Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....

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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 29 Déc 2013 - 19:11

En route pour ce restaurant ! Inutile de tergiverser des heures, Soniya avait grande envie de goûter ces mets typiques, son intonation la trahissait. Enora fut attirée à l’intérieur par Soniya. Son choix était faits. Les serveur s’agitaient, s’évertuant à satisfaire le moindre caprice des clients. L’un de ces hommes vint s’occuper d’eux, leur proposant une table ainsi qu’un menu. Enora l’ouvrit tout en observant la salle. C’était joliment décoré malgré que cela ne faisait pas très princesse. Commencerait-elle à prendre goût à son personnage au point d’oublier qui elle est ? Non, cela, elle ne l’oubliera pas. Elle tentait de jouer au mieux cette princesse qui n’avait rien à voir avec elle, bien trop éloignée de son univers traditionnel.  

- Ces personnes, comme tu dis, sont les serveurs de l’établissement, chuchota la demoiselle à l’oreille de la rouquine pour éviter que leur conversation ne soit surprise par des oreilles indiscrètes et qu’elles soient prises pour deux folles n’ayant jamais mis les pieds dans un restaurant, ils sont là pour prendre nos commandes, apporter les plats, les boissons… Et la norme veut qu’ils soient habillés de la même façon pour qu’on puisse les reconnaître.

Le regard d’Enora survolait les différents serveurs. Des garçons, des filles, qui vaquaient à leurs occupations. Même si le restaurant n’était pas encore plein à craquer, cela risquait de changer sous peu. Le coup de chauffe appréciait et avec lui, son lot de frénésie et d’émotions colorées.

Les yeux de l’étudiante retombèrent sur le menu. Tant de plats parcouraient la carte. Des mets inconnus pour tous ceux ne connaissant rien à la Russie. Le choix d’Enora serait simple mais pas sûr que Soniya, elle, s’y retrouve avec la multitude de plats. N’avait-elle pas dit que sa connaissance culinaire était limitée ? Pas formulé de cette manière bien sûr, mais la Russe y reviendrait, plus tard.
Mais difficile de guider quelqu’un quand on ne connaît pas ses goûts. Il allait donc falloir qu’elle lui fasse confiance encore une fois.

- Si tu ne sais pas quoi prendre, je te conseille les pelmeni. C’est très bon et ça ressemble vaguement à des boulettes de viande enrobées de pâte… Un peu comme des raviolis mais en bien meilleur !

Si sa dame de compagnie n’avait pas l’habitude de manger dans un grand restaurant, il allait falloir qu’elle la surveille, et de près. L’étudiante n’avait aucune envie de la retrouver courser les serveurs pour les aider à apporter les plats – du peu qu’elle en avait vu, elle en serait bien capable – ou aller carrément en cuisine pour préparer son propre repas. Non, elle allait sagement rester à sa place et attendre que le serveur, qui était payé pour cela, effectue son travail. Rien de bien compliqué en somme à faire, si ce n’est attendre sans provoquer la moindre catastrophe. Tout le monde n’était pas aussi indulgent que la vendeuse ayant subi les bêtises de Soniya.

- Raconte-moi, Soniya, d’où viens-tu ? Tu ne vis quand même pas dans la rue, n’est-ce pas ! Non, tu n’as pas l’allure d’une fille de la rue… Ni même les manières ! s’amusa Enora. Alors qu’est-ce que tu fais ici, à Saint-Pétersbourg ?

Elle n’était quand même pas tombée du ciel. Pas deux fois ! Mais sa manière d’utiliser les temps simples faisaient sourire Enora. Elle n’avait pas tout saisi concernant ses propos. Si autrefois elle n’avait pas les moyens de manger de la « vraie nourriture », quand était-il aujourd’hui ? Trop de questions. Elle allait finir par l’embarrasser. Mais pour une fois que les rôles étaient inversés, ce n’était pas grand chose, juste une bagatelle dont il ne fallait pas se soucier.

- Pardon, je t’importune sans doute avec mes questions…

Toujours aussi curieuse, Enora ! Personne ne la changerait jamais. Etait-ce sa faute si cette enfant piquait sa curiosité, savait la saisir au point qu’elle ne puisse plus se contenir tant cette soif de savoir la brûlait ? Non, bien sûr que non. Elle n’y était pour rien. Rien du tout.  

La Russe attrapa la carafe d’eau posée sur la table, servit un verre à son invitée et un autre, le sien. Inutile de s’orienter vers l’alcool. Pour ce qui est de tout cela, Soniya aurait tout le loisir de connaître plus tard la beauté et les joies de la vodka. Plus tard.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 29 Déc 2013 - 21:45
Autour d’un vrai repas....

- Ces personnes, comme tu dis, sont les serveurs de l’établissement, ils sont là pour prendre nos commandes, apporter les plats, les boissons… Et la norme veut qu’ils soient habillés de la même façon pour qu’on puisse les reconnaître.

Ah bon, c'était fait exprès. Et ils étaient là pour nous servir? En fait, ils étaient un peu comme les employés de la cafétéria de la Deus en gros. Sauf que là, visiblement, je devrais rester assise et ce seraient eux qui amèneraient tout. Mais ça ne risquait pas de leur faire beaucoup de travail? D'ailleurs, quand j'en ai vu un passer avec les bras chargés de plains d'assiettes, je me demandée comment il faisait pour rien renversé. Je serais bien allée l'aider mais je crois que je provoquerais plus de catastrophe qu'autre chose. Et puis, il y avait ma Princesse, je ne pouvais pas lui fausser compagnie comme ça.

Du coup, j'ai fait comme elle. Au lieu de regarder les serveurs s'activer dans tous les sens, je me suis mise à parcourir la carte. Waouh!!! Tout ça, c'est russe? Pour de vrai? Ce je n'ai même pas entendu les 3/4 des noms que je vois écrit sur la feuille devant moi. Du coup, je fais de grands yeux et je parcoure les lignes des dizaines de fois. J'ai l'impression d'être en voyage rien que de lire le nom des plats. L'ambiance du lieu y est sans doute pour quelque chose aussi tout comme la présence de ma Princesse à côté de moi. Tout ça, c'est tout simplement magique.

- Si tu ne sais pas quoi prendre, je te conseille les pelmeni. C’est très bon et ça ressemble vaguement à des boulettes de viande enrobées de pâte… Un peu comme des raviolis mais en bien meilleur !

Je rougis un peu avec un grand sourire. Comment elle fait pour toujours comprendre alors que je ne dis rien? Bon, d'après ma sœur, on peut lire beaucoup de choses sur mon visage mais à ce point-là, quand même, je me demande si elle serait un petit peu magicienne sur les bords. Après tout, j'ai bien une deuxième vie moi alors la magie, je suis bien placée pour y croire, nan?

- Raconte-moi, Soniya, d’où viens-tu ? Tu ne vis quand même pas dans la rue, n’est-ce pas ! Non, tu n’as pas l’allure d’une fille de la rue… Ni même les manières ! Alors qu’est-ce que tu fais ici, à Saint-Pétersbourg ?

"- Oh non, j'ai jamais vraiment été dans la rue. J’y passais beaucoup de temps avant, quand je n’étais pas à l'orphelinat. Mais maintenant, on a une vraie chambre rien qu'à nous, qu'on a décoré avec pleins d'étoiles, de notes de musique et tout. On dirait un vrai chapiteau bariolé. On en est drôlement fières d'ailleurs. "

Sur le coup, comme à chaque fois que je parle de ce qu'on a créé ensemble Tanya et moi, j'ai commencé à me laisser emporter et à élever un peu la voix. J'ai vaguement senti un regard et du coup, je me calme et me rassois mieux, reprenant un peu de contenance. Je suis avec ma Princesse, je ne dois pas l'oublier, je dois donc faire attention et me montrer digne d'être sa Dame de Compagnie. Alors, comporte-toi bien Soniya, il en va de ton honneur.

"- J'ai toujours vécu en Russie mais dans un coin très isolé, complètement perdu alors je connaissais rien de mon pays. J'étais curieuse et comme j'ai eu l'occasion de voyager, on m'a demandé le nom d'une ville. J'avais lu Saint-Pétersbourg sur une carte et en plus, c'était au bord de l'eau alors je voulais voir. Bon, je n’ai pas encore trouvé la mer mais il y tellement de choses à faire ici."


- Pardon, je t’importune sans doute avec mes questions…

"- Nan pas du tout. Et puis, je t'en ai posée pleins moi aussi alors chacune son tour, c'est normal après tout."

J'accepte avec entrain le verre d'eau qu'elle me donne parce que mine de rien, entre la danse, les courses et tout le blabla, bah j'ai la gorge un peu sèche moi. Ah, ça fait drôlement du bien. C'est drôle, à voir les gens se promener dans la salle, aller et venir comme ça, on dirait presque qu'ils dansent eux aussi. Je trouve ça joli. Je suis contente que ma Princesse m'ait emmené ici, je suis contente de l'avoir rencontrée tout court, mais je ne sais pas si je peux lui dire tout. Je ne crois pas. De toute façon, elle ne me croirait sans doute pas. Même moi, j'avais encore du mal des fois alors...

"- Je suis sure que tout ça, ça plairait beaucoup à ma Tanya aussi...."

Je n'ai pas vraiment eu le temps de continuer ma réflexion parce que le serveur revenait à notre table avec les bras chargés de deux belles assiettes. J'ai dû me retenir pour pas me mettre à sautiller assise sur ma chaise tandis qu'il les déposait sur la table avant d'en ôter les cloches protectrices. Oh!!! Comme c'est beau. Et ça sent drôlement bon. Mais il y en a pour un régiment là-dedans. Pourtant, il a bien amené deux assiettes différentes. C'est énorme quand même, enfin, à mes yeux.

"- Dis, tout ça, c'est pour moi? Je veux dire, pour de vrai? J'ai le droit de tout manger?"


En tout cas, droit ou pas, mon estomac commence à se remettre à gigoter alors de toute façon, je vais manger. Hors de question de gâcher tout ça. C'est bien trop appétissant.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Mar 31 Déc 2013 - 18:15
Enora écoutait le récit de la demoiselle qui avait elle aussi porté son dévolu sur les pelmeni. Le récit de Soniya était légèrement incroyable. La Russe n’était pas sûre d’en avoir saisi toutes les subtilités mais l’essentiel était que tout s’était arrangé pour la rouquine. Note positive de la journée. La brune but quelques gorgées d’eau, ayant la gorge sèche suite à toutes les péripéties de ce nouveau jour. Entre les efforts qu’elle devait faire pour élever cette enfant au rang de dame de compagnie, la reprendre sur ses gestes, parfois, et ce cours de danse improvisé, elle n’avait pas chômé.

L’évocation de la mer fit rêver Enora. Comment se pouvait-il que cette enfant n’ait jamais vu la mer ? Ici, à Saint-Pétersbourg, dès l’été, l’eau était prise d’assaut par des marées d’enfants se baignant dans l’écume. À ne pas s’y tromper, l’eau était glaciale, bien moins qu’en cette période, mais n’arborait par les températures extrêmes de la Méditerranée.

- C’est triste comme histoire… La rue, l’orphelinat… Rien de tout cela ne m’est familier… Mais maintenant que tu es heureuse, ailleurs, tant mieux. C’est le plus important. Tout finit toujours par s’arranger… Toujours.

Quant aux circonstances du voyage de cette fillette, cela relevait davantage du hasard que d’un fait concret. Enora ne comprenait pas tout, ne saisissant pas quel moyen de transport elle avait pu utiliser. Mais ce n’était pas important. Rien de tout cela était important. Au moins Soniya avait-elle eu l’illumination soudaine de chuchoter le nom de Saint-Pétersbourg à son conducteur. Cela avait permis aux deux filles de se rencontrer. Sans cela, Enora aurait continué sa route, faisant du shopping seule dans son coin, sans personne avec qui partager ces joies de la journée. Une journée bien triste, en somme. Ou du moins bien banale. La présence de Soniya lui apportait une chaleur humaine, la même que celle qu’elle connaissait par l’intermédiaire d’Alexïs. Ces deux-là semblaient avoir beaucoup en commun – en dehors de la couleur atypique rousse de cheveux pour des Russes – la même gentillesse paraissait les unir. Peut-être était-ce cela qui avait fait s’arrêter l’étudiante en médecine plutôt que de lui faire passer son chemin devant cette enfant assise au sol devant cette vieille télévision crachant un dessin animé de sa jeunesse ?

- La mer est un peu plus loin, c’est la mer Baltique. Ici, tu ne verras ni sable, ni galets. Juste un port. Mais c’est la mer, la vraie de vrai, entourée de bateaux. Tu voudras qu’on aille se promener sur la jetée après le repas ?

S’il n’y avait que cela pour lui faire plaisir, la princesse pouvait très bien conduire sa dame de compagnie attitrée auprès des mouettes et des vagues. Une bonne balade pour digérer. D’ailleurs, les plats arrivaient et cela sentait terriblement bon. L’odeur mit en alerte l’estomac d’Enora qui se joignit à celui de Soniya. Un duo irremplaçable. À elles-deux, elles devraient essayer de monter un orchestre composé uniquement de borborygmes, une musique nouvelle placée sous le signe de l’avant-garde. Peut-être cela aurait-il grand succès ?

- Bon appétit, Soniya ! lança Enora sur un ton enjoué, et oui, c’est ton assiette, rien que la tienne ! Et tu es ici pour manger, non pas pour regarder ton plat refroidir donc… À l’attaque !

Enora fut la première à plonger sa fourchette dans le mets pour porter la nourriture à sa bouche. C’était délicieux. Un pur délice. Rien ne valait la cuisine traditionnelle russe ! Le visage de la brune s’était illuminé d’un sourire, tant par l’onctuosité du plat que par la réaction de son ingénue. Le repas risquait d’être intéressant.

- Tu as parlé d’une Tanya… Qui est-ce ? Une amie ? Quelqu’un de ta famille ?

Mademoiselle Vilkas était lancée sur ses questions ! Toujours cette même curiosité commune à tous les Hommes. Il faudrait un jour qu’elle apprenne à se taire, et pour de bon, ou ses questions risquaient de déranger ses interlocuteurs sur la fin. Mais pas Soniya. Cette dernière était bien plus bavarde qu’Enora, plus curieuse encore, et plus empressée aussi de découvrir le monde dont elle ne savait rien. De toute façon, la rouquine le lui avait bien dit : elle avait bien le droit de l’interroger un peu sur sa vie. Cela compensait bien le nombre de questions auxquelles la demoiselle avait dû répondre depuis le début de la journée.

Entre les questions et les réponses qui se succédaient, chacune avalait son plat. Pour Enora, la portion dans l’assiette était normale. Ni trop petite, ni exagérée. Sans doute cette impression de Soniya était dû au fait qu’elle n’ait jamais manger dans un restaurant, encore moins de manger à sa faim. C’était le sentiment qui ressortait de son histoire. Le manque. Présent. Ses yeux la trahissaient. Même si son corps hurlait le contraire, ses paroles, son ton, son exclamation devant le contenu laissaient sous-entendre que jamais elle n’avait eu droit à un tel repas. C’était bien triste. Mais si tout cela était derrière elle maintenant, à quoi bon y penser ?

- Est-ce que tu veux un dessert ? Ou tu es déjà calée avec ton assiette ? se moqua tendrement Enora alors que le serveur n’allait pas tarder à surgir pour les débarrasser des deux plats vides, attends, tu as un peu de sauce, là.

Rien d’étonnant, Enora trouvait même étrange que sa dame de compagnie n’ait rien renversé. Tout était bien trop tranquille. Il fallait bien qu’elle fasse un faux pas. Moindre, certes. Mais la princesse ne pouvait laisser passer cette tâche qu’elle arborait en mouche près de la lèvre supérieure. Cela lui donnait un air de marquise, dommage que la sauce ait été une crème au beurre, sans quoi, si le liquide avait été ombragée, on aurait pu la prendre pour une vraie duchesse ! Mais la couleur faisait tout. Et une mouche blanche n’avait rien d’une mouche, si ce n’est la forme et la position.

La serviette d’Enora vint épousseter cette vilaine tâche qui ne saurait ternir l’image de sa rouquine. Voilà. Il n’y avait plus rien. Juste une assiette vide.

- Que diraient mes sujets s’ils vous avaient vu avec cette horreur sur la joue ? murmura Enora, reprenant le jeu pour se donner bonne contenance, manger est tout un art et la difficulté est d’éviter de se salir comme vous venez de le faire.

La brune releva la tête, reposant sa serviette de son côté. Cela faisait trop longtemps à son goût qu’elle n’avait donné aucun conseil à cette apprentie dame de compagnie. Il avait fallu qu’elle remédie à cette imperfection.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 6 Jan 2014 - 9:52
Paroles libres....

- C’est triste comme histoire… La rue, l’orphelinat… Rien de tout cela ne m’est familier… Mais maintenant que tu es heureuse, ailleurs, tant mieux. C’est le plus important. Tout finit toujours par s’arranger… Toujours.

Oui, tout finit toujours par s'arranger. Comme dans les contes d fées. Sur Terre, c'était très dur, je n'ai jamais compris pourquoi les gens nous en voulaient tellement d'ailleurs, sachant que l’on n’a jamais rien fait de mal. Mais maintenant, ça va mieux, c'est vrai. Ce n’est pas encore facile tous les jours mais c'est moins pire. Alors je ne vais pas me plaindre. Et puis, je n’ai pas raconté tout ça pour que ma Princesse elle se sente triste non plus. Alors je souris gaiement, comme la grande gamine que je suis. Je crois que je n’ai vraiment pas du tout grandi en fait. Peut-être que je devrais essayer un jour de devenir grande mais là, j'en ai pas envie. Et puis, je m'amuse bien avec ma Princesse, je ne veux pas que ça s'arrête maintenant.

- La mer est un peu plus loin, c’est la mer Baltique. Ici, tu ne verras ni sable, ni galets. Juste un port. Mais c’est la mer, la vraie de vrai, entourée de bateaux. Tu voudras qu’on aille se promener sur la jetée après le repas ?

"- Oh oui, la mer! Je veux voir à quoi elle ressemble pour de vrai. Parce que les livres et les images dans la télévision, ce n’est pas pareil."

Ça y est, je recommence à 'exciter toute seule. Limite si je n’ai pas fait un bond sur mon siège. Je sens des regards venir se oser sur moi alors je me calme et j'essaye de me faire petite. C'est vrai quoi, je me fais déjà tellement remarquée rien qu'avec ma couleur de cheveux, pas la peine d'en rajouter. Mais c'était spontané, ça me fait vraiment envie oui. Et puis, ce port-là, je suis certaine qu'il sera bien différent de celui de la Deus. Ils n’auront pas de bateaux volants eux alors à quoi ils ressemblent les vrais bateaux normaux? Oui, je voudrais déjà tout connaitre. Mais voilà que le serveur dépose les plats devant nous.

- Bon appétit, Soniya ! Et oui, c’est ton assiette, rien que la tienne ! Et tu es ici pour manger, non pas pour regarder ton plat refroidir donc… À l’attaque !
Pas besoin de me le dire deux fois ça. J'entame donc mon assiette avec bon appétit, me régalant de ce plat qui est de chez moi et que pourtant je ne connaissais même pas. Mais c'est chaud alors je souffle dessus parce que j'ai manqué de me bruler. Hum, en tout cas, c'est délicieux. Il faudra absolument que je dise à ma Tanya de gouter ça, je suis persuadée qu'elle en serait fan. J'ai du mal à ne pas me jeter purement et simplement sur mon assiette, heureusement que c'est chaud sinon je crois que j'engloutirais tout comme si je n'avais mangé à ma faim de toute ma vie. Bon, ça a presque été le cas en même temps mais bon, quand même, ce n’est pas une raison. Et puis, je suis avec ma Princesse alors je dois bien me tenir.

- Tu as parlé d’une Tanya… Qui est-ce ? Une amie ? Quelqu’un de ta famille ?

"- Tanya, c'est ma jumelle. C'est la meilleure grande sœur de tout le monde entier et même d'ailleurs. C'est elle qui est toujours là pour me protéger, me consoler et me rassurer. Elle est tout comme moi sauf qu'elle, elle a peur de rien, elle est trop forte et je l'aime de tout mon cœur. J'ai qu’elle et je ne veux pas la perdre. Jamais...."

D'abord, j'étais à nouveau complètement dans mon délire mais sur la fin, plus du tout. Non, je ne veux pas la perdre. Plus jamais. Mais je suis tellement pas douée. Et puis, je revois cette image, comme au ralenti. La neige, le coup de feu, sa chute silencieuse. Non, plus jamais ça. Je regrette un peu qu'elle ne soit pas là avec moi. Je lui ai laissé un mot, elle ne s’inquiétera pas mais quand même, je culpabilise un peu. Mais je continue à manger et l'ambiance du lieu chasse rapidement mes pensées négatives, me faisant retrouver le sourire. Et même terminer mon assiette. Ça alors, je n’aurais jamais crue être capable d'ingurgiter tout ça. Mais c'était drôlement bon.

- Est-ce que tu veux un dessert ? Ou tu es déjà calée avec ton assiette ?
Attends, tu as un peu de sauce, là.


Je fais non de la tête pour refuser le dessert. J’ai déjà l'impression d'être remplie jusqu'au-dessus des cheveux. Parce que c'était super bon, c'est vrai, mais il y en avait vraiment beaucoup aussi. Ah? J'ai de la sauce sur le visage? Premier réflexe de ma part, essayer de tirer la langue assez loin pour venir la récupérer parce que bon, même si j'ai plus faim, elle était trop bonne leur sauce. Mais je n’ai pas dû y arriver parce qu'il a fallu qu’Enora vienne l'essuyer avec sa serviette pour que je retrouve ma frimousse habituelle.

- Que diraient mes sujets s’ils vous avaient vu avec cette horreur sur la joue ?
manger est tout un art et la difficulté est d’éviter de se salir comme vous venez de le faire.


"- Bah, ils m'ont pas vus donc tout va bien, nan? Et puis, d'habitude, il y avait pas de sauce dans les plats que je mangeais alors je ne risquais pas de me tacher. Mais celle-là, elle était drôlement bonne en tout cas."


Sur ces mots, le serveur est revenu nous voir pour débarrasser les assiettes et demander si on voulait encore manger quelque chose. Les gens ils avaient vraiment encore faim après une assiette comme ça? Par curiosité, j'ai jeté un œil sur les autres tables et on dirait bien que oui, les gens mangent tout. Wouah, je ne sais pas comment ils font. Au final, je lui dis non quand même et je le remercie du plat qui était vraiment très bon avant qu'il reparte avec la vaisselle dans les mains. Tiens, maintenant que j'y fais attention, je trouve qu'il y a plus de monde que quand nous sommes arrivés.

"- Les gens aiment bien venir ici on dirait, il y a de plus en plus de monde.
Et dis, toi, tu as de la famille aussi? Des frères et sœurs princes et princesses? Des cousins et cousines ducs et duchesses? Là, tu te promenais toute seule mais tu fais ça souvent, te cacher pour faire comme tout le monde?"


Et voilà. Je n'ai plus la bouche pleine donc je recommence à poser plein de questions.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 6 Jan 2014 - 18:55
L’excitation de Soniya faisait plaisir à voir à Enora. Cette jeune fille n’était pas comme les autres. De nos jours, les gosses préfèrent passer leur temps derrière des jeux électroniques plutôt que de mettre le nez dehors pour admirer la beauté de la nature. Que diraient les symbolistes s’ils voyaient la nouvelle génération ainsi réduite en esclavage par des écrans ? La rouquine, au moins, avait su résister à ces jeux nouveaux, préférant l’ancien et la tradition. La mer. Formidable étendue d’eau n’ayant pas sans pareil. Etait-ce un hasard si les romantiques allemands s’exaltaient devant elle ? Non, bien sûr que non. L’art avait su trouver sa muse à travers chacun des océans. La nature était source d’inspiration et il n’était pas rare de voir l’un de ces peintres du dimanche amateur occupé à coucher sur une toile les différentes nuances de bleu. Tout cela était inconnu à Enora, qui se contentait d’observer de loin les faits et gestes des artistes, les coups de pinceaux habiles et les subtiles mélanges de gouaches. Sans jamais oser toucher à rien. Dans le cas contraire, la mer peinte ne ressemblerait plus qu’à un mélange de projections de sang bleu. Très ragoûtant.

La suite de leur programme était donc tout décidée : aller contempler la mer. La mer et ses occupants, ses volatiles avides de poissons, la mer ténébreuse et destructrice. Les vagues viendront se fracasser contre la rive, porteuse d’écume et de souvenirs.

- Tu en as de la chance d’avoir cette grande sœur, tu as l’air de l’aimer énormément ! Cela fait plaisir à voir, c’est bien. La famille, c’est ce qu’il y a de plus beau et de plus cher au monde.

Toujours accaparée par l’idée qu’Enora était une princesse, voilà qu’elle s’interrogeait sur sa famille. Des frères et sœurs ? Juste Alexïs qu’elle considérait comme tel malgré qu’ils n’aient aucune lien de sang et cette demi-sœur après laquelle elle avait longtemps couru. Cette chimère du passé dont elle possédait toujours la photo, quelque part dans une vieille boîte bien rangée dans sa chambre, auprès de laquelle traînait sa gourmette usée par le temps. Lyra.

- Oui. Non. C’est compliqué, s’hasarda-t-elle, j’ai un ami que je considère comme mon frère même si nous n’avons aucun lien de sang. D’ailleurs, tu le verras certainement au bal ! Des cousins, oui, j’en ai. Ducs et duchesses, je ne sais pas, je ne les ai jamais vus, je les connais juste de nom, cela s’arrête là. Tu sais, faire partie d’une famille royale, ce n’est pas l’idéal pour tisser des liens familiaux.

Surtout faire partie d’une famille comme la sienne. Elle pourrait presque passer pour normale s’il n’y avait pas tous ces mystères qui assombrissaient le tableau de la petite famille parfaite. C’était trop beau pour être vrai. Entre ce père décédé du SIDA, cette mère toujours perdue entre deux aéroports pour ses voyages d’affaire et cette demi-sœur qui ignorait sans doute jusqu’à son existence, Enora était bien tombée.

- J’ai aussi une sœur… Enfin, demi-sœur. Mais elle non plus, je ne l’ai jamais vue. À vrai dire, si des personnes de mon entourage ne l’avaient pas déjà côtoyée, j’aurais perdu espoir depuis longtemps quant à la rencontrer un jour. Mais l’espoir est toujours là, déclama-t-elle en posant une main sur son cœur, et si elle et moi devons être réunies un jour, alors cela se fera… J’espère.

L’étudiante se tut enfin. Comprenant qu’elle en avait trop dit. Ou pas assez. Toujours est-il que mieux valait que cette verve soudaine qui s’était emparée d’elle disparaisse tout aussi subitement. Elle ne voulait pas se livrer, pas totalement, pas comme ça. Elle connaissait à peine Soniya. Si elle avait besoin, Alexïs serait là pour l’écouter. Mais Alexïs savait déjà tout cela. Alors oui, confier ces menus secrets à cette fille la soulageait quelque peu. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait plus parlé à qui que ce soit de sa famille. Une impression étrange.

Sans préavis, la Russe se leva pour aller régler. Elle non plus ne souhaitait pas de dessert. Elle n’avait plus faim. Et pas seulement suite à ce repas copieux. Ce qu’elle venait de dire lui restait encore en travers de la gorge.
Chasser ces pensées. Ne plus penser à elle, Lyra, cette sœur invisible qui la faisait espérer depuis trop longtemps. Celle-là même avec qui elle aurait été prête à tout partager alors qu’elle n’avait pas même six ans. Mais Lyra n’était jamais venue et il avait fallu attendre l’arrivée d’Alexïs dans sa vie pour croire en nouveau en un futur possible avec elle. L’espoir d’une famille enfin réunie. Même brisée. Une famille éparse dont les membres aimaient se dissimuler aux quatre coins du globe. Ou juste en Russie. Ses cousins le lui faisaient bien sentir.

- Ce qu’il y a de douloureux avec les rêves, c’est que justement, ce ne sont que des rêves. Et c’est cela qui fait le plus mal.

À n’en pas douter, l’une s’était inspirée de l’autre.

Elle attrapa la main de sa dame de compagnie. Ces idées noires n’avaient pas leur place en cette journée. Ces idées noires ne devaient jamais fouler son esprit. Soniya allait l’aider à faire abstraction de tout ça, de cette famille ayant voulu être parfaite mais n’ayant su qu’échouer. Parfaite en tout point. Des parents aimants jusqu’aux enfants prodiges. Quelle bonne blague.

La mer les attendait. Et elles ne sauraient faire attendre la mer plus longtemps.

- Je crois que nous avons rendez-vous avec la mer Baltique, n’est-ce pas ?

Nouveau sourire de la part d’Enora. Cet instant n’appartenait qu’à elles deux. Les souvenirs n’y avaient pas leurs places. Encore moins les souvenirs de ces chimères disparues. Il fallait vivre l’instant présent. Car après tout, c’était le plus important. Ce n’était pas son genre de se morfondre. Alors qu’elle profite, tout comme Soniya qui avait des étoiles plein les yeux depuis le début de leur folle journée. Et qu’elle continue d’en prendre plein les mirettes, dans la joie et la bonne humeur. Sans jamais devenir grande et s’arrêter de rêver.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Mar 7 Jan 2014 - 9:34
Réflexions....

- Tu en as de la chance d’avoir cette grande sœur, tu as l’air de l’aimer énormément ! Cela fait plaisir à voir, c’est bien. La famille, c’est ce qu’il y a de plus beau et de plus cher au monde.

Oui, là-dessus, je suis tout à fait d'accord avec Enora. La famille, c'est ce qui compte le plus au monde. Et même si la mienne est on ne peut plus réduite puisque je n'ai que ma jumelle, je m'en fiche. Tanya, c'est la meilleure et jamais je pourrais m'en passer. D'ailleurs, même si je ne le dis pas, elle me manque un peu, même maintenant. C'est vrai quoi, on a tellement l'habitude d'être tout le temps collées toutes les deux que bah, ça me fait quand même un peu bizarre de pas pouvoir profiter de tout ça avec elle. Alors, dans un coin de ma petite tête de linotte, je note de refaire le même trajet avec elle. Une autre fois. On ira regarder les magasins, s'acheter des robes, c'est moi qui lui apprendrais à danser la valse, si j'y arrive encore, et on ira au restaurant et ensuite voir la mer; Oh oui, rien que d'y penser, j'en trépigne d'impatience. Mais je me tiens bien, je suis toujours en face de ma Princesse, je ne dois pas l'oublier.

- Oui. Non. C’est compliqué, j’ai un ami que je considère comme mon frère même si nous n’avons aucun lien de sang. D’ailleurs, tu le verras certainement au bal ! Des cousins, oui, j’en ai. Ducs et duchesses, je ne sais pas, je ne les ai jamais vus, je les connais juste de nom, cela s’arrête là. Tu sais, faire partie d’une famille royale, ce n’est pas l’idéal pour tisser des liens familiaux.
- J’ai aussi une sœur… Enfin, demi-sœur. Mais elle non plus, je ne l’ai jamais vue. À vrai dire, si des personnes de mon entourage ne l’avaient pas déjà côtoyée, j’aurais perdu espoir depuis longtemps quant à la rencontrer un jour. Mais l’espoir est toujours là, et si elle et moi devons être réunies un jour, alors cela se fera… J’espère.

Ah, je n’avais pas pensé à tout ça. C'est vrai qu'être Princesse, ça doit pas toujours être le plus simple. Un ami, égal à un frère. Ça, ça doit être super bien par contre. J'aimerais bien en avoir un moi aussi. Enfin, un ou une amie, je ne suis pas difficile. Même si au fond de moi, c'est aussi d'un papa et d'une maman que je rêve vraiment mais ça, c'est différent, je ne peux pas comparer. Par contre, je me rends bien compte que ma Princesse à l'air un peu plus triste en parlant de tout ça, moins enjouée que tout à l'heure. Une demi-sœur? C'est quoi ça? Une moitié de personne? Je trouve ça étrange comme dénomination mais j'avoue que je n'ose pas poser la question comme ça. J'ai peur de passer vraiment pour idiote alors je me contente de l'écouter. En tout cas, je trouve ça très joli, sa dernière phrase. L'espoir est toujours là. Oui, il faut toujours croire.

"- Je suis sure que tu la rencontreras un jour. Il faut toujours garder l'espoir. En tout cas, je te souhaite très fort de pouvoir la retrouver. Et comme vous êtes à moitié sœurs, tu le sauras tout de suite quand tu la croiseras."

Je souris gentiment à Enora qui finit par se lever assez soudainement pour aller parler au monsieur qui tient le comptoir à l'entrée. Ah, j'ai dit une bêtise, je l'ai vexée? Non, je n'ai pas l'impression. Pourtant, elle n’a toujours pas l'air parfaitement dans son assiette. Je voudrais lui remonter le moral mieux que ça mais je ne sais pas trop quoi dire ni quoi faire. Que ferait la fille du dessin animé pour que les gens autour d'elle se remettent à sourire? Parce que je ne peux pas chanter ici, je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça ne se fait pas. Il y a tellement de silence autour de moi. Mais ma Princesse revient rapidement avec une réflexion assez étrange.

- Ce qu’il y a de douloureux avec les rêves, c’est que justement, ce ne sont que des rêves. Et c’est cela qui fait le plus mal.

"- Mais c'est aussi ce qui nous fait avancer. C'est pour ça qu'ils sont beaux. On ne peut pas vivre sans rêve. Ce serait trop triste sinon. Moi, un jour, je serais assez forte pour que ma Tanya elle ait plus besoin d'avoir peur pour moi. Et moi aussi je saurais la protéger. "

Je me sens un peu bête sur le coup. Je ne parle que de moi. Mais c'est sorti tout seul, je n'ai rien contrôlé pour le coup. Enfin, ma Princesse à pas l'air de m'en vouloir car elle vient m’attraper par la main et on se lève toutes les deux.

- Je crois que nous avons rendez-vous avec la mer Baltique, n’est-ce pas ?

"- Oh oui, la Mer!! J'ai hâte de voir à quoi elle ressemble ici."

Bah oui parce que, finalement, la mer, je l'ai déjà vu une fois. Lorsque j'avais gagné le faux voyage de vacances et où j'ai rencontré Peter. Mais c'était dans un pays très chaud, très loin. Et il y avait eu plein de monstres et j'avais eu très peur aussi. Alors, là, j'étais pressée de voir la mer de chez moi. Je suis russe après tout. Je saisis mes affaires, je commence d'ailleurs à être chargée entre mon sac à dos et les courses que l'on a faites avec Enora, et je la suis pour sortir du restaurant. Je remercie les serveurs au passage et hop, on passe la porte. Brrr, il fait pas du tout la même température dehors et dedans.

Bon alors, maintenant, trouver la mer. D'ici, je la vois pas alors, je lève le nez en l'air. On m'a toujours dit que ça sentait le sel alors j'essaie de voir si comme ça, je peux la repérer mais ça marche pas mieux. Par contre, dans un coin éloigné, on entend des cris d'oiseaux. Les mêmes que ceux que je peux entendre quand je suis sur le bateau pour traverser de la Deus vers le mondes des Humains. Alors, ça doit être ça la bonne direction. Mais je vais quand même demander à ma Princesse. Elle est trop forte, elle. Elle sait toujours tout.

"- C'est par là-bas qu'il faut aller, hein? Vers les oiseaux? Ils nous montrent le chemin?"
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Mer 8 Jan 2014 - 16:22
À la croisée des chemins, il n’y a pas forcément l’autre.
L’espoir, Enora l’entretenait toujours, secrètement. L’espoir de voir enfin cette sœur. La formulation de Soniya la fit sourire. Elle et Lyra étaient à moitié sœurs. Nées du même père et d’une mère différente. Sans que l’une ne sache rien de l’autre. Grandissant dans le silence, une vérité à jamais tue. Cela n’était pas raisonnable pour une enfant. Mais personne n’avait jamais pu dire à Lyra qu’elle possédait une famille car personne de son entourage n’avait jamais su. Des destinées bien différentes que les leurs. Pourtant, leurs chemins viendraient à se croiser un jour. Et l’autre serait là. Si.

Laisse la philosophie à l’autre, veux-tu ? Quoique, pas sûr que l’autre soit plus apte à en parler. Soniya prit le relais, venant contrecarrer la pensée purement défaitiste d’Enora. Personne ne pouvait vivre sans rêves. Personne. Tout le monde en possédait. Enfouis profondément dans un jardin secret. L’étudiante aussi en possédait. Et pas seulement celui de rencontrer sa sœur. Sa vie ne se limitait pas juste à cette chimère, elle l’avait compris depuis longtemps. Heureusement.

- Ici ? Tu parles comme si tu avais déjà eu l’occasion de voir la mer une fois alors que tu m’as dit tout à l’heure à table que tu ne l’avais jamais vue… ?

Elle devenait paranoïaque, là. Interpréter ses paroles. Tiquer sur un seul mot. Ce n’était pas là une de ses manières de faire. Ceux qui font parler les mots ne sont pas des êtres comme elle mais ceux ayant embrasé la voie des lettres et de la grammaire. Ce qui n’était pas son cas. Son amour pour la littérature ne l’avait jamais portée vers de telles études car le goût des sciences était bien plus puissant. Tout comme son envie de porter secours à autrui. Ce qui ne serait pas pour tout de suite.

Les cris des oiseaux vinrent attirer l’attention de la Russe. Elle imita la rouquine, levant la tête en leur direction, souriant devant les propos de l’enfant. Les suivre. C’était un moyen de parvenir à bon port comme un autre.

- Oui, suivons les oiseaux !

Elles ne pressaient pas le pas, se contentant de se laisser guider par ces fiers albatros non loin de la rive. Ces volatiles blancs y retournaient avec empressement. Chacun son tour de déjeuner. Les cris perçants ne cessaient de se décupler. Encore quelques mètres et elles y seraient.

La demoiselle leva la main pour attraper une pomme d’un arbre du coin de la rue. Ce n’était pas du vol. Juste un emprunt. Les pommiers appartenaient à tous. Leurs fruits tout autant. Elle en cueillit une autre du bout des doigts, devant se mettre sur la pointe des pieds pour attraper le précieux sésame et lança le fruit à Soniya. Souvenir de Saint-Pétersbourg. Ou juste un en-cas pour plus tard. L’air marin, cela creuse malgré tout. La rouquine s’en rendrait compte une fois avoir fait le tour du port.

- Voici la mer Baltique ! commenta Enora tout en désignant d’un geste l’horizon bleue qui était apparue au détour d’un croisement, elle te plait ?

Oui, forcément que oui. Même le plus insensible des hommes ne pouvait que lever la tête vers cette étendue magnifique qui s’en allait et venait. Les vagues charriaient les bateaux encrés dans le port, bien décidés à noyer ces submersibles. En vain. Un spectacle époustouflant que celui-ci. Les mouettes, toujours plus nombreuses, s’élançaient de tous les côtés pour venir pêcher dans l’eau leur repas frugal. Une bonne prise que la leur. Des pêcheuses surpassant jusqu’à l’Homme.

Enora tourna la tête en direction de sa dame de compagnie, curieuse de voir l’expression que son visage arborerait. L’impression de marcher en compagnie d’une enfant s’accentuait de minute en minute. Elle s’extasiait de tout, un comportement purement enfantin. Mais ce n’était pas ça qui allait déranger l’étudiante. Au contraire.


Dernière édition par Enora Vilkas le Ven 10 Jan 2014 - 17:36, édité 1 fois
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Jeu 9 Jan 2014 - 9:38
La mer, enfin....

- Ici ? Tu parles comme si tu avais déjà eu l’occasion de voir la mer une fois alors que tu m’as dit tout à l’heure à table que tu ne l’avais jamais vue… ?

"- Bah, je l'ai déjà vu dans des livres, sur des photos et même sur une mate..., made..., mappemonde, ah je vais y arriver. Tu sais, les globes où tu vois toute la Terre en entier. Mais ce n’est pas pareil. Et je l'ai imaginée aussi souvent, grâce à des histoires."

Et maintenant que j'y pense, ce sera bien la première fois que je verrais la mer. Parce que la fois où je me suis retrouvée dans le monde des Humains, au complexe de la plage, ce n’était pas la mer que j'ai vu. On m'a bien précisé que là, c'était un océan. Alors, ça ne doit pas être la même chose. En tout cas, j'ai drôlement hâte de la voir. Je voudrais me mettre à courir mais je ne suis pas certaine du chemin à prendre et je n'ai pas vraiment envie de me perdre alors je patiente un peu, en sautillant sur place. Maintenant que j'ai le ventre plein, je suis à nouveau en pleine forme et pleine d'énergie.

- Oui, suivons les oiseaux !

Je suis trop fière de moi. J'avais deviné le bon chemin. Je finirais peut-être par m'améliorer même en orientation. En tout cas, plus on se dirige vers l'origine de la venue de nos copains emplumés, plus ils sont nombreux. On a pas accéléré pourtant, j'ai du mal à ne pas e mettre à courir quand je commence à sentir qu'en effet, il y a dans l'air comme une odeur différente. Ça sent comme la cuisine, ça picote les lèvres. C'est salé. Alors je le sais, la mer est juste là pas loin. J'étais tellement obnubilée par cette idée que c’est à peine si j'ai remarqué que ma Princesse me tendait une pomme. Elle est magicienne en plus, elle fait apparaitre des fruits dans ses mains, comme ça. Je la remercie en lui souriant, glisse ma victuaille dans mon sac rapidement avant, d'enfin, apercevoir cette immense étendue bleue devant moi.

- Voici la mer Baltique ! Elle te plait ?

Du bleu de la mer et du ciel, du blanc des nuages fins et des oiseaux, du gris léger, tout joli, qui fait ressortir le tout. C'est comme un tableau. Ou mieux, un des dessins de ma Tanya mais en vivant, en vrai. Je suis restée la bouche grande ouverte, le 'whoua' dans ma gorge est même pas sorti. Je souris ou plutôt je suis illuminée par cette découverte. Les oiseaux qui piaillent et qui foncent dans l'eau reforment comme la valse de toute à l'heure avec ma Princesse, il ne manque que la musique pour aller avec. C'est tout simplement magique comme spectacle. Tellement, qu'il me faut un certain temps avant de me rendre compte que je n'ai même pas pensé à répondre à ma Princesse. Oups.

"- Elle est encore plus belle que ce que j'avais imaginée. Les livres, ils ne savent pas la dessiner, les photos non plus. C'est en vrai qu'elle est la mieux. Et elle sent drôlement bon, même si ça pique un peu le nez. C'est rigolo."


Les mouettes et autres oiseaux marins semblent curieux eux aussi et ils s'approchent un peu de nous, en se laissant porter par les vagues. J'irais bien sauter dans l'eau mais elle doit être super froide et du coup, je me retiens. J'observe les volatiles qui se décalent, se dirigeant vers d'autres personnes un peu plus loin. Ah, ils leurs donnent à manger et ils viennent récupérer les miettes. Je fouille dans mon sac et y récupère la pomme de ma Princesse. C'est trop gros pour eux ça. Et je n’ai rien d'autre à leur proposer. Finalement, mes doigts effleurent ma lyre et je ne peux pas résister à l'envie de la sortir. Debout face au vent, l'air marin en pleine face me dégageant le visage, un grand sourire sur les lèvres, je commence à jouer.

Music

Je regarde la Mer Baltique mais rapidement, je ferme les yeux, je m'imprègne simplement de tout ça. Le chant des oiseaux diminue autour de moi et il n'y a plus que les notes qui s'envolent, comme avec le musicien de tout à l'heure. La musique seule demeure dans mon âme et mon esprit. Je souris, je vis au rythme des notes volages et je respire avec elles, l'air iodé qui emplit mes poumons d'une odeur nouvelle. Je me sens vivre, vraiment. Je pourrais presque croire que des ailes invisibles me portent au loin mais cela n'est que le fruit de mon imagination trop fertile. Déjà, la musique diminue avant de finir par disparaitre lentement, emportée par le vent comme en offrande aux vagues lointaines, afin que toutes puissent en profiter. Je baisse mon instrument, rouvre les yeux et reviens à ma Princesse.

"- Tu crois que la Mer elle a apprécié ma musique? Parce que je ne sais pas trop ce qu'elle aime alors j'ai fait une chanson qui me plaisait à moi. "

Doucement, je sors de mon espèce de transe, de ce rêve semi-éveillé dans lequel je me plonge à chaque fois que je joue de la musique. Les cris des oiseaux reviennent frapper à mes tympans et je réalise qu'ils sont drôlement nombreux d'un coup devant moi, sur l'eau, à me regarder avec leurs regards un étranges. Je crois qu'ils se posent des questions mais je ne suis pas sure. Je ne réalise même pas les réactions des gens autour de moi. Les oiseaux avec leurs têtes qu'ils penchent sur le côté comme pour me poser une question que je ne comprends me font beaucoup plus rire.

"- En tout cas, ont diraient que eux, ça leur a plu. Ils sont tous venus. Dommage, je n’ai même pas un poisson à leur donner. Tu crois qu'ils aimeraient la pomme?"
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Ven 10 Jan 2014 - 18:25
Une chose est sûre, le spectacle de la mer n’avait pas su couper la parole à Soniya. Elle ne changerait donc jamais ! Enora la laissa parler, l’écoutant discourir sur ses photos et ses dessins de la mer. Cette étendue bleue était unique. Rien ne saurait être plus fidèle dans sa représentation que la réalité. Tous les croquis ne sauraient jamais reproduire les mille nuances du bleu de l’eau. Les dessins non plus. De plus, la voir dans des livres n’avait rien à voir avec cette expérience-ci. Ici, l’iode était au rendez-vous, tout comme l’écume. Les bruits marins venaient accompagner la découverte de l’importante étendue liquide. De tels bruits ne se trouvaient nul part ailleurs. Rien ne saurait jamais remplacer la mer Baltique.

La rouquine sortit par la suite un instrument. Une lyre. Enora n’en avait jamais vu. Rares étaient les personnes en jouant. Elle-même avait appris le piano dans sa jeunesse. Et non pas la lyre.

Les doigts de Soniya vinrent parcourir les différentes cordes. Un son magnifique émanait de l’instrument, produit par ce dernier et la dextérité de sa dame de compagnie. Les notes venaient saluer les mouettes avant de se retirer, plus hautes, en direction de la mer. Chacune des vagues semblait surgir, à la manière d’un tigre, bondissant sur ces arpèges divins. L’eau ne paraissait jamais repue. En ébullition depuis le début du concert improvisé. En mouvement incessant sans personne pour la calmer. Elle s’agitait, se tordait avant de s’ébrouer enfin. Tout redevenait calme selon le rythme imposé par la musicienne du jour. Une fois les dernières notes jouées, Enora applaudit la prestation de son amie. Son ovation fut bientôt rejointe par le bruit des mouettes, attirées près de l’instrument à la manière de mouches affamées. Des becs claquèrent.

- Bravo Soniya ! Tu ne m’avais pas dit que tu savais aussi très bien jouer de la lyre, en plus de chanter parfaitement ! j’ignorais que ma chère dame de compagnie disposait de tant de talents artistiques ! lui fit-elle avec un clin d’œil et une voix enjouée, et tu sais, je crois pouvoir affirmer que la mer a autant aimé ton offrande que moi-même je l’ai appréciée.

Enora observa les mouettes qui ricanaient après que la notion de nourriture ait été mentionnée. Goinfres ! Ces volatiles étaient bien assez grands pour chasser par eux-même ! Profond soupir. Enora croqua dans un morceau de sa pomme qu’elle avala. À la vue du fruit, les becs claquèrent un peu plus encore. Ces oiseaux paraissaient affamés. Du moins savaient-ils très bien jouer la comédie.

- On va bien voir ! s’écria Enora tout en lançant sa pomme légèrement entamée aux affamées, feignantes, va !

Le groupe de mouettes se jeta sur la nourriture, picorant la pomme, la trouant de milliers de petits trous.
Enora reprit Soniya par la main, l’éloignant de ce spectacle où la misère du monde semblait s’être donnée rendez-vous pour marcher un peu vers le port. Des bateaux séjournaient le long des quais, attendant de prendre leur envol pour fendre les vagues. Après tout, les demoiselles n’étaient pas venues ici pour observer des mouettes se battre en duel pour un trognon de pomme mais pour profiter de l’air marin. Ce qu’elles allaient faire.

- Avec ton don pour la musique, tu pourrais presque faire partie d’un grand orchestre ou entamer une carrière de chanteuse. Tu y as déjà pensé ?

Ah le rêve de vivre pour et par son art ! Enora connaissait plus d’une personne souhaitant une telle chose. Mais cela ne s’obtenait pas sans travail et la chance jouait une part très importante pour toute réussite de carrière. Briller sur les rampes et sous les feux des projecteurs n’était pas donné à tout le monde. Pourtant, une élite artistique était choisie chaque année pour exister. À force de larmes et de sueur, on pouvait réussir. Et de hasard, aussi.

Enora s’assit près du bord, jambes balayant le vide, la mer juste en dessous d’elle. Ce n’était pas le moment de tomber. Elle fit signe à Soniya de faire de même.

- Si tu n’étais pas ma dame de compagnie attitrée, je t’aurais bien prise pour jouer de la lyre ce soir. Mais personne n’a le don d’ubiquité, difficile d’être à la fois derrière son instrument et occupée à danser, n’est-ce pas ?

Mais sa place était auprès d’Enora, sa princesse adorée. Que deviendrait la grande et belle princesse si sa dame de compagnie venait à lui fausser compagnie ? Elle dépérirait, sans aucun doute. La Russe ignorait jusqu’à quand continuerait leur petit jeu. Mais cela l’amusait bien. Elle n’avait aucune envie que tout cela s’arrête. Devait-elle craindre les douze coups de minuit ? Les contes de fée ne pouvaient se déplacer dans la réalité. La rouquine ne disparaîtrait pas au beau milieu de la nuit, sans aucune explication logique. Enora était la princesse, c’était à elle qu’importerait la tâche de congédier sa dame de compagnie en temps voulu. Plus tard.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 11 Jan 2014 - 11:52
Discussion....

- Bravo Soniya ! Tu ne m’avais pas dit que tu savais aussi très bien jouer de la lyre, en plus de chanter parfaitement ! J’ignorais que ma chère dame de compagnie disposait de tant de talents artistiques ! Et tu sais, je crois pouvoir affirmer que la mer a autant aimé ton offrande que moi-même je l’ai appréciée.

Jouer devant la mer, autant bercée par la mélodie des vagues que ces dernières emportées par ma propre musique et le rythme de mes notes, c'était sans doute une des plus belles choses au monde. Enfin, pour moi, c'était comme le plus beau des cadeaux du monde, avec celui de pouvoir avoir une seconde vie avec ma chère Tanya adorée. J'étais sur un petit nuage, complètement absorbée par ce spectacle toujours identique mais tellement changeant à chaque instant. Avec le chant des mouettes et des autres oiseaux marins autour de moi, j'avais l'impression d'être transportée littéralement dans un autre monde. Différent du Monde des Humains et de la Deus. Un petit coin de Paradis, rien qu'à moi.

Le compliment de ma princesse me fit extrêmement plaisir et même si j'avais les joues déjà un peu roses à cause du vent frais sur mes visages, là, pour le coup, elles sont devenues complètement rouges pivoines. En plus, on aurait dit que même les volatiles alentours étaient contents. Ça me faisait plaisir. Tout le monde avait aimé, c'était tout ce qui comptait et je voyais des sourires, alors j'étais fière de moi. Je ne demande rien de plus, moi. Par contre, les oiseaux semblaient en vouloir encore plus. Du coup, j'ai fini par poser ma question à ma Princesse. Après tout, je ne connaissais pas le régime de ce genre d'animaux alors qui sait, peut-être qu'ils aimaient aussi les fruits eux. En plus, elles avaient l'air drôlement bonnes. La preuve, Enora avait déjà croqué dans la sienne de bon appétit.

- On va bien voir !
Feignantes, va !

En effet, les oiseaux ne se souciaient pas du tout de ce dont il s'agissait. Ils se sont jetés sur la pomme comme s'ils n'avaient jamais mangés de leur vie. Pourtant, je les ai vu avant, je sais que ce n’est pas vrai, ils mourraient as de faim. Mais c'était rigolo de les voir se précipiter ainsi au milieu des claquements de becs et des piaillements. Moi, ça m'a bien fait rire en tout cas. Mais déjà, ma Princesse revenait saisir ma main alors que j'avais rangé mes affaires pour m'entrainer à sa suite plus loin. Vers de nouvelles découvertes.

- Avec ton don pour la musique, tu pourrais presque faire partie d’un grand orchestre ou entamer une carrière de chanteuse. Tu y as déjà pensé ?

Sur le coup, je n'ai rien trouvé à répondre. En fait, si ma Princesse m'avait lâchée la main, je crois que je me serais arrêtée là, tout bêtement. Faire partie d'un grand orchestre? Devenir chanteuse? C'est vrai, j'aurais pu faire ce genre de choses? Oui, peut-être. Mais avant. Maintenant, j'étais morte, je pouvais plus le faire. Je grandirais plus en plus, enfin, c'est ce que j'avais compris à la Deus. On ne vieillissait pas pareil alors je ne pouvais pas rester chez les Humains pour devenir une vraie artiste. Cela me blessa un peu de m'en rendre compte. J'avais ma Tanya, une belle vie et tout à la Deus mais au final, je n'avais quand même pas vraiment vécue et là, soudain, je crois que ça me manquais. Je le réalisais juste aujourd'hui.

"- Non, je n'y avait jamais réfléchi. Et je ne crois pas que ça serait possible. Mais c'est pas grave, tant que je peux chanter et faire de la musique pour voir les gens sourire, pour le plaisir et pour moi, ça me va."

De toute façon, je ne voulais pas abandonner ma Tanya, même pour une carrière de célébrité de musicienne chanteuse ou quoi que ce soit. Elle comptait beaucoup plus que tout le reste à mes yeux. Enora avait fait une pause, venant s'installer sur le bord du quai en laissant ses jambes battre dans le vide. Je l'ai imitée quand elle m'a invitée à faire pareil, m'asseyant juste à côté d'elle. J'étais bien là quand même. Et puis, j'étais avec ma Princesse.

- Si tu n’étais pas ma dame de compagnie attitrée, je t’aurais bien prise pour jouer de la lyre ce soir. Mais personne n’a le don d’ubiquité, difficile d’être à la fois derrière son instrument et occupée à danser, n’est-ce pas ?

"- Ah, mais je peux le faire ça!!"

Oups, ça, ce n’était sans doute pas la bonne chose à dire. Le souci c'est que, comme d'habitude, je m'en suis rendue compte trop tard, une fois que je l'avais déjà dit. Et réflexe idiot pour en rajouter une couche, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de venir poser aussi vite que possible mes mains sur ma bouche. Avec mes yeux écarquillés, j'étais à peine remarquée. Heureusement que comme on était assises toutes les deux, les gens autour ne faisaient aucunement attention à nous. Mais du coup, maintenant, je ne sais pas trop quoi faire. Si j'avais rigolé, peut-être qu'elle aurait cru à une blague? Mais je ne sais pas mentir. Alors, je me mets à jouer avec mes doigts, un peu nerveusement.

"- Enfin... je veux dire... C'est possible de venir jouer une chanson et d'aller danser sur la suivante, non? Comme ça, au fond, c'est un peu comme si je faisais les deux en même temps. Même si c'est plus en décalé qu'autre chose."

J'essaie de sourire mais je ne suis pas très convaincante. Mon cœur bat très vite. Je ne sais pas du tout comment ma Princesse va réagir et soudain, j'ai peur. Du coup, je me prépare à tout. Sauter à l'eau, me relever et partir en courant ou je ne sais pas quoi. Je n’ai pas vraiment envie de partir mais je ne suis plus aussi à l'aise. Et si elle me posait d'autres questions. Si elle finissait par deviner? Que je n'étais même pas vivante. Que dirait-elle?
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 11 Jan 2014 - 17:52
Ne pas se prendre la tête. Chanter pour soi avant tout ainsi que pour les autres. Pour répandre la joie, le bonheur, ces idées si abstraites dans nombre d’esprits pourtant philosophes. Quelle belle manière de penser ! Le vent vint saluer cette jolie phrase, en total accord avec les mots de Soniya. Et puis, Enora préférait mille fois garder les talents de Soniya pour son seul plaisir ainsi que de celui de ses connaissances plutôt que de la voir se disperser aux quatre coins du globe, se livrer entièrement à une foule d’inconnus. La célébrité transformait jusqu’aux âmes les plus solides et téméraires. Tout était mieux ainsi. Loin de l’agitation quotidienne et de la pression.

L’étudiante éclata de rire devant l’enthousiasme non feint et non surjoué de sa petite protégée. Voilà qu’elle se croyait capable de se dédoubler. Elle lui ébouriffa les cheveux, amicalement. Sa première impression était toujours la même, concernant la rouquine : elle n’était qu’une éternelle enfant. Le resterait-elle à jamais ? On ne pouvait vivre pour toujours dans ses rêves, aussi insensés et jouissifs soient-ils. Venait un moment où il fallait immanquablement grandir. Ce moment était toujours accompagné d’une profonde souffrance et d’une grande douleur. Mais les épreuves traversées ne nous rendaient que plus fort, à n’en pas douter.

- Arrête, tu sais bien que personne ne le peut ! Ça, c’est le genre de choses uniquement possible dans les œuvres de fiction. Mais nous, on est bien dans la réalité, dans un monde où la science prône et non pas… la magie et tout ce qui y est lié. Ce ne sont que des contes pour enfants, ça n’existe pas, ici.

Vraiment ? Elle ne put s’empêcher de repenser à cette journée dans le parc d’attractions en compagnie du chevalier errant, légèrement fou. Un aliéné comme elle n’en avait jamais rencontré. À la fin de la journée, le doute avait fini par se frayer une place au sein de son cœur, suffisamment faible pour exister, capable de remonter à la surface à tout moment et l’ébranler à jamais. Elle avait chevauché une monture ailée. Elle frissonna en repensant à la grande bête à la robe de jais.

Ne plus y penser. Ce n’était qu’un… bon ou mauvais souvenir ? Surtout traumatisant. De quoi perdre foi en les sciences. Elle, qui se vouait à soigner autrui avait vu ses croyances remises en doute par un vulgaire canasson ailé ! Un substitut de Pégase ayant sauté d’un monde à l’autre ! Elle chassa ces vilaines pensées. Ce n’était pas le moment pour se remémorer de tels détails. Y avait-il seulement un moment approprié pour de tels souvenirs ?

- Tu serais bien vite essoufflée. De toute façon, il n’est pas bon d’osciller entre deux identités, celui de la musicienne et celui de la dame de compagnie ! Et puis… Ce soir, ton rôle est de danser et non pas de jouer de la lyre ou de chanter, même si j’avoue que je ne dirai pas non pour un autre morceau, à l’occasion !

La main d’Enora vint se saisir d’un caillou qu’elle lança dans l’eau. La pierre atterrit dans l’eau, ameutant les poissons au passage et effrayant les quelques mouettes téméraires livrées à une nouvelle partie de pêche.

Elles auraient pu rester là à discuter, avec pour seul délectation le paysage magnifique qu’offrait la mer à ses deux invitées. Un spectacle sans pareil. Une toile plus vraie que nature. Nul artiste n’était venu peindre les couleurs de l’eau, aujourd’hui. Il n’était peut-être pas encore l’heure à moins que cette dernière ne soit passée. La fibre artistique ne pouvait s’exprimer que dans la matinée, du moins pour les écrivains, l’après-midi étant consacré aux ballades avec pour seul loisir non pas celui de se détendre mais de réfléchir aux prochaines pages.

- Une fois que la journée sera finie, tu penses que l’on se reverra ?

La question était tombée, comme ça, brutale. Cela obsédait Enora. La présence de l’autre. Soniya n’était pas une étrangère, leurs chemins viendraient à se recroiser un jour ou l’autre. Par le fruit du hasard. La demoiselle ne cessait de songer à cette Québécoise rencontrée cet été. Quel pourcentage de chances de la revoir, un jour ? Le monde était vaste, la Russie l’était tout autant et l’étudiante n’était toujours pas décidée à quitter sa ville natale pour parcourir le monde. Un jour, peut-être, elle prendrait son envol. Quand elle serait fin prête.

- Toi tu sauras où me trouver, mais moi ? Où faudra-t-il que j’aille pour te voir si j’en ai envie, ma chère dame de compagnie adorée ? Que je retourne devant notre lieu de rendez-vous, de temps à autre, avec l’espoir de te voir à nouveau assise devant cette télévision, guidée jusqu’à toi par ton chant ?

Elle n’avait pas tort. Pas totalement. Leur rencontre découlait du hasard, d’un concours de circonstances sans nom. Bientôt, tout cela toucherait à sa fin. Une fois le bal donné, la dernière danse effectuée, les derniers rires échangés et la dernière note éclatée, tout serait terminé. Sans aucun espoir de revenir en arrière pour revivre ces instants qui seront déjà passés. Si courts. Si beaux.

- Désolée si j’ai plombé l’ambiance mais j’ai besoin de savoir...

Au moins. Enora s’en voulait déjà d’avoir évoqué leurs adieux. Mais mieux valait mettre les choses au clair de suite pour éviter que la lumière du petit matin ne vienne la cueillir au lever du lit, avec des souvenirs fugitifs de la veille. Elle appréciait énormément Soniya. Son innocence, sa candeur, ses erreurs. Tout. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas rencontré quelqu’un ne se prenant pas au sérieux. Cela lui manquait. Pouvoir laisser parler en elle à son tour l’enfant cachée au plus profond d’elle-même en compagnie d’une autre qui ne la jugerait pas. Les éternels préjugés, la loi même de la société moderne. Mais Soniya n’était pas comme ça. Cela lui faisait un grand bien. Un bien qu’elle ne pensait pas retrouver un jour, du moins pas en compagnie des personnes qu’elle côtoyait habituellement. Du moins, pas comme ça.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 12 Jan 2014 - 11:08
Se retrouver....

- Arrête, tu sais bien que personne ne le peut ! Ça, c’est le genre de choses uniquement possible dans les œuvres de fiction. Mais nous, on est bien dans la réalité, dans un monde où la science prône et non pas… la magie et tout ce qui y est lié. Ce ne sont que des contes pour enfants, ça n’existe pas, ici.

Sur le coup, je ne sais pas si j'ai été plutôt soulagée ou blessée par la réaction de ma Princesse. Son éclat de rire était doux, c'était même assez normal qu'elle réagisse comme ça et puis, au fond de moi, cela m'arrangeait aussi un peu. Après tout, je ne savais pas du tout comment je m'en serais sortie autrement pour lui expliquer que j'étais capable d'un tel prodige. Mais d'un autre côté, après tout ce que nous avions partagé depuis qu'elle était venue me voir devant cette télévision, je me sentais un peu triste. Finalement, elle non plus n'y croyait pas. Je devais vraiment avoir l'air fragile et bonne à rien pour que jamais les gens ne s'imaginent que je sois capable de faire des choses. Bon, je me faisais peut-être beaucoup d'histoires pour rien aussi mais je devais bien l'admettre. Mon niveau de confiance en moi était déjà proche du zéro à la base, et il n'avait pas tendance à grimper, quoi que je fasse. Au final, je me suis contentée de sourire, pour cacher mon trouble. La magie existait vraiment. Moi, je le savais.

- Tu serais bien vite essoufflée. De toute façon, il n’est pas bon d’osciller entre deux identités, celui de la musicienne et celui de la dame de compagnie ! Et puis… Ce soir, ton rôle est de danser et non pas de jouer de la lyre ou de chanter, même si j’avoue que je ne dirai pas non pour un autre morceau, à l’occasion !

J'essaye de me représenter la scène et en effet, je ne peux pas m'empêcher d'acquiescer aux paroles de ma Princesse. Moi qui ne suis déjà pas très douée à la base, je risque surtout de finir par me prendre les pieds dans un coin de tapis ou autre en voulant changer de 'rôle' et à nouveau, je créerais des catastrophes au lieu de passer une bonne soirée. Je rigole toute seule en m'imaginant devoir me dédoubler. Au final, je sais que j'en suis capable parce que c'est le cadeau que Deus m'a fait mais je ne m'en suis jamais servi réellement. Alors, de toute façon, ce n'était pas une bonne idée d'en avoir parlé. Ça m'avait échappé. Il allait vraiment falloir que je fasse plus attention à l'avenir.

Je regarde le caillou d'Enora faire fuir les mouettes et rameuter le poisson juste sous nos pieds. C'est joli comme spectacle. Je chercher le premier petit bout de pierre à ma portée pour faire pareil, juste pour voir. Et en effet, le même cirque se répète. Un peu plus loin, un garçon arrive à faire rebondir sa pierre sur l'eau, comme si elle volait dessus. Je reste fascinée par ce drôle de spectacle, impressionnée par l'envol multiple du caillou avant qu'il ne sombre définitivement dans l'immensité bleue. Ce furent les paroles de ma Princesse qui me sortirent de ma rêverie.

- Une fois que la journée sera finie, tu penses que l’on se reverra ?

"- Bien sûr que l’on se reverra. En tout cas, moi je serais toujours partante si toi tu veux bien de moi. Même si je ne suis pas une Dame de Compagnie parfaite, je ferais des efforts, c’est promis. Et je vais m’améliorer, tu verras. Tu seras fière de moi."

- Toi tu sauras où me trouver, mais moi ? Où faudra-t-il que j’aille pour te voir si j’en ai envie, ma chère dame de compagnie adorée ? Que je retourne devant notre lieu de rendez-vous, de temps à autre, avec l’espoir de te voir à nouveau assise devant cette télévision, guidée jusqu’à toi par ton chant ?
- Désolée si j’ai plombé l’ambiance mais j’ai besoin de savoir...


Ah, mince. C’est vrai. Tout ça, je n'y avait pas du tout pensé. En fait, je crois que je n'avais vraiment pensé à rien en descendant sur Terre. Et maintenant, qu'est-ce que je vais pouvoir lui répondre? Parce que je ne veux pas lui mentir mais je ne peux pas lui dire que je suis morte. Si? Elle ne me croirait pas. Du coup, je ne souris plus et mon regard tombe se fixer sur mes pieds qui battent dans le vide, au-dessus de la Baltique. Même si elle m'appelait de toutes ses forces, je ne l'entendrais pas depuis l'Académie. Et je n'avais pas la moindre idée de quand je pourrais revenir ici. Et la vile était grande, se croiseraient-ont seulement? J'ai le cœur tout serré maintenant mais je ne dois pas pleurer.

"- Je... Ne sais pas... J'habite loin, et quand je serais rentrée, je ne sais pas du tout quand je pourrais revenir. Aujourd'hui, c'était un peu exceptionnel. J'ai beaucoup de travail à l'école et je ne peux pas sortir tout le temps."


En soi, ce n'était même pas un mensonge. J'évitais juste de parler du monde de Deus mais tout ce que je disais était vrai. Alors, je me sentais un peu moins coupable. Mais mon moral ne remontait pas pour autant. Et ce n'était pas avec ça que j'allais consoler ma Princesse. Allez, ma petite Soso, tu peux faire mieux. Toi qui veux être une marchande de rêves, prouve-toi que tu peux le faire. Refais sourire Enora.

"- Je suis certaine que si tu penses à moi très fort au bord de la Mer, comme elle a été contente de notre visite, elle acceptera de porter tes pensées jusqu'à moi. Avec le vent comme relai. Et alors, je ferais tout pour revenir. Tu crois que si reviens, il y aura le même dessin animé? Parce que j'aimerais bien voir la fin de celui-ci, et ça me motiverait encore plus à revenir."

Oui, c'est loin d'être très concret et vraiment rassurant mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour le moment. Je recommence à sourire, j'espère que cela aidera aussi ma Princesse à ne pas trop être triste. Je ne veux pas la voir broyer du noir. Et puis, du coup, si on reste assise là, on va continuer à ressasser tout ça, ce n’est pas bon. Il faut qu'on bouge. Enfin moi aussi, que je pense à autre chose. Je n'ai pas envie de rentrer tout de suite. Je sais que ma Tanya va bien là-bas, alors je peux bien profiter encore un peu de ma Princesse, nan?

"- Tu devais pas me montrer la Salle de Bal? Et comme ça, on aura le temps de réviser un peu la valse avant que tout le monde arrive?"

Je me relève prestement, en faisant attention à ne pas glisser pour ne pas finir avec les poissons et les mouettes dans l'eau. Je ramasse aussi rapidement nos divers achats même si j'ai du mal à tout porter toute seule et je fais un immense sourire à ma Princesse. Mon entrain est presque complètement revenu et je recommence limite à sautiller partout.

"- Il serait temps de rentrer. Il nous reste encore tant à faire avant ce soir. Et puis, ce n'est pas le moment de prendre froid, pas avant le Bal. Allez, viens!"
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 12 Jan 2014 - 17:12
Des paroles si enfantines, si pleines d’espoir. Le visage d’Enora retrouvait ses couleurs perdues. Il fallait y croire. Toujours. Il n’était pas bon de se laisser aller, comme ça, dès la première difficulté. Vivre l’instant présent sans penser au lendemain. N’était-ce pas ainsi qu’elle avait fait toute sa vie ? Alors pourquoi tout remettre en cause, soudainement, aujourd’hui ? Il fallait qu’elle pense à autre chose. Elle rendit son sourire à Soniya. Elle faisait tout pour que l’étudiante aille mieux mais cette dernière n’avait rien trouvé de mieux à faire que de l’interroger sur l’après. Que leur réservait l’avenir ? Elles l’ignoraient. Ne pas savoir, n’était-ce pas là la plus grande crainte de l’Homme ? Toutefois, si ces lendemains étaient pleins de surprises, comme aujourd’hui, à quoi bon ruminer ? La journée qui s’annonçait ne serait que plus belle et plus merveilleuse encore qu’aujourd’hui. Avec ou sans Soniya à ses côtés. Et puis, rien n’était perdu. Elles finiraient bien par se retrouver. Un jour ou l’autre. Au moment où Enora s’y attendrait le moins, peut-être.

Le pouvoir de la pensée. Plus qu’à espérer que la mer Baltique soit réceptive aux ondes positives de la Russe. Mais difficile d’y croire. Tout le monde ne disposait pas d’un partenaire que l’on pouvait prier, implorer lors des coups durs et dont les ondes venaient à grand galop vers soi. Aucune chaîne spirituelle n’empêcherait Enora de broyer du noir si elle en avait envie. Ainsi se composait la réalité.

- Concernant le dessin animé, je l’ai en cassette si tu veux. Je suis sûre qu’il doit bien y avoir encore des magnétoscopes dans ton école ! Comme ça, cela te donnera une bonne raison de revenir dès que tu auras vu la fin : pour me la rendre. Car pour être honnête, cela m’étonnerait beaucoup que la télévision que tu as vu tout à l’heure projette à nouveau ce film au moment même où tu reviendras… Ce n’était qu’un hasard !

Une bonne idée que voilà ! Un prêt n’était qu’un prêt. Même si, il est vrai, la brune ne regardait plus cette vieille vidéo, souvenir de sa jeunesse insouciante et ne risquait plus de refaire fonctionner le magnétoscope de sitôt, encore moins pour ce film d’animation, elle aurait très bien pu la donner à Soniya. Elle aurait apprécié le présent. Mais si ce prêt était le gage de son retour, elle ne pouvait pas passer à côté.

Un hasard fou qui leur avait permis de se rencontrer. Folle journée qu’elle passait là. Elle ne s’était pas imaginée un instant se travestir en princesse lors de son réveil. Devenir une princesse et éduquer une apprentie dame de compagnie. Elle n’en revenait toujours pas de ce qu’elle faisait là. Mais la rouquine la ramenait vers la réalité, elles avaient un bal à donner.

- Tu as raison ! On va faire demi-tour et prendre la direction de ma résidence secondaire. Il faut marcher un peu mais nous y serons en vingt minutes à peine ! Sauf si tu préfères prendre le tramway ? Il nous déposerait tout près de chez moi. À toi de voir si tu te sens d’attaque pour une marche.

Songer au bal. Les robes étaient achetées, des CD de musique feraient l’affaire et il y avait un minimum de nourriture chez eux. Suffisamment pour trois personnes. Mais un bal pour trois, cela n’était pas assez. Alors qu’Enora commençait à marcher, elle réfléchissait à une manière d’attirer du monde. Les bals n’étaient pas ce qu’appréciait le plus les étudiants, préférant de loin les soirées. Mais rien de cela n’était au programme. Du moins, pas comme ça. Leur bal risquait d’être bien triste s’ils n’étaient que trois : Soniya, Alexïs et elle. Rien de somptueux ! Il fallait frapper grand ! Mais pas trop quand même, inutile d’inviter la ville entière.

La brune se retourna vers la rouquine. Après tout, elle était sa dame de compagnie et se devait d’être donc de bons conseils. Y compris dans un tel moment. Enora ne souhaitait pas lire la déception dans les yeux de Soniya, elle qui croyait vraiment à ce conte de fée !

- Il m’est venu une idée, ma chère, que penseriez-vous d’inviter le peuple à notre bal privé ? La résidence est bordée de tous côtés par les voisins, peut-être seraient-ils heureux de se joindre à nous pour partager quelques pas en notre compagnie ?

Inviter les voisins. Tant que la soirée était conviviale, peu importait la différence d’âge. De plus, Enora était en bon terme avec eux, prenant de leurs nouvelles de temps à autre, les saluant à chaque fois qu’elle les croisait. Jamais un regard de travers.
Tant que cela faisait du monde à inviter, n’était-ce pas le principal ?

- La vérité, c’est que j’ai reçu tout à l’heure un message de… hésita-t-elle, cherchant un moyen pour définir Alexïs, de mon valet m’informant que les autres princes et princesses avaient dû décommander en raison d’affaires importantes.

Alexïs en valet. Il allait sans doute hurler en apprenant la nouvelle mais tant pis. Elle aurait au moins pu lui offrir le divin rôle du prince ! Elle improvisait comme elle pouvait. Il n’y avait jamais eu de bal ni de princesse, après tout. Juste une histoire, un jeu de rôle monté de toutes pièces. Nul message non plus, le pauvre Alexïs ne s’attendait sans doute pas à voir débarquer sa Russe préférée en compagnie d’une parfaite étrangère.
Enora se retenait de rire en imaginant la réaction de son ami. Il avait de l’humour, il le prendrait très bien, sans aucun doute.

- Pour résumer, ce soir, si le peuple ne se joint pas à nous, nous ne serons que trois… Vous, mon valet et moi-même…

La bombe était lâchée. Enora appréhendait quelque peu la réaction de la fillette. Elle y avait tant cru, à cette soirée de rêve, à ce bal de lumière et de paillettes ! Elle n’était encore qu’une enfant, qu’il était cruel de briser tous ses rêves ! Mais le jeu avait fini par prendre des proportions qui la dépassaient. Il lui fallait atténuer cette comédie, maintenant. Ou le burlesque risquait vraiment de se frayer un chemin dans leur représentation.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 13 Jan 2014 - 9:58
Invitations....

- Concernant le dessin animé, je l’ai en cassette si tu veux. Je suis sûre qu’il doit bien y avoir encore des magnétoscopes dans ton école ! Comme ça, cela te donnera une bonne raison de revenir dès que tu auras vu la fin : pour me la rendre. Car pour être honnête, cela m’étonnerait beaucoup que la télévision que tu as vu tout à l’heure projette à nouveau ce film au moment même où tu reviendras… Ce n’était qu’un hasard !

Oh oui, je pourrais regarder la fin du dessin animé. C'était trop super génial ça. Les chansons sont tellement jolies dedans. Et puis, chaque fois que je la regarderais, je penserais à ma Princesse et comme ça, elle ne me manquera jamais. Ça, c'était vraiment une chouette idée. Du coup, j'ai vivement hoché de la tête en souriant comme une gamine. Comme elle dit, en plus, pour la lui rendre, il faudra que je revienne en plus. Ça me fera une bonne excuse pour revenir sur Terre. Finalement, c'était que du positif. Bon après, des fois le hasard, ça marche bien aussi. La preuve, je suis tombée sur ma Princesse sans jamais avoir prévue les choses. D'accord, je prévois jamais rien mais quand même. Mais je dois bien reconnaitre quand même qu'elle a raison.

- Tu as raison ! On va faire demi-tour et prendre la direction de ma résidence secondaire. Il faut marcher un peu mais nous y serons en vingt minutes à peine ! Sauf si tu préfères prendre le tramway ? Il nous déposerait tout près de chez moi. À toi de voir si tu te sens d’attaque pour une marche.

"- Moi je préfère marcher. J'aime bien être dehors et puis, c'est joli même si il fait un peu frais. Et comme ça, je passerais plus de temps avec toi. Et on pourra continuer à discuter de tout ce qu'il faut pour ce soir."

Bon, j'aurais peut-être pas dit non au tramway si j'y avais réfléchi un peu plus mais c'était un truc bizarre, ça ressemble à grosse boite où tous les gens rentrent dedans et ça me rappelle beaucoup le wagon dans lequel Tanya et moi ont avaient été parquées de force. Alors, je n'aime pas du ce genre de transports. Ça me fait peur, oui. Je ne sais pas si un jour j'oublierais mais en attendant, si je peux éviter, je le fais. Et puis, on sera plus tranquille pour continuer à se raconter tout cotre programme, nos idées et le reste en marchant simplement l'une avec l'autre.

On s'est donc mise en route toute les deux, après un dernier au revoir à la Mer Baltique et un salue aux mouettes qui ont longtemps piaillé tandis que l'on s'éloignait de la jetée. Maintenant, direction la résidence secondaire de ma Princesse. J’avais hâte de voir à quoi cela pouvait bien ressembler. Oui, je suis toujours aussi curieuse. Et puis, c'était un Bal quand même. Il faudrait avoir le temps de se préparer, comme pour les spectacles avec Tanya. Oh, comme je voudrais déjà y être.

- Il m’est venu une idée, ma chère, que penseriez-vous d’inviter le peuple à notre bal privé ? La résidence est bordée de tous côtés par les voisins, peut-être seraient-ils heureux de se joindre à nous pour partager quelques pas en notre compagnie ?

Ah? La résidence n'était pas un peu à l'écart, avec un grand jardin et tout, pour mettre des lampions et des bougies pour indiquer le chemin? Dommage, ça aurait été drôlement joli, j'en suis certaine. Et puis, ce n’est pas forcément plus mal d'avoir des voisins, comme ça elle était jamais vraiment seule ma Princesse. Sur le coup, j'étais un peu surprise mais je n'ai pas eu le temps de réfléchir plus ou de poser des questions parce que déjà, Enora reprenait la parole.

- La vérité, c’est que j’ai reçu tout à l’heure un message de… hésita-t-elle, cherchant un moyen pour définir Alexïs, de mon valet m’informant que les autres princes et princesses avaient dû décommander en raison d’affaires importantes.
Pour résumer, ce soir, si le peuple ne se joint pas à nous, nous ne serons que trois… Vous, mon valet et moi-même…


Oh non, elle devait être drôlement déçue. Elle organisait une jolie fête, en partie pour me faire plaisir et au final, personne ne pouvait venir à cause de leurs obligations. Ça devait vraiment pas être drôle la vie de Princes et de Princesses. Mais qu'à cela ne tienne. Je chassais l'expression un peu triste de mon visage, je devais faire bonne figure devant ma Princesse, et déjà, je retrouvais le sourire.

"- Je suis certaine que les voisins, ils seront ravis de venir. Et comme ça, ce sera en plus l'occasion de vous rapprocher de vos sujets. Mais du coup, on doit se dépêcher encore plus. Parce qu’on n’a pas fait les cartons pour les invitations et s’ils ne savent pas où et quand venir, bah il y aura toujours personne. "

J'accélère déjà le pas, trottant à bonne vitesse. Oh oui, ça va nous faire du travail en plus mais ce sera grandiose quand même. Mais pour le coup, maintenant que j'y pense, il y a une question qui vient toquer dans ma tête. Ce n’est trop rien mais quand même.

"- Dis, Ton valet, il t'a laissé sortir toute seule sans s'inquiéter? Ou tu t'es enfuie discrètement? Je lui dirais rien promis. Lui aussi il s'appelle Dimitri, comme dans le film de la Télévision?"

Remarque, je la vois bien essayer de faire tourner ses serviteurs et les gens autour d'elle un peu en bourrique. Pas méchamment, hein. Juste parce qu'elle est comme ça.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Ven 17 Jan 2014 - 14:41
La marche à pied n’avait jamais tué qui que ce soit. De plus, cela leur permettrait de rester au grand air encore un peu. La demoiselle avait l’habitude du tramway, souvent bondée, nulle place assise où s’asseoir, les odeurs de transpiration et les mêmes gens qui faisaient la gueule. La vie est belle, l’ignoraient-ils pour faire des têtes d’enterrements tous les matins ? Comme tous les jours, le Soleil viendra se coucher, inutile d’être triste, il y avait bien pire dans la vie.

Côte à côte, elles marchaient. La remarque quant aux invitations fit sourire Enora. À croire que Soniya ignorait qu’il existait des moyens bien plus rapides et bien moins fatigants pour prévenir autrui qu’une petite cérémonie serait donnée chez elle. Par le biais du téléphone. Brave invention que celle-ci ! Que feraient des millions d’adolescents sans leurs portables ? Bonne question. À nouveau, ce petit bijou rendrait service à Enora. Mais les coups de fil pouvaient attendre, l’heure était à une promenade près de sa dame de compagnie. Rien de plus. De toute façon, la demoiselle n’avait pas prévu d’inviter énormément de monde, cela serait vite fait.

- Ne t’inquiète pas, ce n’est pas la peine de nous presser. Je te promets que les voisins seront prévenus en temps et en heure pour le bal !

Elle avait l’air d’avoir plutôt bien pris la nouvelle. Sans doute ne serait-ce pas le bal parfait qu’elle espérait mais cela s’en approcherait, doucement. Avec les moyens du bord, bien sûr. Enora n’avait rien d’une princesse. Mais tenter de faire croire le contraire à Alexïs l’enchantait.

- Non, il ne s’appelle pas Dimitri mais Alexïs. Tu sais, c’est celui dont je t’ai parlé tout à l’heure. Et oui, il est au courant de ma petite… escapade ! Par contre, la coutume veut qu’il m’accompagne partout où je vais… Mais se promener en compagnie de son valet, ce n’est pas très discret ! Alors je lui ai demandé si je pouvais aller me promener seule et comme tu as pu t’en rendre compte, il a accepté. Rien de plus.

Alexïs en valet. Avec Soniya en dame de compagnie, il ne manquait plus qu’une suivante pour compléter sa parure de princesse. Mais ce rôle-là semblait faire horreur aux acteurs. Personne ne s’était proposé pour l’endosser. Et puis, l’étudiante s’était mal vue attribuer celui-ci à la rouquine. Pas qu’il soit ragoûtant, il n’y avait aucune honte à être simple servante, mais le prestige n’était pas le même. La classe sociale non plus. Le vocabulaire de ces gens-là n’avait rien de précieux. Du baragouinage pur et simple ! Peut-être est-ce trop caricatural.

La demoiselle eut une pensée pour la façon de parler de son nouveau valet. Pas tant que cela, finalement.

- Mais bon, tu te doutes qu’il n’allait pas laisser sortir une princesse toute seule malgré tout. Mes deux gardes du corps étaient avec moi et comme tu l’as si bien deviné quand nous nous sommes rencontrés, je les ai semés ! Là, tu connais toute l’histoire.

Ben voyons !
Histoire légèrement enjolivée tout de même. D’accord, Alexïs existait bel et bien – même si la demoiselle n’avait aucunement besoin de sa permission pour sortir quand bon lui semblait – mais les gardes du corps étaient une pure invention de son imagination. Ou plutôt de la part de Soniya. N’était-ce pas elle qui la première, avait identifié Enora à Anya ? Au fond, la Russe ne mentait pas, elle ne faisait que confirmer la version des faits de son acolyte, en l’embellissant un peu plus à chaque instant. Il fallait bien que cela fasse un minimum princesse. Ainsi, elle pourrait y croire sans problème.

La résidence secondaire – ou sa maison pour ceux qui suivent bel et bien – se rapprochait de plus en plus. Les demoiselles toucheraient bientôt à leur but : le bal. Il y avait encore du temps avant que ces deux-là ne se séparent pour de bon.

- La seule condition à mes sorties occasionnelles est que je m’habille de la même manière que mes sujets, déclama-t-elle, ne parais-je point une simple étudiante dans cet accoutrement ? La Russie entière s’y tromperait ! Sauf toi, ma chère Soniya mais toi, tu n’es pas comme tout le monde, n’est-ce pas ?

Logique qu’elle ait l’air d’une étudiante banale ou du moins d’une jeune fille sans histoire étant donné que c’était là son personnage de tous les jours. Pour une fois que cela changeait, elle n’allait pas s’en plaindre.

Son accoutrement était parfait pour se fondre dans la foule. S’il n’y avait pas eu la rouquine, personne n’aurait su la reconnaître. Et encore, Soniya ne devait cette déduction qu’à la présence du film diffusé au moment-même de sa rencontre avec la princesse. Sans quoi, elle n’y aurait vu que du feu et les deux auraient tranquillement passé leur chemin, peut-être sans s’adresser la parole plus que cela. Un grand merci aux télévisions et aux dessins animés, alors.
Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....
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