Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Terminé] L'abricot tourne au complot

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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 15:03
Eilyn me répondit sèchement. Peut-être qu'elle espérait que je ne lui prenne pas ses chaussette. Je regardai ses semelles couiner au rythme de ses pas et me mordit les lèvres. Non. C'était idiot. Pourquoi les proposer, sinon ? La politesse avait ses limites, et ce genre de proposition ne faisait pas partie des commodités. J'osai un regard sur la jeune fille, et son sourire paraissait avoir disparu. Il me semblait avoir été plus que correcte. Pourtant, peut-être à cause de mes rares rapport sociaux et à mon manque de civilité causé par ceux-ci, je ne pouvais m'empêcher de me chercher des travers. Cela démontrait le certain intérêt que je lui portais, et je vint à me demander si ça en valait vraiment la peine. J'en avais marre de constamment tout remettre en question. Mes sentiments étaient plus volatile qu'une feuille de papier et mes réaction plus tranchante que des lames de rasoirs. Je notai dans un coin de ma tête l'utilité de me stabiliser un minimum. Pas étonnant que je sois si seule avec de tel sauts d'humeur. Bien que j'étais devenue plus que bonne actrice, il était devenu épuisant de toujours tout intérioriser.

« Dis-moi, Akumu ... Pourquoi tant d'agressivité ? »


Je serrai ma poigne involontairement. C'était donc ça ? J'avalai ma salive et serrai les dents. Ça ne la regardait pas. Et j'en savais rien moi-même, si ce n'est que je ne tenais pour responsable que les autres. Amusant, quand on sait que c'est maintenant moi, la vipère.

" Parce que je suis une très vilaine fille ... Répondis-je sur un ton glacial "

A peine ais-je fini de prononcer ces mots que nous fûmes arrivé devant la porte de la cafet'. Eilyn poussa celle-ci et passa première. Stabilité. Je répétais ce mot dans ma tête. Je venais à l'instant de faire l'exact contraire. Et j'espérais de l'amitié de sa part ? Je soupirai et laissai partir cette vapeur irritante avant de m'asseoir, non, pardon, ne jeter sur une chaise. Je croisai les mains et regardai dans les profondeurs de la table, me détachant complètement des sentiments qu'allaient évoquer mes prochaines paroles.

" Et parce que ici, comme partout ailleurs, et depuis toujours, tout le monde me déteste. "


J'avais laissé glisser ces mots de ma bouche et réalisai combien ils avaient un gout acide. Ce qui était dit ne pouvait plus être récupéré. On ne pouvait pas me reprocher de ne pas être sincère.
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 15:30
Le ton glacial qu'avait employé Akumu ne laissait guère de place au doute. La question ne lui plaisait pas. Trop intime, trop personnelle ou intrusive sans doute. Eilyn haussa mollement les épaules, tant pis, elle aurait essayé de nouer le dialogue. Avoir une discussion constructive et doté d'un minimum d'intérêt ne semblait pas faire partie de ses capacités. Pourtant, la brune avait posé cette question sans aucune forme de sournoiserie, sans jugement. Oh, elle n'en voulait pas à sa camarade, elle même ne savait pas trop comment elle aurait réagi si on lui avait posé une pareille question. Non, elle comprenait, mais cela la mettait malgré tout en rogne. En rogne contre elle-même, contre sa faiblesse et ses illusions. Assise face à face, Eilyn ne pu s'empêcher de scruter les moindres détails du visage de cette étrange jeune fille qui lui faisait face. Baisser les bras ou continuer à creuser ? Cruel dilemme. Elle n'avait rien à perdre, mais tout à gagner. C'est ce qui la poussait à rester ici, les fesses sur une chaise, à tenter de briser la glace si épaisse qu'Akumu s'évertuait à maintenir en place. Cependant, la dernière phrase de sa camarade résonnait dans ses oreilles. « Tout le monde me déteste ».  Eilyn fronça les sourcils et tortilla avec nervosité un bout de son tee-shirt entre ses doigts. Sa camarade était le reflet de la colère et de la détresse qui sommeillait en elle, mais qu'elle refusait de laisser sortir et qui lui nécrosait la chair. Lui parasitait ses pensées. La jeune fille fixa Akumu, en ayant l'impression d'observer la matérialisation d'une part d'elle-même qu'elle refusait d'admettre. Elle avala difficilement sa salive et ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais aucun son ne sortit. Muette, voilà ce qu'elle était, voilà l'effet que les paroles de sa camarade avait eu sur elle. Fermant momentanément les paupières pour se reconcentrer, elle bascula sa tête en arrière et observa le plafond un moment avant de reporter son attention sur Akumu. 


« Tout le monde m'a détesté, me déteste et, j'en suis persuadée, me détestera. 
Mais contrairement à toi, je n'arrive pas à avoir cette ... cette rage qui semble t'habiter. 
J'ai toujours espoir de tomber sur quelqu'un de différent. C'est stupide hein ? »


Poser ainsi des mots sur sa plus grande faiblesse lui faisait prendre conscience de la naïveté de ses propos, et surtout de cet espoir fou qui continuer à tambouriner dans son coeur, là où quiconque aurait baissé les armes et sombré dans la froideur. Elle en avait envie, parfois, de se montrer hautaine, manipulatrice et froide. Mais elle n'y arrivait pas. Elle était en lute perpétuelle afin de repousser l'échéance, la fatalité. Car quoi qu'elle fasse, elle le savait, un jour viendrait où elle serait obligé d'agir comme Akumu. Pour se protéger des autres. Mais surtout des déceptions immenses qui ne cessaient de l'enfoncer plus bas que terre. A chaque fois. Au fond, elle ne pensait pas que sa camarde soit une mauvaise fille. Loin de là. Elle avait juste une image faussée, tronquée et souillée de ce qu'elle était en réalité. Les autres avaient eu raison d'elle. Eilyn l'avait bien vu, par moment, qu'une fragilité et qu'une certaine gentillesse sommeillaient en Akumu. Elle sentait ces choses là. 


« Je ne pense pas que tu sois une vilaine fille. Tu es simplement brisée. 
Tu es sans doute bien plus que ce que tu ne l'imagines Akumu. »


La brune se tut, avec la sensation d'en avoir trop dit. D'avoir une fois poussé un peu trop loin ses paroles, et surtout cette sensation de ne pas avoir su mesurer ses propos. Il fallait qu'elle apprenne à tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Ca ne lui ferait pas de mal, et réduirait sans doute le nombre de propos étrange qu'elle pouvait avoir.
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 16:13
« Tout le monde m'a détesté, me déteste et, j'en suis persuadée, me détestera. 

Mais contrairement à toi, je n'arrive pas à avoir cette ... cette rage qui semble t'habiter. 

J'ai toujours espoir de tomber sur quelqu'un de différent. C'est stupide hein ? »




Stupide ? Oui, ça l'était. Mais c'était compréhensible. J'avais été cette fille-là. Cette chose pleine de sentiment, aussi négatif qu'utopique, à la recherche d'une once de gentillesse dans la froideur des autres. Une bonté inexistante, écrasée par le mouvement de foule et le sentiment de pouvoir. Au cas par cas, ils étaient tous faible, sans exception, alors que moi, même devant la foule, j'étais devenue forte. Je lâchai un rire ironique. Elle, avait encore une chance de redorer son étoile. Peut-être n'était-elle pas encore totalement démolie. Il était encore possible qu'elle trouve la paix dans le sourire d'une tiers personne, tandis que de mon coté, je savais pertinemment que je la rejetterais d'aussi loin qu'elle fût venue. Mes ongles, pointu et parfaitement décoré de leurs verni, entrèrent dans ma chair. J'étais une fille de surface. Le même genre de bimbos que je passais le plus clair de mon temps à haïr. Tout tirait à la séduction, que ce soit mes vêtements moulant, mes cheveux parfaitement coiffé ou grâce à mon maquillage qui m'offrait un regard de braise, à la fois vide, séducteur, et mortel. Oui, j'avais définitivement quitté mon apparence de fille sage. Peut-être que dans un mois, deux ans ou un millénaire, elle sera devenue comme moi, en tiendra le même discours que le mien à une autre personne. Seulement, moi seul savait que le plus gros était ailleurs que dans l'apparence. Moi, si irréprochable d'extérieur, demeurait terriblement imparfaite à l'intérieur.




« Je ne pense pas que tu sois une vilaine fille. Tu es simplement brisée. 

Tu es sans doute bien plus que ce que tu ne l'imagines Akumu. »




Je levai brusquement la tête et plongeai mes yeux sombre dans les siens. Je devais avoir l'allure d'un panda, avec toute la pluie qui m'était tombée sur le visage. Je fît glisser une mèche derrière mon oreille, ce qui ne servait à rien, puisque je devais plus ressembler à une sauvage qu'autre chose, et gardai mon expression sans relief. Sa dernière phrase m'avait touchée en plein cœur. Une boule énorme me dévorait de l'intérieur. Un sentiment si vif qu'il était détestable. Typiquement le genre d'émotion pour laquelle je m'étais résolue au changement. Mais je n'avais rien à gagner à le lui faire savoir, puis quand bien-même, il se pouvait que je n'aie pas besoin de l'exprimer pour qu'elle le sache. C'était énervant, cette sensation de pouvoir être constamment déchiffrée, bien que ce soit peu probable vu son niveau. Le pire était qu'elle avait raison, en un sens. Il a fallu que je me fracasse sur toute les marches avant de devenir celle que je suis aujourd'hui. Un mal pour un bien ? Non. Je ne me sentais pas mieux. Rien ne marchait de toute façon pas. C'était juste un angle différent. Inédit. Une position qui tendais à me faire oublier que j'étais à bout de force. Que je roulais sur mes réserves. Merde. Il fallait que je dise quelque chose. Que je l'éloigne de moi, même si une infime lueur de moi-même appréciait sa parfaite compréhension. J'étais certaine d'une chose maintenant. Ce truc que j'avais senti. Elle et moi étions semblable en bien des points. Juste à des extrémité différente d'une même ligne.

"Si tu veux tout savoir, j'étais comme toi avant. Mais ça m'a foutu dans le tombe. Tu devrais essayer la haine, toi aussi. Tu verras, on souffre toujours, mais différemment. On ne se déteste plus soi-même, on déteste les autres. Et du sang coulera pour ce qui m'est arrivé, crois-moi ... "

Il y avait une pointe d'amertume dans mes mots. Un délice sanglant, loin de l'amitié ou des bon-sentiments. Juste le pouvoir de la vengeance. J'avais parlé de ça comme on parlerait d'un idéal, d'un dieu. Comme une démente. Sur un ton courtois, cependant. Je ne voulais pas le faire fuir. Je me surpris même à me rendre compte que j'avais envie qu'elle reste. J'appréciais sa présence, et ses mots qui m'avaient tourmenté.

" Tu es bien plus que ça, toi aussi. Rend-toi bien compte que nous sommes tous unique, mais que nous faisons tous la même chose. Va savoir pourquoi. C'est pourquoi j'ai pris la décision d'aller en contre sens. Je veux bien parler de tout ça, mais si tu le répète, je te tue. "

J'étais sérieuse sur ce dernier point. J'étais sur le point de faire tomber la plupart de mes grande rempart, et à déposer ma fragile confiance entre ses doigts. Si elle venait à l'écraser, elle serait la première de mes victime. Enfin, non, la seconde. D'abord, il y avait lui ...

" Alors ... Amie ? Ou du moins, alliées ? "
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 16:52
Eilyn regarda, impassible, les ongles si propres et parfaitement entretenus d'Akumu s'enfoncer dans sa chair. Un frisson la parcouru. Des images se bousculèrent dans sa tête. Du sang. Des coupures. Des larmes. Sans aucun répit. Sans interruption. La souffrance, le désespoir. Tant de sentiments. Trop de sentiments. Ne tenant plus, elle posa vivement sa main sur celle de sa camarade et l'ôta de son bras. Afin qu'elle cesse. Afin que cette mutilation s'arrête.  D'une main tremblante, elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille et posa ses mains à plat sur la table, essayant en vain de contrôler ses tremblements. La brune n'osait plus regarder Akumu. Sa réaction était idiote, excessive et terriblement gênante. Mais elle devait assumer, ne pas avoir honte de cette peur excessive qui avait surgit comme une réminiscence de son passé. Le contraste frappant qui habitait dans sa camarade lui sauta alors aux yeux. Tout ce maquillage dégoulinant. Ces vêtements bien trop aguicheurs. Tout était bien trop parfait en elle. Bien trop lisse et somptueux. Comme une sorte de masque, de façade pour tromper l'ennemi. 


« Tu vaux tellement mieux que ça ... Tellement plus que ce que tu t'imposes... »


Un point qu'elle ne pouvait pas comprendre. Cette envie de se faire belle, de se mettre à son avantage. Son propre corps ne lui inspirait que mépris et laideur. Elle était tellement à l'étroit et mal à l'aise dans cette enveloppe charnelle. Dans ce tas de cellules qui la constituait. Le Yin et le Yang. Akumu et elle. Voilà ce qu'elles étaient. Deux extrêmes différents mais tellement complémentaires. Elle attrapa une serviette en papier et la tendit à sa camarade afin qu'elle puisse ôter ce masque fait d'encre et de poudre qui lui recouvrait le visage puis écouta silencieusement les paroles qui sortait de sa bouche. Essayer la haine. Détester les autres au lieu de soi-même. Elle avait raison. Et pourtant tellement tort à la fois. Ce n'était pas la solution. Il n'y en avait aucune au final. Chacun tentait de survivre et de réagir du mieux qu'il le pouvait face à la situation. Mais tant de haine ... Ce n'était pas la meilleure des solutions. Et pourtant la plus tentante, la plus enivrante. 


« Comment ne pas se détester soi-même alors qu'on ne fait que transférer notre haine sur des personnes n'ayant aucun rapport avec notre souffrance ? Tu ne crois pas que c'est se rabaisser au niveau des autres ? De ceux qui t'ont et m'ont causé du tort ? »


Face à Akumu, Eilyn ne voulait pas montrer son approbation. Elle ne voulait pas que sa camarade sache qu'elle partageait son opinion. Qu'elle voulait se laisser entraîner dans ce gouffre de haine. Faire couler du sang ... Désir de vengeance. Réduire au silence et à la souffrance ceux à cause de qui elles en étaient réduites à tenir ce genre de discussion. Une grimace déforma ses traits. Valait-elle réellement plus que ce qu'elle ne l'imaginait ? Sans doute, même si cette idée lui semblait saugrenue et irréaliste. La dernière phrase semblait elle aussi surréaliste. La tuer. Elle. Eilyn. Décidément. Cette chère Akumu était pleine de surprise. Un discret sourire aux coins des lèvres, elle pencha légèrement sa tête sur le côté, observant attentivement sa camarade. Alliées ? C'était sans doute une très bonne idée. Les deux jeunes filles réunies risquaient de faire des étincelles. 


« Alliées. »


Puis la jeune fille s'adossa à sa chaise et croisa ses bras sur sa poitrine, attendant qu'Akumu lui fasse le récit de ce contre-sens qu'elle avait pris. Un courage de morue, voilà ce que lui inspirait sa camarade. Faire ce qu'elle a envie, quand elle en a envie, juste parce qu'une petite voie au fond d'elle lui murmure de le faire. 
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 18:18
Elle m'assura que je valait mieux que ça. Quoi sur terre pouvait avoir plus de valeur que ce désir, que dis-je, ce besoin de rétablir la justice ? Tout ces personnes qui, petit à petit, m'avaient poussée jusqu'au bord du gouffre. Je ne me souvenais que trop bien de ces soirées où le mots suicide glissait aussi délicatement de ma bouche que les larmes de mes yeux. Toute ces fois où j'avais tenté d'en finir. En un sens, c'était eux, tout ces gens, qui me harcelaient quotidiennement, qui m'avaient poussée dans ses griffe. Ils m'avaient rendue si stupide que à coté du reste,  sa fausse gentillesse avait un goût de paradis. C'était avant de finir dépouillée au fond d'un lac, bien sûr. Et dire que j'étais morte dans une foutue bagnole, comme si je ne méritais rien de plus. C'est sûr que de ce temps, je méritais mieux que ça. Au yeux de mon père, j'étais le dernier joyaux. Quand je pense que depuis que j'étais ici, à l'académie, même lui, je l'avais oublié. Lorsque je songeai à lui, mes sentiments restaient terré dans une cage sourde et solide. Imaginez, même mon paternel ne m'inspirait que du mépris. Comment peut-on ignorer à ce point la souffrance de sa propre fille ? Mais tout cela était tellement lointain. Cette vie avait sombré, comme moi, au fond de cette étendue d'eau glaciale. Désormais, j'incarnais ce que je voulais bien montrer aux autres. Et pour une fois dans ma vie, je méritais ce qui m'arrivait, ce qui, curieusement, était d'une énorme satisfaction. Ici, les gens me haïssaient pour quelque chose de palpable. Quoi que. Ma réputation s'était enflammée comme une traînée de poudre, si bien que la moitié de mes adversaire ne m'avait même jamais adressé la parole. Sauf que dans ce cas-ci, ils avaient peur. Personne n'osait véritablement m'atteindre. Bien que je n'étais plus martyrisée, ni enfermée dans les locaux, ma douleur avait solidement protégé sa résidence. Elle était devenue la flamme qui m'empêchait de cauchemarder le soir, et de pleurer sur mon sort comme j'aurais pu le faire il y a d'ici même pas un an. On ne me regardait pas dans les yeux. Les gens savaient qui j'étais, ce dont j'étais capable, et savaient tous quel étaient mes plans futur. Valait mieux être craint que aimé.


Je pris la serviette en papier qui m'avait proposé Eilyn et me frottai le visage avec. Il se teinta si rapidement de noir que je dû même en prendre un deuxième. Même si ça ne me faisait rien, je savais qu'il y avait de quoi avoir honte, surtout à mon âge. Seulement, je gardais en tête que j'étais devenue intemporelle. Que tout ceux que j'avais côtoyé allaient mourir, tandis que je garderais à jamais ma beauté. J'avais plus de mille vie pour faire payer à ces ordures le mal qu'ils m'ont fait. J'étais la prédatrice, et eux les proies. Éternellement.

« Comment ne pas se détester soi-même alors qu'on ne fait que transférer notre haine sur des personnes n'ayant aucun rapport avec notre souffrance ? Tu ne crois pas que c'est se rabaisser au niveau des autres ? De ceux qui t'ont et m'ont causé du tort ? »

Je riai doucement. Je savais qu'il était inutile de répondre à ces questions. Elle voyait déjà très clair dans mon petit numéro, et comprenait, voir même approuvait, la volonté qui me faisait face. Ils étaient tous les même. Pas un seul pour rattraper l'autre, et jamais personne le leur reprocherait quoi que ce soit. Je me voyais comme la balance, aussi détraquée soit-elle, qui allait les mettre en position de faiblesse. Ils méritaient d'être puni, pour moi, et tout ceux s'étant donné la mort pour les même raisons qui m'ont poussé à essayer, moi aussi. Quoi qu'il en soit, la grimace qui me fît la jeune fille, suivi de son sourire, me fîmes savoir qu'au fond, j'avais raison.

« Alliées. »

" Tant mieux, dis-je, et merci. "

Je la regardai se mettre dans une position plus décontractée , et compris qu'elle attendait un récit des prochaines mésaventure. Je lui offrais un sourire complice, carnassier. Car je savais que quoi je dise, je serais entendue à juste titre. Même si elle n'approuverait pas forcément. Elle était en position de comprendre, et je savais qu'elle le ferait.

" Toute ma vie, j'ai été victime de la cruauté des hommes, ou de la vie elle-même. Akumu se fait rabaisser, Akumu est détestée, Akumu est incomprise, Akumu est violée, Akumu est tuée ... Nous autres, apprenti-dieux, sommes différent. Ou presque. Des habitudes ne changeront jamais. Il faut toujours un coupable, une personne à haïr ... Commencais-je "

Je rigolai toute seule, tant la satisfaction de parler si librement était intense.

" Sauf qu'ils se trompent tous. Si tu es ici, c'est que tu es morte, c'est un fait. Toi seul peut désormais comprendre l'importance qu'avait ta vie humaine. Mais il y a un hic. Sans mentir, la quasi totalité des pensionnaire on eût une mort terrible, et si tu veux savoir, dans 90% des cas, gratuitement offerte de la main de quelqu'un d'autre. Moi, lui, elle, dis-je en pointant des personne invisible, peut-être même toi. "

Je roulai des yeux et fît la moue, pour me donner encore plus de substance.

" Mais personne ne désigne le bon coupable. Ce n'est pas la vie, la chance, le hasard ou la malchance, les responsable. Ce sont les hommes. Ceux d'en bas sont des monstres, et alors que nous tentons de repartir de zéro, eux, ne seront jamais puni et vivent très bien avec leur conscience. Tu sais autant que moi de quoi ils sont capable. J'ai décidé depuis longtemps de vivre comme bon me semblait, seule ou accompagnée. Mes vêtements, le maquillage, voler des petits fours dans les cuisine et manquer de t'accuser. Mais ça va bien plus loin que ça. Nous détenons le pouvoir de changer les choses. C'est nous, les grands de l'autre monde. "

Je laissai un blanc, le temps de laisser mes mots prendre tout leurs sens.

" Et il va y avoir du changement. Il existe chez les hommes un regroupement, appelée la Guilde Noire. Remplie de gens ayant très bien compris tout ce qui se passait. Je compte bien quitter l'académie, retrouver ces personnes là et, crois-moi, des têtes vont tomber ... Terminais-je dans un murmure, proche d'Eilyn, comme s'il s'agissait d'un secret, avec une pointe de démence dans la voix. "

Je reculai, sourire aux oreilles, prête à me délecter de la réaction de la jeune fille.
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Dim 15 Déc 2013 - 19:01
Pas un mot ne sortit de la bouche d'Eilyn durant le récit d'Amber. Elle retenait pratiquement son souffle, suspendue aux paroles poignantes et bouleversantes de sa camarade. Tant de vérités étaient étalées là, sans fioritures ni maquillage. Des réalités qui, bien que brutales, avaient le mérite de faire naître en la jeune fille un sentiment de rage, de revanche et surtout de vengeance. Une lueur étrange brillait dans son regard, au fur et à mesure que les mots sortaient de cette camarade si étrange. Cette jeune fille encore inconnue il y a quelques heures et qui pourtant était en train, inconsciemment, de mettre à terme à la lutte qu'Eilyn menait contre elle-même depuis si longtemps. Chamboulée par tant de révélations, la brune resta muette un moment, son regard perdu dans la contemplation de ses doigts. Cette seconde chance qui lui avait été donnée de vivre se résumait elle à ça ? Non pas à trouver enfin la paix, mais au contraire, mener cette bataille qu'elle n'avait pas su mener de son vivant ? Rétablir l'ordre et la vérité ... ? Et qui, d'une façon, la conduirait enfin à trouver la paix. Que ce soit envers elle-même ou envers autrui. C'était l'une des choses qu'elle n'avait pas compris, en se réveillant ici. Pourquoi. Et surtout, pourquoi elle. Dans quel but. Elle n'en savait rien. Et pourtant, Amber semblait avoir trouvé cette réponse. Sa réponse. Eilyn avala sa salive et leva enfin les yeux vers sa désormais alliée. 


« Là est notre différence. Ma mort n'a rien de tragique. Ou en tout cas pas dans le sens que tu as avancé. Je n'ai  besoin de me venger de personne. A moins que le cancer ne se matérialise en un être vivant. Mais malgré ça, j'ai connu l'exclusion moi aussi. Les moqueries. La solitude. Ce mal-être qui te broie de l'intérieur. Qui te ronge à petit feu ... »


Mais voilà, tout cela n'avait pas causé sa mort. Oh, elle avait eu envie, à plusieurs reprises, de mettre un terme à ses souffrances. De choisir sa mort et quitter sa vie. Or, elle ne pouvait pas se le permettre. Son père et son frère comptaient sur elle. Sa famille et leur survie dépendait en grande majorité de sa survie à elle. Qu'importe les difficultés. Amber avait elle connu ce sentiment. Celui de se sentir emprisonné dans sa vie. Ne pas pouvoir faire ce qui nous semble le mieux pour nous, uniquement pour ceux qui nous sont le plus chers. Peut être. Elle n'en savait rien. En tout cas, elle partageait son opinion sur les êtres Humains. Rien de bon ne pouvait être tiré d'une créature aussi faible et manipulable. L'Humain, le pire animal qui puisse exister sur Terre. Si cruel, barbare et intolérants entre eux. Entre semblables. Eilyn fronça son nez et secoua la tête. 


« Qui te dis qu'en les tuant, tu ne risque pas de les faire revenir ici. Avec toi. Et ça ne te semble pas dérisoire toi ? Une mort vengeresse contre toutes les souffrances que tu as subi. Je trouve ça tellement ... faible et dérisoire à côté de ce qu'ils ont fait subir. »


Pour la brune, ces personnes abjectes ne méritaient que torture. Ces êtres sans sentiments ne pouvaient pas lui faire éprouver de la compassion, de la pitié. Elle n'en avait pas pour eux. Au contraire. Sans doute se montrerait elle bien plus sournoise et habile en matière de torture qu'Amber. La mort n'était selon elle pas suffisant. Ce serait même frustrant, de les voir ainsi mourir. Sans cris de douleurs. Sans supplications. 


« Personnellement, je me sentirai tellement ... tellement mieux, de les entendre me supplier de les achever. De voir la peur dans leurs yeux. De pouvoir leur faire subir ne serait-ce qu'une infime partie de la souffrance qu'ils ont pu m'infliger. Sentir la frayeur et la douleur s'échapper de chacun des pores de leur peau. »


Un sourire digne d'une grande malade mentale étira les lèvres de la jeune fille. Voilà. Elle y était. Cette rage, cette haine dont lui parlait Amber depuis tant de minutes. Voilà qu'elle la laissait enfin sortir. Qu'elle suintait de partout. De sa bouche, son regard, ses narines. En cet instant, tout en elle exprimait la colère, le désir de vengeance. Elle planta son regard dans celui de sa camarade, un sourire mesquin au visage.


« Des têtes tomberont. Mais à condition qu'elles ne le soient qu'à l'issue de terribles souffrances. »

Voilà. C'était dit. Elle garda son regard posé sur Amber, attendant de connaître sa réaction. Qui sait, peut être pourraient elles s'allier et faire régner la terreur sur Terre. 
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Lun 16 Déc 2013 - 20:40
Je n'avais fait qu'une seule bouchée de la jeune fille. Mon discours avait eu l'effet escompté, c'est à dire que ma fièvre soit transmise. Sans pour autant avancer quoi que ce soit sur une potentielle participation de sa part, je savais qu'elle me soutenait moralement, et que ses idées suivaient le sens logique des miennes. Elle me parlait de torture, de souffrance. Oh, Eilyn ... C'était évidemment sous-entendu. Si leurs punitions étaient de disparaître aussi vite qu'un mouvement de cils, je passerais mon temps à me questionner sur le véritable châtiment.  Quel intérêt ? La mort seule ne suffit pas. Lorsque je me retrouverais devant ce salaud, je m'assurerais qu'il ai bien le temps de regretter ses actes. Brûlure, lacération, torture morale et physique seraient de rigueur, et des heures durant. Peut-être même que si l'appel ne se montre pas trop fort, je le laisserais vivre encore un peu. Le temps de se rétablir, de reprendre goût à la vie, en attendant que je lui revienne comme un cauchemar incessant. Je portais la même haine pour tout les humains, mais la sienne était la pire. La mort serait encore bien trop douce pour lui. Je me voyais établir ce lien si spécial entre lui et moi. Celui qui lie un enfant à son Némésis. Cette certitude de toujours me revoir, sans savoir quand ni comment. Le savoir paniquer en ouvrant chaque porte, en passant chaque coin de rue, par peur d'avoir mon fantôme devant les yeux, m'envoûtait d'un désir étrange. Je me répétai pour la millième fois la même phrase : 


" Moi la prédatrice, et eux, les proies "





" Promis, dis-je comme si elle venait de me procurer cette illumination, ils souffriront. "



L'expression qui s'affichait sur le visage d'Eilyn termina de me réjouir. Elle portait un sourire que je n'aurais jamais pu imaginer sur le visage de cette fille qui, une heure auparavant, me prenait pour une carotte. Il était catégorique, carnassier. C'est à ce moment que je réalisai combien il pourrait être intéressant d'avoir une alliée sur le terrain. Bien que je n'en sois pas tout à fait convaincue, cette idée s'imposait dans mon esprit. Pourquoi pas, après tout ? Si les choses tournaient mal, pour une quelconque raison, elle serait facilement éliminable. Je m'accordai la liberté d'ignorer cette possibilité. Il était probable que nous devenions plus proche. Amie, peut-être. J'approchai mon visage du sien, pour éviter d'être entendue par je ne sais quel oreille indiscrète, bien que d'apparence, ça ne me paraissait pas possible.

" Ca te tenterais  , lorsque que nous serons toute les deux assez forte pour être vue de ces abominations, une petite escale sur terre pour faire un peu de repérage ou pour peut-être nous ... amuser ? "

Je toussotai, pour éviter de me montrer aussi déterminée que je l'étais.

" Mais je te préviens. Ce ne sera pas une sortie très légale .. "
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Lun 16 Déc 2013 - 21:11
Eilyn n'était pas surprise de cette réaction. La souffrance. Au font, c'est ce qu'Amber recherchait également. Le contraire l'aurait étonnée. Faire mourir quelqu'un rapidement et proprement ne répondait pas au besoin maladif de vengeance de sa coéquipière. Et s'était tant mieux. A elles deux, nul doute qu'elles pourraient rivaliser de sadisme et avoir un esprit suffisamment tordu pour inventer toute sorte de technique destinée à gaspiller l'existence d'un être humain. L'intérêt de la brune fût ravivé par cette proposition plus qu'alléchante. Sortir de l'Académie. Retourner dans le monde des Humains. L'illégalité ne la faisait même pas hésiter. Elle s'en fichait éperdument, tel Simba partant fièrement explorer le cimetière des éléphants, ou bien Némo partant toucher le bateau de sa nageoire atrophiée. Le danger, qui de son vivant suffisait à lui faire rebrousser chemin sans rien oser, était désormais un moteur libérant en elle une dose salvatrice d'adrénaline. Un sourire mystérieux étira ses lèvres et elle hocha la tête, faisant voler délicatement ses longs cheveux d'un noir de jais. 


« Avec grand plaisir. J'ai hâte. La légalité ? C'est une notion subjective. On peut la contourner. »

Visiblement, rencontrer Amber était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Sa vie à l'Académie lui paraissait moins fade et bien plus palpitante. Elle voulait tout vivre, sans se poser de questions, sans rien regretter. Rien ne la retenait désormais. Elle était seule, et agissait pour elle, sans conséquence pour personne d'autre qu'elle-même. Et cela lui faisait un bien fou. Se sentir libre dans la mort. Quel bel euphémisme. La jeune fille se leva de sa chaise avec vigueur et contourna la table pour se placer à côté d'Amber.


« J'étais sceptique pendant un moment, mais finalement, je suis vraiment contente d'avoir fait ta connaissance. Et quelque chose me dit que l'aventure ne fait que commencer. »


Eilyn pivota sur la pointe des pieds et se dirigea vers la sortie. Un bruit étrange lui fit baisser les yeux sur ses chaussures. Pouic-Pouic. Un sourire malicieux aux lèvres, elle se tourna une dernière fois vers sa camarade. 


« Pour les chaussettes, je te les laisse. Ca te fera un souvenir. »


Puis sans rajouter un mot ou attendre une quelconque réponse, elle poussa la porte et retrouva le contact de gouttes de pluie sur sa peau. 
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Re: [Terminé] L'abricot tourne au complot - Mer 25 Déc 2013 - 15:54

Gros Chéri, je te souhaite la bienvenue dans le monde des Bisounours ! /PAN/
... On ne m'a encore jamais fait le coup xD

J'ai bien aimé lire ce rp, l'est marrant. On voit bien la fille qui passe du statut méfiante au statut défoncée par un abricot. Et j'aime beaucoup la façon de penser d'Eilyn, elle a vécu les mêmes choses qu'Akumu pourtant elle a une vision des différentes et c'est ça qui rend le rp intéressant.

Akumu : Fais gaffe, des fois tu fais des fautes bêtes comme oublier des "s" au pluriel ~

Eilyn : 905 xps
Akumu : 830 xps

Xps attribués : Yep
[Terminé] L'abricot tourne au complot
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