Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Un pèlerinage vers le danger

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Re: Un pèlerinage vers le danger - Mer 25 Déc 2013 - 18:31
Assise sur son tapis végétal de la mort qui tue digne des meilleurs matelas de tout l'Univers, Eilyn observa en silence son amie s'affairer à la confection d'un feu de camps. Ayant quelques notions élémentaires en matières de vie à l'état sauvage, la brune se doutait bien que cela était plutôt risqué, quoi que potentiellement bénéfique également, le feu éloignant les bêtes féroces. Enfin, cette information digne d'une Lara Croft, elle la tenait des films qu'elle avait vu de son vivant, et des contes pour enfant. Ce n'était donc pas une information sur laquelle se reposer. Mais enfin, elle voulait se rassurer et se mit donc en tête que tout ceci était vrai. Puis, ce n'est pas comme si une tribu sauvage et cannibale se promenait dans cette forêt, dans l'attente d'un signal de fumée pour aller dévorer les aventuriers inconscients. Non, ce n'était pas possible. En tout cas elle l'espérait. Inquiète, elle observa les arbres, puis serra un peu plus ses jambes contre son torse. Les yeux écarquillés afin d'essayer d'y voir clair dans l'obscurité, Eilyn leva les yeux vers Amber lorsque cette dernier pris la parole. Pour lui répondre, elle hocha la tête puis leva sa main devant ses yeux. Hideuse. Sa main était tout simplement hideuse. La traînée auparavant rouge avait désormais une étrange couleur verdâtre et ... non, ça devait être l'effet de son imagination, mais il lui semblait bien que ça main avait doublé de volume. Pour s'assurer de la réalité de ce qu'elle voyait, elle leva son autre main à côté. La jeune fille ouvrit la bouche de stupeur et se leva pour se mettre à côté de son amie.


« Euh ... Je crois qu'on a un petit problème. Enfin, que j'ai un problème surtout. Regarde. Tu trouves ça normal toi, une main verte ? Non pas que je n'aime pas le vert, au contraire. Mais là ... J'adhère moins à l'aspect esthétique de cette couleur. Et cette taille démesurée ... On dirait une raquette. »


La jeune fille n'était pas désireuse pour le moment de faire un chanter de rénovation sur son aspect physique, encore moins sur son intérieur. Elle avait eu vent de pratique plutôt étrange relative à une coloration d'une zone assez spécial de l'anatomie humaine. Bref. Pour le moment, sa main n'était pas au top de sa forme. Inquiète, Eilyn se dandinait sur place, ne sachant pas quoi faire, pendant qu'Amber allumait le feu. Des larmes brillaient dans ses yeux. C'était stupide, mais elle avait eu suffisamment de problèmes de santé dans sa vie pour de nouveau avoir à s’inquiéter de son état de santé. Elle ne voulait pas revivre ça. Cette angoisse en permanence de partir. Pour de bon. Ne jamais revenir. Pour refouler ses larmes et ne pas montrer de signes de faiblesse devant Amber, la brunette leva les yeux au ciel, les étoiles se reflétant dans ses yeux humides. Afin de se rassurer elle avala sa salive pour parler d'une voix la plus neutre possible et se lança.


« Peut être que demain ça ira mieux. Hein ?! Et puis, je n'ai pas mal. A vrai dire, je ne sens rien. C'est bon signe ça tu crois ? »


Non, ce n'était pas bon signe du tout. Elle le savait, mais ne voulait pas l'admettre et cherchait une issue pour s'accrocher à l'espoir. Bon, elle devait faire quelque chose, mais quoi, elle n'en savait rien. Durant la phase terminale de son cancer, elle avait bien appris quelques notions en botanique et surtout sur l'effet bénéfique de certaines plantes contre la douleur. Mais pas contre une espèce d'infection/brûlure à cause de la langue d'un lézard bizzaroïde venu de l'espace. Se demandant s'il ne fallait pas extraire le mal par le mal, évacuer le liquide verdâtre qui suppurait de partout, elle attrapa son poignard, planta son regard dans celui d'Amber et inspira profondément.


« Perdue pour perdue, je crois que je n'ai pas le choix. J'ai peur Amber. »


Puis, d'un geste rapide, net et précis, elle incisa le dessus de sa main, une légère grimace déformant ses traits. Une fois fait, elle ouvrit les yeux et entreprit d'appuyer sur la plaie pour évacuer le mal. Cela semblait fonctionner. Au bout d'un petit moment, la plaie retrouva un aspect un peu plus humain et esthétique, et du sang rouge et homogène coulait de sa main. Elle attrapa un peu de mousse, la plaqua contre sa main et l'attacha à l'aide de sa chaussette. Décidément, il était toujours question de chaussette avec elle. Puis elle retourna s’asseoir sur son lit de fortune.


« Réveil moi surtout, lorsque tu te sens fatiguée. Je prendrais la relève. De toute façon, je ne suis pas sûre de réussir à dormir mais enfin. »


La brunette s'allongea sur le côté, le feu lui réchauffant le corps. Elle n'avait pas hésité une seule seconde, ayant une confiance absolue en Amber. D'ordinaire, cette confiance excessive en l'autre lui portait préjudice, mais ici, elle avait espoir et confiance en son amie. Malgré son apparente volonté d'être seule et sans attache, elle avait su voir en elle cette envie d'être accompagnée. Oh, elle le savait, le moindre faux pas de sa part, la moindre négligence ou erreur, même minime, lui ferait perdre toute la confiance et la sympathie qu'Amber pouvait lui accorder. Mais elle n'avait pas l'intention d'être fausse ou calculatrice avec son amie. Car justement, Amber est son amie. La seule. Eilyn ferma ses paupières, le bruit apaisant de la forêt la berçant progressivement.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 18:37
Je regardais les flammes qui dansaient avec nonchalance. Il ne faisait pas encore froid mais j'avais le sentiment que ça n'allait pas durer. Le ciel orangé perdait ses couleurs, nous faisant sombrer peu à peu dans une obscurité nocturne. Il devait nous rester une heure de clarté, à peine. Je ne savais pourquoi,mais un sentiment d'insécurité s'empara soudain de moi. Je n'en disais pas un mot, mais la difficulté avait été si moindre jusque là qu'elle me paraissait surnaturelle. Je tournai sur moi même, cherchant du regard le malus, mais je n'en vit rien. J'avais totalement quitté terre, proie à une paranoïa silencieuse, dont je ne sorti que lorsqu'Eilyn me parla de sa main verte.

Je fit volte face et fût forcée d'admettre que, comme la jeune fille venait de me le dire, nous avions un problème. Sa main, qui avait doublé de volume, était désormais teintée d'une couleur de putréfaction. On aurait dit une chair de zombie. Je fût bien malgré moi prise d'hauts-le-cœur. Pour que quelque chose me dégoûte, il en fallait déjà beaucoup, c'est pourquoi je plaçai mon étrange réaction sur le compte de la surprise. Je m'attendais à tout sauf à ça, et, après comparaison, je pense que j'aurais largement préféré une attaque de carnassier. Au moins, là, nous aurions su quoi faire. Quoi que j'avais bien un avis sur la question, mais il risquait de ne pas plaire à Eilyn. Une incision, pour faire couler l'infection, s'il toutefois il s'agissait de ça. Pour combler le tout, je vis qu'une larme perlait ses yeux. Je préférai tourner la tête. Même si c'était égoiste, je ne me sentais vraiment pas d'essuyer sa tristesse, ou de lui mentir sur son état de santé. C'était peut-être grave. C'était sans doute même certainement le cas. J'avais envie d'ignorer le soucis, pourtant, il était devenu ma nouvelle priorité.

" Non, Eilyn. En toute franchise, je ne pense pas que ce soit normal de ne rien sentir. "


Je m'en voulais d'avoir un peu haussé la voix. La situation m'échappait et je détestais ça. Avec la nuit qui nous engloutissait, il était sûr que la solution devait être reportée au lendemain. Je jetai un coup d'oeil à Eilyn qui, comme si elle avait lu dans mes pensées, entamait une plaie sur sa blessure. Le liquide verdâtre coula, suivi du sang. Je fermai les yeux. J'avais besoin de réfléchir. Nous étions à deux doigt de la catastrophe, et personne n'était en pouvoir de nous aider ici. Je m'approchai de la jeune fille, qui, visiblement dégoûtée, s'allongeait sur la couchette. Elle me fît savoir qu'il fallait que je la réveille si jamais je me sentais fatiguée. Il y avait peu de chance. L'adrénaline m'avait fichu une sacré secousse. Je doutais qu'elle s'en aille avant un moment.

" Oui, je te réveillerais. Et demain matin, on rentre. Autant que ce soit maintenant, tant que l'on n'est pas encore trop loin de l'académie. Lachais-je, incapable de dissimuler ma déception "
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 19:02
Amber mis des mots sur ses pires craintes. Sur ce qu'elle ne voulait pas admettre. L'absence de sensation n'était pas normal, ni rassurante.  Mais ça, Eilyn ne voulait pas l'entendre. Elle secoua donc la tête en signe de négation, sa natte défaite bondissant mollement sur son épaule. De ses yeux humides, remplis de larmes, elle fixa son amie, sa main tendue devant elle. 


« Si. C'est normal. Absolument normal. Tout est normal. Ma main va aller mieux. C'est évident. »


Sa voix ne tremblait pas, mais était d'une force étonnante. Pleine de conviction et de volonté. Seule un sanglot qu'elle ne su retenir déforma le dernier mot. Rien n'était normal. Seul Shrek pouvait se permettre d'avoir une main verte en prônant haut et faire la normalité de la chose. Or elle n'était pas Fiona, et non, ce n'était absolument pas normal. Bref, Amber semblait de son avis quant à l'intérêt de se taillader la main, vu qu'elle ne s'y opposa pas. Cependant, alors qu'elle était allongée sur son tas de mousse, elle se releva vivement, les yeux remplis d'éclairs. Son amie venait de dire qu'elles rentraient ? Non. Elle se leva, se planta face à Amber, la mine sévère et fermée. Si elle avait eu des mitraillettes à la place des yeux, nul doute que son amie serait morte à l'heure qu'il est. e son index, elle pointa Amber du doigt et le posa sur sa poitrine d'un geste rempli de rage.


« Tu veux rentrer ? TU VEUX RENTRER ? Eh bien rentre toute seule. Je n'ai pas pris ses risques pour rien. Je ne vais pas abandonner à la première épreuve. Rien ne te retient. »


La brune resta là, les bras croisés sur sa poitrine, la déception luisant dans ses yeux. Alors voilà, la guerrière si froide et prête à tout, rempli d'une rage de vaincre et d'une volonté sans égal allait baisser les bras pour une main verte ? Même pas la sienne d'ailleurs. La sienne ... Eilyn se radoucit et observa d'un oeil différent le visage d'Amber. Son amie ne faisait que s’inquiéter pour elle. Et elle, elle ne trouvait qu'une façon de l'en remercier, lui cracher son venin à la figure. Charmant. Honteuse, elle laissa retomber mollement son bras et retourna s’asseoir par terre, dos à Amber. Elle ne voulait pas la voir partir. Elle voulait qu'elle reste avec elle. Pour partager cette aventure. Ensemble. Des larmes roulèrent silencieusement sur ses joues face à son incapacité frappante, en cet instant, de comprendre que quelqu'un pouvait se soucier d'elle.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 19:36
Eilyn avait l'air désespérée. Tellement que j'en étais même heurtée. Je n'étais pas habituée à une telle expression de sentiment. Je savais pertinemment que si ça m'était arrivé, je garderais mon dépourvu pour moi. Je tentais de me mettre à la place de la jeune fille, qui avait une main prête à tomber toute seule. Il y avait de quoi avoir peur, je lui accordais. De quoi pleurer, sans doute, bien que je n'approuvais sans doute pas de telle faiblesses. Mais si il y avait bien une chose que je ne supportais pas, et ça, peu importe la situation, c'était que l'on m'agresse. Que l'on me manque de respect. Je lui lançai un regard meurtrier, retenant de lui cracher à la figure toute les injures qui me venaient à l'esprit. Mais la pression était bien trop forte. Alors qu'elle achevait sa rengaine dans un sanglot, je laissai écouler une seconde ou deux, avant de la gifler avec une force inattendue. Ma main avait claqué sa joue dans un bruit retentissant, qui me rappela étrangement le bruit de la mèche d'un fouet sur de la chair tendre. J'avais frappé si fort que j'en étais même étonnée de ne pas voir sa tête se décrocher et rouler sous un buisson. Je la regardai, froide et de marbre, cette flamme brûlantes habitant toujours mes yeux. Je me sentais bien mieux, tout d'un coup, quoi que encore méchamment tourmentée. Je retirai la main qui lui serrait le col. Je ne m'étais même pas rendue compte que je l'avais empoignée. Quel beau tableau je devais lui inspirer. 

Je me levai d'un geste vif et tapai du pied dans le sol poussiéreux. Elle se foutait de moi ? J'avais envie de lui sauter à la figure une deuxième fois, mais cette fois-ci, sans laisser de quartier. Je soufflai un bon coup, me souvenant que sa présence m'était précieuse. Au moins, elle l'avait dit. Elle avait osé s'énerver, ce que peu de personne aurait tenté face à moi. De plus, elle ne comptait pas partir. Autre point positif. Je comptais tout de même mettre les points sur les " I ".


" Que JE m'en aille ? C'est MON rêve, tout ça, et j'ai eu la stupide envie de te tirer avec moi. Parce que tu es mon amie. Je me demande si j'ai bien fait. Excuse-moi de m'inquiéter pour toi, ce qui, je te le rappelle, n'est pas dans mes habitudes ! "


Je lui tournai le dos. Sous l'emprise de ma colère libérée, j'avais laissé les doutes s'écarter. Je la considérais comme une amie et elle le savait, maintenant, ce qui pourrait jouer en sa faveur si un jour je devais l'éliminer.
Je fît grincer mes dents et lui refît face, poing serré.

" Je suis contente que tu m'ai parlé franchement. Mais réfléchis deux fois, désormais. J'hésiterais pas à t'en coller d'autres, ou pire, mains verte ou non ! Criais-je "

J'avançai d'un pas rapide vers la jungle et disparu dans l'obscurité. Je grimpai à un arbre et m'installai en hauteur, de sorte que j'ai encore vue sur le camp. Je ne comptais pas m'en aller, ni même rester là, mais pour le moment il fallait que je me calme. C'est seulement au bout d'une vingtaine de minute que je revint peu à peu à la raison. Ce n'était pas malin d'avoir autant monté la voix. Je sentais tout autours de moi une activité animale qui, je le pense, n'était pas aussi intense une heure auparavant. En même temps, la nuit venait seulement de tomber. Je descendis de mon perchoir et regagnai le fleuve, sans adresser le moindre regard à ma coéquipière. Cette fois, je lui faisais la tête, et pour de vrai.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 20:08
Une gifle. Une seule gifle. Unique, mais magistrale. Eilyn garda le silence, une douleur cuisante au visage. Elle porta sa main et effleura du bout des doigts la surface lisse et brûlante de sa joue. Une marque rouge devait la décorer, vu la violence du coup. La brune resta plantée là, soutenant le regard de cette amie si particulière. Elle ne lui en voulait pas. Au contraire, cette claque était terriblement justifiée et  méritée. Ce qui l'inquiétait, plus que le geste en lui même, s'était le regard d'Amber, et cette rage, cette colère qui émanait de son amie et qu'elle pouvait sentir avec facilité tant elle était puissante et palpable. Cette rancœur était bien plus  menaçante et blessante que tout le reste. La jeune fille aurait préféré subir 1 000 coups plutôt que de mettre sa seule amie en colère contre elle. Son amie. Le mot était dit. L'exception, celle pour qui, visiblement, Amber était prête à s'inquiéter. A protéger. Eilyn baissa son regard et écouta les dernières paroles de son amie avant d'entendre le bruit de ses pas s'éloigner. Son envie de dormir étant passé, elle se mit en tête de s'occuper du poisson. Le pauvre avait été abandonné à son triste sort de poisson mort. Afin de ne pas se blesser un peu plus, elle chassa d'un revers rageur de la main les larmes sur ses joues et essuya ses yeux pour y voir plus clair, puis enfonça sans ménagement un bâton dans le poisson. Alors qu'elle retournait auprès du feu pour le faire cuire, Amber revint de sa promenade dans les bois, sans même lui adresser un regard ou une parole. Eilyn s'enferma donc dans un mutisme similaire, veillant à la bonne cuisson du poisson. Elle n'était pas douée pour la cuisine, mais cuire un poisson devait être à sa portée. Une fois cuit, elle alla chercher deux feuilles d'aspect extraordinairement normal et divisa le poison en 2 parties égales. Sans dire un mot, elle tendit son assiette de fortune à son amie et retourna à sa place pour déguster sa ration. 


Le fichu poisson était rempli d'arrêtes. Elle ne cessait de les retirer de sa bouche, soucieuse de ne pas s'étouffer avec. L'ambiance était des plus pesantes. Le silence rôdait d'une façon bien plus terrible que n'importe quel prédateur. Elle ne pouvait rien rattraper. Les mots étaient sortis. Ils étaient irrécupérables. Ce n'est pas pour rien qu'elle les considérait comme la pire arme existant sur Terre. Capable de terrasser un ennemi. Il suffisait juste de savoir trouver les mots justes, les plus durs et les plus blessant. Son poisson fini, elle se lécha le bout des doigts et alla se rincer les mains dans l'eau du fleuve. Lorsqu'elle revint, elle pris le temps de rouler son doigt dans la terre et dessina des formes quelconques et abstraites sur la surface rocheuse. Attendre. Il ne lui restait plus que ça. Tout en laissant divaguer son doigt, elle réfléchissait à sa situation. Quelqu'un se souciait d'elle. Et pas n'importe qui. Non. Quelqu'un qui d'ordinaire ne s'inquiétait pour absolument personne. Un soupir s'échappa de sa bouche. Elle ne se rendait compte qu'à l'instant de la chance qu'elle avait. Du caractère merveilleux et rare de la chose. Et elle avait tout gâché. 
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 21:28
La jeune fille m'apporta ma part de poisson. Ce dernier était posé sur une jolie feuille en guise d'assiette. Je ne savais pas vraiment si c'était pour tenter de se faire pardonner ou non, mais je refusais tout de même de lui adresser la parole. Pas le moindre "Merci" ou signe de gratitude. Je savais cependant à son silence qu'elle n'en attendais rien. Elle culpabilisait, se torturait ( Sans doute à tort. Enfin, je veux dire, je l'ai quand même frappée quoi. ) et j'aimais ça. La violence psychologique était la pire. Personne ne méritait ce genre de mauvais traitements. Mais cette fois-ci, je fis messe-basse. Je savais qu'elle me le pardonnerais, et quand bien même, si la question venait à se poser, je nierais. Je croquai à pleine dent dans la chair blanche de ce beau nageur et constatai qu'il était rempli d'arrête. Amusée, je les retirai une à une avant d'entamer le véritable dîner. Il était aussi bon qu'un poisson de rivière pouvait l'être, et lje levai intérieurement mon chapeau au chef. Je m'attendais à une bestiaux au goût de vase, mais il n'en était rien. C'était une nourriture au goût plus que correct.

Lorsque Eilyn vint se rincer les doigts à l'eau claire, je tournai soigneusement la tête. Elle allait devoir attendre un bon moment avant d'avoir un mot de ma part, si je daignai un jour lui adresser de nouveau la parole. Lorsqu'elle retourna à sa place, j'allumai ma deuxième cigarette de la journée. Je n'aurais sans doute pas dû fumer la première. Je risquais sûrement d'en avoir souvent envie maintenant, surtout que ma farde était pleine. Ce fût cependant un bon moyen d'évacuer le stress et la colère qui flottait en moi. Si bien que je passai les deux heure qui ont suivi plus ou moins en paix, à fixer les mini-vague que formait le court d'eau. C'est seulement lorsque je commençai à avoir un peu froid que je regagnai le feu de camp. Eilyn semblait dormir. Ou bien, elle était morte. Que ce soit l'un ou l'autre, elle avait les yeux fermé. Je réanimai le feu qui s'éteignait tout doucement et soupirai, une mains sur la cuisse, l'autre sur mon arme. Quelque chose avait changé dans l’atmosphère, et je ne parlais pas de notre dispute. Le vent avait quelque chose d'étouffant, la vie grouillait de partout, des vagues voraces se formaient à ma gauche. Je craignais même qu'elles nous atteignent. Je me sentais de moins en moins rassurée. Je savais qu'il se passerait quelque chose, je le savais ! Je regardai silencieusement de tout les cotés, prête à voir une bête surgir des sous-bois, mais rien. Rien de ce genre, en tous cas, car il me fallût un moment pour remarquer la liane qui glissait silencieusement vers moi. Elle s'enroula autours de mon pied, tel un serpent silencieux. Prise d'une vague d'adrénaline, je tranchai celle-ci et reculai doucement. Un bourdonnement atroce se faisait entendre. Des craquement résonnaient de partout. Un oiseau tenta même de me lacérer le visage. Exactement le même que celui qu'avait Eilyn. Saleté !

Je secouai l'épaule de ma partenaire, d'abord doucement, puis avec plus de conviction. Pas étonnant, le feu venait de doubler de taille et dégageait une chaleur stupéfiante. Le bleu de la flamme devint la plus forte, et ce fût un véritable chalumeau qui incendiait désormais les bois qui furent rapidement carbonisé.

" Eilyn ! Réveilles-toi ! Il se passe quelque chose d'étrange, c'est pas normal ! Il faut qu'on bouge ! "

Des voix qui surgissaient de nulle part commençaient à prononcer des mots que je ne comprenais pas. Je tentai de secouer mon amie de plus belle, mais à peine ais-je eu le temps de lui effleurer l'épaule qu'une branche massive me percuta de plein fouet. Je roulai sur moi même, presque jusqu'à l'eau et me relevai tout aussi vite, le souffle littéralement coupé son l'impact. C'était effroyable ... La petite plaine où nous étions installée se remplissait tout doucement d'une jungle de plante à ronce et de petits rats gris sale. Evidemment, ça n'aurait pas été drôle si celles-ci ne s'étaient pas mise à flamber à cause du feu.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 22:06
Silence. Silence. Pesant. Oppressant. Soporifique. Eilyn s'était endormie sans difficultés, le dos tourné, afin d'éviter le contact visuel avec son ami. Faire profil bas état selon elle la meilleure option pour se tirer de ce mauvais pas. Elle était sans doute dans un rêve, bercé dans un bateau. Les secousses étaient de plus en plus vives. De plus en plus sèches. Non, ce n'était pas un rêve ... Elle ouvrit vivement les yeux et se redressa avec rapidité, une main sur le manche de son poignard. Alors qu'elle cherchait du regard Amber, qui sans nul doute tentais de la réveiller lorsqu'elle se pensait bercer par le mouvement de la mer, elle la vit se faire percuter violemment par une branche. Des ronces avançaient de toute part, formant un piège sournois et terriblement efficace. La forêt se retournait contre elles. La nature se décharnait contre ses filles audacieuses, souillant de leur pas le tapis de feuilles vierge et tuant les poissons sans scrupules.  Eilyn se leva avec agilité et entreprit de rejoindre son amie pour ne surtout pas qu'elles soient séparées. Mais une liane solide s'enroula autour de sa cuisse puis tout le long de sa jambe. D'un geste vif et sec, elle tenta, vainement et naïvement, de se défaire de l'étreinte, mais au lieu de ça, elle se retrouva étalée par terre, le nez dans les ronces. Par réflexe, elle rentra ses mains dans ses manches et ferma les yeux. Son cauchemar ne faisait que commencer. La liane la tira sur plusieurs mètres, traînant ainsi son visage et son corps dans la multitude de ronces qui s'accumulaient au sol. Son visage était griffés de partout et ses vêtement se déchirèrent à plusieurs endroits. Elle enfonça ses doigts dans la terre, essayant de ralentir le rythme, mais ses ongles ne faisaient que racler la terre, sans réussir à s'accrocher. Son menton accumulait les chocs, faisant claquer ses dents violemment. Au bout d'un moment, tout s'arrêta brutalement. Trop brutalement. Pensant en avoir fini, la brune ouvrit les yeux et regarda autour d'elle avec méfiance. 


Sans prévenir, la liane la tira vers le haut, la faisant voler comme une vulgaire poupée de chiffon. Elle était secouée en tout sens, ses cheveux volant en tout sens. Sa vie ne tenait pas qu'à un fil, mais qu'à une liane. Eilyn n'ouvrit pas les yeux trop effrayée pour voir le sol danser sous ses yeux. Elle se contenta de poser ses mains sur son visage, et étouffa un cri en sentant sous ses doigts les griffures profondes et terriblement nombreuses qui semblaient s'étaler sur la peau de son visage. Que ça s'arrête. Elle voulait que ça s'arrête. Le poisson qu'elle venait de manger menaçait de ressortir à tout moment. Puis, aussi brusquement que son décollage, la liane s'immobilisa. La jeune fille ouvrit les yeux et remarqua avec stupeur qu'elle se trouvait à une bonne dizaine de mètres au dessus du sol. En bas, la forêt semblait en feu. Une torche géante. Amber. Elle cria son prénom.


« Amber ! AMBER ! »


Elle criait à s'en casser les cordes vocales, soucieuse d'entendre une réponse de son amie, signe qu'elle était en vie. Le vent se leva, d'un coup, et souffla en tout sens. C'est alors qu'elle les entendit. Les voix. Comme des murmures. Lorsqu'elle entendit la première phrase, elle se secoua en tout sens. Tout mais pas ça. 


« Tu es tellement nulle. Tellement différente. On te déteste. Tu ne vaux rien. Absolument rien. Regarde toi. On dirait une pouilleuse. »


Et des rires. Des rires mesquins. Des rires moqueurs. Qui résonnaient dans ses oreilles. Qui sifflaient dans sa tête. Eilyn posa ses mains sur ses oreilles et cria. Encore et toujours. Le vent continua de souffler, emportant avec lui le murmure perpétuelle qui la faisait tant souffrir. De nouveau, son corps flottait dans les airs. Elle ne représentait tellement rien, face à la puissance de la Nature. Sa seule chance reposait sur les épaules d'Amber. 
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 22:41
Trop tard. Il était trop tard. Une liane avait solidement entravé la jambe de mon amie et l'avait tiré sur cette immense plaine de ronces. J'entendais ses vêtements se déchirer, son corps rebondir sur le relief du sol. Je n'avais qu'une crainte, à cet instant, c'était de la retrouver lacérée à mort. Dévisagée, ruisselante de sang, méconnaissable à vie. Je me souvint ensuite qu'il était plus probable encore que je ne la retrouve jamais. Je courrai du plus vite que je le pouvais, à la poursuite de ses traces. Le sol était barré de ligne imparfaite. La traces de ses doigts tentant de s'accrocher à la vie. C'était tout bonnement abominable. Comme si je venais de me retrouver au cœur d'un horrible film d'horreur. Je criai, complètement hystérique.

" EILYN ! EILYN ! ACCROCHES-TOI ! "


Je tentai d'ignorer la multitude d'oiseau nocturne qui me barraient la vue ainsi que les ronces que me fouettaient le dos. Je me fichai de la douleur. Je ne voulais pas y rester. Je ne voulais pas que mon amie y reste non plus. Non. Pas sur notre dispute. Un coup venu de nulle part me percuta par derrière, m’éjectant ainsi dans les hauts feuillage d'un arbre. Je me fracassai sur je ne sais combien de branches avant de retoucher la terre. Eilyn était toute proche, je pouvais la toucher en tendant le bras. C'est ce que je tentais de faire, mais à peine ais-je eu le temps d'attraper sa main qu'elle fût tirée vers le haut, à des hauteurs vertigineuse. Si elle se faisait lâcher, à cet instant précis, elle y resterais, c'est sûr !

" Non ...  Soufflais-je, au bord du sanglot "


Je me redressai du mieux que je le pouvais et regardai son corps se faire balancer en tous sens comme un vulgaire bout de chair. L'incendie progressait dangereusement, les flammes formant des formes lugubre. Il fallait que je fasse quelque chose. Je transperçai d'un coup de couteau l'étrange canidé qui venait de me sauter dessus et essuyai le sang qui coulait de mon front. Je ne savais pas comment s'était arrivé, mais la plaie me lançait dangereusement. Je lançai le couteau que j'avais en mains vers les cieux, priant tout les dieux de la terre pour qu'il tranche cette liane démoniaque. Je retint mon souffle, voyant le monde au ralentis. La lune seule éclairait la silhouette de ma coéquipière, qui, je ne sais pas quel miracle, entamait une chute que j'estimais raisonnable vers un tas de buisson. Je ne savais pas si c'était réellement un bien, puisque la forêt entière tentait de nous tuer, mais la chute ne pouvait pas être mortelle. Je m'accrochai à l'espoir qu'elle n'ai rien de cassé, et qu'elle soit encore consciente. Je courrai de plus belle, prête à cracher mes poumons tant la fumée était nausive, et la vît au sol. C'est là que je les entendis. Les voix. Ces murmures dégoûtant. J'eût envie de me boucher les oreilles, de m'éloigner de ce lieu de démon, mais je ne pouvais me résoudre de la laisser là.

" Tu n'es qu'une pute ... T'aimes ça, hein ? Tu vas crever, Amber ... "

C'était sa voix. La voix de ce connard. Accompagné d'une multitude de rire et de paroles blessante. Que ça cesse ! Que ça cesse ! Je tirai une flèche sur un nouveau loup et détaillai le visage d'Eilyn. Elle allait ouvrir les yeux. Il le fallait !
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 26 Déc 2013 - 23:10
Elle entendit son prénom. Un cri. Amber était en vie. Saine et sauve, certainement pas. Mais en vie. Cependant, Eylin n'était plus dans l'instant, elle se laissait torturer, sans voix, par le vent sournois et ses murmures dégradants. Elle se sentit tomber dans le vide, comme un poids mort, sans bouger ni remuer ne serait-ce qu'un orteil. Elle allait mourir. Encore. Avec pour dernier souvenir, une dispute avec Amber. Sur un échec cuisant, encore un fois, qui marquait son incapacité. Sa chute fût amortie par un buisson dense et piquant. Ce n'était pas confortable, mais au moins elle était encore en vie. La douleur paralysait chacun de ses membres. Ses paupières étaient terriblement lourdes. Elle voulait dormir. Mais se réveillerait-elle ? Peut-être pas. Et Amber ? Elle ne pouvait pas s'endormir, là au milieu d'un buisson, en laissant son amie seule. Le vent continuait de souffler, toujours aussi méchant. Mais la brune trouva le courage nécessaire pour s'arracher à sa torpeur et ouvrit difficilement les yeux. Elle tenta de se redresser, mais son corps la faisait souffrir à chaque mouvement. Une grimace de douleur tordit son visage, mais elle se leva et attrapa tant bien que mal son poignard. D'un geste vif, elle égorgea une sorte d'écureuil enragé dotés de dents aiguisés. 


« Il faut qu'on sorte de ce cauchemar Amber ... Ces voix ... En permanence ... Et cette douleur. »


Elle écrasa violemment ses mains contre ses oreilles pour échapper aux murmures du vent, mais rien n'y faisait. Eilyn attrapa la main de son amie et l’entraîna avec elle. Il était hors de question qu'elles soient de nouveau séparées. Elle courait, sans savoir où, ni même comment. L'adrénaline est une faiseuse de miracle. De sa main et de son poignard, elle se frayait un chemin dans les branchages, essayent d'épargner au maximum Amber qui la suivait. Mais elle s'imaginait bien que son amie avait également toutes les peines du monde à protéger leurs arrières. C'est pour ça qu'elles ne devaient pas s'arrêter. Courir. Encore et toujours. Pour se jeter dans elles ne savaient quel danger. Au bout d'un moment, le vent disparu, emportant avec lui les voix. Le calme était revenu. Sans savoir pourquoi. A bout de souffle et de force, Eilyn s'effondra au sol, du sang coulant de son visage, ses muscles la meurtrissant à chacun de ses gestes. Ses doigts glissèrent doucement de la main de son amie, qu'elle n'avait pas lâchée une seule seconde, et tomba mollement au sol. 
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Sam 28 Déc 2013 - 22:28
Eilyn me tirait la main. Elle avait fini par se redresser. J'essuyai une larme qui glissait sur ma joue et entamai avec mon amie une poursuite contre la mort. Une brume palpable et épaisse s'était immiscée partout, dévoilant des ombres inquiétante et des chemins douteux. Quand cet enfer allait-il s'achever ? Quand la douleur arrêtera-t-elle ? Je regardai le visage ensanglanté d'Eilyn, et eût toute les peines du monde à me rattacher à la lumière que je voyais au loin. J'avais de grands projets. Nous avions de grand projets. Il était hors de question que notre histoire s'achève ici. Je ne savais pas où nous trouvions la force d'enchaîner nos pas, pourtant, nous avancions à bonne vitesse. Elle, forçait le passage, tandis que moi faisais en sorte que nous ne finissions pas dévorée par de répugnantes créatures. Ce lieu que j'avais trouvé si beau tout à l'heure n'était qu'un domaine de cauchemar. L'incarnation même des enfers. L'endroit précis où la mort n'est qu'une fatalité. Où même la plus innocente des fleurs s'avère être votre ennemie. Mais alors que la fumée devenait irrespirable, et que mes jambes me prévenaient d'une chute proche, un miracle se produisit. Le vent semblait se taire, l'oxygène entrait plus facilement dans mes poumons. Progressivement, le cris des oiseaux et les craquements sinistre de l'incendie laissèrent place aux gazouillis de la nature. Au bout d'un moment, je ne saurais dire combien, si ce n'est que le soleil se levait, nous arrivâmes dans une clairière étonnamment claire. En hauteur. Une lueur surnaturelle berçait les lieux, une tiédeur se déposait sur ma joue. Je fermai même les yeux, laissant couler une ultime perle d'eau de mes yeux. Soit nous étions morte, soit l'enfer venait de s'achever.  Je lançai un regard derrière moi, et fût l'actrice de la plus mauvaise nouvelle qui pouvait nous tomber dessus. Il n'y avait plus de feu, plus de foudre, plus de bestiaux enragé. Rien. C'était bien là tout le problème. Il n'y avait pas la trace de la moindre cendre, du moindre personnage du cauchemar qui venait de nous arriver. Il n'y avait même plus d'académie, ni une seule trace de ce fleuve tranquille où nous campions quelques heures auparavant. Le décor était intacte, comme si rien n'était jamais arrivé, et nous nous retrouvions seule, au milieu de ce jeu de démon, sans le moindre repère. Piégée par, et dans la forêt.

Eilyn lâcha ma main et s'écrasa lourdement au sol. Je me laissai tomber à ses cotés, sur les genoux, et la mis sur le dos. Je regardai mes mains, couverte de son sang, et perdit le peu de sang froid qu'il me restait. Je hurlai. Un cri long, brisé, plein d'agonie. Je m'arrachai les cheveux et me roulai en boule, contorsionnée par une séries de spasme et de sanglot. Rien n'était terminé. Nous étions plus en mauvaise posture que jamais, dans un paysage d'apparence paradisiaque, mais si hostile qu'aucun mot ne me venait à l'esprit pour le décrire. Nous allions mourir, toute les deux. Ce liquide rougeâtre me rendait si folle que je me frottais les mains frénétiquement sur toute les parties habillée de mon corps. Ma vision, troublée par mes larmes, s'éloigna dans un point lointain. Ensuite, c'était le noir. Alors, c'était la fin ? Je venais de perdre ma deuxième et dernière vie ... ? 

Eilyn, désolée. Désolée pour tout. Je ne voulais pas que tu meurs. Je ne savais rien de tout ça, et si ça aurait été le cas, je ne t'aurais pas laissée venir. Je ne serais même pas allée moi-même. Nous nous retrouverons, c'est promis. Dans la vie, ou dans la mort.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Sam 28 Déc 2013 - 23:14
Avant de fermer les paupières, elle la voit. Amber. Son amie qui semble être dans un état assez pitoyable. Une larme tombe du coin de l’œil d'Eilyn. Une larme pour tous ces regrets, ces aventures inachevées et le gâchis de cette deuxième vie. Elle ne voulait pas tout ce qui lui arrivait. Pour une fois qu'elle avait fait les choses pour elle, pour se libérer du carcan qui l'empêchait de vivre. Il fallait que ça se retourne contre elle, qu'on la punisse pour avoir osé voulu goûter à l'ivresse d'une folie. Le noir. L'inconscience. La brune sombrait petit à petit. Elle s'éloignait de la réalité, de toutes les sensations, les douleurs qui lui parcouraient le corps.  La mort, encore une fois. Elle ne la connaissait que trop bien, et l'avait vu venir, la première fois. Mais la différence était immense. A l'époque, elle n'avait plus la force de se battre. Elle avait perdu le plus dur des combats. La lutte acharnée entre le cancer et elle. Il avait gagné, avait réduit son corps à néant. Puisant toutes ses forces, grignotant la moindre trace d'énergie. Ses cellules s'étaient retournées contre elle, la réduisant progressivement à un état bien pire que la mort. Ici, elle était forte, combative, remplie de détermination et de courage. Et pourtant elle avait perdue une fois de plus. La jeune fille avait l'impression de tomber. Une chute interminable, dans un long tunnel noir. C'est alors qu'elle les vit. Son père et son frère. Pourquoi les voyait-elle ? Ils n'étaient pas morts. La Mort jouait avec elle, ou bien elle n'était pas en train de mourir, et son cerveau tentait difficilement de la maintenir en vie en lui montrant une raison de ne pas lâcher. C'était étrange d'ailleurs, en levant les mains devant son visage, aucune trace n'était visible. La brune toucha alors son visage, sur lequel des dizaines de coupures devaient rendre imparfaite sa peau. Mais rien. Elle avait retrouvé sa peau lisse et douce. Incrédule, elle se laissa aller à la contemplation du visage de sa famille. Un sourire étira ses lèvres et elle osa même poser une main sur la joue des deux hommes de sa vie. 


« Eilyn. »


Une voix l'appelait. Une voix qui provenait de derrière elle. La brune tourna donc vivement la tête, et chercha l'origine de cet appel. C'était une voix douce, agréable et apaisante. Une envie terrible de répondre à son appel grondait au fond de son coeur. Mais de l'autre, elle voulait pouvoir rester auprès de son frère et de son père. Cruel dilemme. Elle posa ses mains sur ses paupières, tentant de faire taire cette voix qui l'appelait et qui perçait sa peau et son coeur à chaque fois, tant elle était rempli de sentiments. Une larme roula sur sa joue. Elle le prouvait en cet instant, il était bel et bien possible de sourire et de pleurer en même temps. Après tout, elle l'avait lu quelque part, les arcs-en-ciel naissaient bien de la pluie et du Soleil. Avec délicatesse, elle embrasse la front de ses hommes si parfaits et leur tourna le dos. Sans se retourner une seule seconde, elle marcha en direction d'une sorte de porte. Lorsqu'elle posa sa main sur la poignée, elle hésita quelques secondes puis, inspirant profondément pour se redonner un peu de contenance, elle appuya vivement dessus. 


Une lumière aveuglante transpercer ses paupières. Une douleur lancinante meurtrissait chacun de ses membres. Eilyn mis une main au dessus de ses yeux et se redressa maladroitement. Elle n'était pas morte visiblement. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle ne vit rien, le Soleil brillant bien trop fort pour ses pauvres pupilles. Une fois adaptée à la luminosité, elle vit à côté d'elle le corps sans vit d'Amber. Inquiète, paniquée, elle regarda autour d'elle. C'est alors qu'elle la vit flotter dans les airs. Une silhouette fantomatique d'une rare beauté. Dès qu'elle posa son regard sur elle, la brune se sentit immédiatement apaisée et sereine. Elle ne risquait rien. Elle le savait. Et Amber allait se réveiller bientôt. La silhouette féminine était d'un vert à la fois sombre et magnifique. C'est alors qu'elle comprit. Ce tunnel, son père, son frère ... Elle avait su réveiller en elle suffisamment de rage, de désir de vivre, pour la faire revenir. Eilyn reporta son attention sur la femme, ou plutôt sur l'esprit qui lui faisait face. Elle portait une robe somptueuse, épousant parfaitement ses formes. Son visage inspirait la paix et la confiance.  Cependant, la jeune fille n'osa pas rompre le silence. Elle voulait la remercier, en savoir plus sur elle. Mais elle n'osait pas parler. Elle resta donc assise par terre, une main protectrice posée sur le bras d'Amber.
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Sam 28 Déc 2013 - 23:47
Il n'y avait que du noir. J'étais gelée, le corps entier hurlant libération. Les ténèbres me comprimaient. J'étais lourde ... Si lourde. J'en venais même à penser. A réfléchir sur moi, et à me questionner sur ce monde sans toit ni sol. Je me retrouvais face à ma souffrance. A tout ces sentiments qui ont fait de moi la fille que j'étais devenue. Je transpirais la vengeance. La haine coulait de tout les ports de ma peau. J'étais prise d'une folle envie de vivre, envoûtée par ce désir du travail accompli. J'avais de grandes choses à accomplir. Traquer l'humanité qu'il restait en moi, la détruire, et faire régner l'apocalypse sur Terre. Quel sinistre chemin ... Pourtant, j'avais déjà gravis les première marches. J'étais prête, parée et armée pour cette destinée sanglante. Mais alors, pourquoi étais-je prisonnière ? Je me sentais comme coulée dans du béton. Dans une tenue bien trop serrée à mon goût. C'est alors que je la cherchais du regard dans la pénombre : Eilyn. Tandis qu'une partie de moi espérais ne pas la voir, une autre désirait dur comme fer qu'elle soit morte. Je n'avais pas envie de rester ici, seule à jamais. Seule comme je l'avais toujours été. Je serre les poing, je tente de l'appeler, mais aucun son ne sort de ma bouche. C'était comme ce fameux soir, où j'avais achevé mes jours entre deux cailloux, au fond d'un lac d'une eau froide et claire. La matière qui m'entourait m'étouffait. C'était le vide. Juste le vide. Etais-je au plein centre de mon cœur ? J'avais bon me débattre, c'était comme s'agiter dans une pâte. Épaisse et molle. Il n'y avait plus de toute. J'étais morte. Et toute la volonté du monde n'y ferait rien. J'étais destinée à rester allongée là, au milieu d'un rien le plus parfait, et ce, pour l'éternité.

Pourtant, j'ouvris les yeux. Je pris une grosse bouffée d'air, remplissant ainsi mes poumons qui étaient totalement vide. J'étais sûre que ça n'arriverait pas. Le ciel bleu azur me déchirait les yeux, et les rayons du soleils contrastaient tellement avec mon ex-froidure qu'ils étaient gênant. Après réflexion, j'étais mieux morte que vivante ici. Une main était posée sur mon épaule, et sa propriétaire était à mes cotés. Je toussai plus fort que jamais, pliée en deux, et vît cette dame qui flottait au dessus de nous, cachant le soleil sans vraiment le couvrir. Je fût tentée de prendre mon arc, mais à peine ais-je eu le temps de tendre ma corde que l'envie me passa. Il n'allait rien m'arriver. Je ressentais en cette femme, d'une peau couleur olive, une immense gentillesse. Étais-ce encore une manœuvre diabolique ? Peu importe. Je n'arrivais pas à tirer. Bien que pleinement conscience, c'était au dessus de mes forces. Je regardai Eilyn, qui elle aussi était saine et sauve et dit :

" Eilyn ... Je ... Je suis désolée. J'ai eu tellement peur. "


Je regardai le sol, mi herbe mi-mousse, et lançai à l'intention de l'étrange esprit, sans la regarder, de peur que sa pureté me soit fatale :

" Vous ... Tu nous a sauvé ? " 

Même si je venais de revenir d'entre les mort, si ce n'était pas mon esprit qui m'avait joué un tour, je n'avais pas perdu mon impolitesse. La silhouette fît un geste aérien, faisant flotter le tissus luxurieux de ses vêtement dans une dance vaporeuse, et gloussa.

" Non. Enfin, si, si on veut. Disons que j'ai su animer en vous la force nécessaire pour survivre. Et j'ai aussi pansé vos blessures, me répondit-elle d'une voix claire et chaleureuse "
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Dim 29 Déc 2013 - 12:17
Un mouvement détourna le regard d'Eilyn de cette étrange femme verte flottant dans les airs. Son amie venait de se réveiller. La brune laissa échapper un discret soupir de soulagement et adressa un sourire à Amber. Elle était si contente de la savoir en vie, qu'elle en oublia un instant toutes les horreurs qu'elles venaient toutes deux de vivre. Toute cette douleur n'aurait été que ridicule comparé à celle engendré si son amie ne s'était pas réveillée. A cette idée, un frisson parcourue le corps de la jeune fille. Elles l'avaient échappé belle. Si cet esprit, qu'elle avait décidé d'appeler Olive vu sa couleur, n'étaient pas venu les trouver, sans doute ne se seraient elles jamais réveillées. D'ailleurs ... Si elle s'appelait Olive, il devait bien y avoir un Tom quelque part. Comme dans le dessin animé. Fronçant les sourcils, Eilyn observa Olive. Non, elle ne la voyait pas jouer au foot. Or, Olive et Tom étaient des joueurs de foot. Bon, tant pis, elle s'égarait de façon assez inquiétante. La brune secoua donc doucement la tête pour chasser ses pensées sordides puis répondit à Amber. 


« Tu es désolée pour quoi ? Tu n'y es pour rien. Ni toi,ni moi. J'ai eu peur aussi, et je suis terriblement contente de te voir en vie. »


C'est vrai quoi. Ni l'une ni l'autre ne pouvait trouver une part de culpabilité dans ce qui venait de leur arriver. Au contraire, elles devaient rester unies face à la Nature qui semblait se déchaîner contre elles. En cet instant, Eilyn avait une soudaine envie de serrer son amie dans ses bras. Mais connaissant sa réticence à tout attachement ou geste de sympathie, elle préféra s'abstenir. Elle était respectueuse de cette distance qu'Amber voulait imposer entre elles, et ne ferai rien pour violer son intimité, son espace vitale. La brune se contenta donc de reporter son attention sur Olive. C'était troublant, d'avoir une Olive en face de soi, lorsqu'on mourrait de faim. Bien qu'elle déteste les olives, en cet instant elle aurait été capable de croquer n'importe quoi. Bref. Elle venait de leur sauver la vie. Sans trop savoir pourquoi, Eilyn éprouvait bien des difficultés pour s'adresser à l'esprit, alors qu'Amber ne semblait pas perturbée le moins du monde. Elle prit donc son courage à deux mains et se lança, un peu maladroitement, mais l'envie était là.


« Je crois que l'on vous doit un grand Merci. Mais ... Pourquoi ? Et comment ? Enfin, c'est assez incroyable ... »


Contrairement à son amie, Eilyn n'arrivait pas à tutoyer l'esprit. Elle avait bien trop de respect et de ... soumission, en quelque sorte, pour pouvoir traiter un esprit comme son semblable. Cela faisait terriblement vieux jeu et poli, mais c'était plus fort qu'elle. 


« Parce que je sais combien la forêt peut être terrible. Et que je me suis promis de tout faire pour aider quiconque s'aventure dans cette jungle à survivre et gagner. »


C'était donc un combat. La forêt ou nous. Très rassurant. Vraiment. Eilyn tourna la tête vers Amber puis leva les yeux au ciel. Elles n'avaient pas le cul sorti des ronces. Combattre une personne, un animal ... D'accord. C'était possible. Mais se battre contre une forêt entière, capable des pires choses ... C'était insensés. Complètement sordide. Comment se battre contre le vent ? La pluie ? La nature ... 
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 17 Avr 2014 - 16:55
Eilyn conversait avec l'esprit qui scintillait d'une étrange lueur verdâtre. Je ne saurais dire pourquoi, je me sentais incapable de lui faire le moindre tort. D'ailleurs, était-ce possible ? Troublée par ce sentiment de paix profonde, je préférai me lever et marcher un peu. Mes muscles étaient endolori et ma démarche était lourde. Combien  de temps étions-nous restée inconsciente ? Le jour était là ... Hors, lorsque nous étions tombée ... Je ... Je ne sais plus. Il ne semblait y avoir aucun chronologie. Le temps s'était perdu, et notre départ de l'académie me semblait loin, désormais. Je caressai mes vêtements déchiré et m'assurait que tout était encore en place. C'était le cas. Même mon paquet de cigarette. J'en allumai une et croisai les bras face à se paysage de merveille. Je savais maintenant qu'il passait sous acide les apprenti-dieux trop curieux, et que ce n'était pas très plaisant. Par ailleurs, pour être soigné, il faut au moins un corps. Hors ... Ici, personne ne retrouvera jamais nos dépouilles.

Je grimpai sur le seul arbre de cet espace ouvert et observai le paysage. Des montagnes, de la forêt à perte de vue, et au plus proche de nous, un horizon aux apparences désertique. Il faisait d'ailleurs très chaud, mais mon corps à moitié dénudé par de diverses brûlures et déchirures laissait passer l'air. Je sautai de ma branche et retournai auprès des autres. Je n'osais pas regarder notre sauveuse, c'est donc tout naturellement que j'allai derrière Eilyn pour l'informer de la situation.

" Petite luciole ... ? Nous avons un problème. "


Je lui expliquai les faits et achevai mes paroles par une petite pression sur son épaule. J'évitais d'y penser, mais plus le temps passait, plus le sentiment de sécurité qui m'envahissait m'oppressait. Je n'aimais pas qu'on l'on force mes sentiments ...
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Re: Un pèlerinage vers le danger - Jeu 17 Avr 2014 - 17:11
Tandis qu'Eilyn tentait de communiquer avec la dame verte, qui l'intriguait au plus haut point, elle remarqua du coin de l'oeil que son amie en profitait pour se dégourdir les pattes, la laissant ainsi seule à tenir la conversation avec une sorte de truc bizarre qu'elle n'avait jamais vu. En son for intérieur, la brune maudissait Amber, cette dernière escaladant désormais un arbre. Sans doute se prenait elle pour Jane et partait-elle à la recherche de son Tarzan. Mais ... N'avait-elle, sincèrement, rien de mieux à faire, que de se prendre pour la reine de la jungle, une clope au bec ? Pour faire bonne figure, Eilyne hocha la tête pour répondre à Olivette, la dame inconnue. Elle ne voulait pas paraître discourtoise, mais elle n'avait pas tellement envie de parler papillons, petites fleurs et pouvoir de la nature, alors que la mort venait de frapper à sa porte. Et à celle d'Amber. La brune accrocha donc un sourire forcé sur ses lèvres et contempla furtivement Olivette. Son coeur ne fit qu'un bon dans sa poitrine. Elle n'y avait pas fait attention jusque là, mais ... Olivette ... Avait des olives à la place des dent. Elle écarquilla les yeux, posa une main sur sa bouche et resta un long moment à contempler la bouche de son interlocutrice. 


Abasourdie, elle secoua la tête et tendit son bras dans le vide, à la recherche d'Amber. Il fallait qu'elle le lui dise. Olivette était une sorte d'Olive humaine. Son surnom n'était pas si ridicule que cela au final. Lorsque sa main entra en contact avec le bras de son amie, Eilyn n'eu pas le temps de prendre la parole, la petite luciole qu'elle était, première nouvelle, avait visiblement un problème. Fronçant les sourcils, elle oublia un instant son soucis dentaire et repris possession de ses moyens.


« Comment ça, un problème, Grand Caribou ? »


Tout en parlant, Eilyn ouvrit grand ses yeux, se mit dos à Olivette et montra frénétiquement ses dents à Amber, dans l'espoir que celle si comprenne. Leur survie en dépendait. Comment faire confiance à une dame pouvant servir d'apéritif ? Il ne manquait plus que le verre de Ricard et la coupe était pleine. Soucieuse, Eilyn fit quelques pas pour s'écarter d'Olivette et de son aura d'Olive, et alla s'adosser à un arbre. Ses blessures lui revinrent alors à la figure et lui tirèrent une grimace qui déforma ses traits. De multiples égratignures rouges vifs et des bleus énormes ornaient sa peau blanche. Mais par dessus tout, le souvenirs des voix lui vrillèrent le coeur. Une main sur sa poitrine, elle se laissa glisser au sol et fixa une coccinelle qui voletait non loin de son nez. Malgré son apparente léthargie, Eilyne avait écouté avec attention les paroles de son amie. En effet, elles avaient un problème. La brune se leva donc d'un bon, attrapa doucement le poignet de son amie puis se retourna vers Olivette la dame aux dents d'olives. 


« Excusez nous, mais nous devons ... y aller. Oui, c'est ça. On ne voudrait pas vous déranger plus longtemps. Encore merci pour tout  ... et puis, je tenais à vous dire ... C'est chouette, le vert, les olives, tout ça. »


Eilyn hocha la tête et fit quelques pas vers un chemin qui l'inspirait. Elle ne savait pas où aller, donc elle se fiait à son instinct et emprunta un chemin qui lui semblait calme et paisible.
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