Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Entre deux arbres

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Entre deux arbres - Sam 27 Juil 2013 - 20:26

Il fallait qu'il pense à glisser deux mots au petit arabe du coin. D'habitude sa cuisine est super, mais hier pfou le couscous était mal passé. En général, Zack ne faisait pas de rêves particuliers, du moins pas plus ou moins que la norme. Mais la veille, alors qu'il s'éclatait à faire du surf sur une vague de chantilly - bon d'accord il pouvait faire des rêves un peu plus bizarres que ses compatriotes - un ange était apparu sans prévenir, ce qui lui avait valu une bonne cascade dans la mer blanche. L'apparition lui avait parlé d'une rencontre, de quelqu'un à aller voir, et puis pouf plus rien.

Au réveil, l'humain ne se rappelait de rien. C'était pendant son petit déjeuner que le souvenir du rêve lui était revenu - huuuuum de la chantilly tout partout rrrr - et puis l'ange avec ses paroles. Peut-être qu'il était question d'un élève en difficulté et qu'il s'était dit qu'il devrait aller le voir. Tonio avait l'air un peu faiblard ces temps-ci, il devait avoir des soucis, sans doute une fille. Ou un autre garçon, allez savoir, c'était possible. Oui, il avait sûrement transposé ses pensées à propos de l'élève en rêve. Après que ce soit un ange qui lui dise, ma foi... il ne fallait pas trop chercher, l'esprit humain a une façon très particulière de communiquer avec lui-même.

Le rêve classé avec les autres, Zack termina son repas matinal, attrapa un de ses nombreux pulls sans manches à coll roulé - il faisait bon dehors, une température printanière idéale - un noir, avec un jean bleu foncé. Des baskets on ne pouvait plus simple - des jeunes lui demandaient parfois où il les achetait, c'était amusant - un sac en bandoulière gris clair et hop il était parti. Il jeta juste un coup d'oeil dans la glace de son entrée, souffla sur une mèche qui ne broncha pas d'un pouce et sortit. Inutile d'essayer d'arranger sa tête, quoi qu'il fasse ça resterait un bazar monumental. Tout comme ce qu'il avait dedans d'ailleurs.

Aujourd'hui, le lycée de son quartier avait organisé un marathon autour de l'établissement. Toutes les classes devaient y participer, et bien sûr en tant que professeur de sport il se devait de superviser la chose. Il fallait bien aussi qu'il encourage les élèves, parce que si on attendait des autres profs un peu de soutien... on pouvait toujours se brosser dans la grande majorité. Le départ devait être donné à 9h pétantes, la course devait durer une bonne heure et les résultats officiels devaient être annoncés pour 11h.

Zack alla déposer son sac dans son casier de la salle des profs, vérifia l'heure - 8h45 c'est bon il n'était pas en retard cette fois - et rejoignit ses collègues. Quelques petits mots furent échangés, dont une blague stupide, puis ils retrouvèrent les élèves entassés dans la cour principale. Le directeur eut droit à son petit discours d'encouragement qui rappelait surtout à tout le monde que le marathon existait pour une oeuvre caritative et blablabli et blablabla. Finalement l'humain sera en retard la prochaine fois, ça lui éviterait d'entendre toutes ces belles paroles ennuyantes à mourir.

Alors que chacun se préparait au départ, le professeur se faufila entre les élèves pour leur souhaiter bonne chance, donner quelques conseils à ceux qui en avait besoin et fila à la troisième remontrance du directeur - comme si faire ça allait les déconcentrer tssss - pour gagner son propre poste dans la course. Il devait surveiller un magnifique passage constitué de deux arbres entre lesquelles tout le monde devait courir. A gauche le mur d'enceinte du lycée, à droite la rue on ne pouvait plus simple, avec quelques barrières visant à empêcher d'éventuels spectateurs de passer. Le genre de machin qu'on peut pousser sans même faire attention. Un truc passionnant... mais bon au moins il pourrait les encourager presque individuellement.

Repérant un réverbère fort confortable à la vue, Zack alla s'y appuyer et croisa les bras. La course n'allait pas tarder à démarrer, il voyait très bien toute la ligne droite qu'il devait surveiller, et il avait quelques blagues en réserve à sortir à certains élèves. Il faisait bon, le ciel était dégagé, pas de pluie prévue, il n'avait pas à se plaindre. Pourtant quelque chose le chiffonnait, il n'aurait pas su dire quoi. Une certaine incompréhension venue d'il ne savait où. Sans doute les effets secondaires du couscous, encore...
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Re: Entre deux arbres - Sam 27 Juil 2013 - 21:33
Une matinée comme les autres, plutôt même une aurore peut-on dire. Le soleil n'était en fait même pas encore levé lorsque la jeune indienne avait choisi de quitter sa chambre ce matin-là. Kirara avait voulu la suivre mais elle lui avait gentiment demandé de rester à la Deus car là où elle se rendait, sa chère petit neko ne serait nullement à sa place. Et elle tenait trop à elle pour risquer de lui faire courir le moindre danger. Kirara l'accompagna cependant un bout de chemin, du dortoir des élèves jusqu'au portail où l'animal partit s'amuser de son côté. Elle avait bien le droit à sa propre liberté alors qu'elle en profite. Elle-même continua sa route sous la voute étoilée. Il était quoi, 3h, 4h du matin peut-être. Elle se rendit au port des deux dimensions ou elle monta dans le bateau assurant le passage. Il n'y avait certes personne mais cela n'empêcha pas le navire volant de décoller en silence et de rejoindre sa destination: la Terre.

C'était la première fois que la jeune fille venait ainsi sur la Terre. Seule, sans mission ni quête particulière. Simplement par curiosité. Après tout, ce monde qu'elle défendait lui était parfaitement inconnu. Elle, l'indienne de la fin du 18ème siècle ne connaissait rien de ce monde qui était pourtant le même que celui qui l'avais vu naitre et grandir. Elle se fit déposer dans un coin discret, à l'abri des regards, aux alentours d'une ville dénommée San Francisco. Elle se trouvait aux États-Unis, ce pays qui avait le sien avant que son peuple se le fasse arracher par les colons Blancs de l'époque. Alors dans un sens, elle protégeait les meurtriers de son peuple. Oui, sans doute. Mais des générations avaient passées. Avait-elle le droit d'en vouloir à des gens qui étaient parfaitement innocents, eux? Non, ce serait déplacé de sa part.

Assise simplement dans une zone dégagée, elle observa le soleil se lever doucement. Comme du temps de sa vie terrestre, elle sentait le vent sur sa joue, la chaleur doucement venir piquer son visage. Ses cheveux voletaient légèrement dans son dos, simplement retenus par un lacet de cuir entourant son crâne. Comme elle était descendue sur Terre, elle avait troqué sa tenue habituelle contre une robe légère de teinte ocre, une paire de sandale perlées ainsi qu'une étoffe écrue servant aussi bien d'écharpe que de gilet une fois dépliée. Ainsi, elle se ferait moins remarquée. Après tout, ici, c'était un véritable melting-pot. Elle voyait la ville se réveillé, le ballet des automobiles et le bruit revenir comme si le soleil attirait à lui toute forme de vie. Le monde entier se rappelait que le cours de son existence reprenait.

Maintenant que la lumière avait repris le pas sur la nuit, elle se leva et commença à errer lentement, simplement curieuse de découvrir ce qu'il se passait sur Terre en un jour ordinaire. Les boutiques qui s'ouvrent, les gens qui parlent fort, les klaxons... Elle s'éloigna un peu et suivit une rue dont le panneau indiquait un mot étrange pour elle. Ecole. Elle savait ce que cela voulait dire mais quoi pouvaient-elles donc ressembler ici et maintenant? Elle accéléra un peu le pas en entendant une clameur proche. Au loin, elle apercevait comme un flot de personne avançant rapidement dans sa direction; Trop vite pour marcher. Elle les observa un peu en s'approchant, intriguée, lorsqu'une main la saisit avec une certaine brutalité.

- Et toi, le marathon a déjà commencé, t'as raté le départ. Et je ne te laisserais pas sécher, mais où va le monde. C'est quoi cette tenue en plus? Tu le fais exprès ou quoi?

Pour le coup, décontenancé, elle tentait de rester calme. Ne pas réagir violemment, ne pas utiliser ses pouvoirs. D'instinct, elle sentait les oiseaux commencer à se rapprocher, prêt à intervenir. non, ne rien faire. Essayer de comprendre serait mieux. Mais elle n’eut même pas le temps d'ouvrir la bouche que l'homme reprit, d'une voix ferme et ne souffrant aucun réponse.

- Peu importe ta tenue, le marathon est un évènement important et tu courras avec les autres. Alors dans la file et dépêche-toi. Et que je ne te reprenne plus à essayer de t'enfuir.

Et là voilà jetée sans ménagement au milieu des autres coureurs avec aucune autre possibilité que de suivre le mouvement. Le flot continu était assez dense et l'autre l'avait à l’œil, elle le savait. Alors elle ferait semblant le temps de trouver une occasion de se sortir de là. Déjà, l'homme était hors de vue et elle arrivait à un rétrécissement. Elle pourrait facilement disparaitre au détour de l'arbre, malgré les barrières. Enfin, c'était sans compter sur les garçons derrière elle qui, voulant faire les malins, pressèrent l'allure dans l'espoir de l'épater. Ils manquèrent tous les 3 de rester coincés dans le passage étroit mais en s'en décoinçant, l'un d'eux fit un écart brusque et bouscula l'indienne qui dérapa avant de rentrer de plein fouet dans une des barrières proche, la tête la première. Son seule réflexe fut d'agripper ses mains à la barre de métal, afin de ne pas s'effondre totalement alors qu'elle se battait pour ne pas laisser le noir envahir son esprit.
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Re: Entre deux arbres - Sam 27 Juil 2013 - 22:11

- Allez Joël, souris, qu'on aie un joyeux Joël à la fin !

C'était nul. C'était Zack. Mais ça marchait. On avait beau dire, sa vanne pourri fit rigoler le Joël qui s'en trouva ragaillardi et parvint à reprendre un rythme plus régulier. C'était le but de la manoeuvre. L'humain ne comprenait pas ceux qui noyait les élèves sous les reproches ou les conseils "de pro". Ca ne servait à rien, enfin si, mais avant de venir leur parler de respiration et de rythme, il fallait d'abord les motiver, et pour ça rien ne valait les encouragements. Avec un soupçon d'humour.

Le professeur prit soin de lancer ses petites remarques stupides mais revigorantes à la plupart de ses élèves, leur redonnant un peu de pêche. Au moins ça les aidait à se motiver un peu, surtout quand il leur promettait quelque chose de stupide. Plus c'était bête, mieux ça marchait, allez savoir pourquoi. Un autre truc fonctionnait parfois : l’esbroufe. Surtout chez les mecs. Beaucoup de ces adolescents en rut appréciaient d'impressionner les filles, alors les encourager à se bouger le popotin pour leur en mettre plein la vue était un bon levier à utiliser. Sauf que parfois ils le faisaient par eux-mêmes, et là curieusement ça donnait presque toujours un résultat catastrophique.

Aujourd'hui ne fut pas l'exception à la règle. C'était Dan et Marc, deux élèves qu'il connaissait bien, et avait la furieuse manie de vouloir faire les malins. Leur victime involontaire était une fille qu'il ne se rappelait pas avoir vue avant. Cela n'était pas exceptionnel en soi, le lycée était grand, et même s'il avait une très bonne réputation tous les gamins ne venaient pas le voir. Non, rien d'inhabituel. Pourtant en l'apercevant la sensation bizarre qu'il avait eu plus tôt lui revint, plus forte, ce qui lui fit hausser un sourcil. Le couscous remontait ? Non, il l'avait mangé la veille quand même !

Dan et Marc voulurent en mettre plein la vue à la fille mais ces abrutis se coincèrent dans le passage des arbres, elle comprise. Cependant, il était hors de question d'être retardés, ils avaient une course à gagner ! Alors ils se démenèrent pour vite se libérer, et Dan bouscula sans ménagement sa camarade pour pouvoir continuer. Il n'eut même pas un regard vers elle et reprit vite le marathon. Marc, plus attentionné, jeta un coup d'oeil mais Zack lui fit signe qu'il s'occupait de tout et il repartit bien vite, un peu honteux certes, mais bon la fille était en de bonnes mains.

L'humain s'avança rapidement vers la pauvre élève qui semblait prête à tomber dans les pommes - Dan ne mesurait jamais sa force, il faudrait qu'il s'occupe sérieusement de ce problème - et lui posa une main sur l'épaule.

- Hey ça va aller ? Tu...

A nouveau une sensation très étrange, et plus désagréable qu'avant. Ca lui fit penser au malaise qui précède souvent la chute dans l'inconscience. Il en avait eu quelques unes à l'époque où il se battait souvent dans son propre lycée. Mais il n'avait aucune raison de ressentir ça maintenant et ici. C'était vraiment bizarre. Il mangeait équilibré pourtant et personne ne lui avait tapé dessus ce matin ! Enfin pour le moment on avait besoin de lui, alors il fit de son mieux pour chasser cette impression déplaisante et se concentrer sur la pauvre fille qui avait mangé la barrière, prêt à la rattraper si elle faisait mine de tomber pour de bon.
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Re: Entre deux arbres - Sam 27 Juil 2013 - 23:00
Ses doigts agrippés à la barre de métal, froide et dure. Ses genoux qui touchaient le sol, couverts qu'une fine couche de gravier; Au loin, une voix qui lui parles et le bruit régulier qui pulse à sa tempe. Ses battements de cœur? Nan, le rythme des pas qui passe près d’elle. Ah oui, ces jeunes gens qui courent pour une obscure raison; Se rattacher à tous ces détails avec tout la force qui lui restait. Ne pas sombrer dans le néant. Pas ici, au milieu de tant de monde. Mais c'était si dur. Elle ne sait pas exactement combien de temps elle est restée bloquée entre deux états, se battant pour ne pas se laisser submerger par le noir qui ne demandais qu'à l'engloutir toute entière, sa conscience et son corps. Et puis, il y eut ce contact. Chaud et calme. Une main sur son épaule, elle ne pouvait pas se tromper.

- Hey ça va aller ? Tu...

La voix s'arrêta aussi soudainement qu'elle avait percée ses ténèbres. Claire et fraiche, elle l'aida à reprendre pied dans la réalité. Lentement, elle ouvrit les yeux, ses doigts se décrispant de la barrière qu'elle avait marquée légèrement. Heureusement qu'elle contrôlait bien ses pouvoirs, on aurait pu se poser des questions. Enfin, revenir sur Terre d'abord. C’était le cas de le dire et vraiment le plus important pour le moment. Son souffle se stabilisa tranquillement tandis que le noir refluait, laissant revenir sa perception des lieux. Les autres couraient encore autour d'elle, elle était à genou au sol et devant elle, se tenait un jeune homme. Étrange. Pourquoi, elle ne saurait le dire. Mais instinctivement, elle le sent. Elle le sait. Il y a quelque chose chez lui. Quoi? Aucune idée. Peut-être à cause de cet air un peu perdu, surpris. Qui sait?

Bon, ne pas rester là pour ne pas attirer davantage l'attention. Doucement, prudemment, elle se relève lentement, pas encore très sure sur ses jambes; Sa tête tourne et la lance, une marque bleuie déjà sur le coin de son front, entre l’œil et l'oreille, à la naissance de ses cheveux; Sans doute qu'une bosse suivrait sous peu. Mais elle ne veut pas restée ici. Elle se sent exposée et surtout elle ne comprend rien. Sa robe est légèrement abimée sur le bas, ses jambes pleines de poussières. Et cet homme qui reste là à la regarder. A la dévisager même. Elle ferait bien pareil remarque mais elle peine à garder les yeux parfaitement ouverts. Elle a besoin de souffler, de faire le point.

"- Je... est-ce que je... peux m'asseoir un peu... S'il vous plait?"

Voilà, quitter ces gens qui courent et qui la déconcentre. Sortir de ce, quoi déjà? Marathon? Et prendre le temps de savoir ce qu'était cette sensation étrange qui semblait lui coller à la peau depuis que cet homme c'était approché d'elle. Etait-il un apprenti? Un renégat qui lui aurait fait quelque chose à l'aide d'un pouvoir quelconque? Non, se calmer avant tout, reprendre ses esprits. Elle passa derrière les barrières sans trop savoir comment avant de se laisser tomber assise, une main sur l'hématome qui ne cessait de battre encore contre son crâne. Son regard revint se poser sur l'homme près d'elle. Il était plus âgé, c'était certain bien qu'il paraisse encore un peu gamin dans un sens.

"- Je peux savoir... qui vous êtes?"

Au pire, comme elle venait de recevoir un choc sur la tête, elle ferait passer sa question sur le compte de son accident. Au moins, cela ferait réel. En tout cas, elle se sentait vraiment perdue. Mais pas tant à cause du coup qu'elle avait reçu, elle avait déjà connu bien pire, il fallait l'avouer. Mais cette sensation bizarre, comme si l'homme qui restait près d'elle partageait son malaise, sa surprise. Ou pas? Enfin, ce n'était pas très clair dans sa tête. Mais elle doutait que cela ne soit que la faute de sa chute. Enfin, autant voir le bon côté des choses. Au moins maintenant, elle avait arrêtée de courir sans but ni raison précise. Elle eut un léger sourire en repensant à l’homme qui l’avait interpellé pour la jeter dans le groupe de coureur. Finalement, il avait échoué, elle séchait à nouveau.
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Re: Entre deux arbres - Dim 28 Juil 2013 - 18:05

L'attitude de la fille répondait toute seule à sa question : non, ça n'avait pas l'air d'aller. Elle semblait à deux doigts d'y passer. Bon ok il exagérait un peu, mais quand même ! La pauvre ne devait pas être habituée à se cogner comme ça, ce qui était dans un sens rassurant. Loin d'être un macho, Zack considérait que si les hommes existaient c'était avant tout pour protéger les femmes, qui ne méritaient pas de se faire tabasser. Et il était tout simplement inadmissible qu'un type ose lever la main sur l'une d'entre elles. Cela dit, une jolie fille en costume sexy en train de mettre une raclée à un abruti était toujours plaisant à regarder. Enfin c'était autre chose ça, mieux valait revenir à la pauvre gamine qui n'appréciait pas le goût métallique de la barre.

Encore une sensation bizarre, de la surprise cette fois. Mais ça semblait un peu plus normal, puisqu'il l'était. Sauf qu'il avait l'impression que ça venait d'ailleurs. Mon dieu, plus jamais de couscous le soir, promis. La fille semblait décidée à se relever et en bon gentleman le professeur se hâta de l'aider en l'attrapant avec précaution par la taille, en tout bien tout honneur. Elle allait avoir un joli oeil au beurre noir à en juger par la marque qui se formait déjà sur son minois. Un peu de maquillage et on n'y verrait que du feu, pour sûr.

- Bien sûr, attends je vais t'aider.

Zack avait repéré un banc un peu plus loin, préférable au bitume et aux voitures qui passaient bien trop près du trottoir parfois. Il lui passa un bras sous les genoux, un autre autour des épaules et hop l'embarqua. Elle ne pesait pas bien lourd, et il n'avait pas 42 kilomètres à faire, à peine quelques mètres. Il la déposa tout doucement sur sa destination et s'assit à côté, gardant un oeil sur la course au cas où. Il rigola à la question, c'était rare un élève qui ne le connaissait pas ne serait-ce que de vue. Mais en était-elle bien une, ça... elle n'avait pas l'uniforme après tout.

- Zack Maxwell, prof de sport dans la grosse bâtisse juste derrière les murs. Et toi ? Tu n'es pas du lycée non ? Ou alors tu cherches à t'attirer les foudres des autres à courir dans cette tenue. C'est mieux que leur jogging à la noix, je te le concède, mais moins pratique et pas vraiment approuvé par le dirlo.

Peut-être qu'il s'agissait d'une élève en mal d'amour voulant impressionner son éventuel futur petit copain. Ou une pauvre victime qu'un groupe s'était amusé à envoyer là en lui faisant croire qu'il n'y avait pas besoin de l'uniforme. Après tout, les gamins pouvaient être très cruels entre autres, et rivalisaient d'imagination pour se nuire les uns les autres. Une rivale pour les yeux d'un garçon qui lui jouait un mauvais tour, qui sait !

Cela n'expliquait pas les sensations bizarres qu'il avait, mais ce n'était sûrement que des impressions, rien de plus. La semoule était peut-être périmée. Et cette fille avait besoin d'aide, alors Zack se moquait bien de ses soucis de digestion. Une demoiselle en détresse passait en priorité sur tout !
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Re: Entre deux arbres - Dim 28 Juil 2013 - 20:50
- Bien sûr, attends je vais t'aider.

Si elle avait réussi à se mettre debout et passer de l'autre côté de la barrière, elle était loin d'être sure que ses jambes la porterait davantage. D'ailleurs, elle avait soudain l'impression de ne plus rien retenir, de tomber. Mais non, elle ne tombait pas. Elle flottait littéralement en l'air. Attendez, une main, un bras... Ah oui, d'accord. En fait, c'était cet homme qui la portait. Elle n'aimait pas vraiment savoir qu'un inconnu la tenait ainsi mais pour le coup, sentir que quelqu'un la soutenait, la portait même, la rassurait un peu. Après tout, elle était dans le monde des Humains ici, pas à la Deus. Elle ne connaissait pas les gens et ne savait pour ainsi dire rien d'eux. Alors se montrer aussi vulnérable face aux premiers venus ne faisait rien pour la rassurer.

Cependant, cet homme se contenta de la déposer sur un banc proche et de s'asseoir à côté d'elle, comme pour s'assurer qu'il ne lui arriverait rien. Bon, elle n'avait pas vraiment pas besoin de protection mais en cet instant, elle appréciait quand même de ne pas se retrouver complètement seule. Enfin, il sembla assez amusé par sa question. Il devait donc être une personne que les gens connaissaient en général. Ou du moins qu'elle serait censée connaitre si elle était une humaine comme les autres.

- Zack Maxwell, prof de sport dans la grosse bâtisse juste derrière les murs. Et toi ? Tu n'es pas du lycée non ? Ou alors tu cherches à t'attirer les foudres des autres à courir dans cette tenue. C'est mieux que leur jogging à la noix, je te le concède, mais moins pratique et pas vraiment approuvé par le dirlo.

Zack Maxwell, ce nom ne lui disait rien du tout et pourtant, quelque part, il sonnait curieusement à ses oreilles. Pourquoi, elle n'en avait pas la moindre idée. Et puis, si ça se trouve, c'était seulement lié à ce coup qu'elle avait pris sur la tête après tout. Oui, arrêter de se poser des questions. Réfléchir ne faisait qu'alourdir son mal de tête. Il était prof de sport, donc elle devait se trouver devant le lycée. Oui, les panneaux qu'elle avait suivis indiquaient cette direction. Donc l'autre homme devait aussi être un prof sans doute. Et il avait dû la prendre pour une élève. C'était pour ça qu'il l'avait envoyé au milieu des autres coureurs. Bon, souffler un coup, respirer, le temps que cela sonne moins fort dans sa tête.

Bon, par contre, comment lui répondre? Parce que là, on ne pouvait pas dire qu'elle était au top de sa forme. Et elle n'allait quand même pas lui annoncer de but en blanc qu'elle était une indienne morte depuis plus de 200 ans, devenue apprentie déesse et venue se promener sur terre. A coup sûr, on allait la prendre pour une folle, même avec un coup sur la tête. Elle tenta d'esquisser un sourire malgré la douleur et se contenta de répondre le plus calmement possible.


"- Je m'appelle Abygaïl. Abygaïl Lullaby. Enchantée monsieur Maxwell. Et non, je ne suis d'ici. Je suis arrivée par le chemin un peu plus haut et un homme assez trapu et plutôt petit m'a attrapé avant de me jeter dans la course sans me laisser le temps de m'expliquer. Si j'avais su que je devais courir, je me serais habillée autrement."

Maigre tentative d'humour mais au moins, cela allait un peu mieux. Lentement, elle retrouvait ses esprits mais il y avait toujours cette sensation diffuse de quelque chose qu'elle sentait sans que cela ne vienne d'elle. Et cela ne ressemblait pas à la façon dont elle pouvait ressentir la présence des animaux. C'était encore différent. De là à savoir d'où cela venait, elle n'en était pas là. Elle jeta un coup d'œil  la course qui semblait ne jamais devoir terminer avant de demander tranquillement.

"- L'homme qui m'a obligé à courir à parler d'un marathon. Qu'elle est la différence entre un marathon et une simple course? Parce que ce détail avait l'air de lui tenir très à cœur."

Autant essayer d'en savoir un peu plus, le temps d'être complètement remise. Même si elle garderait une bosse et sans doute un hématome, elle se remettrait vite. Après tout, son corps avait l'habitude d'encaisser les coups et récupérait bien. Cela serait aussi l'occasion de voir si elle était capable de faire illusion en restant un peu sur Terre.
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Re: Entre deux arbres - Dim 28 Juil 2013 - 21:22

Zack avait beau vouloir ignorer ces sensations bizarres, le fait est qu'elles lui revenaient à la figure de façon totalement incompréhensible. Un coup il se sentait mal, un coup rassuré, bien qu'un peu méfiant. Pourtant rien ne justifiait de telles émotions, même légères. Ok jusque là il avait pu accuser le couscous mais ce n'était peut-être pas lui le responsable. Un coup de pompe monumental ? Pourtant il ne travaillait pas à ce point-là. Attention, ce n'était pas non plus une feignasse, que nenni ! Mais il était loin de l'homme d'affaires qui ne mange pas, ne boit pas et ne dort pas pendant trois jours pour réussir un gros coup dans une boîte qui va le foutre à la porte s'il se rate, mettant en danger l'avenir de ses trois enfants et de sa femme.

Il faisait de son mieux pour se concentrer exclusivement sur la fille - et un peu la course quand même qui continuait son bonhomme de chemin - mais ce n'était pas évident. Patient, il attendit que la demoiselle reprenne ses esprits, la laissant tranquillement respirer et se remettre les idées en place. Elle s'était pris un sacré coup mine de rien. L'humain obtint finalement un nom à associer à ce visage et une explication pas si étonnante que ça. Le petit trapu, il le connaissait bien, et rigola un peu en se grattant l'arrière du crâne.

- Ah Phillipe... c'est un sacré numéro ce gars, un malade chronique de l'excuse bidon pour éviter les cours de sport. Ca m'étonne pas vraiment venant de lui. En plus faut se lever très tôt pour arriver à discuter avec, et encore.

Il sourit gentiment à l'élève, compréhensif. Son collègue avait dû limite lui faire peur la pauvre. Enfin elle avait l'air un peu mieux, c'était une bonne chose. Il suivit son regard et aperçut le retour des deux garnements, Dan et Marc. Ils en étaient donc au deuxième tour. Plus que huit et ce serait terminé. Zack revint à Abygaïl en haussant un sourcil à sa question.

- Ce serait une course d'escargot qu'il trouverait ça tout aussi vital qu'un camion de pompiers en plein incendie. Le marathon est un type de cours où l'on doit courir sur 42 kilomètres et des poussières. Mais dans les lycées on utilise le terme plutôt pour une épreuve sportive visant à récolter des fonds pour une œuvre caritative. Ou pour leur faire de la pub. Souvent les deux d'ailleurs.

Le professeur jeta un coup d’œil à un petit groupe de filles qui papotaient tout en trottinant, sans se presser.

- Hey les midinettes, si vous voulez pas finir la course après l'heure de fermeture des boutiques il faudrait accélérer un peu !

Les gamines rosirent et reprirent un rythme un peu plus soutenue, rigolant tout de même en passant entre les deux arbres. Ah ces jeunes... il faut tout leur dire. Revenant à sa grande blessée, Zack examina du regard sa bosse en devenir.

- Tu es dans un autre lycée ? S'il est loin, je peux négocier pour que tu ailles à notre infirmerie. Ca n'a pas l'air de devenir très joli joli tout ça.

Un autre aurait sûrement demandé si elle séchait les cours, pourquoi elle traînait dans le coin, voire où étaient ses parents. Mais Zack considérait que la priorité était de s'assurer de sa sécurité et de sa santé. Le reste, ma foi, c'était du bonus. En tant que professeur, c'était peut-être une faute, mais en tant qu'individu il trouvait bien plus correct de respecter ses principes. Ce qu'ils faisaient de leur vie en dehors des cours ne le regardait pas, à moins qu'ils viennent lui en parler. Et puis Abygaïl n'était pas son élève, alors il n'avait pas à lui donner de leçon. Elle ne faisait rien de mal après tout. Sécher n'était pas forcément une bonne chose, mais quand on voyait certains profs... parfois ce n'était pas une mauvaise non plus !


Dernière édition par Zack Maxwell le Lun 29 Juil 2013 - 10:16, édité 1 fois
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Re: Entre deux arbres - Lun 29 Juil 2013 - 10:01
- Ah Phillipe... c'est un sacré numéro ce gars, un malade chronique de l'excuse bidon pour éviter les cours de sport. Ca m'étonne pas vraiment venant de lui. En plus faut se lever très tôt pour arriver à discuter avec, et encore.

Apparemment, son explication le faisait rire et n'avait pas l'air de l'étonner plus que ça. Tant mieux remarque puisqu'il s'agissait simplement de la vérité. Étrangement, elle se sentit mieux, elle aussi ayant légèrement envie de rire en repensant à cette rencontre aussi improbable qu'incongrue et dont elle pouvait encore sentir les conséquences. C'était bon signe, elle allait mieux et doucement, tout reprenait parfaitement sa place dans son esprit. Tout, sauf cette sensation étrange de partager quelque chose qui n'était pas complètement à elle mais qui l'influençait légèrement. Un instant, elle suivit le regard du professeur et reconnut vaguement les deux silhouettes qui l'avaient suivi durant son passage éclair dans la course. C'était sans doute l'un des deux qui l'avait poussé sans le vouloir. Mais pourquoi repassaient-ils? D'ailleurs, le flot ne semblait pas vouloir se tarir, ils allaient continuer encore longtemps comme ça, tous autant qu'ils étaient?

- Ce serait une course d'escargot qu'il trouverait ça tout aussi vital qu'un camion de pompiers en plein incendie. Le marathon est un type de cours où l'on doit courir sur 42 kilomètres et des poussières. Mais dans les lycées on utilise le terme plutôt pour une épreuve sportive visant à récolter des fonds pour une œuvre caritative. Ou pour leur faire de la pub. Souvent les deux d'ailleurs.

Sa comparaison était assez intéressante, complètement disproportionnée à son goût mais aussi plutôt rigolote. Il n'y avait vraiment aucun rapport entre les deux. Et pour elle, bien que n'étant pas une spécialiste de ce monde, le camion de Pompiers passerait avant mais bon, elle garderait sa remarque pour elle. Courir 42 kilomètres, ce n'était pas irréalisable. Après tout, avec le contrôle des limites qu'elle avait acquis, elle pourrait sans problème tenir la distance. Par contre, quel intérêt de les faire ainsi tourner en rond autour du même endroit? Autant s'en servir pour aller ailleurs, voir d'autres choses, non? Enfin, les Humains avaient leur façon de voir les choses, c'était à elle de s'adapter.

Ah, ce n'était rien de plus qu'une épreuve. Pour récolter de l'argent pour des gens dans le besoin. Eh bien, pour une fois que les Humains qu'elle rencontrait faisait preuve d'humilité et même de de soi, elle était plutôt surprise. Mais dans le bon sens. En fait, cela la soulageait. Il y avait encore du bon, pour elle qui n'avait que croisé le pire c'était un réel soulagement. Et avec la migraine qui refluait doucement, elle esquissa un sourire. Finalement, courir pour ça ne l'aurait pas gênée plus que ça. Mais la voilà dispensée au final. Heureusement qu'Alexander n'était pas là, il était professeur de sport aussi et n'aurait sans doute pas apprécié de voir une élève se faire dispenser de la sorte.

- Hey les midinettes, si vous voulez pas finir la course après l'heure de fermeture des boutiques il faudrait accélérer un peu !

Midinettes? C'était quoi ça, leurs prénoms? En tout cas, les filles à qui il s'adressa se reconnurent et reprirent la course avec plus de sérieux. Et il fallait croire que le professeur leur plaisait au vu de la couleur qui était montée sur leurs joues. Cela la fit sourire un peu. C'était reposant en fait, le monde des Humains. Enfin, quand elle n'avait aucun mission à y remplir et qu'elle ne faisait que se promener tranquillement évidemment.

- Tu es dans un autre lycée ? S'il est loin, je peux négocier pour que tu ailles à notre infirmerie. Ca n'a pas l'air de devenir très joli joli tout ça.

Ah tiens, c'est vrai qu'il était toujours là. Ayant quand même moins mal et les idées plus claires, la jeune précolombienne ne s'était pas attardée davantage sur le résultat final du choc qu'elle avait reçu. Mais apparemment, cela semblait interpeller Zack. Cependant, la voilà devant un problème. Comment lui expliquer qu'elle n'allait pas du tout au lycée? Enfin, elle n'y allait pas sur Terre bien qu'elle suive des cours à la Deus mais ça, il n'avait pas besoin de le savoir. Bon, réfléchir rapidement. Avec tout ce qu'elle avait lu dans les livres, elle devrait bien trouvé un truc. Ah, voilà! En espérant que cela fasse l'affaire.

"- Je ne vais pas au Lycée, je suis des cours par correspondance. Une histoire d'horaires pour ma famille. C'est un peu compliqué. Je viens juste d'emménager dans la région. Ça va vraiment faire une marque? Je ne voudrais pas inquiéter inutilement ma famille quand je rentrerais."

Voilà, un mensonge sans en être vraiment un. Comme ça, s'il venait à chercher des renseignements sur elle sans en trouver, cela pourrait s'expliquer. Autant parer à toute éventualité. Et puis, même si la douleur se faisait plus ténue, elle devait bien admettre que le choc résonnait encore sérieusement dans sa tête. Elle, mise K.O par une simple barre de fer, cela la faisait presque sourire. Elle survivait aux Yétis, aux avalanches, aux loups garous même et se faisait avoir par une bête barrière métallique, il y avait de quoi rire, non?

Elle tenta de se lever d'elle-même, afin de voir comment ça allait mais ne fit même pas trois pas. Le premier lui fit violemment tourner la tête, le second rendant ses pas très peu assurés. Elle s'arrêta et se stabilisa comme elle put, pour ne pas tomber. Pas besoin de se donner en spectacle davantage, elle ne tenait pas à attirer l'attention plus que de raison. Mais il était clair que seule, elle n'irait pas loin. Sans même se retourner, elle savait que le professeur était tout près. Il avait dû la voir tituber. Tant mieux, elle n'aurait pas à élever la voix comme ça.

"- Je crois que, ... je veux bien aller à l'infirmerie en fait. Ce n'est pas si douloureux que ça mais je crois que j'ai mal jugé la puissance du choc. Désolée de vous causer tous ses soucis."
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Re: Entre deux arbres - Lun 29 Juil 2013 - 11:14
Bon, ces sensations étaient bizarres, mais au moins elles s'amélioraient, plus proche de la joie que du malaise maintenant. Et donc plus faciles à ignorer, voire à confondre avec les siennes, ce qui était très bien. A voir le regard d'Abygaïl, quelque chose disait à Zack qu'elle ne comprenait pas totalement le principe du marathon, ou du moins le fait de tourner en rond autour d'un même point. Peut-être venait-elle de l'étranger, d'un pays où on ne faisait pas vraiment ce genre de choses, c'était tout à fait possible.

- Parfois on en fait en extérieur, en forêt ou dans un centre sportif. Mais c'est plus délicat à organiser et ça coûte. Ce serait bête de dépenser des sous quand le but est d'en gagner pour une bonne cause ! On fait avec ce qu'on a.

C'est sûr que faire des ronds n'était pas le plus agréable, mais ça remplissait la fonction première de l'épreuve qui comparait l'endurance des élèves. Les sorties coûtaient cher, il fallait louer les bus, arranger les horaires, parfois payer une entrée s'il s'agissait d'un sport particulier dans un centre spécifique. Au final, ils perdraient plus de sous qu'ils n'en gagneraient, et ils n'auraient rien à donner à l'oeuvre caritative. C'était moins sympathique, mais il faut de tout. La course en forêt aura bien lieu une autre fois, et puis ce ne serait pas le même principe, là il s'agissait plutôt d'orientation avec des épreuves à certains points. Ce qui était bien plus marrant à organiser !

La jeune fille lui expliqua qu'elle n'allait pas au lycée, et confirma qu'elle n'était pas d'ici. Ca ne voulait pas dire qu'elle était totalement étrangère, mais ça expliquait qu'elle soit un peu perdue.

- Je vois, ça doit pas être très facile. Mais San Francisco est une belle ville pleine de gens sympa, tu te trouveras vite des amis.

Le professeur n'était pas du genre à mettre en doute la parole d'un élève, sauf si vraiment il sentait qu'il mentait et que ça pouvait être important. Mais là, il ne voyait pas pourquoi Abygaïl lui raconterait n'importe quoi, et si c'était le cas son sixième sens ne s'affolait pas donc il n'y avait rien de dangereux là dessous. Sans compter que ça ne le regardait pas de toute façon. Il rigola à propos de la marque et mima un énooooorme cocard sur son propre visage avec une main, comme si ça lui bouffait l'oeil et toute la joue.

- Au moins comme ça ! Non je plaisante, c'est plutôt petit, mais ça va passer par toutes les couleurs avant de disparaître et ça sera bien visible quand même. Cela dit, un peu de pommade lui ferait le plus grand bien et restreindrait la grosseur finale.

Zack se leva en même temps qu'elle, méfiant quant à ses capacités à tenir debout. Assis, c'était facile de se remettre, mais après un tel choc la position supérieur pouvait toujours se révéler délicate. D'ailleurs c'était le cas pour la jeune fille qui n'alla pas bien loin et semblait clairement prête à embrasser le sol. Il lui laissa le temps de s'en rendre compte par elle-même avant de venir la soutenir en lui entourant les épaules d'un bras solide.

- Ahah si je voulais éviter les petits tracas je ferais pas ce boulot. Il n'y a pas de problèmes voyons, je t'y emmène. Carole est experte dans l'art de soigner ce genre de trucs, ça sera vite fait.

Histoire de s'amuser un peu, l'humain la reprit dans ses bras à la mode de la mariée, tout en douceur pour ne pas trop lui faire tourner la tête.

- Allez hop en avant princesse !

Tranquillement, il gagna l'entrée du lycée, où ce cher Phillipe surveillait le bon déroulement de la course. Le petit homme leur jeta un regard mauvais mais Zack ne lui laissa pas le temps de parler.

- Ah Fifi, faut que j'amène la demoiselle que t'as recrutée en toute illégalité à l'infirmerie. Elle est pas du lycée gros malin, alors si tu veux que je cafte pas à ses parents surveille donc mon coin, j'en ai pas pour longtemps ! Non dis rien, je sais que t'es toujours ravi de rendre service, merci je te revaudrai ça ! Et oublie pas de dire à Julie, Stéphanie et Leia de se bouger, on gagne pas une course à coups de rouges à lèvres.

Tout en parlant sans laisser la possibilité à Phillipe d'en placer une, Zack se faufila dans le lycée hop vite fait bien fait. Le pauvre collègue ne put que grommeler en récupérant la surveillance des deux arbres, mais ce n'était pas l'humain qui allait le plaindre. Fallait pas embrigader une pauvre fille même pas élève du lycée et toc ! Rigolant tout seul, il porta sans problème Abygaïl jusqu'à un petit bâtiment, monta quelques marches et toqua à une porte classique avant d'entrer. La salle était assez grande, composée d'un coin bureau et de plusieurs lits séparés par des paravents. Une jolie femme de la trentaine, blonde aux yeux bleus, habillée d'une blouse blanche et d'un tailleur assez décontracté s'approcha, un sourire aux lèvres.

- Tiens le sauveur de ces dames, qu'est-ce que tu m'amènes cette fois ? Une cheville foulée ou une amoureuse transie refoulée ?

Zack rigola en déposant doucement Abygaïl sur un lit.

- Ni l'une ni l'autre, juste une victime de Phillipe qui s'est assommée contre une barrière.
- C'est moins amusant. Voyons voir... ne t'en fais pas, tout le monde n'est pas une andouille comme Zack ici, il y a encore de véritables professionnels.

Carole se pencha pour observer la marque sur le visage de l'élève, en veillant à ne pas toucher pour le moment, histoire de ne pas lui faire mal.
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Re: Entre deux arbres - Lun 29 Juil 2013 - 18:00
- Je vois, ça doit pas être très facile. Mais San Francisco est une belle ville pleine de gens sympa, tu te trouveras vite des amis.

Elle esquissa l'aube d'un sourire. Il était gentil de vouloir ainsi la rassurer mais ça lui paraissait tellement inutile dans un sens. Elle était touchée par son geste et sa bonne volonté mais elle doutait de pouvoir réellement se faire des amis sur Terre. Pour la simple et bonne raison qu'en réalité, elle n'était pas censée y exister. Mais ne dirait rien, se contentant d'acquiescer tandis qu'il commençait à mimer un coquard gigantesque lui mangeant la moitié du visage. Certes elle avait mal mais elle n'avait pas quand même pas pris un choc si imposant que cela quand même. Si?

- Au moins comme ça ! Non je plaisante, c'est plutôt petit, mais ça va passer par toutes les couleurs avant de disparaître et ça sera bien visible quand même. Cela dit, un peu de pommade lui ferait le plus grand bien et restreindrait la grosseur finale.

Il était du genre petit rigolo lui on dirait. Enfin petit, il était quand même plus âgé qu'elle dans un sens. Même si elle était morte il y avait de cela 200 ans, elle n'avait vécu que 19 années sur Terre. Peut-être pouvait-elle en rajouter une avec ses expériences de la Deus mais guère plus. Lui devait au moins avoir 25 ans passés, il était donc son ainé. C'était assez drôle en fait de s'en rendre compte. Finalement, elle demanda d'elle-même à se rendre à l'infirmerie, sentant bien ses jambes chanceler sous elle malgré son bras puissant autour de ses épaules pour la soutenir.

- Ahah si je voulais éviter les petits tracas je ferais pas ce boulot. Il n'y a pas de problèmes voyons, je t'y emmène. Carole est experte dans l'art de soigner ce genre de trucs, ça sera vite fait.
- Allez hop en avant princesse !

Il avait à peine finit de parler qu'elle ressentit à nouveau cette espèce de sensation bizarre, celle qu'elle sentait sans qu'elle soit à elle. Elle était agréable, la poussant presque à sourire avant qu'elle ne se retrouve soulevée à nouveau du sol. Sur le coup, son premier réflexe fut de s'agripper au cou du professeur, surprise. Bon, c'était la deuxième fois qu'il la prenait dans ses bras ainsi en moins de 10 minutes et cela ne lui était jamais arrivé auparavant alors forcément, elle ne se sentait pas franchement à l'aise dans cette position; mais bon, au moins là, elle ne risquait pas de tomber. Alors, elle se détendit tandis qu'elle apercevait l'homme trapu, le dénommé Philippe, apparaitre près d'eux. Bon, c'était en fait son porteur du moment qui était allé vers lui mais au final, le résultat était le même. Zack prit la parole aussitôt.

- Ah Fifi, faut que j'amène la demoiselle que t'as recrutée en toute illégalité à l'infirmerie. Elle est pas du lycée gros malin, alors si tu veux que je cafte pas à ses parents surveille donc mon coin, j'en ai pas pour longtemps ! Non dis rien, je sais que t'es toujours ravi de rendre service, merci je te revaudrai ça ! Et oublie pas de dire à Julie, Stéphanie et Leia de se bouger, on gagne pas une course à coups de rouges à lèvres.

Il ne lui laissa pas l'occasion d'en placer une et quelque part, cela la fit rire. Après tout, quelques minutes plus tôt, c'était elle qui s'était retrouvée à la place du petit homme et lui jouant le rôle de Zack, parlant sans possibilité d'être interrompu. Dans un sens, c'était un juste retour des choses. L'histoire sur les filles qui ne gagnaient pas une course à coup de rouge à lèvres la laissa un peu perplexe, ne voyant pas en quoi ces tubes métalliques de couleur condensé pourraient leur être utiles mais bon, ce n'était pas son problème après tout.

Par contre, elle avait toujours ce sentiment de légère hilarité. Ce n'était pourtant pas le coup qui lui donnait envie de rire, si? En tout cas, toute cette histoire avait l'air de beaucoup amuser le professeur qui l'emmena à travers le bâtiment jusqu'à leur destination. L’infirmerie. Il frappa avant d'entrer dans une pièce claire et propre, relativement vide. Eh bien, ça ne ressemblait pas à l'infirmerie sous le règne de Calliste. Pas d'écriteaux étranges, ne de conseil placardés en affiches immenses sur les murs. c'était mieux ainsi en fait, du moins à son goût. Au moins, cela ressemblant vraiment à un lieu de soin.

- Tiens le sauveur de ces dames, qu'est-ce que tu m'amènes cette fois ? Une cheville foulée ou une amoureuse transie refoulée ?

Tiens, elle avait manqué ne pas la voir. Une femme plutôt jolie, sans doute un peu plus vieille que le professeur de sport mais guère plus de la trentaine, blonde et à l'allure sympathique. Elle semblait bien connaitre Zack en tout cas car son salut était très personnelle et le professeur y semblait parfaitement habitué. Cela lui faisait un peu drôle, à elle qui avait toujours été éduquée de façon très stricte au niveau de la discipline et du respect. Mais si les deux s'en accommodaient, elle ne voyait rien à y redire. Et puis, c'était plutôt sympathique comme approche en fin de compte, même si elle n'oserait pas parle ainsi.

- Ni l'une ni l'autre, juste une victime de Phillipe qui s'est assommée contre une barrière.
- C'est moins amusant. Voyons voir... ne t'en fais pas, tout le monde n'est pas une andouille comme Zack ici, il y a encore de véritables professionnels.

Une fois déposée sur un lit fait de frais, le professeur se recula pour laisser tout l'espace nécessaire à l'infirmière qui s'approcha pour venir ausculter sa blessée du jour. Sa remarque sur Zack la fit sourire. Au moins, il était plus sympathique que le dénommé Philippe.

"- C'est peut-être une andouille mais ses conseils et ses piques avaient l'air de bien marcher sur les élèves qui passaient devant lui. C'est ça qui compte le plus nan?"

Qu'est-ce qui lui prenait à vouloir rentrer dans ce jeu-là? Surtout qu'elle ne savait même pas si sa remarque était vraiment judicieuse. Mais elle se sentait bien là, à l'abri. Et puis de toute façon, la journée ne faisait qu'aller de surprises en surprises alors où était le problème? De toute façon, elle était apparu une journée ici, il n'y reviendrait sans doute jamais alors elle ne voyait pas ce qui pourrait vraiment l'empêcher d'essayer elle aussi d'être drôle. Même si elle n'avait pas l'habitude de ce genre d'humour.

La femme blond continuait d'observer l'hématome maintenant conséquent sur son front, avant de lui demander de fermer un œil après l'autre, de sourire, de tirer la langue, de donner son nom et son prénom. Tout cela pour vérifier qu'elle allait bien. C'était assez étrange comme test mais pas vraiment désagréable. Ce qui le fut plus, ce fut quand le l'infirmière vint appuyer sur la bosse, histoire de voir à quel stade d'avancement elle en était. La jeune apprentie déesse ne put retenir une grimace et fut obligée de fermer les yeux, les étoiles étant revenue danser devant ses pupilles aussitôt. Sa main vint soutenir sa tête du côté indemne tandis que l'infirmière reculait un peu.

"- Vous voyez, ce n'est pas si grave que ça, n'est-ce pas? La prochaine fois, je ferais attention et je resterais loin des gens qui courent quand je n'aurais pas au moins des tennis au pieds."

Ce n'était pas vraiment un malaise qui montait doucement, mais plus la sensation de ne pas être à sa place. Elle n'avait rien à faire ici, elle n'était même pas de ce monde au final. Si ça se trouvait, on s'occupait d'elle alors que dehors, quelqu'un d'autres aurait bien plus besoin d'aide. Mais sa tête tournait encore légèrement bien que les étoiles soient reparties et elle ne se sentait pas vraiment capable de partir seule sans risquer de s'étaler à nouveau.

"- Je suis désolée, je vous donne du travail alors que je ne suis même pas du lycée. Et vos élèves risquent de se demander où vous êtes passé, vos encouragements ne risquent pas de leur manquer?"

Si sa première phrase était destinée à l'infirmière, il était évident que les deux autres s'adressaient à Zack.
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Re: Entre deux arbres - Mar 30 Juil 2013 - 21:22

Habitué à jouer aux chevaliers servants, Zack se contenta de rigoler quand Abygaïl s'agrippa à son cou. Depuis le temps, il connaissait ce réflexe qu'avaient tous les gens qui se faisaient attraper comme ça sans prévenir. Et tant qu'elle n'essayait pas de l'étrangler, ça allait. Evidemment, comme il la porta plus longtemps, elle eut le temps cette fois d'être un peu mal à l'aise, mais il ne lui fallut pas longtemps pour qu'elle se détende, et ça pas besoin de lien particulier pour le deviner. En même temps, pour le peu qu'il avait vécu, il n'avait jamais vu quelqu'un rester gêné ou dérangé en sa présence bien longtemps. C'était son petit pouvoir personnel rien qu'à lui, débrider les personnes et les mettre à l'aise. Bon ça ne marchait pas toujours, s'il avait un abruti complet en face ses vannes pourries pouvaient faire un flop. Maaaais on ne peut pas être parfait, et malgré tout ces échecs restaient très rares.

Une fois sa grande blessée aux bons soins de Carole, l'humain recula pour laisser l'infirmière faire son travail et croisa les bras. Il n'y avait personne pour le moment, c'était calme et propice à la rêverie. Ou aux retours de couscous. Ces sensations bizarres ne le quittaient pas, et même si elles allaient maintenant dans son sens, ça restait quelque chose d'étrange qu'il ne comprenait pas. Il avait déjà eu des soucis digestifs, comme tout le monde, mais ça n'avait pas ce genre d'effet en général. A part ça, qu'est-ce que ça pouvait être ?

Il rigola à la remarque de l'élève, et Carole eut un sourire en continuant son examen.

- Ca, il a toujours le mot pour rire en faisant avancer les autres. C'est bien la seule chose qui empêche le directeur de le virer.

Zack prit un air de chien triste, faisant une moue clairement exagérée.

- Comment pourrait-on vouloir me virer ? Moi qui me donne corps et âme à mon travail et mes élèves !
- Un peu trop surtout, et tu finiras par en faire les frais grand dadais.

L'infirmière continua ses tests, vérifiant qu'Abygaïl n'avait pas de séquelles, on ne sait jamais avec un coup sur la tête. Mais tout semblait bien aller. Zack fit la grimace quand elle appuya sur l'hématome et fronça les sourcils. Cependant, comme il avait tendance à facilement se mettre à la place des autres et à jouer les chochottes, le léger malaise ne lui sembla pas plus suspect que ça. Autant il pouvait finir plein de bleus, ça ne le dérangeait pas, autant il détestait voire les autres dans un état du même genre.

- Pas si grave ? Alors que t'as l'air prête à faire un câlin au sol si tu te lèves dès qu'on t'effleure la tête ? Je me demande bien ce que c'est quand c'est grave alors ! Investis plutôt dans le casque à la place des tennis, c'est plus prudent.

Bien sûr la chose était dite sur un ton purement blagueur. Mais son sourire diminua quand les sensations revinrent, moins logiques cette fois. Une impression bizarre de malaise alors qu'il n'y avait aucune raison qu'il se sente mal. C'était vraiment étrange... et trop varié pour que la raison soit un plat mal passé. De la fatigue ? Il ne bossait pas tant que ça, et il avait une bonne constitution. Hm... il allait attendre un peu, voire si ça se calmait après le déjeuner. Peut-être qu'il avait mal dormi sans s'en rendre compte.

Chassant ce sujet de ses réflexions, Zack revint à la princesse et secoua la tête. D'accord, ses remarques stupides aidaient bien ses élèves, et ils l'aimaient pour ça, mais il les avait aussi entraînés de manière à ce qu'ils puissent se débrouiller sans lui. Un bon prof, quelle que soit sa matière, doit pouvoir aider ses gamins tout en leur donnant les moyens de gérer seuls. Sinon que deviendraient-ils une fois l'école terminée ?

- T'inquiète, mes gars sont costauds, ils peuvent survivre sans moi, au moins pendant deux tours. Et je suis sûr que Carole s'ennuyait toute seule, pas vrai ?
- J'ai toujours quelque chose à faire mais je ne suis pas contre un peu de compagnie. Je sais que ce n'est pas agréable mais évite de bouger petite, ça ira bien mieux après.

L'infirmière récupéra un tube d'arnica et en sortit une petite noisette avant d'entreprendre de badigeonner la marque d'Abygaïl.

- Et puis je te rappelle que ce sont mes élèves justement qui t'ont mise dans cet état - je te raconte pas l'engueulade que je vais leur servir, et cuite à point - alors c'est normal qu'on s'occupe de toi !

Ce qui l'était moins, ce sont les sensations qui continuèrent à lui tomber dessus, des impressions douloureuses, à croire qu'il risquait à nouveau de tomber dans les pommes. Pourtant il n'y avait aucune raison, vraiment ! Il n'était pas sujet aux vertiges et avait bien assez mangé pour tenir toute la journée...
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Re: Entre deux arbres - Mer 31 Juil 2013 - 10:29
- Ca, il a toujours le mot pour rire en faisant avancer les autres. C'est bien la seule chose qui empêche le directeur de le virer.
- Comment pourrait-on vouloir me virer ? Moi qui me donne corps et âme à mon travail et mes élèves !
- Un peu trop surtout, et tu finiras par en faire les frais grand dadais.

Ces deux-là formaient vraiment une drôle d'équipe. Enfin, dans un sens, c'était assez rafraichissant. Ils n'avaient pas du tout les mêmes considérations ni les mêmes priorités que les habitants de la Deus et finalement, elle appréciait beaucoup cela. Aux alentours, quelques oiseaux et rongeurs, un chat qui passe mais rien de plus. Pas de danger immédiat ne de véritables encourus. Cela faisait longtemps. Elle ne retenir un léger soupir soulagé. Elle avait craint que tout ça ne dégénère mais on ne lui posait pas de question gênante, on se limitait à s'occuper d'elle. Alors qu'en tant qu'apprentie déesse, se serait à elle de les protéger, non? Décidément, le sens de l'humour du hasard était vraiment très particulier.

- Pas si grave ? Alors que t'as l'air prête à faire un câlin au sol si tu te lèves dès qu'on t'effleure la tête ? Je me demande bien ce que c'est quand c'est grave alors ! Investis plutôt dans le casque à la place des tennis, c'est plus prudent.

Bon, pour le coup, il marquait un point, elle était bien obligée de le reconnaitre. Mais autant elle était prête à faire un effort niveau vestimentaire en venant sur Terre, autant l'idée du casque ne lui plaisait pas du tout. Enfin bon, elle avait bien compris qu'il n'était pas vraiment sérieux. Quoi que, peut-être un peu quand même. Avec lui, c'était assez compliqué à savoir en réalité. Elle avait vraiment une si mauvaise tête que cela? Heureusement qu'il n'y avait pas de miroir à proximité alors, elle n'aurait pas voulu se faire peur à elle-même. La douleur suffisait largement à lui rappeler sa chute.

Elle esquissa une seconde un sourire et le fixa, curieuse. Qu'est-ce qu'il dirait s'il savait la vérité? Après tout, pour elle, proportionnellement à ce qu'elle avait connu, ce coup restait en effet sérieusement minime. Elle était morte, avait été ensevelie sous une avalanche, un monstre lui avait broyé le bras avait tant d force qu'elle avait cru l'avoir perdu... Alors une simple bosse, oui, ce n'était vraiment pas grand-chose. Mais il valait mieux éviter de songer à tout ça. Ce n'était ni le lieu ni le moment.

- T'inquiète, mes gars sont costauds, ils peuvent survivre sans moi, au moins pendant deux tours. Et je suis sûr que Carole s'ennuyait toute seule, pas vrai ?
- J'ai toujours quelque chose à faire mais je ne suis pas contre un peu de compagnie. Je sais que ce n'est pas agréable mais évite de bouger petite, ça ira bien mieux après.

Elle l'observa se saisir d'un tube de crème qui sentait les fleurs, c'était agréable comme odeur. par contre, ce qui suivit le fut moins. Au départ, le contact frais de la pommade était agréable mais dès que la femme commença à masser pour la faire pénétrer dans la peau, les étoiles revinrent danser aux coins de ses yeux. Ah non, elle ne se laisserait pas mettre KO par une barre de fer quand même. Elle grimaça en silence, serrant un peu les poings les yeux fermés le temps que l'infirmière en ai fini avec elle. Heureusement, cela se termina rapidement. Mais allez savoir pourquoi, elle doutait qu'on la laisse repartir déjà.

- Et puis je te rappelle que ce sont mes élèves justement qui t'ont mise dans cet état - je te raconte pas l'engueulade que je vais leur servir, et cuite à point - alors c'est normal qu'on s'occupe de toi !

La faute de ses élèves? Ah oui, les garçons derrière elle qui l'avaient bousculé. Ce n'était pas bien méchant et puis, cela peut arriver à tout le monde. Forcément il avait fallu que ça lui tombe dessus à elle aujourd'hui mais en même temps, le destin et compagnie, elle n'y croyait plus vraiment depuis sa renaissance. Alors, si elle était arrivée là, c'était peut-être pour une raison précise. Non, elle devait arrêtée avec ça. Elle avait voulu descendre sur Terre pour se changer les idées et au final, bah... Elle s'était bien changé les idées puisque avec ce qui venait de lui arriver, elle avait pu oublier tout le reste. Finalement, elle devrait peut-être remercier tous ces gens qui s'étaient ligués pour la faire atterrir ici? Non sérieusement, Il fallait qu'elle arrête de penser à tout et n'importe quoi. Un peu de sérieux. Ça devait être le coup à la tête qui la laissait un peu embrumée.

"- Ne soyez quand même pas trop dur avec eux. Je doute qu'il ait voulu me faire du mal. Ce n'est qu'un malheureux concours de circonstances, rien de plus. Je n'avais qu'à pas me trouver là et tout ça ne serait jamais arrivé."

La dénommée Carole était retournée derrière son bureau et semblait occupée à remplir divers papiers, pour un usage dont la jeune fille n'avait pas la moindre idée. Zack était resté dans la même position bras croisés, à observer ce qu'il se passait. Mais il y avait comme une sensation diffuse dans l'air. De l'incompréhension? Du questionnement? Oui, ça ressemblait à ça. Pourtant tout le monde était agréable et souriant, ne laissant rien paraitre alors pourquoi le sentait-elle, elle? Parce qu'elle était une apprentie déesse? Elle n'avait aucun pouvoir de ce genre, ça ne collait pas.

En tout cas, la crème à base de fleurs était efficace. Ce n'était pas agréable lorsqu'elle la mettait mais ça soulageait vraiment. Bon, ce n'était pas parfait mais les étoiles avaient bien disparues cette fois et la douleur avait reflué. Du coup, la jeune précolombienne, voulut tenter de se relever, histoire de voir. Elle y alla doucement et parvint à se mettre debout sans que ça tourne. Super, une bonne nouvelle et un bon point. Un pas, deux, trois sans tomber. Un léger sourire et une remarque lancée nonchalamment.

"- Vous voyez, je m'améliore, je ne suis pas encore retombée."

C'était stupide, certes mais pour le coup, ça la faisait rire. C'était agréable de ne pas avoir à trop réfléchir ni à constamment rester sur ses gardes. Cela faisant longtemps qu'elle avait oublié cette sensation de calme et de sérénité. Bon, sans la bosse et l'hématome, cela aurait été parfait mais on ne peut pas tout avoir. Elle fit encore quelques pas avant que les bords de sa vision ne se remettent à tanguer un peu. Bon, on va arrêtez-là pour les exploits peut-être. Dehors, une clameur monta un peu tandis qu'elle retournait s'asseoir en se tenant légèrement la tête. Sans doute liée à la course. Serait-elle finie? A moins qu'il ne se passe quelque chose.
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Re: Entre deux arbres - Mer 31 Juil 2013 - 22:45

Zack eut un sourire amusé en entendant Abygaïl défendre ses agresseurs. Cela dit, c'était moins marrant quand elle passa à la version "C'est de ma faute en fait", alors que du point de vue du professeur ce n'était absolument pas le cas. Est-ce que la gamine avait tendance à prendre le rôle de l'adolescente blindée de manque de confiance en soi qui ramène tous les malheurs du monde sur elle ? Peut-être. Ca ne serait pas la première ni la dernière. Dommage d'ailleurs. Il n'aimait pas cette façon de se dévaloriser.

- Je suis pas un monstre non plus voyons ! J'en ai pas l'air. Enfin... j'en ai pas l'air hein ?!

Il prit une mine effrayé, comme s'il pouvait sérieusement l'envisager. S'il arrivait à l'humain de sévir, métier oblige, il faisait toujours attention à ne jamais être injuste. En général, il trouvait un moyen pour que la sanction soit bénéfique, par exemple un exercice bien méchant à réaliser mais qui dans le même temps améliorait sa forme. Bon pour les cas vraiment graves, il n'hésitait pas à aller plus loin, même si ça ne lui plaisait pas. Heureusement ça restait très rare, dans la plupart des cas une simple petite conversation suffisait.

D'ailleurs pour les deux garçons cela ferait l'affaire. En tant que partie de la gente masculine, Zack connaissait très bien le syndrome du "Je fais mon petit malin pour en mettre plein la vue à la donzelle mignonne juste à côté". Il avait juste appris à mieux gérer ses défis et ne prenait plus de risques : s'il voulait faire son malin, il y arrivait sans problème et sans se rétamer maintenant ! Ah les joies de l'expérience de la vie.

- Cela dit, désolé de te contredire, mais c'était pas du tout ta faute. Ce n'est pas parce qu'on court qu'on ne doit pas faire attention aux autres, au contraire. A la limite ton seul crime c'est d'être mignonne et du coup d'avoir attiré leur attention, c'est tout !

Bien sûr c'était dit sur la plaisanterie. Comme si ça pouvait être mauvais d'être jolie tiens. Par contre abuser de ses forces l'était réellement. Zack fit la grimace en voyant l'élève se lever. Ok elle était prudente et y allait doucement, mais ça ne lui plaisait pas, alors il décroisa les bras, prêt à la retenir si jamais elle faisait mine de tomber, au cas où.

- Pas encore, mais ça ne saurait tarder si tu t'amuses à trop forcer !

D'ailleurs alors qu'elle semblait trop exagérer, l'humain eut à nouveau une sensation bizarre, un peu négative, puis plus curieuse qu'autre chose. Il entendit alors la clameur de l'extérieur et s'approcha d'une fenêtre pour regarder. Elle donnait sur la cour principale du lycée, entourée par trois bâtiments et dont le quatrième côté était composé d'une partie du mur d'enceinte et de la porte d'entrée du lycée. Celle-ci était ouverte et on pouvait apercevoir la rue plus loin, où passait la course.

De là, Zack ne voyait pas très bien, mais il distinguait quand même un homme assez grand en plein milieu de la route, aux cheveux courts et noirs ou bleus, il ne savait pas trop - un peu dans le même genre que les siens d'ailleurs. Bien habillé, un peu décontracté, il avait une clope allumée au bec, et s'il ne disait absolument rien à l'humain, il devait réveiller quelques souvenirs à Abygaïl, notamment lors de son arrivée à la Deus Académie. Apparemment l'homme était apparu de nulle part pile dans la trajectoire des coureurs, dont deux lui étaient rentrés dedans et avaient provoqué la clameur de la foule, étonnée et curieuse.

Se foutant royalement des gamins à ses pieds, l'homme ignora tout autant Phillipe qui exigeait des explications. Une légère fumée ondulant autour de son visage, il s'avança dans la cour du lycée et leva les yeux comme s'il cherchait quelque chose, ou quelqu'un. Coïncidence ou pas, son regard se posa sur la fenêtre de l'infirmerie. Ne le connaissant absolument pas, Zack haussa juste un sourcil.

- Qu'est-ce qu'il fiche là celui-là... ?

Bien sûr le professeur se sentait rien de particulier, si ce n'est ces émotions venues de nulle part, mais en revanche Abygaïl pouvait détecter une certaine puissance divine émanant de la cour. Et ça ne semblait pas du tout très amical. L'homme sourit et tira une taffe de sa cigarette, tandis que Phillipe le rejoignait en vociférant des menaces diverses et relativement originales.

- Alors, tu sors de ton trou ou je viens te chercher ?
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Re: Entre deux arbres - Jeu 1 Aoû 2013 - 13:44
- Je suis pas un monstre non plus voyons ! J'en ai pas l'air. Enfin... j'en ai pas l'air hein ?!

A l'expression de chien battu qu'il prit, elle ne put retenir un léger rire. Il avait vraiment une façon bien à lui de voir les choses, de les présenter aux autres aussi, en prenant tout à la légère et à la rigolade. Dans un sens, c'était plutôt agréable, presque reposant même. pour une fois, elle n'avait pas à s'inquiéter plus que cela de la suite des évènements. C'était comme si d'office, il prenait tout en main, et ce de sa propre volonté. Ces élèves avaient vraiment de la chance car même chez les apprentis dieux, il n'y avait sans doute pas beaucoup de personnes comme lui.

- Cela dit, désolé de te contredire, mais c'était pas du tout ta faute. Ce n'est pas parce qu'on court qu'on ne doit pas faire attention aux autres, au contraire. A la limite ton seul crime c'est d'être mignonne et du coup d'avoir attiré leur attention, c'est tout !

Oh, ça. Elle le savait bien qu'elle n'y était pour rien mais ce n'était pas une raison pour enfoncer les pauvres garçons qui l'avait fait trébucher. Après tout, ils ne pensaient pas à mal. En tout cas, il semblait du genre à aimer avoir malgré tout le dernier mot, cela faisait un peu drôle vu la façon dont il se comportait mais ce n'était pas non plus incompatible avec son caractère. Il savait peut-être bien caché son jeu après tout.

Par contre, ce qui la laissa un instant perplexe, ce fut sa dernière phrase. Son seul crime était d'être mignonne? Sérieusement? Franchement, elle ne voyait pas ce qu'on pouvait lui trouver, elle n'avait vraiment rien de spécial. De là à attirer l'attention de personnes inconnues, elle n'y croyait vraiment pas. Cela devait plutôt être sa tenue différente et le fait qu'ils ne l'aient jamais vu avant qui avait dû les attire. Après tout, la nouveauté à un grand pouvoir d'attraction et la curiosité est loin d'étouffer les jeunes de cet âge.

Enfin, elle se leva et fit quelques pas lents, histoire de voir comment les choses allaient. Évidemment, il s'était relevé aussi, prêt à intervenir si elle chutait à nouveau. Quelque part, sa façon d'agir lui rappelait celle d'Alexander, le chevalier teutonique. Mais la comparaison s'arrêtait là. Elle lâcha quelques mots, auxquels il répondit avec une légère grimace.

- Pas encore, mais ça ne saurait tarder si tu t'amuses à trop forcer !

Elle ne comptait pas le faire. D’elle-même, elle retourna s’asseoir tranquillement sur le bord du lit le temps que le roulis dans son crane cesse. C'était plus rapide à présent à disparaitre, bientôt elle n'aurait plus rien. Et puis, son corps se réparait plus vite que la moyenne quand même, il y avait quelques avantages à être une apprentie-déesse. Le silence se fit quelques instants dans la salle avant qu'elle ne réalise que des bruits plus prononcés arrivaient depuis l'arrière du bâtiment.

Depuis les vitres de l'infirmerie, il était possible de voir un bout de la route, au fond d'une cour entourée sans doute de bâtiments abritant les classes. D'où elle se trouvait, la jeune indienne ne distinguait que vaguement le rai de lumière pénétrant par l'ouverture entre les bâtiments et un peu les murs entourant l'infirmerie. Par contre, elle entendait parfaitement la clameur de surprise qui monta depuis la zone ou passait la course. Un léger questionnement, la curiosité la titillant alors que Zack s'approchait de la fenêtre et qu'elle souhaiterait en faire autant. Mais elle devait rester raisonnable et pour l'instant, la position assise lui était plus recommandée.

- Qu'est-ce qu'il fiche là celui-là... ?

Ah ces mots, ce fut comme une décharge électrique lui parcourant l'échine. La sensation d'être frappée par un éclair, l'impression d'être la cible de quelque chose. Et cette aura... Elle l'a sentait, elle ne pouvait pas se tromper. C'était fort, lourd, puissant. Déjà une fois elle l'avait expérimentée, à peine quelques instants, mais cette sensation était restée gravée profondément dans son être. Il n'y avait pas cinquante explications possibles. Il s'agissait d'un Dieu. Et elle craignait de savoir duquel il s'agissait. Après tout, ici, c'était le monde des Humains. Il n'y avait qu'un seul d'entre eux susceptible de se trouver dans les environs.

Déjà, elle était debout à la fenêtre, malgré sa tête qui la lança. Ce profil, ce costume, cette expression toujours égale et son éternelle cigarette en bouche. Il n'y avait plus le moindre doute possible. IL était là. Et il fixait sa direction. Il la sentait également, c'était obligé. Elle ne pouvait donc plus rester ici, ce serait mettre Zack et Carole en danger. Son regard traversa la salle avec une rapidité et un calme déconcertant, son esprit déjà concentré uniquement sur un point unique. LUI. Plus de douleur, plus de rire. Rien que de la détermination, une expression neutre au possible et comme un froid puissant s'insinuant en elle. Elle serait inébranlable. Seule oui, presque désarmée et blessée également. Mais ça ne suffirait pas à l'arrêter. Elle était une apprentie-déesse et son devoir était de protéger les Humains. Hors sa présence ne pouvait rien signaler de bon pour eux.

- Alors, tu sors de ton trou ou je viens te chercher ?

Il était loin mais sa voix résonna comme s'il se trouvait juste à côté d'elle, la bouche limite collée à son oreille. Elle tressaillit une second en serrant les poings. Merde. Sans laisser le temps à quiconque de réagir, la vitre devant elle était ouverte et elle sauta dans la cour. Il n'y avait pas une grande hauteur mais assez pour que la réception la laisse apercevoir les étoiles. Non pas maintenant. Se redressant en oblitérant complètement sa douleur, Elle fixa le renégat droit dans les yeux et avança vers lui à pas lents et mesurés. IL ne semblait voir qu'elle, ne s'occupant même pas du petit bonhomme trapu derrière lui. Tant mieux. Elle aussi le regardait, espérant ainsi garder toute son attention. A mesure qu'elle avançait, elle pouvait sentir cette aura mauvaise qui se dégageait de lui. IL n'était pas venu prendre le thé, c'était sûr. Elle s'arrêta à distance correcte, de façon à ne pas se retrouver trop facilement à sa merci.

IL n'avait pas changé du tout, il était exactement comme dans ses souvenirs, ce jour où elle s'était réveillée et qu'il lui avait ouvert la porte de la Deus. Pourtant, IL n'était plus le même. Le directeur avait cédé la place au renégat, Chef de la Guilde Noire. Elle-même était membre du Conseil des élèves. Et même sans être en mission officiel, son devoir était de l'arrêter. Quoi qu'il ait en tête. Et surtout avant qu'il n'y ait de blessé. Voir pire... Elle paraissait calme et sereine vu de l'extérieur mais en elle restait méfiante, prête à réagir à la moindre seconde. Elle était comme un animal sauvage, hésitant entre s'enfuir et attaquer. Mais rien ne le laissait transparaitre. Pas même sa voix, qui ne trembla pas.

"- Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas croisés. Vous avez l'air en pleine forme. Mais vous devriez arrêter de fumer, c'est mauvais pour la santé. Vous devriez le savoir depuis le temps."

Engager la conversation normalement, rester aussi naturelle que possible bien que cela soit évident qu'entre eux deux, il y avait une tension plus que palpable. Elle ne tenait pas à se battre, et puis, il ne s'agissait pas de n'importe qui. Ce qu'elle désirait avant tout, c'était de minimiser les dégâts. Les Humains ne devaient pas souffrir de leurs dissensions. Mais avec LUI, il valait mieux se préparer à toute éventualité.

"- Puis-je savoir ce qui vous amène ici? Je serais étonnée de vous voir courir pour une œuvre caritative, ce n'est pas dans les idéaux des renégats. Je me trompe?"

Ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. Elle sentait encore la bosse pulser à son crane mais son attention était tellement focalisée sur son interlocuteur qu'elle ne la sentait plus. Elle guettait, retrouvant ses réflexes de traqueuse. Au moindre signe hostile, elle interviendrait. Mais elle priait intérieurement pour ne pas avoir à en arriver là.
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Re: Entre deux arbres - Ven 2 Aoû 2013 - 10:29

Tout en observant le type à la cigarette, Zack sentit ses émotions changer sans raison - parce que ça ne pouvait être que les siennes, même s'il ne les comprenait pas ça ne pouvait pas venir du lustre au dessus de sa tête ! Elles s'étaient stabilisées de façon assez calme et amusante, et puis subitement elles se figèrent, comme s'il s'était mangé un éclair violent. Puis une crainte lui vint, mais de quoi avait-il peur ? Déjà en temps normal peu de choses l'effrayaient, mais alors là... le type qui se bousillait les poumons dans la cour ? Pourquoi il aurait peur d'un abruti de fumeur ? Ca commençait à l'agacer ce bug émotif.

Du bruit le tira de son ronchonnement intérieur et il tourna la tête. Abygaïl s'était levée, plus du tout souriante - apparemment elle aussi était passé de la rigolade à un truc plus sérieux indéfini, coïncidence marrante tiens - et se hâta de passer par la fenêtre... ? What the fuck ?

- Hey !

Carole quitta son bureau pour voir ce qui se passait et fit de gros yeux à Zack, l'air de dire "Mais tu glandes quoi à laisser une malade se carapater comme ça ?". Il haussa les épaules, répondant par son regard "Mais j'ai rien fait moi c'pas ma faute !" avant de suivre l'élève. Il allait pas la laisser se rétamer dans la cour quand même ! Hop la fenêtre laissée derrière lui - parce que les portes c'est pour les nuls, tout le monde le sait - il la rattrapa vite fait en fronçant les sourcils. Encore cette impression de douleur dans la tête... avec une dose de méfiance venue d'il ne savait où. Il allait finir par devenir fou si ce machin continuait toute la journée, pour sûr.

Les paroles d'Abygaïl lui parvinrent de loin curieusement, et il fit un effort pour mettre de côté ces sensations bizarres afin de revenir dans le présent.

- Tu pouvais nous le dire que tu connaissais ce gars, on l'aurait appelé pour qu'il vienne te voir, pas la peine de jouer à Geronimo, surtout dans ton état ! Ah les demoiselles transies d'amour...

Ben oui, si l'apprentie déesse pouvait parfaitement sentir la menace venant d'Isanagi, pour Zack ce n'était qu'un type un peu vieux comme un autre - enfin par rapport à elle - donc il n'allait pas arrêter de dire des bêtises. Remarque même en situation désespérée il sortirait toujours des blagues nulles, alors... Idéaux des renégats ? C'était quoi ça ? Ils faisaient partie d'un club tous les deux ? Peut-être. Le nom était un peu bizarre, mais pourquoi pas, après tout les jeunes avaient souvent de ces idées...

Phillipe pour sa part rageait, n'appréciant guère qu'on l'ignore, ce qui fit un peu rigoler Zack.

- Ca suffit, vous êtes dans un lycée, vous n'avez pas à entrer comme ça n'importe comment, et encore moins à troubler le déroulement du marathon, c'est inadmi...

Isanagi leva une main d'un geste désinvolte vers le râleur. Une rafale de vent s'en dégagea aussi brusquement que violemment et le faucha de plein fouet. Le pauvre homme eut droit à un magnifique vol plané qui lui fit traverser toute la cour et s'assommer contre le gymnase de l'établissement. Son corps inconscient retomba mollement à terre, avec un mince filet de sang coulant de son oreille droite.

- Comme tu peux le voir, ma santé se porte très bien, mais je suis content que tu t'en préoccupes.

Il tira une autre taffe de sa cigarette et sourit.

- L'extermination de la vermine est l'oeuvre caritative la plus noble que cette terre ait jamais connue. Dommage que certains ne le comprennent pas, mais ce n'est pas si grave que ça. Entre deux massacres, on s'occupe d'eux, et puisque tu te trouves sur ma route, je ne vais pas laisser passer l'occasion de réduire les effectifs du Conseil.

Zack ne comprenait rien à ce qui se disait. Par contre, il capta parfaitement que son collègue avait morflé d'une façon totalement impossible - à part dans les films - et que le pauvre Phillipe avait besoin de soins. Il n'eut pas de mal non plus à saisir que, pour une raison obscure, ce type et Abygaïl ne s'entendaient pas très très bien et risquaient de se cogner dessus. Chose intolérable pour lui, hors de question de laisser une jolie jeune fille se faire tabasser par quelqu'un, encore moins un toxico de fumeur.

- Carole, faut que t'ailles t'occuper de Fifi, j'crois qu'il a pas trop aimé le mur !

La fenêtre de l'infirmerie ouverte, et le professeur de sport ayant une voix qui porte, l'infirmière n'eut pas de mal à entendre et sortit. Elle jeta un coup d'oeil mi-méfiant mi-curieux au petit groupe, puis repéra Phillipe et alla s'agenouiller à côté de lui pour l'examiner. Les blessés avant tout, et puis elle faisait confiance à Zack pour gérer le reste. Lequel fit mine de se placer devant Abygaïl pour la protéger et sourit à Isanagi.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez mais je ne vous laisserai pas faire le moindre mal à cette jeune fille. Et comme je suis bon joueur, je vous donne une chance de partir sans finir en morceaux et d'en rester là.

Comme il était mignon ce petit humain stupide... Isanagi accentua un peu son sourire. D'un mouvement sec des lèvres, il envoya valser sa cigarette pratiquement terminée et leva à nouveau une main, prêt à déchiqueter cette fourmi pour ensuite s'occuper de sa proie bien plus intéressante.
Entre deux arbres
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