Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Entre deux arbres

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Re: Entre deux arbres - Ven 2 Aoû 2013 - 21:49
- Hey !

La jeune femme était tellement obnubilée par la présence de l'ex directeur de la Deus dans l'enceinte de ce lieu totalement incongru qu'elle en avait complètement oubliée le reste. Même la voix du professeur de sport ne l'arrêta pas. Elle devait se tenir prête, elle n'avait pas le choix. En même temps, elle ne comprenait pas pourquoi Isanagi choisissait soudain cet endroit pour apparaitre. Et pourquoi c'était elle qui visait. Car il l'avait fait sortir, il savait pour sa présence. Alors, autant lui faire face. De toute façon, elle n'avait pas peur. Pas pour elle dans tous les cas, mais pour eux: les jeunes qui courraient, les encadrants, les profess....

- Tu pouvais nous le dire que tu connaissais ce gars, on l'aurait appelé pour qu'il vienne te voir, pas la peine de jouer à Geronimo, surtout dans ton état ! Ah les demoiselles transies d'amour...

Elle se retint de sursauter. Il était arrivé là lui. Mais ce n’est pas vrai, quel crétin. Elle se retint de lui dire le fond de sa pensée, ce n'était pas le moment. Et même dans cette situation, il continuait avec ses petites blagues. Elle aurait pu trouver ça drôle s’il n'y avait pas le chef des renégats juste devant eux. Mais il ne se rendait pas compte de la gravité de la situation. Elle se contenta de lui jeter un regard noir, rapide mais qu'il ne pourrait éviter. *S'il te plait, recule. Partez, tous.* Voilà ce qu'elle aurait voulu leur dire mais pas un mot ne franchit ses lèvres.

- Ca suffit, vous êtes dans un lycée, vous n'avez pas à entrer comme ça n'importe comment, et encore moins à troubler le déroulement du marathon, c'est inadmi...

Dès qu'elle aperçut le dénommé Philippe, elle sut que les problèmes allaient commencés. Et forcément, cela ne manqua pas. Le professeur n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà, d'un simple geste de la main, une rafale de vent se leva et souleva le pauvre homme avant de l'envoyer valser contre le mur du gymnase. Le choc fut violent et le laissa retomber au sol, inconscient. Évidemment, la foule s'était arrêtée pour se masser autour du pauvre Philippe. Tant mieux. Pendant ce temps, ils ne tourneraient plus autour du renégat et cela lui ferait moins de monde à devoir protéger.

- Comme tu peux le voir, ma santé se porte très bien, mais je suis content que tu t'en préoccupes
L'extermination de la vermine est l'œuvre caritative la plus noble que cette terre ait jamais connue. Dommage que certains ne le comprennent pas, mais ce n'est pas si grave que ça. Entre deux massacres, on s'occupe d'eux, et puisque tu te trouves sur ma route, je ne vais pas laisser passer l'occasion de réduire les effectifs du Conseil.


Une nouvelle inspiration sur sa cigarette et à nouveau ce sourire suffisant. Son discours ne lui plaisait pas, absolument pas. Les Humains, de la vermine. Non elle ne pouvait pas adhérer à cela. Les exterminer deviendrait une œuvre caritative. Non, rien que d'y penser, cette idée la rendait malade. Il ne parlait que de massacres et sa dernière phrase ne laissait aucun doute sur la raison de sa venue. Réduire les effectifs du Conseil. Il pouvait tout aussi bien qu'il souhaitait la supprimer, cela irait plus vite et reviendrait au même.

- Carole, faut que t'ailles t'occuper de Fifi, j'crois qu'il a pas trop aimé le mur !

Mais ce n’est pas vrai, il était encore là lui? Il était aveugle ou quoi? Ce type était dangereux, il avait quand même vu de quoi il était capable. Qu'il aille lui aussi s'occuper de Fifi, qu'il aille rejoindre Carole, qu'il aille... N'importe où mais pas ici. A croire qu'il cherchait les ennuis celui-là. Oui, ça partait d'une bonne attention mais sa place n'était pas ici, il n'était pas concerné par ce qui se jouait là. Et comble de malheur, il semblait assez têtu pour en rajouter. le voilà qui se plaçait entre elle et Isanagi.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez mais je ne vous laisserai pas faire le moindre mal à cette jeune fille. Et comme je suis bon joueur, je vous donne une chance de partir sans finir en morceaux et d'en rester là.

Sérieusement, le chevalier servant c'était sympa cinq minutes mais là, ce n'était vraiment ni le lieu ni le moment. Et évidemment, le renégat allait se faire un plaisir de profiter de cette occasion. Déjà, son sourire était revenu encore plus mauvais qu'avant, ses lèvres éjectant sa cigarette alors qu'elle pouvait sentir la magie vibrer autour d'elle. Il se ferait un plaisir de liquider Zack. Il leva la main, préparant déjà sa prochaine offensive mais la jeune fille ne lui laissa pas le temps de s'en prendre à l'Humain. Elle se jeta littéralement sur le professeur, l'entrainant rouler au sol avec elle jusqu'au mur le plus proche, évitant de peu la lame d'air lui étant destinée.

Sa cabriole avait peut-être sauvée Zack mais elle réveilla aussi sa douleur à la tête. Non, ne pas se laisser distraire, respirer et retrouver son équilibre. Elle resta un instant au sol, la tête tournant un peu trop. Elle ne voulait pas qu'il voit qu'elle était malmenée. Mais avant tout, elle devait s'occuper du professeur, lui faire comprendre qu'il devait partir, loin et surtout ne pas s'amuser au preux chevalier.

"- Ecoutez-moi attentivement, je ne le répèterais pas deux fois. Vous êtes en danger de mort. C'est après moi qu'il en a et je suis capable de m'en sortir seule. Alors, si vous voulez m'aidez, s'il vous plait... Partez. Loin et vite. Avec tout le monde."

Une nouvelle attaque les frôla de peu. Cette fois, elle ne dut leur sécurité qu'à ses réflexes sur développés. Mais il n'était plus temps de discuter. A peine fut-elle certaine que le professeur ne risquait plus rien, elle se releva pour faire face à Isanagi. Elle restait calme et sereine d'apparence mais au fond d'elle, ce n'était que le froid. Comme la glace qui l'avait enveloppée. IL ne lui ferait pas de cadeau, elle ne lui en ferait pas non plus.

"- C'est moi que vous voulez, alors laissez-les tranquille. Je suis là, et je ne compte pas fuir. Je n'ai pas peur de vous. Et je n'hésiterais pas à me battre. Qu'importe le prix..."

Elle avança tranquillement pour se rapprocher d'Isanagi. Calmement, lentement. Avant de soudainement se jeter sur lui, sans lui laisser le temps de lancer une quelconque riposte. Elle se contenta de lui coller son poing dans la figure, pas aussi fort qu'elle l'aurait voulu. Mais c'était une façon comme une autre de lui faire comprendre qu'elle n'aurait pas la moindre hésitation à aller plus loin. Mais déjà, elle reculait, pour ne pas rester à sa portée. Maintenant, il ne restait qu'à attendre la réaction du renégat. Mais pourquoi avait-elle la sensation que quelque chose clochait depuis qu'elle l'avait frappé?
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Re: Entre deux arbres - Dim 4 Aoû 2013 - 11:19
Zack ne fit pas attention au regard mauvais d'Abygaïl. Après tout la menace c'était le toxico, pas elle, et même s'il faisait l'andouille il comprenait bien que ce type était dangereux. Fifi pouvait en témoigner. Enfin plus trop vu son état actuel, mais s'il s'en sortait il y parviendrait ! A moins qu'il n'ait des séquelles irréversibles, mais ça c'était autre chose. Tout comme les sensations bizarres qui ne voulaient pas lui lâcher les baskets. Cette fois il avait une sorte de désapprobation silencieuse en lui. Mouais... peu importait. D'abord, le grand dadais. Ensuite son début de folie. Même si ça devenait de plus en plus fort et étrange.

L'humain n'eut guère le temps de réagir ensuite. L'élève lui sauta dessus alors que l'air se faisait littéralement tranchant autour de lui et ils roulèrent un peu plus loin jusqu'à se cogner contre un mur. Une douleur qu'il ne ressentait pas réellement lui traversa la tête et il grimaça. Ca commençait vraiment à le gonfler, et c'était pas le moment !

- Qu'est-ce que tu fabriques, t'es pas en état de faire des loopings tu sais ?

Oh c'était quoi ces paroles ultra sérieuses ? Ca ne lui allait pas, elle était bien mieux quand elle rigolait ou faisait sa timide. En danger de mort ? Boarf pas plus que d'habitude, n'importe qui l'était à partir du moment où il mettait le nez dehors. Entre les voitures, les motos, les avions qui volaient pas droit, les délinquants, sans compter les lycéens à tendance psychopathes qui découpaient les profs à coups de couteaux... Un quidam qui débarquait ici et semblait pouvoir faire voler les gens d'un mouvement de la main n'était pas siiii horrible que ça. Juste ultra bizarre.

En tout cas, Abygaïl ne le connaissait pas, ça c'était sûr, parce que peu importait la menace en face, ce n'était pas Zack qui allait lâcher l'affaire, oh non.

- Capable de t'en sortir seule alors que tu tiens à peine debout et que ce type fait des trucs bizarres avec ses mains ? J'ai le droit d'émettre quelques doutes en toute innocence ou... ?

A défaut de les émettre, il sentit une lame de vent lui frôler les cheveux alors qu'Abygaïl l'embarquait plus loin pour l'éviter. C'est qu'elle avait de bons réflexes cette petite, elle ferait un malheur en cours de sport ! L'humain se releva en l'observant, intrigué, parce que bon mine de rien il était assez calé dans les capacités physiques de ses comparses et, même en étant extrêmement douée dans le domaine, il sentait que yavait un truc qui clochait également chez la gamine. Elle bougeait trop vite pour que ça soit humainement possible. Un extraterrestre ? Et l'autre serait un méchant alien venu régler ses comptes avec elle sur la Terre ? Waaaouh, vite faut appeler le M.I.B là !

Hm... bon ok c'était tiré par les cheveux, mais après tout vu la situation bizarre tout était possible. Et si le M.I.B existait vraiment... quelle classe ce serait ! Non Zack chut, redescends sur terre, t'as une fille en détresse à sauver et extraterrestre ou pas ça reste une gente féminine - au moins d'apparence - donc tu dois l'aider. Le reste on s'en fiche. Secouant la tête, le professeur fit de son mieux pour revenir à la situation. Ah mince, Abygaïl était déjà revenue face à son copain toxico. Lequel souriait toujours avec un air de parfait gentleman psychopathe.

- Ne te crois pas aussi importante. Je vous veux tous, eux au même titre que toi. Et je vous aurai tous, l'ordre de passage ne changera rien.

Isanagi encaissa le coup avec une grimace, et curieusement sous le poing d'Abygaïl son visage sembla se brouiller un court instant, comme une onde subissant une interférence. Mais il était tout aussi rapide qu'elle, et s'était préparé pendant qu'elle s'occupait de l'autre humain. Alors qu'elle se reculait, il relâcha la magie qu'il accumulait pour lancer une grande bourrasque de vent sur sa proie. Elle l'emprisonna aussi sec dans une mini tornade dont la force était assez puissante pour soulever l'apprentie déesse. Les lames tranchantes qui constituaient la prison de vent commencèrent à lacérer leur victime, et on était loin de la petite entaille de feuille de papier.

Pas chercher à comprendre. Zack réfléchirait plus tard au pourquoi du comment un type peut faire apparaître une tornade en plein milieu d'un lycée. D'abord aider Abygaïl. Il grimaça en imaginant la douleur que ça devait être de se faire taillader comme ça - à moins que ce ne fut de réelles émotions, difficile à dire avec son bug couscousien - et, se protégeant le visage des projectiles que la tornade envoyait autour d'elle, il contourna Isanagi. Le renégat ignorait les humains, ce n'était que de la vermine sans importance dont la plupart devaient être en train de pleurer, de fuir ou d'être paralysés par son immense pouvoir. Alors forcément il fut surpris quand un poids soudain lui tomba dans les jambes pour le foutre à terre avant de lui sauter sur le dos en le plaquant et qu'une voix joyeuse s'éleva au dessus de lui.

- J't'avais laissé une chance, tant pis pour toi !

Et le plus naturellement au monde, comme s'il ne s'agissait que d'une petite bagarre de rue. En tout cas, son attaque incroyablement sophistiquée brisa la concentration du toxico sur son sort et la tornade s'évapora aussi vite qu'elle était venue, laissant retomber Abygaïl sans faire de difficultés.

- Imbécile d'humain...
- A ton service mon pote ! Oh tu bug toi aussi...

En effet, sous le poids de Zack l'image de l'ancien directeur se brouilla à nouveau, ce qui lui fit penser à un téléviseur en fin de vie. Un extraterrestre télé ? Ca serait original tiens. Isanagi ou plutôt son apparence sembla lutter un instant avant de laisser tomber. L'illusion disparut et laissa la place à un homme plus jeune, aux cheveux longs et blonds attachés en queue de cheval, au regard vert très mauvais et habillé simplement d'un jean et d'un t-shirt. Il ne pouvait plus garder sa fausse apparence et gérer son vent en même temps, surtout avec un poids sur les épaules, sans mauvais jeu de mots. Et il n'était pas content du tout ! Un air tranchant s'éleva autour de lui, entaillant sans soucis les bras et le visage du professeur de sport. Lequel était bien trop lent pour se lever à temps sans finir découpé en morceaux bien sûr. Remarque mourir en sauvant une jolie fille, c'était classe quand même ! Ptêt un peu douloureux, mais classe.
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Re: Entre deux arbres - Dim 4 Aoû 2013 - 18:18
- Qu'est-ce que tu fabriques, t'es pas en état de faire des loopings tu sais ?

Non mais sérieusement, il se rendait compte de la situation? Ne serait-ce qu'un petit peu? A croire qu'à part se préoccuper d'elle, il était incapable de faire quoi que ce soit. A ce rythme-là, elle allait l'assommer afin d'être certaine de pouvoir avoir la paix. Si même ses explications ne suffisaient pas, il allait falloir changer de méthode avec lui, même si l'idée ne l'enchantait vraiment pas le moins du monde. Après tout, il n'y était pour rien.

- Capable de t'en sortir seule alors que tu tiens à peine debout et que ce type fait des trucs bizarres avec ses mains ? J'ai le droit d'émettre quelques doutes en toute innocence ou... ?

Mais pourquoi est-ce qu'il ne faisait que compliquer les choses, celui-là? Décidément, les Humains étaient vraiment capables de se montrer têtu et fatiguant. Tant pis pour lui. Elle venait de le mettre à l'abri provisoirement, autant que possible, mais à présent elle ne pouvait plus se contenter de fuir pour le protéger. Il était temps d'affronter directement la menace. Debout, d'apparence calme et posée, elle se rapprocha à distance de voix du renégat qui lui faisait face. Et sans une once de frayeur, sans la moindre hésitation, elle annonça ce qu'elle comptait faire. A quoi bon dissimuler ses attentions? Il devait se douter qu'elle ne se laisserait pas abattre aussi facilement que ça. Tant qu'il restait concentré sur elle, c'était tout ce qui lui importait. Zack finirait par réaliser que dans l'intérêt de tous, il avait mieux à faire ailleurs qu'à jouer le preux chevalier avec elle. Du moins, elle l'espérait.

- Ne te crois pas aussi importante. Je vous veux tous, eux au même titre que toi. Et je vous aurai tous, l'ordre de passage ne changera rien.

Ça, elle le savait parfaitement. Par contre, son discours ne lui semblait pas aussi véhément, pas aussi froid qu'elle l'aurait attendu. Isanagi avait pourtant bien laissé entendre que les Humains n'étaient pas sa priorités, l'Académie passant bien avant car représentant un réel danger alors que la Terre était le meilleur endroit où trouver des proies faciles mais aussi de main d’œuvre et des partisans. Il 'y avait vaguement quelque chose qui ne collait pas dans tout ça mais la jeune précolombienne n'avait pas vraiment le temps de s'étendre sur toutes ses questions. Il était sérieux, et c'était tout ce qui importait. Alors, elle ne le laisserait pas agir dans le sens qu'il souhaitait.

Déjà, la jeune élève avait bondit sur le renégat, venant frappé avec force le coin de sa mâchoire. Faute d'être un coup excessivement puissant, n'y ayant pas ajouté son contrôle des limites, il serait bien douloureux, marquant et sans doute même un peu déstabilisant pour celui qui semblait se croire intouchable. Un instant, l'image que lui renvoyait le visage face à elle se brouilla, la laissant dubitative. Ce fut la seconde qui permit au renégat de déchainer l'attaque qu'il préparait contre elle. Oui, cette illusion soudaine l'avait piégée et à présent, elle se trouvait à la merci d'une colonne d'air puissante. Une Tornade qui l'enveloppait de toutes parts et dont chaque lame d'air venait sérieusement entamer sa peau. Ses jambes, ses bras, ses flancs, son crâne et même son visage.

Recroquevillée dans une sorte de position fœtale, se protégeant au maximum des assauts de ce vent terrible qui la soulevait littéralement du sol, elle se préparait à invoquer un clone afin de détourner l'attention et ainsi pouvoir enfin se libérer de ce piège venteux. Mais elle ne parvenait pas à voir assez pour matérialiser son clone ou elle le désirait. Par contre, elle sentit comme une forme de réjouissance soudaine, un éclat de joie léger avant que le renégat ne finisse au sol, comme par magie. Du coup, son pouvoir cessa et la jeune apprentie-déesse retomba au sol, manqua de flancher. Elle dut finir sur un genou, un peu essoufflée pour le coup, le temps de ravaler la douleur. ce n'était pas le moment alors elle ne porta même pas un regard à son état.

- J't'avais laissé une chance, tant pis pour toi !

Pour le coup, elle esquissa brièvement un sourire. Mais elle ne pouvait pas encore le remercier. Certes, il l'avait tiré d'une situation dangereuse mais le combat était loin d’être terminé. Déjà, elle était de nouveau debout, rassemblant sa volonté pour revenir à la charge mais un détail attira son attention et la stoppa nette. A nouveau, l'image que lui renvoyait son regard semblait se brouiller avant de finir pas complètement disparaitre, en affichant une nouvelle, parfaitement différente. Inconnue. Mais son regard ne trompait pas et ses paroles non plus. Ce n'était pas Isanagi, aucun doute là-dessus, mais il restait un renégat donc un être très dangereux. A éliminer.

- Imbécile d'humain...
- A ton service mon pote ! Oh tu bug toi aussi...

La jeune indienne ne prit pas le temps de savoir à quoi faisait le référence au 'toi aussi', elle sentait la magie se rassembler. Et ça ne pouvait rien présager de bon. Et lui là, que faisait-il encore là? Elle lui avait bien dit de fuir non? Il ne comprenait pas ce qu'elle lui disait? Il serait la prochaine cible, c'était évident. Et forcément, cela ne manqua pas. Le renégat était découvert mais sa mission n'était pas terminée et tuer plus que de raison serait une véritable joie pour lui. Mais elle était encore trop loin pour intervenir. Enfin, elle oui. Mais elle n'était pas seule.

Le ciel se noircit soudain d'une volée de pigeons qui plongèrent droit sur Zack. Non, elle ne comptait pas faire un remake du célèbre filme d'Hitchcock intitulé les Piafs mais lui offrir une protection de fortune. S'il fut frappé par les premières lames, les suivantes furent interceptées, le laissant blesser mais sans souci vital dans l'immédiat. D'ailleurs, son clone le saisit sans réel ménagement par la taille, le portant sur son épaule pour l'emmener plus loin, à l'abri. Ce combat était le sien et se serait elle qui le mènerait.

Déjà, le renégat se relevait afin de revenir à sa proie principale qui était malgré tout l'apprentie déesse, le prestige d'un tel meurtre étant bien plus grand que celui d'un vulgaire humain. Il n'avait pas vu son clone partir, tant mieux, elle pourrait s'en resservir en cas de besoin. Mais il ne fallait pas que les choses s'éternisent. Elle perdait du sang en quantité assez sérieuse malgré tout, sa tête recommençait à la lancer et elle avait toutes ses vies à protéger. Elle ne pouvait pas faire de faux pas maintenant. Alors, elle fixa son adversaire, attendit de sentir la magie entourer son bras avant de passer à l'action.

A l’instant où son sourire se fit mauvais et que le mot 'meurs' se dessina sur ses lèvres, la jeune amérindienne bondit dans sa direction. Le renégat ne parvint jamais à abaisser son bras pour lancer son attaque, son clone étant revenu saisir ce dernier. Un regard d'incompréhension, puis une grande expiration forcée. Le premier coup dans son plexus vida intégralement ses poumons. Le second sous son menton le força à se relever. Emporté par le mouvement, le clone le fit passer au-dessus de sa tête pour l'écraser au sol. Mais ce dernier parvint par miracle à retrouver son équilibre et contre attaqua aussitôt.

Une arme jaillit entre les doigts du renégat, une rapière longue et effilée que le blond s’empressa de planter non pas dans le clone mais dans l’indienne qui l’avait frappée de plein fouet. Un sourire ravi naquit sur son visage avant que l’image qu'il fixait, au corps empalé sur sa lame, ne disparaisse, laissant place à une expression de désarroi totale. Oui, elle avait en réalité inter changé les rôles dès l’instant où elle avait emmené Zack à l’abri, tactique qu'il n'avait pas prévu ni soupçonné et qui payait. Ce fut son talon qui cueillit sa nuque dans un craquement sinistre tandis que le corps du renégat s'écroulait au sol, mollement, parfaitement inerte.

Un instant, elle observa le blond à ses pieds et dut se forcer pour retenir un frisson de dégout. Il voulait la tuer et tuer les humains présents. Au final, c'était elle qui était la meurtrière. Elle serra las poings si forts que ses jointures en blanchirent. Voilà ce que toute cette histoire avait fait d'elle, une vulgaire criminelle. Pas mieux qu'eux au final. Cette simple réflexion la révoltait. Elle se sentait sale à présent, se mettant à frissonner sans s'en rendre compte. Elle détourna le regard du renégat et lâcha un profond soupir de lassitude. Ce n'était pas ce qu'elle voulait montrer, encore moins devant des Humains innocents. Heureusement, tous étaient agglutinés devant Philippe et personne n'avait vu ce qui s'était déroulé ici. Personne... ou presque. Maintenant, elle devait partir, rentrer pour prévenir de ce qui s'était passé. Mais elle ne fit pas un pas. L’adrénaline ayant disparu ce fut le retour de la douleur, vive et omniprésente. Une main portée à sa tête, l'odeur du sang qui coulait encore, l'impression de chanceler une seconde, le monde un instant au ralenti et puis plus rien. Juste le noir, profond.
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Re: Entre deux arbres - Lun 5 Aoû 2013 - 11:06

Zack fit la grimace, se faire taillader n'était jamais très agréable, sauf sans doute pour les maso, et encore. Là on ne parlait pas de petite entaille toute gentillette, non, c'était un bon tranchant qui faisait gicler le sang en découpant joyeusement les muscles. Il n'eut que le temps de lever les bras pour se protéger le visage et le torse, ce qui n'empêcha pas ses joues d'en recevoir une partie, heureusement minime. Par contre ses membres mangèrent bien eux, son pull allait finir tout rouge et serait difficile à faire revenir.

Un bruit d'ailes l'interpella alors que les coups semblaient cesser et il leva la tête par dessus une main ensanglantée. Des pigeons... ? Allons bon, c'était quoi ça encore ? Est-ce qu'il ressemblait à un piaf pour que ceux-là viennent l'aider ? Il n'avait même pas le temps d'y réfléchir que quelqu'un l'attrapa sans douceur, le faisant grimacer à nouveau - ben oui les entailles ça fait maaaaal mine de rien - et l'embarqua sans prévenir.

- Heeeeeeeey j'ai pas fini de lui faire sa fête !

Pour la forme il essaya de se débattre un peu mais la douleur de ses bras rendit la chose bien peu efficace. Quoi que, son ravisseur finit par le déposer après tout, avec le petit groupe qui entourait Fifi et qui matait le spectacle. L'humain put du coup voir que celui qui l'avait amené ici n'était autre que... Abygaïl ? Heu... sauf qu'elle était déjà là-bas non ? Il voyait double ou... ? Pourtant il n'y avait pas d'alcool dans le couscous, il en était sûr, et il tenait bien en temps normal... Remarque rien ne semblait normal aujourd'hui... Il n'eut pas le temps de demander quoi de toute façon, Abygaïl 2 repartait déjà, et Carole prenait le relais, le forçant à s'asseoir pour inspecter ses étranges blessures.

On ne discutait pas avec l'infirmière, surtout lorsqu'elle prenait cet air intransigeant - et trop sexy - alors Zack se laissa faire, non sans sortir un paquet de remarques de protestation, comme quoi la femme était trop brusque avec lui, que ça piquait, et ainsi de suite. Non non, il ne donnait pas l'impression d'avoir une bonne dizaine de coupures profondes dans les bras et sur les mains. Un vrai gamin. Il faut dire que pendant son cinéma il regardait ce qui se passait plus loin, inquiet pour la gamine. Ou les gamines, il ne savait plus trop combien il y en avait avec tout ça. Il ressentait encore ces bugs douloureux, mais un peu moins fort cela dit, ce qui était peut-être bon signe.

Bien sûr pour une vision humaine, le combat entre le renégat et l'apprentie déesse était impossible à suivre. Leurs mouvements étaient trop rapides, à peine pouvait-on comprendre l'action, et encore, on manquait trois coups sur quatre. Il n'y a vraiment que le finish qui fut visible, le joli coup en plein dans la nuque et le craquement plus que sonore qui retentit dans la cour. La chute lente du corps sans vie, le vent retombant, tout ça plaisait beaucoup aux élèves qui avaient l'impression d'être tombés dans un film un poil trop rapide, mais super saisissant.

On ne discutait pas avec l'infirmière, certes, mais il y avait des limites. Zack se leva, grimaça une nouvelle fois, lança un sourire désarmant à Carole histoire de la rassurer, mais non tout va bien, je gère t'inquiète, et rejoignit Abygaïl. Elle semblait s'être très bien débrouillée - elle lui avait foutu une pâtée à ce type quand même - mais quelque chose lui disait qu'elle n'était pas si bien que ça en fin de compte. D'ailleurs en s'approchant, ses sensations bizarres s'amplifièrent et ce n'était pas très positif. De la douleur mélangée à des émotions plutôt dépressives, le genre qu'on ressent quand on a fait quelque chose de très déplaisant et qui ne correspond guère à soi-même. Ca, Zack connaissait, mais il était certain que ça ne venait pas de lui, puisqu'il avait parfaitement suivi sa nature profonde.

Dans ce cas, d'où ça venait tout ça ? Du couscous ? Peut-être. Mais vu tout ce qui s'était passé en l'espace de quelques minutes, et la tête de la gamine, quelque chose lui disait que ça venait plutôt de quelqu'un d'autre et qu'il serait totalement injuste de continuer à accuser ce pauvre plat. Il ne comprenait pas d'où ça venait, mais il lui semblait plausible maintenant qu'il y ait un lien quelconque avec Abygaïl. Peut-être était-ce juste des impressions qu'elle lui donnait, c'était possible. Si fort que ça ? Admettons. Il n'en était pas à faire un lien aussi précis que celui qui existait. Pour l'heure, il se doutait juste qu'il y avait un rapport avec elle. Peut-être qu'il était plus sensible aujourd'hui vis-à-vis des inconnus, peut-être qu'elle était plus expressive que la majorité des jeunes de son âge. Allez savoir.

Enfin, peu importait. Pour le moment, l'humain voyait une gamine qui allait mal - passons sur le fait qu'elle avait buté un type qui créait des tornades, un truc à la fois siouplait - et qui semblait prête à s'écrouler dans son propre sang, miam. Zack la rejoignit et lui posa les mains sur les épaules, attentif au moindre signe d'effondrement pour la retenir - même s'il y avait plus de chance qu'il tombe avec qu'autre chose.

- Hey, ça va aller ? Si j't'embarque encore à l'infirmerie tu vas pas me refaire le coup du Geronimo hein ?

Oui, il était à moitié en sang, couvert d'entailles profondes sur les bras et plus légères sur les joues, mais il trouvait toujours moyen de sortir une remarque stupide. De toute façon, si c'était si grave que ça, Carole l'aurait traîné elle-même sur un lit, alors il pouvait bien tenir debout encore un petit peu. Juste le temps de récupérer cette pauvre gamine qui semblait partir. Remarque si elle tombait effectivement dans les pommes ça serait plus simple, et dans ce cas Zack ferait un effort pour la porter jusque dans le bâtiment. Là, la meilleure infirmière du monde les rejoindrait pour s'occuper d'eux en toute tranquillité, après avoir faire évacuer Fifi dans une ambulance. Lui a eu bien moins de chance.
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Re: Entre deux arbres - Lun 5 Aoû 2013 - 19:48
- Heeeeeeeey j'ai pas fini de lui faire sa fête !

Si elle n'était pas aussi obnubilée par fait de mettre à l'abri tous ces Humains innocents malgré les preuves irréfutables de mauvaise volonté de certains, elle lui aurait sans doute sortit une jolie remarque bien cinglante, voir pourquoi pas collée une baffe. Mais elle avait besoin de conserver ses forces alors tout ça, ce serait pour plus tard. Elle avait un renégat à éliminer. Et ce que ce dernier ne savait pas, c'est qu'il allait doublement morflé. Avoir l’apparence d'Isanagi le sauvait d'une certaine façon car malgré ce qu'elle disait, elle souhaitait pouvoir entendre son point de vue, comprendre pourquoi il avait ainsi changé. Lui, ce pauvre type qui ne songeait qu'à une chose: frapper de l'Humain, elle n'aurait pas la moindre pitié pour lui. Cependant, elle n'était pas une adepte des jeux du cirque et autres spectacles de démonstrations de forces extrêmes. Alors, elle ferait en sorte que personne ne voit rien.

Déjà, elle était sur lui à lui faire comprendre sa façon de penser. Il croyait avoir l'avantage, le prendre et le garder alors que de tout leur affrontement, elle avait conservé au moins deux coups d'avances sur lui. Alors, forcément, il ne vit rien venir de la fin qui le faucha. Un juste retour des choses après ce qu'il avait fait au petit gros. Comment déjà? Ah oui, Philipe. D'ailleurs, elle craignait qu'il ne s'en sorte pas, espérant malgré tout se tromper. Mais il ne servait à rien de se leurrer. Un corps adulte contre un mur de pierre et propulsé à grande vitesse, le corps est rarement le grand gagnant de l'histoire.

- Hey, ça va aller ? Si j't'embarque encore à l'infirmerie tu vas pas me refaire le coup du Geronimo hein ?

Cette fois, ça y est. Le combat était bel et bien terminé. Elle n'entendait plus rien si ce n'est le sang qui battait à ses temps. Violemment, douloureusement. Elle avait tourné le dos aux gens et ne comptait pas les regarder. Elle n'était pas fière de son exploit, elle avait même plutôt honte de l'extrémité à laquelle elle était arrivée mais parfois, la fin justifie les moyens. Elle avait attiré cet homme ici, comment ça elle n'en avait pas la moindre idée mais c'était sa faute. Elle avait réparé son erreur en éliminant le danger qu'il représente. Mais si elle voulait que tous ses gens soient réellement en sécurité, elle devait partir. Rentrer. Disparaitre. Mais ses jambes ne répondaient plus, ses bras pas mieux et elle perdait lentement toute conscience du monde l'entourant.

Deux mains sur ses épaules qui la firent relever les paupières un instant. Elle n'avait même pas la force d'avoir peur à présent. Elle ne tourna pas la tête, ne bougea pas. Si elle esquissait le moindre geste, elle s'écroulerait, elle le savait. D'ailleurs, elle ne comprenait même plus qu'elle force pouvait bien la faire encore tenir debout. Peut-être que c'était lui qui la tirait par les épaules en fait? Bah, de toute façon, elle s'en fichait. En se concentrant sur sa respiration, difficile et sifflante, elle parvint à lâcher quelques mots que seul Zack pourrait entendre, tellement son murmure était faible.

"- Hey, je ne suis pas une apach..."


Il n'y a rien devant moi. Ni nulle part d'ailleurs. Tout est blanc, calme et vide. Comme une impression diffuse de sureté, une sérénité issue de la voix qui pulse au coin de mes oreilles. Je la sens, la ressens même, sans l'entendre vraiment. Mais ses mots, je les connais par cœur. Ces chants ont bercés une existence que j'ai quittée depuis très longtemps. Je sens l'odeur du feu lors des cérémonies sacrés, le ronron guttural des prières shamaniques, les relents de sauge, de laurier et d'autres plantes aromatiques ainsi que herbe humide sous mes pieds. Pourtant, mes yeux restent aveugles. Et je refuse de les ouvrir. Une larme coule doucement, au ralenti le long de ma joue. Tout ceci est terminé. Ce n'est qu'un rêve, un souvenir, rien de plus. Et je ne veux pas m'y confronté alors que je sais d'avance que je serais obligée de le quitter.

D'ailleurs, à toutes ses sensations de quiétude d'un temps révolu, commence à émerger autre chose. Des sons un peu plus forts, un peu moins doux à mon oreille. Ce n'est pas violent ni agressif juste... trop fort, trop près. Trop réel pour moi qui, pour une fois, voudrais céder à mon caprice et passer encore quelques instants dans l'illusion d'avoir retrouvé les miens. Mais doucement, je sais que tout s'efface. Je ne lutte pas, je n'en ai pas envie. Un combat perdu d'avance ne vaut pas qu'on s'y attarde. Alors, l'absence commence lentement à se remplir. De sons, d'odeurs et même de sensations diverses. Mais pas d'images. Je refuse toujours d'ouvrir les yeux. Encore quelques secondes. Après, je cèderais....


A peine la jeune fille entrouvrit-elle un œil que la violence de l'éclairage lui arracha un léger gémissement. Elle se sentait lourde soudain. Ou était-elle? Le contact du tissu sur son corps, la position allongée, un lieu blanc et propre vu la puissance des néons qui lui résonnaient dans le crane malgré ses paupières closes. L’hôpital. L'infirmerie peut-être. Enfin, un lieu dans ses goûts là. D'ailleurs, il n'avait pas parlé de ça, vaguement, avant qu'elle ne perde connaissance? Peut-être. Vu son état, elle ne pourrait en juger. Mais déjà, Carole avait remarqué sa réaction et s'approchait d'elle. Elle le savait au bruit de ses pas sur le carrelage de la salle. A nouveau, la jeune précolombienne tenta de soulever ses paupières mais elle n'eut guère plus de chance qu'auparavant.

- Ça y est, tu te réveilles? Eh bien, ce n'est pas trop tôt.
Zack, ta Belle au Bois Dormant vient d'émerger de son doux sommeil!
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Re: Entre deux arbres - Lun 5 Aoû 2013 - 22:00

Une apach... ? De quoi elle parlait ? C'était peut-être un truc de jeune, allez savoir. Pas qu'il était déjà vieux, non, mais un peu plus que les adolescents dont il s'occupait, et, étant en contact constant avec eux, il voyait très bien à quelle vitesse ces petites choses pouvaient s'inventer un vocabulaire bien à eux. Enfin ce n'était pas important, contrairement à la gamine qui quittait le monde des conscients. Heureusement il s'y attendait et hop la rattrapa avant qu'elle ne s'écrase par terre. Bon il manqua s'étaler avec elle en fait, ses bras n'appréciant pas du tout le mouvement, mais chut faut pas le dire.

Heureusement ses jambes n'avaient rien eu, il put donc rapidement regagner l'infirmerie et déposer la demoiselle sur le même lit qu'avant, puis s'asseoir à côté. Carole les rejoignit bien vite et examina la petite. Elle désinfecta les plaies et les banda, prenant tout son temps, laissant l'humain poiroter dans son sang. Ca lui apprendra à forcer ! Enfin non, ça ne lui apprendrait sûrement rien du tout, mais ça ne coûtait rien d'essayer espérer lui faire un peu entendre raison. Un jour, peut-être...

Abygaïl bien arrangée, l'infirmière passa au grand dadais, qui se tint aussi sage que possible, mais ne put bien entendu pas s'empêcher de lui demander si elle comptait l'achever avec son alcool bien piquant. Les aïe, ouille et autres au secours on m'assassine fusèrent bien vite, mais il se laissait faire quand même. Étrangement, à part la douleur de ses entailles, il ne sentait plus rien du tout. Le calme plat, rien de bizarre, pas d'émotions mauvaises ou joyeuses, une magnifique tranquillité. Il observa Abygaïl qui comatait sans embêter personne. Y avait-il vraiment un lien avec ces sensations bizarres et elle ? Ou n'était-ce qu'une coïncidence, le fait qu'alors qu'elle était hors service tout redevenait normal chez lui ? Peut-être. Peut-être pas. Il lui demanderait. Après tout, elle n'avait pas semblé étonnée devant les compétences pour le moins fantastiques du type, et elle-même avait fait des trucs super bizarres - cool, certes, mais bizarres quand même - alors elle avait sûrement une explication.

Pour l'heure, puisque la concernée pionçait profondément, Zack prit congé de l'infirmerie pour rejoindre ses élèves. Mais oui il allait bien, mais non ses bandages étaient là juste parce que Carole l'adorait quand il les portait, elle le trouvait sexy, vous en faites pas. Il retrouva les autres professeurs, qui bien sûr avaient annulé la course, et vit avec eux la suite. Ils se mirent d'accord sur l'évidence même : le marathon était reporté à la semaine prochaine. Pour l'heure, le plus urgent était d'appeler les flics. Lesquels débarquèrent assez vite et récupérèrent le corps du renégat pour autopsie. Des inspecteurs passèrent ensuite la cour au peigne fin, et interrogèrent les témoins, dont Zack. Au final ce qui ressortait de tout ça était qu'il s'était passé quelque chose d'étrange ici, de "surnaturel" soit disant, et que ça inquiétait. Il y avait quand même un professeur - ce filou de Fifi - qui était entre la vie et la mort... et ce n'était clairement pas une bagarre normale qui avait causé de tels dégâts au bougre.

Finalement, la police put repartir avec toutes les informations possibles et l'humain retourna à l'infirmière pour voir où en était sa petite princesse. C'est que le temps était passé vite, et il voulait lui parler avant qu'elle ne retourne chez elle. Il sourit à Carole en entrant, laquelle était au chevet de la gamine. Celle-ci sembla se réveiller, et les sensations de même chez Zack. Rien de bien méchant, une petite douleur dans la tête, mais ça tendait à confirmer ses soupçons sur leur origine. après tout il n'avait absolument rien eu de bizarre depuis tout à l'heure... Il rigola à la remarque de Carole.

- J'te promets j'l'ai pas embrassée pendant que tu regardais ailleurs, c'pas moi !

Tandis que l'infirmière retournait à sa paperasse, l'humain s'installa sur le lit d'à côté.

- Hey princesse, ça va mieux ? T'as dormi un moment, mais c'est pas si mal, t'as pu échapper à l'interrogatoire comme ça. Que des vieux, même pas une jolie inspectrice, c'était d'un morne affligeant. Et après on s'étonne que la police soit mal vue...
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Re: Entre deux arbres - Mar 6 Aoû 2013 - 20:26
- J'te promets j'l'ai pas embrassée pendant que tu regardais ailleurs, c'pas moi !

Cette voix... Pourquoi est-ce qu'elle lui disait quelque chose? Et la femme, que racontait-elle? Belle aux Bois dormant, sommeil, doux. Ce n'était certainement pas les mots qu'elle aurait utilisés. Quoi que, il lui fallait bien admettre que ce n'était pas vraiment un cauchemar qu'elle avait eu à supporter durant le temps qu'elle était restée inconsciente. Finalement, peut-être que si elle se forçait à décrocher à nouveau, elle repartirait aussitôt au pays des songes, retrouver ses douces sensations oubliées depuis si longtemps. Oui, c'était une idée. Elle remua légèrement du coup, à peine de quoi laisser tomber sa tête sur le côté de l'oreiller, les yeux toujours fermés car la lueur des néons l’éblouissait fortement.

Les bruits de pas de l'infirmière qui s'éloignait d'elle lui firent plaisir, elle avait sans doute compris qu'elle ne souhaitait ni parler ni se manifester de quelque façon que ce soit. Pourtant, la jeune apprentie déesse déchanta vite en sentant une présence proche et presque un peu familière. Et vu le nombre de voix qu'elle avait entendu jusque-là, elle se doutait bien de qui il pouvait s'agir. Elle serait prête à se couper la main s'il ne s'agissait pas du professeur de sport téméraire et un brin suicidaire qui avait voulu jouer les Rambos face au renégat de la cour.

- Hey princesse, ça va mieux ? T'as dormi un moment, mais c'est pas si mal, t'as pu échapper à l'interrogatoire comme ça. Que des vieux, même pas une jolie inspectrice, c'était d'un morne affligeant. Et après on s'étonne que la police soit mal vue...

Princesse? Mais à qui parlait-il donc? Étonnée et intriguée, elle se força à entrouvrir un œil, cherchant une autre personne dans la salle. mais lorsqu'elle parvint à s'habituer à la luminosité ambiante, elle ne put que se rendre à l'évidence. C’était bien à elle qu'il parlait. De toute façon, elle était seule ici, à part Carole qui ne lui prêtait pas la moindre attention. Bon, pas la peine de tenter de discuter avec lui de toute façon, il aurait toujours raison, son sens de la logique défiant tout entendement, Humain comme Divin. Voilà la conclusion à laquelle elle s'était arrêtée pour son cas.

Maintenant, faire le tri dans ses paroles. Elle avait dormi longtemps et la police était venue. Bah, ce n'était pas plus mal qu'ils ne l’aient pas vu. Il aurait été assez compliqué de leur expliquer la réalité des choses et comme elle n'existait sur aucun fichier terrestre, cela aurait pu provoquer un sacré bordel. Elle s'en tirait bien pour le coup. Et l'autre qui en rigolait encore, se plaignant de l'absence de femmes. Décidément, à croire qu'il n'y avait que ça qui l'intéressait. Enfin, il avait quand même risqué sa vie pour l'aider alors ça ne pouvait pas être un mauvais bougre. Un crétin complet doublé d'un imbécile fini mais rien de bien méchant en soi. D'ailleurs, elle hésitait encore entre le remercier et le gifler. Il faudrait qu'elle se décide un jour.

"- Vous n'auriez pas dû intervenir, vous auriez pu être tué. C'était très dangereux."

Eh oui, s'il s'attendait à ce qu'elle lui tombe dans les bras, c'était plus que franchement raté. Certes, il s'était révélé d'une aide précieuse mais elle ne pouvait se permettre de laisser intervenir ainsi des Humains innocents et inconscients du danger dans des combats qui les dépassaient complètement. Elle lui en voudrait presque de ne pas l'avoir écouté, s'il ne lui avait pas permise de se sortir aussi aisément de cette colonne d'air. Elle y serait arrivée seule, mais à quel prix, ça, elle n'en savait rien. Elle poussa un soupir avant d'essayer de remuer un peu. Pour le moment, elle se contenta de tourner la tête vers lui.

"- Comment va Philippe?"

Elle tâchait de rester aussi neutre que possible mais l'angoisse lui nouait les tripes. Il ne méritait pas de mourir ainsi, surtout pour ça. C'était sa faute si le renégat était intervenu, elle ne tolèrerait pas d'être à nouveau responsable de la mort d'une personne complètement innocente. Ses doigts ses serrèrent sur le sommier, caché par le drap, ainsi personne ne verrait rien. En attendant une réponse qu'elle n'était même pas certaine de vouloir entendre, elle releva les coudes en prenant appui dessus avant de commencer à se redresser. Elle sentait tout son corps se réveiller sous l'effet de l'effort demandé, quelque chose de banal mais qui lui pompait une quantité phénoménale d'énergie. Elle dut se résoudre à s'arrêter en position semi-assise pour observer son état. Des bandages, elle en avait partout. Étrange, elle ne se souvenait pas avoir été aussi atteinte que cela. Mais cela ne changeait rien au problème. Elle poussa un soupir avant de se forcer à arriver en position assise. Elle reprit son souffle, quelques instants seulement et regarda tour à tour Carole et Zack.

"- Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour moi, mais il faut vraiment que je m'en aille maintenant. Je n'ai rien à faire ici, ma place n'est pas parmi vous."
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Re: Entre deux arbres - Mer 7 Aoû 2013 - 18:32

Zack rigola. Bon ok, pléonasme... Enfin bref, non, il ne s'attendait pas à ce que la gamine lui tombe dans les bras - si elle lui avait fait ça il aurait tiré une sacrée tronche d'ailleurs - et dans un certain sens ce qu'elle lui dit était plutôt logique vu ce qu'elle avait fait. Ce qui ne l'empêcha pas de se marrer à la remarque.

- Quel danger ? Ah. Moi j'aime le danger. Je me ris du danger... mwahahah ! Et puis j'aurais eu l'air malin à regarder une élève se fighter un extraterrestre toute seule.

Parce que bon, mine de rien l'humain avait ses principes à respecter, parmi lesquels il était hors de question de laisser quelqu'un taper les autres à part lui-même. Tout comme de rester dans son coin à regarder les gens faire le boulot, et puis quoi encore ? Il n'allait pas glander quand on avait besoin d'un coup de main. Chevalier servant jusqu'au bout, on ne se refait pas. Quoi l'autre en face était redoutable, puissant et probablement des millions de fois plus fort que lui ? Et alors ? Ca ne l'empêchait pas de venir lui botter le derrière non mais sans blague ! C'était pas lui le plus indiqué pour faire ça ? Et alors ? Nafout, il fonçait, un point c'est tout ! Il trouveriat bien quelque chose pour s'en sortir. La preuve, il était toujours en vie, et toc.

Ah Fifi... quelque chose lui disait que la question était bien plus importante qu'Abygaïl le laissait supposer. Un sixième sens ? Peut-être. Ou les émotions étrangères qui le parcouraient. Est-ce que la gamine risquait de se considérer comme responsable du sort du professeur ? Ca semblait être son genre, même si elle n'y était absolument pour rien.

- Aux dernières nouvelles, il est à l'hôpital dans un état disons pas très pratique pour sortir faire la fête. Mais il a toutes ses chances. Et de toute façon il sort jamais, c'est un casanier en puissance ce type, alors ça va.

Ce qui était totalement vrai. Bon il ne précisa pas que le pauvre Fifi était dans le service de soins intensifs, entre la vie et la mort, et plus près de cette dernière que de la première. Abygaïl n'avait pas besoin de le savoir. Le professeur grimaça un peu en voyant la gamine se redresser. C'était clair qu'elle forçait pour faire ça, pas besoin d'un dessin pour le comprendre, et dans un sens c'était rassurant, ça montrait qu'elle n'était pas totalement extraterrestre. Un chouilla mais pas à fond.

- Tut tut tut, toi tu veux encore jouer à Geronimo, mais c'est interdit ! Carole est formelle, d'ailleurs elle va le noter dans son rapport. Pas de saut par les fenêtres pendant un mois au moins ! Et ça vaut pour tous les étages, pas que le rez-de-chaussée.

Sait-on jamais. L'humain se leva pour attraper un oreiller et le coincer derrière Abygaïl, puis il lui posa une main sur l'épaule pour la pousser doucement mais fermement, histoire qu'elle reste tranquillement en place.

- Pour le moment, ta place est dans ce lit à te reposer, et si quelqu'un est pas d'accord qu'il vienne protester qu'on rigole.

Zack avait un sourire amusé mais un petit air presque sérieux dans le coin de l'oeil. Même s'il rigolait sur tout, il ne comptait pas laisser quiconque voler son repos à une blessée. Et si un type débarquait en prétendant qu'il devait récupérer la gamine, le professeur n'hésiterait pas à lui casser la figure en bonne et due forme. Bon il testerait un peu la diplomatie quand même. Genre... pendant une phrase. Ou deux. Disons une et demie, histoire de pouvoir prétendre qu'il avait tout essayé.

Dans tous les cas, il ne laisserait pas Abygaïl filer. Déjà parce qu'elle n'était pas en état, c'était clair et net, elle ne ferait que s'effondrer si elle essayait de sortir de ce lit. Ensuite parce que mine de rien une espèce d'extraterrestre l'avait prise pour cible. Zack n'était pas totalement bête, il n'avait pas compris grand chose de l'échange entendu entre le toxico et elle, mais fallait être vraiment une citrouille pour ne pas capter que c'était elle la proie dans l'histoire. Et que donc il risquait d'y avoir d'autres gens bizarres qui bug à ses trousses. Pourquoi, comment, finalement il s'en foutait un peu. Chacun ses raisons. La seule chose qui importait, c'est qu'une jeune fille était en danger, et avait donc besoin d'aide. Même si elle prétendait le contraire.

- T'inquiète, si ya un autre zinzin de l'espace qui débarque je m'en occuperais. Ils m'auront plus par surprise maintenant ! Tu veux manger quelque chose ? Ca te ferait sûrement du bien. La bouffe est pas terrible à la cafet' mais Carole a un petit coin secret où on stocke des trucs plus comestibles.

La voix de l'intéressée retentit depuis son bureau.

- Ca va pas durer si tu caftes à tout le monde d'ailleurs !
- Toute de suite la suspicion, elle dira rien j'en suis sûr !

Vu ce qui semblait la poursuivre, elle avait probablement d'autres trucs en tête que cafter une cachette de bouffe dans l'infirmerie. D'autant que ça faisait de mal à personne. Zack lui demanderait bien des détails sur l'extraterrestre, et elle-même - il était sûr d'avoir vu deux Abygaïl ! - mais ce n'était pas si important. D'abord sa santé. Les questions... ma foi s'il oubliait pas il les poserait plus tard. Oui, il plaçait les choses tellement en arrière plan parfois qu'il était capable de zapper un truc jugé important, voire vital, par ses comparses. Il n'y pouvait rien, l'humain n'avait pas les mêmes ordres de priorité que la plupart des gens. Enfin ça faisait une partie de son charme, paraît-il. Ou pas.
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Re: Entre deux arbres - Jeu 8 Aoû 2013 - 9:56
- Quel danger ? Ah. Moi j'aime le danger. Je me ris du danger... mwahahah ! Et puis j'aurais eu l'air malin à regarder une élève se fighter un extraterrestre toute seule.

Décidément, il y avait quelque chose qu'elle ne parvenait pas à comprendre chez ce type. Comment faisait-il pour pouvoir prendre ainsi tout à la rigolade et avec autant de calme à la fois? Il n'avait pas idée des risques qu'il avait courus mais elle n'avait pas la force de se mettre en colère pour tenter de le lui faire comprendre. De toute façon, vu comment il se comportait, elle aurait eu de la chance s’il avait retenu simplement la moitié si ce n'est le quart de ce qu'elle avait à lui faire entendre. Autant renoncer. Elle devait avant tout quitter les lieux le plus vite et pour ça, elle aurait besoin de toute son énergie et de toutes les forces lui restant.

- Aux dernières nouvelles, il est à l'hôpital dans un état disons pas très pratique pour sortir faire la fête. Mais il a toutes ses chances. Et de toute façon il sort jamais, c'est un casanier en puissance ce type, alors ça va.

Malgré le ton léger qu'il utilisa, elle sentit bien que tout n'était pas aussi positif que cela. En même temps, vu ce qui lui était arrivé, elle ne savait même pas s'il ne vaudrait mieux pas qu'il y reste. Au moins ainsi, il ne souffrirait plus au lieu de finir sa vie dans un état, qui sait, parfaitement insupportable. Cette idée ne lui plaisait pas mais de toute façon, personne ne lui en dirait plus alors elle devrait se contenter de ça. Au pire, elle trouverait le moyen de se rendre à l'hôpital, pour en savoir plus. Si en plus elle se pointa avec des bandages, elle pourrait prétexter une histoire quelconque et le faire passer pour le sauveur dont elle attend des nouvelles. Oui, parfait.

Maintenant, il ne lui restait plus qu'à quitter l'infirmerie, rentrer à la Deus le temps de se requinquer un minimum et faire un rapport sur les évènements avant de revenir. Autant s'y mettre tout de suite, elle n'aurait pas assez de la fin de journée pour tout faire sinon. Elle commença donc à se redresser, prenant conscience de chaque muscle, chaque partie de peau entaillée. Tiens, elle ne pensait pas qu'il y avait été si fort. Avec l'adrénaline, elle avait réussi à occulter la douleur mais là, les dégâts réels se rappelaient très gentiment à son bon souvenir. Mais ce n'était pas ce qui l'arrêterait. Pas de simples blessures.

- Tut tut tut, toi tu veux encore jouer à Geronimo, mais c'est interdit ! Carole est formelle, d'ailleurs elle va le noter dans son rapport. Pas de saut par les fenêtres pendant un mois au moins ! Et ça vaut pour tous les étages, pas que le rez-de-chaussée.
Pour le moment, ta place est dans ce lit à te reposer, et si quelqu'un est pas d'accord qu'il vienne protester qu'on rigole.


Bon, ses propres douleurs ne l’arrêterait pas mais lui, si. Il avait décidément un don pour venir à chaque fois se mêler de ce qui ne le regardait pas. En même temps, elle fut forcée de se rendre à l'évidence. Vu la facilité avec laquelle il l'avait repoussé gentiment pour la forcer à rester sur place, son départ semblait en effet sérieusement compromis. La jeune précolombienne étouffa un soupir de lassitude, profond. Il ne fallait pas qu'elle demeure ici, elle le savait. Et elle ne tenait absolument pas à s'éterniser par là. Il fallait prévenir le Conseil, elle devait rentrer rassurer Kirara qui ne pouvait avoir manquée de ressentir une partie du combat. Il y avait tant à faire encore. Un instant, ses réflexions lui donnèrent le tournis et la jeune indienne soupira à nouveau.

- T'inquiète, si ya un autre zinzin de l'espace qui débarque je m'en occuperais. Ils m'auront plus par surprise maintenant ! Tu veux manger quelque chose ? Ca te ferait sûrement du bien. La bouffe est pas terrible à la cafet' mais Carole a un petit coin secret où on stocke des trucs plus comestibles.

- Ca va pas durer si tu caftes à tout le monde d'ailleurs !

- Toute de suite la suspicion, elle dira rien j'en suis sûr !

Une ébauche de sourire apparut sur son visage. Malgré l'horreur d ce qu'il venait de se passer, ils arrivaient encore à plaisanter et à blaguer entre eux. C'était agréable au final, reposant presque. Elle qui était toujours tellement sous tension, si inquiète pour les autres, pour le moment, elle se sentait presque bien ici. S'il n'y avait pas eu la menace que l'épisode précédent se répète, elle aurait sans doute beaucoup apprécié de rester là, simplement en leur compagnie. Mais elle ne devait pas oublier qui elle était. CE qu'elle était et qui la différenciait à jamais de ces gens.

"- Je veux bien manger un peu, oui. Même si j'ai surtout soif en fait..."

C'était sorti, presque malgré elle. La jeune indienne avait pensé ses mots mais elle les avait prononcés en même temps. Bah, ce n'était pas grave et puis comme ça, le professeur de sport arrêterait l'espace de 5 minutes de penser au renégat. Un extraterrestre, quelque part, elle en aurait bien ri si ce n'était pas aussi sérieux. Mais elle ne trouvait pas vraiment le moment approprié pour le faire. Se remontant légèrement contre l'oreiller pour se caler un peu plus, la jeune apprentie déesse attendit le retour de Zack. Mais avant, elle avait un point à éclaircir avec lui.

"- Pour information, Geronimo n'a jamais sauté par une fenêtre. Les apaches ne vivaient pas dans des constructions en dur, comme vous. Alors, votre comparaison est complètement erronée entre lui et moi."

Le simple fait de parler de quelque chose de complètement différent, sans rapport avec l'attaque, lui fit du bien. Au moins, elle parvenait à réfléchir plus calmement. Prenant le temps de bien observé les lieux, elle nota qu'elle était belle et bien seule avec Zack et Carole. Donc pas d'autres blessés. Bien, encore une bonne nouvelle. L'Humain avait peut-être tendance à prendre les choses trop à la légère mais son optimisme était quand même assez agréable, même un peu contagieux.

"- Et puis, sauter par les fenêtres n'est pas mon occupation de base non plus. Tout comme me prendre des barrières. Il faut croire qu’aujourd’hui, ce n'était pas mon jour, c'est tout."
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Re: Entre deux arbres - Jeu 8 Aoû 2013 - 17:49

Abygaïl finit par sourire, comme quoi les pitreries payaient toujours. Et encore, Zack n'avait pas sorti le grand jeu. Et les sensations qu'il avait étaient plutôt positives maintenant, encore un peu teintées de douleur certes, mais plus douces, plus apaisées. Sans doute que cette fille avait une espèce de pouvoir qui faisait rayonner son état d'esprit à ceux qui étaient proches d'elle ou quelque chose du genre. Une empathie à l'envers. Remarque c'était bien plus sympathique que les lames de vent légèrement trop tranchantes au goût du professeur.

Il fit un grand sourire limite triomphant quand la demoiselle avoua désirer étancher sa soif.

- Et bien voilà ! Je ne te propose pas d'alcool - d'autant que je sais pas où Carole planque cette réserve-là - un bon verre d'eau fraîche devrait te requinquer un peu.

Laissant l'élève à ses pensées, il se dirigea vers le bureau de l'infirmière, qui en profita pour le gronder, et remplit un verre à la petite fontaine en bidon qui trônait juste à côté de la porte. Il revint ensuite le donner à la gamine qui s'était résolue à bien se caler dans ses oreilles, une bonne nouvelle. Par contre... qu'est-ce qu'elle lui racontait sur Geronimo ? Et pourquoi elle reparlait d'apaches ? Mouais ça devait être le contrecoup de sa petite bataille.

- C'est une expression qui n'a pas grand chose à voir avec le personnage originale tu sais ? Juste un type qui avait vu le film la veille d'un saut en parachute et qui a hurlé son nom avant le plongeon. C'est bête mais c'est resté ! Tenez princesse, votre nectar d'orient.

Il lui donna le verre et se rassit sur le lit d'à côté en se penchant sur ses cuisses, croisant les mains devant lui. Il rigola en l'entendant.

- J'espère bien que c'est pas ton passe-temps, sinon ta famille doit s'arracher les cheveux. D'ailleurs tu as un numéro pour qu'on les contacte ? Je suis sûr que tu préférerais rentrer chez eux que passer la nuit à l'hôpital, et l'infirmerie d'un lycée ne fait pas vraiment hôtel, même si ça dérangerait pas Carole.
- Parle pas à la place des autres le café sur pattes. Je tiens à mon poste, si tu veux te faire virer par le directeur c'est ton problème, mais m'entraîne pas avec toi !
- Tout de suite je me fais agresser... la vie est cruelle.

L'humain prit sa tête de chien battu pas sérieuse. Mais le fait est qu'il devait contacter un proche de la gamine afin qu'on vienne la chercher. Ils ne pouvaient pas la garder ici, et quelque chose lui disait qu'elle ne voudrait pas aller à l'hôpital. D'ailleurs, même si elle était dans un sale état, ce n'était pas suffisant pour qu'ils la gardent toute la nuit. Carole avait déjà parfaitement géré ses blessures. Elle essaierait probablement de prétendre qu'elle avait juste besoin de souffler un peu, puis qu'elle pourrait filer, mais il resterait intraitable. Elle pouvait très bien être une super extraterrestre, elle restait blessée, il lui fallait un minimum de temps pour aller mieux, au moins une nuit.

- Enfin, c'est mon lot, je n'y peux rien. Alors tu as un numéro ? Ou une adresse, ça ne me dérange pas d'y aller, j'aime bien l'exercice.

Remarque peut-être qu'elle n'avait personne ? L'idée lui traversa l'esprit subitement et le fit froncer les sourcils. Après tout, si elle était une extraterrestre... ou même si un type aussi dangereux que ça la suivait, peut-être que sa famille n'existait plus. Le gars aurait bien pu les tuer. Brrr quelles pensées vachement réjouissantes. Bon il avait un plan B si jamais le A foirait, c'était toujours ça, mais il apprécierait d'éviter d'avoir à y recourir. Enfin si ça se trouve il se faisait des films pour rien, Abygaïl était une jeunette tout à fait normal - à part qu'elle attirait les extraterrestres et faisait des trucs bizarres - avec son papa, sa maman, peut-être un grand frère protecteur ou une petite soeur timide, et voilà. On pouvait toujours rêver non ?
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Re: Entre deux arbres - Jeu 8 Aoû 2013 - 20:56
- Et bien voilà ! Je ne te propose pas d'alcool - d'autant que je sais pas où Carole planque cette réserve-là - un bon verre d'eau fraîche devrait te requinquer un peu.

En effet, un verre d'eau lui irait très bien. De toute façon, niveau alcool, elle n'en buvait quasiment pas et le seul qu'elle aimait ne devait surement pas faire partie de leur réserve. D'ailleurs, il ne devait même plus exister aujourd'hui. La liqueur de cactus que fabriquait son peuple était une recette très spéciale, bien à part, il n'y avait aucun chance pour qu'elle puisse en trouver sur Terre. Déjà qu'elle avait été étonnée d'en trouver au Bar Scolaire de la Deus, si jamais quelqu'un lui en dénichait dans l'infirmerie, elle voulait bien révéler toute la vérité sur ce qui se passait, ses origines et tout le reste. En même temps, comme cela n'avait aucune chance d'arriver, elle ne prenait pas vraiment de risques.

- C'est une expression qui n'a pas grand chose à voir avec le personnage originale tu sais ? Juste un type qui avait vu le film la veille d'un saut en parachute et qui a hurlé son nom avant le plongeon. C'est bête mais c'est resté ! Tenez princesse, votre nectar d'orient.

Eh bien, le coup du Géronimo semblait l'avoir sérieusement marqué. Encore plus qu'elle si ça se trouvait. Mais elle écouta son explication avec attention. Ainsi donc, c'était devenu une expression reprise pour les personnes jouant les filles de l'air en gros. Ça ne collait pas vraiment au personnage d'origine mais ce ne serait pas elle qui pourrait changer cela dans la tête des gens. Alors qu'ils pensent ce qu'ils voulaient. Après tout, il ne salissait as la mémoire du peuple indien en se servant ainsi de ce nom connu, alors le reste lui importait peu.

Elle remercia le professeur et saisit son verre doucement. La fraicheur du récipient contre ses doigts, les perles d'eau condensées contre sa peau, cela lui arracha un frisson un instant. Elle but lentement, à petites gorgées. Autant pour profiter du passage agréable du liquide que pour éviter des douleurs soudaines. Se mettre à tousser dans son état parce qu'elle avait avalé de travers était loin d'être la meilleure idée du monde alors autant faire attention. Elle avait eu son quota de bleus et de bosses pour la journée.

- J'espère bien que c'est pas ton passe-temps, sinon ta famille doit s'arracher les cheveux. D'ailleurs tu as un numéro pour qu'on les contacte ? Je suis sûr que tu préférerais rentrer chez eux que passer la nuit à l'hôpital, et l'infirmerie d'un lycée ne fait pas vraiment hôtel, même si ça dérangerait pas Carole.

- Parle pas à la place des autres le café sur pattes. Je tiens à mon poste, si tu veux te faire virer par le directeur c'est ton problème, mais m'entraîne pas avec toi !

- Tout de suite je me fais agresser... la vie est cruelle.

Franchement, il le cherchait à se faire remettre en place comme ça. La jeune précolombienne eut un rire léger en le voyant à nouveau prendre cet air de pauvre petite chose fragile, perdue et digne d'un animal abandonné sur le coin d'une route. Cela contrastait drôlement avec l'air plus sérieux qu'il pouvait aussi se donner. Car même s'il prenait tout de façon légère et à la rigolade, il était plus que facile de deviner lorsqu'il parlait de façon vraiment sérieuse ou simplement comme ça. Enfin, elle aurait bien aimé qu'il se limite à ses blagues et autres petits jeux de mots plutôt que de se pencher sérieusement sur son cas.

- Enfin, c'est mon lot, je n'y peux rien. Alors tu as un numéro ? Ou une adresse, ça ne me dérange pas d'y aller, j'aime bien l'exercice.

Bon alors, comment se sortir de cette situation sans en révéler de trop sur sa véritable situation? En général, elle serait partie sans lui laisser le temps de réagir mais même en utilisant ses pouvoirs, elle n'irait pas loin. Et le bateau ne devrait pas passer tout de suite. Elle laissa échapper un soupir avant de se laisser légèrement retomber contre son oreiller, s'enfonçant un peu plus dans le lit. Autant être bien installée, vu qu'elle ne partirait pas tout de suite. Et franchement, avec la fatigue accumulée et les blessures, elle n'était pas spécialement disposée à réfléchir à quelque chose de trop compliqué. Alors, pour une fois, elle ferait simple.

"- Je n'ai ni numéro, ni adresse à vous donner. Je n'ai rien le droit de dire à propos de mon identité pour des raisons... personnelles. Ma famille, je n'en ai pas ou si j'en ai, je ne la connais pas et n'en ai jamais entendue parler."

Ce n'était même pas vraiment un mensonge en réalité. Pour ses descendants, elle en avait peut-être de sa famille encore en vie mais elle l'ignorait si c'était le cas. Pas d'identité sur terre donc elle n'existait sur aucun dossier, nulle part. Et c'était normal en même temps. Elle était morte après tout. Le problème serait de leur faire comprendre qu'il vaudrait mieux qu'ils arrêtent de lui poser des questions mais ça, elle était persuadée que même en priant Deus, ça n'arriverait pas. Du moins de la part de Zack.

"- Moins vous en saurez sur mon compte, mieux vous vous en porterez. Vous pourrez chercher des informations sur mon compte, vous ne trouverez rien. Je suis désolée, je ne peux rien vous dire de plus. A part qu'en restant ici, je vous mets en danger. Donc, je dois partir le plus rapidement possible."

Elle en avait trop dit, elle savait qu'il ne la laisserait pas s'en aller comme ça mais elle devait au moins essayer. La jeune apprentie déesse sentait doucement ses forces revenir, as trop vite mais doucement et surement. Alors, s'ils ne se décidaient pas à la laisser s'en aller, eh bien, elle devrait se forcer un passage.

"- Par contre, il y a quelque part où je peux aller lorsque les choses tournent mal. Une fois là-bas, je serais en sécurité et vous aussi. Alors, si vous pouviez me laisser m'y rendre, je vous en serais infiniment reconnaissante."
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Re: Entre deux arbres - Ven 9 Aoû 2013 - 11:32

Au moins tous les malheurs du monde contiennent toujours un petit quelque chose de positif. Le pauvre Zack se faisait maltraité par sa collègue d'infirmière mais ça faisait rire leur grande blessée, alors ce n'était pas si mal. Il haussa un sourcil quand elle lui répondit. Pas d'adresse ou de numéro ? Ni de famille ? Là c'était sûr, elle était un extraterrestre ! Sûrement sous surveillance ultra importante de la CIA ou peut-être du FBI. La classe. Mais d'un autre côté ça sentait un peu mauvais cette histoire. Dès qu'on se retrouvait lié à ce genre d'organisation il y avait forcément un problème. En tout cas dans tous les films ils le disaient, sans parler des jeux vidéos.

C'était un peu triste aussi. Pas de famille connue, même pas le droit de laisser un moyen d'être joint par d'éventuels amis... mieux valait être un humain banal en fin de compte. C'était peut-être moins classe, mais yavait moins de trucs tristes. Enfin ça dépendait de sa vie bien sûr, mais ça c'est autre chose. Et Abygaïl qui en rajoutait sur le principe du "Moins t'en sais, plus t'as de chances de survie". Il en rigola un peu.

- On dirait un épisode des X-Files tiens.

Bon vu les derniers évènements, elle n'avait probablement pas tort en disant qu'elle attirait le danger au lycée. S'il y avait d'autres extraterrestres à sa poursuite, ils finiraient par la retrouver comme le premier, et ça semblait très sportif comme rencontre. Autant Zack se moquait de sa propre sécurité, autant celles des autres lui importait grandement. La gamine avait raison, elle ne devait pas rester ici trop longtemps, sinon ce sont les élèves de l'internat et les surveillants qui risquaient d'y passer. Ce qui ne voulait pas dire pour autant qu'il allait la mettre à la porte, oh non. L'humain se leva et s'étira un peu les bras en faisant une légère grimace. Les entailles lui picotaient désagréablement les muscles, notamment les plus profondes qui étaient douloureuses, mais bah il avait connu pire. Et il pouvait marcher lui.

- Ca roule ! J'vais t'amener à ta soucoupe - j'ai toujours rêvé d'en voir une vraie en plus - comme ça plus personne ne sera en danger.

Prévoyant une tentative de protestation, Zack se hâta de préciser le fond de sa pensée avec un clin d’œil.

- Et c'est non négociable princesse. Tu n'es pas en état de faire un pas sans t'écrouler, et il est de mon devoir de protéger mes élèves. Je suis donc obligé de t'évacuer pour leur sécurité, et quitte à te mettre dehors, autant t'amener jusqu'à ton lieu secret. On pourrait m'accuser de non assistance à personne en danger sinon.

C'était logique après tout. Le plan B était épargné, ce serait le C qui serait mis à exécution. Le professeur s'approcha de l'élève et se pencha pour la reprendre dans ses bras, à la mode de la mariée, lui laissant bien sûr la possibilité de s'accrocher à son coup pour se stabiliser. Et bien entendu il faisait attention, déjà parce que ça allait tirer sur ses propres blessures, et surtout pour qu'elle soit le moins secouée possible.

- T'en fais pas, j'ai un meilleur moyen de transport dehors. Ça vaut sûrement pas le tien, mais c'est toujours pratique pour le pauvre humain que je suis !

Dit sur un ton tout à fait joyeux, à croire qu'il trouvait la situation totalement normale. Tout le monde rencontre des extraterrestres tous les jours voyons. D'un autre côté, il ne voyait pas l'intérêt de paniquer ou de jouer à tout nier. Yavait eu un truc bizarre inexplicable, ok, il l'admettait et il faisait avec. Dans un sens, ça ne changeait pas grand chose à ses habitudes : quelqu'un en danger, fallait l'aider, et voilà. Ca se résumait facilement. Bon il y avait toujours le bug de ces émotions étranges, mais ça avait sûrement un lien avec l'extraterrestre, alors dans un sens ce n'était plus aussi perturbant. Probablement que lorsqu'elle serait partie, ces effets s'évanouiraient également.

- Evite de l'achever en route quand même, conduis correctement pour une fois.
- J'apprécie grandement ta confiance dans mes capacités de pilote aguerri.
- J'ai un doute, tu as fini par passer ton permis ou... ?
- Faut y aller, à plus tard !

Carole était bien plus redoutable que tous les extraterrestres du monde quand elle voulait.


Dernière édition par Zack Maxwell le Dim 11 Aoû 2013 - 15:31, édité 1 fois
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Re: Entre deux arbres - Sam 10 Aoû 2013 - 14:17
- On dirait un épisode des X-Files tiens.

Elle n'avait pas la moindre idée de ce à quoi il faisait référence mais elle doutait que son histoire puisse ressembler à une de ses émissions qui passait sur Terre. Enfin, ce devait être un truc du genre car c'était bien les séries comportaient des épisodes d'après ses souvenirs. Certes, elle n’était pas très calée sur le monde terrestre actuel mais elle avait quand même fait pas mal de recherches avant de s'y risquer seule. Après tout, la technologie d'aujourd'hui pouvait se révéler très pratique et comme elle préférait ne pas se faire démasquer trop vite, autant éviter de rester complètement ébahie de stupeur devant le premier téléviseur venu ou autre. En tout cas, quoi qu'elle puisse dire, le professeur de professeur ne cessait de trouver ça drôle. Au moins, elle aurait servi à ça.

Ses derniers mots résonnèrent un moment dans la pièce, le silence tomba un peu tandis que l'infirmière semblait malgré tout un peu perplexe avant que le dénommé Zack ne se lève et commence à s'étirer dans tous les sens. Bon, visiblement ses blessures n'étaient pas très graves car il pouvait remuer presque que comme si de rien n'était mais elle ne put retenir une légère grimaça à cette impression de picotement qui la parcouru. Elle avait subi la même attaque, plus vive encore, alors elle devait simplement sentir le même genre de douleur que lui. Heureusement qu'elle était intervenue avant qu'il n'ait prit l'attaque de plein fouet. Bon, arrêter de penser négativement, cela ne servirait à rien. Le professeur finit par reporter toute son attention sur la jeune apprentie déesse, comme s'il venait soudain seulement de comprendre ce qu'elle venait de dire. Ou de s'en rappeler.

- Ca roule ! J'vais t'amener à ta soucoupe - j'ai toujours rêvé d'en voir une vraie en plus - comme ça plus personne ne sera en danger.
Et c'est non négociable princesse. Tu n'es pas en état de faire un pas sans t'écrouler, et il est de mon devoir de protéger mes élèves. Je suis donc obligé de t'évacuer pour leur sécurité, et quitte à te mettre dehors, autant t'amener jusqu'à ton lieu secret. On pourrait m'accuser de non-assistance à personne en danger sinon.


Sa soucoupe? Pour le coup, elle se demanda s'il n'avait pas pris également un coup sur la tête avec tout ce qu'il s'était passé. Remarque, elle comprendrait qu'il soit perdu. Il avait beau faire le malin et tout, il y avait quand même au final encore une personne dont le sort était en suspens, un mort et elle, débarquée d'on ne savait où et sans identité. Alors, elle ne dirait rien de plus, elle ne voulait impliquer personne. Déjà que ce combat aurait dû être le sien, sans aucune intervention ni dommage collatéral. C'était sa faute, elle avait fait l'erreur de descendre sur Terre et de se retrouver vulnérable. Elle ne commettrait pas deux fois la même faute. Et le plus sûr moyen serait sans doute de ne jamais revenir dans la coin. La Terre est grande, ce ne serait pas difficile.

Mais visiblement non, il était toujours dans son état normal, ou à peu près. Princesse. Il allait vraiment l'appeler comme ça jusqu'au bout? Remarque, il y avait pire mais quand même. Par contre, le reste de ses paroles la laissa un instant pensive. Pour protéger les élèves, il acceptait de la laisser partir mais étant elle-même blessée, elle ne partirait pas seule. Une ébauche de sourire. Protéger, aider, secourir... N'était-ce pas cette même volonté qui la faisait avancer depuis son réveil et sa prise de conscience? C'était peut-être idiot mais ce réflexe presque normal de l'Humain le fit remonter dans son estime. Ce n'était pas un crétin, elle l'avait jugé trop vite, dans la précipitation et le feu de l'action.

Déjà, il revenait se placer à côté d'elle et avant qu'elle ait pu ne serait-ce que tenter de se mettre debout, il était à nouveau en train de passer ses bras autour d'elle, sous ses jambes et dans son dos, pour la soulever comme si elle ne pesait rien. Elle aurait voulu lui dire de la poser, pour ménager ses blessures mais elle savait d'avance qu'il ne l'écouterait pas. Alors, elle tenta simplement de faire abstraction de ses propres douleurs se réveillant lorsqu'il la prit dans ses bras. Avec des gestes peu assurés, elle finit par passer ses bras autour de sa nuque, afin de se soutenir davantage et soulager certaines plaies mais il était évident qu'elle ne se sentait pas à l'aise ainsi.

- T'en fais pas, j'ai un meilleur moyen de transport dehors. Ça vaut sûrement pas le tien, mais c'est toujours pratique pour le pauvre humain que je suis !

- Evite de l'achever en route quand même, conduis correctement pour une fois.

- J'apprécie grandement ta confiance dans mes capacités de pilote aguerri.

- J'ai un doute, tu as fini par passer ton permis ou... ?

- Faut y aller, à plus tard !

Elle ne comprit strictement rien à leur échange si ce n'est que, comme à chaque fois que quelque chose semblait ne pas être à l'avantage du professeur, il partait ou sortait une blague. Un léger sourire, c'était drôle malgré la gravité de ce qui s'était passé qu'ils restent aussi calmes, simplement avec leurs réflexes habituels. Ça faisait du bien au fond, de rencontrer des gens si simples. Si normaux en fait. Maintenant, ils traversaient les couloirs en sens inverses du chemin fait plus tôt. A croire qu'elle ne serait jamais autorisée à passer ne serait qu'un pied sur le sol de cet établissement. Puisqu'à aucun de ses passages, elle n'avait eu le droit de marcher. A croire que ça l'amusait de la porter. Pourtant, elle espérait qu'ils n'iraient pas trop loin, lui aussi était blessé.

Ils arrivèrent enfin devant une espèce de grand abri étrange, sans doute réservé aux professeurs. Un garage bizarre, enfin ne ressemblant à rien de ce qu'elle connaissait. Et déjà, le professeur de sport s'arrêtait devant un engin à deux roues. Une moto. Elle en avait déjà vu mais cela s'arrêtait là. Du coup, comme il fut bien obligé de la poser par terre, elle profita de ce temps pour laisser ses doigts passer sur la carlingue avec curiosité. Et en parlant de curiosité, quelque chose lui revint en mémoire et du coup, elle en profita pour lui poser sa question.

"- Au fait, c'est quoi X-Files?"

Voilà sans doute bien la dernière question à laquelle il devait s'attendre de sa part pourtant, c'était la seule qui lui venait. Elle s'assit quasiment contre le véhicule, tenant debout mais préférant économiser ses forces. Il n'y avait personne aux alentours et aux alentours, elle pouvait ressentir de nouveau la présence douce et sereine des petits animaux de la vie de tous les jours. Un brin de sérénité dans son corps meurtri après tout ce que venait de se passer. Enfin bon, maintenant, elle devait encore se débrouiller pour qu'il accepte de l'emmener là elle souhaitait se rendre. Pour ce faire, elle sortit un petit papier de sa poche, abimé et tâché mais sur lequel on voyait encore bien l'image d'un bâtiment assez banal avec une adresse à la périphérie de la ville. Un genre de maison à côté d’une ruelle, ne payant pas de mine. Mais juste en face, se trouvait un des cafés les plus réputés de tout l’état.

"- C'est ici que je dois aller. Vous connaissez?"
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Re: Entre deux arbres - Dim 11 Aoû 2013 - 16:43

Fuyant sans état d'âme l'infirmerie - et surtout la maîtresse des lieux qui, allez savoir pourquoi, ne trouvait pas très bien de conduire sans permis - Zack embarqua la grande blessée dans les couloirs du bâtiment. Tout était calme, avec la fin d'après-midi et les événements récents le lycée avait été évacué. Difficile de faire cours tranquillement avec une montagne de flics et d'inspecteurs en quête d'indices sur ce qui s'était passé. D'ailleurs toute une partie de la cour avait été emberlificoté dans des bandes noires et jaunes pour délimiter un périmètre. Il n'y avait pourtant rien de particulier, à part peut-être quelques entailles dans le sol, là où les lames de vent avaient durement frappé, mais sinon... enfin c'était le boulot des poulets, ils devaient savoir ce qu'ils faisaient.

Sortant du bâtiment, le professeur contourna la cour incriminée pour traverser un long préau qui déboucha sur la partie "Transports" du lycée. Il y avait un certain nombre de barrières servant à fixer les vélos des jeunes, mais également un parking pour les voitures et quelques emplacements réservés aux motos - ainsi qu'au personnel enseignant bien sûr. Vu l'heure et la situation, il n'y avait plus grand chose, et le véhicule de Zack était bien visible, garé dans un coin : une superbe moto Yamaha, bleue et noire, dont il était fier. Certes, il y avait un rétro un peu branlant qui ne tenait que grâce au pouvoir mystérieux du scotch, mais c'était un détail.

L'humain déposa sa petite protégée à terre avec mille précautions, qui semblait intéressée par sa monture métallique. Mais la question posée n'avait rien à voir avec sa chérie à deux roues.

- Hey tu sors d'où pour ne pas connaître ? Me dis pas que t'as pas la télé dans ta soucoupe... ça serait bien triste.

Remarque tous les terriens ne connaissaient pas forcément, alors il ne pouvait pas en vouloir à une extraterrestre. Et ce n'était pas sa faute si le FBI ou la CIA n'étaient pas fichus d'éduquer les étrangers.

- C'est une série fantastique avec des agents du FBI comme personnages principaux. Ils se retrouvent à résoudre des enquêtes bizarres, en rapport avec des extraterrestres, ou parfois juste des trucs étranges. Parfois ils trouvent une solution logique, parfois pas. C'est fun à suivre, même si ça devient vite n'importe quoi dans les dernières saisons.

Comme la plupart des séries américaines. Ah les joies des pompes à fric... mais bon, Zack n'allait pas entrer dans ce débat, ce n'était pas intéressant ni nécessaire. Il préféra fouiller ses poches pour chercher ses clés et ressortit diverses petites choses peu importantes : un aimant carré - pourquoi il avait ce truc sur lui déjà ? - un mouchoir neuf - mais là depuis tellement longtemps qu'il avait l'air bien fatigué le pauvre - un bouton rose - mince d'où ça venait... - un billet d'un dollar - ça c'était normal - et, accroché à un scoubidou bleu et blanc en forme de pingouin, son porte-clé - lui-même en forme de mascotte linuxienne.

Il remit le reste à sa place et enjamba sa belle moto adorée, s'installant tranquillement. Tournant la tête, il jeta un coup d’œil au papier qu'Abygaïl avait sorti. Ca lui disait quelque chose, mais quoi... Ah si, le Cheddar ! Il aimait bien ce café, même si c'était relativement loin de chez lui. Par contre il n'avait jamais fait attention à la maison d'en face. Mais bon faut dire qu'en règle générale quand il allait là-bas, c'était pas pour mater l'architecture du coin. Du moins pas celle de l'immobilier.

- Hey bien sûr que je connais, j'y vais souvent. Enfin en face, pas dans ta maison. J'aurais jamais cru qu'on y cacherait une soucoupe d'ailleurs. Voyons... on risque d'avoir le périph'bouché à cette heure, mais avec mes capacités de pilote hors pair tu vas voir ça sera du gâteau ! On en a pour un quart d'heure à tout casser. Disons vingt minutes si je respecte les feux. En temps normal, je te dirais de monter derrière et de t'accrocher, mais on va changer un peu les habitudes. J'aimerais pas que tu t'envoles dans un virage !

Hop, Zack l'attrapa pour la mettre devant lui en lui montrant comment s'installer le mieux possible. Ici, les mains, mais attention faut surtout pas toucher aux manettes. Enfin yaura les siennes dessus de toute façon donc ya pas trop de risques mais dans le doute hein mieux vaut prévenir. Les pieds là, bien calé ça permet d'avoir un bon équilibre. Il est derrière de toute façon pour servir de dossier plus ou moins confortable. Tant qu'elle ne s'accroche pas à ses bras, ça ira. Nan parce que bon il est costaud et tout mais les lames de vent ça fait mal quand même, alors autant éviter d’aggraver la douleur déjà pas super agréable. Et le style vestimentaire "bandages sexy" ça va bien deux minutes mais il a pas envie que ça dure trop longtemps.

Ceci étant réglé, l'humain démarra sa belle bécane en douceur et commença à rouler lentement pour quitter le lycée. Ce n'était pas si facile que ça, parce qu'il était habitué à foncer comme un bourrin, mais bon ça lui faisait un exercice de self control !

- T'inquiète, je suis un pro de la moto malgré ce que dit Carole. Elle est juste jalouse ! Préviens-moi si c'est trop brusque, je ferais davantage attention.

Autant en solo il se fichait bien des feux rouges et des voitures - il avait d'excellents réflexes et une chance de cocu pour éviter les obstacles - autant avec quelqu'un il se devait de faire très attention, encore plus avec une blessée. Mais ça ne l'empêchait pas d'avoir envie de laisser libre cours à ses envies de fonceur. La vitesse, le vent, le danger même dans un sens, c'était ça le truc génial avec la moto ! Mais bon... il se restreignait, autant que possible.
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Re: Entre deux arbres - Dim 11 Aoû 2013 - 20:41
- Hey tu sors d'où pour ne pas connaître ? Me dis pas que t'as pas la télé dans ta soucoupe... ça serait bien triste.
C'est une série fantastique avec des agents du FBI comme personnages principaux. Ils se retrouvent à résoudre des enquêtes bizarres, en rapport avec des extraterrestres, ou parfois juste des trucs étranges. Parfois ils trouvent une solution logique, parfois pas. C'est fun à suivre, même si ça devient vite n'importe quoi dans les dernières saisons.


Et il remettait encore en couche avec son histoire de soucoupe. Décidément, il y tenait à ce truc-là. Elle ne voyait toujours pas de quoi il pouvait bien parler mais bon, si ça lui faisait plaisir de croire à ça et qu'en même temps, il ne posait pas de questions, ça l'arrangeait. Le FBI, des gens censés protéger les autres. Un peu comme son rôle au Conseil des Élèves. Alors l'histoire parlait d'extraterrestres et autres évènements bizarres et inexpliqués. Pas étonnant qu'il assimile la journée qu'il venait de vivre à un des épisodes de cette émission. Mais pour le coup, il pourrait chercher longtemps, il ne risquait pas de trouver de solution logique à ce qu'il venait de se passer aujourd'hui.

Une fois que le professeur eut fini de farfouiller dans le capharnaüm qui gisait dans ses poches, il mit la clef dans le contact sans l'enclencher et commença à s'installer sur son véhicule. Elle l'observa, un peu dubitative. Ils tiendraient à deux dessus? C'était vraiment fait pour ça? Pour le coup, elle en doutait franchement mais en même temps, elle n'allait pas faire sa difficile et jusqu'à présent, le jeune homme avait toujours dit la vérité, donc elle n'avait pas de raisons de s'en faire. Elle le laissa observer la photo de son lieu de rapatriement d'urgence en attendant de voir si le professeur connaissait et visiblement, après un léger temps de réflexion, il se souvint de l'endroit dont il s'agissait.

- Hey bien sûr que je connais, j'y vais souvent. Enfin en face, pas dans ta maison. J'aurais jamais cru qu'on y cacherait une soucoupe d'ailleurs. Voyons... on risque d'avoir le périph'bouché à cette heure, mais avec mes capacités de pilote hors pair tu vas voir ça sera du gâteau ! On en a pour un quart d'heure à tout casser. Disons vingt minutes si je respecte les feux. En temps normal, je te dirais de monter derrière et de t'accrocher, mais on va changer un peu les habitudes. J'aimerais pas que tu t'envoles dans un virage !

Monter derrière en temps normal, changer les habitudes, s’envoler dans un virage. Mais de quoi est-ce qu'il parlait? Elle n'eut pas vraiment le temps de se poser plus de questions car le professeur l’attrapa gentiment mais fermement pour la faire monter à son tour et s'asseoir juste devant lui. Elle écouta ses recommandations avec attention, où placer ses mains, ses pieds, comment se tenir à peu près droite mais un peu penchée quand même pour ne pas le gêner lorsqu'il regarderait la route. Franchement, pour le coup, elle ne trouvait plus l'idée aussi bonne que ça. Certes, ce n'était qu'un amas de métal et quoi qu'il se passe, elle était morte une fois alors elle ne craignait pas grand-chose mais lui si. Et puis, les paroles de Carole revenaient dans sa mémoire, l'histoire du permis, et lui qui disait ne pas respecter les feux. Il dut sentir son appréhension car avant qu'elle n'ouvre la bouche, il prit la parole, coupant court à ses propres mots.

- T'inquiète, je suis un pro de la moto malgré ce que dit Carole. Elle est juste jalouse ! Préviens-moi si c'est trop brusque, je ferais davantage attention.

La machine se mit à ronfler sous eux, la laissant un instant complètement surprise et un brin inquiète. Elle referma un peu sa prise sur le guidon et déjà, le véhicule se mettait en branle. Doucement, dans un ronronnement mécanique bruyant mais régulier, presque apaisant dans un sens. Et puis, ils quittèrent l'enceinte du lycée pour prendre la direction de la ville et de sa destination. Si au départ, elle restait un peu réservée à l'égard du deux-roues, la vitesse alliée au manque de protection évidente ne l'enjoignant pas à avoir confiance dans l'engin, dès qu'ils prirent un peu de vitesse, son attitude changea.

Était-ce la sensation de liberté que procurait le véhicule, l'air qui s'engouffrait dans ses cheveux et giflait son visage qui réussit à lui arracher un sourire? Elle ne le savait pas exactement et ne chercha pas plus loin. Un peu raide au départ en raison de son appréhension, elle se cala un peu mieux contre son chauffeur du moment et se laissa enivrer par ces sensations nouvelles. Cela lui rappelait les courses de chevaux sauvages à travers les grandes plaines, lors des cérémonies d'équinoxe. Elle tendit légèrement le visage en avant, pour en profiter au maximum, en oubliant jusqu'à ses blessures et les derniers évènements de la journée. Ne restait que la distance qu'ils avalaient dans le ronflement de la machinerie la transportant.  

20 minutes s'étaient-elles réellement écoulées depuis leur départ du lycée? Elle avait l'impression de s'être envolée pour atterrir aussitôt. Pour le coup, elle en fut presque déçue en apercevant juste devant eux la façade du Cheddar. Ils étaient arrivés. Déjà. Et finalement, ce fut sans doute l'arrêt qui fut le plus dur pour elle. Elle n'était pas habituée à descendre de ce genre de véhicule et avec la position qu'elle avait adoptée durant le trajet, certaines plaies c'étaient retrouvées plus ou moins comprimer et se relever réveilla leur présence. Enfin, elle tint debout et descendit sans tomber, avec l'aide du professeur évidemment. A croire qu'il ne la lâcherait pas avant d'avoir vu cette satanée soucoupe dont il lui rabattait les oreilles depuis un certain temps.

"- Eh bien, merci de m'avoir déposée. C’était vraiment sympa comme balade. Carole a tort de s'inquiéter, vous conduisez très bien."

Ouais enfin, elle n'avait aucune notion du code de la route donc elle serait incapable de réaliser le nombre d'infractions qu'il avait commis durant leur trajet. Maintenant, arrêtés en face du fameux café, il ne lui restait plus que quelques mètres à parcourir pour arriver devant la maison en question. Un léger soupir de soulagement lui échappa. Elle allait pouvoir rentrer et entière. Mais il lui restait encore tant à faire une fois de retour. Enfin, elle y penserait plus tard. Elle se tourna vers le professeur et lui sourit gentiment.

"- Eh bien, je vous remercie de m'avoir raccompagner jusqu'ici. Je pense que je peux terminer le chemin toute seule. Ne vous en faites pas, je tiendrais bien les 100m qu'il me reste à faire."
Entre deux arbres
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