Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Kick it out ! [NC-18]

 
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Kick it out ! [NC-18] - Ven 23 Aoû 2013 - 1:16
Well, kick out
the shades of love.




C’est en se laissant couler, le dos contre sa porte d’entrée qu’il se rendit compte de ce qu’il s’était passé ces derniers mois, une fois que ses sauveteurs l’eurent laissé temporairement à son sort dans son appartement sur Terre. Haruka avait rejeté la présence qui polluait son esprit. Ou plutôt, l’extension de cette malfaisance. Et il connaissait le nom de celle-ci, sans trop vraiment y croire. La possibilité que Morgane la fay, sa demi-sœur, existât encore, le surprenait. Mais après mûre réflexion, il n’était pas impossible que, comme lui, elle ait survécu à travers sa descendance, qui avait dû être féconde, au vu de ses habitudes « voraces ».
Bien que Mordred était mort de ses mains. Un frisson parcourut son échine : le retour de démons de  l’un de ses passé ne l’enchantait guère. Car ils étaient les preuves que rien n’était parfait. Et que chacun avait un paquet lourd à porter sur ses épaules.

Mais être contrôlé par Morgane, c’était sûrement le plus effrayant. Elle n’avait peut-être pas fait ça consciemment. Ou alors, elle jouait avec lui. Reste que Haruka l’avait combattue avec succès. Et elle l’avait sauvée. Grâce à l’aide de Yoshihisa. Et ceux-là avait sauvé une innocente…
D’ailleurs, avait-il tué ? Sûrement. Selon ses amis, il avait chassé toute forme d’énergie surnaturelle, contre toute volonté de celle qui tentait de le contrôler. Aussi, il avait recommencé à produire cette auréole de lumière qui le mettait mal à l’aise. Un mélange du passé et du présent, comme autant de preuve qu’il était bel et bien une divinité. Et pas des moindres.
Reste qu’il avait flanché. Sans son médicament, son sang de dragon l’avait rendu vulnérable et il avait perdu le contrôle de sa volonté, soumise à des pulsions qui n’étaient pas humaines. Puis, cette faiblesse avait permis à l’un de ses plus anciens ennemis de prendre le contrôle, partiellement, certes, de son esprit. Suffisamment pour que sa rage l’engloutisse et qu’Excalibur ne s’en serve comme moteur de haine et de destruction. En somme, il avait foiré sur toute la ligne. Il avait la sensation de s’appeler Shaad, par la même occasion. Prêt à se laisser dévorer par tout ce qu’il avait de mauvais en lui pour vaincre, pour changer le désespoir…

Alors, lui aussi, il était désespéré ? Peu importe la puissance, peu importe la connaissance, il n’avait rien pu changer. Le temps continuait son cours. Alors, Deus, pourquoi lui avais-tu donné ces pouvoirs ? Pour être une arme ? Pour sauver ? Pour tuer ? Pour protéger ? Avait-il eu un choix à faire ? Une influence sur l’écoulement du temps ? N’était-ce qu’un songe ? L’espoir était-il un mensonge ? Le désespoir, une vérité ? Immuable vérité ? Les questions avaient-elles une utilité ? Comment faire pour ne pas angoisser ? L’angoisse, qu’était-ce ? Une mordante et délétère sensation qui se propageait au fond de sa poitrine, autour de son cœur et de son âme, comme une glaçante peste ? Il était pitoyable ? Sûrement ? Qui voudrait encore de lui ?
Quelqu’un avait-il seulement voulu de lui ? Maya ? La bonne blague.
Maya, elle avait voulu un sauveur. Elle avait voulu un bouclier. Elle avait voulu un futur. Elle avait désiré, désiré, désiré, encore et encore, encore et toujours plus, sans jamais voir le présent. Le futur était un poison autant pour soi que pour les autres. Et ça, elle ne l’avait su.
Il avait été un bel idiot. Manipulé autant par Maya que par Agglow à travers elle et cette dernière par celui-là même. Certes, sa punition fut sévère et juste, mais il avait la sensation qu’il aurait dû pardonner, en fin de compte. C’eut était encore plus beau et tragique comme ça et peut-être qu’une force supérieure à la sienne en eut était contenté. Autant, peut-être moins, qu’elle ne l’avait pu être. Deus ?

Non, il devait être dans un profond et léthargique sommeil et réveil. Peut-être que ce concept de divinité auquel ils avaient été élevé n’était qu’une marche de plus entre l’infiniment grand et l’infiniment mortel. Et du rang d’acteur mineur, de  figurant, à acteur un peu plus gradé sur une vaste scène où tout se répétait, encore et encore, avec légèrement plus d’impact que dans leur vie mortelle. Il sourit en s’imaginant, là, à quel point Maya avait dû être dans un état pitoyable après leur rupture.

Il sourit d’avantage en s’imaginant que les gens pourraient le comprendre. On croit toujours comprendre les autres. Mais il est plus vrai de se dire que l’on essaye de les comprendre. Maya avait-elle compris pourquoi Atios s’était enfui ?
Il est vrai de dire que jamais, il n’est allé vers elle. Mais il est tout aussi vrai de dire qu’elle n’a jamais été vers lui. Pour ne pas le gêner ? De la même façon, il était tout à fait plausible que jamais elle n’était allée vers lui par simple fainéantise et confort, sans jamais vouloir quitter une jolie et métaphorique belle tour d’ivoire où son prince charmant viendrait la sauver. Peut-être qu’en fait, la faiblesse de Maya Tensho n’était qu’une vaste tentative de manipulation sur son entourage pour qu’on la sauve. Münchhausen en quelque sorte, mais psychologiquement et sans médecin. Et à n’en pas douter, des tas de bon samaritains, voire de gentilles âmes, voudront sauver la petite fille du vilain prince l’ayant rejeté.

C’était tellement beau et parfait qu’il se doutait que quelqu’un était forcément tombé droit dedans. Et Deus les guidera. La belle affaire. Revenir à la Deus ? La moitié des gens là-bas irait vomir sur  celui qui les avait abandonnés. Personne ne comprendrait que même lui avait ses limites. Peut-être que son absence aura permis de compléter le conseil. D’ailleurs, était-il encore le vice-président de celui-ci ? Peut-être était-il déclaré mort ? Peut-être même qu’on l’avait enterré, symboliquement et que Maya avait longuement pleuré,  d’une façon tout à fait convaincante?

Qui était son ennemi ? Qui était son allié ? Qui était-il ? Où était Deus ? Il soupira. Pourquoi se battait-il ? Il avait des objectifs. Des raisons de le faire. Mais il en avait perdu la force. Son courage s’était tût. Il s’étonnait même que son épée lui obéissait toujours. En était-il toujours digne ? Et à qui devait-il parlé ? Yoshihisa et Haruka le soutenaient toujours, mais le chef des Yakuz lui avait dit de faire son choix. Rester sur Terre seul, ou revenir à la Deus, affronter à nouveau la guilde noire et Isanagi, celui qui aurait pu être son ex beau-père.

Avançant en silence après s’être relevé, il alla se poser sur son canapé pour continuer ses réflexions, l’air maussade. Il ne se doutait point de ce que ses camarades lui avaient concocté comme surprise.


Dernière édition par Kurokami Atios le Sam 21 Sep 2013 - 19:49, édité 1 fois
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Re: Kick it out ! [NC-18] - Dim 25 Aoû 2013 - 19:21
Quand on se meurt, même d'amour,
c'est toujours l'amour
qui peut nous sauver.








Le voyage fut bien plus rapide qu'elle ne l'aurait espéré et, en moins de deux, Yôko pouvait apercevoir les lueurs sur Terre de sa petite embarcation volante. Ses yeux reflétaient les mille lumières électriques  dont ils se rapprochaient, elle et Yoshi, et son excitation s’amplifiait au fil des secondes. C'était impressionnant. Encore mieux que vu d'un hublot d'avion, puisqu'elle pouvait à loisir regarder sous ses pieds. Le froid, étrangement, ne mordait pas sa peau marmoréenne. Et de toute manière, elle n'avait cure du vent frais de la nuit noire. C'était magnifique. Elle s'extasiait. De son côté, le jeune homme soupirait, un petit sourire amusé néanmoins aux lèvres. Habitué à ce genre de voyages, les réactions de Yôko lui rappelaient sa première fois, où il fut également étonné de la vue qui s'était offerte à lui. Un vieux souvenir pour lui.

La barque se dirigeait naturellement ­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­–­­­­­­­­­­­­­ instinct ? pré-commande ? ­­­­­­­­­­­­­– quelque part sur le continent européen, près de ce qui ressemblait à la mer Méditerranée. A la vue des premiers toits d'immeubles éclairés, Yôko ne pouvait plus tenir en place. Elle sautillait sur place, agenouillée au bord du petit bateau, gratait à l'aide de ses ongles le rebord de bois, faisait pivoter ses épaules. Yoshi, d'un naturel calme, restait à l'arrière, supportant au mieux l'agitée du bocal située sur la proue. D'ailleurs, ils arrivaient. Dans un parc mal éclairé, en centre-ville. Au paroxysme de son excitation, la jeune fille bondit hors de la barque une fois qu'ils furent à un mètre au-dessus du sol. De la terre. La Terre. Celle qu'elle avait quittée, il n'y avait pourtant pas si longtemps. Un sentiment étrange s'empara d'elle. Certes, jamais elle n'avait posé le pied auparavant dans ce recoin du monde, elle était même nulle en géographie, mais cela lui rappelait tout de même le jour de sa mort. Et donc, Tora. Comment allait-il ? Peut-être pourrait-elle le revoir un jour ? Un craquement la fit sursauter et elle se retourna aussi sec ; un homme sortit d'un buisson, en loques, et se rapprocha de Yoshi.


« Hey mon gars, t'aurais pas une p'tite pièce pour moi ? Allez quoi, sois sympa ! »


Le guide de l'apprentie déesse lui fit un signe de la tête, et l'homme s'en alla ensuite en marmonnant dans sa barbe. Surprise, Yôko leva un sourcil en le regardant partir. Elle n'avait rien compris à ce qu'il avait pu dire à Yoshi. Mais il était laid et puait, cela suffisait à la soulager de ne pas avoir été abordée. Si jamais il avait des puces... quelle horreur ! Elle grimaça à l'idée.


« Fais pas cette tête. De toute façon, personne ne peut te voir ici. »
« Ah bon ? C'est pour ça qu'il m'a ignorée ? »
« Tu le prends bien, on dirait... Mais sache que tu viens de débarquer à la Deus, donc ton pouvoir n'est pas encore très développé. Pour les humains, on peut dire que tu n'as pas plus de consistance qu'un fantôme. T'améliorer dans ton domaine te rendra non seulement plus forte, mais aussi matérielle aux yeux des mortels. Personne ne te l'avait expliqué ? »
« Pas ce genre de choses, et puis je ne pensais pas un jour revenir sur Terre... Mais j'ai compris. C'est super cool en fait ! »


Ses yeux brillaient de nouveau tandis qu'un grand sourire illuminait son visage. De toute évidence, elle avait une idée derrière la tête. Mais autant cela déconcertait Yoshi, autant il n'était pas là pour jouer. Et alors que l'embarcation s'envolait, il s'approcha d'elle et lui prit le poignet. Il embarqua la fille aux cheveux barbe à papa dans son voyage spatio-temporel et, bientôt, ils se retrouvèrent devant un petit immeuble. Elle gémit qu'elle perdait ses repères à cause de lui, tout en se tenant le visage. Vilain Yoshi, vilain !

Sérieusement, Atios, t'avais vraiment besoin de Yôko ? Il en doutait un peu, elle était chiante. Et puis... Elle était où ? La porte de l'immeuble était ouverte ; comment avait-il pu perdre sa trace aussi vite. Et qu'est-ce que c'était que ce hurlement aigu ? Rapidement, le chef de la bande des Yakuz' s'engouffra dans les lieux, et se heurta à une grand-mère aussi pâle qu'un linge.


« Oh mon Dieu ! Sauvez-moi ! Je savais que cet endroit était hanté ! Fuyez, vite ! AAAH ! »


Ce fut alors que Yôko apparut en fond de couloir, une assiette dans une main, une petite lampe de chevet dans l'autre, riant aux éclats en courant vers eux. Instantanément, la vieille s'évanouit dans les bras de Yoshi, littéralement consterné par cette attitude totalement immature. Et Yôko de se tenir le ventre. C'était douloureux de rire à ce point, de jouer les fantômes. Jamais elle n'avait pu tenir ce rôle autrefois, et elle se rendait compte que ça lui aurait sincèrement plu. C'était énorme !


« Mais je rêve ! Tu te rends compte de ce que tu as fait ?! »


Incendie verbal. Elle posa les objets à terre, étouffant tant bien que mal son rire et son amusement. Cela ne servait à rien de crier. Il en avait marre. L'envoya promener plus loin. Va voir Atios. Dégage de là. Sale chieuse va, du vent ! Et ni une ni deux, la demoiselle le laissa en plan avec la pauvre dame, courant à la recherche de sa victime à sauver. Yoshi se débrouillerait avec la grand-mère, puis s'en irait. A Atios de se dépatouiller avec Yôko maintenant, lui avait déjà rempli sa part de choses à faire. A lui de ramener la peste à la Deus. Il ne devrait pas avoir le choix, elle n'était pas capable de le faire seule. Elle le cherchait, prête à le sauver. Super Yôko arrivait. Elle était au bon étage,devant la bonne porte. Yôko le savait, elle sentait sa présence. S’apprêtait à frapper. Et. Et puis. Elle se dégonfla.

Oh et puis zut. Ses petits doigts heurtèrent faiblement la porte. Son cœur se mit à battre la chamade ; Yôko n'était plus excitée, mais nerveuse, stressée. A quoi devait-elle s'attendre ?


« Salut... Je peux entrer... ? »
« ... »
« C'est Yôko... Tu te souviens de moi ? »
« ... »
« Bon... J'entre. »


Elle avait entendu de faibles grognements, derrière la porte. Souffrait-il ou était-il simplement de mauvaise humeur ? Aucune idée. Sa tête passa lentement par l'entrebâillement de la porte, d'où elle pouvait observer l'intérieur. Plutôt rangé, et une forme humanoïde allongée sur le canapé. Atios, à n'en pas douter. La jeune fille s'engouffra dans les lieux et ferma la porte. Puis tourna la clef à l'intérieur, tout en le signalant au locataire des lieux. S'avançant à pas de loup, doucement, elle s'approcha alors du garçon. Il n'avait pas changé ; elle non plus sans doute. Mais il n'avait pas l'air de bon poil.


« Ça a pas l'air d'aller. Tu avais besoin de mon aide, non ? Je suis venue te sauver, tu sais. »


Prudemment, Yôko se tenait devant le brun avachi sur son canapé. Elle lui parla rapidement de sa vision où elle l'avait entendu l'appeler. Puis se dirigea vers la cuisine en lui proposant un thé. Parce que ça fait du bien, et qu'il était d'usage pour elle de discuter autour d'un thé. Entre deux bruits de vaisselle, elle prit une voix plus assurée, plus joyeuse. C'était Yoshi qui lui avait dit de venir ici. Elle était surprise qu'il ne l'accueille pas vraiment. Ah, il n'y avait pas de thé... Peut-être cherchait-elle mal. Atios, tu en as ? Pourquoi tu fais cette tête ? Elle retourna à ses côtés, laissant les tasses dans la cuisine, s'assit sur le canapé. Peut-être voulait-il se reposer ? Il n'avait pas l'air en forme. Se levant, elle lui sourit, veux-tu un oreiller ? Je suis là...


« ... Je suis là pour toi, pour t'écouter. Je viens te sauver. Ne bouge pas, je te ramène un oreiller. Et un drap, si tu as un peu froid ? Attends, j'arrive. Elle est par là, ta chambre ? »


Volontaire, elle se dressa sur ses jambes, posa négligemment son sac sur la table basse avant de s'avancer vers une porte.

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Re: Kick it out ! [NC-18] - Lun 26 Aoû 2013 - 2:10

Quand il entendit Yôko derrière sa porte, il crut d’abord à une hallucination, ce qui somme toute, était tout à fait possible dans l’idée où, même lui se l’avouait, il était sacrément frappadingue. Remarque, il ne put s’empêcher de noter pour lui-même qu’apprendre que son gosse (qui n’a jamais existé), était mort, pour ensuite apprendre que ce n’était qu’une vaste mise en scène pour les conspirations d’un autre fou, n’était pas une bonne méthode pour garder sa santé mentale aux normes. Mais cette note pris fin quand il se dit que c’était une bonne méthode pour une féministe de piéger un pauvre jeunot dans son genre et le faire passer pour un pauvre con et un gros lâche ; mais il ne voulut pas se rajouter la mention « paranoïaque », sur sa feuille divine, aussi, il préféra se concentrer sur les faits.

Yôko était une déesse de la mort, alors il trouvait sa légèrement ironique qu’elle hantât son esprit, alors qu’il pensait à elle deux minutes plus tôt. Avait-il rejeté, depuis tellement longtemps, le sucre au point où celui-ci lui donnait des visions de celle qui, en étant un symbole de la mort, était aussi un apôtre du sucre, des marshmallow et des fraises tagada pink ? (Ndlr : pensez à en acheter.) Il se mit à douter de plus en plus fort, quand, soudain, l’hallucination se mit à lui dire que c’était elle (N.B : Yôko) et s’il se souvenait d’elle. Fu, la belle affaire. Il rugrogna, une sorte de rugissement sourd du fond de la gorge, en grognant légèrement, en s’apostrophant d’idiot. Mais c’est quand enfin, l’hallucination lui dit qu’elle allait rentrer, qu’il arqua un sourcil, se leva pour fixer sa porte et qu’il finit par lâcher, en voyant la chevelure rose : « Yoshihisa, enfant d’prost…Tate. »

Sobre, efficace et en plus, poli, tout en étant véridique. C’est quand Yôko se mit à fureter vers lui qu’il se demanda si, un, il avait picolé par dépression sans s’en rendre compte, si deux, il devait sauter par la fenêtre pour s’enfuir. Mais ce n’était pas une réaction civilisé et puisqu’il était en dehors de son bureau, il resta poli, mais politesse XXI siècle :

« Yôko, qu’est-ce que tu branles ici ? »

Fleuri, comme façon de parler. Mais zut, le prince était à l’aise avec Yôko. Du moins suffisamment pour parler comme un ouvrier en manque sur un chantier. (Vanne JDG certified) Et puis la bête n’étant pas en lui, il comprit alors que Yôko était sous LSD. Lui, avoir besoin de son aide ? Elle était venue le sauver ?

« Besoin d’aide ? Tu t’es mise à sniffer de la farine de pain moisie à la place de ta dose de sucre et tu fais des hallu’ ? Le jour où j’aurai besoin de ton aide, il est pas encore arrivé et j’ai pas besoin d’être sauvé. »

Ce qui n’était pas faux, sur l’instant. Et une semaine plus tôt, c’est de lui, qu’on aurait dû sauver la pauvre et innocente Yôko. Non, décidément non, il ne comprenait rien à l’intervention de celle qui avait dû être la première à l’accompagner dans une cabine d’essayage, dans sa vie. Alors, quand elle lui raconta sa vision, Atios remit sur le tapis, en vain, cet histoire d’ergot de seigle, avant d’en convenir que le cœur de la pauvre petite Yôko était « légèrement » réglé sur la longueur d’onde « Atios » et qu’elle avait donc utiliser, inconsciemment, ses pouvoirs, pour prendre de ses nouvelles : ce qui était l’explication la plus logique.

« Tu auras beau cherché, je ne bois pas ni ne mange, je n’ai pas de thé. »

Mais ce fut sûrement la suite qui fit hausser un sourcil - à celui qui,  il fallait le dire, parlait de façon légèrement agressive, à celle qui voulait « prendre soin de lui » - car elle lui dit alors, qu’elle était là pour lui… Il la regarda comme si elle venait de blasphémer et de se lever pour aller vers sa « chambre ».

« Yôko, attends ! »

Il la suivit alors avant de lui attraper la main. Elle était douce, chaude et agréable. Comme une main de jeune fille. Le jeune homme hésita, ses yeux brillant d’une peine, celle de celui qui ne  savait pas s’il avait raison de faire confiance… Et puis, il posa alors son front contre celui de la demoiselle pour mieux lire en elle. Elle était sincère. Réellement sincère. Elle tenait vraiment à lui et voulait vraiment son bien ; elle ne voulait qu’une chose, qu’il aille mieux. Et c’est sûrement cette sincérité, pure, qui lui fendit le cœur.
Il la poussa contre la porte, faiblement, qui s’ouvrit sous son influence et il la repoussa vers l’intérieur de la chambre : pourquoi ? Pourquoi voulait-elle tant aider quelqu’un, qui, par définition, ne lui devait rien ? Bon sang, il n’était rien pour elle, si ce n’est qu’une expérience dans sa vie et celui qui l’avait accueilli dans l’après-vie … Cette compassion était trop dure à supporter pour le jeune homme, qui, hagard, avança dans un coin de la pièce et s’y déposa, le visage baissé, sombre et tourmenté. Tourmenté par ce qu’il ne comprenait pas.

« Pourquoi tu es là ? » Il fit une pause. « On se connaît quasiment pas. Et maintenant, je suis la pire tâche de la Deus. » Il n’avait plus rien. Vraiment plus rien. Aussi, elle n’avait plus besoin de lui. Il n’était même plus vice-président du conseil. « Je te comprends pas. Que veux-tu faire avec quelqu’un d’aussi paumé, moche et inutile que moi ? »

Bouh, le vilain complexe qui vient de se révéler. Il se sentait nul. Nul d’avoir été incapable de tenir ses devoirs. Nul de n’avoir su réussir à atteindre les attentes des autres. Nul, d’avoir douté de Yôko. Nul de ne pas avoir su être fort.
Alors, « pourquoi ? » C’était injuste, perfide… Déloyal. Et dans sa détresse, le jeune homme apparaissait peut-être encore plus fragile que jamais, une douce fragilité dans la force, qui avait l’odeur d’un charme digne des milles voluptés. Elle devait partir. Parce que son cœur malade lui faisait peur. Il ne se l’avouait pas, mais au fond de lui, il savait.

« Pars… Si tu restes avec moi, tu vas le regretter. Si tu restes, je … »

Comme une sorte de rugissement au fond de lui, il sentit son sang s’accélérait en même temps que les battements de son cœur. Cela lui rappela une scène, qui s’était passé en décembre, en hiver. Une scène, où, à l’académie, les rôles s’étaient inversés ; une époque où, Mister Deus était fort et il sauvait quelqu’un de sa souffrance. C’était donc ça. Une impulsion de son sang draconique qui faisait sortir hors de ses gonds, son être. Une impulsion qui le manipulait. Et de ce fait, Yôko, était possiblement la prochaine à en devenir la victime.

Il se sentit paniqué. Yôko ? La pauvre ne méritait pas ça. Il avait déjà assez sévi à cause de ses pouvoirs… Il fut soudain glacé de l’intérieur en comprenant que possiblement, s’il avait eu autant de mal à voir Maya, c’était parce qu’il ne l’avait peut-être simplement jamais aimé. Et il s’en voulut terriblement. Ce qu’il avait aimé, à l’époque, était donc une extension de son pouvoir. Atios se sentit alors, horrible. Mais il fallait arrêter les erreurs, tant qu’il était encore possible.

« Yôko, sors d’ici. Si tu restes ici, je pense que je vais … Faire encore une fois une connerie. Je ne veux pas que tu me détestes après… Je … »

Ses yeux se teintèrent de liquide alors qu’il souffrait à l’avance, à l’idée de blesser quelqu’un qui, innocemment, avait réellement voulu l’aider, avait voulu qu’il aille mieux… Tandis qu’au fond de lui, quelque chose griffait sa poitrine comme pour se libérer, il dit en sanglotant légèrement, sur une voix suppliante, en la poussant vers l’extérieur de la chambre :

« Merci d’être venue, mais je t’en prie … Pars… »

Son visage aux fins traits, si apprécié des filles, était alors, sûrement, au paroxysme de sa désirabilité, malgré l’effective fragilité qui s’en dégageait. Son regard criait qu’il voulait qu’elle reste, tout en la suppliant de partir au même instant, résultat de désirs problématiques. Il la poussa d'avantage jusque dans le couloir.

« Si tu restes ici avec moi, je suis désolé Yôko, mais je vais avoir envie ... » De Il rougit un grand coup malgré sa détresse, mais il était âgé maintenant et il valait mieux être sûre qu'elle comprenait ce qu'elle encourait : « Je risque de vouloir faire l'amour avec toi, parce que je vais mal, que je t'aime bien et que ta gentillesse me donne envie de le faire. »

Au moins, il avait su être honnête et il était certain qu'elle partirait et c'était tant mieux. Il ne se voyait pas de lentement l'amener à ça, alors qu'il était conscient de sa propre faiblesse envers la demoiselle. Quand enfin, elle fut dans le couloir vers la sortie de son appartement, il marcha, lentement, jusqu'à sa chambre où il s'assit au milieu de sa couverture, le visage dans ses genoux, les yeux brillants d'une couleur jaune, preuve qu'il était de plus en plus affecté, sur l'instant, par son ascendance draconique.
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Re: Kick it out ! [NC-18] - Sam 31 Aoû 2013 - 3:10

Le sourire de la petite Yôko, mince mais aussi rigide que celui d'une statue, ne faiblit pas. Il ne faiblirait pas, quand bien même le grossier personnage qu'était Kurokami Atios chercherait à le faire disparaître. Les pupilles contractées, la jeune fille réussit à faire mine de ne rien entendre, de ne percevoir aucune de ses piques. Parce qu'elle était la Wonder Woman du moment. Parce qu'elle voulait réellement l'aider. Il fallait être forte, n'est-ce pas ? Yôko tenait à lui prouver qu'elle pouvait endosser ce rôle avec panache, sans se laisser démonter.

Ceci dit, personne n'était intouchable, et pour cause – les mots de l'ours mal léché surent se frayer un passage jusqu'à atteindre son cœur. C'en était... douloureux ? Perçant ? Comme une aiguille que l'on enfonce doucement. Le palpitant de l'apprentie déesse accéléra. Boom boom.

« Tu fais des hallu' ? » Boom boom.

« J'ai pas besoin d'être sauvé ». Boom boom.

« Je n'ai pas de thé ». Boom boom boom.

Pas un geste ne devait la trahir, oh non. Ou elle ne serait plus la sauveteuse. Elle y tenait, Yôko, à le sauver. C'était si classe, et puis on l'aimerait. Atios lui sourira au lieu de lui ronchonner dessus quand il verra qu'elle peut lui venir en aide. Presque sans l'aide du Yoshi, qui l'a baladée jusqu'à la cachette du garçon. Tripotant une couette morganite entre ses doigts, elle lui adressa une vive œillade ; n'était-il pas plus agréable autrefois, quand il n'était encore qu'un lycéen ? Elle pensait qu'il avait grandit, que ça serait mieux aujourd'hui parce qu'ils ne s'étaient ni touchés ni fuis. Enfin si, elle s'était pendue à son cou, l'avait collé, il avait touché de son regard le corps en petite tenue de Yôko... Des détails. Atios aurait pu se faire plus agréable. Moins agressif.

Idiot d'Atios.

C'était lui qui avait demandé à Yoshi de la chercher, alors pourquoi l'agresser ? Il fallait croire que même après la mort, les garçons restaient indécis et désinvoltes. D'ailleurs – voilà que le petit Prince changea d'avis et bondit sur la petite demoiselle aux cheveux roses. Quoi quoi quoi ? Qui que quand comment ? Sous la surprise, elle posa ses mains sur le torse du porteur d'Excalibur, dans un élan de répulsion, mais n'y mit aucune force. C'était facile de lui prendre le poignet. Elle savait la puissante lumière d'Atios. Elle se savait en position de faiblesse. Son propre pouvoir la rendait tout à fait vulnérable face à lui. C'était de la triche.

Et pourquoi qu'il la collait comme ça ? Front contre front ? Elle en écarquilla les yeux et, mordant ses lèvres, rougit faiblement. Un réflexe dû à l'habitude. Puis, la poussa à reculer. Doucement. Bang, la porte. Il comptait l'enfermer ? Elle ne voulait pas ! L'incompréhension se lisait à présent dans son regard. Et son palpitant qui s'agitait dans sa poitrine. Non, Atios ne devait pas l'entendre. Même s'il était proche au point qu'elle pouvait sentir son souffle caresser sa peau. C'était comme cela qu'elle pouvait l'aider ? Les palpitations devenaient douloureuses. La situation si excitante. Du moins, jusqu'à ce que le petit Prince y mette un terme et se laisse aller dans un coin de la chambre.

Il se lamenta. Ou plutôt se confia, du point de vue de Yôko. Elle sentait là, une étape du sauvetage franchie. Enfin. Ceci dit, pas de bêtise. Si elle s'enorgueillit sur le coup en son fort intérieur, la mistinguette devait rester prudente. Du réconfort. Comment dire... Pourquoi se disait-il tant de méchancetés maintenant ? Et puis, il n'était pas moche. Il était même plutôt beau garçon – du moins tant qu'il ne faisait pas la tête. Réfléchit, Yôko, vite, allez. Encore. Ça chauffait. Et... Black out. Elle s'appelait comment déjà ?


« Pars… Si tu restes avec moi, tu vas le regretter. Si tu restes, je … »
« Je suis désolée, Atios-kun, je n'ai pas compris... Tu peux répéter s'il te plaît ? »


Elle espérait ne pas jouer avec les nerfs, d'où le fait qu'elle susurra sa demande. Douceur. Pas fâcher Atios, tout doux.


« Yôko, sors d’ici. Si tu restes ici, je pense que je vais … Faire encore une fois une connerie. Je ne veux pas que tu me détestes après… Je … »
« Nyuh... »


Mais. WHAT. Depuis quand Wonder Woman prenait la fuite ? Depuis quand le surveillant abandonnait le nageur en pâture aux requins ? Non, Yôko ne le laisserait pas comme ça. Surtout s'il comptait faire une bêtise. Le pauvre. Un petit sourire chaleureux aux lèvres, elle s'approcha de lui, espérant le réconforter quelque peu. Même si la connerie avait un lien avec sa présence. Elle ne le détestait pas, elle voulait l'aider. Allez, Atios, laisse-toi sauver. Et il le fit. Ou pas ; ça aurait été trop simple. Le voilà qui la poussait hors des lieux maintenant. Mais décide-toi, bon sang. Même une Yôko pouvait en avoir marre de tourner en bourrique.


« Mais de quoi tu parles ? Atios-kun ! »


Et hop, une apprentie déesse à la porte, au sens littéral du terme. Dans le couloir. Mais... Mais non. Pourquoi ? Comment ? Elle était là pour lui. Il n'avait pas voulu qu'elle soit là ? Mais que devait-elle faire maintenant ? Ces questions lui donnaient la migraine. La faire venir jusqu'ici pour la mettre dehors, c'était encore plus déconcertant qu'être face à ce... regard doré. Oh, c'était joli. Mais inquiétant.


« T'as de beaux yeux, tu sais ? »


En pleine contemplation, la demoiselle fut extraite de son observation. Il devait être en proie à la panique pour lui parler comme ça... Mais pas dans son état normal. Quelle tête de mule, Yôko savait qu'il aurait dû boire une petite tisane pour être tranquille. Il ne voulait pas d'elle. Il la voulait. Vouloir Yôko, la désirer ? Lui faire l'amour ? Comme dans les films ?

Son cœur ne fit qu'un bond à la pensée de toutes ces idées associés à « faire l'amour ». Son visage rougissait totalement. C'était une blague ? Une supplication ? Effrayant. Personne ne lui avait encore jamais fait une telle... proposition ? Elle n'était même pas sûre que ça en soit une. Bégayant des paroles, toutes inintelligibles, la sauveuse était prise de court. Fallait-il faire l'amour avec Atios pour le sauver ? C'était quoi, faire l'amour ? Du sexe ? Du SEXE ?!


« Mais je-j'ai jamais fait ça moiiiii ! Comme tu es brusque avec moi, me dire ça si directement ! Tu m-m'embarrasses tellement, c'est pas affreux ! Méchant, vilain ! Et puis d'abord, t'es dégoûtant ! »


Petite crise de nerfs, qui la fit pinailler sur place. Elle agitait ses poings devant son visage avant de s'enfuir en courant. La porte se ferma. Jamais elle n'aurait pensé que les choses prendraient une telle tournure ; c'était trop riche en émotions... Intimidée, elle observa l'entrée close ; allait-il vérifier si elle reviendrait. Au bout de quelques minutes, Yôko se résolut à abandonner son poste. Mais elle n'allait pas délaisser sa mission, et s'en alla au rez-de-chaussée.



Plus tard, ses doigts fins heurtèrent la porte de la chambre d'Atios timidement. Dans sa main droite, une tasse remplie d'une tisane sucrée, dont un doux parfum verveine s'échappait. Courage.


« Je peux... ? »


Et comme à son habitude, elle entra sans écouter de réponse. A pas de loup, elle se dirigea vers le corps divin recroquevillé dans la pénombre. « Faire l'amour » ; brr, ne pas y penser. Elle secoua sa tête, frotta le bas de sa robe, et s'accroupit à la hauteur du garçon. Un sourire tendre illuminait son visage.


« Tiens, j'en ai trouvé chez la Mamie du dessous... Goûte, ça va te faire du bien. »


Elle posa un doigt sur son épaule, puis l'attira à elle pour lui faire un câlin. Elle le trouvait tremblant. Sans doute son imagination.


« Bois, c'est bon. Allez, sois gentil. »


La tasse fut portée aux lèvres d'Atios, qui ne paraissait néanmoins ne pas s'en soucier. Celles de la jeune fille formèrent une petite moue. Bon, il fallait essayer autre chose. Câlin ? Yôko le serra davantage dans ses bras, une fois qu'elle eut posé le récipient à terre. Ses doigts caressaient son bras. Ses cheveux. Effleurèrent son cou. Elle se sentait bien à faire ça avec lui.


« Je ne fais pas l'amour tu sais, je ne sais pas comment on fait ni ce que c'est. Mais je suis douée pour les câlins. Je suis sûre que ça te détendra. Je veux t'aider, tu sais. »


Ça, c'était dit. Pas de quiproquo, elle en était contente. Dans un élan de confiance, elle s'assit à son côté, enroula ses jambes autour de lui. Sa joue frotta la sienne. Elle déposa alors un baiser dans les cheveux et lui lança un grand sourire.


« Alors, tu ne te sens pas un peu mieux ? C'est toujours bien d'avoir des amis sur lesquels compter dans les mauvais moments. Tu voudrais qu'on soit amis ? Tu pourras toujours compter sur moi, Atios-kun. »

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Re: Kick it out ! [NC-18] - Sam 31 Aoû 2013 - 10:56
C'était terrible. Vraiment terrible de la part de Yôko. Ignorait-elle que même les plus belles volontés peuvent meurtrir ? Connaissait-elle les différences inhérentes à la spécificité d'un garçon ? Ignorait-elle qu'un garçon amoureux ou attiré, n'est pas à collé, sous peine de le frustrer encore plus ? De risquer de le blesser ? Atios avait fait de son mieux pour à la fois la préserver et être honnête. Il fallait être franc, le soulagement apporté par le départ de Yôko fut accompagné d'amertume. Comme si on esprit s'était avoué alors qu'elle était partie et qu'il était seul dans sa misère. Il avait relevé son visage, dont les yeux brillaient dans la pénombre et avait sourit. Un magnifique sourire plein d'amertume, alors que sa vision s'était mise à tanguer, en voyant les volutes et la poussière, les particules d'ors, s'envolant autour de lui. C'était joli, ce qu'il faisait grâce à ses pouvoirs.

Mais ses pouvoirs, à quoi bon pouvait-ils lui servir ? Ce n'était pas parce que l'on était puissant que l'on était heureux. Il n'arrivait plus à réfléchir et avança sur les coudes, jusqu'à un mouchoir, pour essuyer ce qui s'échappait de ses yeux. Ne pouvant s'empêcher de se trouver ridicule, il rit intérieurement à l'idée de voir qu'il n'était plus bon qu'à remplir des mouchoirs de larmes. Il attrapa ses bras en se sentant frisonner et en se remettant à trembler. Vu de son point de vue, il avait l'impression que le monde se finissait. C'était étrange. Lâchant son mouchoir, il se remit à marcher à quatre pattes, jusqu'à son lit où il s'enferma dans une couverture, les yeux clos, en priant pour qu'il n'aurait plus à les rouvrir et que le froid qu'il ressentait, le dévorerait de l'intérieur jusqu'à extinction des feux qui l'animait.

Au moment où il sentit ses yeux se fermant, ses nerfs se relâchant, son corps se laisser aller au sommeil, cependant, lorsqu'une nouvelle fois, il entendit un petit "je peux", à l'autre bout de la porte, il crut à nouveau que son imagination lui jouait des tours. Dans l'obscurité, il releva le visage, voyant que la fuite de ses pouvoirs s'était arrêté et qu'une douce odeur s'était répandue dans sa chambre, depuis les mains d'une demoiselle aux cheveux roses qui semblait ne pas avoir été refroidie par sa déclaration postérieure. Alors lorsqu'elle l'attira à lui, il ne put s'empêcher de souffler :

« N'étais-je pas dégoûtant ? Pourquoi tu es revenue ? »

Un élan de revanche, de rébellion. Un lion restait un lion, même dans la plus profonde des douleurs. Malgré tout, il accepta le breuvage, brûlant, qui lui donna la sensation d'avoir la langue râpeuse. La suite, manqua, cependant de lui faire recracher ce qu'il était en train d'ingérer. La façon dont Yôko présentait les choses était à la fois naïve, stupide et ... Gamine. La suite le fit soupirer encore plus. Que devait-il faire ? Oh, et puis, elle jouait avec le feu, qu'elle s'en rendait compte ou non, alors autant qu'elle apprenne de ses erreurs. Rex Imperator In Regno Suo. La douceur de la joue de celle qui le collait lui rappelait quelque chose de soyeux mais de plus chaud, agréable. Les cheveux de la demoiselle sentaient la fraîcheur d'un shampoing pour fille. Des frissons se répandaient dans chacune des parcelles de son corps alors que ses terminaisons nerveuses jouaient au flipper, sous les doigts caressant de la demoiselle.

Même lui, ne comprenait plus du tout à ce qu'il passait ; elle était clairement trop collée à lui. Clairement, il sentit son esprit se brumer, se voiler de ces envies que l'on éprouve envers une fille. La chevelure rose sur patte avait raison. Il se sentait mieux, à côté d'elle. Il se sentait mieux dans ses bras. Il se sentait mieux à se faire caresser par la demoiselle... Hagard, entre incompréhension et souffrance, son souffle chaud s'éleva alors qu'il posa plus loin, la tasse et qu'il soupira :

« Yôko... »

Atios se détendit dans les bras de la demoiselle, au point de laisser son poids se répandre sur celle-ci. Un de ses bras, dans le dos de celle qui voulait l'aider, l'accompagna dans sa chute, avec la douceur que l'on accorderait à une princesse. Les yeux du jeune homme, complètement éteint, flamboyaient, pétillaient. Ils blottit son visage contre la poitrine de la demoiselle, en passant ses mains, caressantes, du bas du dos jusqu'à la nuque de la demoiselle, jusqu'à sa chevelure.

« Je suis désolé.. Mais .. J'ai envie.. J'aime être avec toi, j'aime ta présence.. »

Le réconfort, la sécurité, la sérénité, tout cela, c'est la fille qui l'enserrait, qui le lui accordait. Ses yeux se perlaient de petites larmes, alors qu'il releva son visage pour la regarder et lui dire :

« Je sais bien que je peux compter sur toi .. » Son cœur se mit à battre de plus en plus fort. Papom. Papom. Papom. « Mais je ne peux rien y faire, je suis attiré» Son visage se rapprocha.. « Par toi... »

Et il déposa ses lèvres contre celle de la demoiselle aux cheveux à la couleur hétéroclite. Sur cet instant, il se sentit bien. Tellement bien qu'il eut l'impression que tous les murs autours de lui se brisèrent. Il soupira d'aise en même temps qu'il vola à la demoiselle, quelque chose qu'il convoitait, il fallait croire, depuis bien longtemps. Comme un début de revanche qu'il prenait sur l'univers tout entier. Ses épaules étaient parcourues de frissons de plaisir et d'extases alors que sa passion trouvait enfin sa libération. Ses lèvres de soie se détachèrent timidement de celle qui siégeait entre ses bras. Le regard du jeune homme, souriant, brillait d'une sérénité innocente, malgré son audace.
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Re: Kick it out ! [NC-18] - Ven 20 Sep 2013 - 14:39

Doucement, Atios poussa la demoiselle, une main dans son dos pour adoucir le geste, à s'allonger sur le lit. Elle se laissa faire, confiante malgré les mises en garde que le garçon lui avait faites quelques minutes plus tôt. Se rendait-elle compte de ce qui se passait ? Avait-elle conscience de ce qu'elle, de fil en aiguille, communiquait au porteur d'Excalibur, ce qu'elle le poussait à interpréter de son attitude ? Rien n'en était moins sûr. Yôko se sentait confiante, à l'aise. Elle appréciait cette ambiance inhabituelle et un peu bizarre où les deux jeunes gens s'étaient doucement plongés depuis qu'ils s'étaient revus. C'était... confortable. Chaleureux. Alors qu'elle s'étendit, froissant les draps doux et auparavant tirés à quatre épingles, son bras enlaça le garçon d'un geste protecteur. C'était doux. En réalité...

C'était vraiment bon d'être là, avec lui.

Alors qu'Atios posa sa tête contre sa poitrine, comme apaisé, Yôko sentit son cœur battre plus vite que de coutume. Vraiment. Inexplicablement. D'où venait cette sensation ? Pourquoi là, maintenant ? On lui avait appris qu'elle ne devait pas laisser les garçons toucher à cette partie de son corps, voire à aucune, sinon cela faisait d'elle une fille sale. Seulement, Yôko ne comprenait pas. Pourquoi ? C'était pourtant agréable, chaud. Inexplicable. Meilleur encore lorsque les doigts fins du jeune apprenti-dieu se baladèrent dans son dos. Des frissons. De vrais, qui lui donnèrent la chair de poule. Elle gémit faiblement sous cette douceur sensuelle dont elle n'avait pas l'habitude. Il lui murmura des mots. Des mots forts, mais si tendrement qu'elle ne ressentait aucune frayeur. Il avait envie. D'elle, ou de faire ça. Elle ne comptait pas encore ouvrir la bouche mais, implicitement, avait envie qu'il fasse ça.

Le jeune homme se redressa alors, plongea son regard étoilé dans celui de Yôko. Yôko qui, devenant soudainement nerveuse, se mit à tripoter un de ses rubans colorés entre ses doigts. Il était presque dénoué, autant le refaire. Sa chevelure rose n'était pas souvent libre, elle n'aimait pas vraiment ça. Rattache-toi, petit nœud, vite ! Avant que ça ne soit trop tard, resserre-toi, et musèle. Ce qui. Perd pied.



Il l'avait embrassée.

Pour de vrai.

Une absence.

Un vide sans question ni réponse.

C'était ça... un premier baiser ? Volé. L'avait-elle voulu ? Et toutes ces émotions qui s'entrechoquaient dans sa poitrine, dans sa tête, qui l'empêchaient de réfléchir, c'était ça qu'un premier baiser était censé provoquer ? C'était normal que là, entre ses jambes, ça soit chaud et vibrant, tellement agréable que c'en était embarrassant ? Elle était en proie à l'incompréhension, à la perte de contrôle. Lui faisait-elle encore confiance ? La panique s'empara d'elle alors, ses yeux s'écarquillèrent, tandis que ses prunelles contractées fixèrent celles d'Atios. Pourquoi, pourquoi m'as-tu fais ça, semblait-elle demander. Ils avaient l'air tous deux au bord des larmes, possiblement pour des raisons différentes, mais ils en étaient là tout de suite au même point. Dans l'infinité de l'univers, ils s'étaient retrouvés, rejoints. C'était unique. Magique. Comme au bord de l'Aleph.


« Atios-kun... »


Sa voix tremblait, elle ne cherchait même pas à le cacher. Comme si sa carapace s'était brisée. Ses yeux se brouillèrent de larmes menaçant de parcourir sa peau blanche. Une aura sombre, désagréable, émana violemment d'elle, emplissant doucement la chambre. Elle en était toute bouleversée, de ce contact labial. Ce contact qui, paraissant une éternité, n'avait duré que quelques secondes. Elle se souvenait. De n'avoir jamais embrassé quiconque. Même pour jouer. Pas même sa mère lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. Personne. Il s'était permis. L'avait-elle permis ? Non, ce n'était sans doute pas vrai. L'air s'alourdissait. Il l'avait volée. La pièce était étouffante. Atios, voleur, menteur.

Il n'avait pas menti, il avait eu envie. De lui faire du mal ? Ou du bien... Ce n'était pas du ressort de la petite apprenti-déesse, elle ne connaissait pas ces choses. Juste comment était fait le sexe, pas comment on le faisait. Ni ce qu'était le commerce amoureux, ni comment on l’exécutait. Amoureux, amour.


« Tu m'aimes, Atios-kun... ? »


Prononcée imperceptiblement, cette question, elle la regrettait d'office. Elle ne voulait pas. Ni la poser, ni entendre une quelconque réponse. Pas encore. Être aimée ou non par Atios, c'était quelque chose de trop fort. Comme une épreuve vécue trop tôt.


« Ne me réponds pas ! »


Silence. Elle se blottit dans ses bras, cacha son visage au creux de l'aisselle. Ne me regarde pas, ne me touche pas, et caresse-moi quand même. C'était flou, autant dans sa tête que dans ses gestes. Yôko était effrayée et totalement perdue. Elle sanglotait, versa deux larmes. Puis encore deux. Renifla en hoquetant. Panique. Elle devait fuir. Pas le cajoler. Pourtant, la demoiselle le serra davantage contre elle, l'entoura de ses jambes, remonta son visage pour le cacher dans son cou, souffla d'une façon angoissée.

Tora, ni son fiancé. Personne n'avait pu ou su lui offrir ou lui voler un baiser. Elle avait touché Atios autrefois, car curieuse. L'avait-il embrassée par curiosité aussi ? S'étaient-ils tous deux volés quelque chose d'important, traumatisés mutuellement ? Soudain, elle explosa.


« T'es qu'un MONSTRE ! Un salaud, tu entends ?! Fou à lier, monstre, monstre ! Voleur ! Haaaa ! »


Elle le repoussa de toute la force de ses petits muscles. Se recroquevilla sur elle-même, se prit la tête entre ses mains et hurla une seconde fois. Hystérique. Puis lui sauta dessus. Prends-moi dans tes bras. Ne me touche pas ! Mais je veux tes caresses sans que tu ne me touches. Tu es monstrueux Atios de m'avoir fait ça. Je ne voulais pas y goûter, c'est dégoûtant !

C'était foutu. Se redressant sur ses jambes, elle le sut en regardant le garçon. Instantanément, elle se calma. Lui fit un petit sourire. Elle lui sourit, doucement, d'une façon tout de même inquiétante peut-être, à cause de son aura.


« Tu m'as troublée tu sais. Ce n'est pas bien Atios-kun, j'ai eu peur. Hihi ! »


Elle devait rentrer. Tout de suite. Le temps qu'elle aille mieux et lui aussi. Elle lui souhaita de bien se reposer, espérait le revoir bientôt à la Deus. S'excusa vivement pour tout ça, parce qu'elle avait été perturbée et effrayée. Qu'elle espérait le revoir bientôt, même si ça n'était pas à la Deus. Que rien n'était grave, que tout allait bien. A bientôt Atios. Compte sur moi, ça ira. Tu devras aussi aller bien.

A pas de loup, la fuite. Seulement la fuite. Elle courut hors de cet appartement. Tu me suivras Atios ? Ou rentrerais-je seule là-haut ? Il allait lui manquer, même si elle n'y pensait pas encore.

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Re: Kick it out ! [NC-18] - Sam 21 Sep 2013 - 19:48
On dit souvent que l'amour est une guerre. Et c'est tout à fait normal qu'un combattant, se destine à combattre. Alors, un combattant amoureux était-il un garçon en guerre ? Et quelle guerre ? Contre qui ? Contre soi-même ? Contre celle qu'il cherchait à séduire ? Comme des rouages mécaniques s’emboîtant les uns dans les autres, comme l'écoulement du temps, imperturbable, les muscles du jeunes, tantôt détendus, tantôt contractés, se remémoraient de nombreuses fois, les mouvements qu'il avait effectué. Les éclaboussures du sang des autres, la pression du sien dans ses veines.

La clameur d'un combat, résonnant au firmament de celui de nombreux cœurs au creux de nombreuses poitrines. Papom, papom, papom. Un souffle qui se retient. Une garde. Un mouvement. Un cri, un mort. Le roi des chevaliers, au sang de dragon, fauchant les uns après les autres, ses adversaires, tel un dragon déchaîné, écrasant et éparpillant ses proies. Une lumière d'or, une explosion, des corps, éclatés, désarticulés, qui volent, qui retombent, qui meurent.

La scène ici était différente. Pas de feux, pas de cris, pas de morts, pas de souffrances. Juste l’insistance d'un garçon à l'égard d'une femme. Elle venait d'enlacer son bras. Elle se sentait bien. Lui aussi, d'ailleurs. Son sang battait fort, jusqu'à ses tempes. Une chevelure rose, somme toute inhabituelle, teintée artificiellement, aux senteurs fruitées et à la douceur immaculée. La soie d'une peau tiède, un peu pâle, d'une jeune rosière, frémissante d'exaltation, offrant des volutes de sensations particulièrement et somptueusement torride. Un buste généreux, confortable et suave, invitant promptement à de nombreuses, mais lentes attentions, si bien que sous ces sensations, il se sentit perdre la raison. C'est dès lors du tressaillement, accompagné de ce mélodieux, mais petit gémissement, qu'il sentit quelque chose se briser en lui. Se sentant brûlé d'une passion de plus en plus forte, jusqu'à atteindre l'hébétement, un tintement sauvage s'empara alors de lui.

Son esprit était flou. Ses joues, chaudes, brûlante même. Sa tête lui faisait mal, elle tournait. Le regard du jeune homme, à la base si tendre et amoureux, se métamorphosa: tantôt hagard, tantôt farouche, timide et désireux, ses prunelles s'illuminèrent alors que son corps se ploya et se tendit sous un unique désir et effort. Son sourire se fit carnassier, alors que ses pensées, songeuses, folles, se vidèrent en quelques nombreuses réflexions :

Elle était là.

Désirable, séduisante.

Il voulait lui faire l'amour.

Mais son esprit était vide.

Complètement, totalement, inexorablement vide.

« Fais-lui l'amour. »

Et si ?

« Fais-le. »

Il en avait envie, mais en avait-elle envie ?

« Fais-le. »

Sa tête était vide.

« Saisis-ta chance. »

Ses pensées, totalement lourde.

« Tu en as envie. »

Obscurcit, ou illuminé, par son désir, libéré.

Et c'est dans ce vide trop remplit, que la réponse surgit.

« Yôko. » Son ton annonçait l’effondrement de l'univers. « Je te ferais. » Plus rien d'autre n'avait d'importance.

« Mienne. »

Dans sa frénésie interne, le jeune homme n'avait même pas perçu le monde à la même vitesse que Yôko. Tout avait semblé si lent. Elle fuyait. Mais il était trop tard. L'aura de Yôko, fière et courageuse, fut complètement et littéralement écrasée par l'éruption d'une autre. Les vitres explosèrent. Les lampes s'illuminèrent, puis implosèrent. Le raz-de-marée se répandit. Et dans son sillage surnaturel, tout explosa.

Le circuit électrique entier, brûla.

Les façades explosèrent.

Les portes se claquèrent toute, violemment, ou se renversait.

Les leurs d'ors, dansaient, avec folie, dans un quartier sujet au déchaînement d'un jeune dieu trop fougueux, perdu dans sa passion. Comme une créature enragée, il se releva et avança vers Yôko à toute vitesse. Il l'attira contre lui et la plaqua avec douceur, contre le mur.

« Ne pars pas. »

Ses lèvres se collèrent à nouveau à celle de la fuyante, apprentie déesse, qui, de par son laisser-faire, avait réveiller la sincérité du jeune homme. Et sans ménagement, il passa sa main entre les cuisses de celle qu'il convoitait. Le toucher est délectable. Délicieux. Délictueux ? Quand bien même si tel est le cas, il n'en a cure. Car il ne se souciait plus rien. Ni du regard de qui que ce soit, ni du bien être des habitants du coins, qui devaient littéralement être terrorisé par la tempête divine qui se répandait, hors de son contrôle, par sa faute. Ivre de pouvoir, ivre de désir, retourné à un stade de conscience plus léger, le jeune homme laissait libre cours à ce qu'il refrénait habituellement.

« Je t'aime. »

C'était dit. Et le clou n'était pas encore enfoncé assez fort. Alors il allait continuer, prolonger le concerto des doigts et des caresses qui se multiplient dans la cacophonie outrageante, mais pourtant enivrante, regardé avec consternation, rejet et soumission, appelée « sexe ».

« Je t'aime, toi et ta différence. » Il l'enlace, la colle contre lui. Il la soulève, la replace contre le mur. « Je t'aime, pour ton audace, pour ta fraîcheur. » Il fait glisser la robe d'une des épaules de la demoiselle. « Ton odeur. Ton regard. Tes sourires. Ta peau. » Ses lèvres se déposent sur le cou. Et descendent, en même temps que la robe lui permet de découvrir la demoiselle.

Ses mains, à la rencontre du soutien-gorge, défont les agrafes du soutien-gorge. Il embrasse alors la révélation, sans aucune gêne, alors qu'il l'emmène vers le lit. Sa proie, désormais, il ne la laissera plus partir. « Laisses-toi faire et tu ne regretteras rien. »

Furieusement, son désir, ardent, brûlant, est visible, à travers ce qui aurait dû les cacher. Oui, le roi Arthur est visiblement attiré par la demoiselle en dessous de ses bras. Il écarte le sous-vêtement, finit de dénuder la demoiselle, pour mieux la caresser avec précision, tout en l'embrassant. Yôko s'était jetée tout droit dans les griffes d'un lion.
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Re: Kick it out ! [NC-18] - Jeu 10 Oct 2013 - 10:52
« Les femmes font les pires folies pour allumer une passion et prennent la fuite devant l’incendie. »

Cette phrase, Yôko l'incarnait dans sa totalité à ce moment précis où elle prit ses jambes à son cou face à la flamme vigoureuse et naissante dans la poitrine d'Atios. Tout n'avait été que folie. Folie de se croire sauveuse lorsqu'elle repoussait quelqu'un dans un gouffre. Folie de se croire en sécurité alors que le danger l'enlaçait sans se cacher d'elle. La naïveté, ou le refus d'accepter ce qui se passait entre un garçon et une fille, l'avait poussé à attiser le désir, puis à faire naître la frustration. Inacceptable. La jeune apprentie déesse avait fini par le remarquer. Le désir ne disparaît pas quand on le nourrit de caresses, de tendresse. Il ne se laisse pas assassiner par quelques vaines paroles maladroites, aussi efficaces qu'un papier de verre pour entamer l'ébène. Naturellement, le désir n'a pas d'oreilles. Le désir d'Atios n'écouterait certainement pas les cris désespérés de Yôko. Pourrait-il percevoir ses craintes ?

Courage, fuyons. Elle pensait alors n'écouter que sa bravoure en se dressant sur ses jambes, en faisant un pas devant l'autre, pour ne pas se faire engloutir par l'incendie qui se déclarait. Cette chaleur dévorante la poussait à paniquer. Une force brute que la demoiselle n'avait que bien rarement connue embrasait l'air désormais pesant. Une bombe ; Atios était une bombe à retardement, prêt à exploser à tout instant. Yôko, tenant à sa peau, à la moindre petite parcelle de peau, intacte, se disait que jouer les suicide girls n'était pas son rôle aujourd'hui. La fuite semblait la seule alternative viable.

Elle avait eu raison d'agir ainsi. Elle en était certaine. L'esquisse d'un sourire eut à peine le temps de se dessiner sur son visage enfantin que, finalement, ses espoirs naïfs furent balayés dans une sorte d'onde de choc. Son cœur ne fit qu'un bond dans sa poitrine, tandis que la pointe de ses chaussure décolla du sol. Instinctivement, Yôko croisa les bras devant son visage, se mit plus ou moins en boule. Son aura, ses maigres pouvoirs, rien ne put la protéger de ce qui l'avait propulsée. Elle tomba plus ou moins brutalement dans le salon d'Atios – ou plutôt, ce qu'il en restait – contre un mur.

La main du garçon au regard fou s'empara de son poignet. Il l'aida à se relever. Elle ne tenait plus sur ses jambes. Elle ne savait plus où elle était tant les choses allaient vite. Elle percevait des cris, des grésillements, des bruits de plâtre qui s'effritait. Tout était sens dessus dessous. Yôko ne savait même plus si Atios la poussait alors contre un mur ou le sol – le mur était plus crédible si elle y réfléchissait, il était lisse, pas le parquet.

Où était le centre terrestre ? La Lune ? Son cœur battait trop vite, et elle avait du mal à respirer. Prendre de grandes bouffées d'air était impensable, ses lèvres étant emprisonnées par celles de l'éphèbe. Ses paupières refusaient de s'ouvrir sur la réalité. Yoshi, viens m'aider ! Ramène-moi à l'académie, je veux mon lit ! Je veux me cacher !


« Je te ferais... mienne. Ne pars pas. »


Ces deux petites phrases, telles une mélodie de boîte à musique rouillée, s'enchaînaient inlassablement dans son esprit. La fuite, la fuite. Non. La bombe avait explosé sans crier gare – sale tricheur. Sa conscience embrumée percevait à peine la douceur des lèvres du garçon, la brusquerie de sa main qui s'immisçait entre ses cuisses. Elle sursauta, cependant incapable de faire davantage que de repousser à l'aide de ses petits poings le garçon impétueux. Trop de fougue ; aïe. Pas de force dans les bras. Lui, l'était sans doute trop. Même s'il était mince. Ne pas se fier aux apparences. Et puis, ses doigts se glissèrent soudainement sous les pans de sa robe, découvraient les formes de son entrejambe indirectement grâce à son sous-vêtement. C'était suffisant néanmoins.

Suffisant pour que la sensation lui fasse écarquiller les yeux, serrer une partie du vêtement d'Atios entre ses doigts fins, gémir de surprise. C'était fort. Si inattendu. Si, ça l'était ? Pourquoi c'était comme ça, pourquoi son corps menaçait-il de lâcher ? La peur l'envahit, en même temps qu'une étrange excitation. Fixant le porteur d'Excalibur d'un regard terrorisé, paralysée, elle se sentit assommée par les maigres mots qui s'échappèrent de sa bouche.


« Je t'aime. »


Elle lui avait pourtant dit qu'elle ne voulait pas savoir. C'était bien trop tôt, impensable. Rien ne va jamais comme on le désire, n'est-ce pas ? Est-ce que le destin n'a pas voulu se moquer d'elle ? Yôko ne voulait pas, ne voulait pas. Savoir. C'était des responsabilités. Aimer. Tora. Son fiancé. Mariage de raison. Qu'est-ce que l'amour chanté, déclamé, proclamé ? Elle ne connaissait que l'amour secret que Tora nourrissait un jour pour elle, celui qu'il n'a jamais exprimé que par une demande en mariage avant de se donner la mort. Ridicule. Traumatisant. Ouh, là c'était agréable et doux. Comment faisait Atios ?

Et tandis qu'il découvrait une de ses épaules, Yôko crispait ses doigts sur les siennes. Il fallait réfléchir, se faufiler de son emprise. Et bim, contre le mur encore. Elle devait se concentrer. Sa robe descendait, laissait le haut de son buste nu. Rassemble tes pensées, Yôko, ceci est une urgence. Il l'embrassait. Ça chatouillait un peu, sa peau frissonnait. Beaucoup trop perturbant pour réfléchir convenablement. Mais c'était tout aussi effrayant. La demoiselle à la rose chevelure perdait pied... et ses vêtements.


« Arrête... ça... »


Son regard perdu glissa vers la robe qui gisait à ses pieds. Elle ne pouvait regarder son corps, pour la première fois. Elle ne pouvait rire. Elle se sentait bloquée, mal à l'aise. Elle ne voulait pas. Les petits motifs de carotte et lapin mignons lui firent un second choc. Elle n'était plus une enfant.


« Je ne veux pas... »


Sa voix tremblotait, laissant les mots à demi coincés dans sa gorge. C'était trop important pour qu'elle le voit avec rire, dérision. C'était aussi amusant que la torture d'un prisonnier de guerre. Bon, elle éxagérait, mais lui aussi. Atios. Incarnation d'une pureté aujourd'hui disparue. Il n'était plus un enfant non plus. Il avait beaucoup grandi, était devenu un homme. Un homme qui la dénudait et comptait faire d'elle une femme.

Comment en était-elle arrivée là ? Ah oui, une vision au beau milieu d'un cours. Elle s'était sentie investie de la mission de le sauver. Au lieu de quoi, il l'entraînait dans la débauche et le vice. Autour d'elle, les lieux étaient semblables à un lieu ravagé par les flammes. Sa tête tournait. Les baisers mouillés du jeune homme se faisaient doux et enivrants sur sa peau laiteuse. Plus agréables, moins forts que les premières caresses. Elle hésitait encore. Un bras posé en travers de son visage pour se cacher, l'apprentie-déesse laissa sa seconde main découvrir à tâtons le corps vibrant et chaud au-dessus d'elle. Ses doigts glissèrent entre les mèches brunes, le long de son nez fin. A la commissure des lèvres agitées. Le cou. Les boutons d'une chemise qui sautèrent alors un à un, lentement.

Au contact d'un autre bouton sur son torse, la demoiselle soupira faiblement. Les attentions d'Atios étaient attirantes. Elle se surprit à être un peu plus à l'aise, même si la gêne, la pudeur primaient toujours. C'étaient là des choses qu'elle n'avait jamais imaginé vivre un jour. Ou qu'elle avait préféré mettre de côté, par manque d'intérêt depuis ses fiançailles. Le sexe. C'était décrit comme quelque chose de violent, ou comme un plaisir extrême. Une amie lui avait même dit avoir connu un genre de "petite mort" tant c'était bon. Cela l'avait intriguée, mais Yôko n'imaginait pas le vivre. Ni être touchée par un garçon amoureux. Atios l'aimait-il ? Il le lui avait dit. L'aimait-elle ?

Un gémissement entre les dents. Son dos se cambra sous l'impulsion, l'envie qui naissait, faisait frissonner ses entrailles. Elle découvrit son visage, s'agrippa au garçon dans un élan de crainte.


« Sois doux avec moi... s'il te plaît... »


Sa voix se fit hésitante et frêle. Pleine de sincérité et de douceur. Osant un regard vers son visage, elle chercha un baiser, en déposa un à la naissance de sa clavicule. La chemise glissa le long de ses bras fins tandis que les cœurs battaient la chamade. La seule mélodie qu'elle percevait alors. Les commerces amoureux n'étaient plus aussi magiques que les premiers, mais qu'importait, ils restaient agréables. Moins choquants. Comme des morceaux de chocolat, délectables à la première bouchée, et suffisamment addictifs pour donner envie de les dévorer jusqu'au dernier. Atios était un monde à lui seul, un monde inconnu qui rendait la jeune fille très curieuse. Elle baladait désormais ses mains sur toute la surface corporelle possible, serpentant entre les creux et les reliefs, s'attardant sur l'emplacement d'un mont brûlant. Si doux...

La boucle de la ceinture, dans un geste presque naturel, sauta. Le regard hagard dirigé vers un coin de la pièce, Yôko continua son exploration, fit glisser le pantalon. A peine rassurée, elle se focalisait sur les paroles d'Atios pour ne pas paniquer.


« Laisses-toi faire et tu ne regretteras rien. »


C'était une occasion unique, n'est-ce pas ? Allez Yôko, courage. Tout le monde en parlait, tout le monde le faisait. Ça ne devait pas être si difficile de le faire aussi. Avec Atios. Connaissait-il déjà tout ça ? Elle ne pouvait que le laisser la guider. De toute évidence, il savait quoi faire. Timidement, elle enlaça le bassin du garçon de ses jambes, le visage empourpré. Le sort en était jeté.

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Re: Kick it out ! [NC-18] - Lun 24 Fév 2014 - 16:11
Après avoir lu ce rp, il n'en ressort qu'un seul mot. Frustration. Celle d'Atios, bien sûr. Mais aussi la mienne en temps que lecteur. C'est magnifiquement écrit, on sent les personnages torturés par tellement de facteurs, c'en est touchant. Et frustrant, de voir ce rp à l'abandon, de la sorte. C'est dommage de savoir qu'il n'y aura jamais de suite...

Kurokami Atios : 340 xps

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