Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Un bond dans le passé [quête]

 
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Un bond dans le passé [quête] - Sam 19 Oct 2013 - 10:43

Janma avait fini par se lasser.

Les jours à l'académie étaient une douce litanie ordinaire et sans surprise, et il avait fini par s'y habituer. Pendant un temps, il avait cru égayer ses journées en bonne compagnie. C'était sa rencontre avec Sven, qui avait transformé sa mort de petite gloire en moment intéressant. Et puis, il avait fauté. Il s'était fait avoir, et avant qu'il ne puisse comprendre comment cela lui était arrivé, Janma gisait mort au pied d'une falaise.

L'ironie de la chose était sans doute qu'il se croyait invincible avant de faire une idiotie de plus, une idiotie de trop qui l'avait précipité vers sa propre chute, et coupé du monde pendant plus de trois mois. Il était sorti sur les hauteurs aux alentours de l'Académie, pour éprouver les capacités qu'offraient ses nouveaux pouvoirs, et ses ailes plus solides et efficaces encore que les précédentes. Dans son absolue bonté sans regard sur le bien ou le mal perpétré par ses élèves, Deus savait être généreux. L'idée pourtant lui avait semblée séduisante. Il avait trouvé la falaise la plus haute possible, et avait laissé sortir ses ailes. Puis après un bref regard au sol, et un baiser porté sur son collier porte-bonheur, il s'était lancé dans le vide.

Le vent avait été incroyablement fort. La puissance avec laquelle la gravité l'avait attiré au sol l'avait littéralement fait pleurer. Physiquement, ses yeux étaient agressés par la vitesse à laquelle il tombait. Mentalement, il n'avait jamais éprouvé une telle liberté. Il aurait pu se montrer sage, déployer ses ailes, se laisser porter par le vent bien plus tôt, mais Janma avait décidé de pousser le vice et tenter le diable à son propre jeu. Et puis, lorsqu'il arriva à la cîme des arbres, il déploya ses ailes, les laissant prendre le contrôle avec autant de puissance qu'un parapente dans une tornade. La douleur fut immédiate. La déchirure de son corps fut si violente que son cri de joie se teignit de pourpre. Les ailes déchirées, en chute libre, Janma s'écrasa comme un oeuf au pied de la falaise, et mourut sur le coup.

La suite avait été une brume étrange où il avait l'impression de n'être rien. Petit à petit, ses sensations s'étaient tues. Le toucher. L'odorat, le goût. L'ouïe. Tout avait disparu lentement, le laissant les yeux grands fermés sur le vide intégral. Il ne savait pas combien de temps il avait passé dans cet "état", mais il s'était réveillé un jour d'Automne, la pluie sur le visage, un froid à en claquer des dents le saisissant sur chaque parcelle accessible de son corps - autrement dit, la totalité, étant donné qu'il était parfaitement nu.

Ce n'était pas l'air frigorifiant ni la pluie qui l'avaient tiré de son sommeil éternel. Non, ce fut le cri, strident, sincèrement horrifié, d'une femme. Il avait lentement ouvert les yeux, aussi peu enclin à se lever qu'au lendemain d'une soirée trop arrosée. La nuit. Noire. Ses yeux firent lentement le point. Sa tête tambourinait avec violence, ses bras le lançaient avec force. Il avait la langue râpeuse, le corps tout endolori, et surtout... il ne savait plus où il se trouvait.

Il avait l'impression d'être dans un épais, un désagréable brouillard. Il fixa un moment ses jambes, elles étaient dénudées. Il était sale. Il sentait la sueur. Il sentait le sang. Et il craignait que l'immobilité soudaine de tout son corps ne soit pas réellement le fruit du hasard.

??? : Ah, notre invité est réveillé.

Il ne reconnaissait pas cette voix. Son corps tout entier en revanche semblait y réagir. Il se tendit. Son rythme cardiaque accéléra, comme s'il avait peur. C'était ridicule. Janma n'avait jamais peur de rien, sinon de sa mère. Il tenta d'ignorer le sentiment de sincère terreur, et se rendit compte qu'il n'était pas sous la pluie, comme il avait pu le croire à cause de l'humidité. Il était vraissemblablement dans un cachot. Accroché pieds et mains liées. Au-dessus de lui, quelque chose s'écoulait du fond d'un seau, et il n'était pas sûr que cela soit de l'eau de pluie. Il ne sentait de toute manière plus aucune odeur, ce qi était visiblement très heureux compte tenu de la position dans laquelle il était.

Etrangement, il savait qu'il était là depuis plus de quelques minutes. Sans doute même quelques jours, puisqu'il remettait un nom sur le visage de l'homme qui s'approchait de lui. C'était son bourreau. Et il était là depuis au moins une semaine. Nourri au strict minimum pour survivre. Pansé un jour, torturé le lendemain. Ce qu'il faisait là en revanche lui échappait totalement.

Janma : Où... où... ?

??? : Oh non, encore. Décidément tu es le pire suspect à interroger de toute ma carrière, J-j-janma Ourvarata. Angleterre, 1888, tu es accusé de crimes multiples et de complicité de dissimulation.

Janma : R...ridicule...

Il entendit une manivelle activée, se mit à hurler. Un de ses orteils le lâcha, semblait-il. Non. Un de ses orteils l'avait déjà lâché. Il jeta un regard las au reste de son corps. Des pieds à la tête, il était abimé. Pas une seule part de son corps n'était sauve - sinon, Deus soit remercier, celle que tout homme devait garder intacte. Depuis combien de temps était-il ici ?

??? : Résumons, veux-tu. Tu es indien. Tu viens d'une famille de la haute classe, et pourtant personne à la cour n'a jamais entendu de toi.

Janma : Je suis... un dieu...

Il entendit son bourreau marquer un arrêt, puis éclater de rire. Ce fut son tour d'avoir un regard assassin. Sa table bascula en avant, il se retrouva à demi debout, toujours accroché par les poignets. Il resta fier, toisa le gros homme chauve qui s'occupait de le faire parler. Parler pour quoi au juste ?

??? : Je ne connais qu'un dieu garçon, et il ne serait pas accroché ici s'il avait participé à l'assassinat de prostituées.

Janma : ... vous faites une erreur...

??? : Certains disent qu'ils t'ont vu discuter avec un homme, et échanger des propos extrêmement... rétrogrades sur la place des femmes juste avant qu'une autre de celles-ci se fasse exécuter.

Janma : C'est faux... je ne sais pas de... de quoi vous parlez.

??? : Oh... c'est dommage.

Le prince des sables fronça le nez. Il regarda ailleurs, ferma les yeux, attendant un choc. Le poing de son bourreau s'enfonça dans son visage avec force. Il se mit à tousser, cracha du sang, la respiration sifflante. Son nez. Il venait d'exploser littéralement son nez. Il ne cria pas. Il garda, la tête droite, toute la fierté dont il disposait.

Janma : Jy suinen vemc ta bida.

??? : Parle-moi dans un dialecte compréhensible garçon, cela nous aidera tous les deux.

Janma ne comprenait pas. Sa mémoire était une suite incohérente de faits divers. Il s'était tué sur le sol de cette falaise. Et ensuite... il était arrivé en Angleterre. Oui, c'était ça. Un homme étrange, très élégant, mais caché par un chapeau et une écharpe l'avait pris en charge. Il l'avait habillé, lavé, coiffé. Il l'avait ensuite nourri, et ils avaient tous deux discuté dans une auberge, autour d'un bon repas. Janma s'était gentiment moqué de son hospitalité, en lui disant qu'une femme devait l'attendre quelque part. Il lui avait répondu qu'aucune femme ne l'attendait. Et ils avaient alors plaisanté.

Dans une époque ou dans une autre, on trouvait toujours des connards misogynes prêts à tuer pour asseoir la domination des hommes sur les femmes. Et Janma avait passé alors la plus agréable soirée depuis son arrivée à la Deus Academia. Il avait totalement oublié qu'il devait exister une raison à sa présence, ici. Il avait plaisanté, bu jusqu'à plus soif, et s'était finalement éclipsé dans la chambre qu'on lui avait généreusement payée. Il avait été réveillée trois ou quatre heures plus tard par quatre Bobbys en armes l'accusant de complicité de meurtre. Le reste était confus. Il avait été brutalisé, jugé bon pour la torture, et emmené ici, au sous-sol d'un obscure château, manoir, ou Deus seul savait quoi.

Janma : Je regrette, je ne peux pas vous aider.

Il senait sa voix trembler, son courage s'effriter. Il perdait lentement l'esprit et sa fierté. Il se sentait se fendiller de l'intérieur. Sa carapace de titane était en train de partir en lambeaux, et elle choisissait de le faire au pire moment possible.

??? : Quel dommage, Janma. Nous avons une règle ici.

Janma : Quelle es-RMMPF !

??? : Ta gueule. Je parle, pour une fois.

Janma renversera la tête en arrière, un sourire aux lèvres. Il s'entendit rire. C'était ridicule. Il suffisait de lui dire ce qu'il advenait des détenus. Il n'allait pas se mettre à hurler, frapper du poing ou le supplier. Il n'était pas impressionné. Il avait seulement peur. Peur de rester ici des jours durant. D'être blessé, torturé, mutilé tant de temps qu'il ne se souviendrait pas de son nom.

??? : Cela fait neuf jours, et tu n'as pas lâché autre chose que tes sottises sur Deus et ton rôle dans une académie de fou furieux. L'asile refusera de te prendre en charge. Il ne nous reste qu'une solution.

Il baissa son regard sur son bourreau. Enfin. Janma avait apprécié son voyage dans cette époque le temps que l'amusement avait duré. Autrement dit, une soirée. Une seule soirée pour observer les tenues des dames, les carioles à chevaux, le début des automobiles. Les gamins criant pour vendre le journal. Il aurait aimé pouvoir vivre plus longtemps dans cette époque. Se rendre dans un salon, faire la cour à des dames riches et bien pensantes. Il aurait aimé pouvoir s'habiller en gentillhomme, jouer les faux paroissiens dans un temple protestant. Oh, oui. Janma avait à peine eu le temps de profiter.

Janma : Vous voulez toute la vérité...

??? : C'est trop tard garçon.

Janma : Je suis Janma Urvarata, roi des voleurs. Prince des sables. J'ai conquis des contrées, vendu corps et âmes de centaines de mes compatriotes. Je suis esclavagiste, menteur professionnel. Et je suis un dieu.

??? : Tu es fou à lier garçon... arrête donc. Tu vas dormir sagement.

Janma darda sur lui un regard haineux. Un regard prêt à lui trancher la gorge dès qu'il aurait l'esprit de libre. Il n'en eut pas l'occasion. Deux lames. Ce fut la dernière chose qu'il vit, avait de hurler à la mort. Les yeux crevés, la lame traversa son cerveau immédiatement, lui laissant quelques secondes à peine d'agonie brûlante. Il eut un spasme violent.

Et se redressa.

En sueur, hurlant, dépeigné, la tête endolorie, les jambes tremblantes. Il vit, devant lui, la marque de l'infirmerie. Il déglutit, se sentit mal, trembla de tous ses membres, et vomit à coté de son lit. Autour de lui, des élèves. Au dessus de sa tête, le plafond rassurant de l'Académie. Il était revenu. Combien...de temps...

Il se leva, trébucha dans ses draps, se redressa, s'accrocha au lit voisin.

Janma : Je suis vivant...

Il était fou. Pupilles dilatées, regard perdu. Totalement fou. Pourquoi avoir souffert pour revenir ?

Janma : Je suis... vivant...

Tout cela alors, n'était-il vraiment qu'un mauvais rêve ?
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Re: Un bond dans le passé [quête] - Sam 19 Oct 2013 - 11:30

Franchement, je plaindrais presque ce pauvre Janma. Ce genre de rêve, il y a plus sympathique à faire mais j'aime beaucoup la façon dont tu l'amènes, en disant les choses sans trop en dire en même temps. Subtilité mêlé de torture, c'est un cocktail détonnant mais qui te réussit bien. Alors bravo à toi.

Janma :  250 xps + 300 xps de bonus quête

Xps attribués : Yep
Un bond dans le passé [quête]
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