Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....

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Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 28 Oct 2013 - 20:24
Et voilà, je l'avais fait. Je n'en revenais toujours pas. J'avais un peu peur d'accord mais j'étais tellement excitée en même temps. Vous vous rendez compte? Nan, surement pas. Mais dès que je me suis levée ce matin, je savais que cette journée ne serait pas comme les autres. Il faisait beau mais frais, la plupart des autres élèves se plaignaient d'ailleurs de la fraicheur du vent et de ses rafales aussi soudaines qu'imprévisibles. Mais moi, j'aimais ce temps-là. Ça sent la neige. Bon, pas encore pour tout de suite mais ça ne tardera pas, j'en suis sûre. Je le sais, je le sens. C'était comme avant, quand on n’était pas encore morte encore, Tanya et moi. Alors, à peine réveillée, j'étais dans un état d'excitation digne d'une pile électrique. J'aurais volontiers sautillé partout, ce que j'ai dû faire un peu.

Et le meilleur, c'est qu'aujourd'hui, pas de cours, je suis libre comme l'air. Alors, j'ai pris mon sac dos rapiécé de toutes parts, j'y ai glissé toutes mes affaires, enfin celles dont j’avais besoin mais au final, ça revient au même. Et puis, je suis sortie de la Chambre. J'ai juste laissé un mot à Tanya. Autant la laisser dormir. Pour une fois, elle aura le droit de faire la marmotte aussi longtemps qu'elle voudra. Et moi, je suis passée par la cafétéria. Il y avait du monde, beaucoup de gens faisaient la tête à cause du vent, du froid, de l'humidité aussi. Mais moi, je m'en moque, j'adore ce temps. J'ai vécu là-dedans et même si ce n'était pas toujours rose, c'était ma vie alors j'y tiens à ces souvenirs.

J'ai pris un copieux petit déjeuner et j'ai même mis une partie des viennoiseries dans mon sac pour les emmener. Plus deux trois tranches de pains pour les oiseaux, j'aime bien nourrir les pigeons, ils sont rigolos à s'approcher sans oser trop en même temps. Le ventre et les poches pleines, je suis ressortie et je me suis baladée dans l'Académie en chantonnant. Et j'ai suivi un chemin au hasard sans y faire vraiment attention. Au final, j'ai atterrit au port des deux dimensions. Celui d'où j'étais partie pour aller à la plage. Bon, c'était une expérience assez spéciale, un faux cadeau en réalité mais bon, j'en gardais quand même un bon souvenir. J'ai regardé le bateau, le ciel, les vagues.

Et puis, j'ai entendu le capitaine donner des ordres pour préparer le départ. Des gens sont montés à bord, la machine à commencer à ronronner et je l'ai regardé avec envie. Je serais bien remontée à bord, juste pour m'envoler encore une fois. Je n’ai pas vu que je m'étais rapprochée et quelqu'un m'a bousculé. J’ai trébuché sur la passerelle et au final, je me suis retrouvée en haut, sur le pont, alors que l'ordre d'appareiller était donné. J'ai hésité une seconde et puis non. J’étais bien trop contente d'être là alors je n’allais pas descendre, je suis sure que ce n’est pas pour rien que je me suis retrouvée ici. Par contre, quand un marin vient me demander ma destination, je reste un instant muette. Ou pourrais-je bien aller.?

"- Saint Saint-Pétersbourg, en Russie"

Pourquoi ce nom-là? Parce que je l'ai lu récemment sur une carte du monde. Je n'ai pas la moindre idée d'où je suis originaire en Russie alors pourquoi pas de là? Aucune autre question, je suis restée accoudée au bastingage tout le voyage en chantant à pleins poumons toutes les chansons que je connaissais sur les bateaux, le ciel et même les étoiles. Y a des gens qui m'ont applaudis quand je suis descendue et j'ai rougie mais maintenant, j'étais arrivée à destination. Et il y avait tant de chose que je voulais voir.

Déjà, je suis tombée de haut en arrivant. Où étaient la neige, le blanc recouvrant tout et le gris uniforme qui nous entourait? Ça ne ressemblait plus en rien à ce que j'avais connu. Des magasins, des voitures, des vélos, des néons clignotants, des écrans partout. Des gens qui se parlent mais pas en face, via le téléphone. A croire qu'ils veulent plus discuter entre eux. Du brui, tout le temps, partout. Je vais les trouver ou mes pigeons, moi? Ils ne veulent même pas se poser par ici, ils ont trop peur. Et franchement, je ne suis pas rassurée non plus. Du coup, je quitte plus mon trottoir fétiche.

Je parcours les avenues pour arriver dans un immense bâtiment avec des magasins partout. La déco est superbe et du coup, je rentre un peu. Toutes les devantures brillent, y a de la musique et les gens sourient ici. C'est drôlement plus sympa. J'avançais le nez en l'air quand une musique à attirer mon attention. Dans la vitrine d'un magasin de jouets pour enfants, une télé passait un dessin animé. J'ai saisi que la fille s'appelait Anya et qu'elle était une princesse sauf qu'elle s'en souvenait pas et elle chantait, avec deux autres personnages. Je me suis approchée, pour chantonner avec elle et puis je me suis assise par terre. Pour regarder le dessin animé. Ayant oublié tout le reste du monde autour de moi.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Jeu 31 Oct 2013 - 17:27

Objectif shopping. Qu’il est bon d’être boursière et d’avoir du temps libre devant soi pour dilapider à loisir l’argent que l’Etat vous verse ! Un faible pécule, certes, mais les dépenses qu’exigeaient ses cours étaient minces : deux-trois livres de médecine dans le mois, les repas pris au restaurant universitaire et c’était tout. Qu’il était bon d’habiter à proximité de l’université : nuls frais de transport à claquer mensuellement ! Alors que nombre d’étudiants payaient une chambre à proximité pour assurer les cours et éviter de rentrer à des heures tardives, d’autres se tapaient quotidiennement une heure de route. Mais pas Enora. Non, cette demoiselle avait cette chance inouïe de vivre non loin de son université, chance qu’elle commençait à peine à saisir en entendant ses camarades râler devant les longs trajets qui les attendaient, à la sortie des cours. Alors autant profiter de cet argent pour se faire plaisir de temps à autre, non ?

Elle avançait gaiement, observant la devanture des magasins, regrettant de ne pas avoir tiré une de ses connaissances de son cru dans ces allées, porte-feuille en poche, le sou tintant. Malheureusement, elle connaissait déjà le discours habituel : trop loin, trop de boulot, trop cher. Toujours la même chose. Si seulement Yulia habitait moins loin et avait daigné rester avec elle plutôt que de retourner chez de la famille perdue à Moscou, tout serait plus simple. Et Alexïs ? Le borgne avait du travail. Sa dernière lubie ? Serveur dans un café. Et la voilà qui se retrouvait seule, une fois de plus. Cela ne pouvait continuer ainsi. Dès la fin de la semaine de lecture – puisqu’il faut nommer ainsi la chose – elle s’en irait hurler son fief, le cracher sur ses amis qui l’avaient délaissée au profit de devoirs bien plus importants que sa pauvre personne. Ils n’avaient qu’à s’y prendre à l’avance, faire tout en temps et en heure. Etait-ce si compliqué ?

Une voix attira son attention. Une enfant était assise sur le sol, les yeux rivés sur un écran. La télévision diffusait Anastasia, un vieux dessin animé qui avait bercé l’enfance d’Enora. Tout cela lui semblait loin, désormais. Les rires et les joies de l’enfance, de l’insouciance, loin de l’université et des obligations que cela impliquait. Ah ! Elle donnerait tout pour redevenir l’enfant qu’elle avait été, rien qu’une journée ! Il lui aurait suffi de prendre exemple sur cette rouquine qui chantonnait une des chansons du film. Elle était mignonne à regarder et ne semblait pas se préoccuper du monde qui l’entourait. Ne pas avoir peur du ridicule. Une leçon que l’étudiante avait déjà intégré, digéré et mise en application plus d’une fois. Et même si les autres Russes regardaient avec étonnement et étrangeté cette inconnue qui chantonnait devant des personnages fictifs, ce n’était pas grave, et cette dernière n’y prêtait pas attention.

- Tu as une bien jolie voix, commenta Enora, tu n’es pas obligée de chanter à voix si basse, tu sais.

Ne pas chanter uniquement pour elle mais aussi pour les autres. N’était-ce pas la base même du chant ? A-t-on déjà vu des chanteurs murmuraient des paroles en rythme – à part Carla Bruni, évidemment – où l’oreille doit être tendue pour saisir une bribe de chant ? Ce n’était qu’une remarque comme une autre de la part de la brune, une remarque, pour, peut-être, l’aider à parfaire son chant. Même s’il n’y avait plus rien à parfaire, même si cela semblait déjà parfait à la première écoute, elle ne pouvait que s’améliorer.

La Russe s’assit aux côtés de la rouquine. Oui, une rouquine. Il était rare de côtoyer des Russes avec une crinière aussi flamboyante. Si Alexïs avait été présent, sans doute s’en serait-il donné à cœur joie, analysant sous tous les angles possibles l’éclat rougeoyant de la demoiselle, cherchant à démêler le vrai du faux, devinant si cette couleur était vraie ou non. Une patriote de son borgne adoré, cela aurait fait un heureux.

- Moi aussi j’aime beaucoup ce dessin animé. D’ailleurs, tu ressembles un peu à Anya, tu ne trouves pas ? C’est peut-être toi, la dernière des Romanov, la légendaire Anastasia ?

Tout en déclamant ces paroles, Enora souriait. C’était tout bonnement impossible et elle le savait bien. Même si la mort d’Anastasia n’avait jamais été certifiée et que cette dernière avait survécu au massacre causé par les bolcheviks, il était tout bonnement impossible qu’elle soit toujours vivante aujourd’hui. Elle serait centenaire, au moins.
La demoiselle laissa là ces idées folles et inconcevables, reportant son attention sur la rouquine. Elle avait de grands yeux d’enfant qui s’ouvraient et se fermaient devant cette télévision qu’elle semblait contempler pour la première fois. L’une de celles qui croit aux histoires, aussi insensées soient-elles.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 2 Nov 2013 - 11:10
Je ne détachais plus mon regard de la télévision et des personnages qui s'y déplaçaient. C'était drôle parce que quand j'y pensais, je ne connaissais pas ces chansons mais elles venaient toutes seules. L'habitude sans doute d'entendre et d'écouter, de mémoriser pour reproduire. Cette fille, elle me plaisait bien. Moi aussi j'aurais bien aimé être une princesse et puis, le petit chien avec elle était trop mignon. Et elle montait à cheval et les autres étaient super gentils avec elle. Oui, j'étais littéralement en train de rêver, essayant de m'imaginer à la place de cette Anya que j'enviais tout en sachant qu'elle n'était as réelle. Quoique, le simple fait de croire en elle, n'était-ce pas déjà la faire exister un peu? J'aurais presque espéré la voir sortir de son écran pour venir chanter avec moi.

- Tu as une bien jolie voix, tu n’es pas obligée de chanter à voix si basse, tu sais.

Pour le coup, je n'ai pas pu m'empêcher de sursauter. Hein, elle était sortie du film? Ah non, c'était une autre fille qui me parlait. Je ne l’avais pas entendue arriver. Tiens, y a pleins de gens qui me regardent aussi. Mais mon attention revient à cette fille devant moi. Je me casse un peu le coup pour la regarder. Et je fais seulement le lien sur ce qu'elle m'a dit. J'ai une jolie voix qu'elle a dit. Alors, je souris un peu pouf, déjà j'ai les joues qui rougissent toutes seules. Pour le coup de chanter plus fort, je n'y avait pas vraiment pensé. Et puis, je ne voulais pas trop me faire remarquer. Même si en y repensant maintenant, m'asseoir devant une vitrine était sans doute pas le meilleur moyen de passer inaperçu. Mais bon.

"- Je voulais pas gêner les gens, ils ont tous l'air si pressés. Et puis, je connais pas bien ces chansons-là alors comme ça, si je me trompe, ils l'entendront pas."

La jeune fille s'était assise pour se mettre à mon niveau. Elle est jolie je trouve. En tout cas, elle fait plus discrète que moi mais ça, ce n’est pas vraiment très difficile en même temps. Elle souriait et cela un air vraiment très doux et gentil. Du coup, j'en ai à nouveau oublié tous les gens qui pouvaient être autour et leurs regards posés sur moi. Elle aussi à regarder un peu la télévision et le dessin animé qui y défilait, comme si elle se souvenait de quelque chose. Elle devait déjà le connaitre elle, elle en avait de la chance. J'aurais bien aimé que Tatoune soit là pour le regarder avec moi. Je suis certaine que ça lui aurait plu à elle aussi.

- Moi aussi j’aime beaucoup ce dessin animé. D’ailleurs, tu ressembles un peu à Anya, tu ne trouves pas ? C’est peut-être toi, la dernière des Romanov, la légendaire Anastasia ?

"- Ah bon, tu trouves? Tu crois vraiment?"

Ou comment se laisser prendre au jeu en deux seconds chronos. Bon, j'ai très vite déchanté quand même parce que déjà, elle était as rousse comme moi et puis surtout, elle était seule. Ça ce n’était pas possible que j'ai existé sans ma Tanya. Mon regard était revenu se fixer sur l'écran et la princesse Romanov. C'était une idée sympathique, peut-être que j'en ferais une histoire pour faire un numéro avec ça. Enfin, j'ai rigolé un peu parce que je savais bien au fond que ce n'était pas possible. Je n’étais pas une princesse, juste moi. Et c'est déjà pas mal.

"- Mais je crois pas que c'est moi quand même. Je ne suis pas assez grande et puis, elle n’a pas les mêmes cheveux que moi. Et puis, moi, je m'appelle Soniya, pas Anya. Même si ça se ressemble, ce n’est pas suffisant. Même si j'aurais bien aimé être une princesse moi."

Bah oui quoi, qui ne rêverais pas d'être une princesse? Enfin, mon regard se décolle de la télévision pour se fixer un peu plus sur la fille à côté de moi. Si je compare, c'est elle qui ressemble le plus à la princesse du dessin animé. Les mêmes yeux pétillants, les cheveux de la même teinte aussi et un sourire très doux. Elle pourrait sans problème se faire passer pour elle, j'en suis certaine.

"- Et puis, c'est toi qui lui ressemble le plus de nous deux. Tu es sur que ce n’est pas toi là-dedans?"


Je jette un coup d’œil pour voir si je ne vois pas le monsieur plus vieux à lunettes, Dimitri ou encore le petit chien dans le coin mais non. Et là, ça fait tilt. J'ai compris en fait. Elle est en train de me tester. Alors je pars complètement dans mon délire, j'aime trop croire aux contes de fées et autres histoires du même genre pour laisser passer une si belle occasion de laisser mon imagination s'embraser littéralement.

"- Han, je sais!!! En fait, tu as faussé compagnie à tes deux gardes du corps là, ceux qui t'accompagnes et même à ton petit chien et maintenant, tout le monde te cherche. Pour ça qu'ils te montrent à la télévision, c'est pour espérer te retrouver plus vite. Et moi, je t'ai trouvé la première. C'est ça, hein?
Tu t'appelles Anya alors?"
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 3 Nov 2013 - 17:37

Mais les gens étaient toujours pressés en ville, Saint-Pétersbourg ne faisait pas exception à la règle. Heureusement qu’Enora, elle, prenait son temps. Grâce à cela, elle avait pu être intriguée par cette demoiselle qui s’emballait déjà à l’idée de pouvoir être une Romanov. Idée qu’elle abandonna bien vite pour prendre Enora à son propre jeu et se mettre en tête que c’était elle, la légendaire Anastasia. Cette idée fit sourire l’étudiante. Les deux demoiselles savaient bien qu’une telle chose était impossible mais autant s’amuser un peu.

- Oui, c’est cela, je suis Anya, mais chut ! fit-elle tout en baissant la voix, mettant son index sur les lèvres de Soniya, ne le répète à personne surtout. Et sache, que pour passer incognito, je me fais appeler Enora, ici. Cela attire moins l’attention, n’est-ce pas ?

Mais dans quoi se lançait-elle, tête baissée ? On pouvait faire tourner en bourrique les enfants longtemps, comme ça. La demoiselle n’avait pas perdu de vue son objectif du shopping. Mais à deux, c’était bien plus intéressant, n’est-ce pas ? Elle observa ses propres vêtements :  pas vraiment l’allure d’une princesse. Il allait falloir remédier à cela. Et habiller aussi la rouquine, par la même occasion. Ses habits semblaient dater du siècle dernier. Ce n’était pas là une parure digne d’une princesse. Non, la princesse c’était Enora. Alors quoi ?

- Vu que tu es la première à me reconnaître parmi tous mes sujets, je te nomme ma nouvelle dame de compagnie.

C’est que la brune jouait parfaitement le rôle d’Anastasia ! Que la musique l’emporte, au loin, sur une valse frénétique. Pas de cavalier ? Vite, un bal ! Malheureusement, la seule musique provenait de la télévision. D’ailleurs, la chanson touchait à sa fin, les personnages continuaient leur vie animée, loin des notes et des arpèges, loin du chant, tentant de vivre tant bien que mal.

Enora tendit son bras à sa nouvelle dame de compagnie. Jouer les altesses, les duchesses, les princesses ou même les courtisanes, cela remontait à si loin dans sa mémoire. Pourtant, s’identifier à être quelqu’un d’autre, pour le jouer ensuite, était un loisir commun à beaucoup d’enfants. C’est cela qui est triste lorsque l’on quitte le monde de l’enfance, on quitte aussi beaucoup de divertissements, minimes, qui nous contentaient autrefois. Voilà qu’Enora replongeait en enfance aux côtés de cette inconnue. Grâce à cette inconnue. Elle songerait à la remercier plus tard. Pour le moment, le jeu de rôle commençait tout juste. Les rues pavées de Saint-Pétersbourg étaient idéales pour sentir remonter en soi l’illusion de retourner au XXème siècle, même si la technologie s’était faite une place d’honneur dans cette civilisation moderne, des souvenirs anciens subsistaient toujours. À l’image même de cette calèche emportant avec elles les touristes avides de découvertes ou juste de joies simples.

- M’accompagnerez-vous, ma chère, pour me trouver une toute nouvelle toilette pour ce soir ?

Pour que le rôle soit parfait, le vouvoiement était de mise. Avait-on déjà vu une altesse tutoyer ses suivantes ? Ou même ses dames de compagnie. N’aurait-il pas été curieux que Silvia et Lisette se donnent la réplique à travers un tutoiement caractéristique des gens du peuple ou qu’Arlequin et Dorante se fustigent sur ce même ton ? Sans aucun doute. Chacun sa classe sociale, chacun ses contraintes. Inutile de mélanger tout le monde.

La calèche attendait toujours que de nouveaux passagers prennent place à bord. Un tour en calèche, y avait-il plus romantique ici ? Dommage que ce-dit tour ne soit pas en compagnie d’un tendre et bel amoureux mais d’une inconnue fraîchement rencontrée héritant du doux titre de dame de compagnie pour une princesse illusoire usurpant l’identité d’Anastasia. Encore fallait-il que Soniya acceptasse. Oui, même la narratrice se met à se la jouer grande noblesse du dimanche à travers des temps conjugués inutilisés par le commun des mortels.

- Vous pourrez, si vous le désirez, chanter des chansons dont vous connaissez parfaitement les paroles, cette fois-ci ? J’ai grand besoin d’être divertie et charmée une nouvelle fois par votre voix.

Une bien jolie voix. Le rossignols auraient rougi de honte tant leurs chants ne peuvent égaler la qualité de grain de Soniya. Les fleurs se seraient fermées de peur de n’être aussi belles que cette voix de cristal, inimitable et inégalable. Le monde aurait fait silence pour en entendre un peu plus. Ou à défaut du monde, Enora.

Si Soniya chantait à voix basse de peur de se tromper les paroles, au moins n’aurait-elle plus aucune excuse si c’était elle qui choisissait les chansons et non pas une télévision diffusant en boucle un dessin animé vu et revu par les jeunes gens russes. Ce serait toujours ça de gagné. Pouvoir écouter, tout à son aise, la voix sublime de sa nouvelle dame de compagnie. Un véritable oiseau qu’elle avait trouvé là.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 3 Nov 2013 - 22:42
- Oui, c’est cela, je suis Anya, mais chut ! Ne le répète à personne surtout. Et sache, que pour passer incognito, je me fais appeler Enora, ici. Cela attire moins l’attention, n’est-ce pas ?

J'avais les yeux complètement écarquillés de surprise et si elle n'était pas venue poser sa main sur ma bouche pour me clamer, je crois que je me serais levée d'un bond avant d'applaudir à tout rompre, fière de mon succès et de ma découverte. J’avais trouvé une princesse, une vraie de vraie. Chez moi en plus. Si ce n’était pas de la chance ça. Tanya serait verte de jalousie quand je lui raconterais ça. Je restais avec un grand sourire de gamine illuminant mon visage tandis que la princesse Romanov me demandait de l'appeler Enora. C’était drôlement joli aussi comme prénom, elle a bien choisi je trouve. J’acquiesce de la tête alors que je sens son regard s'attarder sur moi, m'observant de la tête aux pieds. Bah quoi, j'ai fait une bêtise?

- Vu que tu es la première à me reconnaître parmi tous mes sujets, je te nomme ma nouvelle dame de compagnie.

Nouvelle Dame de Compagnie? Ça alors! On peut dire que j'en ai de la chance. Je suis littéralement sur un petit nuage. Enora se relève et me tend son bras que je prends pour faire comme elle avant de faire une jolie révérence, comme celles que j'ai apprise à travers les livres de contes de fées. Bon, elle n’est pas parfaite et avec mon gros pull et mes collants, ça fait bizarre. Avec une robe, ça aurait été mieux mais je n’en ai pas. Et puis, je ne savais pas que j'en aurais besoin aujourd'hui, sinon j'aurais fait l'effort de me coiffer un peu. Du coup, je passe juste comme je peux rapidement mes mains dans ma tignasse pour la remettre à peu près en place.

- M’accompagnerez-vous, ma chère, pour me trouver une toute nouvelle toilette pour ce soir ?

"- Eh bien, cela sera un véritable plaisir que d'avoir l'honneur de vous tenir compagnie dans cette grande épopée. Vos invités de ce soir n'aurons qu'à bien se tenir, vous serez l'étoile la plus brillante de votre soirée, je puis vous l'assurer. Majesté."

J’avais bien entendu le vouvoiement, ce qui me confortait dans mon idée qu'il s'agissait bien d'une vraie princesse face à moi. Du coup, j'ai fait pareil, reprenant des paroles trouvées dans des livres avec des phrases que j'avais utilisées dans les contes et histoires qu'on lisait aux enfants de l'orphelinat ou qu'on inventait pour nos numéros avec Tanya. On s'est mise en marche, moi à côté de Princesse Enora, la tenant toujours pas le bras. Normalement, ça devrait être moi qui la guide mais en fait, j'étais rassurée que ce soit elle qui soit un peu devant. Elle semblait bien connaitre les lieux alors que moi, je me sentais perdue ici. Je n'entendais plus la télévision au loin et la réalité reprenait doucement ses droits.

Quand j'ai compris qu'on se dirigeait droit sur la calèche, j'ai manqué de me mettre à sautiller de joie sur place tellement j'étais excitée. Mais ce n'était pas un comportement qui siérait à une Dame de compagnie. Alors, j'ai fait un effort pour me montrer digne de ma nouvelle fonction du jour. On s'est approchée et finalement, on est montée dans la calèche. Le conducteur a attendu quelques instants et puis, comme personne d'autre ne venait, il a fait claquer les rennes avant que le cheval ne se mette en marche. Je me suis assise mais je passais mon temps à me pencher droite et à gauche, pour tout voir. Je ne voulais surtout rien rater, ce serait trop bête.

- Vous pourrez, si vous le désirez, chanter des chansons dont vous connaissez parfaitement les paroles, cette fois-ci ? J’ai grand besoin d’être divertie et charmée une nouvelle fois par votre voix.

Et là pouf, me voilà assise bien sagement. En fait, ses aroles m'ont un peu prises de cours. Je ne pensais pas qu'elle me demanderait de chanter comme ça. J'étais à la fois flattée et un peu anxieuse. C’était une princesse quand même, alors mes petites chansons, je ne savais pas trop si ça lui plairait. Mais je n'allais certainement pas refusé. Elle me l'a demandé gentiment et puis, elle m'a fait monter en calèche, ce serait ingrat de ma part de ne pas faire ça pour elle. Alors, je respire un grand coup et je me remets à sourire. Chanter, je sais faire, je n'ai pas à m'inquiéter pour ça.

"- Eh bien, si cela peut suffire à vous faire plaisir, ce sera un honneur que d chanter pour vous, Majesté."

Bon, alors maintenant, trouver une chanson. Parce que j'en connaissais beaucoup mais laquelle pourrait bien lui plaire? Je réfléchis un peu et puis finalement, je finis par m'arrêter sur une chanson des chansons que j'ai entendues au début du film. Enfin, elle était en fond dans le magasin de jouets et je trouve qu'elle va bien avec l'ambiance alors je me lance, en espérant ne pas faire trop d'erreurs quand même. Parce qu'elle m'a demandé des chansons que je connaissais. Alors, je tente quand même.


La calèche a ralenti un peu, ou ce n'est qu'une impression? Je crois que le monsieur il essaie de m'écouter aussi. Alors ça me fait plaisir. Du coup, je cherche une autre chanson et finalement, je me décide sur une berceuse que je chantais souvent à une petite fille de l'orphelinat. Elle aimait beaucoup la pluie et les temps un peu gris alors je lui chantais toujours cette chanson là quand elle était triste. Surtout que elle, elle se souvenait de sa maman et ça lui faisait très mal. Alors, je la prenais dans mes bras et je l'asseyais sur mes genoux en la berçant un peu.


"- Est-ce que ces chansons vous ont plus, votre altesse, où peut-être souhaitez-vous entendre quelque chose de plus spécifique? A moins que vous ne préféreriez que nous fassions autre chose à présent?"
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 10 Nov 2013 - 17:32

Entre Enora et Soniya, difficile de savoir laquelle des deux croyait le plus au rôle qu’elle jouait. La rouquine s’était glissée avec simplicité dans son personnage, offrant des Majestés à l’étudiante qui n’avait pas un seul soupçon de sang princier. Le cochet partit, avec à son bord ces deux énergumènes. La demoiselle accepta de chanter pour la nouvelle princesse russe, faisant profiter à tous de la volupté et de la douceur de sa voix. Un rossignol. Elle ne s’était pas trompée dessus. La brune reconnut une chanson du film, émouvante. La seconde, cependant , lui était inconnue. Elle ne manqua pas d’applaudir sa dame de compagnie attitrée une fois sa prestation terminée.

- C’était très joli, vraiment très joli ! Bravo !

Les sabots battaient les rues pavées. Le paysage défilait sous leurs yeux. Entre les grandes enseignes commerciales se glissaient des relents de la Russie ancienne, celle des tsars et des royaumes. Celle que les contes de fée appréciaient. Celle que Baba Yaga terrorisait, parfois. Assez de nostalgie heureuse. Ce temps était le leur, n’avaient-elles pas l’opportunité de revivre cette époque grandiose à l’aide de leur seule imagination ?

- Arrêtez-nous ici, cochet !

Premier magasin en vue. Cela allait faire mal à son porte feuille. Elle descendit de la calèche le plus élégamment possible. Dommage qu’elle n’ait pas eu la bonne idée de se vêtir d’une robe pour parfaire sa tenue et son rôle. Elle allait remédier à cela sous peu. Qui aurait pu croire que ces deux-là fréquentaient la cour et ses usages ? Personne. Vivement qu’elles s’occupent un peu de changer tout cela. Au revoir le vieux pull de Soniya et bonjour une toute nouvelle tenue, pleine de charme et d’élégance à la russe ! En espérant qu’elles  trouvent leur bonheur dans l’un de ces magasins.
Quelques pièces allèrent de sa main à celle du cochet. Tout travail mérite salaire, il fallait bien nourrir les chevaux tirant le carrosse. Ce n’était pas ça qui allait la ruiner. Non, loin de là. Toutefois, les commerces qui se dessinaient devant elle risquaient bel et bien d’alléger sa bourse. Pour être en parfait accord avec l’époque jouée, ou peut-être même surjouée.

Enora attendit que Soniya descende à son tour pour l’embarquer avec elle dans un de ses magasins favoris. Les rues étaient pleines de magasins de toutes sortes, nul doute qu’elles trouveront le bonheur avant la fin de la journée.
L’étudiante avait attrapé à nouveau le bras de sa dame de compagnie, donnant plus de prestance à leur duo inédit. Bras dessus, bras dessous, elles pénétrèrent dans le magasin qui n’attendait plus qu’elles.

- Aidez-moi à trouver une tenue magnifique, Soniya. Je veux être la plus belle de la soirée, que tous les yeux soient posés sur moi, éclipsant toutes les autres cavalières. Je veux irradier. Vous sentez-vous capable de me trouver une telle robe ? Celle qui me permettra de paraître la princesse que je suis réellement ?

Être ou paraître, telle est la question. C’était là tout le problème. Être une étudiante qui devait paraître en tant que son altesse Anastasia. Quelle mise en abyme sublime ! Quel jeu digne d’une grande pièce de Marivaux ! Il ne manquerait plus que la recherche identitaire pour que cela soit parfait. Mais chercher la princesse qui sommeillait en elle, n’était-ce pas déjà assez compliqué comme ça ? Inutile en plus de rajouter un énième problème à la brune. Découvrir la princesse qu’elle était. Elle pouvait le faire.
Elle s’avança entre les allées, observant les différents vêtements qui pendaient à des cintres, ceux bien pliés patientant que des mains habiles viennent les caresser pour ensuite les enfiler. Un choix innombrable de vêtements. Mais les robes n’étaient pas à l’honneur. Il allait falloir fouiner pour en trouver une. Fouiner encore plus pour en trouver une de princesse.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 11 Nov 2013 - 11:16
- C’était très joli, vraiment très joli ! Bravo !

Je ne sais pas si ce sont ses paroles ou ses applaudissements qui m'ont fait le plus plaisir mais au résultat, je suis devenue aussi rouge que mes cheveux. Je chante beaucoup et pour ainsi dire quasiment tout le temps mais à part lors de mes représentations avec ma Tanya, je ne le fais que pour moi. Parce que je suis un peu timide et aussi pour ne pas embêter les gens. Alors là, ça me fait drôlement plaisir parce que Enora à l'air de drôlement avoir aimée. Je fais une demi-révérence, parce que assise sur le banc de la calèche ce n'est pas très pratique quand même et que je ne voudrais pas tomber en me levant. En attendant, notre véhicule à continuer tranquillement son chemin et franchement, c'est une chouette balade, avec les sabots qui résonnent à intervalles réguliers sur le sol. J'aime bien ce son, calme et reposant.

- Arrêtez-nous ici, cochet !

Ah, on s'arrête déjà? Pour le coup, je serais presque déçue, on était bien là, hors du temps et un peu de tout. Mais ma princesse  décidé que le voyage était terminé alors je vais la suivre. Elle a l'air de savoir où elle veut aller et puis je suis drôlement curieuse alors je la suis. J'ai essayé d'être aussi élégante qu'Enora en descendant du carrosse mais j'ai manqué de tomber avec ma maladresse habituelle. Heureusement, je me suis rattrapée à temps, si ça se trouve, personne n'a rien vu. J'accompagne ma princesse qui va donner de l'argent au cocher et moins, j'en profite pour caresser le gros cheval de trait. Il est tout doux et trop mignon, une vraie peluche. Je lui vole un rapide câlin, enfin il s'est laissé faire hein, sous le regard amusé de son maitre, avant que ma majesté ne me prenne à nouveau par le bras pour me mener devant une boutique très lumineuse dans laquelle elle entre avec assurance. Enfin, bien plus que moi.

Sur le coup, je suis restée une seconde ou deux un peu bloquée. Ouah, c'est quoi tout ça? Comment des gens ont pu faire pour amasser autant de vêtements dans un seul endroit? Ils en ont tellement qu'il y en a pleins qui sont encore emballés, pliés, empilés les uns sur les autres pour prendre moins de place. Il y a des couleurs, des formes, des textures différents, des paillettes, du simple et du bien plus sophistiqué. Ça, c'est un vrai magasin de princesse. Et Enora elle est rentrée comme ça, super naturellement. Si je voulais une preuve de ce qu'elle me racontait, je l'avais définitivement. Après la surprise et le 'blocage' traditionnel, je passe par la seconde phase habituelle: l'excitation. Je sautille limite sur place, des étoiles pleins les yeux, le regard ne cessant de passer d'un endroit à un autre.

- Aidez-moi à trouver une tenue magnifique, Soniya. Je veux être la plus belle de la soirée, que tous les yeux soient posés sur moi, éclipsant toutes les autres cavalières. Je veux irradier. Vous sentez-vous capable de me trouver une telle robe ? Celle qui me permettra de paraître la princesse que je suis réellement ?

J'en faisais trop? Parce que là, je ne m'en rendais même pas compte tellement j'étais ivre de toutes ses choses à portée de main, toutes plus belles les unes que les autres. J'ai laissé ma princesse Enora se promener de son côté et je suis partie comme une flèche pour me mettre à farfouiller à droite et à gauche dans le magasin. Des robes, il n'y en avait pas beaucoup, il allait falloir chercher sérieusement mais ça ne me faisait pas peur, je débordais d'énergie. Alors, ma princesse était brune donc éviter les couleurs trop sombres, pour mieux faire ressortir ses yeux. Elle était fine, donc une jolie découpe, quelque chose de léger lui irait très bien. Oui, je commence à me faire mon idée plus précise et ma recherche continue dans le même temps.

Comment est-ce que je voyais Enora? C'était une princesse mais elle était jeune, belle, fraiche, joyeuse.... Comme une fleur qui s'ouvre au soleil. Oui, c'est l'image qui s'est imposée à moi et du coup, je savais ce que je voulais. Après, je ne savais pas si cela lui plairait mais qui ne tente rien n'a rien. Je ne trouvais pas ce que je voulais dans les robes alors j'ai pris dans les jupes et les haut, en faisait des superpositions. J'ai vu une dame me faire de gros yeux alors que je déshabillais un mannequin pour commencer à le rhabiller avec mes propres idées. Elle fronçait les sourcils et au final, elle est partie, quand même pas très contente. J'avais fait une bêtise? Si c'était le cas, je ne voyais pas quoi. Enfin, avec tout ça, j'ai terminé de m'atteler à mon œuvre tandis que je sentais bien que la dame me surveillait toujours, de loin. Et voilà le résultat. Une jolie robe, un peu légère, avec son cache épaule pour ne pas avoir froid. Et oui, il y a beaucoup de rouge. J'aime bien cette couleur, moi.

Spoiler:
 

Bon, maintenant que tout est prêt, il faut que je retrouve ma Princesse. Mais c'est drôlement grand le magasin. Du coup, après avoir cherché un peu, sans trop m'éloigner de ma création, je m'approche d’une espèce de bureau qui n’est pas trop loin. Et derrière, il y a un micro. Ah, voilà qui va m'être utile. Enfin, quand j'aurais trouvé comment ça marche. Oui, y avait une porte de fermé pour passer derrière mais c'était facile de passer. Et puis, c'était pour ma princesse alors j'ai le droit, nan? Enfin, après quelques batailles avec les boutons, j'ai entendu le truc grésiller et en tapant dessus j’aie entendu ma voix. C’était rigolo, elle était déformée en plus. Mais bon, j'avais plus sérieux à faire que de simplement écouter ma voix.

"- Majesté? Je vous ai trouvé une robe. Si vous daigniez me rejoindre au coin des pulls en laine et des hauts avec des lacets supers serrés, juste devant la vitrine, je pourrais vous la montrer. Merci."


Bon, maintenant, j'ai plus qu'à attendre qu'elle me rejoigne. Mais la première personne à accourir, c'est la dame de tout à l'heure, celle aux gros yeux. Et elle n’a pas l'air contente du tout....
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Sam 16 Nov 2013 - 18:45

Les deux filles se séparèrent. Enora partit de son côté, en chasse d’une magnifique robe de soirée qui saurait faire d’elle la plus belle des soirées futures. Non, elle n’avait aucun bal quelconque à donner ce soir et n’avait pas même songé à sortir entre amis. À moins de recevoir une invitation perdue et expresse pour un gala, elle n’aurait sans doute pas l’occasion de mettre cette tenue avant longtemps encore. Elle fouina entre les allées, épiant les tissus les plus nobles qui, futés, lui échappaient tous. À droite, puis à gauche, un vrai labyrinthe que ce magasin. Même elle, qui avait l’habitude de l’arpenter, en bonne pionnière des temps modernes se perdait, parfois. À croire que les étales changeaient en permanence de place, de façon à léser les clients. Mais ce n’était qu’une impression. Aucune odeur de soie ne s’échappait entre la laine et le coton. Des tissus les plus simples possibles, brouillant la piste menant jusqu’à la précieuse robe tant désirée. La chasseuse avançait d’un pas lent, guettant de l’œil de potentiels prédateurs. Là-bas, une fille de son âge, l’œil vif, l’épiait, un gilet noir composé de mille strasses entre les mains. Inutile de tenter une approche sur une telle proie ou ce serait une mort certaine qui l’attendrait. Ah quelle idée elle avait eu de lâcher Soniya ici, au milieu de ces fauves ! Dans l’arène. Une arène où le textile était disputé comme un orfèvre de grande qualité. Inestimable.

La voix familière de la rouquine retentit alors, par grésillements. Enora leva la tête, comprenant vite que sa dame de compagnie avait eu la bonne idée d’utiliser un micro pour lui donner le point de rendez-vous. Les tenancières du magasin étaient-elles devenues si gentilles depuis sa dernière visite qu’elles autorisaient désormais les clients à utiliser le matériel audio ? Avec ses yeux naïfs et son visage d’enfant, nul doute que Soniya n’avait aucune notion de propriété privée à l’esprit – comme sa Liée, mais chut.
En route pour le point de rendez-vous. Une véritable épreuve que de passer au travers de ces cintres pendants, gardant avec soin un trésor véritable. Ces mêmes trésors que des mains agiles déplaçaient dans un grand crissement, observant les couleurs et l’étiquette du vêtement désiré. Une vraie jungle. Heureusement, le rayon où la demoiselle l’attendait n’était pas bien loin, à quelques enjambées à peine. Elle apercevait déjà une tignasse rousse hirsute ayant su résister au grand maître peigne.

- Voyons voir, Soniya, commenta-t-elle tout en observant la tenue préparée avec soin, oui, oui, cela me semble bien ! Mais… Peut-être le cache-épaule est-il trop vif comparé au reste de la robe ?

Si ce n’était qu’une histoire de couleur, ce serait vite réglé. Prendre un autre cache-épaule moins éclatant, moins vif, et le tout serait réglé. Mais cette légère remarque n’était pas une raison pour se passer du passage traditionnel et obligé de l’essayage. Elle attrapa la tenue sophistiquée et s’engouffra dans une cabine semblant n’attendre plus qu’elle. Elle se débarrassa de ses vêtements habituels, enfilant avec soin la magnifique robe. Il serait vraiment trop dommage d’abîmer un si bel habit. Pire, de le déchirer. Une fois le tout enfilé, elle ressortit, curieuse d’entendre l’avis de sa dame de compagnie. N’était-ce pas l’un de ses rôles d’office ?

- Qu’en pensez-vous Soniya ?

Enora tourna sur elle-même, donnant plus de prestance encore à son allure. Elle s’observa dans la glace. Oui, elle avait bien tout d’une princesse ainsi vêtue. Qu’il était étrange qu’elle se voit avec une telle robe en plein automne ! Des jupes en cette saison, avec de bons collants en laine, oui. Des débardeurs aussi, parfois, tant la demoiselle aimait jouer avec le froid. Mais des robes, alors ça jamais ! Et des robes aussi magnifiques, encore moins ! Ce n’était pas là une parure qu’elle arborerait pour aller en cours. Sans nul doute serait-elle la plus belle, tous les regards seraient rivés sur elle mais elle n’avait guère besoin de tant d’attentions de ses camarades. Sentir leurs yeux envieux – cela ne pouvait n’être que ça – posés sur elle la mettrait mal à l’aise. De plus, ce n’était pas une tenue appropriée pour les études.

Le cache-épaule était toujours sur elle. Elle le retira, laissant ses bras nus au grand jour. Non, cette couleur rougeâtre s’appropriait plus à des soirées entre étudiants qu’à une princesse. La robe était bien plus terne que le cache-épaule, il fallait trouver autre chose pour éviter qu’elle ne prenne froid. Mais plus tard ! Au moins la tenue d’Enora était-elle semi-complète. Soniya, en revanche, portait toujours les mêmes frusques. Il serait grand temps qu’elle trouve quelque chose pour elle.

- Et vous, ma chère ? Avez-vous trouvé quelque chose à votre goût permettant de faire de vous la plus belles des dames de compagnie ? Il est tout simplement hors de question que je vous laisse repartir avec… ça ! s’exclama Enora, se prenant au jeu tout en pointant du doigt le pull de Soniya, non, non, non ! Que dirait-on de moi si vous veniez ainsi en ma compagnie au bal ?

Encore faudrait-il qu’il y ait un vrai bal d’organisé. Enora pourrait toujours s’en occuper, une fois les achats terminés. Il suffisait juste d’une salle, d’un peu de musique et de cavaliers. La demoiselle avait tout ça à sa disposition. Mais chaque chose en son temps. Désormais, il fallait habiller Soniya.

Enora l’observa des pieds à la tête, lui tournant autour à la manière d’une grande duchesse jugeant et examinant un présent dont le verdict résonnerait d’un ton net et cassant. Rien de sérieux dans tout cela, bien sûr. La brune se tenait bien droite, tentant de donner du crédit à son rôle de princesse. Ce qui n’était pas le cas de la chère Soniya. L’étudiante redressa le menton de sa dame de compagnie. Qu’elle regarde donc droit devant elle plutôt que ses pieds !

- Mais peut-être faudrait-il commencer par vous apprendre à vous tenir en tant que tel ? Que serait le paraître sans l’être ?

Oui, les bonnes manières. La bienséance et ses règles. Bonne idée. Il y avait énormément de travail avec Soniya. Mais essayer d’éduquer cette demoiselle à la manière des siècles derniers pourrait être sacrément drôle. Tout n’est qu’humour dans la vie. Il en allait de même avec ce jeu de rôle d’une autre époque.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 17 Nov 2013 - 14:38
Je ne suis déjà pas bien grande à la base mais là, j'aurais bien aimé n'être pas plus grosse qu'une petite souris pour aller me cacher entre deux pulls bien épais. Pas besoin d'attendre que la Dame du magasin soit à côté de moi pour comprendre qu'elle n'est pas, mais alors pas contente du tout. Son premier réflexe est malgré tout d'aller derrière la porte qu'était fermée pour vérifier que rien n'a disparu et bien éteindre le micro. Pourquoi elle est tellement inquiète? Je voulais rien prendre moi, je voulais juste prévenir ma Princesse; Et je suis soulagée de la voir arriver rapidement. Enfin, plus vite que la Dame ne ressort de sa caisse pour venir me tomber dessus. Oui, je me sens plus rassurée maintenant qu'Enora est à côté de moi. Et puis, j'ai rien fait de mal. J'ai mis des habits sur un mannequin et utiliser un micro, c'est pas un crime, si?

- Voyons voir, Soniya, oui, oui, cela me semble bien ! Mais… Peut-être le cache-épaule est-il trop vif comparé au reste de la robe ?

J'ai bien vu la Dame dans le dos de ma Princesse, qui s'apprêtait à me tomber dessus, ça me faisait un peu peur d'ailleurs, mais quand Enora à commencée à parler, elle s'est arrêtée, l'a fixée en se posant des questions et est retournée derrière son comptoir, comme pour être sure que je recommencerais pas. A moins que ce ne soit pour nous surveiller? A nan, je sais, j'ai compris! En fait, elle aussi elle voudrait une jolie robe comme ma Princesse. Je suis certaine que c'est ça en fait. Du coup, je me remet à sourire et j'oublie tout ce qui vient de se passer.

Bon, maintenant, je pouvais consacrer toute mon énergie à ma Princesse. Le rouge, trop vif? Oui, peut-être. mais moi j'aimais bien cette couleur. Et puis, il faudrait qu'elle essaie le tout avant d'être sur. Remarque, je n'ai même pas eu besoin de dire le fond de ma pensée, Enora était déjà partie vers le coin de la boutique où il y avait comme des cases avec des rideaux. Chacune avait un miroir dedans. C'est marrant c'est truc-là. Ma Princesse est rentrée dans l'un d'eux, normalement et il y a eu des bruits de tissus avant qu'elle ne ressorte enfin, vêtue de ma trouvaille. Mon visage s'est illuminé littéralement et j'ai applaudit joyeusement. je le savais, c'était une vraie Princesse. Si vous aviez vu comment elle était belle.

- Qu’en pensez-vous Soniya ?

"- Hum, en effet. Le rouge est un peu trop vif. Il faudrait un ton plus pâle. Peut-être du lilas même mais j'en ai pas vu dans les rayons."

Enora fit un tour sur elle-même et se mira dans la glace, tandis que je ne la quittait pas des yeux. Elle retira la parure rouge de ses épaules et finalement, c'était mieux comme ça. Mais elle risquait d'avoir froid quand même si elle sortait comme ça. Remarque, peut-être qu'un gros manteau épais ferait l'affaire. En prime, ça laisserait la surprise aux gens de la découvrir étincelante ensuite? Oh oui, en fait, c'était ça la bonne idée du moment. mais je n'ai pas eu le temps d'en faire part à ma Princesse parce qu'elle me fixait à présent avec sérieux, son regard inquisiteur porté sur mes vêtements.

- Et vous, ma chère ? Avez-vous trouvé quelque chose à votre goût permettant de faire de vous la plus belles des dames de compagnie ? Il est tout simplement hors de question que je vous laisse repartir avec… ça ! Non, non, non ! Que dirait-on de moi si vous veniez ainsi en ma compagnie au bal ?

"- Euh... Bah... En fait... Je n'ai pas... regardé pour moi... C'est vous la Princesse... Donc c'était plus important... Moi c'est... Pas si grave que ça..."


Et puis, d'accord il est pas de première jeunesse mais je l'aime bien moi, mon pull. En même temps, je devais bien admettre qu'Enora avait raison. Je lui ferais honte si elle se présentait habillée de sa superbe robe et que moi, je suivais comme j'étais. Les gens me confondraient sans doute avec une servante voir pire. Déjà, ma Princesse me tournait autour, comme pour juger de tout ce qu'il faudrait changer chez moi. Bon, ça c'était pas dur, ça se résumait en un seul mot: tout. Je n'avais rien d'une Dame de compagnie et je ne m'en sentais pas fière alors j'avais la tête baissée et le regard fixant mes pieds. Enfin, jusqu'à ce que me Princesse vienne attraper mon menton pour le relever et me forcer à la regarder, gentiment.

- Mais peut-être faudrait-il commencer par vous apprendre à vous tenir en tant que tel ? Que serait le paraître sans l’être ?

"- Me tenir comme une Dame de Compagnie? Vous allez m'apprendre? Je veux bien parce que je sais pas trop moi. Il va falloir que je fasse comme la Anya de la chanson de toute à l'heure?"


J'allais devoir essayer de monter sur un cheval et de sauter par-dessus un muret moi aussi, le tout sans tomber? Marcher droit et avec la tête bien droite, des livres en équilibre sur ma caboche aux mèches rebelles? Faire la révérence mais bon ça, je devais déjà à peu prêt y arriver. Les Princesses et leurs dames de compagnies étaient toujours très bien apprêtées, ravissantes. Cela voudrait dire qu'il faudrait que je me coiffe alors? J'ai déjà essayé, hein. je le promets. Mais j'ai jamais réussi à les démêler alors j'ai laissé tomber. Et vu comment ils sont longs maintenant, ça risque de faire mal ça.  

"- Mais du coup, je commence par me chercher une robe pour le bal où je dois d'abord apprendre tout ce que vous voulez m'apprendre?"

Bah quoi, comme on est dans le magasin, autant terminé les achats et tout ce qui tournait autour des vêtements avant de se lancer dans autre chose, nan? La Madame du magasin continue de nous regarder discrètement, se posant visiblement des questions. Elle s'attendait pas à voir débarquer une vraie princesse, hein? Je suis sure qu'elle en revient toujours pas. Enfin bon, à force de voir tous les tissus autour de moi, je me dis aussi que je pourrais voir pour essayer autre chose. Et il y a plein de jolies couleurs en plus, alors autant en profiter.

"- Je vais chercher quelque chose à me mettre pour ne pas vous faire honte quand nous irons au Bal et après, vous m'apprendrez tout ce que je ne sais pas, d'accord? Je reviens vite."

Pour le coup, je suis partie comme une flèche. Il ne faut pas que je fasse attendre inutilement ma Princesse alors je vais me dépêcher tout en faisant bien. Alors, qu'est-ce qu'il y a qui me plait? Beaucoup de choses en fait. Alors je prends un peu hasard et je fais des essais, en utilisant les cabines avec les miroirs. C'est marrant d'enfiler les trucs les uns au dessus des autres. J'ai beaucoup rigolé quand je me suis retrouvée bloquée, les cheveux dans une fermeture éclair et le haut enlevé au 3/4. La Dame du Magasin à encore râlé avant de m'aider quand même, pour pas que j’attrape froid qu'elle a dit, puis j'ai terminé mes essayages. Là, je suis à peu prêt satisfaite, j'espère que ça ira à ma Princesse. J'ai pas trouvé mieux en moins de .... 10 minutes chrono.

"- Majesté, je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce délai. Ma tenue actuelle est-elle plus à votre grée que la précédente?"


Je lui fait un grand sourire dont j'ai le secret et j'attends son verdict., après avoir fait un tour sur moi-même. Et oui, pour changer, je suis restée dans les tons rouges.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 17 Nov 2013 - 16:52

Rien ne les obligeait à faire toutes leurs emplettes dans ce seul et unique magasin. L’avenue jonchait de nombreux commerces où les gilets et autres couvre-épaules pulluleraient d’un couleur qui plairait certainement à la princesse. Voyant que sa dame de compagnie partageait son avis, elle rangea l’habit sur un cintre, le laissant pendre pour qu’une vendeuse aille le ranger là où était sa place, plus tard.

- Du lilas oui… Ou un beau bleu ?

Autant rester dans les tons de sa tenue actuelle. Le bustier était d’un bleu clair, peut-être pourrait-elle trouver quelque chose dans le même ton ? Malheureusement, trouver des habits d’un bleu identique ou du moins similaire s’avèrerait compliqué. Surtout pour un cache-épaule. La mode, ou plutôt les goûts des gens, se portait sur le noir, couleur que la demoiselle ne portait pas dans son cœur, elle adepte des couleurs vives.

Dans quel monde vivait Soniya pour oser croire un seul instant qu’elle n’attirerait pas les regards si elle allait à une soirée ainsi vêtue ? Une dame de compagnie se devait d’être aussi belle, aussi présentable que la princesse qu’elle accompagnait. Soniya n’avait pas le rôle d’une servante ou d’une gouvernante mais bien d’un personnage fait sur mesure pour elle ! Elle se devait de l’honorer ! Enora eut un léger sourire pour cette enfant candide qui paraissait ne rien connaître de la royauté. Non pas que l’étudiante était une spécialiste en la matière. Oh non ! Mais il y avait certaines choses qui se savaient ; comme le fait de bien s’habiller. Pas trop, pour ne pas que les yeux se détournent de trop de la princesse pour ne regarder que la dame de compagnie. Mais juste ce qu’il fallait.

Enora observa Soniya décamper, en quête d’une magnifique tenue. En l’attendant, elle partit s’asseoir dans une cabine, déserte. Il n’y avait pas foule pour les essayages, aujourd’hui. Ennoiement de monde dans le magasin mais quand il s’agissait de passer aux choses sérieuses, il n’y avait plus personne.
Soniya revint bien vite, essoufflée, une tenue rouge sur elle. Au moins seraient-elles accordées. Oui, cela la changeait énormément ! Si la robe avait été un bustier, sans doute Enora le lui aurait-elle piqué. À son goût, cette robe convenait parfaitement à une petite fille, à Soniya donc. Nouveau sourire.

- Vous êtes magnifique, Soniya !

Enora caressa du bout des doigts l’étoffe claire qui allait à merveille avec la chevelure rousse de Soniya. Elle avait très bien choisi. Sa dame de compagnie avait bon goût. Mais cela, Enora n’en avait pas douté un seul instant. Elle observa la demoiselle tourner sur elle-même. Le verdict était concluant.

- Et vous savez, savoir bien se tenir, ce n’est pas bien compliqué. Déjà, à l’avenir, évitez d’utiliser les micros des magasins, cela ne se fait pas, dans la bonne société. Ensuite, je ne veux plus vous voir regarder vos pieds comme tout à l’heure ! Le menton, la tête, le buste droit, lui rappela-t-elle avant de marquer une courte pause, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir dans l’immédiat. Les leçons prochaines viendront vite… Dès que j’aurai à vous reprendre sur votre comportement, je pense !

Chose qui finirait bien par arriver tôt ou tard. Son intuition lui soufflait qu’elle risquait bien d’avoir énormément de travail avec cette fille et que le peu dont elle en avait vu n’était qu’une simple mise en bouche. Heureusement que la patience était avec elle et que cette Soniya l’amusait bien. Une véritable enfant ! Cela l’émerveillait de trouver encore des jeunes de son âge capables d’une telle folie et innocence. Ses prunelles pétillaient la malice et l’insouciance enfantine. À croire qu’elle n’avait jamais grandi, perdue désormais entre deux mondes.

- Prenons ces robes et continuons notre chemin.

Enora s’éclipsa dans la cabine d’essayage, troquant son habit de princesse contre ses vêtements habituels : chemisier à carreaux, jean et sa paire de bottes. Rien de bien sophistiqué. Elle enfila à nouveau son manteau en laine, prête à affronter à nouveau le grand froid russe de la rue, son futur achat dans les mains.

Elle attendait Soniya derrière sa cabine, qu’elle se change enfin avant de régler leurs achats. Que pourraient-elles faire par la suite ? Il y avait toujours ce maudit cache-épaule à trouver, d’une couleur de pair avec sa tenue de soirée. Mais le froid, elle connaissait, elle le côtoyait quotidiennement. D’autant plus que les bals ne se donnaient que dans des grandes salles où la chaleur était le maître mot. Et même si le chauffage pouvait faire défaut ou la température peu élevée, le simple acte de danser réchauffer les corps et les cœurs.

- Oublions donc cette histoire de cache-épaule, j’ai un manteau chez mo… dans ma résidence secondaire qui irait à merveille avec cette robe !

Sa maison transformée en résidence secondaire. On était loin des palaces traditionnels alors. Si Soniya espérait découvrir une résidence digne d’une grande princesse, elle risquait d’être déçue. Nul or ne décorait l’intérieur, nulles tapisseries suspendues ne faisaient l’éloge des courtisans et courtisanes car inexistants. Juste une simple masure dans laquelle il faisait bon vivre. Le pseudo-bal serait sans doute donné là-bas, toutefois. Elle avait déjà organisé bon nombre de soirées entre amis chez elle, à la différence près que ces soirées n’avaient pas pour fond Le beau Danube bleu de Strauss et que les tenues étaient totalement différentes. Plus contractées.

- J’allais oublier ! Savez-vous danser, Soniya ? Je ne parle pas de ces danses populaires sur lesquelles le peuple de Saint-pétersbourg se trémousse mais bien de la plus belle des danses, celle qui sied le mieux aux altesses ! Je parle, bien sûr, de la valse.

Peut-être serait-ce là leur prochaine leçon ? Un bal où personne ne danse n’a rien d’un bal. Si sa dame de compagnie ne savait pas effectuer le moindre pas car n’ayant jamais eu l’éducation nécessaire ou ayant deux pieds gauches, il fallait remédier à cette infortune au plus vite ! Et si vraiment sa dame de compagnie se révélait une piètre danseuse, alors elles pourraient toujours danser le Khorovod. Si toutefois elles réussissaient à réunir assez de monde car tenter de reproduire à deux seulement cette danse s’effectuant en cercle et à plusieurs s’avèrerait délicat, même ridicule. Mais avant cela, régler et sortir du magasin dès que sa dame de compagnie serait à son tour fin prête.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 18 Nov 2013 - 10:07
- Vous êtes magnifique, Soniya !

Ce n'était que quelques mots mais ils me firent réellement très plaisir. Je me suis remise à sautiller sur place, me déhanchant un peu dans tous les sens pour voir dans la glace à quoi je ressemblais sous tous les angles. J'avais vraiment l'air d'une poupée, c'est la première chose à laquelle j'ai pensée. Ah, j'aimerais bien que ma Tanya me voit comme ça. Je suis certaine que ça lui irait aussi très bien. Ma Princesse m'a aussi observée sous toutes les coutures, pour être certaine du résultat. Après tout, avec ma tête de linotte, j'aurais pu e oublier la moitié que ça ne m'aurait même pas étonné.

- Et vous savez, savoir bien se tenir, ce n’est pas bien compliqué. Déjà, à l’avenir, évitez d’utiliser les micros des magasins, cela ne se fait pas, dans la bonne société. Ensuite, je ne veux plus vous voir regarder vos pieds comme tout à l’heure ! Le menton, la tête, le buste droit, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir dans l’immédiat. Les leçons prochaines viendront vite… Dès que j’aurai à vous reprendre sur votre comportement, je pense !

Ah, oups. Je ne savais pas moi pour le micro. N'empêche, ça avait été bien pratique quand même. Enfin, je le saurais pour la prochaine fois. Ne plus me voir regarder mes pieds? Ah, voilà qui risquait de se révéler un peu plus compliqué. Pas que j'aime spécialement regarder mes pieds, loin de là, mais comme je suis très maladroite, j'ai tendance à avoir soit le nez en l'air soit la tête baissée. Mais comme c'est ma Princesse qui me le demande, j'opine du chef et je souris. Je ferais l'effort de me tenir droite et bien comme il faut. Même si ça me fait un peu bizarre quand même. Sa dernière remarque me fait même rire un peu. Ça, je n'en doute pas une seule seconde qu'elle aura encore à me reprendre sur mon comportement mais ça ne m'ennuie pas. De toute façon, c'est en faisant des erreurs qu'on apprend. Et j'ai dû apprendre beaucoup de choses parce que je me trompe beaucoup aussi.

- Prenons ces robes et continuons notre chemin.

Ah, il fallait déjà les retirer? Quoique, pour passer inaperçu dehors, ce serait mieux, c'était évident. Du coup, je suis retournée dans une des cabines pour me changer. Cette fois, j'ai fait très attention et je ne me suis pas bloquée dans les vêtements. Je ne voulais surtout pas les abimer. J'ai remis mes habits à moi et j'ai même secoué un grand coup la tête, pour remettre un peu ma tignasse en place. Et Tadam, je suis prête. Ma Princesse doit avoir plus l'habitude que moi, elle avait déjà fini elle.

- Oublions donc cette histoire de cache-épaule, j’ai un manteau chez mo… dans ma résidence secondaire qui irait à merveille avec cette robe !

"- C'est une excellente idée, Majesté. Je m'en remets entièrement à votre jugement. Je ne doute pas une seconde que votre garde-robe puisse palier à ce léger détail."

Oui, j'étais à fond dans mon rôle. Je serais la meilleure des Dames de compagnie que ma Princesse puisse avoir. Et maintenant que nous avons nos tenues de Bal, Enora nous guide toutes les deux vers la Dame de tout à l'heure, qui est derrière son petit bureau, là où il y avait le micro.

- J’allais oublier ! Savez-vous danser, Soniya ? Je ne parle pas de ces danses populaires sur lesquelles le peuple de Saint-pétersbourg se trémousse mais bien de la plus belle des danses, celle qui sied le mieux aux altesses ! Je parle, bien sûr, de la valse.

"- Danser? La Valse?"

Bon, je pense que mon regard surpris et interrogateur suffit à répondre à ma Princesse. J'ai vu des gens danser, même très bien, mais moi, à part me trémousser un peu n'importe comment, je ne sais pas danser. Je n'en ai jamais eu l'occasion et ce n'était pas vraiment d'actualité du temps de mon vivant. Mais quelque part, j'avoue que c'est quelque chose qui m'intrigue. Bon, je suis curieuse de nature, c'est vrai, mais si elle me parle de cette danse-là, c'est qu'il y a forcément une raison derrière. J'en suis sure.

"- C'est une danse de la Cour? Vous aimez la danser, c'est ça? Moi, je ne connais pas du tout, le nom ne me dit rien mais bon, je ne connais pas grand-chose alors ce n’est pas étonnant."


Je dis ça très naturellement, en souriant. Bah quoi, c'est vrai. On arrive devant la Dame qui refait un peu les gros yeux avant que je lui présente mes excuses. Je voulais pas l'embêter, je ne savais pas que je n’avais pas le droit. Elle n’a pas vraiment l'air convaincue, je crois qu'elle ne me croit pas vraiment. Mais elle finit par faire une moue un peu lasse avant de me dire que c'est bon pour cette fois. Je suis rassurée, elle n’a pas trop l'air de m'en vouloir quand même. Enfin, ma Princesse discute avec elle avant de reprendre nos robes et ensemble, on se dirige vers la sortie du magasin.

"- Vous allez m'apprendre à danser la Valse du coup? C'est quoi comme genre de musique? Il y a du violon ou de la flute? Ou c'est plus du piano?"


Bah oui quoi, moi et la musique, c'est une grande histoire d'amour. Faute de savoir danser, je sais jouer de la musique. Bon, chanter aussi un peu mais visiblement, ce n'est pas ça le rôle d'une Dame de compagnie alors je ferais comme ma Princesse me dira. Et puis, ça pourrait être drôle. Moi qui ne suis pas très douée, peut-être qu'avec un bon professeur, j'arriverais quand même à aligner trois pas sans me retrouver par terre. En tout cas, j'avais hâte d'essayer.

"- Et maintenant, devons-nous prendre la direction de votre résidence secondaire? Ou alors avez-vous encore des achats à faire? A moins que vous ne deviez rejoindre des amies à vous quelque part. Je vous suis dans tous les cas."
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 8 Déc 2013 - 17:02

La Russe se dirigea vers les caisses, accompagnée d’une Soniya bien bavarde. Avait-elle toujours la langue aussi pendue ? Enora entendait chacune de ses questions ; son entrain faisait plaisir à voir. Toujours aussi adorable. L’étudiante régla les deux achats : les voilà parées pour le bal !

Les demoiselles se dirigèrent vers la sortie, l’air frais les accueillit à bras ouvert. Cela faisait du bien de respirer un tel air pur après avoir passé un long temps au chaud. La brune inspira à grands poumons cet air frais et nouveau avant des jeter un coup d’œil à Soniya et de lui attraper le bras pour être sûre que sa dame de compagnie ne se perde pas au milieu de toute cette foule. Douée comme elle était, elle serait bien capable de suivre une autre princesse que la sienne, emportée par la foule – comme la chanson – sans ne pouvoir faire quoi que ce soit pour lutter contre cette mer mouvante et montante. La population allait et venait, pressée, heureuse de pouvoir faire des emplettes. Les leurs étaient déjà faites. Elles pouvaient se retirer en toute commodité. D’abord, s’éloigner de tout ce monde avant que leurs pieds ne finissent écrasés sous une cascade de chaussures.

- Une question après l’autre, Soniya ! Mais venez, allons respirer un peu plus loin.

Elle attira Soniya avec elle, se frayant un chemin de force, remontant le courant, allant à contre-sens de toutes ces femmes férues de shopping ne pensant qu’à consommer, encore et toujours plus, avec une telle frénésie telle qu’elles ne pourraient s’arrêter que lorsque leur compte en banque serait désespérément à sec.

Une musique vint chatouiller les oreilles d’Enora. N’était-ce pas parfait pour expliquer à sa chère ingénue en quoi consistait la valse ? Elle tourna la tête, cherchant à repérer l’air divin avant d’apercevoir, isolé de tous, un violoniste des rues. Certaines personnes s’étaient arrêtées pour l’écouter jouer d’autres passaient tout simplement leur chemin. Cet endroit serait parfait pour une première démonstration. Aux yeux de tous, sur les pavés de Saint-Pétersbourg en compagnie d’un musicien personnel. N’était-ce pas magnifique ?
Cela faisait maintenant longtemps qu’Enora n’avait plus dansé mais elle n’avait pas oublié. Les cours qu’elle suivait dans cette satanée école privée lui servirait au moins à apprendre la danse à une inculte en la matière. C’était toujours ça de bien, pouvoir donner aux autres, même si le don en question n’était qu’une leçon de danse, minime. Cela lui faisait toujours plaisir.  

Elle se dirigea vers le jeune homme, laissant un court instant la main de Soniya. L’air qu’il jouait ne correspondait en rien à une musique dessinée pour la valse. Il fallait y remédier. Enora réfléchit quelques instants concernant le nom de la musique qu’elle glisserait dans son oreille, faisant honneur à la musique russe.

- Pouvez-vous nous jouer la Valse-scherzo de Tchaïkovski, s’il vous plait ?

Le jeune homme opina de la tête, arquant déjà son violon sur son épaule, heureux de voir que deux demoiselles lui demandaient une requête. La musique se mit alors à vibrer dans l’air. Enora trouvait étrange d’entendre cet air seul, joué au violon seulement, sans l’orchestre qui doit l’accompagner d’ordinaire. Mais elle s’y ferait. Elle laissa la musique enfler en plénitude, côtoyant les nuages, caressant le ciel avant de retourner vers Soniya. C’était beau. Nul doute qu’elle apprécierait.

- Pour danser, la théorie ne sert à rien. Il suffit juste de ressentir la musique et de se laisser porter. D’accord ?

Un exemple vaut mieux qu’un long discours. Malheureusement, la valse se danse en duo, elle ne pouvait rien faire seule. Elle leva la tête vers un arbre, des oiseaux étaient nichés entre les branches, voletant allègrement, se poursuivant, tournoyant à la manière de deux partenaires. Deux rouge-gorge se cherchant, se trouvant pour mieux se fuir par la suite. Un ballet parfait animal. Uniquement composé de plumes. Les rouge-gorge continuaient de décrire des arcs de cercle alors qu’Enora pointait du doigt ces deux danseurs improvisés. La nature fourmillait de mille exemples, il suffisait d’être à son écoute pour apercevoir les signes et les déchiffrer.

- Regarde. Tu vois ces oiseaux ? Danser, c’est ça. Exactement ça. Un langage universel, celui du corps, que même les animaux savent parler. C’est beau, n’est-ce pas ?

Leur relation semblait ne plus être celle d’une princesse et de sa dame de compagnie. Sinon, pourquoi ce tutoiement soudain, sans raison ? Elle-même n’avait pas de réponse. Elle essayait d’apprendre au mieux à la rouquine l’art et la manière de valser. Oui, elle n’avait que ça en tête.

La nature jouait le rôle d’orchestre. Elle accompagnait les deux volatiles dans leur élan, les portant entre les branches, les faisant planer à l’aide d’une légère brise soulevant leurs plumages. Les brises pouvaient être considérées comme les instruments à vent. Mélodieux, harmonieux, ensorcelant. Le son du vent était primordiale. Il amenait une touche fine à l’ensemble qui formait un tout. Les percussions pouvaient être représentées par le bruit des feuilles tombantes, si chères à l’automne. Un son mat, brut, uniforme au précédent. Les feuillages marquaient le rythme à leur façon. Les feuilles étaient les maîtres des autres éléments. Elles instauraient le rythme, sans elles rien ne serait possible. Le bruit fin de l’escalade des insectes pour les cuivres. Ces animaux étaient présents, l’ensemble s’en trouvait alors différent. Un son infime, une mélodie qu’il fallait écouter avec soin pour en percevoir les bruissements, mais bel et bien présente. Un renouveau dans le monde de la musique, dans cette symphonie naturelle. Les vibrations de la terre transmises à l’écorce de l’arbre. Les cordes résonnaient à travers le doux frottement des feuilles secouées par le vent. Cacophonique d’abord, une pure merveille ensuite. Chaque instrument était à sa place dans ce malstrom naturel. Le duo enfin. Deux voix uniques, celles des deux oiseaux. Simples acteurs, danseurs et maîtres en matière d’illusion. Leurs pépiements étaient pour celui qui savait écouter un pur bonheur. Leurs froissements d’ailes représentaient la gestuelle parfaite pour celui qui savait voir. Il fallait voir au-delà des apparences, ne pas se contenter uniquement de ce que les yeux montrent mais déceler les symboles cachées derrière chaque végétal, chaque animal.

- Tu verras, danser, c’est comme voler, sauf que tes pieds ne décollent pas du sol, souffla-t-elle dans le creux de l’oreille de Soniya.

Elle posa son bras gauche dans le dos de Soniya, sans lui demander son avis, puis attrapa sa main droite, laissant leurs doigts s’entrecroiser. Leurs corps étaient près l’un de l’autre, mais n’était-ce pas ce qu’il fallait pour que cette valse soit au mieux ? Elle plongea son regard dans celui de braise de Soniya. Mille feux paraissaient brûler dans ses prunelles. Pourtant, elle n’assistait à rien d’autre qu’à un miroir d’elle-même à travers l’ombre de ces iris. Un reflet ardent, vif, brûlant.

- Tu ne dois jamais me lâcher, est-ce clair ? Dis-toi que nos bras sont un lien qu’il y a entre nous, un lien puissant qui ne dois jamais être coupé. Du moins jusqu’à la fin de la valse, commença-t-elle tout en jetant un coup d’œil à l’arbuste cachant désormais les deux volatiles acrobates et danseurs, l’homme doit mener la femme, je vais jouer l’homme pour cette fois. Mais ne t’inquiète pas, pour ce soir, je te trouverai bien un cavalier qui se chargera de toi, glissa-t-elle à Soniya avec un clin d’œil complice, en attendant, tu n’as rien à faire, si ce n’est te laisser guider.

La musique continuait de narguer les oreilles des deux demoiselles, attendant qu’elles prennent enfin leur envol. Jouer l’homme au sein d’une valse, Enora l’avait déjà fait. Non, ce n’était pas la première fois. Elle adressa un sourire à Soniya pour qu’elle essaye de se détendre. Ce n’était qu’une danse après tout, il n’y avait pas lieu de s’emballer ou de paniquer.

- Une dernière chose : ne réfléchis pas. Oh et j’oubliais, ça risque de tourner pas mal aussi

Ah les premières valses ou la difficulté de tenir debout sans s’écrouler au bout de trente secondes tant cela virevoltait. Oui, elle aurait certes l’impression d’être un oiseau en mouvement mais il allait falloir qu’elle s’accroche et tienne bon.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Lun 9 Déc 2013 - 9:33
Valsons....

- Une question après l’autre, Soniya ! Mais venez, allons respirer un peu plus loin.

Une seconde, je me suis remise à rougir. Au moins, sa phrase avait eu le mérite de me clouer le clapet illico. Bah oui, je savais bien que je me laissais souvent emportée mais là, je ne voulais pas montrer à ma Princesse que je n'avais du tout l'éducation qu'il fallait pour l'accompagner. Alors, j'ai gardé le reste de mes questions pour moi et je me suis contentée de sourire tandis que nous sortions du magasin, nos emplettes sous le bras. L’air était encore vif et frais dehors, ça faisait un gros changement depuis l'intérieur mais quelque part, je préférais. C'est ça aussi, la Russie.

Par contre, heureusement qu'Enora me tenait fermement la main sinon, au milieu de tous ces gens qui avançaient en bloc compact et dans le sens inverse au notre, je l'aurais perdue au moins mille fois. Je m’agrippais à sa main un peu comme une noyée à sa bouée d sauvetage, même si avec ma force d mouche elle ne devait pas vraiment s'en rendre compte. Mais ça ce n’est pas grave. Du moment qu'on restait ensemble, moi j'étais ravie.

J'ai entendu la musique, depuis un moment déjà. C'est des cordes, c'est sur même si avec le brouhaha ambiant j'ai du mal à déterminer quoi exactement. Ma Princesse l'a entendu aussi après, et du coup, notre chemin a changé. Oui, c'est du violon, maintenant j'en suis sûre. Avec le piano, ce sont deux instruments que je rêverais de jouer aussi, en plus de ceux que j'ai déjà. On a eu du mal à arriver enfin devant lui mais finalement, on a réussi. On n’est pas les seules, il y a d'autres personnes qui se sont arrêtées pour l'écouter et lui donner quelques pièces. J'aimerais lui donner quelque chose moi aussi, mais j'ai rien du tout.

- Pouvez-vous nous jouer la Valse-scherzo de Tchaïkovski, s’il vous plait ?

Un instant, j'ai eu peur quand la main d'Enora avait lâchée la mienne mais au final, tout va bien. Je ne connais pas le nom de la musique qu'elle a demandé mais le musicien à l'air drôlement content et ça suffit à me faire plaisir. Quelques notes douces et simples, pour poser la mélodie, puis la musique qui gagne en puissance pour emplir entièrement les lieux. Une sensation que j'adore, celle de ne plus vivre qu'entourée de cette agréable magie.

- Pour danser, la théorie ne sert à rien. Il suffit juste de ressentir la musique et de se laisser porter. D’accord ?
- Regarde. Tu vois ces oiseaux ? Danser, c’est ça. Exactement ça. Un langage universel, celui du corps, que même les animaux savent parler. C’est beau, n’est-ce pas ?


Je regarde les oiseaux en question. Je peux deviner leurs mouvements presque avant qu'ils ne les fassent, tellement j'ai l'habitude de passer mon temps le nez en l'air. C'est vrai, on dirait qu'ils dansent, que c'est la musique qui les animent alors que je sais très bien qu'ils n'ont pas besoin de ça pour être les meilleurs acrobates du ciel qui puissent exister. Mais finalement, les oiseaux n'étaient pas les seuls concernés dans cette histoire. L’arbre, les feuilles, tout le décor alentour prenait lentement sa place et son rôle, aussi infime soit-il. Comme si tout le monde s'était passé le mot pour que de simples notes deviennent finalement le battement de cœur même régissant tout ce bel ensemble. J'observe, fascinée, ce spectacle que ma Princesse et moi sommes sans doute les seules à voir. Mais c'est ça aussi la magie.

- Tu verras, danser, c’est comme voler, sauf que tes pieds ne décollent pas du sol,

Hein? Euh quoi? Ah oui, danser, c'est vrai. Avec tout ça, j'en avais presque oublié la raison exacte de ma présence ici. Danser c'est comme voler? Si je l'avais su, j'aurais voulu apprendre plutôt, moi qui rêve de pouvoir partager le ciel avec les oiseaux. Je mets une petite seconde à me détacher de ce spectacle et déjà, je me retrouve limite emprisonnée dans les bras de ma Princesse. Mais pourquoi elle me tient comme ça? On est beaucoup trop collée, on va se marcher dessus, surtout vu comment je ne suis pas douée. Pourtant, je ne cherche pas non plus à me débattre pour reculer, seulement, je ne comprends pas tout.

- Tu ne dois jamais me lâcher, est-ce clair ? Dis-toi que nos bras sont un lien qu’il y a entre nous, un lien puissant qui ne dois jamais être coupé. Du moins jusqu’à la fin de la valse, l’homme doit mener la femme, je vais jouer l’homme pour cette fois. Mais ne t’inquiète pas, pour ce soir, je te trouverai bien un cavalier qui se chargera de toi, en attendant, tu n’as rien à faire, si ce n’est te laisser guider.

Ne pas la lâcher. Ça, ça ne risque pas d’arriver. Un lien incassable entre nous. Est-ce que j'ai le même avec ma Tanya, même si on ne danse pas ni l'une ni l'autre? L'Homme qui mène et Enora fait l'Homme. Ça vaut mieux parce que je n’y connais rien moi. Ce soir, un cavalier? Parce que déjà ce soir, je saurais danser la valse? Ça ne va pas un peu vite tout ça? Ne rien faire, me laisser guider. Bah je ne risque pas de faire grand-chose d'autre de toute manière. Finalement, c'est presque rassurant qu'elle me dise que je n'ai que si peu de choses à m'occuper. La musique ne s'est jamais arrêtée autour de nous et finalement, je suis curieuse de voir la suite.

- Une dernière chose : ne réfléchis pas. Oh et j’oubliais, ça risque de tourner pas mal aussi

Ne pas réfléchir? Ça va tourner? De toute façon, je n’ai pas trop le temps de me poser plus de questions parce que ma Princesse se laisse entrainée par la musique et du coup, bah, moi je suis. Heureusement qu'elle me tient bien parce que sinon, dès les premiers pas, j'aurais finis par terre. Je n'arrive pas à savoir où fixer mes yeux. Si je regarde le ciel ou Enora, ça tourne vite et je me sens perdue. Alors, je fixe mes pieds et ceux d' Enora. Les siens font des petits pas surs et précis, les miens sont beaucoup plus approximatifs et même pas très rassurés. Pourtant la musique est régulière, rythmée et facile à décomposer et rapidement, c'est mon oreille qui va prendre le pas sur le reste.

Je ferme les yeux, pour ne plus penser aux gens autour ni à rien. Je deviens un oiseau et je vole, simplement portée par les pas de ma Princesse. Bon, ce n'est pas encore ça mais au moins, je tiens debout. Et j'ai presque l'impression que j'ai compris comme ça marche. Alors je souris, encore et toujours. Et je rigole même un peu, comme une vraie gamine enivrée de tellement tourner. Je finis par entrouvrir les paupières, mais ce que je vois me fais les ouvrir en grand, avec surprise et étonnement.

Sur cette petite place, devant un violoniste isolé, des dizaines de personnes se sont mises à danser ensemble. Et les différences de tous ces gens rendent la valse encore plus belle. Pas de robes de bal mais les manteaux tournent comme des jupes. Pas de couronnes mais des chapkas et partout des regards qui pétillent et des sourires. Ça, c'est ce qui me fait le plus plaisir. En fait ma Princesse, elle est magicienne. Elle aussi, elle offre du rêve aux gens.

Et puis, la danse se termine. Les dernières notes s'envolent pour rejoindre les oiseaux, loin dans le ciel. Je suis presque déçue mais je suis heureuse. Bon, je n’ai pas été la meilleure danseuse présente, loin de là. Mais j'ai réussi à faire une danse sans tomber. Par contre, l'arrêt fut traitre. Ouh, ça tourne. Et finalement, c'est là que j'ai fini par chanceler avant de finir par terre sur les fesses dans un grand éclat de rire enfantin.

"- Ça tourne encore plus que les manèges. C'était trop bien. Bravo!!!"


Et j'applaudis. Le musicien, Enora, les autres gens présents autour. Certains rigolent, d'autres applaudissent aussi et finalement, lentement, le monde reprends son cours qu'il avait suspendus, chaque reprenant de son côté le cours de son existence mis entre parenthèse le temps d'une valse improvisée. Je me relève doucement, faisant attention à ne pas retomber, la tête arrêtant de tourner mais au ralenti.

"- C'était rigolo. J'ai beaucoup aimé. Tu danses drôlement bien, tu sais? Promis, pendant le Bal, je ne tomberais pas en m’arrêtant. Je ferais plus attention."
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 29 Déc 2013 - 16:29

Cela tournait sans que Soniya ne puisse empêcher quoi que ce soit. Elle s’accrochait, fortement, d’abord impressionnée et apeurée avant faire finalement confiance à Enora. Non, la Russe ne la lâcherait pas. Jamais. Elle la tenait avec assurance, elle avait l’habitude de danser et la rouquine ne risquait rien, si ce n’est d’avoir le tournis à la fin.

La musique continuait son envol, emportée par son élan impétueux, les notes venaient et allaient caresser les cimes des arbres, chatouillant les oiseaux pour se placer à leur hauteur et disparaître enfin, derrière les frondaisons. À jamais. L’étudiante lâcha les mains de sa partenaire de danse, riant lorsque celle-ci atterrit au sol. Elle aurait peut-être dû lui donner un dernier conseil, et non des moindres, pour éviter de se retrouver dans un tel état.

- Est-ce que ça va, Soniya ? s’inquiéta tout de même Enora tout en lui tendant sa paume pour l’aider à se relever, j’avais oublié de te dire une chose : toujours fixer un même point sans jamais s’en détacher. Ça t’aurait peut-être permis d’éviter de finir… comme ça !

Plus de peur que de mal. Heureusement que sa dame de compagnie ne portait pas sa magnifique robe, sans quoi, elle aurait été bonne pour en changer de suite. Ses vêtements avaient quelque peu pris la poussière mais rien de grave. Aucune déchirure, aucune plaie qui ne saurait être époussetée.  

Le principal était que cette valse improvisée lui ait plu. L’important était de s’amuser, toujours jouer les princesses ; le peuple rassemblé allait finir par réellement croire que ces deux-là étaient de sang royal à force de continuer leur jeu de rôle ! Mais la foule ne s’interrogea pas davantage sur cette rouquine, se dispersant déjà. La musique était finie et le violoniste, grâce à cette attraction sortie de nulle part, avait pu glaner plus d’une pièce. De quoi satisfaire tout le monde.

- Toi aussi tu as très bien dansé, pour un premier essai ! la félicita-t-elle, je me rappelle de ma première valse, j’étais tombée à peine la musique avait débuté !

Oh les joies des cours imposés dans cette satanée école privée ! Si quelqu’un avait dit un jour à Enora que ses anciens cours de danse lui serviraient pour retomber en enfance, elle ne l’aurait pas cru.

Soniya sur ses talons, la brune réfléchit à la suite du programme. Elles avaient fait beaucoup de chemin depuis leur rencontre devant ce poste de télévision. Entre la ballade en calèche, les essayages de robes de princesse, les leçons de bienséances et enfin, la valse. Quel beau programme pour deux personnes de sang royal ! Enora ne savait pas sur quoi porter la suite des festivités. Qu’aurait fait Anya à sa place ? C’était elle, la vraie princesse, cette Anastasia légendaire du film d’animation. Elle qui les avait inspirées et les avait embarquées à sa suite dans son monde. Alors, il fallait essayer de prendre exemple sur elle, en tant que modèle qu’elle était, ses idées ne pourraient qu’être bonnes. Alors, qu’aurait fait Anastasia  à la place d’Enora Vilkas ?

- Midi approche, allons manger !

Ou l’occasion parfaite pour initier son apprentie à l’art de la table ! De plus, après leur matinée bien remplie et riche en émotions fortes, les estomacs criaient famine. Il fallait pallier à ce problème. Il ne sera pas dit que la Russe laissera sa dame de compagnie mourir de faim.
Enora attrapa donc Soniya par la main et c’était reparti pour un tour ! À nouveau, la demoiselle avançait en tête, tirant Soniya, la guidant pour éviter qu’elle ne soit emportée par cette mer mouvante du peuple. A-t-on idée de se ruer vers les magasins en un jour où la princesse est de sortie ? Aucun respect.

Les fillettes remontaient le courant, à la manière de deux saumons, les paquets contenant leurs robes sous le bras. De son côté, Enora guettait une enseigne de restaurant. Enfin, l’une d’elles se détacha du reste. La demoiselle n’y avait jamais mangé mais au moins pourraient-elles goûter de la cuisine typiquement russe dont Enora raffolait. Mais après tout, peut-être n’était-ce pas ce dont avait envie son invitée ? Etant donné la consonance de son nom, nul doute que c’était une compatriote. Peut-être avait-elle envie de varier les saveurs et de goûter des mets totalement différents ?

- Tu préfères manger local ou autre chose ? On peut toujours chercher un autre restaurant, plus exotique, si tu en as assez de la nourriture russe ? À toi de voir.

La demoiselle reprendrait à cœur son rôle de princesse plus tard, une fois à table. Pour le moment, autant garder le tutoiement. Le vouvoiement serait de mise, lorsqu’elles rempliront enfin leur panse. Nul doute qu’il y aura nombre de réprimandes à faire sur la manière de manger de Soniya. On ne s’improvise pas princesse du jour au lendemain.
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Re: Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses.... - Dim 29 Déc 2013 - 17:26
Après l’effort, le réconfort....

- Est-ce que ça va, Soniya ?
J’avais oublié de te dire une chose : toujours fixer un même point sans jamais s’en détacher. Ça t’aurait peut-être permis d’éviter de finir… comme ça !


Pour le coup, ma seule réaction c'est de me remettre à rire. Bah oui quoi, je ne vais pas pleurer pour ça non plus. Et puis, je ne me suis même pas fait mal. Sans compter que le fait de rire, ça fait aussi sourire les gens autour et ma Princesse aussi. Pas la peine qu'elle s'inquiète pour si peu, si elle savait combien de fois je tombe ou je me cogne contre tout et n'importe quoi en général, elle ne s'en ferait plus autant à mon propos. Il n'empêche, je saisis sa main avec un sourire avant de remettre debout. Voilà, il n’y a pas de mal. Bon, un peu de poussière et des plis peut-être pas tout à fait normaux sur mes affaires mais rien de grave. Hop, deux trois secousses et tout est nickel.

- Toi aussi tu as très bien dansé, pour un premier essai !
Je me rappelle de ma première valse, j’étais tombée à peine la musique avait débuté !


Cette idée me fait drôlement sourire. Après avoir tourné dans tous les sens avec ma Princesse, je ne l'imagine pas du tout tombé aux premiers pas esquissés. Mais quelque part, je suis contente aussi. Peut-être qu'un jour, je saurais danser aussi bien qu'elle? Bon, je ne vais pas faire de plans sur la comète non plus parce que bon, moi et ma maladresse maladive, je ne suis pas certaine que la danse, surtout la valse, soit un bon compromis. Cela dite, l'idée me plait quand même. J'essaierais sans doute de m'entrainer un peu quand je serais rentrée à la Deus, dans la chambre. Quand Tanya ne sera pas là. Comme ça, si j'arrive à quelque chose, je pourrais lui faire la surprise.

Lentement, la piste de danse se vide et les gens repartent chacun de leur côté vaquer à leurs propres occupations. C'est dommage mais bon, ils ont des choses à faire, je peux très bien le comprendre aussi. Il y a que des gens comme moi pour se promener simplement le nez en l'air et s'émerveiller de tout.

- Midi approche, allons manger !

Midi, déjà? Je n'ai pas du tout vu l'heure passée mais je veux bien croire ma Princesse parce que je sens que mon ventre commence à faire des siennes. Lui aussi il a noté l'heure on dirait et il n’aime pas sauter un repas. Enfin, dans tous les cas, Enora vient attraper ma main et hop, me voilà de nouveau attirée par ma Princesse à travers les méandres de tous les gens présents dans le coin. En plus, comme par hasard, nous on ne va pas dans le même sens que tout le monde alors du coup, ce n’est pas toujours facile d'avancer comme il faut. Mais visiblement, ma Princesse sait parfaitement où elle veut aller et les gens, en général, la laisse passer. Je suis sure qu'ils savent qui elle est en réalité et que c'est pour ça qu'ils lui cèdent le passage.

Au bout d'un moment de course à contre-courant où j'ai serré très fort la main de ma Princesse pour être certaine de ne pas la perdre en cours de route, on finit par s'arrêter devant une enseigne très jolie. Ah, je crois qu'on est arrivé. En tout cas, même de dehors, ça sentait drôlement bon. Et pour le coup, j'ai un peu oublié mes bonnes manières et je suis venue coller mon nez à la vitre, pour voir à quoi ça ressemblait à l'intérieur, trop curieuse pour attendre.

- Tu préfères manger local ou autre chose ? On peut toujours chercher un autre restaurant, plus exotique, si tu en as assez de la nourriture russe ? À toi de voir.

Hein, quoi? C'était quoi cette question? Il y avait d'autres nourritures que celle qu'on mangeait ici? Pour le coup, je restais un peu perplexe. Bon, c'est qu'à l'Académie on peut manger des tonnes de trucs tous supers différents mais je me suis jamais demandé d'où ça venait vraiment. Et de mon vivant, on ne mangeait pas vraiment grand-chose alors, oui. Je ne m’attendais pas à cette question. Et puis, finalement, mon ventre a fini par se manifesté un peu bruyamment. Oui, je n’avais pas mangé beaucoup ce matin, trop pressée de venir ici et du coup bah là, j'avais faim. Je pose mes mains dessus, comme pour le faire taire et je rougis, un peu gênée. Ça ne se fait pas devant un Princesse, ça.

"- Oh, de la nourriture, ça me ferait drôlement plaisir. J'en ai pas mangé beaucoup en fait, on n’avait pas les moyens pour de la vraie cuisine alors, je suis curieuse de voir à quoi ça ressemble vraiment."

Et puis, c'est un restaurant. Je suis jamais entrée dedans moi. Alors, c'est un peu intrigué que j'ai fini par pousser la porte, en m'assurant que ma Princesse est bien toujours avec moi. Je lui tiens la porte et j'observe les lieux. C'est beau, c'est chaleureux. C'est vraiment super sympa. Par contre, les gens sourient as beaucoup, je trouve ça triste. Et il y a une question qui me tracasse. J’hésite un peu avant de finir par la poser discrètement à ma Princesse.

"- Enora, pourquoi les gens d’ici ils sont tous habillés pareil? C'est comme un bal costumé? Et puis, il y a de la place, ils veulent pas s'asseoir?"
Si je veux être une altesse, je dois faire des prouesses....
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