Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Le chat et la Poupée

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Re: Le chat et la Poupée - Mar 17 Déc 2013 - 10:06

« Je te parle de moi si tu me parles de toi en retour, Nelsha… »

"- Je croyais que tu ne t'intéressais qu'aux Hommes. Serais-je en train de parvenir à te faire changer de bord?"

Mais oui, bien sûr que j'ai compris que ce n'était pas du tout de cela qu'il parlait mais ça me faire rire de le titiller de la sorte. Et puis, je guette aussi les réactions d'Asmodée dans le même temps, voir jusqu'à quel point ce félin serait semblable à l'autre poupée. Bah oui quoi, si je veux pouvoir m'amuser vraiment jusqu'au bout, autant que j'en sache un maximum sur eux. Je n'aime pas laisser le hasard décider pour moi, jamais. C'est moi qui donne le rythme et qui maitrise toutes les situations, pas l'inverse. Sinon, je les retourne à mon avantage. Toujours.

« Par où commencer… »
« Par le début, je suppose. Cela pourrait être une très bonne idée. Eh bien… »

"- Ça pourrait être pas mal en effet."

Le voilà qui se recroqueville sur lui-même, comme s'il craignait quelque chose. Pourtant, je suis sage là, je ne vois vraiment pourquoi il se comporte comme ça. Son copain à fourrure est venu se caler autour de lui, c'est trop mignon à regarder. Enfin bon, j'arrête de partir dans mes délires, il vaut mieux que je l'écoute un peu. Je ne sais pas pourquoi, mais je doute qu'il accepte de me répéter tout ça tous les jours. Et puis, je suis curieuse alors ça m'intéresse. Plus on en sait sur les autres, mieux on s'en porte. Car la connaissance donne le pouvoir, c'est bien connu.

« Je m’appelle Sven Théodore Loki… enfin. Loki n’est pas mon vrai nom de famille. J'ai vingt et un ans. Je suis d’origine Finlandaise, et ai vécu à Helsinki jusqu’à ce que j’aie l’âge d’aller faire mes études universitaires ailleurs. Je suis orphelin, et ai vécu en foyer toute ma jeunesse. J’étais bon à l’école, mais je m’y ennuyais, alors je séchais les trois quarts du temps… »

Jusqu'ici, rien de vraiment palpitant ni de très original. Un orphelin, un pays du Nord, un sécheur... Bon, il n’a pas vraiment le type même du blond aux yeux bleus des pays nordiques mais ça, on ne choisit pas. Dans l'ensemble, le portrait lui correspond bien. Je ne l'imaginais pas en élève modèle, pas après les conneries que l'on venait déjà de faire ensemble pour fêter ma nouvelle mort. Enfin, la suite arrive alors je m'installe un peu mieux, tête posée sur mes mains, coudes appuyées sur le lit, les jambes qui battent dans mon dos.

Et là, enfin, on en arrive aux moments intéressants. Jérémiah. Voilà le prénom de son premier amour. Comme c'est Chou. Ça a presque une consonance démoniaque, tiens, c’est marrant. Il ne s'en rend pas compte mais quelque chose a changé lorsqu'il a prononcé son nom. Oh, c'est extrêmement léger, et je pense que personne ne dois vraiment le voir mais ce nom à provoquer un reste d'étincelle une seconde. Mwrrr, ça me donne envie d'en apprendre davantage, de savoir la suite. Un chanteur, devenu très bons amis, la seule "fille" qui se soulait ça, j'aimerais bien le voir de mes propres yeux bien que mon imagination soit bien assez fertile pour ça. Et le départ, une disparition même dans son cas. Pas de remord, normal quoi. Non? Ah bon. Enfin bon, ce n'est pas le débat du moment.

« … A toi. Parles moi un peu de toi, si tu veux la suite… »

"- Mais euh, c'est de la triche. Tu m'appâtes sans rien dire réellement. Tu devrais avoir honte de ton comportement.
Et ma vie est légèrement plus longue que la tienne alors je te répondrais à hauteur de ce que tu m'as raconté de ta vie. Pas de cadeau, ça ne fait pas partie de ma politique."


Non mais et puis quoi encore, autant le mettre au parfum tout de suite. Une vie pour une vie. Donc, il aura le début et puis la fin. Enfin, la fin, il la connait puisqu'il était là lorsque que je me suis réveillée.

"- Bon, déjà, je te colle le contexte général. En Enfers, tu as différents plans avec des familles plus ou moins haut placées. Ma famille fait partie du Top 3, j’étais donc pour vous l'équivalent d'une princesse quoi. Comme toute ma flopée de frères et de sœurs. On devait être une grosse trentaine à ma naissance. Enfin, comme le temps n'a pas de prises sur nous là-bas, je n'ai pas de vrais repères chronologiques à te donner durant cette époque."

Décor planté, ça c'est fait. Maintenant, je vais pouvoir entrer dans le vif du sujet.

"- Éducation digne de mon rang, complots et autres arrangements entre familles afin de gagner influence et pouvoir, voilà mon traintrain habituel. Mais déjà, je commençais à me singulariser, sans leur laisser le voir. J'ai joué les ingénues, caressant d’une main pour mieux tuer de l'autre. Ma propre famille a ainsi perdue une petite moitié de ses membres, sans parler des autres gêneurs. Ma place, je me la suis faite, sans hésiter à me salir les mains mais sans laisser de preuves. Bon, je te passe les détails sordides, ton imagination fera parfaitement l'affaire. J'ai refusé de nombreux prétendants, en visant un en particulier. Je l'ai eu mais ce dernier a réussi à me doubler au final. En même temps, j'avais choisi la crème de la crème, je dois lui reconnaitre ça. Il a mis fin à mes plans de conquête pourtant si parfaitement agencés mais n'en jouira jamais. Il a voulu m’attraper lui-même, il y aura laissé son cœur entre mes crocs. Ce qui m'a fait perdre les précieuses secondes qui ont permis de me mettre définitivement hors-jeu. Je te laisse imaginer le sort que l'on réserve aux traitres et autres comploteurs/meurtriers de mon espèce. Quoi que pour moi, ils aient fait une exception...."

Je fais une pause une seconde, mon regard brillant et ma langue passant sur mes lèvres. Oui, Lui, il m'aura vraiment donné du fil à retordre. Ma plus belle chasse, ma plus formidable expérience. Ensemble, nous faisions un malheur, le pire carnage imaginable. Mais son ambition démesurée l'a poussé à commettre l'erreur qui lui couta la vie. Me vendre était une bonne idée mais vouloir profiter seul de son triomphe en m'ôtant lui-même la vie, c'était un mauvais calcul. J'ai peut-être perdu sur ce coup-là mais au final, c'est lui qui aura été le plus grand perdant. J'en frissonne d'excitation contenue. Je restais toujours gagnante. La preuve. Un regard coulé vers mon cher repenti avant d'ajouter calmement.

"- La suite, tu l'auras quand j'aurais eu la tienne. Pas question que tu en saches plus sur moi que l'inverse. Allez, je t'écoute. Et pas d'entourloupe, hein?"
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Re: Le chat et la Poupée - Mar 17 Déc 2013 - 23:59
"- Je croyais que tu ne t'intéressais qu'aux Hommes. Serais-je en train de parvenir à te faire changer de bord?"
 
De quoi m’arracher un sourire entre deux phrases.
 
« Changer de bord ? Oh non. Quoi que, tu serais mon style de minette. »
 
Je lui tire la langue. Histoire, blabla, et cetera. Puis vient son tour de parler. Enfin… Elle commence par réagir à mon petit coup de pute –parce que bon, mine de rien, s’en est quand même un- et se révolte.
 
"- Mais euh, c'est de la triche. Tu m'appâtes sans rien dire réellement. Tu devrais avoir honte de ton comportement.

Et ma vie est légèrement plus longue que la tienne alors je te répondrais à hauteur de ce que tu m'as raconté de ta vie. Pas de cadeau, ça ne fait pas partie de ma politique."

 
Je ris doucement. C’est tout à fait normal. C’est légitime. Je ne vais pas jusqu’au bout, normal qu’elle en fasse de même. Mais je suis tout de même curieux. Oui. Je veux savoir. Je me pose des questions, à son sujet. Enfin voilà quoi, elle m’intrigue, mademoiselle Kitty-cat… Et puis je n’ai pas à me justifier. Zut à la fin…
 
"- Bon, déjà, je te colle le contexte général. En Enfers, tu as différents plans avec des familles plus ou moins haut placées. Ma famille fait partie du Top 3, j’étais donc pour vous l'équivalent d'une princesse quoi. Comme toute ma flopée de frères et de sœurs. On devait être une grosse trentaine à ma naissance. Enfin, comme le temps n'a pas de prises sur nous là-bas, je n'ai pas de vrais repères chronologiques à te donner durant cette époque."
 
Oh… Une démone alors… intéressant. J’aurais dû m’en douter, en fait. Oui. J’aurais dû, mais je ne l’ai pas fait. En même temps, ici… Il faut dire qu’il y a tellement de gens, divers et variés, d’humains capables de se transformer, de démons qui n’ont rien de démoniaques, d’animaux qui parlent et autres choses étranges… Que je ne me pose plus vraiment de question sur qui que ce soit.
 
"- Éducation digne de mon rang, complots et autres arrangements entre familles afin de gagner influence et pouvoir, voilà mon traintrain habituel. Mais déjà, je commençais à me singulariser, sans leur laisser le voir. J'ai joué les ingénues, caressant d’une main pour mieux tuer de l'autre. Ma propre famille a ainsi perdue une petite moitié de ses membres, sans parler des autres gêneurs. Ma place, je me la suis faite, sans hésiter à me salir les mains mais sans laisser de preuves. Bon, je te passe les détails sordides, ton imagination fera parfaitement l'affaire. J'ai refusé de nombreux prétendants, en visant un en particulier. Je l'ai eu mais ce dernier a réussi à me doubler au final. En même temps, j'avais choisi la crème de la crème, je dois lui reconnaitre ça. Il a mis fin à mes plans de conquête pourtant si parfaitement agencés mais n'en jouira jamais. Il a voulu m’attraper lui-même, il y aura laissé son cœur entre mes crocs. Ce qui m'a fait perdre les précieuses secondes qui ont permis de me mettre définitivement hors-jeu. Je te laisse imaginer le sort que l'on réserve aux traitres et autres comploteurs/meurtriers de mon espèce. Quoi que pour moi, ils aient fait une exception...."
 
Une princesse, rien que cela. Oui, j’aurais aussi pu m’en douter. Après tout, elle en a l’attitude. Pas ces princesses hautaines et mauvaises. Non. Juste … une de ces petites garces, que personnellement, j’adore. Quand je dis garce, ce n’est pas à prendre au péjoratif. Non, c’est plutôt c’est adorables chipies que l’on adore détester, et qui nous font tourner en rond. Qui fait la belle et qui nous attache, puis qui nous mène par le bout du cœur. Oui. C’est exactement ça. Cette phrase décrit parfaitement Nelsha. Mais son histoire n’est pas entièrement rose non plus. Et de ce qu’elle m’en décrit, le monde des démons ne ferait pas envie à n’importe qui. A moi, étrangement, si. J’aurais aimé voir si j’aurais été capable de m’y faire une place. Qui sait… Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Mais je ne doute pas trop de mes compétences. Avec le temps, j’aurais pu. Par contre je n’aurais jamais été bon parti pour qui que ce soit. De cela, j’en suis certain. Même pour un humain, je ne le suis pas… Je souris doucement.
 
"- La suite, tu l'auras quand j'aurais eu la tienne. Pas question que tu en saches plus sur moi que l'inverse. Allez, je t'écoute. Et pas d'entourloupe, hein?"
 
Je pose mes yeux sur elle, avant de rire. Donnant donnant. C’est comme cela que ça marche. Et c’est moi qui ai lancé cette condition, alors je me dois d’y tenir. Ça oui… Alors puisque c’est ainsi…
 
« Hum bien sûr non… pas d’entourloupe. Je ne vois pas l’intérêt de cela… »
 
Je me frotte le visage avec les mains, quelques secondes, comme pour ôter toute fatigue de mon corps. Bien sûr cela ne marche que quelques secondes, mais tout de même. Puis j’inspire profondément.
 
« Donc… j’en étais à mon départ pour Londres… »
 
Comment raconter tout ça… cela me semble si lointain, cela fait longtemps que je n’y ai pas pensé… Et je ne regrette pas forcément cette vie-là. Enfin, des fois, si, quand même… Bref.
 
« Alors voilà, j’ai quitté mon pays natal pour un dont je ne connaissais que la langue et quelques photos… Là-bas, j’ai postulé dans une fac, et j’ai été pris. J’ai alors commencé des études de droit. J’étais bon, mais cela ne m’intéressait pas. Je créchais dans une piaule assez minable. Les gens que je côtoyais étaient inintéressants… Alors très vite, j’ai voulu monter dans l’échelle sociale. Me faire un nom. En bien ou en mal, je m’en moquais, mais je voulais être connu. Je voulais être désiré. Peu m’importait d’être traité comme un objet, tant que je pouvais briller. Alors j’ai commencé à me prostituer. C’était le boulot le plus simple que je puisse trouver dans cette ville dont j’ignorais tout. Pas beaucoup, au début. Juste de quoi me payer de belles robes pour pouvoir entrer aux soirées un peu plus huppées… Et puis j’ai réussis, petit à petit. On me prenait pour une femme. Les hommes cherchaient ma compagnie. Petit à petit, la rumeur a commencé à se propager. »
 
Je fais craquer ma nuque. Asmodée ronronne contre moi. Il n’est pas gêné par le passé de son maître, il ne me juge pas… et c’est tant mieux. Ceci dit, je ne pense pas non plus que Nelsha puisse me juger là-dessus. Et que pourrait-elle bien dire ? Je suis sûr qu’elle a fait pire…
 
« On commençait à me contacter, et j’ai commencé à faire escort, de plus en plus haute gamme. Bien sûr, ma compagnie se payait de plus en plus chère, au fur et à mesure que ma popularité grandissait. Et bien évidemment, la soirée se finissait dans les lits de mes clients. Je savais exactement quoi faire pour leur plaire, et pour ne pas me les mettre à dos. J’avais une réputation sulfureuse, on s’arrachait ma compagnie à prix d’or… J’ai vite laissé tomber ma chambre miteuse du campus universitaire pour un bel appartement en plein cœur de la ville. Mais je n’ai jamais totalement laissé tomber les cours. »
 
Nouvelle pause, comme pour la garder captivée par mes mots. Ne pas tout déballer tout de suite, comme un beau cadeau enrobé dans du papier. Enfin… même si j’en ai dit beaucoup.
 
«  Je ne ramenais quasiment jamais d’homme chez moi. C’était mon petit espace personnel dans lequel je passais, je l’avoue, très peu de temps. Mais je n’étais jamais totalement rassasié… Je voulais toujours plus de « pouvoir »… et pour cela… »
 
Je la fixe, un petit rictus sur les lèvres.
 
« Pour cela, il va falloir que tu m’en raconte un peu plus sur toi… »
 

Salaud que je suis. Et le pire, c’est que cela me fait rire. Je suis vil. Mais … à côté d’une démone, cela ne peut être bien grave. Je lui tire la langue, joueur. Allez Nelsha… racontes m’en un peu plus, maintenant.
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Re: Le chat et la Poupée - Mer 18 Déc 2013 - 10:19
« Changer de bord ? Oh non. Quoi que, tu serais mon style de minette. »

Hum, voilà quelques mots qui ne sont pas tombés dans l'oreille d'une sourde d'une sourde, croyez-moi bien. Je m'accapare ses paroles comme un compliment et je minaude quelques instants, comme si je n’étais qu’une pauvre petite file naïve et ingénue, touchée par des mots qu'elle ne croyait pas pouvoir entendre. Intérieurement, je suis bidonnée de ma propre connerie. Eh oui, je vais loin, même quand je suis censée être un minimum sérieuse. En même temps, ce n’est pas drôle sinon.

Enfin bon, revenons-en à nos moutons. Visiblement, mon histoire à quand même relativement intéressée mon interlocuteur qui ne m'a pas interrompu et qui semble toujours aussi passionné par mon récit. Il faut dire aussi à mon avantage que tout le monde n'a pas la chance de pouvoir raconter la vie aux Enfers, du point de vue des grands chefs. Comment ça, je me lance des fleurs? Oui, je n'en ai pas le moindre scrupule. Je suis une jolie fleur, oui. Mais une jolie fleur dans une peau de vache. Ou une vache déguisée en fleur, comme le dit si bien la chanson. Une main de fer dans un gant de velours qui offre pour mieux reprendre. Ceci dit, trêve de bavardage. Maintenant, c'est au tour de mon Svenounet adoré de raconter.

« Hum bien sûr non… pas d’entourloupe. Je ne vois pas l’intérêt de cela… »

Genre, je te crois toi. On est de la même fibre, tu ne me feras pas croire que tu n'essayeras pas encore de m'avoir. J'ai en prime beaucoup plus d'expérience que toi en la matière alors ne fais pas l'innocent. Ton jeu je le vois venir à des kilomètres à la ronde. Mais ce n'en est que plus excitant encore. Alors je reste tranquille, sage. Et j'écoute.

« Donc… j’en étais à mon départ pour Londres… »

Et voici une nouvelle tranche de vie de mon adorable petite poupée. Arrivée en terre inconnue, réussir à se faire une mini-place, juste histoire de survivre. Mais l'ambition et la volonté qui grimpe en flèche. Ce désir de reconnaissance, de pouvoir. Cette volonté de célébrité, quelle quelle soit. Ah, là je te retrouve bien, mon cher ami. Ça, je connais parfaitement. Je me suis mise à ronronner doucement mais profondément, le regard brillant. J'aime la créativité dont il a fait preuve, la façon dont il s'est joué de tous ces gens, voilà des qualités que j'apprécie et que je sais reconnaitre. Il n'a pas honte de lui et je ne le juge pas. Ses pseudos crimes ne m'atteignent même pas la cheville et avec mon palmarès, je suis mal placée pour lui faire la moindre réflexion. Si, il n'y est pas allé assez fort, il aurait pu taper encore plus haut. Il a du potentiel le petit mais ça, je ne le dirais pas tout de suite. Peut-être, un jour, lorsqu'il sera prêt.

« Je ne ramenais quasiment jamais d’homme chez moi. C’était mon petit espace personnel dans lequel je passais, je l’avoue, très peu de temps. Mais je n’étais jamais totalement rassasié… Je voulais toujours plus de « pouvoir »… et pour cela… »
« Pour cela, il va falloir que tu m’en raconte un peu plus sur toi… »

Par contre ça, ça a le don de m'énerver au plus haut point. J'en feule même légèrement. Non mais pour qui se prend t'il, ce gamin? Fieffé filou que tu es, mon apprenti préféré. Tu es sur la bonne voie pour espérer un jour me rattraper. Mais ne rêve pas trop, ce ne sera pas demain la veille. Alors ris tant que tu le peux. Je me contente donc de sourire. Et de reprendre tranquillement.

"- Pour la suite, eh bien, j'ai eu droit à tout un panel de traitements tous plus insupportables les uns que les autres. Tu as dû lire des livres d'histoires avec des instruments de torture et autres machines de ce genre. Bah tu imagines la même chose à la puissance 1000. Le but du jeu: me laisser juste de quoi rester en vie le temps qu'ils parviennent à trouver LA punition parfaite à mon égard. Et ce petit jeu a duré... Hum... Je dirais... Sans doute dans les 150 ou 200ans. Oui, on fait rarement les choses à moitié dans les plans les plus profonds. Et un beau jour, ils venus m'annoncer comme des fleurs qu'ils avaient enfin décidés de mon sort."

Ce que je raconte est tout bonnement horrible et encore, je ne donne pas les détails pour ne pas choquer les âmes sensibles. Pourtant, moi, ça ne me fait ni chaud ni froid. Enfin, peut-être un peu de rancune de ne pas avoir réussi à leur fausser compagnie durant ce temps mais bon, ils avaient compris qui j'étais et ne laissaient plus rien au hasard. Le revers de la médaille en somme.

"- La cérémonie a été organisée le lendemain et a réuni quasiment tous les plans infernaux. A moi seule, j'ai réussi à faire se déplacer même les plus inaccessibles des démons. J’étais fière de mon coup, même si j'allais clamser. Le reste de ma famille était là aussi, je leur ai craché au visage malgré mon état. Ah oui, parce que je n’étais pas soignée, ça n’aurait pas été drôle sinon. J'étais devenue une figure à faire disparaitre de tous les esprits, pour que mon œuvre ne se reproduise plus jamais. Alors, ils ont fait dans l'original."


Je l’appâte, je l'intéresse. Je sais rendre mon récit captivant. Tout comme lui s’amuse à le faire de son côté. Nous sommes en compétition sans y avoir un réel intérêt, simplement parce que nous ne vivons que comme ça et puis c'est tout. Je lui offre un ravissant sourire.

"- Maintenant, si tu savoir comment ils ont faits, il me faudra ta mort en échange. Tu es peut-être un vil manipulateur mais je ne suis pas mieux lotie que toi à ce jeu-là. "

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Re: Le chat et la Poupée - Mer 18 Déc 2013 - 21:50
Quel silence alors que je parle… Elle m’écoute avec attention. Ça fait drôle de savoir que ma vie peut intéresser quelqu’un. Et ça fait un peu plaisir, aussi. Enfin… à son tour de continuer. Et ce que j’entends n’est pas très joyeux. Pas gai du tout, même. Et pourtant, elle ne semble pas se plaindre. Non. Du tout. Elle ne fait que relater des faits. Peut-être est-elle un peu amer, mais cela ne va pas plus loin que ça.
 
"- Pour la suite, eh bien, j'ai eu droit à tout un panel de traitements tous plus insupportables les uns que les autres. Tu as dû lire des livres d'histoires avec des instruments de torture et autres machines de ce genre. Bah tu imagines la même chose à la puissance 1000. Le but du jeu: me laisser juste de quoi rester en vie le temps qu'ils parviennent à trouver LA punition parfaite à mon égard. Et ce petit jeu a duré... Hum... Je dirais... Sans doute dans les 150 ou 200ans. Oui, on fait rarement les choses à moitié dans les plans les plus profonds. Et un beau jour, ils venus m'annoncer comme des fleurs qu'ils avaient enfin décidés de mon sort."
 
De la torture, sur plusieurs siècles. Voilà ce qu’elle a dû subir. Qu’elle n’essaye pas de me faire croire qu’elle s’en est parfaitement sortie mentalement, je n’y croirais pas entièrement. Certes, elle n’est pas encore complètement tarée. J’en ai connu, des gens totalement fous et cela ne ressemblait à la Nelsha que je connais. Mais elle n’est pas non plus entièrement saine. Je le sais, je le sens. En même temps… qui, ici, à l’académie, est vraiment mieux qu’elle ? Je soupire.
 
"- La cérémonie a été organisée le lendemain et a réuni quasiment tous les plans infernaux. A moi seule, j'ai réussi à faire se déplacer même les plus inaccessibles des démons. J’étais fière de mon coup, même si j'allais clamser. Le reste de ma famille était là aussi, je leur ai craché au visage malgré mon état. Ah oui, parce que je n’étais pas soignée, ça n’aurait pas été drôle sinon. J'étais devenue une figure à faire disparaitre de tous les esprits, pour que mon œuvre ne se reproduise plus jamais. Alors, ils ont fait dans l'original."
 
Elle a été exécutée, donc. Est-ce cela qui l’a amené ici ? Ou bien ce n’est que l’histoire de sa première vie ? Oui, je me pose des questions. Après tout, en plus d’être une démone, c’est aussi un chat. Et les chats sont connus pour ne pas avoir qu’une vie, ni deux, mais bien neuf. Tiens d’ailleurs… pourquoi l’on dit cela ? Moi je le sais. Héhé. Moment science de Moi. C’est une très vieille légende qui nous vient tout droit des anciens Egyptiens. Ceux-ci ont été les premiers à domestiquer les chats, il y a plus de trois mille ans. Ils les vénéraient, et étaient épatés devant leur capacité à résister et survivre à d’incroyables chutes. Ils en sont donc venus à croire que les chats avaient plusieurs vies. Pourquoi neuf, me demanderait-on si je racontais tout cela à voix haute ? Eh bien… la légende prend sa source dans d’anciennes croyances religieuses. Or, à cette époque, on croyait que le chiffre neuf était un chiffre mystique, parce qu’il était composé de trois trois. Une trinité de trinité. D’une certaine manière, on pourrait dire que le chiffre neuf était à la mode, considéré comme un chiffre porte-bonheur… D’ailleurs, c’est un chiffre qui fait partie des mythes de tas de pays du monde entier.
 
Mais certes, je vais arrêter de ramener ma science inutile. Ceci dit, je me demande bien : si je jette Nelsha par la fenêtre, est-ce qu’elle retombe sur ses pieds ? Hmm… il faudra que je trouve la réponse à cette question…
 
Je me reconcentre sur ses mots, mais ne fait que finir, me donnant mon tour de parler. Humpf. Elle joue le même jeu que moi, m’appatant avec l’intéressant, et me laissant sur ma faim. Elle veut la suite. Elle veut ma mort. Le récit de la fin de ma vie. Si c’est ce qu’elle désire, je vais le lui donner. Mais comme j’aime bien faire les choses dans l’ordre…
 
« Pour cela, il me fallait encore plus de clients, et toujours plus riches, plus importants, plus hauts placés… Mais ces gens-là sont souvent protégés, et nombreux sont ceux qui ont tentés de me mettre des bâtons dans les roues, de me barrer le chemin… »
 
Je souris. Pas un sourire doux, tendre comme avant. Non… mon sourire diabolique. Cela faisait longtemps qu’il ne m’était pas revenu…
 
« Et personne ne devait se mettre en travers de mon chemin… »
 
Non. Personne… et surtout pas…
 
« Jérémiah m’a retrouvé. Il a vite appris ce que j’étais devenu. Et moi, j’ai vite compris que les « sentiments » que j’avais eus pour lui n’étaient rien. Je ne l’avais jamais aimé, ni quoi que ce soit… Lui, en revanche… Il m’a trainé à l’écart, dans une ruelle. Il m’a insulté, il m’a dit que je lui avais menti, que je l’avais trahis, que je le répugnais, que j’étais souillé… Cela me faisait rire. Mais il me répétait qu’il allait me purifier… Je te laisse aisément imaginer ce qui a bien pu se passer dans cette ruelle… Il m’a pris le reste de dignité que j’avais. »
 
Je ris doucement. Aujourd’hui, cette histoire me fait rire. A l’époque, il m’avait juste brisé, tout incassable étais-je.
 
« Après cela, je n’avais qu’une seule envie. Et pour cela, je me suis mis à côtoyer un type de ma fac, qui, je savais, s’intéressait beaucoup à moi. Je l’ai manipulé, je lui ai fait miroiter une possibilité de me posséder officiellement, et pour lui tout seul. Je passais des nuits avec lui, jusqu’à ce que je le sente prêt à faire n’importe quoi pour moi. Et lorsque j’ai estimé qu’il était mur, je l’ai envoyé faire le sale travail. Jérémiah s’était installé à Londres, pour « garder un œil sur moi ». Il n’a pas été difficile de le retrouver… et de l’éliminer. Ce fut le premier d’une longue série. Mais je ne me suis salis les mains moi-même qu’une ou deux fois, sur une bonne vingtaine de meurtre… Et le meilleur dans tout ça, c’est qu’il y avait toujours quelqu’un pour prendre ma défense, se sacrifier pour moi… Mon visage d’ange m’a sorti de tous les mauvais pas où je m’étais fourré. »
 
Je frissonne. Le frisson de l’excitation. Celui que je n’ai pas réellement ressenti depuis bien longtemps. Cela me manque… Oh oui…
 
« Inutile donc de te préciser que je m’étais fait quelques ennemis, dans ma quête de pouvoir et de perfection… Eh bien… un jour, cela m’a été fatal. Je traversais tranquillement un passage piéton, quand soudain, une voiture à déboulée de nulle part, et, à l’instar de mes clients, elle m’est passé dessus. Voilà. »
 
Je ris doucement. Mais Asmodée, lui, ne semble pas avoir envie de rire devant mon récit. Je pose ma main sur ma tête, pour le faire taire alors qu’il feule. Ça va, y a pas mort d’homme… enfin si, mais tout de même. C’est pas bien grave.
 
« A présent, je rode sans but dans cette école… Je m’y ennuis, j’y suis enfermé… Condamné à y rester jusqu’à la fin des temps… »
 
J’évite d’aborder le sujet Janma. Ni même le sujet Macky. Je ne saurais trop qu’en dire, après tout…
 

« A toi, maintenant. »
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Re: Le chat et la Poupée - Jeu 19 Déc 2013 - 10:23
Je peux considérer que j'ai de la chance dans l'ensemble. Mon adorable petit bout d'Homme accepte de jouer le jeu et cela jusqu'au bout, sans même tenter de faire d'histoires. Remarque, ça ne m'aurait nullement empêché de le pourchasser et de le harceler jusqu'à ce qu'il crache enfin tout ce que je voulais savoir mais c'était sympa quand même, après la bonne partie de fou rire qu'on s'était tapé et la fatigue accumulée dans le même temps, de n'avoir pas à se battre pour une fois. Alors je me contente de profiter simplement de ce qu'il m'offre. Un récit qui m'intéresse et que j'écoute attentivement, en silence.

Cette quête de pouvoir, cette soif de reconnaissance qu'il cherchait à tout prix, je la connais, je la comprends. Et ce sourire qui vint briller sur ses lèvres, diabolique, me ferait presque frissonner d'excitation. Ah, les choses sérieuses vont arriver, ce regard ne peut rien vouloir dire d'autre. Après tout, niveau démoniaque, je 'y connais, je suis quand même légèrement originaire de ce coi-là bien que je n'y sois plus vraiment bien vue. D'ailleurs, je me demande bien qu'elle tête ils tireraient s'ils me voyaient débarquer de retour. Oh oui, il faudra que je trouve le moyen d'aller les saluer. Mais plus tard, d'abord Sven.

« Jérémiah m’a retrouvé. Il a vite appris ce que j’étais devenu. Et moi, j’ai vite compris que les « sentiments » que j’avais eus pour lui n’étaient rien. Je ne l’avais jamais aimé, ni quoi que ce soit… Lui, en revanche… Il m’a trainé à l’écart, dans une ruelle. Il m’a insulté, il m’a dit que je lui avais menti, que je l’avais trahis, que je le répugnais, que j’étais souillé… Cela me faisait rire. Mais il me répétait qu’il allait me purifier… Je te laisse aisément imaginer ce qui a bien pu se passer dans cette ruelle… Il m’a pris le reste de dignité que j’avais. »

Ah, la voilà. La faille originelle, la fêlure première, la première grande brisure de son âme. Il rit, presque mauvais, mais ce n'est certainement pas sa réaction de l'époque. Je ne dis rien, écoute et ressens. Les animaux sont dotés d'un sixième sens, l'instinct, et si le mien n'est pas aussi développé qu'un pur bestiaux, il n'en reste pas moins plus qu'efficace. Les Hommes, décidément, ils étaient tous les mêmes. Ils ne changeraient jamais, mais bon, revenons-en à ce qui nous intéresse.

Et puis, le début de la conspiration. Le désir de vengeance, la volonté de détruire. Oui, finalement, ce Jérémiah, je devrais peut-être le remercier. En y pensant bien, c’est lui qui a fait de cher Svenounet ce qu'il est devenu aujourd'hui. C'est lui, l'élément déclencheur, celui qui a fait basculer ma chère poupée du côté obscure de l'âme humaine. La convoitise est une chose, le passage à l'acte est bien différent. C'est grâce à ce pauvre gosse que mon repenti à enfin passer le pas, choisit de mettre fin à une vie alors oui, je le remercie. je n'aurais jamais pu m'amuser de la sorte sans lui après tout. Si je parviens à faire un tour en enfer, j'essayerais de lui faire un petit coucou au passage.

« Inutile donc de te préciser que je m’étais fait quelques ennemis, dans ma quête de pouvoir et de perfection… Eh bien… un jour, cela m’a été fatal. Je traversais tranquillement un passage piéton, quand soudain, une voiture à déboulée de nulle part, et, à l’instar de mes clients, elle m’est passé dessus. Voilà. »

J'éclate de rire. Son trait d'humour est tout simplement désopilant. J'adore cette façon qu'il a de se foutre de lui, enfin un type qui sait ne pas se prendre au sérieux. J'ai bien senti le frisson d'excitation qui l'a parcouru un peu plus tôt, nous sommes définitivement fait du même bois tous les deux, ça n'en sera que plus drôle pour la suite. Bon, Peluche ne semble pas apprécier l'histoire mais c'est la vie. Ou la mort, cela dépend du point de vue. Et puis, s'il n'avait pas été "Sven", ils ne se seraient jamais rencontrés, alors elle ne va pas râler en prime la boule de poil?

« A présent, je rode sans but dans cette école… Je m’y ennuis, j’y suis enfermé… Condamné à y rester jusqu’à la fin des temps… »
« A toi, maintenant. »

Je me calme et reprends contenance, lentement. Ah oui, je lui ai promis la fin. Et je ne me défilerais pas. Ma main vient s'égarer une seconde le long de la queue de l'once avant de revenir soutenir ma tête. Je me remets sur le dos, mode étoile de mer. Oui, je ne tiens pas en place. Et je fixe le plafond, le regard rempli de ces flammes qui m'ont vu naitre. Mon sourire est machiavélique tandis que je gronde gravement, doucement, le son montant du plus profond de mon ventre. Oh, oui, je m'en rappelle parfaitement. Ces quelques instants décisifs, si courts et si longs en même temps.

"- Une estrade dressée, je suis au centre de tous les regards. On m'attache, enfin on me crucifie serait plus juste, sur un pentacle, mains, pieds et tête sur chaque pointe d'étoile. Le même dessin reporté sur mon ventre, les épées enfoncées jusqu'à la garde à mes poignets et mes chevilles. Mais je souris toujours, cette douleur, je ne la sens même plus, trop insignifiante à présent. Le souffre, les bougies, les tenues de cérémonies, et l'incantation commence, comme un chant. Des runes s'illuminent autour du cercle, appelant mon sang qui jaillit pour les rejoindre. Et ensemble, les voilà qui forme trois épées. Sublimes, destructrices, douloureuses et parfaites, à mon image."


Je ne vois et n'entends plus rien, je revis cette scène grandiose. Ils m'ont offert une fin digne d'une Reine alors que j'étais la pire raclure des Enfers. J'aurais gagné jusqu'au bout. J'articule une phrase en langage démoniaque, langue gutturale et dure, froide. Pourtant, entre mes lèvres, elle semble une mélodie étrange.


"- Ta condition de naissance sera ton éternel fardeau, que le poids de tes crimes s'abatte au plus profond de ton être. Voilà la malédiction qu'ils m'ont lancés. Je trouvais ça risible. Tout ce remue-ménage pour ça? J'ai éclaté de rire et les lames se sont abattues sur moi. Mon propre sang m'a consumé de l'intérieur, aspirant ma vie et mon âme, ne laissant rien de ce que j'étais qu'une trace de suie. Enfin, je suppose...."


Petit pause pour ménager le suspense. Ces lames, je les possèderais un jour. Je les veux. A tout prix. Ma tête retombe doucement et je regarde mon petit Théodore, ça lui va bien aussi, ça fait inoffensif comme nom, avec une tête de gamine joueuse.

"- Je n'ai compris la portée de leurs paroles qu'en me réveillant. J'étais un chat, en plein haut Moyen-Age européen. Autant dire pas la meilleure époque qui soit. Et c'est la que mon voyage a commencé. Celui vers la mort que je rencontrais sans cesse sans qu'elle ne veuille jamais me garder. Il faut croire que même elle ne veut pas de moi, la preuve, je me retrouve ici au final. "

Cette idée me fait mourir de rire. J'effraie la mort elle-même. Oh oui, c'est hilarant. Enfin, je me laisse glisser sur le côté pour mieux fixer mon compagnon d'infortune du moment.

"- J'ai encore pleins de choses à racontées, mais je suis certaine que toi aussi. Alors si tu veux la suite, continues à m’appâter comme tu sais si bien le faire."


Clin d’œil complice. S'il veut mettre fin au jeu, il peut. Après tout, je peux faire une fleur aux gens de temps à autre. Alors, je lui laisse le choix. Mais il n'aura qu'une seule chance, faut pas déconner non plus.
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Re: Le chat et la Poupée - Sam 21 Déc 2013 - 19:29
Un éclat de rire qui retentit. Oui. J’ai réussi à la faire rire avec mon petit humour noir. Nice. Tant mieux. Mieux vaut rire que pleurer, comme qui dirait. Mais elle se calme plutôt rapidement, retrouve un semblant de sérieux, petit à petit. Je souris. Et elle aussi, de ce que je peux en voir de là où je suis. Son regard brûle d’un feu qui m’est inconnu. Sont-ce ces mêmes flammes qui l’ont vu naître, grandir, trahir et… périr ? Je l’ignore. Et c’est délicat de le lui demander.
Elle se met à parler. Sa voix m’emporte. Elle m’emmène ailleurs, me force à être spectateur de la scène qu’elle me décrit. Mes yeux se voilent, ma vue se brouille, je ne distingue rien d’autre, autour de moi, que les ténèbres. Un brouhaha se fait peu à peu entendre. Il me vrille les tympans. Et je la vois, Nelsha, fière martyr crucifiée pour sa cause. Je ris. Martyr, elle ? Sûrement pas.
Les bougies crépitent, l’odeur du souffre est prenante. J’ai l’impression de suffoquer. Sérieusement, elle a dû vivre ça ?
Du sang jaillit de son corps, se répand en cascade sur le sol pour aller peindre de son pourpre profond, les runes tracées par terre. Les voix murmurent inlassablement leurs cantiques. Quoi que cantique ne soit pas le bon terme. Ce sont plutôt… des incantations. Une malédiction, que l’on lui jette…
"- Ta condition de naissance sera ton éternel fardeau, que le poids de tes crimes s'abatte au plus profond de ton être. Voilà la malédiction qu'ils m'ont lancés. Je trouvais ça risible. Tout ce remue-ménage pour ça? J'ai éclaté de rire et les lames se sont abattues sur moi. Mon propre sang m'a consumé de l'intérieur, aspirant ma vie et mon âme, ne laissant rien de ce que j'étais qu'une trace de suie. Enfin, je suppose...."
Un silence lourd. Pesant. Elle me laisse en suspens, et j’ai l’impression de flotter dans les airs, en apesanteur. Puis elle reprend. Je l’imagine, sous sa forme féline, perdue dans les ruelles crasseuses d’une ville européenne moyenâgeuse quelconque. A cette époque, les chats n’étaient pas forcément des plus appréciés… Entre les superstitions, et les histoires de maladies, ces pauvres bêtes étaient plutôt mal traitées… Un nouveau rire me ramène brusquement à la réalité. Cette démone est vraiment dérangée. Ce n’est pas pour me déplaire, mais tout de même…
Elle continue à parler. Mais je ne l’écoute plus vraiment… Je suis en train de me remettre de mes émotions. J’ai l’imagination bien trop fertile, cela m’a épuisé de m’imaginer tout cela. Mon corps tout entier y a réagit, comme si cela avait été vrai… Et j’ai encore la tête qui tourne à cause du souffre. Peut-être est-ce simplement dû au fait que je n’étais déjà pas spécialement en forme. Je soupire. Asmodée colle son museau entre mes côtes, et aussitôt, je sens un flux d’énergie venir me réchauffer de l’intérieur. Je lui décoche une œillade meurtrière, mais lui, il ronronne… Imbécile heureux, vas. Mais le pire dans tout ça, c’est que je ne peux pas lui en vouloir. Alors je me contente de lui caresser la tête, l’engueulant en silence. Puis je relève les yeux, et croise le regard de Nelsha.
"- J'ai encore pleins de choses à racontées, mais je suis certaine que toi aussi. Alors si tu veux la suite, continues à m’appâter comme tu sais si bien le faire."
J’ouvre de grands yeux, quelques secondes. Surpris ? Oui. Elle me laisse le choix. Cette vile créature, cette démone, cette… amie. Mon amie, me donne le choix entre parler et me taire. Je souris doucement. Mais je suis curieux, moi, tout de même. Et pour avoir la suite, il faut que je troque mes souvenirs contre les siens. Qu’est ce qui pourrait bien l’intéresser à part… ? Rien. Je n’ai donc pas le choix, en fait. Si je veux assouvir ma curiosité, je dois lui parler de « ça ».
« Quand j’ai… »
J’hésite deux secondes. Ho et puis zut. Parler de Macky n’est pas la chose la plus chiante. Par contre, si elle m’en demande plus après, je risque de me débiner… Enfin… à voir. Je ne sais pas encore.
« Quand j’ai rouvert les yeux, je me trouvais au temple. Comme toi, lorsque tu es arrivée ici. Je pensais être mort, comme tout un chacun, et avoir le droit au repos. Mais non. Mon supérieur est venu me chercher, tout comme je l’ai fait avec toi. Il m’a expliqué les bases… Mais moi, j’étais un peu… blasé. Peu après, j’ai commencé à travailler, et à former une routine. Mais un soir, alors que j’étais sur les balcons de l’internat, un type m’y a rejoint. Comme beaucoup de personnes, il m’a pris pour une femme, et a commencé à me faire du gringue. Dans le genre lourdingue, je ne suis pas sûr d’avoir déjà vu pire. Enfin… le fait est qu’il m’a filé de quoi me défoncer… et de quoi pouvoir me défoncer aussi. La suite… j’ai cru voir le visage de Jérémiah, quelques instants, alors qu’il me plaquait au sol. Etonnement, je me suis débattu. Je lui ai lacéré le visage, je l’ai frappé là où ça fait mal… Y avait rien à faire. C’était à croire que cela lui plaisait… Mais j’ai réussi à m’extirper de là… avec un hématome noir prenant toute la largeur de mon ventre… Bienvenue à la Deus, qu’on m’a dit… Eh ben putain, j’espère que tout le monde n’est pas accueilli de la sorte. Ca aurait été un rapport consentant, des deux parts, voire peut être rémunéré, cela ne m’aurait pas dérangé… Mais ça… »
Je serre les dents.
« Etre frappé, mal traité, cela ne m’avait jamais dérangé. Après tout, les clients qui payent ont droit d’en avoir pour leur argent… mais lui… il s’est juste servit, comme un charognard. »

Je ris.

« Certes, il m’avait donné de quoi fumer. Mais ce n’était clairement pas assez. »

Je crois que j’ai oublié quelques détails. Ceci dit, je ne veux pas me souvenir avec précision de cette scène… Non, je ne veux pas…

« Bref… voilà… »

Je lui souris, lui demandant de continuer de me raconter ses histoires…
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Re: Le chat et la Poupée - Dim 22 Déc 2013 - 13:42
Je l'observe et ne peux pas manquer la surprise évidente qui se peint sur son ravissant minois. Décidément, il est craquant, y a pas à dire, il a le physique de l'emploi ce jeune homme. Enfin, je dévie du sujet. Oui, je le laisse choisir. Plus par flemme que par réelle bonté d'âme en prime. Je suis curieuse certes mais j'ai de multiples façons de me renseigner. Après tout, qui se méfierait d'un chat qui traine et j'ai une ouïe très développée. Mais c'est bien meilleur quand c'est la personne elle-même qui révèle la réalité. Je suis persuadée qu'il va rouvrir la bouche pour m'en raconter plus, on se ressemble trop pour qu'il y résiste. Et puis, il a l'impression d'avoir le choix alors qu'en fait, pas tout à fait, je l'influence insidieusement en réalité. Oui, je suis un monstre et le pire, c'est que je le revendique haut et fort.

Une légère hésitation au départ, un regard mauvais à son félin qui lui rigole ce qui m'arrache un sourire et puis c'est reparti. Son arrivée, la routine qui s'installe et le métier qui l'ennuie. Tout ce que je ne veux pas vivre quoi. Mais le plus intéressant arrive. Cette rencontre, cette personne qui a provoqué un flash en lui. Il le dit, il a revu ce Jérémiah. Donc une nouvelle faille, une fêlure supplémentaire. Eh bien, je ne sais pas qui est ce type mais s'il aime être martyrisé, je serais curieuse de le connaitre. Parce que je connais des centaines de façons de pouvoir lui faire toujours plus mal. Mais plus tard. Ce sujet, il ne l'aime pas, c'est flagrant. Il en serre les dents sur la fin. Ah, ça a été si violent que ça? Quelle honte, osé abîmer un si joli corps, tsss. Les gens n'ont vraiment aucune conscience. Et c'est moi qui dis ça? Eh bah oui, et j'assume pleinement.

« Etre frappé, mal traité, cela ne m’avait jamais dérangé. Après tout, les clients qui payent ont droit d’en avoir pour leur argent… mais lui… il s’est juste servit, comme un charognard. »

Il rit et je lui souris pourtant, ce n'est clairement pas un vrai rire. Un charognard. Je trouve que ce terme colle bien à la description du personnage qu'il m'a offert. Un oiseau de mauvais augure quoi. Et il est bien connu que les chats mangent les oiseaux. Oh oui, il faudrait que je le trouve lui. Il ferait un parfait souffre-douleur. Ou un rival? Nan, même pas en rêve. Personne ne m'arrive à la cheville.

« Certes, il m’avait donné de quoi fumer. Mais ce n’était clairement pas assez. »

Le fait qu'il appuie sur ce détail me fait presque sourire. Te chercherais-tu encore une excuse, une façon de te déculpabilisé de ce qu'il s'est passé à ce moment-là, mon adorable petite Poupée? On dirait bien. Pourtant, tu souris, tu ris même, mais même si tu fais bien semblant, ça sonne faux à mes oreilles. Cependant, je garde tout ça pour moi. Plus tard, ne pas en demander trop dès le début.

« Bref… voilà… »

"- Mes pauvres déboires t'intéressent donc tant que cela? Allez, tu as fait un effort, je vais faire de même. Je vais t'offrir un résumé de mes premières vies terrestres. Bon, je te préviens, sur certaines il n'y a tout simplement rien à dire donc ça ira vite. D'autres.... Et bien je te laisserais juger par toi-même."

Nouveau changement de position de ma part, pour me rapprocher des deux compères. Je prends mes aises aussi, après tout, on raconte mieux quand on est bien installé et j'ai tellement de choses encore dans ma besace, autant que je sois au plus confortable.

"- Donc Vie n°2 : Petit chat en plein haut Moyen-Age. Je n'ai pas vécu très longtemps donc je n'ai pas grand-chose à raconter de spécial. Je découvrais le monde Humain, tout était nouveau et j'ai voulu jouer les acrobates. On a une super vue du haut des toits d'une église. Mais la chute suite au déchaussement d'une pierre m'a été fatale. Je suis retombée sur mes pattes, mais la hauteur et la gravité ont fait leur travail. Fractures multiples, éclatement de la rate, perforation d'un poumon. En moins de deux heures, je décédais d'une hémorragie interne. "


Mon doigt joue avec la queue d'Asmodée, simplement à s'enrouler autour. Oui, cette vue était sublime. Un magnifique lever de soleil dont je n'aurais jamais vu le crépuscule.

"- Vie n°3 : Jeune fille au temps de l'inquisition. Encore une fois, ma durée de vie s'est retrouvée rapidement limitée à mon adolescence. Que veux-tu, pour la bêtise Humaine, es yeux vairons étaient la preuve de mon ascendance démoniaque. Bon, ils n'avaient pas franchement tort mais pour une fois que je commettais aucune connerie, c'était vache quand même. J'ai donc connu la sentence réservée aux sorcières: interrogatoires musclés avant le passage au bucher."


Je me marre doucement. Et eux qui croyaient leurs tortures terribles, ils n'avaient qu'à peine réussi à m'arracher un vrai cri de douleur. Rien que pour ça, je n'avais perdu mon temps durant cette vie.

"- Vie n°5 : Courtisane sous le règne d'un roi prestigieux. J'étais enviée, célèbre, recherchée telle la plus rare des fleurs. On m'approchait sans jamais me posséder. Mais mon existence prit fin bêtement. Une balade en barque, la chaloupe qui se retourne et la noyade qui s'en suit. Les vêtements d'époque sont ravissants mais pèsent si lourds que tu coules comme une pierre avec.
Vie n°6 : Je suis redevenue chat. Et cette vie-là fut sans doute ma pire existence terrestre. Fuite, vol, chapardage en évitant les lynchages, les persécutions et les tentatives de meurtres à mon égard. Les grands épidémies commençaient juste et selon ces imbéciles, je faisais partie des responsables. J'ai fini purement et simplement lynchée au fond d'une ruelle acculée, soit disant pour le bien être public."


Je me tourne encore, je me suis presque plus adressée à Asmodée sur la dernière histoire. Tu n'as pas connu ça toi, heureusement. Oui, je suis monstrueuse mais j'aime les animaux, les félins par-dessus tout. Je fais une légère pause. Je sais qu'il a forcément noté qu'une de mes vies n'a pas été mentionnée dans le lot mais aura t'il le cran de revenir là-dessus et de me demander le pourquoi de cet oubli volontaire? Oui, je joue, encore. Même autour de ma propre histoire. Je ne dis rien de plus, n'en réclame pas davantage de son côté. Maintenant, il sait comment je marche. Il n'y a pas besoin de mots, ils ne sont que source de quiproquos. Pourtant, j'adore en rajouter encore un peu, rien que pour le plaisir.

"- Alors, est-ce à ça que tu t'attendais? "
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Re: Le chat et la Poupée - Lun 23 Déc 2013 - 19:25
Je ne cherche pas d’excuses pour quoi que ce soit. Enfin… peut être un petit peu. Oui non. Je suis coupable, point final. Après tout je ne suis pas un ange.

"- Mes pauvres déboires t'intéressent donc tant que cela? Allez, tu as fait un effort, je vais faire de même. Je vais t'offrir un résumé de mes premières vies terrestres. Bon, je te préviens, sur certaines il n'y a tout simplement rien à dire donc ça ira vite. D'autres.... Et bien je te laisserais juger par toi-même."

J’acquiesce doucement. Oui, cela m’intéresse. Je ne saurais expliquer trop pourquoi. Curiosité, surement. Oui… la curiosité est un vilain défaut. Elle change de position. J’en fais autant, m’allongeant sur le ventre. Asmodée nous imite, s’allongeant à moitié sur moi, me servant de couverture. Quelle peluche, cet once… Et quel dragueur aussi. Il tend une pâte, et la pose sur l’épaule de Nelsha. Je ris doucement.

"- Donc Vie n°2 : Petit chat en plein haut Moyen-Age. Je n'ai pas vécu très longtemps donc je n'ai pas grand-chose à raconter de spécial. Je découvrais le monde Humain, tout était nouveau et j'ai voulu jouer les acrobates. On a une super vue du haut des toits d'une église. Mais la chute suite au déchaussement d'une pierre m'a été fatale. Je suis retombée sur mes pattes, mais la hauteur et la gravité ont fait leur travail. Fractures multiples, éclatement de la rate, perforation d'un poumon. En moins de deux heures, je décédais d'une hémorragie interne. "

Humm… Cela n’a pas dû faire que du bien. Après tout… une cathédrale, ça doit faire quoi… dans les mille mètres de hauteur ? Alors j’imagine bien la chute. Et les dégâts que cela à du causer… Surtout pour une pauvre petite créature comme un chat. Comme Nelsha. Tout démon soit elle. Je sens Asmodée ronronner, et cherche bien ce qui peut causer cela. Elle joue avec sa queue, tout simplement. Je souris de plus belle.

"- Vie n°3 : Jeune fille au temps de l'inquisition. Encore une fois, ma durée de vie s'est retrouvée rapidement limitée à mon adolescence. Que veux-tu, pour la bêtise Humaine, es yeux vairons étaient la preuve de mon ascendance démoniaque. Bon, ils n'avaient pas franchement tort mais pour une fois que je commettais aucune connerie, c'était vache quand même. J'ai donc connu la sentence réservée aux sorcières: interrogatoires musclés avant le passage au bucher."

Je savais bien que ses vies ne devaient pas être très joyeuses… Mais je ne pensais pas qu’elle serait morte de la sorte. Une fois encore, elle a été torturée. Tout ça à cause de ses yeux…

« Ce n’étaient que des idiots… moi je les trouve très beaux, tes yeux. »

Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Peut-être tout simplement parce que je le pense. Ceci dit, je ne suis pas issu de la même époque que ceux qui l’ont brulé. A mon époque, les yeux vairons… eh bien c’est à la « mode ». Si quelqu’un a les yeux vairons, les autres seront plutôt à s’extasier devant votre originalité génétique qu’à vous traiter de démon et de tenter de vous faire passer au bûcher. Enfin…

"- Vie n°5 : Courtisane sous le règne d'un roi prestigieux. J'étais enviée, célèbre, recherchée telle la plus rare des fleurs. On m'approchait sans jamais me posséder. Mais mon existence prit fin bêtement. Une balade en barque, la chaloupe qui se retourne et la noyade qui s'en suit. Les vêtements d'époque sont ravissants mais pèsent si lourds que tu coules comme une pierre avec.
Vie n°6 : Je suis redevenue chat. Et cette vie-là fut sans doute ma pire existence terrestre. Fuite, vol, chapardage en évitant les lynchages, les persécutions et les tentatives de meurtres à mon égard. Les grands épidémies commençaient juste et selon ces imbéciles, je faisais partie des responsables. J'ai fini purement et simplement lynchée au fond d'une ruelle acculée, soit disant pour le bien être public."


Une courtisane, hein ? Pourquoi cela ne m’étonne pas ? Je ris doucement. Je suis sûr qu’elle a dû faire un carton. Jolie comme elle est… Et sulfureuse aussi. Dans le genre indomptable, elle se pose bien là. Et puis pour la dernière… C’est comme si elle ne me parle pas. Non, elle s’adresse plus à mon familier qu’à moi. Familier qui n’a jamais connu pareille chose. Et tant mieux, d’un côté. Cela me ferait du mal si j’apprenais qu’Asmodée avait connu le même destin qu’elle. Je soupire. Et puis je fais le compte. Elle m’a raconté six vies. Si je compte sa toute première au pays des démons comme une… on en arrive au comte de sept. Et si je compte celle-ci, à l’académie, ça fait huit. Donc si le compte est bon… il en manque une. Une de passée, dont elle ne m’a pas parlé… Cette information me coûterait-elle une histoire de plus ? Je me mords l’intérieur des joues.

"- Alors, est-ce à ça que tu t'attendais? "

Je tourne mon regard vers elle. Non, je ne m’attendais pas à cela. En réalité, je ne sais même pas à quoi je m’attendais vraiment.

« Eh bien… non. A vrai dire, je m’attendais à entendre l’histoire de sept vies… hors il n’y en a que six. Je suppose donc que la dernière a quelque chose de… spécial. Et que tu ne m’en parleras qu’en échange d’autres informations sur moi. »

Je baille. Malgré les forces transmises par Asmodée, je suis tout de même bien fatigué… J’ai l’impression de me prendre une claque. La fatigue me tombe dessus d’un coup.

« Cependant je n’ai rien d’autre à raconter… »

Quel odieux mensonge… Et je sais qu’elle le sent. Après tout, c’est un chat… Même Asmodée le sait.

« Enfin… rien dont je veuille parler… »

Voilà. Je corrige ce que j’ai dit. Je suis désolé, mais je ne le veux vraiment pas…C’est… sensible. Trop sensible comme sujet. Je ne saurais d’ailleurs même pas quoi dire si je devais en parler. Tant que je n’aurais pas mis de mots corrects là-dessus… eh bien je garderais le tout pour moi. Nouveau bâillement. Je plaque ma main sur ma bouche.

« Damn… je suis claqué… Pas toi ? »

J’ai un peu l’impression de la foutre à la porte… C’est extrêmement malpoli de ma part… pourtant… j’ai besoin d’être un peu seul. Et de me reposer…
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Re: Le chat et la Poupée - Mar 24 Déc 2013 - 9:59
« Ce n’étaient que des idiots… moi je les trouve très beaux, tes yeux. »

Je ne peux retenir un léger sourire à cette remarque. Le nombre de personnes qui m'ont fait des compliments de ce genre en dehors de cette vie, je ne les compte plus. Mais ça fait toujours plaisir, surtout quand ça vient sincèrement de mon adorable petite poupée. Enfin, pour les imbéciles qui m'ont fait disparaitre, je ne m'en fait pas beaucoup. Entre ceux qui gouteront les flammes des Enfers et ceux dont j'ai dû, par inadvertance ou pas, m'occuper des descendants par la suite de mon existence, je suis plus qu'amplement vengée. Et puis, qu'est-ce que mourir après tout, quand on sait pertinemment que l'on reviendra par la suite? Rien de plus qu'un sale moment à passer, pour la plupart des cas.

Je fais un ravissant sourire à mes deux compagnons du moment, battant outrageusement des cils pour appuyer sur la singularité de mon regard et je reprends mon récit. Arrivée à la fin, je termine en lui demandant son avis. Oui, je suis curieuse de savoir ce qu'il en a pensé. Après tout, il est le premier au courant de mes multiples existences, même si je garde encore le meilleur pour moi. Chaque chose en son temps, pas besoin de griller les étapes, j’ai l’éternité devant moi.

« Eh bien… non. A vrai dire, je m’attendais à entendre l’histoire de sept vies… hors il n’y en a que six. Je suppose donc que la dernière a quelque chose de… spécial. Et que tu ne m’en parleras qu’en échange d’autres informations sur moi. »

7 vies, hein? Et il n'en a entendu que 6? Je me retiens d'éclater de rire. Mon pauvre Chéri, tu dois être bien fatigué pour compter de la sorte. Tu n'as eu droit qu'à 5 de mes existences, j'en ai encore près de la moitié en réserve. Je t'avais prévenu que je ne faisais jamais les choses à moitié. Mais je me tais, c'est bien plus intéressant comme ça. Après tout, s'il ne demande qu'une vie supplémentaire, je garderais les autres au chaud. Et il a parfaitement compris mon petit manège. Oui, j'en attends un peu plus de sa part pour lui dévoiler la suite de mon histoire. Il baille, involontairement. C'est vrai qu'il a quand même pas mal gambadé, je l'ai bien fatigué mon petit chou. J'en lâche un léger ronronnement en y repensant. C'était tellement jouissif.

« Cependant je n’ai rien d’autre à raconter… »
« Enfin… rien dont je veuille parler… »

Ah, le voilà. Le nœud du problème. Enfin, façon de parler. Je me doutais bien que l'on finirait par y arriver. Avec toutes ses fêlures que pauvre repenti a accumulé malgré lui, il fallait bien que ce moment arrive. Positif, Négatif, non décidé? Mwwrrr, je brulerais d'impatience mais je sais me retenir et le pauvre semble réellement tombé de sommeil. Et puis, ce n'est pas plus mal. Ça me donnera une excuse pour revenir à la charge une prochaine fois. N’espère pas t'en sortir ainsi par une si vulgaire pirouette, mon petit cœur. Je me contente de sourire et de me relever un peu tandis que je le sens sombrer. Allez, finis les bêtises pour aujourd'hui.

« Damn… je suis claqué… Pas toi ? »

"- Dis tout de suite que tu veux profiter de Peluche sans moi."


Je rigole et câline un coup l'once qui lui tient lieu d'ami. Toi, je passerais te dire bonjour de temps à autre, en cachette. Rien que pour narguer un peu mon petit Théodore.

"- Plus sérieusement, maintenant que je suis assurée que ton état de santé est stable, je vais laisser mon premier patient se reposer tranquillement. Si jamais tu me cherches, de toute façon, tu sais où me trouver. Enfin, si je suis sage..."

Clin d'oeil complice avant de revenir me pencher sur lui. Je pose mon front contre le sien et le laisse s'inquiéter une seconde de ce que je vais pouvoir lui faire mais je me contente de sourire et de me relever pour me diriger vers la porte. Il n'a pas de fièvre donc ce qu'il lui faut, c'est du repos. Arrivée à l'entrée, la main sur la poignée, je me retourne une dernière fois.

"- Je t'emprunte tes fringues. On est vachement bien dedans. Tu as très bon gout, mon Chou. Et maintenant, dors. C'est un ordre!"


Je sors en rigolant doucement et me met à errer dans le couloir. Tiens, il y a bien une porte à mon nom. Ils font bien les choses ici, et rapidement. Eh bien, soit la bienvenue chez toi, Nelsha. Et amuse-toi bien….

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Re: Le chat et la Poupée - Sam 4 Jan 2014 - 19:29
On voit bien les différences d'écriture que ça soit entre Nelsha, Aby ou Sonou. D'ailleurs j'trouve que la plus marrante c'est Nelsha, elle adore faire des conneries xD
Rp très animé dés le début avec Nelsha qui fait des siennes et Sven qui joue très bien le rôle de la victime ! La fin est plus calme et c'est pas mal du tout, on en apprend sur la vie de chacun.
Rp que j'ai trouvé très intéressant à lire ! ~

Sven : 1010 xps
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Re: Le chat et la Poupée -
Le chat et la Poupée
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