Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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So we are bound ?

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So we are bound ? - Sam 14 Sep 2013 - 15:01
Le soleil s'apprêtait à embrasser l'horizon. Les dernières rayons venaient caresser les façades des bâtiments de la ville, faisant sans cesse des jeux de lumière avec les vitres incrustées dans celles-ci. Une légère brise soufflait, animant les fumées qui s'échappaient de certaines cheminées, dressées comme des tombes au loin, sur le champ de bataille qu'étaient les toits de Saint Pétersbourg. En cette fin de journée, l'air froid était saturé de l'odeur de la nourriture, mais il y avait là également celle de la pluie récente qui s'était abattue sur la région. Il y avait aussi celles du sang et de la poudre, imperceptibles aux nez des habitants de cette ville. Ils demeuraient ainsi blottis dans l'insouciance de leur quotidien monotone, tandis qu'une ombre progressait de toit en toit, agile et silencieuse à la fois.

Une mission. Voilà ce qui avait pu amener Rain en Russie, dans cette ville où les touristes ne manquaient pas. La beauté des bâtiments et divers monuments laissait néanmoins la membre du Conseil complètement impassible, ne possédant pas la moindre notion de ce genre. Au moins, cela lui évitait de courir le risque de subir le syndrome de Stendhal, et surtout cela lui permettait de se concentrer sur sa tâche. C'était ainsi que fonctionnait la chose : pour espérer grimper les échelons, il fallait inévitablement se salir les mains. Et puis franchement, au point où elle était... Elle n'était plus à ça près.

Toute personne se trouvant dans sa situation se sera naturellement demandée jusqu'où la mènera ce jeu. A la mort ? A la victoire de l'Académie ? A la paix dans le monde ? A vrai dire, la question du bien et du mal ne l'intéressait pas. Après tout, à quoi s'attendre d'autre de la part d'une arme vivante ? Tout ce qu'elle souhaitait, c'était préserver le peu qu'elle avait réussi à obtenir. Faire en sorte que son monde ne redevienne pas ce Néant. Le reste... Deus, les humains, les renégats, Rain s'en contrefichait. En bonne obstinée qu'elle était, une seule voie lui suffisait. Quant à jusqu'où cela la mènerait, cela n'avait pas d'importance. C'était le parcours qui comptait. De toute manière, personne n'était à l'abri d'un imprévu, alors pourquoi penser à la fin ?

A présent la jeune femme errait à nouveau comme un fantôme sur les toits de Saint Pétersbourg. Les transports en commun, elle n'avait jamais aimé ça. Alors elle faisait comme avant, au temps où l'enseignante n'était qu'une arme sans conscience, et parcourait ses trajets à pied. Au-dessus des bâtiments, la vue était imprenable et on se repérait tout de suite plus facilement.

Un courant d'air plus fort que les autres amena à son flair une odeur peu agréable. De la viande... Berk. Par contre, cela suffit pour lui faire se rendre compte que son estomac était vide. Cela faisait bien quelques jours que c'était le cas. La manière dont elle avait été programmée permettait à Rain de rester à jeun pendant une longue période, histoire de rendre la chose pratique lors des missions. Seulement cette fois, elle avait bien envie de se mettre quelque chose sous la dent. Mais pouvait-elle seulement espérer trouver quelque chose chez ces humains majoritairement friands de viande ?

Ce fut alors que son regard s'arrêta sur un détail, alors qu'il balayait les alentours à la recherche de quelque chose qui pourrait satisfaire à ses besoins. Sans doute devait-elle halluciner mais dans l'un des jardins s'alignant à quelques mètres en-dessous d'elle, il y en avait un qui était composé d'un potager. Quel miracle… Sautant de son toit, la jeune femme atterrit souplement sur l'une des branches de l'arbre qui se dressaient au bord du jardin. De là, elle pourrait sauter dans la minuscule allée qui traversait le potager sans se soucier d'écraser des plantations au passage. C'était qu'elle n'aimait pas le gaspillage…

Les semelles de ses rangers se trouvèrent ainsi dans la terre granuleuse sans la moindre discrétion, alors qu'elle marchait parmi les légumes sans se soucier plus de passer inaperçue. Après tout, personne ne lui avait appris les principes de propriété privée, pas plus que voler était un acte punissable par la loi, et contraire aux moeurs humaines. Ce fut ainsi qu'elle attrapa quelques tomates. N'ayant pas nécessairement envie de se poser sur un sol encore humide, elle sauta sur un muret couvert par les feuilles et branches d'un cerisier, puis croqua dans son butin.



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Re: So we are bound ? - Sam 21 Sep 2013 - 15:27

Ah dure journée que celle d’Enora ! À croire que ces mois de vacances lui avaient siphonné le cerveau au point que la pauvre demoiselle ne se souvienne plus de l’architecture de son université. Le bâtiment, là n’était pas le problème, le trouver avait été fort simple. Elle n’avait pas Alzheimer, tout de même. Mais s’y repérer… Un vrai cauchemar ! Maudits halls différents, maudits étages ! Un étage trois impossible à atteindre si ce n’est grâce à un seul et unique escalier, un étage dit « carrefour » où elle pouvait se paumer à loisir… Pauvres petites premières années. Ils devaient bien galérer, eux. Bien plus qu’elle, certainement. À croire que ce lieu n’était qu’une réplique exacte de Poudlard, les escaliers mobiles en moins. Heureusement, d’ailleurs. Alors oui, se perdre cela fatigue, en plus d’avoir une après-midi de cours bien remplie. La première. Mais qu’elle laisse ces soucis derrière elle, jusqu’à demain matin, au moins, où la routine reprendrait alors le dessus, s’installait peu à peu. Monotone. Un train de vie qui ne lui avait pas manqué.

Même si étudier n’était pas de tout repos, au moins pouvait-elle s’estimer heureuse de n’avoir pas de long trajet à effectuer. Nul transport en commun pour mademoiselle, elle était bien au-dessus de ça ! La marche était son moyen de locomotion car le hasard avait souhaité que seules dix minutes la séparent de ce lieu de servitude et d’esclavage que l’on nomme université.

Les clefs de la Russe vinrent déverrouiller la serrure, la demoiselle traversa le couloir, son sac en bandoulière sur l’épaule et se dirigea vers la terrasse. Autant revoir ses cours dans un cadre agréable plutôt que confinée entre quatre murs. La table portait encore les traces de la pluie, Enora y laissa un léger coup de chiffon pour que l’humidité disparaisse et éviter que ses feuilles ne se gorgent d’eau. Ce serait vraiment dommage. Elle tira la première chaise et se posa dessus. Ses yeux rencontrèrent ceux d’une femme à peine plus âgée qu’elle, tomate en main. Chez elle. Une de ses tomates. Drôle de façon d’agir pour une voleuse que de manger chez sa victime.

- Vous…

Enora pointait du doigt cette inconnue fraîchement débarquée. Sans gêne. Première fois que la brune découvrait une voyageuse se régalant de ses tomates. Il y avait de quoi être étonné, il était tout naturel que l’étudiante ne sache quoi dire, cherchant ses mots. Elle aurait très bien pu hurler pour ameuter les voisins mais l’autre gloutonne n’avait pas l’air bien méchante. Juste affamée. Mais n’y avait-il pas d’autres manières de se nourrir que de chiper des légumes à une honnête demoiselle ?

- Vous êtes rentrée comment ?

Question très utile, si Enora devait avoir à payer les frais d’une vitre brisée, autant qu’elle le sache de suite. Peut-être aurait-il été plus urgent de la questionner sur d’autres sujets ? Mais voilà tout ce qui était venu à l’esprit d’Enora, gardant son calme malgré la situation burlesque. Voilà, c’est craché. Une inconnue qui vient choisir son potager pour se sustenter, c’était digne d’une pièce de Marivaux. À quand la fin de cette longue et angoissante scène d’exposition ?
La Russe se leva et alla constater l’étendue des dégâts. Les légumes de sa mère tout de même, elle ne pouvait pas ne pas aller jeter au moins un léger coup d’œil ! Fort heureusement, plus de peur que de mal, les tomates brillaient toujours autant depuis leurs grappes rouges à souhait. Une seule manquait à l’appel. À mi-chemin entre la bouche de la visiteuse et son estomac. Enfin, autant la lui laisser maintenant qu’elle l’avait entamée. Ce n’était pas cela qui allait changer grand chose.

- Elle est bonne, au moins ?

Et sinon c’est normal de discuter comme si de rien n’était avec une criminelle ? Oui, crime il y a ! Du vol pur et simple ! Mais non, mademoiselle Vilkas préférait de loin demander les vertus gustatives de cette tomate plutôt que d’appeler la police, de crier, d’aller se réfugier loin d’elle. Qui sait de quoi cette intruse est capable ? Une tomate pour commencer et puis… Et puis ! L’avenir le leur dirait.
Sa relecture des cours du jour semblait bien menacé avec cette visiteuse débarquée à l’improviste. Les équations, formules mathématiques – brr ! – et autres chiffres barbares, ce serait pour une autre fois. Il y avait bien plus intéressant en cet instant.
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Re: So we are bound ? - Jeu 26 Sep 2013 - 9:10
Alors que ses papilles dégustaient ses trouvailles, Rain vit arriver de loin une jeune humaine aux cheveux bruns. Sans pour autant paniquer ou quoi que ce soit, elle continua à l'observer en mâchant sa tomate, jusqu'à ce que la nouvelle venue s'aperçoive de sa présence à son tour. Visiblement, elle en fut surprise. L'enseignante pour sa part ne comprenait pas pourquoi elle l'était. Cette fille n'allait pas lui faire croire que c'était la première fois qu'un inconnu se tape l'incruste dans son jardin à ciel ouvert ? Quand bien même c'était la première fois, si un endroit était accessible aussi facilement, il ne fallait pas être surpris d'y trouver des visiteurs.

Enfin, c'était ainsi que raisonnait l'arme humaine, qui bien entendu continuait de bouffer sa tomate pendant que la demoiselle devant elle la pointait du doigt, ne sachant visiblement pas quoi dire. Finalement, les mots tombèrent, formant une simple question. Comment était-elle arrivée ici ? Décidément, Rain ne comprenait pas la logique humaine... Si elle avait barricadé son jardin, et qu'un beau jour elle y trouvait une inconnue, là il y aurait quelque chose de surprenant. Mais dans ce cas-ci... ?

D'un geste quelque peu nonchalant, la déesse en devenir du Sacrifice, qui aurait tout aussi bien pu être celle du Vol et du Sans-gêne Attitude en passant, indiqua la direction par laquelle elle était venue, à savoir, les toits. Du point de vue de la jeune humaine, son invité surprise devait sans doute se ficher d'elle, car il y avait une distance bien marquée entre le plus bas des toits et le plus haut des arbres entourant les murets de son jardin... Et oui, ça avait été réfléchi pour éviter les voleurs justement, mais il était évident que Rain ne s'était pas rendue compte de l'ingénuosité ni de la simple présence de toutes ces précautions... Surtout pour un acte qu'elle jugeait normal.

Face à son peu d'enthousiasme pour discuter, l'autre brune ne semblait pas se décourager pour autant. Le sac qu'elle avait laissé sur la table de la terrasse ne l'intéressait plus. Apparemment son invité surprise l'intriguait un minimum. De son point de vue, Rain ne voyait vraiment pas le pourquoi de cet intérêt. Il ne fallait pas en faire tout un plat, elle n'était qu'une pauvre voyageuse affamée qui avait trouvé de quoi se rassasier dans le coin, c'était tout ! Que cette humaine retourne à ses occupations et qu'elle la laisse tranquille...

Enfin cela devait être trop demander car la jeune fille ne tarda pas à la questionner à propos de son repas pour savoir si celui-ci était à son goût. La tomate qu'elle venait d'avaler ? Bien sûr, quoique bon, au niveau goût elle était à peine sélective. Il n'y avait que le sucre et le gras qui ne passaient pas. En même temps, avec quelqu'un qui avait vécu de porridge et autres plats préparés pendant vingt ans, il ne fallait pas être trop exigent vis-à-vis de ses papilles.

- Oui.

Bon, ce n'était pas vraiment ce qui allait lancer un semblant de conversation, c'était sûr, mais au moins la réponse avait le mérite d'être franche. La jeune femme entama alors la deuxième tomate, la dévora comme la première. Oui, c'était mangeable, après elle n'était pas assez sensible de la langue pour faire la différence entre une trop sure ou une trop mûre. Tant que ça soulageait sa faim et que ça n'était pas saturé de sucre et de graisse hein...

- Me direz-vous comment on en crée ? demanda-t-elle de but en blanc une fois la seconde tomate achevée.

Parce que non, ses créateurs n'avaient pas implanté l'art de la plantation dans sa tête. Tout avait été réfléchi pour la rendre la plus dépendante possible, après tout. C'était pour cela que l'écriture lui avait été privée, d'ailleurs. Enfin cela allait mieux, elle se débrouillait maintenant avec l'aide d'Abygaïl. Tout cela pour que finalement, un grognement de son estomac attira son attention. Ah non, ça n'allait pas suffire deux pauvres tomates, c'était sûr et certain. La jeune femme releva donc le visage, humant l'air à la recherche d'une odeur appétissante. Il y avait de la nourriture à l'intérieur de la maison, tiens. Du pain même !

Ni une ni deux, Rain sauta de son perchoir pour atterrir souplement deux mètres plus bas. Écoutant d'une oreille une éventuelle réponse de la part de l'humaine, la déesse en devenir se dirigea droit vers la maison qui se dressait devant elle, les mains dans les poches de sa veste, avec une telle nonchalance qu'on aurait cru qu'elle se baladait dans sa propre maison.



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Re: So we are bound ? - Ven 27 Sep 2013 - 16:59

Donc la goinfre était descendue du ciel pour lui voler ses tomates ? Ah d’accord. Enora, à sa contemplation totale, leva la tête en direction des toits. Etait-elle en train de se ficher d’elle ? Difficile à dire. Aucune émotion ne transparaissait sur son visage, pas même le plaisir qu’elle aurait pu prendre à déguster son larcin. Si la réponse quant à l’onctuosité de la tomate n’avait pas été positive, on aurait pu croire le contraire. Toujours est-il qu’elle piocha en direction des grappes un nouveau mets de choix, aussi rouge que le précédent. Formidable que de prendre son jardin pour une dégustation gratuite ! Attention tout de même à ne pas tout dévorer. Cela serait bien fâcheux. Si, si. Mais Enora n’allait pas se mettre à crier si peu, elle, la force tranquille, il lui en fallait bien plus qu’un ou deux légumes arrachés à leur croissance pour sortir de ses gonds.

Mais le comique vint rejoindre le pathétique lorsque son invitée surprise lui demanda l’art et la manière de créer des tomates. Avait-elle bien entendu ? D’accord, la science faisait des merveilles, merci Monsanto et ses chers OGM mais jusqu’à preuve de contraire, ces bien grosses perles couleur rubis poussaient avec amour et soin. Création à part entière, il n’y avait pas. De l’eau de temps à autre, de la lumière pour le bien de leur croissance et un soupçon de vent. Voilà la recette parfaite pour obtenir des tomates en bonne et due forme. Sans oublier les plants, nécessaires pour une telle recette. Evidemment.

- Je ne suis pas une experte en jardinage mais il suffit d’acheter des plants, de les planter et de laisser faire la nature. Quelque chose à peu près dans ce genre-là, oui, raconta-t-elle, évitant les détails encombrants alors que l’inconnue s’avançait déjà en direction de sa maisonnée, hé !

Quelle sans-gêne ! En plus de venir goûter – bel euphémisme – à ses tomates sous son nez, voilà qu’elle rentrait chez elle ! N’avait-elle aucun sens de la propriété privée ? Le règne de Lénine était aboli depuis fort longtemps alors qu’elle arrête donc de se croire chez elle, débouchant dans la cuisine sans aucun préavis. A-t-on idée d’importuner autrui d’une manière aussi intolérable ? Qu’avait donc fait la pauvre Russe pour mériter pareille visiteuse chez elle ?

- La sortie, c’est plus loin.

Ah belle pensée que de croire que cette gourmande cherchait la sortie ! La sortie était plus loin, oui, il suffisait qu’elle continue tout droit et elle déboucherait sur la rue. Libre à elle d’aller quérir la sollicitude des autres habitants si cela l’intéressait. Mais cela ne semblait guère être sa préoccupation première, de sortir. Elle avait élu domicile, semblant flairer une belle et douce odeur. Formidable. A-t-on idée de vouloir recueillir un chien errant en quête de nourriture ? Ah si seulement elle n’avait pas lancé le dialogue et avait tout simplement ignoré cette demoiselle ! Elle n’aurait pas eu à la suivre au pas de course dans sa demeure !

- Vous cherchez quelque chose en particulier ? Si je peux vous aider pour quoi que ce soit, dîtes-le surtout.

Une étrangère dans sa propre maison. Voilà l’impression qu’Enora avait en cet instant. Légèrement mise de côté par la femme qui ne pensait qu’à son estomac. Car le meurtre de deux tomates ne lui suffisaient pas, non. Mais cela, l’étudiante n’en avait point connaissance. Oh pauvres fruits et légumes manquant de mourir sous les dents de cette parfaite inconnue ! Tous aux abris ! Vite, vite ! Voilà que l’ogresse est de sorti, prête à occire tout mets comestible ! Monstre des jardins aromatiques ! Terreur des marchés ! Voici venu le temps de… Un nom, oui ! Les périphrases, cela sied bien deux minutes mais voilà qu’on s’en lasse vite et que l’envie de connaître l’identité de cette voyageuse nous gagne déjà.

- Et… Puis-je connaître l’identité de ma voleuse de tomates ?

Oui, demander l’autorisation auparavant. C’est qu’elle n’avait pas l’air commode, la demoiselle. Pas même un merci ni un s’il vous plait. Les usages de la politesse ne semblaient pas la connaître. Pire, ils la fuyaient. Qu’avait-elle fait pour tomber sur un tel cas de figure ? Il faut croire qu’elle était destinée à ne faire que des rencontres insolites ! Voilà la malchance tout entière à sa proie attachée. Ah comme son karma savait se jouer de sa petite personne ! Ingrat !

La jeune fille laissa là son invitée à ses contemplations et autres rêveries, allant couper une part de sa tarte au citron de la veille. Toutes ces émotions lui donnaient faim. Autant en profiter pour se rassasier à son tour. Il n’y avait pas de raison pour que les voleurs aient le droit d’avoir la panse pleine mais elle non.

- Vous en voulez ?

Sacrilège ! N’est-il pas d’usage de faire connaissance sous les étoiles, un clafoutis pour seul arbitre ? Des usages hérités au travers des contes, c’est bien vrai. Mais tarte au citron en huis-clos, cela semblait bien moins tentant que la première option. Toujours est-il que la Russe lâchait peu à peu prise, abandonnant cette idée saugrenue que de la mettre dehors. Tant qu’elle ne touchait à rien, ou du moins ne cassait-elle rien, elle n’était pas à quelques minutes perdues en compagnie d’une drôle de personne.
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Re: So we are bound ? - Sam 5 Oct 2013 - 11:40
Oeillade attentive balancée à la va-vite, l'intérieur de la pièce dans laquelle elle venait d'entrer scannée, Rain se permit de continuer jusqu'à la cuisine, qui n'était pas difficile à repérer. On lui fit une remarque sur la sortie, qu'elle ne comprit d'ailleurs pas. Pourquoi l'indiquer si elle ne l'avait pas demandée ? Aaah, l'humaine était serviable ? Voilà qui serait une bonne chose pour tout autre étranger, mais elle venait de s'adresser à une personne qui avait bien l'habitude de se débrouiller seule dans n'importe quelle situation. Alors son pain, Rain le trouvera toute seule ! Sans pour autant que l'idée que tout cela soit mal éduqué ne lui passe par la tête évidemment. Bien sûr qu'elle connaissait la politesse, ses créateurs lui avaient inculquée cette notion, mais uniquement à leur sauce. Du coup... il semblerait qu'ils ne se soient pas soucier de lui apprendre le terme « propriété privée ».

Et la voilà qui lui demandait son nom, la coupant net dans sa marche vers la conquête de la cuisine. La jeune femme se tourna alors vers miss hôte malgré elle, l'analysant d'un bref regard. De loin, elle n'y avait pas prêté attention mais ses traits lui disaient quelque chose sans qu'elle sache quoi. Ah, son éternelle méfiance. Que pouvait-elle redouter d'une pauvre humaine ? Qu'elle soit une renégate planquée là juste pour qu'un jour elle lui tombe dessus par hasard ? Quand bien même, et alors ? Dans cette situation, elle pouvait donner son nom sans crainte, annonçait son cerveau qui venait d'analyser le tout en une fraction de secondes.

- Rain.

La méfiance n'était pas partie, elle n'était jamais partie alors qui s'en souciait ? Pour l'heure, l'humaine ne semblait pas partager ce sentiment. Ou ne semblait plus, Rain ne savait pas trop, elle ne possédait pas suffisamment d'empathie pour savoir. Non, l'inconnue alla extirper une pâtisserie qui sentait le sucre à trois kilomètres et en prit un bout avant de lui en proposer un. Proposition qu'elle déclina sans hésiter et ce, toujours de manière la plus concise qu'il soit.

- Non.

Au moins, cela avait le mérite d'être clair, n'est-ce pas ? Sa réponse donnée, l'attention de Rain fut attirée par un couteau rangé sur le plan de travail de la cuisine. Oui, un couteau de cuisine, mais bien évidemment elle ne faisait pas de différence, cela restait à ses yeux une arme. Sa main vint donc se saisir de l'arme en question et la soupesa un instant. La répartition du poids était parfaite, et la lame sans défaut. La jeune femme la testa un instant en s'entaillant légèrement l'index, comme toute personne sensée l'aurait fait, n'est-ce pas. Elle songea alors un instant à embarquer le couteau, comme à chaque fois qu'elle tombait sur une arme blanche réussie, mais comme à chaque fois, elle se rappelait qu'elle n'avait pas d'étui pour la porter. En même temps, ce serait juste pour la collection, avoir treize lames, dont douze présentes aujourd'hui, le katana n'étant guère la discrétion incarnée dans le monde humain, c'était largement assez.

Snif. Snif. Ah, le pain n'était plus très loin. Après avoir reposé le couteau à l'endroit ou elle l'avait trouvé, avec une précision digne d'un agent secret ne souhaitant pas laisser trace de son passage, Rain entreprit d'ouvrir plusieurs armoires à la recherche de ce qu'elle avait flairé, pour finalement dénicher un paquet en papier. Elle y jeta un coup d'oeil, avant d'y fourrer une main, sans se soucier d'une quelconque délicatesse maintenant, pour en extirper sa trouvaille. Des tranches bien fraiches, qu'elle mit dans sa bouche sans consulter personne, pour ne pas changer. Quoique, une question finit quand-même par surgir, devançant par miracle toute reproche qui aurait pu lui être faite.

- Et comment créez-vous le pain ici ?

Ici... Elle aurait pu éviter de préciser le ici mais bon. Cela sous-entendait bien des choses auxquelles jamais l'humaine ne songera, donc il n'y avait pas trop de soucis qu'elle paraisse plus bizarre qu'elle ne l'était. À la limite, venir d'un autre pays justifierait son attitude à côté de la plaque. Maintenant, elle n'avait pas très envie de parler de son pays natal. Mis à part le fait que cette information n'ait jamais été révélée par la narratrice, elle n'indiquait pas grand-chose puisque le sang de Rain était artificiel et que de ce fait, elle n'appartenait à aucune origine. Ceci dit, aux dernières nouvelles, le pain se fabriquait un peu de la même manière partout sur terre, du moins, il n'y avait pas trente six recettes. Et même que ça se faisait pareil que dans le monde divin, mais ça, Rain ne pouvait pas le savoir, n'ayant aucun point de repère pour s'y retrouver sur ce plan-là.

Par contre, à son goût, il manquait quelque chose pour compléter son dîner. Oui, une bonne bouteille de rhum. Maintenant, à voir si elle aurait le temps de recommencer sa recherche ou si elle se prendrait des coups de poêle et des noms d'oiseaux dans la gueule.



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Re: So we are bound ? - Dim 6 Oct 2013 - 18:37

Elle avait affaire à une femme peu bavarde. Cela changeait du caractère d’Enora. La demoiselle porta à sa bouche un bout de sa tarte au citron malgré le refus clair et net de celle qui se prénommait Rain. Curieux nom. Elle ne devait pas être d’ici, celle-là. Oui, une étrangère. Pas étonnant en vue de ses drôles de manies. Rentrer chez des inconnus, la questionner sur tout et rien. Sa dernière lubie ? L’art et la manière de « créer » le pain. À défaut d’avoir eu une réponse de l’étudiante pour le moment, la visiteuse s’était servie dans le pain de mie. Elle était vraiment tombée sur un cas. Mais peut-être faudrait-il prendre des mesures avant que cette femme ne dévore tout ce qui était comestible ? Fuyez légumes, fruits et autres féculents ! Rain était dans la place, prête à fendre sur vous d’un seul coup de dents.

Mais s’il n’y avait que ça, encore. Il avait fallu que la gourmande mette la main sur son couteau de cuisine et s’entaille l’index. Etait-elle folle pour se mutiler ainsi ? Le prolongement d’un rituel dont Enora méconnaissait les usages ? Toujours est-il que la Russe ne pouvait pas laisser son invitée surprise ainsi estropiée. Ce ne serait pas là digne d’une étudiante en médecine. Enora se pencha sur ce doigt mutilé, observant la blessure peu profonde. Elle alla fouiner dans les tiroirs, sortant une boîte de pansements et un antiseptique pour prévenir les éventuelles bactéries ou autres microbes. La blessée s’était coupée avec un couteau de cuisine ayant servi de nombreuses fois pour faire la peau aux tomates du jardin, qui sait les germes qu’il pouvait transporter, malgré le fait qu’il soit propre en apparence ? Inutile de négliger une petite blessure comme celle-ci. La Russe pressa un mouchoir propre sur la blessure jusqu’à l’arrêt du saignement avant d’attraper la main de son hôte, mettant le doigt de force sous l’eau sans lui demander sans avis au préalable. Une fois la plaie passée sous l’eau, la demoiselle la nettoya à coup d’antiseptique avant de mettre un pansement sur l’entaille, le tout sous les yeux de son inconnue au doux nom de Rain.  

- Et vous blesser volontairement à coup de lame, ça vous prend souvent aussi ?

Saint-Pétersbourg semblait être la proie des fous depuis quelques temps. D’abord ce chevalier ayant une peur bleue des trains fantôme, de la foire globale, ne comprenant rien à rien et lui tenant un discours incompréhensible et maintenant, elle. Cette femme qui débarquait dans son jardin sans prévenir, tombant du ciel comme par magie, comme si tout cela était normal, se goinfrant de ses tomates sans aucune gêne et posant des questions étranges auxquels un môme ne songerait pas. Car même un gamin serait mieux éduqué qu’elle et plus informé sur le monde qui l’entourait que ce bout de femme.  

- Et moi Enora, se présenta la demoiselle même si elle n’avait pas été invitée à le faire par l’autre, pour ce qui est du pain, il est fait de la même manière ici qu’à Moscou ou Paris. Et si vraiment ces questions vous intéressent, vous n’avez qu’à vous procurer une encyclopédie. Ou mieux encore ; il existe un outil formidable qui s’appelle « Internet » et où vous trouverez toutes les réponses à vos questions.

Les réponses à toutes ses questions les plus cinglées, oui. Quel serait la suite du programme ? La questionner sur la création de sa masure ? Ou sur sa propre création ? Si en plus Enora devait se livrer à un cours de biologie, elle risquait d’y passer la journée. Au moins serait-elle en terrain connu, certes. Mais elle n’avait aucune envie d’apprendre les bases de la vie à cette inconnue sans gêne se baladant dans sa maison comme si de rien n’était. Elle se croyait chez elle ou quoi ? Pas de chance, ici était la propriété privée des Vilkas.

- Mais j’y pense… Vous êtes sûre que vous ne vous êtes pas trompée de maison ? Je sais qu’à côté, ils vendent leur demeure et que les acheteurs défilent, vous vous êtes peut-être tout simplement trompée de lieu ?

Parce que oui, son attitude lui donnait le doute. Elle se baladait comme si elle était chez elle ou du moins espérait-elle être chez elle. Une acheteuse potentielle se trompant de bien à visiter ? Après tout, le panneau «  À vendre » qui faisait face à la demeure des Vilkas pouvait apporter la confusion quant à la masure bel et bien prête à changer de main. Certes, il fallait vraiment être stupide pour ne pas voir que le panneau se trouvait dans le jardin à côté. Mais plus rien ne pourrait l’étonner de la part de cette Rain.

Une explication rationnelle quant à l’arrivée impromptue de cette femme. Voilà ce que recherchait Enora. Elle qui suivait des études de médecine et qui par conséquent possédait un esprit rationnel, carré, où la logique était au centre même de ses études, elle ne croyait pas au hasard.

- Et je vous avais dit de me demander si vous cherchiez quoi que ce soit, cela valait aussi pour le pain, plutôt que de retourner toute la maison pour mettre la main dessus.

Le pain, objet trivial trop souvent méprisé ! Le pain ou la vie. Une croûte dorée, une mie tendre et alléchante depuis laquelle on croirait voir s’épanouir les Landes ou l’Oural. Un microcosme de la vie la conférant à tous ceux qui croquaient dans ce mets de prince, devenu familier à tous désormais.
Enora ne quittait pas des yeux cette intruse, l’observant manger comme si de rien n’était. Sous peu, elle allait bientôt lui proposer du thé tant elle était trop gentille.
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Re: So we are bound ? - Dim 13 Oct 2013 - 0:13
Cette jeune fille était décidément étrange. Mais son attitude ne lui était pas étrangère, non, au contraire, elle lui rappelait cette facette des humains qu'elle avait si longtemps admiré. Cette même facette sur laquelle Rain avait tenté et tentait de se calquer, et qu'elle avait oublié depuis le temps. Depuis le temps que les humains avaient perdu tout intérêt chez elle. Si bien que leur sort lui importait peu. C'était ce qui avait facilité son entrée à la Guilde, par ailleurs. Mais de ce qu'elle avait appris indirectement, en observant, écoutant, ouvrant son coeur, son esprit, avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui. Et retrouver tout cela, c'était une expérience assez inattendue. Elle qui n'espérait plus rien de cette espèce. A présent c'était une douce sensation qui envahissait son coeur. Si bien que la jeune membre du Conseil ne chercha pas à fuir le contact lorsque son hôte se saisit de sa main, comme elle le ferait habituellement. Elle la laissa soigner sa main, nettoyer son sang avec un mouchoir neuf puis appliquer sa main sous l'eau, pour enfin désinfecter la blessure avant de la panser. Elle l'observa faire, avec une certaine attention, presque fascinée par tant de professionnalisme. Ah, si la russe la voyait faire un pansement, elle l'assommerait avant que la déesse tue quoi que ce soit par mégarde ! Ce serait certainement plus prudent que la laisser faire, oui oui.

Enora donc, ainsi se présenta son hôte improvisée, lui fit une remarque qui laissa sous-entendre que tester sa lame sur sa propre main, ce n'était pas courant chez les humains. Rain ne trouva rien à répondre à ce sujet, ce n'était pas une nouveauté que son comportement pouvait paraitre étrange à cette race. Ce sentiment était réciproque, d'ailleurs. Il y avait tellement de choses qu'elle ignorait encore des humains. Le temps qu'elle avait passé à vivre parmi eux ne justifiait rien, elle n'avait véritablement existé qu'une seule année… Alors les connaissances et la culture générale, c'était bien ce qui lui manquait… Alors la jeune femme écouta les conseils d'Enora qui lui suggéra de consulter une encyclopédie. Elle en avait feuilleté des livres mais seulement à l'académie, et elle ignorait justement si le pain se faisait pareil ici que dans le monde céleste, m'enfin… Ce n'était pas comme si elle avait l'intention de se faire du pain sur Terre. Sa question avait été posée par simple curiosité. Par ailleurs, bien que le nom de l'outil que la demoiselle qui lui faisait face lui avait cité, Internet, lui disait quelque chose, Rain devait l'avouer, que jamais elle n'avait songé à l'utiliser. Le téléphone, le pilotage d'hélicoptère, ça elle savait, mais pas utiliser internet, non non. Parce que le net était une source immense d'informations, faciles d'accès, forcément qu'un tel outil ne pouvait lui être confié par ses créateurs.

- Je n'ai nullement l'intention d'acheter quoi que ce soit, je suis tombée ici par pur hasard.

Voilà ce que la membre du Conseil trouva à dire lorsque Enora lui demanda si elle ne se serait pas trompée de maison. Sans doute cherchait-elle un moyen de justifier la présence d'une inconnue dans sa maison, mais Rain ne pouvait lui mentir, et ne le désirait pas plus. Même si évidemment, elle ne lui dirait pas qu'elle était une déesse en devenir, en charge d'une mission sur Terre, et qui était descendue des toits pour atterrir dans son jardin sans casse et ce, grâce à un truc qu'on appelait Contrôle des Limites, qui était un pouvoir commun aux dieux… Non. Non, l'ancienne professeur risquait plus de perdre son interlocutrice qu'autre chose. Mais bon. Ne rien dire c'était bien aussi. Il y avait tellement mieux que passer son temps à formuler des mensonges, comme par exemple… croquer dans son pain de mie. Voilà.

La jeune fille continuait en tout cas de parler, répétant que son invitée était priée de lui demander ce qu'elle désirait au lieu de fouiller la maison de fond en comble. Quelle proposition généreuse... à moins que ce ne soit juste pour éviter qu'elle ne touche à ses affaires ? Dans tous les cas, Rain savait que la plupart des humains l'auraient déjà mis à la porte. Cette Enora était vraiment spéciale. Et soudain, une vision s'imposa, celle de la jeune fille allongée parmi les tristes ruines de cette charmante maison. Vague écho du souvenir de la mort de Nance ? À peine. Dans tous les cas, Rain avait cessé de manger, ses sourcils se froncèrent brièvement avant qu'elle ne dépose le paquet de pain sur la table.

- Je vous remercie mais je pense que je vais vous laisser à votre quotidien.

Bon, elle n'aurait pas dit non à une gorgée d'eau, mais cet assaut d'imagination de la part de son esprit avait été très peu à son goût. Parce que non, s'attacher à un humain, ce n'était pas bon pour rester crédible dans son rôle de renégat. Alors, aussi sans gêne qu'elle était venue, Rain sortit de la cuisine, direction les jardins. Une source magique se rapprochait, mais elle était encore trop loin pour être perçue par la jeune déesse, bien que pas assez pour être totalement innocente... Pendant ce temps, la membre du Conseil se faisait la malle, les mains enfoncées dans les poches de sa veste et ne se souciant de rien. Ni de l'énergie se rapprochant, ni de son hôte quirisquait d'apprécier moyennement son au revoir inexistant après avoir saccagé son jardin et sa cuisine.



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Re: So we are bound ? - Sam 19 Oct 2013 - 16:35

« Comment te dire
Que tout est noir
Comment j'ai peur
Comment j'ai froid »


Oh. Déjà ? Voilà qu’à peine arrivée, Rain songeait déjà à la quitter. Elle ne songeait pas seulement, elle faisait demi-tour, trouvant la sortie d’elle-même. Finalement, l’intruse s’en allait par ses propres moyens, comme si de rien n’était. Enora avait été bien aise de se creuser la tête pour trouver une explication logique à l’apparition de cette femme, cette dernière la quittait déjà, ne lui laissant aucune réponse satisfaisante. La laissant vaquer à son quotidien. Pour une fois que sa vie banale prenait une allure différente, le temps des adieux était déjà venu. C’était une drôle de rencontre que celle-là.

L’étudiante, en Russe bien polie, raccompagna tout de même la gourmande à la sortie. Après avoir vidé la cuisine et le jardin, elle serait bien capable de s’en prendre aux couloirs, même si la distance était minime, on ne savait jamais. Alors oui, son attitude serviable était davantage mise du côté de l’inquiétude de voir cette Rain toucher à tout et tout casser que par une réelle envie de se montrer courtoise et docile.

- Hé bien, au revoir mademoiselle Rain !

La porte d’entrée était entrouverte, laissant la visiteuse sortir à son grès, toujours sur le seuil de la porte. L’air frais de septembre vint accueillir les deux demoiselles. Ah divin climat de la Russie ! Au loin, de la musique venait bercer les oreilles d’Enora. Un air qui ne lui était pas familier. Elle tendit l’oreille, surprise. Un concert avait-il lieu dans le coin ?Un son majestueux et solennel de violon résonnait. Les notes enchantaient les oreilles les plus fermées, venant chatouiller les esprits les plus obscurs. Et, toujours, les notes s’élevaient un peu plus haut dans le ciel, grignotant un peu plus de chemin à chaque fois. Au point que la mélodie se rapprochait. Inexorablement.

***

La musique prenait sa source depuis un brin d’enfant. Une longue chevelure noire, des yeux sombres comme le charbon, éteints de toute lueur d’empathie. Seul son instrument semblait occuper ses yeux. Elle en oubliait même, parfois, la présence du blondinet, bien plus âgé qu’elle. Autour d’elle, une poignée d’humains rassemblés par et pour sa musique, l’œil vide et morne. Et la petite souriait, heureuse de voir toute cette foule agglutinée rien que pour elle. Le son de son violon continuait de murmurer d’étranges paroles aux inconscients. Elle et le garçon étaient les seuls à ne pas avoir ce même air de zombie. Elle car maîtresse du jeu et lui, car protégé par des cache-oreilles. Il avait été bien instruit d’en acheter avant de partir en mission avec cette charmante et mignonne renégate.

- Assez de musique pour le moment, on n’est pas venu pour jouer un opéra mais pour crever cette vermine.

Mais la demoiselle ne se laissait pas attendrir par ces beaux mots. Tuer des humains ? Pauvres petits. La mort les attendrait tout cela parce qu’ils avaient eu le malheur d’être à proximité d’elle, d’entendre sa musique et avoir été ainsi hypnotisés de la sorte. Tous étaient immobiles. La renégate avança, ne lâchant pas l’archet du violon, jouant en mouvement, la foule la suivit. Ses pas portaient les notes plus loin, lui permettant d’ameuter bien plus de monde. Et, toujours cet œil vide de toute expression. Si ces humains écoutaient sa musique alors n’en avaient-ils pas conscience. Ils étaient là sans être là, bercés uniquement par les arpèges s’échappant de l’instrument diabolique.

- Lily ! Arrête de jouer ta musique infernale et oblige-les à s’entre-tuer.

La prénommée Lily n’arrêtait pas pour autant, ne pliant pas face aux ordres de son équipier. Elle continuait sa marche, en bon joueur de flûte de Hamelin. Les rues de Saint-Pétersbourg avaient besoin d’être nettoyés, prétendait la guilde noire. Alors soit. Lily irait, avec pour seul désir celui de faire partager sa musique maudite, cette même mélodie hypnotisant quiconque se perdait à écouter une seule note.
Trois clones de la brune apparurent à ses côtés. Trois fois plus de puissance. Trois Lily munies d’un violon dont elles ne se séparaient pas, prolongeant la symphonie déjà en cours. Vive le pouvoir commun du clonage. Cinq personnes, ce n’était pas assez à son goût. Du public. Encore du public. Elle avait besoin d’être ainsi entourée.

La demoiselle continuait d’avancer, levant les yeux. Une figure familière se tenait sur le seuil d’une baraque. Son ancienne professeur. Lily ne se départit pas de son sourire, abordant la femme :

- Professeur Sinclaire ! Professeur Sinclaire ! Vous me reconnaissez ? J’étais une de vos élèves.

Il est bon d’utiliser l’imparfait, oui.

***

La musique pour seul guide. Voilà l’état d’esprit actuel d’Enora. Elle n’arrivait plus à penser à quoi que ce soit si ce n’est à cette symphonie qui se dégageait, qui explosait dans sa tête. De bien belles notes, cela va de soi. Mais le monde n’est pas ainsi fait. Elle ne voyait rien, ne sentait rien, seul son ouïe semblait être toujours porteuse de sens. Un sens trompeur. Le monde n’était pas ainsi fait. Alors pourquoi ne se sentait-elle plus maîtresse d’elle-même ? Elle avait le sentiment d’être un simple pion que l’on déplaçait à sa guise sur un échiquier géant.
Et son corps, lui, se déplaçait par lui-même, sans lui demander son avis, mais cela elle n’en avait pas conscience. Elle avait le sentiment d’être prisonnière d’une bille étanche où seules ces notes résonnaient dans les tréfonds de son crâne. C’était beau. Trop, peut-être ?

Assez. Elle voulait que cela cesse. Cette symphonie l’agaçait. Quelque chose clochait. Tout n’était que noir autour d’elle. Aucune couleur. C’était d’une tristesse. Elle essayait de se rappeler comment elle avait pu en arriver là, coincée dans une parcelle de sa tête, mais rien à faire. La musique l’empêchait de se concentrait, elle l’obsédait. Venait toujours un moment où elle se laissait aller à l’écouter pour se perdre totalement en elle. « À l’aide… » songeait-elle sans réussir à formuler son idée à haute voix. Aucun mot ne s’échappait de sa bouche. Une seule pensée crachée au hasard, engloutie par le flot de musique qui s’étendait toujours. Plus fort encore qu’auparavant.
Le sentiment de perdre pied peu à peu, de couler dans une mer obscure. Un tourbillon de notes, un océan d’arpèges. Comment faire pour résister à cette diablerie dont Enora ne comprenait pas comment elle avait pu en arriver à un tel état. Sur le seuil de sa porte il y avait quelques instants et puis… Et puis maintenant ça. La peur l’envahissait peu à peu. Elle qui avait toujours été forte sentait sa volonté décliner peu à peu, ses dernières forces l’abandonner totalement. Elle ne pouvait pas céder à la panique. Pas maintenant. Quelqu’un allait la sortir de là. Quelqu’un allait faire quelque chose. Quelqu’un finirait bien par faire cesser cette musique hypnotique. Non ?

***

Le corps de cette charmante russe brune était venue rejoindre les autres. Une zombie de plus. Le comble ? Lily jouait l’œuvre d’un violoniste allemand, un certain Hoffmann. Cela devait raviver quelques souvenirs de guerre à ce public de Saint-Pétersbourg, peut-être.
Lily n’avait pas perdu de sa contenance devant Rain Sinclaire, celle qu’elle prétendait comme son ancien professeur. Peut-être aurait-il été plus sage de prendre ses jambes à son cou ? L’autre garçon observait ces retrouvailles bien étranges, se préparant à intervenir si jamais cela virait au vinaigre. Il faut dire que parfois, même souvent, Lily s’abandonnait à sa musique, oubliant les enjeux et les objectifs de la guilde noire. Elle serait bien capable de discuter comme si de rien n’était avec cette femme qui, d’après les dires de son équipière, était de l’académie. Le garçon s’était mis en garde, prêt à en découdre. La musique ne devait pas s’arrêter. Pas tant que le dernier acte ne serait pas joué et le rideau tiré.


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Re: So we are bound ? - Dim 24 Nov 2013 - 17:46
Le vent malmena les mèches de l'apprentie-déesse alors qu'elle retrouvait l'air libre, bien décidée à regagner l'Académie avant la tombée de la nuit. Son hôte improvisée, cette jeune fille nommée Enora, avait éveillé en Rain un bon nombre de souvenirs qui risquaient de devenir des obstacles dans le futur… Comment pourrait-elle continuer à être une renégate crédible si elle se mettait à nouveau à s'intéresser aux humains ? C'était des êtres auxquels elle n'avait plus envie de se lier désormais, d'aucune manière. Elle n'avait plus personne en ce bas-monde. Leur cause ne la concernait plus.

Alors qu'elle atterrissait sur le muret du jardin avec un saut félin, il y eut quelque chose qui l'empêcha d'enchaîner avec un second. Quelque chose qui semblait avoir métamorphosé l'atmosphère, lui donnant une dimension… différente. La sensation ressemblait vaguement à un coup de pompe, cependant, en se concentrant, Rain pouvait sentir clairement qu'elle n'était plus l'unique apprentie-divinité présente dans les alentours. En tendant l'oreille, un son provenait d'au loin, mais ce n'était pas celui-ci qui lui procurait un tel effet. Du moins, pas directement. Un sentiment bizarre grandissait en elle, proche de l'angoisse, pourtant elle n'avait aucune raison de paniquer, de prime abord.

N'écoutant que son instinct, la membre du Conseil fit demi tour et traversa rapidement le jardin, jusqu'à ouvrir la porte arrière qui s'était refermée derrière elle il n'y avait même pas deux minutes.  

- Enora ?

Sa voix retentit dans la pièce vide. Peut-être qu'elle était montée à l'étage, après tout elle était chez elle, l'humaine, elle faisait ce qu'elle voulait… La jeune divinité s'interrogea sur cette sensation qui s'était renforcée depuis qu'elle était revenue sur ses pas. Était-elle en train de se faire du souci pour cette fille ? N'importe quoi. Il n'y avait pas de raison… Tout ce qu'elle savait de la brunette c'était son prénom. Et qu'elle était accueillante, aussi, ok, mais voilà. Si elle se mettait à s'inquiéter pour tous les humains qu'elle ne connaissait pas, elle n'était pas sortie de l'auberge. Cependant, Rain ne put s'empêcher de s'avancer tout de même, ses pas la guidèrent jusqu'à la porte principale.

Debout sur le seuil de l'entrée, elle les vit. Cet attroupement d'humains autour des deux apprentis-dieux dont la présence ne lui avait pas échappée. Ensorcelés. Par cette musique qui planait dans l'air. Cette musique qui, comme toutes les autres, laissait le cœur de l'arme vivante complètement insensible. Et parmi eux, Enora, qui capta son regard en premier. Ensuite vint le tour des deux jeunes divinités que la membre du Conseil reconnut sans trop de mal. Le son qu'elle avait capté auparavant provenait du violon joué par la fille aux longs cheveux d'ébène, accompagnée de trois copies conformes d'elle-même. Une certaine Lily, qui d'ailleurs la repéra bien vite de l'interpella.

Un rictus apparut brièvement sur le visage de Rain. Elle se souvenait d'elle, oui, vaguement. Quelques leçons données, pas besoin d'en faire un plat. L'essentiel était qu'actuellement, elle était renégate et son grand ami le blondin également. Il était évident que leur objectif n'était pas simplement d'obliger ces humains à danser mais également de mettre fin à leur vie de la manière la plus atroce possible. Oh, bien sûr, ce n'était pas ses affaires, mais cette fois ce n'était pas aussi simple. Il y avait cette Enora dans le tas et l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose ne plaisait pas à la jeune femme.

Et s'il fallait sacrifier tous ces humains pour la sauver, eh bien, soit. Personne n'avait dit que le Sacrifice était un acte louable, après tout. Tout n'était qu'une question de prix, de prix qu'on était prêt à payer. De valeur à laquelle on était prêt à renoncer pour une autre.

- Nous remettrons nos retrouvailles à plus tard. La Guilde Noire vous a bien mal renseignés sur cette ville, jeunes recrues. Celle-ci est gardée par l'un des plus puissants Godslayers existants sur Terre. A votre place, je ne m'attarderai pas dans le coin.

Et elle ne bluffait pas pour le coup, il ne restait qu'à voir s'ils allaient la considérer comme une alliée ou un ennemi, s'ils allaient la croire ou non. Apparemment ils étaient suffisamment mal informés pour ne pas savoir qu'ils n'avaient pas visé les proies les plus faciles, alors pour son appartenance à la Guilde… il ne fallait pas trop espérer et toujours s'attendre au pire. Pour l'heure, il lui fallait surtout éviter de montrer tout attachement aux humains, enfin surtout à Enora, car cela pouvait constituer une faiblesse, et mieux valait éviter de tenter le Diable. Qui savait ce dont ces jeunes recrues étaient capables de faire ? A moins de posséder un quelconque pouvoir de lecture de pensées, personne.

Tout comme rester longtemps par ici n'était bon pour personne.

Rain n'avait peut-être jamais été touchée par la musique — nous parlons de celle, normale, jouée par le commun des mortels — mais elle n'avait pas spécialement envie de tester si le son magique parviendrait à captiver son cœur ou non. Bien que pleine d'assurance et sûre de ses capacités, la jeune femme restait prudente et son flair l'alertait de mauvais présages. Déjà que ce sentiment étrange n'était toujours pas parti, ce sentiment d'angoisse, s'agrippant à son cœur. Comme un écho…



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Re: So we are bound ? - Dim 1 Déc 2013 - 17:44

Toujours ce noir, cet éternel noir qui commençait à l’inquiéter. Où étaient passées les couleurs ? Celles qu’elle aimait regarder autrefois. Quand ? Non, cela faisait peu de temps que l’obscurité s’était imprégnée dans son esprit, elle en était certaine. Vraiment ? Elle perdait toute notion d’espace  et de temps. Avant, qu’est-ce qu’il y avait, avant ? Elle se rappelait vaguement de Rain et des tomates croquées, de sa visite surprise dans sa maison, prenant ses aises comme si elle avait toujours vécu ici. Il fallait qu’elle se rattache à ces souvenirs proches pour ne pas sombrer, pas totalement. La musique, toujours, continuait de résonner dans un coin de sa tête. De plus en plus éloigné. Mais toujours présente. C’était là tout le problème. Elle savourait chacune de ses notes car c’était là son seul point de repère. Et après ? Plus rien ? Non, elle ne voulait pas connaître ça, pas le néant ou quel que soit son nom, cette absence totale de son, de couleurs. Une absence de vie. Cela résumait assez bien sa pensée. Et si Bergson est de la partie…  

Se concentrer sur qui elle était. C’était facile. Elle ne risquait pas de l’oublier. Enora Vilkas. Devait-elle réellement songer à cette question si stupide, si rébarbative, l’un de ces grands classiques existentiels visant à savoir qui elle était ? Fallait-il vraiment en passer par là ? À croire que la malédiction qui s’était abattue sur elle n’avait pas saisi qu’elle étudiait la médecine et non pas l’une de ces conneries philosophiques – sacrilège ! – c’était bien sa vaine.

La musique se tut enfin. L’étudiante émergeait petit à petit. Le noir se dissipait et la lumière reprenait peu à peu ses droits. Elle cligna des paupières, intriguée. D’autres personnes se trouvaient près d’elle. Tous aussi peu au courant de la raison de leur présence ici. Inutile de chercher des réponses de ce côté-ci.
Elle se retourna et vit Rain. Sa mangeuse de tomates attitrée. Un grand sourire éclaira le visage d’Enora. Elle ne comprenait pas tout, rien du tout même, mais elle savait qu’elle avait réchappé à quelque chose et que la présence de Rain était forcément liée à sa libération. Oui, une relation de cause à effet.

- Mais si… Mais si même eux ne doivent pas profiter de ma musique, qui le pourra alors ? demanda une petite voix que la Russe ne reconnaissait pas, hein professeur, qui le pourra ?

Enora aperçut la musicienne à l’origine de son trouble. Une demoiselle bien plus jeune qu’elle, aux cheveux longs et noirs comme la nuit. Son violon reposait entre ses mains. Sa mine penaude témoignait de sa tristesse et de son envie frénétique de jouer sans jamais s’arrêter.

- C’est toi qui jouais ? Tu es vraiment très douée, la complimenta Enora, oui sans aucun doute le plus beau son que j’ai jamais entendu.

Le visage de Lily s’illumina soudainement. Le compliment d’une humaine. Une fille comme elle – mais qui elle au moins ne tuait pas les siens à droite et à gauche – lui réchauffait le cœur. Dommage que sa musique soit à ce point ensorcelante de façon à ce que les cadavres ne puissent plus parler, par la suite.

Elle se détacha de l’enfant pour retourner vers son intruse préférée, la seule et l’unique : Rain. Ses grands yeux se levèrent en sa direction. Un temps. Temps pendant lesquels les commérages allaient bon train au niveau de la foule. Là, Enora lui sauta au cou, si amicale qu’elle était, pour la remercier de ce qu’elle avait fait – c’est-à-dire quoi ? Elle n’en saurait peut-être pas davantage, il est vrai.

- Merci Rain, j’ignore si vous avez réellement quelque chose à voir avec… ça. Mais merci quand même. J’espère vous rendre la pareille un jour, une Vilkas honore toujours ses dettes.

Oh comme c’était touchant. Ce qui l’était encore plus était la tête du garçon, après cette scène de congratulations, plus encore après l’évocation du nom de Vilkas. N’y avait-il pas anguille sous roche avec cette ancienne professeur de l’académie acceptant les mots doux et les accolades d’une vermine ? N’y avait-il pas un souci avec ce nom de famille identique en tout point avec l’une des leurs ? Ce n’était qu’une coïncidence. Pour le deuxième problème, du moins.

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Re: So we are bound ? - Jeu 5 Déc 2013 - 14:48
La bouche de Rain demeura scellée face à la question de son ancienne élève. Elle ne savait pas quoi y répondre, ni n'avait l'intention de la consoler d'aucune manière. L'empathie, ce n'était pas son domaine de prédilection. La musique, aussi belle fusse cette invention, n'avait jamais su ébranler son âme d'arme humanoïde. Elle ne pouvait naturellement pas comprendre comment on pouvait être malheureux parce qu'on ne pouvait pas en jouer ou même que l'on éprouve une once de bonheur lorsque l'on pouvait en jouer. Les passions, elle ne connaissait pas… Les émotions étaient encore trop vagues chez elle pour qu'elle apprécie réellement faire quelque chose. A part dormir, se promener, peut-être. Rien de très emballant ou de profondément intéressant, donc.

Heureusement, Enora était là pour rattraper l'affaire et complimenta la jeune violoniste, ce qui eut un effet assez surprenant sur le visage de celle-ci. Il n'y eut là aucune once de dégoût ou de mépris, simplement de la reconnaissance. L'épisode allait-il pouvoir s'achever en toute douceur ? Rain n'était pas spécialement pressée de partir, mais ce genre de scène avait le don de l'agacer. Tout simplement parce qu'elle avait l'impression de ne pas être capable de capter toute l'émotion et cela la frustrait. Oui, c'était frustrant de sentir cette vitre invisible entre les autres et sa propre personne, de tout percevoir de loin sans que l'on puisse rien y faire. Pourtant, si elle ouvrait un peu son coeur, elle pouvait sentir que quelque chose avait changé. Quoi ? Impossible de savoir exactement.

On ne lui laissa d'ailleurs pas l'occasion de creuser sa question. Soudain des bras étaient venus entourer sa nuque et elle se retrouva aux prises d'une attaque câlin lancée par Enora. La fourbe ! Surprise, Rain le fut davantage lorsqu'elle perçut comme des ondes positives. Parce que oui, lorsque l'on était insensible la majorité du temps, ressentir les choses aussi fortement pouvait être choquant. Et là, les émotions de celle qui l'enlaçait lui parvenaient de manière si claire qu'elles en devenaient envahissantes. Si bien que la membre du Conseil n'eut même pas le réflexe de repousser l'audacieuse humaine… Les bras laissés le long de son corps, elle resta passive jusqu'à ce que le nom "Vilkas" résonne à ses oreilles.

Pas de réaction brusque, ni d'expression visible sur son visage, mais elle vit les traits d'Enora d'une nouvelle manière. Voilà sans doute pourquoi l'humaine lui rappelait quelqu'un. A moins que ce ne fusse une coïncidence ? Rain n'avait jamais cru au hasard, et sans doute qu'elle n'y croirait jamais. Lyra devait s'en souvenir encore après leur rencontre au bord de ce lac…

- Il ne sera jamais question de dette entre nous.

Ces mots étaient sortis tous seuls. Froids, dénués d'émotion. Mais elle ne savait elle-même pourquoi elle les avait prononcé. Son inconscient désirait sans doute avoir une relation construite sur des dettes avec une Vilkas ? Non, cela aurait été quelqu'un d'autre, portant un autre nom, elle aurait réagi de la même manière. Au final, que cette jeune fille ait un lien parenté avec la renégate ou non, cela ne changeait pas grand-chose, car Rain n'avait aucunement l'intention de s'attacher à des humains. A quoi serviraient les blessures si ce n'était pour éviter de commettre les mêmes erreurs ?

« Dominus vobiscum et cum spiritu tuo. »
* Que le Seigneur soit avec vous ainsi que votre esprit.

La voix avait surgi de nulle part, un murmure caressant tout esprit présent en ces lieux. Les apprenties-divinités pouvaient percevoir à présent l'approche d'une source d'énergie plus importante que celles des humains normaux.

« Sursum corda. »
* Elevons notre coeur.

- Rentrez chez vous, Enora.

Non, elle ne se fatiguait pas à mettre les autres humains à l'abri ni se souciait de les prévenir, après tout ils n'étaient que poussières, ils finiraient par y retourner d'une manière ou d'une autre. Le ton de sa voix laissait entendre en tout cas qu'il n'y avait pas une seconde à perdre. En même temps, entendre une voix réciter religieusement sa prière, ce n'était pas le genre de chose qui arrivait tous les jours.

« Habemus ad Dominum. »
* Nous nous tournons vers le Seigneur.


Cliquer sur l'image pour avoir un aperçu complet.

Il était apparu finalement. Sa haute stature et son allure élancée soulignée par une aube noire et blanche, qui différenciait de celles des prêtres inoffensifs de part sa partie haute composée par d'imposantes épaulettes. Son visage, bien que neutre, sortait du commun grâce à l'oeil gauche d'un rouge flamboyant, ce qui laissait entendre que son propriétaire n'était pas là en paix. Et effectivement, l'instant d'après, il fit apparaître deux imposants pistolets dans ses mains, qu'il braqua en direction des dieux en devenir.

« Gratias agamus Domino Deo nostro. »
* Rendons grâce à Seigneur notre Dieu.

Ses doigts gantés appuyèrent alors sur la détente sans plus de cérémonie. Les balles… pouvait-on simplement appeler cela des balles ? Des boules d'énergie, oui. Et pas des moindres, en terme d'énergie. Vicieuse aussi, car elle passa au travers un malheureux humain sans lui attribuer le moindre dégât. Une Lily fut ainsi ciblée, sans que l'homme ne se soucie d'avoir touché l'originale ou non. Les explosions fusèrent de toute part, obligeant Rain à dégainer ses Ailes pour protéger les deux seules vies dont elle s'en souciait, et donnant une désagréable impression de fin du monde.

« Dignum et iustum est. »
* Cela est juste et bon.



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Re: So we are bound ? - Sam 7 Déc 2013 - 18:39

Avait-elle dit quelque chose qui ne fallait pas ? Ah non pardon, ce ton glacial était le même que tout à l’heure. C’était elle qui se faisait des idées. Elle relâcha enfin son étreinte, laissant Rain respirer à nouveau. Il serait dommage que sa voleuse adorée meurt asphyxiée sous le câlin d’une humaine.

Une voix se mit alors à résonner. Quoi ? Une prière ? Il y avait vraiment de tout ici, même des prêtres chantant à tue-tête des litanies latines dont l’étudiante ne comprenait pas un traître mot. Elle lâcha un profond soupir quand la brune lui ordonna de rentrer bien gentiment chez elle, comme si de rien n’était. Pour qui la prenait-elle donc ? Un animal de compagnie qu’elle avait dressé, si docile qu’elle se devait d’obéir aux ordres ? Hors de question.

- Non. Je reste.

Comme les humains ont le don de s’attirer des ennuis ! Non mais oh ! Qu’elle retourne illico presto chez elle, et qu’on la tire par la peau du cou s’il le faut ! C’est pas croyable. Y a vraiment des coups de chaise qui se perdent. Et si dans quelques siècles l’humanité entière a disparu de la Terre, il ne faudra guère s’étonner. Comment leur octroyer la vie si à chaque fois qu’un danger s’annonce, ces bipèdes ont l’affreux audace de rester, qu’importe les périples !
Pour plus tard, le coup de gueule.

Des balles se mirent alors à pleuvoir. De curieuses balles, soit dit en passant. Des projectiles transperçant les corps humains comme s’ils étaient faits de beurre, les épargnant, pour venir se perdre dans le clone de l’enfant, la douce et charmante et Lily.
Comme si cette apparition fantastique n’était pas suffisante – à croire qu’Enora n’a pas assez donné en matière de surnaturel aujourd’hui – voilà-t-il pas que deux immenses ailes venaient d’apparaître dans le dos de Rain, balayant les boules d’énergie comme si de rien n’était ! Enora restait muette de stupéfaction et d’admiration devant un tel spectacle. Elle n’avait jamais vu ça. À croire que le simple fait de se croire en la présence d’un ange suffisait à lui faire oublier que juste derrière, un religieux essayait de tuer sa voleuse de tomates, la violoniste et le garçon dont elle ignorait le nom.
Elle comprenait mieux l’indication de Rain, quand celle-ci lui avait montré le ciel pour seule réponse à sa provenance. Si c’était un ange, tout se tenait, non ? Et ces ailes qui donnaient davantage de crédit encore à son hypothèse.

- Vous êtes… un ange ?

Enora, la première, fut surprise de s’entendre poser une telle question. Elle la scientifique ne pouvait pas croire en un tel être ! C’était tout bonnement impossible ! Pourtant, elle devait reconnaître que depuis quelques temps, le monde entier semblait vouloir lui faire comprendre que la réalité n’était pas telle qu’elle la voyait. Elle n’avait toujours pas oublié sa sortie au parc d’attractions et sa rencontre avec ce chevalier blond possédant un cheval volant. Non, elle n’avait rien oublié de tout cela. Ni les drôles de jouets appelés communément Gnappeurs par le blondinet.

Mais si Rain était un ange, ce fou furieux tirant à bout portant, qu’était-il ? La réincarnation de Romuald tentant de se venger des Hommes – ou des anges ? – après son échec amoureux avec Clarimonde ? Du grand n’importe quoi. Il fallait vraiment qu’elle arrête de lire ce qui lui passait sous la main, de surcroît ces auteurs français écrivant du fantastique, cela ferait un grand bien à son esprit.

- Et lui, qui est-il ? demanda-t-elle tout en pointant du doigt le prêtre, pourquoi s’en prend-il à vous ? Pourquoi ses balles épargnent-elles les… autres ? Pourquoi…

Elle se tut, comprenant que ce n’était pas l’occasion rêvée pour harceler de questions celle qui tentait de la protéger par tous les moyens. Il n’est pas commode d’importuner un ange, Enora !
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Re: So we are bound ? - Lun 16 Déc 2013 - 21:03
Le regard rouge de l'intrus demeurait fixé sur ses cibles alors que l'air explosait de par en par. Celles-ci étaient coriaces, mais il n'en ferait qu'une bouchée, comme toutes celles qu'il avait abattues auparavant. Ces démons qui se prétendaient dieux se faisaient de plus en plus nombreux ces temps-ci. Jamais il n'avait été de sortie aussi souvent. Et comme à chaque fois, ils allaient subir le courroux du Tout-Puissant, de l'unique et véritable Dieu régissant sur ce monde. Comme à chaque fois, lui, XII, serait le main par laquelle ils allaient tous périr.

Que sa Volonté soit faite.

Se laisser canarder par un fou furieux armé jusqu'aux dents ? Allons, ils pouvaient très certainement trouver meilleur projet dans l'immédiat. Pour Enora, le plus sage aurait sûrement été d'aller se mettre à l'abri mais pour une raison qui échappa à Rain, elle choisit de rester. Ces humains et leur logique, sérieusement… Serait-elle légèrement suicidaire ? C'était possible, après tout, à aucun moment la jeune fille n'avait montré une once de méfiance vis-à-vis d'une intruse tombée du ciel, et l'avait accueillie comme une amie de longue date, ou du moins, ne l'avait pas chassée de sa propriété comme une vermine.

Une première question tomba. Un ange ? Qu'était-ce donc ? Pas le temps de fouiller dans son encyclopédie intérieure, l'ennemi évoluait dans le décor et l'humaine semblait suffisamment calme pour formuler d'autres questions. Enfin, calme, tout était relatif après tout, disons simplement que son esprit était demeuré clair et non embrouillé par la peur. D'un côté, ç'aurait peut-être été mieux, il lui aurait peut-être pris le réflexe de filer vers la porte de sa maison, toute proche, au lieu d'interroger celle qui la couvrait.

- Vous posez trop de questions, Enora.

Qui était cet inconnu ? Rain avait bien une petite idée, tout comme ce qui l'avait amené ici et ce qui le motivait. Maintenant, le moment n'était peut-être pas idéal pour combler la curiosité de la jeune humaine. Les coups de feu avaient cessé, de toute évidence le Godslayer était à court de munition. Sans perdre une seconde, la membre du Conseil fit alors volte-face, laissant ses Ailes se désintégrer en une nuée de fragments lumineux. Son regard se verrouilla sur sa cible, qui s'était placée devant une voiture. Le pied du tueur de dieux se cala sous le véhicule et d'un coup, celui-ci fut soulevé et propulsé droit vers les Liées. L'arme humaine ne sourcilla même pas et fonça vers l'ennemi, les mains serrant son katana, prête à dégainer. Répondant à ses réflexes, elle s'abaissa au dernier moment pour passer sous le projectile, l'évitant avec facilité. Il ne lui restait plus que quelques mètres à parcourir, ce sera vite réglé. Pourtant, sans préavis, son esprit se rappela de l'existence d'Enora, restée derrière elle et sans aucun doute la cible par extension de la voiture volante.

Tout se passa très vite. Le choix se fit en une fraction de seconde. Et le sabre fut lâché.

Brusquement, la déesse en devenir pivota sur elle-même. Ses mains vinrent agripper solidement les flancs du véhicule, mais le poids de celui-ci avait été décuplé par l'énergie cinétique et elle dut effectuer quelques pas avant de pouvoir stopper la course du projectile géant. Celui-ci émit un grincement métallique sous la prise de la membre du Conseil, et ne fut stoppé complètement qu'à quelques millimètres d'Enora.

- Combien de tomates vous devais-je encore ? demanda tout naturellement Rain, comme si c'était le contexte idéal pour ce genre de discussion. En voilà déjà une deuxième de rendue.

Le vent siffla alors à ses oreilles. Le chasseur de dieux ne lui laissait pas une seconde de répit, il était déjà revenu à la charge, ses pistolets avaient disparu pour laisser place à un sabre apparu de nulle part. Les pneus de la voiture tuèrent alors sans ménagement les derniers centimètres qui les séparaient du sol, permettant à l'ex-enseignante de s'esquiver sur le côté. Sa jambe droite vint balayer l'air, frapper l'épaule du bras armé de son adversaire afin de repousser tout danger immédiat. Ensuite, il n'y eut plus qu'à déplier la gauche pour que sa semelle vienne violemment s'incruster dans le visage du vilain pas beau.

Celui-ci bascula vers l'arrière tandis que Rain atterrissait sur ses pattes. D'un coup circulaire, l'une de ses jambes revint à la charge pour frapper les mollets de son adversaire et ainsi achever de le déséquilibrer. Sans perdre de temps, elle se retourna pour saisir la voiture échouée derrière elle à deux mains. La masse fendit l'air avant de s'écraser de tout son poids dans le sol, à l'endroit précis où se trouvait le tueur une seconde plus tôt, le fissurant à multiples endroits. Le colosse maîtrisé, elle fit volte-face pour foncer vers Enora.

- Courez !

Le corps du véhicule gémit à nouveau lorsque le Godslayer le souleva avec son corps. Décidément, increvable celui-là ! Malgré ses précautions pour l'achever définitivement, il ne semblait pas décidé à quitter ce bas-monde. Qui était-ce au final ? Le fils de Superman ? Le frère de Robocop ? En tout cas, il n'était peut-être pas si imperturbable qu'il le paraissait car ce fut dans un hurlement de rage qu'il propulsa à nouveau la carcasse de la voiture, cette fois avec une force nettement plus proche de l'état berserker. L'imposante masse passa tout près des deux Liées pour voler droit vers Lily et son copain renégat, qu'elle semblait prête à écraser d'une seconde à l'autre.

Malgré son aversion pour les contacts physiques, Rain saisit le bras d'Enora, se dépêcha d'ouvrir la porte de la propriété de cette dernière et de l'y pousser.

- Maintenant, mettez-vous à l'abri une bonne fois pour toute, ou je vais devoir me sentir obligée de rembourser également le pain.

Suite à quoi elle lui referma la porte au nez. Bien évidemment, elle ne pouvait pas le verrouiller, ce n'était pas chez elle après tout, mais bon, elle espérait tout de même que le message passerait. Avec l'humaine ainsi à découvert, elle ne pouvait décemment s'éloigner grâce à ses Ailes, que ce soit pour servir de diversion pendant que ses collègues renégats bousillent la gueule au colosse, ou pour se mettre hors de portée. Oui, même si ce Godslayer ne sortait pas du commun en ne s'attaquant pas aux humains, il n'était pas impossible qu'il dise zut à ses principes pour s'attaquer à une cible plus facile. Maintenant qu'il avait vu l'une de ces soi-disant divinités sauver une mortelle, il pouvait naturellement en conclure qu'elle tenait un minimum à celle-ci…



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Re: So we are bound ? - Lun 30 Déc 2013 - 17:37
L’apocalypse semblait avoir été provoquée par ce latiniste. Savoir parler le latin, d’ailleurs, tout comme être titulaire d’un diplôme de Lettres, n’est d’aucune utilité pour le marché du travail mais soit, Enora est une scientifique, que la chance soit avec elle !

Une voiture volait, arrêtée bientôt par Rain. Comment faisait-elle ? Enora ne disait plus un mot, se contentant d’être transportée dans les bras de sa sauveuse, de son ange tombé du ciel. D’ailes, elle avait quitté sa jolie paire, dissipée dans l’air, comme si de rien n’était, laissant là une étudiante songeuse. Pourtant, elle n’avait pas rêvé. Elle le savait. Tout cela, ce chaos environnant, ces voitures volantes, ces coups rendus et distribués, étaient bien réel. Elle en aurait mis sa main au feu. Le monde semblait être partagé en deux camps et elle, pauvre humaine, était entre ces joutes. Au centre. Ne sachant pas où était sa place. Elle n’avait rien demandé. Elle voulait juste réviser tranquillement ses cours du jour. Elle n’avait pas prévu qu’une femme tombe du ciel, la questionne sur des principes de vie élémentaires, lui vole ses tomates – si, si, c’est du vol ! – pour ensuite voler à sa rescousse. Elle ne comprenait plus rien.

La voici à nouveau chez elle, face à la porte d’entrée. Rain était déjà repartie botter les fesses du vilain car s’en prendre à Enora Vilkas, liée de Rain Sinclaire, est synonyme de mort. Fallait réfléchir avant d’agir. Mais à quoi bon tenter d’apprendre ça à un homme d’Eglise ? Il allait le regretter, au péril de sa vie. Peut-être. Ou pas. Vive l’indécision.
Elle ouvrit la porte, contemplant le terrifiant spectacle de fin du monde qui l’attendait. Elle n’avait jamais vu ça. Et le hasard l’avait choisie, elle, pour qu’elle fasse les frais d’une rencontre entre créatures mystiques. Un ange ! Les autres aussi ? Un ange se battant contre un homme de foi ? Peu crédible. Mais l’Eglise a sans doute évolué depuis et la place des anges n’est plus la même, au point que l’une ait glissé du ciel pour se goinfrer de tomates.

- ATTENTION ! hurla-t-elle à l’intention de Rain.

Très utile. Non honnêtement, tant de spiritualité et d’ingéniosité de la part de cette petite humaine. A-t-elle d’autres idées aussi grandioses que d’hurler « attention » pour prévenir la femme du danger ? Cela partait d’une bonne attention, justement, il est vrai. Mais ce n’est pas ça qui allait lui permettre d’être utile.

Elle s’élança hors du pavillon – l’autre aurait mieux fait de barricader la porte à l’aide de la voiture qu’elle s’amusait à arrêter, ça aurait évité à cette petite idiote de courir droit vers le danger – et s’interposa entre l’homme en soutane et Rain. Une si insignifiante personne entre ces deux destructeurs.

- Arrêtez ! Elle n’a aucun commis aucun mal, laissez-la tranquille !commença-t-elle avant de jeter un coup d’œil vers Lily et son ami, laissez-les tous tranquilles !

Sérieusement, il aurait mieux fallu boucler la porte pour éviter une telle scène. Et si le Godslayer se mettait vraiment en colère ? Et s’il changeait ses habitudes pour dégager cette petite humaine qui l’importunait ? N’avait-elle pas d’autres choses à faire que de s’interposer entre lui et ses cibles ? Et de lui donner des ordres, de surcroît ?

Courir, ce serait bien. Là, maintenant. Loin du danger. Ce n’était pas pour rien que la goinfre l’avait écartée de la scène de combat. Mais essayer d’aller contre la volonté d’Enora est presque mission impossible. Beaucoup s’étaient heurtés à son caractère. Tous en avaient retenu la même conclusion : il valait mieux éviter de la mettre en colère.

- Allez-vous en.

Toujours obstinée et déterminée. Rien ne pourrait la faire changer d’avis. Elle ignorait si ses mots auraient un impact quelconque sur cette machine à tuer des divinités mais au moins essayait-elle.
Elle attrapa la main de Rain. Non, elle ne la laisserait pas. Pas toute seule. Il allait en falloir plus pour réussir à se débarrasser d’elle. Plus qu’un Godslayer tout juste bon à tuer des écureuils arc-en-ciel. Et encore. Une insulte pour les écureuils arc-en-ciel que de les croire si faibles que ça, en passant.

Une sale bête peut-elle s’enfuir sur simple commandement d’une humaine ? Il suffit juste d’y croire, non ? Enora refusait que quelqu’un donne sa vie pour elle. Elle voulait être à ses côtés et ne la lâcherait pas. Jamais. Elle avait vu trop de gens mourir lors de la tuerie de cet été. Hors de question que le même scénario se reproduise ici. Une vie est précieuse, peu importe à qui elle appartient.
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Re: So we are bound ? - Ven 21 Fév 2014 - 23:31
Il y avait danger. Un Godslayer face à trois apprentis-dieux ? Rien que ça. Non, il y avait également danger pour sa couverture. Bien que aucun des deux renégats présents ne fussent de toute manière au courant de son appartenance à leur chère Guilde, il valait tout de même mieux rester crédible en toutes circonstances. Et si elle continuait à défendre cette humaine, ça ne va pas le faire. Pourquoi se fatiguait-elle à la protéger, d'ailleurs ? Simplement pour se mettre à jour dans ses dettes ? Allez, admettons. Mais maintenant qu'elle avait fait les comptes, que pouvait-elle compter faire, alors que cette humaine surgissait une nouvelle fois dans son champ de vision ? Visiblement, les humains étaient pleins de surprises. Bien que ne possédant pas de pouvoirs titanesques, celle-ci n'hésita pas à se jeter entre deux êtres surnaturels dont elle ignorait jusqu'à l'origine. La volonté et la détermination ? Non mais là, c'était carrément de la folie.

Car, juste après qu'elle eut fermé la porte sur Enora, Rain et les deux autres renégats avaient été la cible d'une pluie de balles. Comment éviter de se faire toucher sans le pouvoir commun du vol ? A moins d'avoir vu venir les coups de feu, ce qui n'avait pas été le cas de l'ancienne professeur, il n'y avait aucune possibilité de se mettre à l'abri rapidement... mises à part ses Ailes Célestes. Heureusement, elle avait eu le réflexe de les faire apparaître. Et si la puissance de celles-ci avait suffi à stopper les balles, elle n'avait pas arrêté pour autant la ardeur du chasseur de dieux.

Au moment précis où celui-ci laissait tomber ses flingues pour les remplacer par une gatling de la taille de son bras (décidement, ce Godslayer ferait copain-copain avec Yuri Dragunov), Enora réapparut, beuglant une alerte quoi de plus utile dans une situation où l'adrénaline de chacun coulait à flot. Ce n'était pas comme le sang, il n'y avait pas encore eu de sang versé, par on ne savait quel miracle. Et voilà que l'humaine se mettait à défendre leur cause, aux dieux. Quelle ironie. Face à Terminator version chrétien ? Courage... ou inconscience ? Dans tous les cas elle était là, dressée entre les deux camps, merveilleux bouclier qui n'était là que psychologiquement, puisque physiquement, ce n'était pas sa condition d'humaine qui allait stopper les balles tueuses de dieux. Mais, croyez-le ou non, cela suffit à stopper le chasseur dans son élan.

- Dois-je considérer là que vous contestez l'autorité du Tout-Puissant ? Avez-vous idée de ce que vous faîtes, de ce que vous défendez ?

Finalement, il ne savait donc pas que réciter des prières. Rain demeurait prête à bondir, esquiver, car on était jamais trop prudent avec cet homme qui gardait ses armes braquées dans sa direction, comme si Enora n'était pas là. Et même s'il ne semblait pas vouloir lancer d'offensive dans l'immédiat, la situation pouvait changer d'une seconde à l'autre. Concrètement, l'humaine n'était pas un obstacle, mais elle avait réussi à le perturber, lui qui n'avait jamais vu que les humains fuir, crier, partout où il passait, s'écartant de son chemin, préférant leur sécurité plutôt que de se mêler à un combat qui ne les concernait pas. Cette sagesse ne se trouvait pas ici, en cette fille aux cheveux châtains qui l'observait avec une détermination rare.

- Ces êtres, continuait l'homme de foi, sont responsables des malheurs qui pleuvent sur Terre : cataclysmes, famine, extinctions des races, guerres, maladies. Ce sont des démons qui se prétendent dieux pour mieux berner les hommes !

- Il faut bien que l'on s'occupe pendant que votre Tout-Puissant roupille.

La révélation, couplée à la réplique balancée par Rain, avait de quoi bousculer, certes, de quoi les faire passer pour des tarés de première aussi, mais bon, tant qu'à faire, ils n'avaient plus rien à cacher. Au contraire l'ancienne professeur était dans son rôle de renégate dont elle n'aurait aucun état d'âme à jouer jusqu'au bout maintenant. Les dettes étaient remboursées, qu'est-ce qui la liait encore à cette humaine ? Rien. Du moins, c'était ce qu'elle croyait. De base, elle n'était pas venue sur Terre pour s'attacher aux humains, elle avait appris à oublier l'un d'entre eux, mais aussi l'intérêt, l'admiration naturelle envers cette race qui l'avait créée et à laquelle elle cherchait inconsciemment à ressembler.

La sang gicla. Enfin. De sa paume qu'elle avait ouverte avec son katana pendant que l'autre papotait. De la main que Enora avait tenue dans un élan de bienveillance. Bienveillance qui s'était pris un mur de glace. Cette paume qu'elle plaqua sur le sol pour projeter vers le Godslayer une vague de liens constitués d'hémoglobine. Les coups de feu partirent, se perdirent dans le vide, puis dans le ciel alors que ces griffes venaient saisir les chevilles de l'homme pour lui faire perdre l'équilibre.

Et, alors, qu'il se rasseyait pour tirer dans la direction d'Enora et sa Liée malgré elle, cette dernière avait déjà bondi, suffisamment fort pour passer sans mal par-dessus la tête de l'humaine, suffisamment vite pour avoir toujours une longueur d'avance sur les tirs qui la poursuivirent jusque dans les airs. Derrière elle, le long de son bras dansaient des milliers de particules rouge sang, formant bientôt un immense poing aussi massif que solide. Poing qu'elle abattit sans sourciller sur le tueur des dieux, rabattant son buste et sa tête sur le sol avec violence, le tout en prenant un énorme risque en se plaçant aussi près des lignes de visée.

Mais tout avait été calculé, à la manière d'une machine. Tout avait été exécuté, à la manière d'une machine. La pitié n'avait pas lieu ici.

Frapper mortellement tout en évitant de se faire toucher mortellement en retour.

Le sang avait giclé à flot, mélange du sien et de celui de sa cible. Des balles avaient réussi à la toucher, mais il n'était pas là question de blessures graves pour quelqu'un ayant la capacité de régénérer son sang, et pour qui la douleur était abstraite. Alors elle forçait sur son énorme poing écarlate sous lequel elle sentait céder le Godslayer. Saurait-il la repousser comme il avait repoussé la voiture ? Ou bien l'arrêterait-on avant ? L'humain était indéfinissable… c'était bien la raison pour laquelle Rain ne les comprenait pas.



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