Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Happy birthday, Lyra.

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Happy birthday, Lyra. - Dim 8 Sep 2013 - 20:51
L'enfer c'est les autres, c'est pas moi, c'est les autres.



Le jour se levait enfin. Il faisait beau, le soleil tapait fort, mais ce n'était rien contre la température qui brûlait le sol. Hé oui, on était l'après-midi. Bah parce que le matin il fait frais et le démon n'osait pas sortir le matin. Il sortit donc, une grosse sucette en main. L'idiot se baladait avec un short en toile et un débardeur. Bien sur, aujourd'hui était une journée spéciale ! Sa petite sœur allait enfin avoir ses dix-neuf ans. Pas sœur de sang, mais ils avaient ce lien tous les deux qui faisait qu'ils se voyait comme frère et sœur. Oui oui, je vous parle bien de Lyra Vilkas. La renégate qui s'était bourrée la gueule avec Lev jusqu'à ne plus marcher droit. Heureusement que Lev était resté dans sa chambre d'ailleurs car quelques minutes après il s'était écroulé, trop de vertiges. Et en marchant il avait eu le droit à un bout de verre dans la plante des pieds, boulet le démon ! Bien sur c'était passé tout ça et voilà une nouvelle aventure pour le démon. Il avait d'ailleurs envoyé un message sur le portable de la brune en lui donnant rendez-vous près des ruines. Au moins il n'y avait plus personne.

En plus de sa sucette, il avait une petite boite avec lui. Cadeau. Bah oui il devait au moins lui offrir un cadeau et pour vous dire franchement il avait eu du mal à trouver. Mademoiselle n'était pas très bijoux et il avait mangé le gâteau en route, il avait besoin de force pour arriver à destination ! Le cadeau ? Et si on gardait le secret ? Après tout la narratrice de Lyra le saura et ça ne saura plus une surprise ! Donc autant garder ça pour moi. En plus la boite était jolie, elle était blanche avec un nœud rouge cerise. Il avait aussi en poche quelques paquets de bonbons. Bah oui, des bonbons à la cerise pour elle et à la fraise pour lui. Autant dire que niveau nourriture il avait de quoi faire -quoi que pour lui c'était limite si ça pouvait terminer la journée.

Il faisait chaud et Lev marchait encore, le gâteau déjà dans le ventre. Ou allait-il ? Et bien en vérité il allait plus loin qu'à son point de rendez-vous. Il allait voir l'état de la secte après plusieurs semaines -voir des mois, le démon n'avait pas vu le temps passé- sans vérifier si quelqu'un vivait encore dedans. C'est pour ça qu'il était sortit en avance -surtout qu'il avait prit sa journée pour être avec Lyra, journée qu'il rattrapera forcément dans ses jours de congés. M'enfin, pour l'instant il y arriva enfin.

Lev croqua un morceau de sa sucette et approcha lentement. Il avait ralentit la cadence en voyant ce tronc toujours debout et toujours aussi sale, plein de sang. Il était mort là, il s'en souvenait encore. Comment oublier sa mort que l'on avait ensuite revu d'un point de vue extérieur ? Étrangement, cela lui fit un pincement au cœur. Il était mort attaché là, par son paternel. Lev avala le morceau de sucre qui commençait à fondre dans sa bouche et osa enfin poser une main sur ce tronc. Ce bout de bois énorme qui représentait tant pour lui. Celui-c i était d'ailleurs calciné par endroit, mais restait debout. C'était un mauvais souvenir. Un mauvais. Il observa les bâtiments noirs à cause du feu qu'il avait provoqué. Il manquait des murs voir des toits à d'autres. Pas un jolie spectacle je vous l'accorde. Et je ne vous parle pas du sol tout simplement noir. Aucun trace de vie donc de plante ou d'abeilles.

Lev ne regrettait pas son geste. Ah ça non. C'était sa vengeance. Il s'était défoulé. Soit il détruisait la secte soit il détruisait Lyra. Il avait préféré la première option. La secte. Le lieu de rencontre de Lev et Lyra. L'enfer de Lyra et la tombe de Lev.

Le démon fit demi-tour aussi rapidement qu'il pu. Il lâcha sa grosse sucette d'enfant et couru le plus vite possible. Il courait comme si quelque chose le pourchassait. Une boule au cœur, il avait limite les larmes aux yeux. Trop douloureux, même après avoir tout détruit. Pourquoi ? Pourquoi ce sentiment alors que tout était enfin finit, qu'ils étaient enfin tranquille, qu'Il avait la conscience tranquille ? Il couru encore jusqu'à arrivé au point de rendez-vous, point de rendez-vous qui n'était pas si éloigné de la ville finalement. Il était à bout de souffle et s'assit à même le sol, quitte à se brûler le derrière. Le voilà quelques secondes assit puis il se mit rapidement debout. C'était trop chaud. Il respira un bon coup pour rapidement reprendre son souffle. Elle allait arrivé. Elle était déjà là.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Lun 9 Sep 2013 - 11:11

Paquet de chamallows en main, la demoiselle avançait d’un bon pas vers le lieu de rendez-vous. Elle piochait l’une des friandises pour ensuite la laisser tomber dans son gosier ou laissait pendre sa main, là son louveteau ne manquait pas de vite se saisir de ce mets délicat et inespéré pour un canidé. Elle essayait de le dresser comme elle pouvait et au fil des jours il s’était avéré que le quadrupède préférait de loin ces bonbons-ci à d’autres. Ah les joies du dressage ! Mais inutile d’éluder la question ici, il y a plus important en ce moment.
Jour de septembre. Son anniversaire. Elle aurait bien aimé le passer tranquillement sous la couette. Malheureusement, le crétin qui lui servait de frère en avait décidé autrement. Ce petit nom affectueux était sa façon personnelle de lui rappeler à quel point il comptait énormément pour elle. Si, si.

Lyra appréhendait cette nouvelle rencontre avec Lev. Ils s’étaient quittés en mauvais terme la dernière fois. Encore. À croire que cela allait finir par devenir une habitude. Toujours est-il que la renégate avait accepté de se rendre près de l’endroit isolé où le démon l’attendrait. Les arbres défilaient sous ses yeux sans qu’elle n’en reconnaisse un seul. De la nature partout. Au loin, un village qui semblait abandonné depuis son point d’observation. La nature hostile avait peu à peu repris ses droits sur les Hommes. Lyra aurait dû reconnaître ces environs. Là où la secte se tenait encore. Elle avait si peu vu cet endroit hors de ses murs que cela ne lui sautait pas aux yeux. Elle n’avait réussi à en sortir qu’une seule et unique fois, ce n’était pas pour se délecter du paysage mais pour sauver sa peau. Alors, elle faisait confiance à son frère, lui seul saurait la guider parmi ce dédale. Tout se ressemblait.
Likho poussa un léger couinement, signifiant par là qu’il souhaitait que sa maîtresse ralentisse un peu la cadence. De toute façon, ils étaient enfin arrivés. Au milieu de nul part. Formidable coin pour fêter un anniversaire.

La demoiselle se laissa tomber au sol, d’adossant à un arbre tout en attrapant son familier qu’elle ne cessait de câliner. Au fond, elle n’avait pas eu tort d’adopter ce petit gourmand. En plus d’être de bonne compagnie, il semblait la comprendre. Elle se faisait des idées. Le cours sur le langage viendra plus tard, toutefois. L’animal se détourna des caresses de la défunte, préférant aller s’ébattre dans l’herbe tout en commençant une folle chasse aux papillons.
Lyra tourna la tête pour apercevoir Lev. Essoufflé. La ponctualité n’était toujours pas son fort, le voilà qui suait à grosses gouttes pour avoir produit un effort physique. C’était ça ou se pointer en retard, hein ?

- Chamallows ? fit-elle en guise de salut tout en tendant le paquet à son frère.

Formidable approche que la sienne. Comme toujours, dire bonjour était surfait. Place à la modernité. Likho parut réagit au nom commun, sautant sur le paquet avant qu’il ne puisse changer de propriétaire. Ah ben non en fait, pour les chamallows, il faudrait faire sans.
Et maintenant ? Se regarder dans le blanc des yeux comme deux chiens de faïence n’allait pas faire avancer grand chose.

- Pourquoi ici ?

Pour les politesses visant à remercier Lev de lui avoir donné rendez-vous pour son anniversaire et lui faire le cadeau de sa compagnie, il faudrait repasser aussi. L’ancienne archiviste n’avait toujours pas de souvenir de ce lieu qu’elle avait arpenté lors d’un soir d’hiver dans le but de survivre. Cela commençait à être loin. Trois ans maintenant. Lors de sa fugue, elle n’avait pas songé à se retourner pour regarder une dernier fois ce lieu funeste et tragique qui lui avait causé tant de tourments. Mais en ce monde, rien n’arrivait par hasard. Il aurait été mille fois plus commode d’aller se saluer dans un café, une bibliothèque – pas pratique pour gueuler, connaissant Lyra – ou un salon de thé. Mais non, le brun avait opté pour un lieu si féerique, si merveilleux, où la fantaisie et le fantastique ne faisaient plus qu’un, où la surprise était toujours de taille : des ruines. Bravo.

Et sinon, ça va ? Non mais cela aurait pu être bien de commencer par s’enquérir de la santé de son frère de prime. Elle l’avait quand même laissé livré à lui-même lors de son anniversaire. Lui aussi avait trop bu. Mais au moins avait-il eu la bonne idée de rester cloîtré dans sa chambre plutôt que d’aller dire bonsoir à Tanya et de se retrouver dans son lit par la même occasion. En tout bien, tout honneur. Enfin. La pauvre chérie n’avait aucun souvenir de cette soirée trop arrosée. C’était peut-être mieux ainsi. L’ignorance est un grand présent qu’il faut savoir apprécier. Heureux les imbéciles.

Likho secouait le paquet dans tous les sens avant de constater que l’homme en face de lui était un parfait inconnu. Il ramassa une friandise qui s’était échappée du sac – l’herbe était maculée de moutons roses et blancs désormais – et l’apporta à Lev. Cadeau.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Lun 21 Oct 2013 - 21:01

Lev se souvenait du désastre qu'il avait causé. Il ne pensait pouvoir faire ça, détruire ce qu'il rendu démon, pour sa sœur. Tout détruire, les tuer tous, un par un. Le sang avait giclé, les pleurs avait redoublés, comme s'ils avaient comprit que c'était la fin. C'était un spectacle unique. Qui pourra vous dire qu'il a vu un démon tuer des gens ? Qu'il a vu un démon tout court ? Qu'il la vue détruire une secte, s'accrochant à un tronc d'arbre ? Oui, s'accrocher à ses mauvais souvenirs, sa mort, la secte, les pleurs, le sang. Cet endroit n'était qu'enfer, un lieu pour tuer des gens et les faire souffrir. Souffrir pour faire plaisir à autrui, comment l'homme qui l'avait élevé avait-il pu faire cela ? Comment faisait-il pour aimer son fils, l'éduquer comme une père normal alors qu'à coté il prenait un plaisir fou à tuer et torturer des gens ? Prier pour son fils, pour un démon, pour Satan. Comment avait-il pu pensé que son fils oserait reprendre le flambeau ? Lui qui - à cette époque - n'osait même pas tuer une petite araignée sans défense ? Il avait de drôles d'idées, il ne connaissait tout simplement pas son fils. Sans parler du fait qu'il était fier de ce que son fils était devenu. Un monstre. Voilà ce qu'il était désormais. Un monstre bon uniquement à tuer avec ses griffes et ses crocs. Le démon se demandait vraiment pourquoi il voulait que son fils soit ainsi. Question qui risquait de rester longtemps encrée dans sa mémoire, il avait tué son père après tout.

Elle était là. Naturellement, elle était venue et pas toute seule en plus. Avec ... Un animal ? Oh mademoiselle aimait les animaux ? Un louveteau qu'il trouvait plutôt mignon. Un louveteau qui aimait les friandises apparemment. Le démon l'observa, essoufflé.  Inspire, expire. Voilà, il reprenait un bon rythme et vit l'animal lui apporter le sachet de friandise. Friandise qui passa vite dans la bouche du démon, il n'était pas fan mais tant que c'était de la nourriture, tout pouvait passer. Ou presque. Enfin, ça c'était une autre questions.

- Mignon l'animal. Je te pensais pas proche des animaux. M'enfin, prends.

Il lui tendit la boite. Bon faut l'avouer, il avait galéré à trouver ce genre de chose. Mais en cherchant il avait réussit. Il lui tendit donc un bijou. Un beau collier ovale qui contenait une photo d'eux deux, souriant. Ils avaient l'air heureux tous les deux dessus. Ils avaient prit cette photo après avoir chipé des cerises dans le cerisier de la secte, chose interdite mais Lyra ne pouvait pas résister. Et puis Lev se voyait mal la laisser seule faire la bêtise, puis c'était de la nourriture. Des moments éphémères qui les rendait heureux. Comme quoi un rien pouvait les faire sourire. Elle était un peu plus petite à ce moment-là, c'était avant qu'elle ne fugue de la secte. Un souvenir précieux pour eux.

- J'espère que tu le chériras. Longtemps. Aussi longtemps que nous seront liés.

Leur moment.

Un doux souvenir. C'est vrai que Lyra n'était pas très bijou, mais elle pouvait quand même l'accepter pour lui faire plaisir non ? Après tout ce souvenir n'était pas précieux uniquement aux yeux du démon.

- Joyeux anniversaire, Lyra !

Il lui disait ça en souriant, content de la voir. La dernière fois qu'il lui avait dit ça ... Il était encore vivant. Là tout était différent. Leur statut, après tout elle était renégate et lui membre du conseil, mais ça ne l’empêchait pas d'apprécier sa sœur pour autant. Le lieu aussi, avant c'était dans la secte et là c'était ... Dans des ruines. Bon ok c'est pas super comme endroit, mais le démon ne l'avait pas choisit pour rien. Ah non, il voulait lui montrer quelque chose. Lui montrer l'état de la secte. Ce qu'il avait fait pour elle, pour lui, pour eux. Fin des cauchemars ! Il avait l'esprit tranquille, comme s'il avait effacé le passé. Chose impossible bien sur, pourtant cette idée lui plaisait. Rencontrer Lyra dans d'autres circonstances ? Il aurait aimé. Ne pas la voir souffrir, la voir sourire tous les jours, profitant de la vie comme une personne normale. Malheureusement ce n'était plus le cas. Mais il manquait quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Une personne qui fuyait le démon, une personne que celui-ci cherchait pour tout lui expliquer.

Yulia.

Elle le fuyait. Elle avait peur de lui. C'était compréhensible. Après tout il avait faillit la tuer, heureusement qu'elle s'était sauvée avant. Il s'en serait voulut longtemps, très longtemps de l'avoir tué. Yulia. Elle était comme Lyra à ses yeux. Pourtant elle avait ... disparut ? C'est ça, pour ne plus le voir. Ne plus voir un monstre, il comprenait. Mais elle ne pouvait pas fuir longtemps ainsi. Il n'allait pas la laisser filer ainsi. Elle pourrait peut-être comprendre ? Ou lui donner une seconde chance si elle lui en voulait vraiment. Quoi que, qui a envie de parler à un monstre sachant qu'il a faillit vous tuer ? Personne, naturellement.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Sam 26 Oct 2013 - 17:20

Sentait-elle le poney pour que sa précédente question n’ait obtenu aucune réponse ? Malheureusement, il y avait peu de chances que cet oubli provienne du personnage directement, cela paraissait venir de plus haut. Mais qu’importe, Lyra ne s’en offusqua pas, se contentant de hausser les épaules alors que son frère lui faisait une tendre réflexion concernant son amour pour les animaux. Elle aurait pu lui répliquer qu’elle préférait de loin la compagnie de Likho à celle des humains mais ne le fit pas. Aucune envie de gaspiller sa salive pour si peu. Lev, après tout, connaissait déjà le fond de sa pensée concernant ce sujet pointilleux, inutile de s’étaler donc.

Son attention fut accaparée par la mignonne petite boîte – cela y va les épithètes aujourd’hui, partiel de méthode en vue ? – à l’intérieur laquelle se cachait un médaillon. Le bijou glissa entre les doigts du démon avant de venir siéger au cou de la demoiselle. Elle tritura le collier quelques instants, contemplant la photo cachée à l’intérieur, absorbée toute entière qu’elle était à sa fascination pour le cliché. Souvenir, souvenir. Des photos de ce temps révolu, il y en avait si peu. Lyra ne songeait pas même qu’il en existait une et voilà que Lev lui apportait un présent du passé monté sur pendentif.

- J’le porterai chaque jour pour jamais t’oublier, lui murmura-t-elle dans le creux de l’oreille tout en déposant un léger baiser brumeux sur sa joue, comme ça j’aurai toujours mon frère à mes côtés, peu importe où j’serai.

Oh c’est mignon. Sérieusement, on y croirait presque. Reportons à plu tard la séance émotion, sous peu ils seraient bien capables de se crier leur amour respectif. Comme si cette babiole ne suffisait pas en guise de preuve mielleuse.
Ainsi, l’ombre de Lev la suivrait dans chacun de ses massacres de tueuse. Magnifique. À deux, ils seraient bien plus forts qu’en solitaire. Qui plus est, son frère ne lui avait-il pas déjà donné un aperçu de ses talents lors de leur retour en Russie ? Non vraiment, avoir son frère avec elle, même si ce n’était que par l’esprit, cela relevait de la prouesse, d’un grand exploit dont elle pourrait se vanter encore longtemps.

Si seulement un simple regard à ce cadeau pouvait lui permettre de mettre dans l’ordre dans ses pensées. Cela serait merveilleux. Ne jamais oublier Lev, d’accord. Ne jamais oublier celle qu’elle était autrefois, là, on aurait droit à l’apothéose. Malheureusement, la brave enfant ne semblait jamais avoir eu quelque conscience de bien et de mal, le manichéen, très peu pour elle. Ce n’était guère étonnant qu’elle ait suivi la voie de la guilde noire, à croire que cette route était toute tracée pour elle. Pfft.

- Oui, oui, oui, joyeux anniversaire à moi. Pour c’qu’il a d’joyeux, c’t’anniversaire… Rien qu’le décor contraste avec ce jour !

Si seulement elle avait fait un mince effort de mémorisation le soir de sa fugue, sans doute aurait-elle déjà compris où le brun souhaitait en venir. Mais rien de tout cela quand elle quitta l’enfer pour le purgatoire. Rien du tout. Elle avait juste couru, poussée par l’énergie du désespoir. Entraînée par ce même mot que le monde entier lui avait répété depuis sa naissance, lui semblait-il : choisir. Toujours une question de choix. Cela la poursuivait comme la peste ou la gangrène et n’en finissait pas de s’attacher à elle. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi, d’ailleurs.

Dix-neuf ans. Ce n’est pas rien. La Russe aurait dû être euphorique d’avoir atteint un tel palier, même si l’exploit était réducteur et minime étant donné que cette sacralisation avait été obtenue après sa mort. Toujours est-il que la joie aurait dû être présente dans son cœur, balayant sa tristesse certaine et passée de ses dix-huit ans. Mais rien n’y faisait. La présence de Lev, rien que cela, aurait dû la satisfaire. Même cela ne lui suffisait plus. Quelque chose s’était brisé entre eux deux mais cela, elle ne s’en rendait pas encore compte. Sa pensée était trop jeune pour qu’elle puisse mettre un mot sur cet état actuel. Cela passerait, cela ne durerait qu’un temps ; elle songerait vite à autre chose. Et pourtant…

- Restons pas là, allons voir c’qu’il y a en contre-bas !

Charmante idée. Folle. Il en allait de même de Lyra. Si seulement ses souvenirs remontaient à la surface même de son esprit ! Au moins n’aurait-elle pas proposé cette idée qui lui paraîtrait ignoble dans quelques instants. Mais tout cela était prévu, oui, un coup monté. Sinon, pourquoi Lev aurait-il choisi un tel lieu pour un anniversaire digne de ce nom ?
Plus bas, que se cachait-il ? Des fantômes du passé, des monstres qui l’avaient hantée toute sa triste vie, dix ans passés derrière des barreaux. Et elle, la voilà qui souhaitait s’y précipiter. Droit dans la gueule du loup.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Lun 28 Oct 2013 - 21:08
- J’le porterai chaque jour pour jamais t’oublier, comme ça j’aurai toujours mon frère à mes côtés, peu importe où j’serai.

Elle était si proche, embrassant la joue du démon. Celui sourit, un sourire sincère. Il était tellement que ce cadeau lui plaise, elle qui n'était pas bijou, allait le porter juste pour lui, pour eux. Cette idée lui réchauffait le cœur et il ne put s’empêcher de prendre Lyra dans ses bras, quelques instants. Quelques instants précieux à eux deux. Ça dura quelques secondes, quelques secondes pour la sentir contre lui, quelques secondes pour sentir son parfum si enivrant. Sa sœur. Son seul et unique lien de famille qui lui restait. Il lui avait prouvé qu'il tenait à elle en tuant son propre père. Le deal. Son père ou sa sœur. Le choix fut vite fait. Il préférait tuer son bourreau, ce monstre qui avait fait tant de mal à sa sœur et à d'autres personnes. Yulia. Oui, elle était beaucoup plus importante que lui. C'était sa faute s'il était un monstre à son tour, s'il n'était plus humain, si certaines personnes avaient peur de lui. Tout ça à cause de lui. Même mort il était présent. Présent en lui, mais là c'est une autre histoire.

- Oui, oui, oui, joyeux anniversaire à moi. Pour c’qu’il a d’joyeux, c’t’anniversaire… Rien qu’le décor contraste avec ce jour !

Un instant Lev se figea. Elle ne reconnaissait donc pas le paysage ? Pourtant il ne perdait pas son sourire, toujours heureux d’être avec elle. Le démon trouvait ça ... étrange. Quand on souffre et que l'on se sauve, on se souvient le chemin que l'on a utilisé pour fuir non ? Lyra non, du moins pour l'instant. Oui, ce chemin menait à la secte qu'il avait détruit, à ces taches de sang présentes sur le sol et les mur qui arrivaient encore à rester debout. Des traces noires. Lev avait tenté de tout brûler une bonne fois pour toute. Ayant l'impression de tout brûler, il brûlait la secte, ses cauchemars, ses souvenirs. A ce moment-là il était encore idiot, ne comprenant pas que ce passé était la base de ce qu'il était à ce moment précis aux cotés de Lyra. Non il l'ignorait encore, ne regrettant toujours pas son geste.

- Restons pas là, allons voir c’qu’il y a en contre-bas !

Elle avait devancer le démon qui suivit. Aller aux fantômes du passé. Lev avança donc avec Lyra, les bâtiments apparaissaient de plus en plus. Cette fois elle devrait reconnaître l'endroit, elle devait le reconnaître ! Elle avait vécu tellement longtemps derrière ces barreaux, ces murs, elle avait vécu tellement longtemps avec la souffrance que ce lieu lui offrait. Comment oublier l'endroit qui a tué notre âme ? Notre famille ? Comment oublier l'enfer après avoir tué Satan en personne ? Et voilà qu'on en revient à ce monstre, on en revient à toutes ces souffrances. Rien n'avait changé, tout était comme il l'avait laissé. Personne n'était passé entre temps. Le lieu montrait la souffrance de Lyra, de Lev, leur souffrance respective.

- Tu reconnais ? Tout ça, les bâtiments et ce tronc ...

Question bête sans doute. Il s'approcha du tronc en question, posant sa main délicatement contre l'écorce pour le caresser. Ce tronc qui le reliait encore au passé. Dernière chose qui était encore en état. Dernière chose que le démon allait vouloir faire disparaître plus tard. Le démon avait perdu son sourire, les images de sa mort revenait petit à petit. Les coups de fouet, les cris de son père et le rire de son bras-droit. Le corps du gros qui surveillait la secte était encore à sa place. Tout était enfin finit, pour de bon.

- Fin des cauchemars. Fin à la souffrance. On peut enfin tout oublier, enfin ... Presque ...

Il faisait référence à Yulia. Elle s'était sauvée, en pleur, terrifiée de voir un démon tout détruire. Il voulait la retrouver. Tout lui expliquer calmement, mais elle avait peur et risquait de toujours avoir peur si elle le voyait. Mais il le fallait, il y tenait à Yulia. Il y tenait autant que Lyra.

- Yulia a eu le temps de se sauver, je dois la retrouver pour ... Pour lui expliquer ... Je ne veux pas qu'elle me fuis éternellement.

Lyra ... Qu'est-ce qu'elle allait en penser ? Lev tourna la tête pour l'observer. Non, il ne s'attendait pas à ce genre de réaction. Il ne s'attendait pas à vivre ce qui allait se passer. Il n'était pas encore prêt pour ça. Toutefois ce n'était pas lui qui décidait de la tournures des choses. A lui d'assumer ce qu'il avait fait maintenant, comme un grand. Il avait prit un plaisir fou à tuer et à détruire, maintenant il devait s'expliquer. Encore des explications compliquées qui allaient une nouvelle fois mal finir. Forçaient-ils le destin en restant liés ainsi ?
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Re: Happy birthday, Lyra. - Mar 29 Oct 2013 - 19:40

« Will you wait until it all burns down
Will you hide until it all burns down
Will it hurt when it all burns down
Will you fight when it all burns down »


Lyra n’écoutait plus. Elle observait le paysage qui lui faisait face. Partout, tout n’était que tristesse et désolation. Des empreintes s’imprimaient dans la cendre. On aurait pu croire de la neige, mais il n’en était rien. Ce gris symbolisait à lui seul la couleur qui ornait son cœur. Celle de son âme, aussi. Elle était plongée dans sa contemplation de panorama catastrophique. Ses lésions étaient invisibles à l’œil nu et pourtant il pleurait dans son cœur comme il avait neigé en ce lieu. Et quel lieu. Bien sûr qu’elle le reconnaissait. Elle n’avait nul besoin des indications de Lev pour s’y retrouver. Son passé se trouvait ici. Dix ans. Et le voilà parti en fumée. Comme ça. D’un claquement de doigt. L’œuvre de son frère, à ce qu’elle comprenait. Des bribes lui sautaient au cerveau, ce dernier tentait tant bien que mal de déchiffrer ces informations et de les assembler ensemble pour qu’enfin la renégate puisse y voir clair. Mais seule la nuit continuait de l’éclairer. Une nuit sans lune où elle ne pourrait pas crier comme à son habitude, comme dans son enfance, en compagnie de Yulia. Juste le silence et ses souvenirs. C’était pire que tout.

Lyra avait l’impression d’être un fantôme. Un fantôme foulant un décor du passé. Il y avait du vrai dans ces pensées. Malheureusement, son corps était bien matériel, elle continuait de vivre malgré sa mort. Et là, dans cet amas de cendres, se trouvait peut-être le corps de ceux qu’elle avait aimés pendant dix longues années. Dix années à nouer des amitiés éphémères, à s’entraider, à partager les mêmes peurs et craintes, à soulager les sanglots des autres, à capturer les rires des uns. Que restait-il de ces années ? Rien du tout. Juste des scories. Elle avait l’audace de marcher sur des morts. Cruelle pensée.
Elle n’aurait pas dû venir ici. Jamais. Maintenant, c’était trop tard.

Elle observa le tronc que Lev lui indiquait, n’ayant toujours pas dit un mot. Les blessures étaient trop profondes pour pouvoir êtres vues. À peine les cicatrices étaient-elles refermées, encore fraîches, que le démon les rouvrait, grattant là où cela faisait le plus mal pour faire couler à nouveau ce sang noir, ce liquide ombragé signe de vie et de mort.
Ce tronc n’était pas seulement le tombeau de sa mort. C’était bien plus que ça. Ce tronc avait été synonyme de vie. Elle s’en rappelait, désormais.

- Quand j’étais plus p’tite, à peine arrivée ici, trois sœurs étaient alignées devant ce tronc. J’ai jamais compris pourquoi et c’est pas important mais… des hommes étaient là, eux-aussi, armés. Et ils criaient « Choisis ! Choisis ! Choisis » à une mère éplorée, commença-t-elle d’un ton neutre, vrillant ses prunelles noisettes dans celles de Lev, mais la mère continuait de pleurer et de crier, prétextant qu’elle était incapable d’un tel choix. Alors ils ont crié à nouveau « Choisis ou on les tue toutes les trois. » Finalement, la femme a crié « Yulia ! Yulia ! » et deux coups de feu ont retenti.

Souvenir étrange qu’il ne fait pas bon de se remémorer un tel jour. La demoiselle reporta son attention sur le tronc, le caressant du bout des doigts. Il en avait vu tant, des cadavres. Certains reposaient même encore à ses racines. En bon gardien, il gardait les morts à défaut d’avoir pu protéger les vivants.
Elle fit le tour de cet arbre décharné que la vie semblait elle-aussi avoir abandonné. Tout ce qui se trouvait ici était pourri jusqu’à la moelle. Les bâtiments, les denrées, les êtres vivants ; la végétation ne faisait pas exception, au plus grand regret de la Russe.

- Quand t’as débarqué, massacrant tout l’monde, tu crois que Yulia a pensé à quoi ? « Choisis ! Choisis ! Choisis ! » voilà c’que son cerveau lui criait.

La brune n’avait toujours pas élevé la voix. Son ton était toujours aussi neutre. Aucun reproche ne trahissait sa voix. Seuls ses yeux parlaient pour elle. Une profonde colère, plus vive que jamais. Une grande déception aussi. Elle avait placé de grands espoirs en son frère mais lui, qu’avait-il fait si ce n’est abuser d’elle et de sa crédulité ? Tous les mêmes. Entre lui et son père, aucune différence.

- Au fond, t’es comme ton père.

Le verdict était tombé à la manière d’une lame effilée, parée pour trancher une tête. Un verdict lourd, indigeste, amer. Une sentence clamée, pas de foule en délire. Juste Lyra qui se faisait juge des actes de Lev, pauvre accusé. Accusé jugé coupable. C’était là tout le problème.

La demoiselle abandonna définitivement le tronc, continuant sa visite des lieux damnés. Son animal sur les talons, sa fourrure blanche se ternissait peu à peu, revêtant une robe bien plus sombre. Il se fondait dans ces cendres, se camouflant avec les scories sans en avoir conscience. Seul le rouge brillait toujours en des points précis sur son pelage, plus éclatants que jamais.

L’enfer avait perdu de sa vitalité. L’ancienne archiviste avait le sentiment d’être revenue deux ans en arrière, quand tout semblait possible, quand elle était toujours vivante, quand son calvaire n’était qu’un jour de plus banal dans son quotidien. Quand tous ceux qu’elle connaissait étaient encore en vie. Mais il n’y avait plus rien ici. Rien. Si ce n’est cette mort qui était passée, arrachant les derniers brins de sourire et de joie à ceux qui étaient encore capables de telles prouesses. Personne n’avait été épargnée. Sauf Yulia. Et Lyra, fuyant deux ans plus tôt. Elle aurait dû faire partie de ces cendres. Son cadavre aurait dû se trouver là. Encore une fois, elle avait été trop lâche, préférant abandonner son frère à une mort certaine plutôt que de connaître la sienne.
Une baraque lui faisait face. Grise elle aussi. Lyra en caressa la porte, désireuse et inquiète de voir ce qui se trouverait à l’intérieur. C’était ici qu’elle dormait, autrefois. Cela lui paraissait si loin. Pourtant, cela ne remontait qu’à deux ans. Deux petites années qu’elle n’avait pas vu passer, les seules que le paternel de Lev n’avait pas su lui voler. Les seules qui constituaient désormais son passé.

La porte fut poussée. Lentement. À peine cet air pénétra-t-il les poumons de Lyra qu’elle s’inclina, le cœur chargé. L’odeur était insupportable. Non, elle ne s’était pas attendue à ça. Un amas de chair en décomposition. Du sang partout sur les murs. Un pur massacre. Lyra s’agrippait à la porte pour ne pas tomber, la tête lui tourner. Mais qui était donc son frère pour avoir pu agir ainsi ? Un monstre ? Elle avait déjà eu un aperçu de sa véritable nature lors de leur premier retour en Russie mais c’était au-delà de ses pires craintes. Etait-ce de cet être dont elle se revendiquait être la sœur ?
La demoiselle se redressa, posant un regard las sur ces viandes défraîchies. Des connaissances se trouvaient certainement là. Elle ferma les yeux, essayant de se souvenir.

- Maria, Eléna, Nastia, Natalia, Liza, Assia, Raya, Miraslova, Vera, Irina…

Et la liste continuait. Les prénoms lui revenaient à la manière d’une vielle litanie qu’elle était seule à connaître. Les nommer lui permettait de ne pas les oublier et de leur dire au revoir une dernière fois. Leur montrer qu’elle ne les avait pas oubliées, malgré ce temps qui s’était écoulé, malgré son départ à la manière d’une voleuse ou plutôt, en vue des circonstances, d’une tueuse. Seules deux noms manquaient à l’appel. Le sien et celui de Yulia.

N’était-ce pas magnifique de nommer quelqu’un par son prénom, lui faire l’éloge de son être à travers ce patronyme qu’il était seul à porter ? Lyra, Lyra, Lyra. Qu’il est triste de n’avoir personne pour nous reconnaître. Lyra, Lyra, Lyra. Entendre son prénom résonner dans une bouche est la preuve que la solitude est loin de soi. Il faut le prononcer à haute voix pour éviter que la folie ne nous emporte dans le cas contraire. Lyra, Lyra, Lyra.

Elle avança dans ce bain de sang, ne se souciant pas de savoir si Lev l’avait rejointe ou non. Elle avait besoin de se retrouver ici. Le dortoir n’était pas bien grande, elle en ferait vite le tour pour constater l’étendue des dégâts. Mais ce n’était pas là ce qui l’intéressait. Elle s’arrêta devant deux couchettes, superposées, contemplant leur absence de cadavre. La sienne, en hauteur, celle de Yulia en bas. La fille qui hurle à la lune et la fille qui chante. Quel beau duo elles formaient toutes les deux. Lyra, par ses cris, évacuaient ce trop plein d’émotions qu’elle ne supportait plus. Ce que les autres ne supportaient pas, c’était justement ses hurlements incessants nocturnes. Puis Yulia est venue lui parler, mêlant sa douce voix d’ange à celle de la sauvage.
La jeune fille grimpa sur son ancienne couchette, entourée de cadavres mutilés dont les blessures ne l’intéressaient plus. L’odeur était toujours aussi immonde, mille miasmes semblaient avoir pris possession de cette pièce. Mille miasmes ou juste une vingtaine de cadavres, cela se valait.

- J’ai jamais hurlé au soleil, jamais.

Son discours était dissonant. Elle allait se reprendre, oui. Elle allait crier toute sa rancœur et sa haine à Lev pour qu’il comprenne qui était allé trop loin. Ce crime ne resterait pas impuni. Jamais.
Sa main se baladait sur le médaillon. Un talisman lui rappelant qu’elle vivait dans le passé. Il fallait qu’elle laisse ces morts là où ils étaient. Elle ne pouvait plus rien pour eux. Elle les avait nommés, sa mémoire s’était mise en éveil après un long sommeil. Que voulait-elle faire de plus ? Les venger ? Pourquoi ? Il serait grand temps qu’elle comprenne que ces crimes qu’elle reprochait à son frère, ces massacres perpétués impunément, ressemblaient étrangement à son travail de renégate. À la différence près qu’elle tuait des inconnus. La gravité d’un tel geste lui sautait au visage aujourd’hui car le brun avait eu le malheur de s’en prendre à des êtres qu’elle avait longuement côtoyés. Mais un meurtre restait un meurtre.

- Tu peux m’la dire, la différence entre toi, membre du conseil des élèves, et moi, renégate d’la guilde noire ?

Aucune. Il n’y avait aucune différence entre eux deux et c’était là tout le problème. Ces titres pompeux ne signifiaient rien à ses yeux, absolument rien. Membre du conseil ? De quel droit ? Ses gestes faisaient-ils de lui un être valeureux sur qui on devait prendre exemple ? Alors c’était ainsi que cela fonctionnait, à l’académie ? S’abaisser au niveau des renégats, être leur égal ? Cette image péjorative était bien loin de celle qu’avait essayé de lui insuffler Atios. Il avait tort. Totalement tort. Le monde n’était qu’une vaste fournaise, un volcan manquant de cracher sa lave à tout moment, une bile brûlante n’apportant que haine et chaos. Comme ici. Rien n’avait changé depuis sa mort. Rien du tout.
L’idiot avait voulu lui montrer les actes purs d’un humain. Le crétin lui démontrait l’absurdité d’une telle idée. Par les flammes. L’homme n’avait rien de bon. L’homme ne valait qu’à être consumé. L’homme méritait d’être balayé de la surface du monde. N’était-ce pas là la leçon de Lev ?
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Re: Happy birthday, Lyra. - Mer 30 Oct 2013 - 20:52

Lyra observait ce paysage. Ce paysage si triste qui exprimait la peine, la désolation, comme une fin du monde. Oui, une fin du monde pour tous les cadavres présents dans ces locaux. Ça faisait combien de temps déjà qu'il avait fait ça ? Trois semaines ? Un mois ? Ou deux ? Lui-même ne savait plus, le temps filait tellement vite. Dans tous les cas, tout était comme il l'avait laissé. Le noir. Le feu. Le tronc. Les cadavres. Rien n'avait bougé. Bien sur tout commençait à pourrir, la moisissure prenait le dessus sur ce désert de sang. La mauvaise odeur aussi, Lev pouvait sentir la pourriture des cadavres d'ou il était, mais il ne montra rien. Pas besoin, Lyra allait découvrir elle-même ce qu'il avait fait. Il avait tout détruit, sa rage avait explosé, son mauvais coté avait prit le dessus, tuant comme un sauvage et détruisant tout sur son passage. Pourquoi s'était-il emporté ? Taper dans un simple mur ou un punching-ball n'aurait-il pas suffit ? Apparemment non. Incontrôlable. Voilà son précédent état. Il avait perdu le contrôle de son propre esprit et le pire c'est qu'il n'avait pas eu besoin d'une double personnalité pour faire cela, pas besoin de ce genre de chose pour faire un massacre. Tuer. Voilà ce qui l'avait poussé à faire cela. Tuer une bonne fois pour toute. Se venger, tuer, massacrer. Voilà les objectifs du démon, du moins à ce moment-là. Ils lui avaient fait mal ? Il désirait faire plus. Tuer, encore et encore pour leur montrer sa rage et sa force. Il avait tué son propre père la même nuit, détruire une secte n'était pas un soucis pour lui. Il en avait tellement sur le cœur à ce moment-là ... Qui pour le comprendre ? Quoi que, est-ce qu'un monstre est compréhensible au moins ? Apparemment non.

Caressant l'écorce du tronc, le démon se remémorait sa mort qu'il avait déjà revu à cause des fruits hallucinogènes avec sa sœur, encore elle. Les coups de fouet, les cris, les pleurs, le sang, tout lui revenait un par un. Comme si ce souvenir ne voulait pas s’effacer, ce mauvais souvenir venait encore le hanter. Il en rêvait parfois, se réveillant en sueur dans son lit. Il avait l'impression que revivre encore et encore ce moment. « Où est Lyra ?! ». Encore et encore cette question. Combien de fois l'avait-il entendu ? Il lui arrivait à lui aussi de se poser cette question, où est Lyra ? La chose la plus traumatisante pour lui serrait de revivre une seconde fois cette mort. Chose impossible puisque son bourreau était mort. Mort pour de bon. Il l'avait massacré de ses propres griffes, le sang avait giclé, comme à ce moment.

- Quand j’étais plus p’tite, à peine arrivée ici, trois sœurs étaient alignées devant ce tronc. J’ai jamais compris pourquoi et c’est pas important mais… des hommes étaient là, eux-aussi, armés. Et ils criaient « Choisis ! Choisis ! Choisis » à une mère éplorée, mais la mère continuait de pleurer et de crier, prétextant qu’elle était incapable d’un tel choix. Alors ils ont crié à nouveau « Choisis ou on les tue toutes les trois. » Finalement, la femme a crié « Yulia ! Yulia ! » et deux coups de feu ont retenti.

Elle le regardait dans les yeux et le démon soutenait son regard. Ah, Yulia avait donc vécu ça ? Il ne le savait pas. Donc Yulia n'était pas fille unique ? Elle ne le lui avait jamais dis. Quoi que de plus normal que de cacher ses blessures internes ? Toujours sourire pour cacher ses souffrances. Yulia avait connu la mort avant lui. Elle avait goutté au malheur avant lui. Elle avait continué de vivre dans la souffrance en silence, avant lui. Le démon écoutait l'histoire sans ouvrir sa bouche, ne voulant pas la couper. Non, il en apprenait sur son amie. Yulia. Il la cherchait et la trouverait. Il était déterminé. Il y tenait trop pour l'abandonner dans la peur ainsi.

- Quand t’as débarqué, massacrant tout l’monde, tu crois que Yulia a pensé à quoi ? « Choisis ! Choisis ! Choisis ! » voilà c’que son cerveau lui criait.

« Choisis ! Choisis ! Choisis ! »
Sur le coup il se sentait idiot. Idiot d'avoir fait peur à Yulia et en plus de lui avoir remémorer de mauvais souvenirs. Il resta cependant silencieux, baissant du regard. Non il regrettait pas d'avoir détruit cette secte, il allait assumer ce qu'il avait fait. Mais il s'en voulait concernant Yulia. Ils s'entendaient si bien eux trois, penser que Yulia allait le détester lui faisait de la peine. Ca revenait à perdre Lyra, chose inconcevable pour le démon. Non, il y tenait à sa sœur, à ses sœurs. Il y tenait mais leur faisait mal, sans le vouloir en plus ! Trop maladroit. Il faisait toujours tout de travers. Finalement ça ne changeait pas d'avant. Fais moi mal que je t'inflige le double. Voilà leur relation. Il voulait s'excuser vis-à-vis de Yulia. S'excuser et tout lui expliquer, elle avait le droit à des explications. Et il était prêt à lui parler de l'académie, de sa véritable nature, de ses motivations pour détruire cette secte, de tout.

Le verdict tomba. Verdict plutôt lourd. Le cœur de Lev rata un battement. « Au fond, t’es comme ton père. ». Cette phrase résonna dans sa tête comme un homme criant dans une grotte pour entendre son écho. Comme son père. Comme son père. Il était aussi monstrueux que lui alors ? Aussi fou que lui ? Aussi sadique que lui ? Jugé coupable, méritait-il vraiment ce verdict ? Coupable, tu es coupable Lev. Assume. Coupable. Monstre !

- Tel père, tel fils dans ce cas.

Il n'avait pas la force de la contre-dire. Finalement elle avait raison, il lui donnait raison. Il était monstrueux, se dégouttant de lui-même. A ce moment-là le mal-être de Lev fit peu à peu apparition. Tous les événements allaient le dégoutter de soi-même petit à petit, commençant à perdre confiance en lui.

Lyra partit en direction des bâtiments. Lev l'observa, la main toujours sur ce tronc. Il en avait vu des gens passés, des moments passés ce tronc. Il représentait tellement de chose. Trop de choses.
Le démon retira enfin sa main et suivit lentement sa sœur, en regardant lui aussi l'état des lieux. Tout avait pourrit, la mauvaise odeur prenait le dessus. C'était immonde. C'était son tableau. Chose qu'il avait peint avec ses griffes, sa rage, sa peine et le sang des innocents. Tout était encore là. Les souvenirs, les bons comme les mauvais. Tout. La renégate commença sa liste des prénoms. Liste qu'il connaissait lui aussi. Liste qu'il avait tué. Il les avait massacré sans leur laisser une seule chance de s'en sortir. C'était dégueulasse, il était vraiment monstrueux. Il ne manquait que Yulia et Lyra à la liste, les deux seules vivantes. Elle avança dans le bain de sang, les corps étaient encore au sol, le sang encore présent sur les murs. Elle observait tout en détail. Le démon resta à l'encadrement de la porte, voyant sa sœur monter sur son ancienne couchette. Yulia dormait juste en dessous. Combien de fois Lev avait-il dormit dans ces deux couchettes ? Une nuit dans les bras de l'une, une nuit dans les bras de l'autre ? Combien de fois avait-il regarder les étoiles avec Yulia ? Combien de vœux avaient-ils fait ensemble ? Il ne pouvait même plus les compter lui-même.

Une nuit, Lev était dans le lit de Yulia en présence de celle-ci et ils observaient la lune et ses étoiles. « Yulia ! Yulia ! Yulia ! Yulia fait un vœu ! ». Une étoile filante venait de passer. Elle avait toujours refusé de lui dire ce qu'elle avait souhaité, de peur que son vœu ne se réalise pas.

- Tu peux m’la dire, la différence entre toi, membre du conseil des élèves, et moi, renégate d’la guilde noire ?
- Aucune, il n'y en a aucune.

Voilà la triste vérité. Ils étaient aussi horribles l'un que l'autre. Aucun pour montrer le bon exemple. Aucun des deux n'avaient les mains propres. Lyra et Lev avaient les mains pleins de sang. Même si en les passant sous l'eau la couleur disparaissait, le crime lui restait tel qu'il était. Lev avait tué les siens, les gens de la secte qu'il considérait comme sa seconde famille. Il était sans aucun doute plus cruel que sa propre sœur qui, elle, ne tuait que des inconnus. Il n'avait pas hésité une seule seconde. La seule qui avait pu s'en sortir était Yulia et Lyra. Les deux seules qu'il avait épargné. Pourquoi elles et pas les autres ? Sans doute parce que les autres l'avaient vu mourir et n'avaient pas réagit quand il souffrait à cause de son père, son bourreau ? Raison stupide ! Lyra avait causé la mort du démon. Indirectement, mais elle l'avait tué. Pourtant il ne lui avait pas sauté dessus. Alors pourquoi ? Elle qui lui avait montrer les images de sa mort, pourquoi ne pas l'avoir décapité une bonne fois pour toute pour se venger ? Lui-même ne pouvait pas répondre à cette question. Qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi tant de difficultés avec Lyra ? Avec Yulia ? Sans doute parce que c'était lui qui compliquait les choses, sans doute.

Le démon, suite à sa réponse, s'avança légèrement en entrant dans la pièce. Il restait cependant loin de Lyra. Pourquoi la distance ? Sans doute pour représenter là ou ils en étaient tous les deux ? Plus rien ne pouvait être comme avant. Rien.

- Cette nuit-là ... Je n'arrivais plus à me contrôler. Les seules choses que je voulais faire c'était les tuer, mes bourreaux. Ce foutu bras-droit qui riait quand je saignais. Les hommes de mon père qui lui conseillaient de frapper plus fort. Et tout ça pourquoi ? Pour une chose que j'ignorais. Pour rien. Je voulais qu'ils souffrent autant que moi, qu'ils connaissent la peur et l'angoisse. J'ai dépassé les limites, je le sais bien. Pourtant j'assumerais ce que j'ai fais, jusqu'au bout. Donc si tu veux me voir comme un monstre alors je serais un monstre. Ne suis-je pas le fils d'un être immonde après tout ?

Un ton neutre. Un air sérieux. C'est comme si tout se jouait ici. Oui il allait tout assumer. Lyra pouvait hurler, le frapper, l'insulter, il n'allait pas la contre-dire. Non il allait la laisser faire. Elle avait raison après tout. Il était allé trop loin, beaucoup trop loin. Toutefois tout cela le blessait. Si lui ça le blessait, que ressentait Lyra ? Ça devait être pire, cent fois pire. Et pourtant elle arrivait encore à tout garder pour elle. Du moins pour l'instant. Le démon ne bougeait pas, s'attendant à n'importe quel réaction de la part de sa sœur. Enfin, après ça, allait-elle toujours le voir comme son frère ? Voulait-elle continuer à clamer le fait qu'elle était la sœur d'un monstre sans cœur ? Allait-il la perdre ? Étaient-ils proche de la fin ? Une fin qui pouvait causer bien des dégâts, des dégâts trop importants.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Ven 1 Nov 2013 - 18:03

Tu as raison et j’ai tort. Combien d’esprits rêvaient d’entendre une telle sentence dans un débat où le but est de donner une avalanche d’arguments pour contredire l’autre ? Il suffirait de cette simple phrase pour faire perdre l’équilibre et créer la surprise. En d’autres temps, Lyra se serait sans doute réjouie d’une telle prouesse, son ego et son orgueil en auraient été flattés. Mais là, plus rien n’avait d’importance. Lev pouvait bien dire ce que bon lui semblait, elle n’y prêtait pas grande attention.
Allongée sur son ancienne couchette, elle observait le plafond cramoisi. Toujours cette passion pour les fissures. Celles-ci étaient les plus laides qu’il ne lui avait jamais été donné d’observer. Et dire qu’elle les avait contemplées pendant dix ans. Sans se soucier de leur beauté, de prime, car ne connaissant que celles-ci. Maintenant qu’elle connaissait le monde extérieur et la beauté de ses plafonds parisiens, elle éprouvait un certain malaise à laisser ses yeux errer sur ces tâches vieilles de plusieurs années. Rien n’avait changé, là-haut. Rien du tout. Si ce n’est qu’aujourd’hui, toute la laideur de ce qu’elle avait longuement admiré comme un trésor lui apparaissait comme immonde, dépourvu d’intérêt. Ce n’était qu’une fissure après tout. Une fissure parmi tant d’autres. À la croisée des chemins, d’autres l’attendraient.

Les mots se répercutaient dans son cerveau. Monstre. Etait-ce Lev qui lui tenait un tel discours ? Qui d’autre ? Il n’y avait qu’eux deux dans cette pièce. Eux et les morts qu’elle pouvait presque sentir près d’elle. Mais ce n’était qu’une impression, mauvaise qui plus est. Ces âmes damnées avaient depuis longtemps quitté le monde terrestre pour s’envoler ailleurs. Ces malheureux avaient-ils pu vivre une nouvelle vie à l’académie ? Non, bien sûr que non. Cela ferait trop plaisir à Lyra, Deus ne pouvait se le permettre. À quoi bon récompenser une renégate ? Car les actes immoraux des humains se retrouvaient chez cette entité idolâtrée, évidemment. N’était-ce pas Deus qui était à l’origine du monde et des hommes ? Guère étonnant qu’ils aient les mêmes défauts. Les créatures et le créateur.

- Lire, écrire, parler et compter. C’était c’que disait toujours Alexïs, qu’il fallait savoir ces quatre choses pour apprendre à penser correctement. J’évite au maximum d’ouvrir des livres, l’orthographe me fuit, j’suis loin d’causer comme une fille de tsar et m’demander d’additionner ou d’soustraire, c’est presque déjà trop.

Bien. Si les souvenirs continuent de remonter au fil de ses paroles, cela risque d’être long. Perdue dans ses pensées, elle ne donnait pas l’impression de s’adresser directement à Lev. Si seulement cet idiot avait daigné s’approcher davantage. À jamais un aveugle le restera. Difficile de lui ouvrir les yeux. Il y a tant de bons gestes à faire qui permettraient d’éviter mille conflits. Mais ces actes paraissaient invisibles ou bien trop cachés pour un démon ayant reçu une bonne éducation. Si tant est que l’on peut considérer comme bonne une éducation consistant à observer des êtres privés de toute liberté à la manière d’un voyeur. Plaisir tabou.

- Pourquoi ? Parce que la violence résoudrait rien et changerait rien au monde actuel. Alors fallait s’armer d’armes nouvelles, comme la pensée. T’imagines ? Retrouver ceux qu’ont crié « Choisis !  Choisis ! Choisis ! » à la mère d’Yulia pour leur pointer une arme sur la tempe ? Ils f’raient quoi, à ton avis ? Ils s’excuseraient ? « Pardon Mad’moiselle Vilkas, j’cours m’excuser auprès des morts, j’change d’planète, d’monde, d’univers de suite, vous m’avez ouvert les yeux. » ? C’est ça qu’ils diraient ? C’te bonne blague, se mit-elle à rire, t’imagines l’résultat qu’on obtiendrait sans violence ? Quedal. C’que disait Alexïs, c’était rien qu’des conneries. La preuve, dit-elle tout en balayant la pièce de la main, montrant l’étendue de sa furie à son frère, l’une ou l’autre solution, ça marche pas. Mais au moins, les buter, ça défoule.

Elle ramena ses mains à l’intérieur de la couchette, paumes sur son cœur, ne quittant pas des yeux le plafond. Tout ce qu’il y avait à comprendre là-dedans n’était rien de plus que Lev avait bien fait d’agir ainsi. Du moins de tuer. Pour ce qui est des cibles, c’était une toute histoire. Histoire qu’il valait mieux ne pas remettre sur le tapis. Le lieu n’aidait pas vraiment. Partout, des cadavres. Ses amies.

Alors oui, penser ne servait à rien, strictement à rien. Faisait-on sa loi à coup de mots et de paroles bien trouvées ? Les adages allaient-ils refaire le monde ? L’élite intellectuelle avait-elle bougé lorsque Lyra était prisonnière ici ? Non. Rien du tout. Seule l’armée aurait pu faire quelque chose. Mais ils n’étaient jamais venus. Alors comment enseigner à une enfant qui vit dans la peur permanente et l’angoisse éternelle de la mort que la violence est mal ? Cas difficile. Si même Alexïs n’y était pas parvenu, qui y arriverait ? Ce cadre de vie était le sien, elle l’avait délibérément choisi. Tuer ou être tué. Prédateur ou proie. Fort ou faible. La renégate avait choisi depuis bien longtemps. Bien avant que son destin ne soit scellé par un coup de poignard bien ajusté au cœur de Nikolaï. Déjà parmi l’enceinte de la secte, elle avait su se faire remarquer par son élégance à briller et à outrepasser les règles.

- Des conneries, ces histoires de paix et d’penser. J’l’ai tout d’suite compris. Mais y avait toujours Alexïs pour essayer d’m’empêcher d’faire n’improte quoi « C’pas bien d’voler Lyra, ils sont comme toi. ». Pfft. Et c’connard qui m’faisait la leçon et qu’a eu l’audace de s’barrer du jour au lendemain…

Si Alexïs avait échoué dans une telle tâche, qui pourrait réussir à faire quoi que ce soit ? Lyra l’indomptable, la fauve, la tigresse, avait depuis longtemps passé le stade de l’apprentissage. Elle voyait ce monde comme noir ou blanc, rien d’autre. Son enfance lui avait appris à le contempler avec des nuances sombres. Elle avait décidé de se fondre dans la masse, entre les ombres, pour devenir l’une d’entre elles. Sans personne pour l’arrêter. Personne pour lui dire non. C’était là tout le souci. Gentille Lyra, capricieuse, capable de faire perdre la tête à tous ceux qui lui adressaient la parole, à obtenir d’eux ce qu’elle souhaitait, et rien d’autre. Combien de fois Lev lui avait-il refusé quelque chose ? Jamais. Même sa mort lui avait été livrée sur un plateau d’argent, au profit de sa propre personne. De sa liberté. Un sacrifice pour elle. Juste pour elle. Et cette idiote ne voyait rien. Ou juste l’intérêt de la chose. C’était cela, le pire. Se servir d’autrui. Un caprice de plus. Un oui et mademoiselle était heureuse. Jusqu’à ce que de nouveaux problèmes surgissent et avec eux de nouveaux désirs en devenir, de futurs caprices. Enfant insatisfaite. Eternelle mécontente.

- T’as tué tes bourreaux mais tu m’as oubliée, moi.

Reparler des veilles rancœurs, formidable idée. Comme si l’ambiance n’était pas déjà assez tendue comme ça. À croire que Lyra n’avait pas conscience de la gravité de la situation. Elle était toujours dans un autre monde, bercée par ses amies désormais mortes. Elle, elle pouvait presque les voir encore vivantes, les entendre hurler dans cette prison en fer blanc. Mais rien de tout cela n’était vrai. Son esprit lui jouait des tours. Rester allongée ici, berceau de ses souvenirs, ne changerait rien, absolument rien. Les morts seront toujours morts, bons ou méchants. Elle le savait bien. Elle avait dès lors retenu la leçon.

- Si t’es comme un renégat, pourquoi t’en es pas un ?

Elle paraissait se souvenir de la présence de Lev. Car oui, raconter son passé c’était bien joli mais devait pas forcément intéresser Lev. Ce dernier lui tenait un discours sincère, émouvant et vrai mais la brune n’avait rien trouvé d’autre à redire à ça que ce qu’elle venait de raconter précédemment. Pourtant, elle avait nettement entendu chacun de ses mots. D’une oreille distraite, certes, saisissant à la volée ce qui l’intéressait. Mais la réponse à sa question précédente avait bel et bien été clamée.

Lev Wezka, bourreau et victime à la fois. Si ce n’est pas malheureux d’être dans une telle position. Celle de Lyra n’était pas plus appréciable, sur un pied d’égalité.

La suite n’annonçait rien de bon. Aucun éclat n’illuminait les yeux de Lyra, une étincelle éteinte alors qu’elle s’adressait à celui qu’elle avait considéré longtemps comme son frère. Que restait-il de leurs joies passées, de ces bons souvenirs ? Il était impossible de tout oublier aussi facilement. Tout oublier pour une erreur, aussi grande soit-elle. Pour Lyra, cette erreur était impardonnable. Que Lev se justifie s’il en avait envie, elle en avait assez entendu.
Lui, qui lui faisait la morale autrefois, se retrouvait à craindre la sentence de la brune. Sentence déjà proclamée, qui plus est. Il était comme son père. Elle ne pouvait rien y faire. Mais lui, si. Il aurait suffi d’un rien, d’un bon geste pourvu de gratitude, pour que tout bascule en son sens et qu’il soit une fois pour toute le maître du jeu. Un jeu, oui. Un jeu où la balle ne cessait de changer de camp, revenant toujours en position de force pour Lyra. La demoiselle en avait très bien cerné les règles, les avait comprises et les avait intégrées à son cerveau. Elle les mettait à loisir en application, désormais. Si seulement Lev n’avait pas laissé installer un tel cadre entre eux. Si seulement il avait su, un jour ou l’autre, prononcer ce non fatidique tant redouté par les enfants, rien de tout cela ne serait arrivé. C’est ainsi.

- Tu t’dis mon grand frère alors pourquoi t’es pas à mes côtés à la guilde noire pour m’protéger et veiller sur moi ? Pour m’empêcher d’faire des conneries ? Pour m’remettre sur l’droit chemin ? Pour tout c’que sont censés faire les grands frères avec leurs p’tites sœurs ?

A-t-on peur de comprendre le sens de ces paroles ? Oui, bien sûr. Lev un renégat. Voilà la dernière lubie de sa sœur. Ne venait-il pas lui avouer, de sa propre bouche, qu’aucune différence n’existait entre eux deux ? Ce serait rendre service au conseil des élèves que de laisser partir cet oiseau maudit, ce démon revanchard, vers la guilde noire. Un tueur à l’académie. Quel scandale. Etouffé, pourtant. Oh ça, les chers amis du démon devaient veiller à ce que rien ne soit dit, à ce que tout soit tu, dans le plus profond et respectueux des silences. Les fissures étaient colmatées, ainsi l’académie pouvait continuer de donner le change. Paraître et non plus être. Quelle triste période que celle qu’ils vivaient. Des déchirements, des bains de sang, des revanches et deux camps. Il avait fallu que le frère et la sœur se trouvent séparés par leurs positions concernant le grand Deus. Aujourd’hui était l’occasion de les réunir à nouveau. Maintenant ou jamais.

Voix plaintive que l’on pourrait presque prendre en pitié. C’était toujours ainsi que faisait Lyra. Mais si Alexïs avait échoué, Lev pourrait-il vraiment faire quoi que ce soit pour elle ? Certainement pas avec un tel comportement. Peut-être finirait-il par comprendre à force. Mieux vaudrait tard que jamais. Avant que la population entière ne soit décimée par cette Vilkas, de préférence. De nombreux crimes lui maquillaient déjà les mains, inutile d’en rajouter davantage. Mais comment arrêter cette machine infernale qui ne cessait de se repaître que du sang et de la violence ? Aucune leçon d’esprit n’avait eu raison d’elle. Alors peut-être fallait-il user de ses propres armes, les retourner contre elle, pour qu’enfin la leçon soit intégrée et comprise ?

- Ce s’ra la seule fois où j’te l’demanderai, Lev : rentre avec moi.

Voilà longtemps qu’elle ne l’avait pas nommé par son prénom. La distance entre eux se réduisait peu à peu. La balle était dans le camp du démon. Le pouvoir était en lui. Oui ou non. Un seul mot. Ce n’était pas bien compliqué. C’était simple, même. Un enfant y arriverait. Mais un enfant ne saisirait pas tous les enjeux qui résidaient en ce seul mot. Malheureusement, au plus profond de lui, Lev était toujours un enfant. Tant qu’il ne grandirait pas, ne changerait pas pour donner le bon exemple, comment Lyra pourrait-elle s’appuyer sur lui et faire enfin la différence entre le bien et le mal ?
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Re: Happy birthday, Lyra. - Mer 6 Nov 2013 - 21:08
Je viens des Abysses, des Abysses.



Avant, quand ils étaient vivants, ils s'entendaient tellement bien. Aucun problème entre eux, aucune dispute à chaque fois qu'ils se voyaient au contraire. Lev souriait sincèrement, heureux de passer des moments avec Lyra. Combien de fois avait-il crié son prénom dans cette secte pour la trouver ? Combien de fois avaient-ils jouer à cache-cache ou combien d'animaux avaient-ils sauvés ensemble ? Avant, ils volaient des cerises dans les arbres alors qu'ils n'avaient pas le droit. Avant, ils dormaient ensemble, elle dans ses bras ou vis versa. Avant elle ne cherchait pas à se venger, le démon ne cherchait pas à tout détruire. Lev volait souvent des gâteaux pour Lyra, un peu de pain d'épice pour Noel, du chocolat pour pâque, des cerises pour son anniversaire. Et seulement avec ça ils étaient heureux quand ils étaient l'un près de l'autre. Toujours à faire les bêtises ensemble, toujours à se cacher ou protéger l'autre. Dans ce cas là c'était Lev qui essayait de la protéger contre son père et les autres sadiques de la secte qui n'avait pas le droit de toucher au démon. D'ailleurs même quand il fut condamné à mort, c'était son père qui s'était chargé de le tuer, personne d'autre. Pas touche à mon fils. Touche pas au Démon.

Maintenant ? C'était tellement différent. Ils étaient dans ses camps opposés, chaque coté cherchant à massacrer l'autre. Maintenant, à chaque fois qu'ils se voyaient, ça finissait en dispute. Encore et encore, comme s'ils ne s'en lassaient pas. Viens que je fasse mal ! Viens que je te rende l'appareil !. Si cruels l'un envers l'autre, insultant l'autre -chose qu'ils n'osaient pas faire avant. Tout avait changé. Trop changé. Maintenant Lev finissait saoul en fin de journée quand il voyait Lyra l'après-midi, essayant d’apaiser la douleur avec une liqueur. Liqueur qui lui faisait oublier ça le temps d'une nuit. Le lendemain tout revenait. Liqueur inutile.
Lyra parlait, le démon écoutait. Des souvenirs. Il s'approcha lentement, il ne voulait pas la brusquer. Ah non, il ne supporterait pas qu'elle le fuit elle aussi, comme Yulia. Il se demandait d'ailleurs ou elle pouvait être en ce moment, comment elle était -elle devait forcément avoir changé- et ce qu'elle pensait de lui. Quoi qu'il le devinait un peu. Effrayée, elle devait le détester à présent, le prendre pour un monstre sans cœur. Yulia. Elle lui manquait et lui la seule chose qu'il lui avait fait c'était de lui faire peur. Il pensait à elle, écoutant sa sœur d'une oreille qui racontait des souvenirs sur Alexïs.

- ... Mais au moins, les buter, ça défoule.

Le démon fut surprit. Elle lui donnait raison ? Elle pensait qu'il avait bien fait ? Il ne comprenait pas. N'avait-elle pas dit qu'il était comme son père ? La surprise pouvait facilement se lire sur son visage. C'était vrai. Les tuer ça l'avait défoulé, ça lui avait fait tellement bien ... Il avait eu l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules, il avait le cœur léger à ce moment-là. Comme si tous ses problèmes s'étaient volatilisés, disparus pour de bon. Comme si tout allait bien se passer avec Lyra. Faux. C'était qu'une illusion à laquelle il s'était attaché quelques instants, une illusion si belle qu'il aurait aimé garder encore. Mais c'était faux. La preuve en ce moment. Lev n'osait pas parler, qu'est-ce qu'il allait répondre ? Que pouvait-il répondre ? Qu'elle avait raison ? Elle devait le savoir, ça se savait après ce qu'il venait de faire. Il avait tué ses bourreaux. Jusqu'à ce qu'elle dise qu'il l'avait oublié. Elle avait tout faux.

- Non, ils sont tous morts. Je t'ai déjà dis que tu n'étais pas responsable.

Non elle ne l'était pas. Sa sœur ne pouvait pas l’être. Elle ne pouvait pas faire ce genre de chose, pas elle. Elle n'était pas si cruelle, elle l'aimait après tout non ? Sinon elle ne reviendrait pas après chaque dispute. Pas elle, pas elle. Tout le monde sauf elle. C'est ce qu'il se disait. Comment pouvait-elle lui faire ça alors qu'elle avait pleuré quand elle avait vu comment il était mort ? Ne lui avait-elle pas promis vouloir revenir le chercher ? Il s'en souvenait, lui. Alors non, ça ne pouvait pas être elle. Combien de fois s'était-il répété cette phrase ? « J’voulais pas t’laisser là-bas tout seul. J’te jure. Tu savais que j’avais l’intention de fuir mais j’voulais t’emmener avec moi une fois les derniers préparatifs effectués. » Elle ne voulait, elle n'avait tout simplement pas pu. Il l'avait cru, il y croyait encore. Il voulait y croire et devait y croire. C'était ça qui la liait à lui. Frère et sœur.  Aucun ne voudrait faire du mal à sa propre famille après tout, n'est-ce pas ? Il lui avait dit qu'elle n'était pas fautive, à ce moment-là elle ne n'était pas et ne le serait jamais pour lui.

- Si t’es comme un renégat, pourquoi t’en es pas un ?

Pourquoi ? Pour ne pas trahir l'académie ? Pour ne pas trahir Rain ? Kate ? Les membres du conseil ? Ne pas trahir tous ces gens qui croyaient en lui ? Non il ne pouvait pas. Tout abandonner pour un caprice de sa sœur ? Tout perdre pour elle ? Non, il avait fait cette erreur une fois, il n'était pas prêt à recommencer. Il n'avait jamais rien refusé à Lyra. Mademoiselle voulait des cerises ? Des bonbons ? Que le démon tue son père ? Soit, il avait fait tout ça. Trahir les autres ? C'était autre chose, un sujet délicat, quelque chose qu'il ne pouvait pas faire. Trop de personnes croyaient en lui, il ne pouvait pas devenir une pourriture, il ne pouvait pas les faire souffrir. Aucune réponse. Non, il ne pouvait pas devenir renégat pour elle.

- Tu t’dis mon grand frère alors pourquoi t’es pas à mes côtés à la guilde noire pour m’protéger et veiller sur moi ? Pour m’empêcher d’faire des conneries ? Pour m’remettre sur l’droit chemin ? Pour tout c’que sont censés faire les grands frères avec leurs p’tites sœurs ?

Parce qu'il ne pouvait pas ? Parce qu'elle était partit de son plein gré ? Parce qu'elle ne cherchait pas toujours sa compagnie, venant voir son frère uniquement quand elle en avait envie ?

- Tu oses me demander ça en sachant que j'ai accepté de mon plein gré donner ma vie pour toi ? Tu crois que c'est si simple de protéger quelqu'un qui nous file entre les doigts à chaque fois ? J'ai toujours essayé de faire de mon mieux pour toi Lyra ..

Il avait été là quand elle était vivante, il l'avait toujours protégé des autres quand il le pouvait, passant toujours plus de temps à la secte uniquement pour elle en délaissant le reste. Comme si le monde tournait autour d'elle. Alors que non. Il avait même osé se disputer à plusieurs reprises pour elle. Puis elle partit, lui aussi. Elle lui filait entre les doigts. Il avait beau chercher, il ne trouvait pas. Maintenant il savait pourquoi. Elle haïssait les humains, les tuant sans leur laisser une seule chance de s'en sortir. Cruelle. Aussi cruelle que les hommes qui la torturait avant. Elle devait avoir l'impression de leur rendre la monnaie de leur pièce. Il soupira, vraiment, il espérait qu'un jour ils se verraient sans dispute. Passer une journée avec elle sans dispute, à rire, céder à ses caprices d'enfant gâtée, la voir heureuse tout simplement. C'est comme s'il en demandait trop. C'était peut-être le cas finalement.

- Ce s’ra la seule fois où j’te l’demanderai, Lev : rentre avec moi.

Son cœur rata un battement. Pardon ? Il avait bien envie de lui demander de répéter sauf qu'il savait qu'il avait bien entendu. Elle voulait qu'il soit un renégat, elle voulait partir avec lui à la Guilde Noire. Elle le voulait à ses cotés, rien que pour elle. Lev Wezka. Renégat ? Non il ne pouvait pas. Trahir les autres ? Non. Rain ne voudrait plus jamais lui parler et Weiss lui passerait un savon -c'est ça de se faire surveiller. Kate .. N'en parlons pas, elle chercherait juste à le tuer et il risquait de blesser Akalie. Trop de liens pour tout lister, sauf qu'il ne pouvait pas les abandonner. Il resta immobile, observant sa sœur. Il prit une grande inspiration.

- Je ne peux pas. Lyra, rejoins-moi. Pas eux, pas l'académie, pas le conseil ou la Guilde. Juste moi. Je ne te demande pas de quitter la Guilde, je doute que ça arrive. Mais reste vivre à mes cotés, sur Terre. Juste nous deux ... Qu'en penses-tu ?

Lev était seul sur Terre. Il n'avait personne, sauf ces choses qu'il appelait collègues, choses qui lui servaient à rien. La nuit il était seul. La journée aussi. Il avait l'impression d'avoir personne, aucun lien, personne à aimer, personne qui pouvait l'aimer. L'alcool était devenu son meilleur ami -chose pas super quand on se retrouve avec une gueule de bois le matin, traître ! Mais était-ce une bonne idée ? C'était assez égoïste. Vivre avec elle sans dispute ? Sans prévenir personne ? Oui c'était égoïste. Après tout c'était son boulot de rester sur Terre pour surveiller les renégats et le voilà qui proposait à une renégate vivre avec lui. Trop contradictoire. Trop bête. Mais il voulait y croire. Il espérait. Connaissant Lyra ça risquait d’être compliqué, mais il espérait tout de même. Espérait-il pour rien ? Seule Lyra pouvait le lui dire. Maintenant c'était à elle de dire "oui" ou "non". De faire un choix. C'était pas compliqué. Il n'avait demandé l'avis de personne. Égoïste le Lev.
Ton neutre, visage sérieux, il attendait sa réponse.

Le démon approcha, se penchant pour poser sa main sur la couchette de Yulia. Il hésita quelques instants puis finit par s'asseoir, rien n'avait changé, c'était aussi dur qu'avant. Heureusement que le démon aimait les matelas dur. Combien de nuits avait-il passé dans cette couchette déjà ? Il ne pouvait pas compter, il n'avait pas compté. La couchette était pleine de sang, mais il s'en fichait bien, c'était lui qui avait fait tout ça, c'était sa faute. Il préférait rester assis, il n'osait pas s'allonger.

- Je veux la retrouver, lui expliquer. Je veux pas qu'elle ai toujours peur de moi.*

Qui n'a pas peur d'un monstre finalement ? Lev faisait n'importe quoi avec ses liens. Blessant Lyra et Yulia alors qu'il tenait à elle, il faisait n'importe quoi oui. Il ne savait pas s'y prendre. Ou il ne savait plus s'y prendre, au choix. C'est pas comme s'il était doué pour les relations humaines. N'ayant pas été à l'école plusieurs années, il ne savait pas comment réagir avec les gens. Il était trop maladroit. Il avait aussi fauté avec Agata, voyant la blonde mourir devant ses yeux, il n'avait rien fait. Trop lent. Tout lui filait entre les doigts finalement. C'est comme s'il était destiné à rester seul. C'était peut-être mieux ainsi, personne à aimer, personne pour nous aimer, aucun blesser. Bon deal ?

Il caressa le coussin de Yulia, restant assis sur le lit pour savoir la réponse de Lyra. Il s'attendait à tout, elle était tellement imprévisible. Elle pouvait dire oui pour n'importe quelle raison et non pour rien. Elle faisait généralement comme ça l'arrangeait. Comment allait finir cette journée ? Trop de rebondissements en une après-midi. C'était toujours comme ça avec la brune : on ne s'ennuie jamais.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Ven 15 Nov 2013 - 18:04

Idiot, idiot, idiot ! Mais ça, on le sait déjà tous ici. Lyra s’agrippa aux rambardes du lit, laissant son corps pendre dans le vide, effectuant un drôle de cochon pendu au milieu de cette vermine environnante et de tous ces charniers dont l’odeur lui embaumait toujours le cœur. D’un geste vif, elle attrapa le coussin que tenait Lev dans ses mains. Hors de question qu’il y touche. Ce morveux avait eu l’audace de venir tout détruire, affirmant que Yulia était vivante, qu’elle devait son salut à elle-seule et seulement. Elle serra l’objet précieux contre son cœur. Seul souvenir qu’il lui restait de son amie. À cause de lui. Elle resta prostrée ainsi quelques instants, oubliant presque la présence de Lev et ses précédentes remarques. Pourtant, elle avait tout bien entendu, tout enregistré. Mais l’heure n’était pas encore temps pour y répondre. C’était à elle de mener le jeu et seulement elle. Être en position de force, être dans le camp de ceux qui savent et non pas dans celui qui sont lésés. Elle avait trop longtemps souffert de son ignorance dans son monde. C’était fini, désormais.

L’égal même d’une enfant. Pourtant, aucune larme ne venait caresser ce coussin gorgé de sang. L’odeur de Yulia avait disparu ou du moins l’était-elle pour la renégate, incapable de repérer un tel parfum au milieu de ces miasmes et de cette terrible odeur pestilentielle de cadavres en décomposition. Ils nageaient en plein cauchemar. Lev s’était trompé. Le terrible songe n’avait toujours pas tiré sa révérence.

- Tu dis qu’Yulia a fui mais si… si tu t’étais retrouvé face à elle, comme face à ces autres filles, t’aurais fait quoi ? Tu l’aurais laissée partir ? Pour de vrai ? Ou t’aurais fait comme avec moi, la dernière fois, chez ton père, t’aurais aussi essayé d’la buter ?

Lever le voile. Acte difficile avec de tels protagonistes. Les mensonges les enivraient tous deux, Lyra plus que Lev, certes. Mais cela ne changeait rien. Cette vérité éclatée en ce jour d’anniversaire aurait pu encore longtemps être dissimulée aux yeux de Lyra. Elle aurait pu ne jamais savoir pour la destruction de la secte. Là où se trouvaient ses origines. Qui était-elle, sans cela ? Tout lui venait de là-bas. Absolument tout. Le démon avait sagement attendu pour lui montrer son œuvre. Le bon moment. Et quel meilleur moment que le jour de ses dix-neuf ans ? Cela ne rimait à rien. Il en allait de même avec ce carnage. Ce crétin avait juste eu une profonde envie d’écorcher, d’étriper, de briser ce qui lui passerait sous la main. Quel meilleur punching-ball qu’une secte grouillant d’un nombre aussi important d’êtres vivants ? Des cadavres en devenir. Des proies faciles pour un être possédant l’immortalité et en possession d’un grand pouvoir. Merci Deus. Encore une fois.  

- Ces histories d’fins heureuses, c’est des conneries. Y a qu’dans les contes que l’prince Ivan et Vassilissa la Sage peuvent l’être ! Alors viens pas m’dire qu’t’as tout détruit juste pour moi alors qu’t’avais juste envie de t’défouler un bon coup !

Pulsion meurtrière. Oui, c’était logique. Lyra n’avait-elle pas déjà assisté à cela lors des retrouvailles avec le paternel ? Trop de mensonges lui faisaient siffler les oreilles. Les dire, elle supportait, appréciait même. Les entendre, c’en était trop.

Elle sauta au sol, l’oreiller dans une main, intimant d’un geste à Lev de la suivre. Ils n’en avaient pas fini, tous les deux. Ils n’avaient fait que visiter les dortoirs. Souhaitait-elle réellement en voir plus ? En comparaison, les souvenirs qu’elle possédait de cet endroit lui apparaissaient comme presque beau. Etait-il vraiment utile de gâcher tout ça ? Cela lui faisait déjà assez mal de remettre les pieds ici. Plus mal encore d’observer ce lieu en ruines, détruit, meurtri, à l’image même de son cœur blessé. Ce pauvre petit cœur d’animal sauvage que personne n’a jamais su apprivoiser. Pas même Lev. Cela lui apparaissait comme limpide aujourd’hui. Non, personne n’a jamais su la comprendre. Quelqu’un avait-t-il jamais voulu ? Le jeu en la compagnie d’Atios lui revenait, et sa question aussi. Ce n’était qu’un mensonge de plus.

- C’est faux, t’as pas donné ta vie parce que tu l’voulais mais parce que tu pouvais pas faire autrement. C’que t’as dit c’jour-là, c’était ni plus, ni moins qu’la vérité : tu savais pas où j’me trouvais. Personne ne l’savait.

Pas même elle. Quelques part en pleine taïga, complètement paumée, se demandant si elle avait ou non bien fait de partir comme ça. On a toujours le choix. Cette chance s’était présentée à elle alors que Nikolaï était mort de sa main. Elle n’avait pas choisi sa naissance mais avait souhaité choisir sa mort, ou du moins essayer. Ne pas choisir une mort dans un tel lieu, dans des circonstances semblables à celles de Lev. Car la demoiselle ne s’était pas faite d’illusions, rien ni personne n’aurait pu la sauver pour un acte aussi démesuré. Elle avait déjà eu de la chance par le passé, alors qu’elle avait blessé le paternel de son frère pour espérer mourir enfin. Mais même cela, cela lui avait été refusé. Par la faute de Lev. Alors si une simple blessure en équivalait une autre, la mort devait être le prix à payer pour une mort donnée ? Sauf que rien n’avait été prémédité. Cela avait été rapide. Et cette soudaine impulsion s’était portée sur Nikolaï.

Nouveau bâtiment gris. Celui de l’infirmerie. Ils en firent le tour. Personne ne venait jamais par ici, derrière ce lieu censé être celui des soins. Un abri se tenait là, bancale suite aux intempéries. Le bois était rongé, méconnaissable. Elles en avaient passé du temps ici, Lyra et Yulia. Parlant de leurs rêves inaccessibles et d’une vie future qu’elles ne verraient jamais.

- J’avais quatorze ans et Yulia en avait treize. Elle s’était faite engrossée par Alexeis et j’ai dû m’la jouer faiseuse d’ange pour pas qu’elle mette au monde l’bâtard de c’connard, dit-elle à Lev, tout en observant le sol, lieu où l’opération s’était effectuée à coup d’aiguilles à tricoter, de massages et d’eau savonneuse ainsi que de cris, c’pas parce que j’ai l’intention d’lever l’voile sur sa vie que j’te raconte ça mais pour t’faire comprendre qu’avant qu’t’arrives, elle vivait très bien sans toi alors non, tu lui es pas nécessaire.

Qui osera compléter la pensée de Lyra ? Mais elle est bien assez grande pour l’achever. Alors, si elle reste ainsi, cette belle parole, c’est peut-être parce qu’elle l’est bel et bien, d’achevée. Rien à ajouter. Pas de piques désobligeantes dont elle a le secret.
Son regard sombre se pose sur Lev. Celui qui ignore tout des deux princesses de sa vie. Il croit les connaître mais ne sait rien. La vie des demoiselles lui est livré par épisodes, scindés. À Lyra de juger de ce qui peut être dit ou non. À elle de juger en temps et en heure de ce qu’elle peut souffler à l’oreille de son frère. La brusquer ne servirait à rien. Sa langue peut se délier parfois, comme aujourd’hui, en un jour où la nostalgie est de mise.

- Oublie-la. Tu lui as déjà fait bien assez d’mal comme ça. Pas la peine d’en rajouter.

La Russe alla s’asseoir sous l’abri, sur ce vieux banc menaçant de céder sous son poids. Mais il tenait bon. Malgré les intempéries et le temps, il était toujours là, intact. Salement amoché. Des blessures extérieures visibles aux yeux de tous. Un peu comme elle, d’ailleurs. Sauf que ses plaies étaient internes, invisibles, soigneusement cachées et qu’elle évitait de les exhiber. Mais elle était bien là. Faire de son mieux, avec Lyra Vilkas, ce n’était pas assez. Il fallait donner son maximum et réussir. Sinon, cela ne servirait à rien.
Ses prunelles allèrent se poser sur le coussin, toujours entre ses mains. Cette grande marque rouge venait strier le tissu blanc à l’origine, gris désormais. À quoi bon s’attacher à ces vieilles choses, ces objets si triviaux, si communs qu’on les oubliait souvent ? Ce coussin n’était pas Yulia. Yulia n’était plus là. Elle jeta le coussin devant elle, hors de l’abri. Il vint atterrir dans une flaque d’eau. À croire qu’elle n’était là que pour recevoir ce nouveau présent.

Peut-être serait-il grand temps de répondre à Lev concernant sa proposition ? Elle avait eu le temps nécessaire pour y réfléchir. Mais elle n’y avait pas songé un seul instant. Quitter les dortoirs poussiéreux de la guilde noire pour rejoindre la maison sans doute luxueuse d’un membre du conseil ? Elle y gagnait au change. Mais ne risquait-elle pas de s’encroûter, plus encore, si elle venait à laisser son frère s’occuper d’elle ? À quoi cela rimait-il donc ? Qu’il prenne soin d’elle comme la petite enfant qu’elle était en réalité ? Elle ne savait pas quoi en penser.

- Vivre avec toi… Pour quoi faire ?

N’était-ce pas elle qui lui demandait dix minutes plus tôt de vivre avec elle ? Mais tout s’interchangeait. Ce rôle n’était pas le sien. Cette place n’était pas la sienne. Si c’était aussi facile, elle aurait joué un double jeu comme d’autres renégats : fidèles de l’académie le jour et traîtres la nuit. Mais l’ancienne repentie avait daigné faire savoir à tous qu’elle changeait de camp lors de l’insurrection de la guilde noire. Jouer à cache-cache, très peu pour elle. Alors oui, elle avait choisi cette nouvelle vie et proposait à son frère de la partager. Mais pas l’inverse.  

- T’étais où quand j’avais b’soin d’toi ?

Et cela recommencerait. Lyra n’abandonnerait jamais, ne lâchant sa proie que lorsqu’elle l’aurait complètement vidée de son sang. Il en allait de même avec Lev. Elle n’arrêterait de lui imposer une telle pression que lorsqu’elle en aurait fini avec lui. Lorsqu’elle ne pourrait plus rien obtenir de lui. Lorsque les réponses de son frère la satisferont enfin. Il avait préféré détourner sa proposition de devenir renégat plutôt que de lui répondre franchement oui ou non. C’était trop facile. La lâche de l’histoire, ce n’était peut-être pas forcément elle. Elle au moins savait prendre des décisions lorsque la situation l’exigeait. Elle osait prendre des risques. Ce qui n’était pas le cas du démon.

Sa main vint battre la peau de Lev, rencontrant cette peau diaphane qu’elle aimait tant. Une gifle. Une marque rougeâtre s’imprima de suite sur la joue du garçon. Non, il ne s’était pas attendu à ça. Elle non plus. Ils pouvaient être deux à être impulsifs. Elle aussi pouvait le blesser. D’une manière différente, mais elle le pouvait tout aussi aisément.

- La prochaine fois, ça voudra dire que j’t’aurais pardonné.

Une gifle symbole du pardon. Concept original. Mais pour une femme ne s’exprimant que par et pour la violence, n’était-ce pas ce qu’il y avait de plus sensé et logique à faire ? Elle contempla sa main. Cette main innocente venant de s’abattre sur son frère aimé. Elle ne regrettait pas. Pas du tout. C’était peu comparé à tout ce qu’avait osé lui faire Lev. Le jour où il avait essayé de la tuer. Le jour où la vérité leur avait sauté aux visages. Le jour où il avait détruit la secte. Le jour où il n’avait pas su lui dire non. Ça et tant d’autres.
Existe-t-il relation plus conflictuelle que la leur ? À croire que ce n’est qu’ainsi qu’ils peuvent perdurer et se témoigner tout leur amour. Lyra, idiote. Lev, idiot. Et ainsi de suite. Le jeu aurait pu continuer encore longtemps. La demoiselle laissa sa tête reposer sur le mur. Elle était las de tout cela. Elle avait grand besoin d’une routine, quelque chose de monotone, loin de ces lendemains inconnus qui l’effrayaient un peu plus de jour en jour. Elle n’en pouvait plus. Pourquoi le bonheur la fuyait-elle ? Etait-ce si compliqué d’être heureuse ? Il suffisait d’observer les autres pour constater que le sourire était leur arme privilégiée. Mais le visage de la douce tardait à s’éclairer, préférant l’obscurité. Elle en avait assez. Elle avait envie d’être heureuse. Avec ou sans Lev.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Dim 24 Nov 2013 - 15:28
Lyra arracha le coussin des mains de Lev. Celui-ci la laissait faire, soupirant. Il ne méritait donc même pas de toucher le coussin de Yulia ? Était-il si coupable que ça ? Le voyait-elle comme un monstre à présent ? Allait-elle toujours se voir comme étant sa sœur ? C'est comme s'il ne la méritait pas. Pourtant elle était aussi pourrie que lui. Intérieurement. Une vraie pourriture, comme lui. Les deux avaient les mains sales, les deux tuaient pour leur intérêt et ce même s'ils sont dans des camps différents. Ils ne sont pas si différents et ce même s'ils sont dans des camps opposés. Puis Lyra porta à nouveau son attention sur son frère. Lui demandant s'il aurait été capable de la tuer à ce moment-là comme il avait faillit tuer Lyra. Ce geste il le regrettait énormément et savait qu'il allait le regretter tout le long de son existence. Y penser encore et encore, regretter encore et encore. Il s'en voulait, ne voulait pas se le pardonner alors il pouvait bien comprendre que Lyra lui en voulait encore malgré les excuses. Parce que qu'est-ce que ça change des excuses ? Rien ! S'excuser ne change pas le passé. S'excuser ne veut pas dire être pardonné. S'excuser en veut pas dire oublier. S'excuser ne veut pas dire que tout est beau et rose. Il l'avait fait. Il avait tenté le Diable. Après avoir tué son père, il avait tenté de tuer sa sœur. Il l'avait fait. Le simple fait d'oser ce genre de chose montrait bien à quel point il était horrible n'est-ce pas ? Un monstre.

- Non je n'aurai pas pu ... Ni toi ni elle ... J'admet que j'ai tenté mais je ne me contrôlais pas et je suis partis avant de le faire. C'est quelque chose que je regrette et que je ne recommencerai jamais. M'enfin, je peux comprendre que tu m'en veuilles encore, c'est pas quelque chose simple à pardonner après tout.

Il garda pour lui le fait de qu'il s'en voulait. Elle pouvait facilement le deviner après tout. Lyra sauta du lit et fit signe à Lev de la suivre. Le démon obéit. Ils allaient voir la suite. Les laboratoires tachés de sang. L'infirmerie avec l'enfant coupé en deux, l'infirmier étalé au sol avec des organes en moins. Il revit ce maudit tronc en passant. Seule chose qu'il n'avait pas osé brûler. Pourquoi s'y attaché finalement ? Parce que ce tronc représentait beaucoup. La suivit de Yulia. La mort de Lev. Les enfants punis qui étaient attachés là pour recevoir des coups de fouets. Ce qu'il avait dit ce jour-là était vrai : il ne savait pas ou était Lyra. Il aurait aimé savoir ce jour-là. Non pas pour sauver sa peau mais pour la rejoindre avant d’être attaché et tué par la suite. Se sauver avec elle loin ! Très loin ! Lui faire découvrir les pays, voyager, la voir enfin heureuse, la voir sourire. Sincèrement, il aurait voulu. Mais ça ne s'était pas passé ainsi. La preuve : il était monstrueux désormais.

- Tu sais bien que même si je savais je n'aurais rien dis.

Était-il trop attaché à sa sœur ? Lui accordait-il trop d'importance ? Elle ne pouvait pas nier que Lev aurait gardé le silence, du moins si elle le connaissait un minimum. Non il n'aurait rien dis. Pour le bonheur de sa sœur il était prêt à vendre son âme au Diable, du moins à ce moment-là. Quand il était vivant il se faisait battre à cause de sa relation avec Lyra mais cachait toujours les ecchymoses,  il ne voulait pas qu'elle sache. Qu'est-ce que ça aurait changé qu'elle sache ce genre d'information ? Combien de fois avait-il faillit mourir au sol à cause de son père ? Des coups de pied au ventre, les gifles pour le visage. Combien de barres en métal avait-il utilisé sur son fils déjà ? Combien de fois Lev avait-il été à l’hôpital en prétextant une bagarre ? Tout ça pour la voir. Mais tout ça elle ne le savait pas. Et tout ça il ne comptait pas lui dire. Puis Lyra lui parla encore de Yulia. Apparemment à treize ans elle était enceinte. Comment pouvait-il le savoir si personne ne lui disait rien ?  Elles lui cachaient beaucoup de choses, choses qu'il apprenait petit à petit. Pourquoi ? Elles ne le voyaient pas comme leur frère ? Qu'est-ce qu'ils étaient finalement ? Le fils du fou ? Fils du Diable ? Un simple visiteur ? Un garçon qui venait uniquement gêner ? Ce qu'il entendait ne lui plaisait pas, mais pas du tout. Pourquoi on ne lui disait rien ?

- Je vois, pas besoin d'un visiteur.

Pas besoin de Lev. Pas besoin d'un monstre qui passe son temps à assouvir ses pulsions meurtrières en tuant des innocents. Pas besoin d'un visiteur. Il avait toujours été en trop.

Il voulait partir à présent. Il détestait de plus en plus ce lieu, commençait à haire sa journée, il ne supportait plus de se prendre la tête avec Lyra comme ça. Oublie-la. Oublie-la. Oublier Yulia après tout ce qu'ils avaient vécus ? D'accord, mais à une seule condition : que Yulia le lui demande d'elle-même.

Lyra alla s'asseoir sous un abri. Lev s'approcha, restant debout. S'il s'asseyait, l'abri risquait de s’effondrer. Vivre avec lui, pour quoi faire ? C'est vrai. Quel intérêt de vivre avec un monstre qui détruit tout ce qui lui passe sous la griffe ? Mais quel intérêt de vivre avec ses ennemis, les renégats ? Pourquoi il devrait les rejoindre ? Il ne haïssait pas les humains. Au contraire, en postulant au conseil, il avait promit de les protéger alors ce n'était pas pour les tuer ensuite. Il ne pouvait pas devenir renégat sur un coup de tête ou même un caprice de sa sœur. Il était ou quand elle avait besoin d'elle ... Mais cette relation était-elle à sens unique ? Quand est-ce que Lyra avait épaulé son frère quand il avait besoin de quelqu'un ? Quand avait-elle essayé de le consoler ? Ce n'est pas parce qu'il est le grand-frère qu'elle devait faire sa petite enfant gâtée non plus.

- Pour quoi faire ? Pour que tu ne me pose plus des questions en me demandant ou j'étais quand tu étais mal. Tu crois que ça me fais plaisir d’être loin de toi ? Mais sache que je ne te force pas, c'est qu'une proposition.

Lyra vint gifler Lev. Celui-ci recula, posant sa main sur la trace rouge qui apparut.

- La prochaine fois, ça voudra dire que j’t’aurais pardonné.

Il ne répliquait pas. Il n'avait pas pour habitude de frapper les femmes et encore moins Lyra. Il pesta, mécontent. Il ne voulait même pas savoir pourquoi elle l'avait giflé, c'était inutile. Elle n'allait jamais le pardonner donc. Il prenait sa réponse pour un non. Hé bien tant pis, il aurait tenté au moins. Il recula encore, s'éloignant d'elle petit à petit. Il voulait partir. Assez. S'en était trop. Il ne supportait plus ce lieu.

- Au revoir, Lyra.

A dans combien de mois ? Ou années ? Le démon lui tourna tout simplement le dos. L'odeur, la vue, la haine vis à vis de ce lieu. S'en était assez. Il jura ne plus revenir dans ce lieu. Il avait perdu le sourire depuis quelques temps. Ce jour-là aussi il n'allait pas sourire finalement. Ni les prochains jours. Finis le gentil Lev qui sourit toujours. Il ne pouvait plus, il n'arrivait même pas se à forcer. Le démon perdait petit à petit le gout de vivre. Il ne déprimait pas, pas encore du moins. Il était déçu. De lui-même. De Lyra. De Yulia. Trop de mauvaises choses d'un coup. C'est comme s'il ne le supportait plus. Lâchant le paquet de chamallow au sol, il partit pour de bon. Sur le coup il ne savait pas s'il y aurait une prochaine fois avec sa sœur. Quelque chose venait de se briser, il venait à peine de s'en rendre compte.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Jeu 28 Nov 2013 - 19:33

Son corps entier tremblait. Un froid profond l’assaillait. Elle avait osé porté la main sur son frère. N’avait-il pas déjà fait de même précédemment ? Si tout cela n’était qu’une question de comptes à rendre, cela n’en finirait jamais. À quand remonter leur première dispute ? À quel sujet ? S’en souvenaient-ils encore seulement ? Leurs rencontres n’étaient que des suites illogiques, hachées, de nouveaux éclats de colère où chacun menait la danse chacun son tour. Assez. Assez. Assez !
Le médaillon sur sa poitrine était lui aussi gelé, imprimant sur sa peau une marque au fer rouge. Froid et chaud à la fois. Sans rien dire, elle observait son frère tourner les talons, s’éloignant peu à peu d’elle. Likho vint tourner sa frimousse en sa direction, l’interrogeant du regard. Cela ne pouvait pas finir ainsi. Pas comme ça. Sur une gifle. Sur un malentendu. Hé bien, qu’il parte, si tel était son choix. Elle ne le regretterait pas. Jamais. Elle n’avait pas besoin de lui. Qui avait besoin d’un démon quand on vivait au sein de la guilde noire ? Certainement pas elle.

Elle repensait à ce qu’il lui avait dit, ces mots prononcés sur le chemin. Il n’y avait rien à en tirer. Rien si ce n’est une jalousie prononcée concernant le fait qu’il ait été toujours mis à l’écart. À quoi s’attendait-il donc ? N’était-ce pas mieux ainsi, qu’il soit préservé de tous ces malheurs, de tous ces tracas quotidiens pour que lui, au moins reste un vivant parmi tous ces morts aux cœurs battant ?
Lyra se leva, se saisissant de l’oreiller humide, dans un sale état. Elle l’avait bien cherché.

- Attends… murmurait-elle à voix basse, attends.

Trop tard. Il était déjà loin. Elle avait perdu. Tout perdu. Si seulement son orgueil n’était pas aussi fort, elle aurait pu courir vers lui, le rattraper, se détacher de ce passé qui la faisait souffrir et faisait autant de mal au brun. Mais rien. Rien si ce n’est son absence de réaction. N’était-ce pas ainsi depuis tout à l’heure ? Son seul acte avait été de frapper son frère. Pour exorciser sa haine. Frapper. Un moyen net. Efficace. Elle ignorait si cela avait bel et bien fonctionné. Elle se sentait vidée mais le cœur lourd. L’esprit embrumé et l’impression d’être à sa place ici, parmi ces fantômes et ces ruines. Elle-même tombait en décomposition peu à peu, n’étant plus que l’ombre d’elle-même.

- ATTENDS ! hurla-t-elle, chassant les derniers spectres des environs.

À quoi bon s’époumoner ? Il était déjà loin. Elle n’avait pas la force de courir après lui. Ce n’était pas là son rôle. Elle se laissa tomber le long du muret, l’oreiller sur ses genoux. Elle porta son regard sur les environs, reconnaissant chacune des pierres. Il est parti. Lev est parti. Il fallait qu’elle l’accepte, qu’elle fasse avec. Qu’y pouvait-elle ?
Sa main vint caresser le froid de ces pierrailles. Toujours le gris. Et son médaillon, toujours plus chaud à chaque instant, lui déchirant la peau, et cette peur, si palpable, éternelle, qui ne cesserait jamais de l’étreindre comme de doux bras qu’elle aimait enlacer sans jamais s’en lasser, cette peur de bouger, de parler mais surtout de vivre, cette peur qui lui hantait le cœur depuis toujours, l’ayant fait devenir un fantôme avant l’heure, treize ans de errance, de damnation, d’espoir déchu, sans rien attendre en retour de la vie, et cette frustration qui s’était accumulée, mélangée à cette haine, douce, amicale, qu’elle avait su apprivoiser, appréhender, à la manière d’une nouvelle amie, sa grande amie, sa meilleure amie, celle qu’elle ne quittait jamais, qu’elle aimait plus que tout, et cette haine du monde, de sa famille inexistante, de ses parents disparus, de son statut d’orpheline, de tout cela et cette haine de cette nouvelle vie et d’elle-même sans jamais pouvoir faire quoi que ce soir pour changer, juste haïr car c’était là tout ce qu’elle savait faire, haïr sans rien attendre en retour du monde et de ceux qui le peuplaient, juste cette profonde noirceur l’ayant peu à peu recouverte à la manière d’un voile et cette réminiscence, cette question, cette interrogation ,cette quête d’identité de plus en plus floue dans sa tête, prenant sa place, s’imposant à elle-même, sans qu’elle ne puisse rien faire, avec ce seul besoin de réponses, se découvrir, savoir une bonne fois pour toute qui elle était sans jamais lâcher prise, jamais, car il ne fallait pas, jamais, ne plus redevenir une lâche, jamais, c’était trop facile, être Lyra Vilkas jusqu’au bout des ongles, au bout des griffes, cette louve qu’elle aimait tant, désormais disparue, cette demoiselle souriante, oui elle souriait autrefois dans ses rêves, dans son profond sommeil, redevenir cette enfant et oublier, oublier cette existence qu’elle n’avait pas choisie, ce frère qui n’en était pas un, ces connaissances dont elle avait déjà oublié le nom et la salope de son frère, oui cette fille qui assombrissait et manipulait son frère, celle-là même qui l’avait épargnée, oublier tous ces premiers rôles, ces mauvais, n’ayant pas droit à une place dans son esprit, faire le vide, encore une fois, une bonne fois pour toute, ouvrir les yeux sur un monde nouveau, un microcosme dédié à elle et à elle seule, à Lyra Vilkas, à son corps entier, à son cadavre ou à tous les autres aussi ,ceux de Yulia, d’Alexïs, Kôta, Tanya, tous ces morts déjà morts pour elle, tous ceux qui lui ressemblaient mais pas Lev, lui n’y aurait pas le droit, pas de mausolée pour Lev, rien du tout si ce n’est le silence, ce même silence faisant écho à son cri, lourd, assombrissant, une mélopée comme elle n’en connaissait pas, une musique à ses oreilles, et ses yeux qui se fermaient peu à peu, ne plus voir ces atrocités, ne plus se voir soi, juste le noir, le vide, car elle le connaissait bien, ce vide, côtoyer ces Abymes encore une fois, s’y perdre, pour toujours, sans espoir de salut, sans retour possible, un aller simple pour l’enfer, le vrai, elle n’y connaissait rien au purgatoire, juste des mots dits et ces non dits qui la travaillaient, lui faisaient mal, et sa main qui glissait, lentement, sur le bijou, toujours aussi froid, toujours aussi chaud, mordant, saisissant, caressant le mécanisme, laissant entrevoir cette photo, fausse, totalement fausse, il n’existait pas d’instants heureux dans sa vie, c’était impossible, juste la haine et la peur, ses deux amies, les plus fidèles, plus fidèles encore que ce frère prenant la fuite après une gifle, une simple gifle, une petite gifle, sans rien lui demander, toujours ce silence entre eux, crever l’abcès, oui, savoir dire non, oui, mais rien de tout cela chez lui, rien, si ce n’est son obstination à mal faire les choses mais ce n’était pas sa faute, non, on ne choisit pas d’être ainsi, trop naïf, trop stupide, trop elle ne savait quoi, cet excès qu’elle ne supportait pas le conduisant à faire les mauvais choix sans qu’elle ne puisse jamais l’aiguiller, sans qu’elle ne puisse jamais aiguiller qui que ce soit, toujours seule, incomprise, car ne laissant jamais l’opportunité à qui que ce soit de la comprendre, mettant une barrière entre elle et ses sentiments, entre elle et les gens qui lui témoignaient de l’amour, une frontière ayant pour seul résultat de l’empêcher d’aimer ou plutôt de l’empêcher de savoir aimer, cruel sort que le sien, sort choisi pourtant, et la tristesse maintenant, cette même tristesse éternelle, ce chagrin étouffant lui rappelant qu’elle avait perdu quelque chose, quelqu’un mais quoi, elle ne savait pas, elle ne savait plus, avait déjà oublié, c’était passé, fini, envolé, juste un lointain souvenir auquel il fallait se rattacher mais elle n’en avait pas envie, elle le laissait partir, comme ça, comme si de rien n’était, car c’est rien, justement, il n’y a rien entre eux si ce n’est une relation brisée et basée sur le mensonge, voilà ses yeux toujours clos et sa main qui se détache du médaillon sans savoir pourquoi, gratte le sol, pauvre animal blessé, pas encore, pauvre animal effrayé, encore, toujours, à jamais, rien ne change jamais, pas même cette éternelle enfant refoulant ses sentiments car ce n’est pas bien, il ne faut pas, c’est ainsi que va le monde, il faut tout cacher, tout terrer, rien dire, toujours ce même mot, rien, le néant, l’absence totale de matière, un mot qu’elle connaît bien, ça, rien, c’est ce qu’elle est aussi, elle en a conscience, de n’être rien, pas même Lyra Vilkas, elle a déjà oublié son nom et ce médaillon qui ne lui parle pas, rien ne lui a jamais parlé, encore une fois, sa paume qui se détourne du sol, fouinant dans sa poche, la rencontre avec sa main froide et la lame gelée, un contraste, un autre, qui la ferait presque sourire si elle en avait conscience, et la lame qui bouge, lentement, presque sur un rythme, presque comme si une automate la tenait, oui une machine, des mouvements mécaniques qu’elle connaît par cœur mais pas ce geste, non, pas celui-là, elle n’a jamais eu le courage, pas directement, trop lâche, trop couard, trop.

Le sang se mit à gicler, doucement d’abord puis pissant, inondant son bras. Ses yeux toujours fermés sans regarder son œuvre, sans porter un regard sur sa lame déjà rougie, changeant de main sans qu’elle n’y prête attention. Le même geste pour l’autre avant-bras, se fiant à son toucher. Elle avait tant l’habitude d’enfoncer cette lame dans le corps de ses ennemis, des innocents, qu’elle n’aurait jamais songé à la retourner contre elle-même. C’était si simple en fin de compte. Laisser la vie la quitter, comme ça, aussi facilement. Elle ne savait pas pourquoi. Juste qu’elle n’était pas à sa place ici. Ni ici ni ailleurs. Une morte parmi les vivants. Une vivante parmi les morts. Il fallait qu’elle choisisse. C’était fait.

Le poignard tomba de sa main leste sur le chemin sec.
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Re: Happy birthday, Lyra. - Sam 30 Nov 2013 - 19:52
A quoi bon faire demi-tour ? C'est comme si tout avait été dit. Elle avait osé le toucher. Était-ce sa façon de lui dire qu'elle ne voulait désormais plus de lui dans sa vie ? Qu'elle en avait assez de lui ? Expulsait-elle le démon brusquement de sa vie pour de bon ? Sur le coup il ne comprenait pas ce qui venait d'arriver. Avait-il tout gâché finalement ? Est-ce qu'il aurait du demander de l'aide à Lyra pour sauver les personnes de cette maudite secte ? Non il ne pouvait pas. Cette même nuit il avait essayé de la tuer. Cette nuit-là il ne s'était pas contrôlé, il n'avait rien pu faire contre lui-même. Il ne pouvait pas se protéger lui-même. Et s'il avait essayé de faire comme Agata dans sa folie ? Se jeter d'un pont ? Il tourna le dos à sa sœur, serrant les poings. Qui était la victime de qui entre eux ? Qui faisait le plus mal à qui ? S'aimaient-ils trop pour faire autant de mal ? Trop s'aimer, ou trop se détester. Entre eux ces deux mots étaient identiques. Faire mal à l'autre, encore et encore, toujours plus fort, toujours plus profondément dans l'esprit de l'autre. Cette relation épuisait le démon. Finalement c'était comme s'il avait donné le coup de grâce à Lyra. Le coup qu'il ne fallait pas lui faire. Ne pas toucher à la secte. Lui il l'avait fait. Y'avait-il plus monstrueux que lui ? Un garçon -un démon- qui a des folies meurtrières et qui se défoule sur les amis de sa propre sœur, sur ces gens que celle-ci voyait comme une famille. Il avait tué son père pour elle, il avait fait plus mal à Lyra qu'elle ne lui en avait fait. Du moins pour l'instant.

Il marchait rapidement, il n'en pouvait plus de ce maudit paysage. Des murs noircies par le feu, le dortoir puant à cause des corps qui s'entassaient -seul endroit qu'il n'avait pas brûlé puisqu'il y avait enfermé toutes les femmes qui y dormaient. Qu'est-ce que ces femmes avaient fait pour mériter ça finalement ? Quel était leur péché pour mourir dans autant de souffrance ? Pourquoi elles ? Seul Lev avait les réponses. Et il n'osait pas les donner.
Le démon entendit un cri. Il s’arrêta sur place. Il expira un bon coup, serrant toujours les poings puis se retourna. Mais rien. Elle n'était nul part. Pourtant il était sur de l'avoir entendu. Il hésita à faire demi-tour. Longtemps. Aller ou partir pour de bon ? Faire demi-tour pour voir ce qu'il y avait ou s'en aller sans regarder derrière soi ? C'était sa sœur. C'était Lyra. Il devait le faire. Alors d'un pas lent, il fit demi-tour. Il n'osait plus observer ce paysage qu'il avait créé de ses propres griffes. Ce paysage qui le représentait tant. Dévasté. Désert. Rongé par le feu. Totalement détruit.
Il fit donc demi-tour, cherchant sa sœur. Il ne mit pas longtemps avant de la retrouver au sol. Les bras posé par terre, en sang. Le poignard plus loin, prêt de l'oreiller. Et elle avec les yeux clos. Qu'est-ce qu'elle venait de faire ? Pourquoi avait-elle fait ça ? Quand il vit ça il fut sur d'une chose : sa sœur est complètement malade. Brusquement les larmes lui venaient aux yeux, il ne sentit même pas les perles salés couler le long de sa joue. Lyra. Il se baissa, utilisant cette trousse de secours qu'il avait sur lui pour essayer de compresser au niveau de ses poignets avec une compresse. Puis il fit des nœuds pour que ça tienne avec un bandage. Il mit le poignard dans sa trousse. Ensuite il passa un bras au niveau de ses genoux qu'il releva et plaça l'autre au niveau de sa nuque afin de la porter. Il fallait qu'il l'emmène loin de ce lieu maudit. Très loin. Il emporta la jeune fille chez lui.

- Pardon Lyra. Pardon d’être un mauvais grand-frère pour toi.

Allait-elle l'entendre ? Il en doutait. Pourtant il le dit, les larmes continuant de couler sur cette joue qu'elle avait giflé quelques instants avant. Il s'en voulait. Il s'en voulait de lui avoir infligé cela. Le méritait-elle vraiment ? Pourquoi tant de cruauté entre eux ? Il avait l'impression d'avoir un énorme vide en lui. Une boule au ventre. Un mal de tête. Il courrait aussi vite qu'il pu. Pas besoin d’hôpital, Lyra est immortelle. Elle avait besoin d'un lit chaud. Et de quelqu'un de bien à ses cotés. Lev ne pouvait pas être là. Il n'était pas quelqu'un de bien finalement. Il n'était qu'un monstre tuant à cause de ses pulsions. Yulia le fuyait. Tout lui filait entre les doigts. Il laissait tout lui filer entre les doigts. Tout ce qu'il aimait s'en allait à cause de ses erreurs. Il n'est pas capable de bien faire les choses après tout. Il se maudit sur le coup. Il maudit son paternel aussi. S'il n'avait pas créé cette secte, ils n'en seraient pas là.
Il courrait dans la rue, Lyra dans ses bras, inconsciente. Il y était presque. Encore quelques mètres.

- Faudrait pas appeler le SAMU ?
- Touche-là connard et je t'arrache ta tête, j'suis clair ?!

Un simple passant qui voulait sans aucun doute l'aider puisqu'il avait son portable en main. Quelqu'un qui n'avait pas intérêt à croiser le démon à nouveau. Il était trop tendu, il ne fallait pas lui parler. Personne ne touche à sa sœur, personne ne lui fait du mal. Sauf lui. Drôle de façon de penser. Pourtant sa sœur pensait aussi ainsi. Voilà pourquoi ils se faisaient mutuellement du mal.
♦ Rose ou chou ? : Ma foi... Rose je pense bien.
♦ Combien de rides ? : 24
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Spectre omniprésent
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Re: Happy birthday, Lyra. - Dim 1 Déc 2013 - 15:37

Entre le début avec des petites remarques amusantes accompagnées de quelques interventions de Likho, et la fin toute noire et pleine de sang…. Ça c'est un rp drama comme je les aime, du complexe, de l'ambigu, rien n'est simple dans cette relation. Tout ça monte et grimpe en tension au fur et à mesure que le récit avance, c'est vraiment très bien mené alors pour le coup, GG à tous les deux /o/

Et je remarque aussi que Lev ne connait pas Rain, qui va tout sauf ne plus jamais lui parler s'il rejoint la Guilde. xD

Bref, tu parles d'un anniversaire. ;w;

Lev : 595 xps
Lyra : 520 xps

Xps attribués : Yep



Cadeau d'anniversaire de Yanichou:
 

Happy birthday, Lyra.
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