Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Rencontre empoisonnée

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Re: Rencontre empoisonnée - Lun 13 Jan 2014 - 14:04
Schizophrène ? Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus entendu ce mot pour me désigner, depuis que ma comédie pour faire croire au psy que j’avais mieux avait marché pour être précise. C’est en effet un mot qui était approprié pour me décrire, avec ces multiples personnalités dans la tête, il était dur de dire que je ne l’étais pas, même si c’était dur pour une personne ne le sachant pas de pouvoir l’affirmer. Je ne le cachais pas parce que je considérais cela comme une faiblesse ou une maladie, non, c’était juste un détail de ma vie qui ne regardait que ceux à qui j’avais envie d’en parler, c’est-à-dire, presque personne, sauf à elle, où j’allais malgré moi finir par lui en parler.
Je pouvais me considérer chanceuse, comme le laissait suggérer ma première impression, elle n’était pas du genre très bavarde et ne comptait pas raconter ce qu’il venait de se passer. S’il n’en avait pas été ainsi, j’aurais sans aucun doute eu recours à une force de persuasion plus… douloureuse, une fois la vrai moi revenue.
C’est à ma grande surprise qu’elle prit ensuite la parole, se désignant responsable de mon empoisonnement, ajoutant par la même occasion quelques détails personnels qui l’avaient poussée à utiliser de l’opium pour s’endormir, pour échapper à ses cauchemars, avant de s’arrêter subitement, surement venait-elle de se rendre compte qu’elle en disait trop. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’elle me donne d’autres informations sur elle que son nom, mais il en fut autrement, était-ce dû à la drogue qu’elle avait ingérée, peut-être cela lui faisait-il un peu d’effet finalement.
« - Je te comprends, nous avons tous nos problèmes, nos faiblesses et, comme cette larme solitaire qui a coulé sur ma joue, tout ceci ne quittera pas ce toit, je n’ai personne à qui le raconter de toute façon. » 
À part ma sœur, je ne connaissais pratiquement personne dans ce monde et je n’étais pas prête d’aller raconter quoi que ce soit de personnel me concernant, ou concernant quelqu’un d’autre, à l’un d’entre eux. Ce n’était de toute manière pas mon genre de révéler ainsi les secrets des autres, même si ça aurait pu se révéler amusant par moment. Il allait être temps de révéler certaines informations me concernant, la vrai moi n’aurait sans aucun doute jamais fait cela, mais je n’étais plus moi-même et actuellement, cela n’avait aucune importance.
« - Pour répondre à ta question, oui on peut dire que je le suis. J’ai, dans ma tête, pas moins de quatre amis imaginaires, chacun étant le reflet d’une part de ma personnalité poussée un peu à l’extrême. Aussi loin que je me souvienne, l’un d’entre eux a toujours été là depuis ma plus tendre enfance, me rendant différente des autres. Ces amis dans ma tête, ne va pas te les imaginer normal ou tout mignon… non, il s’agit de monstre plus effrayant les uns que les autres, enfin pour les autres, plus pour moi. Pour te faire une idée, depuis que je suis jeune, je vois une démone de deux mètres aux ailes de dragons m’accompagner partout, faisant preuve d’une violence inouïe par moment. J’ai déjà vu un grand nombre de scènes d’horreurs violentes dans ma vie, bien qu’aucune ne soit réelle pour les autres, elles le sont pour moi… Les trois autres ne sont surtout que des voix dans ma tête, mais aucun d’entre eux n’a jamais essayé de prendre le dessus à part aujourd’hui. » 
Je marquai une courte pause, je ne m’étais jamais étendue aussi longtemps et de manière si précise sur ce sujet, était-ce la drogue ou simplement parce qu’elle s’était ouvert un peu et que du coup, je me suis un peu lâchée… Peut-être aussi qu’inconsciemment j’avais envie d’en parler à quelqu’un ? Allez savoir, je ne m’étais jamais posé cette question, cette foutue drogue me faisait m’interroger sur des sujets que je ne devrais pas…
« - Je te passerais les détails de l’apparence des autres, je doute que tu sois effrayée de leur forme, mais je passerais sans aucun doute pour une véritable folle si j’en parlais, car après tout, c’est mon inconscient qui les a imaginés ainsi… » 
Après un si long monologue, je m’étirai de tout mon long, du  moins, autant qu’il était possible de le faire en étant assise avant de porter mon regard sur la jeune fille.
« - Je peux parler beaucoup quand je veux… heureusement ça n’arrive pas souvent. Si t’as envie de parler n’hésite pas, je suis une vraie tombe, je ne répète jamais rien. » 
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Re: Rencontre empoisonnée - Lun 13 Jan 2014 - 23:58
Alors elle était bel et bien schizophrène. Ce que ça changeait pour la jeune fille aux yeux vermeilles? Strictement rien; même si cela expliquait certaines choses. Arsen était ce qu'on appelait saine d'esprit pourtant elle n'en était pas moins mal. Malgré la proposition de la surveillante, quoi que formulée très gentiment, elle n'avait pas la moindre envie de se confier à qui que ce soit et secoua la tête. L'albinos ouvrit le couvercle de la théière pour vérifier l'infusion et tomba nez à nez avec deux grands yeux ardents. Elle aurait du s'y attendre, son propre reflet de devrait pas l'effrayer pourtant chaque fois qu'elle se croisait dans un miroir elle se rappelait tout ce qu'elle était. Elle se souvenait des rumeurs qui courait sur elle:

"-La mort d'Ilda, je suis certaine que c'est encore ce démon blanc qui court. pourquoi la police ne fait rien. -ça ne servirait à rien, il parait qu'il est immortel, restant pour l'éternité sous les traits d'un petit garçon tout blanc avec de grandes ailes noires de chauve-souris. -Et puis ses yeux rouges tu sais on m'a dit que lorsque tu le croisait c'était la dernière chose que tu voyais avant de mourir dans d'atroce souffrances."

Et ce n'était pas les seules... Monsieur lui avait toujours dis que ce n'était pas elle qui tuait les gens, qu'elle ne faisait que leur apporter ce qu'ils désiraient. Dans le cas de cette chère Mrs Ilda, c'était une belle fille avide d'héritage qui l'avait tuée. Si la plupart de ces bavardages étaient erronés, elle resterai bel et bien un petit garçon pour l'éternité. Ce thé qu'elle affectionnait temps y avait largement contribué, enfin plutôt ce qu'on mettait dedans et Arsen arrêta de grandir. C'était plus pratique qu'elle soit un petit garçon dans sa situation lui avait dit Monsieur et elle n'avait pas eut le choix, elle avait dû s'y plier. Après sa mort, l'empoisonneuse avait arrêter son traitement mais sa croissance avait reprit que trop lentement. Elle n'était qu'une albinos maigrelette, une jeune fille de dix neuf ou vingt ans dans le corps qui en paraissait cinq de moins. Arsen sentait sa tête lui tourner. Depuis qu'elle avait rencontré Perle, elle s'était dis que ça aurait pu être différent, que peut-être elle aurait pu lui ressembler, peu-être même qu'elle aurait pu devenir une femme elle aussi...

Ses yeux aux reflets infernaux s'embuèrent et ses mains déjà crispées sur le bouchon de la théière appuyèrent de toutes leurs forces sur la porcelaine déjà fragilisé jusqu'à ce que le couvercle lui éclate entre les mains. Le bruit des morceaux blancs frappant le sol la ramena à la réalité. Elle regarda successivement les fragments, ses mains écorchées dont le sang commençait à perler, sa voisine et à nouveau ses mains. La jeune fille se souvint soudain de sa réaction lorsque que sa compagne avait vu le sang perler sur son menton blanc et bondit en arrière. Elle cacha ses mais derrière son dos et farfouilla dans son sac en se positionnant de manière à ce qu'elle ne voit pas ses mains. Rien, pas de bandages, pas de mouchoir. Elle réfléchit un instant et partit à l'autre extrémité du toit, hors de sa vue, si tant est que ce soit possible. L'albinos ôta son manteau et son gros pull mité avant de déboutonner son gilet d'homme et de le poser précautionneusement au sol pour ne pas risquer d'abimer sa montre à gousset déjà bien cabossée. Elle enleva aussi sa chemise blanche, qu'elle mit de coté avant de réenfiler ses autres vêtements. Le court intervalle où le haut de son corps était exposé aux vents, dévoila une bande entourant sa maigre poitrine et, pour qui serait observateur, une myriade de petites cicatrices circulaires sur son flan, comme si des dizaines de petites étoiles s'étaient incrustées dans sa peau. Une fois rhabillée, Arsen enroula soigneusement la chemise sur sa main sanguinolente et retourna près de ses affaires sans un mot.

Le thé était prêt. Elle sortit une petite passoire de son sac et avec plus ou moins d'habilité dû à sa main enchemisée, servit le liquide brulant dans sa petite tasse ébréchée et la tendit à Mlle Nishimura.

"- Tenez, ça fera passer un peu l'opium. Et au cas où vous en douteriez il n'y a rien d'empoisonné dedans."


Elle se servit du thé dans une fiole vide traînant dans sa besace et la sirota, pensive.

" - Vous savez, l'opium, la drogue en général, ne vous transforme pas. Elle ne fait qu'exacerber une partie de vous même. Parfois cette partie vous était restée jusque là inconnue ou bien vous vous étiez juste gardée de la montrer.."

Arsen resserra les pans de son manteau contre elle en frissonnant. Était-ce à cause du froid ou bien les fantômes de ses cauchemars qui rodait autour d'elle, lui glaçant le sang?
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Re: Rencontre empoisonnée - Mar 14 Jan 2014 - 14:06
* - Tu es bien bavarde aujourd’hui on dirait… Elle n’est peut-être pas comme les autres, mais tu pourrais regretter de t’ouvrir trop. 
Voilà le retour d’une voix des plus familières, Lilith, ma compagne de toujours, refaisait son apparition, ce devait être le signe que je redevenais moi-même petit à petit. Malgré tout, elle semblait un peu différente, comme affaiblie, l’opium faisait aussi effet sur elle puisqu’elle, en plus de sa disparition depuis mon empoisonnement. Dans un sens, elle était restée plus calme que les autres, ne faisant que se plaindre de la sensation bizarre que lui provoquait cette drogue, la rendant un peu plus gentille et agréable, ce qu’elle n’aimait point. Les effets s’amenuisant, elle était de nouveau là, assise, pour une fois, contre la grille du toit, face à Arsen et moi, faisant bouger ses doigts comme s’ils étaient engourdis ou qu’elle les sentait de nouveau, étrange venant d’elle.
Cela dit, elle n’avait pas tort, il pouvait s’avérer dangereux de trop en dire à une parfaite inconnue, aussi étrange puisse-t-elle être. Mais une partie de moi, ignorée la plupart du temps, sentait qu’elle était très différente des personnes que j’ai côtoyées durant ma vie, pourquoi, je n’aurais su le dire, mais cette sensation était là. Ajouter à ceci que j’avais l’impression qu’elle avait quelque chose de plus que les autres, une chose que j’ai pu voir grandir en Yuko, la solitude et la peur d’elle-même, peut-être que je me trompais et que je ne faisais que me faire des idées, après tout, je n’étais plus très douée pour comprendre les gens depuis des années.
Mon regard quitta mon amie démone pour revenir sur la jeune fille, qui elle, fixait sa théière pour finir par en briser le bouchon en morceaux, les envoyant voler sur le sol, ensanglantant sa main par la même occasion. C’est sans surprise qu’elle réagit d’une manière excessive à cette effusion de sang, s’éloignant rapidement de moi, de peur que je saute sur elle pour le lécher sans doute, je n’en ressentais cependant pas l’envie, n’ayant pas envie de m’empoisonner plus et n’étant plus vraiment moi-même. Alors que je voulais me lever pour lui bander la main, elle s’éloigna le plus possible de moi, je restai donc, face à l’évidence qu’elle ne me laissera pas l’approcher, immobile, l’observant de loin. Elle se déshabilla et je put apercevoir une bande entourant sa poitrine, pourquoi faire une telle chose quand on a si peu de poitrine ? Je l’observai ensuite se rhabiller, utilisant sa chemise blanche, qu’elle avait mise de côté, comme bandage improvisé, avant de revenir vers ses affaires et moi, sans un mot.
Elle fit comme si ce qu’il venait de se passer n’avait jamais eu lieu, se contentant de servir du thé et de m’en tendre une tasse, ajoutant qu’il n’était pas empoisonné et que cela ferait passer l’effet de l’opium. Elle ajouta, pensive en buvant son thé, que cette personnalité que j’affichais en ce moment n’était qu’une exacerbation d’une partie de moi-même. Je voulais lui donner tort, mais je ne pouvais pas réellement le faire, bien que je n’étais pas aussi gentille que ça à l’époque, il y avait toujours au fond de moi, scellé dans un coin, celle que j’affichais en ce moment. C’est dans un soupir que j’entrepris de reprendre la parole et de faire ce que j’avais envie de faire depuis qu’elle était revenue. Je sortis un mouchoir de ma poche et m’approchais d’elle en tendant ma main.
« - Montre-moi ta main, je ne vais pas te la lécher, je veux juste te bander ça avec ce mouchoir, tu ne vas pas garder une chemise enroulée autour de ta main tout de même… Et, si l’envie te prend de refuser, je peux te forcer, sans réel souci à obéir, je t’immobiliserai juste le temps de faire ce que j’ai à faire, d’accord ? » 
Je terminai cette phrase avec un sourire, non pas un sourire sadique ou froid, mais un sourire plutôt chaleureux, bien que je ne lui laissai guère le choix. /!\(voir plus bas) Elle me tendit donc sa main, non sans protester, j’entrepris donc d’enlever la chemise, en faisant bien attention de ne pas lui faire mal, observant sa main, vérifiant par la même occasion si des morceaux de porcelaine n’était pas resté plantés dedans, avant de finir par, machinalement lui bander la main avec mon mouchoir. J’étais très méticuleuse et faisait très attention dans chacun de mes actes, j’ai, d’une certaine manière pris l’habitude de faire ça durant ses dernières années, je savais donc ce que je faisais. Une fois ma tâche finie, je repliai la chemise avant de lui rendre, lui disant de la nettoyer avant de la remettre, je pus remarquer en faisant cela un frisson de sa part, avait-elle froid ? Sur cette interrogation, je me remis dans ma position initiale, dos au mur, regardant la jeune fille.
« - L’effet de cette drogue est le moins désagréable… Je connaissais l’existence de cette part de moi et je ne souhaitai pas la cacher… Je l’ai juste enfui très profondément en moi il y a fort longtemps, ce que tu as en face de toi n’est plus qu’un fantôme d’une personne que j’ai depuis longtemps cesser d’être… Je ne m’attendais par contre jamais à la voir réapparaître, mais ici tout est possible après tout… Et, encore une fois je parle de moi… Tu n’es pas très bavarde n’est-ce pas ? Je suis pourtant sûr que tu as plein de choses à raconter, je ne te forcerai cependant pas à les dire, chacun ses secrets, même si les miens s’exposent trop facilement aujourd’hui… » 
 
/!\ je pars du principe que tu finis par obéir, si tu veux que je change, dis-le et je ferais la modif ^^
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Re: Rencontre empoisonnée - Mar 14 Jan 2014 - 23:50
La jeune femme ne l'avait pas quitté des yeux depuis qu'elle s'était rassisse. Elle lui demanda sa main pour la bander et la menaça même au cas ou elle refuserai mais pas un seul instant il n'y eut de haine dans sa voix.  Bien au contraire, il y avait quelque chose de chaleureux, qui inspirait confiance dans le sourire qu'elle lui faisait. Et ça Arsen ne s'y attendait pas si bien qu'elle lui tendit sa main blessée sans discuter. Elle regarda la surveillante dérouler la chemise blanche et après avoir soigneusement vérifié qu'il ne restait pas de bouts de porcelaine dans ses plaies, banda sa main délicatement dans son mouchoir. Elle savait y faire et visiblement aussi aisément que l'albinos servait du thé. Qu'avait-elle pu traverser pour faire ça avec autant de facilité? Elle n'avait pas l'air d'avoir une formation médicale alors peut-être avait-elle la même sale tendance à casser les objets autour d'elle pour se soulager? ça ou bien pire...

Après lui avoir recommandé de laver sa chemise avant de la reporter et quelques autres conseils dans ce genre, elle se cala contre le mur en la regardant.

« - L’effet de cette drogue est le moins désagréable… Je connaissais l’existence de cette part de moi et je ne souhaitai pas la cacher… Je l’ai juste enfui très profondément en moi il y a fort longtemps, ce que tu as en face de toi n’est plus qu’un fantôme d’une personne que j’ai depuis longtemps cesser d’être… Je ne m’attendais par contre jamais à la voir réapparaître, mais ici tout est possible après tout… Et, encore une fois je parle de moi… Tu n’es pas très bavarde n’est-ce pas ? Je suis pourtant sûr que tu as plein de choses à raconter, je ne te forcerai cependant pas à les dire, chacun ses secrets, même si les miens s’exposent trop facilement aujourd’hui… »

Arsen n'avait pas de secret, non, son existence entière était un mystère. Elle n'avait pas le moindre souvenir des premières années de sa vie, pas seulement sa toute petite enfance, toutes les années précédant ses six ans. Le trou noir, le vide total, un vide qui semblait hanter toutes ses nuits depuis sa mort. L'empoisonneuse caressa du bout des doigts la cicatrice en forme de J sur son avant bras, le regard perdu dans le ciel noir.

" - Je n'existe pas. Nul part, dans aucun registre, je ne sais pas quand je suis née ni de qui. Monsieur m'a accueilli comme si j'étais son propre fils, il m'a élevé et je suis devenue ce que je suis maintenant. Vous voyez des monstres et moi j'en suis un. Enfin en quelque sorte. J'ai été l'instrument de la mort de beaucoup de personnes quand j'y repense alors vous êtes peut-être folle mais vous êtes une des seules personnes que je croise qui n'ai pas peur de moi.."


Elle avait dit ses mots en plongeant son regard infernal dans les flots bleu de celui de sa compagne. Mlle Nishimura ne sourcilla pas. Arsen ne s'était pas trompée, cette personne était vraiment particulière. Bizarrement, la jeune fille aux cheveux d'argent commençait à apprécier sa compagnie. Ne plus être totalement seule lui faisait du bien finalement Et puis voila qu'elle parlait à tort et à travers, elle ne pouvait plus s'arrêter. Avant, avec Perle, elles discutaient pendant des heures sur le toit de sa maison close. Enfin Perle parlait et Arsen l'écoutait, c'était leur manière de communiquer. La brune comprenait les silences de son amie aussi clairement que s'ils avaient été dotés de mots. Mais La surveillante était fondamentalement différente de Perle, elle la poussait à parler, avec des mots, et lui donnait presque envie de s'exprimer. Ou peut-être était-ce la drogue? L'albinos n'en savait rien, sa solitude prolongée était bien réelle et peut-être qu'un peu de compagnie lui ferait effectivement beaucoup de bien. Elle bu une petite gorgée de thé avant de reprendre.

" - Je suis douée avec les poisons, c'est la seule chose que je sache faire et ce pour quoi j'ai vécu... Et vous? que faisiez vous avant de mourir? "

Elle savait sa question indiscrète mais ne se ravisa pas.
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Re: Rencontre empoisonnée - Mer 15 Jan 2014 - 1:36
Enfin, la jeune femme se mit à parler un peu d’elle, caressant pour une raison inconnue son avant-bras, laissant son regard se perdre au loin. Elle me parla d’elle, d’un certain Monsieur et du fait qu’il ait élevée comme son fils… son fils ? Pourquoi l’élever comme un garçon alors qu’il s’agit d’une fille, je fronçai les sourcils d’incompréhension face à ce détail, je ne comprenais pas pourquoi faire une telle chose, mais il serait peut-être mal approprié de lui demander ça dans l’immédiat. Du peu qu’elle m’en dit, sa vie n’avait pas été très rose, elle était même bien pire que la mienne à première vue et de très loin. Lilith ajouta son petit commentaire, indiquant qu’elle aurait bien aimé voir la manière dont elle s’y prenait pour tuer ses victimes, avant d’ajouter qu’elle devait sûrement utiliser les poisons, comme s’il s’agissait d’une évidence.

Alors qu’elle me narrait son histoire, son regard s’était plongé dans le mien, une personne normale aurait sûrement réagi en entendant une histoire pareille, montrant de la tristesse pour elle, du dégout pour ce qu’elle avait pu faire ou être horrifiée de ce qu’était cette fille. Seulement, je n’étais pas une de ces personnes, je n’eus de réaction que lorsqu’elle annonça avoir été élevée comme un garçon, le reste ne provoqua aucune réaction visible. Bien que son histoire puisse paraître horrible, je n’étais pas le genre à m’en émouvoir ou à en être impressionnée, non, je me contentai de rester stoïque, admirant ses yeux de sang posé sur moi. J’avais la conviction qu’elle n’en avait pas finie et je me gardai donc de prendre la parole pour l’instant et j’eus raison, puisqu’elle reprit la parole après une gorgée de thé.

Elle n’avait donc qu’un seul talent, celui de concevoir et d’utiliser les poisons, un talent pas forcément utile dans la vie de tous les jours, mais qui peut s’avérer utile pour se débarrasser discrètement de quelqu’un de dérangeant, ce qu’elle semblait avoir fait à maintes reprises dans sa vie. À première vue, je ne semblais plus la déranger autant qu’à mon arrivée, puisqu’elle me questionna sur mon vivant, je ne faisais malheureusement rien de très passionnant. À l’exception de ma psyché, je n’étais pas si différente d’une personne lambda et c’était fort dommage.

« - He bien, juste avant de mourir, je provoquais une fusillade, abattant par la même occasion un policier… C’était la première fois que je tuais… mais je n’eus même pas le temps d’en profiter que je me fis abattre dans les instants qui suivirent. » 

Je regardai ma main droite, me remémorant ce moment où j’avais perdu tout contrôle face au corps sans vie de ma sœur et où j’avais tué de sang-froid.

« - Mais sinon, ma vie était banale et chiante, diplômée à contrecœur de l’université et travaillant dans une entreprise. La seule chose intéressante était les arts martiaux, qui me permettaient de me défouler de cette vie chiante et monotone. Tu ne sais peut-être faire que des poisons, mais je n’ai aucun talent particulier, hormis celui de me battre… Si j’avais été dans une société plus barbare et moins stricte, ces mains auraient sûrement fait couler beaucoup de sang, j’en suis plus que sûr… » 

Je finis ma tasse de thé et lui tendit, lui faisant comprendre, sans dire un mot, que j’en revoulais. Je savais faire preuve d’un tact à toute épreuve lorsque je m’y mettais.

« - Pour en revenir à toi, il est évident que je n’ai pas peur de toi, pour de simples raisons. La première et la plus évidente, c’est que je suis folle, la seconde, c’est que tu n’es qu’un outil et certainement pas un monstre, tu n’as pas décidé de tuer, tu n’as fait qu’être utilisée. Tu as beau avoir une apparence particulière, ce n’est pas ça qui te rend effrayante, du moins pas pour moi, d’autant que j’adore la couleur de tes yeux, ils n’ont rien de terrifiant… » 

Je marquai une petite pause, le temps d’une pensée qui dessina un sourire sur mon visage, il n’était pas chaleureux comme le précédent, ce n’était que l’expression d’une pensée amusante à mes yeux. (je ne suis pas convaincu par cette phrase mais passons)

« - Je suis sûr que tu es plus humaine que moi, au vu de ce que je peux avoir en tête, on pourrait plus facilement dire que je suis un monstre. Mais ne va pas t’imaginer que je cherche à te réconforter, je ne fais qu’énoncer des faits… Si je me trompe, éclaire ma lanterne et raconte-moi les choses horribles qui font de toi le monstre que tu prétends être. »
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Re: Rencontre empoisonnée - Mer 15 Jan 2014 - 15:41
Comme Arsen s'y attendait, la surveillante ne réagit pas. Tant mieux. L'empoisonneuse ne voulait pas susciter de la compassion, de la pitié ou encore de la peur, elle avait juste envie de parler, simplement.  En revanche elle tiqua lorsqu'elle parla d'elle au masculin, normal vous me direz, puisqu'elle avait devant elle une jeune fille, certes avec des habits androgynes et plutôt maigrichonne mais une fille quand même. Il faudrait qu'elle lui explique pourquoi si elle voulait qu'elle comprenne, mais peut-être que le fait d'être comprise n'avait pas la moindre importance pour la jeune fille au regard ardent.

Mlle Nishimura se mit alors à parler d'elle. L'albinos avait vu juste, sa compagne avait du sang sur les mains. Elle parlait de "profiter", elle aimait donc tant le goût du sang? La jeune femme était morte par balle ce qui manquait un peu de charme au yeux de l'empoisonneuse, elle préférait largement son élixir de mort au tromblon, car pour elle il ne pouvait s'agir que de ça lorsque l'on parlait de fusillade. Elle regardait sa main droite en parlant, il ne fallu pas longtemps à Arsen pour en déduire qu'elle se remémorait son crime. Elle savait se battre et son corps était certainement sa meilleure arme, elle disait n'avoir aucun talent mais elle était sure du contraire, suffisait de voir l'habilité avec laquelle elle faisait les bandages.

Elle la regardait fixement, observait la moindre de ses expression tandis ce qu'elle parlait. A bien y regarder, elle était plus jeune qu'elle n'y paraissait, elle avait probablement une vingtaine d'années, tout comme la demoiselle. Son visage était harmonieux et agréable mais ses yeux surpassait tout ce qu'elle avait pu voir, ce bleu était... saisissant. Tient, voila qu'elle tendait sa tasse pour ravoir du thé. Une lueur d'amusement passa dans le regard de la jeune fille aux cheveux d'argent, Sa compagne avait la mêle manière de tendre nonchalamment sa tasse pour qu'on la resserve que son maître. C'est en souvenir du bon vieux temps qu'elle resservit du thé sans broncher devant cet ordre implicite.

« - Pour en revenir à toi, il est évident que je n’ai pas peur de toi, pour de simples raisons. La première et la plus évidente, c’est que je suis folle, la seconde, c’est que tu n’es qu’un outil et certainement pas un monstre, tu n’as pas décidé de tuer, tu n’as fait qu’être utilisée. Tu as beau avoir une apparence particulière, ce n’est pas ça qui te rend effrayante, du moins pas pour moi, d’autant que j’adore la couleur de tes yeux, ils n’ont rien de terrifiant… »

La demoiselle au regard d'azur aimait donc vraiment la couleur de ses yeux? C'était la deuxième fois qu'elle le lui répétait alors même si Arsen avait du mal à en comprendre la raison, elle n'avait d'autre choix que de la croire. Par contre elle avait tort sur un point.

" - Ne vous méprenez pas, je n'ai pas fais qu'obéir, j'ai d'abord tué parce qu'on me l'a demandé mais pas seulement. J'y ai pris du plaisir également."

La jeune fille se resservit du thé, une sorte de rictus étirant ses fines lèvres pales. Son expression était tout sauf naturelle, crispée, son regard devenu glacial plongea dans celui de Mlle Nishimura comme si elle pouvait voir à l'intérieur de son âme.

"- Ce qui est facile à dire ne correspond pas forcement à la vérité, néanmoins il semblerait que nous soyons aussi monstrueuses l'une que l'autre. Certain dirait que mes cauchemars sont l'expression de ma culpabilité, vu le sang (si je puis dire) que j'ai sur les mains mais non. Faut croire que j'ai été épargnée par ce qu'on appelle morale. Il n'y a qu'une seule mort que je puisses regretter. "


Arsen tourna la tête, portant à nouveau son regard sur le ciel. Décidément, elle commençait à vraiment l'apprécier.
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Re: Rencontre empoisonnée - Mer 15 Jan 2014 - 18:42
Pour une raison qui m’échappait, elle parut amusée lorsque je lui tendis ma tasse pour être resservie, c’est du moins l’impression que me donnait son regard. Je ne comprenais pas ce qui pouvait l’amuser, peut-être était-ce lié à son passé et à une personne qu’elle connaissait, allez savoir. Elle me corrigea sur un point que j’avais mal interprété, n’ayant pas connaissance de tous les détails, elle n’était pas qu’un simple outil que l’on manipulait, elle avait tué de son propre chef, y prenant même du plaisir. Ceci changeait ma vision de la jeune fille, elle s’était donc sali les mains volontairement, tout comme moi, la rendant plus intéressante à mes yeux qu’auparavant.
Lilith qui retrouvait un peu sa forme se leva et s’approcha de la jeune femme, soulevant son menton de ses doigts pointus, approchant son visage du sien.
* - On pourrait peut-être s’amuser avec elle, voir même peut-être qu’on pourrait s’entendre, j’ai déjà envie de m’amuser avec elle… Elle a l’air si fragile… je pourrais la briser si facilement… Mais pas pour le moment… tu as vu son visage et son regard ? Ce regard froid qu’elle a ce moment me fait frissonner. 
Elle tourna sa tête vers moi et je pus aussi le voir, ce regard de sang glacial donnant l’impression de lire au plus profond de toi me fit frissonner de plaisir. Ce rictus sur ses lèves me laissait dans le doute quant au faite qu’elle aime ou pas ce qu’elle était devenue, même si peu de personnes aimeraient être considéré comme un monstre par ses paires et soi-même. Il n’y avait que les fous comme moi pour ne pas s’en soucier, voire d’apprécier être appelé ainsi, une chose difficile à comprendre pour ceux pouvant se vanter d’être sain d’esprit. Je continuai de l’écouter, la laissant plonger son regard glacial dans le mien, qui ne laissait transparaître que l’indifférence, le regard que j’arborais la plupart du temps.
Nous étions pareils sur bien des points semble-t-il, elle n’éprouvait aucun remord pour ses crimes, tout comme moi, nous avions un petit quelque chose dans le regard qui trahissait un certain sentiment de solitude et sûrement d’autres choses encore que je ne connaissais pas, ou pas encore. Cependant elle était hantée par des cauchemars, s’ils n’étaient pas dus à des remords de son passé d’où pouvait-il venir et qu’elle était cette mort qu’elle regrettait ?
Ces pensées me firent me figer quelques instants, mon regard dans le vide, en réalité posé sur Lilith, mais il lui était impossible de le savoir. La démone se redressait de tout son long comme pour me rappeler son imposante stature, un sourire amusé sur le visage, elle savait ce que je pensais aussi bien que moi. Son regard oscillait entre l’albinos et moi, toujours souriantes.
* - Vraiment ? Pour une fille comme elle ? *
* - Ce n’est pas une chose qui se commande... Je ne pensais pas que ça m’arriverait de nouveau, mais il faut croire que si. *
La démone s’approcha de moi, pliant les genoux pour se mettre plus ou moins à mon niveau. Attrapant par la même occasion ma tête me forçant à centrer mon attention sur elle et transformant mon regard en un regard froid et meurtrier.
* - Garde ce regard pour qui en a peur, sinon je t’arracherai ses yeux que tu aimes tant… Tu t’exposes à la faiblesse si tu vas dans ce sens-là… Tu veux faire machine arrière maintenant et revivre tout ça ? Comme si j’allais te le permettre. *
* - Ne crois pas me faire peur avec tes menaces, ni que tu as ton mot à dire sur mes choix… Tu me crois réellement assez stupide pour faire une chose pareille ? C’est juste qu’elle est la première que j’ai envie de connaître un peu plus… Tu vas me reprocher de vouloir retrouver de l’intérêt pour les autres ? Je ne compte changer pour personne, mais… *
* - Mais… ? *
* - Cette solitude est pesante, vas-tu m’empêcher de vouloir chercher quelqu’un qui pourrait me comprendre ? Oserais-tu te rebeller contre moi maintenant ? *
* - Fait comme tu veux… *
Cette dernière phrase fut prononcée avec une certaine lassitude, alors qu’elle disparaissait de ma vue comme s’il n’avait s’agit que d’un mirage, me ramenant à la réalité, à ce toit et à l’albinos, toujours assise non loin. Je brisais le silence qui s’était installée, d’un ton neutre, le regard à nouveau tourner vers elle.
« - On ne fait pas de cauchemars si régulièrement si l’on n’est pas effrayés par quelque chose, quelqu’un ou que l’on n’a rien à se reprocher. Aurais-tu peur de ce que tu es devenue ? Du monstre qui sommeille en toi ? Où est-ce cet être cher que tu as tué qui te hante encore aujourd’hui ? » 
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Re: Rencontre empoisonnée - Mer 15 Jan 2014 - 22:27
De l'indifférence. Voila ce qu'elle trouva au fond du regard, cette même indifférence qu'il y avait au fond du sien en temps normal. Un vrai masque de dédain qui recouvrait toute autres pensées pour que personne ne puisses les voir.

Elle contemplait la jeune femme pendant qu'elle regardait dans le vide, probablement très occupée à discuter, ou plutôt à se disputer, avec l'un de ses amis imaginaires. Ce devait être Lilith, la fameuse démone qui était toujours avec elle si elle avait bien tout suivit. Et elles parlaient visiblement d'un sujet qui fâche car Mlle Nishimura semblait contrariée malgré le fait qu'elle essayait de le cacher.  Arsen, intriguée, observait alternativement  la surveillante et le vide qu'elle fixait, tentant de distinguer l'endroit exact ou elle voyait son amie démoniaque.

Arsen se sentait étrange tout à coup. Elle sentait de drôle de petits picotements dans son ventre et, lorsque le jeune femme aux cheveux d'argent tourna son regard vers elle, elle sentit une soudaine chaleur lui monter au visage. C'était la première fois qu'elle ressentait ça, l'albinos pouvait donc d’ors et déjà éliminer tous le poisons et maladies qu'elle avait déjà pris ou eut. Étrange, vraiment étrange... Elle attrapa l'énorme pavé qui l'accompagnait partout et commença à le feuilleter à la recherche d'une quelconque information.

« - On ne fait pas de cauchemars si régulièrement si l’on n’est pas effrayés par quelque chose, quelqu’un ou que l’on n’a rien à se reprocher. Aurais-tu peur de ce que tu es devenue ? Du monstre qui sommeille en toi ? Où est-ce cet être cher que tu as tué qui te hante encore aujourd’hui ? »

Arsen tourna la tête vers sa compagne. Un léger sourire étirait ses lèvres pales tandis qu'elle reposait son crâne contre le béton du mur.

" - Je n'ai jamais dit que je n'avais pas peur. De ce que je suis devenue? J'ai toujours été comme ça vous savez, depuis plusieurs années. Et mon arrivée m'a seulement fait découvrir des choses que je ne connaissais pas je ne pense pas ce ça m'ait réellement changée. Pour ce qui est de cette personne..."

L'empoisonneuse laissa son ébauche de sourire mourir sur ses lèvres, une ombre presque indiscernable voilant un instant son regard.

" -Il s'agit de celui qui m'a tout apprit et non, cela n'a rien à voir avec mes cauchemars. Et pour une fois, ce n'est pas moi qui lui ai offert le poison, bien que ce soit ma faute s'il l'a bu."


La jeune fille au regard vermeil reprit ses recherches, passant des pages couvertes de notes, des croquis de plantes et même de visage, en faisant attention on aurait pu apercevoir un plan de l'académie aussi. Mais aucune trace de ces notes, pourtant elle aurait juré avoir déjà marqué quelque chose à propos de ces symptômes. Elle s'adressa à Mlle Nishimura en plongeant son regard rougeâtre dans le sien, curieuse.

" - Pourquoi ma vie vous intéresserait-elle? Avez-vous aussi perdu quelqu'un qui vous était cher? "
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Re: Rencontre empoisonnée - Jeu 16 Jan 2014 - 0:46
(Il m'a fallu un peu plus "qu'un peu de temps" pour le finir celui-là, mais j'en suis fier :D Bonne lecture ^^)

C’est sans crier gare qu’elle sortit et ouvrit son impressionnant livre, le feuilletant une nouvelle fois à la recherche de quelque chose, je me rassurai en étant sûre qu’il ne s’agissait pas de poison pour se débarrasser de moi. Je n’avais cependant aucune idée de ce qu’elle pouvait y rechercher, peut-être allait-elle me le dire ou je n’aurais qu’à lui demander moi-même par après. Il y avait de nombreuses notes à l’intérieur qui m’intriguait et j’étais même intriguée du contenu du livre lui-même, quel genre de livre pouvait être si important pour qu’elle le garde si précieusement ? Si ce n’était qu’un livre sur les poisons, je suis sûr qu’elle pourrait en trouver un dans la bibliothèque, alors pourquoi garder quelque chose de si encombrant avec soi ? Je ne comprenais pas.
Alors qu’elle se tournait vers moi pour me répondre, je pus apercevoir un léger sourire se dessiner sur son visage, c’était bien le premier qu’elle faisait depuis mon arrivée. Ma première pensée en le voyant fut de me dire qu’elle était finalement capable de sourire, la suivante fut de me dire que cela lui donnait un petit côté mignon. Je ne saurais dire pourquoi cette pensée m’a traversé l’esprit, était-ce dû au faite que je trouvais ses yeux superbes, que j’aime la couleur de ses cheveux autant que j’aime les miens ou à autre chose, je n’aurais su honnêtement en être sûr. Je ne complimentai jamais personne pour son physique en générale que ce soit de vive voix ou en pensée, elle était une exception que je ne m’expliquai pas.
Mes théories s’envolèrent encore en morceaux lorsqu’elle répondit à mes questions. Je ne connaissais toujours par la cause de ses cauchemars, je n’étais même pas sûr qu’elle le sache elle-même, ou bien elle ne souhaitait pas m’en parler. Et, quand enfin vint le moment de parler de cette personne qu’elle regrettait, son sourire disparu aussi vite qu’il était apparu, cette personne, ce n’était donc pas la culpabilité qui la rongeait, n’étant pas celle ayant mis fin à ses jours. Sa réponse soulevait encore une fois ma curiosité, il s’était donné la mort à cause d’elle, mais qu’avait-elle bien pu faire pour qu’il en arrive là ? C’était un sujet bien indiscret à aborder et je ne pouvais garantir qu’elle ne finisse par ne plus rien dire si je me montrai trop insistante, mais en même temps, j’avais envie de savoir.
Et son attention retourna sur son livre, recherchant à nouveau je ne sais quoi à l’intérieur de celui-ci. Je l’observai tourner les pages, voyant des croquis de plantes, de personnes et des notes. Elle ne trouva, cette fois encore, pas ce qu’elle cherchait, il y avait décidément beaucoup de choses à l’intérieur de ce bouquin, mais jamais ce dont elle avait besoin. Elle replongea donc son regard de sang dans le mien, m’interrogeant sur la raison qui me poussait à la questionner sur sa vie, deux réponses se présentait alors à moi, une réponse froide et mensongère disant que je ne souhaite que connaître ses faiblesses pour la manipuler, faisant sans aucun doute le peu de sympathie qu’elle devait avoir à mon égard, me condamnant sans doute à rester encore seule à l’avenir, personne n’aime être manipulé par un monstre, pas même un autre monstre.
Mon autre choix était quant à lui plus honnête, voire beaucoup trop, mettant en avant mes faiblesses, me montrant incapable d’endurer plus cette solitude à laquelle je faisais face depuis déjà trop longtemps et dans laquelle je m’étais plongée. Un choix totalement inacceptable pour celle que j’étais devenue et que j’étais encore aujourd’hui, je m’étais déjà montrée suffisamment faible aujourd’hui, continuer plus aurait signifié renoncer à tout ce que j’ai enduré toutes ces années.
J’aurai pu lui donner une répondre rapide à sa première question, s’il n’y en avait eu qu’une… Mais elle ne s’arrêta pas là, me posant une question que j’aurais pu voir venir, mais que je n’ai pas anticipée et cela pu se lire aisément sur mon visage. Alors qu’elle terminait de poser sa question, tout mon corps se crispa l’espace d’un instant, mes sourcils se froncèrent et mon regard fut, pour qui y faisait assez attention, empli d’une profonde tristesse. Je me surprise à serrer le poing une fois ce brusque déferlement d’émotion passé, je dû me forcer quelque peu à le desserrer et à réafficher cette indifférence qui m’était propre. Une fois mon calme plus ou moins retrouvé, je plongeai à nouveau mon regard dans celui de ma partenaire et après une profonde inspiration, qui suffit à me faire prendre une décision, je lui répondis affichant un ton hautain et provocateur accompagné de la froideur habituelle de mes yeux.
« - Ta vie m’intéresse pour une raison très simple ma petite… Connaître les points faibles des gens pour les manipuler est ce que je préfère par-dessus. Je n’ai pas besoin d’autres raisons que celle-là… »
La fin de cette dernière phrase fut à peine compréhensible, ma voix perdant petit à petit en intensité, tout comme mon regard glacial, qui au fur et à mesure affichait plus ce qui ressemblait à de la tristesse qu’à de la haine. Je baissai la tête portant ma main, rigolant de moi-même, ce qui devait encore une fois laisser la jeune femme perplexe quant à ma santé mentale. J’éloignai légèrement ma main de mob visage, observant la marque de morsure toujours visible d’il y a peu.
« - Qui est-ce que j’essaye de tromper, sérieusement ? »
Cette phrase était avant tout prononcée pour moi-même, mais inconsciemment assez forte pour que ma compagnie puisse l’entendre. Était-ce encore cette drogue qui faisait effet ou étais-je arrivé à la limite de ce que je pouvais réellement supporter seule ? Je préférais penser qu’il s’agissait de la drogue, ne voulant, même dans un moment comment celui-ci, avouer que même moi j’avais des faiblesses et que j’allais les montrer à quelqu’un. Je repris ensuite la parole, ne quittant pas ma main des yeux, et dans ma voix l’on pouvait aisément ressentir une certaine tristesse et lassitude.
« - Je ne veux plus être seule, voilà pourquoi je suis curieuse à propos de toi… On se ressemble et toi moi et je n’ai jamais été dans cette situation. Ta drogue m’a fait comprendre et admettre des choses auxquelles seule, je n’aurais jamais pensé. Tu es la première à avoir réussi à mettre mes faiblesses à nues et ce, sans même le vouloir, je ne sais pas si je dois t’en féliciter ou pas… Je me suis rendu compte que j’étais las de cette solitude, que j’avais besoin de quelqu’un comme moi, avec qui je pourrais parler et qui ne me jugerait pas… Tu peux trouver ça stupide, mais… j’ai l’impression que cette personne pourrait être toi… moque-toi si ça t’amuse, c’est sûrement cette foutue drogue qui me rend si… si… je n’arrive même pas à trouver mes mots… c’est pitoyable… » 
Je marquai une petite pause, suffisamment courte pour qu’elle ne reprenne pas la parole avant moi et assez longue pour qu’elle digère mes paroles.
« - J’ai dans un sens perdu la personne la plus chère à mes yeux, deux fois… La première en la voyant se suicider sous mes yeux, provoquant en moi une perte totale de contrôle et entrainant ma mort… Et la seconde lorsqu’une fois ressuscitée je pensais l’avoir trouvée, il s’est avéré que ce n’était pas elle, mais l’être obscur qui la hantait depuis toujours et prenait le contrôle de son corps par moment qui se trouvait devant moi. Peux-tu t’imaginer ce que ça fait de voir sa propre sœur devenir un monstre sans pitié ? Je me suis habituée à cet être, mais ce n’est pas pour autant que j’aie envie que ma sœur disparaisse à jamais, sa personnalité dévorée par celle de ce démon… »
Je relevai ma tête, rendant à nouveau mes yeux visibles pour la jeune femme et de ces derniers coulants des larmes que je n’étais plus en mesure de contrôler, au diable ce qu’elle pouvait penser de moi, qu’elle se moque ou s’enfuit si cela lui chantait, je n’en avais que faire. Un mensonge bien entendu, je ne voulais pas qu’elle parte, je voulais qu’elle reste, même si elle ne disait rien, même si elle se moquait de moi, je voulais juste ne pas être seule… 
« - Je suis pitoyable n’est-ce pas ? Un monstre qui pleure… tu y crois à ça ? »
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Re: Rencontre empoisonnée - Jeu 16 Jan 2014 - 17:43
Arsen regardait la surveillante de ses grands yeux vermeils en caressant la couverture de son vieux bouquin. Le cuir était craquelé, taché, abimé, à force d'être manipulé et trimbalé partout par sa propriétaire. Il ne payait pas de mine comme ça, c'était juste un livre de mauvaise qualité qui avait mal vieilli pourtant c'était le bien le plus précieux de la jeune fille. Il contenait toute sa vie, toute sa mort, tout son art et son savoir, elle était prête à mourir à nouveau pour le sauvegarder. Personne n'était capable de comprendre qu'elle puisse vouloir échanger sa vie contre la pérennité d'un objet, même pas Perle alors elle ne s'attendait pas à ce que Mlle Nishimura le puisse. Elle garda donc ça pour elle. Et puis révéler que l'on tenait plus à un objet qu'à sa propre vie à une inconnue n'était pas très judicieux, autant hurler *prenez mon livre en otage et je serais à votre merci*.

Elle planta à nouveau son regard dans le sien, attendant sa réponse. La jeune femme au regard d'azur sembla réfléchir un instant, peut-être avait-elle de lui mentir? La question qu'elle avait posé était pourtant simple et l'albinos ne comprenait pas pourquoi elle pouvait ressentait la nécessité de transformer la vérité. C'est d'un ton glacial, empli de tout le dédain qu'elle pouvait manifester pour quelqu'un qu'elle lui répondit.

" - Ta vie m'intéresse pour une raison très simple ma petite.. Connaître les points faibles des gens pour les manipuler est ce que je préfère par-dessus tout. Je n'ai pas besoin d'autres raisons que celle-là.."


C'était donc ça, l'empoisonneuse aurait haussé les épaules d'un air indifférent, ça n'aurait pas été la première fois qu'on voulait la manipuler, elle lui aurait répondu qu'elle pouvait bien essayer si ça lui chantait, si sa voix ne s'était pas brisée. Arsen fixa sa compagne, les yeux écarquillés. Pourquoi cette tristesse soudaine? Et elle se mit à rire, pas un rire joyeux loin de là, non un rire grinçant tandis qu'elle regardait la morsure su sa main.

- " Qui est-ce que j'essaye de tromper, sérieusement?"


La théorie de l'albinos était donc juste. Elle avait bel et bien mentit en revanche il semblait que c'était plus elle même que son interlocutrice qu'elle avait essayé de tromper. Mais pourquoi? l'élève resta perplexe, scrutant la femme aux cheveux d'argent à coté d'elle dans l'attente d'une explication. Et celle-ci ne tarda pas à venir. Mlle Nishimura ne voulait plus être seule. La solitude était une amie cruelle qui vous détruisait de l'intérieur et certaines personnes n'étaient pas faites pour la côtoyer trop longtemps. Et elle était visiblement en train de consumer sa compagne. Elle avait mentit seulement dans l'espoir de cacher ses faiblesses mais Arsen faisait échouer toutes ses tentatives. Elle avait surement pensé que l’antipathie l'éloignerait suffisamment pour ne pas qu'elle remarque la tristesse qu'elle dégageait. l'empoisonneuse comprenait tout ça et n'avait en aucun cas l'intension de se moquer d'elle, cette idée lui paru même totalement saugrenue.

La belle marqua une petite pause dans son récit, comme pour peser ses mots, pour se donner du courage avant de conter la partie la plus difficile de l'histoire. Elle se mit doucement à parler de la perte de sa sœur qui par deux fois l'avait abandonnée, la tête toujours baissée. Ces mots étaient douloureux, passant dans un premier temps avec hésitation le barrage de ses fines lèvres puis avec de plus en plus de facilité, comme si formuler toute sa peine avec des mots faisait remonter à la surface ses sentiments.

 " - Non, je ne peux pas l'imaginer. Je n'ai pas de sœur et personne qui aurait pu occuper cette place pour moi."


C'était vrai, elle était totalement seule. Elle se souvenait avec un pincement au cœur du jour où elle avait trouvé Monsieur mort, où il l'avait laissée seule dans ce monde de brute avec la solitude et la mort comme seules compagnes. L'albinos s'était alors lancée dans une chasse à la chimère, semant la mort sur son chemin, sans aucun discernement et jusqu'à s'y perdre elle-même. Ensuite elle avait rencontré Perle et sa vie avait changée. Elle avait cessé de se noyer dans sa souffrance et sa culpabilité. Elles étaient devenues amies. Arsen l'avait accompagnée dans la mort, pour partir ensemble et ne pas la laisser seule. Peut-être avait-elle fait ça pour ne pas se retrouver seule à nouveau, elle vivant et Perle morte? Pourtant la demoiselle était là et son amie pas.... Elle aurait pu se suicider, encore et encore, mais elle avait bien comprit que ça ne suffirait pas. Elle finirait invariablement par atterrir ici.

" - Je suis pitoyable n'est-ce pas? Un monstre qui pleure...tu y crois à ça?"

La jeune femme aux cheveux blancs avait relevé la tête, dévoilant à sa compagne son visage dévoré de larmes. Les perles d'eau salées coulaient inlassablement sur ses joues sans plus s'arrêter, devenues incontrôlables. Arsen se figea, complètement paniquée. Elle avait vu des gens pleurer, la supplier, prier de désespoir mais aucun ne lui avait fait autant d'effet qu'en cet instant. Elle aurait pu l'ignorer, se barricader derrière un mur d'indifférence ou même s'enfuir le plus loin possible de cette fille mais elle resta immobile. Quelque chose en elle s'était brisé. N'écoutant que ce que son instinct lui hurlait, elle fit la seule chose qui lui vint à l'esprit, la seule qu'elle avait envie de faire. La jeune fille aux yeux rouges sang se leva et alla vers Mlle Nishimura d'un pas aussi rapide et souple que celui d'un chat. En un instant elle se retrouva sur elle, posant un genou de chaque coté de ses jambes dans le cliquetis des fioles de verre s'entrechoquant dans les poches de son manteau, et entoura le cou de la jeune femme au regard cyan de ses bras frêles.

L'empoisonneuse la serra contre son corps mince, une main dans ses cheveux, se voulant la plus rassurante possible. Elle était crispée, ne sachant pas trop comment s'y prendre pour la consoler, il fallait dire que c'était la toute première fois qu'elle prenait quelqu'un dans ses bras. Mais elle finit par se détendre, sentant la chaleur s'échappant de la jeune femme l'envahir lentement. Arsen prit le temps d'humer la douce odeur que dégageait Yoko. C'était donc ça, une odeur de fille? Rien à voir avec Perle, son parfum musqué et ses multiples poudres. C'était une odeur naturelle qu'elle ne pouvait s'empêcher de savourer, en inscrivant chaque notes dans un coin de sa mémoire. Tiens, depuis quand la tutoyait-elle? Elle n'en savait rien et de tout manière ça n'avait aucune espèce d'importance.

 Après quelques longues secondes de silence, elle prit la parole au creux de l'oreille de sa compagne, lui soufflant dans un murmure.

" - Tu n'es pas seule Yoko... Je ne m'en irais pas... Remémore toi ceux que tu as perdu mais n'oublies pas ceux qui sont encore là, je resterai avec toi.. Je suis là maintenant, n'oublies pas, tu n'es plus seule.."
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Re: Rencontre empoisonnée - Ven 17 Jan 2014 - 15:15
Cela faisait bien des années que je n’avais pas été aussi désespérée et envahie par ces ténèbres amenées en moi grâce à ce magnifique sentiment qu’était la tristesse. Étrangement, je m’en rappelle encore comme si c’était hier, m’enfermant dans ma chambre, pleurant toutes les larmes de mon corps, hurlant de toutes mes forces contre ces gens qui l’avaient emmenée loin de moi, me l’avait prise. Je n’avais jamais connu pareille douleur jusqu’à ce jour, mon cœur était comme brisé et l’envie de briser mon corps aurait pu devenir une réalité si tout n’avait pas changé. En effet, ce moment fut déterminant dans ma vie, il fut celui qui m’amena à aujourd’hui, c’est à partir de ce jour que je me plongeai petit à petit dans la solitude, refermant mon cœur et m’interdisant toute émotion positive.
Je devenais le monstre que je suis aujourd’hui, multipliant les amis imaginaires qui ne faisaient que m’enfoncer dans ce monde de ténèbres qui m’était jusqu’alors inconnu. J’étais devenu un monstre solitaire, ne montrant plus rien de lui, j’avais dit adieu à ce moi que j’avais jadis été. Les seules fois où j’enfreignais cette règle, était lors des rares moments passés avec ma sœur, étrangement je ne pouvais m’empêcher de redevenir moi-même et encore… Plus les années passaient et plus le moi originel s’effaçais, je devenais plus froide et moins joyeuse, ce qui n’était pas pour déplaire à cette autre Yuko qui était régulièrement aux commandes.
Tout ceci pour nous mener ici, à ce second moment de désespoir, les causes l’ayant provoqué n’étaient pas si différentes que celles de la première fois, j’étais séparé d’elle et seules, bien que cette fois-ci, ces sentiments étaient bien plus forts que la première fois, ancrées en moi depuis bien plus longtemps. Toute ma force et ma confiance en moi s’évaporaient, comme si elle n’avait jamais existé, j’étais là, assise sur le sol, incapable de bouger et de penser, un flot de larmes ininterrompu coulant le long de mes joues. Pourquoi moi qui était toujours si forte, me retrouvait sur ce toit, à me montrer totalement vulnérable face à une fille qui n’était encore qu’une inconnue il y a quelques minutes ?
Cette fille justement, j’aurais pu jurer qu’elle avait dit quelque chose, mais je ne compris pas un mot de ses paroles, mon esprit comme mon corps semblait flancher, j’étais de plus en plus pitoyable… Et, c’est alors que je touchais le fond, que ce produisit un évènement que je n’aurais pu imaginer, je l’ai vu s’approcher de moi avant de poser un genou à terre et de, contre toute attente, me serrer dans ses bras. Mon cœur s’arrêta un instant, sous le choc, et je restai paralysée, paniquée, je n’avais aucune idée de quoi faire, je n’avais ni la force de la repousser, ni celle de la serrer dans mes bras. L’envie de la repousser, était de toute façon inenvisageable, la chaleur de son corps réchauffant le mien et mon cœur, tous deux aussi glacial l’un que l’autre. Je sentais l’une de ses mains glisser le long de mes cheveux et l’autre dans mon dos, me serrant contre elle, je ne pus retenir un frisson face à ce contact inopiné, celui-ci ne fut pas désagréable au contraire, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti pareil sentiment.
Mon corps déjà incontrôlable se mit à totalement trembler après ce qu’elle me murmura à l’oreille, je n’étais plus seule, elle allait rester avec moi… vraiment ? Une telle chose était-elle vraiment possible ? Quelqu’un désirait vraiment rester avec moi, tout en sachant le monstre que j’étais ? Ses mots me laissèrent sans voix, je savais quoi lui répondre, mais je n’en avais pas la force. Je ne voulais pas qu’elle parte, je voulais qu’elle reste avec moi, qu’elle ne m’abandonne jamais, lui dire ceci était au-dessus de mes forces en ce moment et la peur de l’effrayer avec de tels propos était grande.
Je restai donc ainsi, me laissant enlacer par la belle albinos, le corps tremblant incapable de dire quoi, pleurant à chaudes larmes. Ma tristesse semblait atténuée par la chaleur et la proximité de son corps, elle laissait au fur et à mesure la place à de la joie, je me sentais heureuse que quelqu’un veuille rester avec moi et m’accepte enfin. Maintenant coulaient sur mon visage à la fois des larmes de tristesse et de joie, mais celui-ci était maintenant collé et caché contre le manteau de la jeune fille. Les tremblements de mon corps avaient cessé, je ressentais un peu de force parcourir de nouveau mon corps et sans attendre, je l’utilisai pour passer mes bras autour du corps de la jeune fille, l’enlaçant, comme si je ne souhaitai pas qu’elle s’en aille, qu’elle ne me lâche que lorsque je ne serais plus en train de pleurer, honteuse de l’état déplorable dans lequel j’étais. Et, dans un effort ultime, je tentai de prendre la parole, bafouillant et mâchant les maigres mots que j’essayai de prononcer.
« - J… je… je suis heureuse, je ne serai plus seule… merci… »
Je resserrai légèrement mon étreinte, toujours en train de pleurer, mais néanmoins de plus en plus emplie de bonheur. C’était incroyable qu’une simple phrase comme celle-ci puisse me faire tant d’effet, moi qui me vantais d’être insensible, mon séjour ici était vraiment en train de me changer, mais était-ce pour un bien ou pour un mal ?
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Re: Rencontre empoisonnée - Ven 17 Jan 2014 - 22:54
Avait-elle fait le bon choix? Avait-elle bien fait de céder à cette pulsion qui l'avait poussée vers cette jeune femme? Arsen ne la connaissait que depuis quelques instant et pourtant elle n'avait pu contenir cette envie de la prendre dans ses bras lorsqu'elle s'était mise à pleurer. Quand elle avait vu la détresse étincelant dans son regard d'azur, quelque chose en l'albinos s'était brisé. Elle aurait alors fait n'importe quoi pour voir ce triste éclat s'éteindre sans qu'elle ne puisse se l'expliquer. Elle était très mal à l'aise mais était-ce dû à la jeune pleurant devant elle ou bien au fait que l'appel à l'aide qu'elle avait lu dans son regard faisait écho à sa propre tristesse? L'élève n'en savait strictement rien, peut-être un peu des deux.

C'était la première fois qu'elle était aussi proche de quelqu'un. Après avoir eut un cran d'arrêt sous la gorge, Perle avait vite comprit que la demoiselle aux cheveux d'argent n'aimait pas qu'on l'a touche. Enfin ce n'était pas qu'elle n'aimait pas ça, au contraire, elle appréciait beaucoup l'étreinte qu'elle partageait avec la jeune femme. Non, c'était seulement totalement inconnu pour elle et comme tout ce qui était inconnu, c'était effrayant. En réalité Arsen était tétanisée à l'idée de toucher et d'être toucher par quelqu'un et depuis que son sang était gorgé de poisons, elle ne voulait pas risquer d'empoisonner une personne par erreur. Tuer oui, mais jamais par erreur, la mort devait être un choix, c'était son crédo. Après, à qui appartenait ce choix c'était une autre affaire. Toujours était-il que Monsieur ne l'avait pas élevée avec tendresse et douceur. L'apprentie déesse n'avait pas eut les câlins d'une mère amante alors les rares fois où son maître lui avait dispensé une marque d'affection était restée encrées dans sa mémoire. Elle se souvenait distinctement la première fois qu'elle avait prit de l'arsenic, cette poudre blanche et versatile dont elle portait le nom. Ça avait bien failli l'achever et Monsieur était resté à son chevet toute la journée, ne s'absentant la nuit qu'en cas d'absolue nécessitée. Il avait essuyé son front trempé de sueur et caressé lentement ses cheveux court en chuchotant à son oreille. C'était devenu sa référence en matière de réconfort. Mais peut-être s'était elle trompée? Peut-être que ça ne faisait qu'empirer l'état de sa compagne?

La demoiselle en pleurs tremblait de tout son corps à présent, ne maîtrisant plus rien. Arsen était de plus en plus inquiète, d'avoir mal fait bien-sur mais surtout pour l'état de Yoko. Ses bras étaient étendus de part en part de sa personne comme inerte, son corps toujours agité de micro convulsions. Ses sanglots ne se seraient-ils pas intensifiés?

 Lentement, tres lentement, la surveillante sembla se calmer un peu, reprenant peu à peu le contrôle d'elle-même. Arsen soupira de soulagement en silence, la chaleur et les caresses avaient marchés.
Aussitôt que les tremblements eurent cessés, La jeune femme aux yeux d'azur étreignit l'albinos, entourant son corps de ses bras fins avec une énergie insoupçonnée. L'empoisonneuse ne s'y attendait vraiment pas et tous ses muscles se contractèrent comme sous le coup d'une agression avant que, ne réalisant ce qui était en train de se passer, elle se força à les détendre. Elle ne voulait surtout pas que la demoiselle prenne peur et qu'elle la lâche. Elle ne voulait surtout pas qu'elle rompe cette étreinte, sous aucun prétexte. Les pleurs de sa compagne avait touché une corde sensible qui n'avait pas résonnée depuis bien longtemps. Un son au fond d'elle qui enflait, trouvant ses échos dans sa solitude, sa peur et sa douleur. Arsen était devenue un fantôme, indifférent et vide, déambulant dans les couloirs la nuit, déserté par le sommeil. A la mort de Monsieur elle n'était plus que l'ombre d'elle-même mais elle avait lutté pour combler ce vide qui grandissait en elle, elle avait traqué et tué mais la douleur avait seulement été masquée par l'indifférence et la lassitude. Rien n'avait disparu. Perle avait pensé les plaies de son âme pourtant elles n'avaient pas guéries et depuis que belle brune n'était plus, elles s'étaient rouvertes.

Les beaux yeux vermeils d'Arsen s'emplirent de larmes à leur tour. Les perles d'eau salée se jouaient de leurs reflets infernaux, refusant de mourir sur ses joues pales. Soudain elle entendit une petite voix s'élever près de son oreille, feutrée et balbutiante.

« - J… je… je suis heureuse, je ne serai plus seule… merci… »

La demoiselle se redressa, s'écartant en douceur de Yoko. Elle tira sur la manche de son pull du coté de sa main valide, prit entre ses doigts fin le menton de sa compagne et délicatement essuya les larmes qui lui maculait e visage. Elle avait une application et une concentration dans son travail toute enfantine malgré son regard humide, occupée à effacer les stigmates de sa peine avec autant de délicatesse que s'il avait s'agit d'un pétale de fleur.

" - Si tu es heureuse alors s'il te plait, ne pleure plus..."
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Re: Rencontre empoisonnée - Sam 18 Jan 2014 - 0:58
Je ne saurais dire avec certitude la dernière fois que quelqu’un m’a prise dans ses bras de cette manière. Cela devait sûrement remonter à mon enfance et  ce devait être ma mère qui me serrait contre elle, comme toute mère aimante envers ses enfants. Depuis ces moments d’innocence, il m’était arrivé de prendre Yuko dans mes bras pour la calmer en de quelques occasions, mais je ne ressentis aucunement une telle sensation qu’en ce moment. Était-ce parce que personne ne m’avait enlacé de la sorte depuis tant d’années ou était-ce elle qui me faisait me sentir ainsi ? J’avais l’impression de n’avoir attendu que ce moment depuis que j’avais changé, d’enfin trouver une personne qui ne me craindrait pas, ne me haïrait pas et serait comme moi. Peut-être était ça qui rendait cette étreinte si unique, parce que je pensais avoir trouvé cette personne, peut-être qu’enfin la chance me souriait ? La vie, ou tout du moins l’après-vie, allait-elle m’apporter ce que je n’avais jamais pu avoir avant ?
L’avenir allait me donner la réponse à ces questions, mais pour l’heure, je ne souhaitai pas que cette étreinte s’arrête, j’étais bien, malgré ses larmes qui refusaient de s’arrêter. C’était un moment bien trop précieux et bien trop rare pour qu’il ne dure pas, à mes yeux tout du moins. Elle ne devait, elle non plus, pas avoir l’habitude d’enlacer ou d’être enlacée par quelqu’un, sa réaction le prouvait. Lorsque je serai mon étreinte pour la prendre dans mes bras, tout son corps se raidit et ce n’est qu’après quelques instants qu’elle se détendit. Était-elle seulement habituée à faire ce genre de chose ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi l’avait-elle fait avec moi ? Qu’est-ce qui l’avait poussée à me prendre ainsi dans ses bras ? Elle ne semblait pas être le genre de fille à faire cela pourtant, mais les apparences peuvent parfois être trompeuse et j’étais, pour l’heure, l’exemple parfait d’un tel cas.
Et soudain, ce que je redoutais le plus se produisit, après que je l’eus remerciée pour ses paroles, elle se redressa et s’écarta doucement de moi. Je laissai mon étreinte se défaire, n’ayant pas la force de la retenir et mon seul et unique réflexe fut de tendre la main, comme pour l’attraper, affichant l’espace d’un instant un visage désespérer et triste. Elle en s’en alla pas, restant là où elle était, elle tira sur la manche de son pull, recouvrant sa main, avant d’essuyait les larmes qui coulait le long de mon visage. Je la laissai faire tout en me retenant le plus possible de pleurer et en reprenant le contrôle de moi-même, c’était plus dur à faire qu’il n’y paraissait, je ne m’étais jamais laissé aller ainsi et me ressaisir risquait de prendre du temps.
Et, alors qu’elle s’occupait à m’essuyer le visage avec une grande délicatesse, elle me demanda d’une voix douce et posée de ne plus pleurer si j’étais heureuse. C’était déjà une tâche à laquelle je m’attelais déjà et mes efforts finissaient par porter leur fruit, ses perles qui coulaient le long de mon visage allaient bientôt cesser et seules les dernières d’entre-elles coulaient encore, disparaissant rapidement, nettoyée par ma compagne. C’est avec mon plus beau sourire que je lui répondis, plongeant mon regard dans le sien.
« - Je suis désolée… mais l’émotion était trop forte, je… » 
Ma vue qui n’était plus brouillée me permit de voir que je n’étais pas la seule à avoir pleuré, ses yeux étaient humides et des larmes glissaient encore le long de ses joues.
« - Toi aussi tu… pleurais ? » 
C’est dans un geste d’une grande délicatesse que je guidai ma main vers ses yeux, essuyant les dernières traces de larmes. Je ne comprenais pas, pourquoi elle aussi ? Je ne m’attendais pas à une telle réaction de sa part, je n’étais décidément jamais au bout de mes surprises avec elle. Je parus ensuite hésitante, fuyant son regard, de peur d’y voir une réponse que j’aurais pu ne pas aimer. Je pris l’une de ses mains dans la mienne, tout en prenant la parole d’une voix faible et peur assurée, une inquiétude grandissante dans le regard.
« - C’est vrai ce que tu m’as dit ? Tu ne t’en iras pas ? Je ne veux pas être blessée à nouveau… » 
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Re: Rencontre empoisonnée - Sam 18 Jan 2014 - 17:21
« - Je suis désolée… mais l’émotion était trop forte, je… »

Arsen continuait à essuyer les larmes qui roulaient toujours sur ses joues, se concentrant uniquement sur ses gestes. Elle évitait de regarder ses superbes yeux d'un bleu profond parce qu'elle savait que si elle leur jetait ne serait ce qu'un regard elle se noierait dans un océan tumultueux et elle n'était pas sure d'en sortir indemne. Elle se sentait étrange, plus vraiment elle-même tout en n'ayant jamais autant été. L'empoisonneuse n'avait pas cru que ça lui arriverait un jour, cette envie irrésistible de prendre la jeune femme dans ses bras, de tout faire pour ne plus la voir malheureuse. Son cœur battait à tout rompre et les picotements s'intensifiaient, comme des papillons volant dans son ventre.

« - Toi aussi tu… pleurais ? »

" - Non, je ne pleure jam..."

Sa voix se brisa. Arsen avait porté ses doigts blancs à son visage et quel ne fut pas son étonnement quand elle s'aperçut que ses joues étaient humides. Les larmes qu'elle avait cru retenir s'étaient donc bel et bien échappées de son regard de sang.

" - Je ne... je .. enfin c'est..  impossible.."

L'albinos se laissa rouler sur le coté pour caler son dos contre le mur, consternée. Elle fixait le vide devant elle en s'interrogeant. Pourquoi s'était-elle mise à pleurer? Allait-elle aussi mal? Elle sentit à peine la main délicate de Yoko effacer les traces de ses pleurs involontaires. Elle n'avait pas pleuré depuis la mort de Monsieur, elle n'avait même pas versé une larme quand elle avait vu Perle sombrer dans un sommeil dont elle ne se réveillerai pas avant elle...

Une douleur commença à croitre dans sa poitrine, son cœur battait beaucoup trop vite à son goût et elle manquait d'air. Les poisons dans son sang s'étaient-ils mis en branle sous le coup des émotions fortes qui l'avaient envahis pour ne plus la quitter. Une petite main se glissa jusqu'à la sienne en la prenant timidement, lui intimant de lever ses grands yeux rouges vers sa propriétaire, ce qu'elle fit. Yoko la regardait, une lueur inquiète dans le regard, sa voix était mal assurée tremblait presque quand elle prit la parole.

" - C'est vrai ce que tu m'as dit? Tu ne t'en iras pas? Je ne veux pas être blessée à nouveau..."

Arsen inspira très lentement pour retrouver son souffle et tenter de dissiper un peu la douleur qui lui étreignait la poitrine.

" -Si j'avais voulu partir, je ne serais déjà plus là depuis longtemps..."

La jeune fille détourna les yeux, mal à l'aise. Elle n'était pas douée pour ces choses là, pourtant elle voulait qu'elle sache, elle devait lui dire... Elle regarda la jolie main blanche qu'elle tenait encore et la caressa la marque de la morsure en faisant mine de ne s'intéresser à rien d'autre. Elle murmura ses mots comme pour elle-même, hésitant à les transmettre tout en ne pouvant plus les garder pour elle.

" - Je ne veux pas te faire de mal..."
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Re: Rencontre empoisonnée - Sam 18 Jan 2014 - 18:32
La surprise se lut sur son visage lorsqu’elle se rendit compte que des larmes avaient bel et bien coulé le long de son pâle visage. Elle ne pleurait jamais et tout ceci était impossible selon elle, c’est tout de moins ce qu’elle bafouilla après s’être rendu compte des faits. C’était une journée où nombre de choses impossibles se produisaient, pour elle, comme pour moi. C’était assez déroutant de se dire qu’il ne fallut qu’une simple goutte de sang empoisonnée pour que nous nous retrouvions à faire et dire des choses qui, jamais autrement, ne se seraient produites. Ma compagne semblait plus troublée par les larmes qu’elles venaient de verser que par tout ce qui venait de se produire, observant le vide s’étendant face à elle.
Je ne savais pas si ce que je faisais était une bonne idée, ces questions que je venais de lui poser étaient dangereuses à bien des égards. Me briser était aisé, ça je le savais, il m’était facile d’imaginer les propos à tenir pour en arriver là, les dire ne représentait pas une grande difficulté pour moi, mais les entendre aurait été insupportable. Le peu d’humanité en moins aurait sans aucun doute volé en éclat, me transformant irrémédiablement en un véritable monstre sans pitié, ni émotion. Je serais devenu comme celle qui m’avait enlevé ma chère sœur et j’aurais, sans aucun remord tué cette fille qui se tenait devant moi en ce moment, ainsi que tous ceux qui se seraient dressés devant moi.
Je souhaitais de tout mon cœur que rien ne se passe comme je l’imaginais, je ne voulais pas déjà être trahie alors que je pensais avoir enfin quitté cet enfer qu’était ma vie. Je n’allais pas tardée à être fixée, elle prit une lente inspiration avant de me donner sa réponse, qui fut, dans un sens amusante. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle le dise de cette façon-là, mais au vu de ce qu’elle m’avait montré jusqu’ici, je me doutais qu’elle n’était pas très douée pour réconforter les autres, mais l’intention y était et, plus important, je savais ce qu’elle véhiculait comme message. Ne voulant pas me regarder dans les yeux, elle fixa son attention sur la trace de morsure de ma main, la caressant de ses fins doigts blancs, provoquant chez moi un frisson parcourant tout mon corps.
C’est dans un murmure qu’elle ajouta quelque chose que je ne compris pas parfaitement, c’est avec les quelques mots que j’entendis que je supposai qu’elle disait ne pas vouloir me faire de mal ou peut-être disait-elle qu’elle ne voulait pas que je lui fasse de mal ? Le contexte se prêtait plutôt à la première possibilité et ce fut celle que je décidai de retenir, ce que je ne pus par contre par retenir, fut la grande joie que sa réponse me procurait, je n’allais plus être seule, quelqu’un allait être prêt de moi ! Un sourire éclatant se dessina sur mon visage, en ce simple instant, j’étais heureuse, rien d’autre que ça ne comptait.
C’est avec douceur que je lâchai la main de ma jeune amie, l’éloignant des siennes, avant de tendrement et délicatement la prendre dans mes bras et poser sa tête contre mon cœur, qui battait à un rythme effréné depuis déjà quelques minutes. Une main dans son dos et l’autre lui caressant ses beaux cheveux argentés, je lui murmurais à l’oreille, d’une voix douce et apaisante des mots que je n’avais prononcés pour personne d’autre que ma sœur.
« - Merci… du fond du cœur. Je… je resterai aussi à tes côtés, tu ne seras plus jamais seule, je ne laisserai plus personne te faire du mal, je te le promets. » 
Après quelques secondes, je desserrai mon étreinte et m’éloignait lentement d’elle, pour me retrouver assise à quelques centimètres d’elle. Je lui repris à nouveau tendrement la main où elle n’était pas blessée, en plongeant mon regard dans le sien, toujours souriante, avant de reprendre la parole, toujours sur le même ton que précédemment.
« - Et si jamais un jour tu veux me parler de ton passé ou… pleurer, comme je l’ai bêtement fait aujourd’hui, je serais là pour toi. Je t’écouterai sans jamais te juger et je t’aiderai, si je le peux… » 
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