté et avait plaisanté. Elle était encore tombée sur un rigolo. Mieux valait ça que de se retrouver face à un vieux grincheux l’ayant incendiée d’injures pour sa maladresse, non ?

Son cerveau recommençait peu à peu à se familiariser avec l’anglais, sa langue fétiche et adorée. Celle-là même qu’elle parlait couramment lorsque l’occasion lui était donnée. Comme aujourd’hui, en cet instant présent.

- Vous insulter, monsieur ? Je ne me le permettrai pas ! commença-t-elle avec un anglais d’abord hésitant avant d’enchaîner de suite, et oui, je me suis bien excusée ! Je ne pouvais pas deviner que vous n’étiez pas d’ici, sans quoi je me serais adaptée…

Pas d’ici, pas d’ici, pas d’ici. Belle périphrase pour désigner un étranger ! Zack avançait en terrain inconnu, cela se voyait ! Sans quoi, il ne lui aurait pas rentré dedans. Mais tout dépendait du point de vue quant à celui qui avait provoqué cette bousculade tombée du ciel. Ne serait-il pas agréable d’aider ce pauvre américain à se frayer un chemin au milieu du campus ? Il serait dommage qu’il renverse d’autres étudiants. Danger public de sorti… Elle pouvait bien parler, elle, elle ne valait pas mieux que lui, niveau maladresses ! Mais ce n’était pas un concours. Si ?

- Voyez comme je parle l’anglais, monsieur Maxwell ! Mais pardonnez ma prononciation, je suppose qu’elle n’est pas parfaite… Vous pouvez me reprendre si vous voulez, ce sera toujours une erreur que je ne ferai plus !

N’avait-il pas dit tantôt qu’elle pouvait tout simplement l’appeler par son prénom ? Mais que voulez-vous ! Enora et sa politesse ! Vouvoyer ses aînés, les appeler par leurs noms de familles toujours précédés d’un « monsieur » ou d’un « madame » fort élégant mais terriblement pompeux.

Elle pouvait respirer mieux maintenant qu’elle savait que cet homme n’enseignait pas ici. Son acte ne serait pas réprimandé par une bulle à ses examens. Cela aurait été bien fâcheux. Des nuits à réviser ses cours, à les synthétiser pour les rendre plus compréhensibles, à faire des flexions lorsque la fatigue la gagnait et ainsi rester éveillée malgré tout. Tout ce travail pour rien. Ses espoirs balayés en fumée. Il faudrait qu’elle prenne garde à l’avenir. Qu’elle fasse plus attention. Tout le monde ne pouvait pas être Zack Maxwell, étranger anglophone paumé à Saint-Pétersbourg.

- Peut-être qu’une expression russe vous serait tout de même utile en vue de vos dons à vous attirer des maladroites comme moi ? La prochaine fois que cela arrive, vous n’aurez qu’à dire « Izvinite », c’est l’équivalent russe d’un « pardon » ou « excusez-moi », s’amusa-t-elle, et la jeune fille qui est en train de vous donner un cours de russe improvisé se nomme Enora, Enora Vilkas. Enchantée, monsieur Maxwell.

Ou comment se donner en spectacle. Mais il n’y avait pas de raison pour qu’elle fasse l’effort de parler anglais et que lui se refuse à apprendre le moindre mot russe. Cela pourrait toujours lui servir. Au moins pourrait-il bousculer l’intégralité du campus tout en étant poli, désormais. Poli en russe, bien sûr. Cela faisait toujours plaisir d’entendre un étranger parler la langue du pays qu’il visitait.

- Je doute que vous soyez dans la lune à cause des partiels… Ça, c’est plutôt mon cas !

Alors qu’est-ce qui pourrait bien embrumer l’esprit d’un professeur de sport perdu ? Serait-il vrai que ceux qui enseignement cette matière-là ont tout dans les jambes et rien dans la tête ? Pourtant, l’étudiante n’avait pas l’impression de faire face à un demeuré. Si tel était le cas, il n’aurait pas réagi de la sorte. Ah ça non. Proposer son aide pourrait être une bonne chose. L’occasion de se rendre utile. Après tout, les partiels étaient finis, elle en avait terminé avec les siens à l’instant où elle avait quitté l’amphithéâtre dans lequel elle avait passé un peu moins de quatre heures à réfléchir sur des os, le corps humain et ses secrets. Elle avait grand besoin de prendre l’air et de se changer les idées. Quoi de mieux qu’un peu d’exotisme au contact d’un américain pour cela ?

- Auriez-vous besoin d’aide, peut-être ? On ne bouscule pas les gens sans raison valable. Et la votre, de raison, est que vous devez être bien déboussolé en terre inconnue.

Elle ne savait toujours pas pourquoi Zack avait échoué ici, loin de son lycée, mais cela n’était pas important. Du moins, pas pour le moment. Tout viendrait en temps et en heure. Alors autant commencer par lui indiquer le chemin à suivre pour éviter qu’il ne se perde plus jamais, à l’avenir. Cette université réservait bien des surprises à ceux n’ayant pas l’habitude d’arpenter son sol. Un bâtiment fourbe, aussi glissant qu’une anguille, capable de mettre à l’épreuve les âmes les plus robustes. Elle-même en avait fait les frais lors de sa première année ici.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Mar 11 Mar 2014 - 13:24
Apparemment la petite russe se débrouillait fort bien en anglais. Hésitantte d'abord, elle se reprit vite et continua de façon plus claire et plus sûre d'elle, même s'il y avait toujours un gros accent dans le tas.

- Ya pas de mal, je suis rassuré dans un sens, ya pas marqué "Amerlock" sur mon front au moins !

Bon à noter ça, il pouvait se fondre dans la masse des russes sans qu'on le remarque ! Enfin non, vu sa tête de paumé dès qu'on lui parlait dans la langue du pays, il risquait pas de jouer à l'espion crédible bien longtemps. Mais au moins il avait un physique passe-partout, c'était toujours ça de gagné. Peut-être que ça pourrait l'aider dans son enquête sur les extraterrestres, qui sait. Il rigola sur les excuses de la petiote vis-à-vis de sa prononciation.

- Tu te débrouilles très bien, sûrement mieux que si je m'essayais au russe. T'inquiète pas pour ta prononciation ! Par contre, laisse tomber les monsieur, ça fait tellement formel, berk. Je suis ici incognito, pas en tant que professeur !

C'était toujours la même rengaine et la même guerre qui durait depuis toujours. Mais l'humain ne désespérait pas, et mieux encore, il luttait énergiquement. Non, on ne lui donnerait pas du "Monsieur" sans en subir les conséquences ! Il parviendrait à tuer ces formules de politesse inutiles ! Sauf pour les gens casse-pieds, eux pas de soucis, il insistait sur le mot juste pour les enquiquiner. Mais les autres, nan, il voulait un simple prénom, ou à la limite un "Professeur" tout bête. Mais il préférait quand même un Zack classique. Après tout, tant que c'était pas dit avec mépris, c'était poli, pas besoin de plus.

Il nota dans sa tête l'expression russe que l'étudiante lui donna. Mais... pfou quelle misère à prononcer ! Ca n'avait rien à voir avec de l'anglais, quelle horreur. Il essaya d'imiter la demoiselle, se rata monstrueusement, mais s'acharna, la faisant répéter autant de fois que nécessaire, jusqu'à arriver à une prononciation correcte. Il s'était toujours bien débrouillé en langues. Rien de parfait, mais ça restait potable. Il répéta encore un peu le mot, histoire d'être sûr de l'avoir et de ne pas l'oublier, avant de rigoler.

- Et bien merci demoiselle Vilkas, même si je crains fort que m'excuser en russe n'entraîne une conversation dans la même langue, mon interlocuteur croyant que je la comprends. Enfin je me débrouillerai !

Apparemment Zack débarquait en pleine période de partiels. Mince, ça risquait d'être délicat de voir son homologue russe du coup, celui-ci devant crouler sous les copies à corriger. Enfin, avec ses yeux doux, peut-être arriverait-il à glaner quelques minutes. Ou alors il s'introduirait en douce par la fenêtre de derrière dans son bureau et... Hum non, mauvaise idée. Si Carole l'apprenait, il se ferait lyncher dans la cour du lycée.

Remarque il avait peut-être une autre possibilité de s'en sortir sans finir étripé par son infirmière favorite. La demoiselle proposait gentiment de l'aider à trouver ce qu'il cherchait. Est-ce qu'il pouvait en abuser ? Pour l'heure, il voulait juste les infos d'un autre professeur, il y avait donc peu de chances qu'un extraterrestre soit dans les parages et mette sa vie en danger. Mais qui sait, vu la poisse qu'il avait en ce moment avec eux... Remarque ça ne coûtait rien de demander la direction et d'y aller seul. Sans préciser pourquoi il voulait voir le bonhomme. Vu comme elle semblait toute polie, la petite russe ne risquait pas d'exiger les détails de son enquête.

- Je ne suis pas contre une boussole justement. Je cherche le professeur Russel Masolv, qui est censé se trouver quelque part dans cette mer d'étudiants stressés. Mais quel bâtiment, à quel moment, quel étage, quel bureau... aucune idée. Et la secrétaire à l'accueil avait pas l'air motivée à prendre le temps de me montrer les bons symboles bizarres.

Sûr que ça devait faire tout aussi étrange qu'un professeur de sport américain d'origine anglaise cherche un collègue en médecine à Saint-Pétersbourg, mais bon il faut de tout pour faire un monde, non ?
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Dim 23 Mar 2014 - 17:46
Mieux vaut éviter les cours de russe, soit Enora est mauvaise enseignante, soit Zack est mauvais élève mais autant limiter la casse de suite et abandonner les travaux pratiques. La prononciation était approximative, cela ressemblait vaguement à du russe. Si, cela se reconnaissait. Mais autant en rester là et ne pas enchaîner avec une leçon sur l’alphabet cyrillique à moins de vouloir perdre Zack à jamais.

Le rire de l’américain fut bien vite rejoint par celui de la Russe. Son rire était communicatif, la demoiselle ne se serait pas permise de se moquer de son élève d’un jour, ou plutôt d’une minute, ah ça non ! Les rôles inversés l’espace d’un instant, c’était amusant. Mais pas assez pour garder ces statuts tout le restant de leur vie.

- C’est bon, j’éviterai de vous apprendre des expressions russes à l’avenir ! Après tout, tout le monde parle anglais, vous arriverez bien à vous faire comprendre ainsi !

La brune l’écoutait toujours. Oui, elle pouvait lui être utile. À quoi ? Retrouver Russel Masolv ? Un nom qui lui disait vaguement quelque chose. L’étudiante chercha dans les tréfonds de sa mémoire. Il y avait tant de professeurs ici que les connaître tous était un véritable miracle. Et elle, pauvre Enora Vilkas, n’était qu’en deuxième année et n’avait pas vu énormément de têtes se défilaient devant les micros lors des cours magistraux, son pain quotidien.

- Masolv, vous dîtes ? J’ai déjà eu affaire à lui, oui… Le genre excentrique mais passionné par ce qu’il fait. Je crois me souvenir que son bureau se trouve dans ce bâtiment-là, discouru Enora tout en pointant du bout du doigt le bâtiment qui leur faisait face, mais faîtes attention avec lui, il est… bizarre.

Magnifique conclusion de la part de l’étudiante. Elle se rappelait maintenant que cet homme avait été chargé de certaines conférences auxquelles elle avait assisté, par pure curiosité. Les sujets avaient été difficiles d’accès pour elle, n’ayant pas la formation nécessaire pour tout saisir. Mais Russel, c’était un spectacle vivant avant tout, les étudiants se pressaient pour assister à ses cours ou à ses conférences juste pour passer un bon moment en sa compagnie. Ils savaient d’avance qu’ils ne seraient pas déçus.

- Suivez-moi ,je vais vous servir de « boussole ». En espérant que je ne me perde pas à mon tour ! rigola Enora, ce serait le comble !

Aucun « monsieur » pompeux ne s’était risqué hors de sa bouche, la demoiselle avait bien retenu la leçon. Sans doute l’un des premiers adultes qu’elle croisait qui tenait à ce qu’on l’appelle de suite par son prénom alors qu’ils se connaissaient à peine. Dans cinq minutes, peut-être lui demanderait-il de le tutoyer ? Elle comprenait mieux pourquoi Zack cherchait ce professeur d’université, ils semblaient avoir beaucoup en commun. Au-delà de leur fait d’enseigner tous deux, bien sûr.

Quelques marches à grimper et ils seraient bien vite rendus au bureau de l’objet de leur recherche. Rien d’insurmontable pour un prof de sport. Toutefois, l’appétit d’Enora n’était pas rassasiée. Cela l’intriguait, cet Américain venant de très loin pour voir un Russe. Cela ne la regardait pas non plus dans un sens. Mais quand deux univers souhaitaient se rencontrer, comment rester sans rien dire ?

- Vous le connaissez depuis longtemps, ce professeur ? C’est que… entre la biologie et le sport que vous enseignez, il y a un décalage… Ça doit être vraiment important pour que vous fassiez le voyage d’aussi loin ! Ou alors Masolv est juste le meilleur dans son domaine au point que vous n’ayez confiance qu’en lui plutôt qu’en un autre ?

Les hypothèses, elle aurait pu continuer de les élaborer encore longtemps. Cette attitude qu’elle adoptait lui rappelait vaguement celle qu’elle avait eu en la présence d’Ethan. En moins dangereuse, à travers une conversation plus rationnelle, évidemment.

- Pardon, je parle trop ! s’excusa la Russe, de toute façon, c’est là, c’est son bureau.

La plaque annonçait clairement le nom de Russel Masolv. Au moins ne s’était-elle pas trompée, c’était déjà ça.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Jeu 27 Mar 2014 - 12:43
La leçon de russe était terminée, ce qui valait mieux. Zack hocha la tête en souriant, oui, la plupart des gens parlaient anglais, alors il devrait s'en sortir. Et sinon, ma foi... il se débrouillerait, comme toujours. Il semblait bien partie d'ailleurs, puisque la demoiselle comprenait très bien sa langue et avait l'air de connaître son Masolv. Excentrique et passionné ? Ca correspondait à ce qu'il savait de l'animal. Il rigola un peu.

- Oui, c'est bien ce Masolv là. Il doit pas en exister deux comme lui, heureusement pour la survie du monde d'ailleurs. Je note le conseil.

De toute façon, vu le sujet qu'il comptait aborder, mieux valait faire attention à tout. Connaissant sa poisse, un extraterrestre pourrait bien lui tomber dessus au coin du bureau ! Enfin il ne l'espérait pas. Qu'il soit pris dans une bagarre ne le dérangeait pas. Mais que d'autres personnes soient entraînées dedans... là non. C'était tout simplement hors de question. Comme s'il avait les moyens d'agir... c'était horipilant comme idée. Enfin, mieux valait ne pas y penser pour le moment. Après tout, il était là pour trouver un moyen d'agir justement, pour arriver à protéger les autres, même face à des dieux ! Il y avait forcément quelque chose à faire. Le tout était de trouver.

Enora semblait capable de le guider, ce qui était parfait. Enfin... plus ou moins. Zack espérait qu'il ne s'agissait que d'une blague et qu'elle n'allait pas se perdre elle aussi. Manquerait plus que ça ! Ils auraient l'air bien malins aussi. Remarque elle avait un avantage énorme sur lui : elle pouvait demander son chemin aux gens. Et en russe qui plus est. Alors que lui... hum.

- Très bien madame la boussole, je vous remercie humblement pour votre aide. Quoi que, je devrais peut-être attendre d'avoir trouvé Masolv avant de dire merci ?

Son ton était clairement amusé, simple petite blague en passant. Le professeur suivit sa boussole improvisée tranquillement. Des escaliers ? C'était comme du plat pour lui ou presque. Il n'était pas prof de sport pour rien ! Mais bon, son endurance n'avait guère servi face aux extraterrestres... quelle ironie. Bon il n'était pas non plus un grand sportif de haut niveau, mais il appréciait sa force qui lui permettait de calmer les casses-pieds le sous-estimant à cause de son allure désinvolte. Dommage que ça ne serve à rien pour les cas vraiment importants...

Il tourna un peu la tête vers l'étudiante qui n'avait pas pu résister à l'envie de lui poser des questions. D'ailleurs elle s'en rendit compte aussi vite et s'en excusa. C'est vrai qu'en général, le fossé entre élève et professeur est assez grand pour chasser toute tentative de rapprochement, que ce soit parce que la loi ne l'autorise pas vraiment ou par simple norme de la société. Normes que Zack ne se gênait pas pour bafouer. Il restait bien sûr très correct avec ses élèves, mais lui préférait le côté pote que patron. Ca ne l'empêchait pas d'être sévère quand il le fallait, au contraire. Les élèves savaient que, lorsqu'il faisait les yeux noirs, c'était très sérieux et qu'il valait mieux ne pas insister.

Il rigola donc en haussant les épaules.

- T'inquiète pas, on a encore le droit de parler dans ce pays il me semble non ? Et ça te fait travailler ton anglais, c'est tout bénèf !

Bon par contre, que répondre. Sûrement pas la vérité toute crue. Je veux parler à ce type parce qu'il s'y connait à mort en mythologie et que je cherche un moyen de péter la gueule à des dieux qui attaquent les gens. Pas terrible terrible. Cela dit, rien ne l'empêchait de dire une partie de la vérité, l'air de rien.

- En fait c'est l'ami d'un ami d'un ami d'un collègue et d'autres trucs du genre qu'on m'a conseillé d'aller voir. Il parait qu'il est dingue de mythologies, tout comme moi, et qu'on devrait avoir une belle conversation entre passionnés, du genre qui ennuie mortellement tout le reste du monde. Ce qu'il enseigne, j'y comprendrais rien même si j'essayais, alors... vaut mieux pas tenter la chose !

Son regard se posa sur la belle plaque annonçant le bureau de l'animal recherché. La chance serait-elle de son côté aujourd'hui finalement ? On pouvait y croire. Restait à prier pour que Masolv accepte de lui parler. Mais d'après son ami d'ami d'ami de blablabla, il suffisait de dire le mot "dieu" pour l'entraîner aussitôt dans une grande conversation intense. Alors ça devrait aller.

- Merci pour ton aide en tout cas ! Si jamais tu fais un saut à San Francisco, je pourrais te rendre la pareille boussolienne. Je suppose que t'as cours maintenant, ou d'autres examens à passer, alors je vais pas te retenir plus longtemps.

Après tout, c'était une étudiante, elle avait sûrement autre chose à faire que rester là. C'était déjà bien sympa de l'avoir amené ici. Ou alors elle devait peut-être réviser ses prochains partiels.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Dim 30 Mar 2014 - 18:18
Des spécimens similaires à Masolv, il y en avait d’autres parmi le monde insondable qu’est l’université. Malheureusement, c’est du côté de la philosophie qu’il fallait fouiner pour avoir la chance de dénicher l’un de ces animaux, mais avec facilité cette fois-ci ! Dans l’univers de la biologie, Russel devait être l’un des rares à ne pas tout prendre au sérieux, ce qui rassurait dans un environnement similaire à une jungle où chacun dévorait l’autre à la moindre occasion. Mais tout cela était derrière Enora, elle avait su braver les dangers et les épreuves de la première année ! Maintenant, il lui suffisait de suivre la voie tracée pour elle !

Face à la porte du bureau, Enora allait prendre congés. Tout cela ne la regardait pas. Elle avait déjà suffisamment importuné Zack, inutile donc de rester davantage. Le terme de mythologie la fit sourire. La mythologie ou le genre de sujet qu’elle n’affectait pas plus que ça. Enfin, sans doute aurait-elle pensé cela six mois plus tôt, avant que le surnaturel ne décide de faire irruption dans sa vie sous les traits d’un cheval volant, d’un ange additionné d’un prêtre assassin, d’un jeu démoniaque et enfin d’un cadavre s’étant donné le titre de dieu. Trop de choses s’étaient passées ces derniers temps, il était grand temps que cette folle série de catastrophes s’arrêtent.

- Je suis sûre que vous vous entendrez à merveille avec lui ! conclut-elle, pour San Francisco, me connaissant je me perdrai avant de vous trouver ! Mais merci pour la proposition, c’est gentil à vous.

De toute façon, il n’y avait aucune raison pour qu’elle aille aux Etats-Unis, si ce n’est juste pour visiter, prendre des vacances bien méritées. Encore fallait-il avoir les moyens nécessaires, la vie n’avait rien de gratuit, ni en Russie, ni ailleurs !

La porte du bureau s’ouvrit subitement avant même que quiconque n’ait pu frapper. L’animal, Russel Masolv, s’en extirpa. Un visage souriant, des cheveux poivre et sel, des yeux d’un bleu aussi clair que le professeur de sport et un costume légèrement froissé. La marque du clavier était imprimée sur la joue droite de l’homme. Difficile de savoir si la correction des copies dont il pouvait avoir la charge avait suffi à l’assommer mais mieux valait éviter de poser la question. Une rumeur circulait concernant le fait que cet homme était incapable de corriger plus de trois copies par joue. Un comble quand on travaillait dans l’enseignement. Il n’y avait guère de quoi s’étonner à ce que les étudiants râlent, six mois plus tard. Cela faisait un peu tard pour découvrir sa note du premier semestre à une pauvre matière déjà oubliée, trop vite délaissée.

Les prunelles du chercheur allaient d’Enora à Zack, se demandant sans doute ce que pouvait bien lui vouloir ce duo qui errait près de son bureau. Cela ne devait pas être un hasard si ce tandem était posté juste là.

- Oui ? Vous avez rendez-vous ?
- Ce monsieur est américain et ne parle pas notre langue, commença Enora à l’intention de Masolv en russe, il a fait le voyage de San Francisco pour vous voir et échanger mythologie avec vous…
- Monsieur Maxwell ! reprit cette fois-ci l’homme en anglais, je ne vous attendais pas avant la fin de l’après-midi !

Les yeux du passionné s’étaient illuminés à peine le mot de mythologie avait-il été prononcé. Les présentations avaient été faites, du moins partiellement, c’était déjà ça.
Le bureau était toujours grand ouvert, antre dans lequel le monstre reposait et vivait le jour. Depuis la porte entrebâillée, Enora apercevait au mur des cadres en tout genre, représentant des scènes de dragons, chimères, et autres bêtes fantastiques. Des objets insolites étaient posées sur le bureau, curieux mélange entre l’art indien et africain. L’étudiante préférait éviter de savoir à quoi cela pouvait bien servir, ou même le nom de l’ustensile en question. Une drôle d’atmosphère émanait depuis cette pièce.

- Mais entrez donc ! Vous-aussi mademoiselle ! Il est toujours bon pour les âmes ignares d’en apprendre un peu plus sur la mythologie qui nous a construite ! Ayez l’esprit d’une Bororo, que diable !

La Russe ouvrit de grands yeux devant le terme utilisé. Les autres étudiants n’avaient jamais cru bon de lui préciser qu’en plus d’être un féru des mythologies, Masolv était un apprenti ethnologue. Après tout, l’un et l’autre étaient indissociables. Pour son plus grand plaisir, le chercheur étudiait sans doute les diverses tribus et les mythes qui s’y rattachaient. Dans quoi s’embarquait-elle encore ! Elle n’avait plus ni révisions, ni partiels, ni rien à faire. Juste du repos qui l’attendait. Mais ça, ce serait après une conversation entre deux amoureux de mythologies. Cette fois-ci, c’était elle qui se sentait étrangère dans ce trio. Elle pénétrait en parfait terrain inconnu.
L’un après l’autre, ils se glissèrent dans cette caverne du savoir.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Mar 8 Avr 2014 - 14:48
Zack sourit, il se doutait bien qu'Enora se perdrait à San Francisco, justement ! Ce serait à lui de jouer à la boussole. Mais il n'eut guère le temps de clarifier la chose. La porte du bureau s'ouvrit brusquement et le fameux Masolv en sortit, l'air un peu hébété mais tout à fait cordial. A en croire la marque qui ornait sa joue droite, il sortait d'une petite sieste improvisée sur son ordinateur. Rien de bien étonnant en soi, il était connu pour avoir le plus grand mal à se concentrer sur une copie plus de quelques minutes. Un peu bizarre pour un professeur, mais ça ne l'empêchait pas d'être renommé dans le milieu.

Evidemment, il les accosta en russe, et l'humain laissa sa petite guide se charger de répondre. Il ne comprit pas un traite mot mais bon, vu le contexte il pouvait supposer grosso modo ce qui se disait. Ah si, il capta San Francisco ! Et puis subitement tout lui parut cristallin. Il comprenait le russe d'un coup ? La classe ! Ah non... c'était devenu de l'anglais. Avec un bel accent d'ici, mais anglais quand même. Zut, il n'avait pas de don finalement. Enfin ce n'était pas bien grave. Zack sourit à son collègue biologique en lui serrant la main.

- Hey, bonjour ! En fait j'avais prévu large parce que je pensais que je me perdrais plus longtemps que ça, mais cette charmante jeune fille m'a aidé à vous trouver, alors du coup... je suis en avance pour une fois.

Bon il était rarement en retard bien sûr, mais tout aussi rarement en avance. Et encore moins autant. Enfin ça n'avait pas l'air de déranger Masolv, au contraire. C'était bien un passionné celui-là, aucun doute ! Maintenant est-ce qu'il allait pouvoir l'aider... c'était une autre question. Le professeur sourit en hochant la tête à l'invitation... qui comprenait également Enora. Hum... il n'avait pas très envie que l'étudiante vienne, car il ne savait pas vraiment ce que l'entretien pouvait receler comme danger. Après tout, avec sa chance, peut-être qu'un extraterrestre allait débarquer et les attaquer. Il ne voulait pas qu'elle soit victime à son tour.

D'un autre côté, difficile de la chasser maintenant que l'autre l'avait invitée. Ca ferait louche, et il aimait autant éviter toute suspicion. Enfin... de toute façon, il ne comptait pas poser de questions vraiment précises, ne souhaitant pas non plus impliquer de trop Masolv. Il interrogerait vite fait ce passionné féru de mythologies en tous genres, écouterait les réponses et filerait aussi aussi sec.

Souriant, Zack entra dans le bureau, observant les nombreux instruments des plus étranges. Au moins, s'il avait besoin d'être rassuré sur les compétences mythologiques de l'animal, c'était le cas. Seul un passionné du tonnerre pouvait s'amuser à recueillir toutes ces reliques et à les comprendre.

- Vous avez une magnifique collection ! Vous devriez pouvoir m'aider, je cherche à construire une sorte de mémoire sur un aspect bien particulier des dieux dans les différentes mythologies existantes.

Comment amener la chose de manière anodine ? Est-ce qu'une telle prudence était utile d'ailleurs ? Boarf, il ne faisait rien de mal. Ce n'était qu'un simple passionné de mythologie qui avait envie de faire un joli papier. Les extraterrestres ne pouvaient pas être partout, et il ne représentait aucune menace, donc aucune raison qu'on le surveille.

- J'aimerais étudier la mort d'un point de vue divin. Comment peut-on tuer un dieu ? Sont-ils tous invincibles et immortels ? Ou est-ce que certaines mythologies présentent des façons de leur prendre la vie ? Ca m'intrigue beaucoup !

Voilà la ligne était lancée. Plus qu'à voir ce qui allait mordre.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Lun 14 Avr 2014 - 19:13
Si Enora avait émis le souhait d’assister à un colloque sur la mythologie, elle y serait allée de son plein grès. Mais non. Elle se retrouvait aux prises avec un prof légèrement cinglé, et un autre étranger à son pays. La demoiselle prit sa tête entre ses mains, ne sachant pas trop dans quoi elle venait d’être embarquée. Le regard de Masolv l’empêchait de se lever. Non pas un regard noir, dur, plein d’autorité. C’était même tout le contraire. Des pupilles brillant d’excitation à l’idée de ne pas avoir un auditeur mais deux. Elle ne pouvait tout de même pas gâcher son rêve, ce n’était pas dans ses habitudes.

- Un mémoire, hum ? Etrange pour un prof de sports de s’intéresser aux divinités, non ? Enfin, ce n’est pas mon affaire.

Russel se gratta sa barbe inexistante, réfléchissant à la question posée par Zack. Il paraissait déjà concentré, perdu dans sa mémoire et ses idées propres aux divinités. Enora, elle, de pâle avait viré cramoisi.
Le mot dieu avait été prononcé. Les paroles d’Ethan résonnaient encore dans son esprit. Elle avait fait connaissance de l’un d’eux et ce n’était pas la première fois. Rester naturelle. Oui. Elle n’avait rien fait de mal. Etait-ce un crime d’avoir croisé un être vivant une seconde vie alors que son corps devrait pourrir sous la terre, rongé par les vers ?

- Je crois savoir ce que vous cherchez… Il existe une légende urbaine sur des tueurs de divinités. Juste une légende, de la théorie, rien n’a jamais été prouvé mais après tout, mes explications ne vous sont destinées que dans un but purement personnel.

Russel dénicha trois tasses dans lesquelles il versa du café fumant tiré hors de son thermos, sans se soucier de l’avis de ses invités. L’usage est de demander avant de servir. Mais Russel, comme depuis toujours, se fichait du protocole et agissait à sa manière. Parfois, Enora se demandait comment ce chercheur avait pu se faire un nom en biologie. Elle l’aurait davantage vu professeur de philosophie plutôt que de biologie. Mais lui, au moins, était reconnu par ses pairs, prouesse à laquelle une minorité d’étudiants seulement pourront se vanter dans une vingtaine d’années.

- Le mot « Godslayer » doit être aussi familier que l’est le russe à vos oreilles, Monsieur Maxwell. Pourtant, c’est à ce seul mot que tient la légende des divinités mises en échec. Quand je parle de divinités, j’évoque la possibilité de dieux dans notre époque. Mais là encore, rien n’a été prouvé, ce n’est que de la mythologie. Il ne tient qu’aux chercheurs de faire parler les reliques du passé pour obtenir un fait réel.

Enora porta sa tasse à ses lèvres tout en écoutant le discours du chercheur. Cela pouvait être intéressant. Si son destin croisait à nouveau celui d’Ethan, au moins pourrait-elle lui prouver qu’elle n’était pas si ignare que cela en matière de surnaturel. Qu’elle avait pris les devants pour mieux comprendre le monde étrange dans lequel elle avait basculé bien malgré elle.

Ses yeux bruns se posèrent sur l’Américain. Lui-aussi avait-il eu le malheur d’être mis en relation avec le surnaturel ? Lui-aussi avait-il croisé une divinité ? Lui-aussi regrettait-il de voir ce que le commun des mortels ne voyait pas ? Là, elle extrapolait. Un frisson parcourut son corps fin. S’éloigner des propos de l’albinos n’était pas chose facile alors qu’elle était en compagnie d’un féru de mythologies. C’était bien sa vaine.
Toujours est-il qu’elle préférait être aussi discrète que possible. Il serait toujours temps de rattraper Zack une fois le discours sur les assassins de divinités terminé, pour mieux le questionner et dissiper ses soupçons infondés. Mais si elle savait la vérité, pourquoi pas lui ? Elle n’était peut-être pas la seule élue. Ou la seule maudite, tout dépendait du point de vue.

Russel se tut le temps d’ouvrir un tiroir dans lequel s’amassait nombre de notes éparpillées en tout sens. Il posa sur son bureau une liasse de feuilles agrafées parcourues d’une fine écriture illisible et laissa son regard se perdre au grès des caractères, ses lunettes sur les nez pour mieux déchiffrer ce qu’il avait annoté au fil de ses recherches et des différentes rencontres avec des chercheurs qualifiés en la matière. Chacun son domaine.


- Les Godslayers seraient des humains ayant réussi à tuer une divinité et auraient acquis par ce geste une partie de leur pouvoir. Leur destin deviendrait alors celui de défendre une ville contre des dangers potentiels, des dieux malveillants… clama-t-il tout en parcourant ses feuilles, mais ce ne sont que des histoires, n’est-ce pas ?

Enora se tordait sur sa chaise. Oui, juste des histoires. Elle en savait quelque chose. Des histoires jusqu’à ce qu’elle comprenne que depuis toujours, elle avait tout faux sur toute la ligne et que ce qu’elle prenait pour des histoires n’étaient rien d’autre que la réalité.
Invité
avatar
Invité
Re: A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas. - Lun 5 Mai 2014 - 10:55
Zack haussa les épaules avec un grand sourire pour son collègue qui trouvait étrange son intérêt divin.

- Pas plus qu'un prof de bio de renommée mondiale je trouve !

Et toc ! Cela dit, il ne faisait qu'une remarque avec un air amusé, ce n'était absolument pas méchant. Remarque même si ça avait été le cas, il doutait que l'autre s'en soit vraiment formalisé. Déjà il se concentrait sur ce qu'il savait et cherchait dans ses connaissances ce qui pourrait répondre aux questions de son interlocuteur. Brave homme. L'humain attendait patiemment, toute ouïe. Enfin pas si patiemment que ça, il n'avait jamais été des plus sages quand il savait avoir une réponse à portée d'oreilles, alors en attendant il observait les reliques en se demandant ce que ça ferait s'il tripatouillait ici ou là. Tiens la gamine avait un air un peu bizarre subitement, il le remarqua en lui jetant un coup d'oeil. Passer du blanc au rouge, ça se remarque facilement.

Mais déjà Masolv répondait, et comme Enora ne semblait pas non plus à l'article de la mort, Zack écouta, en la gardant tout de même à l'oeil au cas où. Et si c'était une extraterrestre espionne après tout hein ! Une légende ? Des tueurs de divinités ? Ca c'était on ne pouvait plus intéressant et le biologiste avait toute son attention. Oui oui, simple théorie bien sûr, rien ne prouvait que c'était juste. Et même si les dieux existaient, toutes leurs fables n'étaient pas forcément tout aussi réelles. Mais ça valait le coup de s'y intéresser.

Godslayer ? Zack ne connaissait pas le mot, mais savait ce qu'il signifiait. Les joies de l'anglais qu'on utilise toujours tout partout !

- Non ça ne me dit rien. Mais je ne demande qu'à apprendre !

L'humain ne toucha pas à sa tasse. Le café, c'était moyen pour lui, et il préférait garder toute son attention sur les paroles de son collègue. Et un petit bout sur la gamine, qui semblait reprendre quelques couleurs et toute aussi attentive que lui. Elle avait même l'air de cogiter sévère, à moins qu'il ne se fasse des idées. Avait-elle un lien avec cet autre monde qui n'avait pas l'air des plus bénéfiques à partager ? Ce serait vraiment ironique, à croire qu'il ne pouvait pas bouger un peu sans tomber sur des trucs en rapport avec les extraterrestres.

Enfin, pour l'heure, mieux valait se concentrer sur cette histoire de Godslayers. Après tout, c'était Masolv l'attraction principale. Il lui apporta un tas de feuilles remplies de mots dignes des hiéroglyphes égyptiens. Ca allait être sportif de déchiffrer tout ça. Remarque... ça convenait à un prof de sport, non ? Les fameux slayers seraient de simples humains capables de tuer des dieux et ayant acquis des pouvoirs particuliers lors de leur premier meurtre. Etait-ce vrai ? Si c'était le cas... protéger les gens allait se révéler compliqué.

Zack avait une bonne condition physique, il faisait du sport, savait se bagarrer et foutre une raclée aux abrutis qui draguaient les midinettes de façon trop encombrante. Mais de là à tuer quelqu'un, et un dieu surtout... en supposant que l'histoire soit vraie... il n'était pas sûr d'arriver à réaliser une telle prouesse, encore moins s'il n'était pas certain que le résultat serait celui attendu. Ce serait bien stupide d'arriver à tuer un dieu pour au final qu'il ne se passe rien.

Secouant la tête, le professeur fit un grand sourire à Masolv.

- Hey, quelle histoire ! Je savais que je pouvais compter sur vous ! C'est fort intéressant. Et à part ces Godslayers, est-ce qu'il existe d'autres légendes relatant des méthodes pour tuer un dieu ? Notamment pour quelqu'un de normal.

Tant qu'à faire, autant essayer d'avoir un maximum de détails.



Spoiler:
 
A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas.
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» A la traque aux dieux, je n'irai plus maman. Ou pas.
» J'irai cracher sur vos tombes
» Charte du Brigandage et de la Traque au Poitou
» [EVENT] Omnia, la fête de tous les dieux
» Chasse, traque et discussion. [PV Knurgaod]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Périphérie :: Établissement scolaire-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page