Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Rencontre empoisonnée

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Re: Rencontre empoisonnée - Dim 19 Jan 2014 - 0:55
La douleur grandissait dans la poitrine de la jeune fille, rampant jusqu'à sa gorge comme une bête. Arsen avait du mal à rester concentré sur la femme à ses cotés. Elle n'eut même pas la force de s'étonner quand Yoko la prit dans ses bras, posant délicatement sa tête sur sa poitrine et lui caressa les cheveux. C'était agréable, sentir la chaleur de son corps à travers sa chemise, entendre battre son cœur tout contre son oreille rappelait à Arsen tout ce qu'elle avait pu manquer de son vivant. La jeune femme aux yeux d'azurs lui murmurait des paroles rassurantes, la réconfortant comme on réconfortait un enfant sorti d'un cauchemar, et ce avec beaucoup de tendresse. Elle lui promit de la protéger envers en contre tout, mais pouvait-elle seulement la protéger d'elle-même? Son corps se consumait au ralentit sous le coup des poisons qu'il abritait. Ses émotions la rongeaient mais pour rien au monde elle n'aurait renoncé à l'étreinte qu'elles avaient partagés, quitte à en subir les conséquences.
Son cœur s'emballait tandis que ses crans d'estomac étaient de plus en plus violentes. Arsen réprima à grand peine un haut-le-cœur et ferma les yeux, espérant vainement que la douleur disparaitrait dès lors qu'elle les rouvrait. Mais ça ne fonctionna pas, elle avait toujours mal. La surveillante lâcha lentement sa compagne pour se rasseoir à coté d'elle. Elle prit tendrement sa main valide dans la sienne, avec légèreté, sans la serrer et laissa glisser son regard dans les eaux ardentes de celui de l'albinos.

« - Et si jamais un jour tu veux me parler de ton passé ou… pleurer, comme je l’ai bêtement fait aujourd’hui, je serais là pour toi. Je t’écouterai sans jamais te juger et je t’aiderai, si je le peux… »
Arsen prit une inspiration saccadée, essayant par tous les moyens de le dissimuler à la demoiselle à ses cotés. La douleur allait passer, elle passait toujours... ou presque. Sa dernière fiole d'arsenic elle, l'avait achevée.
" - Je n'ai pas grand chose à raconter... Ça... l'empoisonneuse prit une brève inspiration et reprit. Ça a eut l'air de t'étonner tout à l'heure mais j'ai.. été élevée comme un homme.. Plus facile pour survivre."
L'albinos s'interrompit. La douleur formait un étau sur sa gorge qui se resserrait lentement mais sûrement, lui tirant quelques grincements de dents. Elle porta sa main à son cou et y planta ses ongles, et commença à gratter, lentement, très lentement, comme si elle voulait l'ouvrir.
" - Et... Je ne te l'ai pas demandé.. tout à l'heure mais.. quel est ton domaine divin? "
Franchement pas terrible comme diversion. Elle aurait du mieux suivre les "cours" de Perle quand elle avait voulu lui apprendre à détourner l'attention de son interlocuteur (pour verser de l'arsenic dans son verre par exemple).
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Re: Rencontre empoisonnée - Dim 19 Jan 2014 - 1:52
J’avais l’étrange sensation que quelque chose n’allait pas, sa respiration semblait saccadée, bien qu’elle semblait vouloir le cacher. Était-elle malade ou peut-être qu’il s’agissait d’autre chose ? Ce n’était peut-être que le surplus d’émotions qui l’a rendait ainsi, ce n’était pas totalement impossible. Reprenant la parole, elle me dit n’avoir pas grand-chose à raconter sur elle, que d’avoir été élevée comme un garçon lui avait donné plus de chance de survivre. Cela ne faisait que soulever plus de questions, où être un garçon lui rendait la survie plus facile, mais la question n’était peut-être pas de savoir où elle avait vécu, mais quand. En y repensant, nous venions presque tous d’époques différentes, il suffisait de voir l’idiot de samouraï qui était avec nous lors de notre arrivée, peut-être qu’elle aussi venait d’une autre époque ? Cela pourrait justifier certaines choses…
Cependant, l’heure n’était pas aux interrogations sur ses origines, mais plutôt sur ce qu’il était en train de lui arriver. Elle était loin d’être sous le choc des émotions, il y avait bien quelque chose qui n’allait pas, bien que je n’ai aucune idée de ce dont il pouvait s’agir. Elle venait de planter ses ongles dans son cou, grattant ce dernier pour une étrange raison. Mon attention n’était attirée que par ça, elle allait mal et par-dessus le marché, elle se blessait volontairement, mais, comme pour attirer mon attention ailleurs, elle me demanda quel était mon domaine divin. Comme distraction, j’avais vu mieux, ce n’était nullement un sujet assez intéressant ou important pour que j’oublie la scène que j’avais devant les yeux.
Je me retrouvais envahie par ce sentiment que je connaissais si bien et que je pensais avoir maîtrisé, la peur. Je… m’inquiétais pour elle ? Sans même y réfléchir ni y faire attention, je me retrouvai à m’inquiéter pour quelqu’un d’autre que ma sœur, depuis quand une telle chose était possible ? Je n’étais pourtant pas le genre de personnes à me soucier du sort des autres, ni même à y prêter attention, mais avec elle, tout naturellement, j’avais peur. Était-ce parce nous nous ressemblions, parce que je m’étais ouvert à elle ou peut-être encore parce que d’une manière qui m’échappait, elle était devenue importante à mes yeux ?
Je ne pris même pas la peine de répondre à sa question, d’un geste vif, j’attrapai sa main qui était à son cou et c’est avec une voix pleine d’inquiétude que je m’adressai à elle.
« - Arrête tu vas finir par te blesser… Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu as du mal à respirer ? Tu es malade ? » 
J’étais paniquée à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose de grave ou pire encore, j’en oubliais presque que nous étions immortelles, même si elle venait à mourir, il suffirait de l’amener à l’infirmerie pour qu’elle reprenne vie et que tout aille pour le mieux, comme pour moi. Je ne pensais pas à tout cela, les seules choses que j’avais en tête étaient ce qui pouvait bien lui arriver. Dans les causes possibles apparut l’empoisonnement, bien qu’elle semblait être immunisée, elle n’éprouvait aucun enthousiasme à l’être, peut-être qu’il y avait un contrecoup à cela ? C’était peut-être absurde, ce devait même sûrement l’être, mais faute de réponses, je devais faire avec ça, peut-être y avait-il quelque chose dans son bouquin qui pouvait l’aider. Dans ma hâte j’attrapai son livre de ma main disponible, il était assez lourd, mais je réussis à le prendre et le poser sans trop de problèmes sur mes genoux.
« - Est-ce qu’il y a quelque chose là-dedans qui peut t’aider ? N’importe quoi, une plante, un poison ou je ne sais quoi ? » 
Ma voix était celle d’une personne en pleine panique, peut-être que je m’inquiétai pour rien et que ce n’était pas grave, un comportement des plus inhabituels chez moi il fallait bien l’admettre. J’étais toujours très calme, préférant utiliser mon cerveau pour analyser que de me laisser submerger par mes émotions. Mais ça, ce n’était que lorsque ça n’impliquait pas les personnes, ou plutôt la personne, puisque seule Yuko comptait pour moi, ce qui visiblement, n’était plus le cas. J’étais là à m’inquiéter pour cette fille, Arsen, que je venais à peine de rencontrer, comme quoi, même moi je pouvais changer…
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Re: Rencontre empoisonnée - Dim 19 Jan 2014 - 15:30
La douleur s'intensifiait aussi bien dans sa gorge que dans son ventre. C'était les symptômes classiques de l'empoisonnement à l'arsenic et la jeune fille le savait. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne se mette à vomir du sang et peu après qu'elle ne meurt. Non, il ne fallait pas penser à mourir, ça allait passé, la douleur disparaitrait aussi vite qu'elle est venu, comme la dernière fois, du moins elle l'espérait.

« - Arrête tu vas finir par te blesser… Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu as du mal à respirer ? Tu es malade ? »

La surveillante lui avait saisi la main pour l'empêcher de se gratter ou plutôt de s'ouvrir la gorge à coup d'ongles. Elle avait l'air très inquiète pour elle. Son anxiété marquait les traits de sont visage, ses yeux d'azurs plonger dans les siens. C'était vraiment une personne spéciale. L'albinos l'avait à peine rencontrée mais elle ne s'imaginait déjà plus la quitter. S'était-on déjà inquiété autant de son sort comme elle était en train de le faire? Arsen ne s'en souvenait pas. Monsieur avait toujours eut l'air si confiant, comme s'il ne pouvait rien lui arriver ou que de toute façon, si elle mourait ce ne serait que la Mort qui la ramenait en son sein. Il n'avait même pas paru inquiet pour elle lorsqu'elle avait failli se noyer dans la Tamise. Il l'avait regardée se débattre avec les eaux boueuses sans paniquer. N'importe quel père aurait inquiet pour sa progéniture dans de telles circonstances mais pas lui.  Il n'était pas son père... L'albinos regarda sa compagne entre les voiles de la douleur et eut un petit sourire acerbe.

" - Quelle ironie n'est-ce pas? Empoisonnée par la poudre dont je porte le nom..."

Elle enroula son bras autour de son ventre, agitée de légers spasmes. L'apprentie déesse se mit à tousser mettant sa main blessée devant sa bouche et quelques gouttelettes de sang vinrent rejoindre celle qui maculaient déjà le mouchoir. Elle commençait à transpirer et sa vision devenait floue par moment, son cas empirait mais elle essaya de se tenir le plus droite possible pour minimiser son état aux yeux de sa compagne. Pas besoin qu'elle sache et qu'elle s'inquiète d'avantage, elle ne voulait sous aucun prétexte qu'elle pense qu'elle y était pour quelque chose, même indirectement. La femme aux cheveux d'argent s'empara de son livre espérant y trouver un antidote ou n'importe quoi qui pourrait apaiser son amie mais Arsen ne le vit pas de cet œil.

En une fraction de seconde l'albinos sortit son cran d'arrêt et le maintint de sa main blessée sous la gorge de Yoko. Malgré sa blessure, son geste était sûr et précis. Un éclat étrange brillait dans son regard, un mélange de rage à l'état pur et de supplication.

" - Ne touche pas à ça... s'il te plait..."

La lame devant le cou de la jeune femme ne tremblait pas pourtant elle n'aurait eut aucun mal à la repousser si elle l'avait voulu tellement la douleur qui étreignait l'empoisonneuse. Elle la rangea avec un geste habile quand sa compagne reposa son livre et se laissa choir contre le mur en fermant ses yeux couleur de sang, soulagée. Elle prit difficilement une longue inspiration.

" - Il n'existe pas de remède à l'arsenic... Tu ne trouvera rien là dedans. Ça va passer... Ça doit passer... Ça passe toujours.."

Ses derniers mots se perdirent dans un murmure, plus adressés à elle-même pour se rassurer qu'à son interlocutrice.
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Re: Rencontre empoisonnée - Lun 20 Jan 2014 - 3:22
(Ce post a été très long à écrire et j'espère qu'il ne sera pas chiant à lire! Je fais pas beaucoup avancer les choses, mais j'espère que tu apprécieras ^^)

Le poison était donc bien à l’origine de ces douleurs qu’elle ressentait et ce n’était pas n’importe quel poison, non, il s’agissait de celui dont elle portait le nom, l’arsenic. Un poison des plus mortels qui ne laissait aucune chance à celui qui en était victime. Elle était immunisée contre tous les poisons, mais en ressentait tout de même les effets, comment et surtout pourquoi ? Pourquoi maintenant et pas plus tôt ? Qu’est-ce qui l’avait rendu actif précisément maintenant ? Était-ce l’un des points faibles de son domaine divin ? Ressentir les effets d’un poison n’importe quand et sans aucun contrôle ? Si c’était le cas, Deus pouvait s’avérer bien cruel en accordant leurs pouvoirs à chacun d’entre nous…
La voilà maintenant toussant du sang, son état ne faisait qu’empirer et je n’y pouvais rien. Il n’y avait à ma connaissance rien pouvant endiguer les effets de l’arsenic, je n’avais donc que peu d’espoir de la sauver, allait-elle devoir souffrir jusqu’à mourir ? Une telle mort ne signifiait rien ici et j’en prenais maintenant conscience, étant plus calme qu’auparavant, mais ce n’était pas une raison pour qu’elle ait à souffrir de la sorte, je ne le voulais pas… Et, alors que je m’apprêtai à verser des larmes pour elle, une chose légèrement inattendue se produisit. En une fraction de seconde, un cran d’arrêt sorti de nulle part était désormais pointé, par ma compagne, contre ma gorge.
Mes yeux s’écarquillèrent, je ne m’y attendais pas et elle me prit de courte, souhaitait-elle protéger tant que ça son livre des autres ? La surprise passée, cette menace qui n’en était pas vraiment une, ramena en moi un calme que je n’arrivai à retrouver depuis mon empoisonnement. Mon esprit était clair, mes pensées limpides et mes émotions sous contrôle, le danger que provoquait cette lame avait réussi à m’apaiser, ce devait être mon entraînement qui me permettait un tel miracle. Je dus me retenir de réagir, ne voulant pas la blesser en la désarmant et la maîtrisant, je ne devais pas laisser mes automatismes lui faire du mal.
Je plongeai donc un regard presque indifférent dans le sien, lui, emplit d’un mélange d’une rage qui m’aurait fait frissonner de plaisir en un autre temps et de… supplications ? Elle ne voulait clairement pas que je touche à ce livre et il n’était pas question pour moi d’aller à l’encontre de sa volonté. Ce n’est qu’une fois que je posai ce livre qui lui était si cher, qu’elle se détendit et rangeait sa lame et c’est à ce moment-là que je l’entendis. Cette petite voix qui s’était faite si discrète et que je ne percevais pas auparavant, elle était facilement reconnaissable, puisqu’il s’agissait de celle de la jeune albinos. Elle avait peur, ce qui me donnait libre accès à son esprit, ses pensées, ses doutes… Cependant, je ne voulais pas de ça, je ne souhaitai pas m’introduire de la sorte dans sa tête, mais rien n’y faisait, je n’arrivais pas encore à couper cette connexion lorsque je l’établissais avec quelqu’un…
J’entendais donc tous, j’apprenais qu’il s’agissait de crise qu’elle avait de temps à autre depuis sa mort, que celle-ci était plus forte que les autres et qu’elle n’y survivrait peut-être pas. C’est par la même occasion que j’en appris plus sur les circonstances de sa mort, elle aussi provoquée par ce même poison qui la rongeait en ce moment. Il y avait d’autres pensées orientées sur son livre, elle s’inquiétait de la personne qui le récupérerait. J’étais encore une fois submergée de pensées, incapable de contrôler totalement l’afflux de pensées, je pensais y être parvenue depuis la dernière fois, mais visiblement ce n’était pas le cas en ce moment. Mes émotions devaient sûrement influencer ce pouvoir, c’était peut-être la raison pour laquelle je n’entendais rien jusqu’à présent, seulement, pour le moment, au lieu de tout arrêter, cela le rendait incontrôlable…
Les mêmes pensées repassaient encore et encore en boucle dans ma tête, ce ne devait sans doute pas être le cas dans celle de la jeune fille, mais en ce qui me concernait, la scène de sa mort et de ses crises repassait encore et encore. En théorie, je me serai mise à jubiler devant un tel spectacle, voir la mort de n’importe qui m’aurait amusée autant que Lilith, mais son cas était différent, je ne voulais pas la voir souffrir. Mais rien n’y faisait, plus la tristesse et la peur de voir ses souvenirs recommencer m’envahissaient et plus je perdais le contrôle de moi-même. Je l’entendis à peine me dire que je ne trouverais rien, que c’était incurable et que ça allait passer, je savais tout ça, elle me l’avait déjà dit, un grand nombre de fois, sans même le savoir.
Des larmes commençaient de nouveau à couler le long de mes joues, mon esprit en arrivait à sa limite, je n’en pouvais plus. Je m’éloignai d’elle, reculant avec mes pieds, glissant sur le sol, dans l’espoir, bien que vain, qu’en m’éloignant mon pouvoir se calmerait, mais la distance n’était pas assez grande. Les quelques mètres qui nous séparaient ne suffisaient pas à faire disparaître cette connexion entre nous et mon esprit s’était totalement égaré, perdu dans ses souvenirs de douleurs et de peines. Et alors que je touchais déjà le fond, désormais recroquevillée sur moi-même dans un coin du toit, marmonnant des supplications pour que tout ceci s’arrête, un autre souvenir vint se mêler à ceux d’Arsen, le plus douloureux de mon vivant, celui du suicide de ma sœur.
Je ne pus retenir un cri d’effroi comme je n’en avais jamais crié, la peur et le désespoir m’avaient totalement envahie. J’étais assise en position fœtale, tremblante de toute part, pleurant toutes les larmes de mon corps, ne voyant que mort de tristesse dans mon esprit.
« - Aidez-moi… je vous en supplie… »
Je n’avais aucune idée qui était les personnes que j’appelais à l’aide, je n’avais pas la force d’y penser. Il n’y avait personne pour m’aider sur ce toit, la seule qui aurait pu n’était même pas en mesure de s’aider elle-même, alors m’aider moi, qui m’était éloignée d’elle sans même un mot en affichant seulement une mine effrayée. Mais j’oubliais quelque chose de terriblement important, il n’y avait peut-être aucune personne pour me venir en aide, mais je n’étais pas seule pour autant et j’allais bien vite m’en souvenir.
Un coup sur le sol, rappelant celui d’un bâton métallique, des chaines s’entrechoquant et un froid intense, me glaçant jusqu’à l’os, c’était là les indices me rappelant que j’avais oublié une part de moi, ces monstres qui résidaient dans mon esprit. Le souffle glacial de la mort qui émanait de lui était la caractéristique principale du plus sage et du plus calme d’entre tous, Kobal. Je n’avais pas relevé la tête pour le regarder, incapable de faire le moindre mouvement, c’était déjà impressionnant que je puisse parler. Je le sentais néanmoins s’approcher et s’arrêter à quelques centimètres de mon corps avant de s’adresser à moi de sa voix spectrale et sans émotion habituelle.
* - Tu me déçois à pleurnicher pour si peu… tu es devenue bien faible… *
Ma voix était faible, tremblante et je ne pouvais m’empêcher de bafouiller.
« - Sauve-moi… »
*- Regarde-toi… après tout tes efforts pour te contrôler, tu craques pour quelques souvenirs douloureux… *
« - Sauv… »
Je n’eus le temps de finir ma phrase qu’il tapa son bâton sur le sol, me faisant sursauter, avant de m’ordonner de relever la tête et de le regarder dans les yeux. Je n’obéis pas tout de suite, ne bougeant pas d’un pouce, ce n’est que lorsqu’il retapa le sol que je m’exécutais, plongeant mon regard cyan dans son regard bleu. J’avais l’impression de me perdre dans l’infinité vide bleutée de ses yeux, il n’y avait là aucune émotion et aucune fin, j’aurais aimé m’y perdre définitivement, fuyant le monde qui m’entourait, cela m’était malheureusement impossible.
* - Je me fiche de tes demandes ridicules ! Crois-tu réellement que je vais t’aider à affronter ces… ces démons du passé ? Certains appartiennent à ce déchet, cette créature misérable et pourtant, tu oses perdre contre eux ? Aurais-tu oublié qui tu es ? Tu n’es plus là qu’une faible gamine, t’inquiétant pour un insecte… J’ai pitié de ce que…
Alors qu’il parlait, la colère montait en moi, je me fichais du fait qu’il m’insulte ou me réprimande, j’en avais l’habitude. Je lui répétais encore et encore de se taire, je ne supportais de l’entendre dire du mal d’elle, je voulais qu’il cesse, qu’il s’excuse, qu’il disparaisse. Je sentis une nouvelle force grandir en moi, alimentée par cette rage qui grandissait à mesure qu’il parlait et lorsque je m’en sentis capable, je me redressais d’un bond, l’interrompant en lui lançant à voix haute d’une voix emplie de haine ce qu’il refusait d’entendre.
« - Ferme là ! Je t’interdis de dire du mal d’elle, elle vaut bien plus que vous tous réunit… Ose redire qu’elle est un déchet et je te ferais disparaître, compris ? Je n’aurais aucune pitié envers ceux qui diront du mal d’elle, même s’il s’agit de toi… » 
Un rire glacial, spectral, comme sorti d’outre-monde retentit alors dans mon esprit. Pourquoi riait-il alors que je le menaçais sans retenue ? Son rire, comme son corps disparaissait petit à petit de mon champ de vision et la dernière chose que j’entendis de lui me laissa sans voix.
* - Tellement prévisible… *
J’étais intriguée, ne comprenant pas, avait-il dit tout cela pour me pousser à bout ? Mais dans quel but ? En quoi me faire le détester pouvait-il m’aider à résoudre mes problèmes ? Ils étaient tous plus tordus les uns que les autres aujourd’hui, il était encore sous l’effet de la drogue ou juste particulièrement stupide ? Et, alors que je m’interrogeai, tout devint clair, j’étais réellement stupide…
« - Tu… je… merci… »
En effet, ma peur et ma tristesse n’étaient plus là ou tout du moins, elle n’avait plus autant d’importance que la haine que je lui vouais et la connexion entre elle et moi n’était plus. Il m’avait poussée à bout, très facilement je devais bien l’admettre, pour détourner mon attention, utiliser à mon avantage cette incapacité que j’avais à être maître de mes émotions en ce moment. En me poussant à le haïr et à me concentrer sur lui, il m’avait permis à mon esprit de s’échapper de celui de ma compagne et surtout de me donner la force de surmonter cette peur qui m’écrasait. Je ne pouvais combattre cette dernière, c’était la raison pour laquelle je la fuyais, mais ma colère, ma haine, j’avais appris à la contrôler, je savais la contenir et reprendre le dessus sur elle et c’est à ça qu’il m’avait amené.
Je n’aurais jamais du douté de lui, il avait toujours su ce qu’il fallait me dire pour m’aider, même s’il avait sa manière bien à lui de le faire, sans jamais montrer d’affection, ni même d’intérêt pour moi, Quel monstre… Cependant, j’avais retrouvé mon calme, pour le moment, et mon attention se reporta sur mon amie, qui était toujours souffrante. Je me ruai vers elle pour voir comment elle allait, si je pouvais l’aider, sans oublier un détail important.
« - Je t’expliquerai ce qu’il vient de se passer, mais plus tard. Ton corps arrivera à supporter cette crise, même si elle est beaucoup forte que les autres ? Et si je peux t’aider, de quelque manière que ce soit, dis-le-moi ! Je ne veux pas te voir souffrir. » 
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Re: Rencontre empoisonnée - Lun 20 Jan 2014 - 22:24
(malgré ma motivation j'ai mis pas mal de temps à écrire ce post donc en espérant qu'il te plaira, bonne lecture^^)

Arsen se tenait toujours le ventre, secouée de violents spasmes. Une convulsion plus douloureuse que les autres la fit rouler sur le coté, se retrouvant la joue contre le béton froid du sol sans avoir la force de se relever. Dans un mouvement très lent elle parvint à se mettre en position fœtale, diminuant un peu la douleur et évitant surtout que sa tête ne cogne trop contre le sol à force de tremblements. Mais plus que la souffrance, c'est la peur qui la rongeait et beaucoup de question se pressaient sous son crâne. Pourquoi cette crise ne passait-elle pas? Allait-elle vraiment mourir? Elle en avait bavé dans sa vie alors pourquoi Deus ne la laissait-il pas vivre sa mort en paix? L'albinos n'avait plus vu son amie la Grande Faucheuse danser ainsi autour d'elle dans ses jupons d'obscurité depuis un certain temps à présent. En temps normal elle aurait été enchantée de la voir, elle aurait même danser une valse avec elle avant de s'en aller mais pas aujourd'hui. Elle n'avait pas choisi de mourir, elle ne voulait pas. Qui s'occuperait de son livre une fois sa vie achevée? Il ne fallait pas qu'il tombe entre de mauvaises mains mais là n'était pas vraiment la question, c'était tout ce qu'il resterait d'elle une fois son dernier souffle rendu. Elle n'existait nul part et pour personne, nul ne saurait qu'elle avait vécue si ce n'est à travers ce livre. Pourtant un autre regret l'empêchait de garder son calme. Elle venait juste de rencontrer Yoko. C'était la seule personne qui l'ai prise dans ses bras, l'embrassant sans dégout et sans peur, sans la juger, l'acceptant telle qu'elle était. Elle ne pouvait pas mourir maintenant, elle voulait apprendre à la connaitre, la découvrir, passer ces moments qui n'existaient pas encore mais qui ne seraient jamais si Deus décidait de lui ôter la vie en cet instant. ça faisait beaucoup de peur, d'inquiétude et de regrets dans un si petit corps...
La jeune femme aux cheveux d'argent se mit à pâlir, le regard perdu dans le vide et une expression de terreur inscrite sur le visage. Bientôt elle poussa un hurlement à fendre l'âme en s'éloignant de l'empoisonneuse aussi loin que la configuration des lieux le lui permettait. Arsen la regarda la fuir avec une panique grandissante, que se passait-il? Elle commençait à avoir peur d'elle, là comme ça, subitement? L'apprentie déesse voulu l'appeler mais ses paroles se noyèrent dans sa gorge douloureuse et ne réussit qu'à grincer sinistrement des dents. Elle continua à la fixer, la suppliant du regard de revenir, de ne pas la laisser seule alors qu'elle se mourait, qu'elle honore sa promesse... Sa compagne s'était réfugiée dans un coin, elle aussi en position fœtale, les mains se tenant la tête en tremblant, suppliant on ne sait qui sans avoir l'air de le savoir elle-même. Arsen se maudit, elle et son corps secoué de tremblements, la douleur qui l'emprisonnait et son impuissance.
L'albinos émit un petit soupire saccadé, les larmes glissant à nouveau sur ses joues en silence. Elle était désespérément seule. Seule pour mourir cette fois-ci et bien plus seule qu'elle ne l'avait jamais été. Comment avait-elle pu se laisser bercer par ces tendres illusions que la venue de Yoko lui avait servie? Elle avait toujours été seule et le serait toujours, elle avait été stupide de croire que cela aurait pu être autrement. La jeune fille ferma doucement les yeux, se laissant aller à la douleur, sans se crisper, sans chercher à lutter plus longtemps.
Des images s'imposèrent lentement à son esprit, des odeurs et des bruits qu'elle avait l'impression de connaître depuis très longtemps comme sortis d'un souvenir d'enfance. Elle était dans une grande bâtisse, marchant pieds nus sur un vieux parquet. Il faisait tiède comme sous les toits après une journée de soleil. En tendant l'oreille elle distinguait des rires d'hommes et des gloussements joyeux de femmes, des pas allant et venant dans cette fourmilière en pleine effervescence aux premières heures de la nuit. Arsen voulu en voir plus et sauta pour attraper la poignée la porte et l'ouvrir. Décidément cette porte était bien immense. Elle se précipita dans un couloir aux portes encadrées de lourds rideaux de velours pourpres en marchant d'un pas feutré, comme si se faire prendre signait la fin de son périple. Mais elle voulait en savoir toujours plus, attirée par l'agitation. Elle s'arrêta un instant devant un grand miroir en pied bordé d'or et y vit une petite fille, de quatre ou cinq ans dans une jolie petite robe blanche. Elle tourna sur elle-même et le reflet fit de même, faisant voler sa robe et ses longs cheveux d'argents avant de replonger ses grands yeux innocents dans les siens. était-ce un rêve? C'était-elle réellement promenée dans ces lieux pendant son enfance? L'enfant s'arrêta devant une porte en entendant les cris d'une femme.

« - Ferme là ! Je t’interdis de dire du mal d’elle, elle vaut bien plus que vous tous réunit… Ose redire qu’elle est un déchet et je te ferais disparaître, compris ? Je n’aurais aucune pitié envers ceux qui diront du mal d’elle, même s’il s’agit de toi… »

Comme tous les enfants, elle n'aimait pas que l'on cri mais elle ne pu s'empêcher que la demoiselle dont parlait la hurleuse devait être bien chanceuse d'avoir une femme  d'une telle trempe pour la protéger de tous les dangers. La voix lui disait vaguement quelque chose mais la petite fille ne s'attarda pas de peur qu'on la surprenne. Elle continua donc à trottiner dans les couloirs, humant les eaux de Cologne musquées des hommes et les délicats parfum des poudres des femmes. Elle était d'une humeur resplendissante et se mit à chantonner la petite comptine qu'on lui avait apprise

"Ring around the rosie
Pocket full of Posies
Ashes Ashes
We all fall down..."
Quand on l'a saisi par les dessous de bras et la souleva de terre. Une grande femme à la chevelure ardente la prit dans ses bras en fronçant les sourcils. Une sensation emplit Arsen tandis qu'elle se blottit contre elle, jouant avec le collier de perles de la dame de ses petits doigts blancs.

" - Je te l'ai déjà dis milles fois ma chérie, tu ne dois pas sortir de la chambre quand je ne suis pas là sinon je vais me faire gronder. Tu as compris?"


" - Oui maman, je ne le ferais plus... dit la gamine en baissant le regard avec une petite moue penaude."


La grande femme était belle, une peau de porcelaine à peine recouverte d'un voile jaune impérial et d'élégant bas bleus, elle marchait dans les couloirs sa petite albinos dans les bras en chantonnant en cœur avec elle.

"...Ring around the rosie
What do you suppose we
Can do to fight the darkness
In which we drown?"
Arsen ouvrit timidement les yeux pour rencontrer droit devant elle le regard cyan de sa compagne. Elle était donc toujours là? Que s'était-il passé? Elle avait rêvé ou bien s'agissait-il d'un vieux souvenir enfouit jusqu'alors au fond de sa mémoire?
"...les autres ? Et si je peux t’aider, de quelque manière que ce soit, dis-le-moi ! Je ne veux pas te voir souffrir. »
Un sourire hésitant étirèrent les lèvres pâles de l'albinos, Yoko avait l'air d'aller mieux, totalement maîtresse d'elle-même et ça la rassurait. Elle s'était sentit tellement impuissante tout à l'heure, à la voir partir sans pouvoir la retenir, prisonnière de son propre corps. Elle aussi avait reprit un peu du poil de la bête. Sa respiration était plus plus régulière et ses spasmes avaient presque cessés. Elle tenta de parler pour la rassurer, lui dire que ça allait aller maintenant, que la crise était passée mais aucun son ne sortit de sa bouche. Son corps avait beaucoup souffert et il réclamait le repos qui lui était du. Arsen plongea une dernière fois son regard vermeil dans celui de la jeune femme d'un air de dire "reste avec moi.." avant de fermer les yeux et de sombrer dans un sommeil sans rêves.
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Re: Rencontre empoisonnée - Mar 21 Jan 2014 - 1:36
La suite ICI.
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Re: Rencontre empoisonnée - Mer 29 Jan 2014 - 16:18
Un très joli rp, pleins d'émotions et de rebondissements. Deux personnages bien différents qui se trouvent, c'est vraiment sympathique. C'est long, oui, mais ça se lit très bien. Je vous dit bravo à toutes les deux.
Yoko, évite les posts juste pour dire 'suite ici'. Insère le lien de ce rp dans le nouveau plutôt, en le lançant.^^

Arsen : 1450 xps
Yoko : 1390 xps

Xps attribués : Yep
Rencontre empoisonnée
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