Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 18 Jan 2014 - 10:29
L’histoire continue....

- Ne t’inquiète pas, ce n’est pas la peine de nous presser. Je te promets que les voisins seront prévenus en temps et en heure pour le bal !

Ah bon, vraiment? Pourtant, écrire les petits cartons, aller les distribuer et puis, le temps que les gens se trouvent une tenue, qu'ils réservent leur soirée pour venir nous rejoindre, ça devait prendre du temps quand même? Mais encore une fois, j'ai oublié le plus important des détails. Enora est une Princesse alors il y a forcément beaucoup de gens autour d'elle. Elle en parlé elle-même, elle a des cousins, un valet et pleins d'autres personnes encore. Alors, en arrivant, elle n'aurait sans doute qu'à claquer des doigts, expliquer ce qu'elle voulait et les gens iraient pour elle lancer les invitations. Bon, c'était un peu moins drôle que de décorer des cartons à la belle écriture manuscrite, et puis ça aurait fait plaisir aux voisins de croiser leur Princesse en chair et en os mais on ne peut pas tout avoir non plus. Oups! Il faut vraiment que je regarde devant moi sinon, je vais finir par tomber.

- Non, il ne s’appelle pas Dimitri mais Alexïs. Tu sais, c’est celui dont je t’ai parlé tout à l’heure. Et oui, il est au courant de ma petite… escapade ! Par contre, la coutume veut qu’il m’accompagne partout où je vais… Mais se promener en compagnie de son valet, ce n’est pas très discret ! Alors je lui ai demandé si je pouvais aller me promener seule et comme tu as pu t’en rendre compte, il a accepté. Rien de plus.

"- C'est joli comme prénom aussi, Alexïs. Et puis ça se ressemble avec Dimitri quand même un peu, c'est rigolo. En tout cas, il drôlement gentil de t'avoir laissé sortir, faudra que je le remercie aussi parce que sinon, je n'aurais pas pu te rencontrer."

J'avais hâte de rencontrer Alexïs. Oui, elle m'en avait parlé un peu, vaguement, au début de l'après-midi mais il s'était passé beaucoup de choses et très vite du coup, j'avoue que j'avais un peu oublié. Par moment j'avais une mémoire digne des poissons de la même couleur que moi, c'est à dire rouge. Mais bon, ce n'était pas si grave que cela. Enfin, pas aujourd'hui.

- Mais bon, tu te doutes qu’il n’allait pas laisser sortir une princesse toute seule malgré tout. Mes deux gardes du corps étaient avec moi et comme tu l’as si bien deviné quand nous nous sommes rencontrés, je les ai semés ! Là, tu connais toute l’histoire.

Ah, ça, je le savais. Pour le coup, réflexe un peu idiot de ma part, je me suis mise à applaudir doucement en souriant. C'est vraiment elle la plus forte, y a pas une Princesse qui lui arrive à la cheville. Mais maintenant, je commençais à me poser un peu des questions quand même. Parce que, si elle les avait semés, ils devaient la chercher eux, de leur côté? Les pauvres, ils devaient tourner en rond parce qu'on en avait fait des kilomètres depuis qu'on s’était croisées. Donc, c'était aussi un peu ma faute s’ils ne l’avaient pas retrouvée. Alors, quelque part, je les plaignais un peu autant que cela me faisait rire d'imaginer ma princesse piquer un sprint en se fondant dans la foule alors que ses gardes du corps tentaient en vain de la suivre.

"- J'espère qu'ils ne seront pas punis parce qu'ils t'ont perdus. C'est un peu ma faute s’ils ne t'ont pas retrouvée, je t'ai accaparé toute la journée. Et puis, ils doivent se faire du souci pour toi. Faudra les rassurer et leur dire quand même que tu vas bien. "

- La seule condition à mes sorties occasionnelles est que je m’habille de la même manière que mes sujets, ne parais-je point une simple étudiante dans cet accoutrement ? La Russie entière s’y tromperait ! Sauf toi, ma chère Soniya mais toi, tu n’es pas comme tout le monde, n’est-ce pas ?

"- J'ai surtout eu de la chance que la télévision elle te montre en même temps que tu passais à côté de moi. Je ne suis pas sûre que je t'aurais reconnue sinon, tu es drôlement bien cachée comme ça je trouve."


Je n'étais pas comme tout le monde. Oui et non. A la Deus, j'étais une apprentie comme les autres. De mon vivant, j'étais une petite Russe parmi des milliers. Aujourd'hui, j'étais toujours la sœur de ma Tanya, j'étais moi et rien de plus. Je ne me sentais pas vraiment Spéciale mais en même temps, ma Princesse avait raison, je n'étais pas non plus comme tout le monde. Après tout, les gens ne passent pas leur temps à se cogner, tomber et s'attirer des ennuis comme il m'arrive en générale. Pour une fois, j'ai de la chance, je n’ai eu aucun malheur encore. Pourvu que ça dure. Et le plus longtemps sera le mieux.

Tandis que je marchais aux côtés de ma Princesse le paysage avait à nouveau changé. Les grandes avenues commerçantes avaient laissé la place à des rues un peu différentes, la mer était loin derrière nous maintenant et je n'entendais plus les mouettes. Mais j'étais toujours aussi surprise. Mon petit coin perdu là où j'avais grandi ne ressemblait nullement à ça. C’était joli, calme, presque reposant. Mais je voyais mal où la résidence secondaire de ma Princesse pourrait se trouver là-dedans. J’étouffais un bâillement discret, ne voulant pas que ma Princesse pense que je m'ennuie. J'étais juste un peu fatiguée mais ça passerait vite, une fois occupée.

"- On est bientôt arrivée? J'ai hâte de voir comment c'est là où tu vis quand tu fais comme tout le monde. Et dis, pour le Bal, va y avoir aussi un banquet ou je mélange tout?"


Bah oui, je me fais peut-êtredes idées mais moi, je ne suis pas de la Noblesse. Même si j'ai la chance d'avoir été nommée Dame de Compagnie, je sais que j'ai de grosses lacunes alors autant lui demander avant, que je fasse pas de gaffes après quand les invité seront là.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 18 Jan 2014 - 17:10
Il n’y avait vraiment que Soniya pour trouver des similitudes entre le prénom d’Alexïs et celui de Dimitri. Cela fit rire Enora. Quelle imagination, cette enfant ! Toujours en train de rapprocher un fait à un autre pour que la réalité colle parfaitement à la fiction du dessin animé. Mais son Alexïs à elle n’avait rien à voir avec le Dimitri du film, la demoiselle le savait très bien. La rouquine s’en rendrait sans doute compte une fois sur place, face au valet en chair et en os.

- Mes gardes du corps ont l’habitude que je leur fauche compagnie, comme ça. Ils doivent déjà être rentrés au palais, inutile de t’en faire pour eux.

Inutile de s’en faire d’autant plus qu’il n’y avait jamais eu de gardes du corps. Ce n’était qu’un simple mensonge, inoffensif, du moins l’espérait-elle. Sa dame de compagnie croyait-elle réellement à ce qu’Enora lui racontait depuis le début ? Ces histoires de princesses, de duchesses, de bal, de valse, de valet et de gardes du corps… n’étaient rien d’autre que des histoires. Toutefois, Soniya en parlait avec une telle conviction relevant de la croyance qu’elle ne paraissait pas mettre en doute une seule fois la parole de l’étudiante. Cette dernière devrait revenir là-dessus. Plus tard. Pour le moment, autant profiter de ce jeu de rôle. Il n’y avait aucun risque à craindre, la rouquine quitterait son personnage sitôt les au revoir effectués. Elle le délaisserait sur le seuil, tout comme elle délaisserait Anya et toute sa clique. Ne restera plus qu’Enora alors dans son esprit.

La demeure d’Enora commençait à apparaître. La pauvre Soniya devait en avoir assez de marcher, encore et toujours. Elles avaient dû traverser une bonne partie de Saint-Pétersbourg à pied, ce n’était pas rien. Même si Enora avait l’habitude de la marche, ce n’était peut-être pas le cas de la rouquine. Mais ces kilomètres effectués en valaient la peine, n’est-ce pas ? Nouvelles robes, cours de danse, repas en bonne compagnie, spectacle magnifique sur la jetée et maintenant le bal. Leur odyssée touchait à sa fin.

- On y est ! clama Enora tout en faisant un geste ample du bras pour désigner sa demeure, ma résidence secondaire ! Mon humble demeure ! Pratique pour passer inaperçu au milieu de mes sujets. Tu imagines si je possédais un palais ici-même ? Ce ne serait pas très discret pour abriter une princesse !

Tout le monde ne pouvait pas vivre au palais d’Hiver, monument ayant vu défiler sous ses fenêtres nombreux tsars.
Le jardin de la résidence secondaire était assez simple. Un portail permettait de pénétrer dans la propriété, quelques marches gagnaient le perron, des arbustes taillés décoraient le tout. Aucune fleur en cette période de l’année. Juste du vert, ici et là. La demoiselle abaissa la poignée de la porte, laissant le froid de novembre entrer brusquement dans la maison, bientôt suivi de Soniya. Elle n’allait pas rester à l’extérieur, tout de même !

- Alexïs ! Je suis rentrée !

Lui-aussi devait être là. Il ne travaillait pas aujourd’hui et l’avait quitté ce matin de bonne heure. Elle lui avait dit qu’elle ne rentrerait pas tard, sans doute pour le déjeuner, mais l’étudiante n’avait pas prévu de faire une rencontre si intéressante en chemin.

Une tête rousse apparut dans le couloir. Non, il n’avait pas bougé. Alexïs, toujours fidèle à lui-même, un simple T-shirt sur le dos malgré le temps loin des chaleurs de l’été, pantalon en jean, sa chevelure rousse en bataille et son traditionnel cache-œil lui donnant une allure de pirate.

- Nora ! Enfin t’voilà ! Et j’vois qu’t’as ram’né une amie avec toi. À qui ai-je l’honneur ?

Ah mais si son valet commençait à prendre un ton aussi condescendant, il n’allait pas faire illusion longtemps. Enora s’approcha de lui, chuchotant à son oreille quelques consignes pour éviter qu’il arrête de la tutoyer. Elle était une princesse et lui son valet ! Une grande différence de classe sociale existait entre eux deux ! Qu’il y mette un peu du sien, bon sang !

Sur ce, il fit une révérence à la manière de la cour, s’inclinant bien bas devant les deux jeunes femmes. N’en faisait-il pas un peu trop ? La demoiselle se devait de se retenir de pouffer de rire. Il lui fallait respecter les conventions. Mais voir Alexïs enfermé dans un tel rôle… C’était si burlesque et si inattendu !

- Soniya, je te présente Alexïs, mon valet, le présenta-t-elle sobrement, mais viens ! Tu veux peut-être faire le tour de la résidence avant d’aller te préparer pour le bal ? Alexïs se chargera de prévenir les voisins.
- Vos désirs sont des ordres, princesse.

Et une nouvelle révérence. Ce grand dadais aurait eu un chapeau, il n’aurait cessé de l’agiter pour saluer la demoiselle comme lors de temps anciens. Alexïs avait toujours été enchanté par les pièces de théâtre, plus encore lorsque c’était à son tour de se glisser dans la peau d’un personnage. Inutile de préciser que de jouer, même un valet, lui suffisait amplement.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 19 Jan 2014 - 9:46
Résidence secondaire....

- Mes gardes du corps ont l’habitude que je leur fauche compagnie, comme ça. Ils doivent déjà être rentrés au palais, inutile de t’en faire pour eux.

Ah bon, voilà qui me rassurait quand même un petit peu. Ce n'était quand même pas très prudent pour ma Princesse de se promener ainsi seule au milieu du monde, on ne savait jamais, il aurait pu lui arriver n'importe quoi. Enfin, elle n'était pas moi non plus et ne risquait pas de se tordre le pied simplement en ratant le bord d'un trottoir mais elle restait une Princesse, ce n'était pas très sérieux. Remarque, moi, j'étais sortie de l'Académie sans vraiment prévenir personne, c'était au final un peu pire. J'espère que Tanya ne se fera pas de bile pour rien. Il faudra vraiment que je pense rentrer mais pas encore. Pas tout de suite. Pour une fois que le monde ne semble pas tout entier ligué contre, je veux rester encore un peu.

- On y est ! Ma résidence secondaire ! Mon humble demeure ! Pratique pour passer inaperçu au milieu de mes sujets. Tu imagines si je possédais un palais ici-même ? Ce ne serait pas très discret pour abriter une princesse !

Le nez un peu perdu dans mes pensées, j'avais presque oubliée où je me trouvais à cet instant. Les paroles de ma Princesse me font cependant atterrir rapidement et déjà, j'observe les lieux avec attention. Oh, c'est drôlement mignon. Y a même un jardin. Je souris aux réflexions de ma Princesse. Oui, d'accord, j'avais espéré au moins un mini palais ou quelque chose du genre mais elle avait raison, ça ne serait pas vraiment passé inaperçu dans le lot. Et puis, c'était bien assez joli comme ça, pas besoin d'un immense palais. J'essaye de toucher du bout des doigts les arbustes qui sont joliment taillés et je m'amuse à voir s'envoler deux trois oiseaux devant nous. Si je ne me retenais pas, je me mettrais à sautiller en courant devant ma Princesse mais je ne sais toujours pas laquelle est sa maison. Ah, bah voilà réponse. Car Enora monte sur un perron et ouvre la porte d'entrée dans laquelle je m'engouffre avec elle avant qu'elle ne la referme.

- Alexïs ! Je suis rentrée !

- Nora ! Enfin t’voilà ! Et j’vois qu’t’as ram’né une amie avec toi. À qui ai-je l’honneur ?

Je guette l'arrivée de ce fameux valet avec une réelle impatience mais quand je le vois débarqué, je panique une seconde. Il est grand. Super grand même. Et il est drôlement costaud. Pour le coup, je reste bien derrière ma Princesse, limite un peu cachée. Si lui c'est son valet, ils sont comment les gardes du corps? Et puis, il a un œil que je ne vois pas, avec un truc dessus, comme les pirates dans les livres de contes. Ça fait franchement impressionnant. Surtout pour moi qui suis toute petite, toute fluette et qui ne ferait même pas peur à une mouche du haut de mes trois pommes et demie et de mon poids plume.

Par contre, sa façon de parler me faire sourire et même étouffer un rire. C'est drôle, avec son apparence, je m’attendais à tout sauf à ça. Du coup, il me fait tout de suite beaucoup moins peur mais bon, je laisse ma Princesse aller le voir et moi, je reste un peu à distance. Parce qu'il y a un autre détail qui soudain me choque plus que tout le reste. Ses cheveux. Ils sont courts mais ils ont la même teinte flamboyante que ma Tanya et moi. Et que le Monsieur sur la photo du pendentif. Est-ce que, peut-être, il serait d notre famille? Mais ça veut dire que je serais plus vieille que lui? Non, ce n’est pas possible. Mais ça me fait bizarre quand même de croiser quelqu'un qui nous ressemble autant à ma jumelle et moi. Surtout un Russe.

- Soniya, je te présente Alexïs, mon valet, mais viens ! Tu veux peut-être faire le tour de la résidence avant d’aller te préparer pour le bal ? Alexïs se chargera de prévenir les voisins.

- Vos désirs sont des ordres, princesse.

Une joli révérence et voilà qu'Alexïs est parti pour prévenir les voisins. Dis donc, elle sait se faire obéir ma Princesse, je l'admire drôlement parce que bon, elle ne fait pas trop le poids comme ça, face à son valet. J'attends qu'il soit hors de vue et je rejoins joyeusement Enora, toute excitée.

"- Oh oui, je veux voir à quoi ça ressemble chez toi. C'est grand en plus. Pas autant que l'école mais quand même. L'orphelinat il n’était pas aussi grand que ça, lui. Et vous êtes beaucoup à vivre ici? En plus de toi?"

Je jette un coup d’œil derrière mon dos, pour m'assurer que le valet n'est pas caché dans le coin. Non, je ne veux pas faire une bêtise mais bon, je sais que ce n’est pas bien de poser des questions sur les gens quand ils ne sont pas là. Et puis, je ne voudrais pas qu'il se mette en colère, il me fait déjà assez peur comme ça, même si on n’a pas vraiment l'impression qu'il est méchant, hein.

"- Dis, Alexïs, il a été pirate avant? Parce qu'il a truc sur le visage comme eux. C'est la première fois que j'en vois un en vrai. Et t'as vu? Il a les mêmes cheveux que moi. Je croyais qu'on était les seules, moi et ma jumelle, comme ça. "

Enfin, il faut que j'arrête avec mes questions et toutes mes divagations, j'ai une résidence secondaire à découvrir, moi. Et puis, je suis certaine qu'il nous reste encore pleins de choses à faire dont elle ne m'a pas encore parlé. Les surprises, je n'en ai pas fini avec elles, j'en suis certaine. Je suis donc docilement ma Princesse alors que la visite commence. Je reste attentive, curieuse d'en découvrir plus sur la vie ma Princesse.

"- Enora, je sais que je ne devrais pas le demander comme ça mais... T'es amoureuse de Alexïs?"

Bah quoi, dans le dessin animé, c'était flagrant. Même moi qui suis nulle aux devinettes, je l'avais remarqué mais là, avec un œil en moins en plus, je n’arrivais pas trop à le savoir. L'expression de son visage était différente de d'habitude alors je n’arrivais pas à savoir toute seule. En tout cas, ils avaient l'air de très s'entendre alors pourquoi pas. Il en fallait peu à mon imagination pour s'enflammer.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 19 Jan 2014 - 17:06
Grand, grand… Tout était relatif. Enora avait peine à imaginer un orphelinat plus petit encore que sa demeure. Les pauvres enfants devaient être les uns sur les autres, peu pratique pour vivre sereinement et avoir un minimum d’intimité. Mais l’important était que tous ces mauvais souvenirs étaient derrière Soniya. Sa vie dans son école paraissait sublime. Un vrai conte de fée plus vrai que nature. Les princesses en moins. La perspective de découvrir de nouveaux horizons avait délié la langue de la rouquine. Déjà qu’elle était bien bavarde avant cela, elle n’avait aucunement l’intention de ralentir son débit de paroles. Peut-être faudrait-il la reprendre sur sa manie de poser des questions sur tout ce qui l’entourait ? Non, elle était avide de connaissances, sa soif était légitime. Inutile de brider sa curiosité, cela n’amènerait rien de bon. Lui répondre. Et rien d’autre.

- Ma mère vit aussi avec nous. Enfin, elle n’est pas souvent là, toujours occupée par son boulot, plus souvent entre deux aéroports qu’à la maison donc la plupart du temps, il y a juste Alexïs et moi à la résidence secondaire.

Tout en parlant, l’étudiante avait guidé sa dame de compagnie du côté du jardin, le vrai. Et non pas côté cour. Une terrasse humide accueillait une table en plastique ainsi que des chaises usées par le temps et les averses. Les arbres y étaient bien plus nombreux que du côté du perron, des buissons permettaient de conserver son intimité et d’éviter que les voisins ne puissent les épier. Les bacs à fleurs étaient désespérément vide en cette saison triste et mortuaire. Seul le potager subsistait. De nouvelles tomates avaient grimpé le long de leurs pieds, attendant qu’une nouvelle gourmande ne vienne les cueillir pour s’en remplir la panse. Pas de chance, la gourmande tant attendue n’avait rien à voir avec Soniya.

- Là, tu as le jardin complet. Rien d’extravaguant, si ce n’est le potager de ma mère justement, là-bas, dont je dois veiller avec soin si je ne veux pas qu’elle ne m’hurle dessus à son retour. Parfois, je me demande si elle ne tient pas plus à ses légumes qu’à sa propre fille ! ironisa Enora, enfin rentrons. Il n’y a plus rien d’intéressant à voir dehors.

La porte refermée, Enora continuait d’écouter le flux incessant de paroles de son invitée. La suite lui serra le cœur. Alexïs un pirate. C’était ce qu’elle disait, parfois. Cela amusait énormément aussi les enfants, son cache-œil. Lui riait de tout mais elle, cela ne la faisait pas rire. Son accident avait été sérieux. Comment oublier que ce pauvre homme avait perdu un œil à cause d’elle ?

Tout en ressassant cette triste nuit, elle s’avança dans le couloir, toujours suivie de Soniya. Place à la visite guidée de la maison. Elles en auraient vite fait le tour. Sa maison n’était pas tant le palace qu’elle vantait auprès de la rouquine. Mais cette dernière n’y voyait que du feu. Elle ne devait pas avoir visité énormément de maisons avant aujourd’hui sans quoi elle aurait pu se douter que ce lieu n’avait rien d’une résidence secondaire de princesse. Les tsars et autres membres de la famille royale devaient avoir bien plus de goût et pouvaient s’offrir une résidence s’approchant d’un véritable palais en pleine nature. Et les moyens financiers nécessaires aussi.

- Il n’a jamais été pirate, avant qu’il n’habite chez moi, il vivait dans les rues. C’est là qu’il a perdu son œil, en me sauvant la vie suite à une… mauvaise rencontre. Ce n’est pas juste un valet, c’est aussi un peu comme mon chevalier servant, du moins c’est comme ça que je le vois.

Un chevalier toujours là au bon moment, prêt à secourir sa princesse. Au fond, ce jeu de rôle n’était peut-être pas si loin de la réalité. Malheureusement, Enora se voyait mal accorder à Alexïs le rôle du prince charmant, car ce n’était pas le cas. La remarque de son acolyte la fit donc sourire. Elle posait sa question sans aucune gêne, nonchalamment, c’était mignon. Adorable.

- Moi ? Amoureuse de lui ? Bien sûr que non ! Qu’est-ce que tu vas t’imaginer, là ? s’esclaffa-t-elle, et ce n’est pas là une question à poser à sa princesse ! Mon cœur, c’est bien des affaires ! Et puis, ne sais-tu pas qu’une idylle ne doit pas naître entre une princesse et un valet ?

Elle avait essayé de forcer le ton mais cela ne la rendait que plus drôle et touchante. Son cœur bien des affaires… Ben voyons. Elle prétextait l’argument d’Alexïs en tant que valet pour éviter de s’éterniser sur cette question délicate. Bien que la demoiselle n’ait aucun mal à parler d’amour avec qui que ce soit. Mais évoquer ses sentiments avec une fille qui lui était inconnue jusqu’au matin même la dérangeait un peu, soit dit en passant.
Rien n’aurait pu naître entre ces deux-là, en dehors de la comédie imposée, étant donné que la Russe avait un penchant pour la gente féminine. Mais cela, il n’était pas obligé que Soniya le sache. Certaines personnes réagissaient mal en l’apprenant. Mieux valait donc taire ce secret pour le moment.

La chambre d’Enora. En éternel bazar, pour changer. Quel modèle faisait-elle donc pour son apprentie dame de compagnie ? Un modèle bien pitoyable. Des vêtements traînaient un peu partout sur le sol – la pauvre ne savait jamais quoi enfiler – des livres recouvraient le bureau – révisions tardives obligent – et des classeurs étaient étalés sur son lit. La totale. Il faudrait vraiment qu’elle songe à ranger sa chambre, à l’occasion. Heureusement que le ménage avait été fait sous peu ; aucune toile d’araignée ne venait salir ses murs, la poussière était elle-aussi une éternelle absente. Si le rangement laissait à désirer, ce n’était pas le cas de la propreté irréprochable de la pièce. Propreté qui se noyait au milieu de ce capharnaüm.

- Bon, là, comme tu peux t’en douter, c’est ma chambre ! Excuse-moi pour le désordre, je n’avais pas prévu de recevoir qui que ce soit aujourd’hui… Heureusement que les invités, eux, resteront dans le salon ! Sans quoi, ils seraient sans doute horrifiés de voir l’état de cette pièce !

Elle avait l’air maligne avec ses leçons de bienséance ! La bonne-conduite ne commençait-elle pas d’abord par l’entretien de son espace vital avec soin ? Elle vivait ici, y dormait, étudiait dans cette pièce. Cela se voyait. Elle aurait pu au moins faire un effort sur le rangement. Qu’allait donc penser sa dame de compagnie après ça ? Une princesse pouvait-elle se permettre un écart, même le plus infime ? Mais au fond, la brune n’était pas une princesse, juste une humaine comme les autres, commettant des erreurs en permanence. Comme tout le monde.

- À côté, c’est la chambre de ma mère. Et l’autre porte juxtaposée, la chambre d’ami. C’est là que dort Alexïs.

La chambre de sa mère. Depuis maintenant neuf ans que son père était décédé, la demoiselle avait perdu l’habitude de dire « parents » mais de juste préciser « mère ». Rien de bien méchant.
Inutile d’aller errer dans les deux autres chambres si ce n’est pour subir le courroux du rouquin qui n’aimait pas que l’on entre dans sa pièce sacrée sans prévenir au préalable. Il avait ses manies, le bougre. L’essentiel était que Soniya ait une idée de la maison dans laquelle sa princesse passait une partie de ses journées. Ainsi qu’une représentation de sa chambre. Plus qu’une représentation, elle l’avait en face d’elle. Une vraie chambre de princesse en bazar. De quoi faire rêver. Les contes étaient toujours loin de la réalité ; après tout, les narrateurs dépeignaient la vie de jeunes adolescentes parfois rebelles se cherchant et n’ayant pas toujours le temps de ranger le tout avant de partir à la conquête du prince charmant. Satanée fiction embellie.

- Je dois t’avouer que quand je t’ai vue, j’ai de suite fait le rapprochement entre toi et Alexïs ! Mais tu vois, tu n’es pas la seule rousse en Russie, ni même à Saint-Pétersbourg. Même si je dois t’avouer que la tendance est plutôt à la blondeur, ici… On te remarque de loin, avec ta crinière flamboyante !

Enora referma la porte, commençant à dégager un minimum d’espace où s’asseoir. Marcher, ce n’était pas un problème, la jeune fille pouvait très bien marcher surs ses habits, cela ne l’embêtait pas. Mais s’asseoir sur ses classeurs risquait d’abîmer légèrement ses précieux cours. Elle avait malgré tout ses partiels à la fin du premier semestre, il lui faudrait un minimum de cours en bon état pour pouvoir bien réviser et réussir ses examens.

Les classeurs vinrent rejoindre les livres sur le bureau. Le bordel était déplacé, non pas rangé. Enora attrapa le sac que tenait Soniya pour le poser sur son lit, assise en tailleur, sortant les robes une à une. Peut-être faudrait-il songer à se préparer pour le grand soir ?

- Tu veux que l’on aille se changer maintenant ou tu préfères attendre encore un peu ?

Il restait du temps avant que les invités ne pointent le bout de leur museau. Si invités il y avait. Elle ne pouvait être sûre de rien, la pauvre ne contrôlait ni les humeurs ni les obligations des voisins. Un bal ! Quelle idée farfelue !
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 19 Jan 2014 - 19:02
Nouvelles découvertes....

- Ma mère vit aussi avec nous. Enfin, elle n’est pas souvent là, toujours occupée par son boulot, plus souvent entre deux aéroports qu’à la maison donc la plupart du temps, il y a juste Alexïs et moi à la résidence secondaire.

Sa mère, c'était donc la Reine si elle elle était une Princesse. Ah oui, en effet, elle devait souvent devoir aller voir des gens loin, si comme elle disait ses cousins et sa famille étaient un peu partout disséminés en Russie. Elle prenait l'avion? Waouh, elle en avait de la chance. Moi, j'en avait vu quelqu'un décoller et voler mais seulement une fois qu'ils sont haut dans le ciel. Peut-être qu'un jour, j'en verrais un pour de vrai. En tout cas, au moins, elle n’était pas toute seule. Finalement, elle était avec Alexïs pour ne pas être seule, comme moi je restais avec ma Tanya. Sauf que eux, ils n’étaient pas jumeaux mais sinon, c'était tout pareil.

J'ai suivi Enora qui m'a guidé à sa suite à travers la maison pour se diriger vers le jardin. Celui-là est encore bien plus joli que celui devant. Et avec des fleurs et de la couleur, il serait sublime, j'en suis certaine. Je n'ai pas pu résister à l'envie d'aller faire un tour dans le jardin, venant fourrer mon nez dans les buissons bien taillés afin de respirer leurs douces odeurs résineuses. Et puis, mon regard a été attiré par ce petit coin de terre, un peu différent de tout le reste. Et il y avait même des tomates dans un coin. Bon, pas très mures ni très rouges mais des vraies quand même. Je les ai touché alors je peux vous l'assurer. Mais je les ai pas retiré, hein, juste regarder et effleurer du bout des doigts.

- Là, tu as le jardin complet. Rien d’extravaguant, si ce n’est le potager de ma mère justement, là-bas, dont je dois veiller avec soin si je ne veux pas qu’elle ne m’hurle dessus à son retour. Parfois, je me demande si elle ne tient pas plus à ses légumes qu’à sa propre fille ! Enfin rentrons. Il n’y a plus rien d’intéressant à voir dehors.

Pour le coup, j'ai levé le nez des fruits devant moi -oui, les tomates sont des fruits, ça je le sais- et j'ai fixé ma Princesse. Elle ne l'avait pas dit méchamment mais elle m'avait paru soudain très triste. Et puis, c'était dur comme mots à entendre. Enfin, pour moi en tout cas. Je ne pouvais pas comprendre ça. Moi qui ne rêvais que d'avoir une maman, elle me disait que la sienne, quelque part ne voulait pas d'elle? Je trouvais ça très dur. Un enfant, ce n’est pas un légume quand même.

"- Tu sais, je suis sûre que ta maman elle t'aime quand même. Même si elle n’est pas souvent là où qu’elle ne sait pas le dire. Les parents, ça aime toujours leurs enfants."

Du moins, c'était ce à quoi je voulais croire, moi qui n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer ni mon papa ni ma maman. Je suis venue prendre sa main dans la mienne en lui souriant gentiment. Il ne fallait pas qu'elle perde le moral, surtout pas avant le Bal. Et encore une fois, j'avais recommencé à poser pleins de questions auxquelles elle prenait gentiment le temps de répondre.

- Il n’a jamais été pirate, avant qu’il n’habite chez moi, il vivait dans les rues. C’est là qu’il a perdu son œil, en me sauvant la vie suite à une… mauvaise rencontre. Ce n’est pas juste un valet, c’est aussi un peu comme mon chevalier servant, du moins c’est comme ça que je le vois.

"- Ah bon, lui aussi il vivait dehors? Tu crois que c'est parce que les gens ils n’aiment pas notre couleur de cheveux? Parce que ça fait quand même plusieurs points communs du coup. Je suis désolée pour son œil, je ne savais pas. J'espère qu’il n’a pas trop mal. En tout cas, c'est vraiment un super Chevalier pour t'avoir sauvé comme ça."

Déjà que je le trouvais impressionnant mais là, je l'admirais encore plus. Il avait sauvé la vie de ma Princesse, ce n'était pas rien quand même. Du coup, j'étais encore plus certaine de mon idée saugrenue. Dans tous les contes de fées, la Princesse tombe amoureuse du beau et fort Chevalier qui vient la tirer des griffes de milles dangers. Et là, c'était bien exactement ce qu'il s'était produit. Donc il était forcé qu'ils s'aiment, même sans se le dire.

- Moi ? Amoureuse de lui ? Bien sûr que non ! Qu’est-ce que tu vas t’imaginer, là ? Et ce n’est pas là une question à poser à sa princesse ! Mon cœur, c’est bien des affaires ! Et puis, ne sais-tu pas qu’une idylle ne doit pas naître entre une princesse et un valet ?

"- Ça n'est pas parce que c'est interdit qu'on ne peut pas le faire, si? Enfin, je veux dire, pour les sentiments, ça ne se décide pas. Et puis, les Princesses elles sont toujours amoureuses de leur Chevalier servant. Si c'est parce que c'est un valet, tu es Princesse, tu peux l’anoblir, nan? Tu m'as bien fait Dame de compagnie."

Bah quoi, c'était vrai en plus. Je n'étais même pas un valet moi en fait, j'étais moins que ça. Comme les voisins en fait, je faisais partie du peuple et pourtant, me voilà devenue Dame de Compagnie officielle alors si elle le voulait, elle devrait pouvoir rester avec Alexïs. Bon, si après ce n'était pas ce qu'elle voulait, je ne la forcerais pas non plus mais ils avaient l'air de tellement bien s'entendre ensemble, je trouverais ça bien. Peut-être qu'ils danseront quand même ensemble au Bal, oh oui, ce serait chouette de voir ça. J'avais de plus en plus hâte d'y être. Mais en attendant, la visite continue.

- Bon, là, comme tu peux t’en douter, c’est ma chambre ! Excuse-moi pour le désordre, je n’avais pas prévu de recevoir qui que ce soit aujourd’hui… Heureusement que les invités, eux, resteront dans le salon ! Sans quoi, ils seraient sans doute horrifiés de voir l’état de cette pièce !
- À côté, c’est la chambre de ma mère. Et l’autre porte juxtaposée, la chambre d’ami. C’est là que dort Alexïs.


Pour le coup, je ne peux m'empêcher de sourire avant de me mettre à rire. En fait, sa chambre ressemble beaucoup à celle de ma jumelle et moi à la Deus. C'est un immense bazar mais organisé de façon à ce que seule la propriétaire puisse s'y retrouver. Mais elle a raison, heureusement que les gens ne verront pas ça. Du coup, je réalise que j'ai vraiment beaucoup de chance parce que moi, j'ai le droit de venir et même d'entrer. Tandis que ma Princesse s'affairait à dégager un minimum d'espace dans la pièce tout en prenant soin de ne rien abimer de ses affaires sans doutes toutes plus précieuses les unes que les autres, je la regardais faire, intriguée. Elle cachait bien son statut de Princesse dis donc. Si je ne l'avais pas su, je crois que je ne m'en serais jamais douté à la simple vue de sa chambre.

Enora avait récupérée les sacs avec nos achats pour tout poser sur le lit avant de déballer nos tenues de ce soir. Ouah, elles étaient vraiment encore plus belles que quand on les avait achetées dans la boutique. Et puis, elles étaient assorties en plus, ce serait d'autant mieux. Je me mis à sautiller sur place, toute excitée de la suite des évènements. L'heure approchait mais plus elle avançait, plus ça paraissait long. Allez, encore un peu de patience. Et puis, il n'y avait pas qu'elles qui devaient se préparer.

- Tu veux que l’on aille se changer maintenant ou tu préfères attendre encore un peu ?

"- Dis, et pour Alexïs, il lui faut une tenue pour lui aussi, nan? Il faut que ton valet/Chevalier servant soit lui aussi à son avantage. On lui fait la surprise, on va lui en préparer une? Hein, dis?"

Si ça ne tenait qu'à moi, je serais déjà dans sa chambre afin de lui préparer un super costume lui aussi assorti aux nôtres, pour qu'on soit tous pareil. Mais je ne savais pas trop si j'avais le droit de rentrer comme ça et en plus, de me servir comme je le voulais. Je ne voulais pas le voir en colère parce que, si il avait l'air gentil en souriant, je suis sure qu'il serait terrifiant en faisant les gros yeux. En plus, il est super grand et puis, je ne voulais pas d'ennuis, moi. Juste rendre service.

"- Sinon, je peux aller à la salle de bain afin de me laver les mains et le visage? Avec le sel de la mer, ça tire un peu sur ma figure et j'ai les lèvres toutes salées. Et puis, si on met des belles tenues mais qu’on n’est pas toutes belles aussi, ça marchera pas."
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 19 Jan 2014 - 20:06
Soniya semblait avoir du mal avec l’ironie. Bien sûr que oui, Enora savait très bien que sa mère l’aimait. N’en fallait-il pas de l’amour et du courage pour terminer d’élever sa fille seule ? La demoiselle était consciente de la chance qu’elle avait. Après tout, il était normal que sa mère privilégie sa carrière maintenant que sa fille était devenue grande et débrouillarde. D’autant plus que la demoiselle commençait sérieusement à envisager l’option d’avoir son propre appartement, ou plutôt studio en vue de ses maigres revenus, sa bourse ne suffirait pas, un jour ou l’autre. Alors l’absence de sa mère ne faisait aucune différence.
Si elle devait quitter le nid familial, seule l’absence d’Alexïs la troublerait. Cela faisait trois ans qu’elle était habituée à avoir le rouquin dans ses pattes, en bon frère poule. Elle s’imaginait mal le quitter, ne plus l’avoir sur son dos en permanence. Parce que oui, malgré les soupçons que pouvaient avoir sa dame de compagnie, elle l’aimait mais seulement comme un grand frère. Rien de plus. Peut-être serait-il légitime de rappeler cette information à la rouquine ? Elle paraissait un peu plus emballée par son idée de romance à chaque seconde. Autant la freiner avant qu’elle n’aille chanter l’amour sur le toit, le répéter à tous les invités, information fausse. Les ragots allaient bon train, à Saint-Pétersbourg.

- Pour l’histoire du potager de tout à l’heure, c’était de l’humour, tu sais. Je sais bien que ma mère m’aime. Désolée, j’ai été maladroite, d’autant plus que tu es orpheline, il est normal que tu ais pu mal prendre mes propos…

Elle essayait de se rattraper comme elle pouvait, du moins sur ce point-ci. D’éclairer la lanterne de son amie. Tiens, on était déjà à cette formulation-ci ? Akalie l’avait gagnée en moins de temps que Soniya, n’était-ce pas légitime ? Il en fallait peu pour que quelqu’un gagne ce titre aux yeux d’Enora, il faut croire. Soniya, sa dame de compagnie et son amie. Elles auront passé une belle et bonne journée toutes les deux. Et cela ne faisait que commencer. Le plus drôle restait à venir : le bal. Mais avant tout, ses prémices. La préparation de chacune.

- Non, ça n’a rien à voir avec sa chevelure. Entre deux Enfers, il a préféré choisir la rue plutôt que… Bref, laissons ça de côté !

Plutôt que de rester vivre à la secte. Le garçon avait tenté sa chance pour s’enfuir ; il avait réussi. Le prix à payer avait été d’errer dans les rues pendant deux longues années. Deux longues années de silence sur lesquelles lui-même se livrait peu. Encore moins que durant son enfance à la secte. Une vraie tombe. Mais inutile de lui tirer les vers du nez, Enora savait qu’il viendrait se confier à elle s’il en ressentait le besoin. Comme lorsqu’il lui avait expliqué d’où il venait, ce qu’il avait enduré, vu pendant toute son enfance. La Russe avait à son tour mis un pied dans ce monde dont elle ignorait tout. Un monde cruel, barbare où la loi du plus sadique régnait.

L’imagination débordante de Soniya enchantait Enora. Si seulement tout était aussi simple ! Mais la réalité n’avait rien d’une pièce de théâtre, pour son plus grand dam. La réalité était sinistre. Alexïs n’était pas un valet. Enora n’était pas une princesse. Et Soniya n’était pas une dame de compagnie. Mais cela, elle n’avait pas besoin de le savoir de suite.

- Je crois qu’il y a quelque chose que tu as oublié concernant Alexïs : il est comme mon frère. Je ne vais tout de même pas aimer mon frère, si ? Cela ne se fait pas ! C’est contre nature ! C’est… Il n’y a aucun sentiment amoureux entre lui et moi, sois en rassurée. D’accord ?

Ne pas évoquer l’anoblissement. L’étudiante ne possédait aucun réel pouvoir. Si ce n’est peut-être celui de réciter tous les os humains et de connaître sur le bout des doigts d’autres sujets théoriques similaires de médecine. Merci à l’université.

L’idée d’habiller Alexïs pour la cérémonie était plaisante. Le visage d’Enora s’illumina à nouveau. Il allait falloir ruser mais le jeu en valait la chandelle. Le temps pour un nouveau jeu d’entrer en scène ? En finiraient-ils un jour de jouer ? Cesseront-elles finalement leurs enfantillages ?

- Suis-moi, la salle de bains est juste là, la guida Enora, et pour Alexïs, tu as raison. Lui-aussi doit être à la hauteur de la cérémonie ! Il ne peut pas juste rester comme ça ! Il ferait tâche au milieu des costumes et robes de soirée ! Mais attention… Il va falloir le duper. Il n’aime pas quand je fouine dans ses affaires, mais je suis sûre que pour une compatriote telle que toi, il ne dira rien ! Enfin, essayons malgré tout de ne pas nous faire attraper, ce serait parfait !

Enora fit couler l’eau, se débarbouillant le visage. Il restait tant de choses à faire avant le début du bal. Et habiller son nouveau valet faisait partie de leurs activités imprévues. Ruser pour ne pas se faire voir.

La demoiselle abandonna quelques instants sa dame de compagnie, allant dans le couloir pour épier son chevalier servant qui lui était à la cuisine. Voir sans être vue. Jouer les espionnes. Elle avait l’air bien maligne comme ça ! Le rouquin était occupé à préparer différents amuses-gueules. Elle se plaqua contre le mur et retourna furtivement dans la salle de bains, prête à faire son rapport à Soniya.

- La voie est dégagée, on va pouvoir aller jeter un coup d’œil dans son armoire, du moins si tu as fini de te débarbouiller !

Enora partit en éclaireuse, frôlant les murs en bonne espionne qu’elle était. Elle ouvrit la porte de la chambre d’Alexïs sans bruit, allumant la lumière. La clarté lui fit mal aux yeux de prime puis elle s’habitua bien vite. C’était déjà mieux rangé que dans sa propre chambre. Mais que cela soit mieux rangé n’était pas bien difficile.
La demoiselle, se prenant au jeu, fit un roulé-boulé au sol.
On l’a perdue, là, je crois. Sincèrement. Partie rejoindre l’aliéné de cet été.

Elle observa de gauche à droite. Rien. Ce n’était qu’une chambre, le seul risque était de se retrouver face à des moutons de poussière. Rien d’autre. L’étudiante approcha furtivement de l’armoire, meuble sacré d’entre tous et l’ouvrit en grand. Si la chambre était bien rangée, ce n’était pas le cas de la garde-robe de son ami. Elle allait avoir besoin d’aide pour s’y retrouver dans tout ce bazar.

- Soniya ! Vite ! J’ai besoin de toi ! Et ferme la porte en arrivant !

Besoin d’elle pour mieux y voir clair. Un sacré bordel là-dedans. À croire que c’était de famille que d’étaler des fringues un peu partout. À la différence que celles du borgne restaient enfermées dans le placard alors que celles d’Enora trouvaient le chemin du sol et du lit, se dispersant à droite et à gauche.

Il serait dommage que le faisceau de lumière les trahisse. La princesse commençait à fouiner. Il n’allait pas aimer. Pas du tout. Lui demander tout simplement n’aurait pas été plus simple ? Non, il avait fallu que mademoiselle se mette en tête de lui concocter un costume sur mesure.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 20 Jan 2014 - 9:46
Préparatifs....

- Pour l’histoire du potager de tout à l’heure, c’était de l’humour, tu sais. Je sais bien que ma mère m’aime. Désolée, j’ai été maladroite, d’autant plus que tu es orpheline, il est normal que tu ais pu mal prendre mes propos…

Je dois avouer que j’étais drôlement rassurée d'entendre ma Princesse dire ça. Une maman, c'est obligée d'aimer ses enfants. Moi, je suis sure que si la mienne elle n’était pas avec moi, c'était qu'elle avait une raison. Parce que moi, même si je l'avais jamais vu, je l'aimais quand même. Mais bon, du moment qu'elle le savait, moi ça m'allait. Je me remets à sourire et je continue de suivre ma Princesse à la découverte de sa demeure. Finalement, en y repensant un peu, c'était peut-être pas aussi grand que ça pour une personne de sa naissance mais je trouve que ça va bien avec elle. Même le bazar au final, ça lui correspond bien. Peut-être parce que je suis bordélique aussi, qui sait.

- Non, ça n’a rien à voir avec sa chevelure. Entre deux Enfers, il a préféré choisir la rue plutôt que… Bref, laissons ça de côté !

Entre deux enfers. Aussitôt, je me crispe un peu. Moi aussi, je préférais la rue. Bon, l'orphelinat n'était pas non plus ce qu'il y avait eu de pire. Non, le plus terrifiant, c'était et ça resterait toujours le voyage en wagon, les camps et tout ce qui va avec. Les soldats, les cris, les pleurs, les coups de feu, les aboiements des chiens. Non, je ne veux pas y repenser, je ne veux plus revoir ses images. Alors je secoue vivement la tête, à m'en faire mal au crane afin de penser à autre chose. Comme la belle histoire d'amour entre ma Princesse et son fantastique Chevalier servant. Oui, ça c'est quelque chose que j'adore et déjà, mes pensées noires sont laissées loin derrière, oubliées et chassées.

- Je crois qu’il y a quelque chose que tu as oublié concernant Alexïs : il est comme mon frère. Je ne vais tout de même pas aimer mon frère, si ? Cela ne se fait pas ! C’est contre nature ! C’est… Il n’y a aucun sentiment amoureux entre lui et moi, sois en rassurée. D’accord ?

"- D'accord. Mais je trouve ça dommage, vous iriez bien tous les deux. Et puis, il ferait un super Prince en plus."

Bon, ça je pouvais comprendre. Après tout, moi aussi j'aimais ma Tanya mais je l'aimais comme ma jumelle, ma sœur, ma moitié, celle à qui je tenais plus que tout. Ce n'était pas l'amour avec un grand A comme dans les contes et tout le reste, juste de la complicité, de la gémellité en prime. On était trop identique malgré tout, on resterait comme des meilleures amies toute notre vie, inséparable mais pas plus. Mais quand je disais qu’Alexïs et Enora me ressemblaient, j'en suis de plus en plus assurée. Même là, ils réagissent comme ma jumelle et moi, c'est rigolo de voir ce que je montre d'habitude aux autres. Sauf qu’eux ne sont pas aussi maladroits que moi mais ça, ce serait drôlement dur aussi.

- Suis-moi, la salle de bains est juste là, et pour Alexïs, tu as raison. Lui-aussi doit être à la hauteur de la cérémonie ! Il ne peut pas juste rester comme ça ! Il ferait tâche au milieu des costumes et robes de soirée ! Mais attention… Il va falloir le duper. Il n’aime pas quand je fouine dans ses affaires, mais je suis sûre que pour une compatriote telle que toi, il ne dira rien ! Enfin, essayons malgré tout de ne pas nous faire attraper, ce serait parfait !

Oh, oui, il va falloir jouer les espionnes. C’est chouette ça. Comme pour les cours d'infiltration. Bon, je n’ai jamais été très douée mais là, ce n’est pas comme à la Deus alors je devrais avoir une chance de mieux m'en sortir. Mais d'abord, la salle de bain. Enora passe en première pour se débarbouiller et après c'est mon tour. Comme ça, le temps que je finisse de me préparer comme il faut, elle a le temps de s'assurer que tout se passe bien aux alentours. Mais c'est fou, même la salle de bain est grande ici. Je joue à faire des bulles de savon entre mes doigts, ça sent bon les fleurs et les agrumes et je rigole à chaque fois qu'une de mes créations trop grosse éclate devant moi, dans un éclat de couleur et un léger 'plop'.

- La voie est dégagée, on va pouvoir aller jeter un coup d’œil dans son armoire, du moins si tu as fini de te débarbouiller !

Ah, oups, faut que j'arrête mes bêtises maintenant. Je termine de me nettoyer les mains et le visage, me secouant la tête pour me débarrasser des dernières gouttelettes inondant ma peau. Comme ça, en plus, je ne laisserais pas de traces de mon passage. Je suis toute émoustillée, ça à l'air drôlement rigolo. Et ma princesse est trop forte. Une véritable espionne, elle sait tout faire. Un roulé boulé, elle entre et hop, ni vu ni connu. La lumière s'allume et je tire un peu le cou, curieuse de voir à quoi ça ressemble là-dedans.

- Soniya ! Vite ! J’ai besoin de toi ! Et ferme la porte en arrivant !

Moi je jette un coup d’œil et je suis en essayant de faire pareil mais ma galipette n’est pas vraiment réussie et pour un peu, je manquais la porte. Mais je suis entrée, c'est bon. Je me relève et ferme la porte comme demandé, en prenant garde de ne pas la faire grincer ou autre. Sur le coup, ça me fait bizarre parce que sa chambre à lui est drôlement bien organisée, tellement que ça fait vide et au final, je n’aime pas beaucoup. Par contre, je me retiens d'éclater de rire en voyant que dans l'armoire c'est le carnage total. En fait, il ajuste chercher à cacher son bazar lui. Mais bon, fini de rire maintenant. Il est temps de passer aux choses sérieuses.

Alors, pour trouver de quoi lui faire un joli costume, il va falloir fouiller. Et vu comment tout est bien rangé bah, ça va être difficile. Je sors doucement plusieurs t-shirt et autre hauts avant qu'une pile entière ne vienne m'ensevelir littéralement. Je me débats pour me sortir de l'attaque des vêtements et je continue mes recherches. Je mets des affaires de côtés, sur le lit, m'amusant déjà à faire des assemblages parfois improbables mais toujours très colorés. Mais tant que je ne trouve pas ce qui me plait, je continue. Parce que faut pas oublier qu'il faut qu'il soit assorti à ma Princesse.

Après un certain nombre de tentatives, je finis par être satisfaite du haut mais maintenant, faut encore trouver pour le bas. Heureusement que ma Princesse est plus grande que moi parce le reste de ses vêtements est trop haut pour je puisse les attraper toute seule. Et là encore, on part sur des assemblages aussi divers que loufoques pour certains. Je demande toujours son avis à Enora mais on essaye de se dépêcher pour se faire repérer. On finit par trouver un ensemble sur lequel on est toutes les deux d'accord, qui fera d'Alexïs le plus beau de tous les valets de la soirée lorsque soudain, une grande lumière apparait dans mon dos, laissant apparaitre une ombre imposante venant de la porte. Oups, je crois qu'on est grillées là. Et par réflexe, je fonce me cacher derrière ma Princesse.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 20 Jan 2014 - 17:23
Le sujet concernant la potentielle histoire d’amour entre Alexïs et Enora était clos. Cette dernière ne répliqua face à une dernière insistance de la part de Soniya. Ce qui importait était ce que ressentait Enora pour Alexïs, rien d’autre. Et la demoiselle n’avait pas menti, elle connaissait son cœur, celui-ci ne battait pas pour le borgne qu’elle considérait comme son grand frère. Seule de l’amitié les unissait. Une amitié forte, profonde, inébranlable mais en aucun cas de l’amour. Devrait-elle continuer sur cette lancée et faire un dernier reproche à sa dame de compagnie quant à son comportement ? Non, cela irait pour cette fois.

Soniya la rejoignit assez vite, ayant quitté son parfum d’iode et de sel au profit de la lavande. Les recherches commerçaient, les deux soldats tentant de trouver quelque chose d’intéressant dans cette penderie. Des tenues chics, son ami en avait. Restait à les déceler parmi tout ce capharnaüm. En espérant qu’elles ne soient pas froissées. L’étudiante leva les yeux vers la tringle : de beaux habits attendaient qu’on vienne les cueillir là-haut. En bon état. La brune les attrapa : la chasse fut fructueuse et comportait un magnifique pantalon ainsi qu’une cravate assortie à la chemise déjà trouvée par Soniya. Quel formidable duo elles formaient toutes les deux !

- J’peux savoir c’que vous faîtes, mesd’moiselles ?

Repérées. La rouquine était déjà venue se réfugier derrière Enora. C’est bon, il n’allait pas lui faire le moindre mal malgré sa posture qui se voulait autoritaire. Bras croisés, ton tranchant, voix posée. Alexïs attendait des explications. Son unique œil s’ouvrait sur le carnage déclenché par les jeunes femmes.

- Vous avez intérêt à me remettre tout ça en ordre ou j’vais saccager vot’ chambre à mon tour, princesse ! Et vous savez très bien que ça m’prendra à peine une minute !

La saccager. Encore plus que là ? Le bougre en était capable ! Il s’était déjà amusé à balancer la moitié de ses affaires par la fenêtre un jour où il ne retrouvait pas un livre emprunté à la bibliothèque. Tout cela pour s’apercevoir que l’ouvrage en question n’avait pas quitté sa table de chevet. Et les hostilités avaient continué, ce serait à celui qui mettrait le plus de bazar chez l’autre en le moins de temps possible. Une trêve avait été signée avec la fin des grandes vacances mais nul doute qu’il n’hésiterait pas à mettre un coup de canif au contrat pour aller massacrer la chambre d’Enora. L’enfoiré.

La brune commençait déjà à plier les affaires du rouquin. Il s’en sortait bien. Dire qu’au départ son armoire était un véritable chantier, mais grâce à la fouille forcée du lieu par le duo, le valet héritait d’une garde-robe bien rangée, avec chaque affaire à sa place. C’était trop facile.

- Tu pourrais au moins dire merci ! On a fait ça pour te trouver de beaux vêtements pour ce soir !

Alexïs observa la combinaison de vêtements et sourit. Oui, c’était gentil de leur part. Mais n’aurait-il pas été plus simple de lui demander de se mettre sur son trente et un plutôt que de retourner sa chambre de cette manière ?

- Merci, fit-il sobrement, et j’ai appelé les voisins pour vot’ p’tite cérémonie d’ce soir, aucun n’a répondu.

Oh. Voilà qui était fâcheux. Retour au point de départ. Juste trois pour danser. Un nombre impair, qui plus est. Mais à quoi s’attendait-elle donc ? À ce que tout Saint-Pétersbourg se mobilise à la dernière minute pour son altesse Enora ? Elle avait tout de même espéré un peu plus d’engouement. Elle ne pouvait forcer personne. D’autant plus qu’être en petit comité lui suffisait amplement, c’était davantage pour le bonheur de Soniya qu’elle s’inquiétait. Elle qui était enchantée à l’idée d’assister à une vraie réception de princesse risquait d’être déçue.

Alexïs quitta la pièce, les laissant à leur rangement et retourna s’affairer dans la cuisine. Il restait encore tant de choses à faire ! Même si le bal en question n’était donné que pour trois personnes, ce n’était pas une raison pour le négliger ! Tout devait être parfait ! Jusque dans les moindres détails !

Ne restait plus que Soniya et Enora dans la chambre d’Alexïs. Le temps de ranger le tout et à leur tour, elles pourraient aller se faire belle pour ce soir.

- Tu n’arrêtes pas de m’harceler concernant mes sentiments pour Alexïs mais toi, tu as un prince dans ta vie ?

L’heure de revenir à la charge. Il n’y avait pas de raison pour que seule Enora fasse les frais de l’interrogatoire. Soniya aussi allait avoir droit aussi à quelques questions sur l’état de son cœur. N’était-ce pas légitime ?
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Mar 21 Jan 2014 - 9:30
Flagrant délire....

- J’peux savoir c’que vous faîtes, mesd’moiselles ?

Là, je crois qu'on était grillée. Et pour le coup, oui, j'ai peur. Sans doute trop mais cette ombre qui s'est soudain étendue sur moi dans le silence, cette carrure imposante demeurant de glace, ce ton tranchant me rappelait trop de choses. J'ai serré les poings, anxieuse, en attrapant en même temps le bord du vêtement de ma Princesse. Oui, j'avais fait une bêtise mais ce n'était pas bien méchant. Est-ce que c'était le fait de savoir qu'il avait aussi vécu dehors, son seul œil qui nous fixait ou simplement mon imagination mais je crois que j'ai perdu toutes mes couleurs tellement j'ai eu la trouille.

- Vous avez intérêt à me remettre tout ça en ordre ou j’vais saccager vot’ chambre à mon tour, princesse ! Et vous savez très bien que ça m’prendra à peine une minute !

Quoi, il menaçait la Princesse? Alors là, pour le coup, j'ai fait comme les poissons dans les bocaux. J’ai ouvert la bouche mais pas un son n'est sorti. Je l'ai refermée et j'ai recommencé encore une fois, sans parvenir à parler. Il n’oserait pas, hein? Un valet, surtout chevalier servant comme Alexïs ne pouvait pas faire ce genre de choses, n'est-ce pas? Bah, en fait si parce que vu le regard que lui a lancé la Princesse, elle avait l'air de vraiment craindre qu'il ne fasse ce qu'il avait prédit. Déjà, elle se mettait à plier les vêtements que nous avions récupérés en boule au départ et dès j'ai retrouvé mes moyens, je me suis jointe à elle. Déjà pour pas rester seule face à Alexïs mais aussi parce que, bah, j'étais aussi fautive qu'elle au final.

- Tu pourrais au moins dire merci ! On a fait ça pour te trouver de beaux vêtements pour ce soir !

C'est drôle, quand il se met à sourire, il tout de suite beaucoup moins peur. Enfin, je me sens moins impressionnée. Et puis, il était vraiment super sympa le costume qu'on avait réussi à lui concocter. J'avais hâte de le voir le porter pour de bon. Bon, en attendant, ne pas s'emmêler dans les manches et continuer à plier, avec précaution pour ne rien abimer.

- Merci, et j’ai appelé les voisins pour vot’ p’tite cérémonie d’ce soir, aucun n’a répondu.

Déjà, il repartait nous laissant seules dans sa chambre le temps de finir de remettre tout en ordre. Ah bon, il n'y aurait personne? Mince. J'espère que ma Princesse elle ne serait pas trop triste. Déjà que ses cousins et les autres gens de sa famille n'avaient pas pu venir, si en plus les voisins n'étaient pas plus disponibles, elle risquait d'être drôlement déçue. Alors, je continue de sourire. Finalement, je vais peut-être pouvoir faire à la fois la Dame de Compagnie et la musicienne en même temps, puisque nous n'aurons pas grand monde pour nous en empêcher.

"- Finalement, c'est pas plus mal. Comme ça, tu auras le temps de tout bien m'apprendre comme il faut pour que je sois une parfaite Dame de Compagnie. Et on prévoira un autre Bal, à l'avance où il y aura vraiment du monde. Et là, comme ça, ce sera forcément super."

Voilà, il y avait toujours une solution. Et comme ça, ça me faisait une nouvelle excuse pour revenir la voir. J'étais bien contente de mon raisonnement pour une fois.

- Tu n’arrêtes pas de m’harceler concernant mes sentiments pour Alexïs mais toi, tu as un prince dans ta vie ?

"- Moi, un Prince? Mais je ne suis pas une Princesse. Et je n’ai personne dans ma vie à part ma Tanya. Y a que elle qui compte et je sais que je pourrais toujours compter sur elle. En plus, je ne sais pas ce que je serais devenue si elle avait pas été toujours à mes côtés."

Je finissais de ranger les derniers vêtements encore à ma hauteur dans l'armoire en repensant à tout ce qu'on avait vécue. Morte ou vivante, ça avait toujours été la même chose. Sans Tanya, je n'aurais même tenue aussi longtemps. Je sens le couteau qu’elle m'a donné contre la peau de ma cheville. Oui, je le garde directement sur moi, c’est les cours qui me l'ont appris. Ça me rassure un peu et ça me la rappelle. Parce que bon, même si je m'amuse bien, elle me manque un peu.

"- Et puis, les garçons, ils ont toujours été méchants avec nous. Les filles l'étaient aussi mais elles faisaient moins mal en général. Et puis, je n'ai jamais vu de filles soldats alors elles doivent être moins pires."

Les mots sortaient un peu tous seuls et je ne réalisais absolument pas la portée de ce que je pouvais bien lâcher aussi innocemment. Après tout, c'était juste mon ressenti. Les Dames de l'Orphelinat étaient sévères mais bon. Mais ce n'était que des cris d'Hommes, des hurlements masculins qui avaient entourés ma mort alors oui, je gardais un très mauvais a priori des garçons en général. Le seul qui me faisait plus peur du tout, c'était le professeur de l'Académie. Yuri. Enfin, je secoue la tête afin de chasser tout ça. Pas le moment de déprimé, il reste des choses à préparer, j'en suis sure.

"- Bon, maintenant qu'on a tous de quoi s'habiller, tu crois qu'Alexïs il a besoin d'aide? Maintenant qu'il a une armoire nickel, on n’a plus rien à faire dans sa chambre. Y a quoi d'autre à préparer, même pour trois? Qu'est-ce que je dois savoir d'autre pour le Bal?"
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 26 Jan 2014 - 17:16
Un autre bal, oui. L’occasion de se revoir, de surcroît. Comme il était bon de se chercher des prétextes pour d’éventuelles retrouvailles. Elles n’y étaient pas encore pourtant, elles pensaient déjà à l’après. Tout avait une fin. Mais, tout comme les adieux, les retrouvailles devraient être interdites. Qu’y avait-il de plus odieux que de quitter une bonne amie ? Ô cruel sort que le leur ! Des adieux souvent suivis de retrouvailles, qui ne devraient jamais avoir été inventées. Mais la nostalgie n’était pas encore pour tout de suite, cette dernière viendrait déjà assez vite. Inutile de précipiter les choses. Le mieux était de profiter des dernières heures qu’elles possédaient l’une en la compagnie de l’autre. Sans penser au lendemain. Vivre au jour le jour, comme Enora savait si bien le faire.

- Oui, un autre bal ! Et cette fois-ci, ta sœur, Tanya, sera conviée. Je compte sur toi pour lui enseigner tout ce que je t’aurais appris et, peut-être, aura-t-elle l’honneur de siéger à ma table en tant que ma deuxième dame de compagnie ?

Il est de coutume qu’une princesse n’ait qu’une seule dame de compagnie mais au diable la tradition ! Si Tanya souhaitait prendre place auprès de la princesse Enora, hé bien soit. L’étudiante était mal placée pour le lui interdire. De toute façon, elles ne pourraient que s’amuser davantage, non ? De plus, la Russe était curieuse à l’idée de voir à quoi pouvoir bien ressembler la jumelle de Soniya. Elles devaient être plus ou moins identiques en tout point concernant le physique, mais au niveau du caractère ? Allait-il falloir tout lui enseigner, pas à pas, tout comme avec la première rousse ? Etaient-elles similaires du côté du mental ? Elle en aurait bien le cœur net un jour ou l’autre.

L’idée de donner un autre bal lui plaisait bien. Un où les convives seraient au rendez-vous et où la princesse pourrait éblouir ses invités à coup de valse. Ils n’auraient d’yeux que pour elle, ses vaillants sujets !

- Ne pas être une princesse ne t’empêche pas d’aimer un prince ! De nos jours, il y a énormément de mélanges de classes sociales, tu sais. (Un temps.) Des soldats, dis-tu ? Je ne comprends plus tout, là… Pourrais-tu être plus précise ?

Soniya lui avait parlé de son enfance dans un orphelinat mais certainement pas au sein de l’armée. C’était étrange. La pauvre Enora avait du mal à suivre le fil de ses paroles. Pour elle, plus rien n’avait de sens. Sitôt une infirmation venait-elle d’être lâchée que la précédente perdait toute sa valeur. Elle se retrouvait alors face à un capharnaüm pas possible. Là où passé et histoires se mélangeaient, des fils dont elle devait suivre le tracé pour mieux saisir leur portée. Mais venait un temps où remonter le temps de ces histoires ne suffisait pas, bien plus difficile d’autant plus que ces morceaux de vie lui étaient livrés par bribes, et elle ne pouvait que constater son échec et son impuissance.

La demoiselle acquiesça quant à la suite. Oui, il y avait certainement des choses qu’elles pourraient faire pour aider le charmant Alexïs. La cuisine ? Inutile d’y compter. Le borgne refusait que la brune mette seulement un pied dans ce lieu saint dès qu’il y était. Mais l’essentiel ne se trouvait pas juste dans ce sanctuaire de victuailles. Que serait un bal donné sans aucune musique pour accompagner les pas des danseurs ?

- Alexïs n’aime pas être dérangé quand il est en cuisine. Enfin, sauf si tu as envie de le voir en colère, tu peux toujours t’amuser à lui proposer ton aide mais il risque plus de te mettre à la porte que d’accepter avec plaisir ! Mais allons dans le salon choisir la musique, veux-tu ? Je me vois mal danser sur du silence.

Quoique cela pourrait être un nouveau phénomène artistique ! La musique du silence. Il y aurait de quoi tirer un bon potentiel de cette idée totalement cinglée qui saurait séduire l’art de l’avant-garde ou même juste les plus grands artistes toujours à la recherche de projets farfelus et totalement déments.

Chemin inverse effectué, le salon leur tendait les bras. Enora s’était accroupie près de la chaîne stéréo, fouillant dans les vieux CD. Quelle musique pour une valse ? Sa mère disposait d’une assez bonne collection, choisir ne serait pas simple et la brune n’avait aucune envie de tous les écouter un par un pour enfin porter son choix sur l’un des titres. À ce rythme-ci, elle risquait d’y passait la soirée. Finalement, elle opta pour un classique parmi les classiques : Le Beau Danube bleu de Strauss. Cet air était connu de tous, ne pas le mettre à l’honneur pourrait être considéré comme un affront par nombre de mélomanes !

- La musique te va ? À moins que tu n’ais une préférence pour une autre chanson ? Fais comme chez toi et regarde si quelque chose d’autre te plait ou t’est familier, j’ai pris Strauss pour éviter de me perdre dans la foule de CD de ma mère mais si tu veux quelque chose d’autre en particulier, fais-toi plaisir ! C’est aussi un peu ton bal…

Un peu, beaucoup. Que serait ce bal sans l’énorme contribution de Soniya ? C’est simple, il n’aurait même pas eu lieu. Cette fête exceptionnelle naissait d’une rencontre incroyable, donnant raison à l’un des plus grands dramaturges du siècle prétendant qu’à la croisée des chemins, il peut y avoir l’autre.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 27 Jan 2014 - 9:32
On se prépare....

- Oui, un autre bal ! Et cette fois-ci, ta sœur, Tanya, sera conviée. Je compte sur toi pour lui enseigner tout ce que je t’aurais appris et, peut-être, aura-t-elle l’honneur de siéger à ma table en tant que ma deuxième dame de compagnie ?

Oh oui, un Bal avec ma jumelle. Ce serait vraiment super ça. Rien qu'à l'idée de rentrer et de pouvoir lui raconter toute mon aventure, je frétillais d'impatience mais là, c'était encore pire. Moi, lui apprendre à bien se tenir, à danser la valse et tout. Et puis, on s'habillerait toutes les deux comme des Princesses pour ne pas faire honte à Enora. Je suis sure qu'elle aussi elle aimerait ma Princesse. Après tout, on est pareilles toutes les deux. Enfin, elle serait bien plus débrouillarde que moi, ça ne fait aucun doute. Elle a toujours été plus douée que moi et ça n'a pas changé avec notre mort. Je ne me faisais pas de souci, je savais qu'elle aussi pourrait s'asseoir à côté de ma Princesse. Et puis si jamais il n'y avait pas assez de place, je pourrais toujours aller avec les musiciens moi. J'ai déjà bien profité d'Enora, ce serait chacune son tour.

- Ne pas être une princesse ne t’empêche pas d’aimer un prince ! De nos jours, il y a énormément de mélanges de classes sociales, tu sais.
Des soldats, dis-tu ? Je ne comprends plus tout, là… Pourrais-tu être plus précise ?


"- Bah, les autres enfants étaient pas gentils avec nous, les Dames de l’orphelinat ne nous aimaient pas beaucoup mais ça allait au début. Jusqu'au jour où les soldats sont arrivés. Eux, ils ont été vraiment méchants. Ils ont cassés mes instruments, ils nous ont emmenés sans nous demander notre avis avec des tas d'autres gens et..."


Je n'ose pas continuer. Je ne souris plus, je revoie toutes ces images dont je rêve de me débarrasser définitivement. Pourquoi ça me fait toujours mal quand j'y repense alors que je suis morte? Je me suis un peu recroquevillée sur moi-même, comme pour me protéger. Je voudrais que ma Tanya soit là. Même si je sais que je ne crains rien, avec elle je me sens plus en sécurité quand même. Je souffle un grand coup pour ne plus penser à tout ça et finalement, c’est ma Princesse qui me vient en aide. Qu'est-ce que je ferais sans elle, hein? Enfin, comme elle relance la conversation, du coup, je pense moi aussi à autre chose et je me sens tout de suite mieux.

- Alexïs n’aime pas être dérangé quand il est en cuisine. Enfin, sauf si tu as envie de le voir en colère, tu peux toujours t’amuser à lui proposer ton aide mais il risque plus de te mettre à la porte que d’accepter avec plaisir ! Mais allons dans le salon choisir la musique, veux-tu ? Je me vois mal danser sur du silence.

Ah, en voilà une bonne idée. En effet, comment allaient-ont dansé si on n’avait pas de musique pour cela? Remarque, je pourrais en jouer moi mais je ne connais pas vraiment de valses alors c'est avec curiosité et entrain que je suis ma Princesse pour retourner dans son salon. Je ne compte pas aller embêter Alexïs, il est bien assez impressionnant comme ça, je ne voudrais surement pas qu'il se fâche contre moi. N'empêche, je serais curieuse de savoir ce qu'il va préparer quand même. Parce que même si on sera que nous trois, il a l'air drôlement concentré sur ce qu'il fait.

Je vois les piles de boites entassées à côtés de la chaine et je les regarde avec un peu d'étonnement. C'est de la musique tout ça? Mais il n'y a pas d'instruments. C'est peut-être encore une de ses choses qui est apparue pendant que moi je vivais plus. En tout cas, je les trouve un peu bizarre moi. Ma Princesse à l'air de savoir parfaitement ce qu'elle fait alors je m'en remets à elle. Et visiblement, elle a trouvé son bonheur.

- La musique te va ? À moins que tu n’ais une préférence pour une autre chanson ? Fais comme chez toi et regarde si quelque chose d’autre te plait ou t’est familier, j’ai pris Strauss pour éviter de me perdre dans la foule de CD de ma mère mais si tu veux quelque chose d’autre en particulier, fais-toi plaisir ! C’est aussi un peu ton bal…

Mon bal. Deux mots qui suffisent à me rendre la plus heureuse de la Terre. C'est vrai, c'est un peu mon bal, c'est la première fois que j'ai quelque chose vraiment rien que pour moi comme ça alors oui, ça me fait plaisir. Mais je dois bien avouer que Strauss ou les autres, ça ne me dis rien. Je joue de la musique oui, mais je connais rien des grands compositeurs ou autre. En fait, j'ai aucune culture. Alors, pour ne pas passer trop pour une inculte, je préfère ne trop rien dire et me reposer sur ma Princesse. Je ne voudrais pas la décevoir.

"- Oh non, ce sera très bien. Et puis, je n'y connais pas grand-chose dans tout ça."

Et déjà, je me mets à regarder les boites des CD, certains ayant de très jolis dessins dessus, d'autres simplement des écritures. Je regarde la chaine et les objets en boite à côté. Oui, ça me turlupine alors il va falloir que je me décide à poser ma question sinon, je vais la ruminer pendant au moins une éternité.

"- En fait, c'est eux qui vont faire la musique? Il y aura pas de musiciens ni rien? Un peu comme avec la TV, tout viendra de l'écran, comme par magie?"

Bah oui quoi, j'essaie de comprendre moi. Et j'ai déjà eu ma dose de découvertes pour aujourd'hui. Alors ma petite tête de linotte commence à sérieusement saturer. Mais c'est tellement extraordinaire ce qui m'arrive, je veux rien rater. Je sens que je fatigue un peu mais je ne veux pas me laisser aller. je veux pas risquer de m'endormir et qu'à mon réveil, il y ait plus rien. Si c'est un rêve, je veux le continuer indéfiniment.

"- Alexïs aussi il pourra choisir de la musique qu'il aime? Comme ça, ce sera notre Bal à tous les trois. J'ai hâte que ça débute vraiment. "

Oui, je me suis remise à jouer à la sauterelle. J'y peux rien, c'est plus fort que moi. La salle est bien dégagée, alors on aura toute la place nécessaire. Je passe ma main dans ma tignasse et, comme d'habitude, mes doigts restent bloqués dedans. Famille boule de nœuds, je sonne présente. Même moi parfois j'ai du mal à les récupérer, mes doigts. Enfin, une fois ma main libérée, je reviens à ma Princesse.

"- On va se préparer maintenant? Ou j'ai oublié quelque chose avant?"
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 27 Jan 2014 - 16:16
Cela sonnait si vrai aux oreilles d’Enora. Comment cette adorable enfant aurait-elle pu lui mentir sur son passé ? Cela provenait du cœur, flot de paroles discontinu seulement interrompu par l’émotion qui lui montait de la gorge. Comment douter un seul instant de sa sincérité ? Enora ne comprenait pas tout, ne sachant pas quoi croire. Pourtant, elle eut ce geste si vrai à son tour : une étreinte. Ses bras vinrent enserrer le corps frêle de Soniya. Un câlin. Ce n’était pas grand chose. Mais là où les mots s’arrêtaient, les gestes, eux, pouvaient parler, s’exprimer avec plus de vérité que la moindre des paroles. La brune n’arrivait pas à imaginer l’enfer dans lequel sa dame de compagnie avait été projetée. Après tout, elle savait bien au plus profond d’elle-même que ce n’était pas juste des histoires contées par une enfant, juste pour se rendre intéressante. Difficile de démêler le vrai du faux de ce récit touchant mais l’instinct de la demoiselle lui soufflait qu’il n’y avait aucune part de fantaisie dans tout cela. Et c’était bien cela, le plus horrible. Savoir que son intuition ne la trompait pas.

Elle la lâcha enfin. Aucune parole n’avait été échangée. Que dire sur une telle souffrance si palpable ? Rien. Le silence seul était salutaire. L’heure de faire un deuil, peut-être. L’heure d’avancer et d’oublier. Mais l’étudiante ne pouvait rien faire pour aider la rouquine. C’était ses démons. La pauvre ne savait pas comment les exorciser.
Le cœur lourd, il fallait retourner aux préparatifs du bal, désormais.

- Non, pas de musiciens, juste une chaîne stéréo qui va s’occuper de tout. Il me suffit d’appuyer sur ce bouton et ce sera bon, commenta Enora tout en faisant une démonstration, mettant en marche l’appareil qui laissa alors entendre un débat politique qui se prolongeait sur les ondes, tu vois ? Rien de plus simple.

Vite revenir au moment présent sans faire un seul commentaire sur ce que venait de lui confier Soniya. Bonne ou mauvaise réaction ? L’heure n’était pas à la tristesse. Il fallait, au contraire, chasser ces mauvais souvenirs et non pas les raviver. Alors détourner la conversation était un bon moyen. Soniya, la première, l’avait bien compris. Enora prenait le relais, suivant au pas.

- Ne t’inquiète pas pour Alexïs, la rassura-t-elle, je suis sûre que cette musique-ci lui conviendra parfaitement. Et puis tu sais, si tu le laisses choisir, l’air joué risque d’être éloigné du bal… Monsieur a l’habitude d’écouter de l’électro et ce n’est pas vraiment le ton idéal pour notre petite soirée improvisée !

Les goûts musicaux d’Alexïs ou une torture pour cette chère Enora. Quoique le bougre détestait tout autant la musique de sa princesse. Heureusement que les casques avaient été inventés sans quoi la guerre des décibels ferait rage dans la maisonnée ! Chacun avec son baladeur et son casque et tout allait pour le mieux.

Enora opina quant au fait d’aller se préparer. Si l’essentiel était arrangé, il fallait maintenant qu’elles pensent à s’occuper de leurs toilettes. Être les deux seules femmes de la soirée n’était pas une excuse pour se permettre d’arriver dans une tenue incorrecte ! Il était grand temps de monter se changer, se coiffer, se maquiller. En somme, se faire belles pour le grand soir.
Elles retournèrent dans la salle de bains et Enora installa Soniya en face du grand miroir. Il allait falloir faire quelque chose avec ses cheveux. Mais quoi ? La Russe n’était pas une experte en matière de coiffure, les chiffres lui étaient bien plus familiers que la tignasse rousse de son amie.

- Tes cheveux me rendent perplexe… Tu les coiffes de temps à autre ? Car je veux bien essayer de te les lisser mais il va falloir démêler les nœuds avant… et vu la quantité qu’il semble y avoir, on risque d’en avoir pour un bon moment…

La demoiselle avait du mal avec la crinière frisée de Soniya. Sa propre chevelure était lisse, elle ne s’était jamais interrogée sur autre chose. Un coup de brosse, de peigne pour bien démêler le tout et il en était fini de sa coiffure. Ou alors elle les attachait de temps à autre, lorsqu’elle était en retard. Ou juste pour ne pas les avoir dans les yeux. Mais là, avec les cheveux de Soniya, elle avait l’impression de s’heurter à un échec cuisant. Elle n’avait jamais vu ça et ne savait rien de ce type de cheveux. Elle ne serait pas d’une grande aide pour sa dame de compagnie. Et dire que les rôles étaient inversés.

Peigne en main, Enora tenta une première approche de la crinière de la rouquine. Les dents du peigne se cassèrent contre l’une des boucles, pour finir par se perdre quelques instants dans cette masse rousse. En un geste, Enora récupéra le peigne. Ce n’était pas gagné.

- Ou sinon on laisse tes cheveux de côté pour y revenir plus tard et on commence par le maquillage ? Là au moins, il n’y aura aucun problème !

La princesse avait déjà reposé le peigne estropié, trop heureuse de délaisser cette activité qui l’effrayait. Elle avait peur de mal faire et que la rouquine se retrouve avec une chevelure pire encore que précédemment. Laisser ça de côté était une bonne idée qu’elle avait bien vite approuvé. Pour le bien de sa dame de compagnie.

La brune posa sa trousse de maquillages près d’elle. Il n’y avait pas un choix important de couleurs mais suffisamment pour plaire à sa charmante dame de compagnie. Là au moins était-elle en terrain connu et ne craignait pas de s’hasarder à une quelconque maladresse.

- Tu veux quelque chose en particulier ou j’ai carte blanche ?

Toujours s’intéresser aux goûts des autres. Enora n’avait aucune envie de réaliser un maquillage sublime pour ensuite se le voir discréditer par Soniya. Même si, Soniya, loin d’être embêtante, était bien capable d’aimer n’importe quoi. Même une simple mouche tracée à l’eye-liner le long de sa lèvre supérieure. Chose qui ne serait peut-être pas si ridicule que cela en vue du contexte.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Mar 28 Jan 2014 - 9:29
Coiffure et maquillage....

- Non, pas de musiciens, juste une chaîne stéréo qui va s’occuper de tout. Il me suffit d’appuyer sur ce bouton et ce sera bon, tu vois ? Rien de plus simple.

Lorsque la machine s'est mise en route toute seule, j'ai sursauté. Et puis, j'ai ouvert de grands yeux. Ça alors, on croirait qu'il y a tout un orchestre et pourtant, la salle est belle et bien vide. Ce serait la chaine qui les aurait mangés? Ça doit lui en faire du monde dans le ventre. A croire que toutes les choses qui ont été inventées entre le moment où je suis morte et aujourd'hui marchent à la magie. J'avoue que je suis aussi perdue qu'émerveillée. Je m'approche de l'engin, lui tourne autour, l'examine sous tous les angles. En fait, c'est comme une télé mais sans les images pour faire simple. Et ça prend moins de place. C'est génial!!! J'ai le visage à nouveau complètement illuminé, sautillant partout comme si je voulais attraper les notes de musique avant qu'elles ne se perdent. Peut-être que je pourrais avoir une boite à musique pareil à la Deus, j'aimerais bien. Même si je préfère jouer de la musique par moi-même quand même.

- Ne t’inquiète pas pour Alexïs, je suis sûre que cette musique-ci lui conviendra parfaitement. Et puis tu sais, si tu le laisses choisir, l’air joué risque d’être éloigné du bal… Monsieur a l’habitude d’écouter de l’électro et ce n’est pas vraiment le ton idéal pour notre petite soirée improvisée !

De l'électro? C'est quoi ça? Quelque chose très éloigné de la musique normale d'un Bal? Je ne voyais pas trop à quoi cela pouvait ressembler, ma culture musicale, en même générale, étant somme toute plus que minimaliste. Mais si ma Princesse me disait que ça lui plairait et que c'était mieux comme ça, je la croyais sans aucun souci. Après tout, elle a l'air de très bien connaitre Alexïs. Et puis, maintenant, il est temps de passer à la suite. Ce sera peut-être que notre Bal à nous trois mais cela reste un Bal alors il faut se mettre en tenue à présent. je suis toute excitée à cette idée, pour une fois moi aussi je vais être toute jolie.

Je suis donc ma Princesse qui quitte le salon pour se rendre en direction de la salle de bain. Une fois entrée dedans, je me remet à regarder partout. J'aime bien cet endroit, c'est grand avec un miroir du coup, même dans mon dos, je vois ce que fait Enora, c'est rigolo. Ma Princesse m'invite à aller m'asseoir sur un siège et j'obéis docilement, me demandant bien par quoi on va commencer. Ou plutôt par quoi on va continuer parce que bon, ça fait un moment que c'est plus le début en fait. Je rigole doucement et me laisse faire tandis que la vois faire une drôle d'expression en observant ma tignasse hirsute.

- Tes cheveux me rendent perplexe… Tu les coiffes de temps à autre ? Car je veux bien essayer de te les lisser mais il va falloir démêler les nœuds avant… et vu la quantité qu’il semble y avoir, on risque d’en avoir pour un bon moment…

"- Bah, quand ils sont mouillés, je les secoue un grand coup pour les mettre derrière et pas les avoir dans les yeux mais c'est tout. Sinon, je mets plein de barrettes dedans pour essayer de les dompter parce qu'ils partent toujours dans tous les sens. A l'Orphelinat, les Dames elles avaient renoncées à nous coiffer."

Je n'ai aucune idée de combien de temps cela fait que je n'ai pas eu les cheveux coiffés pour de vrai. Jamais je ne crois. Ou alors, je ne m'en souviens pas. Peut-être que je suis née avec les cheveux emmêlés? En plus, dehors dans le froid, la neige et le vent, ils n’auraient refait que faire des nœuds tout le temps. En tout cas, je me laisse faire tandis que je vois le peigne approcher. Je sais pas pourquoi, je le sens pas trop ce truc-là. Et visiblement, je n’ai pas tout à fait tort. Ça tire un grand coup sur ma tête mais je ne dis rien et je vois ma Princesse retirer son peigne de ma chevelure, avec une dent en moins. Oups, je ne voulais pas le casser, moi.

- Ou sinon on laisse tes cheveux de côté pour y revenir plus tard et on commence par le maquillage ? Là au moins, il n’y aura aucun problème !

"- Va pour le maquillage alors. Et je suis désolée pour ton peigne, qu'il se soit cassé. je crois que même mes cheveux ils sont maladroits comme moi, ils font que des bêtises eux aussi."

- Tu veux quelque chose en particulier ou j’ai carte blanche ?

Par curiosité, je ne peux m'empêcher de venir fouiner un peu dans la trousse que ma Princesse vient de faire apparaitre dans mon champs de vision. C'est marrant, il y a des petites boites, des drôles de crayons comme ceux avec lesquelles on dessine ma jumelle et moi, mais aussi des tubes avec des jolis couleurs et des écritures diverses dessus. J'en prends un au hasard, dans les tons rouges, comme vous pouvez vous en doutez. Je le regarde sous tous les angles, cherchant à comprendre comment ça marche.

"- Mais tu es ma Princesse! Ce ne serait pas à moi de te maquiller et te coiffer. Parce que tu t'occupes tout le temps de moi et au final, moi je fais rien que des bêtises."


Bon, je ne sais pas maquiller du tout et je pense qu'elle doit le comprendre. Le maquillage, j'en ai jamais vu ailleurs que déjà sur le visage des gens ou là, dans des récipients divers. Mais après tout, si mon rôle est celui de Dame de Compagnie, je suis censée le faire comme il faut. Même si je crains plus de provoquer une catastrophe qu'autre chose.

"- Ah, je sais!!! Et si tu m'apprenais à le faire? Tu le fais sur toi et j'essaie de refaire pareil? Comme ça, la prochaine fois, je pourrais tout bien faire comme il faut et tu pourras être fière de moi. Et si vraiment mon essai n'est pas concluant, tu pourras toujours tout recommencer. Je ne le prendrais pas mal, c’est promis."
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Ven 31 Jan 2014 - 18:58
Du coiffage sommaire, donc. Inutile de s’attarder plus longtemps sur sa crinière, Enora l’avait très bien compris. D’où la raison de son intérêt soudain pour le maquillage. La pauvre n’avait pas l’habitude de maquiller autrui. Les gestes, elle les connaissait par cœur et les appliquait quotidiennement mais pour elle et seulement pour elle. Jamais elle n’avait pratiqué telle expérience sur un visage qui n’était pas le sien. Au fond, c’était exactement la même chose. Cela n’en serait que plus simple, qui plus est.

La demoiselle n’avait pas besoin que sa dame de compagnie endosse le rôle de la maquilleuse, elle pouvait le faire aisément toute seule. Mais si cela pouvait lui faire plaisir, pourquoi pas ? Cependant vers quelles catastrophes se dirigeait-elle encore en acceptant pareille proposition ? Après tout, elle pourrait toujours rattraper ses fautes, ce n’était que du maquillage, cela s’enlèverait facilement. Il lui faudrait moins bien de temps pour se refaire une beauté.

- D’accord, je vais te montrer, ma belle ! Et puis, je suis sûre que tu vas très bien t’en sortir ! Et si tu rates, ce ne sera pas de ta faute mais de la mienne, cela voudra dire que je n’ai pas l’étoffe d’un bon professeur.

De toute façon, la mignonne n’avait pas l’intention de se diriger vers l’enseignement alors elle n’en serait pas plus blessée. Elle reprit entre ses mains le cosmétique avec lequel Soniya portait une attention hors pair et le reposa sur le mobilier. Pour plus tard, le rouge à lèvres. En tout dernier. D’abord, commencer par la peau de la rouquine. Choisir un fond de teint qui mettrait en valeur les joues de porcelaine de sa dame de compagnie. Il n’y avait pas grand choix dans la trousse à maquillage de l’étudiante mais elle se décida finalement pour une teinte qui correspondait à la pigmentation de peau de son amie. Une teinte parfaite qui se fondrait dans le décor et ferait disparaître toutes les imperfections de sa peau, aussi minimes soient-elles.

- On commence par le fond de teint, lui enseigna-t-elle tout en faisant les gestes appropriés, inutile d’en mettre une tartine entière, un peu suffit amplement. Sinon, cela se voit et ce n’est pas très joli…

Entre fonds de teint et blush, la Russe avait déjà croisé certaines de ses compatriotes ayant des allures de carottes tant leur teint avait été mis en évidence ! Grave erreur ! Les pauvres ne pouvaient qu’essuyer les rires derrière leurs dos. Ainsi pouvait conduire le maquillage, à la plus grande désinvolture et la négligence malgré soi. La brune était méticuleuse et minutieuse, et appliquait le tout avec un soin particulier. Elle ne voulait pas rater le divin maquillage de Soniya. Etait-ce le premier qui lui parerait le visage ? Raison de plus, si tel était le cas ! Elle avait envie de la voir heureuse, sourire comme à son habitude, et non pas arborer une moue dubitative une fois le résultat final révélé ! La professeur improvisée aurait bien aimé pouvoir détourner son élève du miroir pour lui faire la surprise mais alors son cours aurait été mis en péril. De surcroît, son maquillage futur réalisé par sa disciple l’aurait été tout autant. Mieux valait qu’elle puisse épier le moindre de ses faits et gestes plutôt que de courir le risque qu’elle échoue à faire plaisir à sa princesse dans l’heure à venir.

La brune laissa là ses produits pour les joues. Il était grand temps de s’attaquer aux yeux. Inutile de prendre une couleur trop criarde comme fard à paupières. Quelque chose de léger, innocent, allant de pair avec la personnalité de Soniya. La jeune femme opta pour un somptueux mélange à mi-chemin entre le beige et le orange. Ce serait suffisamment voyant pour que sa dame d’honneur soit remarqué et fasse pleinement son âge, un peu plus peut-être, mais rien de trop osé ni de trop choquant. De plus, cela restait en parfait accord avec sa tenue. En somme, cela serait parfait ! Pinceau en main, Enora commença à appliquer le fard à paupières avant de se tourner vers l’eye-liner glissant le long du ras des cils.

- Le regard est une étape très importante dans le maquillage. Tout passe par les yeux, il ne faut donc en aucun cas se rater ici. Les couleurs, l’application, la dose… Tout doit être parfait pour mettre en valeur tes prunelles. Tu as de beaux yeux, il serait dommage que les autres ne les remarquent pas, n’est-ce pas ?

Même si les autres en question ne se composaient que d’elle et Alexïs, oui, il serait tout de même dommage que les iris de sa dame de compagnie passent inaperçus. Mais maintenant qu’ils avaient été sublimés, tout comme ses joues, tous feraient attention à elle. L’œuvre de la princesse touchait à sa fin. En ce qui concernait les yeux. Une légère touche de mascara et voilà un regard divin prêt à faire tomber tous les hommes de Saint-Pétersbourg ! Il serait malheureux que Soniya en arrive à faire de l’ombre à son éternelle et divine princesse !

Enora prit en main le bâton rouge qui faisait rêver la petite tout à l’heure. Le moment fatidique approchait, l’heure de vérité. Mais avant, un dernier détail, et non des moindres, mettre en valeur ces charmantes lèvres enfantines. Que leur chair n’ait plus l’air puérile mais bel et bien femme.

- Enfin, le sourire. C’est la dernière touche. Gloss ou rouges à lèvres, tous les moyens sont bons pour redessiner un sourire !

Enora appliqua avec délicatesse le rouge à lèvre que la fillette avait choisi prématurément. Le regard satisfaisait Enora, mais serait-il au goût de Soniya ?
Elle posa sa tête à côté de celle de sa dame de compagnie, observant dans le miroir le reflet que lui renvoyait sa propre œuvre. De l’art humain sur support humain. Rien d’innovant, toujours le même concept et la même structure.

- Tu aimes ? Si oui, le cours est terminé ! Et cela va être ton tour...

Oui, il était grand temps que la brune écoute le verdict de la rousse. Ce n’était pas tous les jours qu’elle avait l’occasion d’avoir quelqu’un daignant se laisser maquiller. Ses amies de la fac, tout comme elles, étaient assez grandes pour faire cet effort toutes seules.
Invité
avatar
Invité
Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 3 Fév 2014 - 9:24
Trois coups de pinceau....


- D’accord, je vais te montrer, ma belle ! Et puis, je suis sûre que tu vas très bien t’en sortir ! Et si tu rates, ce ne sera pas de ta faute mais de la mienne, cela voudra dire que je n’ai pas l’étoffe d’un bon professeur.

Ah ça non, je ne raterais pas alors. Parce que je suis sure que ma Princesse elle est trop forte. Et je ne veux pas la décevoir alors je vais faire de mon mieux et bien m'appliquer tout comme il faut. Du coup, je vais devoir rester bien attentive à tout ce qu'elle va faire. Ça risque d'être un peu plus dur ça mais je vais y arriver. Enora me reprend le tube que j'ai dans les mains pour le reposer et je la laisse faire tandis que je l'observe fouiller au milieu de tout un tas de petites boites avant qu'elle ne s'arrête sur une qu'elle sort. C'est rigolo, elle est toute pâle la couleur dedans. Ça va vraiment se voir?

- On commence par le fond de teint, inutile d’en mettre une tartine entière, un peu suffit amplement. Sinon, cela se voit et ce n’est pas très joli…

Le fond de teint, d'accord. On s'occupe donc du gros du visage si j'ai bien compris. Je reste assise très calmement face au miroir, guettant chaque geste de ma Princesse comme pour essayer de l'enregistrer au mieux. Ça n'a pas l'air excessivement compliqué en soi mais il faut faire attention à tout faire bien pareil partout surtout. Enfin, c'est ce que j'ai compris. C'est drôle d'ailleurs, parce que lentement, je vois mon visage qui change un peu, comme si il devenait tout lisse. Tout ça, grâce aux produits de maquillage. C'est incroyable ces trucs-là quand même. Et après on dit qu'on fait de la magie à Deus, en fait ils en ont aussi sur Terre, j'en suis sure maintenant.

- Le regard est une étape très importante dans le maquillage. Tout passe par les yeux, il ne faut donc en aucun cas se rater ici. Les couleurs, l’application, la dose… Tout doit être parfait pour mettre en valeur tes prunelles. Tu as de beaux yeux, il serait dommage que les autres ne les remarquent pas, n’est-ce pas ?

Les yeux, très importants. Là, j'ai eu un peu plus de mal quand même. Déjà parce que je devais garder les yeux fermés et pas bouger le temps qu'elle passe les couleurs dessus mais aussi parce que ça chatouillait un peu. Et puis, d'accord, j'avais un peu peur au début en voyant les pinceaux et autres objets s'approcher si près de mes yeux. Alors j'étais toute crispée. Mais encore une fois, je me suis inquiétée pour rien parce que je n'ai pas eu mal du tout. Et chaque fois que je rouvrais les yeux, j'avais l'impression de voir une personne différente dans le miroir en face de moi. Une autre jumelle en fait, moi sans être moi. Parce qu'il faut dire la vérité, le reflet était au moins dix fois plus joli que je ne l'ai jamais été.

- Enfin, le sourire. C’est la dernière touche. Gloss ou rouges à lèvres, tous les moyens sont bons pour redessiner un sourire !

Cette fois, ma Princesse prends le tube avait lequel je jouais et qu'elle avait laissé de côté. Le sourire, ça ce n’est pas dur, je souris tout le temps. Ah, mais elle parlait de le décorer aussi. Et là, je vois la tige colorée sortir doucement et venir s'appliquer sur mes lèvres. Ça fait bizarre au début, ça colle un peu. Enfin, ce n’est pas la même sensation que d'habitude alors du coup, je fais un peu le poisson, pour m'y faire. Et je me retourne vers le miroir que je regardais mais complètement concentrée sur les gestes de ma Princesse. Tiens, il y a deuxième Princesse maintenant. Je me retourne pour la chercher dans la pièce mais non, je ne la vois pas. Je reviens au miroir et je commence à réaliser. C'est moi, ça?

- Tu aimes ? Si oui, le cours est terminé ! Et cela va être ton tour...

"- Tu es une magicienne, je le savais!!! Tu m'as transformée en Princesse moi aussi!"

Le regard émerveillé, le visage illuminé par ma découverte, je viens même toucher mon reflet, manquant de tomber au passage. C'est tout simplement incroyable. Je sautille sur place, fais un tour sur moi-même et essaye de me calmer. Parce que là, ça va être moins facile tout de suite.

"- Je suis pas sûre d'arriver à faire aussi bien, moi. Mais promis, je vais faire tout ce que je peux."


Bon, bien se rappeler et y aller doucement. Le fond de teint d'abord. Heureusement que ma Princesse elle m'aide quand même un peu parce que rien que de choisir les couleurs, j'aurais eu du mal. Mais elle me dit celui que je dois utiliser et si j'ai un doute, elle m'aide un peu. Pour la première étape, je crois que j'ai bien réussi. Pas de pâtés, c'est naturel et ça fait comme pour moi, on dirait une poupée toute lisse et toute belle. Bon par contre, j'ai un peu plus peur pour les yeux. Alors j'y vais vraiment tout doucement. Parce que je ne veux pas appuyer et risquer de lui faire mal. Du coup, j'y mets un moment mais j'ai réussi à pas en mettre partout et bien que surs les paupières comme il faut.

Par contre, le pinceau fin, je n'ose pas le faire et je préfère le laisser de côté. Lui, je sais pas, il ne me plait pas du tout. Je n’ai pas peur nan, mais bon. Et puis, je chercher le rouge à lèvre et je crois que l'autre truc que j'ai pris finalement pour elle. Le gloss. Ça brille et ça rehausse tout son sourire. Bon, je me suis un peu ratée là parce que les lèvres, elles bougent en même temps que j'utilisais le pinceau spécial mais sinon, ce n'est pas si mal que ça. En tout cas, elle fait encore plus Princesse qu'avant.

"- Tiens, celui-là, je crois pas que je vais y arriver. Sinon, ça va, je me suis pas trop ratée? Parce que c'est quand même toi la vraie Princesse alors il faut que ce soit toi qui reste la plus belle pour le Bal de ce soir.
Dis, Alexïs aussi il va se maquiller?"
Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....
Page 3 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
Sujets similaires
-
» Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....
» Si tu veux l’arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie [Steve]
» Je veux pas vous impressionner, mais je sais faire des pâtes.
» RECENSER ⊹ tu veux quand même pas te le faire piquer
» j' ai déjà la rolex, je veux le gronavionkivanavex

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Au cœur de la ville :: Quartier des affaires-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page