Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

[quête du mois] Arsenic et eau salée

♦ Rose ou chou ? : rose
♦ Combien de rides ? : 24
♠ Petits messages : 259

Feuille de personnage
Niveau:
5/30  (5/30)
Expériences :
6001/1000  (6001/1000)
Votre domaine: Les Poisons
avatar
Apprentie-déesse
Apprentie-déesse
Voir le profil de l'utilisateur
[quête du mois] Arsenic et eau salée - Lun 5 Aoû 2013 - 0:16

Arsen retint son souffle. L'ignoble créature s’arrêta devant la porte du placard où la jeune fille était cachée et renifla, elle la cherchait. L’albinos pouvait sentir son haleine fétide à travers les lamelles de bois qui composait la porte. Mais comment s’était-elle fourrée dans une telle galère? Pourquoi était elle bloquée dans un placard, un monstre attendant sa sortie pour lui faire la peau? Pourquoi avait-il fallu qu'elle accepte cette invitation louche? Arsen se demandait bien pourquoi mais il était trop tard pour se lamenter à présent.


36 heures plus tôt...


Arsen vaquait à ses occupations quand elle entendit un bruit de papier froissé non loin d'elle. Surprise elle se dirigea vers la porte de sa chambre, là où elle avait entendu le son, et y découvrit une petite enveloppe de papier brun. Elle se demanda d'abord si elle n'était pas adressée à Shaad Princeton, son colocataire mais son nom était inscrit à l'encre noire sur l'enveloppe. Aucun doute n'était possible quant au destinataire. Méfiante, la jeune fille ramassa la lettre, l'inspecta et ne découvrant rien de suspect, l'ouvrit. La jeune fille n'était pas habituée à recevoir des lettres, elle n'en avait jamais reçue de son vivant, si on excluait les quelques missives que Monsieur avait laissé à son attention de temps à autre pour une mission. Elle contenait un carton où il était inscrit en lettres d'or

« BIENVENUE AU PARADIS
Félicitation Mademoiselle Arsen Icum, vous êtes la grande gagnante de notre concours! Vous voici donc par la présente invitation, conviée à venir prendre quelques vacances dans le cadre idyllique de notre station balnéaire. Ses plages de sable noir et son eau turquoise vous séduiront à coups sur et notre auberge vous apportera tout le calme nécessaire à votre détente. »

Arsen tenait entre ses mains une invitation à aller à la mer. Certes ce carton était on ne peut plus louche mais comment refuser une telle opportunité? Un voyage tout frais payé pour 3 jours et 2 nuits à la mer, la jeune fille n'aurait même pas su en rêver. Elle fit donc ses bagages sur le champ, emportant son livre évidemment, quelques fioles, des vêtements de rechange et la petite peluche étrange en forme d'ornithorynque qui ne la quittait plus. Elle fourra la lettre dans sa poche, mit le sac sur son épaule et partie pour le port entre les dimensions. Bien sur elle ne le trouva pas tout de suite et dû tourner en rond pendant une bonne heure avant d'y parvenir.

La jeune fille arriva sur place au milieu de l'après midi, le soleil était déjà haut dans le ciel et frappait fort, si bien que la température était difficilement supportable pour la jeune fille. l'air ambiant embaumait l’iode, les mouettes criaient, l'albinos quant à elle laissait ses sens s'emplir de tous ces détails, les gravant dans sa mémoires puis ouvrit ses yeux aux couleurs ardentes. La jeune fille fut éblouit par le spectacle qu'elle contemplait. Cette vaste étendue d’eau à perte de vue, si belle, si bleue... C'était la toute première fois qu'Arsen voyait la mer de ses propres yeux. Elle connaissait la Tamise mais ses eaux grises et boueuses n'avaient rien à voir avec le spectacle qu'elle était en train de contempler. Le soleil la faisait resplendir, briller de milles feux, le tableau était si superbe que la jeune albinos en resta bouche bée un moment. Mais elle finit par se ressaisir et décrocha à regret son regard de la mer. L'heure c'est l'heure et elle avait un rendez-vous, il était hors de question d’être en retard.

Une pancarte plantée sur le bas coté indiquait "Paradis 560m à droite", Arsen remit son sac sur son épaule et suivit la flèche sur un petit chemin caillouteux qui filait entre les tas de sables épars. Elle arriva bientôt à un grand portail doré tout délabré dont l’écriteau "PARADIS" se balançait au bout du seul anneau qui le retenait encore à la structure de fer forgé. L'auberge PARADIS était une vieille bâtisse posée au milieu des dunes, sortant de nulle part, elle faisait face à la mer et à sa plage de sable noir. Sa façade nord était bordée d'un petit cimetière qui semblait à l'abandon depuis pas mal de temps déjà mais cela n’ôtait rien au charme de l'endroit.

Arsen franchit le grand portail, regardant autour d'elle, fascinée par l'étonnant contraste entre le sable noir et les pierres blanches qui composaient le petit chemin et avança jusqu'à la vieille porte en bois de l'auberge. Elle s’apprêtait à toquer quand la porte s'ouvrit. Une petite bonne femme pas plus grande que notre Arsen venait d'ouvrir, un grand sourire sur ses lèvres. Ses cheveux blancs étaient retenus dans un chignon désorganisé dont plein de mèches rebelles s'échappaient, et les rides au coin de sa bouche indiquaient que la vieille femme souriait très souvent, ça avait dû être le cas toute sa vie. Elle devait avoir un grand cœur pour un si petit bout de femme.

-Vous devez être Arsen Icum, je vous attendais. Bienvenue au paradis! Vous avez fais bon voyage? oh mais entrez mon p'tit, ne restez pas devant la porte.

La vieille dame parlait si vite que s'en était déconcertant, elle avait attrapé la main d'Arsen et la secouait frénétiquement de haut en bas en guise de salutation. Elle avait bien plus de force que son âge avancé ne le laissait paraître.

- Euh bonjour.. excusez moi mais vous êtes?

La bonne femme gloussa en mettant une main devant sa bouche.

-Mais où avais je la tête, je ne me suis même pas présentée. Henriette Paradis pour vous servir, mais tout le monde m'appelle Mamy Paradis ici. Je serais votre hôte pendant votre séjour, j'espère que vous vous plairez ici.

Elle la tira à l'intérieur de la bâtisse dans un grand hall d'entrée. Un vieux tapis persan ornait un sol en bois, grimpant sur les marches d'un grand escalier à la rampe joliment sculptée. Un balcon entourait la salle, desservant les chambres du premier étage et un grand lustre trônait au milieu de la pièce. L'ensemble était assez vieillot et sentait le renfermé mais la grand mère survoltée tenait son auberge de mains de maître car il n'y avait nul part la moindre trace de poussière. La vieille dame lui fit faire une petite visite du propriétaire puis l'emmena à une petite chambre située au premier étage, juste en face de l'escalier. Elle ouvrit la porte et laissa entrer la jeune fille, comme le reste de la bâtisse la chambre était proprette. La première chose que l'on pouvait voir en entrant était le grand lit à baldaquin d'un bleu passé mais ce n'est pas vers le lit que se précipita Arsen. L'albinos se rua vers la fenêtre d'où on voyait la mer s'étendre à perte de vue derrière le petit cimetière. Depuis qu'elle avait vu la mer, elle n'arrivait plus à en détacher le regard ce qui semblait beaucoup amuser son hôte.

-Elle est belle n'est ce pas? Moi non plus je ne peux m'empêcher de la contempler dès que je passe devant une fenêtre.


-Elle est magnifique! si j'avais su qu'il existait quelque chose d'aussi beau je serais venue bien plus tôt.. dit la jeune fille perdue dans sa contemplation.


-Oh mais vous n'aviez jamais vu la mer mon p'tit?! Vous n'avez jamais été vous baigner?


-Euh.. non.. bafouilla Arsen un peu gênée.

La vieille femme la regarda de la tête aux pieds en se grattant le menton, pensive.

-Le petit noir devrait être à sa taille... marmonna Henriette pour elle même puis ajouta, Venez on va arranger ça!

Elle l'empoigna par le bras et l'entraîna derrière un paravent au motif marin tiré dans un coin de la pièce, à coté d'une commode en chêne. Et avant de dire ouf, Arsen se retrouva en sous vêtements, la vieille dame portant ses vêtements sous le bras en train de farfouiller dans la commode. Elle s'interrompit pour la regarder.

-Mais comment vous êtes vous faites ces horreurs? Rien ne devrait troubler la beauté d'une femme! On va plutôt opter pour le blanc dans ce cas, dit elle en se retournant vers le meuble de bois clair.

La jeune fille regarda ses petites cicatrices circulaires qui constellaient son flan droit. Elle avait prit un coup de tromblon un jour où elle essayait de fuir il y avait de ça quelques années. Avant sa mort bien évidemment. Et elle s'en était plutôt tirée à bon compte cette fois là, son long manteau avait stoppé la plupart des plombs. Son hôte réapparu derrière le paravent en lui tendant une chose de tissu blanc informe et sa montre à gousset cabossée.

-Voila mon ptit, mettez ça! je vais vous laver vos vêtement, allez donc vous détendre sur la plage il n'y a personne.

Et l'aubergiste disparue, ses habits à la main. Après avoir réfléchit pendant quelques minutes à comment mettre ce qu'on lui avait donné, Arsen ressortit de la chambre dans un petit maillot de bain une pièce blanc avec des petits volants sur les hanches et des nœuds sur les bretelles. La petite bonne femme l'attendant en bas de l'escalier et l'accueillit avec enthousiasme.

-Parfait! tenez mettez ça, avec votre grain de peau il faut faire attention au soleil. dit Henriette en lui vissant un chapeau blanc aux larges bords sur la tête. Vous voila parez mon petit, amusez vous bien. Le repas est servi à 19h, ne soyez pas en retard.

Et la vieille dame s'éclipsa laissant Arsen seule au milieu du hall d'entrée. La jeune fille partit sur la plage, ressentant la brûlure du sable chaud sous ses pieds. Cette sensation lui était jusqu'alors étrangère, elle n'avait jamais senti ses pieds s'enfoncer dans le sable, cette chaleur, cette lourdeur... Elle continua jusqu'au sable mouillé, plus dur, puis jusqu'à l'eau. Curieuse, Arsen plongea la pointe de son pied pâle dans l'écume et se laissa envahir par la fraîcheur de l'eau. L'albinos resta là, à tremper ses pieds dans l'eau, pendant des heures. Elle était fascinée par cette entité si vivante qui venait happer ses pieds tout en douceur, c'était comme si le temps n'avait plus de prise sur elle. Un sourire naquit sur ses lèvres, tout petit tout timide puis plus assuré, comme un enfant devant la vitrine d'un glacier.

Mais si la petite brise était agréable c'est aussi elle qui brisa l'instant. Tandis qu'Arsen tentait d'attraper l'écume entre ses doigts fins, un coup de vent fit choir son chapeau. Affolée la jeune fille se précipita d'en l'eau pour le récupérer. Madame Paradis lui avait gentiment prêté ce chapeau et elle ne pouvait pas rentrer a l'auberge sans. Mais la belle aux cheveux de nacre n'avait pas prévu que dans l'eau si bleue, le mouvement des vagues avait créé un décroché et si elle avait de l'eau jusqu'aux chevilles, un mètre plus loin elle en avait jusqu’au ventre. Elle trébucha et sentit le sol se dérober sous elle avant de se retrouver la tête la première dans l'eau. Complètement paniquée Arsen tenta de respirer mais elle ne fit que boire la tasse. L'eau salée brûlait sa gorge et ses yeux grands ouverts. Elle agitait vainement les bras pour tenter de remonter à la surface mais ne parvenant plus à différencier le haut du bas et des cotés elle se sentait prise au piège, totalement impuissante. Elle avait déjà eu cette sensation là au part avant et elle aurait du s'en souvenir. Maudissant son inconscience, elle se dit en son fort intérieur qu’elle n’aurait jamais dû s’approcher de l’eau, Arsen ne savait pas nager.

La jeune fille sentit à nouveau le sol sous ses pieds et donna un grand coup pour se redresser. Elle se retrouva debout, de l'eau jusqu'au nombril à quelques mètres à peine de la plage à tousser et cracher l'eau de mer qu'elle avait avalée. Ses cheveux ruisselaient dans son dos et devant son visage, reprenant lentement sa respiration elle essuya son visage d'un revers de main en frottant ses yeux qui la piquaient encore. Elle couru sur la plage, attrapa au vol le chapeau qui s'était posé sur le sable et s'enfuit vers le petit cimetière.

La fille aux regards de sang tremblait de tout son être. Elle marcha entre les tombes, ses jambes nues chatouillées par les herbes hautes avant d'apercevoir un petit mausolée de pierres blanches. Elle s'assit dans un recoin, roulée en boule les bras autour de ses genoux, le dos contre la pierre tiédie par le soleil. Elle pleurait comme elle avait rarement pleuré au part avant. Tout son corps se souvenait de la sensation de noyade, ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait. Jadis, la jeune albinos était tombée dans les eaux grises de la Tamise qui avaient failli l'engloutir. Elle avait douze ou treize ans à cette époque, elle avait lutté contre le fleuve tumultueux mais après de longues minutes à se débattre elle avait lâché prise. Elle s'était résignée à mourir mais elle avait vu Monsieur et... jamais elle ne l'avait autant déçue. Pire que d'affronter la mort c'était le regard de son maître qui l'avait le plus marquer et jamais elle ne s'en était totalement remise. Il l'était tout pour elle, il l'avait nourrie, vêtue, logée, éduquée, il n'avait pas été tendre avec elle mais il lui avait tout apprit. Elle lui devait la vie et elle avait voulu se laisser mourir. Jamais elle ne se le pardonnerait.

La jeune fille cessa de pleurer et remit une mèche trempée derrière son oreille. Un rayon de soleil faisait briller ses cheveux blancs encore gorgés d'eau de mer comme la lune illumine le ciel noir encre en été. Un bruit étrange fit émerger Arsen de ses pensées. Elle tendit l'oreille, il s'agissait d'un bruit pareil au crissement des ongles sur un tableau noir, un son qui vous donne la chair de poule rien que de l'entendre, et il était tout proche. Elle bondit sur ses pieds, tout ses sens en alerte et se cacha derrière une tombe en guettant l'entrée du mausolée contre lequel elle était adossée quelques secondes auparavant. En y regardant bien, elle vit la porte bouger sensiblement. C'était presque imperceptible mais son regard aiguisé par des années d'observation l'avait remarqué, quelqu'un ou quelque chose tentait de faire bouger la porte en fer forgé qui scellait l'entrée du tombeau.

L'albinos jeta un coup d’œil inquiet autour d'elle à la recherche d'une arme. Voir la porte d'un mausolée bouger est rarement un très bon signe. La jeune fille ne trouva qu'un vase en fayence qui contenait des fleurs fanées depuis un moment. Faute de mieux elle se glissa à pas de loup jusqu'à la tombe, enleva les fleurs et serra le vase contre elle en retournant se mettre en position. Les assauts sur la porte se firent de plus en plus violents, les crissements remplacés par des coups et bientôt la porte céda. Une créature immonde sortit du mausolée, grande et maigre, les muscles décharnés et la membrane grisâtre qui lui servait de peau accentuait son allure effrayante. Le monstre plissait ses petits yeux, aveuglé par la lumière vive, ce qui ne semblait pourtant pas l'empêcher de ronger quelque chose de ses dents jaunâtre et acérées comme celle d'un requin. Arsen déglutit, l’immondice rongeait un os humain, un tibia probablement. Une odeur pestilentielle s'en dégageait et elle dû réprimer un haut-le-cœur. Elle se souvenait avoir déjà vu cette bestiole dans un livre sur les créatures qu'elle avait emprunté à la bibliothèque de l'académie (comme elle séchait la plupart des cours il fallait bien qu'elle occupe ses journées), elle portait le nom de goule.

Soudain elle tourna sa tête répugnante vers la jeune fille et lâcha son os, reniflant l'air en la regardant. L’albinos elle, était figée sur place tandis que la créature salivait. Une substance visqueuse coulait de sa bouche pour former au sol de petits tas poisseux, ce qui ne faisait qu'accroître le dégoût de la jeune fille. En une fraction de secondes, l'horreur se rua sur elle bras ouverts et gueule béante, dévoilant quantité de crocs acérés. La voyant fondre sur elle Arsen n'eut qu'un réflexe, et plutôt un bon réflexe, elle lui fracassa le vase sur le crâne et se mit à courir aussi vite qu'elle le put. Elle profita que la bête soit sonné par son coup pour mettre le plus de distance possible entre la goule et elle, mais pieds nus, les cailloux sur le sol la ralentissait. Elle slalomait entre les tombes, marchant sur les dalles de marbre pour éviter les graviers du chemin. Le monstre était mal habile et très lent ce qui ne le rendait pas moins hideux mais arrangeait Arsen de manière certaine. Elle s'arrêta de courir en apercevant non loin d'elle un crucifix en ferraille rouillée sur l'une des tombes. Elle essaya de le déloger de son écrin de pierre, tirant poussant avec ses pieds tandis que la goule se rapprochait lentement. La jeune fille y mit toute sa force mais ça ne suffisait pas, son arme improvisée, comme Excalibur, refusait de bouger. Le monstre n'était qu'à quelques mètres d'elle et la panique la guettait. Elle sentait son odeur fétide sur sa nuque quand soudain le crucifix se dégagea. Prise dans son élan Arsen tomba sur les fesses et échappa de justesse aux griffes de la goule qui trébucha. Elle empoigna son arme et profitant de l'ouverture, lui planta aussi fort que possible dans la tête. Un sang poisseux lui gicla sur le visage tandis que la ferraille transperçait l’œil et le cerveau de la créature. La jeune fille lâcha l'arme qui tomba morte sur le sol. Elle s'essuya la joue d'un revers de main, dégoûtée, et réfléchit à ce qu'elle allait faire du cadavre. Elle ne pouvait pas se permettre de laisser cette horreur là où n'importe qui aurait pu tomber dessus, surtout que cette créature n'aurait jamais du ce trouver dans ce monde-ci. Après quelques instants elle décida de l'enterrer dans une des tombes fraîchement rebouchée, la terre y était déjà retournée et on ne verrait pas la différence. Quoi de mieux que de cacher un cadavre au milieu d'autres cadavres?

Quand elle eut fini sa besogne, Arsen regagna discrètement sa chambre et s'enferma dans la salle de bain. Son beau maillot de bain blanc était couvert de terre et de taches de sang. Elle devait se dépêcher de tout laver car on l'attendait pour le repas mais la vieille dame avait prit ses vêtement, alors farfouillant dans l'armoire elle enfila la seule chose qu'elle trouva. Quand elle arriva dans la salle à manger elle ne vit qu'un couvert et un plat sous cloche accompagné d'un petit mot signé Mamy Paradis. Elle avait été retenue et ne mangerai donc pas avec elle mais la jeune fille aurait l'occasion d'honorer les termes du contrat demain. Mais quel contrat?! Arsen ne chercha pas à comprendre, elle saurait demain de toute façon et puis elle savait très bien que cette invitation n'était pas gratuite, c'était beaucoup trop louche. Elle mangea donc seule dans sa petite robe blanche.


Pendant la nuit, quelque chose réveilla la jeune fille mais contrairement à d'ordinaire ce n'était pas un cauchemar. Le va et vient des vagues sur la plage l'avait bercée et elle avait dormi d'un sommeil apaisé jusqu'à ce bruit. Décidément les bruits n'étaient annonciateurs de mauvaises nouvelles. Arsen avait le sommeil extrêmement léger et les "CRUNCH" à coté de son oreille la firent sursauter. Elle ouvrit brusquement les yeux et se retrouva nez à nez avec deux petites créatures étranges. Les bestioles ressemblaient à des peluches toutes rapiécées, l'une de chat et l'autre de grenouille. Elles étaient en train de croque l'oreiller et les draps de la jeune fille aux cheveux de nacre. Une partie du lit avait déjà disparue. Elle poussa un cri et recula à quatre pattes jusqu'à tomber du lit. Les deux gnappeurs (car c'est bien ce que c'était, des gnappeurs) redressèrent en l'entendant et poussèrent une multitude de couinements aiguës en partant se cacher. Les peluches couraient à une allure folle de telle sorte qu'elle les perdit de vue. L'albinos se redressa, il fallait qu'elle règle leur compte à ces satanées bestioles avant qu'elles ne dévorent toute l'auberge.

Elle attrapa les deux étuis en cuir dans son sac et passa la ceinture autour de ses hanches, par dessus le tee-shirt de l'uniforme de sport trop grand pour elle qui lui servait de pyjama (elle n'en avait pas besoin vu qu'elle n'allait pas en cours de sport). Les deux couteaux que Mr Urmanis lui avait offert lui serait d'une très grande aide mais encore fallait-il qu'elle arrive à les toucher. Arsen avait beau leur courir après les gnappeurs étaient bien trop rapides. Ils se faufilaient partout, sous le lit, derrière l'armoire, dans les rideaux et sous le tapis en engloutissant sur leur passage une partie du mobilier. La jeune fille était agile et courait vite, elle dérapait sur le parquet, glissait sur les tapis, sautait par dessus les cadavres de meubles qui jonchait le sol. Elle plongea sous le lit et attrapa de justesse la queue de la peluche en forme de chat qui détalait. Celle-ci la traîna sur quelque mètres avant que la couture ne cède en l'envoyant valser contre l'armoire. Un peu sonnée, la fille aux cheveux de nacre tenta de se relever mais le chat bondit sur elle tous crocs dehors et elle ferma les yeux attendant le choc et la douleur à venir. Mais à son grand étonnement aucune douleur ne vain, la peluche était très légère et à part sa mâchoire on ne peut plus étrange pour une peluche, elle était faite uniquement de tissus. Quand Arsen ouvrit les yeux, elle n'avait certes pas été blessée mais son tee-shirt avait presque intégralement disparu dans la gueule du chat pour ne la laisser en culotte au milieu de la pièce. Les joues légèrement rougies par la gène, elle attrapa le monstre en plongeant ses deux mains dans sa gueule béante, empoignant à pleine main sa mâchoire de chaque côté. Et elle tira, on entendit un petit craquement mais la bestiole se débattait toujours, elle bougeait tellement qu'elle entraînait la jeune fille avec elle, la faisant se cogner contre les murs. Irritée et à bout de souffle, Arsen la balança contre les marches du vieil escalier qui descendait au rez de chaussée. Elle profita que le gnappeur était étourdit pour sortir un de ses couteaux et l'ouvrir de haut en bas dans une pluie de ouate.

Sa y est elle en était enfin débarrassée. Elle remonta péniblement les escaliers et regagna sa chambre pour y retrouver le gnappeur grenouille une feuille froissée dans la bouche. Elle l'avait complètement oublié celui-la et elle n'aurait pas dû car pendant qu'elle pourchassait le chat, la grenouille avait engloutie la bandoulière de son sac et entamait son précieux livre. Le livre, SON livre. Arsen entra dans une rage folle. Personne n'avait le droit de toucher à son livre, c'était le livre de Monsieur qui contenait tout son savoir et tout son art. Il contenait toute sa vie et même une partie de sa mort, elle y tenait plus qu'à sa vie. Elle sortit ses deux couteaux de combat, enlevant sa ceinture qui modifiait son centre de gravité et poussa un hurlement effrayant avant de se mettre à courir. Le gnappeur lui sauta dessus, commençant à boulotter la bande qui enserrait la poitrine de la jeune fille mais il s’aperçut bien vite que c'était une très mauvaise idée de l'attaquer, surtout quand il se mangea un violent coup de couteau sur le flan. La bestiole poussa un couinement aiguë et s'enfuit en courant sous le lit. La jeune fille le poursuivit en sautant par dessus le lit cette fois ci mais il lui échappa et fuit dans le couloir. Les traits déformés par la colère et le regard aussi rouge que les flammes de l'enfer, elle lui courait après et d'un bond sauta par dessus la rampe de l'escalier pour atterrir toute lames dehors trois mètres plus bas dans le hall d'entrée. Elle avait mal aux jambes ce qui n'était pas vraiment étonnant après une chute pareille mais ne s'en formalisa pas, elle avait bien plus important à faire: la vengeance! La bestiole fut accueillit en bas de l'escalier par les lames d'aciers des deux couteaux de combat que la jeune albinos empoignait.La grenouille n'eut pas le temps de couiner que l'acier la clouait au sol et Arsen s'acharnait, tirant, déchiquetant, encore et encore jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un tas informe de tissus, de boutons et de ouate rependu sur le parquet. L'albinos se calma lentement et retrouva son visage impassible habituel avant de se redresser, et épuisée, elle retourna se coucher dans la moitie de lit qu'il lui restait.

La matinée du lendemain fut des plus paisibles. Madame Paradis ne parue pas même pas étonnée en découvrant son auberge massacrée au petit matin. Cela arrivait régulièrement lui avait elle confié. La jeune fille pensa en son for intérieur que ça ne risquait pas de se reproduire puisque qu'elle avait rossit les vandales. D'ailleurs la présence d'une goule et de deux gnappeurs en ces lieux était bien étrange, pourtant l'albinos n'était pas au bout de ses surprises....

Les deux femmes mangèrent ensemble puis l'aubergiste se leva et déclara:

"Bien. Et maintenant mon p'tit nous avons fort à faire. Venez, suivez moi!"


- Pardon?


-Le contrat ma chère. oh.. à voir votre tête vous n'avez pas lu les petites lignes au bas de la lettre, je m'en doutais. Cette invitation était sous resserve de quelques menus travaux ainsi que quelques divertissements pour la vieille dame que je suis.

Arsen était complètement hébétée. Elle était là l'arnaque. Elle s'en doutait un peu, on a jamais rien sans rien dans la vie. Elle accepta donc d'un hochement de tête et suivit la petite femme. Elle l'emmena dans le boudoir et munie d'une grande perche, elle écarta une tenture qui cachait l'un des mur et dévoila une petite trappe en hauteur. La vieille dame crocheta la petite poignée avec son crochet et tira d'un coup sec. Un grincement se fit entendre, la trappe s'ouvrit et un escalier de bois se déplia dans un fracas assourdissant, emplissant la pièce de poussière. Elle commença son ascension vers le grenier et d'un petit geste de la main intima à Arsen l'ordre de la suivre. Le grenier était très grand, bien plus grand que la vue de l'extérieur de la bâtisse ne le laissait deviner, des milliers de cartons, de malles en tout genre, d'armoires gigantesques le remplissaient. La jeune fille aimait beaucoup ce genre d'endroit, elle s'y sentait en sécurité et ça lui rappelait son enfance, ou du moins ce qu'elle s'en rappelait. Elle grimpait en douce sur les toits et se glissait dans les greniers de préférence inoccupés pour y dormir et puis elle avait rencontré Monsieur.

La vieille dame expliqua dans de grands mouvements de bras à Arsen sa mission du jour: déplacer des cartons d'un bout à l'autre du grenier pour dégager une grosse malle poussiéreuse. La jeune fille remonta ses manches et se mit au travail. Mais les cartons étaient plus lourds que prévu, bien plus lourd et avec sa force de moineau anémique.... Elle dû mettre au point un système de levier et de sangles pour les déplacer et trois heures plus tard elle avait fini. Madame Paradis la rejoint avec son enthousiasme habituel et lui fit descendre la malle dans le boudoir ce qui fut pour l'albinos un véritable tour de force. La grand mère sautillait d'excitation devant la malle comme une enfant devant un camion de glace. Que pouvait-il bien y avoir à l'intérieur? Elle l'ouvrit et des étincelles illuminaient son regard noisette, cette malle contenait tous ses trésors, toute sa vie. Henriette montra à Arsen de véritables merveilles de tissus, des robes somptueuses de toutes les époques et de partout autour du monde. La jeune fille apprit alors que la vieille dame avait été couturière pour les plus grandes stars de son époque, qu'elle avait beaucoup voyagé et qu'elle avait ramené ces trésors de ses diverses pérégrinations autour du monde quand elle ne les avait pas fait elle-même. Arsen se rappela avec nostalgie des belles toilettes de ces dames de la haute qu'elle allait visiter quand celle ci désirait hériter plus vite.

-Tenez, enfilez celle ci, elle devrait vous aller à merveille.


-Non merci répondit l'empoisonneuse avec un air circonspect.


-Oh mais vous n'avez pas le choix mon p'tit. rétorqua la vieille femme avec un sourire qui dévoilait toutes ses dents.

L'albinos se résigna et prit la précieuse étoffe de soie verte que lui tendait madame Paradis, elle la revêtit et réapparu devant elle. Arsen se sentait mal à l'aise mais surtout elle avait la sensation de ne pas être à sa place, une somptueuse robe sur le dos elle avait juste l'impression d'être ridicule et de ne pas faire honneur à sa créatrice. Pourtant Mamy Paradis sautait de joie en s'exclamant, tout à fait satisfaite. Elle lui expliqua en long en large et en travers que ce vert émeraude mettait merveilleusement bien son teint pâle en valeur et faisait ressortir ses yeux aux couleurs du rubis. Mais du haut de ses 1m55, la jeune fille n'avait pas vraiment la taille mannequin et la robe était bien trop longue, ce que Henriette s'empressa de remarquer. Elle lui fit alors essayer une autre robe, puis une autre et encore une autre. Elles étaient bien souvent trop grandes mais ça ne décourageait pas Mamy Paradis qui continuait de l'habiller comme on habillerai une poupée. Arsen fut toute émue quand elle essaya une toilette de son époque, une de ses robes qu'elle avait vu sur de belles femmes tandis qu'elle était un petit garçon caché derrière un rideau, une fiole d'arsenic à la main. Le corset étranglait son corps menu, sensation a laquelle elle ne regrettait absolument pas d'avoir échappé toute sa vie mais pour la première fois l'albinos se sentait femme. La vieille femme lui passa finalement une robe chinoise de soie écru aux motifs floraux, délicatement ornée de de broderies dorées. Au grand étonnement de la jeune femme et de l'habilleuse, la robe lui seyait à merveille. Henriette Paradis exultait, gesticulait frénétiquement autour de la jeune fille avec une énergie impressionnante pour son grand âge. Elle se précipita hors de la pièce, laissant une Arsen figée sur place. Elle revint dans la pièce quelques instants plus tard les mains chargées d'un écrin en velours et d'un petit tas de dentelle. Elle lui enfila délicatement ce qui ressemblait à des gants sans les doigts aux mains, la fit asseoir sur un fauteuil et fit de même avec ses pieds. Tout cela était bien étrange pour la pauvre Arsen qui se laissait faire. La vieille femme sortit un superbe collier en or servit d'un gros grenat et le passa religieusement autour du cou de l'empoisonneuse médusée partant de beauté. C'était tellement incroyable de porter pareille merveille qu'elle osait à peine respirer de peur que le soulèvement de sa poitrine l’abîme. Henriette quant à elle, jubilait sans retenue, se félicitant d'avoir crée une telle beauté, et la criblait de photos.



Ce petit manège dura encore longtemps, si bien que lorsqu’elle eu fini, la nuit était déjà tombée. Après un dîner qui lui paru très calme à coté de la journée qu'elle venait de passer, Arsen descendit sur la plage. Elle remonta le bas de son pantalon et les manches de sa chemise qu'elle avait, à son plus grand plaisir, retrouvée pliée sur la commode de sa chambre avec le reste de ses vêtements. La jeune fille aux cheveux de nacre appréciait la fraîcheur des vagues sur ses pieds mais n'osait pas trop s'approcher de l'eau après sa mésaventure de la veille. Elle fit une longue balade sur le sable encore tiède, laissant flotter ses idées au grès de la brise marine, puis elle regagna l'auberge. Un craquement étrange la fit sursauter. L'albinos se retourna et aperçu une goule au bas de l'escalier, un gigot dans la gueule. Prise de panique, la jeune fille passa la main sur sa hanche. Rien. Elle n'avait pas sa besace sur elle, pas de couteaux non plus. En clair elle était totalement sans défense. Elle marcha le plus silencieusement possible vers l'escalier et grimpa les marches quatre à quatre pour regagner sa chambre ou son sac l'attendant. Elle parvint à l'attendre sans attirer l'attention du monstre mais une fois la porte de sa chambre passée elle failli laisser échapper un cri. Par chance elle se retint. Une deuxième de ces créatures était dos à elle, déchirant ses draps à la recherche de viande fraîche. La jeune fille ne vit qu'autre solution que de se glisser lentement dans le placard juste à coté d'elle et d'attendre que la goule parte de la pièce pour récupérer son sac.



Et maintenant...


Mais ça ne se passa comme le voulait. La goule ne sortit pas de la pièce, elle avait flairé la viande fraîche et était bien décidé à ne pas partir avant de l'avoir dénichée. Arsen sentait son cœur battre à toute allure dans sa poitrine, sans son sac elle n'avait aucune chance de survivre à ces deux monstres. Elle n'avait ni armes ni poisons.. Pas de poisons? Rien n'était moins sur. La jeune fille fit tourner la bague en onyx à son doigt, elle renfermait une poudre bien aussi mortelle que l'arsenic et surtout aussi volatile: le cyanure d'hydrogène. Arsen inspira profondément et poussa la porte du placard avec fracas obligeant la goule à se retourner.D'un geste vif elle ouvrit la bague et souffla un grand coup sur la poudre qui pulverisa sur le visage décharné de la créature. Elle porta les mains à sa tête dans un hurlement et l'albinos en profita pour se précipiter sur son sac. La deuxième goule, alertée par le cri, n'allait pas tarder à rappliquer. L'empoisonneuse voulu attraper sa besace au vol mais sa main tomba dans le vide, elle avait oublié que les gnappeurs avaient dévorés la hanse du sac la nuit dernière. Le temps qu'elle comprenne pourquoi sa main n'avait rencontrée que du vide, le monstre s'était ressaisi et lui donna un violent coup de griffes sur l’épaule. La jeune fille poussa un cri de douleur et s’effondra sur le sol le souffle coupé. Sa chemise avait été lacéré et sa chair profondément entamée mais elle n'avait pas le temps de se laisser étourdir par la douleur, elle devait survivre et dans le cas présent elle n'était pas vraiment sortie d'affaire. Arsen donna un coup de pied dans le genoux de la goule le plus fort possible, attrapa son sac comme elle putt se rua à l'extérieur de la chambre. A son grand damne, la deuxième goule était déjà dans l'escalier, prête à la réceptionner. Dans un élan de désespoir, elle couru dans l'escalier, tête baissée, tenant son sac les bras tendus devant elle et fonça sur l'atrocité. Elle la percuta à pleine vitesse, l'envoyant rouler sur les marches de l'escalier de bois. Mais le monstre l'a saisi par le bras et sans que la jeune fille ne puisse rien faire, l’entraîna dans sa chute. Ils s'écrasèrent sur le sol cinq mètres plus loin, sur le parquet de l'entrée. Ignorant la douleur, Arsen se redressa, prit son couteau et le planta dans le poitrail de la goule encore sonnée à terre. Sa vision était floue et chaque geste lui tirait un gémissement mais elle planta son arme par trois fois dans le corps de la créature. Puis elle se laissa choir à coté du cadavre, sur le vieux tapis persan qui ornait le sol, posant sa tête contre la laine tressée. Son regard fixait avec horreur la porte de sa chambre visible depuis l'entrée et vit l'autre monstre en sortir en titubant avant s'écrouler sur la rampe de l'escalier. Le bois ancien émit un grincement sinistre et céda sous son poids, la goule tomba et vint s'écraser sur le sol dans un fracas de bois et d'os brisés. Le regard aux reflets infernaux glissa sous ses paupières tandis qu'elle s'évanouissait.

Arsen se réveilla quelques minutes plus tard, le corps lourd et complètement endolori. Néanmoins elle ne devait pas s'attarder, elle devait faire le tour de la bâtisse pour vérifier qu'un autre monstre ne se cachait pas encore quelques part. Et puis elle devait absolument désinfecter sa blessure à l'épaule. La jeune fille se leva en grimaçant et rejoint le contenu de son sac qui s'était éparpillé sur le sol pendant la bataille. Elle prit la bouteille d'éthanol qu'elle avait piqué quelques temps auparavant dans le labo de chimie et déchira un morceau de sa chemise déjà en lambeaux avant de se le mettre dans la bouche. Elle déchira un peu plus le vêtement au dessus de l'épaule pour découvrir la blessure et versa l'alcool dessus (Elle savait bien que cette bouteille lui servirait un jour). Une immense douleur l'envahie, transperçant son épaule de part en part, ses yeux étaient pleins de larmes et sa respiration haletante. Après avoir reprit son souffle, elle se leva ses lames à la main et fit un tour de la bâtisse. Rien à signaler. L'empoisonneuse rangea ses couteaux dans leur fourreau à sa ceinture et réprima un haut-le-cœur en s'approchant du tas informe qui avait été quelques minutes plus tôt une goule au cyanure d'hydrogène. Elle attrapa une jambe pliée dans un sens étrange et la tira de toutes ses forces à l'extérieur, vers le cimetière. Il fallait nettoyer tout ça et surtout faire disparaître les deux cadavres. Elle revint dans l'entrée et empoigna le deuxième et le traîna lui aussi dans le cimetière et le fit tomber dans une tombe avec son congénère. Elle sentit alors quelque chose enserrer sa cheville avec force. Une main squelettique venait de sortir de la tombe d'à coté et agrippait à elle pour sortir le reste du corps de la terre.La jeune fille hurla en voyant son asseyant et devint encore plus livide qu'elle l'était déjà. Elle secoua son pied en vain et finit par tomber contre une pierre tombale. Le montre remontait en enfonçant ses doigts osseux dans sa chair, d abord sur les mollets puis les cuisses et il se redressa enfin. Il la dominait de toute sa hauteur et la saisi par les cheveux pour la redresser à son tour. Arsen serra les dents en se débattant, prête à perdre quelques uns de ses précieux cheveux de nacre dans le combat. Le squelette la prit par la gorge et commença à l'étrangler. La jeune fille luttait comme une forçonnée, donnant des coups de pieds et des coups de poings en essayant d'ignorer la douleur et surtout le manque d'air. Mais elle dû vite arrêter faute de souffle, ses mains se crispaient sur la main du squelette pour tenter de desserrer son étreinte, en vain. Elle se résigna, laissant retomber ses bras le long de son corps et ne bougea plus.

Une pensée lui fit comme un pincement, et Madame Paradis? Une fois morte, le squelette allait faire le tour de la bâtisse et ne trouvant rien il passerait à la petit maison de la vieille femme juste à coté de l'auberge et elle n'aurait aucune chance d'y survivre. Et puis elle se souvint du regard déçu de Monsieur sur elle, ce regard si glacial qu'il avait posé sur elle après l'avoir repêchée de la Tamise... Elle s'était jurée de ne plus jamais se résigner. C'était à elle de décider quand sa grande amie la Faucheuse l'emporterai et là ce n'était pas un choix. Arsen réunit ses dernières forces et attrapa la colonne vertébrale du squelette à travers sa cage thoracique et la tira. Une vertèbre se délogea et le monstre s'écroula comme un château de cartes. La jeune fille se releva, les mains du squelette toujours autour du cou. Les autres membres continuaient à bouger et convergeaient vers elle à une vitesse impressionnante. Prise de panique Arsen sauta sur le crane à pieds joints et fit de même avec chaque os qui l'entourait. La prise des mains était toujours très serrée mais en forçant un peu elle arriva à s'en dégager. A bout de souffle, l'albinos ramassa les débris d'os et les jeta dans la tombe avec les deux cadavres de goules avant de la reboucher..

Le lendemain matin c'est une Arsen fatiguée et pleine de contusions et de bleus que fit ses adieux à son hôte. L'aubergiste avait fait semblant de la croire quand elle lui avait répondu qu'elle s'était fait ces blessures en tombant de son lit et lui avait donné une nouvelle chemise pour remplacer l'ancienne. Elle l'avait serré très fort dans ses bras ce qui avait tiré une grimace à la jeune fille et lui avait tendu une bande de soie blanche et un paquet entouré d'un gros nœud rouge.

-Voila, pour remplacer la bandoulière de votre sac, la soie est une matière extrêmement résistante vous savez. dit la vieille dame au bord des larmes. Et puis ceci est un peut particulier, je voudrais que vous l'ouvriez une fois de retour chez vous mon p'tit, vous m'enverrez des photos.

[IMAGE]


Arsen ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire par là mais la remercia du plus chaleureusement qu'elle put. Elle regarda longuement la mer une dernière fois et repartit à l'académie. Une fois arrivée, elle s'enferma dans sa chambre. Elle aurait dû passer à l'infirmerie d'abord mais elle n'en avait pas la foi, pour le moment elle n'aspirait qu'au sommeil. Mais sa curiosité titillée par ce paquet au nœud rouge qu'elle avait posé sur la table. Dans un ultime effort, elle l'ouvrit. Il contenait la magnifique robe chinoise qu'elle avait essayé chez Mamy Paradis ainsi que les manches en dentelle et le collier, le tout était accompagné d'un petit mot sur lequel il était inscrit:

"J'espère que votre séjour au Paradis vous a plu. Je ne m'étais plus amusée comme ça depuis des années alors voici pour vous remercier un petit présent de rien du tout qui vous rappellera cette douce journée d'été.
signé: Mamy Paradis

PS: revenez au Paradis quand vous voulez, vous y serez toujours la bienvenue. Mais seulement à la condition de m'envoyez une photo de vous dans cette robe, un bel homme à votre bras!"

Sur ces quelques mots, Arsen se laissa tomber sur son lit et s'endormit, un sourire aux lèvres.
[quête du mois] Arsenic et eau salée
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» [quête du mois] Arsenic et eau salée
» DOLLY chiot femelle croisé fox-yorkshire 5 mois SPA DOUAI 59
» CANICHE croisé Griffon de 6 mois champagne Roubaix (59)
» SISSI croisée caniche bichon 6 mois DOUAI (59) ADOPTEE
» MOIS DE GLACE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Hors de la ville :: Vers l'océan :: La station balnéaire-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page