Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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La colère est fille de la Nuit [quête Némésis]

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La colère est fille de la Nuit [quête Némésis] - Ven 6 Déc 2013 - 17:07
« Mais ! Dans quel état vous êtes, Sven ! Que s’est-il passé ? Une attaque de renégats ?! »
 
Un soupire. Le miens. Je suis épuisé…
 
« Non… »
 
« Ouf… vous m’en voyez rassurée… mais… quoi donc, alors ? Est-ce vous qui vous êtes infligé de pareilles entailles ? »
 
Je fixe mes bras. Comment répondre à cette question ?
 
« Je crois… que d’une certaine manière, on peut dire ça comme ça… »
 
[…]
 
Un jour comme un autre, où je me lève à contre cœur, pour me préparer et partir au travail. Faire des rondes, encore et encore, surveiller des moutons qui prennent un malin plaisir à sortir du troupeau… Des moutons que je m’amuse à faire tourner en bourrique, avec l’aide de ma camarade repentie. Des moutons… qui me désintéressent au plus haut point. Certains repentis les envient. Moi pas. Si  c’est pour passer ma journée le cul sur une chaise, je préfère encore faire mon travail de surveillant. Alors je le fais, ce travail.
 
Mais il faut que j’arrête d’être mauvaise langue, et de médire sur mon job. C’est vrai que ce n’est pas la chose la plus passionnante au monde, cependant… Cela me laisse l’occasion de me promener, de visiter, chaque coins et recoins de l’académie. Certains connus, d’autre moins connus… et certains même pas indiqués sur la carte.
 
C’est exactement ce que j’ai fait, ce matin. Me promener, errer comme une âme en peine, me laissant guider par mes pas, par mon instinct, par le vent qui me poussait à tourner à droite, ou à gauche, par ce murmure incessant qui me demandait de pénétrer dans tel ou tel bâtiment. Tout ce qui s’est passé est le fruit du hasard. Et de la volonté de Deus. Je me demande s’il n’a pas voulu me mettre à l’essai. Peut-être… sûrement même. Je n’ai pas été le plus gentil des repentis, récemment. Enfin… ce ne sont que des suppositions, je n’ai pas de preuves à l’appui. Enfin. Le fait est que je me suis retrouvé dans un recoin reculé de l’académie. Je ne saurais même pas vous dire ou exactement. Perdu, totalement perdu. Désorienté, errant comme un fantôme. Comme une feuille morte portée par le vent…
 
J’aurais du mal à vous décrire très précisément ce qu’il s’est passé. Tout a été trop rapidement… Je… ne comprends pas moi-même, le début.
 
Il faisait sombre. J’étais dans un long couloir. Je le longeais, ne pouvais faire rien d’autre. Et puis il a débouché sur une petite pièce. Cela sentait le renfermé et l’humidité. La moisissure. Ca puait. Il y avait quelque chose de louche, une ambiance lugubre, rien de très rassurant. La sale était totalement vide. Oui. Enfin… non. Pas totalement. Il n’y avait rien d’autre qu’un miroir. Tout en longueur, plus grand, plus haut que moi. Pour ceux qui me connaissent, ils comprendront immédiatement ce que j’ai fait, sans lire la suite. Pour les autres… Eh bien, il y a une chose à savoir sur moi. Je m’aime. Pas juste un peu. Non, je me trouve tout simplement parfait. Je suis magnifique, je suis… Un dieu. Alors forcément, légèrement narcissique sur les bords, tout miroir ou paroi réfléchissante que je crois, eh bien je me regarde dedans. Et là, cela n’a pas fait exception à la règle. Je me suis observé de long en large en travers. Je distinguais mon reflet malgré l’obscurité ambiante. Oui… Je distinguais bien ce petit sourire moqueur… et il n’était pas de moi… Je me suis alors reculé, lentement. Je n’aime pas les choses que je ne comprends pas. Et ça, je ne le comprenais pas. Mon reflet me souriait. Il me fixait, et me souriait. Il se foutait ouvertement de ma gueule… J’en avais la chair de poule. Et d’ailleurs, j’en ai encore rien que d’y repenser. Brr…
 
Et encore, ce n’était pas le pire. S’il s’était juste contenté de me fixer et de me sourire depuis l’intérieur du miroir, cela m’aura juste fait froid dans le dos… Mais non. Cela ne s’est pas arrêté là….
 
Mon reflet est… sorti du miroir. Vraiment. Il a d’abord tendu les bras, mains ouvertes, comme pour tenter de m’attraper, et m’attirer avec lui dans le miroir. Puis il a commencé à prendre du relief, et sortir, petit à petit. J’ai honte de l’avouer, mais j’ai lâché un petit cri d’horreur. L’espace d’un instant, j’ai cru voir la scène ou Sadako sort de la télévision dans The Ring… Je me suis collé au mur, loin de lui. Et puis son sourire s’est transformé en rire. D’abord lointain, puis de plus en plus proche.
 
Creepy as hell…
 
Il s’est dangereusement approché de moi. Moi… pauvre poupée de chiffon tremblant de tout mon être… Il m’a regardé de plus près, de son regard de jade…
 
*Jade ? Mais j’ai les yeux bleus, moi, pas verts…*
 
M’a ri au nez, puis s’est enfui.
 
Je suis tombé à genoux, mes jambes ne portant plus mon poids. Et puis un mystérieux homme est apparu. Je ne me souviens de rien concernant ce type, si ce ne sont ses mots.
 
- Il faut que tu le rattrapes avant le coucher du soleil, ou tu seras prisonnier à sa place.
 
Il m’a également tendu un mystérieux miroir, que j’ai pris, hésitant. Que je le rattrape ? Avant le coucher du soleil ? C’était facile à dire…
 
Je me suis relevé tant bien que mal, et ai entrepris de sortir, priant pour que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve. Malheureusement, non.

C’était bien la réalité. J’ai eu beau me pincer, me gifler, me cogner la tête contre un mur… C’était bien la réalité. Et le soleil commençait déjà à décliner. C’était la fin d’après-midi. Il ne me restait plus longtemps. Alors je me suis élancé sur sa piste, le miroir rangé dans ma sacoche. Hors de question que je me retrouve enfermé à sa place pour je ne sais combien de temps. J’ai ma vie, et il ne me la volera pas comme ça.
 
J’ai couru comme un dératé pour retourner vers les coins peuplé de l’académie. Lorsque je me suis approché des gens, ils m’ont regardé avec effroi. Je leur ai demandé ce qu’il se passait, pourquoi ce regard, ils se sont mis à me fuir comme la peste. Personne ne voulait répondre à mes questions. Non, personne… Jusqu’à ce que je croise un professeur qui m’a plaqué au sol sans que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit.
 
« Enfin je te tiens, petit saligaud… »
 
Il m’appuyait sur la poitrine, m’empêchant de parler… et de respirer, également. Au moment où j’ai commencé à suffoquer, la pression s’est subitement relâchée.
 
« C’est… ranges ton cône, le travelot ! Ça ne sert à rien de tenter de m’intimider ! »
 
Un rire sonore s’est mis à retentir, alors que la pression sur mon torse se refaisait sentir. Il était juste en train de me broyer le dos, ce type…
 
« Je ne suis pas le clone de cette poupée de chiffon bonne à jeter… Je suis mieux. Bien mieux, oui… »
 
Des bruits de pas qui approchaient. J’ai tenté de lever les yeux, et tout ce que j’ai pu entendre, c’est un gargouillis ignobles, de ceux que l’on fait lorsque l’on vous tranche la jugulaire. Du sang s’est mis à couler sur mon visage écrasé au sol, me tâchant. J’étais… juste glacé. Glacé d’effroi. Cette chose… ce moi… Mon opposé total, mon doppleganger, ma Némésis… venait de tuer un homme. Un professeur, qui plus est…
J’ai étouffé un petit cri d’effroi, le corps me tombant dessus inerte. J’avais –et j’ai- beau savoir qu’il sera ressuscité, je ne supporte pas l’idée de savoir que, d’une certaine manière, je l’ai tué. Et que j’ai tabassé gratuitement des apprentis. Enfin… ce n’est pas moi, c’est lui… mais lui, il est moi, non ? Humpf…
 
« Maintenant, que tout soit bien clair, vous allez tous vous agenouiller devant ma supériorité… »
 
Et prétentieux, en plus d’être un monstre…
 
Il m’a attrapé par les cheveux, m’a relevé à sa hauteur, visage à visage. C’était perturbant. C’était moi… mais en même temps, ce n’était pas moi.
 
« A commencer par toi, Sven… »
 
Un rictus mauvais peignait mon… non, son visage. Cela ne sentait pas bon du tout. La douleur de mes cheveux tirés sur mon crâne était vive, et plus que désagréable. Je retenais un couinement, ne voulant pas lui montrer que cela me faisait peur, ou quoi que ce soit d’autre. Mais il faut bien que j’avoue que j’étais perturbé… que je n’aimais pas du tout cette sensation.
 
Il m’a trainé de force sur une longue distance, m’emmenant jusque dans une salle de classe. Là, il m’a assis sur une chaise, puis ligoté avec une corde qui trainait dans un coin pour je ne sais quelle raison. Et puis il s’est planté debout, devant moi. Il a récupéré ma sacoche, a fouillé dedans. Il a pris le miroir par le manche, m’a regardé, l’air blessé, déçu…
 
« Tt tt tt… Sven, voyons… je te pensais plus intelligent que cela… »
 
Il l’a jeté dans un coin. Je m’attendais à ce qu’il casse, mais non. Miroir surement magique, et de très bonne manufacture. Il est resté d’un seul morceau. Mais moi je n'avais rien demandé à personne. Ni de rencontrer mon double maléfique, ni de devoir essayer de l'enfermer dans un putain de miroir, ni de me retrouver ligoté sur cette chaise!

« Ceci dit, tu ne me connais pas... »

Un son guttural sort de sa gorge.

« Oh, au contraire mon agneau... Je suis l'être qui te connais le mieux... Et je te connais tellement bien que je vais faire le parfait remplaçant pour toi... »

J'ai laissé s'échapper un petit couinement, pendant qu'il continuait de fouiller dans mon sac, jusqu'à trouver ce qu'il cherchait. Un couteau, que je garde sur moi, au cas ou. Il s'en est saisit, un sourire sadique sur les lèvres. 

« J'ai bien envie d'essayer un petit jeu... Lequel d'entre nous sera le plus fort à cela? »

Il rit. Un rire rauque, immonde. Pas le miens, en tout cas, je le jure. Ou alors si je ris comme ça, il va vraiment falloir que je me paye un nouveau rire. Le fait est qu'il a posé la lame sur son avant bras, découvert, et d'un coup sec... a fait couler son sang. Et le mien, m'arrachant un cri de douleur. Ce con avait entaillé profondément... Il a recommencé, une fois, deux fois, trois fois... Jusqu'à ce que l'avant bras soit entièrement recouvert de plaie. Nous nous vidions, tous les deux. Mais il ne comptait pas s'arrêter là.

« As-tu seulement idée de ce que cela fait de vivre enfermé pendant que ton double, tout gentil, tout mignon, tout concon se pourrit la vie alors que toi, tu pourrais être un leader, être... être obéis, être crains... être un dieu, un vrai, avec des couilles?! NON?! Tu ne sais pas ? Ne t'en fais pas, tu le sauras la nuit tombé... »

Il a alors oté son haut, et c'est là que je me suis rendu compte que cette chose, mon double, me haïssait vraiment. Pour du tord que je ne lui ai pas fait. Je ne savais même pas, avant cela, qu'il existait...  

« Ton Janma là... je crois bien qu'il ne partage ni tes sentiments, ni tes attentions, ni quoi que ce soit que tu puisses avoir pour lui... Il se fou juste de ta gueule. Comme tous les hommes que tu as pu côtoyer  Tu n'es qu'un bel objet, un fragile objet, dont il peut s'occuper lorsqu'il a deux minutes de libres... et n'ose pas me dire que c'est faux, tu en doute toi même... »

De la douleur physique ou psychologique, je ne saurais dire, même maintenant, laquelle est la plus douloureuse... Entre me briser le corps, et me briser le cœur, je ne sais quelle torture je préférerais .. Bien qu'en général, la torture n'est pas faite pour être appréciée...

« Ta gueule... La ferme... parles pas de choses dont tu ignores tout... »

« Ouuuh... petit Sven s'enerve, il sort les crocs... Dis lui bye bye à ton cuisinier, ce sera le premier à souffrir de ma colère... »

« J'AI DIT LA FERME ! »

Sans m'en rendre compte, j'ai activé mon don. Faut pas me pousser à bout. Et encore moins sur ce sujet là. C'est coton, comme affaire... Le fait est que je l'ai forcé à se taire. Mais cela n'a pas duré bien longtemps. Mon clone. Une partie de moi même... oui. Il avait le même pouvoir que moi. Et il m'a forcé à arrêter. Et je ne pouvais pas lutté, épuisé comme j'étais. Je me vidais de mon sang, petit à petit... Et une fois qu'il fut de nouveau libre d'agir, eh bien il recommença son traitement.

« Tu vas nous tuer tous les deux... »

Ai-je murmuré. Lui, il a juste ri.

« Tu sais aussi bien que moi que l'on ME ramènera à la vie, après cela... »
Il n'avait pas faux. Sauf que ce ne sera pas lui que l'on ramènera à la vie... mais bel et bien moi... J'ai levé la tête, plongé mon regard dans le sien et...

*La ferme et va chercher le miroir.*


Je le tenais. Et je ne comptais pas le lâcher. Et je ne l'ai d'ailleurs pas lâché... 


*Maintenant, tu le touches...*

Il m'a regardé. Un dernier regard. Haineux. Plus qu'haineux même... Mais il l'a fait, ne pouvant lutter. Juste que... ben j'aurais surement du lui demander de me détacher, avant de retourner dans son miroir... Mais non, moi j'étais vidé -au sens littéral comme au figuré- et j'ai complètement zappé... Et j'ai perdu connaissance juste après.

Lorsque je me suis réveillé, j'étais à l'infirmerie... Je ne me souvenais pas comment j'y avais atterris, et l'on m'a rapidement expliqué que c'étaient des apprentis qui m'avaient retrouvé et ramené ici. On a pansé mes blessures, me bandant encore plus qu'un pharaon près a aller trouver le repos éternel dans son sarcophage, et j'ai récupéré mes effets personnels... dont ce miroir dans lequel il est enfermé. Et me voilà, maintenant, sur un balcon de l'internat, à fumer une cigarette taxée à quelqu'un que j'ai chopé à fumer dans un coin, en train de me demander si je saute ou pas, pour ressusciter et avoir un nouveau corps tout beau tout neuf... 

Après tout, si je le fais... je ne devrais pas souffrir bien longtemps...

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Re: La colère est fille de la Nuit [quête Némésis] - Sam 7 Déc 2013 - 11:29

Eh bien, le Némésis de Sven ne fait pas dans le dentelle, même envers son propre double. En tout cas, j'ai beaucoup aimé te lire, c'était très instructif aussi sur la psychologie du personnage. Bravo.

Sven :  250 xps + 300 xps de bonus de quête + Un miroir de poche qui vous permettra de le libérer à nouveau pendant 5 minutes a vos risques et périls (usage unique).

Xps attribués : Yep
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