Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[Quête du mois] Des vacances? Oui mais sacrément animées....

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[Quête du mois] Des vacances? Oui mais sacrément animées.... - Mar 23 Juil 2013 - 11:35


J’adore cette chanson. En plus, la chorégraphie est toute simple à retenir. Les mains devant, puis sur les côtés, on lève les bras qu’on balance en l’air, on remue un peu les hanches et hop, ça fait une danse du tonnerre. Et comme elle est super facile, je pourrais m’en souvenir facilement, peut-être que Tanya voudra l’apprendre ? Je suis sure qu’on pourra la rajouter et faire un nouveau numéro avec elle. Enfin, tout ça, ce sera pour quand je serais rentrée à l’Académie. Ah oui, parce que je vous l’ai pas dit mais en fait, pour le moment, je lus dans les murs de la Deus. Je suis descendue sur terre.

Je n’ai pas désobéi, hein ? J’ai reçu une invitation. Si, si, je vous jure. D’ailleurs, j’étais la première surprise par ça. Je n’ai jamais rien reçu de ma vie et maintenant que je suis morte, je me fais inviter dans une station balnéaire pour une semaine. En tout cas, je suis ravie. Je ne suis jamais allée à la plage, on ne peut pas dire que c’est très prisé en Russie. Alors là, le soleil, la plage et tout le reste, offert par… par qui au fait ? Tiens, c’est vrai que je n’en sais rien. Enfin bon, ce n’est pas grave, ce n’est qu’un détail hein ? Par contre, j’étais un peu déçue parce que ce n’était qu’une invitation pour une personne et elle était à mon nom. Alors ça voulait dire que Tanya ne pourrait pas venir avec moi. J’ai espéré qu’elle aurait aussi le petit mot mais non, rien. Ce n’est pas juste.

Alors j’avais décidé de ne pas y aller mais c’est elle qui m’a convaincue d’en profiter et d’aller voir la mer. J’aime la neige parce que je n’ai connu que ça de toute mon enfance mais voir la mer, entendre les vagues, sentir l’air iodé, ramasser des coquillages… Elle me connait bien, elle sait que je suis une rêveuse. Et puis, je trépignais d’impatience à la simple idée de pouvoir retourner sur terre. Alors, avec son accord, je suis partie sur Terre. Bon, j’étais quand même un peu inquiète parce que ce serait la première fois que je serais séparée de ma sœur aussi longtemps ais il n’y avait pas de raisons que ça se passe mal, n’est-ce pas ?

Je suis arrivée sur terre, juste à l’entrée de la station et la première chose qui m’a frappée, c’est la chaleur. Waouh, c'est quoi ça ? Moi qui étais venue habillée comme tous les jours, en pull et tout, je comprenais ce que pouvais ressentir les bestioles qu’on pouvait passer au four. J’avais littéralement l’impression de cuire. Du coup, mon visage est vite devenu aussi rouge que mes cheveux tellement j’avais chaud et j’ai cherché de l’ombre à tout prix. Je suis entrée dans le bâtiment principal, noir de monde. Des gens en uniformes, sans doute les employés de la station, entrainaient les vacanciers vers des ascenseurs, des escaliers et des couloirs divers. Et moi, je suis bêtement restée plantée là, au milieu, sans arriver à bouger. Le regard éberlué, je ne savais plus où donner de la tête. C’était immense. Colossal. Gigantesque. Impressionnant.

Mais ce qui m’a fait crier, j’ai lorsque j’ai vu une gamine courant après un ballon me passer au travers. Hein, quoi ? C’est quoi ce cirque ? Non, je ne suis pas un fantôme. Apprenti-dieu, c’est déjà assez compliqué comme ça, ils ne vont pas en rajouter non plus. Et puis, j’ai réalisé qu’en fait, personne ne me prêtait aucune attention. Ce qui était assez bizarre en soi car entre ma tenue pas du tout adaptée et mes cheveux plus que voyant, en général, j’attirais facilement les regards. Je serais donc réellement devenue invisible ? Je ne me savais pas capable de ça. Et il n’avait été mentionné nulle part dans ma feuille divine que je saurais le faire. Enfin, tout d’abord se calmer. D’autres personnes me sont passées au travers avant que je ne réussisse à mobiliser mes muscles. Bon, se mettre dans un coin et essayer de comprendre.

- Et toi, là ! Mademoiselle ‘le rouge me va si bien’. Oui, toi. Eh ben, t’as pas l’air paumée dis-moi. Laisse-moi deviner. Tu as gagné un séjour ici et tu ne sais pas quoi faire ni où aller, j’ai vu juste ?

« - Euh… Oui, c’est ça. Je m’appelle Soniya. Mais toi, tu me vois ? »

Réflexe idiot, j’ai tendu la main et, comme par magie, je l’ai touché. Je ne suis pas passée au travers. Du coup, je me suis sentie tellement bête que j’ai retiré vivement mon bras, comme si je m’étais brulée et que j’ai rougi. Oui, pour faire des gaffes, je suis toujours la première. Mais lui, ça l’a simplement fait rire.

- Toi, t’es une nouvelle de la Deus. Quand vous venez juste d’arriver, les humains peuvent ni te voir ni te toucher, y a que les animaux qui savent que t’es là. Mais t’inquiète, on s’y fait vite. Moi, c’est Peter, je travaille ici. Viens suis-moi, je vais te conduire à ta chambre.

Je n’ai pas eu le temps de dire un mot qu’il attrapait ma main et me tirait à sa suite. Il m’a conduite à travers des couloirs décorés de poissons, d’images de plage, de cocotiers et de coquillages. J’avais un grand sourire de gamines jusqu’aux oreilles, c’était trop beau ici. Puis, arrivé devant une jolie porte ornée d’un sublime hippocampe, il a glissé une carte dans le boitier faisant office de serrure et celle-ci s’est ouverte, avec une voix douce e souhaitant la bienvenue. Je suis entrée avec lui et j’ai poussé un « Waouh » silencieux. C’était superbe. Et ça, c’était ma chambre à moi. Pour une semaine.


- Voilà, soit la bienvenue au ‘Beach Front SPA’. On est classé 4 étoiles, ce n’est pas rien. Enfin, je vais te laisser, j’ai encore des trucs à faire mais je repasserais te voir plus tard. C’est moi qui suis responsable des Dieux qui viennent ici.
Oh, un conseil : va visiter les boutiques de l’hôtel et prend des fringues plus adaptée, sinon tu vas mourir de chaud. Pas besoin de t’occuper d’argent, donne simplement la carte.  Sur ce, à plus tard, Redgirl.


Et le voilà reparti. Finalement, un peu de calme ça fait du bien aussi. J’ai pris le temps de faire le tour de ma chambre. Là, je vous montre que la partie avec mon lit et la vue sur la mer mais j’ai aussi un petit salon, une salle de bain avec une baignoire ou je peux presque nager dedans, un coin cuisine avec un mini bar rempli de jus de fruits, Et y a une penderie, vide certes, mais qui pourrait contenir l’équivalent d’un magasin entier. Bon, j’exagère peut-être un peu mais c’est réellement énorme. En fait, c’est comme l’hôtel en lui-même, démesuré. Je ne vois pas d’autres mots pour décrire les lieux. J’ai ouvert la baie vitrée mais l’air chaud qui s’est engouffré m’a fait la fermer aussitôt. Je crois que je n’ai jamais autant détesté mon pull, il va tuer avec cette chaleur. La climatisation s’est mise en marche toute seule, comme par magie, et j’ai récupéré un papier sur la table de chevet. Ah, un plan des lieux. Voilà qui sera utile. J’ai récupéré ma clef, enfin le badge magnétique et, le plan d’ans l’autre main, je suis sortie, direction shopping.

J’ai passé la fin de ma première journée à faire les boutiques. Cet Hôtel, c’est comme une mini ville, il y a de tout dedans. Vêtement, épicerie, souvenirs, restaurants et encore, je suis sure que je n’en ai pas fait vraiment le tour. Enfin, j’ai acheté le principal : des vêtements légers et même un maillot de bain. Le premier de toute ma vie, il faudra que je le montre à Tanya en rentrant. Il n’empêche qu’il fait chaud et que j’ai du mal avec la chaleur, je ne suis pas habituée. Alors, j’ai mangé un truc rapide, ils appellent ça des chichis, c’est sucré et super bon, et je suis rentrée à ma chambre. Je ne sais pas si Peter est repassé parce que je me suis laissé tomber sur le lit et je me suis endormie directement.

Je n’ai pas très bien dormi, j’avais l’impression d’entendre des bruits ou des choses qui bougeaient. En même temps, c’était sans doute mon imagination. Et puis, il n’y avait pas Tanya alors, peut-être que je donnais simplement trop d’importances à des détails. Oui, ça devait être ça. D’habitude, sa simple présence suffisait à me rassurer. Là, pour une fois, la solitude me pesait. Enfin, maintenant que la nuit était passée, j’allais pouvoir aller voir la mer pour de bon. Au petit matin, il ne faisait pas encore très chaud alors j’ai enfilé une robe achetée la veille et je suis allée sur la plage. Le sable entre mes orteils me chatouille les pieds. C’est chaud, c’est doux, j’adore cette sensation. J’ai marché, couru, les pieds dans le sable puis dans l’eau, pour en profiter. C’est magique. J’ai sursauté en sentant les algues et j’ai ri en ramassant des coquillages et en faisant fuir des crabes devant moi. La plage, c’est magique, vraiment.

Je n’ai pas vu ma journée passée. Je ne sais même plus si j’ai pris le temps de manger et de boire tellement je m’amusais. J’ai fait sécher les coquillages sur le balcon et j’ai regardé la mer en écoutant le roulis qu’elle faisait. Je me suis mise à chanter, d’instinct. Peter est passé savoir comment j’allais et est retourné à son travail. J’ai mis de la musique dans la chambre et je suis rentrée quand la température à fraichit. J’ai trouvé un bouton qui fait doucement changer les lumières de couleurs, passant de teintes bleues, vertes à jaunes orangées, puis rouges et violettes avant de recommencer, dans des tons pastel. C’est doux, c’est agréable. A nouveau, je ne me suis pas sentie plonger dans le sommeil et je me suis assoupie dans le grand canapé du salon, très confortable.

A nouveau, je n’ai pas beaucoup aimé ma nuit. J’ai été réveillée plusieurs fois et je suis sure que les bruits n’étaient pas que de simples bruits de poutre ou de murs. Il y avait autre chose. Quelque chose, d’inquiétant, d’anormal. C’est dans ces moments-là que je regrettais l’absence de ma Tanya. Elle, elle aurait su quoi faire, à tous les coups. Je n’ai pas vraiment réussi à me rendormir  mais au petit matin, les bruits ont cessés, me permettant de me reposer à nouveau.  Mais quand je me suis levée, j’ai trouvé l’ambiance lourde. Je voyais toujours les humains, eux ne me voyaient pas, mais je crois qu’ils sentaient aussi qu’il y avait un truc de pas net. J’ai passé ma journée un peu à l’écart de tous et je suis rentrée tôt à ma chambre, pour dormir.

Et bien sûr, les bruits ont recommencés. Plus forts, plus proches. Plus inquiétants aussi. Je n’aimais pas ça. J’ai mis dans mes poches ma carte magnétique, le couteau de Tanya qui ne me quitte jamais, le plan des lieux et j’ai pris une lampe torche fournit par l’hôtel.  Et je suis sortie de ma chambre. J’ai avancé dans les couloirs, simplement en suivant les bruits. Ça se déplaçait, mais sans aucune logique. Du moins, je n’en trouvais pas. En tout cas, ça m’a conduit loin dans l’Hôtel, vers les zones du personnel. Je ne sais pas trop si j’avais le droit de me promener dans ce coin-là mais alors que je me posais la question, plus un bruit. Le silence total. Encore plus inquiétant que le reste d’ailleurs.

J’ai reculé doucement, pointant ma lame dans tous les sens. Il n’y avait que ma respiration d’audible et elle allait vite. Bah oui quoi, j’avais peur. Je suis peureuse et sans Tanya, je savais que je ne savais pas vraiment me débrouiller. Mais là, je n’avais pas trop le choix. J’ai soufflé un bon coup et j’ai entendu comme un choc sourd derrière une des portes proches. Je me suis approchée doucement et j’ai tendu l’oreille. Ça a recommencé. Plusieurs fois. Ça venait du côté de la buanderie. J’ai abaissé ma lampe et posé un bout de tissu dessus, pour que le faisceau soit moins fort et j’ai posé ma main sur la poignée. Oui, celle-là n’a pas de serrure électronique, heureusement. Doucement, j’ai appuyé, en faisant le moins de bruit possible et j’ai entrebâillé la porte. Et là, j’ai manqué de crier. Heureusement que j’ai eu le réflexe de coller ma main à ma bouche.

Elles étaient deux. Des peluches rapiécées ressemblant vaguement à des chats. Des Gnappeurs. Je m’étais renseignée un peu dessus et bien que je sache qu’elles ne pourraient pas me faire grand mal, j’ai paniqué. Qu’est-ce qu’elles faisaient là ? Et comment étaient-elles arrivées ici ? Enfin, c’était peut-être une question intéressante mais quand même pas primordiale. Bon, qu’est-ce que je pouvais faire, moi, pour les mettre hors-service ? Parce que, je ne sais pas me battre et je n’ai pas pouvoir qui pourrait m’aider. J’en étais là de mes réflexions lorsque soudain, j’ai perdu l’équilibre. Non, on m’a poussé, délibérément. Enfin, le résultat dans tous les cas n’a pas changé. Je me suis étalée par terre assez peu discrètement, la lampe torche inondant la pièce de son faisceau de lumière blanchâtre tandis que la porte claquait dans mon dos. Autant vous dire que les bestioles m’avaient bel et bien repérée.

J’ai croisé leurs regards. Ah ça, elles n’étaient pas ravies de me voir. Remarque, je me serais bien passée de les rencontrer aussi mais là, j’allais devoir faire quelque chose et vite. Je me suis donc relevée en vitesse alors qu’elles grognaient ou imitait un bruit qui y ressemblait.  L’une des deux avait de la mousse de coton entre les dents, j’aurais presque pu trouver ça drôle mais ce n’était pas vraiment le moment. Parce que maintenant qu’ils avaient délaissaient la couette sur laquelle ils s’acharnaient avec tant d’ardeurs, leur prochaine cible était toute désignée. C’était moi. Et je ne voulais pas subir le même sort que l’assemblage de tissu blanc en miettes devant mes yeux.

Une des peluches a couru vers moi avec l’intention flagrante de me sauter dessus. J’ai saisi le premier truc qui me tombait sous la main, une sorte de panier sans doute destiné à mettre du linge, et j’ai balayé l’air devant moi, heurtant au passage la peluche qui est allée volée contre un mur plus loin. Bon, j’avais au moins de quoi me défendre. Je n’ai pas eu le temps de saisir mon couteau, le deuxième venait venger sa copine. Et elle, elle évita mon coup de panier pour s’en prendre à mes jambes. Je l’ai frappé du poing, pour la forcer à me lâcher. J’ai secoué le pied comme je pouvais mais je suis retombée sur les fesses. En attendant, elle m’avait lâché mais la deuxième comptait revenir à l’attaque aussi.

J’ai essayé de me décalée dans la pièce, pour profiter au mieux de la lumière que diffusait la lampe torche. Je me suis relevée, j’ai glissé sur des morceaux de coton au sol et je me suis rattrapée de justesse sur une des machines à laver devant moi. Mon panier m’a bien servi, même si ce n’est pas son travail de base. Au moins, j’arrivais à maintenir les monstres à distance mais ça ne suffirait pas. Je devrais m’en débarrasser pour avoir la paix. Mais comment je pourrais faire ? Je n’avais pas vraiment d’armes à part mon couteau et j’étais à la merci des peluches. Je tremblais un peu mais je ne cèderais pas à la panique. Du moins, j’essayais parce que je voulais à tout prix sortir d’ici entière et vivante. Je voulais revoir ma Tanya. J’avais promis de revenir, je ne trahirais pas ma promesse. Mais avec seulement des couettes, des oreillers et du linge, j’étais censée faire quoi ?

Les gnappeurs repassaient à l’attaque et cette fois, j’ai saisi la couette déjà en partie éventrée devant moi et je l’ai lancé sur eux, comme un filet. Ils se sont retrouvés prisonniers en-dessous et j’en ai profité pour reprendre le panier et les frapper  à grands coups. Ils ont couinés avant d’arrêtées de se débattre. Mais je savais qu’ils n’étaient pas morts et j’avais trop peur de relever la couette pour vérifier. J’ai regardé les lieux mais j’ai rien trouvé pour les enfermer ou autre. Il n’y avait que des machines à laver. Du coup, bah, je les ai enfoncés enroulés je ne sais où dans la couette directement dans une machine que j’ai fermé le plus rapidement possible. Puis, j’ai mis la lessive et j’ai lancé le cycle le plus fort et le plus chaud, dans l’espoir que lui saurait en venir à bout. Et je suis restée là, plus de deux heures tandis que la machine lavait, savonnait, rinçait et séchait son contenu, les yeux fixant le hublot avec l’inquiétude de les voir bouger encore.


A la fin du cycle, j’ai hésité à ouvrir la machine mais je devais être sure. Alors, j’ai déverrouillé le hublot et au final, avec la couette, je n’ai trouvé que des tas de morceaux de rembourrage divers. Et tout propre pour le coup. Soulagée, j’ai récupérée la lampe et je suis ressortie de la salle. Car bizarrement, la porte n’avait pas été fermée à clef, juste fermée bruyamment. Je suis rentrée discrètement dans ma chambre mais j’ai été obligé de laisser la lumière allumée pour arriver enfin à m’endormir. Ce que j’ai fini par faire car toutes ces émotions m’avaient malgré tout épuisées.

Je me suis réveillée très tard, il était déjà plus de midi. Heureusement que les restaurants étaient ouverts quasiment tout le temps. Je suis allée manger un bout et puis je suis allée faire un tour autour de la piscine extérieure. Il y avait des animations comme de la gymnastique dans l’eau, des cours de danse et des jeux plutôt un peu bêtes ais franchement drôle. Comme la course avec un ballon rempli d’eau entre les genoux. Et puis il y avait la danse du club. Celle dont je vous ai parlé tout à l’heure. Je ne sais pas combien de fois je l’ai dansé mais pas loin de toute l’après-midi. Je ne me suis arrêtée que lorsque j’ai cru que j’allais mourir de soif, même si ce n’était pas possible pour moi.

J’ai mangé la plus grosse glace de toute ma vie. Trois boules avec chantilly et chocolat coulant dessus. Et puis une grande bouteille d’eau en prime également. Bon, avec tout ça, j’ai attrapé des coups de soleil qui font que je suis maintenant entièrement rouge, de la tête aux pieds. Enfin, sauf la trace du maillot de bain et ça faisait un peu bizarre. Peter m’a croisé rapidement et continue à m’appeler Redgirl, ce qui pour le coup m’allait plutôt bien. Enfin, j’avais eu si chaud que j’ai pris une douche froide interminable avant de e laisser tomber sur le lit et de sombrer dans les limbes du sommeil. Encore une journée que je n’ai pas vu passé.

Cette nuit-là, j’ai fait un cauchemar. Sans doute parce que j’étais restée trop au soleil. Je ne me sentais pas très bien, un peu barbouillé et surtout, j’avais chaud. Très chaud. Alors j’ai ouvert grand la fenêtre de la chambre afin de profiter de l’air marin. Ça m’a fait du bien. C’est agréable le doux relent des vagues, l’odeur iodé qui filtrait dans mes poumons. J’ai souri tranquillement, bercé par ces sons calmes et reposants. Les yeux fermés, je les distinguais les uns après les autres. Le roulis de l’eau, un oiseau nocturne, le sable qui crisse, les pas qui s’approchent… Hein, quoi ? Quels pas ? J’ai rouvert soudainement les yeux et j’ai hurlé. Devant moi, a à peine trois mètres, se tenait un squelette. Oui, debout, il marchait et tout. Il a tendu sa main vers moi et en reculant brusquement, je suis retombée dans ma chambre. Le temps que je me relève, il était entré.

Un squelette. Un vrai, plus grand que moi. Bon, j’avais un avantage sur lui, c’est que j’avais tellement peur que j’allais bien trop vite pour qu’il me rattrape mais après, j’étais perdante sur tous les tableaux. Je suis sortie de ma chambre, sans rien d’autre que mon pyjama. Pas une arme, rien. De toute façon, il est déjà mort. Je suis censée faire quoi pour m’en débarrasser moi, hein ? J’ai traversé le couloir, le hall et la zone des boutiques. Je me cachais pour essayer de reprendre mon souffle mais toujours, il était sur mes talons. Et j’avais toujours aussi chaud et la tête qui me tournait, j’avais du mal à réfléchir ou simplement  à courir comme il fallait. Et c’était une invitation pour des vacances hein ? Non là franchement, ça commençait à faire beaucoup.

J’étais sérieusement fatiguée. Trouver une issue, un moyen de se débarrasser d’un squelette. Mais comment on tue un truc mort ? Bon, ne pas paniquer, rester calme. Là où j’étais cachée, je devais pouvoir souffler un peu. Mais quelle idée de faire un complexe de tant d’étages ? Je ne sais même pas où je suis. Enfin, on dirait que je l’ai semé. J’attends encore bien 5 minutes avant de sortir de ma cachette, un abri derrière une pancarte pour un restaurant. J’avance un peu avec précaution, regardant partout autour de moi. J’ai l’impression d’être une voleuse alors que je ne fais rien de mal, j’essaye seulement de sauver ma vie. Où ma mort ? Enfin de ne pas me faire découper en morceau par un squelette.

Le silence qui m’entoure et les quasis ténèbres qui règnent dans les locaux ne font rien pour me rassurer. J’avance en me retournant en tous sens dès que j’entends le moindre son. Le simple fait de voir dans une des vitrines me fait reculer violemment et heurter une poubelle métallique dont le son résonne en échos dans les lieux. Je me pétrifie instantanément, terrifiée.  Là, à coup sûr, je me suis faite repérée. Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que je suis certaines que si quelqu’un se trouvait à côté de moi, lui aussi l’entendrait. Pourtant, rien ne se passe, et le son disparait, laissant le silence revenir régner en maitre. Je pousse un soupir de soulagement avant de me retourner pour avancer à nouveau lorsque je sens comme une main se poser sur mon épaule.

Je n’ai pas le temps de pivoter sur moi-même, la main serre mon épaule et me fait crier de douleur. Ça a de la poigne ce machin-là. Je balance mon pied dans la rotule du monstre qui me lâche. Mais ce n’est pas vrai, il est sorti d’où comme ça ? Mais déjà, il se remet à ma poursuite. Il est proche, très proche. Tellement que j’ai l’impression de sentir son souffle sur ma nuque alors que je sais bien que c’est impossible, un squelette ça respire pas. Mais pourquoi je me préoccupe de ces détails débiles maintenant ? Enfin, je passe mon temps à jeter des regards derrière moi tellement j’ai peur et forcément, je finis par me prendre les pieds dans quelque chose. Quoi ? Je n’en sais rien. Mais ce que je sais c’est que le monstre en profite pour se rapprocher. Et tenter de me tomber dessus. Je roule sur le côté et manque de dégringoler les escaliers par la même occasion. Ouf, j’ai eu chaud.

Enfin, je ne suis pas tirée d’affaire. Il n’est pas décidé à me fiche la paix lui et moi, je fatigue. Malgré l’adrénaline, j’ai mal à la tête et la vue légèrement brouillée. Je sens sa poigne se refermer sur une de mes jambes alors je lance l’autre de toutes mes forces dans sa tête. Il chancelle un instant durant lequel je me relève mais mal assurée, je manque de retomber. Je prends appui sur le squelette du coup qui, déséquilibré et toujours un peu assommé fait quelques pas chancelants avant de trébucher sur la première marche. Puis la seconde, la troisième, une autre et encore une autre…. Il a dévalé ainsi l’équivalent de trois étages dans un vacarme assez étrange,  comme des bris de verres multiples résonnant à l’infini mais restant très silencieux, sauf pour moi. J’avais l’impression que des cloches sonnaient littéralement derrière mon crâne. Enfin, pas besoin de vous expliquer dans quel état le squelette a terminé sa course, si ?


Disons que le terme puzzle pourrait bien lui convenir. Les morceaux s’étaient éparpillés un peu partout dans le hall et le monstre ne remuait plus. Je crois qu’il a eu son compte. Mais histoire d’être certaine, j’ai récupéré les différents morceaux avant d’aller les jeter à divers endroits : poubelles des différents étages, dehors, sur la plage. J’ai même balancé des os au hasard dans la mer et j’en ai enterré d’autres ; De toute façon, je ne pouvais pas dormir et je voulais être certaine de me débarrasser de tout ça. Comme il n’y aurait pas de traces, je pourrais peut-être croire qu’il ne s’agissait que d’un autre cauchemar ? Enfin, j’ai terminé ma sinistre besogne et j’ai regagné ma chambre par la plage. J’ai descendu deux cannettes de jus de fruits et repris une douche avant de m’étaler sur mon lit. Ça fait combien de jours que je suis là ? 3 ? Il en reste 4 ? J’ai peur de la suite. Mais le sommeil est le plus fort et je ne peux lui résister bien longtemps.

C’est un miracle. Après une journée passée à décompressée de mes aventures de la nuit précédente, il ne s’est rien passé. Pas un cauchemar, pas de bruits suspects, pas de monstres à l’horizon… Rien. Que du bonheur. Du coup, je me suis levée super motivée et en pleine forme. Mes coups de soleil ne me font plus souffrir non plus, autant dire que là, pour le coup, c’est le paradis sur terre. Du coup, j’en ai profité à fond : piscine plage, hammam, sauna, jacuzzi, le toboggan à eau, le plongeoir de 5 mètres… Bon, lui il m’a vraiment fichu la trouille et je me suis arrêtée à celui d’un mètre  mais je me suis éclatée. Vers 14h, je suis allée déjeuner une pizza parce que je n’avais pas encore essayé ce plat-là. Je sais qu’ils en font aussi à la Deus mais je n’avais pas osé y gouter. Là, c’était succulent. Avec plein de fromage, du jambon de la tomate, des oignons et d’autres trucs dont je ne me rappelle même plus. En tout cas, ça m’a sérieusement calée et j’étais plus que repue.

C’est alors que je me dirigeais, le nez en l’air, vers la grande salle de spectacle ou était annoncé un numéro exceptionnel que j’ai revu Peter. Je l’ai salué de la main en souriant et il m’a rejoint. Il avait beau donné un air décontracté, il semblait soucieux. Et fatigué un peu aussi. Il m’a fait signe de me taire et de le suivre, ce que j’ai fait en silence et sans poser de questions. Je trouvais son comportement étrange pour lui qui s’était toujours montré si avenant depuis mon arrivée ici. Il a ouvert une porte ouvrant sur une salle, un genre de réduit sans doute réservé au personnel. Il a refermé derrière nous avec précaution avant de s’approcher de moi et de parler tout doucement, comme s’il craignait d’être entendu.

- Dis, tu les as vu aussi, n’est-ce pas ? Je ne suis pas le seul ?

Un instant, j’ai froncé les sourcils avant de voir son regard sérieux et vraiment soucieux. Et là j’ai fait le lien. Les monstres, il ne pouvait parler que de ça. Je me suis contentée de hocher la tête en frissonnant par réflexe. Au moins, je n’étais pas folle mais cela ne me rassurait pas du tout en fait.

- Écoute, fais très attention s’il te plait. Je ne peux rien dire de plus mais c’est après nous qu’ils en ont. Toi et moi. Alors promets-moi d’être prudente, d’accord ?

« - Moi ? Toi ? Mais pourquoi ? »

Il ne m’a pas laissé l’occasion de continuer. Il a remis un doigt sur sa bouche et a ouvert la porte, regardé à droite et à gauche avant de me laisser regagner le couloir. Puis, il est parti de son côté, comme si il ne me voyait pas. Je devais bien admettre que son comportement me semblait bizarre. Il en savait plus qu’il ne voulait bien m’en dire. Mais il venait malgré tout me mettre en garde. Et avec discrétion, comme s’il prenait des risques. Moi qui avait presque oublié toute cette histoire, me revoilà plongée en plein dedans. Si Tanya avait été là, elle aurait su le faire parler plus, trouver une idée. Elle aurait su quoi faire. Moi, ce que je craignais le plus à cet instant, c’était que les monstres se manifestent à nouveau. Et pas seulement devant moi en pleine nuit mais là, devant tout le monde. Que se passerait-il dans ce cas ?

Toutes ses pensées ont terminées de changer radicalement le plan de ma journée. Plus de piscine ni de farniente. Je voulais comprendre ce qu’il se passait. Et pourquoi j’avais été invitée ici si c’était pour devenir la proie de ces trucs. Il y avait forcément une raison, même bien cachée. Alors, j’ai tourné dans le complexe. J’ai visité les étages, essayé d’écouter les conversations, suivi un peu les gens du personnel. Mais je n’ai pas trouvé grand-chose de concluant. En fait, je peux le dire, je n’ai même pas eu l’ombre d’un indice. La seule chose que j’ai remarquée, c’est que j’ai drôlement plus croisé Peter ce jour-là que tous les autres réunis.  Sans doute parce que je faisais plus attention à ce que je voyais aussi.  Il avait retrouvé son sourire et faisait parfaitement son travail mais il avait toujours cette barre sur le front prouvant qu’il restait contrarié. Soucieux.

Est-ce que c’était juste une impression où les lieux où je m’arrêtais avaient vite tendance à se vider ? Parce que malgré le monde présent dans le complexe, je ne restais jamais en compagnie de plus de trois ou quatre personnes à la fois. Je crois qu’avec tout ça, je commençais à devenir un peu parano parce que maintenant, il fallait que je me retourne régulièrement, j’avais la désagréable sensation d’être observée, suivie. C’était bien ma veine. Enfin, j’ai choisi délibérément d’ignorer tout ça et de continuer mes recherches. Mais après plus de 4h à crapahuter partout dans l’hôtel immense, j’ai décidé de faire une pause.


J’étais au rez de chaussée, dans la salle de sport. Enfin, le gymnase ? Une pièce très grande avec du matériel pour sauter à la corde, des sacs et des gants de boxe, mais surtout des tas de machines pour les bras, les jambes, les abdos… On dirait presque des instruments de torture en fait.  Non, sérieusement, il fallait que j’arrête de penser à tout ça, j’allais vraiment finir par virer complètement dingue. Du coup, pour essayer de me changer un peu les idées, j’ai saisi une des cordes à sauter et j’ai commencé à en faire. Si au début, je n’ai pas fait de gros scores, dépassant à peine les 30 sauts, j’ai vite trouvé le rythme et pour marquer le tempo, je me suis mise à chanter. Comme un métronome, je heurtais le sol à allure régulière et identique. Ainsi bercée par ce mouvement répétitif, j’ai complètement déconnecté du monde alentour.

J’ai vaguement entendu la baie vitrée être poussée mais j’étais de dos alors j’ai continué à sauter jusqu’à ce que ma corde frappe quelque chose. Tout de suite, j’ai pensé que quelqu’un était entré et qu’il venait de se prendre un coup alors je me retournée pour m’excuser mais ce n’était pas un humain devant moi. Nan, c’était un monstre. En plein jour cette fois. Mon cœur à raté un battement tandis que la créature se jetais sur moi en hurlant. Sa main griffue m’a atteint à l’épaule et j’ai serré les doigts pour ne pas crier. Ça faisait drôlement mal ce truc. Mais au moins, ça m’a permis de me remettre les idées en place. Je devais fuir, me débarrasser de ce truc à tout prix.

J’ai commencé par essayer de courir mais lui, il va drôlement plus vite que le squelette. On a tourné autour d’une des machines, en se jaugeant et il était clair que le rapport de forces n’était pas en ma faveur. J’avais toujours la corde à sauter dans les mains et, en tentative dérisoire, j’ai essayé de m’en servir comme d’un fouet. J’ai touché le monstre qui à grogné avant de sembler encore plus en colère. Moi qui était fière d’avoir réussi mon coup, j’ai eu une seconde d’hésitation et le monstre, lui en a profité aussitôt. Il a bondi dans ma direction et m’a saisi par le cou avant de ma plaquer contre le mur le plus proche. Légèrement sonnée, le choc a résonné dans mon bras qui a heurté au passage un meuble proche. Mais je n’avais pas le temps de m’inquiéter de ça car j’avais du mal à respirer.

Mes pieds ne touchaient plus le sol et en plus de m’enfoncer ses griffes dans la peau, son haleine putride avait des relents de morts. J’ai paniqué et en me débattant comme je pouvais, mes doigts ont saisi un objet dur et lourd sur le meuble proche. Un petit haltère, d’environ 1.5kg. Ma main a volé jusqu’à la tête de la créature et un craquement puissant et sinistre a retentit alors que le monstre reculait de deux pas chancelants, libérant ma gorge et me laissant tomber à genoux au sol cherchant ma respiration. En reculant, il s’est pris les pieds dans la corde que j’avais lâchée lorsqu’il m’avait attaqué sauvagement et ainsi déséquilibré, il finit sa course contre l’étagère ou les poids de 10kg minimum étaient stockés. Le choc en a fait tomber un certain nombre sur lui, l’écrasant littéralement sous leur poids. Enfin, au moins, j’étais sauvée.

Mais j’avais du mal à garder les idées très claires. Ma tête tournait un peu et ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes que j’ai vraiment retrouvé mes moyens. Alors, j’ai quitté la salle en courant et j’ai cherché dans le complexe après Peter. Si les monstres se manifestaient même de jour et qu’on était leurs cibles, autant s’allier non ? Et puis, ces paroles mystérieuses restaient  ancrées dans ma mémoire. Il n’avait pas donné de réponse mais je voulais savoir. Mon épaule me faisait souffrir,  mais moins que la peur qui me faisait courir toujours plus vite. Je ne trouvais pas Peter et le temps avançait inlassablement, ce n’était pas bon signe. Au moins, les gens étaient tous au spectacle et comme ça, il n’y aurait pas de blessés mais ça ne réglait pas le problème.

Puis, au détour d’un couloir, un cri. Puis une voix qui parle, masculine. Peter. Je fonce dans la direction de la piscine, vers l’origine du bruit. Une porte entrouverte par laquelle je l’aperçois. Je vais pour foncer mais alors que j’arrive, ses paroles me retiennent.

- Satané monstre, pourquoi vous vous en prenez à moi ? C’est grâce à moi si vous êtes libre, vous devriez me remercier. Je suis votre sauveur. Arrêtez ça, partez ! Tout de suite.


Comment ça, grâce à lui ? C’était quoi cette histoire ? Du coup, j’ai essayé d’observer un peu plus en détail les choses. Le monstre le fixait, semblant hésiter mais toujours très menaçant. Des objets jonchaient le sol, divers et épars. Mais pourquoi est-ce qu’il parlait au pluriel ? Je ne voyais qu’une seule créature face à lui ? Son regard semblait chercher quelque chose et c’est là que je l’ai aperçu, l’ombre qui se déplaçait derrière lui. Un deuxième monstre. Et il allait l’attraper en passant dans son dos. Non, je ne pouvais pas les laisser faire ça. J’ai poussé violemment la porte, provoquant un instant de surprise chez tout le monde au son de cette dernière claquant avec force contre le mur et j’ai balancé l’haltère que je n’avais pas encore lâché vers Peter.

Si lui a réussi à esquiver, le monstre dans son dos ne l’a pas vu arrivé et se l’est pris dans l’épaule, le faisant pousser un râle de douleur et ainsi, révélant sa présence au jeune homme qui bondit pour s’écarter de la créature. Mais la deuxième s’est rapprochée rapidement et on a commencé à courir pour essayer d’atteindre l’autre côté de la piscine. Les vitres donnent sur l’extérieur, on aura plus de chances de les semer là-bas. Arrivé contre les paniers de stockage des serviettes de plage, on s’est caché derrière pour reprendre un instant notre souffle, ayant  apparemment pris un peu d’avance sur nos poursuivants. Mais j’ai besoin de savoir. Alors, je l’ai interrogé. Enfin, j’ai essayé d’en savoir plus.

«- Peter, c’est quoi ces choses ? »

- Des goules. Surtout ne respire pas leur souffle, tu en perdrais connaissance. Elles ne sont pas très fortes mais il faut rester prudent, elles sont dangereuses et toujours en groupe.

« - Qu’est-ce qu’elles font là ? Dans le monde des humains ? »

- J’en sais rien, mais c’est pas bon pour nous. T’es blessée, donc elles ont déjà gouté à la chair humaine. Du coup, on risque tous d’y passé.

« - Ça veut dire quoi, je suis votre sauveur vous devez me remercier ? »


Un blanc et son visage qui me fixe incrédule. Pour une fois, je ne cille pas. Je le vois baiser le regard et chercher comme une issue qu’il ne voit pas apparaitre. Nulle part. Je ne lâcherais pas le morceau. Si tous ces monstres sont là par sa faute, je veux le savoir. Je ne veux plus prendre de risques pour rien. Marre de risquer ma peau. J’étais en vacances quand même à la base. A moins que tout ça ne soit qu’une farce gigantesque ? je laisse le silence s’installer, pesant, guettant toujours l’arrivée des goules qui semblent nous avoir perdues sur le coup.

« - Ça veut dire quoi, alors ? Ce sont tes propres mots, non. »

- Oui, mais… C’est pas ce que tu crois… Je voulais pas… C’est un accident… Enfin...

Nouveau silence, nouveau regard baissé. Il semble tellement mal à l’aise. Je voudrais le consoler mais ce n’est pas possible. Pas maintenant. Mon regard n'est même pas méchant alors que je voudrais faire comme Tanya, y déverser ma colère pour le forcer à tout me dire. Il me regarde, semble hésiter et soupire avant d’entrouvrir les lèvres.

- Ce n’était qu’un pari stupide… Un défi idiot… Un apprenti-dieu est venu ici avant toi, on est devenu potes et on a un peu fait les fous. On se lançait des petits défis, juste pour rire. Et le dernier soir, grâce à son pouvoir, il a invoqué les monstres….

Il déglutit, change limite de couleur. La culpabilité perce à travers chaque pore de sa peau mais je veux savoir la suite alors je me tais. Enfin, presque.

« - Mais ça ne s’est pas passé comme prévu ? »

- Non. On a appelé un gnappeur et on l’a supprimé facilement alors on s’est grisé, on a invoqués d’autres monstres. Il m’a assuré qu’il pouvait les renvoyer comme il voulait. On a fini par être débordé et lui incapable d’utiliser sa magie. Il a été tué par une des goules, définitivement. J’ai pris peur, je n’ai rien dit et j’ai cherché une solution à mon problème. Et la seule chose que j’ai trouvé, c’est le coup de l’invitation.

« - Mais comment as-tu eu mon nom ? »


- Une encre spéciale, que j’ai trouvée sur le marché quand j’étais à la Deus. La première personne qui lit les mots voit automatiquement son nom apparaitre. Et ensuite, son nom se fige. Comme ça, j’étais certain d’attirer quelqu’un. Tout ce que je voulais c’était de l’aide. Mais quand je t’ai vu…. T’étais encore plus paumée que moi, je ne pouvais pas te demander ça. Alors j’ai voulu gérer seul mais je n’ai pas réussi.
Et puis, t’as trouvé les gnappeurs, tu t’es débarrassé même du squelette. Moi, j’avais rien réussi. Alors, j’ai recommencé à y croire. Mais les goules, je ne sais pas si on va s’en sortir. Je suis désolé, sincèrement désolé.


« -Alors c’est toi qui m’a enfermé dans la buanderie ? »

Pour le coup, j’étais vraiment en colère. Je n’y croyais pas. Comment avait-il pu faire ça ? En gros, il avait espéré me faire disparaitre moi aussi ? Non, ce n’était pas possible. J’allais lui demander des précisions lorsque le panier nous dissimulant s’est littéralement envolé. Je me suis aplatie au sol pour me protéger et j’ai entendue Peter crier. La goule était là, le tenant par la gorge comme l’autre l’avait fait avec moi et lui soufflant au visage. Il se débattait mais faiblissait, ça se voyait. Alors, j’ai pris le couteau de Tanya dans ma poche et je l’ai enfoncé dans la jambe du monstre. Il a lâché Peter en hurlant et je me relevée, enfonçant à nouveau ma lame dans ses côtes cette fois. Il a hurlé et j’en ai profité pour lui jeter une des serviettes dessus. Privé de la vue, le monstre se débat et Peter tente de le déséquilibrer mais c’est qui tombe au sol, l’haleine du monstre faisant son effet.

Réflexe stupide, je me suis plus inquiétée pour mon ami et j’en ai oublié la créature. Elle par contre, ne m’a pas oubliée du tout. Je tente de rejoindre Peter mais je me fais faucher par les bras du monstre qui m’envoie littéralement contre la baie vitrée tout proche. Je passe au travers et m’étale au milieu des nombreux bris de verre. Je me relève aussi vite que je peux, des coupures partout et du sang sur le visage, brouillant ma vision. La goule me suit, elle ne se préoccupe plus de Peter alors je vais l’attirer loin, aussi loin que je peux. Mais mes genoux écorchés et mes plaies ne m’aident pas à être efficace. Même l’adrénaline ne suffit plus à me porter. Je sens les morceaux de verre s’incruster dans ma peau à chaque pas, mon épaule déjà meurtrie me lancer violemment et ce sang sur mon visage me fait peur. Mais je cours, toujours. Pour sauver ma vie.


J’arrive au niveau du plongeoir géant et je m’y appui quelques instant pour reprendre mon souffle. Mais je sais la goule dans mon dos proche. Et, horreur, la seconde arrive aussi, d’un autre chemin. Je suis prise au piège, je ne pourrais pas fuir les deux en même temps. Alors, ayant déjà une main sur les barreaux, je me mets à grimper. C’est idiot, il n’y a pas d’issue là-haut, mais je n’arrive plus à réfléchir correctement. J’ai mal, j’ai peur et je ne sais absolument pas quoi faire. Alors je grimpe, aussi vite que je peux, pour garder la distance. Peut-être que les goules ne monteront pas ? Perdue, elles grimpent à ma suite. Alors je monte aussi haut que possible avant de retrouver sur le plongeoir, à 5 m de haut.

Je crois que j’ai le vertige mais je n’ai pas le temps de m’en soucier. Les monstres arrivent. Le blessé en premier, qui se jette en avant. Il m’en veut, il veut se venger de ce que je lui ai fait c’est évident. Mais je ne veux pas me laissée faire. Je me baisse pour lui faire un croche-pied et il ne s’y attendait pas. Il bute et se rattrape à la sorte de barrière de protection et va pour se retourner mais je me suis relevée et je le pousse de toutes mes forces contre celle-ci. Je le vois battre des bras, tenter de retrouver son équilibre avant de passer par-dessus les morceaux de ferraille protectrice et de s’écraser au sol, au bord du bassin. Le bruit et le résultat me donne la nausée mais l’autre goule en profite et me plaque que sol, avançant vers le milieu du plongeoir.

Elle m’envoie son haleine en plein visage et cela me brule la gorge et les poumons. Ne pas respirer, ne pas respirer. Je reprends mon couteau et le lui plante autant que possible dans le corps, la faisant hurler. Elle ne veut pas me lâcher alors je me débats avec mes jambes et mes bras. A force de coups, elle faiblit et me relâche le temps que je me relève. La goule se trouve entre moi et l’échelle qui me permettrait de redescendre alors j’essaie de lui tourner autour mais cette dernière est entrée dans une rage folle et me bondit dessus. Le choc a été dur mais le pire, c’est quand j’ai senti mon corps basculé dans le vide. Elle nous a projetées trop loin, il n’y a plus de plongeoir, juste un vide de 5 m entre nous et l’eau. Elle m’agrippe aussi fort que possible alors que je me débats toujours. La chute va aussi vite qu’elle semble s’éterniser, c’est horrible comme sensation. Et l’entrée dans l’eau, violente et non préparée, me coupe le souffle. La goule panique complètement et coule à pic, elle ne sait pas nager c’est ma chance. Mais elle me tient fermement et je n’ai quasiment plus d’air. Ma tête se met à tourner violemment, mes poumons me brulent, tout devient plus sombre, je perds connaissance. Je meurs ? Peut-être…

La pression qui me retenait au fond diminue, je force un mouvement douloureux et je sens que je remonte. Mais les ténèbres m’engloutissent que vite que la surface ne revient. Je tends la main, dans l’espoir vint peut-être de toucher le soleil que je vois miroiter devant moi. Au mois, les créatures sont toutes mortes. Et moi, je vais les rejoindre. C’est fou comme on pense vite avant de disparaitre. Un léger clapotis et une pression sur ma main seront les dernières choses que j’emmènerais, avec le regret de ne plus revoir ma Tanya.

Ça tire. J’ai les paupières lourdes et encore mal au crâne. J’essaie d’ouvrir les yeux mais un seul parvient à distinguer la lumière. Tamisée, douce. Ma main remue, je reconnais la texture du tissu : Un drap. Je suis allongée dans un lit. Je tente de bouger un peu, j’ai mal un peu partout mais je sens les pansements et les bandages sur ma peau. On m’a soignée. Donc, je ne suis pas morte ? Et les goules ? Et Peter ? Tout me revient en mémoire et je geins un peu. J’ai soif aussi. Je voudrais me lever et je commence à me relever lorsque la porte s’ouvre.

- Redgirl !!! Ça y est t’es réveillée ? Non, surtout ne bouge pas, tu dois te reposer. T’en fais pas, tu crains rien ici, c’est l’infirmerie du personnel.

Je mets un temps à tout saisir mais il vient se poster à côté du lit, s’assoit sur une chaise et me force à me rallonger. Bon, je n’ai pas la force de lutter alors ce n’est pas dur hein, mais quand même. Je le regarde un peu, il n’a plus cet air inquiet. Juste gêné. Il a un pansement sur le front et un bleu au bras mais visiblement, il est indemne alors je souris. Ça le mets encore plus mal à l’aise.

- Écoute je… tenais à m'excuser pour tout ça et... je voulais te remercier aussi. Il n’y a plus de monstres maintenant, ils sont tous détruits et c’est grâce à toi. J’ai expliqué la vérité au directeur, tu n’auras aucun problème et tu peux rester ici jusqu’à ce que tu sois parfaitement remise.

« - Tu vas être puni ? »

- On peut dire ça, oui. J’aurais des corvées en plus et je serais plus surveillé mais c’est un moindre mal. Et puis, maintenant, je ferais plus attention avant de me lancer dans des défis aussi stupides. Je ne voulais pas mettre les autres en danger.

« - Bah, si t’as compris la leçon, c’est l’essentiel. »


- Et toi, tu … m’en veux pas trop ?

« - Nan. Tout le monde va bien, y a plus de monstre et j’ai découvert la mer. Pour moi tout va bien. »

- Mais t’as vu dans quel état tu es ?

« - Bah, je m’en remettrais. Je suis une apprentie-déesse après tout, c'est le métier qui rentre on va dire. Ce qui compte, c’est que tout soit fini. »

J’ai bien vu à son regard qu’il se posait des questions sur moi. Il devait me prendre pour une folle, je suppose. En tout cas, je me suis contentée de lui sourire gentiment. Nan, je n’étais pas rancunière et je n’avais aucun grief contre lui. Il avait déjà assez payé comme ça à mon avis. Finalement, il s’est détendu et m’a raconté ce que j’avais raté. J’ai perdue connaissance dans le bassin au moment où il arrivait. C’est lui qui m’a tiré de l’eau et mise à l’abri. Puis, comme le grabuge n’avais pas passé inaperçu auprès du personnel, il a bien fallu qu’il s’explique. Ce que je ne savais pas, c’était que sa punition serait aussi fonction de ma réaction. J’espère du coup qu’ils ne seront pas trop sévères avec lui. Après tout, j’ai dormi deux jours entiers et c’est lui qui m’a surveillé tout ce temps.

On a pas mal discuté de tout et de rien avant que je ne m’endorme. J’étais encore fatiguée. Et le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et un copieux petit déjeuner où j’ai eu droit à tous ce que je voulais, j’ai récupéré mes affaires afin de rentrer à la Deus. Ma semaine s’était fini très vite, je ne l’avais pas vu passée au final. J’ai eu droit aussi à quelques cadeaux, des souvenirs du complexe : du bain moussant, une carte postale avec le paysage vu de ma chambre, une canette de jus de mangue car j’ai découvert que j’adorais ça et même quelques coquillages rares que Peter à monter sur un collier.

A l’heure du départ, je lui ai souhaité bonne chance et bon courage pour la suite. Il m’a promis de faire attention et de prendre soin de lui. En échange, il veut que je sois plus prudente moi aussi. C’est drôle, ce n’est pas le premier à me dire ça. Du coup, ça m’a fait rire et on a rigolé ensemble avant de se séparer. Je ne sais pas si je reviendrais un jour ni si je le reverrais mais en tout cas, pour des vacances, c’étaient sacrément animé. Un dernier au revoir de la main, un grand sourire joyeux malgré mes bandages et je suis partie, sans me retourner. Il était temps de rentrer à présent. J’allais en avoir des choses à raconter.

[Quête du mois] Des vacances? Oui mais sacrément animées....
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