Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~

 
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Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Dim 1 Sep 2013 - 21:33

Rentrer par derrière... Il était loin d'avoir vu le bout de toutes les surprises de son existences. Maintenant qu'il était de nouveau dans le circuit, les choses avaient changées : il était porté disparu, officiellement. Et n'était plus, logiquement, le vice-président du conseil... Encore que ça, il s'en moquait. Mais Yoshihisa était formel : il avait rouillé, là où d'autre avait progressé... C'était concevable. Mais pas acceptable. Il devait rester fort. Plus fort que quiconque. Pas pour Deus. Pas pour les autres. Pour atteindre ses buts. Il avait des tas de choses à rattraper... Pour le moment, l'endroit le plus sûr où il avait à se terrer à l'école, resterait les bains. Oui, c'était un peu farfelu comme idée, mais ça marcherait. Porter une cape et une capuche noire pour avancer le visage voilé, ce n'était pas habituel, mais il avait dû faire avec. Et Yoshi lui avait permis d'esquiver pas mal de trajet, ce qui était aussi pratique que frustrant. L'école lui avait manqué légèrement, mais il était plus dur encore de se penser … Disparu ? Un nouveau conseil, des tas de nouvelles choses … Et une liberté renouvelée. C'était assez incroyable, tout s’emboîtait de façon presque inopinée. Et ses adversaires du passé étaient encore là. Morgane, Mordred .. Lancelot..
Une visite en Angleterre serait peut-être utile. Et peut-être dégager Merlin de sa prison, histoire de revoir son vieux précepteur. Et le libérer de Vivianne, il en allait de pair. Peut-être qu'il pourrait lui être utile. Mais déjà, il fallait réfléchir à ce qu'il allait faire pour réintégrer l'école. Revenir et dire « coucou, je vous ai manqué ? » n'irait sûrement pas. Bouarf, réfléchir à ça ne servirait à rien. Il était 21h à sa montre et il fallait profiter du bain pour le moment.

La porte s'ouvrit à lui alors qu'il s'avança et il atterrit dans un vaste complexe où les us et coutumes, voulut qu'on se baignât. S'étirant légèrement, il s'avança vers les cabines. Les eaux de l'endroit étaient réputés, non pas pour piéger d'autres hommes qui auraient eu l'imprudence de ne point se méfier d'une femme, mais pour raffermir les courbes, masser les muscles, rendre la peau douce, guérir l’asthme, être riche en minéraux, faire grossir la poitrine des filles, rendre la jeunesse... Encore que les deux dernières propriétés restaient à confirmer.
Les cabines étaient séparées entre les hommes, les femmes et les hermaphrodites. Décorées de carrelages raffiné, à l'esthétique travaillée, les bains étaient un luxueux mélange de tout ce qu'on avait pu voir sur terre, diverses architectures se mêlant avec brio, ça et là, pour un résultat du plus bel effet, à tel point que, de toute manière, avant même d'y mettre les pieds, la relaxation s'affirmait à travers l'émerveillement. Allant chez les hommes, il retira un à un ses vêtements, à commencer par la cape qui dissimulait son identité, puis sa veste de costume, sa cravate, sa chemise et son pantalon, pour chercher dans le sac, le maillot de bain prêté par son plus fidèle allié jusqu'à maintenant.

Le chef de Yakuz lui avait d'ailleurs, une nouvelle fois, fidèlement rendu service, puisqu'Atios, haussa les deux sourcils en sortant du sac qu'on lui avait confié, une horrible chose violette, élastique, qui semblait se porter comme des bretelles. Le jeune homme se sentit soudainement envahi par un soupir profond, lointain, exultant de frustration :


« Yoshihisa....... Tu me le paieras ! »

Cétait une façon de voir les choses... Mais que devait-il faire ? Se rhabiller et partir ? Enfilant avec réticence l'horreur, il sortit de là pour aller ranger ses affaires dans un casier et aller se baigner. Comme prévu, l'intérieur était magnifique et après s'être trempé les pieds, pour éviter tout dépôt bactérien superflu dans le bain principal, il vit son reflet sur l'eau et quand il vit que personne n'était dans les bains, il craqua son slip au sens littéral du terme (même si c'était un string), puisqu'il le jeta dans les airs, pour mieux le désintégrer dans un éclat lumineux et se jeter dans les eaux. Personne ne viendrait à cette heure-là et puis, tant pis si quelqu'un venait, bizarrement, être nu le gênait autant que de porter l'horreur que Yoshi lui avait fourni. Il profita des bienfaits de l'eau quelque seconde, au point de se laisser flotter à la surface de l'eau.
Atios se sentit paisible, soudainement. Comme si, ici, en cet instant, tout conflit s'était arrêté. Mais en même temps, il serra le poing et le leva vers le plafond, d'où une douce couleur crème se mêlait aux lumières éclairant l'endroit. Ressentir le frisson du combat et de la prédation... Il voulait devenir fort. Plus fort. Il deviendrait plus fort, encore et encore.. Jusqu'à dépasser Isanagi et peut-être même Deus. Pêché d'orgueil ? Peut-être. Il voulait juste plus de force. Pour que plus jamais, il n'ai à se sentir impuissant. Peu importe la nature de celle-ci ; divine, des autres, la sienne, celle de son adversaire. Il allait se battre.
Et à nouveau, il reprendrait les armes. De nouvelles personnes seraient là pour l'affronter. De nouvelles personnes attendait que la lumière du roi Arthur se remette à briller encore plus fort qu'avant. Mais soudainement, il sentit une présence approcher et il se cacha sous l'eau, faisant apparaître l'arme qu'il avait l'habitude de brandir, déclenchant une décharge de pouvoir autour de lui, comme une vague de pression qui s'abattit sans ménagement, pour mieux montrer à quel point, le jeune homme était alors sur ses gardes.


« Qui va là ? » souffla-t-il sur un ton sec, les sourcils froncés par l'inquiétude d'être découvert à l'académie.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Lun 2 Sep 2013 - 15:34

Il est des pièces neutres au sein de l’académie où renégats et apprentis peuvent plus ou moins cohabiter sans être inquiétés d’un débordement d’un camp ou de l’autre. Etrange lubie de Lyra que de s’être mise en tête d’aller explorer chacun de ces endroits auquel elle avait accès. La dernière de sa liste ? Les bains. Dommage qu’elle ne soit pas en charmante compagnie pour profiter des vapeurs et de la chaleur. Enfin, la seule compagnie dont elle disposait à l’heure actuelle était celle de Likho, son louveteau blanc qu’elle avait eu tant de mal à obtenir. Elle n’allait tout de même pas le laisser seul à la guilde noire, cherchant des puces au chat-démon Azazel pendant qu’elle flânait tranquillement dans ces sources d’eau chaude ? L’animal sautillait près d’elle, repérable dans la nuit tombée grâce à son pelage neige. À une heure aussi tardive, sans doute serait-elle tranquille pour profiter du calme dont elle avait ouïe dire dans ces lieux saints que sont les bains publics.

La Russe prit la direction des vestiaires pour femmes, faisant glisser ses vêtements le long de son corps sous l’œil intrigué de son familier. Après tout, ce n’était qu’un animal, épier la nudité d’une femme n’allait pas le traumatiser. Elle fouina dans son sac, extirpant un maillot de bain deux pièces mauve – pour le plaisir – et l’enfila. Elle était fin prête pour aller se détendre. Elle longea le couloir, arrivant devant les bains qui n’attendaient plus qu’elle.
Lyra balaya du regard la vaste étendue d’eau brûlante qui s’offrait à elle. Personne en vue. Le louveteau, plus téméraire que sa maîtresse, plongea sa patte dans l’eau avant de bondir totalement dans ce qu’il prenait pour une immense flaque brûlante. Pour l’hygiène des bains, amener un animal n’était pas l’idéal mais peu importait à la renégate le bien-être des apprentis de l’académie.

Une voix tempêta alors dans les environs. Une voix familière à la renégate. Un homme se tenait dans l’eau, épée en main. Lyra battit des paupières, mettant un certain temps avant de reconnaître Atios. Atios Kurokami. Le crétin qui l’avait sauvée des griffes des Soviétiques. Autre détail affligeant ; que faisait-il nu comme un ver en train de patauger dans cette eau bouillante ? Un slip de bain reposait non loin sur les bords, percé. Parce qu’Atios, quand il père, il troue son slip. C’était obligé. Pardon.  

- Tu sais plus dire bonsoir, Kurokami ? s’amusa Lyra, tu reconnais donc pas la Matriochka que t’as épargnée lors de notre première rencontre ?

Lyra se baissa pour ramasser le slip de bain ignoble accordé à son propre maillot de bain et le lança au visage du chevalier. Un peu de tenue, bon sang ! Est-ce là une manière de se vêtir devant une dame ? À vrai dire, qu’Atios soit habillé ou non, ce n’est pas ça qui allait changer grand chose à la perception que l’ancienne archiviste avait de ce naïf ayant un excès de gentillesse.

La Russe s’assit au bord de l’eau, laissant ses jambes fines tremper dans le liquide transparent. Des vapeurs s’élevaient de cette cuve bouillante. La renégate s’amusait à balancer ses jambes dans l’eau tout en fixant son interlocuteur. Depuis tout ce temps, il n’avait pas changé. Toujours la même épée. À croire qu’il ne s’en séparait jamais, même pour aller se baigner.

- J’te croyais crevé d’puis l’temps. J’ai réussi à m’attirer pas mal d’ennuis, pensant que t’allais débarquer à nouveau pour m’sauver mais t’es jamais v’nu. Dommage. J’aimais bien l’idée d’avoir un chevalier servant prêt à trahir une nouvelle fois son camp pour m’tirer du pétrin.

Son rire frais vint s’entrechoquer avec le silence de la nuit. Il était dans sa nature de charrier tous les êtres vivants qu’elle côtoyait, la réincarnation du roi Arthur ne faisait pas exception. Un traître vis à vis du conseil. Voilà quelle était l’opinion de la demoiselle à propos d’Atios. Ce môme lui avait sauvé la vie, la laissant libre, alors qu’elle avait incendié un village de paysans en compagnie d’un autre renégat, qui lui, avait fini en prison. Décidément, ce garçon est et resterait un mystère à tout jamais. Mais si Atios était considéré comme un traître, sans doute en était-il de même pour Lev, le frère de Lyra, qui la laissait agir à sa guise sans jamais s’opposer à elle, lui-aussi bras cassé au sein du conseil ?

- Et sinon c’est une habitude de souverain de s’baigner à poil ?

Bonne question. Il est des êtres qui ne supportent pas de porter des slips et qui préfèrent mille fois exposer leur nudité aux yeux de tous, sans aucun tabou ni honte. Peut-être le garçon faisait-il partie de ceux-là ? Ce choix de vie ne regardait que lui, après tout. Qui était-elle pour juger ses us et coutumes ?
Lyra se laissa tomber dans l’eau aux côtés d’Atios. La chaleur vint lécher sa peau. Elle se laissa flotter au-dessus de la surface de l’eau, observant les myriades d’étoiles qui brillaient plus intensément, là-haut.

Si on lui avait dit qu’elle croiserait au détour d’un hasard celui auquel elle devait la vie, elle ne l’aurait pas cru. Dire qu’elle avait une énorme dette envers lui et que cela l’énervait au plus haut point. Elle ne pourrait jamais lui rendre la pareille. Il fallait qu’elle songe à autre chose. La Russe ne quittait pas des yeux les points luisants dans le ciel, son louveteau vint la rejoindre après avoir barboté dans l’eau de son côté, intrigué par cet inconnu.

- Pis range ton épée, tu veux ? Tu fais peur à mon familier.

Comme pour donner raison à sa maîtresse, le louveteau émit un léger couinement tout en observant la lame d’Atios. Au cas où ce dernier ne l’avait pas remarqué, Lyra ne possédait aucune arme sur elle. Non, non, rien de caché. Alors inutile qu’il reste aussi vigilant. Sans doute avait-il l’habitude d’être en permanence sur le qui-vive, toujours à cran. Mais qu’il se détente un peu, bon sang. N’était-ce pas là le rôle de prédilection des bains ?
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Jeu 12 Sep 2013 - 11:11

« Quand on est poli, on dit  soi-même bonsoir, Lyra. » fut la seule et unique réponse qui lui échappa lorsqu'il s'aperçut que quelqu'un l'observait dans l'eau, à poil comme à un carnaval de nudiste. « Et si, je la reconnais bien. Il faut vraiment croire que le conseil en mon absence, s'est pas assuré de la sécurité interne.. Enfin, ils m'en parleront si j'y retourne, j'imagine. »

Question rétention d'information, tu passeras, Atios. Enfin, de toute manière, il avait beau penser à voix haute, si Lyra était là, elle devait se douter que la sécurité n'était pas fiable.

Lorsque Lyra eut l'outrecuidance de lui jeter le morceau de slip de bain calciné au visage, il se volatilisa en morceaux, détruit par de la lumière dorée qui l'intercepta par pur réflexe. Il avait trop combattu. Et puis, il n'aurait pas pu l'attacher. Autant dire qu'ils avaient l'air fin et qu'Atios n'hésita pas à lui gueuler :

« Arrête donc de me reluquer, si tu gardes ton visage à la bonne hauteur, ça sera comme si je portais une tenue descente. »

Leurs yeux se fixaient l'un l'autre, comme si la persistance de l'un ou de l'autre allait pouvoir résoudre quelque chose, ce qui était tout à fait naïf à croire, même pour eux. Se fixer dans le blanc des yeux n'allait pas changer quoi que ce soit à la situation ou au monde. L'un voulait prendre son bain, à pwal, tranquillement, seul. Et cela se confrontait à une demoiselle venue elle aussi se baigner. Atios se serait rhabillé pour une autre, mais là, la situation n'était pas aussi simple : il s'agissait de Lyra. Et il le savait, c'était une bonne chieuse. Alors, lui aussi ne lui ferait pas de cadeau.

Entre chien et chat, entre ennemi et allié de circonstance, entre rejet et acceptation, ils étaient largement au-dessus de ça.

C'était d'ailleurs étrange de convenir de ça, car même si cette insubordination mutuelle, l'un à l'autre, et à ce qui les entourait, existait bien, ils n'étaient pas si proches pour autant, l'un de l'autre. Et comme pour attester que l'ambiance se détendait, Atios s'étira sans ménagement avant de reprendre :

« Moi, mort ? Il y aurait une personne de trop à qui ça ferait plaisir. Et je compte bien l'emmerder jusqu'au bout. Toi avec, d'ailleurs. Et je ne peux pas courir toujours à ton secours. Surtout quand je prends deux mois de congé. Quant au fait de trahir ou non, ce n'est ni au conseil d'en juger, ni aux directeurs, mais bien seulement à Deus. Et moi, je crois en ce que je fais. Il faut savoir aider même ses ennemis. »

Oh, bien sûr, il disait comme si de toute manière, il aurait pu poser ses fesses sur une commode, le résultat aurait été le même ; toute justification devant Lyra ne le mènerait qu'à davantage de raillerie, de provocation et d'autres commentaires moqueurs. Elle ne pouvait pas s'imaginer qu'Atios plaçait en elle des espoirs. Lyra, à ses yeux, avait le potentiel de réellement se repentir. Elle le pouvait, si on lui en donnait les moyens.

Elle n'était pas réellement mauvaise. Mais imaginez un enfant qui aura vécu dans la misère, la souffrance et les tentations de survivre par tous les moyens ? Il n'aura appris que ça. Il n'aura pas appris autre chose. Quand votre vie tourne mal, il est presque naturel de se tourner vers des moyens rapides d'arriver à ses fins. De s'enfermer seul pendant deux mois dans un appartement. Ou d'incendier des villages pour le compte d'un mégalomane.

« Oui, c'est une vieille habitude. Avant, j'avais une salle de bain juste pour ma pomme. Et ils aimaient bien me faire chier là-bas aussi. Donc maintenant, j'ai l'habitude de me baigner nu devant les autres, vu qu'on aimait bien me faire des coucous surprises. »

Et Deus sait que c'est désagréable de se retrouver à devoir gérer des affaires d'état depuis le fond de son bain, lieu censé pouvoir octroyer la divine sensation de relaxation.

« Ceci dit, je n'ai pas forcément envie que tu mattes à cet endroit-là. Mon entrejambe ne regarde que Deus et les demoiselles qui pourront le voir. »

Et sur ces mots, un voile lumineux vint brouiller cet endroit. Comme ça, tout le monde pouvait être heureux. Lorsqu'elle glissa à ses côtés dans l'eau, Atios eut un petit mouvement de recul. Il n'était pas habitué aux contacts humains qui l’atteignait.. Au contraire, le jeune homme était habitué à ne pas recevoir, mais à donner.

Et il considérait que recevoir était plus effrayant que de donner. Se battre était plus habituel qu'être protégé. Il n'avait sûrement plus l'habitude d'avoir confiance en qui que ce soit, tandis que les souvenirs les plus tragiques de sa vie, les trahisons et les tragédies les plus virulentes, s'infiltraient par bribes, par flash, dans son esprit.  Il moulina ensuite autour de sa main avec la garde d'Excalibur, avant de la faire partir vers le ciel, où elle se volatilisa dans une pluie de poussière dorée, qui flotta lentement vers la surface de lot, en retombant.

« Voilà. »

Puis, il s'avança, sur des pas mesurés, contrôlés, jusqu'à l'animal qui venait de couiner. Il posa sa main sur le crâne de l'animal pour le caresser.

« Les animaux terrestres me craignent beaucoup. Je ne sais pas pourquoi il ne s'est pas déjà enfui. »

Le roi Arthur était symbolisé aussi par les lions. Et cela signifiait une chose : il était craint et respecté par les animaux. Le louveteau de Lyra était une exception, puisqu'il était lié à l'apprenti-déesse. Il finit par se retourner vers Lyra, pour la fixer droit dans les yeux, mais sans aucune once d'agressivité dans son regard :

« J'ai besoin de toi. » Il approcha ses mains de celle de Lyra avant de dire : « Il s'est passé quoi en mon absence à la Deus ? Quelque chose me dit que tu dois être un minimum au courant. »

Enfin, il soupira et rajouta : « Aussi, j'aimerais que l'on s'entraîne. Ton pouvoir peut m'être très utile et je peux t'être très utile aussi, s'il s'agit de perfectionner le tien. »
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Ven 20 Sep 2013 - 16:17

Tss. Monsieur jouait les pudiques maintenant ! N’était-ce pas lui qui se permettait l’affront de se baigner totalement nu ? Certes, il était dans son droit mais qu’il ne vienne pas lui en faire le reproche ensuite. Avait-il seulement oublié la notion de « bains publics » ? Et si le temps où Kurokami pouvait s’offrir le luxe de patauger dans une salle de bains privé était derrière lui, qu’il en fasse le deuil de suite plutôt que de râler ! Ah ils formaient une belle paire tous les deux !

- Tu t’es barré du conseil ? C’est la première chose sensée que j’t’entends dire depuis notre rencontre ! le railla-t-elle, la connerie à pas faire, ce s’rait d’y retourner, oui !

Ah Lyra et son grand amour pour le conseil des élèves ! Sa position de renégate ne l’aidait pas à apprécier chacun de ces membres. Des tire-au-flanc. Des incapables. Tout juste bon à se donner une contenance. La demoiselle n’avait jamais été effrayée par l’un d’eux. Hormis peut-être Atios. Des rebuts de l’académie, voilà tout ce qu’ils étaient à ses yeux. Des pions placés là dans le seul but de faire de la paperasserie, donner l’illusion que la chasse aux renégats avançait. Mais en vérité, il n’en était rien. Les documents administratifs, sans nul doute croulaient-ils dessous. Les bonnes poires de l’école. Leur faire miroiter de grandes et belles responsabilités pour au final leur confier les tâches les plus triviales et abjectes. Sans aucune reconnaissance. De quoi faire rêver.

La Russe redressa la tête pour ne plus se moquer de la nudité du pauvre petit Atios. Susceptible en plus de ça ! Mal luné, aussi. Elle l’avait connu de meilleure humeur. Elle le connaissait à peine alors difficile de juger réellement. Une rencontre, une seule, la première, voilà sur quoi elle se basait pour s’être fait une opinion du porteur d’Excalibur. Toujours fidèle à lui-même, toujours le même discours de loyauté et d’entraide, de miséricorde et de pitié. Toujours les mêmes balivernes. Il n’avait donc pas changé depuis tout ce temps ? À quoi s’attendait-elle donc ?

- Et d’mander à une renégate de t’parler des affaires internes d’l’académie n’est sans doute pas la meilleure idée que t’ais eu. T’as cru quoi ? Que j’passais ma vie à l’académie ? J’traîne davantage du côté d’la guilde noire au cas où t’aurais oublié.

Il avait la mémoire courte, le gamin. Dans un sens, elle passait bel et bien une partie de sa vie à l’académie, davantage occupée à recruter de nouveaux poulains pour la guilde noire ou à flâner dans des coins insolites de l’école. Comme aujourd’hui et ici. Qui aurait cru qu’une renégate se permettrait d’aller narguer une nouvelle fois les membres de l’académie en profanant un de leurs lieux favoris ? L’ancienne repentie avait commis la bassesse d’aller se détendre près des bains en cette belle soirée. Territoire neutre, disait-on, comme d’autres pièces secrètes. Ben voyons. Il suffisait d’un rien pour que ces belles paroles volent en éclats et qu’une bagarre éclate. Dans son malheur de croiser quelqu’un au moins avait-elle eu la chance de tomber sur Kurokami plutôt qu’un parfait inconnu. Elle savait à quoi s’en tenir.

- Mais si ça peut t’réconforter, j’crois savoir que ces crétins du conseil t’ont déjà remplacé. D’autres guignols ont été recrutés, sans doute pour remplir tes fonctions. Ils l’ont bien vite oublié le Kurokami, se moqua-t-elle, si ça c’est pas un signe pour pas retourner auprès d’ces bras cassés, j’sais pas c’que c’est.

Ah oui, ça ! Elle avait été bien inspirée de prendre de nouveaux risques pour fêter l’anniversaire de son frère et apprendre que ce dernier, tout comme une poignée d’autres abrutis finis, avaient eu l’honneur de devenir membres du conseil. Des ennemis en plus à massacrer, des demeurés à torturer, des jouets, voilà tout ce que représentait pour elle cette menue monnaie d’apprentis. De nouveaux pions envoyés à l’abattoir, jetés dans cette guerre qu’ils n’avaient pas choisi. Juste pour parader. Toujours cette aussi mauvaise opinion de chacun des membres du conseil. Son frère ne faisait pas exception. Seul Atios avait su relever le niveau de cette clique de dégénérés avec son geste : la sauver des mains des Soviétiques.

- Satisfait ?

C’était peu comme informations. Qui se serait contenté de ce minimum ? Mais le brun avait mal choisi son informatrice. Une renégate ! Qu’espérait-il ? Qu’elle lui livre les plans en prévision de la guilde noire ? Et puis quoi encore ?

À peine le louveteau eut-il entendu le mot « entraînement » que celui-ci nageait droit en direction du bord. Autant laisser le champ libre à ces deux fous qui s’agitaient autour de lui, ces deux bipèdes qui baragouinaient un bien curieux langage auquel il n’avait cure. Il se laissa tomber au sol, prunelles dirigées vers les bains, unique spectateur de ce qui allait suivre. Les deux acteurs trônaient au centre, se regardant dans le blanc des yeux à la manière de chiens de faïence. Lyra retira ses mains de celles d’Atios, furtivement. Elle avait toujours autant de mal avec les contacts humains. Encore plus lorsque le contact provenait d’un ennemi.

- Va pour t’foutre une raclée ! s’enthousiasma-t-elle.

On aurait cru une enfant se réjouissant à l’idée de manger des pâtisseries pour le goûter. Le combat, l’entraînement, un simple jeu pour elle. Depuis leur première rencontre, la demoiselle était devenue bien plus forte et était déterminée à le lui prouver. Finit le temps où il pouvait la sauver en la portant à la manière d’une poupée de chiffon, Lyra Vilkas avait bien progressé désormais. Et elle allait le lui montrer. Tout de suite.

Sa posture avait changé, sa garde était posée. Elle avait pu juger des talents d’épéiste du garçon, ses compétences en la matière n’étaient pas à remettre en question. Mais que valait-il dans un combat à la loyale ? Loyale… Pas sûr que ce mot soit acceptable pour une renégate maîtrisant le contrôle des limites. Du moins partiellement. Atteindre ses limites puis les transcender. Mais un tel exploit ne pouvait s’opérer que si Lyra se retrouvait à des adversaires à sa hauteur ou du moins plus puissant qu’elle. Atios serait peut-être celui qui lui donnerait du fil à retordre. Pour une fois.
Son pied se balança et alla frapper en plein dans le ventre du jeune homme. Un simple coup pour s’échauffer qui avait fait tout de même mouche. Un sourire maléfique éclaira son visage. Cela faisait tellement longtemps qu’elle avait pas eu le droit à un combat en bonne et due forme que cela promettait.

- Allez… Viens Kurokami, amusons-nous !

Autre difficulté de cet entraînement : l’eau. La demoiselle n’avait pas l’habitude d’évoluer dans un tel environnement. Soit, elle apprendrait. Mieux valait qu’elle soit parée à toutes les éventualités. Ses ennemis n’iraient guère se soucier si mademoiselle savait ou non se mouvoir dans l’eau. Ce serait un bon exercice qui ne ferait de mal ni à l’un, ni à l’autre. Attention tout de même aux fourberies de Lyra.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Mer 2 Oct 2013 - 20:23

Le jeune homme croisa les bras devant lui, dans une garde qui tient bon malgré l'impact du coup de pied qu'il venait de recevoir.

« Tu sais, avec ou sans contrôle des limites, avec ou sans épée, j'aurai toujours un avantage sur toi. »

Arrogance ? Non. Réalité. Même si Lyra l'ignorait, Atios, Arthur, Kurokami ou Pendragon, était un dragon. Au moins en partie. Aujourd'hui, son sang de dragon était plus fort que jamais, même s'il se doutait qu'il restait encore un peu de temps avant que celui-ci ne devienne complètement mature. Car oui, les pouvoirs divins étaient comme des plantes : ils croissaient lentement mais sûrement avec le temps. Leurs limites se repoussaient naturellement chaque jour un peu plus. Et si Atios s'était intéressé à Lyra, c'était parce qu'il pensait sincèrement qu'elle avait du potentiel.

Le potentiel de devenir meilleure. De voir ses capacités croître et devenir plus grandes.

« Je pense que ton domaine divin ne s'arrête pas à la mémorisation. Il doit y avoir plus que ça. »

Et sans crier gare, il se mit à courir dans l'eau. Une chemise blanche et un pantalon noir apparurent sur lui, le col déboutonné, alors que sa charge le conduisit à envoyer quelques frappes, simples, volontairement lentes et esquivables, pour la repousser lentement en arrière. Il poursuivit :

« Peut-être que tu peux améliorer cette mémoire pour t'en servir à plus grande échelle ? Peut-être que tu peux améliorer les mécanismes de cette mémorisations ? D'ailleurs, qu'est-ce que l'acte de mémoriser ? »

Atios disparut sans crier gare et s'abattit comme la foudre dans le dos de Lyra, ayant utilisé son domaine divin pour lui permettre de se déplacer à grande vitesse, sans pour autant ne laisser à Lyra aucune chance de répliquer, puisque preuve en était, son coup fut facilement paré, car lentement exécuté.

« La vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher... Et même peut-être d'autres sens, tels que l'instinct, l'intuition... Tout ça sont au cœur du phénomène de mémorisation. Ils te permettent tous de réagir à ton environnement, de le percevoir et de le mémoriser. »

Il s'éloigna alors, permettant à Lyra de reprendre son souffle tout en lui permettant de se remettre en garde après ce petit sparring d'échauffement. Sa garde n'était pas parfaite, complètement foireuse même : Atios ne connaissait pas les arts martiaux, il ne savait faire qu'une chose, sans son épée : improviser. Mais une de ses autres capacités lui permettait d'être bien plus dangereux qu'un dieu quelconque, sans aucune compétence pour le combat : l'instinct qu'il avait acquis en tant qu'Arthur Pendragon et qui avait continué de croître à travers les incarnations au fil des années.

« Je vais te révéler l'une de mes capacités. Je peux pré-sentir le danger et y réagir à l'avance. Ce n'est pas parfait, car il y a une faille à tout, mais majoritairement, à moins d'être spécialisé dans un contre, il n'est pas possible de se jouer de moi. Si je peux bloquer, esquiver, parer une attaque, alors je le sais et je saurais le faire. »

Mais était-ce pour autant une capacité divine ? La charge fulgurante d'Atios ne laisserait pas à Lyra le loisir d'y réfléchir car ses coups devinrent affreusement précis, soudainement. La technique du jeune homme n'excédait pas celle d'un amateur, mais pour autant, ses coups faisaient mouche dans la garde de Lyra, comme s'il avait décidé soudainement de contrôler le combat.

« Que ressens-tu de ce que tu peux percevoir ? Si tu fais travailler tes sens, je suis sûr que tu pourras percevoir autre chose que simplement ce que tu vois avec tes yeux. »

Atios n'avait pas une mémoire infaillble pour retenir toute les combinaisons de coup possible et probable à un instant T : ce que l'instinct d'Atios faisait automatiquement et sans aucune autre raison que celle de la survie, Lyra pouvait le perfectionner et réellement développer une prémonition de combat parfaite, là où ses instincts seraient débordés. Et s'il pouvait enseigner ça à Lyra, alors peut-être pourrait-il affiner encore plus cet instinct. Son objectif était assez empirique, sans être dénué de logique : si lui était un chiffre négatif qui lui permettait de mieux percevoir les dangers en approche, Lyra pouvait être un chiffre positif croissant qui pouvait mieux faire que lui … Et s'il était capable d'enseigner à mieux faire à autrui, il apprendrait de cette même personne ce qui lui manquait. Et pour Lyra, il y avait énormément à apprendre d'Atios...

Si elle ouvrait tout ses sens, elle pourrait percevoir l'écrasante présence qu'Atios pouvait inspirer, sans pour autant dégager d'énergie. La pression que l'imposante taille d'un béhémoth pouvait mettre, émanait de lui. De l'énergie, inactive, mais présente, emplissait les lieux autours de lui. Son regard reflétait le rugissement d'un dragon, tout en démontrant en cet instant, le calme plat que son humanité préservée s'imposait. Un mélange de sauvagerie farouche et de grâce contrôlée.

Quant à ses gestes, ses mouvements, ils exprimaient ce qu'il avait l'habitude de faire : se battre, encore et toujours, inexorablement... C'était comme si ses gestes permettaient d'apercevoir les champs de bataille qu'il avait de nombreuses fois parcourus. Les cris, les lamentations, les espoirs, le courage, la force... Se battre avec quelqu'un permettait de savoir qui il était vraiment...
Et qui était Atios? Un ancien roi ayant eut à porter le poids des vies, le poids de l'espoir, le poids d'une destinée tragique. Quelqu'un qui n'avait trop réalisé que la vie était faite d'épreuves et que le seul vrai moyen de rester soi-même, c'était d'accepter sa faiblesse, même après être devenu une divinité.

Un humain ? Un Dieu ? Un roi ? Un dragon ? Un monstre ? Qu'importe le nom, la présence d'Atios était celle de quelqu'un de vrai, quelqu'un de sincère et qui mettait réellement son cœur à l'ouvrage, même pour ses morales consciemment naïves.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Sam 5 Oct 2013 - 18:44

Atios évoluait autour d’elle, ne se souciant pas de l’obstacle qu’aurait pu être l’eau à ses yeux. On aurait cru voir un farfadet en pleine action, il ne se souciait de rien si ce n’est de ses frappes parfaitement exécutées, suffisamment lentes pour laisser le temps à Lyra d’anticiper son coup et de le parer mais suffisamment précises pour lui prouver que mieux valait éviter de le sous-estimer. Les coups s’enchaînaient, ponctuant le discours du roi déchu concernant le domaine divinatoire de Lyra. C’était bien joli tout cela mais les mots ne l’aideraient pas à se perfectionner. Percevoir le monde d’une manière différente ? On nageait en plein symbolisme.
Chacun des muscles d’Atios était tendu, exercé à répéter chacun de ces mouvements, à porter chacun de ces coups. Le combat semblait être une seconde nature chez lui. Il se mouvait avec rapidité, déferlant sur elle, vif comme l’éclair. Il menait la danse, en bon valseur, contrôlant le rythme et le tempo. À elle de s’imposer aussitôt, si elle ne souhaitait pas perdre le contrôle de cette danse ténébreuse.  

Chacun des actes du porteur d’Excalibur était analysé par les yeux de la renégate, ne le perdant pas de vue malgré sa vitesse. Ses prunelles se posaient sur son corps chétif, n’en manquant pas un bout, se rassasiant de ce qu’elle voyait. Tout était emmagasiné dans sa mémoire désormais. Il ne lui restait plus qu’à lancer son corps en action pour que les actions soient répétées. Ce qu’elle fit. À son tour, son assaut fut de dos, lentement, permettant à Atios de parer son coup. Ses frappes atteignirent la garde d’Atios avec la même précision que celle du jeune homme, faisant mouche à chaque fois, essayant de passer outre sa garde qui tenait bon malgré tout.

- Ne pas voir uniquement avec ses yeux… Comprendre et connaître le monde… Te comprendre… Pour anticiper.

La demoiselle faisait la synthèse de cette leçon qu’elle avait du mal à assimiler. Ne pas se limiter uniquement à la vue. Ouvrir son esprit à tous ses sens. Cinq au total. Cinq qu’elle méconnaissait et méprenait, ne reportant son attention que sur la vue. Les yeux étaient essentiels à son domaine divinatoire mais elle devait écouter Atios. Rien qu’une fois. Elle avait beaucoup à apprendre de lui, elle en avait l’intuition depuis leur première rencontre. Alors, pour la première fois, peut-être devrait-elle faire entièrement confiance à quelqu’un ? Au moins le temps de cette joute dans les bains. À quoi bon cracher sur quelqu’un donnant de son temps pour elle ? Même si la personne en question possède un ego surdimensionné et est un poil orgueilleux ; elle devait saisir cette chance. Cela ne se représenterait pas deux fois.

La Russe ferma les yeux, se coupant de la vue, laissant son corps agir par automatisme. Les gestes d’Atios étaient déjà encrés dans son cerveau et par conséquent dans son corps, elle laissant le soin à ce dernier de répondre de lui-même pour porter les frappes précédentes. Ne pas compter uniquement sur ses yeux. Percevoir le monde tel qu’il était réellement. Percevoir Atios tel qu’il pourrait lui apparaître.
Ses frappes continuaient d’être exécutées, précises. La renégate se concentrait sur son ouïe, n’ayant plus la vue pour la brider et l’entraver dans ce cours improvisé de combat. Un entraînement comme elle n’en avait jamais connu. Les coups de son partenaire sifflaient près de son oreille. Chacun de ses gestes était élégant, fin mais quelque chose clochait. Une brutalité émanait de ses poings, une brutalité difficile à discerner. Une force nouvelle semblait insuffler en lui, prendre possession de son corps. Non. Cette force avait toujours été là. Sous ses yeux. Elle comprenait mieux, du moins lui semblait-il, l’avantage dont Atios lui avait parlé à peine son coup de pied lancé en direction de son ventre.

- Qui es-tu ?

La question était crachée, un dernier coup paré, ses yeux ouverts. La renégate battit des paupières, ayant l’impression d’émerger d’un long sommeil. Elle avait eu le sentiment d’être ici et ailleurs à la fois pendant son petit exercice. Elle n’avait pas bougé. Elle n’avait pas changé. Elle était toujours la même. À la différence près qu’elle avait perçu quelque chose de différent chez Atios. Le doute était semé dans son esprit. À qui avait-elle affaire ? Atios Kurokami, sans nul doute. Ses titres, elle ne les connaissait pas tous. Ancien souverain, ex-Mister Deus, membre du conseil ayant fui ses obligations, âme charitable et naïve… Quoi d’autre ?

- Cette énergie… ton énergie, elle était si… si… Ah, tu m’énerves !

La pauvre enfant n’arrivait pas à mettre un mot sur ce qu’elle avait ressenti. Une énergie écrasante, puissante, l’ayant mise mal à l’aise l’espace d’un instant. Elle ne reconnaissait plus là le Kurokami si frêle et fin qui lui avait sauvé la vie. C’était toujours le même corps, certes. Mais quelque chose se cachait sous ses traits. Quelque chose dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence si elle s’était arrêtée à ce qu’elle voyait en surface, négligeant les conseils du roi déchu.

Lyra n’était plus en mouvement, se contentant d’interroger du regard son partenaire de combat. Elle s’assit sur le bord des bains, seules ses jambes trempaient encore dans l’eau chaude. Pas de réponses à ses questions, pas d’entraînement. Cela ferait davantage de tort à Lyra qu’à Atios, il est vrai. Mais tout cela avait attisé la curiosité de la brune, qui cherchait à en savoir davantage sur lui désormais. À percer le mystère qui l’enveloppait à la manière d’un halo de lumière dont il ne se défaisait jamais.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Lun 9 Déc 2013 - 13:52
Qui était-il ? Pour certains, un jeune homme impétueux, orgueilleux, prétentieux...
Pour d'autres, un jeune homme en quête de pouvoir à n'importe quel prix.
Pour une demoiselle, un psychopathe ayant abusé psychologiquement d'elle.
Pour Lyra, une énigme.
Pour le conseil ? Un allié dont il fallait se méfier.
Pour l'académie ? Un mystère à la fois admiré et méprisé.
Pour les renégats ? Un ennemi à la fois redouté et vilipendé.
Et pour Deus ? Et pour lui-même ?

Pour Deus, il était un champion de la lumière. Un symbole d'espoir et de courage, de force et de lumière. Mais autant dire que la vie de symbole était dur.

Une destinée ? Peut-être, sûrement même. Mais dans ce cas, elle l'entraînait dans une spirale de conflit et de souffrances, où l'amour, l'amitié, l'admiration, la méfiance, étaient autant d'épreuves qu'il devait affronté.

Et pour lui ? Qui était-il ?

Simplement Atios.

Alors, la question de Lyra fut à la fois attendue et surprenante. Que répondre à ça ?

« Honnêtement, je ne peux pas vraiment te répondre. »

Le jeune homme fit une pause dans sa garde. Elle était décidée à ne plus se défendre tant qu'elle n'aurait pas eu assez d'informations le concernant. Il s'approcha alors, pour aller s'asseoir à côté d'elle et regarder droit devant lui, les coudes posées sur les genoux, le visage dans ses mains.

« Simplement Atios ne te suffira pas, n'est-ce pas ? »

C'était con comme question, qu'on soit bien d'accord. Mais après tout ? Autant essayer. Et puis, autant continuer d'essayer de se définir soi-même.

« Je pense que je devrais arrêter de vouloir me refléter dans le regard des autres. De vouloir répondre aux attentes de l'académie, d'une petite-amie ou du conseil. C'est pourquoi, si je devrais te répondre franchement, je dirais que je suis simplement Atios. Après, si tu veux tout savoir, il semblerait que Deus compte sur moi pour rapporter l'ordre et la paix, la justice, et tout ça. Autant dire que par définition, je suis fichu. »

Un objectif infini et bien trop compliqué à atteindre. Un peu comme si il avait été fait prisonnier de l'éternité par son "supérieur". Atios parlait d'un ton un peu faible et pas désagréable ou prétentieux. Plus comme quelqu'un qui exposait sa lassitude face à une tâche énorme. Oui, il avait eu et se mettait beaucoup de pression. Il avait beaucoup à apprendre, beaucoup à faire. Mais il était actuellement incapable de quoi que ce soit.

« Tu vois, je suis donc censé réussir à sauver ennemis, amis, humains. Je ne sais pas comment je dois m'y prendre. Et pour ce qui est de mon passé, si tu veux une bibliographie complète, par contre, ça ne sera pas ce soir. Ou pas ici. »

Donc, que fallait-il faire, s'il ne pouvait rien faire de plus pour le moment ? Se détendre. Ou du moins réussir à se calmer. Et ça, ce n'était pas une mince affaire. Derrière son masque calme, la brutalité que Lyra avait ressentie faisait écho à une tension qui parcourait en permanence son corps et qui l'étouffait. Le poids des responsabilités, de l'écrasante destinée. Il fallait qu'il respire. Et Lyra était une de ces poches d'airs qui lui permettait d'échapper un peu à tout ce qu'il y avait d'écrasant dans sa vie actuelle.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Sam 28 Déc 2013 - 19:30

Elle n’était pas plus avancée qu’au départ. Quelle idée avait-elle eu de vouloir connaître qui était réellement Atios ? Qui ou quoi ? Tout était toujours plus flou, elle ne s’y retrouvait pas davantage. Elle attrapa le poignet d’Atios, l’entraînant avec elle dans le bassin. Cela faisait trop longtemps qu’ils étaient hors de l’eau, trop longtemps à son goût.

- Tu parles trop, Kurokami ! s’amusa-t-elle tout en le tirant vers la source d’eau chaude.

Dire qu’elle pataugeait dans l’eau avec un ennemi. Pitoyable. A-t-on idée de rigoler ainsi en compagnie d’un membre du conseil ? Elle riait bien avec Lev, son frère, alors pourquoi pas avec Atios, celui qui l’avait tirée des Soviétiques ? C’était étrange, certes. Mais Lyra, cela n’avait pas l’air de la déranger énormément.  
Elle plongea la main dans l’eau, éclaboussant le brun. On aurait dit deux gamins insouciants.

- Tu l’sais, ça, qu’ta mission est vouée à l’échec, non ? Alors pourquoi tu continues, pourquoi tu t’obstines à vouloir sauver tout l’monde alors que c’est pas possible ?

À croire qu’elle n’en avait pas fini avec son interrogatoire improvisé au milieu de l’eau. Du grand n’importe quoi. Elle parlementait avec Atios Kurokami, oubliant qui il était. Au fond, pour elle, cela n’avait aucune réelle importance. Il était ce chevalier naïf, un peu trop, qui lui changeait les idées et lui faisait oublier l’espace d’un instant sa position de renégate. Ce n’était pas ainsi avec tous les membres du conseil. Entre son frère qui lui rappelait en permanence qu’ils étaient dans deux camps opposés et les autres dont elle n’avait cure mais qui n’hésiteraient sans nul doute pas à lui planter une flèche dans le cœur, il était évident qu’elle préférait passer une soirée comme celle-ci en compagnie du Roi Arthur.

- Ce s’rait pas plus simple d’envoyer tout valser, de dire merde à Deus pour pouvoir enfin mener comme tu veux cette nouvelle vie ?

Vile vipère ! Est-il normal de le tenter, lui, un chevalier, un roi, un membre du conseil, de tout abandonner, de fuir comme un lâche, juste car cela devient trop difficile ? Une pratique bien réputée chez cette Vilkas, encore plus chez les renégats. Ce n’était pas pour rien que la Russe avait trouvé sa place au sein de la guilde noire, plutôt que d’essayer de se racheter une conduite en tant que repentie. Il était bien plus facile de trahir et d’espérer que tout lui serait donné, acquis, en tant que renégate, plutôt que de vouloir se racheter à l’académie. Entre la solution de facilité et l’autre, plus difficile mais plus payante, la brune n’avait pas hésité un seul instant.
Mais tout le monde n’est pas comme toi, fille !

- Pis merde, si t’es con, j’peux rien y faire.

Il n’y a là aucune connerie de sa part, malheureusement ! Il serait grand temps d’élargir le vocabulaire de cette satanée Russe, pour qu’elle finisse par appeler un chat un chat ! N’est-ce pas justement à cause de sa « connerie », comme elle a su si bien le dire, qu’elle avait échappé à ces maudits Soviétiques ? Il faut croire qu’il n’y a rien à tirer d’elle, qu’elle ne changera jamais. Mais, tant qu’il reste un peu d’espoir, rien n’est fini, il suffit juste d’y croire, croire que tout pourra changer, les choses comme Lyra, n’est-ce pas ?
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Sam 15 Fév 2014 - 19:07
Lorsqu'elle lui attrapa le poignet, il se laissa faire. La lumière autour de lui forma une nouvelle fois une tenue différente, moins ridicule et adaptée aux sources thermales. Ils se retrouvèrent très proches, mais Lyra se cachait derrière son insouciance pour ne pas réfléchir aux choses graves, plus adultes, qui les auraient pourtant normalement séparés et qui les auraient empêchés d'être proche, comme ils l'étaient en cet instant, en secret, loin du conflit entre renégats et les défenseurs de Deus.Elle semblait ne pas en avoir su plus le concernant, elle était toujours plus confuse à son sujet et finit par le traiter de con. Atios sourit, franc. Le sourire franc qui lui valait l'attirance de nombreuses demoiselles. Le sourire franc qui mettait en valeur ses lèvres, rosées, un peu abîmée par la sécheresse et et sa nervosité, qui n'en restaient pas moins pour autant, attirante. Bien sûr, il fallait être logique : Lyra était trop insouciante et pas assez mature pour le voir comme ça. Aussi, il paraissait qu'elle préférait les demoiselles aux damoiseaux. Sans pour autant perdre d'aplomb dans cette ambiance ambigüe et illogique entre deux amis aux camps opposés, il dit alors, d'une voix propre à lui, qui portait fort et pleine de malice :

« Si tu veux en savoir plus sur moi, c'est aussi à toi à chercher et à m'en faire dire plus, à en découvrir plus, Lyra. »

Voilà qui était clair : si quiconque voulait le connaître, il fallait effectivement l'approcher. Mais n'était-ce pas comme ça que l'on apprenait à connaître les gens autours de nous ? En étant proche d'eux ? En vivant avec eux ? Pour autant, la phrase ici était clairement pourvue d'un double sens qui surfait sur la chevalerie dans un mélange à la fois pétillant et innovant. Indigne d'un chevalier ? Non, pas vraiment. Il restait honorable. Mais il déclarait sa volonté que Lyra le découvre un peu plus. Pour autant, personne ne l'aurait compris comme ça et cela le fit sourire d'avantage, amusé. L'avait-elle remarquée ? Elle l'avait approchée de lui, par le poignet et sans bouger, ils étaient toujours très proches, du début à la fin. La frêle musculature et toute la grandeur du jeune homme dominait l'intrépide et la gracile Lyra Vilkas, qui était loin d'être une des filles les moines jolies de l'académie. Mais elle ne devait jamais avoir su se regarder comme ça. Son passé était complexe, de ce qu'il avait compris. Elle n'était pas une fille normale et c'est pour ça qu'elle portait tout ces actes de rébellions. Elle cherchait juste sa place dans ce monde. Et à vivre sa vie comme elle l'entendait. Cette recherche l'empêchait de voir l'importance de certaines choses autours d'elle. En somme, cette insouciance extrême était née d'une douleur qu'elle avait occultée au plus profond d'elle-même par manque d'alternatives.

« Si, ça serait plus simple de tout plaquer. Et si tu regardes bien, je plaques le règlement de l'académie et les convenances en ce moment même, en étant avec toi, ici. Mais je ne rejette pas ce qui est important pour moi. Je sais que ma mission est pour le moment, une lutte impossible à remplir seul. Et si je n'ai pas de solution à ce problème pour le moment, c'est que ce n'est pas encore le moment de le résoudre, pas qu'il n'y a pas de solution. »

Que voulait-il dire par là ? Où voulait-il en venir ? La suite logique, c'était bien de dire qu'en fait, la philosophie de Lyra était la sienne et que c'était pour ça qu'ils étaient ensemble en ce moment même. C'est juste qu'elle avait choisie de fuir chez les renégats. Lui, il avait choisi de rester avec l'académie, parce qu'il fallait bien quelqu'un, au moins dans les ombres, pour la soutenir. Lyra se sentait plus en sécurité avec les renégats peut-être. Ou plus à l'aise. Il ne la jugerais pas sur ça. Il la jugerait plutôt sur des actes contraire à son code d'honneur. Finalement, c'est lui qui s'empara du poignet de Lyra et l'amena encore plus près de lui, pour la regarder droit dans les yeux, souriant d'un air profondément charmeur (et donc provocateur, pour Lyra), d'un regard bien trop enjôleur pour que la cible de l'intense regard comprenne ce qu'il signifiait. Ses lèvres rosées, appétissantes, exhaler un souffle chaud de la même façon que leurs nez et leurs narines, proches les uns des autres, échangeaient le souffle de leur vie dans un moment qui était devenue graduellement de plus en plus intense, lui aussi.

« Oui, ça serait plus simple de fuir et de faire ce que je veux. Mais si tu regardes bien, je fais déjà ce que je veux. Ma décision de te sauver, le fait est que je me refuse à t'attaquer à vue ; je me substitue à cette guerre entre adolescent mal éduqués et des directeurs malhabiles. Son ton était sûr de lui et lui voudrait sûrement l'ire de beaucoup, s'ils l'avaient entendus. Je me substitue à ce conseil dont j'aurai dû prendre le contrôle tant que je le pouvais, à l'époque. .Je me substitue à tout car je suis le bras armé de Deus et c'est tout ce qu'il me faut pour choisir ce qui est juste. N'en déplaise aux autres si ils pensent que j'ai tort, je ferais ce que je pense être juste et ce que je veux, tant que je le veux. Atios finit par faire une pause, pour mieux conclure de sa verve douce et puissante : une toute dernière preuve ? »

Tirant le bras de Lyra un peu plus en arrière, il la pencha dans ce même mouvement, un peu plus en arrière et lui vola un baiser que seul les princes et les jeunes hommes les plus doués dans une discipline inconnue de Lyra (la noblesse) et qu'il prit le temps d'apprécier avant de conclure, amusé de sa propre audace :

« J'adore vraiment tes lèvres. Si j'étais une fille, tu voudrais de moi ? »
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Jeu 27 Fév 2014 - 19:19
La tension était monté d’un cran. Il faisait chaud soudainement. Etait-ce seulement lié à ces sources thermales ? Le duo ne cessait de se rapprocher. Et loin de mettre Lyra mal à l’aise, cela la faisait sourire. Sauf qu’elle ne contrôlait plus la situation, elle en avait bien conscience. Atios menait la danse. Difficile de savoir si ce comportement était bien celui d’un roi. Ni celui d’un chevalier. Son attitude lui donnait plutôt l’impression de se trouver face à un légionnaire. Elle ne savait pas pourquoi, d’ailleurs. Mais de roi et de chevalier, il n’en avait pas la carrure. Si ce garçon préférait se cacher derrière celui qu’il était autrefois, c’était bien son problème. Lyra ne voulait pas de ça. Mais de quoi voulait-elle donc ? Ah comme si le monde n’était pas déjà trop plein de niaiseux, il fallait que deux noms de plus s’ajoute à la liste déjà bien longue.

La renégate entendait tout cela. Elle entendait très bien jusqu’au baiser coquin du membre du conseil. Ah mon salaud ! Est-ce une vie, ça, que de glaner des baisers aux princesses sans défense ? Une première fois en Russie. Une seconde fois à l’académie. Et la prochaine fois, où ça ? À la guilde noire ? Non. Pour la bonne raison qu’il n’y aura pas de prochaine fois.

- T’as rien d’autre à foutre que d’passer ta vie à m’embrasser ?

Ah mais que veux-tu ma belle, embrasser les jolies filles semble être le passe-temps favori d’Atios Kurokami ! Inutile de nommer toutes ses conquêtes, il y en a qui feront ça bien mieux que moi.

- Pis tu sors ça d’où que j’suis goudou, d’abord ? T’es vraiment con quand tu t’y mets !

Double offense. Le baiser et sous-entendre que mademoiselle est lesbienne. Le misérable n’a pas totalement tort, même si Lyra ne semble pas se l’avouer. N’était-ce pas elle qui l’hiver dernier avait posé ses lèvres sur celles d’Aurelly ? N’était-ce pas encore elle qui avait terminé dans le lit de Tanya cet été ? Après avoir descendu un nombre incalculable de bouteilles de vodka, bien sûr. Mais cela n’excuse rien. Pas totalement. Freud dirait… Puis merde, Freud n’est pas là. Le psychanalyste, pas le poney.

Toujours est-il que rien n’était écrit sur son front quant à sa préférence – légère – pour les femmes. Le porteur d’Excalibur devait juste trouver étrange que la demoiselle n’ait toujours pas succombé à son charme. Il ne devait pas avoir l’habitude, lui, Mister Deus, capable de gagner n’importe quel concours de popularité et d’avoir toutes les filles qu’il souhaitait à ses pieds. Mais pas Lyra Vilkas. Pas elle. Oh l’insoumise.
Lyra se dégagea – enfin ! – de son étreinte. Elle n’allait pas passer sa vie près de lui, non plus. Mais s’éloigner, ce n’était pas assez. Pourquoi ne pas lui faire manger une salade de phalanges une nouvelle fois ? Non, c’était surfait. Alors quoi, ne rien faire ? Rester stoïque, comme ça ? Tss ! C’est d’un ennui.

- T’aurais des seins et un vagin ça changerait rien parce que…

Parce que la seule personne à qui elle témoigne un minimum d’intérêt se nomme Tanya Siankov et non pas Atios Kurokami, fille ou pas fille. Elle commençait tout juste à le comprendre. Aurelly d’abord et Tanya maintenant… Sa résurrection l’avait bien changée. Et dire qu’autrefois, elle préférait les garçons et en avait pleinement conscience. Rien d’anormal aussi. Il y avait de quoi être effrayée à virer doucement lesbienne. Ce n’était pas chose facile à assumer. Ni même à se l’avouer.

- Tu m'emmerdes, Kurokami.

Ça ne change pas de d’habitude, à vrai dire. D’autant plus qu’il en s’en doutait un minimum, le bougre. Importuner une demoiselle de la sorte ! Il aurait été malgré tout bien aise qu’elle réagisse en lui faisant subir mille tourments. Non pas un nez cassé, c’était surfait. Ni même en l’insultant – même si elle ne faisait que cela depuis tout à l’heure, autant ne rien dire – mais peut-être en le noyant ? Noyer un dragon. Quelle idée machiavélique. Mais non. Elle ne faisait rien. Et c’était bien dommage. Bien triste.

Il l’ennuie mais elle reste toujours malgré tout. Pourtant, rien ne la retient. Elle pourrait très bien repartir comme elle était venue, son familier sur ses talons. Mais rien. Il faut croire que le damoiseau ne la gêne pas tant que ça. Ah quelle fille compliquée !

- Mais dis-moi m’sieur l’queutard, toi qu’arrêtes pas d’me répéter que tu veux m’sauver et tout ça… Tu vas faire quoi concrètement ? C’est bien joli les mots mais ça mène à rien. Alors ? Tu vas m’enchaîner avec toi d’force pour plus que j’remette les pieds à la guilde noire ? Ou juste m’suivre jusque là-bas pour vérifier que j’fais pas n’importe quoi ?

Est-il vraiment nécessaire de l’insulter à chaque fois qu’elle s’adresse à lui ? Ce n’est pas sa faute, au légionnaire, s’il déchaîne de telles passions chez Lyra, de telles marques d’affection – n’utilisons pas le mot qui rime avec humour – chez elle.

Peut-être ne ferait-il rien de tout cela. Ce qui aurait de quoi la soulager. Si solution il y a, alors elle viendra en temps et en heure. Mais a-t-elle seulement envie d’être sauvée ? Sauvée de quoi, d’ailleurs ? Quel mal y a-t-il à préférer être sous l’autorité d’un cinglé souhaitant renverser le monde et verser du sang jour et nuit plutôt qu’à œuvrer sous les ordres de l’académie en tant que simple archiviste repentie ?
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Ven 28 Fév 2014 - 19:31
« Je sais pas ce qui est le pire, assumer d'aimer les femmes, ou de ne pas le faire, Lyra. »

Et ça, c'était fait. Il n'avait pas eu besoin d'aller chercher très loin sa répartie, car ... « Tu sais, le seul chevalier qui s'est amusé à faire vœu de chasteté s'est tapé ma femme de l'époque. » Sous-entendu ; ne pas s'assumer, c'était notamment en arriver là. C-c-c-combo. « Quant à te sauver, qui sait ? Sauver quelqu'un qui passe sa vie à gueuler et à se rebeller, c'est compliqué, je l'admets. Mais au moins, ça m'amuse de voir à quel point tu aimes qu'on s'emmerde mutuellement. » Légionnaire ? Très peu pour lui ; jusqu'à preuve du contraire (et jusqu'au décret le lui permettant), Atios ne porterait pas de jupette. Par contre, là, si Arthur se tenait le visage, déconcerté devant la verve certaine, bien que moderne et d'autant plus vulgaire - il fallait s'adapter au niveau de celle qui lui faisait face, de toute manière - avait cependant son charme. Et le jeune homme ne perdait pas sa contenance, au contraire, en bon prince, son sourire charmeur n'en avait que plus d'éclat ; l'éclat provocateur des beaux bijoux que l'on se refuse d'acheter, de peur de commettre un péché.

« Quant au fait d'être ou non un homme à femmes, sache que je n'ai pas encore trompé qui que ce soit. Et je suis sûr que nous sommes à égalité sur ce point, sauf que moi j'avais quand même une relation sincère. Peux-tu simplement prétendre avoir eu une quelconque relation stable avec qui que ce soit ? Lev ? » Son sourire se fit encore plus beau et cruel. Parce qu'il allait piquer là où ça faisait mal. L'Estocade serait sévère.

« Peu importe le passé commun que j'ignore, je suis certain qu'au vu des passions que tu déchaînes, c'est aussi instable que d'un château de carte. En fait, bien contre ton gré, ta relation la plus stable jusqu'au aujourd'hui, c'est peut-être la notre. Qu'elle soit amicale, rivale ou tendue, dominée, dominante, jusqu'à aujourd'hui, je suis l'un des rares à ne pas t'avoir menacé. Je me trompe ? »

Atios perdit son sourire et fit un regard bien plus sérieux. Il l'emmerdait ? Bien sûr qu'il l'emmerdait, parce qu'au final...

« Bien sûr que je t'emmerde. Parce que je suis l'une des rares personnes qui refuse de t'abandonner. Et le comble, c'est que j'ai rien à gagner. Pas même à coucher avec toi ; tu le penses non ? Je suis un queutard et un garçon populaire. Des filles qui en pincent pour moi, y en a eu, y en a et y en aura encore. Alors pourquoi je me ferais chier à t'épargner quand on sait tous les deux que je pourrais te traîner de force au conseil ? Ou même te faire capturer ? »

Atios soupira d'un air supérieur. Lyra était typiquement humaine et ça, il allait lui faire comprendre. Quitte à lui faire une ultime crise de nerf ou à la perdre. De toute manière, elle n'était qu'une personne de plus dans un monde où Atios se battait seul. Même si elle l'amusait, on ne peut éternellement jouer avec le même jouet sans qu'il ne finisse par s'abimer. Et si il voulait sauver Lyra d'elle-même, il allait devoir la remettre une bonne fois pour toute à sa place. Le jeune homme plaça une main devant son visage et fixa d'un œil Lyra. Il baissa lentement sa main en écartant une mèche mouillée alors que sa détermination se lisait de plus en fortement.

« Tu es une lâche, Lyra. Tu n'es juste pas foutue d'assumer ce que tu es. Tu n'es pas fichue d'assumer tes défauts. Tu veux te venger des hommes qui t'ont fait souffrir ? C'est tellement surfait, la moitié des gens qui rejoignent les renégats le font au nom d'une pseudo-vengeance issue d'une crise d'adolescence complètement ridicule. Et tu en es un bon exemple. Un bon exemple d'égocentrisme, d'égoïsme et de stupidité rationnelle. On t'a fait souffrir ? T'aurais préféré qu'on t'évite ça, non ? Pourtant tu t'empêche pas de faire comme eux et le pire, c'est que tu t'assumes même pas dans ta malfaisance. Et tu sais pourquoi ? »

Atios s'avança et plaça sa main là où le cœur de Lyra battait.

« Avant d'être une divinité, tu as été une pauvre humaine qui a vécu l'enfer. Aujourd'hui, tu as des pouvoirs, mais c'est bien la seule différence avec l'objet de ta haine. Et c'est pitoyable, parce qu'au final, tu fuis les gens qui veulent t'aider, tu les repousses alors que tout ce que tu demandes, c'est qu'on te sauve de toi-même. De la personne que tu détestes le plus. Et le pire, c'est que cette personne que tu détestes, elle est pas seule. Et elle a rencontré des gens qui ont survécu à l'enfer mais qui ne se sont pas complu dans sa putrescence. »

Et comme pour finir son apologie en beauté, à la gloire de son affection pour Lyra par l'instrument de son charisme, il déposa un baiser sur la joue de la demoiselle et lui dit alors :

« Tu n'as pas attiré mon attention parce que tu étais plus intéressante que la moyenne. Tu étais là au bon moment sur ma route et j'ai eu pitié de la pauvre humaine qui voulait jouer à la grande devant moi. Surtout. Tu as un joli minois et tu m'amuses beaucoup, à nier l'évidence de ta propre existence. Qu'est-ce que je disais tout à l'heure ? Ah oui; je ne sais pas ce qui est le pire entre assumer qu'on aime les filles, ou ne pas l'assumer... »

Atios s'éloigna alors en soupirant une fois de plus et de se plonger dans l'eau, avant de se remettre à la fixer et lui dire :

« Maintenant, tu peux te barrer en me traitant de sale con, de queutard ou d'imbécile, ou tu peux profiter de ma présence. Quant au fait ou non que tu me plaises, saches que tu n'es pas la seule, que je ne compte pas nourrir de sentiments pour une fille avant un moment et que si j'ai une réputation de pute dans toute l'école, ça ne me dérange pas. Avec tout ce que je me tape déjà, juste à cause de l'époque d'où vient Arthur, je suis plus à ça prêt, tu sais. »

Atios s'étira comme de rien n'était et la regarda, avant de rajouter, jovial, comme si toutes les horreurs qu'il avait pu dire étaient sorties de la bouche d'une autre personne :

« Mais si tu veux qu'on couche ensemble, je suis toujours d'accord. »
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Lun 3 Mar 2014 - 19:11
Voilà longtemps que quelqu’un ne l’avait pas rembarrée de la sorte. Longtemps ? Jamais serait plus exact. Avec Lev qui jouait les frères poule mais qui ne comprenait pas que ce n’était pas là la meilleure attitude à avoir avec sa sœur, la demoiselle n’avait pas l’habitude qu’on lui parle de la sorte. Toujours en train de jouer les grandes dans ce monde qui la dépassait et voilà qu’elle tombait sur Atios qui lui balançait ses quatre vérités, comme ça, brutalement, sans préambule. Non, elle ne s’y attendait pas, à ça. Mais il fallait bien que cela finisse par arriver un jour, non ?

- Laisse Lev en dehors de ça, l’a rien à faire dans c’t’histoire ! T’es qui pour juger d’ma relation avec Lev, d’abord ? T’en sais rien d’ma relation avec lui ! Et si à moi ça m’convient, t’y as pas pensé à ça ?

Vrai que s’engueuler à chacune de ses retrouvailles avec le démon, il y avait de quoi séduire. À quand remontait la dernière fois qu’ils s’étaient parlés, vraiment parlés, dans le blanc des yeux, sans hurler, sans élever le ton, sans s’insulter ? Cela devait dater du temps où ils étaient encore vivants, un temps qui leur faisait défaut désormais.

- T’es pas ma relation la plus stable, arrête de t’prendre pour l’centre du monde ! s’énerva-t-elle, y en a d’autres des gens qui me plaquent pas un couteau sur l’cou alors qu’ils savent très bien que j’suis une renégate ! Va chier si tu veux des noms, merde ! J’ai pas à m’justifier d’vant toi !

Le bougre serait bien capable de la prendre au mot…

Des autres au courant de son statut de renégate ? Juste Akalie. Et on ne peut pas dire que leur amitié soit magnifique à observer. Bonjour, au revoir et cela s’arrêtait là. Mais au moins ne l’avait-elle pas jugé quand elle avait appris la nouvelle. C’était déjà ça. Ce qui n’était pas le cas de Lev. Tout la ramenait toujours à son frère… Cette saloperie ! À croire que Lev, totalement absent, va finir par prendre plus cher qu’Atios qui ne mâche pas ses mots… Ah là là.

- Bien sûr que j’suis une lâche, j’assume p’têt pas l’reste, mais ça oui ! J’l’ai toujours été et c’est pas pour toi ou n’importe qui que j’vais changer ça ! Tu veux quoi ? Que j’cours m’excuser ? Pardon m’sieur Atios d’être comme ça, j’cours changer d’avis, changer d’sang, changer d’cœur, changer d’monde, d’planète et d’univers ! Qu’est-ce que ça change ?

Là, dit comme ça, pas grand chose. S’excuser auprès d’Atios ne changera rien, ça non. C’est davantage auprès des victimes qu’elle devrait avoir ce genre de paroles. L’ironie en moins. Elle était la victime, devenue le bourreau et à son tour elle est à nouveau la victime. Cercle vicieux sans fin. Elle ne semble pas se rendre compte de la gravité de la situation. Déconner, cela va bien deux minutes. Mais vient un instant où il faut être sérieux. Alors oui, elle endurait les durs mots de Kurokami sans sourciller. Au fond, elle savait bien qu’il avait raison et qu’elle avait tort.

- Pis c’est bien joli de m’traiter d’lâche mais toi, toi tu vaux pas mieux qu’moi non plus ! Tu t’caches derrière ton conseil minable, tu t’cherches des excuses pour pas reprendre en main l’académie alors que tu rêves juste d’ta grandeur passée du temps où t’étais l’autre crétin qu’a sorti une épée d’un putain d’rocher ! Tu t’barres du jour au lendemain et tu t’étonnes que l’monde ait continué d’tourner sans toi !

Bon, ces deux-là ont bientôt fini de jouer aux gosses mal éduqués ou quoi ? Parce que oui, au bout d’un moment, ça agace ! Chamailleries de mômes, sérieusement… Ils ont passé l’âge, non ? Mais non, l’un provoque l’autre qui répond aussitôt ! Pitié…

- Ma haine est grande envers les autres, envers les humains, trop grande même pour moi ! Trop longtemps j’ai vécu dans l’ombre de ceux qu’ont détruit ma vie, alors dis-moi, on fait comment pour sortir d’la haine, toi qui sais tout, on fait comment ?

Apprendre à lire, écrire, penser et compter ne l’avait pas aidée à s’en extirper. Savoir penser pour transcender cette haine ? Pure foutaise. De son vivant, elle aurait bien été capable d’enrouler son corps de bâtons d’explosifs et de se laisser exploser au milieu de ceux qui avaient détruit sa vie. Mais maintenant, c’était autre chose. Maintenant, elle disposait de moyens pour réduire à néant la vie des humains et elle en profitait bien. Même si ce n’était pas une solution, cela lui suffisait.

La renégate porta sa paume sur la joue qui venait d’être marquée d’un baiser. Alors quoi ? Il lui balançait tout ça pour ensuite revenir vers elle, plus doux que jamais ? Elle ne comprendrait sans doute jamais ce garçon. Elle avait l’occasion de changer, d’avoir enfin un allié, quelqu’un sur qui compter, une relation stable pour de bon n’ayant rien à voir avec son frère. Quelqu’un capable de lui dire non, chose que personne n’avait su faire jusqu’à présent.

- Pourquoi c’est Lev mon frère, et pas toi, Kurokami ?

Parce que la vie est cruelle !
Frère adoptif, hum. Ces choses-là, cela peut toujours s’arranger.

- Alors on fait quoi ? On fait quoi ? On reste les bras croisés à discuter ? On attend ? On comprend ? Comprendre quoi ? On s’dit que c’sont juste des histoires entre crétins et qu’ça nous concernent pas alors qu’ce sont les nôtres, d’histoires ? Putain, Atios !

Faire quoi pour changer ? Belle démarche. Totalement démunie, aucune valeur pour se retrouver, juste Atios pour tenter de la guider. Chercher des valeurs simples, sentir le monde sans le connaître, sans rien savoir aussi. Ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Haïr le malheur pour se retrouver dans la misère. Détester la guerre pour se retrouver jetés dedans, obligés de la faire. Leur lot commun à tous, membres de l’académie et de la guilde noire. Un jeu d’imbéciles.

- C’pas parce que j’ai embrassé une fille l’hiver dernier et que j’me suis retrouvée dans le lit d’une autre que ça veut dire que j’les aime, murmura-t-elle, non !

Tout à fait, cela ne veut rien dire du tout. Juste un baiser, perdu sur des lèvres gelées et une nuit en compagnie de Tanya où ces deux-là n’avaient fait que dormir. Même si la Lyra totalement ivre aurait désiré bien plus… Sa vie privée, merde !

- Va vider tes couilles ailleurs, Kurokami !

Cela doit signifier non pour ce qui est de coucher avec lui. Enfin, tout le monde n’a pas fait du Vilkas en deuxième langue. Même si le message est assez clair, totalement limpide.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Mer 5 Mar 2014 - 18:11
Atios écouta sans sourciller la réplique. Si une métaphore aurait pu résumer le jeune homme et ce qu'il venait de faire, ce serait un démolisseur ayant actionné de la dynamite... Tout ça pour pour entendre l'explosion en chaine du gaz de la mine qui venait de s'effondrer. Mais la tension dans cette pièce était désormais à son comble. Si elle était précédemment retombé, la remise en place de Lyra avait sévèrement remis en cause la retombée. Au contraire, désormais, qu'elle soit bonne ou mauvaise, la passion et les émotions qui s'exprimaient dans cette scène atteignait des sommets ; le volcan exultait avec force désormais, alors que les plaques s'entrechoquaient, provoquant des remous dans la pièce. Remous métaphoriques, néanmoins. Et là où la scène devenait d'autant plus forte, c'est que la réponse de Lyra atteint Atios en plein cœur. Lui fit-elle mal ? Absolument pas. Mais elle le toucha. Encore cette saloperie de schizophrénie de son âme. Une part de lui était humaine. Une autre non. Et celle-ci, intouchable, venait de constater à quel point deux humains pouvaient mutuellement s'atteindre de par leur détresse. Elle était là, à se livrer à lui, de tout son être. Lyra se confiait à la personne qui venait de découper dans le sens de la hauteur, le masque d'immaturité qu'elle se paraît pour se protéger du monde extérieur et pour protéger ses douleurs de celui-ci. Atios se releva alors, brusquement, hors de l'eau pour lui faire face. Son regard était devenu alors, mué d'une sorte de détermination et de force, ni réprobatrice, ni approbatrice. Il était juste... Sérieux. Quelque chose d'unique se déroulait entre eux, ce soir et de ce fait, il n'était pas du genre à faire comme si de rien n'était après avoir déclencher la détonation... Non, il irait jusqu'au bout. Sa voix, contrastant avec la force de son regard, était au contraire, bien plus faible. Comme une murmure qui retentissait avec la force d'une percussion dans toute la pièce.

« Bien sûr que ça te convient. C'est plus facile que de risquer que de souffrir en étant honnête .. »

Atios fit un pas ou deux, en écoutant la prochaine furieuse vague de chaleur et d'exaspération blessée que lui enverrait Lyra.

« Bien sûr qu'il y en a d'autres que moi qui t'acceptent comme tu es.. La preuve en es, lâche ou pas, des gens t'acceptent sans qu'il ne soit nécessaire de changer pour que tu nous plaises ou que nous t'acceptons .. »

Quant à ce qu'elle lui reprochait, elle n'aurait pas pu plus mal tomber. Ses paroles glissèrent sur le jeune Homme comme si elle n'avait pas pu être plus imprécise. Oui, elles n'étaient que les gesticulations d'une pauvre créature blessée, aveuglée par la douleur. Atios sourit, avec tellement d'ironie dans le regard qu'il en atteint un nouveau palier du mot de la magnificence. Oui, il était beau, avec son sourire amusé...

« Bien sûr que j'ai mes torts. Et non, ce n'est pas par lâcheté que j'ai quitté l'académie ou que j'y suis retourné. Toi, tu cherches à te protéger... Moi je cherche plus simplement à être heureux. Oui, on est pareil dans la finalité, mais pas dans la méthode. »

Finalement, il parvint devant elle alors qu'elle lui demandait implicitement à la sortir du cercle de la haine où elle était enfermée. Et à nouveau, il la dominait de toute sa hauteur : en quelque sorte, ils dansaient une valse où elle le repoussait, le rappelait et lui, revenait. Et peut-être entrait-il à la fin de cet acte de leur vie ? Atios se mordit la langue.

« Et toi, pourquoi tu m'attires autant, Lyra ? Pourquoi je me suis senti attiré par quelqu'un comme toi ? Pourquoi je ne peux pas m'empêcher de défendre les autres ? Pourquoi je suis malheureux, quoi que je fasse ? Lyra, imagine que je sois ton frère ? De sang ou de fait ? Merde, ça voudrait dire que j'aurai envie de faire l'amour à ma sœur ! »

Et ça, c'était dit. Flash-back. Atios se souvint que Maya avait eu la même réflexion avec Atios... Un frère ou un amant ? Il avait fait l'amant. Parce qu'Atios n'était pas le frère de qui que ce soit, sauf d'un être humain, sur terre. Alors, le grand-frère de Lyra ? De Maya ? De qui que ce soit d'autres ? Non, c'était impossible qu'il devienne le grand-frère de Lyra. Le jeune homme, brûlant, se colla à nouveau à Lyra.

« Lyra, tu me fais chier, toi aussi.. Je t'aime comme tu es, je t'aime avec ta faiblesse et j'ai toujours été attiré par toi.. Que ce soit quand tout à l'heure, tu jouais avec moi en oubliant ta haine, ou que ce soit maintenant, alors que tu te livres à moi... »

Oh et puis merde, il se fichait des jugements d'autrui. Il se fichait d'autant plus être mal vu, désormais. Lyra était juste trop attirante. Il transpirait dans la tiédeur de l'atmosphère des bains. Son cœur battait à toute rompe. Il rougissait. Le jeune homme avait envie de Lyra, c'est tout. Et sa peur d'être rejeté était simplement... Disparue. La situation était telle que sa peur d'être rejeté était mise à mal.

« Lyra... Tu me saoules. Laisse-moi faire, maintenant.. T'imagine comment on a l'air stupide? Faisons ce qu'on a faire, disons merde à ta haine et moi à mon malheur... On s'en fiche, du reste du monde, pour le coup. On est juste là, l'un avec l'autre, l'un pour l'autre et personne ne peux en juger, personne ne peux nous le reprocher... On est libre... Y a pas à savoir d'où nous venons... On est ami, on est proche, on est ce qu'on est l'un avec l'autre parce que c'est vrai.. »

Le jeune homme réduit à néant le peu de distance qui les séparait. Le jeune homme embrassa alors Lyra en déposant ses mains là où il ne s'était jamais permis de le faire. Tâtonnant il se permit de déposer des caresses. Le regard du jeune homme était moins certain, mais pour autant, il ne se laissait pas abattre par tout ce qui se tramait autour de lui. Si elle devait le repousser, qu'il en soit ainsi. S'ils devaient coucher ensemble, qu'il en soit ainsi. La faisant lentement basculer en arrière, il soupira en frémissant...

« Lyra... Tu m'agaces... Tellement... Peu importe comment tu me vois ou tu nous vois, frère ou pas frère, sœur ou pas sœur, amour ou pas, je m'en moque. Laisse-moi nous forger un lien unique... »

Oui, contrairement à ce que l'on pouvait croire, Atios ne jetait pas son dévolu à l'aveuglette. Le jeune homme, au contraire, jetais celui-ci sur des personnes particulière, qui lui laissaient une impression particulière, qui l'attirait. Et la demoiselle sur laquelle il était désormais, était une de ces personnes. Doucement, ses mains, qui étaient désormais, libérée du peu de pudeur qui l'avait retenu par le passé, enlevèrent le peu de tissu qui les retenaient désormais. Si Lyra avait tellement voulu repousser le jeune homme, elle l'aurait fait depuis un moment, avec plus de calme. Mais ce jeu de fuite mutuel devait prendre fin... La renégate brune au corps fin et délicieux ; le prince de l'école, membre du conseil des élèves et bras armé de Deus, dans une nuit de passion.

« Merde, Lyra... Vu comment on se tourne autour depuis le début, on aurait peut-être dû commencer par là... Tant pis si tu me détestes ou si c'est moi qui vais me faire détester par d'autre, par la suite... J'en ai plus rien à foutre, de l'avis des autres.. Je suis pas parfait.. Mais je sais ce que je veux.. »

Et c'était elle. Seulement elle. Alors, en tant que garçon et Lyra, en tant que fille, le jeune homme savait ce qu'il lui restait à faire. La haine, c'était l'opposé de l'amour, mais pas son antithèse. La véritable antithèse de l'amour, c'était l'ignorance. Lyra avait beaucoup trop de haine pour avoir des relations normales avec les autres. Le jeune homme allait la dépasser, ce soir. Faisant disparaître les dernières barrières de textile qui les empêchaient de reproduire le pêché originel, le jeune homme au corps aussi fin que celui-ci de la demoiselle, la dominant de tout son corps dans un sensuel parallélisme...

« Je vais faire de mon mieux pour être doux... »

Et il scella le dérapage total de leur amitié ou de ce qui était censé être une amitié. Lentement, ils ne firent plus qu'un sous l'impulsion du jeune homme. Mais lire le Vilkas n'était pas aisé. Elle s'était clairement opposée à toutes ses avances, elle les avaient rejetés par la violence... Au final, si tout ce qu'elle disait était une façon de se couvrir, s'il fallait lire à l'envers tout ce qu'elle disait, avec ou sans maîtrise du Vilkas, le jeune homme avait décidé que son apprentissage linguistique passerait par la compréhension opposée de ce qu'elle venait de lui dire en dernier. Le jeune homme s'effondra sur la demoiselle après s'être insinué en elle... Ou plutôt, était-ce elle qui l'entourait, désormais ? Des frissons, des tremblements, tout le corps du jeune homme était en proie à la voluptueuse union, qualifiable au pire d'interdite, au mieux, de profondément contraire au crédo de leurs camps respectifs..

« Lyra... C'est... C'est étrange, c'est vraiment... Tu me fais... Me sentir bizarre.. »

Le jeune homme n'osait plus bouger. Son esprit était de plus en plus vide, alors que le jeune homme était littéralement en proie au plaisir physique que lui procurait la renégate. Atios serra dans ses bras la demoiselle en l'embrassant. Drôle de conclusion. Prévisible ? Peut-être. Originale ? Sûrement. Qui à la place d'Atios, aurait osé méprendre toute autorité en commettant ce que personne n'aurait accepté ? Que Deus les emporte sur l'instant, s'il justifiait que son avatar le trahissait. Pour autant, aucune foudre divine ne vint frapper les pêcheurs. Non, personne, pas même Lyra, n'aurait osé imaginer une telle conclusion. Ce serait leur secret, à eux. Rien qu'à eux. Leur relation, à eux. Leur drôle d'amitié. Et c'était bien comme ça, n'en déplaise au romantisme ou à la droiture hypocrite, faussement naïve de certains.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Ven 14 Mar 2014 - 20:20
Combien de temps avait-il fallu à Lev pour apprivoiser Lyra, la petite chèvre sauvage ? En plus de deux ans il n’avait pas fait grand chose.
Combien de temps avait-il fallu à Atios pour apprivoiser Lyra Vilkas ? En deux rencontres il avait fait bien plus que quiconque à ce jour.

Cœur contre cœur, corps contre corps, peau contre peau, leurs souffles se mêlaient pour ne faire plus qu’un. Difficile de savoir ce qui s’échangeait en cet instant. Amitié ? Une amitié pas banale, légèrement amère, sortant de l’ordinaire alors. De l’amour ? Ne pas employer ce mot, Lyra le craignait trop.
Dans la douceur de leurs amours, chacun consumait l’autre, rallumant son partenaire dès que l’air commençait à se rafraîchir. Comment alors empêcher un tel brasier de se dégager ? La chaleur ne cessait d’augmenter, au fil de leurs ébats avec pour seuls spectateurs la nuit et ses particuliers. Même s’il y avait voyeurisme par la seule présence des deux narrateurs mais merde, quoi ! Et Likho.

Elle qui se noyait en lui, lui qui s’enfonçait plus profondément encore en elle et eux deux qui se décharnaient. Atios ou son oxygène du moment. Sa nicotine. Celui qu’elle respirait, qu’elle avait dans la peau et dont l’odeur ne voulait pas la lâcher. Des effluves alléchantes qu’elle ne souhaitait pas quitter. La bouche du prince alla se perdre une dernière fois sur les lèvres de sa princesse d’un jour, celle qu’il avait fait sienne l’espace d’un temps. Mais on n’apprivoise pas un animal farouche, jamais.

- Bizarre ? Ça s’dit d’me sortir ça alors que t’es en train d’me baiser ? Pis ça veut dire quoi, ça, bizarre ?

Parce que oui, il ne fallait pas espérer que la demoiselle dise quelque chose d’appréciable, de poétique, du moins loin de son jargon habituel bien qu’elle était serrée contre le corps nu d’Atios, toute pudeur oubliée. Faut rien dire, faut pas rire, ça ne se fait pas.
Bizarre. Avouez que cet adjectif était dissonant, largué ainsi, comme une bombe ayant déjà explosé ! Bizarre. La renégate ignorait comment l’interpréter, ce mot, ce maudit mot qui lui faisait de l’œil depuis tout à l’heure !

- T’étais pas obligé d’être doux, c’pas comme si…

Pas comme si elle en était à son premier coup d’essai.
Pas comme si elle n’était pas tombée enceinte lors de sa vie d’humaine, avant de passer l’arme du côté du cœur.
Une vierge de moins qu’Atios n’aura pas. Quoi, il les lui faudrait toutes en plus de cela ? Peuh. Lyra était déjà souillée, déchirée, alors ce n’était pas cette fusion nocturne qui allait changer quoi que ce soit à son hymen déjà lacéré.

- Pas comme si toi et moi, ça représentait quoi que ce soit pour moi, lui balança-t-elle en plongeant son regard brun dans celui du porteur d’Excalibur, mais ça, tu l’sais déjà.

Ah ben s’il n’était pas au courant, au moins le message était-il clair, concis, net, passé !
Si leurs destins venaient se jouer alors ce n’était pas en terme d’amour. Autant ne laisser aucun espoir à ce jeune mâle. Atios, c’était celui qu’elle n’arrivait pas à ranger dans la moindre catégorie. Son amoureux ? Oh le vilain mot ! Un ami ? A-t-on l’habitude de s’envoyer en l’air avec ses amis ? Un autre frère ? Là, cela devient obscène. La Russe ne savait pas comment le définir, et ça, ça l’agaçait au plus haut point. Pour changer. Comme si le monde entier ne l’agaçait pas.
Kurokami, c’était un bon coup et c’était déjà bien assez.

Lyra restait serrée à Atios, bien sûr – structure tellement utilisée qu’on l’attendait encore - qu’elle aurait pu le planter là avec ses couilles vidées et rentrer à la guilde noire. Sauf qu’elle était bien auprès de lui. Un bien-être qu’elle n’avait pas ressenti depuis longtemps – jamais ? – pas même auprès de Lev. À mi-chemin entre la fraternité de son frère et les sentiments amoureux qu’elle pourrait avoir pour Tanya.
Ici ,c’était une bulle perdue entre deux mondes, un microcosme qui n’appartenait qu’à eux basé sur leur secret. Ce secret qu’elle garderait à jamais au fond de son cœur, il ne servait à rien d’ébruiter tel son, les rumeurs prennent trop vite vie. Ici, c’était une protection nouvelle qu’elle ne connaissait pas mais qui lui plaisait bien.

- Comment ça s’appelle quand tout semble parti en fumée, que tout paraît perdu, que tout est noir mais qu’une lumière s’lève au loin pour nous empêcher d’rester dans l’obscurité ?

Cela s’appelle le jour qui se lève ou, plus simplement, l’aurore.
C’est aussi bien de demander à Atios, il le sait mieux encore, lui.

Penser lire le Vilkas aussi facilement ? Ce serait bien vaniteux de réfléchir de la sorte. Le Vilkas, c’est un nombre infini de morphèmes et de phonèmes dont on n’aurait jamais pu soupçonner l’existence. C’est une phonétique non pas retranscrite à l’écrit mais orale. Le Vilkas, ça ne se lit pas et ça ne s’écrit pas ; ça s’interprète.
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Re: Retour par la porte de derrière ~ à la claire fontaine ~ - Sam 15 Mar 2014 - 0:44
« Tu changeras pas de langage même alors que c'est notre moment perso, hein ? M'enfin, j'imagine que c'est juste une question de temps avant que ce monde rien qu'à nous s'écroule. Ou alors, il ne s'écroulera pas. Et il restera tel qu'il est. Et oui, c'est bizarre, mais j'adore te baiser. »

Atios lâcha un léger rire. Sarcasme ? Non, complicité. Une question de temps, hein ? Oui.. Tout était relatif dans le temps. Pour les autres, ce moment n'existerait jamais ; et tant mieux peut-être. Parce que personne ne voulait savoir ça. Ni Lev ; donc de facto, ni Rain ; ni Maya, ni l'école, ni le conseil, ni la guilde Noire. Seul peut-être les humains hausseraient tranquillement les épaules. Mais après tout, on finirait bien par célébrer un mariage, après tout. Et Lyra aurait beau continuer de crier haut et fort que rien n'était spécial entre eux, c'était déjà trop tard. Ils pourraient se fuir l'un l'autre jusqu'à la fin de leurs seconde vie, ils s'étaient mutuellement marqués l'un l'autre l'espace de quelques moments d'extases. Une symphonie de soupirs pour l'écoulement de l'amour physique, dans une cacophonie de glissement, les êtres se mélangent et se goûtent mutuellement. Ils avaient vécu ce moment-là. Et tout comme chaque être vivant que l'on déguste, cette petite partie de jambe en l'air était déjà une des choses qui les forgeraient demain. Sois en heureuse, Tanya : si tu pourras déguster de la Vilkas, c'était parce que le prince de l'école était passé après toi là où tu n'aurais jamais voulu le voir passer.

Horreur ? Indécence ? Ce monde était ainsi fait. Collés contre Lyra, Atios se sent un peu moins vide. Il n'est qu'amas de sensations confuses, un mélanges d'effluves douces & sulfureuses, suaves et délicieuse ; Atios était un peu de Maya, il était aussi un peu de Lyra désormais. Tout comme Lyra conserverait en elle la trace d'un moment délicieux avec le prince de l'école, sa marque, délictueuse ou simplement délectable, comme une contravention pour tout les gens qui auraient jetés une pierre à ces êtres qui ne se laissaient pas faire, exultait d'une odeur douce d'acide sulfurique jetés à leur visage. Qu'importe si c'était bien ou si c'était mal. Pour le moment, ils s'en fichaient. Et le jeune homme était un peu le genre de prédateur pour ces demoiselles : son regard, son sourire, tout clamait qu'il était celui qui boufferait l'objet de ses désirs. Et ce soir, un soir qui ne serait peut-être pas simplement le premier (vu comment ils étaient parti dans le déni...), il avait fait de Lyra sienne. D'ailleurs, ce serait bien mal connaître la fougue d'Atios que de croire que ça s'arrêterait là.

Eh, qu'est-ce que vous croyez ? Quand on aime, on ne compte pas. Un alcoolique, il se boit deux bouteilles de vins avant de sombrer... Un tabagiste, il fume jusqu'à ce que la métastase l'achève ! Atios, lui, il dévore de façon gourmande, il bénit de plaisir sensuel, jusqu'à ce que son corps lui fasse comprendre que demain, il se réveillerait courbaturé, fatigué, tard dans la journée. Mais tout le monde n'est pas Atios. Et tout le monde ne sera pas à la place de Lyra.

Le jeune homme au sourire enjôleur, chasseur, joueur et carnassier s'amuse, déplace une de ses mèches et laisse courir ses doigts lentement sur le torse où il s'était adjoint l'espace de quelques minutes passées. Ses mains, fines, remontent et vont effleurer les différences de niveau du corps de sa tendre aimée de ce soir. Ses doigts s'enfoncent dans la douceur - à moins que ceux soit ceci qui soient douceur ? - où ils vont s'amuser à caresser l'objet de l'attention de nombreux mâle. Il exulte, il triomphe. C'est leur triomphe contre ce monde, ce soir ; elle le savourait comme elle voulait, lui profitait. Sa langue remonte, il goûte et soupire de plaisir, comme quand on découvre ou redécouvre les multiples sensations d'un délice dont avait été privé depuis des années. Il aurait pu ressembler à un bébé, il s'en fichait. Les bruits de succions font écho alors qu'il écoute sa bien-aimée qui lui rappelait qu'ils n'étaient rien pour elle. Le jeune homme délaisse le décolleté ici dénudé de la demoiselle.

« Tu sais, je sais que l'on est rien de spécial, pour toi. Et pour moi, ce n'est pas plus important. Mais on emploie des termes maladroits. Tu sais pourquoi ? Si on en est là ce soir, si on fait ça ce soir.. Et si on doute pas de l'avenir avec nos quotidiens futurs, c'est parce qu'on sait qu'on a notre relation privilégiée. Je suis serein par rapport à toi et contre rien au monde, je changerais cette soirée. C'est toi, Lyra. Et ce soir, t'es juste à moi. Et on est juste l'un à l'autre. Et même si demain, les gens n'en sauront rien, ça sera toujours comme ça. Jusqu'au jour où l'un ou l'autre aura besoin de l'autre. »

Le jeune homme embraye alors, il lui remonte dessus, mais lui permet de continuer de souffler. Ses coudes posées de par et d'autres de son visage, il caresse les traits et la chevelure, dépose un baiser chaud et tendre sur les lèvres rosées... Combien les abandonneraient ? Combien les trahiraient ? Combien de larmes leurs ferait-on encore verser ? Pour ce soir, ils partageraient voluptés et plaisirs charnels jusqu'à satiété. Leur relation avait déjà dépasser toutes leurs espérances. Comme une cerise que l'on dévorait savoureusement, le jeune homme déposait ses baisers le long des épaules, du cou et ailleurs même. Peu importe si les mots et la pratiques pouvaient être disgracieuse, messieurs et mesdames, vous passerez un jour par là et vous comprendrez alors avec humilité qu'en amour, il est bon de toujours être un peu dans le secret. Secret de Lyra, qu'il violait de sa verve avant d'en goûter les contrées limitrophes là où je vous emmène dans une véritable charade sur la région pubienne, le tout sans un petit pincement de pudeur et un soupçon de jeu histoire que les plus jeunes ne puissent tout saisir... D'ailleurs, avez-vous tout saisi ? Si oui, je vous félicite, sinon, laissez-votre imagination travailler : le sexe, c'est de toute façon, un jeu où l'imaginaire, tout comme la passion et les sentiments, mais aussi les corps, se doivent de déborder.

Relevant son visage de là où la grâce n'était plus qu'une histoire de sensualité. Savourant le prestige de Lyra qui s'étaient mélangé à sa salive, il répondit à la nouvelle interrogation de la demoiselle :

« C'est l'espoir. Ou l'aurore. Le truc, c'est que pour le voir, il faut passer par l'obscurité, le crépuscule et la nuit noire. Il paraît que quand l'aurore et le crépuscule se mélange, on à alors l'éternité. Un peu comme maintenant, j'imagine. »

Le jeune homme lui vole alors un baiser et en profite pour s'unir à nouveau à elle, de nouveau prêt à répéter l'indicible spectacle de l'absolue et passionné accomplissement. Laissant le rythme Rubato, il annonçait une soirée Ad Libitum.

« Je vais pas te mentir. Si tu vois la lumière poindre, elle finira aussi un jour par décroître. C'est parce que t'es pas seule que tu peux être accompagnée jusqu'à ce que l'espoir soit là. Et puis si t'es vraiment forte, aurore ou crépuscule, c'est toi qui peut apporter la lumière aux autres tout comme ils peuvent te l'apporter. Si tu n'as pas d'épreuve et de souffrances, tu pourras pas non plus être heureuse. Mais assez philosopher, Lyra... Pour une fois que c'est moi qui me refuse d'étaler mon savoir, laisse moi nous épancher encore jusqu'à l'aube, le veux-tu ? »

La dominant de sa frêle carrure, il lui remonte les jambes, est plus brutal. D'un tempo adagio, il était temps de passer à presto; une partie d'une rythmique qui secouait leurs accords dans la mélodie d'un plaisir douceur satin. L'esprit du jeune homme se vide encore, et encore, alors que les mouvements se répètent et que le jeune homme se permet de sourire plus qu'auparavant et que ses soupirs se mélangent à de légers rires joueurs.

« Lyra, tu sais que c'est vraiment agréable de faire ça avec toi ? » Les voilà contre le mur et il l'embrasse.. Non, si ça devait être ce soir, le spectacle d'Atios et de Lyra serait mémorable. « Tu me fais regretter de ne pas pouvoir figer le temps, Lyra... » Et sur ces mots, le concert se mit à continuer. De toute façon, ils avaient besoin l'un de l'autre pour affronter les autres. Ils n'étaient peut-être pas unique l'un pour l'autre, mais cependant, ils étaient en ce moment, seul l'un à l'autre d'être aussi proche de l'autre. Alors, il fallait qu'ils en profitent. Car la magie du conte de fée - ou du conte métaphore de doux baisés - n'était pas éternelle. Il se fichait de sa vulgarité ou de ce qu'elle avait pu faire, de sa haine. Elle se fichait de savoir à quel point son existence à lui, pouvait être controversée ou enviée. Ils passaient juste un moment agréable et c'était tout.
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